(2017) Atlas des menaces naturelles en Haïti
Resume — Atlas national des menaces naturelles en Haïti publié par le CIAT, 114 pages, avec dépôt légal et ISBN 978-99970-4-871-4. C'est la référence cartographique qui sous-tend les raisonnements sur l'exposition aux aléas dans la planification territoriale haïtienne.
Constats Cles
- Atlas national des aléas en 114 pages, avec dépôt légal et ISBN 978-99970-4-871-4.
- Il constitue la base cartographique des raisonnements sur l'exposition aux aléas dans les documents de planification.
- Certaines planches ont circulé séparément sur la page des cartes thématiques du CIAT.
- Il fournit la source nationale défendable qu'exige un plan déclarant un terrain inconstructible.
Description Complete
Presque tous les documents de planification haïtiens raisonnent à partir de l'exposition aux aléas : le peuplement s'est étendu dans les plaines inondables et sur les fortes pentes, les ravines ont été bâties, le bâti se trouve là où est le risque. Cet atlas constitue la base cartographique de ces raisonnements, publié par le CIAT avec dépôt légal national et ISBN propre. Sur 114 pages, il cartographie les menaces naturelles du pays, et certaines de ses planches ont circulé séparément sur la page des cartes thématiques du site du CIAT. Son rôle pratique dans le corpus est celui de la couche sous les plans : un plan communal de développement ou un cahier règlementaire qui déclare un terrain inconstructible a besoin d'une source nationale défendable pour la classification de l'aléa qui fonde cette décision, et c'est celle-ci.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Atlas
des menaces
naturelles en
Haïti
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Cet Atlas a été réalisé par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM, France)
en coordination avec le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) sur
financement de la Banque mondiale (BM) et de la Facilité mondiale pour la prévention des
risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR, sigle en anglais).
Plusieurs Organismes techniques haïtiens ont également contribué à la réalisation de
l’ouvrage : Bureau des Mines et de l’Energie (BME), Centre National de l’Information GéoSpatiale (CNIGS), Centre National de Météorologie (CNM), Laboratoire National du Bâtiment
et des Travaux Publics (LNBTP) et Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH).
© Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire.
19, Ruelle Chériez, Port-au-Prince, Haïti. www.ciat.gouv.ht
Téléphone : +509 2811-0003
www.ciat.gouv.ht
Dépôt légal : 17-02-51
Bibliothèque Nationale d’Haïti
ISBN 978-99970-4-871 -4
Auteurs : Monique Terrier, Jean-Philippe Rançon, Didier Bertil, Frédéric Chêne, Jean-François
Desprats, Sophie Lecacheux, Sylvestre Le Roy, Philippe Stollsteiner, Olivier Bouc (BRGM) ;
Marc Raynal (CIAT).
Contributeurs : Claude Prépetit (BME) ; Bobby Piard et Pierre Versaille (CNIGS) ; Ronald
Semelfort (CNM) ; Gérard Metayer (SEMANAH) ; Yves-Fritz Joseph (LNBTP) ; Sergio Dell’Anna
(BM).
Conception graphique : Ultra Designs (www.ultradesigns.com)
Pour tous renseignements sur les droits et licences, s’adresser au service des publications et
de la diffusion des connaissances du Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire.
19, Ruelle Chériez, Port-au-Prince, Haïti. www.ciat.gouv.ht
Téléphone : +509 2811-0003 ; courriel : info@ciat.gouv.ht
Éditeurs : Bradley Lyon et Rafael Van der Borght (BM) ; Monique Terrier et Jean-Philippe
Rançon (BRGM).
Photographie de couverture : Image satellite DigitalGlobe du 10 février 2016
Atlas
des menaces
naturelles en
Haïti
Préface
A
l’espace national. Il informe sur chaque type de menace naturelle affectant le territoire
haïtien : description, zone d’extension et effets.
vec le séisme du 12 janvier 2010 et l’ouragan Matthew en novembre 2016,
Haïti a redécouvert, de façon brutale, les menaces naturelles. Les leçons
des années précédentes avaient, elles aussi, été sévères : les morts de
Gonaïves, de Fonds-Verrettes et de Mapou à la suite des inondations de
2004 sont encore dans les mémoires. Pays fragile, pays vulnérable sur le
passage des cyclones et à la frontière de deux plaques tectoniques, Haïti
doit gérer des risques naturels majeurs qui se traduisent périodiquement
en milliers de morts, sans compter les pertes matérielles. Pour gérer ces risques, il faut les
connaitre. C’est l’ambition de cet atlas que d’offrir cette connaissance au plus grand nombre
possible d’Haïtiens.
L’atlas se veut pédagogique et visuel : des schémas et des documents cartographiques ont
pour objectif de rendre les phénomènes plus simples à comprendre, à maitriser pour le
lecteur.
Le message que nous tentons de faire passer est simple : il faut connaitre les phénomènes
naturels pour savoir comment s’en protéger. Les aléas naturels majeurs ne se transforment en
catastrophes que parce qu’ils ne sont pas pris en compte dans les décisions de tous les jours :
où et comment construire une maison, un ouvrage d’art, des infrastructures routières, des
réseaux ? Le citoyen et l’État sont responsables face aux risques naturels.
Cet ouvrage est une synthèse de l’ensemble des études réalisées depuis plus de quinze ans
sur les risques naturels en Haïti. L’information est organisée de manière homogène dans un
effort soutenu de vulgarisation pour aider à sortir du langage technique des spécialistes.
L’action de l’homme transforme souvent la menace en risque lorsque, par exemple, le citoyen
construit sa maison dans le lit d’une ravine et que la mairie … laisse faire.
Nous espérons que cet atlas se fera une place dans les travaux d’aménagement du territoire
et que sa qualité en fera une référence pour ceux qui gèrent ou occupent l’espace haïtien.
Il a comme premier objectif de fournir à différents publics, dont les décideurs nationaux
et locaux, l’information concernant l’exposition aux phénomènes naturels dangereux de
Michèle Oriol
Secrétaire Exécutif du CIAT
iii
Table des matières
Préface .......................................................................................................................................iii
La menace Erosion des sols ......................................................... 33
Acronymes et abréviations utilisés dans cet ouvrage. ............................................................vii
Qu’est-ce que l’érosion des sols ?.............................................................................................34
Les facteurs de l’érosion........................................................................................................... 35
Cadre général ...............................................................................1
Des conséquences multiples. ...................................................................................................36
Pourquoi un atlas des menaces naturelles ?.............................................................................. 1
La situation de l’érosion en Haïti. ............................................................................................36
Des éléments du vocabulaire des risques.................................................................................. 2
Cartographie de la menace erosion des sols. .......................................................................... 37
Le contexte géographique et géodynamique.............................................................................4
L’organisation administrative.....................................................................................................8
La menace Mouvement de terrain ................................................ 39
La population. .............................................................................................................................9
Qu’est-ce qu’un mouvement de terrain ?. ............................................................................... 40
Le contexte économique...........................................................................................................10
Mouvements de terrain historiques majeurs d’Haïti............................................................... 41
La problématique des risques naturels en Haïti......................................................................10
Cartographie de la menace mouvement de terrain. ................................................................43
L’impact du changement climatique en Haïti. ......................................................................... 11
La menace Séisme ......................................................................49
La menace Cyclone ..................................................................... 15
Qu’est-ce qu’un séisme ?. .........................................................................................................50
Qu’est-ce qu’un cyclone ?. ........................................................................................................ 16
Evaluation de la menace sismique........................................................................................... 51
Les phénomènes dangereux liés aux cyclones. ....................................................................... 17
Pourquoi des séismes en Haïti ?. ............................................................................................. 52
Le phénomène cyclonique en Haïti (vent et submersion marine). ......................................... 18
Les événements sismiques majeurs en Haïti........................................................................... 53
Conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement............................................. 19
Le séisme du 12 janvier 2010................................................................................................... 55
Les évènements cycloniques catastrophiques en Haïti au cours du XXème siècle. .............. 19
Cartographie de la menace séisme. .........................................................................................58
La menace Inondation .................................................................21
La menace Tsunami .................................................................... 63
Qu’est-ce qu’une inondation ?.................................................................................................. 22
Qu’est-ce qu’un tsunami ?.........................................................................................................64
Qu'est-ce qu'une crue ?............................................................................................................. 23
L’exposition des côtes d’Haïti aux tsunamis............................................................................64
Les inondations historiques catastrophiques en Haïti............................................................24
Les effets sur le littoral. ............................................................................................................64
Cartographie de la menace inondation.................................................................................... 25
Cartographie de la menace tsunami. .......................................................................................67
iv
La menace Sécheresse .................................................................71
Listes des cartes
Qu’est-ce que la sécheresse ?................................................................................................... 72
Synthèse des menaces naturelles en Haïti . ...........................................................................viii
Les sécheresses historiques exceptionnelles en Haïti. ........................................................... 72
Carte topographique et toponymique d’Haïti ........................................................................... 5
Le contexte pluviométrique d’Haïti.......................................................................................... 73
Carte de la menace Cyclone...................................................................................................... 14
L’impact du phénomène El Niño sur Haïti................................................................................ 74
Carte de la menace Inondation . ..............................................................................................20
La prévention des risques naturels .............................................. 75
Carte de l'aléa Inondation sur la commune de Cabaret..........................................................26
Carte de l'aléa Inondation sur la commune des Cayes............................................................ 27
Quelques notions. .....................................................................................................................76
L’organisation de la réponse en Haïti....................................................................................... 77
Carte de l'aléa Inondation sur la commune des Gonaïves......................................................28
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti. ..........................79
Carte de l'aléa Inondation sur la commune de Leogane. ........................................................29
La menace Cyclone............................................................................................................ 80
Carte de l'aléa Inondation sur la commune de Cap-Haïtien. ..................................................30
La menace Inondation. ......................................................................................................83
Carte de la menace Erosion des sols ....................................................................................... 32
La menace Erosion des sols...............................................................................................84
Carte de la menace Mouvement de terrain .............................................................................38
La menace Mouvement de terrain.....................................................................................86
Carte de la menace Mouvement de terrain sur cinq quartiers de Port-au-Prince..................44
La menace Séisme..............................................................................................................88
Carte de la menace Mouvement de Tterrain de Port-au-Prince..............................................45
La menace Tsunami........................................................................................................... 90
Carte de la menace Mouvement de terrain de Cap-Haïtien. ...................................................46
La menace Sécheresse....................................................................................................... 91
Carte de la menace Séisme ......................................................................................................48
Principales études d'évaluation et de cartographie des risques naturels réalisées
en Haïti......................................................................................................................................93
Carte de la menace Séisme sur Cap-Haïtien............................................................................59
Références citées dans le texte. ............................................................................................ 100
Carte de la menace Séisme sur Port-au-Prince ...................................................................... 60
Pour aller plus loin..................................................................................................................102
Carte de la menace Tsunami ....................................................................................................62
Carte de la menace Tsunami sur Cap-Haïtien..........................................................................68
Carte de la menace Tsunami sur Fort-Liberté..........................................................................69
Carte de la menace Sécheresse................................................................................................70
Couverture géographique et thématique des études sur les risques naturels
collectées en Haïti.................................................................................................................... 99
v
Acronymes et abréviations
BM
BME
BRGM
CIAT
CCD
CCGRD
CDGRD
CLGRD
CNGRD
CNIGS
CNM
CNUCC
CODOMAR
CONATE
CRH
DPC
DTP
GES
GIEC
IHSI
INESA
LCD
LNBTP
MARNDR
MCC
MCI
MDE
MTIC
MEF
MICT
MPCE
MTPTC
NATHAT
OXFAM
ONEV
ORE
PAE
PAGE
PANA
PAN-FRO
Ministère de l’Environnement
Ministère du Tourisme et des Industries Créatives
Ministère de l’Economie et des Finances
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications
Analysis of Multiple Natural Hazards in Haiti
Oxford Committee for Famine Relief
Observatoire National de l’Environnement et de la Vulnérabilité
Organisation pour la Réhabilitation de l’Environnement
Plan d’Action pour l’Environnement
Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement
Plan d’Action National d’Adaptation aux changements climatiques
Programme d’action national de lutte contre la désertification dans la zone
frontalière Haïti - République Dominicaine
PAN-LCD Programme National d’Action de Lutte contre la Désertification
PNGRD
Plan National de Gestion des Risques et des Désastres
PNUD
Programme des Nations Unies pour le Développement
SEMANAH Service Maritime et de Navigation d’Haïti
SNGRD
Système National de Gestion des Risques et des Désastres
SPGRD
Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres
SPU
Service de Planification Urbaine
UNITAR
United Nations Institute for Training and Research
UNOSAT
United Nations Office for Outer Space Affairs
USAID
United States Agency for International Development
UTS
Unité Technique de Sismologie du BME
Banque mondiale
Bureau des Mines et de l’Energie
Bureau de Recherches Géologiques et Minières, France
Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire
Convention des Nations Unies sur la lutte Contre la Désertification
Comité Communal de Gestion des Risques et des Désastres
Comité Départemental de Gestion des Risques et des Désastres
Comité Local de Gestion des Risques et des Désastres
Comité National de Gestion des Risques et des Désastres
Centre National de l’Information Géospatiale
Centre National de Météorologie
Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques
Centre d’Observation et d’Operations sur les Données Maritimes
Conseil National pour l’Aménagement du Territoire et l’Environnement
Croix Rouge Haïtienne
Direction de la Protection Civile
Direction des Travaux Publics
Gaz à Effet de Serre
Groupe Intergouvernemental d’Experts sur les Changements Climatiques
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
Inter Entreprises SA
Lutte contre la Désertification
Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et
du Développement Rural
Ministère de la Culture et de la Communication
Ministère du Commerce et de l’Industrie
UTSIG
vii
Unité de Télédétection et de Systèmes d’Information Géographique
Atlas des menaces naturelles en Haïti
MATTHEW - 2016
Carte de la synthèse des MENACES NATURELLE
viii
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Cadre général
L
Pourquoi un atlas des menaces naturelles ?
Le présent atlas constitue un outil d’information sur les risques naturels majeurs auxquels
la population d’Haïti est exposée. Il est destiné à l’ensemble des citoyens, mais aussi aux
acteurs publics et privés. Dans le premier chapitre, les principales définitions des termes
utilisés pour décrire les composantes des risques naturels sont rappelées. Puis, le contexte
géographique, géologique, socio-économique du pays est présenté. Chaque type de menace
fait ensuite l’objet d’un chapitre spécifique, avec une description du phénomène, un
historique des évènements majeurs référencés, et une carte à petite échelle de la menace sur
l’ensemble du territoire haïtien. Des extraits de cartes de menaces naturelles sur des secteurs
donnés sont aussi fournis à une plus grande échelle cartographique. Le dernier chapitre est
consacré à la prévention des risques naturels en Haïti. Il présente les principaux acteurs
haïtiens œuvrant pour la prévention des risques naturels, ainsi que, pour chaque type de
menace, des exemples d’actions de prévention actuellement développées sur Haïti ou qui
pourraient être mises en oeuvre. Enfin, une liste des principales études de risques naturels
réalisées depuis une quinzaine d'années en Haïti est fournie en fin du document.
a situation géographique de la République d’Haïti l’expose à des évènements
exceptionnels de nature géologique (séismes, mouvements de terrain),
hydrologique (tsunamis, submersion marine, inondations par débordement de
cours d’eau), et météorologique (cyclones, sécheresse). En Haïti, le niveau de
déboisement est très élevé et l’érosion des terres conduisant à la désertification
du territoire augmente progressivement. Ces dernières années, plusieurs
cyclones, notamment Jeanne (2004), Fay, Gustav, Hanna, Ike (2008), Sandy
(2012), et tout dernièrement Matthew (octobre 2016), ont touché le pays. Ils ont été la cause
de phénomènes tels que des vents violents, des inondations, des mouvements de terrain,
à l'origine de nombreux décès, de maladies, de destructions d'habitations et de pertes
agricoles. Le 12 janvier 2010, la capitale Port-au-Prince a été détruite par un tremblement de
terre de forte magnitude. Ces évènements naturels majeurs, combinés aux conditions socioéconomiques difficiles de la population, constituent un état de risque permanent et même
croissant. Or, la plupart des villes du pays, à forte densité démographique, se situent dans des
contextes naturels défavorables : plaines inondables, bord de mer, zones en pente, proximité
de failles sismiquement actives. Selon l’indice mondial de risque (World Risk Index, WRI),
Haïti a l’un des indices de prédisposition (probabilité qu’une société ou qu’un écosystème
donné soit endommagé en cas de catastrophe naturelle) les plus élevés au monde (parmi les
15 premiers).
1
Cadre général
Des éléments du vocabulaire des risques
De la menace au risque naturel
sur l’environnement. Ainsi, le déboisement rend les inondations plus fréquentes et plus
Évaluation
enjeux et
menace : plus courantes
dangereuses, les versants Évaluation
plus instables,de
leslasécheresses
et plusdes
intenses.
de le
leurisque de
vulnérabilité
La destruction des mangroves
dans les zones côtières peut accroître
fortes :
. nature,
.
localisation,
houles. Comme autres facteurs d’aggravation du risque, à travers .lelocalisation
processus
d’expansion
de la
population, des constructions,
. intensité,
des activités,
du leurs
patrimoine,
etc.,
urbaine, les villes transforment
leur environnement et peuvent ainsi
accroître
zones
. fréquence.
. évaluation du degré de dommages que ces enjeux
exposées. Par exemple, la construction de nouvelles habitations, la pourraient
réalisation
den cas
routes ou
subir
d’évènement naturel
autres infrastructures imperméabilisant les sols, peuvent modifier le régime hydraulique
d’un bassin versant, et être ainsi la cause d’un mauvais drainage des eaux pluviales et leur
infiltration dans le sous-sol, favorisant les inondations et/ou l’instabilité des terrains. Ou
encore, « l’évacuation » des déchets dans le lit des cours d’eau peut causer des inondations,
voire des embâcles, en cas de rupture brutale d’un « barrage » de déchets.
Évaluation
Évaluation
desdes
enjeux
enjeux
et et
de
leurleur
de
vulnérabilité
vulnérabilité
: :
Les catastrophes
naturelles sont déclenchées par des phénomènes
dangereux,
mais certaines
. nature,
. nature,
Évaluation
Évaluation
de la
de la
menace
menace
: :
d’entre-elles
peuvent
être amplifiées par des actions humaines ayant un impact négatif
.
localisation,
.
localisation,
.
intensité,
.
intensité,
.
fréquence.
.
fréquence.
.
localisation
.
localisation
de la de la
population,
population,
des des
constructions,
constructions,
des des
activités,
activités,
du du
patrimoine,
patrimoine,
etc., etc.,
.
évaluation
.
évaluation
du degré
du de
degré de
dommages
dommages
que ces
que ces
enjeux
enjeux
Définition
risque
pourraient
pourraient
subir en
subir
cas
en casdu
d’évènement
d’évènement
naturel
naturel
●● nature
●● localisation
●● intensité
●● fréquence
==
=
=
+
&&
Évaluation de la menace
&
Évaluation du risque
Évaluation des enjeux et de leur
vulnérabilité
●● localisation de la population, des constructions,
des activités, du patrimoine, etc.
●● évaluation du degré de dommages que ces enjeux
pourraient subir en cas'évènement naturel
2
@Classeur "Le risque sismique en PACA"
Les risques naturels résultent de la confrontation, dans le temps et dans l’espace, de
phénomènes naturels dangereux (menaces ou aléas) avec des éléments fragiles ou
vulnérables (populations, structures, réseaux, etc.). On parle de catastrophe naturelle lorsque
le phénomène naturel cause des pertes humaines, économiques et/ou environnementales
telles que la zone sinistrée ne peut à elle seule surmonter ce désastre. L’ampleur ou la gravité
d’une catastrophe peut-être considérablement réduite par des stratégies de prévention et de
gestion des risques majeurs. L’évaluation du risque est donc étroitement liée à la capacité de
la société à faire face aux phénomènes dangereux.
Le risque se caractérise par deux composantes :
1)
la menacedu
(ou aléa),
c’est-à-dire la probabilité d´occurrence d´un événement donn
Évaluation
risque
2) la vulnérabilité des enjeux, qui exprime la gravité des effets ou des conséquences
l´événement
supposé par
pouvoir
se produire.
Le risque se
caractérise
deux
composantes :
1) la menace (ou aléa), c'est-à-dire la probabilité
de survenance d'un événement donné ;
2) la vulnérabilité des enjeux, qui exprime la
gravité des effets ou des conséquences de
l'événement supposé pouvoir se produire.
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Glossaire
Aléa ou Menace : processus ou phénomène naturel qui
peut causer des pertes de vies humaines, des blessures ou
d’autres effets sur la santé, des dommages aux biens, la perte
de moyens de subsistance et de services, des perturbations
socio-économiques, ou des dommages à l’environnement.
Les aléas, ou menaces, peuvent être caractérisés par
leur ampleur ou leur intensité, leur zone d'extension,
leur probabilité de survenance au cours d’une période
de référence. Concernant le paramètre de probabilité de
survenance, vu la difficulté de son évaluation, il peut ne pas
être retenu dans l’analyse, néanmoins, le terme générique
d’aléa pourra être conservé.
Adaptation au changement climatique : ajustement dans les
systèmes naturels ou humains en réponse à des changements
climatiques actuels ou attendus, ou à leurs effets, qui atténue
les dommages ou en valorise les bénéfices. Le concept plus
large de l’adaptation s’applique également aux facteurs nonclimatiques tels que l’érosion du sol.
Aménagement du territoire : action entreprise par
les autorités publiques afin d’identifier, d’évaluer et de
décider des différentes options possibles pour l’utilisation
des terres, y compris l’examen de l’aspect économique à
long terme, des objectifs sociaux et environnementaux,
des implications pour les différentes communautés et
groupes d’intérêt, ainsi que la formulation et la mise en
place de plans qui décrivent les utilisations autorisées ou
acceptables. L’aménagement du territoire est un important
facteur du développement durable. Il peut contribuer
à atténuer les effets des catastrophes et à réduire les
risques en décourageant l’installation et la construction de
structures vitales dans les zones à risque.
Capacité à réagir : la capacité des personnes, des
organisations et des systèmes, en utilisant les compétences
et les ressources disponibles, à faire face et à gérer des
conditions difficiles, des situations d’urgence ou de
catastrophe.
Catastrophe naturelle : grave interruption du fonctionnement d’une communauté ou d’une société résultant d’un
évènement naturel ayant causé des pertes en vies humaines,
des pertes matérielles, économiques et environnementales
telles que les sinistrés ne peuvent pas les surmonter avec
leurs seules ressources.
Dégradation environnementale : diminution de la capacité
de l’environnement à répondre aux objectifs et aux besoins
sociaux et écologiques. La dégradation de l’environnement
peut modifier la fréquence et l’intensité des risques naturels
et accroître la vulnérabilité des communautés humaines.
Les types de dégradation sont variés et incluent l’utilisation
abusive des terres, l’érosion des sols, la désertification, les
incendies de forêt, la perte de la biodiversité, la déforestation,
la destruction des mangroves, des terres, la pollution de l’eau
et de l’air, le changement climatique, l’élévation du niveau de
la mer et l’appauvrissement de l’ozone.
Développement de capacités : processus par lequel les
personnes, les organisations et la société stimulent et
développent leurs capacités au fil du temps, pour atteindre
des objectifs économiques et sociaux, y compris par
l’amélioration des connaissances, des compétences, des
systèmes et des institutions.
Développement durable : développement qui répond aux
besoins du présent sans compromettre les capacités des
générations futures à pourvoir à leurs propres besoins.
Dommages pour un élément exposé : dégradation physique
estimée de manière qualitative ou quantitative. Pour un
enjeu : perte de valeur conséquence directe ou indirecte de
la dégradation physique.
Gestion des risques de catastrophe : processus de recours
systématique aux directives, compétences opérationnelles,
capacités et organisation administratives pour mettre en
œuvre des politiques, stratégies et capacités de réponse
appropriées pour atténuer l’impact des phénomènes naturels
dangereux et risques de catastrophes environnementales et
technologiques qui leur sont liées.
Mesure d’atténuation : concerne la réduction ou la
limitation de l’impact négatif des aléas et des catastrophes.
Mesure structurelle: toute construction physique visant
à réduire ou à éviter les impacts éventuels des aléas, ou
l’application de mesures d’ingénierie pour assurer des
structures ou systèmes résistants et résilients aux aléas
Phénomène naturel : «manifestation» plus ou moins
«bouleversante» de la nature, d’ordre géologique (séisme,
mouvement de terrain, éruption volcanique), hydrologique
(inondation, tsunami), météorologique (tempête, cyclone,
température extrême) ou nivologique (avalanche de neige).
Phénomène naturel dangereux : phénomène naturel
susceptible de causer des dommages aux personnes, aux
biens et plus généralement à l’environnement. Sont pris
en compte dans ce document l’ensemble des phénomènes
naturels affectant Haïti : les cyclones, les inondations,
l’érosion des sols, la sécheresse, les mouvements de
terrain, les séismes, les tsunamis. Dans bien des cas,
ces phénomènes sont connexes. Par exemple, de fortes
précipitations peuvent être à l’origine d’une crue torrentielle
et/ou de glissements de terrains.
Eléments exposés (ou éléments à risque) : les personnes
et les biens exposés à un phénomène naturel dangereux.
Plate-forme nationale pour la réduction des risques de
catastrophe : terme générique pour désigner l’ensemble
des organismes nationaux de coordination et d’orientation
sur la réduction des risques de catastrophe, multisectoriels
et interdisciplinaire, qu’ils soient publics ou privés.
Enjeux : Eléments exposés auxquels on associe une valeur
(humaine, économique, fonctionnelle, sociale, etc.). Cette
valeur sera utilisée dans l’analyse du risque pour estimer
les pertes potentielles.
Prévention des catastrophes : ensemble d’activités
permettant de limiter ou d’éviter l’impact négatif des
aléas et de minimiser les catastrophes environnementales,
technologiques et biologiques qui leur sont associées. En
3
Cadre général
fait, très souvent, il n’est pas possible d’éviter les pertes
matérielles et/ou humaines et il s’agit davantage de mesures
d’atténuation. Les termes de prévention et d’atténuation
sont ainsi parfois « interchangeables ».
Résilience : capacité d’un système, d’une communauté ou
d’une société exposés à des risques à résister, absorber,
accueillir et corriger les effets d’un danger, en temps
opportun et de manière efficace, notamment par la
préservation et la restauration de ses structures essentielles
et de ses fonctions de base.
Risque : combinaison de la probabilité d’un événement
et de ses conséquences négatives. L’évaluation du risque
consiste à estimer les dommages potentiels (ou les pertes)
pour des enjeux vulnérables causés par un phénomène
dangereux pour un niveau d’aléa donné.
Risque majeur : possibilité de survenance d’un événement
d’origine naturelle ou anthropique, dont les effets peuvent
mettre en jeu un grand nombre de personnes, occasionner
des dommages importants et dépasser les capacités de
réaction de la société.
Sensibilisation du public : il s’agit de l’étendue des
connaissances communes sur les risques de catastrophe,
sur les facteurs qui conduisent à des catastrophes et sur
des actions qui peuvent être prises individuellement et
collectivement pour réduire l’exposition et la vulnérabilité
aux aléas.
Vulnérabilité : traduit la fragilité (a contrario la capacité de
résistance) des éléments exposés, vis-à-vis d’un phénomène
donné. Pour un niveau d’aléa donné, un enjeu sera d’autant
plus affecté que sa vulnérabilité sera forte. La réduction de
la vulnérabilité, lorsqu’elle est possible, est un moyen de
réduire le risque.
Sources partielles : UNISDR (2009)
Le contexte géographique
et géodynamique
Haïti (Ayiti en créole), nom d’origine amérindienne,
signifierait « Terre des hautes montagnes » ou « La montagne
dans la mer ». L’île est rebaptisée Española ou Hispaniola
par les Espagnols, puis Saint-Domingue par les Français. Le
1er janvier 1804, lors de la déclaration d’indépendance du
pays, elle reprend son nom d’origine indienne. Haïti occupe
le tiers occidental de l’île.
L’île d’Hispaniola se trouve au nord de la mer des Caraïbes.
Avec Cuba, la Jamaïque, et Porto Rico, elle appartient à
l’archipel des Grandes Antilles. Celui-ci couvre plus de 90%
de la surface de toutes les îles de la Caraïbe. La superficie
d’Haïti est de 27 750 km². En raison de sa forme en « fer
à cheval », Haïti possède une grande longueur de littoral,
soit 1 771 km lorsque l’on y ajoute le littoral de ses îles. Au
nord, la côte haïtienne s’ouvre sur l’océan Atlantique. Au
sud, elle borde la mer des Caraïbes. Au centre, le golfe de la
Gonâve s’insère entre les péninsules Nord et Sud. Outre de
nombreux îlots qui longent ce littoral, Haïti possède quatre
îles principales, avec par ordre de superficie décroissante :
l’île de la Gonâve, l’île de la Tortue, l’île de La Grande
Cayemite et l'Ile-à-Vache.
Haïti est un pays très montagneux. Seulement 20 % du
territoire est situé en zone de plaine. A l’est de la Péninsule
du Sud, la chaîne de la Selle possède le plus haut sommet
du pays, le pic de la Selle, à 2 680 m d’altitude. A l’ouest
de la même péninsule, le pic Macaya, dans le massif de la
Hotte, culmine à 2 347 m. Le centre et le nord du territoire
sont marqués par une succession de reliefs et de plaines,
d’orientation générale nord-ouest - sud-est, avec du sud vers
le nord : la chaîne des Matheux, la plaine et la basse vallée
de l’Artibonite, les montagnes Noires, le plateau central, le
massif du nord et enfin, la plaine du Nord qui représente le
versant nord-est effondré du massif du Nord.
Entre la chaîne de la Selle et la chaîne des Matheux, se
trouvent l’Étang saumâtre et la plaine du Cul-de-Sac, ouverte
4
sur le Golfe de la Gonâve. L’Etang saumâtre est le plus grand
lac naturel du pays. Il couvre environ 181 km². Il n’a pas
d’exutoire, et, comme son nom l’indique, il contient de l’eau
salée. Le niveau de l’eau du lac varie de 12 à 20 mètres audessus du niveau moyen de la mer.
Le fleuve de l’Artibonite est le plus long cours d’eau d’Haïti.
Il parcourt 320 km environ depuis sa source, à l’est, dans
la cordillère Centrale, en République Dominicaine, jusqu’à
son estuaire près du bourg de la Grande Saline, le long du
golfe de la Gonâve. L’Artibonite a de nombreux affluents
dans le plateau Central, dont la rivière Guayamouc. La
plaine alluviale du Guayamouc est une région très fertile. A
l’est, proche de la frontière avec la République Dominicaine,
le barrage de Péligre retient les eaux de l’Artibonite pour
constituer le lac de Péligre. Ce réservoir artificiel couvre
une zone de 30 km². Le barrage de Péligre a été mis en
service en 1956 pour répondre à un besoin d’irrigation et de
réduction des crues. Une usine hydroélectrique a été mise
en service en 1971. Du fait d’un envasement important, lié
notamment à l’érosion des sols des massifs drainés, il a
perdu, en 2015, plus de 56 % de sa capacité d’origine de
retenue. Des travaux de dragage et de réhabilitation des
turbines sont actuellement en cours.
Sur la côte, la plus grande zone de mangrove est située au sud
des Gonaïves. Elle couvre une surface de 32 kilomètres de long
et jusqu’à 5 kilomètres de large. Elle se situe aux estuaires des
rivières Artibonite et l’Estère. On trouve aussi des zones de
mangrove significatives sur la côte septentrionale, entre Baie
de l’Acul et Fort-Liberté, autour de l’île de la Grande Cayemite
et dans la région des Cayes. Des marais côtiers importants se
trouvent aussi sur l’île de la Gonâve.
De par sa latitude, le pays bénéficie d’un climat tropical
caractérisé par l’alternance entre une saison humide,
de mai à novembre, et une saison sèche, de décembre à
avril. Dans les plaines, les températures moyennes varient
entre 28°C, en hiver, et 32°C, en été. Au sommet des
montagnes, la température peut osciller entre 18°C et 22°C.
La pluviométrie varie non seulement avec l’altitude, mais
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte topographique et toponymique d’Haïti
5
© Rémi Kaupp, CC-BY-SA, Wikimedia Commons
Cadre général
aussi avec l’orientation des massifs montagneux par rapport
aux alizés en provenance du nord-est. Ces vents chargés
d’humidité frappent perpendiculairement les reliefs. Les
plaines et versants exposés reçoivent les précipitations les
plus abondantes. Localement, la pluviométrie peut donc
se trouver fortement contrastée. La presqu’île du Sud et le
département du Nord sont les plus arrosés (plus de 2 500
mm/an). En revanche, la façade occidentale de la péninsule
du Nord, située sous le vent, est la région la plus sèche,
avec moins de 1 000 mm/an (500 mm/an en moyenne à
Gonaïves).
Haïti est une terre montagneuse, constituée de formations
géologiques variées, d’origine volcanique (basaltes,
andésites…), plutonique (granites…), métamorphique (schistes,
marbres, gneiss) ou sédimentaire (calcaires, marnes,
sables, conglomérats…). Jalons de l’histoire géologique,
hérités de différents contextes géodynamiques (ancien
arc insulaire volcanique, front de subduction, zone de
collision orogénique, bassin d’arrière-arc, rift océanique …),
ces matériaux rocheux ont été repris par des phases
tectoniques ultérieures et apparaissent aujourd’hui très
plissés et faillés. Cette évolution a notamment conduit à la
formation du bloc continentalisé d’Hispaniola.
Haïti se situe dans une zone tectonique très active, à la
frontière de deux plaques de l’écorce terrestre : la plaque
tectonique Caraïbe et la plaque tectonique nord-américaine.
Ces plaques se déplacent l’une par rapport à l’autre à la
vitesse d’environ 2 cm/an. Ces déplacements se traduisent
par des phénomènes sismiques localisés essentiellement au
niveau de deux zones de failles actives majeures, le système
de failles Septentrional et le système de failles d’Enriquillo
(également nommé sytème de failles d’Enriquillo-PlantainGarden).
©Wikimedia
©BRGM - M. Terrier
Haïti se trouve sur la trajectoire des cyclones tropicaux
dont l’activité maximale a lieu entre août et novembre.
Le cyclone Jeanne, en septembre 2004 a été l’un des plus
meurtriers de ces dernières décennies pour Haïti. En 2008,
le pays a dû faire face à 4 cyclones successifs. Haïti est aussi
exposée à des périodes de sécheresse intense. La saison
pluvieuse est alors moins longue. Certaines régions peuvent
ne pas recevoir une goutte de pluie pendant plusieurs mois
successifs.
Le barrage hydro-électrique de Péligre, dans la vallée de l’Artibonite
Haïti : « La montagne dans la mer ». Vue en arrière-plan de la chaîne des Matheux
surplombant le littoral marin
6
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Contexte géodynamique de l’Arc des Antilles
Sens du coulissement des plaques
SFS : Système de failles Septrentional
Subduction de la plaque Amérique sous la plaque Caraîbe
SFEPG : Système de failles d’Enriquillo-Plantain-Garden
7
Mouvement des plaques
Cadre général
L’organisation administrative
Découpage territorial en 10 départements et répartition de la population
Le pays est découpé administrativement en dix départements : le Nord-Est, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre,
l’Artibonite, l’Ouest, le Sud-Est, le Sud, la Grande Anse, les
Nippes. Chacun d’entre eux est sous-divisé en arrondissements, puis en communes et en sections communales (la
Constitution de 1987 a introduit le concept de section communale à la place de section rurale). Au total, il existe 42 arrondissements, 145 communes, 570 sections communales.
Le schéma d’organisation des différentes unités territoriales
haïtiennes selon le Décret du 1er février 2006, définissant
le cadre général de la décentralisation, les principes
d’organisation et de fonctionnement des collectivités
territoriales haïtiennes, est le suivant :
L’État haïtien est représenté dans chaque département par
un délégué départemental qui supervise les différentes
directions départementales des ministères. Ce délégué
est secondé dans chaque arrondissement par un vicedélégué. La commune est dirigée par un Maire (appelé
aussi Magistrat). La collectivité territoriale de la section
communale constitue la plus petite entité administrative
de la République. Elle est dirigée par un organe exécutif, le
CASEC (Conseil d’Administration de la Section Communale)
et un organe délibérant, l’ASEC (Assemblée de la Section
Communale).
La capitale économique et politique est Port-au-Prince.
Elle se trouve dans le département de l’Ouest. Plusieurs
communes avoisinantes, telles que Carrefour, Pétion-Ville,
Delmas, Tabarre, Cité Soleil, Croix des Bouquets, forment
avec Port-au-Prince, l’aire métropolitaine.
Carte d’après les donnés IHSI, 2009
8
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La population
Selon l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
(IHSI), en 2009, la population haïtienne atteignait près de
10 millions d’habitants. Aujourd’hui, selon le PNUD (d’après
http://www.ht.undp.org/), elle dépasserait les 10,5 millions,
dont plus de 2,5 millions d’habitants concentrés sur l’aire
métropolitaine de Port-au-Prince ; ce qui conduit à une
densité moyenne de plus de 380 habitants par km².
Répartition de la population haïtienne par département
40%
35%
30%
25%
n popuplation rurale
20%
n popuplation urbaine
15%
10%
5%
D’après IHSI, 2009
9
es
Ni
pp
Es
t
dNo
r
se
eAn
nd
Gr
a
dEs
t
Su
rd
-
Ou
se
t
tre
Ce
n
Su
d
rd
No
No
Ar
tib
on
ite
0%
es
t
Selon l’IHSI (2009), sur la base du recensement de 2003,
plus de 80 % de la population vivant en milieu urbain
savaient lire et écrire contre seulement 48 % de la population
rurale. Le taux moyen d’alphabétisation s’améliore avec le
temps, puisqu’aujourd’hui, il serait de 86,5 % en milieu
urbain (d’après le PNUD, http://www.ht.undp.org).
Le département de l’Ouest est le plus peuplé, avec 37 % de la population haïtienne, dont 29 % en zone urbaine
(soit presque un tiers de la population totale). L’aire métropolitaine concentre aujourd’hui 2,5 millions d’habitants.
(Vue de Port-au-Prince et de la plaine du Cul-de-Sac ; en arrière-plan, la chaîne des Matheux)
Ou
L’Artibonite (16 % de la population) et le Nord (10% de la
population) représentent après l’Ouest, les départements
les plus peuplés. A l’exception du département de l’Ouest,
la population est majoritairement rurale. Toutefois, dans le
département du Nord, mais aussi dans celui de l’Artibonite,
on observe une tendance à l’équilibre de la répartition des
populations rurale et urbaine. Selon l’IHSI (2007), en 2030,
la population urbaine regroupera plus de 60 % des haïtiens,
et en 2050, plus de 70 %.
©BRGM - M.Terrier
Il s’agit d’une population jeune ; en 2009, 36% des haïtiens
avaient moins de 14 ans (IHSI, 2009). Entre 2005 et 2010,
le taux de croissance démographique était en moyenne
de 1,64 % par an (IHSI, 2009). En 2050, la population
haïtienne pourrait dépasser 16 millions (IHSI, 2007).
Cadre général
Le contexte économique
Haïti est un pays très pauvre : 24,7 % des Haïtiens vivent avec
moins d’1,25 dollar par jour ; 58,6% avec moins de 2,5 dollars
par jour (source PNUD, http://www.ht.undp.org). Toutefois,
selon l’IHSI (2009, 2013, 2014), le pays semble avoir
bénéficié d’une certaine croissance économique au cours des
dernières années.
Selon les statistiques économiques de 2013 (source IHSI,
2013), la part des principaux secteurs d’activité dans le
Produit Intérieur Brut (PIB) se situe autour de :
●● 23
% pour le secteur primaire (activités liées à
l’extraction des ressources naturelles), avec l’agriculture,
la sylviculture, l’élevage et la pêche, ainsi que les
industries extractives (mines et carrières), notamment
en lien avec la progression du secteur du bâtiment ;
Concernant les grandes infrastructures, Haïti dispose
aujourd’hui de :
●● 18 % pour le secteur secondaire (activités liées à la
transformation des matières premières, qui sont issues
du secteur primaire). Depuis quelques années, en relation
directe avec la reconstruction qui a suivi le séisme très
destructeur du 12 janvier 2010, le secteur du Bâtiment
et des Travaux Publics (BTP) a largement contribué à
la croissance de l’économie haïtienne. Cette activité
regroupe aussi les métiers de l’artisanat (fer forgé, fibres
végétales, bois, pierre, peinture d’art) ;
●● 6 aéroports publics (avec au moins un vol régulier par
jour entre Port-au-Prince et les principales villes du
pays), et 2 aéroports internationaux (Port-au-Prince
et Cap-Haïtien : vols directs à destination des Antilles
françaises, des Bahamas, du Canada, de Cuba, du
Panama, de la République Dominicaine, des USA) ;
●● 2 ports aux standards internationaux, Port-au-Prince et
●● 59 % pour le secteur tertiaire (activités économiques
Cap-Haïtien ; 17 ports de cabotage, dont 8 sont ouverts
au commerce extérieur :
qui ne font pas partie des deux autres, essentiellement
des services). Il s’agit plus particulièrement des activités
de commerce, de la restauration et de l’hôtellerie, mais
aussi celles relatives aux institutions financières, au
transport et à l’enseignement.
– 1 entreprise publique de fourniture du courant
électrique, Electricité d’Haïti (EDH) ;
– environ 4 500 km de routes classées en “nationales”,
“départementales” et “de pénétration”, incluant les
voies en construction.
©BRGM - M.Terrier
La problématique des risques
naturels en Haïti
Vente des produits de l’agriculture dans les villages du massif du Nord
10
La situation géographique et géodynamique d’Haïti l’expose à
des phénomènes naturels nombreux : séismes, mouvements
de terrain, tsunamis, submersions marines, inondations,
cyclones, sécheresse. Haïti est aussi exposé aux phénomènes
d’origine principalement anthropique, d’érosion des sols et de
désertification. C’est tout le territoire haïtien qui est concerné
par ces phénomènes naturels (cf. carte en tête de chapitre,
et tableau ci-après), hormis, bien sûr, le département du
Centre en ce qui concerne les tsunamis et la houle cyclonique.
Néanmoins, l’intensité de ces menaces est différente d’un
département à un autre. Ainsi, dans les départements de
l’Artibonite et du Centre, la menace sismique est un peu plus
faible que pour les autres départements. C’est aussi le cas de
la menace de sécheresse, plus intense dans les départements
du Nord-Ouest et de l’Artibonite. Concernant les phénomènes
de désertification et d’érosion des sols, ceux-ci affectent
l’ensemble du territoire. Le département de l’Ouest, le plus
Atlas des menaces naturelles en Haïti
densément peuplé, est soumis, à la fois, à des menaces graves
de séismes, d’inondations et de mouvements de terrain.
Avec l’urbanisation galopante des grandes agglomérations,
en l’absence d’une prise en compte efficace de ces menaces
dans les schémas d’aménagement et d’urbanisation, il
est fort probable que les risques naturels augmenteront
fortement, tant en nombre qu’en intensité, dans les
décennies à venir.
L’impact du changement
climatique en Haïti
L’impact du changement climatique en Haïti devrait se
traduire, à terme, par une réduction de plus de 50% des
précipitations et une augmentation des températures
moyennes de près de 4°C à l’horizon 2080-2099.
La diminution drastique de la pluviométrie et l’augmentation
substantielle de la chaleur auront comme conséquences :
une moindre productivité agricole, un accès plus difficile
à l’eau potable, une augmentation des maladies climatosensibles (dengue, paludisme, fièvre typhoïde, etc.) et
une perte de la biodiversité. Par ailleurs, les phénomènes
climatiques extrêmes (sécheresse, pluies diluviennes)
devraient être exacerbés.
Aujourd’hui il demeure néanmoins difficile de quantifier
l’impact du changement climatique sur l’occurrence de ces
évènements naturels. Les cartes présentées dans cet atlas
ne tiennent pas compte de ces évolutions.
Scénarii prospectifs d’évolution de la température et des précipitations en Haïti : comparaison des valeurs moyennes évaluées
pour la décennie 2041 – 2050 avec celles de la période 1961 – 1990
19.8N
1.58
19.8N
19.6N
1.56
19.6N
1,54
19.4N
Longitude
Loatitude
1.48
18.8N
1.46
18.4N
1.42
18.4N
73,8W
73,5W
73,2W 72,9W
Longitude
72,6W
72,3W
72W
–1.8
–2
–2.2
1.4
74,1W
–1.6
18.8N
18.6N
74,4W
–1.2
–1.4
1.44
18N
–1
19N
18.6N
18.2N
–0.8
19.2N
1.5
19N
–0.6
19.4N
1.52
19.2N
–0.4
–2.4
–2.6
18.2N
18N
71,7W
GHC Scen:gng_sresa2
74,4W
74,1W
73,8W
73,5W
73,2W 72,9W
Longitude
72,6W
72,3W
72W
71,7W
GHC Scen:gng_sresa2
Projection des températures moyennes (en degrés Celsius) en prenant l’exemple du mois de
février. Celles-ci seraient en hausse de 1,4 à 1,5 °C dans tout le pays.
Projection des quantités des précipitations moyennes (en mm/jour) en prenant l’exemple du mois
de novembre. Dès 2030, celles-ci seraient en baisse (entre 5,9 et 20 % selon les zones).
Source : GIEC, 2014
Source : GIEC, 2014
11
Cadre général
Synthèse des niveaux de menaces par phénomène et par département et appréciation empirique du niveau de menace
(élevé en rouge, moyen à élevé en orange, moyen en jaune, faible en gris)
Cyclone
ARTIBONITE
CENTRE
GRANDE-ANSE
intense si la submersion
marine se combine aux
inondations ; exposé
au vent et à la houle
cyclonique
Inondation
très intense dans la basse
plaine de l’Artibonite
exposé (vent)
intense dans la zone des
plateaux et au niveau des
cours d’eau majeurs
exposé (vent, houle
cyclonique, submersion
marine)
tous les cours d'eau
peuvent provoquer des
inondations
NIPPES
exposé (vent, houle
cyclonique, submersion
marine)
NORD
intense si la submersion
marine se combine aux
inondations ; exposé au
vent et à la houle
tous les cours d'eau
peuvent provoquer des
inondations
intense dans la plaine
du Nord
Sécheresse
très intense dans la basse
plaine de l’Artibonite et
le Nord du département
intense sur les hauts
plateaux
parfois exposé à des
sécheresses intenses
parfois exposé à des
sécheresses intenses
parfois exposé à des
sécheresses intenses
Erosion des sols
et désertification
intense sur les reliefs
Mouvement de terrain
localisé
Tsunami
Séisme
possible, lié à l’activité
sismique du système de
failles septentrional
menace sismique moins
élevée que pour les
autres départements
en raison d’un relatif
éloignement des failles
majeures les plus actives
menace sismique moins
élevée que pour les
autres départements
en raison d’un relatif
éloignement des failles
majeures les plus actives
intense sur les reliefs
localisé, potentiellement
intense en zone de relief
intense sur les reliefs
exposé aux instabilités
des pentes du massif de
la Hotte
possible, lié à l’activité
sismique du système
de failles Septentrional
ou du système de faille
d’Enriquillo-PlantainGarden
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles d’EnriquilloPlantain Garden
exposé aux instabilités
des pentes du massif de
la Hotte
possible, lié à l’activité
sismique du système
de failles Septentrional
ou du système de faille
d’Enriquillo-PlantainGarden
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles d’EnriquilloPlantain Garden
exposé aux instabilités
des pentes du massif du
Nord
très exposé dans la
région de Cap-Haïtien en
raison de la proximité
des systèmes de failles
Septentrional et Nord
d’Hispaniola
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles septentrional
ainsi qu’à la faille Nord
Hispaniola
intense sur les reliefs
intense sur les reliefs
12
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Synthèse des niveaux de menaces par phénomène et par département et appréciation empirique du niveau de menace
(élevé en rouge, moyen à élevé en orange, moyen en jaune, faible en gris)
Cyclone
NORD-EST
intense si la submersion
marine se combine aux
inondations ; exposé au
vent et à la houle
NORD-OUEST
exposé (vent, houle
cyclonique, submersion
marine)
SUD
intense si la submersion
marine se combine aux
inondations ; exposé au
vent et à la houle
SUD-EST
exposé (vent, houle)
OUEST
intense si la submersion
marine se combine aux
inondations ; exposé au
vent et à la houle
Inondation
Sécheresse
intense dans la plaine
du Nord
intense dans la plaine
du Nord
intense au niveau des
cours d’eau majeurs et
dans les plaines proches
du littoral marin
très intense, zone
avec une pluviométrie
annuelle moyenne très
faible moins de 500 mm/
an, très sensible aux
périodes de sécheresse,
récurrentes pour ce
département
très intense dans la
plaine alluviale des cayes
tous les cours d'eau
peuvent provoquer des
inondations
intense dans la plaine du
Cul-de-Sac
zone littorale exposée
zone littorale et chaîne
de la Selle exposées
exposée, en particulier,
au niveau de la chaîne
des Matheux
Erosion des sols
et désertification
Tsunami
Séisme
exposé aux instabilités
des pentes du massif du
Nord
très exposé en raison de
la proximité des systèmes
de failles Septentrional
et Nord d’Hispaniola
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles septentrional
ainsi qu’à la faille Nord
Hispaniola
localisé, potentiellement
intense en zone de relief
tout le littoral est très
exposé en raison de la
proximité des systèmes
de failles Septentrional
et Nord d’Hispaniola
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles Septentrional
ainsi qu’à la faille Nord
Hispaniola
exposé aux instabilités
des pentes du massif de
la Hotte
possible, lié à l’activité
sismique du système
de failles Septentrional
ou du système de faille
d’Enriquillo-PlantainGarden
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles d’EnriquilloPlantain-Garden
intense sur les reliefs
exposé aux instabilités
des pentes du massif de
la Selle
possible, lié à l’activité
sismique du système
de failles Septentrional
ou du système de faille
d’Enriquillo-PlantainGarden
menace sismique
très éleveé, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles d’EnriquilloPlantain-Garden
intense sur les reliefs
exposé aux instabilités
des pentes de la chaîne
de la Selle et de la chaîne
des Matheux
possible, lié à l’activité
sismique du système
de failles Septentrional
ou du système de faille
d’Enriquillo-PlantainGarden
menace sismique
très élevée, liée plus
particulièrement à la
proximité du système
de failles d’EnriquilloPlantain-Garden
intense sur les reliefs
intense sur les reliefs
intense sur les reliefs
13
Mouvement de terrain
MATTHEW - 2016
Atlas des menaces naturelles en Haïti
MATTHEW - 2016
Carte de la menace CYCLONE
14
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Cyclone
15
La menace Cyclone
Qu’est-ce qu’un cyclone ?
Un cyclone est une immense masse nuageuse, quasi-circulaire d’environ 500 à 1 000 kilomètres de diamètre, au sein de
laquelle les vents atteignent des vitesses considérables. Il prend naissance au-dessus des mers chaudes des latitudes
tropicales ou subtropicales.
Image satellite des cyclones Gustav et Hanna
(1er septembre 2008)
Schéma d'un système cyclonique
Couverture nuageuse instable
Mur du cyclone
Nuages cumulonimbus violents
© NASA/GSFC
Œil du cyclone
10 à 15 km
d'altitude
Précipitations
500
400
300
200
100
Distance au centre (km)
150
100
50
40
20
Vitesse du vent (km/h)
@Prim.net
Les cyclones se caractérisent par la conjonction de
3 principaux phénomènes qui engendrent des dégâts
lors de leur passage :
1. une forte dépression atmosphérique à la surface de
l’océan qui est maximale au niveau de son centre (valeur
de dépression la plus basse au niveau del’œil du cyclone) ;
2. des vents violents tourbillonnaires qui atteignent une
intensité maximale dans une zone appelée le mur de
l’œil, située à environ 30 à 50 km de l’œil ;
3. des pluies diluviennes qui peuvent se produire dans les
bandes nuageuses spiralées s’étendant parfois jusqu’à
1 000 km de l’œil du cyclon.
➞ Air humide alimentant les cumulus
➞ Air sec descendant
16
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Les phénomènes dangereux liés aux cyclones
La houle cyclonique et la submersion marine
Des vents très violents
Les précipitations
Lors du passage d’un cyclone, la chute de la pression atmosphérique et les vents violents provoquent une surélévation
temporaire du niveau de la mer aussi appelée surcote marine.
Ce phénomène, conjugué à l’effet de la houle cyclonique, peut
engendrer une inondation ou une submersion de la zone côtière. La conjonction d’une forte surcote marine et de pluies
diluviennes peut également aggraver le risque d’inondation
au niveau des embouchures qui sont soumises à la double
influence du fleuve et de la mer.
Les vents, dont les rafales peuvent dépasser 300 km/h,
peuvent être à l’origine de dégâts considérables. En plus de
l’impact direct sur les bâtiments et les structures, le vent
peut aussi transformer en projectiles redoutables des objets
parfois très lourds.
Celles-ci sont très variables selon le type de cyclone. On
parle de cyclones « à vent » ou « à pluie ».
Forces aérodynamiques s'exerçant sur le toit
des habitations
Situation normale
Trajectoire des cyclones qui sont passés
à proximité d’Haïti au cours des 15 dernières
années. Sens classique de la trajectoire :
du sud-est vers le nord-ouest.
Déflection du vent cyclonique
par le bâtiment, créant un
effet de dépression ou de
succion sur les surfaces
Forces aérodynamiques
s'exerçant sur le toit des
habitations
Situation cyclonique
Ces pluies torrentielles provoquent des inondations et
des mouvements de terrain. Les quantités d’eau cumulées
sont d’autant plus importantes que le cyclone se déplace
lentement.
Effet destructeur final
@Prim.net
Les cyclones se forment au milieu de l’océan Atlantique
nord, traverse l’arc des caraïbes, et remontent puis, en
général, meurent le long des côtes sud-ouest et ouest
des Etats-Unis.
17
La menace Cyclone
Le phénomène cyclonique en Haïti (vent et submersion marine)
La saison cyclonique en Atlantique Nord s’étend du mois de
juin au mois de novembre. Concernant l’île d’Hispaniola, 33
perturbations sont passées près de ses côtes (à moins de
250 km) ces 15 dernières années, dont 16 cyclones et 15
tempêtes tropicales (source : projet NATHAT, 2010). Dans
ce secteur, les cyclones ont une trajectoire généralement
orientée du sud-est vers le nord-ouest.
D’après le Caribbean Disaster Mitigation Project (CDMP,
2000), les valeurs de vent potentiellement atteintes sur Haïti
sont assez hétérogènes. L’intensité centennale s’échelonne
d’environ 100 km/h dans le secteur nord de l’île à plus de
200 km/h sur la partie sud. L’orographie joue également un
rôle important localement, les zones montagneuses étant
plus exposées que les zones basses.
La configuration d’Haïti par rapport aux trajectoires
cycloniques et sa proximité des îles et des bancs marins
voisins réduisent son exposition aux houles cycloniques
lointaines. La côte sud est cependant plus exposée car elle
fait face au sens de propagation principal de la houle et
n’est pas protégée par des îles environnantes. Les hauteurs
de vagues cycloniques centennales atteignent 7 à 8 m dans
ce secteur (CDMP, 2000). Si le cyclone passe à proximité
de l’île, les vents violents peuvent également générer une
agitation locale importante. Dans la baie de Port-au-Prince
et sur le secteur nord de l’île, les hauteurs de vagues
centennales sont de l’ordre de 5 à 6 m (CDMP, 2000).
d’Hispaniola. Les baies et les secteurs à récifs sont les plus
propices à la génération de surcotes importantes comme
le secteur des Cayes où la surcote centennale est de l’ordre
de 3 m. Sur le reste de l’île, elle dépasse rarement 1,5 m
(CDMP, 2000). Les zones basses sont les secteurs les plus
vulnérables à la submersion marine en cas de surcote
marine et de houle importante. Par exemple, les secteurs de
Gonaïves, Port-au- Prince et des Cayes ont des zones basses
relativement étendues.
L’ensemble des côtes peut être soumis à une surcote marine
importante, en particulier si l’œil du cyclone traverse l’île
Classification des cyclones
●● L’échelle de Saffir-Simpson est l’échelle de magnitude des cyclones tropicaux. Les cyclones y sont classés selon la vitesse moyenne des vents, mesurée sur une durée de 1 mn, à une
hauteur de 10 m du sol.
●● Si le vent est inférieur à 60 km/h, on parle de dépression tropicale. Entre 60 et 120 km/h, c'est une tempête tropicale. Si le vent dépasse 120 km/h, il s’agit d’un ouragan.
●● Lorsque la vitesse du vent de la perturbation dépasse les 60 km/h, le cyclone prend automatiquement un prénom à partir d’une liste annuelle pré-établie. C’est ce prénom qui est utilisé
dans les bulletins météorologiques. Cette liste est revue tous les cinq ans en alternant le masculin et le féminin.
Echelle de Saffir-Simpson et dommages associés
Catégorie
Vitesse vent (km/h)
Vagues (en pieds)
Dommages
I
120 - 151
1- 1.5
Mineurs
II
152 - 176
2 - 2.5
Modérés
III
177 - 206
3-4
Étendus
IV
208 - 248
4.5 - 6
Extrêmes
V
250 et plus
7 et plus
Catastrophiques
18
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement
Conséquences sur les biens
Victimes corporelles et personnes
sans abris. Les causes de décès ou
de blessures sont dues aux marées
de tempête provoquant l’inondation
des zones basses littorales et aux
vents violents. Les effets indirects liés
aux fortes précipitations (chute de
blocs, coulées boueuses…) peuvent
également avoir des conséquences
importantes.
Destruction partielle ou totale des édifices, des infrastructures de transport,
des infrastructures industrielles, des
réseaux divers (eaux, électricité, télécommunication), des infrastructures
agricoles, interruption des liaisons aériennes et maritimes. Ces destructions
peuvent avoir un coût considérable.
Conséquences sur
l’environnement
Destruction des zones forestières, des
cultures, du bétail, dégâts sur la faune
et la flore.
©Minustah
Conséquences humaines
Inondations aux Gonaïves lors du cyclone Jeanne, 2004
Les évènements cycloniques catastrophiques d’Haïti au cours
du XXème siècle
En septembre 2004, le cyclone Jeanne a causé le décès ou
la disparition d’environ 3 000 personnes en Haïti dont la
moitié aux Gonaïves. Près de 300 000 personnes se sont
retrouvées sans abris.
Trajectoire du cyclone Jeanne, 2004
1935 (octobre) – Jérémie – près de 2 000
personnes ont péri dans les départements
du Sud et du Sud-Est.
1988 (septembre) – Gilbert –
probablement 30 morts ; côte Sud plus
spécialement touchée.
2008 (août) – Hanna - Artibonite et NordEst (ville des Gonaïves) – Environ 780 morts
à Haïti.
1954 (octobre) – Hazel – vitesse du vent
jusqu’à 249 k/h, 500 et 1000 ont péri dans
l’ensemble du pays.
1994 (août) – Gordon – Près de 2000
morts dans le département du Sud-Est.
2008 (septembre) – Ike – Les
départements du Nord et du Nord-Ouest
(ville de Cabaret).
1963 (septembre) – Flora – Environ 5 000
morts à Haïti, les départements touchés ont
été ceux du Sud et de l’Ouest.
1964 (août) – Cléo – 192 morts, côte Sud
plus spécialement touchée.
1966 (septembre) – Inez – Environ 700
morts dans le Sud et l’Ouest d’Haïti, vitesse
du vent jusqu’à 170 k/h.
1980 (août) – Allen –Environ 200 morts
sur la côte Sud (Les Cayes) particulièrement
touchée ; vitesse du vent jusqu’à 270 k/h.
1998 (septembre) – Georges - Ouest –
Centre – Environ 150 morts en Haïti.
2004 (septembre) – Jeanne - environ
3 000 morts ou disparus, et 300 000
sinistrés, région nord d’Haïti et Haute
Artibonite (ville de Gonaïves) plus
particulièrement touchées.
2008 (août) – Fay – Tout le pays a été
concerné ; une dizaine de victimes.
2008 (août) – Gustav – environ 90 morts,
presqu’île du Sud particulièrement touchée.
2010 (novembre) – Tomas – 3 morts,
presqu’île du Sud touchée.
2012 (août) – Isaac – 19 personnes
décédées, département du Sud-Est et
de l’Ouest particulièrement touchés.
2012 (octobre) – Sandy – Départements
du Sud, de l’Ouest et de la Grande Anse –
Environ 50 morts et 200 000 sans-abris.
2016 (octobre) – Matthew – Départements
Sud, Grand Anse, Nippes, Ouest (Ile de la
Gonave) et Nord-Ouest - Environ 550 morts,
vitesse du vent jusqu'à 230 km/h.
19
Source : Base IBTrACS
Selon le CNM (inédit), plus d’une quinzaine de cyclones ont touché le territoire haïtien
au cours des huit dernières décennies (dont 8 depuis 8 ans)
Le cyclone est apparu le 13 septembre à l’est de la
Guadeloupe. Il a traversé la République Dominicaine le 17
septembre, et s’est dissipé le 29 au niveau des côtes de
Floride. Il a donné lieu à d’importantes chutes de pluies sur
les montagnes au nord et à l’est d’Haïti (plus de 330 mm),
ce qui a engendré de graves inondations et des glissements
de terrain et coulées de boue dans l’Artibonite, phénomènes
aggravants résultant notamment de la déforestation extrême
du territoire.
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
INONDATION
La classification de la menace tient
compte seulement de la périodicité
des phénomènes
Source des dennées : CNIGS reprise
dans NATHAT (2011)
20
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Inondation
21
La menace Inondation
Qu’est-ce qu’une inondation ?
Les inondations ou crues de plaine. On distingue :
●● les
inondations « pluviales » qui se produisent
généralement dans les zones habitées par suite de
l’imperméabilisation des sols par les activités humaines
(routes, parkings, habitat…) ; elles se caractérisent
généralement par de faibles vitesses (stagnation) ou de
faibles hauteurs d’eau ;
●● les inondations « fluviales » générées par le débordement
de cours d’eau ; celui-ci sort de son lit mineur et occupe
son lit majeur.
Les crues torrentielles qui se produisent dans les bassins
versants plus pentus et qui se caractérisent par des vitesses
d’écoulement élevées et un transport solide important
(débris végétaux, matérieux rocheux…). Lorsque le transport
solide dépasse en volume le transport liquide, on parle alors
de coulées de boue ou laves torrentielles.
Les inondations peuvent être à l’origine d’un nombre élevé
de préjudices humains et de dommages matériels. A ces
dommages s’ajoutent des conséquences indirectes comme
le risque sanitaire, la nécessité de relogement provisoire,
la paralysie de l’activité humaine, avec ses conséquences
socio-économiques. On considère, en général, qu’une
faible hauteur d’eau (quelques dizaines de centimètres) est
suffisante pour qu’un adulte (et a fortiori une personne plus
faible) ait du mal à se déplacer. Dès 0,5 m de hauteur d’eau
et une vitesse du courant de 0,5 m/s, un adulte ne peut plus
lutter contre le courant.
Autre type d’inondation : Inondation en bordure de mer,
dans les zones d’estuaire
Il s’agit dans ce cas de la conjonction de la crue du fleuve,
de fortes marées et d’une situation météorologique de
basses pressions (tempête, dépression tropicale, cyclone).
Conjonction d’une submersion marine avec
une inondation fluviale
Source : MEDD-France, 2004
Hormis les « invasions marines » (cf. menace cyclonique), on
distingue différents types d’inondations d’origine naturelle
(la rupture d’un barrage construit par l’Homme pouvant en
être une autre cause), avec par ordre de gravité croissante
due à leur potentiel destructeur :
Les ruptures d’embâcle ou d’ouvrage : un embâcle consiste
en l'obstruction d'un cours d'eau par la constitution d'une
digue naturelle provoquant à son amont une retenue d'eau
qui peut être importante. La digue peut être constituée, soit
par l’accumulation progressive d’éléments solides (roches,
végétaux) charriés par le cours d'eau, soit par l'obstruction
soudaine du cours d'eau provoquée par un glissement ou un
éboulement de terrain. La lame déversante et l'affouillement
de la masse obstruant le cours d'eau provoquent la rupture
brutale de la digue, ainsi que la propagation d'une onde
de crue destructrice ; cette dernière est d’autant plus
importante que le volume de la retenue et la hauteur de la
digue avant sa rupture étaient importants.
Exemple aux Gonaïves, septembre 2004
©Minustah
Le terme générique d’« inondation » signifie une
submersion temporaire, naturelle ou artificielle, d’un
espace terrestre.
22
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Qu'est-ce qu'une crue ?
Une crue correspond à une forte augmentation de la
quantité d'eau qui s'écoule dans une rivière (c'est-àdire du débit). L’importance de l’inondation dépend de
trois paramètres :
Deux zones morphologiques principales
Source : MEDD- France (2004)
●● la hauteur d’eau ;
●● la vitesse de l’écoulement ;
●● la durée de la crue.
Eux-mêmes vont dépendre de l’importance des
précipitations, de la géométrie du bassin versant drainé
et des caractéristiques du lit du cours d’eau (largeur,
profondeur, encombrement …).
Le lit mineur ; celui-ci correspond à la zone d’écoulement ordinaire du cours d’eau, à son débit minimum
(débit d’étiage) ou lors de ses crues fréquentes (crues
annuelles).
Le lit majeur ; il comprend les zones basses situées de
part et d’autre du lit mineur, sur une distance qui va de
quelques mètres à plusieurs kilomètres. Sa limite est
celle atteinte par les crues exceptionnelles.
Lors d’une crue, on distingue :
●● les zones d’écoulement, au voisinage du lit mineur ou des chenaux de crues, où le courant a une forte vitesse ;
●● les zones d’expansion de crues ou de stockage des eaux, où la vitesse du courant est faible. Cette zone de stockage est fondamentale, car elle permet la réduction du débit et de la
vitesse de montée des eaux à l’aval. Elle concerne généralement le lit majeur.
Le lit majeur fait donc partie intégrante de la rivière.
En s’y implantant, on s’installe donc dans la rivière !
23
La menace Inondation
Les inondations historiques
catastrophiques en Haïti
Les inondations historiques catastrophiques ont été
nombreuses sur le territoire d’Haiti. Dans le tableau cidessous sont listées les principales inondations survenues
depuis une cinquantaine d’années. Pour celles relatives à
un évènement cyclonique, le lecteur se référera au chapitre
sur la menace cyclonique.
Inondation « pluviale » à Cap-Haïtien, 2012
Inondations (hors cyclones) recensées entre 1963 et 2014
Date
Région touchée
14/11/1963
Grande Rivière du Nord
500
20/05/1972
Les Cayes
20
10/06/1984
Port-de-Paix
01/06/1986
Les Cayes
23/10/1986
Ile de la Gonâve
27/04/1987
Port-de-Paix
08/05/1987
Sans abris ou
sinistrés
Maisons
inondées ou
détruites
>1000
31
906
Thiotte (Sud-Est), Port-au-Prince
3
>100
27/01/1988
Nord-Ouest
>15
1000
20/06/1988
L’Estère dans le département de l’Artibonite
08/10/1988
Plaine de Léogane
23/02/1989
Ile de la Gonâve
24-27/05/2002
Sud : Camp Perrin, Azile, Anse à Veau
45
7000
23-24/05/2004
Sud-Est
2675
31 130
04/10/2005
Ouest
22-23/11/2006
Grande Anse, Nippes, Nord-ouest
17/03/2007
Six départements
08-09/05/2007
Nord, Nord-est, Sud
20/10/2009
Port-au-Prince
5
27/02/2010
Sud, Ouest, Centre, Les Cayes
10
30/09/2010
Sud, Nippes
14
06/06/2011
Tout le pays
29
08-09/2012
Nord
11
880
02-04/11/2014
Nord
9
>1000
©nouvelobs.com
Décès ou
disparus
Inondation « fluviale » en lits mineur et majeur
à Mapou, mai 2004
>380
© USGS
3167
Inondation « fluviale » en lit mineur et majeur
(ancien pont de Limbé, dans le Nord d’Haïti)
360
source : www.Haiti-reference.com
24
© nancyroc.com
8
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Cartographie de la menace inondation
Périmètres des études de la menace Inondation en Haïti
La première étude recensant les inondations remarquables depuis 1959 et
cartographiant les zones à risque d’inondation en Haïti date de 2002 (étude
OXFAM : « Cartes et étude de risques, de la vulnérabilité et des capacités
de réponse en Haïti »). Suite à deux évènements naturels particulièrement
intenses et meurtriers, en mai et septembre 2004, une consultation en vue
de la réalisation de cartes recensant les zones potentiellement inondables
a été lancée (projet PNUD HAI/03/002) en appui à la mise en œuvre du
Plan National de Gestion des Risques et des Désastres (PNGRD) avec un
objectif de rendu cartographique à deux échelles complémentaires :
●● une cartographie à l’échelle du 1/100 000 sur tout le territoire. Celle-
ci, est à vocation informative et doit permettre d’identifier des zones
prioritaires pour élaborer des cartographies plus précises ;
●● une cartographie plus précise et opérationnelle dans les zones les plus
exposées. Cette cartographie, réalisée à une échelle allant du 1/25 000
au 1/5 000, doit servir de base à des actions de prévention, de gestion
de crise ou encore de planification de l’aménagement.
Suite à un inventaire concluant à l’insuffisance des données de base,
topographiques, cartographiques et hydro-météorologiques disponibles, le
choix méthodologique s’est porté sur l’approche hydro-géomorphologique
à caractère naturaliste. Néanmoins, en zone urbaine, des modélisations
hydrauliques associées à des Modèles Numériques de Terrain ont été
utilisés pour définir les aléas sur plusieurs quartiers de Port-au-Prince.
Carte nationale des zones potentiellement inondables : réalisée par
le CNIGS (2002), elle identifie les zones potentiellement inondables à
l’échelle du 1/1 000 000 en les décomposant en trois catégories suivant
leur fréquence potentielle de survenance : fréquente, rare, exceptionnelle.
Cette carte s’appuie initialement sur les résultats des projets OXFAM (2002)
et NATHAT (2011). Ce dernier projet a permis d’apporter des précisions à
la première carte, par une cartographie au 1/ 100 000 de certaines zones.
Remarque : les références relatives à ces différentes études sont données en fin de document dans le tableau qui accompagne la
carte de synthèse des études.
Cartes au 1/25 000 : elles ont été réalisées avec la méthode hydro-géomorphologique par le CNIGS et les bureaux d’étude Géosciences Consultants et Signalert, entre 2009 et 2015 (Guillande, 2009 a et b, 2015). Elles
sont ici restituées au 1/50 000 ou 1/25 000 selon les dimensions des secteurs concernés.
25
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de l'aléa
INONDATION sur la
commune de CABARET
Carte d'Aléa
26
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de l'aléa
INONDATION sur la
commune des CAYES
Carte d'Aléa
27
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de l'aléa
INONDATION sur
la commune de
GONAÏVES
Carte d'Aléa
28
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de l'aléa
INONDATION sur
la commune de
LÉOGANE
Carte d'Aléa
29
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de l'aléa
INONDATION sur la
commune de
CAP-HAÏTIEN
Carte d'Aléa
30
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
EROSION DES SOLS
32
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Erosion des sols
33
La menace Erosion des sols
Qu’est-ce que l’érosion des sols ?
Le terme d’érosion désigne un décapage superficiel
des sols et des formations géologiques affleurantes.
L’érosion est souvent considérée comme un phénomène
lent et progressif, mais ses conséquences peuvent être
brutales et dangereuses. Elle participe à la destruction
des terres agricoles (disparition des terres arables) et à
la survenance des mouvements de terrain.
La dégradation des terres et la désertification affectent
environ 65% de la surface de la planète (érosion,
désertification, salinisation des sols). L'érosion des sols est
reconnue comme la cause directe de la détérioration des
conditions de vie et de la pauvreté dans de nombreuses
régions du monde. Elle se produit quand tout ou partie du
sol est déplacé hors de son lieu initial, sur une distance
variable, par l’action de l’eau, du vent, des pratiques
agricoles et des aménagements humains. On distingue
3 grands types d’érosion :
●● l’érosion éolienne : dans ce cas c’est le vent qui arrache
hydrique en offrant des voies d'écoulement aux eaux
de ruissellement. Le travail du sol à contre-pente et
les techniques de labour suivant les courbes de niveau
s'opposent à la concentration des eaux de ruissellement
et limitent les déplacements de sol.
les particules constituant les sols. L’érosion éolienne se
produit principalement en zone aride ;
●● l’érosion hydrique des sols est un phénomène naturel qui
se déroule en deux étapes : le détachement de particules
de sol et des petits agrégats par l’impact des gouttes de
pluie et/ou le ruissellement, puis leur entrainement vers
l’aval par ruissellement ;
●● l’érosion liée aux pratiques aratoires ou culturales :
Représentation schématique des processus conduisant
à l’érosion
amont
l'érosion hydrique est influencée par les opérations
culturales, notamment par la profondeur de travail du
sol, le sens dans lequel celui-ci se fait, la période des
labours, le type d'instruments aratoires et le nombre de
passages. Généralement, moins le travail du sol perturbe
la végétation ou la couche de résidus de végétaux en
surface ou près de la surface, moins le travail du sol
engendre d'érosion hydrique. Le travail réduit du sol et
le semis direct sont des moyens efficaces pour limiter
ce type d'érosion. Au contraire, les pratiques aratoires
réalisées dans le sens de la pente favorisent l'érosion
érosion forte
dépots de matériauz
érodés en amont
méandre du fleuve
affluent
On distingue deux formes principales d’érosion en Haïti :
L’érosion en nappe est caractérisée
par une eau de ruissellement de faible
hauteur, sans griffes ou rigoles visibles.
Sous l'effet de l'impact des gouttes de
pluie, les particules sont arrachées
et transportées. Elle se produit
habituellement d'une manière égale sur
une pente uniforme et passe inaperçue
jusqu'à ce que la quasi-totalité de la
couche arable productive ait été enlevée.
Les signes qui permettent de caractériser
l'érosion en nappe sont l'apparition de
plages de la couleur du substrat aux
endroits les plus décapés et la remontée
de cailloux à la surface du sol.
L’érosion linéaire intervient quand les
eaux de ruissellement se concentrent. Dans
un premier temps, des flaques se forment.
En débordant, les flaques communiquent
entre elles et des lignes d'écoulement
apparaissent selon la ligne de plus grande
pente.
Exemple d’érosion en nappe des mornes
proches de Lafiteau (département de l’Ouest)
Exemple d’érosion linéaire sur la commune
de Fonds-Verettes
Selon la profondeur de ces lignes, on parle :
●● de griffes (profondeur < 5 cm) ;
●● de rigoles (profondeur > 10 cm) ;
●● de nappes ravinantes (profondeur
10 à 20 cm, quelques mètres de large) ;
●● de ravines (profondeur > 50 cm).
©BRGM - D. Bertil/BRGM, 2013
Source : Lilin, 2007
34
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Les facteurs de l’érosion
La déforestation
●● La pluie :
En 1492 (découverte des Amériques par
Christophe Colomb), la forêt couvrait
l’essentiel du territoire haïtien, 50 % en
1791 durant la colonisation française,
21,6 % en 1945 (fin de la 2ème guerre
mondiale), 4 % en 1986. Aujourd’hui,
Haïti est l’un des pays les plus déboisés
au monde, avec une couverture forestière
estimée à seulement, et dramatiquement,
entre 1 et 3 % de la superficie du
pays (Agroconsult Haiti S.A., 2009).
25 de ses 30 bassins versants sont
fortement ou complètement déboisés.
La consommation de bois de menuiserie
et de chauffage et de charbon est 3
à 4 fois supérieure à la capacité de
renouvellement du couvert forestier.
Les forêts naturelles se limitent à
20 000 ha (Macaya, parc de la Visite,
forêt des Pins). Seuls, les départements
méridionaux (Sud, Grande Anse, Sud-Est,
Ouest et les Nippes) possèdent encore
des lambeaux de couverture forestière.
L’important département agricole de
l'Artibonite est presque entièrement
déboisé. La déforestation contribue à la
dégradation des sols, aux inondations,
à la désertification, et à la rareté des
ressources en eau.
c’est le paramètre déclencheur essentiel de l’érosion. Le processus de ruissellement se
produit lorsque l’intensité de la pluie dépasse la capacité d’infiltration de la surface du
sol ou lorsque le profil de sol est saturé. Les phénomènes climatiques exceptionnels
avec des pluies à caractère torrentiel (en particulier en période cyclonique) générent un
ruissellement accru sur des sols présentant une sensibilité à l’érosion, grave à très grave.
●● Le sol :
les sols limoneux et sablo-limoneux sont particulièrement sensibles à l’érosion, notamment
lorsqu’ils sont pauvres en humus (couche supérieure du sol créée et entretenue par la
décomposition de la matière organique). L’évolution des sols est plus avancée dans
les zones humides et sur des pentes faibles. Les sols moins évolués se rencontrent sur
des pentes fortes, où le ruissellement (avec ou sans couverture pérenne) entraine en
permanence les éléments fins du sol, ou encore en zone sèche car la faible pluviométrie
ralentit la vitesse d’altération des sols.
●● Le relief :
l’érosion croît lorsque les pentes sont longues ou assez fortes (les rigoles apparaissent dès
2 % de pente).
●● L’exploitation du sol :
celle-ci a une grande importance dans la problématique de la gestion de l’eau. Les
éléments influant sont la taille, la forme, le positionnement et l’orientation des parcelles,
l’assolement pratiqué sur l’ensemble d’un bassin versant, les éléments fixes du paysage
(haies, forêts...). La déforestation généralisée que connait Haïti est un facteur majeur
d’aggravation de l’aléa érosion des sols, de même que la culture sur les fortes pentes, sans
mise en place de dispositifs anti-érosifs.
35
Approvisionnement de Port-au-Prince
en charbon de bois
©BRGM - M. Terrier
Aujourd’hui, 70 % du bois récolté est
utilisé pour faire du charbon. Le charbon
de bois est utilisé principalement pour
la cuisson domestique, mais aussi
pour d’autres usages (boulangerie,
blanchisserie, distillerie, etc.). En
majeure partie, le déboisement se fait
pour obtenir des terres de culture. Le
tremblement de terre du 12 janvier 2010
a poussé 600 000 personnes à quitter les
zones urbaines sinistrées à la recherche
d'abri chez des parents ou amis vivant en
zone rurale, ce qui a augmenté le nombre
de personnes qui dépendent des produits
forestiers (Oxfam, 2014).
La menace Erosion de Sols
Culture sur les fortes pentes
L’économie d’Haïti repose principalement sur une
agriculture de subsistance pratiquée sur des sols à
forte pente. Plus de 50 % du territoire est constitué
de sols fragiles établis sur des pentes supérieures à
40 %. Cette configuration du relief, la déforestation et
les techniques de culture sans dispositifs anti-érosifs
entraînent le départ accéléré de la couche arable.
Exemple de culture sur de fortes pentes
façonnées en terrasses dans le massif
de la Selle (département de l’Ouest)
La déforestation et la culture des pentes ont favorisé un
glissement de terrain (visible en amont de la route) et le
départ progressif des terres arables.
Des conséquences multiples
La situation de l’érosion en Haïti
Les effets de l'érosion des sols vont au-delà de la perte de
terres fertiles, avec une augmentation de la pollution et
des dépôts sédimentaires dans les ruisseaux et rivières,
le colmatage des retenues et barrages, conduisant à une
menace sur la flore et la faune aquatiques (cours d’eau,
lacs, lagons). L’érosion entraîne une perte de fertilité des
terres arables, donc une baisse du rendement agricole.
Dans le contexte d’Haïti, la pauvreté des paysans conduit
à la recherche de revenus complémentaires, en particulier
la production de charbon de bois, amplifiant de fait la
déforestation. La dégradation durable de l’outil de travail
des agriculteurs conduit à terme à l’exode rural vers les villes
et, en particulier, la capitale du pays, dans des conditions de
vie précaires (insalubrité, violence, surpopulation).
Plus de 50 % du territoire d’Haïti, essentiellement dans les
zones de relief, est soumis à une menace importante d’érosion
et pas moins de 6 % des terres seraient actuellement atteintes
d’érosion irréversible (INESA, 2008). On estime que l’érosion
a graduellement éliminé trois centimètres d’épaisseur de
couche de terre fertile au cours des cinq dernières décennies
et, ceci, en moyenne, sur l’ensemble du territoire. L’érosion
hydrique est principalement responsable de ce constat alarmant. Celle-ci résulte de la combinaison de plusieurs facteurs :
importantes dénivellations, faible couverture végétale, pluies
violentes, pratiques agricoles inadaptées et déforestation.
La dégradation de la qualité des cours d’eau et des lacs
(turbidité, comblement) est synonyme de menace sur le
potentiel économique réel que représente l’aquaculture, et
sur les projets de développement des retenues collinaires
(INESA, 2008). Il en est de même au niveau des côtes, avec
une arrivée massive de sédiments drainés par les cours
d’eau, sédiments qui entravent la croissance des coraux,
pouvant même à terme entrainer leur extinction, réduire
l’habitat et la diversité de la faune marine et bouleverser les
équilibres du milieu. La turbidité des eaux réduit également
l’attrait touristique des plages.
Photo extraite de « Parc national de la Viste, Fondation SEGUIN, 10 ans,
IBSN 978-99970-4-209-5
36
L’érosion hydrique provoque pour l’ensemble du pays une
perte annuelle en terres évaluée à environ 37 millions de
tonnes de matière. Ceci correspond à une perte moyenne
avoisinant 15 tonnes de matière par hectare et par an (TM/
ha/an) à l’échelle du pays. Des zones gravement touchées
se trouvent dans tout le pays avec cependant des variations
significatives selon la région considérée. La région Ouest
présente les vitesses d’érosion les plus élevées, avec en
moyenne 18 TM/ha/an. La région Sud (comprenant les
départements du Sud et de la Grande Anse) est celle où les
taux d’érosion sont les moins importants, avec une moyenne
d’environ 11 TM/ha/an. Il est aussi rapporté des ampleurs
atteignant le stade d’irréversibilité dans le Sud-Est, le Sud,
le Nord-Ouest, l’Ouest et le Centre (INESA, 2008).
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Cartographie de la menace
érosion des sols
Périmètres des études de la menace Érosion des sols en Haïti
La cartographie de la menace « Erosion des Sols » réalisée sur Haïti (Source :
CATHALAC, reprise dans le rapport NATHAT, 2010) a permis de définir 3
niveaux de menace. Le niveau de menace faible correspond à des zones
planes ou peu pentues, correctement protégées par une couverture végétale
suffisamment développée. Les sols présentent une capacité d’infiltration
plutôt forte, avec un niveau d’érodibilité inversement faible.
Les niveaux de menace plus élevés correspondent à des zones pentues à
fortement pentues, souvent sans couverture arborée, et dont les types de
sols sont potentiellement vulnérables.
La cartographie nationale montre la distribution des zones les plus
menacées par l’érosion intense et la perte des sols dans la région Sud
d’Haïti (Cul-de-Sac, Port-au-Prince, massif de la Selle, Jacmel, Léogâne
- Petit Goâve). Dans une grande proportion, la menace d’érosion est au
moins «moyenne» et peut atteindre aussi des niveaux «très graves» dans
des zones assez étendues en Haïti. Dans le présent atlas, la carte est
restituée au 1/1 000 000 sur l’ensemble du territoire.
Selon une étude INESA (2008), l’érosion a graduellement éliminé trois
centimètres de couche de terre fertile au cours des 4-5 dernières décennies
(moyenne sur l’ensemble du territoire). 30 % du territoire haïtien serait
soumis à une érosion forte à très forte (INESA, 2008), dont environ 6 %
des terres actuellement atteints d’érosion irréversible (Agroconsult Haïti
S.A., 2009).
Cet aléa doit être analysé par rapport aux enjeux (zones habitées, écoles,
hôpitaux ...), afin d’évaluer le niveau de risque, et donc focaliser les
moyens à mettre en œuvre (agriculture de conservation en milieu agricole,
protection des talus au niveau des infrastructures routières ...).
Remarque : les références relatives aux études collectées sur Haïti sont indiquées en fin de document dans le tableau qui
accompagne la carte de synthèse des études.
37
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
MOUVEMENT DE
TERRAIN
Niveau de menace
38
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Mouvement
de terrain
39
La menace Mouvement de terrain
Qu’est-ce qu’un mouvement de terrain ?
de boue, de certains glissements et des effondrements de cavités souterraines. Concernant
les mouvements de grande ampleur, qu’ils soient lents ou rapides, ils peuvent entraîner un
remodelage des paysages. Celui-ci peut se traduire par la destruction de zones boisées, la
déstabilisation de versants ou la réorganisation du réseau des cours d’eau.
Le terme générique de « mouvement de terrain » désigne une grande variété de processus
qui entraînent le déplacement gravitaire de matériaux meubles ou rocheux, d’origine
naturelle, anthropique ou mixte. Le déplacement peut-être lent (quelques millimètres
à centimètres par an) ou rapide (quelques centaines de mètres par jour). Les volumes
déplacés sont compris entre quelques mètres cubes et quelques millions de mètres cubes.
Un mouvement de terrain apparaît souvent après de fortes pluies, ou bien par déclenchement
sous l’effet de vibrations sismiques, ou encore d’actions anthropiques (terrassement,
déboisement, exploitation de matériaux en carrière, etc.). Néanmoins, les fortes précipitations
enregistrées lors des saisons pluvieuses ou cycloniques demeurent le principal responsable
de la majorité des mouvements de terrain en Haïti.
Les matériaux peuvent se déplacer par chute, renversement ou glissement. Les mouvements
lents entraînent une déformation progressive des terrains, pas toujours perceptible par
l’homme. En Haïti, cela concerne essentiellement les glissements de terrain et la reptation
du sol (lent mouvement du sol vers le bas du versant), ainsi que, probablement, les
effondrements de cavités souterraines. Le mouvement peut être accéléré sous l’effet de
sollicitations naturelles ou anthropiques.
Les conséquences des mouvements de terrain sont d’ordre économique, humain et
environnemental. Seuls, les mouvements rapides peuvent mettre en péril les vies humaines.
Les mouvements lents laissent a priori plus de temps pour mettre en œuvre des mesures de
sauvegarde.
Les mouvements rapides se propagent de manière brutale et soudaine. Il s’agit, en particulier,
des chutes de pierres ou de blocs, des effondrements de falaises rocheuses, des coulées
Représentation schématique de différents types de mouvements de terrain
Chutes de
blocs
Coulée
de
boue
Chutes de
blocs
Glissement
de berge
Glissement
de terrain
Erosion de
falaise
rocher
Glissement
sous-marin
rocher
@M. Terrier-BRGM
Glissement de
terrain du à
une mauvaise
construction de
route
Glissement de grande ampleur de terrains marno-calcaires, au quartier Loterie,
Saint-Louis-du-Nord
(tiretés rouges : zone de départ du mouvement de terrain ; flèches rouges : sens du déplacement)
Sable
ord
re.w
natu
ps://
s htt
rè
d’ap
eley
berk
é
odifi
m, m
s.co
pres
Le glissement a été fortement réactivé en 2012, suite à un épisode pluvieux intense. La zone
d’arrachement atteint par endroits la ligne de crête.
40
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Mouvements de terrain historiques majeurs d’Haïti
Glissement de terrain à partir de colluvions et du substratum silteux
et conglomératique, au quartier Djobel, Port-au-Prince
(tiretés rouges : zone de départ du mouvement de terrain ;
flèches rouges : sens de déplacement)
@M. Terrier-BRGM
Le territoire haïtien est très contrasté tant d’un point de vue géographique, avec son relief
montagneux, sa façade littorale et ses plaines, que d’un point de vue géologique (avec des
formations variées : roches sédimentaires, volcaniques, plutoniques, métamorphiques) et
accidentées (fracturation tectonique). Ces caractéristiques conduisent à son exposition forte
à de nombreux mouvements de terrain tels que des chutes de blocs ou des glissements de
terrain. Plusieurs mouvements de terrain de grande ampleur agissent à proximité des zones
aujourd’hui urbanisées. Certains phénomènes, comme les chutes de blocs ou les coulées de
boue, sont récurrents et provoquent des dommages à répétition aux infrastructures et aux
habitations.
Apparu en 2001, le glissement a été réactivé en 2003 suite à de fortes pluies. Il a causé
le décès de plusieurs personnes et la destruction de quelques maisons. Début 2017 le
glissement n’était pas stabilisé.
Les différents types de mouvements de terrain affectant le territoire d'Haïti
Chute de blocs ou
écroulement en masse
Glissement de terrain
niche d'arranchement
Coulée de boue
Effondrement de cavités
souterraines
Reptation ou fluage du sol
arbre basculé
petits bourrelets
et/ou fissures
du sol
sol
fissure
zone d'accumulation
d'eau
cloture
chenal
déformée
d'écoulement
bourrelet
frontal
lobe
terminal
rocher
surface de
rupture
Détachement isolé ou non d’une
pierre, d’un bloc ou d’une partie
de la paroi rocheuse.
Déplacement d’une masse de
terrain, sur une pente, le long
d’une surface de rupture (dite
surface de cisaillement).
Phénomène très rapide affectant
des masses de matériaux
remaniés, avec une forte
concentration en eau.
Mouvement lent du sol vers le bas
d'une pente sous l'influence de la
gravité.
Phénomène lié à la présence de
vides dans le sous-sol d’origine
naturelle ou humaine. Le
phénomène peut être lent ou brutal.
d’après https://berkeleynature.wordpress.com, modifié
41
La menace Mouvement de terrain
Mouvements de terrain catastrophiques actuellement référencés
Lieu, date
Type / Préjudices ou dommages connus
Lieu, date
Type / Préjudices ou dommages connus
Cap-Haïtien (Morne du Cap), 9-10 février 1764
chute d’un bloc d’environ 500 m
Face nord du Morne de Dondon, 1780-1788
glissement
Port-au-Prince (Djobel), mars 2001, mai 2003,
5 au 6 octobre 2003
glissement (après des pluies diluviennes /
7 morts, 11 maisons détruites
Mornes et falaises situés en amont de la rivière
des Nègres à Bourg St. Louis, fin XVIIIe
glissements et effondrements
Port-au-Prince (Boulard Acacia Bourdon),
automne 2003
glissement / trentaine de maisons fissurées
Berly, 22 octobre 1954
glissement, coulée de boue / 262 morts
Pétionville, 19 novembre 1963
glissement, coulée de boue / 16 morts
Port-au-Prince (Vivy Mitchell), 07/10/2003
(amorcé en 1998)
glissement (supérieur à 100 000 m3) /
5 maisons détruites
“Dieumoune” Marigot, 4 juin 1986 et 19 juin
1996
glissement (après des pluies diluviennes)
Cap-Haïtien, décembre 2003
glissement (après des pluies diluviennes)
Malpasse, Fonds Verret, Gossie, 4 mai 2004
glissement, coulée / 329 morts
Marcadieu (Port-au-Prince), 1987 ?
éboulement (après des pluies diluviennes)
Côtes-de-Fer, 7 juin 2005
glissement / 1 mort
Route Port-au-Prince/Pétionville au niveau
de Bourdon-Reinbold, 11 décembre 1987
glissement
Cap-Haïtien (quartier La Vigie), année 2005
chutes de blocs / 2 morts, 1 maison détruite
Saut-d’Eau, 12 septembre 2005
glissement
Treuil, au Nord de la ville de Gros Morne,
29 janvier 1988
glissement, 100.000 m / 5 morts, 4 maisons
détruites
Kenscoff (Mahotière), décembre 2006
glissement - coulée
Port-au-Prince (Canapé Vert), 23 avril 2008
Port-au-Prince (Delmas 32), 16 au 22 octobre
1989
glissement / 3 morts/ 60 blessés, 200 maisons
détruites
glissement / 3 morts, plusieurs maisons
détruites
Port-au-Prince (Musseau), novembre 2008
glissement / plusieurs maisons détruites
Port-Salut, 2 octobre 1994
glissement / 1 mort
Cap-Haïtien (quartier Carenage), 15 février 2010
chutes de blocs / 4 morts
Port-Margot, 23 mars 1996
glissement, coulée de boue / 6 morts
Saint-Louis-du-Nord (Villarseaux), 2011
Reptation / 1 maison détruite
Cité Militaire, Port-au-Prince, 29 mai 1996
glissement / 1 mort
Cap-Haitien (Bel-Air), nuit du 25 – 26 mai 2011
glissement / 3 morts, 1 maison détruite
Ganthier, 15 juin 1996
glissement / 1 mort
Marigot (La Diomoune), juin 1996
glissement - coulée de boue
Port-au-Prince (Morne l’Hôpital, Juvénat),
nuit de 28-29 mars 2012
Eboulement (après des pluies diluviennes) /
6 morts, maisons détruites
Guillomon du SE, 20 juin 1996
glissement (après des pluies diluviennes) /
3 morts
Saint-Louis-du-Nord (Suffort), 2012
glissement / plusieurs maisons détruites
Port-de-Paix (Quartier Fatima), 2012
glissement
Carrefour, 23 octobre 1996
chutes de blocs /2 morts
Port-de-Paix (QuartierLoterie), 2012
glissement (volume environ 100 000 m3)
Carrefour, 2 mai 1997
chutes de blocs / 5 morts, 4 maisons détruites
Cap-Haïtien (Haut Charrier), novembre 2012
coulée de boue / 8 morts ?
Port-de-Paix (Petit-Etang), nuit du 27 au 28
décembre 2001
glissement (après des pluies diluviennes) /
5 morts
Cap-Haïtien (quartier Calvaire Jouissant)
chutes de blocs / 2 morts, 1 maison détruite
Port-au-Prince, Delmas 95 (Vivy Mitchell), mai
2002
glissement
Balais au Port-à-Piment, 21 au 22 juin 2002
glissement
3
3
Sources : BME (plaquette, « Connaissons mieux les glissements de terrain »), Mora-Castro et al. 2012 ; Terrier et Nachbaur,
2013 ; Nachbaur et al., 2014 ; Jean et al., 2015.
42
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Cartographie de la menace mouvement
de terrain
Périmètres des études de la menace Mouvement de terrain en Haïti
Le premier travail de cartographie des mouvements de terrain couvrant
l’ensemble du territoire haïtien a été réalisé en 2010 dans le cadre du
projet NATHAT. Cette étude aborde les menaces de mouvements de terrain,
mais aussi celles d’autres phénomènes naturels : sismicité, tsunamis,
inondations, sécheresse, et érosion des sols. Les données de base utilisées
pour l’évaluation des menaces de mouvements de terrain sont la carte
géologique d’Haïti au 1/250 000, ainsi que les données altimétriques du
Shuttle Radar Topography Mission ou SRTM (taille de la maille : 90 m). Des
hypothèses ont été faites sur les propriétés mécaniques des formations
du sous-sol, la profondeur de la nappe d’eau, ainsi que l’épaisseur du sol.
L’étude s’appuie sur un inventaire des mouvements de terrain qui a été établi
après le séisme du 12 janvier 2010. La carte de menaces de mouvements
de terrain a été réalisée à l’échelle 1/900 000 (1 cm sur la carte représente
9 km sur le terrain). Elle constitue un document d’information à l’échelle
nationale et constitue un outil d’aide à la décision. Dans cet atlas, elle est
présentée sur l’ensemble du territoire à l’échelle 1/1 000 000.
En 2012, l’IMSRN et Sogreah ont réalisé une cartographie détaillée de
la menace de mouvements de terrain sur 8 quartiers de Port-au-Prince
(morne Hercule, morne Lazard, Nérette, bas Canapé Vert, Bois Patate, JeanBaptiste, morne Ebo et morne Villa Rosa). Cette étude concerne à la fois
les mouvements de terrain et les inondations. Les données altimétriques
utilisées sont celles issues des levés LIDAR (résolution à la maille de
1 m). Des coupes géologiques, des investigations géophysiques de surface et
des mesures des propriétés mécaniques des roches ont été faites. Les cartes
sont établies à l’échelle du 1/ 2 000 (1 cm sur la carte équivaut à 20 m sur le
terrain). Elles sont accompagnées de recommandations pour l’aménagement
du territoire et la construction du milieu bâti.
Des mouvements de terrain peuvent être déclenchés par la propagation des ondes sismiques dans le sol et le sous-sol. On parle dans
ce cas d’effets induits par le séisme. C’est pour cette raison que dans
le programme de microzonage sismique de plusieurs grandes villes
du pays, la cartographie des mouvements de terrain a été réalisée
avec précision (échelles du 1/25 000 et du 1/10 000). Cette cartographie a concerné : la région métropolitaine de Port-au-Prince,
Remarque : les références relatives aux études recensées sont indiquées en fin de document dans le tableau qui accompagne la
carte de synthèse des études.
Cap-Haïtien, Port-de-Paix, et Saint-Louis-du-Nord. Un inventaire le plus exhaustif possible des mouvements de
terrain a été conduit, et de nombreuses observations ont été faites in situ grâce à une lecture à la fois géologique
et géomorphologique du paysage. Ces travaux ont été menés entre 2012 et 2015 conjointement par le BME, le
LNBTP et le BRGM. Les cartes présentées dans l’atlas sont extraites des travaux de Terrier et al. (2013) et de
Nachbaur et al. (2014).
43
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
MOUVEMENT
DE TERRAIN sur
cinq quartiers de
PORT-AU-PRINCE
44
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
MOUVEMENT
DE TERRAIN sur
l'agglomération de
PORT-AU-PRINCE
45
La menace MOUVEMENT DE TERRAIN
72°15'O
72°14'O
72°13'O
72°12'O
Atlas
desdes
menaces
naturelles
enen
Haïti
Atlas
menaces
naturelles
Haïti
CAP-HAÏTIEN
Carte
de la menace
MOUVEMENT
Carte sur
d'Aléa
DE TERRAIN
la
ville de CAP-HAÏTIEN
19°46'N
# #
# # # # #
# # #
# # # # # # # #
# #
# # # # # # # # # # # #
# # # #
# # # # # # # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # #
# # #
# # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # #
# # # # # # #
# # #
$
+
"
"
# # # #
# # # #
# # # #
# # # #
# # # #
# # # #
# # # #
Modéré
Moyen
Moyen
Moyen
Elevé
Elevé
Elevé
Mouvements de terrain observés
Cap-Haitien
Chute de blocs (obs. terrain)
Chute de blocs/ Coulée (obs. terrain)
Glissement / Chute de blocs (obs. terrain)
Glissement / Chute de blocs (obs. phot. aér.)
$
+
Glissement (obs. terrain)
Glissement / Coulée (obs. terrain)
19°45'N
$
+
Glissement / Reptation (obs. terrain)
Source des données :
MICROZONAGE SISMIQUE DE CAP HAÏTIEN
(Planche 4 : Carte d'aléa mouvements de terrain)
BME - LNBTP - BRGM
.
#
#
0
0,25
0,5
1
Km
Echelle : 1 / 25 000
Image satellitaire : Esri, DigitalGlobe, GeoEye, i-cubed, USDA, USGS, AEX,
Getmapping, Aerogrid, IGN, IGP, swisstopo, and the GIS User Community
73°O
72°O
20°N
74°O
Cuba
20°N
19°44'N
OCÉAN ATLANTIQUE
Port-de-Paix
"
"
NORD-OUEST
Cap-Haitien
"
"
Fort-Liberté
"
"
NORD
NORD-EST
Gonaives
"
"
ARTIBONITE
Mer des Caraïbes
Hinche
19°N
"
"
CENTRE
Jérémie
"
"
PORT-AU-PRINCE
GRANDE-ANSE
SUD
NIPPES
[ OUEST
[
Miragoane
"
"
JacmelSUD-EST
Cayes
"
"
"
"
72°15'O
72°14'O
72°13'O
72°12'O
46
Projection : UTM Zone 18 Nord - WGS84
74°O
73°O
18°N
Mer des Caraïbes
18°N
19°45'N
Glissements
Modéré
$
+
19°44'N
Coulées de boue
Modéré
19°N
# #
# # # # # # #
# # # # # # # #
# # # # # # # #
# # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # #
# #
# # # # # # # # # # #
# #
# # # # # # # # # #
# # #
# # # # # # #
# #
# # # #
# # #
# # # # # #
# # # # # #
# # # # # #
# # # # # #
# # # # # #
# # # # # #
# # # # # # #
# # # # # # # #
# # # #
#
# # # # #
# # #
# # # # #
#
# # # #
#
# # # # #
# # # # # #
# # # # # # # #
# # # # # # # # #
# # # # # # # # #
# # # # #
# # # #
# # #
# #
# # #
# # # #
# # # # #
# # # # # # #
# # # # # # # # #
# # # # # # # #
#
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # #
# #
#
# # # # # # # # # #
# # # # # # # # # # # #
#
# # # # # # # # #
# # # # # # # # # #
#
# # # # # # # # #
#
# # # # # # # #
# # # # # # # #
#
# #
# # # # #
#
# #
Chutes de blocs
République Dominicaine
19°46'N
$
+
72°O
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace SEISME
48
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Séisme
49
La menace Séisme
Qu’est-ce qu’un séisme ?
●● une intensité : elle caractérise les effets observés du séisme sur l’environnement et les
Un séisme (ou tremblement de terre) est provoqué par une rupture brutale entre deux
compartiments rocheux de la croûte terrestre séparés par une cassure (faille). Cette
rupture génère des vibrations (les ondes sismiques) qui se propagent dans le sous-sol
jusqu’à la surface du sol.
habitations en un site donné. L’échelle d’intensité la plus utilisée en Amérique du Nord est
l’échelle MMI (Modified Mercalli Intensity). Elle comporte 12 degrés. A partir de l’intensité
VI, la vibration est ressentie par l’ensemble de la population ; l’intensité IX donne lieu à des
dommages considérables aux constructions. L’intensité XII correspond à une destruction
quasi-totale des ouvrages. Un même séisme est ressenti avec des intensités différentes
selon la distance à l'épicentre et selon les caractéristiques locales (effets de site) ;
Un séisme est défini par :
●● un foyer : c’est l’endroit de la faille où se produit la rupture et d’où partent les ondes
sismiques ;
●● une magnitude : elle représente l’énergie libérée au foyer du séisme. L’échelle de Richter
est la plus communément utilisée. Une augmentation de 1 degré de magnitude revient à
multiplier environ par 30 l’énergie libérée lors du séisme.
●● un épicentre : il s’agit du lieu situé à la surface terrestre exactement à la verticale du
foyer, où l’intensité du séisme est la plus importante ;
Représentation schématique des effets de site d'un séisme
Amplification des effets par la
topographie (effets directs)
Rupture de surface
Éboulement
(effets induits)
Glissement de terrain
(effets induits)
• Aplification des
effets para la
nature du sous-sol
(effets directs
• Liquéfaction
(effets induits)
er
r "L
seu
las
@C
ue
isq
A"
AC
nP
ee
iqu
m
sis
50
Atlas des menaces naturelles en Haïti
L’évaluation de la menace sismique
Effets de site
Effets de site lithologiques
Evaluer la menace sismique consiste à déterminer la probabilité qu’au cours d’une période de
référence, une secousse sismique atteigne ou dépasse une certaine intensité sur une région
ou un site donné. L’étude est réalisée sans tenir compte des conditions topographiques et
géologiques locales. Le mouvement sismique (ou vibratoire) de référence est considéré « au
rocher » et en terrain horizontal. Il s’agit de l’évaluation de l’aléa sismique régional.
Toutefois, ce mouvement vibratoire peut varier localement en raison de la topographie et/
ou de la constitution du sous-sol ; on parle dans ce cas d’effet de site. Les ondes sismiques
peuvent se trouver « piégées » dans le relief ou au sein des vallées alluviales, provoquant une
amplification du train d’onde. Par ailleurs, la vibration sismique peut engendrer ou induire
d’autres phénomènes naturels ; on parle dans ce cas d’effets induits. On distingue les effets
suivants :
Effets topographiques
Effets induits
Rupture en surface d’une faille
●● la rupture en surface du plan de faille : selon la magnitude du séisme et sa profondeur
Liquéfaction du sol
focale, la rupture du plan de faille actif peut se propager jusqu’à la surface du sol ; le
déplacement (ou rejet) peut atteindre quelques centimètres à plusieurs mètres ;
●● la liquéfaction des sols : elle concerne les milieux sableux ou limoneux gorgés d’eau. Le
mouvement sismique peut provoquer un tassement rapide des sédiments. L’eau mise sous
pression est expulsée. La déconsolidation brutale du matériau se traduit par une perte de
résistance du sol qui se comporte alors, momentanément, comme un liquide ;
●● les mouvements de terrain : la vibration sismique peut donner lieu au déclenchement
Mouvements de terrain
d’instabilités de terrain telles que les chutes de blocs, glissements de terrain, effondrement
de cavités souterraines ;
@Laurent Barret, modifié
●● le tsunami : en cas d’évènement sismique en mer avec rupture du plan de faille jusqu’à la
Tsunami
surface du sol, le déplacement du fond marin engendre la mise en mouvement brutale de
la tranche d’eau située au-dessus.
Dans le cadre de l’évaluation locale de l’aléa sismique (ou « microzonage sismique »), il s’agit
1) de prendre en considération les conditions locales et d’évaluer les effets (en particulier
amplification de la vibration) qu’elles peuvent entraîner par rapport au mouvement sismique
au rocher, et 2) d’évaluer les autres phénomènes naturels qui pourraient être induits par la
vibration sismique.
51
La menace Séisme
Pourquoi des séismes en Haïti ?
L’archipel des Grandes Antilles, auquel appartient l’Ile d’Hispaniola, marque la frontière
entre la plaque tectonique nord-américaine et la plaque tectonique Caraïbe. Dans cette
zone, plusieurs blocs de la croûte terrestre sont pris en étau entre ces deux grandes plaques,
lesquelles convergent l’une vers l’autre à une vitesse de l’ordre de 2 cm/an, selon une direction
moyenne nord-est—sud-ouest. Ce mouvement des plaques tectoniques nord-américaine et
caraïbe se traduit par des déformations le long de zones de rupture (failles).
Enfin, au sud de la République Dominicaine, la faille de Muertos marque le chevauchement
du microbloc d’Hispaniola sur la plaque Caraïbe.
Ces failles résistent d'abord au déplacement inexorable des plaques en accumulant de
l'énergie élastique pendant plusieurs dizaines ou centaines d'années, avant de céder et de
relâcher brutalement toute cette énergie, donnant lieu ainsi à un séisme de forte magnitude.
Le contexte sismotectonique de l’île d’Hispaniola se caractérise par :
Au nord, se trouve le système de failles Septentrional : long de plus de 800 km, visible
au nord-est puis au nord de la République Dominicaine, il longe le littoral nord haïtien à
proximité de la ville de Cap-Haïtien, puis entre l'île de la Tortue et Port-de-Paix ; enfin, il
traverse, à l’Ouest, le passage du Vent pour longer ensuite le sud de l’île de Cuba. Selon des
mesures géodésiques (GPS) et géologiques, un déplacement horizontal de 9 (±2) mm/an est
probable au niveau du système de failles Septentrional.
Au sud, le système de failles d’Enriquillo (ou système de
failles d’Enriquillo-Plantain-Garden) : long de plus de 600
km, visible depuis le lac d’Enriquillo, il prend en écharpe
l'ensemble de la presqu'île du Sud d'Haïti, puis passe en
mer et rejoint, à l’ouest, l'île de la Jamaïque. Selon des
mesures GPS, un déplacement horizontal de 7 (±2) mm/an
est probable au niveau du système de failles d’Enriquillo.
●● un aléa sismique important aux extrémités nord et sud d’Haïti et une sismicité diffuse et
moins connue sur la partie centrale de l’île ;
●● des séismes de forte magnitude (6 à 8) aux conséquences désastreuses dans les zones
peuplées.
Carte des principales failles actives, des séismes majeurs et, des différentes plaques et microblocs tectoniques
structurant l’Ile d’Hispaniola
Ces deux systèmes entrainent un mouvement horizontal des
plaques situées de part et d’autre, vers l’est pour la plaque
tectonique caraïbe, et vers l’ouest pour la plaque tectonique
nord-américaine. Les systèmes de failles Septentrional et
d’Enriquillo ont été le lieu de séismes historiques majeurs.
Le séisme de 2010 a trouvé son origine à proximité du
système de failles d’Enriquillo.
Le microbloc d’Hispaniola, pris en étau entre ces deux
systèmes subit quant à lui des mouvements compressifs,
faisant jouer des failles, comme celle des Matheux, donnant
lieu à un chevauchement entre-eux des blocs structuraux de
la chaîne transhaïtienne à l’origine des reliefs d’orientation
nord-ouest – sud-est dans la partie centrale du pays.
Au large du littoral nord d’Hispaniola, la zone de subduction
de la plaque nord-américaine est concrétisée par la faille
Nord-Hispaniola.
52
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La surveillance sismique à partir d’un réseau de
stations instrumentales spécifiques permet de capter
même les plus petits tremblements de terre, de
localiser leurs foyers, et d’affiner la connaissance de
l’activité des failles simogènes. L'Unité Technique de
Sismologie (UTS) au sein du Bureau des Mines et de
l'Energie (BME) gère actuellement un parc constitué
d’une douzaine de stations sismologiques réparties sur
l’ensemble du territoire national.
Système de transmission par satellite des
enregistrements sismiques, station de Cap-Haïtien Carrefour-La-Mort
Les événements sismiques
majeurs en Haïti
Port-au-Prince, séisme du 12 janvier 2010.
À l’épicentre, l’intensité MMI a atteint le degré IX
En Haïti, les témoignages historiques sur les tremblements
de terre couvrent une période d’à peine plus de 300 ans.
Les premières observations rapportées sur cette partie
occidentale de l’île d’Hispaniola concernent le séisme du 9
novembre 1701.
Quatre séismes ont eu des conséquences désastreuses en
Haïti (destructions de villes, nombreuses victimes) :
©BRGM – J.M. Momtpelat
Le réseau d’enregistrement sismique haïtien
●● 21 novembre 1751, plusieurs dizaines de victimes ;
●● juin 1770 qui a affecté très violemment Port-au-Prince,
plusieurs centaines de victimes ;
●● mai 1842 qui a détruit Cap-Haïtien et les principales
villes du nord, plusieurs milliers de victimes ;
●● janvier 2010, détruisant une nouvelle fois la capitale
haïtienne, 230 000 personnes décédées.
La liste des principaux séismes connus, ci-contre, illustre
deux axes majeurs à partir desquels se déclenchent des
séismes importants : la frange côtière nord d’Haïti, le long
du système de failles Septentrional ; la Péninsule du Sud, le
long du système de failles d’Enriquillo.
53
©BRGM - D. Bertil
©BRGM - D. Bertil
D’autres ont été moins meurtriers car ils se sont produits
dans des zones moins habitées (séismes de 1860, 1911,
1952) ou ont été plus lointains (octobre 1751 au sud-est de
l’île, septembre 1887 en mer entre Haïti et Cuba, avril 1962
en mer au nord d’Haïti). De plus, quelques témoignages
sont relatés à propos de fortes secousses ayant fait des
victimes, mais dont l’épicentre reste encore inconnu. Il
s’agit, en particulier, des séismes du 20 novembre 1818 à
Cap-Haïtien et du 27 mai 1924 à Port-de-Paix (séismes non
indiqués dans le tableau de cette page).
La partie centrale de l’île, moins active, n’est cependant
pas exempte de menace sismique, comme le séisme du
6 octobre 1911, très fortement ressenti dans la région de
Hinche, l’a montré.
La menace Séisme
Principaux séismes recensés en Haïti
(séismes de magnitude estimée supérieure ou égale à 6, avec des dommages ou des victimes et une localisation épicentrale a priori connue)
Profondeur Magnitude
du foyer
calculée ou
(km)
estimée
Date
Latitude
(°N)
longitude
(°O)
9 novembre 1701
18.42
-72.65
6.5
Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo
Dommages à Léogane et dans la Plaine du Cul-de-Sac.
Quelques victimes.
18 octobre 1751
18.36
-70.84
7.5-8.0
Sud-Est d'Haïti, faille de Muertos
Destruction de Azua en République Dominicaine, avec tsunami.
Fortes secousses et dommages à Port-au-Prince.
21 novembre 1751
18.54
-72.32
6.6
Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo
Destruction de Port-au-Prince. Plusieurs dizaines de victimes.
3 juin 1770
18.50
-72.86
7.5
Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo
Destruction de Port-au-Prince, Léogane, Petit-Goave. Plusieurs
centaines de victimes.
7 mai 1842
19.80
-72.20
7.6 à 8.0
Système de failles Septentrional
Destruction de Cap-Haïtien, Port-de-Paix, Môle Saint-Nicolas,
Fort-Liberté. Plusieurs milliers de victimes.
8 avril 1860
18.55
-73.17
6.3
Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo
Dommages importants à Anse-à-Veau. Pas de victimes.
23 septembre 1887
19.95
-73.73
6.7 à 7.8
Système de failles Septentrional
Dommages les plus importants à Môle-Saint-Nicolas.
Dommages à Port-de-Paix, Cap-Haïtien. (Pas de victimes ?)
6 octobre 1911
18.95
-71.12
7.0
Partie centrale de l'île, système de failles
Transhispaniola
Partie centrale de l'île (en Haïti, zone la plus affectée dans la
région de Hinche). Pas de victimes.
28 octobre 1952
18.51
-73.52
24
6.0
Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo
Dommages et victimes à Anse-à-Veau (6 morts ?).
9 juillet 1956
20.00
-72.95
39
6.2
Système de failles Septentrional
Dommages à Port-de-Paix et Jean Rabel.
20 avril 1962
20.38
-72.20
25
6.6
En mer, au Nord d'Haïti, faille Nord Hispaniola
Dommages modérés dans différentes villes du Nord. Pas de
victimes.
12 Janvier 2010
18.38
-72.59
15
7.0
Péninsule du Sud, en relation avec la faille
d’Enriquillo
Dommages principaux à Léogane et Port-au-Prince. Selon les
estimations officelles, 230 000 morts, ~ 100 000 maisons
détruites et ~200 000 endommagées.
Origine probable
Principaux effets
Remarque : Les indications sur les magnitudes des séismes anciens (non enregistrés par les sismographes) sont interprétées d’après les descriptions les plus contemporaines de l’évènement, les
connaissances sismotectoniques et à l’aide de relations empiriques. Elles sont assujetties à une incertitude qui est plus ou moins élévée selon le séisme.
54
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Le séisme du 12 janvier 2010
grande majorité des constructions, la conception et les pratiques de construction en Haïti
ne tiennent, en effet, pas du tout compte des forces destructices mises en œuvre par les
séismes. De plus, la population n’était pas préparée à réagir pour se protéger, ce qui a sans
doute aggravé le nombre de victimes.
Ses caractéristiques
Un séisme de magnitude 7.0 s’est produit le 12 janvier 2010 à 16h 53mn, heure locale.
L’épicentre se situait approximativement à 20-30 km à l’ouest–sud-ouest de l’agglomération
de Port-au-Prince. L’origine de ce séisme a été dans un premier temps, associé au système
de failles d’Enriquillo, mais les études scientifiques ont montré, par la suite, une origine plus
complexe, liant ce séisme à des accidents tectoniques moins connus, en relation toutefois
avec le système de fracturation principal d’Enriquillo. Dans les deux semaines qui ont suivi,
environ 52 répliques de magnitude entre 4,2 et 5,9 ont été enregistrées.
Les effets de site
L’installation de stations sismiques temporaires a permis l’enregistrement des répliques du
séisme du 12 janvier 2010. L’analyse de ces enregistrements a montré des amplifications
significatives des ondes sismiques sous certaines stations (Hough et al., 2010) indiquant la
présence d’effets de site.
Les études de microzonage sismique effectuées par le BRGM, le LNBTP et le BME dans la
région métropolitaine de Port-au-Prince ont permis de cartographier les différents types de
sols et de caractériser leur réponse aux sollicitations sismiques. Sur une grande partie de
l’agglomération, la qualité des sols et des roches du sous-sol est hétérogène et certaines
caractéristiques physiques des formations géologiques superficielles peuvent modifier les
paramètres de propagation des vibrations (amplitude, fréquence et durée) en aggravant le
comportement des bâtiments. Des effets de site topographiques sur les reliefs du sud de la
ville pourraient expliquer certains dommages importants, comme celui de l’effondrement des
bâtiments de l’hôtel Montana.
Le bilan humain et les dommages aux bâtiments
Les zones affectées par des secousses violentes (Intensité VIII et plus) ont été très étendues,
allant de Petit-Goâve, à l’ouest, à la Croix des Bouquets, à l’est ; et, de plus, densément
peuplées (2.8 à 3 millions de personnes ont été exposées). Il a été officiellement rapporté
plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 millions de sans-abris. Ce séisme a été l’un
des plus meurtriers historiquement connus, après ceux de Tangshan en Chine en 1976, et de
Sumatra en Indonésie en 2004.
Près de 200 000 bâtiments ont été fortement endommagés ou totalement détruits
(Miyamoto, 2011). A Port-au-Prince, les analyses d’endommagement de l’UNOSAT à partir de
photographies aériennes et d’images satellite ont montré que 20 à 30 % des bâtiments ont
été sévèrement endommagés ou détruits.
Le niveau de dévastation a été anormalement disproportionné par rapport à la magnitude du
séisme. La cause principale en est la forte vulnérabilité du milieu bâti en Haïti. Pour la très
La répartition des dommages n’est pas uniforme. Des concentrations de dommages dans
certains quartiers, ou formant des alignements, sont observés et ne peuvent pas s’expliquer
uniquement par des concentrations de bâti très vulnérables à la sismicité. Des caractéristiques
locales défavorables (faible cohésion, hétérogéneité…) des sols et des roches du sous-sol ont
sans doute amplifié le phénomène (effets de site).
Carte des intensités sismiques du séisme du 12 janvier 2010
Carte de la répartition des dommages provoqués par le séisme du 12 janvier 2010
L'interprétation des niveaux de dommages a été faite
sur la base des images aériennes ou satellites UNOSAT.
La correspondance des coleurs est la suivante :
– bleue à marron : destruction du bâti ;
– rouge : dommages importants ;
– jaune : dommages moyens ;
– blanche : pas de dommage visible.
Carte d'après USGS/PAGER Alert Version 8, modeifée
Carte d’après UNOSAT/UNITAR, 2010
55
La menace Séisme
La liquéfaction des sols
A Port-au-Prince, les conséquences du phénomène
redoutable de liquéfaction des sols ont été particulièrement
dommageables à certaines infrastructures.
Les glissements latéraux des sols, parfois sur plusieurs
mètres d’épaisseur (jusqu’à 2,6 m observé localement), ont
entrainé avec eux les aménagements de surface tels que les
quais et les grues du Port.
Evolution du trait de côte de Port-au-Prince
au cours des 3 derniers siècles
Les tassements générés en surface ont mis hors d’usage
certains bâtiments ; jusqu’à 80 cm de tassements
différentiels ont été observés au droit d’un hangar.
Les éjections de sédiments fins (« volcans » de sable) à la
surface du sol ont témoigné également des déformations
en profondeur. Certains pieux de fondations des quais du
port auraient été cisaillés par les déplacements horizontaux
engendrés par le phénomène.
La liquéfaction induite par le séisme du 12 janvier 2010 a
préférentiellement affecté les zones récemment remblayées
(postérieures à 1967) du littoral de Port-au-Prince. Les
zones plus anciennement remblayées (antérieurement à
1967) ont également été touchées, mais de manière moins
importante. Les terrains « en place » (antérieurement au
18ème siècle) pourraient également avoir été affectés, mais
de manière plus modeste.
Zone portuaire de Port-au-Prince – exemple des désordres provoqués par la liquéfaction des sols suite
au séisme du 12/01/2010
Ejections de l'eau et du sable à travers les fisures
durant le secousse sismique
Avant séisme
Glissement des berges dus à la parte de résistance du
sous sol lors de la vibration sismique
Après séisme
D’après Belvaux et al., 2013
Photos extraites de Green et al., 2011
56
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Les répliques du séisme
Les répliques du séisme du 12 janvier 2010 entre le 14 février et le 1er mars 2010
Dans les heures et même les jours et
semaines qui suivent un séisme important,
il est fréquent que d’autres secousses
soient ressenties. On parle de répliques.
Le séisme du 12 janvier 2010 a été suivi de
nombreuses répliques.
18°50'
Dans la figure ci-contre, on voit la
localisation des répliques du séisme du 12
janvier 2010 entre le 14 février et le 1er
mars 2010, localisées à partir des stations
sismiques temporaires installées un mois
après la secousse principale (triangles gris
sur la carte).
18°40'
18°30'
Les répliques se répartissent sur une
cinquantaine de kilomètres, englobant la
zone de rupture du séisme principal (étoile
jaune sur la carte).
18°20'
18°10'
18°00'
-73°30'
-73°20'
-73°10'
73°00'
-72°50'
-72°40'
-72°30'
-72°20'
-72°10'
-72°00'
Carte d’après Mercier de Lépinay et al., 2011
57
La menace Séisme
Cartographie de la menace séisme
Périmètres des études de la menace Séisme en Haïti
Carte de la menace sismique au 1/1 000 000
Celle-ci repose sur une interprétation des cartes d’aléa sismique régional de Frankel et al. (2010).
L’aléa y est représenté sous la forme de l’accélération maximale du sol (en anglais, Pic Ground
Acceleration - PGA) pour une période de retour de 2 475 ans, soit une probabilité de dépassement
de 2 % sur 50 ans. L’accélération est exprimée en pourcentage de l’accélération due à la pesanteur
(g = 9,81 m/s2). Sur la carte de menace sismique au 1/1 000 000, 3 niveaux de menaces sont
indiqués : 1) élevé (PGA > 48 % g) ; 2) moyen (PGA entre 25 et 48 % g) ; 3) modéré (PGA < 25 % g).
Dans cette représentation, la menace de niveau élevé correspond aux secteurs situés à proximité
des grands systèmes de failles actives : Enriquillo, au sud, Septentrional, au nord. L’étude de
Frankel et al. (2010) indique aussi un niveau d’aléa élevé pour les failles de la chaîne des Matheux
au Nord de la plaine du Cul-de-Sac.
Il existe d’autres systèmes de failles considérés comme potentiellement actifs en Haïti, mais ces
derniers sont encore très mal connus. Dans ces régions, la menace est de niveau moyen. Des
séismes forts et destructeurs y sont possibles mais avec des périodes de retour que l'on ne sait pas
bien évaluer aujourd’hui. De plus, les forts séismes localisés dans les zones de niveau de menace
élevé seront susceptibles d’être ressentis aussi dans ces zones plus éloignées de l’épicentre, mais
avec une intensité moindre.
Enfin, un niveau de menace modéré concerne des zones plus éloignées d’Haïti, au large du golfe de
la Gonâve, ainsi dans la partie méridionale de la Péninsule du Sud. Elles ne sont pas représentées
sur la carte au 1/1 000 000.
En plus des zones d’accélération sismique, la carte montre aussi les épicentres des séismes majeurs, ainsi que les principales failles supposées.
Remarque : les références relatives aux études recencées sont indiquées en fin de document dans le
tableau qui accompagne la carte de synthèse des études.
aménageurs, aux ingénieurs structure, aux architectes, mais aussi à l’ensemble de la population,
le microzonage sismique a un caractère opérationnel, très appliqué, utilisable aussi bien pour la
reconstruction des zones détruites que de manière préventive dans une politique d’aménagement
du territoire prenant en compte les risques naturels.
Cartographie de l’aléa sismique local : le microzonage
La méthode du microzonage sismique qui a été appliquée à plusieurs zones urbaines du territoire
haïtien fortement exposées aux tremblements de terre, a pour objet de réduire la vulnérabilité
de ces zones. Le microzonage aboutit à une catégorisation par secteurs géologiques et/ou
topographiques homogènes en fonction de leur niveau de danger. Il identifie les zones où des effets
de site importants sont susceptibles de survenir et prend également en compte les phénomènes
associés de mouvements de terrain et de liquéfaction des sols. Destiné aux décideurs, aux
Les cartes présentées ci-après sont extraites des microzonages sismiques de Port-au-Prince et de
Cap-Haïtien, réalisées conjointement par le BRGM, le BME et le LNBTP (Bertil et al., 2013, 2014).
Les cartes présentent le zonage des sols par rapport à leur réponse à la vibration sismique.
58
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
SEISME sur la ville de
CAP-HAÏTIEN
Effets de site lithologiques :
Classes de sols
59
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
SEISME sur
l'agglomération de
PORT-AU-PRINCE
Effets de site lithologiques :
Classes de sols
60
Carte de la menace TSUNAMI
Historique
Tsunamis
Chronique des
historique
Séismes tsunamigènes
Observations de tsunamis
22 janvier 2010
22 septembre 1887
8 avril 1860
7 mai 1842
3 juin 1770
Autres séismes destructeurs
62
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Tsunami
63
Qu’est-ce qu’un tsunami ?
suivante) n’est pas exhaustive ; elle dépend des témoignages historiques (écrits contemporains
de la survenance du tsunami) qui ont pu être retrouvés. En plus du tsunami de 2010, enregistré
sur la Péninsule du Sud d’Haïti, tous ont été liés à un séisme majeur. Le tsunami le plus fort qu’ait
connu Haïti est celui de 1842. Il a touché toute la côte nord du pays.
Un tsunami (du japonais tsu : port et nami : vague) est un train d’onde provoqué par un
mouvement de flux et de reflux d’un grand volume d’eau (mer, océan, lac). L’origine de
la mise en mouvement de cette masse d’eau est la déformation importante et brutale des
fonds marins. Le phénomène déclencheur est le plus souvent un séisme, un mouvement
de terrain ou une éruption volcanique.
Les effets au niveau du littoral
L’exposition des côtes d’Haïti aux tsunamis
Un tsunami correspond à la naissance et à la propagation d’une ou plusieurs vagues, souvent
destructrices à leur arrivée sur le rivage. Contrairement aux vagues ordinaires provoquées par
le vent, qui ne perturbent que la surface de l’eau, les vagues du tsunami propagent leur énergie
jusqu’au fond de la mer. Près du rivage, cette énergie est concentrée dans le sens vertical en raison
de la diminution de la profondeur et dans le sens horizontal en raison du raccourcissement de la
longueur d’onde qu’entraîne le ralentissement des vagues.
Du fait de sa situation géodynamique en limite des plaques tectoniques nord-américaine et
caraïbe, Hispaniola se trouve à proximité de plusieurs grandes failles dont l’activité sismique est
capable de générer des tsunamis. Parmi celles-ci, il s’agit, en particulier :
●● de la faille Nord Hispaniola, localisée environ 80 km au nord du littoral haïtien, et son
prolongement vers l’est, matérialisé par la fosse de Puerto Rico ;
Dans certains cas, le tsunami peut entraîner une inondation relativement anodine des zones
côtières basses, submergeant les terres comme une marée qui monte rapidement. Dans d’autres
cas, il peut déferler en une muraille d’eau souvent très destructrice. Enfin, des courants forts et
inhabituels accompagnent parfois les tsunamis, même petits.
●● du système de failles Septentrional, lequel longe le littoral nord haïtien ;
●● du système de failles d’Enriquillo, qui traverse toute la Péninsule du Sud d’Haïti et s’étend
vers l’ouest jusqu’à la Jamaïque ;
●● de la faille de Muertos, au large du littoral méridional de la Républicaine Dominicaine.
Les dégâts causés par les tsunamis sont le résultat direct de trois facteurs : inondation, impact des
vagues sur les constructions et autres infrastructures et érosion du rivage.
Par ailleurs, des mouvements de terrain sous-marins ou au niveau de la façade littorale peuvent
se produire. Ces mouvements de terrain peuvent être déclenchés par des vibrations sismiques et
peuvent, à leur tour, générer des tsunamis. C’est ce qui s’est passé en 2010, en mer à l’ouest de
Port-au-Prince.
Les signes annonciateurs du tsunami sont dans la plupart des cas :
●● une vibration sismique, si l’épicentre du séisme est suffisamment proche ;
Une dizaine de tsunamis sont aujourd’hui connus pour avoir affecté les côtes d’Hispaniola depuis
la colonisation. La liste des tsunamis historiques ayant pu toucher Haïti (voir tableau en page
●● un comportement anormal de la mer, caractérisé par le retrait ou la montée rapide des eaux
du rivage, et parfois par un grondement important généré par le déferlement des vagues.
Représentation schématique d'un tsunami
Déferlement sur le
rivage et innondation
Propagation
Extrait des documents « Tsunamis and You,
Living more safely with natural hazards »,
Australia • hazards@ga.gov.au
Genèse
64
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Tsunamis ayant touché Hispaniola et référencés dans la littérature
Date
Origine supposée
Séisme au niveau de la Fosse de
18 octobre 1751
Muertos
03 juin 1770
11 Février 1775
07 mai 1842
Séisme de magnitude 7 à 7.5
Localisation
Observations
Dommages
Commentaires
Azua de Compostela (République
Dominicaine)
Destruction de la ville d'Azua
Destruction de toutes les
maisons
Saint-Domingue (République
Dominicaine)
Vagues et dommages
Tsunami parfois contesté, notamment du fait
qu’un cyclone a provoqué des submersions
marines quelques jours après et a pu entretenir
une confusion sur les raisons de la submersion.
Port-au-Prince – Arcahaie - La Saline Golfe de la Gonâve(Haïti)
La submersion aurait atteint 1.5 lieues. A
Port-au-Prince, la mer est montée de 20
pieds et a ravagé la terre sur 1/4 de lieue.
Séisme de magnitude 7
Séisme de magnitude 8.1
08 avril 1860
Séisme de magnitude 7 près de
Anse-à-Veau
23 septembre
1887
Séisme au large du Môle SaintNicolas
Il y aurait eu 200 morts
environ (par le séisme ?)
Dommages importants
Port-de-Paix (Haïti)
Reflux sur une centaine de mètres, puis flux
avec une inondation par près de 5 m d'eau,
atteignant le « Morne des Pères »; nouveau
reflux ayant découvert le fond du canal de la
Tortue.
Une centaine de morts
et de très nombreuses
maisons renversées
par le tsunami
Cap-Haïtien (Haïti)
Inondation des rues commercantes du front
de mer
Une vingtaine de morts
Môle Saint-Nicolas (Haïti)
Tsunami observé
Jérémie - Anse -à-Veau (Haïti)
Grosses vagues
Delta de la rivière du Massacre, entre
Fort-Liberté et Pepillo Salcedo
(Haiti et République Dominicaine)
&
Delta de la rivière Yaque à Monte Cristi
(République Dominicaine)
Delta submergé avec inondation des abords
Saint-Domingue (République
Dominicaine)
Vagues de 1,6 à 2 m de hauteur
Anse-à-Veau (Haïti)
Inondation de la basse-ville
Miragoane - Les Cayes - Aquin - Golfe de
la Gonave (Haïti)
Tsunami observé
Môle Saint-Nicolas (Haïti)
Golfe de la Gonâve – Jeremie - Anse
d'Hainault (Haïti)
Tsunami observé avec retrait, avant l'arrivée
des vagues
65
Les lieux affectés restent inconnus, et il
subsiste des doutes sur la date (cet événement
pourrait être confondu avec d’autres rapportés
en mars et décembre 1775).
Le séisme en lui-même a été dévastateur
(5 000 à 6 000 morts
à Cap-Haïtien, 200 morts à Port-de-Paix, 200
morts à Saint-Yague).
La hauteur de la vague sur le Nord d'Haïti a été
globalement estimée à 2 m.
Destruction de la ville
La menace Tsunami
Tsunamis ayant touché Hispaniola et référencés dans la littérature (cont.)
Date
Origine supposée
Localisation
Observations
Dommages
Commentaires
04 août 1946
Séisme de magnitude 8.1 au
Nord-Est d'Hispaniola
Secteur de Matancitas, depuis Cabrera
jusqu'au Cabo Samana (République
Dominicaine)
Vagues de 4 à 5 m ayant inondé la côte
Environ 1790 morts
Matanzas (République Dominicaine)
Vagues de 2,5 m de hauteur
Egalement observé à Porto-Rico, aux Bermudes
et aux USA
(Floride, New-Jersey)
08 août 1946
Séisme de magnitude 7.9 environ
(réplique de celui du 8 Août)
Sabana de al Mar - Santo Domingo
(République Dominicaine)
Tsunami observé
Egalement observé à Cuba, à Porto-Rico, aux
Bermudes et aux USA (Floride, New-Jersey).
31 mai 1953
Séisme de magnitude 6.9 ?
Puerto Plata (République Dominicaine)
Vagues de 6 cm sur marégraphe
Incertitude sur l’origine du tsunami qui pourrait
être lié à l'ouragan Alice.
Petit-Goâve, Grand-Goâve, Petit-Paradis,
Léogâne (Haïti)
Hauteurs d'eau atteignant 3 m, inondation
sur quelques mètres à une cinquantaine de
mètres
Gonaïves (Haïti)
Vagues significatives
Jacmel (Haïti)
Hauteurs d'eau atteignant 3 m, inondation
sur plusieurs dizaines de mètres
Cayes-de-Jacmel (Haïti)
Zone inondée sur une vingtaine de mètres de
largeur.
Belle-Anse (Haïti) - Pedernales
(République Dominicaine)
Zone inondée sur quelques mètres de largeur.
Anse-à-Pitres (Haïti)
Zone inondée sur une dizaine de mètres de
largeur.
12 janvier 2010
Mouvements de terrain et
déplacement latéral liés au
séisme de magnitude 7
Saint-Domingue (République
Dominicaine)
Hauteur 6,2 cm
Au large, à 300 à 400 km au Sud des
côtes de la République Dominicaine et
de Porto Rico
Un tsunamimètre a enregistré un tsunami 50
minutes après séisme, avec des amplitudes
comprises entre 5 et 15 cm.
3 morts
Le tsunami lié au séisme de 2010 aurait
également été détecté à Porto-Rico et aux Îles
Vierges Britanniques.
Sources consultées : Flores et al. (2011), Fritz et al. (2010), Hornbach et al. (2010), McCann (2007), NATHAT (2010), NATHAT 2 (2011), OXFAM (2002), Zahibo (2010, 2012a, 2012b)
66
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Cartographie de la menace tsunami
Périmètre des études de la menace Tsunami en Haïti
La carte au 1/1 000 000 de la menace Tsunami a été établie à partir des
observations historiques de tsunamis recueillies lors de différentes études
et de la bibliographie scientifique disponible (cf. tableau sur les évènements
historiques, dans le texte). Les sources sur les séismes sont citées dans le
chapitre relatif à la menace sismique. Les failles sont interprétées d'après
la carte géologique au 1/250 000 et complétées ou modifiées d'après les
données bathymétriques et topographiques, ainsi qu’à partir de diverses
publications.
La carte de menace sur la zone de Cap-Haïtien est extraite de l’étude
d’évaluation des risques liés aux tsunamis sur le Nord d’Hispaniola, réalisée
par ARTELIA en 2014. La carte présente les résultats (hauteur d’eau à terre
et vitesse du flux) obtenus pour un scénario de séisme de magnitude Mw
8,7 situé sur la faille Nord Hispaniola. La carte est présentée initialement
à l’échelle 1/10 000.
La carte de menace et d’évacuation en cas de tsunami de Fort-Liberté
au 1/50 000 est issue d’une étude réalisée en 2012 par N. Zahibo pour le
compte du SNGRD, avec un financement du Programme ECHO (European
Commission's Humanitarian Aid and Civil Protection department) sous la
coordination de l’UNESCO. Elle indique pour Fort-Liberté les zones qui
sont a priori inondables pour un tsunami d’une hauteur de 8 m, généré
par un séisme de mêmes caractérisqtiques que celui de 1842 (Mw = 8,2).
Elle permet d’identifier les bâtiments à enjeux exposés (écoles, hôpitaux,
commissariat, églises, mairie…), ainsi que les itinéraires d’évacuation et
les zones de regroupement. Dans le cadre du même projet, des cartes de
même nature ont été réalisées pour les villes de Port-de-Paix et de CapHaïtien.
Remarque : les références relatives aux études recensées sont indiquées en fin de document dans le tableau qui accompagne la
carte de synthèse des études.
67
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
TSUNAMI sur la ville
de CAP-HAÏTIEN
Carte de menace de Tsunami en
cas de séisme de magnitude Mw. 8.7
sur la faille Nord Hispaniola
68
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
TSUNAMI sur la ville
de FORT-LIBERTE
Carte de menace et d'évacuation
en cas de tsunami
69
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Carte de la menace
SECHERESSE
Susceptibilité à la sécheresse
70
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace
Sécheresse
71
La menace Sécheresse
Qu’est-ce que la sécheresse ?
Evènements de sécheresses désastreuses relevées depuis 1726 en Haïti
La sécheresse résulte d’une période de temps anormalement sans pluie qui persiste
assez longtemps pour produire un grave déséquilibre en eaux de surface et souterraine.
La gravité d'une sécheresse dépend du degré de déficience de l'humidité, la durée et la
taille de la zone touchée.
Date
Indépendamment de l’origine de la sécheresse, les dégâts causés peuvent être les suivants :
●● diminution des rendements agricoles et pertes de récoltes ;
●● augmentation des disettes et des famines et, de surcroît, des épidémies en raison de la
malnutrition ;
●● réduction du débit des rivières ;
●● baisse du niveau des lacs artificiels (tel que celui de Péligre, dont l'unité hydro-électrique
fournit une partie de l’électricité à Port-au-Prince) ;
●● rationnement du courant électrique ;
●● modifications, perturbations voire destruction des écosystèmes en particulier dans les
zones humides ;
●● mort et disparition de végétaux ;
●● troubles sociaux et conflits pour l’accès aux ressources naturelles (eau et nourriture) ;
●● migration de populations.
Nombre de
personnes affectées
1726
Nord-Ouest
inconnu
1753-54
1772-74
1777
1779-80
1785-86
1921-22
1947
1957
1958-59
1964
1966-67-68
1973-74
1975
1977-78
1981
Tout le pays
Tout le pays
Nord-Ouest
Tout le pays
Tout le pays
Tout le pays
Nord-Ouest
Nord-Ouest
Tout le pays
Nord-Ouest
Presqu’île du Nord-Ouest
Presqu'ile du Nord-Ouest
Nord-Ouest
Tout le pays
Sud-Ouest
1983
Nord-Ouest, Sud-Est, Nord-Ouest, Sud et Nord-Est
1984-85
1992
1996-97
Nord-Ouest
Tout le pays
Presqu’île du Nord-Ouest
Saint Nicolas, Bombardopolis, Baie de Henne Jean Rabel (NordOuest)
Nord-Ouest et Nord-Est
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
inconnu
215 000
507 000
30 000
450 000
103 000
233.000 (dont 133 00
sur le Nord-Ouest)
45 000
1 000 000
50 000
2003
2014 -
Les sécheresses historiques exceptionnelles
en Haïti
Zones plus particulièrement touchées
35 000
non établi
Source: NATHAT (2011) : 1701-1963/Observatoire du Petit Collège Saint-Martial (in Mora, 1986); 1968-1985/Croix Rouge
Haïtienne; 1983-1997/ OPDES; 2000-2001/DPC; 2002-2008/CRED; sept 97 à oct 2000 et oct 2002 à avril 2003/Période
manquante d'information ; sites Web http://www.alterpresse.org/
La sécheresse, en Haïti, affecte de grandes étendues du territoire et a des conséquences
importantes sur l’agriculture, la disponibilité en eau, les mouvements de population, la
production d’énergie hydroélectrique et, d’une manière plus générale, sur l’économie.
Année 2014
« Depuis janvier, le département du Nord-Ouest a vu périr la quasi-totalité de ses récoltes de la campagne
d’hiver. Plus de 143 000 personnes de ce département sont touchées par cette sécheresse, provoquant
une crise alimentaire. Cela contraint les personnes les plus vulnérables à adopter des mécanismes de
survie, comme la réduction de la quantité de repas quotidiens à deux, voire un par jour au maximum.
Des organisations humanitaires ont effectué des interventions d’urgence. Mais le Nord-Ouest n’est
pas l’unique département à souffrir de la sécheresse. Le Nord-Est, certaines communes du Centre et
de l’Ouest à l’image de Belladère et Fonds-Verrettes, sont également touchés. La sécheresse dans ces
zones est liée entre autres à une saison pluvieuse capricieuse, un manque d’infrastructures, paralysant
davantage les activités traditionnelles pour la campagne agricole de printemps. Elle conduit par exemple
à des difficultés pour trouver l’eau potable. »
Pendant le XXème siècle, plusieurs crises de sécheresse ont frappé le territoire haïtien. Ces
périodes de sécheresse se sont accompagnées, à plusieurs reprises, de baisses considérables
dans la productivité agricole et de l’approvisionnement en eau potable, conduisant à des
conditions de vulnérabilité alimentaire, voire à des famines et à la dégradation intense des
terres. En 1992, la sécheresse a affecté plus d’un million de personnes. Entre 1980 et 2008,
plus de 2 millions d’habitants en ont été victimes.
Extrait du site WEB http://www.alterpresse.org/spip.php?article16293#.VfFB0Z1OKpo
72
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Le contexte pluviométrique d’Haïti
Carte de la variabilité des pluies à Haïti
Haïti fait climatiquement partie de la basse région subtropicale (18° - 20° Latitude Nord)
mais, en raison de sa position centrale dans la Caraïbe insulaire et de sa physiographie
montagneuse, des contrastes climatiques importants sont observés à l’intérieur du territoire
et parfois entre des régions distantes seulement de quelques kilomètres.
La majorité du territoire est sous l’influence d’un régime thermique chaud à très chaud.
La température moyenne reste autour de 24° C tout au long de l’année, mais en certaines
périodes des températures de l’ordre de 12° C peuvent être enregistrées dans les zones
d’altitude et/ou jusqu'à 37° C dans les zones de plaine sèche.
Le pays se caractérise par deux saisons pluvieuses allant généralement de mars à mai et d’août
à octobre et entre lesquelles s’intercalent les saisons sèches, notamment une longue période
s’étalant de novembre à février. Les écosystèmes humides se retrouvent généralement sur les
versants montagneux exposés au vent, comme dans les montagnes de la côte septentrionale
(alentours de Cap-Haïtien) et dans la Péninsule du Sud, et les écosystèmes sub-humides dans
la partie moins arrosée de l’exposition sous le vent. Les schémas de distribution de pluie
varient de moins de 400 mm dans le nord-ouest à plus de 3 000 mm dans les montagnes du
sud-ouest.
Les zones semi-arides (moins de 1000 mm/an de pluie) représentent 1/3 du territoire. A de
rares exceptions près, les régimes pluviométriques de tous les microclimats du territoire
haïtien comportent au moins une saison, d’au moins 3 mois, de déficit hydrique marqué.
Aujourd’hui, des sécheresses annuelles (une moyenne de 6 mois par an) récurrentes sont
enregistrées dans plusieurs zones, telles que :
Carte d'apres le CNM, in NATHAT, 2010
●● la partie ouest du département du Nord-Ouest ;
●● tout le nord-est du pays ;
●● la partie nord du département de l’Artibonite : de Gonaïves à Anse-Rouge ;
●● la partie orientale du département du Sud-Est (de Bainet à Côtes-de-Fer) ;
●● la zone haute entre les départements du Sud et de la Grande-Anse (entre Aquin et l’Azile) ;
●● la zone de Jérémie, dans le département de la Grande-Anse ;
●● de l’Arcahaie à la Plaine du Cul-de-Sac dans le département de l’Ouest.
73
La menace Sécheresse
L’impact du phénomène El Niño sur Haïti
Au cours de certaines années on note une anomalie et un réchauffement de la température de
quelques degrés des eaux océaniques de surface du Pacifique Sud, de son centre jusqu'aux
côtes du Pérou, le nord du Chili et de l'Equateur. Il s’agit du phénomène El Niño. L'origine de
ce phénomène cyclique d'une période de plusieurs années (1 à 2 fois par décennie) et d'une
intensité maximale pendant environ 3 mois, à la période de Noël (d'où son nom d'"enfant
Jésus" donné par les pêcheurs péruviens) est encore incertaine. Toute la ceinture tropicale
de la planète subit un bouleversement climatique qui provoque régionalement, soit des
précipitations intenses, soit des périodes de sécheresse exceptionnelles. Les effets d'El Niño
sur le climat se font sentir jusqu'en Asie et en Afrique. Dans la Caraïbe, ce phénomène se
traduit généralement par une activité cyclonique moins fréquente, mais, en revanche, par
une période de sécheresse plus intense.
© SOS ESF – M. Brochet
Concernant le territoire d’Haïti, en se référant aux études et aux données existantes, on peut
affirmer que d’importantes superficies sont affectées par la sécheresse tous les cinq à sept ans.
Or, selon les données recueillies par le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles,
et du Développement Rural (MARNDR) d’Haïti, il apparaît que le problème de sécheresse
ait atteint aujourd’hui une ampleur nationale. Même les zones originellement humides sont
actuellement affectées sur des périodes relativement courtes, mais capables de limiter la
production agricole et de réduire les régimes des cours d’eau. Les zones semi-arides, déjà
très fragilisées, sont encore plus durement frappées par les périodes de sécheresse.
Sécheresse affectant les reliefs haïtiens, photo prise en 2015
La température moyenne du Globe a augmenté de plus de 1 degré entre 1973 et 2003.
Les conditions météorologiques extrêmes et variables ont alterné entre sécheresses
(généralement entre novembre et février, durant la saison sèche) et fortes tempêtes et
ouragans (généralement entre août et octobre, pendant la saison des pluies).
Si le changement climatique se fait d’ores et déjà pleinement ressentir sur Haïti, l’accentuation
du phénomène El Niño devrait se poursuivre dans les décennies à venir.
74
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La prévention des
Risques naturels
75
La prévention des Risques naturels
Quelques notions
L’information préventive et l’éducation aux risques
L’un des principaux défis à relever par nos sociétés est d’intégrer la réduction des risques de
catastrophes dans les politiques de développement. Des évènements naturels dangereux se
produisent partout dans le monde, mais leur impact est nettement plus important lorsqu’ils
frappent les pays les plus pauvres. Cette réalité n’est pas uniquement due à des facteurs
géographiques mais aussi - et surtout - à la vulnérabilité des populations touchées (PNUD,
2004).
Parce que la gravité du risque est proportionnelle à la vulnérabilité des enjeux concernés,
l’un des moyens essentiels de la prévention est l’adoption par les citoyens de comportements
adaptés aux menaces auxquelles ils sont exposés. La population d’une zone à risque doit
être informée des dangers qui la concernent et doit pouvoir acquérir des réflexes simples
et conditionnés pour réduire sa vulnérabilité. Les autorités publiques doivent connaître les
risques naturels présents sur leur territoire afin de garantir la sécurité des personnes et des
biens. La sensibilisation du public est un facteur clé dans la réduction effective des risques
de catastrophe. Son développement est soutenu, par exemple, par l’élaboration et la diffusion
de l’information par les médias et les canaux complémentaires, de l’éducation nationale, des
centres d’information dédiée, les réseaux et les actions communautaires, etc.
En effet, pour les populations aux prises avec les préoccupations de la survie quotidienne,
la gestion du risque de catastrophe n’est souvent pas une priorité. Les pertes économiques
occasionnées par les catastrophes naturelles entravent pourtant gravement les efforts
déployés pour le développement. Ainsi, la destruction des infrastructures, la perte des
moyens de subsistance, les dommages causés aux écosystèmes et à l’héritage culturel, les
blessures, la maladie, la mort, sont des résultats directs des catastrophes. Leur incidence
compromet les efforts visant à réduire la pauvreté et la famine, à fournir l’accès à l’éducation,
aux logements salubres, à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement, ou à protéger
l’environnement et les investissements financiers qui génèrent l’emploi et les revenus. Avec
le temps, les risques de catastrophe peuvent s’accumuler à cause d’activités inappropriées
en matière de développement.
La prévention des risques majeurs regroupe l’ensemble des actions à mettre en œuvre afin
d’éviter la survenance des phénomènes dangereux et/ou d’en limiter les conséquences. La
prévention des risques majeurs s’inscrit dans la logique du développement durable, puisque
à la différence des mesures de réparation post-crise, la prévention tente de réduire les
conséquences économiques, sociales et environnementales d’un développement imprudent
de la société.
Les principales actions de la prévention se déclinent en plusieurs composantes :
La connaissance des phénomènes, de leurs menaces et du risque résultant
©BRGM - M.Terrier
●● La zone concernée est-elle exposée à un phénomène naturel dangereux ? Si oui, où peut-il
se produire ? Quand ? Avec quelle fréquence ? Avec quelle intensité ?
●● Concernant les enjeux : quels sont les éléments exposés ? Quelle est leur vulnérabilité ?
●● Quelle est la capacité de la société à faire face à un évènement naturel dangereux ? Cette
action fait appel à des connaissances scientifiques et des moyens techniques parfois
importants. Les connaissances sur les phénomènes sont très généralement traduites sous
la forme de cartes.
Un exemple d’information/communication relative à quelques conseils faciles à mettre
en œuvre pour la construction en maçonnerie : le support est constitué d’une peinture
appliquée sur un mur dans une rue de Port-au-Prince.
76
Atlas des menaces naturels en Haïti
La prise en compte des risques dans l’aménagement du territoire
Organisation schématique du Système National de Gestion des Risques et Désastres
(SNGRD)
Il s'agit d'orienter l'aménagement du territoire en tenant compte des risques naturels, en
évitant par exemple d’augmenter les enjeux dans les zones à risque et en diminuant la
vulnérabilité des zones déjà urbanisées. Lorsque cela est possible, iI peut s'agir aussi de
réduire le risque en réalisant des parades ou en appliquant des normes de construction
(parasismique, paracyclonique).
Comité National de Gestion des Risques et des
Désastres (CNGRD)
Présidé par : Ministre de l'Intérieur
Secrétariat exécutif : DPC
La planification de l’organisation des secours
Comité consultatif :
Société civile
La bonne organisation des secours est essentielle dans la gestion d’une crise. Il est donc
utile de planifier préalablement les secours, dans la mesure du possible. Cela doit permettre,
à la suite d’un phénomène grave, la mise en œuvre rapide et efficace de tous les moyens de
secours disponibles.
Groupe d'appui de la
Coopération Internationale
Secrétariat Permanent de Gestion
des Risques et des Désastres (SPGRD)
Gestion des
risques
La surveillance et l’alerte
Quand le type de menace naturelle s’y prête, l’objectif est ici d’anticiper le phénomène et de
pouvoir alerter les populations à temps. L’utilisation de dispositifs d’analyse et de mesures
intégrées dans un système d’alerte des populations est nécessaire pour cela.
Comités thématiques
Comités institutionnels/sectoriels
L’organisation de la réponse en Haïti
Gestion des
désastres (COU)
Centre d'Opérations d'Urgence
Coordination générale : DPC
Comités départementaux (CDGRD)
La surveillance et l’alerte
Comités communaux (CCGRD) et locaux (CLGRD)
La réduction des risques de catastrophe naturelle nécessite la connaissance, les capacités et
les apports d’un large éventail de secteurs et d’acteurs tant centraux, que départementaux et
communaux. C’est pourquoi la politique actuelle de gestion des risques et des désastres en
Haïti est organisée autour du SNGRD (Système National de Gestion des Risques et Désastres).
Celui-ci a deux grandes missions :
Il s’appuie sur les différentes institutions publiques haïtiennes et internationales concernées
par la gestion des risques et des désastres. La DPC (Direction de la Protection Civile)
coordonne les actions du SPGDR (Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des
Désastres) et joue le rôle de Secrétariat Executif du CNGRD. Au niveau départemental,
il existe le Comité Départemental de Gestion des Risques et des Désastres (CDGRD), qui
réunit les directeurs départementaux des ministères ainsi que des comités communaux
dans chaque commune et des comités locaux dans chaque section communale. Cette
organisation rassemble donc à la fois des acteurs de la gestion des risques et des désastres
aux niveaux central, départemental, communal et local. Le SPGRD ainsi que les comités
deviennent des Centres d’Opérations d’Urgence en cas d’évènement catastrophique.
1) agir sur les causes qui génèrent l’état de risque afin de réduire les possibilités de désastres ;
2) renforcer la capacité de réponse aux besoins en cas de désastre, à tous les niveaux :
central, départemental, communal et local.
Ce système est piloté par le Comité National de Gestion des Risques et Désastres (CNGRD),
formé des membres du cabinet ministériel et du Président de la Croix Rouge Haïtienne et
présidé, par délégation du Premier Ministre, par le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités
Territoriales (MICT).
77
La prévention des risques naturels
Principaux acteurs publics impliqués dans la gestion des risques naturels en Haïti
Ministères de tutelle
ou organismes publics
Missions entrant dans le champ de la prévention des risques
Primature - CIAT
Le CIAT, placé sous l’autorité de la Primature, a pour mission de définir la politique du gouvernement en matière d’aménagement du territoire, de protection et
de gestion des bassins versants, de gestion de l’eau, de l’assainissement, de l’urbanisme et de l’équipement. Cette institution a été créée en réponse à un constat
alarmant de dégradation de l’environnement et à la nécessité d’actions cohérentes et coordonnées en matière d’aménagement du territoire.
MPCE
Le MPCE a pour mission de concevoir, piloter, animer la planification (le processus de planification) du développement et coordonner l’apport externe en support
à l’effort national de développement.
MDE
Le MDE doit formuler et faire respecter la politique du Gouvernement en matière de gestion de l’environnement, assurer une utilisation durable de l’environnement
et des ressources naturelles, veiller à l’intégration des politiques environnementales dans les politiques sectorielles, promouvoir l’éducation environnementale et
le développement d’une culture nationale de protection et de réhabilitation de l’environnement.
MTPTC/BME/UTS
Créée par décision en date du 7 février 2011 par le Ministre des TPTC, Président du Conseil d’Administration du BME, l’UTS a pour mission essentielle de :
1) surveiller la sismicité locale et régionale ; 2) centraliser et archiver les données sismologiques à des fins de recherche en sciences de la Terre ; 3) informer les
instances décisionnelles et la population sur l’activité sismique du pays tout en œuvrant à la prise en compte de l’aléa sismique dans le cadre de la reconstruction
du pays.
MTPTC/DTP/SPU
Le MTPTC/DTP/SPU élabore les schémas d’aménagement et les plans directeurs pour les centres urbains et ruraux. Il établit les règlements d’urbanisme et normes
techniques.
MTPTC/LNBTP
Le MTPTC/LNBTP contrôle la qualité des infrastructures en construction et application des normes en matière de bâtiments. Il réalise aussi des études géotechniques,
des recherches appliquées sur les matériaux de construction et de la promotion des normes en matière de génie civil.
MTPTC/SEMANAH/CODOMAR
Le SEMANAH est en charge des phares et balises, de la circulation maritime et de la conformité des activités navales sur tout le territoire. Le CODOMAR gère le
centre d’alerte national aux tsunamis, il doit permettre aux autorités d’avoir en temps réel les données annonçant un risque de tremblement de terre suivi de
tsunami. Il assure aussi l’information et la sensibilisation sur le risque de tsunami.
MPCE/CNIGS
Le CNIGS a pour mission de produire et de diffuser l’information géographique actualisée et fiable sur tout le territoire national par l’utilisation de technologies
modernes appropriées, garantissant la mise à disposition de méthodes, d’outils, de produits et de formation devant supporter la planification des actions de
développement durable du pays.
MICT/DPC
La DPC est en charge de la coordination de la gestion des risques et des désastres (GRD) sur tout le territoire haïtien. Elle coordonne le SPGRD ainsi que les autres
entités du SNGRD dont les comités départementaux, communaux et locaux de protection civile.
MARNDR/CNM
La mission du MARNDR est de « définir la politique du secteur économique du gouvernement haïtien dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, des ressources
naturelles renouvelables et du développement rural ». Le CNM assure aussi la prévision et la vigilance météorologique (cyclone, sécheresse).
78
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Exemples d’actions
de prévention contre les
menaces naturelles
en Haïti
79
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace CYCLONE
Le suivi des cyclones et l’alerte
L’imagerie satellitaire a révolutionné la prévision cyclonique et permet de pallier
le manque d’observations sur les zones océaniques
L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) coordonne la veille cyclonique au niveau
international. Elle a désigné dans chaque bassin océanique un Centre Météorologique
Régional Spécialisé (CMRS), responsable de la prévision cyclonique. Pour l’Atlantique Nord,
il s’agit du centre de Miami.
La prévision cyclonique consiste à détecter la formation des phénomènes cycloniques,
puis à prévoir leur trajectoire et leur intensité grâce à des modèles numériques et à
l’expertise des prévisionnistes. Dès qu’un cyclone est identifié, le CMRS diffuse toutes les
6 heures, puis toutes les 3 heures à l’approche de zones habitées, un bulletin à tous les
services météorologiques de la région.
Cette prévision est associée à des mesures d’information, de prévention et de sensibilisation
des populations au risque encouru et aux attitudes à adopter afin de minimiser les dommages
liées au passage du cyclone.
Cinq phases d’alerte sont prévues par le service météorologique d’Haïti en fonction de la
distance et de l’heure de passage prévisible du cyclone. Celles-ci sont déclinées selon 3 niveaux
de vigilance (jaune, orange, rouge) selon l’intensité du phénomène attendu sur le pays.
Source : Image satellite GOES-Floater/NOAA Infra rouge couleur le 6 sept. 2008 à 20h15 UTC
Prévision de la trajectoire du cyclone Ike le 6 septembre 2008 à 21h UTC. Les cercles représentent
les cônes d’incertitude sur la prévision de la trajectoire
80
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace CYCLONE
Temps
Proximité croissante du cyclone
5 phases d'intevention d'urgence multi organisme
3 niveaux d'intensité
d'impact
Cyclones et/ou fortes pluies
Intensité croissante
(violent à très violent)
Vigilance
rouge
(extrêmement violent)
Phase 3
Phase 4
Préalerte 1
Déclenchement de cette
phase si possible 72h dès
que le phénomène risque de
concerner Haïti.
Préparation des services à la
mise en place de permanences
et également préparation de la
population.
Préalerte 2
36 à 48h si possible avant
le passage du phénomène.
Mobilisation renforcée des
services et préparation de la
population.
Alerte 1
15 à 24 heures si possible
avant le passage du
phénomène.
Constitution des postes
de commandement,
sensibilisation des
populations.
Alerte 2
Confirmation du passage
juste avant le début des
premiers effets.
Population sensibilisée.
Préalerte 1
Déclenchement de cette
phase si possible 72h dès
que le phénomène risque de
concerner Haïti.
Préparation des services à la
mise en place de permanence
et également préparation de la
population.
Préalerte 2
36 à 48h si possible avant
le passage du phénomène.
Mobilisation renforcée des
services et préparation de la
population.
Alerte 1
15 à 24 heures si possible
avant le passage du
phénomène.
Constitution des postes de
commandement, cessation de
quelques activités et mise à
l'abri des populations.
Alerte 2
Confirmation du passage
juste avant le début des
premiers effets.
Population à l'abri et
circulation interdite dans les
zones très à risque.
Préalerte 1
Déclenchement de cette
phase si possible 72h dès
que le phénomène risque de
concerner Haïti.
Préparation des services à la
mise en place de permanences
et également préparation de la
population.
Préalerte 1
36 à 48h si possible avant
le passage du phénomène.
Mobilisation renforcée des
services et préparation de la
population.
Alerte 1
15 à 24 heures si possible
avant le passage du
phénomène.
Constitution des postes de
commandement, cessation de
quelques activités et mise à
l'abri des populations.
Alerte 2
Confirmation du passage
juste avant le début des
premiers effets.
Population à l'abri et
circulation interdite.
Niveaux de vigilance et phases d'alerte auprès de la population prévus par le service météorologique d'Haîti en cas de passage d'un cyclone tropical ou de fortes pluies.
Le bulletin météorologique est disponible chaque jour sur le site http://www.meteo-haiti.gouv.ht/index.html .
81
Phase de secours
Vigilance
orange
Phase 2
Pour la gestion des risques et des désastres
Restez prudent !
(peu violent à violent)
Phase 1
Le mauvais temps qui touchait Haîti s'éloigne, mais le danger est toujours présent
Restez extrêmement prudent.
Vigilance
jaune
4 phases d'alerte pour la gestion des risques
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace CYCLONE
Des recommandations pour rendre son habitat
moins vulnérable aux effets des cyclones
1
2
3
Privilégier les constructions
de forme simple pour éviter
les points de concentration de
pression
Pour limiter le risque
d’arrachement de la toiture, un
toit à quatre pentes, avec une
inclinaison de 30 à 45 ° est
recommandé.
5
6
Les fondations, les murs et le
toit doivent être solidement
fixés entre eux.
Renforcer le contreventement
de la structure ; renforcer les
murs et les joints par rapport à
leur jonction pour augmenter
la rigidité de l’ensemble
7
8
9
Veiller à ce que le revêtement
du toit soit fermement attaché
à la structure de la toiture pour
empêcher son arrachement.
Si les portes et les volets
ne peuvent pas être fermés,
s’assurer qu'il y a des
ouvertures opposées pour
réduire la pression de l’air qui
s’engouffrera dans l’habitation.
10
11
Avant de construire :
●● éviter d’établir son habitation en bordure de mer, de façon à s’affranchir du risque lié à la
surcote marine et aux houles cycloniques ;
Eviter de construire dans les
zones naturelles où le vent
est renforcé par des effets
topographiques
●● proscrire la construction dans le lit majeur des cours d’eau (et plus largement dans toute
zone inondable) compte tenu des risques de débordement pendant et après le passage du
cyclone ;
●● éviter les sites dont les caractéristiques topographiques leur confèrent une trop grande
4
exposition au vent ;
●● ne pas construire sur un versant soumis aux instabilités de terrain (de même qu’en tête ou
●● ne pas construire sous une ligne électrique haute tension (risque d’électrocution et
Eviter les débords de toit
importants et, s’il y a lieu,
séparer la structure de la
véranda de la maison
d’incendie en cas de chute des cables) ;
●● mettre en œuvre des règles de construction para-cyclonique destinées à améliorer la
résistance générale du bâti contre les vents violents. Un bâtiment construit selon ces
règles pourra subir des dégâts plus ou moins importants mais préservera mieux la vie de
ses occupants.
Dans le cas d’un habitat existant :
●● contrôler le bon fonctionnement et la fermeture de toutes les portes et fenêtres ;
●● vérifier et fixer régulièrement les tôles de toiture
(fixation à l’aide de vis et non par des
clous, recouvrement suffisant entre les tôles, ancrage des tôles toutes les trois ondes, aux
extrémités du toit fixation des tôles sur les planches ou sur le béton des murs porteurs par
des vis tous les 50 cm) ;
●● dégager les gouttières et les chenaux d’écoulement ;
●● stocker des panneaux de contreplaqué et fixations pour occulter toutes les ouvertures
demeurées sans protection ; ajuster ces panneaux aux dimensions extérieures de chacune
des fenêtres et portes ; préparer les trous qui permettront de fixer les panneaux sur des
attaches prévues à cet effet ;
Utiliser des portes et des
fenêtres qui peuvent être
fermées.
12
●● élaguer voire supprimer les arbres très proches des habitations : ils offriront ainsi moins
de prise, de résistance au vent et seront donc moins susceptibles d’être arrachés et de
percuter les habitations ou biens avoisinants ;
Planter des arbres autour de la
maison pour « casser » la force
du vent, mais pas trop près
pour éviter des dommages en
cas de chute.
●● penser au risque inondation associé au passage d’un cyclone, notamment si vous vous
situez en zone à risque avéré.
82
Ne pas construire dans
les zones exposées aux
mouvements de terrain.
Ne pas construire dans les
zones inondables ou proches
des lits mineurs ou majeurs des
rivières.
D’après http://www.dwf.org/en/content/ten-key-principles-cyclone-resistant-construction, modifié
au pied de celui-ci) ;
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace INONDATION
Des précautions individuelles
En cas de crue, éviter de se déplacer !
Ne pas s’installer dans le lit majeur des rivières !
Avant : installations dans le lit d’une ravine à
Port-au-Prince
Après : construction ensevelie sous les alluvions
de la rivière Grise, Département de l’Ouest
Photos extraites du rapport ORE « Camp-Perrin submergé par le cyclone Lili – Haïti, septembre 2002 »
D’autres mesures de réduction de la menace Inondation
©BRGM - A. Nachbaur
Maintenir impérativement le couvert végétal.
Avec le sol, celui-ci permet d’absorber une
partie des eaux de pluie et d’éviter ainsi le
ruissellement.
©BRGM - M.Terrier
●● Réduction du ruissellement et des écoulements par une remise en état du milieu naturel :
•
•
•
•
Ne pas encombrer de déchets les lits
des rivières ou des ravines, les entretenir
au contraire pour permettre l’évacuation
de l’eau.
développement de la couverture végétale sur le bassin versant ;
amélioration des techniques agricoles (sillons, sols nus …) ;
remobilisation et restauration des aires de rétention d’eau ;
restauration et entretien des lits mineurs.
●● Réalisation d’aménagements (barrage écrêteur, création de zones de rétention, maintien
des zones d’expansion...), à l’échelle du bassin versant pour la réduction :
• de la superficie inondée (endiguement, ouvrages de dérivation…) ;
• du transport solide (ouvrage de correction torrentielle, piège à sédiment, curage…).
●● Respect de la transparence hydraulique (sauvegarder les ouvertures) au droit des
infrastructures linéaires.
●● Réalisation d’un schéma directeur d’assainissement (diagnostic hydrologique et
©BRGM - M.Terrier
hydraulique, proposition de scénarios pour la gestion des eaux afin d’optimiser le
fonctionnement hydraulique des réseaux et faire face au développement de l’urbanisation
dans une démarche globale et intégrée).
©BRGM - M.Terrier
83
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace EROSION DES SOLS
Prendre en compte
la menace d'érosion dans
l'exploitation du sol
Culture en billons : culture en rangées sur de petites buttes ;
l’eau s’accumule sur les sillons entre les billons.
Murets en pierres sèches : ils sont destinés à retenir les terres et
limiter l’érosion linéaire, assurer une meilleure infiltration de l'eau
et ainsi éviter de gaspiller les engrais utilisés pour les cultures
maraîchères.
Exemple pris à Kenskoff (photo extraite de Lilin, 2007)
Exemple pris à Kenskoff (photo extraite de Lilin, 2007)
Seuils biologiques paysans dans une ravine : ils sont réalisés
à base de matériaux tels que des végétaux (cactus candélabres),
des roches, des barrières en bois et blocs rocheux. Ils sont
destinés à arrêter les sédiments sans empécher l’eau de passer, à
limiter le débit de ruissellement et donc l’incision linéaire.
Remodelage en terrasse d'une portion de versant : le versant
est remodelé en une suite de talus à forte pente et de plateformes
à pente faible à nulle. Les talus sont réalisés en pierres sèches ou
recouverts de végétation herbacée. Ils ne sont pas cultivés.
Des différents paramètres conduisant à l’érosion des sols,
seule la gestion de l’occupation des sols apparaît comme
maitrisable par l’homme, contrairement aux facteurs
topographiques, climatiques ou pédologiques.
Haies vives marquant les terrasses : elles forment une barrière
contre le ruissellement et l’érosion des sols permettant à l’eau de
s’infiltrer et aux sédiments et aux matières actives de se déposer.
Exemple pris à Carjaval (photo extraite de Lilin, 2007)
Précautions :
●● Utiliser des pratiques culturales freinant les eaux de
ruissellement et favorisant l’infiltration des eaux.
Exemple pris à Fonds-Verettes (photo extraite de Lilin, 2007)
●● Si la pente est trop forte, envisager des cultures en billons.
●● Maintenir autant que possible le couvert végétal dans les
Exemple pris à Carjaval, Département du Centre (photo extraite de Lilin, 2007)
zones de fortes pentes.
●● Augmenter la production de biomasse qui peut être utilisée
pour améliorer la fertilité par une restitution organique en
répandant sur le sol les résidus issus de la taille des arbusteslégumineuses. Ainsi cette biomasse restitue rapidement et de
façon plus progressive les nutriments.
84
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace EROSION DES SOLS
Autres exemples de techniques pour limiter le phénomène d’érosion
Objectifs
Lutte contre
l’érosion diffuse
Techniques
Principes / Limites
Bandes enherbées favorisant l’infiltration de l’eau
Erosion linéaire possible lors des interruptions.
Rampes de paille (méthode traditionnelle en Haïti)
Systèmes non pérennes, non assujettis aux courbes de niveau. Constituées de deux piliers (piquets, arbres...) sur lesquels
s’appuient des résidus ligneux, puis verts, de la jachère après défriche. Ouvrages non pérennes, sans effets cumulatifs d'une
année sur l'autre.
Haies vives (méthode traditionnelle en Haïti)
Constituées de diverses espèces végétales (candélabre, raquette, garde-maison, cirouelle, etc.), elles pourraient avoir une
certaine efficacité. Malheureusement, elles ne concernent que les parcelles proches des habitations, souvent sur de faibles
pentes et en propriété. De plus, elles sont surtout établies en clôture et ne sont donc pas disposées selon les courbes de niveau.
Leur principal rôle est de lutter contre le vol et la divagation des animaux. Les espèces utilisées ne sont pas appétées par le
bétail et produisent peu de biomasse. Cet investissement est réalisé sur les terrains où la sécurité foncière est la plus grande.
Billons horizontaux (c’est-à-dire parallèles aux courbes de niveaux). C’est Pour être efficaces, ces dispositifs doivent : (1) suivre les courbes de niveau. (2) ne pas être trop longs, sinon il y aura création
une méthode traditionnelle en Haïti
de points de concentration de l'eau et risque de rupture, permettant ainsi un début d'érosion linéaire lors de très fortes pluies.
Lutte contre
l’érosion linéaire
Murets de pierre (principe des terrasses)
Traitement des ravines, sur des zones de sédimentation.
Amendements à partir des déjections animales (pacage)
Les animaux sont mis au pacage dans des zones déjà riches. Pas de transfert vers des sols pauvres.
Buttage (enfouissement par sarclage des mauvaises herbes)
Amélioration de la
structure des sols
Techniques
culturales
adaptées
Retraçage de
sentiers
Replantation
d’arbres
Brûlis (fertilisation des sols) ; néanmoins, cette technique tue, à la
Très défavorable en pente, zone de perte de matières organiques.
longue, les microorganismes nécessaires à la constitution d’un sol.
Mise en place d’un mulch (produit végétal empéchant la pousse des Les pailles sont déposées perpendiculairement à la pente et en bande continue (limite le ruissellement et l’évaporation,
mauvaises herbes ; la paille ou certaines écorces, par exemple)
favorise l’infiltration.
Mise en place d’une jachère
Moyen naturel le moins onéreux en temps et en argent pour reconstituer la matière organique des sols, l’activité biologique et
l’augmentation de la stabilité dégradée par des labours trop souvent répétés.
Système de culture sous couverture végétale, celles-ci consistent à laisser
un ensemble de végétaux recouvrir le sol afin d’y placer des semis par
la suite. Il s’agit de rendre le sol plus fertile et de limiter la pousse des
mauvaises herbes.
Association d’une couverture diversifiée en cas de forte pente (> 15%) : paillage, culture rampante, plante de couverture.
Disposition des billons perpendiculairement à la pente
Seulement si faible pente. Adaptée aux zones avec faible longueur de versant, et capacité d'infiltration élevée des sols. Taille
et nombre des billons adaptés à la pente. Ne pas faire de billons trop longs pour éviter le risque de rupture.
Semis direct sans labour
Technique de conservation du sol et de l’eau et de contrôle du ruissellement. Non retournement du sol protégé par les résidus
de la culture antérieure.
Technique BRF (Bois Rameaux Fragmentés)
Augmentation de la matière organique stable dont l’effet est deux fois supérieur au compost et trois fois supérieur au fumier.
Sentiers montants
Sur les lignes de partage des eaux, marches d'escalier sur certaines portions très pentues.
Sentiers de desserte
Ils canalisent l'eau de ruissellement pour l'évacuer dans les ravines naturelles (pente très faible de l'ordre de 0.5 %, à peu près
parallèles aux courbes de niveau).
Planter dès que possible (notamment en saison pluvieuse)
Alternative au charbon de bois
Choix d’arbres fruitiers (manguiers) présentant un intérêt économique supérieur au charbon de bois, aider la population à des
choix énergétiques alternatifs pour les populations les plus déshéritées.
Sources : Smolikowski (1993), Roose (1994), Brochet (1993), Valet et al. (2004)
85
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace MOUVEMENT DE TERRAIN
Prendre en compte les
mouvements de terrain dans
l’occupation du territoire
La meilleure parade pour éviter de s'exposer consiste
évidemment à éviter de s’installer dans les zones
fortement menacées par les mouvements de terrain. Ces
zones présentent le plus souvent des traces d’instabilité
actives (fissures en tête de versant, bourrelet frontal,
coulées de boue lors des épisodes pluvieux, chutes de
pierres ou de blocs fréquentes en pied de falaise, couloir de
propagation de blocs, bloc isolé sur une paroi rocheuse ou
sur un versant de forte pente, etc.).
Ne pas déstabiliser les blocs sur pente en
créant des affouillements (surcreusement) dans le
sol dans lequel est ancré le bloc rocheux. En cas de
pluie intense, s’éloigner des blocs isolés et en limite
d’équilibre.
Eviter les constructions sur des remblais
Exemple d’aménagement d’un versant (Cap-Haïtien) soumis
à un glissement de terrain : terrasses étagées avec murets de
soutènement rocheux (gabions) ; maintien et renforcement du
couvert végétal.
©BRGM - M. Terrier
La forêt : un rôle multiple de protection
contre les mouvements de terrain
●● Réduction de l’énergie pluviale : protection directe du sol
©BRGM - M. Terrier
contre les effets des gouttes d’eau.
●● La présence d’arbres participe à la réduction de l’énergie du
ruissellement superficiel.
●● Evapotranspiration : grâce à la transpiration des arbres (eau
puisée dans le sol par extraction racinaire et transpirée au
niveau des feuilles), la forêt présente un rôle de pompe très
puissante qui élimine l’eau contenue dans un terrain.
Les remblais sont des masses de matériaux divers qui ont été
accumulés de façon à combler des dépressions ou constituer des
plateformes. Constitués le plus souvent de terre et de roches, ce
sont des ensembles hétérogènes plus ou moins bien compactés.
Ils peuvent constituer des pièges redoutables vis-à-vis de la
stabilité de la construction envisagée. Dans la configuration du
schéma ci-dessus, la construction s'appuie partiellement sur
un terrain naturel et sur une partie en remblais. Les risques de
glissement et de tassement différentiel du terrain sont alors
élevés.
●● Ancrage des sols : Les racines permettent de stabiliser les
sols par ancrage vertical, en augmentant leur résistance au
cisaillement.
Ne pas construire sur des terrains
instables, en particulier en bordure
de falaise !
86
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace MOUVEMENT DE TERRAIN
Quelques techniques de stabilisation de versant
La stabilisation de berge en enrochements : parade contre
les glissements de petite à moyenne ampleur
Le reprofilage des versants : une parade contre les glissements
de moyenne ampleur
Le boisement : parade contre les chutes de blocs de petite
à moyenne dimension
Protection de la berge par des enrochements percolés au béton.
Les enrochements doivent être dimensionnés par rapport aux
conditions hydrauliques de crue.
Abaissement de la pente générale du versant avec réalisation
de gradins réguliers. Cette technique n’est pas adaptée aux
grands versants raides qui nécessiteraient de trop importants
terrassements.
Plantation en quinconce d’arbres pouvant au stade adulte se
comporter comme des obstacles à la propagation des blocs.
On privilégiera des variétés d’arbre à croissance rapide et à
enracinement profond.
Le reboisement : parade contre les coulées de boue
d’ampleur moyenne
Le merlon ou la levée : parade contre les éboulement rocheux
modérés, et les chutes de blocs d’ampleur moyenne à forte
Précautions :
●● Eviter les terrains en trop forte pente et/ou instables.
●● Planter de la végétation sur les pentes afin de retenir les
éléments instables du sol et du sous-sol.
●● Réaliser des ouvrages de déviation (sans exposer le
voisinage !), freinage ou arrêts des écoulements et éboulis
: grillage, murs, fossés, etc.
●● Collecter et drainer les eaux d’écoulement.
●● Renforcer les façades ou fondations.
Création de petits gradins pour « casser » la dynamique de
ruissellement, végétalisation des talus pour fixer les terrains et
évacuation des eaux de ruissellement par des fossés.
Il s’agit d’un piège à blocs situé dans la zone de propagation des
blocs. Le piège est épaulé sur un merlon de terre amortisseur
pouvant être renforcé par des géotextiles et protégé par des
pneus.
87
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace SEISME
La construction
parasismique :
une mesure clef
pour la réduction
du risque
L’objectif principal des règles de construction parasismique est la sauvegarde du
maximum de vies humaines. En cas de secousse sismique modérée, l’application des
règles parasismiques doit aussi permettre
de limiter non seulement les vies humaines
mais aussi les pertes économiques.
Le principe de la construction parasismique
repose sur cinq piliers indissociables :
●● le
choix du site d’implantation est
primordial : il faut notamment proscrire
les terrains situés sur les reliefs et en
haut des ruptures de pente. La zone de
limite entre les formations géologiques
rocheuses et les formations géologiques
meubles est également à éviter ;
●● la
conception architecturale doit
également être parasismique, non
seulement en terme d’implantation
judicieuse du bâtiment sur le site,
mais également en terme de type
d’architecture, qui doit favoriser un
comportement adapté au séisme (forme,
hauteur et élancement du bâtiment) ;
Composantes de la construction parasismique
Choix du site
d'implantation
●● le
respect des règles parasismiques
constitue une nécessité. Pour la
construction neuve, celles-ci fixent les
niveaux de protection requis par zone
d’exposition aux séismes et par type
de bâtiment. Ces règles définissent
également les modalités de calcul et de
dimensionnement des différents organes
de structure des constructions ;
Bonne maintenance
des bâtiments
Qualité de
l'exécution
Une prise en
compte à toutes
les étapes de la
construction,
puis de la vie du
bâtiment
Conception
architecturale
Respect des
règles parasismiques
●● la qualité de l’exécution concerne non
seulement les matériaux et éléments
non structuraux (couplages et joints),
mais également le respect des règles
de l’art. La protection contre le feu est
un point important de la construction
parasismique, tout comme son entretien.
Toute modification ultérieure de la
construction devra être conçue selon les
mêmes exigences qualitatives ;
Coordination Scientifique et Technique pour les Risques Naturels en Haïti
Dans le cadre de la prévention contre les séismes et les tsunamis, le gouvernement haïtien a officialisé
en 2014 la création du « groupe de Coordination Scientifique et Technique pour les Risques Naturels
en Haïti, CST-RNH.
Ce Comité constituera progressivement une plateforme nationale relative à la gestion des risques
naturels (dont les séismes et les tsunamis). Il réunit les représentants de différents ministères, de
l’Université d’Etat d’Haïti (Faculté des Sciences), de la communauté scientifique, du secteur privé et des
praticiens de la réduction des risques sismiques et de tsunamis. Pour accomplir sa mission, le CST-RNH
pourra s’appuyer sur la « Feuille de route » relative à la réduction du risque sismique en Haïti, établie
en novembre 2010, et dont les principales recommandations sont :
●● la maintenance des bâtiments permet
de garantir l’efficacité de la construction
parasismique sur le long terme.
République d’Haïti
CODE NATIONAL DU BÂTIMENT D’HAÏTI
2012
CNBH
●● élaborer un programme national pour la réduction du risque sismique visant à promouvoir des
actions et mesures adaptées ;
●● superviser et coordonner les efforts dans ce domaine, mettre en place un réseau national de
En Haïti, les régles de
construction parasismique
applicables sont décrites dans
le Code National du Bâtiment
d’Haïti (CNBH).
surveillance sismologique ;
●● établir des cartes d’aléa et de microzonage sismique ;
●● évaluer la stabilité structurale des bâtiments dans les grands centres urbains et fournir des solutions
de renforcement budgétisées ;
●● utiliser les informations existantes sur l’aléa sismique pour guider la reconstruction, Etablir des
Pour les petits bâtiments, des
règles simplifiées existent sous
forme de guide de bonnes
pratiques.
standards minimaux et des directives pour la construction ;
●● s'engager dans la recherche sur l’aléa et le risque sismique ;
●● améliorer le niveau de compétence des professionnels de la construction dans les méthodes
parasismiques ;
●● développer des produits et programmes d'éducation et de sensibilisation sur la préparation aux
séismes et à la construction parasismique.
Source : http://www.mtptc.gouv.ht/accueil/publications/code-construction.html
88
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace SEISME
Exemples d'éléments de vulnérabilité de construction à éviter
1 – Rez-de-chauassée ou étages flexibles
2 – Porte-à-faux
3 – Contreventements dissymétriques et
rez-de-chaussée ouverts d'un côté
4– Cadres de béton armé remplis de
maçonnerie
5 – Poteaux courts
6– Cadres partiellement remplis créant
des poteaux courts
7 – Formes irrégulières en plan
Construction parasismique : les règles à respecter
6– Configuration non compactes
Source : MEDD/France (2012)
Source : Extrait du Code National du Bâtiment d’Haïti
89
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace TSUNAMI
CODOMAR, le centre d’alerte aux tsunamis en Haïti
Dans ce cadre, de nombreux travaux ont d’ores et déjà été initiés par le SEMANAH, notamment
sur la côte nord d’Haïti qui a été fortement touchée par le tsunami de 1842. Des cartes
d’évacuation ont été établies pour les principales villes (Cap-Haïtien, Fort-Liberté, Port-dePaix), des itinéraires d’évacuation ont été définis avec la population et balisés. Des exercices
de simulation ont été menés localement, par exemple en 2013, à Cap-Haïtien, avec 1 480
personnes évacuées.
Suite au séisme du 12 janvier 2010, et sous l’impulsion de l’UNESCO, un centre de surveillance
de tsunamis a été mis en place en Haïti. Chargé de la surveillance de la mer, basé à Portau-Prince, le Centre d’Observation sur les Données Maritimes (CODOMAR) est placé sous la
responsabilité du Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH).
En cas d’alerte, le CNM et le SEMANAH informent la Direction de la Protection Civile, qui
répercute l’alerte en local (décision d’évacuation, médias).
Le CODOMAR dispose d’outils qui lui permettent de :
●● recevoir à travers différents canaux les messages d’alerte régionaux émis par le Pacific
Il convient toutefois de garder à l’esprit que les principaux tsunamis qui menacent Haïti ont
des sources très proches, et arrivent donc très rapidement sur les côtes, ne laissant que peu
de temps aux dispositifs d’alerte pour s’activer. Il est donc nécessaire de rester attentif aux
signes naturels qui peuvent annoncer l’arrivée d’un tsunami (secousse sismique, recul ou
montée anormale et rapide de la mer), et ce en particulier s’il s’agit d’un tsunami de proche
origine. Il faut rester attentifs aux consignes données par les institutions responsables et les
autorités, en ce qui concerne les tsunamis d'origine lointaine.
Tsunami Warning Center (PTWC), basé à Hawaii ;
●● recevoir les données des enregistrements sismiques du BME ;
●● évaluer la menace locale de tsunami (surveillance des marégraphes dans la région, temps
d’arrivée …) ;
●● transmettre l’information à la DPC.
Le CODOMAR est également en charge de :
●● participer à l’information et à la sensibilisation sur le risque de tsunami ;
Kisa yon sounami ye ?
• Sounami se yon bann gwo vag ki sòti nan fon
lanmè epi anvayi bòdmè yo.
●● participer à des exercices de gestion de crise ;
• Vag sa yo fèt lè gen tranblemandetè,
deboulonnay tè bo lanmè oswa volkan anba
lanmè.
E KONNEN,
PANO OU DW
LAVI OU
KI KA SOVE
AMI
SI GEN SOUN
SOUNAMI
SA OU DWE KONNEN, SA OU DWE FÈ POU SOVE LAVI OU SI TA GEN SOUNAMI
NJE SI GEN
anntè,
●● réaliser la prédiction des niveaux de marée en collaboration avec le SHOH/DPMM ;
ANVAN YON SOUNAMI
●● appuyer le CNM pour la surveillance météorologique et le BME pour la surveillance
sismique ;
●● déterminer le zéro géodésique tous les 2 ans en collaboration avec le CNIGS.
DA
ZÒN KI AN gen pano sa a depi gen tranblem
ki
nami.
Kouri kite zòn
i gen alèt sou
oubyen dep
N
U SÒTI NA
W SWIV PO
AMI
WOUT POU
GEN SOUN
INONDE SI
ZÒN KI KA
Chache konnen si ou abite nan zòn ki gen danje
Chache genyen enfòmasyon sou siy ki ap fè w konnen lè pral gen sounami tankou : lè
gen tranblemandetè, lè lanmè a monte, lè li rale kò l britsoukou, oswa lè li fè yon gwo
e kote
bri
n nan kominot pano
i w ak mou
je. Swiv
Rete toujou veyatif paske sounami ka rive nenpòt kilè
ou menm, fanmnou kite yon zòn dan
Se wout sa
Patisipe nan aktivite similasyon ke otorite yo ap fè nan zòn ou.
inonde si ta
dwe itilize pou
zòn ki pa pral
w ap viv la,
yon
Chache konnen kote ki lwen lanmè ak kote ki wo pou abrite w si gen danje
nan
ale
yo pou w
Chache yon kote ke ou menm ak fanmi w ka rankontre
ak flèch sa
i.
Toujou gen yon valiz sou je pou evakye si w bezwen. Valiz la ap gen ladann: manje,
gen sounam
medikaman, rad, dlo trete, flach, dra, radyo ak pil, alimèt ak balèn.
pano sa
Toujou tande radyo pou swiv mesaj ak modòd otorite yo ak pwoteksyon sivil
zòn ki gen
ZÒN KI PA
PANDAN YON SOUNAMI
SOUNAMI
E SI TA GEN a pou abrite w
GEN DANJ
inonde
che konnen
sa yo pa pral
Toujou cha
sounami. Zòn
si ta gen alèt
Lè tè a tranble fò anpil ka gen sounami. Pa rete bò lanmè, kouri ale kote ki pi wo.
Rete tèt frèt
Si lanmè a rale kò l bridsoukou, pa rete gade ni ranmase pwason, kouri ale kote ki pi wo.
Avèti moun kap viv avè w ak nan vwazinaj ou ke ka gen sounami
Si pa gen lòt posiblite, monte yon pye bwa oswa.
Pote konkou bay moun ki bezwen èd
Tanpri, pa
sa yo ni
retire pano
. Pano sa yo
pa detwi yo
nami.
si ta gen sou
iw!
ka sove lav
APRÈ YON SOUNAMI
Rete kote ou ye a jiskaske otorite yo di w sa pou w fè. Sa ka pran yon bon titan. Pa bliye:
yon sounami se yon bann vag.
Asire tout moun nan fanmi w ou ki bò kote w.
Toujou swiv konsiy otorite yo ak pwoteksyon sivil.
Kèk siy sounami
Mise en place sur la côte nord d’Haïti de
panneaux sur la menace de tsunamis
Sounami an ka sòti byen lwen san ou pa wè siy yo
Si ou tande otorite yo ak pwoteksyon sivil bay yon alèt
Si ou tande sirèn ponpye ak lapolis oubyen klòch legliz
Pa rete bò lanmè. Ale kote ki pi wo nan kominote a!
Mouvman lanmè a ka fè ou santi
pral gen sounami
Otorite yo ka anonse ou pral gen
sounami.
Ayiti ap
MIN
IS
© Semanah
La salle de contrôle du CODOMAR
bl
Pa iye
l
Yon so
.
epi kr
te anpi
g sa yo
anvayi
a e ki po
s ak va
moun
lanmè
ni fè fò
touye
ka naje
yo ka
pa
oubyen
sa
nn
g
lanmè
li. Peso
Fòs va
ba
t
an
ou
è
w
annt
sou
li jwenn
tranblem
ki fèt se
unami
.
Pifò so
lakoz yo
ki
a
è
bò lam
Ayiti ap prepare l!
D
RE
TE
E L’INTER
IE
U
R
©BRGM- D. Bertil
Tranblemandetè ka fè ou santi pral
gen sounami
n
ye ?
nan fo
ki sòti
è.
NAMI
o vag
bò lanm
n SOU
nn gw
n ki rete
yon ba
ou
m
Kisa yo
se
u
i
ut sa
unam
danje po
aze to
ation
Organis
Unies
ion,
des Nations
pour l’éducat
et la culture
l!
prepare
sion
Commis raphique
océanogvernementale
intergou
la science
De nombreux documents d’information sur le risque de tsunami en Haïti
ont été réalisés en créole par le SNGRD
90
Atlas des menaces naturelles en Haïti
La menace SECHERESSE
Quelques exemples de précautions pour réduire
la menace Sécheresse
Le Programme d’Action National de Lutte contre la Désertification
La désertification est un processus complexe, aux multiples dimensions (climatique, biophysique et
sociale) qui conduit de manière corrélative à une baisse de la fertilité du milieu naturel et à l’extension
de la pauvreté. En général, la dégradation débute par un changement du type de végétation. Ensuite
ou parallèlement, le couvert végétal s’éclaircit, la production de biomasse diminue. Le sol, moins
protégé, est soumis à l’action mécanique des précipitations qui provoquent une modification des états
de surface et sa destruction progressive. Une spirale de dégradation est constituée. Sans interventions
réparatrices, elle conduit à une désertification irréversible. La désertification est un problème
d’environnement indissociable de la question du développement durable des zones sèches.
L’agriculture haïtienne fait face à un environnement dégradé qui inclut des terrains en pente,
le déboisement, et aussi l'agriculture d'altitude, sur les mornes. Elle est souvent dépendante
de la pluie. La sécurité alimentaire n’est pas seulement une question de culture des terres,
mais passe aussi par un enjeu de protection de la ressource naturelle de base de laquelle
dépend l’agriculture. Il est essentiel d’éloigner l’agriculture des pentes escarpées vers des
plaines plus intensivement cultivables et d’autres sites moins vulnérables à l’érosion des
sols.
Selon le rapport Agroconsult (2009), 80 % du territoire est partiellement ou totalement sujet à la
désertification et près de 5 millions d’Haïtiens en sont très directement affectés. Haïti s’est engagé
dans la lutte contre la désertification en adhérant à la Convention internationale de Lutte contre la
Désertification (CCD) signée par le Gouvernement le 15 octobre 1994 et ratifiée par le Parlement le 25
septembre 1996. A ce titre, Haïti doit préparer et mettre en œuvre un Programme d’Action National de
Lutte contre la Désertification (PAN-LCD). Haïti en est à la première étape de cet engagement.
Néanmoins des mesures individuelles ou collectives peuvent être mises en place pour
diminuer les effets de la sécheresse ; on peut citer comme exemples :
Le PAN-LCD a fait l’objet d’un rapport en 2009 (Agroconsult- Haïti S.A., 2009). Les domaines prioritaires
d’intervention concernent :
●● conserver et reconstruire le couvert forestier, la forêt jouant un rôle essentiel pour le
stockage, l'infiltration et le cycle de l'eau ;
●● le renforcement des capacités nationales pour la lutte contre la désertification ;
●● le développement et renforcement des capacités scientifiques, techniques et technologiques ;
●● planter des graminées indigènes et/ou tolérantes à la sécheresse, des couvre-sols, des
arbustes et des arbres ;
●● la gestion durable des ressources naturelles ;
●● la restauration/réhabilitation des sols et des écosystèmes dégradés ;
●● utiliser du paillis sur les zones cultivées. Le paillis permet de retenir l'humidité dans
le sol et également de contrôler les mauvaises herbes qui font concurrence aux plantes
paysagères pour l'eau ;
●● l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations affectées.
Les projets relatifs à la lutte contre la désertification sont, par ailleurs, étroitement corrélés avec ceux
relatifs à l’adaptation du pays au changement climatique. Leur objectif est de renforcer la capacité
du gouvernement haïtien à intégrer la viabilité environnementale et l’adaptation au changement
climatique, l’une étant indissociable de l’autre dans les politiques, stratégies, programmes et projets
de développement en Haïti.
●● promouvoir des technologies énergétiques renouvelables (biomasse, éolien, solaire)
comme solution alternative au charbon de bois ;
●● le
recyclage et la purification de l'eau, l'augmentation
d'épuration ;
du nombre de stations
●● la désalinisation de l'eau de mer pour l'irrigation ou la consommation ;
●● la construction de nouveaux barrages ;
●● la réglementation ou la restriction de la consommation d'eau domestique, agricole,
industrielle.
91
Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti
La menace SECHERESSE
Des projets de plus en plus nombreux pour réduire l’impact de la sécheresse sur les populations
En exemple, dans le cadre de ses projets agricoles, SOS Enfants Sans Frontières met en place des structures
innovantes d’aménagement de bassins versants. Les ouvrages réalisés permettent une meilleure gestion des
eaux de ruissellement et améliorent la production agricole des agriculteurs. Ces ouvrages concernent, en
particulier, la réalisation de :
●● micro retenues dans les ravines ;
●● puits ;
●● citernes familiales ;
●● bandes de roulement pour désenclaver la zone.
Le plateau de Rochebois, dans le départment de Nippes, qui bénéficie ainsi de ces aménagements depuis déjà
près de 4 décennies est devenue l’une des principales zones de production maraîchère du pays.
92
©M. Brochet
Les seuils et bassins construits permettent de stocker de l’eau, créant ainsi des réserves au-delà de la saison
des pluies. Ils favorisent l’infiltration de l’eau dans les terres en amont, les rendant plus fertiles et permettant
le développement de cultures vivrières et maraichères dans les fonds frais.
Seuils et bassins dans la ravine Fonds dégâts
(Chaîne des Matheux)
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Principales études d'évaluation
et de cartographie des
risques naturels réalisées
en Haïti
93
Liste des principales études de cartographie des risques naturels réalisées en Haïti
Liste des principales études de cartographie des risques naturels réalisées en Haïti
Plusieurs études relatives à l'évaluation et à la cartographie des risques naturels ont été réalisées depuis une quinzaine d’années en Haïti. Certaines couvrent l’ensemble du territoire, d’autres
sont plus localisées. Certaines sont mono-thématiques, d’autres encore peuvent concerner plusieurs types de phénomènes naturels. Le tableau ci-dessous liste les principales études. La carte
qui suit localise les secteurs d’étude.
Index
Aléa
Etude
Financeur/ Client
Date
01
Séisme
Carte d’Aléa sismique d’Haiti
The Caribbean Disaster Mitigation Project (CDMP)
OAS, USAID
1999
02
Multi-aléa
Cartes et étude de risques, de la vulnérabilité et des capacités de réponse en Haïti
Equipe d’experts
OXFAM
2002
03
Inondation
Consultation pour la définition d’une méthodologie de réalisation de cartes de risque inondation
en Haïti et élaboration d’un prototype
Richard Guillande
PNUD, DPC et UTSIG
2005
04
Multi-aléa
Programme de Développement Local (PDL)
Diagnostics participatifs communaux et Plans de Développement communautaires
Collectif
FAES, BID
UTSIG, IHSI et MARNDR
2006-2007
05
Cyclones
Etude rapide de la vulnérabilité des zones desservies par le FAES et touchées par les cyclones
Fay, Gustav, Hanna et Hike ; Guide méthodologique
FAES
FAES
2008
06
Inondation
Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti
Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plans de Prévention des Risques
Inondation (PPRI) ; Aléa et zonage de la commune des Gonaïves
R. Guillande
(Géosciences
Consultants)
MPCE et CNIGS
2009
Inondation
Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti ;
Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plans de Prévention des Risques
Inondation (PPRI) ; Cartographie d'aléa et de zonage de danger vis-à-vis de l'inondation : Aléa
et zonage des communes de Cabaret, Léogane et Les Cayes
R. Guillande
(Géosciences
Consultants)
MPCE et CNIGS
2009
07
Auteur
94
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Index
Aléa
Etude
Auteur
Financeur/ Client
Date
08
Multi-aléa
Cartographie de vulnérabilité multirisque
CNSA / FEWSNET
CNIGS, DPC et MSPP
2009
09
Mouvements
de terrain
Atlas géotechnique de la zone Pétion-Ville / Frères
Université d’Etat d’Haïti
(Urgéo-UEH) ; Université
Catholique de Louvain
(UCL, Belgique)
Commission
Universitaire pour
le Développement,
(CUD, Belgique)
2010
10
Séisme
Aléa sismique régional d’Haïti
USGS
USGS
2010
11
Séisme
Cartographie d’aléa sismique locale de Port-au-Prince
Université Texas,
Arkansas, GEER, USGS,
Fugro
FRH, PNUD
2010
12
Multi-aléa
NATHAT
Equipe d’experts
Banque mondiale, BID
et UNESCO
2010
13
Inondation
Plans communaux d'alerte et d'évacuation
Cartes d'actions inondation
Prédict
PNAP, MICT, BID
et MARNDR
2010
14
Inondation
Projet d’Urgence et de Gestion des Risques et des Désastres (PUGRD)
Cartographie communale du risque inondation
Comités Communaux de
Protection Civile
DPC, Banque mondiale
et OXFAM
15
Multi-aléa
NATHAT 2
Equipe d’experts
Banque mondiale /
GFDRR
95
2011
Liste des principales études sur la cartographie des risques naturels réalisées en Haïti
Index
Aléa
Etude
Auteur
Financeur/ Client
Date
16
Erosion
Cartographie nationale de l'érosion du sol
CNIGS
CNIGS
2011
17
Multi-Aléa
PPR16.6 Plan de Prévention des Risques Naturels des quartiers 16/6 Port-au-Prince
IMSRN/SOGREAH
PNUD et UCLBP
2012
18
Multi-aléa
NATHAT 3 Analyse géotechnique, hydrologique et hydraulique des menaces naturelles à Delmas
32
Equipe d’experts
Banque mondiale,
GFDRR
2012
19
Multi-Aléa
Evaluation technique des menaces naturelles des communes de Jacmel, Petit Goâve, Grand
Goâve
Welt Hunger Hilfe
Programme DIPECHO
CNIGS, BME, DPC …
2012
20
Séisme
SISMO-HAITI
Evaluation de l'aléa et du risque sismique en Haïti dirigée vers la conception parasismique
UPM et ONEV
UCM, CSIC, UA, UAL,
RSPR et ISU
UPM et AECID
2012
21
Multi-aléa
Diagnostic thématique intermédiaire (aléas naturels, voirie/déplacements, eau/assainissement/
déchets) Pétion-Ville: quartiers de Morne Lazarre, Nérette et Morne Hercule
ONU Habitat et
Architectes de l’Urgence
Fonds de Reconstruction
2012
d’Haïti / MTPTC
22
Multi-aléa
Programme de mise en place d’un mécanisme de réponse rapide dans le Bas-Artibonite et le
Plateau Central ; Cartographie communautaire des menaces et des vulnérabilités
ACTED
UNICEF
DPC
2012
23
Glissements de
terrain
Unité hydrographique Aquin-Saint Louis du Sud ; Etude sur les glissements de terrain
MDE
PNUD, Norvège
2012
96
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Index
Aléa
Etude
24
Erosion
25
Auteur
Financeur/ Client
Date
Unité hydrographique Aquin-Saint Louis du Sud
Rapport de l’étude sur l’érosion des sols MUSLE
MDE
PNUD, Norvège
2012
Multi-aléa
COOPI / IRD
SIRV-TAB Système d'information sur les ressources et les vulnérabilités pour la gestion des crises
Collaboration : CNIGS,
et la gestion préventive de Tabarre
DPC
ECHO
Mairie de Tabarre
2013
26
Inondation
Etude hydrologique du quartier Christ-Roi
Fondation des
Architectes de l’Urgence
2013
27
Séisme
Mouvement de
terrain
Microzonage sismique de Port-au-Prince
BRGM/LNBTP/BME
MPCE et MTPTC
2013
28
Séisme
Microzonage sismique de la ville des Cayes (Haïti)
B. Jeudy
Université de
Sherbrooke (Canada)
LNBTP
2014
29
Multi-aléa
OCHA Cartographie Multirisques
WFP, OCHA, CNIGS
2014
30
Inondation
Carte nationale des zones propice à l'inondation
CNIGS
CNIGS
2014
31
Sécheresse
Bulletin de l’Observatoire Global du Territoire
CNIGS
CNIGS
2014
97
Liste des principales études sur la cartographie des risques naturels réalisées en Haïti
Index
Aléa
Etude
Auteur
32
Multi-Aléa
Menaces naturelles de la commune de Croix-des-Bouquets
Equipe d’experts
italiens+ LNBTP/URGEO/ OXFAM
BME/CNIGS
33
Multi-Aléa
Northern Development Corridor, Haiti
Urban Dévelopment and Climate Change Study
Environmental Resources Management (ERM)
BID
Emerging and Sustainable Cities Initiative
(ESCI)
2014
34
Tsunami
Cartes communales d’évacuation en cas de tsunami
ARTELIA
UNESCO, ECHO, DPC
2014
35
Séisme
Mouvement de
terrain
Microzonages sismiques - Plan de Prévention Séisme pour le Grand Nord d’Haïti.
BRGM/LNBTP/BME
MPCE MTPTC PNUD
2014-2015
36
Inondation
Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti
Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) ; Cartographie d'aléa et de zonage de danger vis-à-vis de l'inondation à Cap-Haïtien
R. Guillande (Signalert)
MPCE et CNIGS
2014-2015
98
Financeur/ Client
Date
2014
Couverture géographique et thématique des études de risques naturels réalisées en Haïti
99
Références citées dans le texte
Références citées dans le texte :
Agroconsult Haïti S.A. (2009) - PAN-LCD (Programme d’Action National de Lutte contre la
Désertification), Rapport du Ministère de l'Environnement.
GIEC (2014) - http://www.ipcc.ch/
Guillande R. (2009a) - Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur
des zones d’Haïti - Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plan de Prévention des
Risques Inondation, Rapport Géosciences Consultants Sarl n° REP‐CNIGS‐GONAIVES‐0509002.
Belvaux, M., Noury, G., Auclair, S., Vanoudheusden, E. & Bertil, D. avec la collaboration de Bastone,
V., Bialkowski, A., Bitri, A., Cochery, R., Généa, S., Gilles, R., Jean, B., Jean, P., Jean-Baptiste, M.,
Jean- Philippe, J., Jean-Poix, C., Nachbaur, A., Prépetit, C., Roullé, A., Samyn, K., Sylvain, R. &
Terrier, M. (2013) – Microzonage sismique de Port-au-Prince, Haïti : Effets de site et Liquéfaction.
Rapport BRGM/RC-63102-FR, 142 p., 73 fig., 22 tab., 6 ann. (vol. séparé).
Guillande R. (2009b) - Appui technique a la réalisation de cartographies de risque d’inondation
sur des zones d’Haïti - Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plan de Prévention
des Risques Inondation – Rapport de la troisième mission (septembre 2009), Cartographie d’aléa
sur les zones de Cabaret, Léogane et Les Cayes, Rapport Géosciences Consultants Sarl n° REP
CNIGS‐ ARTOALEA‐09090032.
Bertil D., Prépetit, C., Belvaux, M., Noury, G. (2013) – Microzonage sismique de Port-au-Prince,
Haïti : Rapport BRGM/RC-63100-FR, 69 p., 31 fig., 8 tab., 6 pl. h.t.
Bertil D., Prépetit, C., Roullé, A., Noury, G. avec la collaboration de Auclair, S., Bastone, V.,
Bialkowski, A., Cochery, R. de Martin, F., Duhauvelle, J., Gilles, R., Jean, P., Jean-Baptiste, M., JeanPhilippe, Monthel, J., Nachbaur, A., Samyn, K., Sylvain, R. & Terrier, M. (2014) – Microzonage
sismique de Cap-Haïtien, Haïti : Rapport BRGM/RC-63513-FR, 69 p., 31 fig., 7 tab., 6 pl. h.t.
Guillande R. (2015) - Caractérisation et cartographie du risque d’inondation et de submersion
marine sur l’agglomération de Cap-Haïtien, SIGNALERT Sarl, rapport n°rep-CIAT – 04-15-001v3.
Green, R. A., Olson, S. M., Cox, B. M., Rix, G. J., Rathje, E. M., Bachhuber, J., French, J., Lasley, S., &
Martin, N. (2011) - Geotechnical aspects of failures at Port-au-Prince seaport during the 12 January
2010 Haiti earthquake, Earthquake Spectra, Volume 27, No. S1, pp S43–S65.
Bureau des Mines et de l’Energie d’Haïti (avril 2015) - Plaquette « Connaissons mieux les
glissements de terrain ». Information disponible sur http://www.bme.gouv.ht/risques%20
geologiques/Les%20 glissements%20de%20terrain.pdf
Haïti-Référence, Liste des Catastrophes naturelles, Informations disponibles sur internet http://
www.haiti- reference.com/general/plan.php
Brochet, M. (1993) - Les stratégies de lutte contre l’érosion et l’aménagement des bassins- versants
en Haïti. Revue du Tiers Monde, p. 34.
Hough S.E., Altidor J.R., Anglade D., Given D., Janvier M.G., Maharrey J.Z., Zeremonte M., Mildor
B.S.-L., Prepetit C. & A. Yong (2010) - Localized damage associated with topographic amplification
during the 12 January 2010 M7.0 Haiti earthquake. Nature Geoscience 3, pp 778-782.
Caribbean Disaster Mitigation Project (2000) – http://www.oas.org/en/cdmp
Code National du Bâtiment d’Haïti (2013) - Ministère des Travaux Publics, des Transports et des
Communications (MTPTC). ISBN : 978-99935-7-455-2.
Hornbach M.J., Braudy N., Briggs R.W., Cormier M.-H., Davis M.B., Diebold J.B., Dieudonne N.,
Douilly R., Frohlich C., Gulick S.P.S., Johnson III H.E., Mann P., McHugh C., Ryan-Mishkin K.,
Prentice C.S., Seeber L., Sorlien C.C., Steckler M.S., Symithe S.J., Taylor F.W. & Templeton, J. (2010)
- High tsunami frequency as a result of combined strike-slip faulting and coastal landslides. Nature
Geoscience, Vol. 3, November 2010, DOI: 10.1038/NGEO975.
CTESP-SPGRD/UNESCO (2013) - Ti Joel nan plaj : Ti koze sou sounami / Ti Joël à la plage parle du
tsunami, bande dessinée de sensibilisation au tsunami, publication UNESCO SPO/ HT/2013/SC/1.
Development Workshop, the ten key principles of cyclone resistant construction (2015) - http://
www.dwf. org/en/content/ten-key-principles-cyclone-resistant-construction
IBTrACS/NOAA, International Best Track Archive for Climate Stewardship (IBTrACS), http://www.
ncdc.noaa.gov/oa/ibtracks
Flores C.H., Ten Brink U.S. & Bakun W.H. (2011) - Accounts of Damage from Historical Earthquakes
in the Northeastern Caribbean, to Aid in the Determination of their Location and Intensity
Magnitudes. USGS Open-File Report 2011–1133.
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (2007) - Projections de population totale, urbaine,
rurale et économiquement active, Rapport IHSI – CELADE – CEPAL.
Frankel, A., Harmsen, S., Mueller, C., Calais, E. & Haase, J. (2010) - Documentation for Initial
Seismic Hazard Maps for Haiti. USGS Open-File Report 2010-1067.
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (2009) - Objectifs du Millénaire pour le
développement – Etat, Tendances et perspectives. Rapport IHSI, décembre 2009.
Fritz H.M., Hillaire J.V., Molière E., Wei Y. & Mohammed F. (2010) - Twin Tsunamis Triggered by the
12 January 2010 Haiti Earthquake. Pure Appl. Geophys., 170 (2013), 1463–1474., DOI 10.1007/
s00024-012-0479-3.
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (2013) - Les comptes économiques en 2013,
publication annuelle de l’IHSI du 19 avril 2013.
100
Atlas des menaces naturelles en Haïti
Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, France (2004) - Collection : Les
risques naturels majeurs, dossier d’information : Les inondations, disponible sous http://www.
side.developpement-durable.gouv.fr/EXPLOITATION/ACCIDR/accueil-risques-majeurs.aspx
(Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, France).
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (2014) - Les comptes économiques en 2014
(estimations préliminaires), publication annuelle de l’IHSI du 21 décembre 2014.
IMRSN & SOGREAH (2012) - PROJET PPR16.6, Note de présentation - Quartiers de Morne Hercule,
Morne Lazard et Nérette & Bas Canapé Vert, Bois Patate, Jean Baptiste, Morne Ebo et Morne/Villa
Rosa - Règlement et cartes, PNUD, Dossier n° : 2012/M2/99/0145.
Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, France (2012) - Collection :
Prévention des risques naturels : Les séismes.
INESA (2008) - Impact socio-économique de la dégradation des terres en Haïti et interventions
pour la réhabilitation du milieu cultivé, Rapport disponible sous http:// www.cepal.org/dmaah/
noticias/paginas/9/35479/degradacion-final.pdf
Mora-Castro S., Saborio J., Asté J.-P., Prépetit C., Joseph V. & Matera, M. (2012) - Slope instability
hazard in Haiti: Emergency assessment for a safe reconstruction, In Landslides and Engineered
Slopes: Protecting Society through, ISBN 978-0- 415-62123-6, pp 153-172.
Intergovernmental Panel on Climate Change (2007) - Bilan 2007 des changements climatiques :
Rapport de synthèse, ONM & PNUE.
Miyamoto H.K., Gilani A. S. J., & Wong, K. (2011) - Massive damage assessment program and repair
and reconstruction strategy in the aftermath of the 2010 Haiti earthquake, Earthquake Spectra 27,
S219–S237, doi: 10.1193/1.3631293.
Jean, Ph., Jean-Baptiste M. & Terrier M. (2015) - Microzonage sismique de Port-de-Paix et de SaintLouis-du-Nord, Haïti : Carte de l’aléa mouvements de terrain. Rapport BRGM/BME RC-64648.
Nachbaur A., Terrier M., Jean Ph. & Jean-Baptiste, M. (2014) - Microzonage sismique de Cap-Haïtien,
Haïti : Carte de l’aléa mouvements de terrain. Rapport BRGM/RC-63387-FR, 93 p., 32 fig., 1 ann.
Le risque sismique en Région Provence – Alpes – Côte d’Azur, France (décembre 2006) - Coédition
Région PACA, BRGM, DIREN-PACA, avec la collaboration du CETE Méditerranée.
Lilin, C. (2007) - Site Internet « Le traitement des ravines en Haïti », http://charles.lilin.free.fr/
Ha%EFti_ravines.htm
NATHAT 1 (2010) - Analysis of Multiple Natural Hazards in Haiti. Report prepared by the
Government of Haiti, with support from the World Bank, the Inter-American Development Bank,
and the United Nations System.
Louis R. (2003) - Présentation synthétique des études de vulnérabilité et d’adaptation aux
conditions climatiques extrêmes en Haïti et dans la Caraïbe, Rapport pour le ministère de
l’Environnement, programme de changements climatiques, Sous-Programme du Plan National
d’Adaptation (PANA, Coopération Technique GEF / PNUE / GF / 2724-03-4654.
NATHAT 2 (2011) – Analyse des menaces naturelles multiples. Rapport préparé pour le
gouvernement d’Haïti, avec l’appui du Global Facility for Disaster Reduction and Recovery (Groupe
Banque mondiale).
OCDE (2009) - Adaptation au changement climatique et coopération pour le développement :
document d'orientation – Rapport OCDE, ISBN 978-92-64-05597-1.
McCann W.R. (2007) - Estimating the threat of tsunamigenic earthquakes and earthquake inducedlandslide tsunami in the Caribbean, American Geophysical Union, Spring Meeting 2007.
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) & Ministère de
l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), République d’Haïti
(2007) - Assistance à l’Amélioration de la Préparation Locale face aux Urgences et Catastrophes de
Nature Agricole dans les Pays de la Caraïbe Hautement Exposés aux Dégâts Associés aux Cyclones
- Bonnes pratiques pour la gestion des risques et des désastres dans l’agriculture, Résumé du
rapport concernant Haïti. FAO et Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du
Développement Rural, République d’Haïti. http://www.fao.org/docrep/011/ak178f/ak178f00.htm.
Mercier de Lépinay, B., Deschamps, A., Klingelhoefer, F., Mazabraud, Y., Delouis, B., Clouard,
V., Hello, Y., Crozon, J., Marcaillou, B., Graindorge, D., Vallée M., Perrot J., Bouin M.P., Saurel
J.M., Charvis, P. & Saint-Louis M. (2011) - The 2010 Haiti earthquake: A complex fault pattern
constrained by seismologic and tectonic observations. Geophysical Research Letters, 38(22).
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, Direction de la Protection Civile (2001) Plan National de Gestion des Risques et des Désastres, Rapport de février 2001, Haïti.
Organisation pour la Réhabilitation de l’Environnement (2005) - Camp Perrin submergé par le
cyclone Lili, Haïti, septembre 2002, Rapport disponible sur internet : http://www.oreworld.org/
flood/campperrinfloodsfrench.pdf, 23 p.
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural, Haïti (2010)
- Programme National pour le Développement de l’Aquaculture en Haïti 2010-2014, Rapport
de juillet 2010, information disponible sur http://agriculture.gouv.ht/view/01/IMG/pdf/Texte_
Aquaculture_-_MARNDR_2010.pdf
101
Références citées dans le texte
Informations consultables sur Internet :
OXFAM (2002) - Cartes et étude de risques, de la vulnérabilité et des capacités de réponse en
Haïti.
http://www.ihsi.ht/produits.htm : Informations statistiques, économiques, démographiques,
sociales d’Haïti.
PNUD (2006) - La réduction des risques de catastrophes : un défi pour le développement, 1 vol.,
146 p. - ISBN 92-1-126160-0.
http://haitidata.org/ : Données cartographiques sur Haïti en libre accès.
Roose E. (1994) - Introduction à la gestion conservatoire de l’eau, de la biomasse et de la fertilité
des sols (GCES). FAO, 420 p.
http://wcatwc.arh.noaa.gov/ : Centre d’alerte aux tsunamis, NOAA. Ce site donne des informations
en temps réel sur la menace de tsunami.
Sexton J., Johnson. C & Blewett S. (2011) - Tsunami: Teacher Notes and Student Activities. 2nd ed.
Record 2011/27, Geoscience Australia, Canberra.
http://mtptc.gouv.ht/ : Site du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications
d’Haïti ; nombreux documents disponibles notamment ceux relatifs aux guides de construction et
de réparation/Code National du Bâtiment, ainsi qu’aux microzonages sismiques.
Smolikowski B. (1993) - La gestion conservatoire de l’eau, de la biomasse et de la fertilité des sols
(GCES) : une nouvelle stratégie de lutte antiérosive en Haïti. Cahiers de l’ORSTOM, sér. Pédol., 28,
2 : 229- 252.
http://www.bme.gouv.ht/plan/index.html : Plusieurs publications disponibles sur la géologie
d'Haïti.
Terrier, M. & Nachbaur, A. (2013) - Microzonage sismique de Port-au-Prince, Haïti : Carte de l’aléa
mouvements de terrain. Rapport BRGM/RC-62440-FR, 93 p., 32 fig., 1 ann.
http://changementclimatique.ht/co/home/ : Site dédié à la problématique du changement
climatique en Haïti.
UNISDR (2009) - Terminologie pour la prévention des risques de catastrophe, Rapport de UN
International Strategy for Disaster Reduction.
http://ioc3.unesco.org/itic/categories.php?category_no=4, International Tsunami Information
Center : Informations sur les tsunamis contemporains, bulletins d’alerte pour les tsunamis.
UNOSAT/UNITAR (2010) - Cartes et atlas de dommages du séisme d’Haïti. Programme opérationnel
d’applications satellite de l’United Nations Institute for Training and Research (UNITAR).
www.prim.net Portail de la prévention des risques naturels du ministère chargé de l’écologie,
France.
Valet S., Le Coustumer Ph. & Sarr P.S. (2004) - Techniques antiérosives de contrôle du ruissellement
et de gestion du report hydrique pour assurer la séquestration du carbone en Afrique. Colloque
International Centre Agropolis BP 5045, 34032, Montpellier, (IRD & CIRAD Edit.) : Gestion de la
biomasse, Erosion et Séquestration du carbone, 23-28 sept. 2002, vol. 2, pp : 601-661.
http://earthquake.usgs.gov/earthquakes/recenteqsww/ : Site de l’USGS, informations sur les
caractéristiques des derniers séismes enregistrés dans le monde.
Weather Underground (compagnie privée d’informations météorologiques sur internet) : http://
www.wunderground.com
Zahibo N. (2012) - Vulnérabilité des côtes haïtiennes au tsunami. Atelier de travail pour le
développement des procédures normalisées d’opération d’alerte aux tsunamis, Port-au-Prince,
Haïti, 26-27 janvier 2012.
102