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(2017) Atlas des menaces naturelles en Haïti

(2017) Atlas des menaces naturelles en Haïti

Gouvernement d'Haïti, Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIAT) 2017 114 pages
Resume — Atlas national des menaces naturelles en Haïti publié par le CIAT, 114 pages, avec dépôt légal et ISBN 978-99970-4-871-4. C'est la référence cartographique qui sous-tend les raisonnements sur l'exposition aux aléas dans la planification territoriale haïtienne.
Constats Cles
Description Complete
Presque tous les documents de planification haïtiens raisonnent à partir de l'exposition aux aléas : le peuplement s'est étendu dans les plaines inondables et sur les fortes pentes, les ravines ont été bâties, le bâti se trouve là où est le risque. Cet atlas constitue la base cartographique de ces raisonnements, publié par le CIAT avec dépôt légal national et ISBN propre. Sur 114 pages, il cartographie les menaces naturelles du pays, et certaines de ses planches ont circulé séparément sur la page des cartes thématiques du site du CIAT. Son rôle pratique dans le corpus est celui de la couche sous les plans : un plan communal de développement ou un cahier règlementaire qui déclare un terrain inconstructible a besoin d'une source nationale défendable pour la classification de l'aléa qui fonde cette décision, et c'est celle-ci.
Geographie
Haiti
Mots-cles
atlas, menaces naturelles, aléas, cartographie, risque, inondation, séisme, glissement de terrain, aménagement du territoire, CIAT
Entites
CIAT, Bibliothèque Nationale d'Haïti
Texte Integral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

Atlas des menaces naturelles en Haïti Atlas des menaces naturelles en Haïti Cet Atlas a été réalisé par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM, France) en coordination avec le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) sur financement de la Banque mondiale (BM) et de la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR, sigle en anglais). Plusieurs Organismes techniques haïtiens ont également contribué à la réalisation de l’ouvrage : Bureau des Mines et de l’Energie (BME), Centre National de l’Information GéoSpatiale (CNIGS), Centre National de Météorologie (CNM), Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics (LNBTP) et Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH). © Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire. 19, Ruelle Chériez, Port-au-Prince, Haïti. www.ciat.gouv.ht Téléphone : +509 2811-0003 www.ciat.gouv.ht Dépôt légal : 17-02-51 Bibliothèque Nationale d’Haïti ISBN 978-99970-4-871 -4 Auteurs : Monique Terrier, Jean-Philippe Rançon, Didier Bertil, Frédéric Chêne, Jean-François Desprats, Sophie Lecacheux, Sylvestre Le Roy, Philippe Stollsteiner, Olivier Bouc (BRGM) ; Marc Raynal (CIAT). Contributeurs : Claude Prépetit (BME) ; Bobby Piard et Pierre Versaille (CNIGS) ; Ronald Semelfort (CNM) ; Gérard Metayer (SEMANAH) ; Yves-Fritz Joseph (LNBTP) ; Sergio Dell’Anna (BM). Conception graphique : Ultra Designs (www.ultradesigns.com) Pour tous renseignements sur les droits et licences, s’adresser au service des publications et de la diffusion des connaissances du Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire. 19, Ruelle Chériez, Port-au-Prince, Haïti. www.ciat.gouv.ht Téléphone : +509 2811-0003 ; courriel : info@ciat.gouv.ht Éditeurs : Bradley Lyon et Rafael Van der Borght (BM) ; Monique Terrier et Jean-Philippe Rançon (BRGM). Photographie de couverture : Image satellite DigitalGlobe du 10 février 2016 Atlas des menaces naturelles en Haïti Préface A l’espace national. Il informe sur chaque type de menace naturelle affectant le territoire haïtien : description, zone d’extension et effets. vec le séisme du 12 janvier 2010 et l’ouragan Matthew en novembre 2016, Haïti a redécouvert, de façon brutale, les menaces naturelles. Les leçons des années précédentes avaient, elles aussi, été sévères : les morts de Gonaïves, de Fonds-Verrettes et de Mapou à la suite des inondations de 2004 sont encore dans les mémoires. Pays fragile, pays vulnérable sur le passage des cyclones et à la frontière de deux plaques tectoniques, Haïti doit gérer des risques naturels majeurs qui se traduisent périodiquement en milliers de morts, sans compter les pertes matérielles. Pour gérer ces risques, il faut les connaitre. C’est l’ambition de cet atlas que d’offrir cette connaissance au plus grand nombre possible d’Haïtiens. L’atlas se veut pédagogique et visuel : des schémas et des documents cartographiques ont pour objectif de rendre les phénomènes plus simples à comprendre, à maitriser pour le lecteur. Le message que nous tentons de faire passer est simple : il faut connaitre les phénomènes naturels pour savoir comment s’en protéger. Les aléas naturels majeurs ne se transforment en catastrophes que parce qu’ils ne sont pas pris en compte dans les décisions de tous les jours : où et comment construire une maison, un ouvrage d’art, des infrastructures routières, des réseaux ? Le citoyen et l’État sont responsables face aux risques naturels. Cet ouvrage est une synthèse de l’ensemble des études réalisées depuis plus de quinze ans sur les risques naturels en Haïti. L’information est organisée de manière homogène dans un effort soutenu de vulgarisation pour aider à sortir du langage technique des spécialistes. L’action de l’homme transforme souvent la menace en risque lorsque, par exemple, le citoyen construit sa maison dans le lit d’une ravine et que la mairie … laisse faire. Nous espérons que cet atlas se fera une place dans les travaux d’aménagement du territoire et que sa qualité en fera une référence pour ceux qui gèrent ou occupent l’espace haïtien. Il a comme premier objectif de fournir à différents publics, dont les décideurs nationaux et locaux, l’information concernant l’exposition aux phénomènes naturels dangereux de Michèle Oriol Secrétaire Exécutif du CIAT iii Table des matières Préface .......................................................................................................................................iii La menace Erosion des sols ......................................................... 33 Acronymes et abréviations utilisés dans cet ouvrage. ............................................................vii Qu’est-ce que l’érosion des sols ?.............................................................................................34 Les facteurs de l’érosion........................................................................................................... 35 Cadre général ...............................................................................1 Des conséquences multiples. ...................................................................................................36 Pourquoi un atlas des menaces naturelles ?.............................................................................. 1 La situation de l’érosion en Haïti. ............................................................................................36 Des éléments du vocabulaire des risques.................................................................................. 2 Cartographie de la menace erosion des sols. .......................................................................... 37 Le contexte géographique et géodynamique.............................................................................4 L’organisation administrative.....................................................................................................8 La menace Mouvement de terrain ................................................ 39 La population. .............................................................................................................................9 Qu’est-ce qu’un mouvement de terrain ?. ............................................................................... 40 Le contexte économique...........................................................................................................10 Mouvements de terrain historiques majeurs d’Haïti............................................................... 41 La problématique des risques naturels en Haïti......................................................................10 Cartographie de la menace mouvement de terrain. ................................................................43 L’impact du changement climatique en Haïti. ......................................................................... 11 La menace Séisme ......................................................................49 La menace Cyclone ..................................................................... 15 Qu’est-ce qu’un séisme ?. .........................................................................................................50 Qu’est-ce qu’un cyclone ?. ........................................................................................................ 16 Evaluation de la menace sismique........................................................................................... 51 Les phénomènes dangereux liés aux cyclones. ....................................................................... 17 Pourquoi des séismes en Haïti ?. ............................................................................................. 52 Le phénomène cyclonique en Haïti (vent et submersion marine). ......................................... 18 Les événements sismiques majeurs en Haïti........................................................................... 53 Conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement............................................. 19 Le séisme du 12 janvier 2010................................................................................................... 55 Les évènements cycloniques catastrophiques en Haïti au cours du XXème siècle. .............. 19 Cartographie de la menace séisme. .........................................................................................58 La menace Inondation .................................................................21 La menace Tsunami .................................................................... 63 Qu’est-ce qu’une inondation ?.................................................................................................. 22 Qu’est-ce qu’un tsunami ?.........................................................................................................64 Qu'est-ce qu'une crue ?............................................................................................................. 23 L’exposition des côtes d’Haïti aux tsunamis............................................................................64 Les inondations historiques catastrophiques en Haïti............................................................24 Les effets sur le littoral. ............................................................................................................64 Cartographie de la menace inondation.................................................................................... 25 Cartographie de la menace tsunami. .......................................................................................67 iv La menace Sécheresse .................................................................71 Listes des cartes Qu’est-ce que la sécheresse ?................................................................................................... 72 Synthèse des menaces naturelles en Haïti . ...........................................................................viii Les sécheresses historiques exceptionnelles en Haïti. ........................................................... 72 Carte topographique et toponymique d’Haïti ........................................................................... 5 Le contexte pluviométrique d’Haïti.......................................................................................... 73 Carte de la menace Cyclone...................................................................................................... 14 L’impact du phénomène El Niño sur Haïti................................................................................ 74 Carte de la menace Inondation . ..............................................................................................20 La prévention des risques naturels .............................................. 75 Carte de l'aléa Inondation sur la commune de Cabaret..........................................................26 Carte de l'aléa Inondation sur la commune des Cayes............................................................ 27 Quelques notions. .....................................................................................................................76 L’organisation de la réponse en Haïti....................................................................................... 77 Carte de l'aléa Inondation sur la commune des Gonaïves......................................................28 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti. ..........................79 Carte de l'aléa Inondation sur la commune de Leogane. ........................................................29 La menace Cyclone............................................................................................................ 80 Carte de l'aléa Inondation sur la commune de Cap-Haïtien. ..................................................30 La menace Inondation. ......................................................................................................83 Carte de la menace Erosion des sols ....................................................................................... 32 La menace Erosion des sols...............................................................................................84 Carte de la menace Mouvement de terrain .............................................................................38 La menace Mouvement de terrain.....................................................................................86 Carte de la menace Mouvement de terrain sur cinq quartiers de Port-au-Prince..................44 La menace Séisme..............................................................................................................88 Carte de la menace Mouvement de Tterrain de Port-au-Prince..............................................45 La menace Tsunami........................................................................................................... 90 Carte de la menace Mouvement de terrain de Cap-Haïtien. ...................................................46 La menace Sécheresse....................................................................................................... 91 Carte de la menace Séisme ......................................................................................................48 Principales études d'évaluation et de cartographie des risques naturels réalisées en Haïti......................................................................................................................................93 Carte de la menace Séisme sur Cap-Haïtien............................................................................59 Références citées dans le texte. ............................................................................................ 100 Carte de la menace Séisme sur Port-au-Prince ...................................................................... 60 Pour aller plus loin..................................................................................................................102 Carte de la menace Tsunami ....................................................................................................62 Carte de la menace Tsunami sur Cap-Haïtien..........................................................................68 Carte de la menace Tsunami sur Fort-Liberté..........................................................................69 Carte de la menace Sécheresse................................................................................................70 Couverture géographique et thématique des études sur les risques naturels collectées en Haïti.................................................................................................................... 99 v Acronymes et abréviations BM BME BRGM CIAT CCD CCGRD CDGRD CLGRD CNGRD CNIGS CNM CNUCC CODOMAR CONATE CRH DPC DTP GES GIEC IHSI INESA LCD LNBTP MARNDR MCC MCI MDE MTIC MEF MICT MPCE MTPTC NATHAT OXFAM ONEV ORE PAE PAGE PANA PAN-FRO Ministère de l’Environnement Ministère du Tourisme et des Industries Créatives Ministère de l’Economie et des Finances Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales Ministère de la Planification et de la Coopération Externe Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications Analysis of Multiple Natural Hazards in Haiti Oxford Committee for Famine Relief Observatoire National de l’Environnement et de la Vulnérabilité Organisation pour la Réhabilitation de l’Environnement Plan d’Action pour l’Environnement Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement Plan d’Action National d’Adaptation aux changements climatiques Programme d’action national de lutte contre la désertification dans la zone frontalière Haïti - République Dominicaine PAN-LCD Programme National d’Action de Lutte contre la Désertification PNGRD Plan National de Gestion des Risques et des Désastres PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement SEMANAH Service Maritime et de Navigation d’Haïti SNGRD Système National de Gestion des Risques et des Désastres SPGRD Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres SPU Service de Planification Urbaine UNITAR United Nations Institute for Training and Research UNOSAT United Nations Office for Outer Space Affairs USAID United States Agency for International Development UTS Unité Technique de Sismologie du BME Banque mondiale Bureau des Mines et de l’Energie Bureau de Recherches Géologiques et Minières, France Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire Convention des Nations Unies sur la lutte Contre la Désertification Comité Communal de Gestion des Risques et des Désastres Comité Départemental de Gestion des Risques et des Désastres Comité Local de Gestion des Risques et des Désastres Comité National de Gestion des Risques et des Désastres Centre National de l’Information Géospatiale Centre National de Météorologie Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques Centre d’Observation et d’Operations sur les Données Maritimes Conseil National pour l’Aménagement du Territoire et l’Environnement Croix Rouge Haïtienne Direction de la Protection Civile Direction des Travaux Publics Gaz à Effet de Serre Groupe Intergouvernemental d’Experts sur les Changements Climatiques Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique Inter Entreprises SA Lutte contre la Désertification Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural Ministère de la Culture et de la Communication Ministère du Commerce et de l’Industrie UTSIG vii Unité de Télédétection et de Systèmes d’Information Géographique Atlas des menaces naturelles en Haïti MATTHEW - 2016 Carte de la synthèse des MENACES NATURELLE viii Atlas des menaces naturelles en Haïti Cadre général L Pourquoi un atlas des menaces naturelles ? Le présent atlas constitue un outil d’information sur les risques naturels majeurs auxquels la population d’Haïti est exposée. Il est destiné à l’ensemble des citoyens, mais aussi aux acteurs publics et privés. Dans le premier chapitre, les principales définitions des termes utilisés pour décrire les composantes des risques naturels sont rappelées. Puis, le contexte géographique, géologique, socio-économique du pays est présenté. Chaque type de menace fait ensuite l’objet d’un chapitre spécifique, avec une description du phénomène, un historique des évènements majeurs référencés, et une carte à petite échelle de la menace sur l’ensemble du territoire haïtien. Des extraits de cartes de menaces naturelles sur des secteurs donnés sont aussi fournis à une plus grande échelle cartographique. Le dernier chapitre est consacré à la prévention des risques naturels en Haïti. Il présente les principaux acteurs haïtiens œuvrant pour la prévention des risques naturels, ainsi que, pour chaque type de menace, des exemples d’actions de prévention actuellement développées sur Haïti ou qui pourraient être mises en oeuvre. Enfin, une liste des principales études de risques naturels réalisées depuis une quinzaine d'années en Haïti est fournie en fin du document. a situation géographique de la République d’Haïti l’expose à des évènements exceptionnels de nature géologique (séismes, mouvements de terrain), hydrologique (tsunamis, submersion marine, inondations par débordement de cours d’eau), et météorologique (cyclones, sécheresse). En Haïti, le niveau de déboisement est très élevé et l’érosion des terres conduisant à la désertification du territoire augmente progressivement. Ces dernières années, plusieurs cyclones, notamment Jeanne (2004), Fay, Gustav, Hanna, Ike (2008), Sandy (2012), et tout dernièrement Matthew (octobre 2016), ont touché le pays. Ils ont été la cause de phénomènes tels que des vents violents, des inondations, des mouvements de terrain, à l'origine de nombreux décès, de maladies, de destructions d'habitations et de pertes agricoles. Le 12 janvier 2010, la capitale Port-au-Prince a été détruite par un tremblement de terre de forte magnitude. Ces évènements naturels majeurs, combinés aux conditions socioéconomiques difficiles de la population, constituent un état de risque permanent et même croissant. Or, la plupart des villes du pays, à forte densité démographique, se situent dans des contextes naturels défavorables : plaines inondables, bord de mer, zones en pente, proximité de failles sismiquement actives. Selon l’indice mondial de risque (World Risk Index, WRI), Haïti a l’un des indices de prédisposition (probabilité qu’une société ou qu’un écosystème donné soit endommagé en cas de catastrophe naturelle) les plus élevés au monde (parmi les 15 premiers). 1 Cadre général Des éléments du vocabulaire des risques De la menace au risque naturel sur l’environnement. Ainsi, le déboisement rend les inondations plus fréquentes et plus Évaluation enjeux et menace : plus courantes dangereuses, les versants Évaluation plus instables,de leslasécheresses et plusdes intenses. de le leurisque de vulnérabilité La destruction des mangroves dans les zones côtières peut accroître fortes : . nature, . localisation, houles. Comme autres facteurs d’aggravation du risque, à travers .lelocalisation processus d’expansion de la population, des constructions, . intensité, des activités, du leurs patrimoine, etc., urbaine, les villes transforment leur environnement et peuvent ainsi accroître zones . fréquence. . évaluation du degré de dommages que ces enjeux exposées. Par exemple, la construction de nouvelles habitations, la pourraient réalisation den cas routes ou subir d’évènement naturel autres infrastructures imperméabilisant les sols, peuvent modifier le régime hydraulique d’un bassin versant, et être ainsi la cause d’un mauvais drainage des eaux pluviales et leur infiltration dans le sous-sol, favorisant les inondations et/ou l’instabilité des terrains. Ou encore, « l’évacuation » des déchets dans le lit des cours d’eau peut causer des inondations, voire des embâcles, en cas de rupture brutale d’un « barrage » de déchets. Évaluation Évaluation desdes enjeux enjeux et et de leurleur de vulnérabilité vulnérabilité : : Les catastrophes naturelles sont déclenchées par des phénomènes dangereux, mais certaines . nature, . nature, Évaluation Évaluation de la de la menace menace : : d’entre-elles peuvent être amplifiées par des actions humaines ayant un impact négatif . localisation, . localisation, . intensité, . intensité, . fréquence. . fréquence. . localisation . localisation de la de la population, population, des des constructions, constructions, des des activités, activités, du du patrimoine, patrimoine, etc., etc., . évaluation . évaluation du degré du de degré de dommages dommages que ces que ces enjeux enjeux Définition risque pourraient pourraient subir en subir cas en casdu d’évènement d’évènement naturel naturel ●● nature ●● localisation ●● intensité ●● fréquence == = = + && Évaluation de la menace & Évaluation du risque Évaluation des enjeux et de leur vulnérabilité ●● localisation de la population, des constructions, des activités, du patrimoine, etc. ●● évaluation du degré de dommages que ces enjeux pourraient subir en cas'évènement naturel 2 @Classeur "Le risque sismique en PACA" Les risques naturels résultent de la confrontation, dans le temps et dans l’espace, de phénomènes naturels dangereux (menaces ou aléas) avec des éléments fragiles ou vulnérables (populations, structures, réseaux, etc.). On parle de catastrophe naturelle lorsque le phénomène naturel cause des pertes humaines, économiques et/ou environnementales telles que la zone sinistrée ne peut à elle seule surmonter ce désastre. L’ampleur ou la gravité d’une catastrophe peut-être considérablement réduite par des stratégies de prévention et de gestion des risques majeurs. L’évaluation du risque est donc étroitement liée à la capacité de la société à faire face aux phénomènes dangereux. Le risque se caractérise par deux composantes : 1) la menacedu (ou aléa), c’est-à-dire la probabilité d´occurrence d´un événement donn Évaluation risque 2) la vulnérabilité des enjeux, qui exprime la gravité des effets ou des conséquences l´événement supposé par pouvoir se produire. Le risque se caractérise deux composantes : 1) la menace (ou aléa), c'est-à-dire la probabilité de survenance d'un événement donné ; 2) la vulnérabilité des enjeux, qui exprime la gravité des effets ou des conséquences de l'événement supposé pouvoir se produire. Atlas des menaces naturelles en Haïti Glossaire Aléa ou Menace : processus ou phénomène naturel qui peut causer des pertes de vies humaines, des blessures ou d’autres effets sur la santé, des dommages aux biens, la perte de moyens de subsistance et de services, des perturbations socio-économiques, ou des dommages à l’environnement. Les aléas, ou menaces, peuvent être caractérisés par leur ampleur ou leur intensité, leur zone d'extension, leur probabilité de survenance au cours d’une période de référence. Concernant le paramètre de probabilité de survenance, vu la difficulté de son évaluation, il peut ne pas être retenu dans l’analyse, néanmoins, le terme générique d’aléa pourra être conservé. Adaptation au changement climatique : ajustement dans les systèmes naturels ou humains en réponse à des changements climatiques actuels ou attendus, ou à leurs effets, qui atténue les dommages ou en valorise les bénéfices. Le concept plus large de l’adaptation s’applique également aux facteurs nonclimatiques tels que l’érosion du sol. Aménagement du territoire : action entreprise par les autorités publiques afin d’identifier, d’évaluer et de décider des différentes options possibles pour l’utilisation des terres, y compris l’examen de l’aspect économique à long terme, des objectifs sociaux et environnementaux, des implications pour les différentes communautés et groupes d’intérêt, ainsi que la formulation et la mise en place de plans qui décrivent les utilisations autorisées ou acceptables. L’aménagement du territoire est un important facteur du développement durable. Il peut contribuer à atténuer les effets des catastrophes et à réduire les risques en décourageant l’installation et la construction de structures vitales dans les zones à risque. Capacité à réagir : la capacité des personnes, des organisations et des systèmes, en utilisant les compétences et les ressources disponibles, à faire face et à gérer des conditions difficiles, des situations d’urgence ou de catastrophe. Catastrophe naturelle : grave interruption du fonctionnement d’une communauté ou d’une société résultant d’un évènement naturel ayant causé des pertes en vies humaines, des pertes matérielles, économiques et environnementales telles que les sinistrés ne peuvent pas les surmonter avec leurs seules ressources. Dégradation environnementale : diminution de la capacité de l’environnement à répondre aux objectifs et aux besoins sociaux et écologiques. La dégradation de l’environnement peut modifier la fréquence et l’intensité des risques naturels et accroître la vulnérabilité des communautés humaines. Les types de dégradation sont variés et incluent l’utilisation abusive des terres, l’érosion des sols, la désertification, les incendies de forêt, la perte de la biodiversité, la déforestation, la destruction des mangroves, des terres, la pollution de l’eau et de l’air, le changement climatique, l’élévation du niveau de la mer et l’appauvrissement de l’ozone. Développement de capacités : processus par lequel les personnes, les organisations et la société stimulent et développent leurs capacités au fil du temps, pour atteindre des objectifs économiques et sociaux, y compris par l’amélioration des connaissances, des compétences, des systèmes et des institutions. Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à pourvoir à leurs propres besoins. Dommages pour un élément exposé : dégradation physique estimée de manière qualitative ou quantitative. Pour un enjeu : perte de valeur conséquence directe ou indirecte de la dégradation physique. Gestion des risques de catastrophe : processus de recours systématique aux directives, compétences opérationnelles, capacités et organisation administratives pour mettre en œuvre des politiques, stratégies et capacités de réponse appropriées pour atténuer l’impact des phénomènes naturels dangereux et risques de catastrophes environnementales et technologiques qui leur sont liées. Mesure d’atténuation : concerne la réduction ou la limitation de l’impact négatif des aléas et des catastrophes. Mesure structurelle: toute construction physique visant à réduire ou à éviter les impacts éventuels des aléas, ou l’application de mesures d’ingénierie pour assurer des structures ou systèmes résistants et résilients aux aléas Phénomène naturel : «manifestation» plus ou moins «bouleversante» de la nature, d’ordre géologique (séisme, mouvement de terrain, éruption volcanique), hydrologique (inondation, tsunami), météorologique (tempête, cyclone, température extrême) ou nivologique (avalanche de neige). Phénomène naturel dangereux : phénomène naturel susceptible de causer des dommages aux personnes, aux biens et plus généralement à l’environnement. Sont pris en compte dans ce document l’ensemble des phénomènes naturels affectant Haïti : les cyclones, les inondations, l’érosion des sols, la sécheresse, les mouvements de terrain, les séismes, les tsunamis. Dans bien des cas, ces phénomènes sont connexes. Par exemple, de fortes précipitations peuvent être à l’origine d’une crue torrentielle et/ou de glissements de terrains. Eléments exposés (ou éléments à risque) : les personnes et les biens exposés à un phénomène naturel dangereux. Plate-forme nationale pour la réduction des risques de catastrophe : terme générique pour désigner l’ensemble des organismes nationaux de coordination et d’orientation sur la réduction des risques de catastrophe, multisectoriels et interdisciplinaire, qu’ils soient publics ou privés. Enjeux : Eléments exposés auxquels on associe une valeur (humaine, économique, fonctionnelle, sociale, etc.). Cette valeur sera utilisée dans l’analyse du risque pour estimer les pertes potentielles. Prévention des catastrophes : ensemble d’activités permettant de limiter ou d’éviter l’impact négatif des aléas et de minimiser les catastrophes environnementales, technologiques et biologiques qui leur sont associées. En 3 Cadre général fait, très souvent, il n’est pas possible d’éviter les pertes matérielles et/ou humaines et il s’agit davantage de mesures d’atténuation. Les termes de prévention et d’atténuation sont ainsi parfois « interchangeables ». Résilience : capacité d’un système, d’une communauté ou d’une société exposés à des risques à résister, absorber, accueillir et corriger les effets d’un danger, en temps opportun et de manière efficace, notamment par la préservation et la restauration de ses structures essentielles et de ses fonctions de base. Risque : combinaison de la probabilité d’un événement et de ses conséquences négatives. L’évaluation du risque consiste à estimer les dommages potentiels (ou les pertes) pour des enjeux vulnérables causés par un phénomène dangereux pour un niveau d’aléa donné. Risque majeur : possibilité de survenance d’un événement d’origine naturelle ou anthropique, dont les effets peuvent mettre en jeu un grand nombre de personnes, occasionner des dommages importants et dépasser les capacités de réaction de la société. Sensibilisation du public : il s’agit de l’étendue des connaissances communes sur les risques de catastrophe, sur les facteurs qui conduisent à des catastrophes et sur des actions qui peuvent être prises individuellement et collectivement pour réduire l’exposition et la vulnérabilité aux aléas. Vulnérabilité : traduit la fragilité (a contrario la capacité de résistance) des éléments exposés, vis-à-vis d’un phénomène donné. Pour un niveau d’aléa donné, un enjeu sera d’autant plus affecté que sa vulnérabilité sera forte. La réduction de la vulnérabilité, lorsqu’elle est possible, est un moyen de réduire le risque. Sources partielles : UNISDR (2009) Le contexte géographique et géodynamique Haïti (Ayiti en créole), nom d’origine amérindienne, signifierait « Terre des hautes montagnes » ou « La montagne dans la mer ». L’île est rebaptisée Española ou Hispaniola par les Espagnols, puis Saint-Domingue par les Français. Le 1er janvier 1804, lors de la déclaration d’indépendance du pays, elle reprend son nom d’origine indienne. Haïti occupe le tiers occidental de l’île. L’île d’Hispaniola se trouve au nord de la mer des Caraïbes. Avec Cuba, la Jamaïque, et Porto Rico, elle appartient à l’archipel des Grandes Antilles. Celui-ci couvre plus de 90% de la surface de toutes les îles de la Caraïbe. La superficie d’Haïti est de 27 750 km². En raison de sa forme en « fer à cheval », Haïti possède une grande longueur de littoral, soit 1 771 km lorsque l’on y ajoute le littoral de ses îles. Au nord, la côte haïtienne s’ouvre sur l’océan Atlantique. Au sud, elle borde la mer des Caraïbes. Au centre, le golfe de la Gonâve s’insère entre les péninsules Nord et Sud. Outre de nombreux îlots qui longent ce littoral, Haïti possède quatre îles principales, avec par ordre de superficie décroissante : l’île de la Gonâve, l’île de la Tortue, l’île de La Grande Cayemite et l'Ile-à-Vache. Haïti est un pays très montagneux. Seulement 20 % du territoire est situé en zone de plaine. A l’est de la Péninsule du Sud, la chaîne de la Selle possède le plus haut sommet du pays, le pic de la Selle, à 2 680 m d’altitude. A l’ouest de la même péninsule, le pic Macaya, dans le massif de la Hotte, culmine à 2 347 m. Le centre et le nord du territoire sont marqués par une succession de reliefs et de plaines, d’orientation générale nord-ouest - sud-est, avec du sud vers le nord : la chaîne des Matheux, la plaine et la basse vallée de l’Artibonite, les montagnes Noires, le plateau central, le massif du nord et enfin, la plaine du Nord qui représente le versant nord-est effondré du massif du Nord. Entre la chaîne de la Selle et la chaîne des Matheux, se trouvent l’Étang saumâtre et la plaine du Cul-de-Sac, ouverte 4 sur le Golfe de la Gonâve. L’Etang saumâtre est le plus grand lac naturel du pays. Il couvre environ 181 km². Il n’a pas d’exutoire, et, comme son nom l’indique, il contient de l’eau salée. Le niveau de l’eau du lac varie de 12 à 20 mètres audessus du niveau moyen de la mer. Le fleuve de l’Artibonite est le plus long cours d’eau d’Haïti. Il parcourt 320 km environ depuis sa source, à l’est, dans la cordillère Centrale, en République Dominicaine, jusqu’à son estuaire près du bourg de la Grande Saline, le long du golfe de la Gonâve. L’Artibonite a de nombreux affluents dans le plateau Central, dont la rivière Guayamouc. La plaine alluviale du Guayamouc est une région très fertile. A l’est, proche de la frontière avec la République Dominicaine, le barrage de Péligre retient les eaux de l’Artibonite pour constituer le lac de Péligre. Ce réservoir artificiel couvre une zone de 30 km². Le barrage de Péligre a été mis en service en 1956 pour répondre à un besoin d’irrigation et de réduction des crues. Une usine hydroélectrique a été mise en service en 1971. Du fait d’un envasement important, lié notamment à l’érosion des sols des massifs drainés, il a perdu, en 2015, plus de 56 % de sa capacité d’origine de retenue. Des travaux de dragage et de réhabilitation des turbines sont actuellement en cours. Sur la côte, la plus grande zone de mangrove est située au sud des Gonaïves. Elle couvre une surface de 32 kilomètres de long et jusqu’à 5 kilomètres de large. Elle se situe aux estuaires des rivières Artibonite et l’Estère. On trouve aussi des zones de mangrove significatives sur la côte septentrionale, entre Baie de l’Acul et Fort-Liberté, autour de l’île de la Grande Cayemite et dans la région des Cayes. Des marais côtiers importants se trouvent aussi sur l’île de la Gonâve. De par sa latitude, le pays bénéficie d’un climat tropical caractérisé par l’alternance entre une saison humide, de mai à novembre, et une saison sèche, de décembre à avril. Dans les plaines, les températures moyennes varient entre 28°C, en hiver, et 32°C, en été. Au sommet des montagnes, la température peut osciller entre 18°C et 22°C. La pluviométrie varie non seulement avec l’altitude, mais Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte topographique et toponymique d’Haïti 5 © Rémi Kaupp, CC-BY-SA, Wikimedia Commons Cadre général aussi avec l’orientation des massifs montagneux par rapport aux alizés en provenance du nord-est. Ces vents chargés d’humidité frappent perpendiculairement les reliefs. Les plaines et versants exposés reçoivent les précipitations les plus abondantes. Localement, la pluviométrie peut donc se trouver fortement contrastée. La presqu’île du Sud et le département du Nord sont les plus arrosés (plus de 2 500 mm/an). En revanche, la façade occidentale de la péninsule du Nord, située sous le vent, est la région la plus sèche, avec moins de 1 000 mm/an (500 mm/an en moyenne à Gonaïves). Haïti est une terre montagneuse, constituée de formations géologiques variées, d’origine volcanique (basaltes, andésites…), plutonique (granites…), métamorphique (schistes, marbres, gneiss) ou sédimentaire (calcaires, marnes, sables, conglomérats…). Jalons de l’histoire géologique, hérités de différents contextes géodynamiques (ancien arc insulaire volcanique, front de subduction, zone de collision orogénique, bassin d’arrière-arc, rift océanique …), ces matériaux rocheux ont été repris par des phases tectoniques ultérieures et apparaissent aujourd’hui très plissés et faillés. Cette évolution a notamment conduit à la formation du bloc continentalisé d’Hispaniola. Haïti se situe dans une zone tectonique très active, à la frontière de deux plaques de l’écorce terrestre : la plaque tectonique Caraïbe et la plaque tectonique nord-américaine. Ces plaques se déplacent l’une par rapport à l’autre à la vitesse d’environ 2 cm/an. Ces déplacements se traduisent par des phénomènes sismiques localisés essentiellement au niveau de deux zones de failles actives majeures, le système de failles Septentrional et le système de failles d’Enriquillo (également nommé sytème de failles d’Enriquillo-PlantainGarden). ©Wikimedia ©BRGM - M. Terrier Haïti se trouve sur la trajectoire des cyclones tropicaux dont l’activité maximale a lieu entre août et novembre. Le cyclone Jeanne, en septembre 2004 a été l’un des plus meurtriers de ces dernières décennies pour Haïti. En 2008, le pays a dû faire face à 4 cyclones successifs. Haïti est aussi exposée à des périodes de sécheresse intense. La saison pluvieuse est alors moins longue. Certaines régions peuvent ne pas recevoir une goutte de pluie pendant plusieurs mois successifs. Le barrage hydro-électrique de Péligre, dans la vallée de l’Artibonite Haïti : « La montagne dans la mer ». Vue en arrière-plan de la chaîne des Matheux surplombant le littoral marin 6 Atlas des menaces naturelles en Haïti Contexte géodynamique de l’Arc des Antilles Sens du coulissement des plaques SFS : Système de failles Septrentional Subduction de la plaque Amérique sous la plaque Caraîbe SFEPG : Système de failles d’Enriquillo-Plantain-Garden 7 Mouvement des plaques Cadre général L’organisation administrative Découpage territorial en 10 départements et répartition de la population Le pays est découpé administrativement en dix départements : le Nord-Est, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre, l’Artibonite, l’Ouest, le Sud-Est, le Sud, la Grande Anse, les Nippes. Chacun d’entre eux est sous-divisé en arrondissements, puis en communes et en sections communales (la Constitution de 1987 a introduit le concept de section communale à la place de section rurale). Au total, il existe 42 arrondissements, 145 communes, 570 sections communales. Le schéma d’organisation des différentes unités territoriales haïtiennes selon le Décret du 1er février 2006, définissant le cadre général de la décentralisation, les principes d’organisation et de fonctionnement des collectivités territoriales haïtiennes, est le suivant : L’État haïtien est représenté dans chaque département par un délégué départemental qui supervise les différentes directions départementales des ministères. Ce délégué est secondé dans chaque arrondissement par un vicedélégué. La commune est dirigée par un Maire (appelé aussi Magistrat). La collectivité territoriale de la section communale constitue la plus petite entité administrative de la République. Elle est dirigée par un organe exécutif, le CASEC (Conseil d’Administration de la Section Communale) et un organe délibérant, l’ASEC (Assemblée de la Section Communale). La capitale économique et politique est Port-au-Prince. Elle se trouve dans le département de l’Ouest. Plusieurs communes avoisinantes, telles que Carrefour, Pétion-Ville, Delmas, Tabarre, Cité Soleil, Croix des Bouquets, forment avec Port-au-Prince, l’aire métropolitaine. Carte d’après les donnés IHSI, 2009 8 Atlas des menaces naturelles en Haïti La population Selon l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), en 2009, la population haïtienne atteignait près de 10 millions d’habitants. Aujourd’hui, selon le PNUD (d’après http://www.ht.undp.org/), elle dépasserait les 10,5 millions, dont plus de 2,5 millions d’habitants concentrés sur l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ; ce qui conduit à une densité moyenne de plus de 380 habitants par km². Répartition de la population haïtienne par département 40% 35% 30% 25% n popuplation rurale 20% n popuplation urbaine 15% 10% 5% D’après IHSI, 2009 9 es Ni pp Es t dNo r se eAn nd Gr a dEs t Su rd - Ou se t tre Ce n Su d rd No No Ar tib on ite 0% es t Selon l’IHSI (2009), sur la base du recensement de 2003, plus de 80 % de la population vivant en milieu urbain savaient lire et écrire contre seulement 48 % de la population rurale. Le taux moyen d’alphabétisation s’améliore avec le temps, puisqu’aujourd’hui, il serait de 86,5 % en milieu urbain (d’après le PNUD, http://www.ht.undp.org). Le département de l’Ouest est le plus peuplé, avec 37 % de la population haïtienne, dont 29 % en zone urbaine (soit presque un tiers de la population totale). L’aire métropolitaine concentre aujourd’hui 2,5 millions d’habitants. (Vue de Port-au-Prince et de la plaine du Cul-de-Sac ; en arrière-plan, la chaîne des Matheux) Ou L’Artibonite (16 % de la population) et le Nord (10% de la population) représentent après l’Ouest, les départements les plus peuplés. A l’exception du département de l’Ouest, la population est majoritairement rurale. Toutefois, dans le département du Nord, mais aussi dans celui de l’Artibonite, on observe une tendance à l’équilibre de la répartition des populations rurale et urbaine. Selon l’IHSI (2007), en 2030, la population urbaine regroupera plus de 60 % des haïtiens, et en 2050, plus de 70 %. ©BRGM - M.Terrier Il s’agit d’une population jeune ; en 2009, 36% des haïtiens avaient moins de 14 ans (IHSI, 2009). Entre 2005 et 2010, le taux de croissance démographique était en moyenne de 1,64 % par an (IHSI, 2009). En 2050, la population haïtienne pourrait dépasser 16 millions (IHSI, 2007). Cadre général Le contexte économique Haïti est un pays très pauvre : 24,7 % des Haïtiens vivent avec moins d’1,25 dollar par jour ; 58,6% avec moins de 2,5 dollars par jour (source PNUD, http://www.ht.undp.org). Toutefois, selon l’IHSI (2009, 2013, 2014), le pays semble avoir bénéficié d’une certaine croissance économique au cours des dernières années. Selon les statistiques économiques de 2013 (source IHSI, 2013), la part des principaux secteurs d’activité dans le Produit Intérieur Brut (PIB) se situe autour de : ●● 23 % pour le secteur primaire (activités liées à l’extraction des ressources naturelles), avec l’agriculture, la sylviculture, l’élevage et la pêche, ainsi que les industries extractives (mines et carrières), notamment en lien avec la progression du secteur du bâtiment ; Concernant les grandes infrastructures, Haïti dispose aujourd’hui de : ●● 18 % pour le secteur secondaire (activités liées à la transformation des matières premières, qui sont issues du secteur primaire). Depuis quelques années, en relation directe avec la reconstruction qui a suivi le séisme très destructeur du 12 janvier 2010, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) a largement contribué à la croissance de l’économie haïtienne. Cette activité regroupe aussi les métiers de l’artisanat (fer forgé, fibres végétales, bois, pierre, peinture d’art) ; ●● 6 aéroports publics (avec au moins un vol régulier par jour entre Port-au-Prince et les principales villes du pays), et 2 aéroports internationaux (Port-au-Prince et Cap-Haïtien : vols directs à destination des Antilles françaises, des Bahamas, du Canada, de Cuba, du Panama, de la République Dominicaine, des USA) ; ●● 2 ports aux standards internationaux, Port-au-Prince et ●● 59 % pour le secteur tertiaire (activités économiques Cap-Haïtien ; 17 ports de cabotage, dont 8 sont ouverts au commerce extérieur : qui ne font pas partie des deux autres, essentiellement des services). Il s’agit plus particulièrement des activités de commerce, de la restauration et de l’hôtellerie, mais aussi celles relatives aux institutions financières, au transport et à l’enseignement. – 1 entreprise publique de fourniture du courant électrique, Electricité d’Haïti (EDH) ; – environ 4 500 km de routes classées en “nationales”, “départementales” et “de pénétration”, incluant les voies en construction. ©BRGM - M.Terrier La problématique des risques naturels en Haïti Vente des produits de l’agriculture dans les villages du massif du Nord 10 La situation géographique et géodynamique d’Haïti l’expose à des phénomènes naturels nombreux : séismes, mouvements de terrain, tsunamis, submersions marines, inondations, cyclones, sécheresse. Haïti est aussi exposé aux phénomènes d’origine principalement anthropique, d’érosion des sols et de désertification. C’est tout le territoire haïtien qui est concerné par ces phénomènes naturels (cf. carte en tête de chapitre, et tableau ci-après), hormis, bien sûr, le département du Centre en ce qui concerne les tsunamis et la houle cyclonique. Néanmoins, l’intensité de ces menaces est différente d’un département à un autre. Ainsi, dans les départements de l’Artibonite et du Centre, la menace sismique est un peu plus faible que pour les autres départements. C’est aussi le cas de la menace de sécheresse, plus intense dans les départements du Nord-Ouest et de l’Artibonite. Concernant les phénomènes de désertification et d’érosion des sols, ceux-ci affectent l’ensemble du territoire. Le département de l’Ouest, le plus Atlas des menaces naturelles en Haïti densément peuplé, est soumis, à la fois, à des menaces graves de séismes, d’inondations et de mouvements de terrain. Avec l’urbanisation galopante des grandes agglomérations, en l’absence d’une prise en compte efficace de ces menaces dans les schémas d’aménagement et d’urbanisation, il est fort probable que les risques naturels augmenteront fortement, tant en nombre qu’en intensité, dans les décennies à venir. L’impact du changement climatique en Haïti L’impact du changement climatique en Haïti devrait se traduire, à terme, par une réduction de plus de 50% des précipitations et une augmentation des températures moyennes de près de 4°C à l’horizon 2080-2099. La diminution drastique de la pluviométrie et l’augmentation substantielle de la chaleur auront comme conséquences : une moindre productivité agricole, un accès plus difficile à l’eau potable, une augmentation des maladies climatosensibles (dengue, paludisme, fièvre typhoïde, etc.) et une perte de la biodiversité. Par ailleurs, les phénomènes climatiques extrêmes (sécheresse, pluies diluviennes) devraient être exacerbés. Aujourd’hui il demeure néanmoins difficile de quantifier l’impact du changement climatique sur l’occurrence de ces évènements naturels. Les cartes présentées dans cet atlas ne tiennent pas compte de ces évolutions. Scénarii prospectifs d’évolution de la température et des précipitations en Haïti : comparaison des valeurs moyennes évaluées pour la décennie 2041 – 2050 avec celles de la période 1961 – 1990 19.8N 1.58 19.8N 19.6N 1.56 19.6N 1,54 19.4N Longitude Loatitude 1.48 18.8N 1.46 18.4N 1.42 18.4N 73,8W 73,5W 73,2W 72,9W Longitude 72,6W 72,3W 72W –1.8 –2 –2.2 1.4 74,1W –1.6 18.8N 18.6N 74,4W –1.2 –1.4 1.44 18N –1 19N 18.6N 18.2N –0.8 19.2N 1.5 19N –0.6 19.4N 1.52 19.2N –0.4 –2.4 –2.6 18.2N 18N 71,7W GHC Scen:gng_sresa2 74,4W 74,1W 73,8W 73,5W 73,2W 72,9W Longitude 72,6W 72,3W 72W 71,7W GHC Scen:gng_sresa2 Projection des températures moyennes (en degrés Celsius) en prenant l’exemple du mois de février. Celles-ci seraient en hausse de 1,4 à 1,5 °C dans tout le pays. Projection des quantités des précipitations moyennes (en mm/jour) en prenant l’exemple du mois de novembre. Dès 2030, celles-ci seraient en baisse (entre 5,9 et 20 % selon les zones). Source : GIEC, 2014 Source : GIEC, 2014 11 Cadre général Synthèse des niveaux de menaces par phénomène et par département et appréciation empirique du niveau de menace (élevé en rouge, moyen à élevé en orange, moyen en jaune, faible en gris) Cyclone ARTIBONITE CENTRE GRANDE-ANSE intense si la submersion marine se combine aux inondations ; exposé au vent et à la houle cyclonique Inondation très intense dans la basse plaine de l’Artibonite exposé (vent) intense dans la zone des plateaux et au niveau des cours d’eau majeurs exposé (vent, houle cyclonique, submersion marine) tous les cours d'eau peuvent provoquer des inondations NIPPES exposé (vent, houle cyclonique, submersion marine) NORD intense si la submersion marine se combine aux inondations ; exposé au vent et à la houle tous les cours d'eau peuvent provoquer des inondations intense dans la plaine du Nord Sécheresse très intense dans la basse plaine de l’Artibonite et le Nord du département intense sur les hauts plateaux parfois exposé à des sécheresses intenses parfois exposé à des sécheresses intenses parfois exposé à des sécheresses intenses Erosion des sols et désertification intense sur les reliefs Mouvement de terrain localisé Tsunami Séisme possible, lié à l’activité sismique du système de failles septentrional menace sismique moins élevée que pour les autres départements en raison d’un relatif éloignement des failles majeures les plus actives menace sismique moins élevée que pour les autres départements en raison d’un relatif éloignement des failles majeures les plus actives intense sur les reliefs localisé, potentiellement intense en zone de relief intense sur les reliefs exposé aux instabilités des pentes du massif de la Hotte possible, lié à l’activité sismique du système de failles Septentrional ou du système de faille d’Enriquillo-PlantainGarden menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles d’EnriquilloPlantain Garden exposé aux instabilités des pentes du massif de la Hotte possible, lié à l’activité sismique du système de failles Septentrional ou du système de faille d’Enriquillo-PlantainGarden menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles d’EnriquilloPlantain Garden exposé aux instabilités des pentes du massif du Nord très exposé dans la région de Cap-Haïtien en raison de la proximité des systèmes de failles Septentrional et Nord d’Hispaniola menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles septentrional ainsi qu’à la faille Nord Hispaniola intense sur les reliefs intense sur les reliefs 12 Atlas des menaces naturelles en Haïti Synthèse des niveaux de menaces par phénomène et par département et appréciation empirique du niveau de menace (élevé en rouge, moyen à élevé en orange, moyen en jaune, faible en gris) Cyclone NORD-EST intense si la submersion marine se combine aux inondations ; exposé au vent et à la houle NORD-OUEST exposé (vent, houle cyclonique, submersion marine) SUD intense si la submersion marine se combine aux inondations ; exposé au vent et à la houle SUD-EST exposé (vent, houle) OUEST intense si la submersion marine se combine aux inondations ; exposé au vent et à la houle Inondation Sécheresse intense dans la plaine du Nord intense dans la plaine du Nord intense au niveau des cours d’eau majeurs et dans les plaines proches du littoral marin très intense, zone avec une pluviométrie annuelle moyenne très faible moins de 500 mm/ an, très sensible aux périodes de sécheresse, récurrentes pour ce département très intense dans la plaine alluviale des cayes tous les cours d'eau peuvent provoquer des inondations intense dans la plaine du Cul-de-Sac zone littorale exposée zone littorale et chaîne de la Selle exposées exposée, en particulier, au niveau de la chaîne des Matheux Erosion des sols et désertification Tsunami Séisme exposé aux instabilités des pentes du massif du Nord très exposé en raison de la proximité des systèmes de failles Septentrional et Nord d’Hispaniola menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles septentrional ainsi qu’à la faille Nord Hispaniola localisé, potentiellement intense en zone de relief tout le littoral est très exposé en raison de la proximité des systèmes de failles Septentrional et Nord d’Hispaniola menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles Septentrional ainsi qu’à la faille Nord Hispaniola exposé aux instabilités des pentes du massif de la Hotte possible, lié à l’activité sismique du système de failles Septentrional ou du système de faille d’Enriquillo-PlantainGarden menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles d’EnriquilloPlantain-Garden intense sur les reliefs exposé aux instabilités des pentes du massif de la Selle possible, lié à l’activité sismique du système de failles Septentrional ou du système de faille d’Enriquillo-PlantainGarden menace sismique très éleveé, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles d’EnriquilloPlantain-Garden intense sur les reliefs exposé aux instabilités des pentes de la chaîne de la Selle et de la chaîne des Matheux possible, lié à l’activité sismique du système de failles Septentrional ou du système de faille d’Enriquillo-PlantainGarden menace sismique très élevée, liée plus particulièrement à la proximité du système de failles d’EnriquilloPlantain-Garden intense sur les reliefs intense sur les reliefs intense sur les reliefs 13 Mouvement de terrain MATTHEW - 2016 Atlas des menaces naturelles en Haïti MATTHEW - 2016 Carte de la menace CYCLONE 14 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Cyclone 15 La menace Cyclone Qu’est-ce qu’un cyclone ? Un cyclone est une immense masse nuageuse, quasi-circulaire d’environ 500 à 1 000 kilomètres de diamètre, au sein de laquelle les vents atteignent des vitesses considérables. Il prend naissance au-dessus des mers chaudes des latitudes tropicales ou subtropicales. Image satellite des cyclones Gustav et Hanna (1er septembre 2008) Schéma d'un système cyclonique Couverture nuageuse instable Mur du cyclone Nuages cumulonimbus violents © NASA/GSFC Œil du cyclone 10 à 15 km d'altitude Précipitations 500 400 300 200 100 Distance au centre (km) 150 100 50 40 20 Vitesse du vent (km/h) @Prim.net Les cyclones se caractérisent par la conjonction de 3 principaux phénomènes qui engendrent des dégâts lors de leur passage : 1. une forte dépression atmosphérique à la surface de l’océan qui est maximale au niveau de son centre (valeur de dépression la plus basse au niveau del’œil du cyclone) ; 2. des vents violents tourbillonnaires qui atteignent une intensité maximale dans une zone appelée le mur de l’œil, située à environ 30 à 50 km de l’œil ; 3. des pluies diluviennes qui peuvent se produire dans les bandes nuageuses spiralées s’étendant parfois jusqu’à 1 000 km de l’œil du cyclon. ➞ Air humide alimentant les cumulus ➞ Air sec descendant 16 Atlas des menaces naturelles en Haïti Les phénomènes dangereux liés aux cyclones La houle cyclonique et la submersion marine Des vents très violents Les précipitations Lors du passage d’un cyclone, la chute de la pression atmosphérique et les vents violents provoquent une surélévation temporaire du niveau de la mer aussi appelée surcote marine. Ce phénomène, conjugué à l’effet de la houle cyclonique, peut engendrer une inondation ou une submersion de la zone côtière. La conjonction d’une forte surcote marine et de pluies diluviennes peut également aggraver le risque d’inondation au niveau des embouchures qui sont soumises à la double influence du fleuve et de la mer. Les vents, dont les rafales peuvent dépasser 300 km/h, peuvent être à l’origine de dégâts considérables. En plus de l’impact direct sur les bâtiments et les structures, le vent peut aussi transformer en projectiles redoutables des objets parfois très lourds. Celles-ci sont très variables selon le type de cyclone. On parle de cyclones « à vent » ou « à pluie ». Forces aérodynamiques s'exerçant sur le toit des habitations Situation normale Trajectoire des cyclones qui sont passés à proximité d’Haïti au cours des 15 dernières années. Sens classique de la trajectoire : du sud-est vers le nord-ouest. Déflection du vent cyclonique par le bâtiment, créant un effet de dépression ou de succion sur les surfaces Forces aérodynamiques s'exerçant sur le toit des habitations Situation cyclonique Ces pluies torrentielles provoquent des inondations et des mouvements de terrain. Les quantités d’eau cumulées sont d’autant plus importantes que le cyclone se déplace lentement. Effet destructeur final @Prim.net Les cyclones se forment au milieu de l’océan Atlantique nord, traverse l’arc des caraïbes, et remontent puis, en général, meurent le long des côtes sud-ouest et ouest des Etats-Unis. 17 La menace Cyclone Le phénomène cyclonique en Haïti (vent et submersion marine) La saison cyclonique en Atlantique Nord s’étend du mois de juin au mois de novembre. Concernant l’île d’Hispaniola, 33 perturbations sont passées près de ses côtes (à moins de 250 km) ces 15 dernières années, dont 16 cyclones et 15 tempêtes tropicales (source : projet NATHAT, 2010). Dans ce secteur, les cyclones ont une trajectoire généralement orientée du sud-est vers le nord-ouest. D’après le Caribbean Disaster Mitigation Project (CDMP, 2000), les valeurs de vent potentiellement atteintes sur Haïti sont assez hétérogènes. L’intensité centennale s’échelonne d’environ 100 km/h dans le secteur nord de l’île à plus de 200 km/h sur la partie sud. L’orographie joue également un rôle important localement, les zones montagneuses étant plus exposées que les zones basses. La configuration d’Haïti par rapport aux trajectoires cycloniques et sa proximité des îles et des bancs marins voisins réduisent son exposition aux houles cycloniques lointaines. La côte sud est cependant plus exposée car elle fait face au sens de propagation principal de la houle et n’est pas protégée par des îles environnantes. Les hauteurs de vagues cycloniques centennales atteignent 7 à 8 m dans ce secteur (CDMP, 2000). Si le cyclone passe à proximité de l’île, les vents violents peuvent également générer une agitation locale importante. Dans la baie de Port-au-Prince et sur le secteur nord de l’île, les hauteurs de vagues centennales sont de l’ordre de 5 à 6 m (CDMP, 2000). d’Hispaniola. Les baies et les secteurs à récifs sont les plus propices à la génération de surcotes importantes comme le secteur des Cayes où la surcote centennale est de l’ordre de 3 m. Sur le reste de l’île, elle dépasse rarement 1,5 m (CDMP, 2000). Les zones basses sont les secteurs les plus vulnérables à la submersion marine en cas de surcote marine et de houle importante. Par exemple, les secteurs de Gonaïves, Port-au- Prince et des Cayes ont des zones basses relativement étendues. L’ensemble des côtes peut être soumis à une surcote marine importante, en particulier si l’œil du cyclone traverse l’île Classification des cyclones ●● L’échelle de Saffir-Simpson est l’échelle de magnitude des cyclones tropicaux. Les cyclones y sont classés selon la vitesse moyenne des vents, mesurée sur une durée de 1 mn, à une hauteur de 10 m du sol. ●● Si le vent est inférieur à 60 km/h, on parle de dépression tropicale. Entre 60 et 120 km/h, c'est une tempête tropicale. Si le vent dépasse 120 km/h, il s’agit d’un ouragan. ●● Lorsque la vitesse du vent de la perturbation dépasse les 60 km/h, le cyclone prend automatiquement un prénom à partir d’une liste annuelle pré-établie. C’est ce prénom qui est utilisé dans les bulletins météorologiques. Cette liste est revue tous les cinq ans en alternant le masculin et le féminin. Echelle de Saffir-Simpson et dommages associés Catégorie Vitesse vent (km/h) Vagues (en pieds) Dommages I 120 - 151 1- 1.5 Mineurs II 152 - 176 2 - 2.5 Modérés III 177 - 206 3-4 Étendus IV 208 - 248 4.5 - 6 Extrêmes V 250 et plus 7 et plus Catastrophiques 18 Atlas des menaces naturelles en Haïti Conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement Conséquences sur les biens Victimes corporelles et personnes sans abris. Les causes de décès ou de blessures sont dues aux marées de tempête provoquant l’inondation des zones basses littorales et aux vents violents. Les effets indirects liés aux fortes précipitations (chute de blocs, coulées boueuses…) peuvent également avoir des conséquences importantes. Destruction partielle ou totale des édifices, des infrastructures de transport, des infrastructures industrielles, des réseaux divers (eaux, électricité, télécommunication), des infrastructures agricoles, interruption des liaisons aériennes et maritimes. Ces destructions peuvent avoir un coût considérable. Conséquences sur l’environnement Destruction des zones forestières, des cultures, du bétail, dégâts sur la faune et la flore. ©Minustah Conséquences humaines Inondations aux Gonaïves lors du cyclone Jeanne, 2004 Les évènements cycloniques catastrophiques d’Haïti au cours du XXème siècle En septembre 2004, le cyclone Jeanne a causé le décès ou la disparition d’environ 3 000 personnes en Haïti dont la moitié aux Gonaïves. Près de 300 000 personnes se sont retrouvées sans abris. Trajectoire du cyclone Jeanne, 2004 1935 (octobre) – Jérémie – près de 2 000 personnes ont péri dans les départements du Sud et du Sud-Est. 1988 (septembre) – Gilbert – probablement 30 morts ; côte Sud plus spécialement touchée. 2008 (août) – Hanna - Artibonite et NordEst (ville des Gonaïves) – Environ 780 morts à Haïti. 1954 (octobre) – Hazel – vitesse du vent jusqu’à 249 k/h, 500 et 1000 ont péri dans l’ensemble du pays. 1994 (août) – Gordon – Près de 2000 morts dans le département du Sud-Est. 2008 (septembre) – Ike – Les départements du Nord et du Nord-Ouest (ville de Cabaret). 1963 (septembre) – Flora – Environ 5 000 morts à Haïti, les départements touchés ont été ceux du Sud et de l’Ouest. 1964 (août) – Cléo – 192 morts, côte Sud plus spécialement touchée. 1966 (septembre) – Inez – Environ 700 morts dans le Sud et l’Ouest d’Haïti, vitesse du vent jusqu’à 170 k/h. 1980 (août) – Allen –Environ 200 morts sur la côte Sud (Les Cayes) particulièrement touchée ; vitesse du vent jusqu’à 270 k/h. 1998 (septembre) – Georges - Ouest – Centre – Environ 150 morts en Haïti. 2004 (septembre) – Jeanne - environ 3 000 morts ou disparus, et 300 000 sinistrés, région nord d’Haïti et Haute Artibonite (ville de Gonaïves) plus particulièrement touchées. 2008 (août) – Fay – Tout le pays a été concerné ; une dizaine de victimes. 2008 (août) – Gustav – environ 90 morts, presqu’île du Sud particulièrement touchée. 2010 (novembre) – Tomas – 3 morts, presqu’île du Sud touchée. 2012 (août) – Isaac – 19 personnes décédées, département du Sud-Est et de l’Ouest particulièrement touchés. 2012 (octobre) – Sandy – Départements du Sud, de l’Ouest et de la Grande Anse – Environ 50 morts et 200 000 sans-abris. 2016 (octobre) – Matthew – Départements Sud, Grand Anse, Nippes, Ouest (Ile de la Gonave) et Nord-Ouest - Environ 550 morts, vitesse du vent jusqu'à 230 km/h. 19 Source : Base IBTrACS Selon le CNM (inédit), plus d’une quinzaine de cyclones ont touché le territoire haïtien au cours des huit dernières décennies (dont 8 depuis 8 ans) Le cyclone est apparu le 13 septembre à l’est de la Guadeloupe. Il a traversé la République Dominicaine le 17 septembre, et s’est dissipé le 29 au niveau des côtes de Floride. Il a donné lieu à d’importantes chutes de pluies sur les montagnes au nord et à l’est d’Haïti (plus de 330 mm), ce qui a engendré de graves inondations et des glissements de terrain et coulées de boue dans l’Artibonite, phénomènes aggravants résultant notamment de la déforestation extrême du territoire. Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace INONDATION La classification de la menace tient compte seulement de la périodicité des phénomènes Source des dennées : CNIGS reprise dans NATHAT (2011) 20 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Inondation 21 La menace Inondation Qu’est-ce qu’une inondation ? Les inondations ou crues de plaine. On distingue : ●● les inondations « pluviales » qui se produisent généralement dans les zones habitées par suite de l’imperméabilisation des sols par les activités humaines (routes, parkings, habitat…) ; elles se caractérisent généralement par de faibles vitesses (stagnation) ou de faibles hauteurs d’eau ; ●● les inondations « fluviales » générées par le débordement de cours d’eau ; celui-ci sort de son lit mineur et occupe son lit majeur. Les crues torrentielles qui se produisent dans les bassins versants plus pentus et qui se caractérisent par des vitesses d’écoulement élevées et un transport solide important (débris végétaux, matérieux rocheux…). Lorsque le transport solide dépasse en volume le transport liquide, on parle alors de coulées de boue ou laves torrentielles. Les inondations peuvent être à l’origine d’un nombre élevé de préjudices humains et de dommages matériels. A ces dommages s’ajoutent des conséquences indirectes comme le risque sanitaire, la nécessité de relogement provisoire, la paralysie de l’activité humaine, avec ses conséquences socio-économiques. On considère, en général, qu’une faible hauteur d’eau (quelques dizaines de centimètres) est suffisante pour qu’un adulte (et a fortiori une personne plus faible) ait du mal à se déplacer. Dès 0,5 m de hauteur d’eau et une vitesse du courant de 0,5 m/s, un adulte ne peut plus lutter contre le courant. Autre type d’inondation : Inondation en bordure de mer, dans les zones d’estuaire Il s’agit dans ce cas de la conjonction de la crue du fleuve, de fortes marées et d’une situation météorologique de basses pressions (tempête, dépression tropicale, cyclone). Conjonction d’une submersion marine avec une inondation fluviale Source : MEDD-France, 2004 Hormis les « invasions marines » (cf. menace cyclonique), on distingue différents types d’inondations d’origine naturelle (la rupture d’un barrage construit par l’Homme pouvant en être une autre cause), avec par ordre de gravité croissante due à leur potentiel destructeur : Les ruptures d’embâcle ou d’ouvrage : un embâcle consiste en l'obstruction d'un cours d'eau par la constitution d'une digue naturelle provoquant à son amont une retenue d'eau qui peut être importante. La digue peut être constituée, soit par l’accumulation progressive d’éléments solides (roches, végétaux) charriés par le cours d'eau, soit par l'obstruction soudaine du cours d'eau provoquée par un glissement ou un éboulement de terrain. La lame déversante et l'affouillement de la masse obstruant le cours d'eau provoquent la rupture brutale de la digue, ainsi que la propagation d'une onde de crue destructrice ; cette dernière est d’autant plus importante que le volume de la retenue et la hauteur de la digue avant sa rupture étaient importants. Exemple aux Gonaïves, septembre 2004 ©Minustah Le terme générique d’« inondation » signifie une submersion temporaire, naturelle ou artificielle, d’un espace terrestre. 22 Atlas des menaces naturelles en Haïti Qu'est-ce qu'une crue ? Une crue correspond à une forte augmentation de la quantité d'eau qui s'écoule dans une rivière (c'est-àdire du débit). L’importance de l’inondation dépend de trois paramètres : Deux zones morphologiques principales Source : MEDD- France (2004) ●● la hauteur d’eau ; ●● la vitesse de l’écoulement ; ●● la durée de la crue. Eux-mêmes vont dépendre de l’importance des précipitations, de la géométrie du bassin versant drainé et des caractéristiques du lit du cours d’eau (largeur, profondeur, encombrement …). Le lit mineur ; celui-ci correspond à la zone d’écoulement ordinaire du cours d’eau, à son débit minimum (débit d’étiage) ou lors de ses crues fréquentes (crues annuelles). Le lit majeur ; il comprend les zones basses situées de part et d’autre du lit mineur, sur une distance qui va de quelques mètres à plusieurs kilomètres. Sa limite est celle atteinte par les crues exceptionnelles. Lors d’une crue, on distingue : ●● les zones d’écoulement, au voisinage du lit mineur ou des chenaux de crues, où le courant a une forte vitesse ; ●● les zones d’expansion de crues ou de stockage des eaux, où la vitesse du courant est faible. Cette zone de stockage est fondamentale, car elle permet la réduction du débit et de la vitesse de montée des eaux à l’aval. Elle concerne généralement le lit majeur. Le lit majeur fait donc partie intégrante de la rivière. En s’y implantant, on s’installe donc dans la rivière ! 23 La menace Inondation Les inondations historiques catastrophiques en Haïti Les inondations historiques catastrophiques ont été nombreuses sur le territoire d’Haiti. Dans le tableau cidessous sont listées les principales inondations survenues depuis une cinquantaine d’années. Pour celles relatives à un évènement cyclonique, le lecteur se référera au chapitre sur la menace cyclonique. Inondation « pluviale » à Cap-Haïtien, 2012 Inondations (hors cyclones) recensées entre 1963 et 2014 Date Région touchée 14/11/1963 Grande Rivière du Nord 500 20/05/1972 Les Cayes 20 10/06/1984 Port-de-Paix 01/06/1986 Les Cayes 23/10/1986 Ile de la Gonâve 27/04/1987 Port-de-Paix 08/05/1987 Sans abris ou sinistrés Maisons inondées ou détruites >1000 31 906 Thiotte (Sud-Est), Port-au-Prince 3 >100 27/01/1988 Nord-Ouest >15 1000 20/06/1988 L’Estère dans le département de l’Artibonite 08/10/1988 Plaine de Léogane 23/02/1989 Ile de la Gonâve 24-27/05/2002 Sud : Camp Perrin, Azile, Anse à Veau 45 7000 23-24/05/2004 Sud-Est 2675 31 130 04/10/2005 Ouest 22-23/11/2006 Grande Anse, Nippes, Nord-ouest 17/03/2007 Six départements 08-09/05/2007 Nord, Nord-est, Sud 20/10/2009 Port-au-Prince 5 27/02/2010 Sud, Ouest, Centre, Les Cayes 10 30/09/2010 Sud, Nippes 14 06/06/2011 Tout le pays 29 08-09/2012 Nord 11 880 02-04/11/2014 Nord 9 >1000 ©nouvelobs.com Décès ou disparus Inondation « fluviale » en lits mineur et majeur à Mapou, mai 2004 >380 © USGS 3167 Inondation « fluviale » en lit mineur et majeur (ancien pont de Limbé, dans le Nord d’Haïti) 360 source : www.Haiti-reference.com 24 © nancyroc.com 8 Atlas des menaces naturelles en Haïti Cartographie de la menace inondation Périmètres des études de la menace Inondation en Haïti La première étude recensant les inondations remarquables depuis 1959 et cartographiant les zones à risque d’inondation en Haïti date de 2002 (étude OXFAM : « Cartes et étude de risques, de la vulnérabilité et des capacités de réponse en Haïti »). Suite à deux évènements naturels particulièrement intenses et meurtriers, en mai et septembre 2004, une consultation en vue de la réalisation de cartes recensant les zones potentiellement inondables a été lancée (projet PNUD HAI/03/002) en appui à la mise en œuvre du Plan National de Gestion des Risques et des Désastres (PNGRD) avec un objectif de rendu cartographique à deux échelles complémentaires : ●● une cartographie à l’échelle du 1/100 000 sur tout le territoire. Celle- ci, est à vocation informative et doit permettre d’identifier des zones prioritaires pour élaborer des cartographies plus précises ; ●● une cartographie plus précise et opérationnelle dans les zones les plus exposées. Cette cartographie, réalisée à une échelle allant du 1/25 000 au 1/5 000, doit servir de base à des actions de prévention, de gestion de crise ou encore de planification de l’aménagement. Suite à un inventaire concluant à l’insuffisance des données de base, topographiques, cartographiques et hydro-météorologiques disponibles, le choix méthodologique s’est porté sur l’approche hydro-géomorphologique à caractère naturaliste. Néanmoins, en zone urbaine, des modélisations hydrauliques associées à des Modèles Numériques de Terrain ont été utilisés pour définir les aléas sur plusieurs quartiers de Port-au-Prince. Carte nationale des zones potentiellement inondables : réalisée par le CNIGS (2002), elle identifie les zones potentiellement inondables à l’échelle du 1/1 000 000 en les décomposant en trois catégories suivant leur fréquence potentielle de survenance : fréquente, rare, exceptionnelle. Cette carte s’appuie initialement sur les résultats des projets OXFAM (2002) et NATHAT (2011). Ce dernier projet a permis d’apporter des précisions à la première carte, par une cartographie au 1/ 100 000 de certaines zones. Remarque : les références relatives à ces différentes études sont données en fin de document dans le tableau qui accompagne la carte de synthèse des études. Cartes au 1/25 000 : elles ont été réalisées avec la méthode hydro-géomorphologique par le CNIGS et les bureaux d’étude Géosciences Consultants et Signalert, entre 2009 et 2015 (Guillande, 2009 a et b, 2015). Elles sont ici restituées au 1/50 000 ou 1/25 000 selon les dimensions des secteurs concernés. 25 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de l'aléa INONDATION sur la commune de CABARET Carte d'Aléa 26 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de l'aléa INONDATION sur la commune des CAYES Carte d'Aléa 27 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de l'aléa INONDATION sur la commune de GONAÏVES Carte d'Aléa 28 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de l'aléa INONDATION sur la commune de LÉOGANE Carte d'Aléa 29 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de l'aléa INONDATION sur la commune de CAP-HAÏTIEN Carte d'Aléa 30 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace EROSION DES SOLS 32 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Erosion des sols 33 La menace Erosion des sols Qu’est-ce que l’érosion des sols ? Le terme d’érosion désigne un décapage superficiel des sols et des formations géologiques affleurantes. L’érosion est souvent considérée comme un phénomène lent et progressif, mais ses conséquences peuvent être brutales et dangereuses. Elle participe à la destruction des terres agricoles (disparition des terres arables) et à la survenance des mouvements de terrain. La dégradation des terres et la désertification affectent environ 65% de la surface de la planète (érosion, désertification, salinisation des sols). L'érosion des sols est reconnue comme la cause directe de la détérioration des conditions de vie et de la pauvreté dans de nombreuses régions du monde. Elle se produit quand tout ou partie du sol est déplacé hors de son lieu initial, sur une distance variable, par l’action de l’eau, du vent, des pratiques agricoles et des aménagements humains. On distingue 3 grands types d’érosion : ●● l’érosion éolienne : dans ce cas c’est le vent qui arrache hydrique en offrant des voies d'écoulement aux eaux de ruissellement. Le travail du sol à contre-pente et les techniques de labour suivant les courbes de niveau s'opposent à la concentration des eaux de ruissellement et limitent les déplacements de sol. les particules constituant les sols. L’érosion éolienne se produit principalement en zone aride ; ●● l’érosion hydrique des sols est un phénomène naturel qui se déroule en deux étapes : le détachement de particules de sol et des petits agrégats par l’impact des gouttes de pluie et/ou le ruissellement, puis leur entrainement vers l’aval par ruissellement ; ●● l’érosion liée aux pratiques aratoires ou culturales : Représentation schématique des processus conduisant à l’érosion amont l'érosion hydrique est influencée par les opérations culturales, notamment par la profondeur de travail du sol, le sens dans lequel celui-ci se fait, la période des labours, le type d'instruments aratoires et le nombre de passages. Généralement, moins le travail du sol perturbe la végétation ou la couche de résidus de végétaux en surface ou près de la surface, moins le travail du sol engendre d'érosion hydrique. Le travail réduit du sol et le semis direct sont des moyens efficaces pour limiter ce type d'érosion. Au contraire, les pratiques aratoires réalisées dans le sens de la pente favorisent l'érosion érosion forte dépots de matériauz érodés en amont méandre du fleuve affluent On distingue deux formes principales d’érosion en Haïti : L’érosion en nappe est caractérisée par une eau de ruissellement de faible hauteur, sans griffes ou rigoles visibles. Sous l'effet de l'impact des gouttes de pluie, les particules sont arrachées et transportées. Elle se produit habituellement d'une manière égale sur une pente uniforme et passe inaperçue jusqu'à ce que la quasi-totalité de la couche arable productive ait été enlevée. Les signes qui permettent de caractériser l'érosion en nappe sont l'apparition de plages de la couleur du substrat aux endroits les plus décapés et la remontée de cailloux à la surface du sol. L’érosion linéaire intervient quand les eaux de ruissellement se concentrent. Dans un premier temps, des flaques se forment. En débordant, les flaques communiquent entre elles et des lignes d'écoulement apparaissent selon la ligne de plus grande pente. Exemple d’érosion en nappe des mornes proches de Lafiteau (département de l’Ouest) Exemple d’érosion linéaire sur la commune de Fonds-Verettes Selon la profondeur de ces lignes, on parle : ●● de griffes (profondeur < 5 cm) ; ●● de rigoles (profondeur > 10 cm) ; ●● de nappes ravinantes (profondeur 10 à 20 cm, quelques mètres de large) ; ●● de ravines (profondeur > 50 cm). ©BRGM - D. Bertil/BRGM, 2013 Source : Lilin, 2007 34 Atlas des menaces naturelles en Haïti Les facteurs de l’érosion La déforestation ●● La pluie : En 1492 (découverte des Amériques par Christophe Colomb), la forêt couvrait l’essentiel du territoire haïtien, 50 % en 1791 durant la colonisation française, 21,6 % en 1945 (fin de la 2ème guerre mondiale), 4 % en 1986. Aujourd’hui, Haïti est l’un des pays les plus déboisés au monde, avec une couverture forestière estimée à seulement, et dramatiquement, entre 1 et 3 % de la superficie du pays (Agroconsult Haiti S.A., 2009). 25 de ses 30 bassins versants sont fortement ou complètement déboisés. La consommation de bois de menuiserie et de chauffage et de charbon est 3 à 4 fois supérieure à la capacité de renouvellement du couvert forestier. Les forêts naturelles se limitent à 20 000 ha (Macaya, parc de la Visite, forêt des Pins). Seuls, les départements méridionaux (Sud, Grande Anse, Sud-Est, Ouest et les Nippes) possèdent encore des lambeaux de couverture forestière. L’important département agricole de l'Artibonite est presque entièrement déboisé. La déforestation contribue à la dégradation des sols, aux inondations, à la désertification, et à la rareté des ressources en eau. c’est le paramètre déclencheur essentiel de l’érosion. Le processus de ruissellement se produit lorsque l’intensité de la pluie dépasse la capacité d’infiltration de la surface du sol ou lorsque le profil de sol est saturé. Les phénomènes climatiques exceptionnels avec des pluies à caractère torrentiel (en particulier en période cyclonique) générent un ruissellement accru sur des sols présentant une sensibilité à l’érosion, grave à très grave. ●● Le sol : les sols limoneux et sablo-limoneux sont particulièrement sensibles à l’érosion, notamment lorsqu’ils sont pauvres en humus (couche supérieure du sol créée et entretenue par la décomposition de la matière organique). L’évolution des sols est plus avancée dans les zones humides et sur des pentes faibles. Les sols moins évolués se rencontrent sur des pentes fortes, où le ruissellement (avec ou sans couverture pérenne) entraine en permanence les éléments fins du sol, ou encore en zone sèche car la faible pluviométrie ralentit la vitesse d’altération des sols. ●● Le relief : l’érosion croît lorsque les pentes sont longues ou assez fortes (les rigoles apparaissent dès 2 % de pente). ●● L’exploitation du sol : celle-ci a une grande importance dans la problématique de la gestion de l’eau. Les éléments influant sont la taille, la forme, le positionnement et l’orientation des parcelles, l’assolement pratiqué sur l’ensemble d’un bassin versant, les éléments fixes du paysage (haies, forêts...). La déforestation généralisée que connait Haïti est un facteur majeur d’aggravation de l’aléa érosion des sols, de même que la culture sur les fortes pentes, sans mise en place de dispositifs anti-érosifs. 35 Approvisionnement de Port-au-Prince en charbon de bois ©BRGM - M. Terrier Aujourd’hui, 70 % du bois récolté est utilisé pour faire du charbon. Le charbon de bois est utilisé principalement pour la cuisson domestique, mais aussi pour d’autres usages (boulangerie, blanchisserie, distillerie, etc.). En majeure partie, le déboisement se fait pour obtenir des terres de culture. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a poussé 600 000 personnes à quitter les zones urbaines sinistrées à la recherche d'abri chez des parents ou amis vivant en zone rurale, ce qui a augmenté le nombre de personnes qui dépendent des produits forestiers (Oxfam, 2014). La menace Erosion de Sols Culture sur les fortes pentes L’économie d’Haïti repose principalement sur une agriculture de subsistance pratiquée sur des sols à forte pente. Plus de 50 % du territoire est constitué de sols fragiles établis sur des pentes supérieures à 40 %. Cette configuration du relief, la déforestation et les techniques de culture sans dispositifs anti-érosifs entraînent le départ accéléré de la couche arable. Exemple de culture sur de fortes pentes façonnées en terrasses dans le massif de la Selle (département de l’Ouest) La déforestation et la culture des pentes ont favorisé un glissement de terrain (visible en amont de la route) et le départ progressif des terres arables. Des conséquences multiples La situation de l’érosion en Haïti Les effets de l'érosion des sols vont au-delà de la perte de terres fertiles, avec une augmentation de la pollution et des dépôts sédimentaires dans les ruisseaux et rivières, le colmatage des retenues et barrages, conduisant à une menace sur la flore et la faune aquatiques (cours d’eau, lacs, lagons). L’érosion entraîne une perte de fertilité des terres arables, donc une baisse du rendement agricole. Dans le contexte d’Haïti, la pauvreté des paysans conduit à la recherche de revenus complémentaires, en particulier la production de charbon de bois, amplifiant de fait la déforestation. La dégradation durable de l’outil de travail des agriculteurs conduit à terme à l’exode rural vers les villes et, en particulier, la capitale du pays, dans des conditions de vie précaires (insalubrité, violence, surpopulation). Plus de 50 % du territoire d’Haïti, essentiellement dans les zones de relief, est soumis à une menace importante d’érosion et pas moins de 6 % des terres seraient actuellement atteintes d’érosion irréversible (INESA, 2008). On estime que l’érosion a graduellement éliminé trois centimètres d’épaisseur de couche de terre fertile au cours des cinq dernières décennies et, ceci, en moyenne, sur l’ensemble du territoire. L’érosion hydrique est principalement responsable de ce constat alarmant. Celle-ci résulte de la combinaison de plusieurs facteurs : importantes dénivellations, faible couverture végétale, pluies violentes, pratiques agricoles inadaptées et déforestation. La dégradation de la qualité des cours d’eau et des lacs (turbidité, comblement) est synonyme de menace sur le potentiel économique réel que représente l’aquaculture, et sur les projets de développement des retenues collinaires (INESA, 2008). Il en est de même au niveau des côtes, avec une arrivée massive de sédiments drainés par les cours d’eau, sédiments qui entravent la croissance des coraux, pouvant même à terme entrainer leur extinction, réduire l’habitat et la diversité de la faune marine et bouleverser les équilibres du milieu. La turbidité des eaux réduit également l’attrait touristique des plages. Photo extraite de « Parc national de la Viste, Fondation SEGUIN, 10 ans, IBSN 978-99970-4-209-5 36 L’érosion hydrique provoque pour l’ensemble du pays une perte annuelle en terres évaluée à environ 37 millions de tonnes de matière. Ceci correspond à une perte moyenne avoisinant 15 tonnes de matière par hectare et par an (TM/ ha/an) à l’échelle du pays. Des zones gravement touchées se trouvent dans tout le pays avec cependant des variations significatives selon la région considérée. La région Ouest présente les vitesses d’érosion les plus élevées, avec en moyenne 18 TM/ha/an. La région Sud (comprenant les départements du Sud et de la Grande Anse) est celle où les taux d’érosion sont les moins importants, avec une moyenne d’environ 11 TM/ha/an. Il est aussi rapporté des ampleurs atteignant le stade d’irréversibilité dans le Sud-Est, le Sud, le Nord-Ouest, l’Ouest et le Centre (INESA, 2008). Atlas des menaces naturelles en Haïti Cartographie de la menace érosion des sols Périmètres des études de la menace Érosion des sols en Haïti La cartographie de la menace « Erosion des Sols » réalisée sur Haïti (Source : CATHALAC, reprise dans le rapport NATHAT, 2010) a permis de définir 3 niveaux de menace. Le niveau de menace faible correspond à des zones planes ou peu pentues, correctement protégées par une couverture végétale suffisamment développée. Les sols présentent une capacité d’infiltration plutôt forte, avec un niveau d’érodibilité inversement faible. Les niveaux de menace plus élevés correspondent à des zones pentues à fortement pentues, souvent sans couverture arborée, et dont les types de sols sont potentiellement vulnérables. La cartographie nationale montre la distribution des zones les plus menacées par l’érosion intense et la perte des sols dans la région Sud d’Haïti (Cul-de-Sac, Port-au-Prince, massif de la Selle, Jacmel, Léogâne - Petit Goâve). Dans une grande proportion, la menace d’érosion est au moins «moyenne» et peut atteindre aussi des niveaux «très graves» dans des zones assez étendues en Haïti. Dans le présent atlas, la carte est restituée au 1/1 000 000 sur l’ensemble du territoire. Selon une étude INESA (2008), l’érosion a graduellement éliminé trois centimètres de couche de terre fertile au cours des 4-5 dernières décennies (moyenne sur l’ensemble du territoire). 30 % du territoire haïtien serait soumis à une érosion forte à très forte (INESA, 2008), dont environ 6 % des terres actuellement atteints d’érosion irréversible (Agroconsult Haïti S.A., 2009). Cet aléa doit être analysé par rapport aux enjeux (zones habitées, écoles, hôpitaux ...), afin d’évaluer le niveau de risque, et donc focaliser les moyens à mettre en œuvre (agriculture de conservation en milieu agricole, protection des talus au niveau des infrastructures routières ...). Remarque : les références relatives aux études collectées sur Haïti sont indiquées en fin de document dans le tableau qui accompagne la carte de synthèse des études. 37 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace MOUVEMENT DE TERRAIN Niveau de menace 38 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Mouvement de terrain 39 La menace Mouvement de terrain Qu’est-ce qu’un mouvement de terrain ? de boue, de certains glissements et des effondrements de cavités souterraines. Concernant les mouvements de grande ampleur, qu’ils soient lents ou rapides, ils peuvent entraîner un remodelage des paysages. Celui-ci peut se traduire par la destruction de zones boisées, la déstabilisation de versants ou la réorganisation du réseau des cours d’eau. Le terme générique de « mouvement de terrain » désigne une grande variété de processus qui entraînent le déplacement gravitaire de matériaux meubles ou rocheux, d’origine naturelle, anthropique ou mixte. Le déplacement peut-être lent (quelques millimètres à centimètres par an) ou rapide (quelques centaines de mètres par jour). Les volumes déplacés sont compris entre quelques mètres cubes et quelques millions de mètres cubes. Un mouvement de terrain apparaît souvent après de fortes pluies, ou bien par déclenchement sous l’effet de vibrations sismiques, ou encore d’actions anthropiques (terrassement, déboisement, exploitation de matériaux en carrière, etc.). Néanmoins, les fortes précipitations enregistrées lors des saisons pluvieuses ou cycloniques demeurent le principal responsable de la majorité des mouvements de terrain en Haïti. Les matériaux peuvent se déplacer par chute, renversement ou glissement. Les mouvements lents entraînent une déformation progressive des terrains, pas toujours perceptible par l’homme. En Haïti, cela concerne essentiellement les glissements de terrain et la reptation du sol (lent mouvement du sol vers le bas du versant), ainsi que, probablement, les effondrements de cavités souterraines. Le mouvement peut être accéléré sous l’effet de sollicitations naturelles ou anthropiques. Les conséquences des mouvements de terrain sont d’ordre économique, humain et environnemental. Seuls, les mouvements rapides peuvent mettre en péril les vies humaines. Les mouvements lents laissent a priori plus de temps pour mettre en œuvre des mesures de sauvegarde. Les mouvements rapides se propagent de manière brutale et soudaine. Il s’agit, en particulier, des chutes de pierres ou de blocs, des effondrements de falaises rocheuses, des coulées Représentation schématique de différents types de mouvements de terrain Chutes de blocs Coulée de boue Chutes de blocs Glissement de berge Glissement de terrain Erosion de falaise rocher Glissement sous-marin rocher @M. Terrier-BRGM Glissement de terrain du à une mauvaise construction de route Glissement de grande ampleur de terrains marno-calcaires, au quartier Loterie, Saint-Louis-du-Nord (tiretés rouges : zone de départ du mouvement de terrain ; flèches rouges : sens du déplacement) Sable ord re.w natu ps:// s htt rè d’ap eley berk é odifi m, m s.co pres Le glissement a été fortement réactivé en 2012, suite à un épisode pluvieux intense. La zone d’arrachement atteint par endroits la ligne de crête. 40 Atlas des menaces naturelles en Haïti Mouvements de terrain historiques majeurs d’Haïti Glissement de terrain à partir de colluvions et du substratum silteux et conglomératique, au quartier Djobel, Port-au-Prince (tiretés rouges : zone de départ du mouvement de terrain ; flèches rouges : sens de déplacement) @M. Terrier-BRGM Le territoire haïtien est très contrasté tant d’un point de vue géographique, avec son relief montagneux, sa façade littorale et ses plaines, que d’un point de vue géologique (avec des formations variées : roches sédimentaires, volcaniques, plutoniques, métamorphiques) et accidentées (fracturation tectonique). Ces caractéristiques conduisent à son exposition forte à de nombreux mouvements de terrain tels que des chutes de blocs ou des glissements de terrain. Plusieurs mouvements de terrain de grande ampleur agissent à proximité des zones aujourd’hui urbanisées. Certains phénomènes, comme les chutes de blocs ou les coulées de boue, sont récurrents et provoquent des dommages à répétition aux infrastructures et aux habitations. Apparu en 2001, le glissement a été réactivé en 2003 suite à de fortes pluies. Il a causé le décès de plusieurs personnes et la destruction de quelques maisons. Début 2017 le glissement n’était pas stabilisé. Les différents types de mouvements de terrain affectant le territoire d'Haïti Chute de blocs ou écroulement en masse Glissement de terrain niche d'arranchement Coulée de boue Effondrement de cavités souterraines Reptation ou fluage du sol arbre basculé petits bourrelets et/ou fissures du sol sol fissure zone d'accumulation d'eau cloture chenal déformée d'écoulement bourrelet frontal lobe terminal rocher surface de rupture Détachement isolé ou non d’une pierre, d’un bloc ou d’une partie de la paroi rocheuse. Déplacement d’une masse de terrain, sur une pente, le long d’une surface de rupture (dite surface de cisaillement). Phénomène très rapide affectant des masses de matériaux remaniés, avec une forte concentration en eau. Mouvement lent du sol vers le bas d'une pente sous l'influence de la gravité. Phénomène lié à la présence de vides dans le sous-sol d’origine naturelle ou humaine. Le phénomène peut être lent ou brutal. d’après https://berkeleynature.wordpress.com, modifié 41 La menace Mouvement de terrain Mouvements de terrain catastrophiques actuellement référencés Lieu, date Type / Préjudices ou dommages connus Lieu, date Type / Préjudices ou dommages connus Cap-Haïtien (Morne du Cap), 9-10 février 1764 chute d’un bloc d’environ 500 m Face nord du Morne de Dondon, 1780-1788 glissement Port-au-Prince (Djobel), mars 2001, mai 2003, 5 au 6 octobre 2003 glissement (après des pluies diluviennes / 7 morts, 11 maisons détruites Mornes et falaises situés en amont de la rivière des Nègres à Bourg St. Louis, fin XVIIIe glissements et effondrements Port-au-Prince (Boulard Acacia Bourdon), automne 2003 glissement / trentaine de maisons fissurées Berly, 22 octobre 1954 glissement, coulée de boue / 262 morts Pétionville, 19 novembre 1963 glissement, coulée de boue / 16 morts Port-au-Prince (Vivy Mitchell), 07/10/2003 (amorcé en 1998) glissement (supérieur à 100 000 m3) / 5 maisons détruites “Dieumoune” Marigot, 4 juin 1986 et 19 juin 1996 glissement (après des pluies diluviennes) Cap-Haïtien, décembre 2003 glissement (après des pluies diluviennes) Malpasse, Fonds Verret, Gossie, 4 mai 2004 glissement, coulée / 329 morts Marcadieu (Port-au-Prince), 1987 ? éboulement (après des pluies diluviennes) Côtes-de-Fer, 7 juin 2005 glissement / 1 mort Route Port-au-Prince/Pétionville au niveau de Bourdon-Reinbold, 11 décembre 1987 glissement Cap-Haïtien (quartier La Vigie), année 2005 chutes de blocs / 2 morts, 1 maison détruite Saut-d’Eau, 12 septembre 2005 glissement Treuil, au Nord de la ville de Gros Morne, 29 janvier 1988 glissement, 100.000 m / 5 morts, 4 maisons détruites Kenscoff (Mahotière), décembre 2006 glissement - coulée Port-au-Prince (Canapé Vert), 23 avril 2008 Port-au-Prince (Delmas 32), 16 au 22 octobre 1989 glissement / 3 morts/ 60 blessés, 200 maisons détruites glissement / 3 morts, plusieurs maisons détruites Port-au-Prince (Musseau), novembre 2008 glissement / plusieurs maisons détruites Port-Salut, 2 octobre 1994 glissement / 1 mort Cap-Haïtien (quartier Carenage), 15 février 2010 chutes de blocs / 4 morts Port-Margot, 23 mars 1996 glissement, coulée de boue / 6 morts Saint-Louis-du-Nord (Villarseaux), 2011 Reptation / 1 maison détruite Cité Militaire, Port-au-Prince, 29 mai 1996 glissement / 1 mort Cap-Haitien (Bel-Air), nuit du 25 – 26 mai 2011 glissement / 3 morts, 1 maison détruite Ganthier, 15 juin 1996 glissement / 1 mort Marigot (La Diomoune), juin 1996 glissement - coulée de boue Port-au-Prince (Morne l’Hôpital, Juvénat), nuit de 28-29 mars 2012 Eboulement (après des pluies diluviennes) / 6 morts, maisons détruites Guillomon du SE, 20 juin 1996 glissement (après des pluies diluviennes) / 3 morts Saint-Louis-du-Nord (Suffort), 2012 glissement / plusieurs maisons détruites Port-de-Paix (Quartier Fatima), 2012 glissement Carrefour, 23 octobre 1996 chutes de blocs /2 morts Port-de-Paix (QuartierLoterie), 2012 glissement (volume environ 100 000 m3) Carrefour, 2 mai 1997 chutes de blocs / 5 morts, 4 maisons détruites Cap-Haïtien (Haut Charrier), novembre 2012 coulée de boue / 8 morts ? Port-de-Paix (Petit-Etang), nuit du 27 au 28 décembre 2001 glissement (après des pluies diluviennes) / 5 morts Cap-Haïtien (quartier Calvaire Jouissant) chutes de blocs / 2 morts, 1 maison détruite Port-au-Prince, Delmas 95 (Vivy Mitchell), mai 2002 glissement Balais au Port-à-Piment, 21 au 22 juin 2002 glissement 3 3 Sources : BME (plaquette, « Connaissons mieux les glissements de terrain »), Mora-Castro et al. 2012 ; Terrier et Nachbaur, 2013 ; Nachbaur et al., 2014 ; Jean et al., 2015. 42 Atlas des menaces naturelles en Haïti Cartographie de la menace mouvement de terrain Périmètres des études de la menace Mouvement de terrain en Haïti Le premier travail de cartographie des mouvements de terrain couvrant l’ensemble du territoire haïtien a été réalisé en 2010 dans le cadre du projet NATHAT. Cette étude aborde les menaces de mouvements de terrain, mais aussi celles d’autres phénomènes naturels : sismicité, tsunamis, inondations, sécheresse, et érosion des sols. Les données de base utilisées pour l’évaluation des menaces de mouvements de terrain sont la carte géologique d’Haïti au 1/250 000, ainsi que les données altimétriques du Shuttle Radar Topography Mission ou SRTM (taille de la maille : 90 m). Des hypothèses ont été faites sur les propriétés mécaniques des formations du sous-sol, la profondeur de la nappe d’eau, ainsi que l’épaisseur du sol. L’étude s’appuie sur un inventaire des mouvements de terrain qui a été établi après le séisme du 12 janvier 2010. La carte de menaces de mouvements de terrain a été réalisée à l’échelle 1/900 000 (1 cm sur la carte représente 9 km sur le terrain). Elle constitue un document d’information à l’échelle nationale et constitue un outil d’aide à la décision. Dans cet atlas, elle est présentée sur l’ensemble du territoire à l’échelle 1/1 000 000. En 2012, l’IMSRN et Sogreah ont réalisé une cartographie détaillée de la menace de mouvements de terrain sur 8 quartiers de Port-au-Prince (morne Hercule, morne Lazard, Nérette, bas Canapé Vert, Bois Patate, JeanBaptiste, morne Ebo et morne Villa Rosa). Cette étude concerne à la fois les mouvements de terrain et les inondations. Les données altimétriques utilisées sont celles issues des levés LIDAR (résolution à la maille de 1 m). Des coupes géologiques, des investigations géophysiques de surface et des mesures des propriétés mécaniques des roches ont été faites. Les cartes sont établies à l’échelle du 1/ 2 000 (1 cm sur la carte équivaut à 20 m sur le terrain). Elles sont accompagnées de recommandations pour l’aménagement du territoire et la construction du milieu bâti. Des mouvements de terrain peuvent être déclenchés par la propagation des ondes sismiques dans le sol et le sous-sol. On parle dans ce cas d’effets induits par le séisme. C’est pour cette raison que dans le programme de microzonage sismique de plusieurs grandes villes du pays, la cartographie des mouvements de terrain a été réalisée avec précision (échelles du 1/25 000 et du 1/10 000). Cette cartographie a concerné : la région métropolitaine de Port-au-Prince, Remarque : les références relatives aux études recensées sont indiquées en fin de document dans le tableau qui accompagne la carte de synthèse des études. Cap-Haïtien, Port-de-Paix, et Saint-Louis-du-Nord. Un inventaire le plus exhaustif possible des mouvements de terrain a été conduit, et de nombreuses observations ont été faites in situ grâce à une lecture à la fois géologique et géomorphologique du paysage. Ces travaux ont été menés entre 2012 et 2015 conjointement par le BME, le LNBTP et le BRGM. Les cartes présentées dans l’atlas sont extraites des travaux de Terrier et al. (2013) et de Nachbaur et al. (2014). 43 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace MOUVEMENT DE TERRAIN sur cinq quartiers de PORT-AU-PRINCE 44 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace MOUVEMENT DE TERRAIN sur l'agglomération de PORT-AU-PRINCE 45 La menace MOUVEMENT DE TERRAIN 72°15'O 72°14'O 72°13'O 72°12'O Atlas desdes menaces naturelles enen Haïti Atlas menaces naturelles Haïti CAP-HAÏTIEN Carte de la menace MOUVEMENT Carte sur d'Aléa DE TERRAIN la ville de CAP-HAÏTIEN 19°46'N # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # $ + " " # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # Modéré Moyen Moyen Moyen Elevé Elevé Elevé Mouvements de terrain observés Cap-Haitien Chute de blocs (obs. terrain) Chute de blocs/ Coulée (obs. terrain) Glissement / Chute de blocs (obs. terrain) Glissement / Chute de blocs (obs. phot. aér.) $ + Glissement (obs. terrain) Glissement / Coulée (obs. terrain) 19°45'N $ + Glissement / Reptation (obs. terrain) Source des données : MICROZONAGE SISMIQUE DE CAP HAÏTIEN (Planche 4 : Carte d'aléa mouvements de terrain) BME - LNBTP - BRGM . # # 0 0,25 0,5 1 Km Echelle : 1 / 25 000 Image satellitaire : Esri, DigitalGlobe, GeoEye, i-cubed, USDA, USGS, AEX, Getmapping, Aerogrid, IGN, IGP, swisstopo, and the GIS User Community 73°O 72°O 20°N 74°O Cuba 20°N 19°44'N OCÉAN ATLANTIQUE Port-de-Paix " " NORD-OUEST Cap-Haitien " " Fort-Liberté " " NORD NORD-EST Gonaives " " ARTIBONITE Mer des Caraïbes Hinche 19°N " " CENTRE Jérémie " " PORT-AU-PRINCE GRANDE-ANSE SUD NIPPES [ OUEST [ Miragoane " " JacmelSUD-EST Cayes " " " " 72°15'O 72°14'O 72°13'O 72°12'O 46 Projection : UTM Zone 18 Nord - WGS84 74°O 73°O 18°N Mer des Caraïbes 18°N 19°45'N Glissements Modéré $ + 19°44'N Coulées de boue Modéré 19°N # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # Chutes de blocs République Dominicaine 19°46'N $ + 72°O Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace SEISME 48 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Séisme 49 La menace Séisme Qu’est-ce qu’un séisme ? ●● une intensité : elle caractérise les effets observés du séisme sur l’environnement et les Un séisme (ou tremblement de terre) est provoqué par une rupture brutale entre deux compartiments rocheux de la croûte terrestre séparés par une cassure (faille). Cette rupture génère des vibrations (les ondes sismiques) qui se propagent dans le sous-sol jusqu’à la surface du sol. habitations en un site donné. L’échelle d’intensité la plus utilisée en Amérique du Nord est l’échelle MMI (Modified Mercalli Intensity). Elle comporte 12 degrés. A partir de l’intensité VI, la vibration est ressentie par l’ensemble de la population ; l’intensité IX donne lieu à des dommages considérables aux constructions. L’intensité XII correspond à une destruction quasi-totale des ouvrages. Un même séisme est ressenti avec des intensités différentes selon la distance à l'épicentre et selon les caractéristiques locales (effets de site) ; Un séisme est défini par : ●● un foyer : c’est l’endroit de la faille où se produit la rupture et d’où partent les ondes sismiques ; ●● une magnitude : elle représente l’énergie libérée au foyer du séisme. L’échelle de Richter est la plus communément utilisée. Une augmentation de 1 degré de magnitude revient à multiplier environ par 30 l’énergie libérée lors du séisme. ●● un épicentre : il s’agit du lieu situé à la surface terrestre exactement à la verticale du foyer, où l’intensité du séisme est la plus importante ; Représentation schématique des effets de site d'un séisme Amplification des effets par la topographie (effets directs) Rupture de surface Éboulement (effets induits) Glissement de terrain (effets induits) • Aplification des effets para la nature du sous-sol (effets directs • Liquéfaction (effets induits) er r "L seu las @C ue isq A" AC nP ee iqu m sis 50 Atlas des menaces naturelles en Haïti L’évaluation de la menace sismique Effets de site Effets de site lithologiques Evaluer la menace sismique consiste à déterminer la probabilité qu’au cours d’une période de référence, une secousse sismique atteigne ou dépasse une certaine intensité sur une région ou un site donné. L’étude est réalisée sans tenir compte des conditions topographiques et géologiques locales. Le mouvement sismique (ou vibratoire) de référence est considéré « au rocher » et en terrain horizontal. Il s’agit de l’évaluation de l’aléa sismique régional. Toutefois, ce mouvement vibratoire peut varier localement en raison de la topographie et/ ou de la constitution du sous-sol ; on parle dans ce cas d’effet de site. Les ondes sismiques peuvent se trouver « piégées » dans le relief ou au sein des vallées alluviales, provoquant une amplification du train d’onde. Par ailleurs, la vibration sismique peut engendrer ou induire d’autres phénomènes naturels ; on parle dans ce cas d’effets induits. On distingue les effets suivants : Effets topographiques Effets induits Rupture en surface d’une faille ●● la rupture en surface du plan de faille : selon la magnitude du séisme et sa profondeur Liquéfaction du sol focale, la rupture du plan de faille actif peut se propager jusqu’à la surface du sol ; le déplacement (ou rejet) peut atteindre quelques centimètres à plusieurs mètres ; ●● la liquéfaction des sols : elle concerne les milieux sableux ou limoneux gorgés d’eau. Le mouvement sismique peut provoquer un tassement rapide des sédiments. L’eau mise sous pression est expulsée. La déconsolidation brutale du matériau se traduit par une perte de résistance du sol qui se comporte alors, momentanément, comme un liquide ; ●● les mouvements de terrain : la vibration sismique peut donner lieu au déclenchement Mouvements de terrain d’instabilités de terrain telles que les chutes de blocs, glissements de terrain, effondrement de cavités souterraines ; @Laurent Barret, modifié ●● le tsunami : en cas d’évènement sismique en mer avec rupture du plan de faille jusqu’à la Tsunami surface du sol, le déplacement du fond marin engendre la mise en mouvement brutale de la tranche d’eau située au-dessus. Dans le cadre de l’évaluation locale de l’aléa sismique (ou « microzonage sismique »), il s’agit 1) de prendre en considération les conditions locales et d’évaluer les effets (en particulier amplification de la vibration) qu’elles peuvent entraîner par rapport au mouvement sismique au rocher, et 2) d’évaluer les autres phénomènes naturels qui pourraient être induits par la vibration sismique. 51 La menace Séisme Pourquoi des séismes en Haïti ? L’archipel des Grandes Antilles, auquel appartient l’Ile d’Hispaniola, marque la frontière entre la plaque tectonique nord-américaine et la plaque tectonique Caraïbe. Dans cette zone, plusieurs blocs de la croûte terrestre sont pris en étau entre ces deux grandes plaques, lesquelles convergent l’une vers l’autre à une vitesse de l’ordre de 2 cm/an, selon une direction moyenne nord-est—sud-ouest. Ce mouvement des plaques tectoniques nord-américaine et caraïbe se traduit par des déformations le long de zones de rupture (failles). Enfin, au sud de la République Dominicaine, la faille de Muertos marque le chevauchement du microbloc d’Hispaniola sur la plaque Caraïbe. Ces failles résistent d'abord au déplacement inexorable des plaques en accumulant de l'énergie élastique pendant plusieurs dizaines ou centaines d'années, avant de céder et de relâcher brutalement toute cette énergie, donnant lieu ainsi à un séisme de forte magnitude. Le contexte sismotectonique de l’île d’Hispaniola se caractérise par : Au nord, se trouve le système de failles Septentrional : long de plus de 800 km, visible au nord-est puis au nord de la République Dominicaine, il longe le littoral nord haïtien à proximité de la ville de Cap-Haïtien, puis entre l'île de la Tortue et Port-de-Paix ; enfin, il traverse, à l’Ouest, le passage du Vent pour longer ensuite le sud de l’île de Cuba. Selon des mesures géodésiques (GPS) et géologiques, un déplacement horizontal de 9 (±2) mm/an est probable au niveau du système de failles Septentrional. Au sud, le système de failles d’Enriquillo (ou système de failles d’Enriquillo-Plantain-Garden) : long de plus de 600 km, visible depuis le lac d’Enriquillo, il prend en écharpe l'ensemble de la presqu'île du Sud d'Haïti, puis passe en mer et rejoint, à l’ouest, l'île de la Jamaïque. Selon des mesures GPS, un déplacement horizontal de 7 (±2) mm/an est probable au niveau du système de failles d’Enriquillo. ●● un aléa sismique important aux extrémités nord et sud d’Haïti et une sismicité diffuse et moins connue sur la partie centrale de l’île ; ●● des séismes de forte magnitude (6 à 8) aux conséquences désastreuses dans les zones peuplées. Carte des principales failles actives, des séismes majeurs et, des différentes plaques et microblocs tectoniques structurant l’Ile d’Hispaniola Ces deux systèmes entrainent un mouvement horizontal des plaques situées de part et d’autre, vers l’est pour la plaque tectonique caraïbe, et vers l’ouest pour la plaque tectonique nord-américaine. Les systèmes de failles Septentrional et d’Enriquillo ont été le lieu de séismes historiques majeurs. Le séisme de 2010 a trouvé son origine à proximité du système de failles d’Enriquillo. Le microbloc d’Hispaniola, pris en étau entre ces deux systèmes subit quant à lui des mouvements compressifs, faisant jouer des failles, comme celle des Matheux, donnant lieu à un chevauchement entre-eux des blocs structuraux de la chaîne transhaïtienne à l’origine des reliefs d’orientation nord-ouest – sud-est dans la partie centrale du pays. Au large du littoral nord d’Hispaniola, la zone de subduction de la plaque nord-américaine est concrétisée par la faille Nord-Hispaniola. 52 Atlas des menaces naturelles en Haïti La surveillance sismique à partir d’un réseau de stations instrumentales spécifiques permet de capter même les plus petits tremblements de terre, de localiser leurs foyers, et d’affiner la connaissance de l’activité des failles simogènes. L'Unité Technique de Sismologie (UTS) au sein du Bureau des Mines et de l'Energie (BME) gère actuellement un parc constitué d’une douzaine de stations sismologiques réparties sur l’ensemble du territoire national. Système de transmission par satellite des enregistrements sismiques, station de Cap-Haïtien Carrefour-La-Mort Les événements sismiques majeurs en Haïti Port-au-Prince, séisme du 12 janvier 2010. À l’épicentre, l’intensité MMI a atteint le degré IX En Haïti, les témoignages historiques sur les tremblements de terre couvrent une période d’à peine plus de 300 ans. Les premières observations rapportées sur cette partie occidentale de l’île d’Hispaniola concernent le séisme du 9 novembre 1701. Quatre séismes ont eu des conséquences désastreuses en Haïti (destructions de villes, nombreuses victimes) : ©BRGM – J.M. Momtpelat Le réseau d’enregistrement sismique haïtien ●● 21 novembre 1751, plusieurs dizaines de victimes ; ●● juin 1770 qui a affecté très violemment Port-au-Prince, plusieurs centaines de victimes ; ●● mai 1842 qui a détruit Cap-Haïtien et les principales villes du nord, plusieurs milliers de victimes ; ●● janvier 2010, détruisant une nouvelle fois la capitale haïtienne, 230 000 personnes décédées. La liste des principaux séismes connus, ci-contre, illustre deux axes majeurs à partir desquels se déclenchent des séismes importants : la frange côtière nord d’Haïti, le long du système de failles Septentrional ; la Péninsule du Sud, le long du système de failles d’Enriquillo. 53 ©BRGM - D. Bertil ©BRGM - D. Bertil D’autres ont été moins meurtriers car ils se sont produits dans des zones moins habitées (séismes de 1860, 1911, 1952) ou ont été plus lointains (octobre 1751 au sud-est de l’île, septembre 1887 en mer entre Haïti et Cuba, avril 1962 en mer au nord d’Haïti). De plus, quelques témoignages sont relatés à propos de fortes secousses ayant fait des victimes, mais dont l’épicentre reste encore inconnu. Il s’agit, en particulier, des séismes du 20 novembre 1818 à Cap-Haïtien et du 27 mai 1924 à Port-de-Paix (séismes non indiqués dans le tableau de cette page). La partie centrale de l’île, moins active, n’est cependant pas exempte de menace sismique, comme le séisme du 6 octobre 1911, très fortement ressenti dans la région de Hinche, l’a montré. La menace Séisme Principaux séismes recensés en Haïti (séismes de magnitude estimée supérieure ou égale à 6, avec des dommages ou des victimes et une localisation épicentrale a priori connue) Profondeur Magnitude du foyer calculée ou (km) estimée Date Latitude (°N) longitude (°O) 9 novembre 1701 18.42 -72.65 6.5 Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo Dommages à Léogane et dans la Plaine du Cul-de-Sac. Quelques victimes. 18 octobre 1751 18.36 -70.84 7.5-8.0 Sud-Est d'Haïti, faille de Muertos Destruction de Azua en République Dominicaine, avec tsunami. Fortes secousses et dommages à Port-au-Prince. 21 novembre 1751 18.54 -72.32 6.6 Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo Destruction de Port-au-Prince. Plusieurs dizaines de victimes. 3 juin 1770 18.50 -72.86 7.5 Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo Destruction de Port-au-Prince, Léogane, Petit-Goave. Plusieurs centaines de victimes. 7 mai 1842 19.80 -72.20 7.6 à 8.0 Système de failles Septentrional Destruction de Cap-Haïtien, Port-de-Paix, Môle Saint-Nicolas, Fort-Liberté. Plusieurs milliers de victimes. 8 avril 1860 18.55 -73.17 6.3 Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo Dommages importants à Anse-à-Veau. Pas de victimes. 23 septembre 1887 19.95 -73.73 6.7 à 7.8 Système de failles Septentrional Dommages les plus importants à Môle-Saint-Nicolas. Dommages à Port-de-Paix, Cap-Haïtien. (Pas de victimes ?) 6 octobre 1911 18.95 -71.12 7.0 Partie centrale de l'île, système de failles Transhispaniola Partie centrale de l'île (en Haïti, zone la plus affectée dans la région de Hinche). Pas de victimes. 28 octobre 1952 18.51 -73.52 24 6.0 Péninsule du Sud, faille d’Enriquillo Dommages et victimes à Anse-à-Veau (6 morts ?). 9 juillet 1956 20.00 -72.95 39 6.2 Système de failles Septentrional Dommages à Port-de-Paix et Jean Rabel. 20 avril 1962 20.38 -72.20 25 6.6 En mer, au Nord d'Haïti, faille Nord Hispaniola Dommages modérés dans différentes villes du Nord. Pas de victimes. 12 Janvier 2010 18.38 -72.59 15 7.0 Péninsule du Sud, en relation avec la faille d’Enriquillo Dommages principaux à Léogane et Port-au-Prince. Selon les estimations officelles, 230 000 morts, ~ 100 000 maisons détruites et ~200 000 endommagées. Origine probable Principaux effets Remarque : Les indications sur les magnitudes des séismes anciens (non enregistrés par les sismographes) sont interprétées d’après les descriptions les plus contemporaines de l’évènement, les connaissances sismotectoniques et à l’aide de relations empiriques. Elles sont assujetties à une incertitude qui est plus ou moins élévée selon le séisme. 54 Atlas des menaces naturelles en Haïti Le séisme du 12 janvier 2010 grande majorité des constructions, la conception et les pratiques de construction en Haïti ne tiennent, en effet, pas du tout compte des forces destructices mises en œuvre par les séismes. De plus, la population n’était pas préparée à réagir pour se protéger, ce qui a sans doute aggravé le nombre de victimes. Ses caractéristiques Un séisme de magnitude 7.0 s’est produit le 12 janvier 2010 à 16h 53mn, heure locale. L’épicentre se situait approximativement à 20-30 km à l’ouest–sud-ouest de l’agglomération de Port-au-Prince. L’origine de ce séisme a été dans un premier temps, associé au système de failles d’Enriquillo, mais les études scientifiques ont montré, par la suite, une origine plus complexe, liant ce séisme à des accidents tectoniques moins connus, en relation toutefois avec le système de fracturation principal d’Enriquillo. Dans les deux semaines qui ont suivi, environ 52 répliques de magnitude entre 4,2 et 5,9 ont été enregistrées. Les effets de site L’installation de stations sismiques temporaires a permis l’enregistrement des répliques du séisme du 12 janvier 2010. L’analyse de ces enregistrements a montré des amplifications significatives des ondes sismiques sous certaines stations (Hough et al., 2010) indiquant la présence d’effets de site. Les études de microzonage sismique effectuées par le BRGM, le LNBTP et le BME dans la région métropolitaine de Port-au-Prince ont permis de cartographier les différents types de sols et de caractériser leur réponse aux sollicitations sismiques. Sur une grande partie de l’agglomération, la qualité des sols et des roches du sous-sol est hétérogène et certaines caractéristiques physiques des formations géologiques superficielles peuvent modifier les paramètres de propagation des vibrations (amplitude, fréquence et durée) en aggravant le comportement des bâtiments. Des effets de site topographiques sur les reliefs du sud de la ville pourraient expliquer certains dommages importants, comme celui de l’effondrement des bâtiments de l’hôtel Montana. Le bilan humain et les dommages aux bâtiments Les zones affectées par des secousses violentes (Intensité VIII et plus) ont été très étendues, allant de Petit-Goâve, à l’ouest, à la Croix des Bouquets, à l’est ; et, de plus, densément peuplées (2.8 à 3 millions de personnes ont été exposées). Il a été officiellement rapporté plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 millions de sans-abris. Ce séisme a été l’un des plus meurtriers historiquement connus, après ceux de Tangshan en Chine en 1976, et de Sumatra en Indonésie en 2004. Près de 200 000 bâtiments ont été fortement endommagés ou totalement détruits (Miyamoto, 2011). A Port-au-Prince, les analyses d’endommagement de l’UNOSAT à partir de photographies aériennes et d’images satellite ont montré que 20 à 30 % des bâtiments ont été sévèrement endommagés ou détruits. Le niveau de dévastation a été anormalement disproportionné par rapport à la magnitude du séisme. La cause principale en est la forte vulnérabilité du milieu bâti en Haïti. Pour la très La répartition des dommages n’est pas uniforme. Des concentrations de dommages dans certains quartiers, ou formant des alignements, sont observés et ne peuvent pas s’expliquer uniquement par des concentrations de bâti très vulnérables à la sismicité. Des caractéristiques locales défavorables (faible cohésion, hétérogéneité…) des sols et des roches du sous-sol ont sans doute amplifié le phénomène (effets de site). Carte des intensités sismiques du séisme du 12 janvier 2010 Carte de la répartition des dommages provoqués par le séisme du 12 janvier 2010 L'interprétation des niveaux de dommages a été faite sur la base des images aériennes ou satellites UNOSAT. La correspondance des coleurs est la suivante : – bleue à marron : destruction du bâti ; – rouge : dommages importants ; – jaune : dommages moyens ; – blanche : pas de dommage visible. Carte d'après USGS/PAGER Alert Version 8, modeifée Carte d’après UNOSAT/UNITAR, 2010 55 La menace Séisme La liquéfaction des sols A Port-au-Prince, les conséquences du phénomène redoutable de liquéfaction des sols ont été particulièrement dommageables à certaines infrastructures. Les glissements latéraux des sols, parfois sur plusieurs mètres d’épaisseur (jusqu’à 2,6 m observé localement), ont entrainé avec eux les aménagements de surface tels que les quais et les grues du Port. Evolution du trait de côte de Port-au-Prince au cours des 3 derniers siècles Les tassements générés en surface ont mis hors d’usage certains bâtiments ; jusqu’à 80 cm de tassements différentiels ont été observés au droit d’un hangar. Les éjections de sédiments fins (« volcans » de sable) à la surface du sol ont témoigné également des déformations en profondeur. Certains pieux de fondations des quais du port auraient été cisaillés par les déplacements horizontaux engendrés par le phénomène. La liquéfaction induite par le séisme du 12 janvier 2010 a préférentiellement affecté les zones récemment remblayées (postérieures à 1967) du littoral de Port-au-Prince. Les zones plus anciennement remblayées (antérieurement à 1967) ont également été touchées, mais de manière moins importante. Les terrains « en place » (antérieurement au 18ème siècle) pourraient également avoir été affectés, mais de manière plus modeste. Zone portuaire de Port-au-Prince – exemple des désordres provoqués par la liquéfaction des sols suite au séisme du 12/01/2010 Ejections de l'eau et du sable à travers les fisures durant le secousse sismique Avant séisme Glissement des berges dus à la parte de résistance du sous sol lors de la vibration sismique Après séisme D’après Belvaux et al., 2013 Photos extraites de Green et al., 2011 56 Atlas des menaces naturelles en Haïti Les répliques du séisme Les répliques du séisme du 12 janvier 2010 entre le 14 février et le 1er mars 2010 Dans les heures et même les jours et semaines qui suivent un séisme important, il est fréquent que d’autres secousses soient ressenties. On parle de répliques. Le séisme du 12 janvier 2010 a été suivi de nombreuses répliques. 18°50' Dans la figure ci-contre, on voit la localisation des répliques du séisme du 12 janvier 2010 entre le 14 février et le 1er mars 2010, localisées à partir des stations sismiques temporaires installées un mois après la secousse principale (triangles gris sur la carte). 18°40' 18°30' Les répliques se répartissent sur une cinquantaine de kilomètres, englobant la zone de rupture du séisme principal (étoile jaune sur la carte). 18°20' 18°10' 18°00' -73°30' -73°20' -73°10' 73°00' -72°50' -72°40' -72°30' -72°20' -72°10' -72°00' Carte d’après Mercier de Lépinay et al., 2011 57 La menace Séisme Cartographie de la menace séisme Périmètres des études de la menace Séisme en Haïti Carte de la menace sismique au 1/1 000 000 Celle-ci repose sur une interprétation des cartes d’aléa sismique régional de Frankel et al. (2010). L’aléa y est représenté sous la forme de l’accélération maximale du sol (en anglais, Pic Ground Acceleration - PGA) pour une période de retour de 2 475 ans, soit une probabilité de dépassement de 2 % sur 50 ans. L’accélération est exprimée en pourcentage de l’accélération due à la pesanteur (g = 9,81 m/s2). Sur la carte de menace sismique au 1/1 000 000, 3 niveaux de menaces sont indiqués : 1) élevé (PGA > 48 % g) ; 2) moyen (PGA entre 25 et 48 % g) ; 3) modéré (PGA < 25 % g). Dans cette représentation, la menace de niveau élevé correspond aux secteurs situés à proximité des grands systèmes de failles actives : Enriquillo, au sud, Septentrional, au nord. L’étude de Frankel et al. (2010) indique aussi un niveau d’aléa élevé pour les failles de la chaîne des Matheux au Nord de la plaine du Cul-de-Sac. Il existe d’autres systèmes de failles considérés comme potentiellement actifs en Haïti, mais ces derniers sont encore très mal connus. Dans ces régions, la menace est de niveau moyen. Des séismes forts et destructeurs y sont possibles mais avec des périodes de retour que l'on ne sait pas bien évaluer aujourd’hui. De plus, les forts séismes localisés dans les zones de niveau de menace élevé seront susceptibles d’être ressentis aussi dans ces zones plus éloignées de l’épicentre, mais avec une intensité moindre. Enfin, un niveau de menace modéré concerne des zones plus éloignées d’Haïti, au large du golfe de la Gonâve, ainsi dans la partie méridionale de la Péninsule du Sud. Elles ne sont pas représentées sur la carte au 1/1 000 000. En plus des zones d’accélération sismique, la carte montre aussi les épicentres des séismes majeurs, ainsi que les principales failles supposées. Remarque : les références relatives aux études recencées sont indiquées en fin de document dans le tableau qui accompagne la carte de synthèse des études. aménageurs, aux ingénieurs structure, aux architectes, mais aussi à l’ensemble de la population, le microzonage sismique a un caractère opérationnel, très appliqué, utilisable aussi bien pour la reconstruction des zones détruites que de manière préventive dans une politique d’aménagement du territoire prenant en compte les risques naturels. Cartographie de l’aléa sismique local : le microzonage La méthode du microzonage sismique qui a été appliquée à plusieurs zones urbaines du territoire haïtien fortement exposées aux tremblements de terre, a pour objet de réduire la vulnérabilité de ces zones. Le microzonage aboutit à une catégorisation par secteurs géologiques et/ou topographiques homogènes en fonction de leur niveau de danger. Il identifie les zones où des effets de site importants sont susceptibles de survenir et prend également en compte les phénomènes associés de mouvements de terrain et de liquéfaction des sols. Destiné aux décideurs, aux Les cartes présentées ci-après sont extraites des microzonages sismiques de Port-au-Prince et de Cap-Haïtien, réalisées conjointement par le BRGM, le BME et le LNBTP (Bertil et al., 2013, 2014). Les cartes présentent le zonage des sols par rapport à leur réponse à la vibration sismique. 58 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace SEISME sur la ville de CAP-HAÏTIEN Effets de site lithologiques : Classes de sols 59 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace SEISME sur l'agglomération de PORT-AU-PRINCE Effets de site lithologiques : Classes de sols 60 Carte de la menace TSUNAMI Historique Tsunamis Chronique des historique Séismes tsunamigènes Observations de tsunamis 22 janvier 2010 22 septembre 1887 8 avril 1860 7 mai 1842 3 juin 1770 Autres séismes destructeurs 62 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Tsunami 63 Qu’est-ce qu’un tsunami ? suivante) n’est pas exhaustive ; elle dépend des témoignages historiques (écrits contemporains de la survenance du tsunami) qui ont pu être retrouvés. En plus du tsunami de 2010, enregistré sur la Péninsule du Sud d’Haïti, tous ont été liés à un séisme majeur. Le tsunami le plus fort qu’ait connu Haïti est celui de 1842. Il a touché toute la côte nord du pays. Un tsunami (du japonais tsu : port et nami : vague) est un train d’onde provoqué par un mouvement de flux et de reflux d’un grand volume d’eau (mer, océan, lac). L’origine de la mise en mouvement de cette masse d’eau est la déformation importante et brutale des fonds marins. Le phénomène déclencheur est le plus souvent un séisme, un mouvement de terrain ou une éruption volcanique. Les effets au niveau du littoral L’exposition des côtes d’Haïti aux tsunamis Un tsunami correspond à la naissance et à la propagation d’une ou plusieurs vagues, souvent destructrices à leur arrivée sur le rivage. Contrairement aux vagues ordinaires provoquées par le vent, qui ne perturbent que la surface de l’eau, les vagues du tsunami propagent leur énergie jusqu’au fond de la mer. Près du rivage, cette énergie est concentrée dans le sens vertical en raison de la diminution de la profondeur et dans le sens horizontal en raison du raccourcissement de la longueur d’onde qu’entraîne le ralentissement des vagues. Du fait de sa situation géodynamique en limite des plaques tectoniques nord-américaine et caraïbe, Hispaniola se trouve à proximité de plusieurs grandes failles dont l’activité sismique est capable de générer des tsunamis. Parmi celles-ci, il s’agit, en particulier : ●● de la faille Nord Hispaniola, localisée environ 80 km au nord du littoral haïtien, et son prolongement vers l’est, matérialisé par la fosse de Puerto Rico ; Dans certains cas, le tsunami peut entraîner une inondation relativement anodine des zones côtières basses, submergeant les terres comme une marée qui monte rapidement. Dans d’autres cas, il peut déferler en une muraille d’eau souvent très destructrice. Enfin, des courants forts et inhabituels accompagnent parfois les tsunamis, même petits. ●● du système de failles Septentrional, lequel longe le littoral nord haïtien ; ●● du système de failles d’Enriquillo, qui traverse toute la Péninsule du Sud d’Haïti et s’étend vers l’ouest jusqu’à la Jamaïque ; ●● de la faille de Muertos, au large du littoral méridional de la Républicaine Dominicaine. Les dégâts causés par les tsunamis sont le résultat direct de trois facteurs : inondation, impact des vagues sur les constructions et autres infrastructures et érosion du rivage. Par ailleurs, des mouvements de terrain sous-marins ou au niveau de la façade littorale peuvent se produire. Ces mouvements de terrain peuvent être déclenchés par des vibrations sismiques et peuvent, à leur tour, générer des tsunamis. C’est ce qui s’est passé en 2010, en mer à l’ouest de Port-au-Prince. Les signes annonciateurs du tsunami sont dans la plupart des cas : ●● une vibration sismique, si l’épicentre du séisme est suffisamment proche ; Une dizaine de tsunamis sont aujourd’hui connus pour avoir affecté les côtes d’Hispaniola depuis la colonisation. La liste des tsunamis historiques ayant pu toucher Haïti (voir tableau en page ●● un comportement anormal de la mer, caractérisé par le retrait ou la montée rapide des eaux du rivage, et parfois par un grondement important généré par le déferlement des vagues. Représentation schématique d'un tsunami Déferlement sur le rivage et innondation Propagation Extrait des documents « Tsunamis and You, Living more safely with natural hazards », Australia • hazards@ga.gov.au Genèse 64 Atlas des menaces naturelles en Haïti Tsunamis ayant touché Hispaniola et référencés dans la littérature Date Origine supposée Séisme au niveau de la Fosse de 18 octobre 1751 Muertos 03 juin 1770 11 Février 1775 07 mai 1842 Séisme de magnitude 7 à 7.5 Localisation Observations Dommages Commentaires Azua de Compostela (République Dominicaine) Destruction de la ville d'Azua Destruction de toutes les maisons Saint-Domingue (République Dominicaine) Vagues et dommages Tsunami parfois contesté, notamment du fait qu’un cyclone a provoqué des submersions marines quelques jours après et a pu entretenir une confusion sur les raisons de la submersion. Port-au-Prince – Arcahaie - La Saline Golfe de la Gonâve(Haïti) La submersion aurait atteint 1.5 lieues. A Port-au-Prince, la mer est montée de 20 pieds et a ravagé la terre sur 1/4 de lieue. Séisme de magnitude 7 Séisme de magnitude 8.1 08 avril 1860 Séisme de magnitude 7 près de Anse-à-Veau 23 septembre 1887 Séisme au large du Môle SaintNicolas Il y aurait eu 200 morts environ (par le séisme ?) Dommages importants Port-de-Paix (Haïti) Reflux sur une centaine de mètres, puis flux avec une inondation par près de 5 m d'eau, atteignant le « Morne des Pères »; nouveau reflux ayant découvert le fond du canal de la Tortue. Une centaine de morts et de très nombreuses maisons renversées par le tsunami Cap-Haïtien (Haïti) Inondation des rues commercantes du front de mer Une vingtaine de morts Môle Saint-Nicolas (Haïti) Tsunami observé Jérémie - Anse -à-Veau (Haïti) Grosses vagues Delta de la rivière du Massacre, entre Fort-Liberté et Pepillo Salcedo (Haiti et République Dominicaine) & Delta de la rivière Yaque à Monte Cristi (République Dominicaine) Delta submergé avec inondation des abords Saint-Domingue (République Dominicaine) Vagues de 1,6 à 2 m de hauteur Anse-à-Veau (Haïti) Inondation de la basse-ville Miragoane - Les Cayes - Aquin - Golfe de la Gonave (Haïti) Tsunami observé Môle Saint-Nicolas (Haïti) Golfe de la Gonâve – Jeremie - Anse d'Hainault (Haïti) Tsunami observé avec retrait, avant l'arrivée des vagues 65 Les lieux affectés restent inconnus, et il subsiste des doutes sur la date (cet événement pourrait être confondu avec d’autres rapportés en mars et décembre 1775). Le séisme en lui-même a été dévastateur (5 000 à 6 000 morts à Cap-Haïtien, 200 morts à Port-de-Paix, 200 morts à Saint-Yague). La hauteur de la vague sur le Nord d'Haïti a été globalement estimée à 2 m. Destruction de la ville La menace Tsunami Tsunamis ayant touché Hispaniola et référencés dans la littérature (cont.) Date Origine supposée Localisation Observations Dommages Commentaires 04 août 1946 Séisme de magnitude 8.1 au Nord-Est d'Hispaniola Secteur de Matancitas, depuis Cabrera jusqu'au Cabo Samana (République Dominicaine) Vagues de 4 à 5 m ayant inondé la côte Environ 1790 morts Matanzas (République Dominicaine) Vagues de 2,5 m de hauteur Egalement observé à Porto-Rico, aux Bermudes et aux USA (Floride, New-Jersey) 08 août 1946 Séisme de magnitude 7.9 environ (réplique de celui du 8 Août) Sabana de al Mar - Santo Domingo (République Dominicaine) Tsunami observé Egalement observé à Cuba, à Porto-Rico, aux Bermudes et aux USA (Floride, New-Jersey). 31 mai 1953 Séisme de magnitude 6.9 ? Puerto Plata (République Dominicaine) Vagues de 6 cm sur marégraphe Incertitude sur l’origine du tsunami qui pourrait être lié à l'ouragan Alice. Petit-Goâve, Grand-Goâve, Petit-Paradis, Léogâne (Haïti) Hauteurs d'eau atteignant 3 m, inondation sur quelques mètres à une cinquantaine de mètres Gonaïves (Haïti) Vagues significatives Jacmel (Haïti) Hauteurs d'eau atteignant 3 m, inondation sur plusieurs dizaines de mètres Cayes-de-Jacmel (Haïti) Zone inondée sur une vingtaine de mètres de largeur. Belle-Anse (Haïti) - Pedernales (République Dominicaine) Zone inondée sur quelques mètres de largeur. Anse-à-Pitres (Haïti) Zone inondée sur une dizaine de mètres de largeur. 12 janvier 2010 Mouvements de terrain et déplacement latéral liés au séisme de magnitude 7 Saint-Domingue (République Dominicaine) Hauteur 6,2 cm Au large, à 300 à 400 km au Sud des côtes de la République Dominicaine et de Porto Rico Un tsunamimètre a enregistré un tsunami 50 minutes après séisme, avec des amplitudes comprises entre 5 et 15 cm. 3 morts Le tsunami lié au séisme de 2010 aurait également été détecté à Porto-Rico et aux Îles Vierges Britanniques. Sources consultées : Flores et al. (2011), Fritz et al. (2010), Hornbach et al. (2010), McCann (2007), NATHAT (2010), NATHAT 2 (2011), OXFAM (2002), Zahibo (2010, 2012a, 2012b) 66 Atlas des menaces naturelles en Haïti Cartographie de la menace tsunami Périmètre des études de la menace Tsunami en Haïti La carte au 1/1 000 000 de la menace Tsunami a été établie à partir des observations historiques de tsunamis recueillies lors de différentes études et de la bibliographie scientifique disponible (cf. tableau sur les évènements historiques, dans le texte). Les sources sur les séismes sont citées dans le chapitre relatif à la menace sismique. Les failles sont interprétées d'après la carte géologique au 1/250 000 et complétées ou modifiées d'après les données bathymétriques et topographiques, ainsi qu’à partir de diverses publications. La carte de menace sur la zone de Cap-Haïtien est extraite de l’étude d’évaluation des risques liés aux tsunamis sur le Nord d’Hispaniola, réalisée par ARTELIA en 2014. La carte présente les résultats (hauteur d’eau à terre et vitesse du flux) obtenus pour un scénario de séisme de magnitude Mw 8,7 situé sur la faille Nord Hispaniola. La carte est présentée initialement à l’échelle 1/10 000. La carte de menace et d’évacuation en cas de tsunami de Fort-Liberté au 1/50 000 est issue d’une étude réalisée en 2012 par N. Zahibo pour le compte du SNGRD, avec un financement du Programme ECHO (European Commission's Humanitarian Aid and Civil Protection department) sous la coordination de l’UNESCO. Elle indique pour Fort-Liberté les zones qui sont a priori inondables pour un tsunami d’une hauteur de 8 m, généré par un séisme de mêmes caractérisqtiques que celui de 1842 (Mw = 8,2). Elle permet d’identifier les bâtiments à enjeux exposés (écoles, hôpitaux, commissariat, églises, mairie…), ainsi que les itinéraires d’évacuation et les zones de regroupement. Dans le cadre du même projet, des cartes de même nature ont été réalisées pour les villes de Port-de-Paix et de CapHaïtien. Remarque : les références relatives aux études recensées sont indiquées en fin de document dans le tableau qui accompagne la carte de synthèse des études. 67 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace TSUNAMI sur la ville de CAP-HAÏTIEN Carte de menace de Tsunami en cas de séisme de magnitude Mw. 8.7 sur la faille Nord Hispaniola 68 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace TSUNAMI sur la ville de FORT-LIBERTE Carte de menace et d'évacuation en cas de tsunami 69 Atlas des menaces naturelles en Haïti Carte de la menace SECHERESSE Susceptibilité à la sécheresse 70 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace Sécheresse 71 La menace Sécheresse Qu’est-ce que la sécheresse ? Evènements de sécheresses désastreuses relevées depuis 1726 en Haïti La sécheresse résulte d’une période de temps anormalement sans pluie qui persiste assez longtemps pour produire un grave déséquilibre en eaux de surface et souterraine. La gravité d'une sécheresse dépend du degré de déficience de l'humidité, la durée et la taille de la zone touchée. Date Indépendamment de l’origine de la sécheresse, les dégâts causés peuvent être les suivants : ●● diminution des rendements agricoles et pertes de récoltes ; ●● augmentation des disettes et des famines et, de surcroît, des épidémies en raison de la malnutrition ; ●● réduction du débit des rivières ; ●● baisse du niveau des lacs artificiels (tel que celui de Péligre, dont l'unité hydro-électrique fournit une partie de l’électricité à Port-au-Prince) ; ●● rationnement du courant électrique ; ●● modifications, perturbations voire destruction des écosystèmes en particulier dans les zones humides ; ●● mort et disparition de végétaux ; ●● troubles sociaux et conflits pour l’accès aux ressources naturelles (eau et nourriture) ; ●● migration de populations. Nombre de personnes affectées 1726 Nord-Ouest inconnu 1753-54 1772-74 1777 1779-80 1785-86 1921-22 1947 1957 1958-59 1964 1966-67-68 1973-74 1975 1977-78 1981 Tout le pays Tout le pays Nord-Ouest Tout le pays Tout le pays Tout le pays Nord-Ouest Nord-Ouest Tout le pays Nord-Ouest Presqu’île du Nord-Ouest Presqu'ile du Nord-Ouest Nord-Ouest Tout le pays Sud-Ouest 1983 Nord-Ouest, Sud-Est, Nord-Ouest, Sud et Nord-Est 1984-85 1992 1996-97 Nord-Ouest Tout le pays Presqu’île du Nord-Ouest Saint Nicolas, Bombardopolis, Baie de Henne Jean Rabel (NordOuest) Nord-Ouest et Nord-Est inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu 215 000 507 000 30 000 450 000 103 000 233.000 (dont 133 00 sur le Nord-Ouest) 45 000 1 000 000 50 000 2003 2014 - Les sécheresses historiques exceptionnelles en Haïti Zones plus particulièrement touchées 35 000 non établi Source: NATHAT (2011) : 1701-1963/Observatoire du Petit Collège Saint-Martial (in Mora, 1986); 1968-1985/Croix Rouge Haïtienne; 1983-1997/ OPDES; 2000-2001/DPC; 2002-2008/CRED; sept 97 à oct 2000 et oct 2002 à avril 2003/Période manquante d'information ; sites Web http://www.alterpresse.org/ La sécheresse, en Haïti, affecte de grandes étendues du territoire et a des conséquences importantes sur l’agriculture, la disponibilité en eau, les mouvements de population, la production d’énergie hydroélectrique et, d’une manière plus générale, sur l’économie. Année 2014 « Depuis janvier, le département du Nord-Ouest a vu périr la quasi-totalité de ses récoltes de la campagne d’hiver. Plus de 143 000 personnes de ce département sont touchées par cette sécheresse, provoquant une crise alimentaire. Cela contraint les personnes les plus vulnérables à adopter des mécanismes de survie, comme la réduction de la quantité de repas quotidiens à deux, voire un par jour au maximum. Des organisations humanitaires ont effectué des interventions d’urgence. Mais le Nord-Ouest n’est pas l’unique département à souffrir de la sécheresse. Le Nord-Est, certaines communes du Centre et de l’Ouest à l’image de Belladère et Fonds-Verrettes, sont également touchés. La sécheresse dans ces zones est liée entre autres à une saison pluvieuse capricieuse, un manque d’infrastructures, paralysant davantage les activités traditionnelles pour la campagne agricole de printemps. Elle conduit par exemple à des difficultés pour trouver l’eau potable. » Pendant le XXème siècle, plusieurs crises de sécheresse ont frappé le territoire haïtien. Ces périodes de sécheresse se sont accompagnées, à plusieurs reprises, de baisses considérables dans la productivité agricole et de l’approvisionnement en eau potable, conduisant à des conditions de vulnérabilité alimentaire, voire à des famines et à la dégradation intense des terres. En 1992, la sécheresse a affecté plus d’un million de personnes. Entre 1980 et 2008, plus de 2 millions d’habitants en ont été victimes. Extrait du site WEB http://www.alterpresse.org/spip.php?article16293#.VfFB0Z1OKpo 72 Atlas des menaces naturelles en Haïti Le contexte pluviométrique d’Haïti Carte de la variabilité des pluies à Haïti Haïti fait climatiquement partie de la basse région subtropicale (18° - 20° Latitude Nord) mais, en raison de sa position centrale dans la Caraïbe insulaire et de sa physiographie montagneuse, des contrastes climatiques importants sont observés à l’intérieur du territoire et parfois entre des régions distantes seulement de quelques kilomètres. La majorité du territoire est sous l’influence d’un régime thermique chaud à très chaud. La température moyenne reste autour de 24° C tout au long de l’année, mais en certaines périodes des températures de l’ordre de 12° C peuvent être enregistrées dans les zones d’altitude et/ou jusqu'à 37° C dans les zones de plaine sèche. Le pays se caractérise par deux saisons pluvieuses allant généralement de mars à mai et d’août à octobre et entre lesquelles s’intercalent les saisons sèches, notamment une longue période s’étalant de novembre à février. Les écosystèmes humides se retrouvent généralement sur les versants montagneux exposés au vent, comme dans les montagnes de la côte septentrionale (alentours de Cap-Haïtien) et dans la Péninsule du Sud, et les écosystèmes sub-humides dans la partie moins arrosée de l’exposition sous le vent. Les schémas de distribution de pluie varient de moins de 400 mm dans le nord-ouest à plus de 3 000 mm dans les montagnes du sud-ouest. Les zones semi-arides (moins de 1000 mm/an de pluie) représentent 1/3 du territoire. A de rares exceptions près, les régimes pluviométriques de tous les microclimats du territoire haïtien comportent au moins une saison, d’au moins 3 mois, de déficit hydrique marqué. Aujourd’hui, des sécheresses annuelles (une moyenne de 6 mois par an) récurrentes sont enregistrées dans plusieurs zones, telles que : Carte d'apres le CNM, in NATHAT, 2010 ●● la partie ouest du département du Nord-Ouest ; ●● tout le nord-est du pays ; ●● la partie nord du département de l’Artibonite : de Gonaïves à Anse-Rouge ; ●● la partie orientale du département du Sud-Est (de Bainet à Côtes-de-Fer) ; ●● la zone haute entre les départements du Sud et de la Grande-Anse (entre Aquin et l’Azile) ; ●● la zone de Jérémie, dans le département de la Grande-Anse ; ●● de l’Arcahaie à la Plaine du Cul-de-Sac dans le département de l’Ouest. 73 La menace Sécheresse L’impact du phénomène El Niño sur Haïti Au cours de certaines années on note une anomalie et un réchauffement de la température de quelques degrés des eaux océaniques de surface du Pacifique Sud, de son centre jusqu'aux côtes du Pérou, le nord du Chili et de l'Equateur. Il s’agit du phénomène El Niño. L'origine de ce phénomène cyclique d'une période de plusieurs années (1 à 2 fois par décennie) et d'une intensité maximale pendant environ 3 mois, à la période de Noël (d'où son nom d'"enfant Jésus" donné par les pêcheurs péruviens) est encore incertaine. Toute la ceinture tropicale de la planète subit un bouleversement climatique qui provoque régionalement, soit des précipitations intenses, soit des périodes de sécheresse exceptionnelles. Les effets d'El Niño sur le climat se font sentir jusqu'en Asie et en Afrique. Dans la Caraïbe, ce phénomène se traduit généralement par une activité cyclonique moins fréquente, mais, en revanche, par une période de sécheresse plus intense. © SOS ESF – M. Brochet Concernant le territoire d’Haïti, en se référant aux études et aux données existantes, on peut affirmer que d’importantes superficies sont affectées par la sécheresse tous les cinq à sept ans. Or, selon les données recueillies par le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles, et du Développement Rural (MARNDR) d’Haïti, il apparaît que le problème de sécheresse ait atteint aujourd’hui une ampleur nationale. Même les zones originellement humides sont actuellement affectées sur des périodes relativement courtes, mais capables de limiter la production agricole et de réduire les régimes des cours d’eau. Les zones semi-arides, déjà très fragilisées, sont encore plus durement frappées par les périodes de sécheresse. Sécheresse affectant les reliefs haïtiens, photo prise en 2015 La température moyenne du Globe a augmenté de plus de 1 degré entre 1973 et 2003. Les conditions météorologiques extrêmes et variables ont alterné entre sécheresses (généralement entre novembre et février, durant la saison sèche) et fortes tempêtes et ouragans (généralement entre août et octobre, pendant la saison des pluies). Si le changement climatique se fait d’ores et déjà pleinement ressentir sur Haïti, l’accentuation du phénomène El Niño devrait se poursuivre dans les décennies à venir. 74 Atlas des menaces naturelles en Haïti La prévention des Risques naturels 75 La prévention des Risques naturels Quelques notions L’information préventive et l’éducation aux risques L’un des principaux défis à relever par nos sociétés est d’intégrer la réduction des risques de catastrophes dans les politiques de développement. Des évènements naturels dangereux se produisent partout dans le monde, mais leur impact est nettement plus important lorsqu’ils frappent les pays les plus pauvres. Cette réalité n’est pas uniquement due à des facteurs géographiques mais aussi - et surtout - à la vulnérabilité des populations touchées (PNUD, 2004). Parce que la gravité du risque est proportionnelle à la vulnérabilité des enjeux concernés, l’un des moyens essentiels de la prévention est l’adoption par les citoyens de comportements adaptés aux menaces auxquelles ils sont exposés. La population d’une zone à risque doit être informée des dangers qui la concernent et doit pouvoir acquérir des réflexes simples et conditionnés pour réduire sa vulnérabilité. Les autorités publiques doivent connaître les risques naturels présents sur leur territoire afin de garantir la sécurité des personnes et des biens. La sensibilisation du public est un facteur clé dans la réduction effective des risques de catastrophe. Son développement est soutenu, par exemple, par l’élaboration et la diffusion de l’information par les médias et les canaux complémentaires, de l’éducation nationale, des centres d’information dédiée, les réseaux et les actions communautaires, etc. En effet, pour les populations aux prises avec les préoccupations de la survie quotidienne, la gestion du risque de catastrophe n’est souvent pas une priorité. Les pertes économiques occasionnées par les catastrophes naturelles entravent pourtant gravement les efforts déployés pour le développement. Ainsi, la destruction des infrastructures, la perte des moyens de subsistance, les dommages causés aux écosystèmes et à l’héritage culturel, les blessures, la maladie, la mort, sont des résultats directs des catastrophes. Leur incidence compromet les efforts visant à réduire la pauvreté et la famine, à fournir l’accès à l’éducation, aux logements salubres, à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement, ou à protéger l’environnement et les investissements financiers qui génèrent l’emploi et les revenus. Avec le temps, les risques de catastrophe peuvent s’accumuler à cause d’activités inappropriées en matière de développement. La prévention des risques majeurs regroupe l’ensemble des actions à mettre en œuvre afin d’éviter la survenance des phénomènes dangereux et/ou d’en limiter les conséquences. La prévention des risques majeurs s’inscrit dans la logique du développement durable, puisque à la différence des mesures de réparation post-crise, la prévention tente de réduire les conséquences économiques, sociales et environnementales d’un développement imprudent de la société. Les principales actions de la prévention se déclinent en plusieurs composantes : La connaissance des phénomènes, de leurs menaces et du risque résultant ©BRGM - M.Terrier ●● La zone concernée est-elle exposée à un phénomène naturel dangereux ? Si oui, où peut-il se produire ? Quand ? Avec quelle fréquence ? Avec quelle intensité ? ●● Concernant les enjeux : quels sont les éléments exposés ? Quelle est leur vulnérabilité ? ●● Quelle est la capacité de la société à faire face à un évènement naturel dangereux ? Cette action fait appel à des connaissances scientifiques et des moyens techniques parfois importants. Les connaissances sur les phénomènes sont très généralement traduites sous la forme de cartes. Un exemple d’information/communication relative à quelques conseils faciles à mettre en œuvre pour la construction en maçonnerie : le support est constitué d’une peinture appliquée sur un mur dans une rue de Port-au-Prince. 76 Atlas des menaces naturels en Haïti La prise en compte des risques dans l’aménagement du territoire Organisation schématique du Système National de Gestion des Risques et Désastres (SNGRD) Il s'agit d'orienter l'aménagement du territoire en tenant compte des risques naturels, en évitant par exemple d’augmenter les enjeux dans les zones à risque et en diminuant la vulnérabilité des zones déjà urbanisées. Lorsque cela est possible, iI peut s'agir aussi de réduire le risque en réalisant des parades ou en appliquant des normes de construction (parasismique, paracyclonique). Comité National de Gestion des Risques et des Désastres (CNGRD) Présidé par : Ministre de l'Intérieur Secrétariat exécutif : DPC La planification de l’organisation des secours Comité consultatif : Société civile La bonne organisation des secours est essentielle dans la gestion d’une crise. Il est donc utile de planifier préalablement les secours, dans la mesure du possible. Cela doit permettre, à la suite d’un phénomène grave, la mise en œuvre rapide et efficace de tous les moyens de secours disponibles. Groupe d'appui de la Coopération Internationale Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres (SPGRD) Gestion des risques La surveillance et l’alerte Quand le type de menace naturelle s’y prête, l’objectif est ici d’anticiper le phénomène et de pouvoir alerter les populations à temps. L’utilisation de dispositifs d’analyse et de mesures intégrées dans un système d’alerte des populations est nécessaire pour cela. Comités thématiques Comités institutionnels/sectoriels L’organisation de la réponse en Haïti Gestion des désastres (COU) Centre d'Opérations d'Urgence Coordination générale : DPC Comités départementaux (CDGRD) La surveillance et l’alerte Comités communaux (CCGRD) et locaux (CLGRD) La réduction des risques de catastrophe naturelle nécessite la connaissance, les capacités et les apports d’un large éventail de secteurs et d’acteurs tant centraux, que départementaux et communaux. C’est pourquoi la politique actuelle de gestion des risques et des désastres en Haïti est organisée autour du SNGRD (Système National de Gestion des Risques et Désastres). Celui-ci a deux grandes missions : Il s’appuie sur les différentes institutions publiques haïtiennes et internationales concernées par la gestion des risques et des désastres. La DPC (Direction de la Protection Civile) coordonne les actions du SPGDR (Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres) et joue le rôle de Secrétariat Executif du CNGRD. Au niveau départemental, il existe le Comité Départemental de Gestion des Risques et des Désastres (CDGRD), qui réunit les directeurs départementaux des ministères ainsi que des comités communaux dans chaque commune et des comités locaux dans chaque section communale. Cette organisation rassemble donc à la fois des acteurs de la gestion des risques et des désastres aux niveaux central, départemental, communal et local. Le SPGRD ainsi que les comités deviennent des Centres d’Opérations d’Urgence en cas d’évènement catastrophique. 1) agir sur les causes qui génèrent l’état de risque afin de réduire les possibilités de désastres ; 2) renforcer la capacité de réponse aux besoins en cas de désastre, à tous les niveaux : central, départemental, communal et local. Ce système est piloté par le Comité National de Gestion des Risques et Désastres (CNGRD), formé des membres du cabinet ministériel et du Président de la Croix Rouge Haïtienne et présidé, par délégation du Premier Ministre, par le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT). 77 La prévention des risques naturels Principaux acteurs publics impliqués dans la gestion des risques naturels en Haïti Ministères de tutelle ou organismes publics Missions entrant dans le champ de la prévention des risques Primature - CIAT Le CIAT, placé sous l’autorité de la Primature, a pour mission de définir la politique du gouvernement en matière d’aménagement du territoire, de protection et de gestion des bassins versants, de gestion de l’eau, de l’assainissement, de l’urbanisme et de l’équipement. Cette institution a été créée en réponse à un constat alarmant de dégradation de l’environnement et à la nécessité d’actions cohérentes et coordonnées en matière d’aménagement du territoire. MPCE Le MPCE a pour mission de concevoir, piloter, animer la planification (le processus de planification) du développement et coordonner l’apport externe en support à l’effort national de développement. MDE Le MDE doit formuler et faire respecter la politique du Gouvernement en matière de gestion de l’environnement, assurer une utilisation durable de l’environnement et des ressources naturelles, veiller à l’intégration des politiques environnementales dans les politiques sectorielles, promouvoir l’éducation environnementale et le développement d’une culture nationale de protection et de réhabilitation de l’environnement. MTPTC/BME/UTS Créée par décision en date du 7 février 2011 par le Ministre des TPTC, Président du Conseil d’Administration du BME, l’UTS a pour mission essentielle de : 1) surveiller la sismicité locale et régionale ; 2) centraliser et archiver les données sismologiques à des fins de recherche en sciences de la Terre ; 3) informer les instances décisionnelles et la population sur l’activité sismique du pays tout en œuvrant à la prise en compte de l’aléa sismique dans le cadre de la reconstruction du pays. MTPTC/DTP/SPU Le MTPTC/DTP/SPU élabore les schémas d’aménagement et les plans directeurs pour les centres urbains et ruraux. Il établit les règlements d’urbanisme et normes techniques. MTPTC/LNBTP Le MTPTC/LNBTP contrôle la qualité des infrastructures en construction et application des normes en matière de bâtiments. Il réalise aussi des études géotechniques, des recherches appliquées sur les matériaux de construction et de la promotion des normes en matière de génie civil. MTPTC/SEMANAH/CODOMAR Le SEMANAH est en charge des phares et balises, de la circulation maritime et de la conformité des activités navales sur tout le territoire. Le CODOMAR gère le centre d’alerte national aux tsunamis, il doit permettre aux autorités d’avoir en temps réel les données annonçant un risque de tremblement de terre suivi de tsunami. Il assure aussi l’information et la sensibilisation sur le risque de tsunami. MPCE/CNIGS Le CNIGS a pour mission de produire et de diffuser l’information géographique actualisée et fiable sur tout le territoire national par l’utilisation de technologies modernes appropriées, garantissant la mise à disposition de méthodes, d’outils, de produits et de formation devant supporter la planification des actions de développement durable du pays. MICT/DPC La DPC est en charge de la coordination de la gestion des risques et des désastres (GRD) sur tout le territoire haïtien. Elle coordonne le SPGRD ainsi que les autres entités du SNGRD dont les comités départementaux, communaux et locaux de protection civile. MARNDR/CNM La mission du MARNDR est de « définir la politique du secteur économique du gouvernement haïtien dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, des ressources naturelles renouvelables et du développement rural ». Le CNM assure aussi la prévision et la vigilance météorologique (cyclone, sécheresse). 78 Atlas des menaces naturelles en Haïti Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti 79 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace CYCLONE Le suivi des cyclones et l’alerte L’imagerie satellitaire a révolutionné la prévision cyclonique et permet de pallier le manque d’observations sur les zones océaniques L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) coordonne la veille cyclonique au niveau international. Elle a désigné dans chaque bassin océanique un Centre Météorologique Régional Spécialisé (CMRS), responsable de la prévision cyclonique. Pour l’Atlantique Nord, il s’agit du centre de Miami. La prévision cyclonique consiste à détecter la formation des phénomènes cycloniques, puis à prévoir leur trajectoire et leur intensité grâce à des modèles numériques et à l’expertise des prévisionnistes. Dès qu’un cyclone est identifié, le CMRS diffuse toutes les 6 heures, puis toutes les 3 heures à l’approche de zones habitées, un bulletin à tous les services météorologiques de la région. Cette prévision est associée à des mesures d’information, de prévention et de sensibilisation des populations au risque encouru et aux attitudes à adopter afin de minimiser les dommages liées au passage du cyclone. Cinq phases d’alerte sont prévues par le service météorologique d’Haïti en fonction de la distance et de l’heure de passage prévisible du cyclone. Celles-ci sont déclinées selon 3 niveaux de vigilance (jaune, orange, rouge) selon l’intensité du phénomène attendu sur le pays. Source : Image satellite GOES-Floater/NOAA Infra rouge couleur le 6 sept. 2008 à 20h15 UTC Prévision de la trajectoire du cyclone Ike le 6 septembre 2008 à 21h UTC. Les cercles représentent les cônes d’incertitude sur la prévision de la trajectoire 80 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace CYCLONE Temps Proximité croissante du cyclone 5 phases d'intevention d'urgence multi organisme 3 niveaux d'intensité d'impact Cyclones et/ou fortes pluies Intensité croissante (violent à très violent) Vigilance rouge (extrêmement violent) Phase 3 Phase 4 Préalerte 1 Déclenchement de cette phase si possible 72h dès que le phénomène risque de concerner Haïti. Préparation des services à la mise en place de permanences et également préparation de la population. Préalerte 2 36 à 48h si possible avant le passage du phénomène. Mobilisation renforcée des services et préparation de la population. Alerte 1 15 à 24 heures si possible avant le passage du phénomène. Constitution des postes de commandement, sensibilisation des populations. Alerte 2 Confirmation du passage juste avant le début des premiers effets. Population sensibilisée. Préalerte 1 Déclenchement de cette phase si possible 72h dès que le phénomène risque de concerner Haïti. Préparation des services à la mise en place de permanence et également préparation de la population. Préalerte 2 36 à 48h si possible avant le passage du phénomène. Mobilisation renforcée des services et préparation de la population. Alerte 1 15 à 24 heures si possible avant le passage du phénomène. Constitution des postes de commandement, cessation de quelques activités et mise à l'abri des populations. Alerte 2 Confirmation du passage juste avant le début des premiers effets. Population à l'abri et circulation interdite dans les zones très à risque. Préalerte 1 Déclenchement de cette phase si possible 72h dès que le phénomène risque de concerner Haïti. Préparation des services à la mise en place de permanences et également préparation de la population. Préalerte 1 36 à 48h si possible avant le passage du phénomène. Mobilisation renforcée des services et préparation de la population. Alerte 1 15 à 24 heures si possible avant le passage du phénomène. Constitution des postes de commandement, cessation de quelques activités et mise à l'abri des populations. Alerte 2 Confirmation du passage juste avant le début des premiers effets. Population à l'abri et circulation interdite. Niveaux de vigilance et phases d'alerte auprès de la population prévus par le service météorologique d'Haîti en cas de passage d'un cyclone tropical ou de fortes pluies. Le bulletin météorologique est disponible chaque jour sur le site http://www.meteo-haiti.gouv.ht/index.html . 81 Phase de secours Vigilance orange Phase 2 Pour la gestion des risques et des désastres Restez prudent ! (peu violent à violent) Phase 1 Le mauvais temps qui touchait Haîti s'éloigne, mais le danger est toujours présent Restez extrêmement prudent. Vigilance jaune 4 phases d'alerte pour la gestion des risques Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace CYCLONE Des recommandations pour rendre son habitat moins vulnérable aux effets des cyclones 1 2 3 Privilégier les constructions de forme simple pour éviter les points de concentration de pression Pour limiter le risque d’arrachement de la toiture, un toit à quatre pentes, avec une inclinaison de 30 à 45 ° est recommandé. 5 6 Les fondations, les murs et le toit doivent être solidement fixés entre eux. Renforcer le contreventement de la structure ; renforcer les murs et les joints par rapport à leur jonction pour augmenter la rigidité de l’ensemble 7 8 9 Veiller à ce que le revêtement du toit soit fermement attaché à la structure de la toiture pour empêcher son arrachement. Si les portes et les volets ne peuvent pas être fermés, s’assurer qu'il y a des ouvertures opposées pour réduire la pression de l’air qui s’engouffrera dans l’habitation. 10 11 Avant de construire : ●● éviter d’établir son habitation en bordure de mer, de façon à s’affranchir du risque lié à la surcote marine et aux houles cycloniques ; Eviter de construire dans les zones naturelles où le vent est renforcé par des effets topographiques ●● proscrire la construction dans le lit majeur des cours d’eau (et plus largement dans toute zone inondable) compte tenu des risques de débordement pendant et après le passage du cyclone ; ●● éviter les sites dont les caractéristiques topographiques leur confèrent une trop grande 4 exposition au vent ; ●● ne pas construire sur un versant soumis aux instabilités de terrain (de même qu’en tête ou ●● ne pas construire sous une ligne électrique haute tension (risque d’électrocution et Eviter les débords de toit importants et, s’il y a lieu, séparer la structure de la véranda de la maison d’incendie en cas de chute des cables) ; ●● mettre en œuvre des règles de construction para-cyclonique destinées à améliorer la résistance générale du bâti contre les vents violents. Un bâtiment construit selon ces règles pourra subir des dégâts plus ou moins importants mais préservera mieux la vie de ses occupants. Dans le cas d’un habitat existant : ●● contrôler le bon fonctionnement et la fermeture de toutes les portes et fenêtres ; ●● vérifier et fixer régulièrement les tôles de toiture (fixation à l’aide de vis et non par des clous, recouvrement suffisant entre les tôles, ancrage des tôles toutes les trois ondes, aux extrémités du toit fixation des tôles sur les planches ou sur le béton des murs porteurs par des vis tous les 50 cm) ; ●● dégager les gouttières et les chenaux d’écoulement ; ●● stocker des panneaux de contreplaqué et fixations pour occulter toutes les ouvertures demeurées sans protection ; ajuster ces panneaux aux dimensions extérieures de chacune des fenêtres et portes ; préparer les trous qui permettront de fixer les panneaux sur des attaches prévues à cet effet ; Utiliser des portes et des fenêtres qui peuvent être fermées. 12 ●● élaguer voire supprimer les arbres très proches des habitations : ils offriront ainsi moins de prise, de résistance au vent et seront donc moins susceptibles d’être arrachés et de percuter les habitations ou biens avoisinants ; Planter des arbres autour de la maison pour « casser » la force du vent, mais pas trop près pour éviter des dommages en cas de chute. ●● penser au risque inondation associé au passage d’un cyclone, notamment si vous vous situez en zone à risque avéré. 82 Ne pas construire dans les zones exposées aux mouvements de terrain. Ne pas construire dans les zones inondables ou proches des lits mineurs ou majeurs des rivières. D’après http://www.dwf.org/en/content/ten-key-principles-cyclone-resistant-construction, modifié au pied de celui-ci) ; Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace INONDATION Des précautions individuelles En cas de crue, éviter de se déplacer ! Ne pas s’installer dans le lit majeur des rivières ! Avant : installations dans le lit d’une ravine à Port-au-Prince Après : construction ensevelie sous les alluvions de la rivière Grise, Département de l’Ouest Photos extraites du rapport ORE « Camp-Perrin submergé par le cyclone Lili – Haïti, septembre 2002 » D’autres mesures de réduction de la menace Inondation ©BRGM - A. Nachbaur Maintenir impérativement le couvert végétal. Avec le sol, celui-ci permet d’absorber une partie des eaux de pluie et d’éviter ainsi le ruissellement. ©BRGM - M.Terrier ●● Réduction du ruissellement et des écoulements par une remise en état du milieu naturel : • • • • Ne pas encombrer de déchets les lits des rivières ou des ravines, les entretenir au contraire pour permettre l’évacuation de l’eau. développement de la couverture végétale sur le bassin versant ; amélioration des techniques agricoles (sillons, sols nus …) ; remobilisation et restauration des aires de rétention d’eau ; restauration et entretien des lits mineurs. ●● Réalisation d’aménagements (barrage écrêteur, création de zones de rétention, maintien des zones d’expansion...), à l’échelle du bassin versant pour la réduction : • de la superficie inondée (endiguement, ouvrages de dérivation…) ; • du transport solide (ouvrage de correction torrentielle, piège à sédiment, curage…). ●● Respect de la transparence hydraulique (sauvegarder les ouvertures) au droit des infrastructures linéaires. ●● Réalisation d’un schéma directeur d’assainissement (diagnostic hydrologique et ©BRGM - M.Terrier hydraulique, proposition de scénarios pour la gestion des eaux afin d’optimiser le fonctionnement hydraulique des réseaux et faire face au développement de l’urbanisation dans une démarche globale et intégrée). ©BRGM - M.Terrier 83 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace EROSION DES SOLS Prendre en compte la menace d'érosion dans l'exploitation du sol Culture en billons : culture en rangées sur de petites buttes ; l’eau s’accumule sur les sillons entre les billons. Murets en pierres sèches : ils sont destinés à retenir les terres et limiter l’érosion linéaire, assurer une meilleure infiltration de l'eau et ainsi éviter de gaspiller les engrais utilisés pour les cultures maraîchères. Exemple pris à Kenskoff (photo extraite de Lilin, 2007) Exemple pris à Kenskoff (photo extraite de Lilin, 2007) Seuils biologiques paysans dans une ravine : ils sont réalisés à base de matériaux tels que des végétaux (cactus candélabres), des roches, des barrières en bois et blocs rocheux. Ils sont destinés à arrêter les sédiments sans empécher l’eau de passer, à limiter le débit de ruissellement et donc l’incision linéaire. Remodelage en terrasse d'une portion de versant : le versant est remodelé en une suite de talus à forte pente et de plateformes à pente faible à nulle. Les talus sont réalisés en pierres sèches ou recouverts de végétation herbacée. Ils ne sont pas cultivés. Des différents paramètres conduisant à l’érosion des sols, seule la gestion de l’occupation des sols apparaît comme maitrisable par l’homme, contrairement aux facteurs topographiques, climatiques ou pédologiques. Haies vives marquant les terrasses : elles forment une barrière contre le ruissellement et l’érosion des sols permettant à l’eau de s’infiltrer et aux sédiments et aux matières actives de se déposer. Exemple pris à Carjaval (photo extraite de Lilin, 2007) Précautions : ●● Utiliser des pratiques culturales freinant les eaux de ruissellement et favorisant l’infiltration des eaux. Exemple pris à Fonds-Verettes (photo extraite de Lilin, 2007) ●● Si la pente est trop forte, envisager des cultures en billons. ●● Maintenir autant que possible le couvert végétal dans les Exemple pris à Carjaval, Département du Centre (photo extraite de Lilin, 2007) zones de fortes pentes. ●● Augmenter la production de biomasse qui peut être utilisée pour améliorer la fertilité par une restitution organique en répandant sur le sol les résidus issus de la taille des arbusteslégumineuses. Ainsi cette biomasse restitue rapidement et de façon plus progressive les nutriments. 84 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace EROSION DES SOLS Autres exemples de techniques pour limiter le phénomène d’érosion Objectifs Lutte contre l’érosion diffuse Techniques Principes / Limites Bandes enherbées favorisant l’infiltration de l’eau Erosion linéaire possible lors des interruptions. Rampes de paille (méthode traditionnelle en Haïti) Systèmes non pérennes, non assujettis aux courbes de niveau. Constituées de deux piliers (piquets, arbres...) sur lesquels s’appuient des résidus ligneux, puis verts, de la jachère après défriche. Ouvrages non pérennes, sans effets cumulatifs d'une année sur l'autre. Haies vives (méthode traditionnelle en Haïti) Constituées de diverses espèces végétales (candélabre, raquette, garde-maison, cirouelle, etc.), elles pourraient avoir une certaine efficacité. Malheureusement, elles ne concernent que les parcelles proches des habitations, souvent sur de faibles pentes et en propriété. De plus, elles sont surtout établies en clôture et ne sont donc pas disposées selon les courbes de niveau. Leur principal rôle est de lutter contre le vol et la divagation des animaux. Les espèces utilisées ne sont pas appétées par le bétail et produisent peu de biomasse. Cet investissement est réalisé sur les terrains où la sécurité foncière est la plus grande. Billons horizontaux (c’est-à-dire parallèles aux courbes de niveaux). C’est Pour être efficaces, ces dispositifs doivent : (1) suivre les courbes de niveau. (2) ne pas être trop longs, sinon il y aura création une méthode traditionnelle en Haïti de points de concentration de l'eau et risque de rupture, permettant ainsi un début d'érosion linéaire lors de très fortes pluies. Lutte contre l’érosion linéaire Murets de pierre (principe des terrasses) Traitement des ravines, sur des zones de sédimentation. Amendements à partir des déjections animales (pacage) Les animaux sont mis au pacage dans des zones déjà riches. Pas de transfert vers des sols pauvres. Buttage (enfouissement par sarclage des mauvaises herbes) Amélioration de la structure des sols Techniques culturales adaptées Retraçage de sentiers Replantation d’arbres Brûlis (fertilisation des sols) ; néanmoins, cette technique tue, à la Très défavorable en pente, zone de perte de matières organiques. longue, les microorganismes nécessaires à la constitution d’un sol. Mise en place d’un mulch (produit végétal empéchant la pousse des Les pailles sont déposées perpendiculairement à la pente et en bande continue (limite le ruissellement et l’évaporation, mauvaises herbes ; la paille ou certaines écorces, par exemple) favorise l’infiltration. Mise en place d’une jachère Moyen naturel le moins onéreux en temps et en argent pour reconstituer la matière organique des sols, l’activité biologique et l’augmentation de la stabilité dégradée par des labours trop souvent répétés. Système de culture sous couverture végétale, celles-ci consistent à laisser un ensemble de végétaux recouvrir le sol afin d’y placer des semis par la suite. Il s’agit de rendre le sol plus fertile et de limiter la pousse des mauvaises herbes. Association d’une couverture diversifiée en cas de forte pente (> 15%) : paillage, culture rampante, plante de couverture. Disposition des billons perpendiculairement à la pente Seulement si faible pente. Adaptée aux zones avec faible longueur de versant, et capacité d'infiltration élevée des sols. Taille et nombre des billons adaptés à la pente. Ne pas faire de billons trop longs pour éviter le risque de rupture. Semis direct sans labour Technique de conservation du sol et de l’eau et de contrôle du ruissellement. Non retournement du sol protégé par les résidus de la culture antérieure. Technique BRF (Bois Rameaux Fragmentés) Augmentation de la matière organique stable dont l’effet est deux fois supérieur au compost et trois fois supérieur au fumier. Sentiers montants Sur les lignes de partage des eaux, marches d'escalier sur certaines portions très pentues. Sentiers de desserte Ils canalisent l'eau de ruissellement pour l'évacuer dans les ravines naturelles (pente très faible de l'ordre de 0.5 %, à peu près parallèles aux courbes de niveau). Planter dès que possible (notamment en saison pluvieuse) Alternative au charbon de bois Choix d’arbres fruitiers (manguiers) présentant un intérêt économique supérieur au charbon de bois, aider la population à des choix énergétiques alternatifs pour les populations les plus déshéritées. Sources : Smolikowski (1993), Roose (1994), Brochet (1993), Valet et al. (2004) 85 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace MOUVEMENT DE TERRAIN Prendre en compte les mouvements de terrain dans l’occupation du territoire La meilleure parade pour éviter de s'exposer consiste évidemment à éviter de s’installer dans les zones fortement menacées par les mouvements de terrain. Ces zones présentent le plus souvent des traces d’instabilité actives (fissures en tête de versant, bourrelet frontal, coulées de boue lors des épisodes pluvieux, chutes de pierres ou de blocs fréquentes en pied de falaise, couloir de propagation de blocs, bloc isolé sur une paroi rocheuse ou sur un versant de forte pente, etc.). Ne pas déstabiliser les blocs sur pente en créant des affouillements (surcreusement) dans le sol dans lequel est ancré le bloc rocheux. En cas de pluie intense, s’éloigner des blocs isolés et en limite d’équilibre. Eviter les constructions sur des remblais Exemple d’aménagement d’un versant (Cap-Haïtien) soumis à un glissement de terrain : terrasses étagées avec murets de soutènement rocheux (gabions) ; maintien et renforcement du couvert végétal. ©BRGM - M. Terrier La forêt : un rôle multiple de protection contre les mouvements de terrain ●● Réduction de l’énergie pluviale : protection directe du sol ©BRGM - M. Terrier contre les effets des gouttes d’eau. ●● La présence d’arbres participe à la réduction de l’énergie du ruissellement superficiel. ●● Evapotranspiration : grâce à la transpiration des arbres (eau puisée dans le sol par extraction racinaire et transpirée au niveau des feuilles), la forêt présente un rôle de pompe très puissante qui élimine l’eau contenue dans un terrain. Les remblais sont des masses de matériaux divers qui ont été accumulés de façon à combler des dépressions ou constituer des plateformes. Constitués le plus souvent de terre et de roches, ce sont des ensembles hétérogènes plus ou moins bien compactés. Ils peuvent constituer des pièges redoutables vis-à-vis de la stabilité de la construction envisagée. Dans la configuration du schéma ci-dessus, la construction s'appuie partiellement sur un terrain naturel et sur une partie en remblais. Les risques de glissement et de tassement différentiel du terrain sont alors élevés. ●● Ancrage des sols : Les racines permettent de stabiliser les sols par ancrage vertical, en augmentant leur résistance au cisaillement. Ne pas construire sur des terrains instables, en particulier en bordure de falaise ! 86 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace MOUVEMENT DE TERRAIN Quelques techniques de stabilisation de versant La stabilisation de berge en enrochements : parade contre les glissements de petite à moyenne ampleur Le reprofilage des versants : une parade contre les glissements de moyenne ampleur Le boisement : parade contre les chutes de blocs de petite à moyenne dimension Protection de la berge par des enrochements percolés au béton. Les enrochements doivent être dimensionnés par rapport aux conditions hydrauliques de crue. Abaissement de la pente générale du versant avec réalisation de gradins réguliers. Cette technique n’est pas adaptée aux grands versants raides qui nécessiteraient de trop importants terrassements. Plantation en quinconce d’arbres pouvant au stade adulte se comporter comme des obstacles à la propagation des blocs. On privilégiera des variétés d’arbre à croissance rapide et à enracinement profond. Le reboisement : parade contre les coulées de boue d’ampleur moyenne Le merlon ou la levée : parade contre les éboulement rocheux modérés, et les chutes de blocs d’ampleur moyenne à forte Précautions : ●● Eviter les terrains en trop forte pente et/ou instables. ●● Planter de la végétation sur les pentes afin de retenir les éléments instables du sol et du sous-sol. ●● Réaliser des ouvrages de déviation (sans exposer le voisinage !), freinage ou arrêts des écoulements et éboulis : grillage, murs, fossés, etc. ●● Collecter et drainer les eaux d’écoulement. ●● Renforcer les façades ou fondations. Création de petits gradins pour « casser » la dynamique de ruissellement, végétalisation des talus pour fixer les terrains et évacuation des eaux de ruissellement par des fossés. Il s’agit d’un piège à blocs situé dans la zone de propagation des blocs. Le piège est épaulé sur un merlon de terre amortisseur pouvant être renforcé par des géotextiles et protégé par des pneus. 87 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace SEISME La construction parasismique : une mesure clef pour la réduction du risque L’objectif principal des règles de construction parasismique est la sauvegarde du maximum de vies humaines. En cas de secousse sismique modérée, l’application des règles parasismiques doit aussi permettre de limiter non seulement les vies humaines mais aussi les pertes économiques. Le principe de la construction parasismique repose sur cinq piliers indissociables : ●● le choix du site d’implantation est primordial : il faut notamment proscrire les terrains situés sur les reliefs et en haut des ruptures de pente. La zone de limite entre les formations géologiques rocheuses et les formations géologiques meubles est également à éviter ; ●● la conception architecturale doit également être parasismique, non seulement en terme d’implantation judicieuse du bâtiment sur le site, mais également en terme de type d’architecture, qui doit favoriser un comportement adapté au séisme (forme, hauteur et élancement du bâtiment) ; Composantes de la construction parasismique Choix du site d'implantation ●● le respect des règles parasismiques constitue une nécessité. Pour la construction neuve, celles-ci fixent les niveaux de protection requis par zone d’exposition aux séismes et par type de bâtiment. Ces règles définissent également les modalités de calcul et de dimensionnement des différents organes de structure des constructions ; Bonne maintenance des bâtiments Qualité de l'exécution Une prise en compte à toutes les étapes de la construction, puis de la vie du bâtiment Conception architecturale Respect des règles parasismiques ●● la qualité de l’exécution concerne non seulement les matériaux et éléments non structuraux (couplages et joints), mais également le respect des règles de l’art. La protection contre le feu est un point important de la construction parasismique, tout comme son entretien. Toute modification ultérieure de la construction devra être conçue selon les mêmes exigences qualitatives ; Coordination Scientifique et Technique pour les Risques Naturels en Haïti Dans le cadre de la prévention contre les séismes et les tsunamis, le gouvernement haïtien a officialisé en 2014 la création du « groupe de Coordination Scientifique et Technique pour les Risques Naturels en Haïti, CST-RNH. Ce Comité constituera progressivement une plateforme nationale relative à la gestion des risques naturels (dont les séismes et les tsunamis). Il réunit les représentants de différents ministères, de l’Université d’Etat d’Haïti (Faculté des Sciences), de la communauté scientifique, du secteur privé et des praticiens de la réduction des risques sismiques et de tsunamis. Pour accomplir sa mission, le CST-RNH pourra s’appuyer sur la « Feuille de route » relative à la réduction du risque sismique en Haïti, établie en novembre 2010, et dont les principales recommandations sont : ●● la maintenance des bâtiments permet de garantir l’efficacité de la construction parasismique sur le long terme. République d’Haïti CODE NATIONAL DU BÂTIMENT D’HAÏTI 2012 CNBH ●● élaborer un programme national pour la réduction du risque sismique visant à promouvoir des actions et mesures adaptées ; ●● superviser et coordonner les efforts dans ce domaine, mettre en place un réseau national de En Haïti, les régles de construction parasismique applicables sont décrites dans le Code National du Bâtiment d’Haïti (CNBH). surveillance sismologique ; ●● établir des cartes d’aléa et de microzonage sismique ; ●● évaluer la stabilité structurale des bâtiments dans les grands centres urbains et fournir des solutions de renforcement budgétisées ; ●● utiliser les informations existantes sur l’aléa sismique pour guider la reconstruction, Etablir des Pour les petits bâtiments, des règles simplifiées existent sous forme de guide de bonnes pratiques. standards minimaux et des directives pour la construction ; ●● s'engager dans la recherche sur l’aléa et le risque sismique ; ●● améliorer le niveau de compétence des professionnels de la construction dans les méthodes parasismiques ; ●● développer des produits et programmes d'éducation et de sensibilisation sur la préparation aux séismes et à la construction parasismique. Source : http://www.mtptc.gouv.ht/accueil/publications/code-construction.html 88 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace SEISME Exemples d'éléments de vulnérabilité de construction à éviter 1 – Rez-de-chauassée ou étages flexibles 2 – Porte-à-faux 3 – Contreventements dissymétriques et rez-de-chaussée ouverts d'un côté 4– Cadres de béton armé remplis de maçonnerie 5 – Poteaux courts 6– Cadres partiellement remplis créant des poteaux courts 7 – Formes irrégulières en plan Construction parasismique : les règles à respecter 6– Configuration non compactes Source : MEDD/France (2012) Source : Extrait du Code National du Bâtiment d’Haïti 89 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace TSUNAMI CODOMAR, le centre d’alerte aux tsunamis en Haïti Dans ce cadre, de nombreux travaux ont d’ores et déjà été initiés par le SEMANAH, notamment sur la côte nord d’Haïti qui a été fortement touchée par le tsunami de 1842. Des cartes d’évacuation ont été établies pour les principales villes (Cap-Haïtien, Fort-Liberté, Port-dePaix), des itinéraires d’évacuation ont été définis avec la population et balisés. Des exercices de simulation ont été menés localement, par exemple en 2013, à Cap-Haïtien, avec 1 480 personnes évacuées. Suite au séisme du 12 janvier 2010, et sous l’impulsion de l’UNESCO, un centre de surveillance de tsunamis a été mis en place en Haïti. Chargé de la surveillance de la mer, basé à Portau-Prince, le Centre d’Observation sur les Données Maritimes (CODOMAR) est placé sous la responsabilité du Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH). En cas d’alerte, le CNM et le SEMANAH informent la Direction de la Protection Civile, qui répercute l’alerte en local (décision d’évacuation, médias). Le CODOMAR dispose d’outils qui lui permettent de : ●● recevoir à travers différents canaux les messages d’alerte régionaux émis par le Pacific Il convient toutefois de garder à l’esprit que les principaux tsunamis qui menacent Haïti ont des sources très proches, et arrivent donc très rapidement sur les côtes, ne laissant que peu de temps aux dispositifs d’alerte pour s’activer. Il est donc nécessaire de rester attentif aux signes naturels qui peuvent annoncer l’arrivée d’un tsunami (secousse sismique, recul ou montée anormale et rapide de la mer), et ce en particulier s’il s’agit d’un tsunami de proche origine. Il faut rester attentifs aux consignes données par les institutions responsables et les autorités, en ce qui concerne les tsunamis d'origine lointaine. Tsunami Warning Center (PTWC), basé à Hawaii ; ●● recevoir les données des enregistrements sismiques du BME ; ●● évaluer la menace locale de tsunami (surveillance des marégraphes dans la région, temps d’arrivée …) ; ●● transmettre l’information à la DPC. Le CODOMAR est également en charge de : ●● participer à l’information et à la sensibilisation sur le risque de tsunami ; Kisa yon sounami ye ? • Sounami se yon bann gwo vag ki sòti nan fon lanmè epi anvayi bòdmè yo. ●● participer à des exercices de gestion de crise ; • Vag sa yo fèt lè gen tranblemandetè, deboulonnay tè bo lanmè oswa volkan anba lanmè. E KONNEN, PANO OU DW LAVI OU KI KA SOVE AMI SI GEN SOUN SOUNAMI SA OU DWE KONNEN, SA OU DWE FÈ POU SOVE LAVI OU SI TA GEN SOUNAMI NJE SI GEN anntè, ●● réaliser la prédiction des niveaux de marée en collaboration avec le SHOH/DPMM ; ANVAN YON SOUNAMI ●● appuyer le CNM pour la surveillance météorologique et le BME pour la surveillance   sismique ;     ●● déterminer le zéro géodésique tous les 2 ans en collaboration avec le CNIGS.   DA ZÒN KI AN gen pano sa a depi gen tranblem ki nami. Kouri kite zòn i gen alèt sou oubyen dep N U SÒTI NA W SWIV PO AMI WOUT POU GEN SOUN INONDE SI ZÒN KI KA Chache konnen si ou abite nan zòn ki gen danje Chache genyen enfòmasyon sou siy ki ap fè w konnen lè pral gen sounami tankou : lè gen tranblemandetè, lè lanmè a monte, lè li rale kò l britsoukou, oswa lè li fè yon gwo e kote bri n nan kominot pano i w ak mou je. Swiv Rete toujou veyatif paske sounami ka rive nenpòt kilè ou menm, fanmnou kite yon zòn dan Se wout sa Patisipe nan aktivite similasyon ke otorite yo ap fè nan zòn ou. inonde si ta dwe itilize pou zòn ki pa pral w ap viv la, yon Chache konnen kote ki lwen lanmè ak kote ki wo pou abrite w si gen danje nan ale yo pou w Chache yon kote ke ou menm ak fanmi w ka rankontre ak flèch sa i. Toujou gen yon valiz sou je pou evakye si w bezwen. Valiz la ap gen ladann: manje, gen sounam medikaman, rad, dlo trete, flach, dra, radyo ak pil, alimèt ak balèn. pano sa Toujou tande radyo pou swiv mesaj ak modòd otorite yo ak pwoteksyon sivil zòn ki gen ZÒN KI PA PANDAN YON SOUNAMI       SOUNAMI E SI TA GEN a pou abrite w GEN DANJ inonde che konnen sa yo pa pral Toujou cha sounami. Zòn si ta gen alèt Lè tè a tranble fò anpil ka gen sounami. Pa rete bò lanmè, kouri ale kote ki pi wo. Rete tèt frèt Si lanmè a rale kò l bridsoukou, pa rete gade ni ranmase pwason, kouri ale kote ki pi wo. Avèti moun kap viv avè w ak nan vwazinaj ou ke ka gen sounami Si pa gen lòt posiblite, monte yon pye bwa oswa. Pote konkou bay moun ki bezwen èd Tanpri, pa sa yo ni retire pano . Pano sa yo pa detwi yo nami. si ta gen sou iw! ka sove lav APRÈ YON SOUNAMI    Rete kote ou ye a jiskaske otorite yo di w sa pou w fè. Sa ka pran yon bon titan. Pa bliye: yon sounami se yon bann vag. Asire tout moun nan fanmi w ou ki bò kote w. Toujou swiv konsiy otorite yo ak pwoteksyon sivil. Kèk siy sounami Mise en place sur la côte nord d’Haïti de panneaux sur la menace de tsunamis Sounami an ka sòti byen lwen san ou pa wè siy yo Si ou tande otorite yo ak pwoteksyon sivil bay yon alèt Si ou tande sirèn ponpye ak lapolis oubyen klòch legliz Pa rete bò lanmè. Ale kote ki pi wo nan kominote a! Mouvman lanmè a ka fè ou santi pral gen sounami Otorite yo ka anonse ou pral gen sounami. Ayiti ap MIN IS © Semanah La salle de contrôle du CODOMAR bl Pa iye l Yon so . epi kr te anpi g sa yo anvayi a e ki po s ak va moun lanmè ni fè fò touye ka naje yo ka pa oubyen sa nn g lanmè li. Peso Fòs va ba t an ou è w annt sou li jwenn tranblem ki fèt se unami . Pifò so lakoz yo ki a è bò lam Ayiti ap prepare l! D RE TE E L’INTER IE U R ©BRGM- D. Bertil Tranblemandetè ka fè ou santi pral gen sounami n ye ? nan fo ki sòti è. NAMI o vag bò lanm n SOU nn gw n ki rete yon ba ou m Kisa yo se u i ut sa unam danje po aze to ation Organis Unies ion, des Nations pour l’éducat et la culture l! prepare sion Commis raphique océanogvernementale intergou la science De nombreux documents d’information sur le risque de tsunami en Haïti ont été réalisés en créole par le SNGRD 90 Atlas des menaces naturelles en Haïti La menace SECHERESSE Quelques exemples de précautions pour réduire la menace Sécheresse Le Programme d’Action National de Lutte contre la Désertification La désertification est un processus complexe, aux multiples dimensions (climatique, biophysique et sociale) qui conduit de manière corrélative à une baisse de la fertilité du milieu naturel et à l’extension de la pauvreté. En général, la dégradation débute par un changement du type de végétation. Ensuite ou parallèlement, le couvert végétal s’éclaircit, la production de biomasse diminue. Le sol, moins protégé, est soumis à l’action mécanique des précipitations qui provoquent une modification des états de surface et sa destruction progressive. Une spirale de dégradation est constituée. Sans interventions réparatrices, elle conduit à une désertification irréversible. La désertification est un problème d’environnement indissociable de la question du développement durable des zones sèches. L’agriculture haïtienne fait face à un environnement dégradé qui inclut des terrains en pente, le déboisement, et aussi l'agriculture d'altitude, sur les mornes. Elle est souvent dépendante de la pluie. La sécurité alimentaire n’est pas seulement une question de culture des terres, mais passe aussi par un enjeu de protection de la ressource naturelle de base de laquelle dépend l’agriculture. Il est essentiel d’éloigner l’agriculture des pentes escarpées vers des plaines plus intensivement cultivables et d’autres sites moins vulnérables à l’érosion des sols. Selon le rapport Agroconsult (2009), 80 % du territoire est partiellement ou totalement sujet à la désertification et près de 5 millions d’Haïtiens en sont très directement affectés. Haïti s’est engagé dans la lutte contre la désertification en adhérant à la Convention internationale de Lutte contre la Désertification (CCD) signée par le Gouvernement le 15 octobre 1994 et ratifiée par le Parlement le 25 septembre 1996. A ce titre, Haïti doit préparer et mettre en œuvre un Programme d’Action National de Lutte contre la Désertification (PAN-LCD). Haïti en est à la première étape de cet engagement. Néanmoins des mesures individuelles ou collectives peuvent être mises en place pour diminuer les effets de la sécheresse ; on peut citer comme exemples : Le PAN-LCD a fait l’objet d’un rapport en 2009 (Agroconsult- Haïti S.A., 2009). Les domaines prioritaires d’intervention concernent : ●● conserver et reconstruire le couvert forestier, la forêt jouant un rôle essentiel pour le stockage, l'infiltration et le cycle de l'eau ; ●● le renforcement des capacités nationales pour la lutte contre la désertification ; ●● le développement et renforcement des capacités scientifiques, techniques et technologiques ; ●● planter des graminées indigènes et/ou tolérantes à la sécheresse, des couvre-sols, des arbustes et des arbres ; ●● la gestion durable des ressources naturelles ; ●● la restauration/réhabilitation des sols et des écosystèmes dégradés ; ●● utiliser du paillis sur les zones cultivées. Le paillis permet de retenir l'humidité dans le sol et également de contrôler les mauvaises herbes qui font concurrence aux plantes paysagères pour l'eau ; ●● l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations affectées. Les projets relatifs à la lutte contre la désertification sont, par ailleurs, étroitement corrélés avec ceux relatifs à l’adaptation du pays au changement climatique. Leur objectif est de renforcer la capacité du gouvernement haïtien à intégrer la viabilité environnementale et l’adaptation au changement climatique, l’une étant indissociable de l’autre dans les politiques, stratégies, programmes et projets de développement en Haïti. ●● promouvoir des technologies énergétiques renouvelables (biomasse, éolien, solaire) comme solution alternative au charbon de bois ; ●● le recyclage et la purification de l'eau, l'augmentation d'épuration ; du nombre de stations ●● la désalinisation de l'eau de mer pour l'irrigation ou la consommation ; ●● la construction de nouveaux barrages ; ●● la réglementation ou la restriction de la consommation d'eau domestique, agricole, industrielle. 91 Exemples d’actions de prévention contre les menaces naturelles en Haïti La menace SECHERESSE Des projets de plus en plus nombreux pour réduire l’impact de la sécheresse sur les populations En exemple, dans le cadre de ses projets agricoles, SOS Enfants Sans Frontières met en place des structures innovantes d’aménagement de bassins versants. Les ouvrages réalisés permettent une meilleure gestion des eaux de ruissellement et améliorent la production agricole des agriculteurs. Ces ouvrages concernent, en particulier, la réalisation de : ●● micro retenues dans les ravines ; ●● puits ; ●● citernes familiales ; ●● bandes de roulement pour désenclaver la zone. Le plateau de Rochebois, dans le départment de Nippes, qui bénéficie ainsi de ces aménagements depuis déjà près de 4 décennies est devenue l’une des principales zones de production maraîchère du pays. 92 ©M. Brochet Les seuils et bassins construits permettent de stocker de l’eau, créant ainsi des réserves au-delà de la saison des pluies. Ils favorisent l’infiltration de l’eau dans les terres en amont, les rendant plus fertiles et permettant le développement de cultures vivrières et maraichères dans les fonds frais. Seuils et bassins dans la ravine Fonds dégâts (Chaîne des Matheux) Atlas des menaces naturelles en Haïti Principales études d'évaluation et de cartographie des risques naturels réalisées en Haïti 93 Liste des principales études de cartographie des risques naturels réalisées en Haïti Liste des principales études de cartographie des risques naturels réalisées en Haïti Plusieurs études relatives à l'évaluation et à la cartographie des risques naturels ont été réalisées depuis une quinzaine d’années en Haïti. Certaines couvrent l’ensemble du territoire, d’autres sont plus localisées. Certaines sont mono-thématiques, d’autres encore peuvent concerner plusieurs types de phénomènes naturels. Le tableau ci-dessous liste les principales études. La carte qui suit localise les secteurs d’étude. Index Aléa Etude Financeur/ Client Date 01 Séisme Carte d’Aléa sismique d’Haiti The Caribbean Disaster Mitigation Project (CDMP) OAS, USAID 1999 02 Multi-aléa Cartes et étude de risques, de la vulnérabilité et des capacités de réponse en Haïti Equipe d’experts OXFAM 2002 03 Inondation Consultation pour la définition d’une méthodologie de réalisation de cartes de risque inondation en Haïti et élaboration d’un prototype Richard Guillande PNUD, DPC et UTSIG 2005 04 Multi-aléa Programme de Développement Local (PDL) Diagnostics participatifs communaux et Plans de Développement communautaires Collectif FAES, BID UTSIG, IHSI et MARNDR 2006-2007 05 Cyclones Etude rapide de la vulnérabilité des zones desservies par le FAES et touchées par les cyclones Fay, Gustav, Hanna et Hike ; Guide méthodologique FAES FAES 2008 06 Inondation Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) ; Aléa et zonage de la commune des Gonaïves R. Guillande (Géosciences Consultants) MPCE et CNIGS 2009 Inondation Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti ; Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) ; Cartographie d'aléa et de zonage de danger vis-à-vis de l'inondation : Aléa et zonage des communes de Cabaret, Léogane et Les Cayes R. Guillande (Géosciences Consultants) MPCE et CNIGS 2009 07 Auteur 94 Atlas des menaces naturelles en Haïti Index Aléa Etude Auteur Financeur/ Client Date 08 Multi-aléa Cartographie de vulnérabilité multirisque CNSA / FEWSNET CNIGS, DPC et MSPP 2009 09 Mouvements de terrain Atlas géotechnique de la zone Pétion-Ville / Frères Université d’Etat d’Haïti (Urgéo-UEH) ; Université Catholique de Louvain (UCL, Belgique) Commission Universitaire pour le Développement, (CUD, Belgique) 2010 10 Séisme Aléa sismique régional d’Haïti USGS USGS 2010 11 Séisme Cartographie d’aléa sismique locale de Port-au-Prince Université Texas, Arkansas, GEER, USGS, Fugro FRH, PNUD 2010 12 Multi-aléa NATHAT Equipe d’experts Banque mondiale, BID et UNESCO 2010 13 Inondation Plans communaux d'alerte et d'évacuation Cartes d'actions inondation Prédict PNAP, MICT, BID et MARNDR 2010 14 Inondation Projet d’Urgence et de Gestion des Risques et des Désastres (PUGRD) Cartographie communale du risque inondation Comités Communaux de Protection Civile DPC, Banque mondiale et OXFAM 15 Multi-aléa NATHAT 2 Equipe d’experts Banque mondiale / GFDRR 95 2011 Liste des principales études sur la cartographie des risques naturels réalisées en Haïti Index Aléa Etude Auteur Financeur/ Client Date 16 Erosion Cartographie nationale de l'érosion du sol CNIGS CNIGS 2011 17 Multi-Aléa PPR16.6 Plan de Prévention des Risques Naturels des quartiers 16/6 Port-au-Prince IMSRN/SOGREAH PNUD et UCLBP 2012 18 Multi-aléa NATHAT 3 Analyse géotechnique, hydrologique et hydraulique des menaces naturelles à Delmas 32 Equipe d’experts Banque mondiale, GFDRR 2012 19 Multi-Aléa Evaluation technique des menaces naturelles des communes de Jacmel, Petit Goâve, Grand Goâve Welt Hunger Hilfe Programme DIPECHO CNIGS, BME, DPC … 2012 20 Séisme SISMO-HAITI Evaluation de l'aléa et du risque sismique en Haïti dirigée vers la conception parasismique UPM et ONEV UCM, CSIC, UA, UAL, RSPR et ISU UPM et AECID 2012 21 Multi-aléa Diagnostic thématique intermédiaire (aléas naturels, voirie/déplacements, eau/assainissement/ déchets) Pétion-Ville: quartiers de Morne Lazarre, Nérette et Morne Hercule ONU Habitat et Architectes de l’Urgence Fonds de Reconstruction 2012 d’Haïti / MTPTC 22 Multi-aléa Programme de mise en place d’un mécanisme de réponse rapide dans le Bas-Artibonite et le Plateau Central ; Cartographie communautaire des menaces et des vulnérabilités ACTED UNICEF DPC 2012 23 Glissements de terrain Unité hydrographique Aquin-Saint Louis du Sud ; Etude sur les glissements de terrain MDE PNUD, Norvège 2012 96 Atlas des menaces naturelles en Haïti Index Aléa Etude 24 Erosion 25 Auteur Financeur/ Client Date Unité hydrographique Aquin-Saint Louis du Sud Rapport de l’étude sur l’érosion des sols MUSLE MDE PNUD, Norvège 2012 Multi-aléa COOPI / IRD SIRV-TAB Système d'information sur les ressources et les vulnérabilités pour la gestion des crises Collaboration : CNIGS, et la gestion préventive de Tabarre DPC ECHO Mairie de Tabarre 2013 26 Inondation Etude hydrologique du quartier Christ-Roi Fondation des Architectes de l’Urgence 2013 27 Séisme Mouvement de terrain Microzonage sismique de Port-au-Prince BRGM/LNBTP/BME MPCE et MTPTC 2013 28 Séisme Microzonage sismique de la ville des Cayes (Haïti) B. Jeudy Université de Sherbrooke (Canada) LNBTP 2014 29 Multi-aléa OCHA Cartographie Multirisques WFP, OCHA, CNIGS 2014 30 Inondation Carte nationale des zones propice à l'inondation CNIGS CNIGS 2014 31 Sécheresse Bulletin de l’Observatoire Global du Territoire CNIGS CNIGS 2014 97 Liste des principales études sur la cartographie des risques naturels réalisées en Haïti Index Aléa Etude Auteur 32 Multi-Aléa Menaces naturelles de la commune de Croix-des-Bouquets Equipe d’experts italiens+ LNBTP/URGEO/ OXFAM BME/CNIGS 33 Multi-Aléa Northern Development Corridor, Haiti Urban Dévelopment and Climate Change Study Environmental Resources Management (ERM) BID Emerging and Sustainable Cities Initiative (ESCI) 2014 34 Tsunami Cartes communales d’évacuation en cas de tsunami ARTELIA UNESCO, ECHO, DPC 2014 35 Séisme Mouvement de terrain Microzonages sismiques - Plan de Prévention Séisme pour le Grand Nord d’Haïti. BRGM/LNBTP/BME MPCE MTPTC PNUD 2014-2015 36 Inondation Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) ; Cartographie d'aléa et de zonage de danger vis-à-vis de l'inondation à Cap-Haïtien R. Guillande (Signalert) MPCE et CNIGS 2014-2015 98 Financeur/ Client Date 2014 Couverture géographique et thématique des études de risques naturels réalisées en Haïti 99 Références citées dans le texte Références citées dans le texte : Agroconsult Haïti S.A. (2009) - PAN-LCD (Programme d’Action National de Lutte contre la Désertification), Rapport du Ministère de l'Environnement. GIEC (2014) - http://www.ipcc.ch/ Guillande R. (2009a) - Appui technique à la réalisation de cartographies de risque d’inondation sur des zones d’Haïti - Volet cartographie d’aléa et zonage de danger de type Plan de Prévention des Risques Inondation, Rapport Géosciences Consultants Sarl n° REP‐CNIGS‐GONAIVES‐0509002. Belvaux, M., Noury, G., Auclair, S., Vanoudheusden, E. & Bertil, D. avec la collaboration de Bastone, V., Bialkowski, A., Bitri, A., Cochery, R., Généa, S., Gilles, R., Jean, B., Jean, P., Jean-Baptiste, M., Jean- Philippe, J., Jean-Poix, C., Nachbaur, A., Prépetit, C., Roullé, A., Samyn, K., Sylvain, R. & Terrier, M. (2013) – Microzonage sismique de Port-au-Prince, Haïti : Effets de site et Liquéfaction. Rapport BRGM/RC-63102-FR, 142 p., 73 fig., 22 tab., 6 ann. (vol. séparé). Guillande R. 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