(2016-10) ACAPS Information Note: Haiti, Hurricane Matthew, 12 October 2016
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Key Findings
- ACAPS Information Note: Haiti.
- A week after the hurricane, this note finds humanitarian need greater inland than on the coast.
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ACAPS Information Note: Haiti. The document runs to 4 pages. A week after the hurricane, this note finds humanitarian need greater inland than on the coast.
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Principales constatations
Note d’information 4 – 12 octobre 2016
HAÏTI
Étendue et
Ouragan Matthew Category 4: Saffir-Simpson
Besoin d’aide
internationale
Non requis
Modéré
Significatif
Important
X
Très faible
Effet attendu
Faible
envergure
escomptées
Faible
Modéré
Significatif
Important
X
Une plus grande réponse humanitaire sera probablement
nécessaire pour prévenir des conséquences graves à long terme,
particulièrement étant donné la crise du choléra et la destruction
des récoltes et du bétail.
Les tensions politiques existantes pourraient s’aggraver dans un
contexte d’après-crise qui s’annonce volatile, ce qui entraînera
des préoccupations d’accès et de protections supplémentaires.
Aperçu de la crise
Au moins 20% du territoire d’Haïti a été touché par l’ouragan Matthew (Handicap
International 6/10/2016). Un grand nombre de glissements de terrain et d’inondations ont
été rapportés dans toutes les régions côtières, de même qu’à l’intérieur des
départements touchés (OSOCC 06/10/2016 ; UNITAR 11/10/2016 ; PNUE 11/10/2016). Les
départements les plus touchés sont : Sud, Grand’Anse et Nippes. Au total,
2 128 700 personnes, soit 12 % de la population d’Haïti, ont été touchées, dont
894 100 enfants (BCAH 12/10/2016).
Le besoin d’assistance humanitaire est plus important à
l’intérieur des terres. Le bilan des morts et des déplacements
devrait encore augmenter.
Priorités pour
l’intervention
humanitaire
Selon les dernières données du gouvernement, 1 410 900 personnes, dont 592 600
enfants, ont besoin d’aide humanitaire. Parmi celles-ci, 750 000, dont 315 000 enfants,
en ont gravement besoin (BCAH 11/10/2016). Au moins 175 500 personnes ont été
évacuées ou déplacées et hébergées dans 224 refuges temporaires (BCAH 12/10/2016).
Jusqu’à maintenant, on rapporte au moins 1 000 décès et l’on s’attend à ce que le bilan
s’alourdisse alors que l’accès aux zones les plus touchées s’améliore (Al Jazeera
10/10/2016). 140 880 personnes étaient déjà touchées par des inondations avant
l’ouragan, particulièrement dans les départements du Nord et de l’Ouest (BCAH
•
Eau, assainissement et hygiène (WASH) : D’énormes
dommages à l’infrastructure hydraulique ont été signalés
dans les villes les plus touchées au sud. Les sources d’eau
ont été contaminées ce qui augmente les risques déjà élevés
de maladies d’origine hydrique, particulièrement le choléra.
•
Nourriture et articles non alimentaires : Des évaluations
préliminaires indiquent qu’il y a des pénuries alimentaires
dans les régions les plus touchées du Sud et de Grand’Anse.
Des dommages importants aux plantations ont été signalés
dans toutes les régions touchées.
•
Logement : Au moins 175 500 personnes ont été déplacées.
D’après les évaluations préliminaires, plus de 200 000
maisons ont été sérieusement endommagées ou détruites.
•
Santé : Au moins 356 cas de choléra ont déjà été signalés.
Étant donné les dommages subis par les infrastructures
hydrauliques déjà défaillantes, il y a un risque très élevé que
le nombre de cas de choléra augmente considérablement.
L’infrastructure sanitaire a été grandement endommagée ou
demeure inaccessible.
15/09/2016).
Jusqu’à maintenant, la réponse s’est concentrée sur les zones côtières, mais il
semblerait que la destruction et les besoins soient encore plus grands plus à l’intérieur
des terres. Il y a un risque que les gens se déplacent vers les centres d’évacuation si
l’aide n’atteint pas les gens dans les régions montagneuses, ce qui empirerait la
situation des refuges dans les villes (PNUE 11/10/2016).
Limites
Les informations manquent au sujet de l’accès humanitaire dans les régions montagneuses de l’intérieur
touchées du Sud et de Grand’Anse, ainsi qu’au sujet de l’étendue des inondations dans ces régions.
L’information sur les besoins, notamment du Sud et de Grand’Anse, est aussi manquante. Le nombre de
personnes évacuées et déplacées ne tient pas compte des personnes qui vivent avec des familles d’accueil
ou dans des abris de fortune. L’ampleur du déplacement est donc sous-estimée.
Contraintes
humanitaires
L’accès routier s’améliore dans les régions côtières, mais les
régions montagneuses intérieures n’ont pas encore été atteintes.
Le pont Ladigue dans le département de l’Ouest a été détruit une
fois de plus. Les véhicules traversent la rivière. L’insécurité
croissante est préoccupante et affectera probablement la
réponse.
Plusieurs
problèmes
se
posent
quant
à
l’approvisionnement en électricité. Les télécommunications ont
été réparées en grande partie, mais la congestion du réseau
limite encore les communications dans les régions touchées.
Effet de la crise
Pourcentage de la population dans le besoin, 11 octobre 2016
Traitement et de l’assainissement des déchets : En date du 10 octobre, les
inondations causées par l’ouragan ont répandu le contenu des canaux d’écoulement
dans les rues, y compris les ordures et les déchets humains à Cité Soleil et à Tabarre
dans le département Ouest ce qui touche durement la population (Malteser 10/10/2016). À
Jérémie et à Grand’Anse, le réseau d’évacuation est partiellement nettoyé, mais les
débris restants réduisent la capacité ; les eaux usées se déversent dans les centresvilles (Fact 08/10/2016). 279 latrines ont été détruites dans les camps de réfugiés à Portau-Prince, ce qui augmente les risques de choléra (OIM 07/10/2016). À cause des
inondations importantes dans les régions touchées, il est impossible d’en creuser de
nouvelles (UNICEF 10/10/2016).
Refuges et articles non alimentaires
On rapporte que 175 500 personnes ont déjà été évacuées vers 224 refuges
temporaires (BCAH 10/10/2016). Ce nombre ne tient toutefois pas compte des personnes
qui vivent avec des familles d’accueil ou dans des abris de fortune. 150 écoles ont été
utilisées comme refuges (UNICEF 07/10/2016). Des églises sont également utilisées aux
mêmes fins. (gouvernement de Haïti 05/10/2016).
Eau, assainissement et hygiène (WASH)
L’assistance en matière d’eau, assainissement et hygiène a été planifiée pour
1,2 million de personnes supplémentaires ; 1,35 million de personnes avaient déjà des
besoins à ce chapitre à cause de la sécheresse (UNICEF 05/10/2016 ; BCAH 02/03/2016).
Alimentation en eau : 30 000 personnes à Jérémie, Grand’Anse et dans la ville de
Duchity, Sud, n’ont apparemment pas d’eau du tout (BCAH 10/10/2016 ; Humanity Road
07/10/2016). De l’eau potable est vendue, mais la plupart des familles vulnérables n’ont
pas les moyens d’en acheter (FACT 08/10/2016). Des dizaines de réseaux communautaires
d’eau potable ont été endommagés à Jérémie (UNICEF 10/10/2016). On signale que 100 %
des systèmes de distribution d’eau ont été endommagés dans les principales villes
touchées dans le sud, particulièrement à Jérémie et à Les Cayes (ECHO 07/10/2016). Des
sources d’eau sont disponibles, mais la contamination est une préoccupation,
spécialement dans les régions sans puits ni sources puisque les gens boivent l’eau des
rivières qui peuvent avoir été contaminées par des activités en amont ou par les
dommages. Le traitement de l’eau est capital (USAID 09/10/2016; PNUE 11/10/2016).
D’après les évaluations préliminaires, plus de 200 000 maisons ont été sérieusement
endommagées ou détruites (ECHO 09/10/2016). Les inondations ont touché
11 municipalités dans les régions côtières de Nippes, Sud, et Grand’Anse. Les Cayes,
Torbeck, et Acquin dans le département Sud ont été sérieusement inondées (UNICEF
05/10/2016). Le gouvernement souhaite éviter les erreurs commises après le
tremblement de terre et ne veut pas utiliser des tentes pour héberger les populations
touchées (gouvernement 10/10/2016). Des rapports provenant de Les Cayes dans le sud
indiquent que les gens commencent à essayer de réparer leurs maisons en utilisant
des débris pour fabriquer des toits.
Santé
En date du 11 octobre, 356 cas présumés de choléra ont été signalés depuis l’ouragan
(DPC 11/10/2016). L’OPS a rapporté qu’au plan national, les cas de choléra ont augmenté
de près de 50 % entre le 8 et le 9 octobre (OPS 09/10/2016).
La transmission du choléra est généralement en hausse pendant la saison des pluies,
de novembre à janvier (OPS 11/10/2016). Le pic saisonnier, combiné aux dommages à
l’infrastructure en eau, en assainissement et en hygiène chroniquement insuffisante et
à la contamination des sources d’eau, soulève la crainte de l’explosion du nombre de
cas dans les prochains mois (IMC 09/10/2016 ; Reuters 08/10/2016 ; BCAH 31/08/2016).
Habituellement, l’incidence du choléra est relativement peu élevée dans le sud-ouest
d’Haïti. Les établissements de santé ne sont donc pas en mesure de répondre à une
augmentation importante du nombre de cas. De plus, plusieurs établissements ont été
endommagés (IMC 09/10/2016). 34 des 212 centres de traitement du choléra (CTC) du
pays ont été touchés, et six ont besoin de réparations urgentes (gouvernement 10/10/2016 ;
denrées de base et une importante augmentation des prix à Pestel (Haïti Libre
BCAH 10/10/2016).
Sud : Les activités de pêche sont paralysées puisque l’équipement et les bateaux ont
été emportés par les eaux (BCAH 10/10/2016).
Neuf des 16 hôpitaux principaux d’Haïti sont intacts et demeurent fonctionnels (PDC
08/10/2016). Cependant, 35 des 197 établissements de santé, y compris des hôpitaux,
des cliniques et des centres de traitement du choléra, ont été touchés par les
inondations et les vents violents à Grand’Anse, Nippes, Nord-Ouest, Sud et Sud-Est
(OPS 11/10/2016). 11 des 33 hôpitaux locaux sont endommagés à Sud, Grand’Anse et
Nippes (BCAH 10/10/2016). On signale un manque de médicaments et de fournitures
partout au pays. On s’attend à ce que la mortalité maternelle augmente (gouvernement
10/10/2016).
Sud-Est : Des carcasses de bétail ont été signalées (Pacific Disaster Center 06/10/2016 ;
PAM 09/10/2016). Des signalements non confirmés de dommages importants aux
récoltes, aux plantations et au bétail à Chantal et à Torbeck ont été rapportés dans les
médias sociaux (Humanity Road 07/10/2016).
10/10/2016).
Nippes : Les médias sociaux ont galement signalé des dommages importants aux
récoltes, aux plantations et au bétail à L’Asile (Humanity Road 07/10/2016).
Des besoins en soutien psychosocial ont été rapportés dans toutes les régions
touchées, et ce besoin a été précisément identifié à Les Cayes (OPS 08/10/2016).
Nord-Ouest : En date du 10 octobre, les activités de pêche sont paralysées puisque
l’équipement et les bateaux ont été emportés par les eaux (PAM 10/10/2016).
Il n’y a aucune mise à jour du nombre de cas de chikungunya, de malaria, de dengue,
et de Zika. Il y aura probablement une diminution temporaire puisque les vents
violents et les inondations ont détruit les sites de reproduction des moustiques.
Cependant, lorsque les eaux de crue se retireront, le taux de transmission retournera
probablement à un niveau problématique (CDC 04/10/2016).
Ouest : Des rapports non confirmés des médias sociaux affirment que des plantations
de plantain ont été détruites à Léogâne (Humanity Road 07/10/2016).
Nutrition
Étant donné les effets négatifs de l’ouragan sur la disponibilité de la nourriture et
l’accès à celle-ci, il est probable que la situation nutritionnelle des groupes vulnérables
se détériore à court terme, particulièrement celle des enfants de moins de cinq ans et
des femmes enceintes ou qui allaitent (BCAH 10/10/2016).
En date du 10 octobre, 112 500 enfants de moins de cinq ans risquent de souffrir de
malnutrition sévère, et les risques de morbidité et de mortalité sont plus grands (UNICEF
10/10/2016). En date du 30 septembre, on signale déjà 131 000 cas d’enfants souffrant
de malnutrition, dont 56 500 enfants qui ont un besoin immédiat d’interventions vitales
(BCAH 30/09/2016).
Moyens de subsistance
Protection
Des tensions et des bagarres ont été rapportées pendant la distribution de l’aide,
particulièrement dans la péninsule Sud et à Dame Marie, Grand’Anse (Voice of America
11/10/2016). À Les Cayes, il y a eu une augmentation des vols. La capacité policière est
très limitée. Le manque d’électricité augmente le risque. Les gens ont peur de dormir,
craignant de perdre leurs possessions (PNUE 11/10/2016). Les tensions augmenteront
probablement dans les prochains jours et les incidents risquent de devenir plus
sérieux et plus fréquents.
Il y a de vives inquiétudes que la violence sexuelle et sexiste augmente ; des mesures
ont été mises en place par précaution (OPS 08/10/2016).
Les régions touchées sont plus à risque de vivre des séparations familiales étant
donné le taux élevé de placement des enfants hors du domicile, et donc d’exposer les
enfants à la violence, à l’exploitation et aux mauvais traitements (UNICEF 05/10/2016).
On signale également la perte de documents essentiels, comme des certificats de
naissance, qui sont très difficiles à remplacer à Haïti (Al Jazeera 07/10/2016).
En date du 10 octobre, 350 000 personnes touchées dans les régions rurales devront
récupérer leur capacité de production dans les prochains mois (BCAH 10/10/2016). Les
activités de pêche sont paralysées puisque l’équipement et les bateaux ont été
emportés par les eaux (Pacific Disaster Center 06/10/2016 ; PAM 09/10/2016).
Les élections qui ont été reportées pourraient se tenir le dimanche 30 octobre. Cela
pourrait entraîner plus de tensions (médias locaux 10/10/2016).
Grande’Anse : Les pertes de bétail dépassent 50 % ce qui a une grande incidence
sur le commerce (BCAH 10/10/2016 ; PAM 09/10/2016). Les mangroves sont sérieusement
endommagées et il y a de l’érosion marine sur la côte nord. On signale un manque de
Éducation
En date du 11 octobre, on estime à 106 300 le nombre d’enfants qui ont besoin de
soutien à l’éducation (BCAH 12/10/2016). Des écoles à Sud et à Grand’Anse resteront
fermées pour au moins encore une semaine, jusqu’au 18 octobre, mais les écoles à
l’extérieur de la péninsule Sud ont rouvert leurs portes le 10 octobre (AlterPress 09/10/2016,
UNICEF 10/10/2016). Au moins 300 écoles publiques ont été touchées et 195 ont été
endommagées, dont 118 au Sud, 56 au Sud-Est et 21 au Nord-Ouest (BCAH 10/10/2016 ;
BCAH 08/10/2016 ; gouvernement de Haïti 07/10/2016). De nombreux enfants ont perdu tous
leurs effets, y compris leurs livres, leurs uniformes et leurs fournitures scolaires (BCAH
10/10/2016).
Contraintes humanitaires et opérationnelles
Le pont Ladigue dans le département de l’Ouest a été détruit une fois de plus. Les
véhicules traversent la rivière (Logistic Cluster 10/10/2016). L’accès terrestre aux régions
les plus touchées demeure extrêmement difficile. Les gros camions ont du mal à
circuler sur les routes qui sont jonchées de troncs d’arbres et autres débris (OIM
09/10/2016 ; CARE 10/10/2016). Selon le ministère de l’Intérieur, 60 % des routes de la
péninsule Sud ont été endommagées (AFP 10/10/2016). Les régions côtières du sud sont
seulement accessibles par la mer ou par hélicoptère (USAID 09/10/2016).
Plusieurs convois humanitaires ont été bloqués par des barricades sur la route
nationale en route vers la péninsule Sud (AFP 10/10/2016 ; BBC 10/10/2016). On s’attend à
ce que l’insécurité augmente avec le début de la distribution de l’aide
Digicel a pu réparer une grande portion de son réseau, plus de 70 % de la population
est couverte à Grand’Anse, et 95 % au Sud et au Sud-Est (Digicel 9/10/2016). La
congestion du réseau limite toutefois les communications dans les régions touchées.
(Internews 06/10/2016). 80 % du réseau électrique a été détruit à Les Cayes, Sud, Jérémie,
Grand’Anse et Jacmel, Sud-Est (médias locaux 06/10/2016).