Pédologie de la plaine de Maribaroux : schéma directeur d'aménagement et de développement
Resume — Volet pédologique du schéma directeur d'aménagement et de développement de la plaine de Maribaroux, par Jean André Victor pour SOHITRA dans le cadre du PPI-II du MARNDR, 2012. Il classe les sols de la plaine selon leur aptitude à l'irrigation.
Description Complete
Préparé par Jean André Victor pour SOHITRA en 2012 dans le cadre du deuxième projet de petite irrigation (PPI-II) du MARNDR, il s'agit du rapport de pédologie du schéma directeur d'aménagement et de développement de la plaine de Maribaroux, au Nord-Est. Son premier chapitre traite de l'évolution des sols de Maribaroux, des facteurs de pédogenèse, de la description des profils types et de leurs caractéristiques physiques et chimiques. Le second classe les terres et les sols de la plaine, avec une classification des sols selon leur aptitude à l'irrigation et un exposé de l'utilisation des sols. Pour un projet d'irrigation, c'est l'intrant technique déterminant : il établit quelles terres peuvent être irriguées productivement.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
MINISTERE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES ET DU DEVELOPPEMENT RURAL
SHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT DE LA PLAINE DE MARIBAROUX
REF. MARNDR / PPI-II / PLAINE DE MARIBAROUX – DEPARTEMENT DU NORD-EST – HAITI
PEDOLOGIE
RAPPORT FINAL
JEAN ANDRE VICTOR
SOHITRA, 2012
SOMMAIRE
Liste des sigles
Liste des tableaux
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE 1
EVOLUTION DES SOLS DE MARIBAROU
LES FACTEURS DE PEDOGENESE
DESCRIPTION DES PROFILS TYPES
LES CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET CHIMIQUES
CHAPITRE 2
CLASSIFICATION DES TERRES ET DES SOLS DE MARIBAROU
LA CLASSIFICATION DES TERRES
LA CLASSIFICATION DES SOLS SELON LEUR APTITUDE A L’IRRIGATION
L’UTILISATION DES SOLS
CHAPITRE 3
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
RECOMMANDATIONS GENERALES
RECOMMANDATIONS SPECIFIQUES
ANNEXES
INTRODUCTION GENERALE
Une équipe de terrain composée de l’agro-pédologue assisté d’un adjoint et d’ouvriers spécialisés, a séjourné à plusieurs reprises, dans le Nord-Est, en vue de mener à bien les activités prévues pour l’élaboration du Schéma Directeur et d’Aménagement de la plaine de Maribarou. Cette équipe a travaillé, seule ou en collaboration avec deux ingénieurs, un sociologue et un économiste, en charge des autres volets de cette étude. Il importe de préciser le but de l’étude pédologique et la méthodologie adoptée pour réaliser cette dernière.
Selon les termes de référence élaborés par le MARNDR (Projet de Développement de la Petite Irrigation – PPI/II), le Consultant devra faire l’analyse des potentialités des sols de la plaine de Maribarou et réaliser une reconnaissance pédologique sommaire, à l’échelle de 1/50 000 de chaque zone géographique identifiée ; il devra produire une description des profils types et une classification des sols selon leur vocation et les contraintes dominantes ainsi que l’établissement de cartes d’aptitude à l’irrigation.
Selon l’offre technique de la SOHITRA, il sera fait un inventaire agro-pédologique du périmètre concerné et une classification des sols sur la base de la classe de pente, des facilités de drainage, de l’occupation actuelle et de la vocation des sols. Dans chaque secteur, cette reconnaissance superficielle sera complétée par l’exécution de profils pédologiques destinés à préciser, par des observations directes, prélèvements d’échantillons et analyses en laboratoire, la profondeur des sols, leur pH, la disponibilité en matières organiques et la présence de minéraux.
L’étude pédologique a donc été entreprise dans le but d’améliorer les conditions d’existence des agriculteurs dans le cadre de la mise en valeur des ressources en sols par l’irrigation. Il sera produit, à cette fin, une carte de potentialité des sols et une carte d’aptitude des sols à l’irrigation.
La démarche pédologique s’est donc déroulée en trois phases distinctes : la reconnaissance, la prospection et la classification des sols.
La reconnaissance des sols a commencé avec l’analyse des cartes et des photographies aériennes disponibles. Elle s’est poursuivie sur le terrain par les observations de surface notamment en ce qui concerne le microrelief, la végétation existante, l’occupation actuelle des sols, le nombre et la localisation éventuelle des sites d’échantillonnage. L’identification des traces de crue et la présence de roches et de pierres ont fait l’objet également de relevés systématiques.
La prospection a permis d’identifier les zones homogènes, telles que mentionnées dans le rapport d’orientation et de diagnostic. Cinq zones homogènes ont été délimitées et portées sur un fonds topographique à l’échelle de 1/50 000. La carte des sols de l’OEA à l’échelle de 1/250 000 a été agrandie dans le but de rechercher les compatibilités pouvant exister entre les unités de sol décrites en 1972 et aujourd’hui.
Durant la phase de prospection, furent prélevés les échantillons de sol au niveau de 10 profils types, à l’intérieur des zones homogènes. Des analyses physiques et chimiques furent effectuées à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) selon la capacité installée de cette dernière. Un total de 25 échantillons de sol a été analysé. Des analyses antérieures réalisées par la FAMV en 1990 dans la plaine de Maribarou ont été mises également à profit dans l’interprétation des résultats.
La présente étude est partagée en trois parties : la première décrit l’évolution des sols; la seconde concerne les potentialités et l’aptitude des sols à l’irrigation tandis que la troisième présente quelques recommandations pour l’utilisation optimum des sols dans le cadre d’une agriculture durable.
Il est opportun de souligner qu’au moment de réaliser les analyses de laboratoire, la FAMV (Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire) n’était pas en mesure d’effectuer d’autres types d’analyse que celles qui ont fait l’objet de ce présent rapport. Un « Soil Kit Test » portatif a été utilisé afin de vérifier certaines hypothèses d’intérêt. Toutefois, la portée des études réalisées a répondu largement aux besoins exprimés dans les termes de référence.
Les méthodes d’analyse suivantes ont été utilisées par la FAMV : le carbonate de calcium, au calcimètre Bernard ; le carbone organique selon Wackley Black ; l’azote total selon Kjeidahl ; le potassium et le sodium assimilables selon Metson ; Le phosphore assimilable selon Olsen et la granulométrie selon Bouyoucos. Le pH est mesuré à l’eau (1 :1). La description des profils a respecté les règles élémentaires présentées par Duchaufour.
L’Annexe 1 fournit, à ce sujet, l’ensemble des résultats fournis par la FAMV pour les analyses ainsi réalisées. On trouvera dans l’Annexe 2 les descriptions complètes des profils de sol selon les tranchées d’observation effectuées sur le terrain. L’Annexe 3 présente la liste de quelques plantes cultivées par rapport à leur possibilité de croissance au regard du potentiel d’oxydo-réduction (le pH) et par rapport à leur tolérance au sel contenu dans le profil du sol.
L’efficience pédologique a été améliorée par une bonne connaissance du terrain, la description de zones géographiques homogènes et l’uniformité relative du territoire. La prospection a été réalisée pendant la saison sèche c’est-à-dire à une époque favorable où tous les postes d’observation furent accessibles. La densité des observations et des prélèvements a été jugée suffisante pour les besoins du projet compte tenu de l’échelle de la carte des sols selon l’aptitude de ces derniers à l’irrigation et de l’efficience pédologique.
CHAPITRE 1
L’EVOLUTION DES SOLS DE MARIBAROU
Dans le premier chapitre, il sera présenté l’influence des facteurs de pédogénèse, la description des profils types étudiés et celle des caractéristiques physiques et chimiques des sols.
1. L’INFLUENCE DES FACTEURS DE PEDOGENESE
Les facteurs de pédogénèse sont le climat, la roche-mère, la topographie, le temps, la végétation et l’homme. Il est utile de les considérer, ne serait-ce que brièvement, afin de mettre en relief leur influence respective sur la formation des sols de la plaine de Maribarou.
Le Facteur Climat
Le climat se manifeste à travers la précipitation et la température, lesquelles agissent en étroite relation comme facteurs de pédogénèse. La plaine est située entre 19º 31 et 19º 43 de latitude Nord et entre 71º 41 et 71º 52 de longitude Ouest, à très basse altitude, sur une superficie d’environ 10 000 Ha.
La pluviométrie tourne autour d’une moyenne de 1 000 mm. Ce qui fait de la plaine une zone semi-aride bien que la pluviométrie tende à augmenter avec l’altitude. Le régime pluviométrique affecte, de façon très marquée, les variations de l’humidité disponible dans le sol.
Les données disponibles pour la température dans la plaine de Maribarou sont rares. La température moyenne annuelle oscille autour de 25º 3 C pour la plaine de Limonade, située à proximité de celle de Maribarou, à 10 m d’altitude au dessus du niveau de la mer. La moyenne nationale retenue pour les plaines littorales, comme celle de Maribarou, est de 27º C.
La précipitation et la température permettent de classer cette plaine littorale dans la zone de Forêt Sèche de la Zone Sub-Tropicale (Fs-S), selon la classification de Holdridge. Le bilan hydrique est négatif une bonne partie de l’année.
Ce trait écologique signifie que la plaine de Maribarou est marquée par de grandes variations d’humidité entre les saisons sèches et les saisons pluvieuses. Le facteur Climat ferait, par exemple, que les sols dérivés du calcaire pourrait avoir un horizon A vertique avec des fentes de retrait, compte tenu de la nature de la roche-mère. Mais, ceci doit être vérifié.
Le Facteur Roche-mère
La plaine est d’origine alluvionnaire et cela aura une influence marquée sur l’évolution des sols. Les alluvions peuvent être anciennes, récentes ou marines.
Les alluvions anciennes se distinguent des alluvions récentes par suite de leur position géomorphologique (terrasse) et aussi par la présence de galets dans le profil. Ceci n’a pas été observé dans les zones prospectées.
Les alluvions récentes d’origine fluviatile se rencontrent le long des principales rivières de la plaine, lesquelles forment un réseau hydrologique relativement dense avec des cours d’eau à régime torrentiel, Les alluvions récentes donnent origine aux sols jeunes dont les matériaux proviennent de la montagne par suite de l’érosion hydrique survenue lors des crues enregistrées dans la zone. C’est le cas le plus fréquent dans la plaine de Maribarou.
Les alluvions marines présentent une composition particulière avec des matériaux plus fins et plus homogènes en raison du fait de la proximité de la mer car la vitesse de sédimentation des cours d’eau devient plus lente au fur et à mesure qu’on s’approche de la mer. Il y a aussi intrusion des eaux salines qui tendent à provoquer l’alcalinisation de ces terres très proches du littoral.
Le Facteur Topographie
La plaine présente généralement un microrelief ondulé avec des pentes allant de 0 à 4 %. La partie basse de la plaine accuse, néanmoins, une pente beaucoup plus faible et plus régulière.
L’influence de la topographie se manifeste de la façon suivante : les sols hydromorphes (Solonetz ou Solonchack) seront localisés dans la plaine basse, par suite de l’intrusion des eaux de mer ; en opposition à ces derniers se rencontrent les Vertisols à drainage réduit ou imparfaitement drainés dans les parties plus élevées de la plaine. On peut également trouver dans certaines dépressions c’est-à-dire à des niveaux plus bas que là où l’on rencontre les sols hydromorphes, des sols organiques voire des tourbières.
Les Entisols, riches en dépôts d’alluvions récentes, seront concentrés le long des cours d’eau tandis que les Inceptisols, des sols jeunes, sans cesse affectés par l’érosion, seront disséminés sur des collines ayant une pente modérée. Les Entisols seront donc plus fréquents dans la plaine de Maribarou.
Le Facteur Temps
L’influence du facteur temps va se révéler notamment à travers l’étude des profils pédologiques. Cette influence sera différente selon l’incidence des autres facteurs de pédogénèse.
Les Inceptisols auront un horizon cambique, c’est-à-dire qui commence, à peine à être altéré. Les Entisols, encore plus jeunes que les Inceptisols, n’auront pas le temps de former un horizon B. Les Alfisols vont avoir un horizon argillique. En altitude, les Oxisols, par le phénomène de ferralitisation, auront perdu tous les minéraux silicatés pour développer un horizon oxique, riche en oxydes de fer et d’aluminium.
Dans la plaine de Maribarou, le Facteur Temps aura une influence marquée sur les Entisols.
Le Facteur Végétation
La végétation va jouer par sa présence ou son absence un rôle relativement important. Son action variera selon la roche-mère sous-jacente. Elle permet aussi de faire la corrélation entre le couvert boisé et la nappe phréatique.
Dans un climat semi-aride comme celui de la plaine de Maribarou, les plantes zérophitiques constituent la végétation naturelle, L’arbre indicateur est le bayahonde (Prosopis juliflora). Là où l’aridité tend à augmenter, on trouvera différents étages de cactus avec des espèces différentes notamment à la sortie Ouest de la plaine. Quand l’aridité diminue, le bayahonde va céder la place à certains feuillus non épineux notamment le bois d’orme (Guazuma ulmifolia) et le gaïac ( Guaiacum officinalis ou Guaiacum sanctum), le premier poussant sur des sols profonds et le second sur des sols minces.
Le paysage sera très différencié dans les terrains alluvionnaires, comme c’est le cas dans la plaine de Maribarou. On y trouvera les manguiers (Mangifera indica), le chêne (Catalpa longissima), le dalle-marie (Calophyllus calaba), le cirouellier (Spondias purpurea), le cachiman (Annona squamosa), l’arbre à pain et l’arbre véritable (Artocarpus incisa) ou encore le palmiste (Roystonea regia).
La limite entre le paysage fermé des feuillus et la savane épineuse est nette et claire à la sortie Ouest de la plaine, c’est-à-dire en allant de Ouanaminthe à Fort-Liberté.
Quand tout près du littoral, la salinité de l’eau tendra à augmenter, les feuillus ou les cacti seront remplacés par la crisse marine (Uriana maritima) et le pourpier bord de mer (Sesuvium portulacastrum).
Le Facteur Homme
L’homme intervient fondamentalement à travers l’agriculture. Dans la plaine de Maribarou, les observations y relatives sont intéressantes à plus d’un titre. La population qui vit dans la plaine est estimée à 6 000 habitants pour la partie située dans la commune de Ferrier (Bas Maribarou) et à 14 000 habitants pour la partie localisée dans la commune de Ouanaminthe (Haut Maribarou). L’agriculture change de visage tandis que les sols sont utilisés différemment selon leur vocation naturelle.
Le riz occupe particulièrement l’espace limité par les sols hydromorphes dans les zones de basse altitude, notamment dans les secteurs où le drainage est actuellement mauvais, avec des risques élevés de salinisation. L’observation montre les vestiges coloniaux d’anciens systèmes d’irrigation et de drainage, lesquels seraient utilisés, aujourd’hui, exclusivement pour l’irrigation. De l’avis des paysans rencontrés, certains drains n’auraient pas été curés depuis une trentaine d’années.
Les périmètres irrigués donnent naissance à une polyculture vivrière très vigoureuse avec des légumes, des haricots et la banane, lesquels se développent en particulier sur les sols alluvionnaires. Mais l’absence de systèmes de protection contre les crues dévastatrices des différents cours d’eau existants (Rivière Massacre, Riviére Canari, Rivière Lamatry, etc) et le manque de systèmes efficients de drainage font augmenter progressivement les risques de dégradation des sols, si rien n’est fait pour y remédier.
Le domaine de l’agriculture pluviale est caractérisé par deux systèmes de culture différents. Sur les sols relativement profonds et fertiles, on trouve la canne à sucre, le maïs et la banane. Quand la capacité de rétention d’eau du sol est faible, particulièrement dans les parties plus hautes de la plaine, on trouve le manioc (Manihot utilisima), le pois congo (Cajanus cajan) et l’anacardier (Anacardium sp).
2. DESCRIPTION DES PROFILS TYPES
Le tableau Nº 3 présente le nombre de profils types selon les zones d’observation considérées. Les profils-tranchées mesuraient 1m x 1m x 1,5 m.
Tableau Nº 3. Nombre de profils-tranchées selon les zones d’observation
Zones d’Observation Homogènes Superficie, Ha Nombre de profils
B 1793.0 2
C 3405.6 3
D 4962.4 5
Total 10 000 10
Il convient de noter que la Zone A et la Zone E n’ont pas été échantillonnées pour n’être pas des zones agricoles. Les zones d’observation seront présentées plus loin au moment de considérer la classification des terres.
L’Annexe 1 présente la description des profils types selon les caractéristiques pertinentes (localisation, situation avant toilette, description des horizons). Il a été déterminé au GPS (Global Positionning System) les coordonnées exactes de chaque unité de profilage.
D’une façon générale, les remarques suivantes méritent d’être soulignées :
• Les contraintes associées au microrelief se retrouvent dans la zone D (dénivellation relativement importante, présence de pierres à la surface du sol)
• Dans la zone D et C, la profondeur des sols est excellente. La grande profondeur de la nappe phréatique se reflète dans l’aspect général du terroir agricole.
• La nappe phréatique s’élève parfois à moins de 0,60 m dans la zone B où se développe la riziculture. Toutefois, on n’a pas constaté de zones gleyfiées dans les profils observés. Là où la nappe phréatique est proche de la surface des phénomènes de gleyfication n’ont pas été enregistrés.
• On a constaté peu ou pas d’effervescence à l’acide chloridrique dans toutes les zones sauf pour quelques cas bien spécifiques. Ce qui indique une faible teneur en calcaire et l’inexistence de sols calcimorphes dans la zone. Ce qui sera confirmé par les analyses de laboratoire.
• Il n’y a pas d’horizon humifère dans aucune des zones échantillonnées, sauf probablement dans les dépressions qui n’ont pas été échantillonnées. Les analyses de laboratoires révèleront, par la suite, la faible teneur des sols en matière organique.
• La présence d’alluvions récentes dans les Entisols, retrouvés le long des cours d’eau explique l’absence d’horizons différenciés dans les profils correspondants
• La présence de fentes de retrait a été peu ou pas observée. Ce qui indique que les sols argileux sont rares, comme les analyses auront à le confirmer par la suite
Force est de convenir, cependant, que les conditions de sol sont loin d’être homogènes dans la plaine de Maribarou et que les résultats présentés ici pourraient être sensiblement différents à une échelle plus grande. Toutefois, de tels résultats demeurent très significatifs pour les besoins d’irrigation.
3. LES CARACTERISTIQUEES PHYSIQUES ET CHIMIQUES DES SOLS
Les analyses physiques et chimiques effectuées ont permis de caractériser les types de sol au regard de leur aptitude à l’irrigation.
Les Propriétés Physiques
En ce qui concerne les propriétés physiques, seule l’analyse granulométrique a été réalisée au laboratoire. Aucune autre analyse de terrain n’a pu être entreprise, faute de matériel disponible (densité apparente, vitesse d’infiltration). La conductivité hydraulique n’a pas été, non plus, déterminée au laboratoire. L’analyse granulométrique a permis, néanmoins, d’apprécier le comportement des sols au regard de ces paramètres non mesurés.
Le tableau Nº 4 présente donc la texture des sols dans la plaine de Maribarou
Tableau Nº 4. Texture des sols de la plaine de Maribarou selon les niveaux de profondeur considérés
Zones homogènes PROFONDEUR
De 0 à 25 cm (P1) De 26 à 50 cm (P2) Plus de 50 cm (P3)
D-1 Sablo-limoneuse Limono-sableuse Limoneuse
D-2 Sablo-limoneuse Sableuse Sablo-limoneuse
D-3 Limono-sableuse Limono-sableuse -
D-4 Limoneuse Limoneuse -
D-5 Limono-sableuse Sableuse Limono-sableuse
C-1 - Sableuse Limoneuse fine
C-2 Sableuse Limono-sableuse Limono-sableuse
C-3 Limoneuse fine - -
B-1 Limono-argileuse Nappe phréatique Nappe phréatique
B-2 Limono-sableuse Limoneuse Nappe phréatique
Le tableau Nº 4 indique que dans l’ensemble, les sols de la plaine de Maribarou sont de texture limoneuse, c’est-à-dire que la vitesse d’infiltration de l’eau doit être relativement élevée. Ce qui est inversement proportionnel à la capacité de rétention d’eau de ces sols.
Un pourcentage d’argile significatif de 35% a été trouvé dans un seul cas (Echantillon B-1) notamment dans le périmètre occupé par les rizières. Dans tous les autres cas, le pourcentage d’argile est égal ou inférieur à 5 %.
Force est de convenir que le nombre réduit d’échantillons collectés ne permet pas, non plus, l’extrapolation de l’information à grande échelle mais la description des zones homogènes pourrait être exploitée comme s’il s’agissait d’un échantillonnage stratifié.
Les données chiffrées sur les pourcentages de sable, de limon et d’argile apparaissent dans l’Annexe 2. Dans l’ensemble, il n’y a pas de différences significatives avec les résultats trouvés en 1997.
Il existe une relation étroite entre la texture du sol et la vitesse d’infiltration d’eau dans le même sol (Perméabilité). Celle-ci varie en cm / hr selon Muntz de :
50 à 60 pour les sols sableux très perméables
3 à 12 pour les alluvions perméables
2 à 6 pour les alluvions peu perméables
De 0,05 à 0,01 pour les sols argileux imperméables
Les Propriétés Chimiques
En ce qui concerne les analyses chimiques, il a été déterminé le pH, la conductivité électrique, le pourcentage de carbonate de calcium total et actif, le sodium assimilable, la capacité d’échange de cations, les éléments nutritifs N, P, K et le pourcentage de carbone organique et de matière organique.
Le pH des sols de Maribarou
Le pH (ou Indice de Sorensen), mesure le potentiel d’oxydo-réduction des sols. Il est exprimé comme le logarithme de la concentration inverse d’un milieu en ions hydrogène. Il fournit des informations au sujet de l’acidité du sol (pH inférieur à 6) ou de son alcalinité (pH supérieur à 7). Un sol de pH égal à 7,0 est considéré comme étant neutre. La réaction du sol ou pH est une variable importante qui influence, à la fois, les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol.
Le tableau Nº 5 présente l’information relative au pH des sols.
Tableau Nº 5. Le pH des sols de la plaine de Maribarou
Zones homogènes Profondeur
De 0 à 25 cm (P1) De 26 à 50 cm (P2) Plus de 50 cm (P3)
D-1 6,90 7,37 6,40
D-2 6,20 6,09 6,42
D-3 6,38 8,03 -
D-4 6.00 7,14 -
D-5 6,17 6,59 6,74
C-1 - 5,90 6,33
C-2 6,51 6,43 6,36
C-3 7,29 - -
B-1 6,45 - Nappe
B-2 7,49 7,57 Nappe
Selon le tableau Nº 5, les sols de Maribarou accusent un pH moyen de 6,59 dans les couches supérieures du sol, de 0 à 25 cm. Ce pH neutre caractérise la zone superficielle où se développent les racines de la plupart des plantes sarclées.
Dit autrement, le pH des sols ne présente aucune contrainte, à l’heure actuelle pour les plantes cultivées dans la plaine. L’Annexe 3 présente les limites de pH les plus favorables pour la croissance de certaines plantes cultivées.
Le pH de l’échantillon D-3/P2 parait aberrant. En effet, l’accroissement soudain du potentiel d’oxydo-réduction pour cet échantillon est contraire à la logique verticale et horizontale du tableau, exception faite de la présence éventuelle d’une tache alcaline dans le profil.
Entre 6,0 et 6,9, les sols sont considérés comme légèrement acides selon les classifications courantes indiquées par Fassbender (1978). Y a-t-il un risque d’acidification des sols de la plaine de Maribarou ? Un tel risque est toujours présent quand on observe les causes de l’acidification des sols tropicaux (haute température – forte percolation d’eau dans le profil – extraction des cations basiques par les plantes et l’emploi d’engrais de caractère acide comme le sulfate d’ammonium ou le superphosphate). Seules, des études à long terme peuvent le confirmer au fur et à mesure que le danger se précise.
la conductivité électrique
La conductivité électrique reste un paramètre important quand on fait l’inventaire pédologique à des fins d’irrigation. Elle est, avec le pH et la teneur en sodium (Na) un élément important dans la classification des sols selon leur aptitude à l’irrigation au regard de leur teneur en sels.
Le schéma suivant fait ressortir les propriétés chimiques de base des sols affectés par les sels (chlorures, sulfates,, carbonates)
Sodium
Sols non salins sodiques sols salins sodiques
pH entre 9 et 11 pH entre 8,7 et 8,7 et 8,9
15 %
Sols non salins non sodiques Sols salins non sodiques
pH ≤ 8,7 pH ≤ 8,7
0 2 4 8 mmho/cm
Conductivité électrique de l’extrait de pâte saturée à 25º C
Fig. 1. Classification des sols selon leur teneur en sels (FAO, 1969)
Les sols de Maribarou ne sont ni salins ni sodiques. Ce sont des sols normaux dont la conductivité électrique est inférieure à 4 mmho / cm avec des pH inférieurs à 8, 5 dans tous les cas. Leur pH est même légèrement acide. Leur teneur en sodium échangeable est également faible.
Dit autrement, les sols de la plaine de Maribarou sont exempts de sel, tout au moins, au regard des échantillons qui ont été analysés. Y a-t-il malgré tout un risque de salinisation ?
Force est de répondre par l’affirmative. En effet, le risque de salinisation est toujours présent en climat semi-aride, dans un périmètre irrigué avec un mauvais drainage. Dans la situation d’avant projet, c’est-à-dire dans la situation présente, il y a mauvais drainage, certes, mais le périmètre non protégé des crues est périodiquement inondé. L’eau d’inondation permet de laver le profil du sol en emportant les sels solubles. La situation sera différente si le périmètre irrigué est protégé des crues pendant que les conditions de drainage sont mauvaises. C‘est pourquoi l’irrigation et le drainage sont indissociables.
La teneur en calcaire actif
Il est rare de trouver en Haïti des formations pédologiques d’une certaine étendue qui ne contienne ne serait-ce qu’une teneur dérisoire en carbonate de calcium en raison de l’origine calcaire de la roche-mère sous-jacente (Adrien, 1977). Une teneur élevée en calcaire nuit à la nutrition des plantes, réduit la productivité du sol et restreint le choix des cultures possibles (FAO, 1973)
Les sols calcaires (ou calcimorphes) accusent une forte teneur en carbonate de calcium allant de 10 à 50%. Ils sont déterminés par le climat (semi-aride), la roche-mère (calcaire), la topographie et l’histoire hydrologique du terrain considéré. Les sols normaux ont une teneur faible en carbonate de calcium (COȝCa) oscillant entre 0 et 5% (Hénin, et al, 1972).
Les analyses effectuées pour la plaine de Maribarou, dans le cadre de cette étude, révèlent que la teneur en carbonate de calcium total varie de 2 à 8% tandis celle du calcaire actif oscille entre 0 et 3%. Environ 50% des échantillons analysés ont présenté une teneur maximum de 8% en calcaire total et une teneur en calcaire actif ne dépassant pas 3%. Autrement dit, dans la plaine de Maribarou, il n’existe pas de sols calcaires à proprement parler.
Ceci a été mis en relief par l’absence d’effervescence constatée au test à l’acide chloridrique dans tous les profils observés.
La teneur en matière organique
La matière organique joue un rôle fondamental en matière pédologique. Elle influence un nombre considérable de propriétés du sol dont certaines ont une importance capitale en agriculture irriguée. Elle augmente la capacité de rétention d’eau du sol, la capacité tampon du pH, la production de substances inhibitrices et activatrices de l’activité biologique, la capacité d’échange de cations, et la disponibilité de l’azote (N), du phosphore (P) et du soufre (S).
Selon Fassbender (op. cit.), les horizons A des sols exploités à des fins agricoles présentent des valeurs allant de 0,1 à 10% de matière organique. Les valeurs très élevées sont supérieures à 10 % tandis que les valeurs très basses sont inférieures à 2%.
Les données recueillies pour la plaine de Maribarou oscillent entre 0,13 et 1, 68% pour une moyenne générale de 0,84%. Dit autrement, cette teneur en matière organique est jugée très faible et mérite d’être améliorée.
La minéralisation et l’humification de la matière organique sont favorisées par la quantité et la qualité des restes animaux et végétaux, la composition et l’importance de la flore et de la faune du sol, le pH de ce dernier et les conditions de température et d’humidité.
La teneur en éléments nutritifs
La teneur en éléments nutritifs pose le problème complexe de la nutrition végétale. Les plantes tirent leurs éléments nutritifs de l’atmosphère (C, O, H) et du sol ( les éléments majeurs et les oligo-éléments). Seuls, les éléments majeurs (N, P, K) ont été analysés.
Parmi les éléments majeurs, le N, le P et le S sont libérés, sous forme anionique, à travers le processus de minéralisation de la matière organique (à l’exception de l’azote quand il se présente sous forme de NHч. Par contre, le K, le Ca et le Mg qui sont en équilibre dans le complexe colloïdal du sol se présente sous forme cationique.
Les quantités de N présentes dans le sol dépendent des conditions climatiques, de la végétation, de la topographie, de la roche-mère, des activités de l’homme et du temps. Aussi, la quantité de N varie-t-elle beaucoup pour les sols tropicaux. Des échantillons prélevés en Amérique Centrale accusent des valeurs allant entre 0,05% et 4,71% (Fassbender, op. cit.)
Dans la plaine de Petit-Goave, Victor (1977) a trouvé des valeurs de N total variant entre 0,26 et 0, 46 %. La FAMV a obtenu pour la plaine de Maribarou en 1997 des chiffres de N total variant entre 0,07% et 0,21%.
Les analyses actuelles effectuées dans la plaine de Maribarou montrent des valeurs oscillant entre 0,04% et 0, 22% pour le N total, la moyenne générale étant de 0,12%. Ce qui semble vouloir dire que les sols de Maribarou sont relativement pauvres en N total.
Quand on considère le P assimilable, la moyenne observée actuellement dans la plaine de Maribarou est de 8 ppm avec des écarts allant de 6 à 13 ppm. Victor (op. cit.) a indiqué qu’il est vain de vouloir interpréter la teneur en phosphore en termes de haut et de bas sans une corrélation entre celle-ci et la réponse des plantes aux fertilisants, compte tenu des différences rencontrées dans la nature des sols, la variabilité de la capacité de ces derniers à fixer le P et la diversité des méthodes d’analyse.
Toutefois, il est utile de souligner que dans nombre de cas observés dans l’Amérique tropicale, les chiffres inférieurs à 20 ppm sont considérés comme étant des valeurs relativement faibles. On considère également qu’à partir d’un certain niveau critique de P dans le sol (disons de 7 ppm au Pérou), la réponse aux engrais phosphatés est économiquement élevée.
Quant au K assimilable, la moyenne observé en 2012 dans la plaine de Maribarou s’élève à une moyenne de 0,14 meq / 100 g de sol avec des écarts allant de 0,02 à 1,28. Les valeurs trouvées en 1997 oscillaient entre 0,15 et 1,28 meq / 100 g de sol pour une moyenne de 0,35 meq / 100 g de sol. Il y a donc une réduction de 60% dans la teneur en K pour la période allant de 1997 à 2012 dans la plaine de Maribarou.
Victor (op. cit.) avait trouvé dans la plaine de Petit-Goâve, une valeur moyenne de 115 ppm de K assimilable avec un écart-type de 38,51. A noter qu’un meq / 100 g de sol de K assimilable est égal à 390 ppm de K.. Les 115 ppm de K équivalent donc à une valeur de K de 0,30 meq / 100 g de sol.
Ces données suggèrent que le chiffre de 0,14 meq / 100 g de sol trouvé en 2012, pour la teneur en K assimilable dans la plaine de Maribarou, peut être considéré
La Capacité d’Echange des Cations
La capacité d’échange de cations (CEC) qui détermine le pourcentage de saturation des bases constitue une propriété importante du sol en relation avec son pH et sa fertilité. Pour un sol de composition organique et minéral donnée, le pH et le niveau de fertilité augmentent avec un accroissement du niveau de saturation des bases. La facilité avec laquelle les cations sont absorbés par les plantes dépend du pourcentage de saturation des bases
Il convient de rappeler que dans le sol, on trouve une phase solide, une phase liquide et une phase gazeuse. La phase solide est d’origine organique et inorganique. Le siège des phénomènes d’échange de cations se trouve au niveau des colloïdes organiques (humus) et des colloïdes inorganiques transmis par l’argile.
Le phénomène de CEC en question repose sur le principe que les ions positifs sont attirés par les ions négatifs. Les ions positifs sont le Ca, le Mg, le Na, le K, le Mn, le Al, le Fe et le H tandis que les ions négatifs viennent du Cl, du COȝ, du HCOȝ, ou du SOч. La somme des cations Ca, Mg, K et Na sont les bases échangeables et leur pourcentage au sein de la CEC totale est désigné comme le % de saturation des bases.
La quantité de cations échangeables dans un sol donné dépend de ses minéraux, de la superficie, des charges du complexe colloïdal et des caractéristiques des ions présents dans la solution du sol. Par exemple on trouve les valeurs suivantes allant de :
10 à 20 meq / 100 g de sol pour l’argile 1 :1
40 à 80 meq / 100 g de sol pour l’argile 2 :1
100 à 200 meq / 100 g de sol pour les colloïdes organiques
Pour les sols de Maribarou, la CEC varie de 4 à 30 meq / 100 g de sol avec une moyenne de 16 meq / 100 g de sol. Ce résultat concorde avec les valeurs basses obtenues pour la matière organique et le faible pourcentage d’argile contenu dans ces sols.
D’une façon générale, la CEC varie grandement dans les sols tropicaux . Fassbender présente des chiffres allant de 7 à 83 meq / 100 g de sol pour plusieurs pays de l’Amérique tropicale
CHAPITRE 2
CLASSIFICATION DES TERRES ET DES SOLS DE MARIBAROU
Il est utile de rappeler la différence qui existe entre les terres et les sols. La terre est la résultante des conditions naturelles et des traitements anthropiques imposés au sol depuis son origine (FAO, 1969). Par exemple, la situation géographique, le contexte topographique, la forme géométrique, l’accès à certaines ressources hydriques et les facteurs socio-économiques influencent les revenus tirés du sol et définissent la valeur de la terre envisagée.
Le sol est la couche superficielle du terrain naturel où se développent les racines des plantes. C’est un milieu vivant avec sa biocénose (sa faune, sa flore) et son biotope (air, eau, sable, limon, argile et calcaire). L’objet de la présente étude est le sol ; ce dernier a été étudié jusqu’à une profondeur de 1,50 m.
Dans ce chapitre, il sera abordé, en premier lieu, la classification des terres et en second lieu celle des sols selon leur potentialité et leur aptitude à l’irrigation.
LA CLASSIFICATION DES TERRES
La classification des terres se base sur les informations tirées du concept de zones homogènes, inspiré des Termes de référence, lesquels avaient suggéré de tenir compte des critères de pente, de qualité du drainage naturel, de pédologie générale et d’occupation des sols pour les définir. De fait, le concept a été retenu et adapté aux réalités pédologiques et agro-techniques.
Les critères retenus, en fin de compte, sont le microrelief, les barrières naturelles comme les rivières et la route nationale et les spécificités de l’habitat (pris au sens large), lesquels ne sont pas sans relation avec la dynamique des sols, l’utilisation de ces derniers et le rythme des activités agricoles. Par exemple, une topographie mouvementée explique les difficultés de pratiquer l’irrigation en l’absence de grands aménagements très coûteux; la pente oblige à respecter le sens général de l’écoulement de l’eau ; les rivières conditionnent, sans déterminer, la fréquence des inondations et la problématique de l’irrigation et du drainage ; la route nationale dont la côte est plus élevée que celle du terrain naturel influence les possibilités de maitrise de l’eau et force l’utilisateur à construire des ouvrages d’art pour franchir l’obstacle qu’elle représente.
Le découpage ainsi réalisé n’est pas sans relation avec la nature et l’occupation des sols mais il est loin de déterminer ceux-ci.
Une zone géographique homogène n’accuse pas nécessairement une certaine homogénéité dans les unités ou les types de sol rencontrés. L’intérêt de les définir sur la base de critères géographiques se situe plutôt au niveau de la gestion du périmètre notamment en matière hydrologique et agronomique.
Le tableau No 1 présente les zones homogènes de la plaine sur la base de critères d’intérêt pour le schéma directeur d’aménagement et de développement de la plaine notamment le drainage naturel, la géomorphologie et l’utilisation du sol. La classification se base sur les limites naturelles des cours d’eau en partant de l’Est à l’Ouest ( à l’exception de la zone A qui constitue des enclaves à l’intérieur des territoires définis). La route Nationale Cap/ Ouanaminthe, en tant que barrière plus ou moins naturelle, délimite, sur sa gauche et sur sa droite les cotés Nord et Sud du périmètre.
Tableau No 1. Classification des terres de la plaine de Maribaroux
ZONES DESCRIPTION UTILISATION DU SOL OBSERVATIONS
A INONDABLE/NON DRAINEE ZONES HUMIDES/LAGON Partie Nord de la plaine (Environ 7 corps d’eau)
B INONDABLE/ MAL DRAINEE RIZIERES Partie Nord de la plaine entre les rivières Lamatry et Massacre
C IRRIGUEE ET IRRIGABLE POLYCULTURE VIVRIERE Partie Nord entre les rivières Massacre, Canary et Jassa
D SECHE ET CULTIVEE Agriculture/Agroforesterie Elevage Partie Sud et Partie Nord- Ouest entre les rivières Massacre, Boudou, Canary, Jassa , Maboule et Lamatry
E NON CULTIVEE Etablissements humains
Zones urbanisables Villes, villages et Autres
Description de la Zone A
La zone A est représentée par les plans d’eau existants qui forment des enclaves notamment dans la partie Nord de la plaine. Elle est localisée essentiellement dans les dépressions naturelles de la partie septentrionale, c'est-à-dire sur le côté gauche de la route nationale (en allant vers Ouanaminthe), d’après notre système de classification. Les sept corps d’eau ainsi localisés font l’objet actuellement d’un programme aquacole avec le MARNDR et la FAO. Leur empoissonnement a déjà commencé et des cages expérimentales flottant sur l’eau peuvent être observées, par exemple, au niveau des lagons Gabriel, Robino, Sifra, Boujo, Ron Lilet, etc. La population concernée y pratique déjà la pêche depuis longtemps, mais sans un grand souci de rentabilité. Selon les paysans de la zone, un seul cas de noyade a été enregistré depuis une cinquantaine d’années dans le lagon Gabriel. Les petits corps d’eau de dimension plus réduite et non significative ne sont point permanents. Ils sont utilisés en agriculture de décrue tout comme les terres se trouvant dans la proximité des grands lagons. La plus grande zone humide, le lagon aux Bœufs, est en bordure du littoral et n’est pas comprise dans le périmètre de la plaine de Maribaroux, tel que délimité. La zone A n’est pas une unité de sol et n’a pas été cartographiée.
Description de la Zone B
La zone B occupe une superficie approximative de 2528 Ha et est localisée dans la partie Nord du périmètre. Elle est limitée à l’Est par la rivière Massacre, au Nord et à l’Ouest par la rivière Lamatry et au Sud par la rivière Canary. Il s’agit d’une zone inondable dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est inondée une bonne partie de l’année tout en souffrant les rigueurs de la sécheresse durant le reste de l’année. D’après les habitants de la zone, les 17 drains coloniaux qui la desservaient dans le temps sont bouchés depuis 1973, c'est-à-dire depuis 38 ans. En période de crue, la hauteur d’eau peut s’élever à plus d’un mètre et on est forcé de circuler en canots dans un espace infesté de sangsues. Les premières semailles suivent le retrait des grandes eaux.
Par contre, en saison sèche, il faut attendre les premières pluies du printemps pour emblaver les plantations. Quand elles n’arrivent pas au bon moment la saison agricole est compromise. Par exemple, pour l’année 2011, on n’a pas enregistré de pluie utile durant la période allant de Décembre à Mai. Il arrive donc aux agriculteurs de semer et de semer vainement, en plusieurs fois successives, au cours d’une même saison agricole. Les premières pluies sont arrivées seulement dans la seconde moitié du mois de Mai. Si les semailles avaient été effectuées en décembre-janvier, les riziculteurs auraient pu récolter en avril-mai mais cette tranche de la saison agricole est déjà perdue. Une sécheresse aussi longue comme celle de cette année aurait été enregistrée seulement depuis 1975.
Les semailles qui vont se faire maintenant (c.a.d. au cours de ce mois de mai 2012) risquent d’être perdues si les prochaines crues arrivent au mauvais moment. Et pourtant, les conditions de sol sont favorables à la riziculture. Quand le rythme des inondations le permet, la croissance des plantes est prometteuse mais les escargots (Karakol) et les rats peuvent compromettre les récoltes. Dit autrement, la saison des semailles varie de manière erratique et il est impossible de planifier la succession des cultures sur une même parcelle (les assolements) en fonction des cycles végétatifs des plantes. Sans irrigation contrôlée, la stabilité de la production agricole n’est point garantie.
Description de la Zone C
La zone C, d’une superficie de 3 000 Ha est bornée à l’Ouest par la rivière Lamatry, au Nord par la rivière Canary, au Sud par la route Nationale et à l’Est par la rivière Massacre. Elle représente et représentera la partie où la maitrise de l’eau pourra être totale, lorsqu’on aura identifié l’ensemble des superficies irrigables à moindre coût. Cette zone, à microrelief de surface relativement régulier, comprend toute la partie s’étendant entre la rive gauche de la rivière Massacre et la rive droite de la rivière Lamatry. C’est dans cette zone qu’on trouve le périmètre hydro-agricole de 350 Ha en cours d’aménagement par l’Agro Action Allemande.
La zone C peut être divisée en trois parties distinctes:
• la partie C. 1 entre la rivière Massacre et la rivière Canary,
• la partie C. 2 entre la rivière Canary et la rivière Jassa
• et la partie C. 3 entre la rivière Jassa et la rivière Lamatry.
Dans la zone C, la profusion et la diversité de grands arbres frutiers (manguiers, arbre à pain ou châtaigner, arbre véritable) et forestiers (chène, palmiste, trompette) indiquent le niveau élevé de la profondeur du sol.
Description de la Zone D
La zone D, d’une superficie de 4 623 Ha a déjà et aura des vocations diverses en raison des contraintes hydrologiques, agrologiques et sociales qui diffèrent d’un endroit à un autre. L’élevage semble convenir très bien à la partie Nord-Ouest de la plaine au-delà de la rive gauche de la rivière Lamatry. La partie Sud est partagée entre cinq (5) sous-ensembles localisés sur le coté droit de la route nationale No 6, laquelle délimite la partie Nord de la partie Sud de la plaine.
• Le premier sous-ensemble est naturellement départagé par la rivière Massacre et son affluent la rivière Boudou ( D. 1),
• le second par la rivière Boudou et la rivière Canary (D. 2),
• le troisième par la rivière Canary et la rivière Jassa (D. 3),
• le quatrième par la rivière Jassa et la rivière Maboule (D. 4)
• et le cinquième par la rivière Maboule et la rivière Lamatry (D. 5).
Dans la zone D, l’agriculture pluviale est plus ou moins la règle. C’est la zone de prédilection de la noix d’acajou (Anacardium)
Description de la Zone E
La Zone E, non cultivée, est réservée aux villes, villages et autres établissements humains, lesquels occupent actuellement une superficie de 420 Ha. Une première zone d’extension naturelle de la ville de Ouanaminthe se prolonge vers le sud en allant vers Dosmond. Une seconde zone s’étend du côté Nord-Ouest où s’installent déjà des projets de logements sociaux à bon marché (Projet Agro Action Allemande à Ti Laurier). Des deux côtés de la route nationale, on trouve, en troisième lieu, plusieurs projets de lotissement gérés par le secteur privé, public ou para public ( Canary Village – Projet Haven à Dilaire – Projet à Morne Kas, etc). La zone E empiète de plus en plus sur les terres arables. Ce qui pose le problème de la régularisation des projets de lotissement dans le cadre du schéma directeur de développement de la plaine de Maribarou.
Le tableau No 2 identifie les zones homogènes selon leur superficie respective.
Tableau No 2. Superficie respective des zones homogènes de la plaine de Maribarou
Zones Superficie, Ha Maitrise de l’eau Utilisation Actuelle
A
Ind.* Corps d’eau Pêche
B
2 528 Irrigable et inondable Riziculture
C
C 1
C 2
C 3
3 000
744
912
1344
Irrigable et irriguée en partie
Polyculture intensive
D
D 1
D 2
D 3
D 4
D 5
4 623
901
378
684
1284
1306
Irrigable Agriculture pluviale
Elevage
E 420 Non irrigable Etablissements humains
Total 10 571
( les superficies ont été mesurées au planimètre)
L’utilisation des sols de la plaine de Maribaroux peut se comprendre non seulement en fonction de l’utilisation des sols mais aussi en tenant compte des contraintes qui entravent l’aménagement de l’espace. L’entretien des voies de desserte et l’urbanisation sauvage constituent une contrainte de taille à la valorisation des terres.
Dans la polyculture irriguée, on peut ranger, parmi les principales cultures, le riz, les haricots, la banane, les légumes (tomate, chou, oignon, etc) et le maïs. Dans la polyculture sèche, il faut compter le manioc, le sorgho, le pois congo (Cajanus ) et la patate douce. La noix d’acajou (Anacardium) se rencontre particulièrement dans la zone sèche.
LA POTENTIALITE DES SOLS
La potentialité des sols sera abordée exclusivement en fonction de sa vocation agricole et au regard de son aptitude à l’irrigation. Aucune considération concernant l’utilisation industrielle ou l’utilisation à des fins de construction ou de travaux publics n’a été prise en compte.
De manière globale, il est intéressant de souligner que sur la carte des potentialités de sol du département du Nord-Est dessinée à l’échelle de 1/250 000 et publiée par le CNIGS, la plaine de Maribarou figure dans le groupe des sols à potentialités très bonnes et bonnes, c’est à dire entre le groupe classé parmi les potentialités excellentes et les potentialités médiocres. On ignore quel système de classification a été utilisé en la circonstance.
Dans la présente étude, le système de classification retenu est celui qui avait été utilisé par la FAO (op. cit.) pour caractériser la potentialité des sols dans la plaine des Gonaïves et le département du Nord-Ouest. Cette classification est présentée dans le tableau Nº 6.
Tableau Nº 6. Classes de potentialité des sols
CLASSES DE SOL NIVEAU DE BONIFICATION DES TERRES ZONES HOMOGENES CORRESPONDANTES
CLASSE A
A. 1
A.2
A. 3 Terre à bonification aisée
Sans autre condition que l’irrigation et le drainage
Texture argileuse en surface ou charge très caillouteuse
Moyennant la correction de l’indice de salinité
C 1 – C 2 – C 3
n.a.
n.a.
CLASSE B
B. 1
B. 2 Terre à bonification conditionnée par des travaux de génie rural à grande échelle
Imposant le recours à l’irrigation par aspersion
Nécessitant des ouvrages de prise, de drainage ou de protection des crues
D 5
B
D 3 – D 4
CLASSE C Terre à bonification malaisée moyennant la correction de l’indice de salinité
n.a.
CLASSE D
D. 1
D. 2 Terre à bonification conditionnée par des aménagements à long terme et très onéreux
Terres fortement érodées
Terres à indice de salinité très élevé D 1 – D 2.
n.a.
n.a.
CLASSE E Terre à bonification non envisagée (grands habitats, mornes) n.a.
n.a. = non applicable
La potentialité des sols de Maribarou est relativement très élevée. Toutes les terres incluses dans les zones homogènes C 1, C 2 et C 3 appartiennent à la classe A. La zone homogène D 5 se trouve dans la classe B 1 tandis que les zones homogènes B, D 3 et D 4 tombent dans la classe B 2. Les zones homogènes D 1 et D 2 se rencontrent dans la classe D. Les autres catégories sont non applicables à la réalité de la plaine de Maribarou.
LA CLASSIFICATION DES SOLS SELON LEUR APTITUDE A L’IRRIGATION
Il convient de souligner la signification de l’étude pédologique avant de faire le choix de la méthode de classification et de définir les enjeux agronomiques associés à l’agriculture irriguée.
La signification agronomique de l’étude pédologique
La signification agronomique de l’etude pédologique peut se comprendre à travers les grandes lignes du tableau Nº 7.
Tableau Nº 7. Résultats et signification de l’étude pédologique
Paramètres Etudiés Valeurs Observées ou Mesurées Signification Agronomique
CLIMAT
Pluviométrie
Température
Classification écologique
1 000 mm
27º C
Forêt Sèche Sous Tropicale
Bilan hydrique négatif et besoin de recours à l’irrigation
TOPOGRAPHIE ET AMENAGEMENT
Microrelief
Pente Générale
Couvert végétal
Drainage interne
Régulier dans la majorité des cas
De 0 à 4 %
Association arbres / plantes
Imparfait
Faible besoin de nivellement
Idem
Peu ou pas de défrichage
Besoin de drainage
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU SOL
Pierrosité
Profondeur
Texture
Quasi inexistante
Plus de 1,50m sauf dans les rizières (nappe à 20 – 60 cm)
Limoneuse
Aucun besoin d’épierrement
Aucune restriction culturale
(sauf dans les rizières)
Capacité de rétention d’eau et perméabilité moyennes
PROPRIETES CHIMIQUES DU SOL (Moyenne par élément)
pH
Calcaire actif
Conductivité électrique
Na
CEC
Matière organique
N total
P assimilable
K assimilable
6,59 en moyenne
De 0 à 3 %
≤ 4 mmho / cm
Entre 0,21 et 4 meq / 100 g
de 3,60 à 29,80 meq / 100 g
0,13 – 1,68 %
0,26 – 0,46 %
8 ppm
0,14 meq /100 g de sol
Aucun besoin de chaulage
Aucun besoin d’amendement
Aucune correction nécessaire
idem
utilisation d’engrais à bien doser
Fumure (organique) à répéter
Fertilisation (minérale) nécessaire
Le tableau Nº 7 fait ressortir que les sols de Maribarou sont tout à fait normaux, qu’ils ne souffrent d’aucune restriction majeure sauf pour quelques enclaves bien localisées, que leur plus grand facteur limitant est le drainage et que la gestion de la fertilisation devra être une préoccupation majeure.
LA CLASSIFICATION DES SOLS SELON LEUR APTITUDE A L’IRRIGATION
La méthode de classification retenue est celle de l’USBR (United States Bureau of Reclamation). La description de ce système permet de comprendre son mode de fonctionnement.
Le système de classification de USBR repose sur un certain nombre de principes dont les plus importants sont les suivants :
• le principe de prévision (reconnaitre que l’irrigation et les améliorations des terres vont modifier les relations entre le sol, l’eau et les cultures)
• le principe de corrélation économique (admettre que l’exploitant devra disposer de revenus suffisants pour régler sa consommation d’eau, une fois qu’il aura couvert tous ses autres frais).
• Le principe des facteurs variables (pH, éléments nutritifs, nappe phréatique, etc) , et des facteurs constants (texture, profondeur, etc) selon lequel les intrants des facteurs variables doivent accuser un bon rapport efficacité / coût
• Le principe de l’aptitude à la culture et à l’irrigation centré sur la notion de « terre arable irrigable »
La « terre arable irrigable » est une terre qui, après les améliorations appropriées (nivellement, drainage, installations d’irrigation, etc) devrait avoir une productivité suffisante pour couvrir toutes les dépenses d’exploitation (fonctionnement, entretien, amortissement) et offrir un niveau de vie satisfaisant à l’exploitant et à sa famille.
Autrement dit, les bénéfices tirés de l’irrigation doivent être supérieurs aux coûts d’exploitation. Une place importante devra être alors faite à l’étude des budgets des exploitations et au concept de capacité de remboursement. Les considérations économiques et financières doivent permettre d’éliminer les parcelles non rentables, d’exclure les parcelles isolées de forme trop irrégulière et soumise à des servitudes de passage et d’adapter les superficies à irriguer au volume d’eau disponible.
Le tableau Nº 8 définit les classes de sol selon le système de classification de USBR.
Tableau Nº 8. Les classes d’aptitude à l’irrigation selon le système USBR
Classes d’aptitude Description
Classe 1 Arable : terres tout à fait aptes à l’agriculture irriguée avec une capacité de paiement relativement élevée
Classe 2 Arable : terres moyennement aptes à l’agriculture irriguée avec une capacité potentielle de paiement moyenne
Classe 3 Arable : terres marginalement aptes à l’agriculture irriguée avec une capacité de paiement suffisante pour couvrir les frais d’exploitation malgré les risques encourus
Classe 4 Utilisations spéciales : terres pouvant être classées dans les classes 1, 2, ou 3 (pour exprimer leur capacité relative de paiement) si on indique le type d’utilisation (culture) soit riziculture (R), herbages (H) ou vergers (V)
Classe 5 Non arable : terres considérées provisoirement non arables en raison de carences particulières (salinité excessive, drainage couteux, inondations, etc). Ces terres peuvent être passées à la classe 4 ou 6 après une étude appropriée.
Classe 6 Non arable : terres non arables dans les conditions économiques actuelles ou projetées (terres escarpées, irrégulières, accidentées, rocailleuses, très érodées etc)
Les sous-classes sont représentées par des lettres minuscules indiquant la raison pour laquelle une terre passe à une classe inférieure. Ainsi, les lettres s, t et d qui indiquent seules ou en combinaison, si la carence est imputable au sol, à la topographie ou au drainage. Les principales sous-classes sont : s, t, d, st, sd, td et std. La classe 1 n’a pas de sous-classe.
Les symboles des classes et sous-classes sont inscrits au numérateur.
Les symboles présents au dénominateur concernent dans notre cas : les cultures irriguées (C), les cultures non irriguées (L), les terres improductives (W) et les méthodes d’irrigation soit par gravité (G), soit par aspersion (A) soit par goutte à goutte (GG).
Le codage de la productivité et de la mise en valeur n’a pas été pris en compte, faute d’études appropriées déjà réalisées.
Le tableau Nº 9 fournit les clés de codification selon les zones homogènes précédemment décrits.
Tableau Nº 9. La codification des classes d’aptitude à l’irrigation
Zones homogènes Classes d’aptitude Description
D 1
5 std Terres appartenant à la classe 5. Besoin d’étude appropriée avant classement
D 2 5 std
Id
D 3 2 V t d
C G
Terres appartenant à la classe 2 avec des limitations pour la topographie et le drainage. Irrigation par gravité possible
D 4 3 V s t
C GG
Terres appartenant à la classe 3 avec utilisation spéciale (Vergers). Limitation par la topographie et les sols. La Goutte à Goutte est recommandée
D 5 3 V H t
C A
Terres appartenant à la classe 3 avec utilisation spéciale (Vergers et Herbages). L’aspersion est recommandée
C 1 2 sd
C G
Terres appartenant à la classe 2. Limitations par les sols et le drainage. L’irrigation par gravité est possible
C 2 1
C G
Terres appartenant à la classe 1. Aucune limitation. L’irrigation par gravité est possible
C 3 1
C G
Id.
B 1 2 R d
C G
Terres appartenant à la classe 2 avec utilisation spéciale (Riz) et le drainage pour limitation. Irrigation par gravité
Le système de classification présenté par le tableau Nº 9 a été utilisé pour préparer les classes d’aptitude à l’irrigation à l’échelle de 1 / 50 000
La Répartition des cultures selon les classes de sol
La rotation est la succession des cultures sur une même parcelle (critère de temps) tandis que l’assolement est la répartition spatiale des cultures en rotation sur l’exploitation pour une campagne agricole donnée (critère d’espace).
Tableau Nº 10. Cultures, rotation et assolement proposés selon les classes de sol
Classe de sol selon leur aptitude à l’irrigation Zones Homogènes Cultures Principales Type de Rotation
1
C G
C 2 Maïs
Légumes
Haricots
Banane 1
1
C G
C 3 Maïs
Légumes
Haricots
Banane 1
2 s d
C G
C 1 Canne à sucre
Banane
Cultures associées
Patate douce 2
2 R d
C G
B 1
Riz
Patate douce 4
2 t d
C G
D 3 Riz
Patate douce
Légumes
3
3 V s t
C GG
D 4 Vergers 6
3 V H t
C A
D 5 Pâturage
Anacardiers
Arbres et Cultures en association 6
5 std D 1 Après étude -
5 std D 2 Après étude -
Légende : Type de cultures associées
Banane – Haricots – Gombo – Vigna / Maïs – Vigna - Manioc /
Maïs – Arachide – Vigna
Les types de rotation considérés selon les classes de sol sont présentés dans le tableau Nº 11.
Tableau Nº 11. Types de rotation selon les classes de sol
Classe de sol et Numéro de rotation TYPE OBSERVATIONS
1 Annuel Les cultures en rotation se répètent sur des soles différentes chaque année selon les spécifications de l’exploitation en alternant céréales et légumineuses
2 Biennal Les mêmes cultures peuvent se répéter sur les mêmes soles tous les deux ans
3 Triennal Des cultures différentes peuvent se répéter sur des soles différentes tous les trois ans
4 Semi annuel Le riz et/ou la patate sont cultivés en permanence sur les mêmes soles ou sur des soles différentes compte tenu des conditions de drainage
5 Cultures Permanentes Les cultures pérennes dominent les associations de plantes cultivées
De l’introduction de nouvelles cultures
Compte tenu de l’évolution de la demande locale de produits frais pour couvrir les besoins alimentaires créés par le tourisme en expansion et la sous-traitance en délocalisation, la recherche agronomique ( création souhaitable d’une station expérimentale) pourrait expérimenter de nouvelles espèces et de nouvelles variétés d’intérêt pour la gastronomie locale et l’industrie nationale.
Les nouvelles espèces concerneraient le développement de nouvelles cultures dans les filières Fruits et Légumes et Oléagineux. Il est suggéré d’expérimenter de nouvelles espèces et variétés pouvant rentabiliser l’emploi de l’eau d’irrigation :
• De nouveaux légumes conventionnels (tomate, carotte, chou, laitue, etc) et de nouveaux légumes traditionnels (amarantes, épinards, pourpiers, pois tann ou haricots verts, lalo, etc)
• Des melons, des papayes, des fruits greffés (manguiers et citrus)
• Du tournesol, du ricin et du soya
• De nouvelles espèces fourragères en couplant légumineuses (velvet bean, kudzu) et graminées (herbe de guinée) après des tests agronomiques sur des parcelles agrostologiques
CHAPITRE 3
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
Les sols alluvionnaires de la plaine de Maribarou se trouvent dans une zone écologique à bilan hydrique négatif, sur des terres à microrelief accidenté en amont et mal drainées en aval. Ils sont pour la plupart, de texture limoneuse et limono-sableuse, de fertilité relativement basse et ne sont ni calcaires, ni salins ni sodiques. Ils peuvent facilement justifier des investissements relativement importants pour leur bonification progressive moyennant une rigueur appropriée dans les choix économiques et techniques. Les recommandations sont générales ou spécifiques.
LES RECOMMANDATIONS GENERALES
Les recommandations générales concernent les politiques publiques et les référentiels techniques.
La mise en valeur de la plaine de Maribarou par l’irrigation et le drainage est étroitement liée avec la politique de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en général et les politiques relatives au développement rural et au développement agricole en particulier. Elle dépend également de la gestion adéquate de la rivière Massacre, laquelle est un cours d’eau international qui sert également de ligne frontière entre les deux pays.
Tout projet de développement rural devra tenir compte des spécificités des zones homogènes selon leur vocation propre et leur potentialité réelle.
A titre d’illustration, il suffit de rappeler que la mise en fonctionnement de l’Université de Limonade et la mise en route du parc industriel de Caracol vont attirer un mouvement de population de l’ordre d’un million d’habitants dans les deux départements géographiques du Nord et du Nord-Est.
De même, l’établissement du parc marin des trois baies (Limonade, Caracol et Fort-Liberté) et le développement touristique dans la zone prioritaire de ces deux départements vont créer, à leur tour, un effet d’entrainement sur l’économie de la région.
Il importe alors de fixer la vocation alimentaire de la plaine de Maribarou au regard de la demande croissante de produits alimentaires nécessaires aux populations locales et aux touristes concernés. Ceci amène à considérer le modèle d’agriculture qui sera privilégié dans le cadre des nouveaux enjeux de développement. Un modèle fondé les cultures biologiques et l’agrotourisme seraient indiqués pour imprimer une vigueur nouvelle à la créativité nationale et mettre en valeur la gastronomie haïtienne.
Le développement de l’élevage bovin dans la périphérie Ouest de la plaine et la promotion de l’aquaculture à Fort-Liberté et dans les différents corps d’eau de Maribarou pourraient faire accroitre la production de protéines animales au bénéfice des ouvriers de la sous-traitance en particulier et de la population en général.
En ce qui concerne les référentiels techniques, leur production dépend de la mise en place du centre de recherche agronomique, d’une unité de machinerie agricole et d’un fonds de garantie pour dynamiser le réseau des caisses populaires dont le surplus de liquidités atteste de la stagnation du secteur primaire.
La République devra faire un effort particulier pour entrer dans la rationalité via la science et la technique. Sans l’introduction de nouvelles espèces de plantes et d’animaux, sans un transfert de technologie appropriée, sans une assistance technique effective et efficace, il est vain de penser que les investissements consentis pour l’irrigation et le drainage peuvent générer des revenus qui permettraient de couvrir les dépenses de fonctionnement, d’entretien et d’amortissement des aménagements effectués. L’initiative pourrait même tourner en catastrophe si les mesures ne sont pas adoptées pour gérer rigoureusement l’espace hydro-agricole et éviter la salinisation des sols.
Il convient d’organiser le remembrement des exploitations, de réaliser l’homogénéisation des parcelles, de modifier les formes de certaines parcelles, d’aménager des passages pour les machines agricoles, de supprimer les creux et les bosses là où c’est nécessaire, et d’entreprendre le rééquilibrage physique et chimique des sols à travers les amendements organiques et la fertilisation chimique, sans préjudice de l’option biologique dans les espaces réservés à cet effet.
LES RECOMMANDATIONS SPECIALES
Les recommandations spéciales suivent la logique de la classification des terres et des sols selon l’aptitude de ces derniers à l’irrigation.
La Zone Homogène A
Les zones humides, à l’exemple de la zone homogène A (dans le sens de la Convention de Ramsar) peuvent jouer un grand rôle dans le développement durable de la plaine. Elle peut être exploitée à des fins halieutiques et touristiques via l’écotourisme, en relation avec la gestion durable des aires protégées. Il s’agira de savoir s’il est préférable de les maintenir en l’état, de les agrandir ou de les assécher. Par leur fonction écologique et leur rôle socio-économique, les zones humides représentent un atout particulier dans le jeu du développement socio-économique. Il importe d’en réaliser l’inventaire, de leur donner un statut officiel avec la Convention de Ramsar sur les zones humides de manière à les exploiter durablement.
La zone Homogène B
La zone B, d’une superficie de 2 528 Ha, est inondée périodiquement et pourra cesser de l’être après les aménagements et les bonifications réalisés. Le principal facteur limitant de ces sols est le drainage. La zone B porte actuellement des rizières et pourra, à l’avenir, faire l’objet d’un programme de diversification agricole en raison des aménagements hydro-agricoles à venir. La maitrise de l’eau ayant été acquise, on pourrait y cultiver un riz de meilleure qualité dans l’idée d’accroitre les revenus des agriculteurs. Il convient également d’améliorer les conditions de transformation du paddy en modernisant les moulins à riz, le conditionnement, l’ensachage et la commercialisation du produit fini afin de rendre ce dernier plus compétitif.
La zone Homogène C
La zone C occupe une superficie de 3 000 Ha. Elle est partagée en trois sous-zones distinctes avec des spécificités pédologiques d’intérêt pour l’agriculture. La zone C-1 comprise entre les rivières Massacre et Canary mesure 744 Ha avec pour facteur limitant les risques d’inondation et, par endroits, le drainage. La zone C-2 occupe 912 Ha et le facteur limitant de ses sols est le drainage. La zone C-3 couvre 1344 Ha avec la fertilité comme facteur limitant pour les sols qui la caractérisent. La zone C est une zone prometteuse qui fera probablement l’objet d’un programme intensif d’agriculture. C’est dans cette zone qu’on rencontre les projets actuels d’irrigation, qu’ils soient effectifs ou en devenir. C’est également dans cette zone qu’il est suggéré d’introduire de nouvelles cultures dans la filière des fruits et légumes pour accroitre les revenus des agriculteurs et rentabiliser les infrastructures d’irrigation et de protection des crues.
La zone Homogène D
La zone D couvre une superficie de 4 623 Ha. C’est la plus grande en termes de superficie. Il est possible de partager cette zone en cinq catégories : la zone D-1 (901 Ha), la zone D-2 (378 Ha), la zone D-3 (684 Ha), la zone D-4 (1 284 Ha) et la zone D-5 (1306 Ha). C‘est une zone très hétérogène avec des limitations plus ou moins sévères selon le cas. Les superficies utiles de la zone D pourront être réservées à l’établissement de vergers améliorés et de cultures oléagineuses nouvelles par l’irrigation goutte à goute ou par aspersion quand cela est économiquement souhaitable. Cette zone actuellement très pauvre, pourrait devenir une zone relativement riche si le développement agricole y est bien planifié et si les exigences du développement rural sont respectées.
La zone Homogène E
La zone E qui porte des établissements humains devra être délimitée, mesurée, cartographiée et gérée selon les règles universelles de lotissement, d’urbanisation et d’urbanisme.
BIBLIOGRAPHIE
ADRIEN, J. 1977. Considérations sur les sols d’Haïti. IN ORGANISATION DES ETATS AMERICAINS (OEA). 1972. Séminaire de science et de technologie d’Haïti. OEA. Etudes sur le développement scientifique et technologique. No. 31. Washington. pp 60 – 67.
BOULAHNE, j. 1980. Pédologie appliquée. Mason. Paris. 220 p.
CONG TUNG, T. 1976. Les sols de la plaine de Baconnois et leur utilisation agricole. Bull. Agricole. MARNDR. Nos 2 et 3.
CONG TUNG, T. 1980. Rapport de prospection agropédologique de la 9 ème et 10ème section de la commune de Petit-goave. DRIPP. Petit-goave. 6 p. Miméo.
CORNELL UNIVERSITY. 1983. Keys to soil taxonomy. Soil Mana gement Support Services. Tecnical Monograph N0 6. New York. 244 p.
DUCHAUFOUR, Ph. 1976. Atlas écologique des sols du monde. Mason. Paris. 178 p.
FASSBENDER, H. W. 1978. Quimica de suelos. .IICA. San Jose. 318 p.
HAGAN, R. M. ed. 1967. Irrigation of agricultural lands. ASA. Madison. Agronomy. No 11. 1180 p.
HENIN, S. et al. 1972. El perfil cultural. Ediciones Mundia-Prensa. Madrid. 342 p.
MINISTERE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES ET DU DEVELOPPEMENT RURAL (MARNDR). 1989. Annuaire hydrologique. MARNDR / SNRE. Port-au-Prince. S.p.
MINISTERE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES ET DU DEVELOPPEMENT RURAL. 2000. Listes et cartes des bassins versants des directions départementales agricoles. Direction des ressources Naturelles. Service de D’efense et Restauration des Terres. Port-au-Prince. Sp
ORGANISATION DES ETATS AMERICAINS. 1972. Haïti. Mission d’assistance technique intégrée. OEA. Washington. 656 p.
FOOD AGRICULTURAL ORGANIZATION (FAO). 1973. Sols calcaires. Bulletin Pédologique No 21. Rome. 299 p.
-------------------------------------------------------------------. 1979. Soil survey investigations for irrigation. FAO Soils Bulletin. No 42. Rome. 188 p.
-------------------------------------------------------------------------. 1989. Evaluation des terres pour l’agriculture irriguée. Bulletin Pédologique de la FAO. No 55. Rome. 290 p.
----------------------------------------------------------------------------. 1976. Cadre pour l’évaluation des terres. Bulletin Pédologique de la FAO. No 32. Rome. 64 p.
---------------------------------------------------------------------. 1989. Carte mondiale des sols. Rapport sur les ressources en sol du monde. FAO / UNESCO / ISRIC. Rome. 125 p.
TISDALE, S. L. y NELSON, W. L. 1970. Fertilidad de los suelos y fertizantes. Montaner y Simon, S. A. Barcelona. 760 p.
UNITED STATES SOUTHERN COMMAND (USSC). 1999. L’évaluation des ressources d’eau d’Haïti. District Mobile. Corps d’Ingénieurs. Alabama/Alexandrie. 43 p. Plus Annexes.
VICTOR, J. A. et CONG TUNG, T. 1977. Sols de la plaine de Petit-Goave et du bassin versant de la rivière Barette. Essai de classification taxonomique. DRIPP. Petit-Goave. 25 p. Miméo.
VICTOR, J. A. 1977. Quelques caractéristiques physico-chimiques des sols de Petit-Goave et des environs. IN Organisation des Etats Américains. Séminaire de science et technologie d’Haïti. Etudes sur le développement scientifique et technologique. No 31. OEA. Washington, D. C. pp 79 – 92.
ANNEXES
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 1
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Dosmond
Nº DU PROFIL D-1
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION en face du bureau du CASEC
19º 31´ 24´´ N et 71º 43´ 54´´ O
VEGETATION dense avec des bananiers, des cocotiers, des noix d’acajou
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,50 m
Toujours sec en profondeur
Non fendillé
Couleur Jaunatre
Pas de frange capillaire
Ech, Nº Horizon Profondeur
(cm) Caractéristiques Générales
D1/P1
A oo 0-10 Riche en matières organiques – restes de cendres
10 YR 5/5 – Pas de racines – pas d’effervescence
Limoneux
D1/P2 A p 10 – 80 Pas d’effervescence
10 YR 6/5
D1/P3 (C 2) 80 – 1,5 10 YR 6/5
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 2
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR entre Rivière Canary et Boudou (Bedou)
Nº DU PROFIL D-2
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Entre Eglise Christ Roi et Lycée Capois La Mort
19º 32´ 36´´ N et 71º 44´ 15´´ O
VEGETATION Association de manioc, de pois congo, d’arbre véritable, de
cirouelle
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,50 m
Toujours sec en profondeur
Légers fendillements
Pas de frange capillaire
Ech, Nº Horizon Profondeur
Cm Caractéristiques Générales
D2 /P1
A p 0 – 25 Présence de racines – Craquelures
Pas de déchets organiques
10 YR 4/4. Pas d’effervescence
D2 /P2 (C 1) 25 – 80 Transition nette
10 YR 5/5
D2/ P3 (C 2) 80 – 1,5 10 YR 5/4
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 3
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Route Colo – Morne Cochon – Terrain GEDOUA
Nº DU PROFIL D-3
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION entre Rivière Jassa et Rivière Canari
19º 32´ 34´´ N et 71º 35´ 33´´ O
VEGETATION plantes fourragères – Acajou – Neem - Bayahonde
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,50 m
Toujours sec en profondeur
Peu de fendillement
Pas de frange capillaire
Ech, Nº Horizon Profondeur
Cm Caractéristiques Générales
D3 /P1
A p 0 – 60 Pas d’effervescence
10 YR 5/4
Présence de craquelures
D3/P2 (C 2) 60 – 1,5 Faible Effervescence
10 YR 6/5
L’échantillon D 3/ P 2 exprime t-il un problème particulier ? C’est l’un des deux horizons où le HCL a fait effervescence. Par la suite, on a découvert que son pH (8,03) est le plus élevé de tous les échantillons. Il a été de même de son taux de Na assimilable (4,81meq/100 g). Sa conductivité électrique (658,5 µohm/cm), comparée aux autres, est tout aussi extrème. D’autres investigations seraient nécessaires dans la zone homogène D 3 qui parait offrir des conditions de salinité exceptionnelles.
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 4
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Entre Rivière Maboul et Rivière Jassa
Nº DU PROFIL D-4
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Près du bureau du CASEC
19º 38´ 58´´ N et 71º 46´ 46´´ O
VEGETATION Monbin – Bois d’homme – Manguiers – Noix d’acajou - Avocatier
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,50 m
Toujours sec en profondeur
Très fendillé
Frais en profondeur
Ech, Nº Horizon Profondeur
Cm Caractéristiques Générales
D4/P1 A p 0 – 35 Pas d’effervescence . Présence de craquelures
10 YR 5/5. Peu de matières organiques
D4 /P2 (C 2) 35 – 1,5 Pas d’effervescence !0 YR 5/5
Fonds humide
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 5
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Entre Rivière Lamatry et Rivière Maboule
Nº DU PROFIL D-5
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Cour de l’Ecole Primaire
19º 34´ 04´´ N et 71º 47´ 36´´ O
VEGETATION Chêne – Manguiers – Orangers - Anakayik
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,50 m
Toujours sec en profondeur
Fendillé
Pas de frange capillaire
Ech, Nº Horizon Profondeur
Cm Caractéristiques Générales
D5 /P1
A p 0 – 50 Présence de craquelures
10 YR ½
Pas d’effervescence
D5 /P2 (C 2) 50 – 1,00 Pas d’effervescence
10 YR 4/5
D5 /P3 (C 3) 1,00 – 1,5 Pas d’effervescence. 10 YR 4/5
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 6
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Entre Rivière Massacre et Rivière Canari
Nº DU PROFIL C-1
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Champ de maïs sur rive gauche de Massacre
19º 33´ 31´´ N et 71º 43´ 34´´ O
VEGETATION Manguiers – Palmistes
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,00 m
Humide en profondeur
Pas de fendillement
Très humide en profondeur
Ech, Nº Horizon Profondeur
En cm Caractéristiques Générales
C1 /P1
A p 0 – 10 Limoneux
10 YR 5/5
Pas d’effervescence
C1 /P2 (C 1) 10 – 35 Pas d’effervescence
10 YR 5/5
C1 /P3 (C 2) 35 – 1,5 Pas d’effervescence. 10 YR 5/4
Très humide
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 7
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Entre Rivière Canari et Rivière Jassa (Zone Irriguée)
Nº DU PROFIL C-2
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Association Maïs – Banane près de l’ouvrage de dérivation
19º 32´ 51´´ N et 71º 45´ 41´´ O
VEGETATION Manguiers – Chêne – Cachiman - Anakayik
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil sec jusqu’à 1,00 m
Pseudo gley en profondeur
Léger fendillement
Très humide en profondeur
Ech, Nº Horizon Profondeur
En cm Caractéristiques Générales
C2 /P1
A p 0 – 1,00 Légers fendillements
10 YR 5/5
Pas d’effervescence
C2 /P2 (C 1) 1,00 – 1,15 Pas d’effervescence
10 YR 5/5
C2 /P3 (C 2) 1,15 – 1,5 Pas d’effervescence. 10 YR 4/5
Très humide. Absence de gleyification
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 8
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Entre Rivière Jassa et Rivière Lamatry (Méandre)
Nº DU PROFIL C-3
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Parcelle en jachère – Culture précédente Riz
19º 36´ 14´´ N et 71º 45´ 47´´ O
VEGETATION Arbre à Pain -Manguiers – Palmiste - Guayakil
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil humide jusqu’à 0,75 m
Couleur Noire
Nappe Phréatique stabilisée à 0,67 le lendemain
Ech, Nº Horizon Profondeur
En cm Caractéristiques Générales
C3 /P1
A p 0 – 0,67 Argileux
10 YR 4/5
Pas d’effervescence
Affleurement de la nappe
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 9
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Méyotte
Nº DU PROFIL B-1
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Parcelle cultivée – Riz
19º 36´ 51´´ N et 71º 45´ 46´´ O
VEGETATION Arbre à Pain -Manguiers – Coco Ginen
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil humide jusqu’à 0,10 m
Couleur Noire
Nappe Phréatique stabilisée à 0,10 m
Ech, Nº Horizon Profondeur
En cm Caractéristiques Générales
B1 /P1 A o 0 – 0,10 Argileux
10 YR 3/5
Pas d’effervescence. Absence de gley
Affleurement de la nappe
ANNEXE 2
FICHE DE PROFILAGE Nº 10
PLAINE DE MARIBAROUX
DATE Novembre 2011
SECTEUR Zone St Jean
Nº DU PROFIL B-2
AUTEUR Jean André Victor
SITUATION Parcelle cultivée – Riz
19º 37´ 20´´ N et 71º 45´ 47´´ O
VEGETATION Mombin – Palmiste – Corosol - Manguier
DESCRIPTION
AVANT LA TOILETTE
Profil humide jusqu’à 0,50 m
Couleur Noire
Nappe Phréatique stabilisée à 0,50 m
Ech, Nº Horizon Profondeur
En cm Caractéristiques Générales
B2 /P1 A o 0 – 0,40 Argileux. Présence de racines
10 YR 3/5
Effervescence faible
B2/ P2 (C 1) 0,40 – 0,50 Pas d’effervescence. Argilo-limoneux
10 YR 5/4
Affleurement de la nappe
L’analyse de laboratoire a montré que la texture est plutôt limoneuse.