MINUJUSTH - Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour l'appui à la Justice en Haïti (S/2019/563), 9 juillet 2019
- Des négociations prolongées sur un nouveau cabinet ont paralysé le Gouvernement et bloqué des textes qu'il devait faire adopter, et aucune tentative de dialogue national n'a abouti.
- L'incapacité du Parlement à voter le budget 2018/19 a privé Haïti de financements internationaux importants qui auraient pu servir à la protection sociale.
- Des élections étaient dues en 2019 sans budget et avec une loi électorale bloquée au Parlement, ce dont le Secrétaire général avertit qu'il risque de créer un vide constitutionnel.
- La crise persistante a nourri une recrudescence de l'activité des gangs criminels dans certaines parties de Port-au-Prince et dans le département de l'Artibonite.
- Le rapport couvre le retrait échelonné du personnel de la MINUJUSTH avant le 15 octobre 2019 et la passation à une mission politique spéciale le 16 octobre.
Le dernier rapport complet de la MINUJUSTH, présenté au titre de la résolution 2466 (2019) et couvrant la période allant du 1er mars au retrait échelonné avant le 15 octobre 2019.
Ses observations sont plus sombres que celles du rapport de mars. L'instabilité politique, aggravée par la détérioration de la situation socioéconomique et sécuritaire, a continué de tenir Haïti. Des négociations prolongées sur un nouveau cabinet ont paralysé le Gouvernement et bloqué des textes qu'il devait faire adopter, et le Secrétaire général qualifie le mélange de facteurs qui en résulte de potentiellement explosif. Il note que les efforts de réformes structurelles n'étaient pas allés assez loin pour surmonter le découragement ressenti à l'égard de la classe politique, des contre-performances des institutions et de l'absence de lutte anticorruption.
Une conséquence est budgétaire et précise : les turbulences au Parlement et son incapacité à voter le budget 2018/19 ont privé Haïti de financements internationaux importants qui auraient pu aller à la protection sociale. Une deuxième est électorale : des élections étaient dues en 2019 sans budget et avec une loi électorale bloquée, ce qui risque selon lui de créer un vide constitutionnel. Une troisième a défini les années suivantes : le climat de crise persistant a offert un terrain fertile à une recrudescence de l'activité des gangs criminels à Port-au-Prince et dans l'Artibonite, et l'inverser suppose une solution politique et des moyens pour des approches multisectorielles.
Il relève aussi qu'aucune tentative de dialogue national n'avait abouti et que l'absence de voix unifiée de l'opposition a réduit sa propre capacité à trouver un terrain d'entente avec le Gouvernement.
Comment citer
MINUJUSTH - Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour l'appui à la Justice en Haïti (S/2019/563), 9 juillet 2019, https://docs.un.org/en/S/2019/563
- Titulaire des droits
- United Nations