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Une étude locale sur la situation des enfants en situation de protection résidentielle

Une étude locale sur la situation des enfants en situation de protection résidentielle

UNICEF 2014 181 pages
Resume — Étude de l'UNICEF sur les enfants en protection résidentielle en Haïti, qui examine leurs conditions de vie et les institutions qui les accueillent.
Constats Cles
Description Complete
Étude de l'UNICEF sur les enfants en protection résidentielle en Haïti, qui examine leurs conditions de vie et les institutions qui les accueillent. La protection résidentielle est le point où la politique de protection de l'enfance rencontre le secteur des orphelinats, et cette étude en constitue la base de données de fond.
Sujets
Social ProtectionHuman Rights
Geographie
National
Mots-cles
protection résidentielle, orphelinats, protection de l'enfance, UNICEF
Entites
UNICEF
Texte Integral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

Rapport « Une étude locale sur la situation des enfants en situation de protection et de prise en charge institutionnelle » 26 May 2014 Timothy T Schwartz Avec Arnaud Dandoy & Harold Maass Chefs d’équipe sur le terrain  Arnaud Dandoy  Serge Boisette Collecte des données et comptable  Stephanie Pierre Consultant-superviseurs  Emile Pharrel  Ambeau Egain Consultant-enquêteurs  Previlon Renaud  Prophete Sylvestre  Sylvain Marcos  Emile Marckenson  Frantz Mars  Soulouque Anderson  Gary Jean Baptiste  Almathe Jean Assistance supplémentaire de  Keely Brookes  Erika Childs Remerciements Les auteurs tiennent à exprimer leur reconnaissance envers toutes les personnes qui ont contribué à cette étude, particulièrement aux centaines d’enfants, de parents, de directeurs et membres du personnel qui ont partagé leurs expériences et leurs impressions sur les centres résidentiels pour enfants en Haïti. Ils tiennent particulièrement à remercier Jean-Louis Roosevelt de l’IBESR pour ses conseils avisés et son aide précieuse à chaque étape, de la mise en place de la stratégie de recherche au développement des outils d’enquête et durant la phase de recherche et d’analyse des données. Nos remerciements s’adressent également à Arielle Jeanty Villedrouin, directrice générale de l’IBESR, aux nombreux autres membres de l’IBESR pour leur aide dans la conduite des enquêtes sur le terrain ; Jacques Greguy Regis dans le Sud-Est, Cinedais Jean dans l’Artibonite, Anostal Justin dans le Nord-Est, Louis-Mary Petit-Frere dans le Nord, Occean Remy dans le Nord-Est et l’Abbé Bernard dans le département du Centre. Un merci chaleureux à Pierre Ferry de l’UNICEF qui nous a guidés dans la réflexion et dont les conseils pertinents et la disponibilité n’ont jamais fait défaut. La méthodologie a également été enrichie grâce aux conseils de Jules Hans Beauvoir de l’UNICEF. Merci à Kristine Peduto, également de l’UNICEF, pour sa large contribution au développement des questionnaires. Que soient ici remerciés les membres du comité directeur initial, Tessa Marks de Rescue International, Islande Georges et Camilla Dogliotti de Terre des Hommes, Claire Perrin Houdon d’Handicap International, le staff de Save the Children, y compris David Marcelin, Stephen Vaughan, et la directrice adjointe Denise Rocks, Rachel Whetten, Kate Whetten, les auteurs principaux de l’étude « A Comparison of the Wellbeing of Orphans and Abandoned Children Ages 6-12 in Institutional and Community-Based Care Settings in 5 Less Wealthy Nations », Anna Koons, Karen O’Donnell, Lynne Messer, Kyle Hamilton, et Amy Hobbie de l’Université de Duke ; tous ont contribué au succès de cette étude par leurs commentaires, leurs réflexions et leur méthodologie sur les centres résidentiels pour enfants et orphelins. L’équipe exprime sa profonde gratitude envers la journaliste Kathryn Joice, auteur de « Child Catchers », et envers le Professeur Karen Rotabi, experte en adoption internationale, pour leurs précieuses suggestions. Et bien sûr, envers les professeurs Gerald Murray et Glenn Smucker, anthropologistes et auteurs de nombreux articles et rapports sur la société haïtienne en général, et sur les enfants haïtiens en particulier qui ont généreusement partagé leurs connaissances dans de longs et enrichissants échanges. i Merci au missionnaire et réalisateur Corrigan Clay, à Jacob Sangster, directeur de la maison pour enfants CorLuv aux Gonaïves, ainsi qu’à l’ancien sous-ministre du MSPP, Patrick Delorme. Isabel Munroy, une infirmière française avec 20 années d’expérience en Haïti, Thor Burhnham, Docteur en Histoire, ont également contribué aux notes et commentaires que l’on retrouve dans ce rapport. Qu’ils en soient remerciés de même que les missionnaires Grégory et Barbara Van Schoyck ainsi que John Bickel, missionnaire américain et co-directeur/fondateur de God’s Littlest Angels. Nous n’oublions pas les missionnaires Carol Anne et George Trulelove, qui vivent depuis plus de 40 ans en Haïti et ont élevé 22 enfants haïtiens comme les leurs. Yolande Mackey, directrice d’école et ancienne agente d’adoption a également partagé ses connaissances sur le processus d’adoption. Shasta Grimes et Tamara Palinka nous ont offert des observations de tout premier plan sur les processus d’adoption internationale en Haïti, notamment le point de vue des futurs parents. Enfin, Michelle Reed de America World Adoption et Debra Parris de European Adoption Consultants ont également partagé des informations sur le travail des agences d’adoption. Un cordial merci à tous. ii Contenu 1. Introduction ..............................................................................................................................7 a. Méthodologie ....................................................................................................................... 2 b. Enquêtes institutionnelles .................................................................................................... 3 c. Enquêtes auprès des enfants................................................................................................. 5 d. Enquêtes auprès des familles ............................................................................................... 6 e. Opinion des « gens de la rue » sur le placement des enfants en institution ......................... 7 f. Ethique ................................................................................................................................. 8 2. Revue de la Littérature .............................................................................................................8 3. Étude qualitative ....................................................................................................................22 a. Le choc des titans des soins des enfants ............................................................................ 23 4. Enquête institutionnelle .........................................................................................................26 a. Profil des enfants................................................................................................................ 26 b. Placement de l’enfant ......................................................................................................... 27 c. Départ des institutions........................................................................................................ 28 d. Règlement sur le droit de visite ......................................................................................... 29 e. Infrastructure ...................................................................................................................... 29 Couchage............................................................................................................................... 29 Loisirs ................................................................................................................................... 30 Un commentaire sur l’évaluation des ressources des centres : ............................................. 30 f. Personnel ............................................................................................................................ 30 g. Comptabilité et de tenue de dossier ................................................................................... 33 h. Plans d’urgence .................................................................................................................. 34 i. Préparer les enfants à quitter le centre ............................................................................... 34 j. Soins médicaux, Education, et Repas ................................................................................ 35 Soins médicaux ..................................................................................................................... 35 Education .............................................................................................................................. 35 Repas ......................................................................................................................................... 36 k. Punition et Abus................................................................................................................. 36 l. Connaissance des Lois ....................................................................................................... 37 iii m. Affiliation étrangère, partenaires et orientation religieuse ............................................. 38 n. Parrainage .......................................................................................................................... 39 o. Adoption ............................................................................................................................ 41 p. Surveillance et Communication avec IBESR .................................................................... 41 5. Enquêtes auprès des enfants...................................................................................................43 a. Placement des enfants dans les centres .............................................................................. 43 b. Peurs et punitions ............................................................................................................... 45 c. Infrastructure ...................................................................................................................... 47 d. Récréation .......................................................................................................................... 47 e. Contacts et visites .............................................................................................................. 48 f. Opinions à propos du centre .............................................................................................. 50 g. Préférence entre le placement dans les centres et vivre dans sa famille ............................ 50 h. Faim, repas et école............................................................................................................ 52 i. Etrangers ............................................................................................................................ 53 j. Professions et aspirations ................................................................................................... 54 6. Enquêtes auprès des familles .................................................................................................56 a. Profils ................................................................................................................................. 56 b. Placement des enfants ........................................................................................................ 58 c. Visites et contact ................................................................................................................ 59 d. Adoption et famille d’accueil............................................................................................. 60 e. Support financier ................................................................................................................ 63 f. Qualité du centre ................................................................................................................ 63 7. Sondage auprès de la population pour connaître l’opinion publique sur le placement des enfants en institutions ....................................................................................................................66 a. Données démographiques .................................................................................................. 67 b. Connaissance et opinions sur les centres ........................................................................... 68 c. Directeurs des centres ........................................................................................................ 69 d. Adoption ............................................................................................................................ 70 8. Conclusions et recommandations ..........................................................................................71 9. Bibliographie..........................................................................................................................75 Annexe 1. Centres sélectionnés pour le questionnaire auprès des enfants ....................................99 Annexe 2 Questionnaire Appel et Directeur (version française) .................................................104 iv Annexe 3 Appel et Directeur (version créole) .............................................................................122 Annexe 4. Questionnaire « gens de la rue » (version française) ..................................................139 Annexe 5. Liste des familles sélectionnées pour le questionnaire auprès des familles ...............142 Annexe 6. Services d’adoption agréés contactés aux Etats-Unis ................................................144 Annexe 7. Liste des centres pour le questionnaire auprès des directeurs ....................................145 Annexe 8. Echantillon original des institutions sélectionnées au hasard pour le projet ..............148 Annexe 9. Meilleures pratiques sur les institutions existantes en Haïti – IBESR 2012 ..............156 Annexe 10. Proposition technique ...............................................................................................158 Annexe 11. Contacts pour les entretiens qualitatifs .....................................................................162 Annexe 12. Les points de vue des experts .............................................................................. 165 TABLEAU Tableau 1 - Centres sélectionnés pour l’enquête auprès des directeurs ..................................................... 4 Tableau 2: Types de centres sélectionnés .................................................................................................... 5 Tableau 3 : Localisation des centres sélectionnés pour les interviews auprès des enfants ......................... 6 Tableau 4 : Localisation des familles sélectionnées pour l’enquête auprès des familles ............................. 7 Tableau 5 : Localisation de la population pour l’enquête « gens de la rue » ............................................... 7 Tableau 6: Profil démographique des centres – enquête) ......................................................................... 27 Tableau 7 : Placement des enfants – enquête institutionnelle (N=48) ...................................................... 28 Tableau 8: Départ des institutions - Motifs les plus fréquents de sortie des centres – enquête institutionnelle (N=48) ................................................................................................................................ 28 Tableau 9 : Visites – enquête institutionnelle (N=48)................................................................................ 29 Tableau 10 : Infrastructure – enquête institutionnelle (N=51).................................................................. 31 Tableau 11 : Personnel – enquête institutionnelle (N=51) ......................................................................... 32 Tableau 12 : : Pratiques institutionnelles – enquête institutionnelle (n=48) ............................................. 33 Tableau 13 : Plan de contingence si le centre ferme .................................................................................. 34 Tableau 14 : Préparer les enfants avant le départ du centre – enquête institutionnelle (n=48) ............... 35 Tableau 15 :Soins médicaux, scolarisation et repas – enquête institutionnelle (N=51)............................. 36 Tableau 16 : Abus et punition – enquête institutionnelle (N=48)* ........................................................... 37 Tableau 17 : Connaissance de la loi – enquête institutionnelle (N=48) ..................................................... 38 Tableau 18 : Liens avec les organisations étrangères, assistance et parrainage – enquête institutionnelle (n=48) .......................................................................................................................................................... 39 Tableau 19 : Liens avec les organisations étrangères, assistance et parrainage – enquête institutionnelle (n=48) .......................................................................................................................................................... 40 Tableau 20 : Adoption – enquête institutionnelle (n=9) ............................................................................ 41 Tableau 21 : Inspection par l’IBESR et l’UNICEF – enquête institutionnelle (N=48) ................................... 42 Tableau 22 : Comment l’IBESR communique avec les centres ? – enquête institutionnelle (N=48)........ 42 v Tableau 23 : Profil des enfants interviewés – enquêtes auprès des enfants ............................................. 43 Tableau 24 : Placement des enfants dans le centre – enquêtes auprès des enfants (N=159) ................... 44 Tableau 25 : Raisons du placement des enfants dans les centres – enquêtes auprès des enfants ........... 45 Tableau 26 : Affinité et Peur du Staff – Enquêtes auprès des enfants ..................................................... 46 Tableau 27 : Infrastructure du point de vue des enfants – enquêtes auprès des enfants (N=159) ........... 47 Tableau 28 : Sports et activités – enquêtes auprès des enfants (N=159) .................................................. 48 Tableau 29 : Contacts et visites – enquêtes auprès des enfants (N=159) .................................................. 49 Tableau 30 :Ce que l’enfant aime/n’aime pas dans le centre (interviews enfants) ................................... 51 Tableau 31 : Opinion des enfants sur le placement en famille vs. centres (interviews enfants) (N=159) . 52 Tableau 32 : Faim, Repas, et scolarisation – enquêtes auprès des enfants (N=159) ................................. 53 Tableau 33 : Contact avec Etrangers (interviews enfants) ......................................................................... 53 Tableau 34 : Ce que les enfants veulent devenir quand ils seront grands (interviews enfants) (N=159) .. 54 Tableau 35 : L’endroit où les enfants veulent vivre quand ils seront grands (N=159) ............................... 55 Tableau 36 : Questionnaires auprès des familles: Centres ciblés (N=32) .................................................. 56 Tableau 37 : Profils des répondants – interviews auprès des familles (N=32) ........................................... 57 Tableau 38 : Placement – interviews auprès des familles (N=32) .............................................................. 58 Tableau 39 : Visites et contact I – interviews auprès des familles (N=32).................................................. 59 Tableau 40 : Visites et Contact II – interviews auprès des familles (N=32) ................................................ 60 Tableau 41 : Adoption, Famille d’accueil et ‘Restavek’ – interviews auprès des familles (N=32) .............. 61 Tableau 42 : Raison pour autoriser/ne pas autoriser un étranger à adopter un enfant – interview auprès des familles (N=32) ..................................................................................................................................... 62 Tableau 43 : Répondants qui accepteraient de garder l’enfant si quelqu’un leur donnait le montant suivant de soutien financier – interviews auprès des familles (N=32) .................................................................... 63 Tableau 44 : Opinion sur la qualité des centres – interviews auprès des familles (N=32) ......................... 64 Tableau 45 : Ce que les enfants ont dans le centre qu’ils n’ont pas à la maison – interviews auprès des familles (N=32) ............................................................................................................................................ 65 Tableau 46 : Problèmes avec les centres – interviews auprès des familles (N=32) ................................... 66 Tableau 47 : Sondage auprès de la population – échantillonnages (N=614) ............................................. 67 Tableau 48 : Profession des répondants (N=614) ....................................................................................... 68 Tableau 49 : Connaissance et opinions sur les centres (N=614)................................................................. 69 Tableau 50 : Perceptions sur les plus grandes raisons pour lesquelles les directeurs ouvrent des centres: Haïtien vs. Etranger (N=614) ....................................................................................................................... 70 Tableau 51 : Opinions sur le placement et l’adoption=614)....................................................................... 70 Tableau 52 : Principale raison pour accepter/refuser l’adoption de l’enfant (N=614) .............................. 71 Tableau 53 : Infrastructure ......................................................................................................................... 72 vi 1. Introduction Ce rapport est le résultat d’une étude commissionnée par l’IBESR sur les enfants placés en institutions en Haïti. En collaboration avec le bureau régional de l'UNICEF pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (TACRO) et avec le soutien de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH), l’IBESR souhaitait conduire une étude sur la situation et les conditions de placement des enfants dans les institutions de type résidentiel, sur leurs antécédents familiaux et sur le point de vue des enfants et des familles. L’étude comporte une revue de la littérature extensive, des recherches qualitatives auprès des directeurs des centres et des agents de protection de la jeunesse, ainsi que quatre études quantitatives, composées des questionnaires suivants (voir annexes pour les questionnaires complets): 1. Questionnaire auprès des directeurs des centres (ou enquêtes institutionnelles) (N = 51) : dans le but de bien comprendre les structures administratives et financières des centres résidentiels, leur conformité avec les lois, leurs moyens/sources de soutien, leur orientation religieuse, leur infrastructure, leurs lignes de conduite et les aspects pratiques pour l’alimentation. Le questionnaire vise également à mieux connaître les pratiques institutionnelles en matière d’alimentation, de soins de santé, de scolarisation, de visites, de discipline, ainsi que les diverses activités récréatives. 2. Questionnaire auprès des enfants placés dans les centres (N = 159) : dans le but de bien comprendre les points de vue des enfants, les raisons pour lesquelles ils pensent avoir été placés dans ces structures d’accueil ; le profil démographique des enfants ; les plaintes et les critiques générales ; leurs expériences positives et négatives dans les centres ; leurs craintes et leurs aspirations futures ; etc. 3. Questionnaire auprès des membres des familles des enfants placés dans les centres (N = 32) : dans le but de mieux comprendre les motivations à la base de ce placement, les caractéristiques socio-démographiques des familles, ainsi que leur point de vue sur le placement en institution. 4. Questionnaire auprès des « gens de la rue » (N = 614) : dans le but de mieux comprendre les avis et les opinions de la population haïtienne sur la question du placement des enfants en institution. vii 2 a. Méthodologie Pour démarrer cette étude, trois consultants – deux basés en Haïti et un aux Etats-Unis – ont passé deux semaines à relire les sources écrites relatives aux institutions pour enfants en Haïti : à savoir les lois haïtiennes et internationales, les rapports de l'UNICEF et autres organismes de protection de l'enfance, les traités universitaires, les enquêtes journalistiques, ainsi que l’examen et l’analyse du contenu des sites web des institutions haïtiennes. L’objectif était d’acquérir une connaissance des enquêtes antérieures et des observations clés sur les causes et les conséquences du placement des enfants en institution. Tout ceci dans le but de développer un outil pour les recherches quantitatives et qualitatives à suivre. L’histoire et le contexte politique dans lesquels se sont développées les institutions de type résidentiel pour enfants en Haïti sont expliqués, notamment le rapport concernant la demande d’adoption des pays développés et le parrainage d’enfants. Deux autres semaines ont été consacrées à contacter des universitaires spécialisés dans le domaine de l’adoption internationale et des institutions de type résidentiel pour enfants. Les agences s’occupant de l’adoption et du parrainage ont été contactées aux Etats-Unis (voir annexe 6). Presque toutes ces agences ont refusé de donner des informations. Il a été plus facile d’obtenir des renseignements de la part d’organisations travaillant dans le domaine de la protection de l’enfance en Haïti – tels que Save the Children, Terre des Hommes, Handicap International – ainsi que de la part d’autres universitaires spécialisés dans le domaine de l’adoption internationale, particulièrement l’équipe professorale de l’Université de Duke, située à Durham (Caroline du Nord), l’experte en adoption et auteure de renommée internationale Karen Rotabi, les anthropologues et spécialistes d’Haïti Gerald Murray et Glenn Smucker, ainsi que des missionnaires et des spécialistes des soins de santé cumulant des dizaines d’années d’expérience en Haïti. Les questionnaires ont été réalisés au fur et à mesure de l’enquête, avec deux objectifs : encourager des réponses honnêtes et précises et prendre en compte le contexte culturel haïtien. Chaque questionnaire a fait l’objet de plusieurs pré-tests afin d’identifier les anomalies potentielles et d’en vérifier la clarté auprès des populations cibles (termes sans ambiguïté, longueur du questionnaire, séquence des questions). Les instruments utilisés pour l’enquête sont des tablettes Samsung Galaxy dans lesquelles ont été chargés les questionnaires grâce au programme ODK. L’application GPS Essentials a été téléchargée sur chaque tablette et utilisée pour obtenir les coordonnées longitudinales et latitudinales (via Google Earth) des centres. Les programmes Excel et SPSS ont été utilisés pour l’analyse des données. Ces données sont présentées sous forme de tableaux créés avec Excel. La plupart de ceux-ci présentent de façon simples et directes les informations recueillies auprès des directeurs, des enfants, des familles ainsi que des « gens de la rue ». 3 b. Enquêtes institutionnelles La sélection des centres a été faite de manière aléatoire et systématique sur base de l’Annuaire de 2012 de l’IBESR sur les maisons d’accueil (chaque nième entrée dans l’Annuaire). Parmi les 716 maisons recensées dans l’annuaire, 318 centres sont identifiées de manière spécifique comme « orphelinats », et 30 autres sont reconnus spécifiquement comme « crèches ». Le reste des centres recensés dans l’annuaire sont qualifiés de « centres pour enfants démunis », « centres pour enfants en difficulté », « centres pour enfants défavorisés », « centres pour enfants nécessiteux », « centres pour enfants en domesticité », « centres pour orphelins », « centres pour enfants en conflit avec la loi », « centres pour enfants des rues», et « centres pour enfants handicapés ».1 Cependant, l’enquête sur le terrain a démontré que dans la pratique, ces catégories ne sont pas véritablement respectées et ne reflètent pas les types d’enfants effectivement pris en charge dans les centres. Par exemple, parmi les cinq (5) centres sélectionnés identifiés comme spécialisés dans les « enfants des rues et enfants en conflit avec la loi », À cela, il faut ajouter que, si la majorité des centres pour enfants sont répertoriés comme des « orphelinats », seuls 17% des enfants interviewés dans le cadre de cette étude ont effectivement perdu leurs deux parents, la majorité d’entre eux ayant encore au moins un parent en vie. En raison du nombre relativement restreint de crèches (30) ainsi que des autres centres spécialisés dans une catégorie spéciale d’enfants (enfants des rues, enfants handicappés, enfants en domesticité, enfants en conflict avec la loi), nous avons choisi d’inclure délibérément dans les enquêtes auprès des directeurs, 7 crèches sélectionnées de manière aléatoire, 3 institutions sélectionnées de manière non-aléatoire spécialisées dans les enfants handicapés, et 5 institutions spécialisées dans les enfants des rues et les enfants en conflit avec la loi (voir Annexe ## pour une explication détaillée de la méthode de sélection des institutions). Sur base de l’Annuaire IBESR, un échantillon initial de 75 centres avait été sélectionné pour les enquêtes institutionnelles. En raison des problèmes rencontrés pour localiser ces centres sur le terrain (centres inexistants, fermés, déplacés), 23 centres ont été ajoutés à la liste initiale et leur existence a été vérifiée sur le terrain (voir Annexe pour une table détaillée des centres sélectionnés). Parmi cet échantillon de 98 centres, 64 interviews auprès des directeurs ont pu être réalisées (voir Tableau 1 – soit un taux de réponses de 65%. En raison de problèmes techniques, 10 questionnaires n’ont pu être récupérés sur les tablettes digitales. 1 Les centres de détention pour mineurs n’ont pas été inclus dans cette étude, en raison des difficultés d’accès ainsi que de la singularité de leurs pratiques institutionnelles. 4 3 autres questionnaires n’ont pu être utilisés en raison d’inconsistance dans les données récoltées. Au final, l’étude se base sur un échantillon de 51 questionnaires auprès des directeurs des centres. Tableau 1 - Centres sélectionnés pour l’enquête auprès des directeurs Centres Directeurs Centre Centres Centres Refus de Pré-test sélectionnés interviewés s déplacés inconnus directeurs fermés Total 98 64 11 4 12 6 1 Les questionnaires ont été effectués de manière à respecter la répartition géographique des centres à travers le pays (voir Tableau 2). Si l’on reprend le recensement des 716 maisons d’enfants indiquées dans l’Annuaire de l’IBESR, on constate que la majorité de celles-ci (77%) sont localisées dans le département de l’Ouest. Pratiquement, la répartition des institutions pour enfants de type résidentiel est la suivante : - Ouest : 502 centres - Centre : 23 centres - Nord-Ouest : 17 centres - Sud-Est : 22 centres - Nord : 40 centres - Nippes : 6 centres - Nord-Est : 14 centres - Sud : 49 centres - Artibonite : 47 centres - Grande-Anse : 20 centres 5 Ainsi, 58% des interviews se sont déroulés dans le département de l’Ouest, essentiellement dans l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince. Tableau 2: Types de centres sélectionnés Enfants Enfants en placés en conflit avec Enfants domesticité Orphelinats la loi Crèches handicappés (“restaveks”) TOTAL Artibonite 5 5 Nord 3 1 1 1 6 Nord-Est 2 2 Nord-Ouest 6 6 Ouest 16 4 6 2 1 29 PlateauCentral 3 3 Total 35 5 7 3 1 51 c. Enquêtes auprès des enfants Le deuxième questionnaire s’adressait aux enfants placés dans les centres. Le questionnaire a été pré-testé auprès de 3 centres. Au total, 159 enfants de 29 centres ont été interviewés (voir Tableau 3). Seuls les centres prenant en charge des enfants de 7 ans et plus ont été visités. Les enquêteurs sont retournés dans 17 centres déjà visités dans le cadre des enquêtes auprès des directeurs. 12 autres centres accueillant des enfants de 7 ans et plus ont été rajoutés à la liste originale afin de s’assurer de la représentativité de l’échantillon. La sélection a été faite de manière aléatoire (chaque nième entrée dans l’Annuaire IBESR pour les centres accueillant des enfants de 7 ans et plus). Dans plusieurs centres, un spectacle de magie a été organisé afin de « briser la glace » et de favoriser l’échange. Du papier et des crayons ont été distribués à tous les enfants des centres et il leur a été demandé de représenter ce qu’il voulait devenir dans le futur. Cette technique a permis de créer un bon climat de confiance et favoriser une ambiance décontractée. En outre, les dessins réalisés par les enfants apportent des informations intéressantes sur leur état d’esprit dans ces centres. Les dessins ont été rassemblés dans un recueil, disponible en pièce jointe à cette étude. Dans les centres visités, les enfants interviewés ont été choisis de manière aléatoire, en sélectionnant chaque troisième enfant de la liste fournie par le directeur et/ou en tirant au hasard un dessin parmi ceux réalisés par tous les enfants. Une vidéo des “Trois petits cochons” (version créole) a été présentée à intervalle régulier (toutes les 10 à 15 questions) afin de maintenir l’intérêt des enfants. 6 Tableau 3 : Localisation des centres sélectionnés pour les interviews auprès des enfants Nombre d’enfants Centres ciblés interviewés Ouest 16 84 Artibonite 4 24 Plateau Central 4 18 Sud-Est 6 33 TOTAL 29 159 d. Enquêtes auprès des familles Le troisième questionnaire s’adressait aux familles des enfants placés dans les centres. Il fallait donc pouvoir contacter ces familles. À la fin de chaque enquête, nous avons demandé aux enfants de nous fournir les coordonnées (localités, quartiers, numéros de téléphone) de leur parent(s), oncle, tante, parrain, marraine, tuteur, etc.2 En raison de la répartition géographique des familles, ainsi que du manque de temps et de ressources financières pour les localiser, nous avons choisi de les contacter par téléphone. Il est important d’indiquer le biais qu’implique la méthodologie retenue, qui favorise le point de vue de certaines familles par rapport à d’autres : celles qui gardent le contact avec les enfants, celles qui ont les finances suffisantes pour pouvoir acheter un téléphone portable. Au total, 60 numéros de téléphone ont été répertoriés. À côté des mauvais numéros, plus de la moitié des téléphones étaient hors service. Les enquêteurs ont rappelé les numéros sur messagerie vocale. Finalement, 32 questionnaires ont pu être réalisés (voir tableau 4). 2 Dans 10 centres, les enquêteurs ont oublié de demander les coordonnées des familles des enfants interviewés 7 Tableau 4 : Localisation des familles sélectionnées pour l’enquête auprès des familles Familles interviewées Ouest 15 Artibonite 3 Nord 2 Sud 1 Sud-Est 1 Inconnu 8 TOTAL 32 e. Opinion des « gens de la rue » sur le placement des enfants en institution Huit enquêteurs ont effectué des visites sur le terrain. Pour accéder aux centres situés dans les endroits reculés, ces enquêteurs circulaient en moto. Un superviseur accompagnait régulièrement les équipes. Au total, 614 personnes ont été sélectionnées de manière aléatoire au sein de la population. Six des dix départements ont été visités, et les enquêtes ont été réalisées de manière à respecter la répartition campagne/village/ville (voir Tableau 5). Tableau 5 : Localisation de la population pour l’enquête « gens de la rue » Ville Campagne Village Total Ouest 131 62 50 244 Plateau Central 30 41 35 106 Artibonite 23 22 8 53 Nord 14 32 46 Sud-Est 16 31 50 97 Nord-Est 31 37 68 TOTAL 200 202 212 614 8 f. Ethique Tous les questionnaires ont été approuvés en consultation par un comité comprenant des staffs de l’UNICEF et de l’IBESR. Les raisons de l’enquête ainsi que le cadre institutionnel ont été clairement expliqués aux familles ; celles-ci restaient libres de participer ou non à l’étude. De manière générale, les personnes ont répondu avec enthousiasme aux questions posées par les enquêteurs. Quelques répondants ont cependant contacté les directeurs des centres dans lesquels étaient placés leur(s) enfant(s) afin d’obtenir davantage d’informations sur l’enquête en cours. Ceux-ci craignaient en effet qu’on ne cherche à retirer leur(s) enfant(s) des centres en question. La participation à l’étude était bien facultative. Il a cependant été notifié aux responsables que les refus de répondre aux questions seraient communiqués à l’IBESR. Les personnes interrogées ont été informées de l’objectif général de l’étude, qui consistait à dresser un profil général des institutions pour enfants de type résidentiel en Haïti. À chaque visite, les enquêteurs précisaient que leur visite n’était pas liée au processus d’accréditation de l’IBESR. 2. Revue de la Littérature Créé en 1958, le service de protection de l’enfant du gouvernement haïtien, l’IBESR, est un organe technique et administratif du Ministère des Affaires Sociales et du Travail. Il a comme mandat spécifique de « répondre aux problèmes sociaux multiples et variés des couches démunies de la population haïtienne en général » et vise spécifiquement les femmes chefs de 9 famille, les jeunes chômeurs, les handicapés physiques et, plus particulièrement concernant cette étude, les enfants en situation difficile. Toutes les institutions ou situations sociales qui touchent aux conditions de vie des enfants haïtiens sont sources d’intérêts pour l’IBESR. Le mandat de l’IBESR consiste à s’assurer du bien- être de ces enfants. Ses pouvoirs s’étendent aux centres résidentiels pour enfants (CRE) et qui font l’objet de la présente étude. L’étude de 2012 de l’IBESR sur les maisons d’accueil a identifié 723 institutions, parmi lesquelles 80% sont définies comme des “orphelinats”. Pour le reste, il s’agit de crèches, d’institutions spécialisées pour enfants handicapés, de centres pour enfants des rues (y compris le centre gouvernemental récemment inauguré « Centre d’accueil de Delmas 3 » (CAD)). Il existe également 3 institutions qui s’occupent essentiellement des jeunes délinquants et mineurs en conflit avec la loi (Annuaire de Maisons d’Enfants en Haïti 2013). L’objectif de cette étude, commanditée par l’IBESR, consiste à développer un profil général de ces institutions, notamment en ce qui concerne leurs infrastructures, les ressources humaines, les familles des enfants placés ainsi que les enfants eux-mêmes. La revue de la littérature ci- dessous est une première étape pour atteindre cet objectif. La littérature relative aux institutions pour enfants de type résidentiel a été examinée, globalement, avec une attention particulière sur les pays en développement, dont Haïti. Une telle revue de la littérature est indispensable afin de contextualiser les recherches qui suivront sur les conditions de placement des enfants dans les centres résidentiels en Haïti. 1) Les centres résidentiels pour enfants (CRE) sont des centres où les enfants vivent 24 heures par jour, 7 jours par semaine et dans lesquels ils sont pris en charge par un personnel rémunéré, qui diffère des personnes s’occupant traditionnellement des enfants dans la société au sens large (Save the Children 2009;). 2) On retrouve dans cette catégorie les pensionnats, les orphelinats pour enfants abandonnés ou sans parent, les foyers collectifs pour enfants handicapés, les centres de réhabilitation thérapeutique pour toxicomanes et pour les jeunes ayant des troubles psychologiques, ainsi que les centres de détention pour mineurs. La définition des CRE est parfois limitée aux établissements accueillant 30 enfants ou plus. (M. Smith 2009). 3) Il existe un consensus parmi les services/agences de protection de l’enfance selon lequel le placement en institution de type résidentiel serait préjudiciable pour le développement de l’enfant. Les enfants placés en institution(s) connaîtraient des indices de QI plus faibles, des déficits en matière de socialisation, un risque plus grand de commettre des actes de délinquance(s) ou d’adopter des comportements antisociaux, ainsi que des problèmes de santé mentale (Goldfarb 1945 Bowlby 1951; Rowe and Lambert, 1973; 1969, Rutter 1972 ; pour un résumé de la littérature récente, voirEvery Child 2005 ; M .Smith 2009 ; SAVE the 10 Children 200 ; Shaw 2013). L’impact sur le développement intellectuel est particulièrement prononcé pour les enfants âgés de 3 ans et moins. Sur base de telles recherches, l’Article 20 de la Convention des Nations unies des Droits des Enfants (1989) stipule que les institutions de placement pour enfants doivent être considérées comme une option de dernier ressort, après avoir épuisé toutes les autres solutions possibles (principalement familiales) et/ou si un tel placement est dans le meilleur intérêt de l’enfant(s) (par exemple, dans les cas d’abus ou de négligence). 4) Selon certains auteurs qui critiquent le discours sur les effets néfastes des CRE, le véritable problème pour les enfants âgés de plus de 3 ans concerne la qualité des soins. Une étude menée aux Etats-Unis comparant 2500 anciens résidents de 15 orphelinats, a ainsi découvert que les « orphelins » placés en institution avaient des indicateurs sociaux et économiques plus élevés que les autres enfants (McKenzie 2009). Plus récemment, des chercheurs de l’Université Duke ont lancé une étude afin de suivre l’évolution de 3000 orphelins et enfants abandonnés âgés de 6 à 12 ans, dans cinq pays à revenu faible et intermédiaire: Cambodge, Inde, Ethiopie, Kenya, Tanzanie. Ils ont découvert que les enfants placés en institution connaissent moins de problèmes émotionnels et ont des meilleurs résultats en matière de santé que ceux vivant au sein de leur famille biologique (Whetten et. al. 2009). Un autre rapport (Islam 2012) établit un constat similaire au Bangladesh. 5) L’UNICEF a facilité la mise en place de standards minimums en matière d’institutionnalisation des enfants dans un certain nombre de pays en développement, notamment en Namibie (Bissessur 2009), au Zimbabwe (UNICEF 2004) et au Lesotho (UNICEF 2006). Ces efforts et initiatives s’articulent autour des principes établis dans la Convention relative aux Droits de l’Enfant, particulièrement, la réunification (lorsque celle-ci est possible), le respect des droits des enfants et l’accès à l’éducation. En Haïti, ces standards minimums ont toujours du mal à se mettre en place et, comme indiqué ci-dessus, les conditions des enfants placés en institution demeurent largement méconnues. En ce sens, Haïti reste un cas exceptionnel par rapport aux autres pays des Caraïbes. Evaluant la situation du pays, un consultant pour la CARICOM concluait que, en raison de la pauvreté et du sous-développement : « En toute honnêteté, Haïti devrait avoir un document qui lui soit consacré séparément. » (Ah Kem 2007; p 4). L’IBESR a cependant commencé à aborder la question des meilleures conditions normalisées concernant les institutions pour enfants. 6) Il est nécessaire de replacer les CRE en Haïti dans un contexte historique et culturel global. Avant le 19ème siècle, les enfants abandonnés, négligés ou délinquants des pays aujourd’hui développés travaillaient souvent comme apprentis artisans ou offraient leurs services domestiques dans les riches foyers. Les institutions pour enfants ne sont apparues dans la société occidentale qu’au cours du 18ème et 19ème siècle, en réaction à l’explosion du nombre 11 d’enfants des rues, à l’urbanisation croissante et à une réduction de la demande de travail intensif dans les secteurs de l’artisanat et de l’agriculture (voir références dans la bibliographie). 7) Il est possible de différencier les institutions pour enfants de type résidentiel en quatre catégories : a. L’orphelinat traditionnel Aux Etats-Unis, la première institution s’occupant directement des “orphelins” a été créée en 1749 à Savannah, dans l’Etat de Géorgie. À partir de la moitié des années 1800, le nombre d’enfants des rues dans les métropoles de la côte est américaine, à New York et à Boston, a fortement augmenté, en raison de l’urbanisation, atteignant un nombre estimé à 50.000. Parallèlement à ces développements, de nombreux refuges ont été construits par des organisations charitables catholiques, protestantes et juives pour accueillir les enfants. Ces organisations étaient largement motivées par la concurrence interconfessionnelle et leur souci de « préserver » les enfants de l’évangélisme protestant. A l’époque, les institutions n’accueillaient pas les orphelins mais seulement les enfants dont les parents traversaient une situation difficile. Ces enfants étaient alors considérés comme des réfugiés temporaires, et les parents donnaient une somme d’argent pour les garder dans les institutions. Le nombre croissant d’enfants des rues a créé ce que l’on pourrait appeler un « débouché agricole ». Dans le cadre du Children Migration Program, l’Angleterre envoyait des enfants dans les colonies (une pratique qui a perdurée jusque dans les années 1960). En France, les enfants étaient envoyés dans la « colonie pénitentiaire agricole ». Aux États-Unis, entre 1854 et 1929, la Protestant Children’s Aid Society supervisa le programme « orphan trains ». Entre 150.000 et 200.000 enfants défavorisés, qui vivaient alors à New York City, Boston et Chicago, furent envoyés (grâce au nouveau système ferroviaire) vers 27 autres Etats ; en majorité, des Etats ruraux de l’Ouest. Les enfants étaient placés dans des familles d’agriculteurs ou dans des entreprises. Bien qu’ils fussent considérés comme des « orphelins », à l’instar des enfants qui vivaient dans les refuges, nombreux sont ceux dont les parents étaient encore en vie. Certains observateurs ont qualifié ces procédés comme discriminatoires et comme une forme d’esclavage. La plupart des enfants provenaient de familles d’immigrants défavorisées, en majorité catholique. Les garçons étaient « attachés » à leurs familles adoptives jusqu’à leurs 21 ans ; les filles jusqu’à leurs 18 ans. Il s’agissait clairement d’un mouvement protestant. Certains critiques ont fustigé les programmes comme une manière de briser les familles catholiques. Par contre, d’autres y ont vu une tentative d’angliciser les frontières « génétiquement et culturellement ». On retrouve dans la littérature de nombreux incidents, notamment celui en 1904 où des enfants 12 anglais placés dans des familles mexico-indiennes avaient été chassés de force par un groupe de lyncheurs avant d’être replacés. Entre la fin des années 1800 et la Seconde Guerre Mondiale, on assiste à une explosion du nombre d’orphelinats dans la majorité des pays occidentaux. Après la Deuxième Guerre Mondiale, ces orphelinats étaient de plus en plus remplacés par un système de familles d’accueil. Une exception était à noter cependant pour les pays du Bloc Soviétique, où aujourd’hui encore, en dépit de l’occidentalisation de ces pays, quelque 1.5 million d’enfants vivent dans des institutions de type résidentiel. Certains auteurs expliquent la situation exceptionnelle des pays de l’ancien bloc de l’Est en raison de la centralisation du pouvoir et de l’effondrement des économies dans les années 1980s. Les révélations sur les conditions sordides dans lesquelles les enfants avaient été placés ont eu un impact puissant sur l’image des centres résidentiels pour enfants. Si cet épisode a fortement alimenté les discussions sur les CRE, nous ne pouvons que le mentionner dans cette revue de la littérature, pour nous consacrer plus en détails sur les pays en développement (voir bibliographie pour une revue de la littérature extensive). b. La maison de redressement Il faut noter l’institutionnalisation concomitante des enfants délinquants. Avant les années 1850, les jeunes délinquants étaient emprisonnés avec des adultes ou envoyés dans des « pensions » et colonies avec d’autres enfants abandonnés ou victimes de négligence. Des institutions séparées pour les filles et les garçons ont commencé à voir le jour à la fin du 19ème siècle. À partir de 1930, des centres de rééducation pour jeunes délinquants ont été créés et continuent de l’être dans les pays développés (voir références dans la bibliographie). c. L’institution pour enfants aborigènes Un épisode moins connu dans le discours sur le placement des enfants en institution est celui qui s’est déroulé depuis la fin du 19ème siècle jusque dans les années 1970s. Durant cette période, des millions d’enfants aborigènes ont été enlevés à leurs familles et placés dans des institutions spécialisées. L’objectif principal était l’acculturation. De nombreux gouvernements en Amérique Latine, mais aussi en Russie, en Asie, en Scandinavie, en Afrique de l’Est, en Australie, en Nouvelle Zélande, en Afrique du Sud et au Canada ont ainsi enlevé de force des enfants à leurs parents. L’expression souvent utilisée pour parler de cet épisode est celui de la « génération volée ». La plupart des gouvernements occidentaux qui ont soutenu l’institutionnalisation des enfants autochtones ont récemment présenté leurs excuses publiques. Aux Etats-Unis, comme les « orphan train », les protestants possédaient la plupart des écoles et avaient comme projet de transformer les enfants païens, barbares et ivrognes en membres « instruits » de la 13 société et en croyants assidus. Aux Etats-Unis, ces institutions étaient de manière euphémique considérés comme des « internats » ; mais, plutôt que mettre l’accent sur « l’école préparatoire au collègue », comme c’était le cas pour les institutions des élites, l’accent était mis sur l’alphabétisation de base et la préparation à devenir des bons parents, travailleurs, artisans, et servants domestiques. L’ampleur de ce phénomène a été considérable. Aux États-Unis, par exemple, à son apogée en 1973, on comptait 60.000 enfants natifs américains dans les pensionnats, ce qui représentait 25% de l’ensemble des natifs américains âgés de 7 à 18 ans. Au même moment, 25 à 35% des enfants natifs américains se trouvaient dans des orphelinats indiens. (Et, comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement américain en a placés entre 25% à 35% au sein de familles d’accueil euro-américaines) (Voir références dans la bibliographie). d. L’orphelinat dans les pays en développement Dirigés par les évangélistes et, à un degré nettement moindre, par des organisations humanitaires séculaires, principalement des Etats-Unis, mais également du Canada, de la France et d’autres pays occidentaux, les CRE dans le monde en développement sont distinctes des autres catégories définies ci-dessus. En raison de l’objet de cette étude, la suite de la revue de la littérature se concentrera essentiellement sur les institutions pour enfants dans les pays en développement. 8) Un parallèle doit être fait entre le développement des “orphelinats” dans le monde en développement et celui des orphelinats aux Etats-Unis. La grande majorité des institutions que l’on retrouve en Afrique, en Amérique Latine, dans les Caraïbes, et, particulièrement concernant cette étude, en Haïti, sont fondées par des missionnaires évangélistes américains ou dans le but de gagner le soutien matériel de ces-mêmes évangélistes américains (ou, à un moindre niveau, des citoyens séculaires d’Amérique du Nord) 9) Les différentes interprétations qui dominent les discours d’après-guerre concernant l’impact des CRE sur la croissance et le développement de l’enfant sont le produit d’une rencontre entre deux systèmes de valeurs conflictuels ; d’une part, on retrouve le mouvement libéral, résolument séculaire. Ce mouvement s’exprime par sa tolérance grandissante envers les styles de vie alternatifs, la monoparentalité, le mariage entre personnes de même sexe et l’homoparentalité. D’autre part, on retrouve les valeurs sociales conservatrices de l’Eglise Catholique, et ces dénominations protestantes. Ce conflit autour de ces deux systèmes de valeur s’est cristallisé autour du débat sur l’avortement (voir Joyce 2013 pour un résumé). Dès la fin des années 1960 et au cours des années 1970, une série de lois a été adoptée légalisant l’avortement dans les pays développés. Aux Etats-Unis, la décision Roe vs. Wade a été un déclencheur amenant des organisations telles que la Majorité Morale de 1976 et le Mouvement chrétien des familles, à s’unir. Les citoyens américains évangélistes appartenant 14 à ce mouvement sont responsables de la création de dizaines de milliers de CRE dans les pays en développement, y compris en Haïti. L’étendue de leur pouvoir et de leur influence ne doit pas être sous-estimée. Certains attribuent le succès des présidentielles Reagan et Bush aux Etats-Unis à ce groupe d’électeurs politiquement actifs. 10) Dans la foulée de la décision Roe vs. Wade, cet ordre est devenu le champion de ce que l’auteur Kathyrn Joyce (2013) appelle « l’appel évangéliste contagieux pour adopter ». Celui- ci consiste à demander périodiquement à ses membres « de considérer, dans la prière, l’appel de Dieu à adopter ». On peut également mentionner une autre coalition pro-adoption, l’Alliance Chrétienne pour les Orphelins, qui compte 80 ministères chrétiens basés aux États- Unis (avec 6300 installations radio dans 164 pays, 15 langues, et atteignant une audience quotidienne de 220 millions de personnes). Ces organisations ont été à l’origine d’importantes transformations sociales, notamment l’augmentation de la population protestante au Brésil, qui est passée de 5% en 1970 à 22% en 2010. Au Guatemala, les taux ont également augmenté, passant ainsi de moins de 10% jusqu’à un taux record de 40% pour la même période de temps. Des milliers d’orphelinats se sont créés en même temps dans des pays pauvres tels que le Guatémala, l’Ethiopie et Haïti (voir citation en notre bibliographique Évangéliste). 11) Des observateurs tels que Joyce (2013) ont soutenu que l’émergence de ces orphelinats était une conséquence directe de ces croisades morales et des conflits autour des deux systèmes de valeurs définis ci-dessus. Des écrivains évangélistes tels qu’Eliot (2012), Doyle (2010), et Carr et Captari (2013) laissent peu de place au doute. Il existe effectivement un parallèle indéniable entre l’époque où ces institutions se sont développées et la manière dont celles- ci se représentent la prise en charge des enfants placés en institution. 12) Certaines études, notamment au Zimbabwe, indiquent que 90% des institutions sont d’origine protestante évangéliste. Et 76% de celles enregistrées ont été fondées après 1994 (UNICEF 2004). Dans le cadre de la présente recherche qualitative, nous avons découvert qu’en Haïti, toutes les institutions pour enfants de type résidentiel identifiées comme « orphelinats » - c’est-à-dire plus de 95% des institutions de placement pour enfants en Haïti – ont été créées après 1970 et la grande majorité après 1980. Comme indiqué précédemment, toutes ces institutions semblent être liées aux missions chrétiennes. Sur les 20 agences d’adoption travaillant en Haïti que nous avons déjà passées en revue, 19 ont déclaré être d’orientation évangéliste. Une fois encore, pour comprendre la base idéologique et la motivation derrière/dernière la création de ces institutions, il faut tourner le regard vers les pays développés, plus particulièrement aux Etats-Unis (où sont localisés les sièges de ces institutions d’où proviennent leurs sources financières). 15 13) Dans les pays développés, le débat sur l’adoption a relancé le conflit entre ces différents systèmes de valeurs. Avant que l’avortement ne soit légalisé, la période « baby-boom » a entrainé une augmentation considérable du nombre d’adoptions. Les « maisons pour mères célibataires » liées aux agences d’adoption mettaient alors la pression sur les jeunes mamans afin qu’elles renoncent à la garde de leurs nouveau-né(e)s, dans le but de les placer dans des « familles unies ». Celles-ci faisaient souvent partie de la classe moyenne ou aisée chrétienne. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Canada, la France, l’Australie et l’Argentine ont tous connu leur version de l’ère « baby-boom ». Les pratiques d’adoption étaient cependant confinées à l’intérieur des frontières nationales. Certaines pratiques contraires à l’éthique telles que les mensonges aux parents, les avortements clandestins et la falsification de documents ont été plus tard révélées. Avec la légalisation de l’avortement, la libéralisation des droits génésiques ainsi que la tolérance croissante envers les mariages alternatifs et la monoparentalité, les adoptions internationales sont devenues la norme. Les femmes devenaient également de plus en plus réticentes à abandonner la garde de leurs enfants. On retiendra de cette période l’oppression des autorités en place. La plupart des gouvernements actuels ont présentés leurs excuses publiques pour leur complicité dans les pratiques contraires à l’éthique de l’époque. Concernant la présente étude, nous reviendrons plus particulièrement sur l’impact que cette période a eu sur l’émergence des CRE dans les pays en développement. (Voir Joyce (2013) pour un résumé). 14) Une des conséquences de la fin de l’ère « baby-boom » et de l’adoption internationale a été la chute du nombre d’adoptions domestiques. Il y a eu parallèlement une augmentation correspondante des demandes d’adoption d’enfants venant de pays étrangers ; le Paraguay, le Brésil, le Guatemala, le Népal la Colombie, le Vietnam, le Cambodge et de nombreux anciens pays du Bloc de l’Est sont devenus des sources importantes pour l’adoption internationale. Dans le sillage sont apparues également les premières CRE (Graff 2009). 15) Comme à l’époque du “baby-boom”, la manne financière énorme que représente le secteur de l’adoption attise les convoitises et favorisent des pratiques commerciales sans scrupule. Tenant compte de la faiblesse des agences de régulation étatique ainsi que de la corruption des fonctionnaires sous-payés, de nouveaux scandales ont éclatés concernant les pratiques d’adoption internationale dans les pays en développement. Une minorité d’agences d’adoption ainsi que certains « recruteurs d’enfants » n’hésitaient pas à amadouer, tromper et mentir aux parents afin de les pousser à céder la garde de leurs enfants. De nombreux journalistes ont couvert ces pratiques peu éthiques. Au Guatemala, des rapports crédibles ont relaté des histoires de bébés volés et des soldats qui auraient tué les parents et vendus leurs bébés. Des journalistes de plusieurs pays ont été menacés et intimidés. Avec le support de l’UNICEF et à travers la Convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale, les gouvernements dans ces pays ont 16 imposé, au cours de la dernière décennie, des contrôles plus stricts concernant l’adoption internationale, entrainant ainsi une diminution du nombre de scandales concernant cette adoption internationale (voir Schuster 2013 pour un résumé exhaustif ou notre bibliographie de l'adoption internationale). 16) C’est lors de ce tournant que nous constatons une évolution concernant les institutions pour enfants de type résidentiel dans les pays en développement. Etonnamment, alors que l’apparition des centres d’accueil pour enfants semblait être liée aux pratiques d’adoption internationale, les restrictions en matière d’adoption internationale n’ont pas entrainé leur diminution mais, au contraire, une explosion de ces établissements. Considérons, par exemple, le cas du Cambodge. Après une série de scandales largement médiatisés, ce pays a restreint l’adoption internationale. En 2006, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont suspendu toutes adoptions en provenance du Cambodge. Cependant, l’UNICEF a découvert qu’entre 2005 et 2010, le pays a connu une augmentation de 75% du nombre de résidences pour enfants, accueillants en 2010 un total de 11.945 enfants. Les fonds provenaient en grande partie du parrainage international et du « tourisme d’orphelins » (UNICEF 2011). Il s’agit d’un élément clé pour comprendre ce qui se passe actuellement en Haïti. Que l’on en déduise un rapport causal ou non, les institutions semblent être apparues en lien avec l’adoption internationale, mais se sont ensuite développées de manière autonome, grâce aux parrainages et à ce que certains appellent « le tourisme des orphelins ». Nous y reviendrons plus tard. 17) Le cadre idéologique qui encourage les bailleurs à financer les organisations évangélistes et confessionnelles plus traditionnelles ainsi que les organisations à vocation laïque est celui de la maladie, la faim, la pauvreté, l’analphabétisme et la dégradation de l’environnement dans les pays en développement. Cependant, le placement des enfants en institution est légitimité par le discours sur les abus et l’exploitation. Renforcés par des slogans tapageurs, tels que « les 143 millions », la conviction est bien ancrée parmi les évangélistes qu’il existe au moins 143 millions d’orphelins dans le monde qui ont désespérément besoin d’une famille. Certains spécialistes ont mis en doute leur crédibilité, et considèrent que ces chiffres sont trompeurs. Le nombre d’ouvrages évangélistes sur les orphelins est énorme, et dépasse largement la littérature non évangéliste sur le sujet (un ratio de 1 sur 10). On retrouve dans ces livres des histoires d’infanticides, d’abandons et de négligences de la part des mères du Tiers Monde (voir Joyce 2013 pour un résumé). 18) Pour comprendre l’impact des CRE en Haïti, la façon dont la population locale perçoit et réagissent au phénomène du placement institutionnel, ainsi que la manière dont elle interagit avec ces institutions, il faut souligner au préalable que les classes moyennes et les élites 17 haïtiennes sont totalement intégrées dans l’économie du monde développé et partagent avec elle les mêmes systèmes de valeurs. Ceci n’est pas le cas cependant pour la majorité des classes défavorisées en Haïti, particulièrement les 50% de la population qui vivent dans les zones rurales où les stratégies de subsistance et l’organisation sociale relèvent davantage des sociétés préindustrielles. La littérature anthropologique offre des outils pertinents afin de mieux comprendre les pratiques de placement des enfants en institution dans les pays en développement (EMMUS 2012 ; IHSI 2013). 19) La notion d’ « enfant abandonné » n’existe pas au sein des sociétés qui continuent d’appliquer des stratégies d’existence préindustrielle. Les orphelins ou les enfants abandonnés sont généralement pris en charge par des proches, amis ou voisins. Les grands-parents eux-mêmes assument souvent un rôle attribué exclusivement à une mère et un père dans les critères occidentaux. On peut également mentionner la pratique de l’avunculocalité, qui consiste à confier les enfants chez le frère de la mère. L’adoption informelle et le placement dans les familles d’accueil sont largement répandus dans les sociétés préindustrielles, pour atteindre des taux qui excèdent parfois 50% de l’ensemble des enfants (voir notre bibliographie d’anthropologie). 20) Les anthropologues critiquent l’imposition de standards juridiques occidentaux largement inappropriés dans des sociétés en développement. Certains suggèrent que la Convention des Nations unies criminalise les pratiques éducatives des populations défavorisées dans le monde en développement. La valeur du travail des enfants est à la base des pratiques d’échanges d’enfants décrites ci-dessus. Il faut également considérer les liens entre les foyers qui se partagent le travail et recherchent la parité de genre pour assurer la productivité et la survie de leurs membres. Les familles pauvres placent leurs enfants dans des familles d’accueil dans le but d’étendre leurs réseaux sociaux orientés vers la subsistance et pour permettre aux enfants d’accéder à l’éducation. Il s’agissait d’une pratique alors répandue dans l’Europe et les Etats-Unis du pré-20ème siècle. A travers le continent africain et dans les Caraïbes, les familles pauvres placent stratégiquement leurs enfants dans des familles économiquement favorisées. Que l’on parle des « crianza » en Amérique Latine, des « school children » dans la Caraïbe britannique, des « criacao » au Brésil, ou des « restavek » en Haïti, il s’agit toujours de proposer du travail domestique en échange de l’éducation des enfants. (voir références dans la bibliographie, et particulièrement Robi (2011) pour des informations sur l’ « Informal Care » en Afrique). 21) Le système de pensée, culturel et de classe, des élites internationales ne permet pas d’envisager le travail des enfants ainsi que les pratiques d’échanges comme des opportunités, tant pour les parents que pour les autres membres de la famille. Peut-être encore plus révélateur, le parrainage est un exemple de stratégie de prise en charge des enfants négligés 18 dans les pays en voie de développement. Les agences de protection pour enfants et ceux qui encouragent l’adoption internationale mentionnent rarement, si non jamais, cette pratique, pourtant largement répandue en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Le parent de substitution est trouvé rapidement après la naissance de l’enfant. Ceci fonctionne comme une sorte de police d’assurance qui anticiperait la mort et les périodes difficiles que pourraient traverser les parents. 22) L’agenciété des enfants n’est pas systématiquement reconnue par les organisations de protection de l’enfance ainsi que par les évangélistes du monde entier. Certains enfants, parfois pas plus âgés que 7 ans, décident délibérément de quitter leur famille pour offrir leurs services en ville en échange de l’accès à l’éducation, aux compétences linguistiques et à des économies plus florissantes. Ces organisations ont criminalisé comme « trafiquants » les personnes qui emploient ces enfants et les aident à atteindre une meilleure vie (voir par souvent négligée. Concernant l’adoption, l’ « agencéité » dans les pays en voie de développement exemple Murray et al. 1998). 23) Concernant l’adoption, « l’agencéité » dans les pays en développement se manifeste de plusieurs manières. Ainsi, si les enquêtes n’amènent pas beaucoup de preuves, les mythes urbains sur le vol d’organes des enfants sont largement répandus dans les pays pauvres où l’on pratique l’adoption. Parfois même, cela a dépassé le mythe ; au Guatemala, par exemple, lorsque des attaques ont été perpétrées dans les années 1990s contre des étrangers suspectés par erreur d’avoir enlevé des enfants dans le but de voler leurs organes. Ainsi, la consultante environnementaliste, June Weinstock, a eu la malchance d’être la seule « gringa » sur place lorsque une famille de paysans guatémaltèques perdit momentanément ses enfants. Un vent de panique se répandit au sein du village et une foule de 500 personnes attaqua Weinstock, arracha ses vêtements, la molesta avec des pierres et la viola avec un bâton. À un autre niveau, dans les journaux des pays en développement, les exemples abondent, comme celui de ces parents admettant avoir confié leurs enfants à des agences d’adoption afin qu’ils rejoignent des familles américaines ou françaises et qui, par la suite, ont prétendu avoir été trompés (Goldberg et Apton 2005 au Cambodge ou Tribolet et al. 2009 en Somalie) La plupart des compte-rendus mentionnent spécifiquement que ces parents espéraient le retour de leurs enfants une fois adultes et leurs études terminées. D’une certaine manière, les parents se plaignent surtout du peu d’avantages qu’ils espéraient obtenir de la migration de leurs enfants. Dans certains cas, les parents ont ouvertement expliqué aux journalistes qu’ils espéraient des compensations qui ne se sont pas concrétisées. Les agences séculières de protection de l’enfant ont parfois utilisé ces situations comme des exemples de mauvais comportement et d’exploitation de la part des agences d’adoption alors que la cause du ressentiment des parents n’est clairement pas la migration de leurs enfants mais bien l’absence de bénéfices en suffisance découlant de l’abandon de la garde de ceux- 19 ci. Ces éléments sont indispensables pour mieux comprendre l’impact et la perception des communautés locales, en Haïti comme dans la majorité des pays en développement, où la plupart des CRE évangélistes ont fait leur apparition. 24) Le placement des enfants en institution est partie intégrante du phénomène de l’adoption internationale, au même titre que l’évangélisme et le prosélytisme. Mais cette pratique, au contraire de l’adoption, génèrent moins d’ambiguïté au sein de la population pauvre. Elles sont considérées comme des moyens d’accès à l’éducation, particulièrement pour les pauvres des zones rurales où manquent les écoles. Elles constituent une alternative à l’adoption internationale, alternative par laquelle les parents peuvent maintenir le contact avec leurs enfants. Et une alternative à la servitude domestique contre laquelle se sont élevées les agences de protection de l’enfance (Smucker 2005 ; TdH 2012 ; Cooper 2008). Malgré cela, la grande majorité de la littérature émanant des organisations séculières de protection de l’enfance à changer le regard que l’on porte sur les institutions pour enfants considérés, comme étant des lieux néfastes pour le développement de l’enfant. Les CRE comportent de véritables avantages pour les plus pauvres et ne semblent pas être vus avec la même méfiance que l’adoption internationale. En poussant l’argument encore plus loin, au moins une étude kényane traitant des enfants dans les CRE révèle que les enfants de ces centres se considèrent comme avantagés vis-à-vis de leurs congénères restés dans leurs familles biologiques (voir Islam 2012 au Bangladesh). Dans ce contexte, les évangélistes, qui naviguent dans des eaux dangereuses lorsqu’ils prétendent que « l’UNICEF ne travaille pas dans l’intérêt de l’enfant » (voir section qualitative, page 30 et ss.), pourraient se prévaloir du soutien populaire lorsqu’il s’agit des CRE, particulièrement les pauvres en zones rurales qui ont un accès limité à l’enseignement post-primaire. 25) En résumé, en-dehors du cas haïtien, il existe des différences fondamentales entre le monde développé et le monde en développement concernant la question du placement des enfants issues de familles défavorisées. a) Dans le monde développé, les centres résidentiels pour enfants ont évolué en lien avec l’urbanisation galopante et la réduction de la demande de travail intensif dans les secteurs de l’artisanat et agricole. Dans le monde en développement, cependant, les centres résidentiels pour enfants font partie d’un mouvement humanitaire évangéliste et de prosélytisme. b) Le mouvement est presque entièrement conduit par les évangélistes ainsi que, dans une moindre mesure, par des organismes séculaires internationaux qui tirent leur source de financement de bailleurs sympathisants dans le monde développé. 20 c) Alors que l’adoption est souvent considérée comme une force motrice du placement des enfants en institution, ces deux phénomènes doivent être appréhendés dans le cadre d’une lutte chrétienne ou monothéiste contre le Mal, particulièrement le paganisme et Satan. Que cette lutte existe ou non, son impact est bien réel et mobilisent des centaines de milliers de missionnaires chrétiens, ainsi que des centaines de millions de dollars qui sont investis dans l’éducation, les bourses universitaires et visas, ainsi que dans l’infrastructure, notamment des centres résidentiels pour enfants. d) Dans le monde développé, les centres résidentiels pour enfants sont souvent considérés comme une option de dernier ressort pour les enfants, ou comme des institutions publiques de réhabilitation (certains diront de punition) pour les jeunes délinquants et criminels. Ces institutions sont largement sponsorisées par l’Etat. Les conditions de vie dans ces institutions sont souvent difficiles et austères. Le placement n’est pas le choix des parents qui abandonnent leurs enfants mais une décision d’un officier d’Etat qui intervient au sein de familles dysfonctionnelles pour retirer les enfants. Dans le monde en développement, la situation est largement différente. Les institutions pour enfants sont essentiellement les fruits de la charité sponsorisée, particulièrement de la part des évangélistes. Il s’agit d’un placement de premier ressort largement convoité par les familles, à travers lequel s’assurer l’éducation de leurs enfants, les emplois, les sponsors du monde développé et les visas. 26) On retrouve toutes les caractéristiques décrites ci-dessus dans le cas d’Haïti. Ainsi, on ne compte que trois centres sponsorisés par l’Etat, contre 723 institutions privées, la majorité d’entre-elles soutenues par des protestants évangélistes américains. Le parrainage d’enfants est une source de financement majeure, au même titre que le « tourisme d’orphelins » pour les personnes désireuses de « communier » avec les orphelins. En filigrane, on retrouve le discours dominant selon lequel une large proportion des enfants d’Haïti souffre d’abus extrêmes, de négligence et d’exploitation. Les agences de protection des enfants tels que l’UNICEF, PADF, ILO et Save the Children ont largement contribué à renforcer cette image, au même titre que de nombreuses études semi-académiques sur la situation des enfants en Haïti. Certains auteurs ont critiqué les chiffres avancés dans certaines études, qui estiment par exemple que 15% à 25% des enfants haïtiens sont victimes d’« esclavage moderne ». L’utilisation excessive de chiffres sur les enfants a été accélérée après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, qui annonçait alors un million d’orphelins et d’enfants abandonnés. Cette représentation, qui a largement favorisé les donations massives en faveur d’Haïti, a été transmise sans recul critique par les médias, y compris ceux appartenant aux organisations évangélistes. Or, on sait aujourd’hui qu’il n’y a pas eu plus de quelques centaines d’enfants perdus, orphelins ou séparés de leurs familles à la suite du tremblement de terre. 21 27) Le cas d’Haïti n’est pas unique. La réalité des enfants dans les pays en développement est souvent largement différente de l’image catastrophiste véhiculée par de nombreuses organisations, notamment concernant les enfants placés dans les institutions : 80% ont ainsi au moins un parent en vie, beaucoup ne sont pas pauvres, mais voient le placement en institution comme une stratégie d’adaptation similaire à celle qui motive le placement en domesticité (« restaveks ») ; une stratégie qui permet une forme de mobilité sociale et d’accès à l’éducation, particulièrement pour les enfants des zones rurales, un constat d’ailleurs confirmé par une étude menée par l’organisation Terre des Hommes, qui explique que la raison principale pour les enfants d’être placés dans les institutions à Port-au-Prince est la « scolarisation » (Smucker and Murray 2004 ; Smucker 2005 ; Terre des Hommes 2012). 28) Malgré de l’existence de l’IBESR depuis 1958, la présence de l’UNICEF depuis 1949 et Save the Children depuis 1976, les EIC confessionnelles ont jusqu’à récemment été autorisées à fonctionner sans monitoring ou régulation. Cette situation est en train d’évoluer. Après s’être mobilisés pour faire avancer la législation haïtienne sur la question de l’adoption internationale, l’IBESR et l’UNICEF se tournent désormais vers la question du placement des enfants en institutions. Pour preuves, le récent annuaire sur les maisons pour enfants, ainsi que la présente étude. 29) Avec l'objectif d'inculquer les meilleures pratiques sur les institutions existantes en Haïti l’IBESR (2012) a proposé les critères suivants 1) La pratique professionnelle  Buts et objectifs écrits de l’institution  Politique de protection de l’enfant, Code de Conduite, écrite, affichée et connue de tous les employés et enfants  Bonne pratique démontrée en matière de protection des enfants par les employés  Processus d’admission et de référence clairs  Tous les enfants ont un projet de vie individuel  Tous les placements sont revus régulièrement  Les soins d’accompagnement existent pendant et après la prise en charge (suivi) 2) Les soins personnels  L’alimentation des enfants est adéquate, correctement préparée, nutritive et saine  Les enfants ont accès à des soins de santé préventifs et curatifs 22  Les jeux et les activités récréatives sont encouragés  Le droit des enfants à l’intimité (des enfants) est respecté  Les enfants reçoivent l’appui nécessaire pour pouvoir faire des choix informés  Les enfants sont traités avec dignité et respect en tout temps 3) Les employés responsables des soins  Les relations et les attachements positifs des enfants sont encouragés  Le sens d’identité des enfants est maintenu  Les méthodes de contrôle et de sanctions sont définies  Les enfants sont encouragés à exprimer leurs opinions et leurs idées  Les enfants ont accès à l’éducation formelle, informelle et professionnelle selon leurs besoins  Les besoins spécifiques des bébés et des jeunes enfants sont satisfaits 4) Le personnel responsable de la prise en charge des enfants  Les procédures de recrutement et de sélection assurent une prise en charge de qualité et la protection des enfants  Les employés reçoivent l’appui requis et sont supervisés régulièrement  Le déploiement du personnel assure une prise en charge de qualité et la protection des enfants  La formation et le développement professionnels sont disponibles pour les employés 5) Les ressources  Les services sont accessibles et appropriés pour leur objectif  Le logement des enfants favorise leur santé et leur développement 6) La gestion  Des dossiers appropriés de programme sont maintenus  Les dossiers et les détails confidentiels des enfants sont respectés et maintenus  Les propriétaires et les gestionnaires des programmes de prise en charge sont imputables et redevables (à l’IBESR) 3. Étude qualitative Durant la phase qualitative de la recherche, nous avons contacté de nombreux experts dans le champ de l’adoption internationale et de la prise en charge institutionnelle des enfants. Parmi eux, on compte des personnes travaillant au sein d’organisations de protection de l’enfance, ainsi que d’éminents universitaires, dont une équipe de professeurs de l’Université de Duke à Durham en Caroline du Nord, l’experte en adoption et auteure de renommée internationale Karen Rotabi, les anthropologues et spécialistes d’Haïti Gerald Murray et Glenn Smucker, ainsi que des missionnaires et des spécialistes des soins de santé cumulant des dizaines d’années d’expérience en Haïti. La plupart des données recueillies auprès des experts et universitaires sont incluses dans la deuxième partie de l’étude qualitative, intitulée « Le point de vue des experts ». La présente section couvre le reste. 23 Le constat le plus important qui ressort de la lecture des données est que la supervision des CRE d’Haïti exige de l’IBESR qu’il interagisse avec tous les acteurs du secteur et fasse la part des choses entre les intérêts parfois conflictuels des propriétaires et administrateurs de centres, des agences d’adoption, des ONG, des organismes religieux locaux et étrangers et, bien sûr des enfants concernés et de leurs parents biologiques. Les compromis entre ces groupes sont probablement le plus important facteur pour déterminer si les CRE défendent correctement les intérêts des enfants. Les événements récents prouvent que les relations entre ces groupes sont complexes et que leurs objectifs sont parfois incompatibles. a. Le choc des titans des soins des enfants Le 22 janvier 2010, dix jours à peine après qu’un terrible tremblement de terre dévaste Port-au- Prince, Jean Luc Legrand de l’UNICEF annonce: « Nous avons pour l'instant des informations sur, disons, à peu près 15 enfants ayant disparu d'hôpitaux et cela avec des personnes qui ne sont pas de leur famille ». Il poursuit : Il faut très vite mettre en place des procédures d'identification et de réunification rigoureuses de manière à s'assurer que les enfants soient effectivement réunis avec leurs familles et pas avec des prédateurs. Cette déclaration de l’UNICEF était appuyée par la Croix-Rouge internationale, Save the Children, Vision mondiale et, apparemment tout le gouvernement haïtien. Elle était appuyée par de nombreux cas documentés de trafic d’enfants à des fins domestiques ou d’abus sexuels, et qualifiés par de nombreuses institutions et journalistes d’ « esclavages » (Save the Children 2003, Reuters 18 fevrier 2010) Le 28 janvier 2008, la déclaration semble trouver son fondement avec l’arrestation de 10 missionnaires baptistes américains qui tentaient de faire entrer illégalement 33 enfants haïtiens non documentés en République Dominicaine. La semaine suivante, Frantz Thermilus, chef de la police judiciaire nationale d’Haïti, annonçait en conférence de presse: Il y a de nombreux pseudo-orphelinats qui ont ouvert ces dernières années et qui ne sont en fait pas du tout des orphelinats. Ils constituent une couverture pour les organisations criminelles qui tirent avantage du fait que les gens sont sans foyer et affamés. Et avec le tremblement de terre, elles voient clairement l’opportunité de profiter de la situation. (New York Times, 6 février 2010) À ce chapitre, il faut noter que bien qu’il n’existe pas de preuve tangible à cet effet, l’élite politique haïtienne est généralement convaincue qu’il existe un réseau de trafic d’organes et que les foyers de l’enfance en sont l’origine. Jean-Max Bellerive, premier ministre de l’époque, s’est confié à Christiane Amanpour de CNN: « Il existe un trafic d’organes provenant d’enfants et d’autres personnes, puisque les gens ont besoin de toutes sortes d’organes. » Lors de l’arrestation des baptistes américains, les foyers de l’enfance ont reçu beaucoup d’attention médiatique peu flatteuse. Voici la description qu’en fait le New York Times: 24 Nombre d’entre eux sont à peine habitables, encore moins détiennent un permis. Ils n’ont pas les moyens d’offrir une véritable éducation ou des soins médicaux élémentaires, alors les enfants passent leurs journées à ne rien faire d’instructif et nombre d’entre eux meurent de maladies facilement curables. Tout en admettant qu’il existe des CRE mal gérés et qui exploitent les enfants, les directeurs de ces institutions, dont les plus proéminents selon nos données sont des chrétiens américains affiliés à de puissantes entités politiques évangélistes ou catholiques, maintiennent qu’UNICEF et les organismes de protections de la jeunesse sont à l’origine de ces critiques, qu’ils jugent cependant injustifiées. Le propriétaire d’orphelinat Doug Phillips de Rescue Haiti's Children (un projet de Vision Forum Ministries), caractérise bien cette réaction dans son article de blogue intitulé : “Les enfants d’Haïti pris en otage par les motifs politiques d’UNICEF.” Il y accuse les représentants d’UNICEF « de harcèlement envers les orphelinats chrétiens », de faire des « visites officielles sans l’aval du gouvernement haïtien », de « monter une campagne publicitaire internationale pour mettre fin à l’adoption internationale » pour laquelle des responsables d’UNICEF « se sont alliés à des acteurs d’Hollywood ». Se faisant encore plus accablant, Phillips y accuse UNICEF d’utiliser une « allégation chargée d’émotivité voulant que l’adoption mène au trafic sexuel des enfants » une idée selon lui « à ce point répugnante que sa moindre mention permet de mettre subitement fin au débat ». Pourtant, « à ce jour, aucun cas de trafic sexuel n’a été mis en lien avec une adoption américaine » note-t-il. Cette tension a donné lieu à un combat au grand jour, mené à travers internet et les médias de masse. Dixie Bickel, directeur de l’orphelinat God's Littlest Angels – qui a hébergé les équipes de CNN, CBC, et ABC lors du tremblement de terre – a profité du micro de Larry King Live à la télévision étasunienne pour taxer UNICEF d’être la « seule organisation à ne pas travailler pour le bien des enfants ». Au cours des semaines suivantes, la sénatrice Louisianaise Mary Landrieu a déclaré sur le parquet du Sénat des États-Unis que : « Soit UNICEF change, soit ils auront de grandes difficultés à obtenir le support du Congrès des Etats-Unis. » Rien de ceci ne signifie qu’il n’y avait pas urgence d’aider les enfants haïtiens aux lendemains du tremblement de terre. De part et d’autre, telle était l’intention. Des rapports indiquaient que près d’un million d’enfants aient été faits orphelins, et peut-être autant aient étés séparés de leurs parents aux suites du tremblement de terre ont été publiés. Ces rapports semblaient couler de source. Le 28 janvier 2010, le premier ministre Bellerive et la première Dame Élizabeth Préval ont aussi fait connaître leurs inquiétudes. La première dame a dit : « Les enfants, s’ils ne reçoivent pas d’aide, auront perdu leur enfance, leur innocence. C’est vers eux que nous devons aller en premier. » Par contre, l’IBESR doit prendre note que la plupart de ces rapports étaient erronés. Bien qu’il existe un trafic en Haïti, des analyses critiques ont révélé que les chiffres sont grossièrement enflés et mal interprétés (Fafo 2002). Au cours des cinq années précédant le séisme, les seuls 25 prédateurs sexuels appréhendés en Haïti n’étaient pas en lien avec des organisations évangéliques, mais plutôt avec ceux-là mêmes qui sonnaient l’alarme après le séisme. Un an avant le séisme, des soldats de l’ONU avaient été accusés de violer systématique et d’avoir eu des relations sexuelles avec de jeunes adolescentes. Quant à l’Église catholique, qui proposait de transporter des milliers d’enfants à son diocèse de Miami pour mieux les protéger, elle a eu son lot d’événements troublants. En 2007, la police canadienne a arrêté les membres du clergé Denis Rochefort et Armand Huard. Ce dernier était autrefois connu comme un « véritable Père Térèsa », mais était plutôt appelé « Papi » par les « orphelins » haïtiens qu’il abusait sexuellement. En 2009, le prêtre catholique John Duarte est accusé au Canada d’avoir violé 9 garçons haïtiens qu’il prétendait aider. Il finit par plaider coupable à trois chefs d’accusation. La même année, Douglas Perlitz a été arrêté aux États-Unis pour avoir abusé de 23 garçons alors qu’il menait l’organisation catholique Street Kids dans le nord d’Haïti. Il plaidera aussi coupable. Quant au nombre d’enfants devenus orphelins ou séparés de leurs parents, dix semaines après le séisme, dans le cadre d’une entrevue pour 60 Minutes sur CBS, Marie de la Soudière, chef du Registre d’enfants haïtiens d’UNICEF, estimait à 50,000 le nombre d’enfants concernés. À ce moment-là, seulement 600 enfants séparés avaient été répertoriés par des agences de protection de la jeunesse. De ce nombre, à peine 20 avaient été réunis avec leurs parents. De plus, l’agence de protection de la jeunesse SOS déplorait à l’époque que la plupart des enfants qui se rendaient dans des « orphelinats » le faisaient suite à des efforts répétés de leurs parents pour obtenir des ressources médiales et alimentaires ou dans le but que leurs enfants reçoivent de l’éducation. Le rapport annuel d’UNICEF pour 2010 montre que dans plus de 30 « institutions », un total de 4948 enfants « devenus orphelins ou séparés de leurs parents » avaient été inscrits au cours des 12 mois ayant suivi le séisme. De ceux-ci, seulement 1265 avaient retrouvé leurs familles. Cinq cent six autres n’étaient pas des victimes du tremblement de terre ; ils avaient perdu leurs parents avant le 12 janvier 2010. Dégouté par d’autres constatations concernant des enfants qui n’avaient pas souffert du séisme et qui étaient maintenus dans des CRE alors que leurs parents étaient vivants, le Président français Nicolas Sarkozy a dit « oui » a une aide aux orphelins haïtiens, mais a précisé : « Pourvu qu’il s’agisse bien d’orphelins, et non d’enfants enlevés à leurs familles.» (Sarkozy 2010) En résumé, l’IBESR doit reconnaître son rôle en tant qu’organisation principale capable d’arbitrer ce conflit entre toutes ces institutions puissantes et déterminées. D’un côté se tient l’UNICEF. De l’autre se tiennent les CRE et les agences d’adoption. Comme nous le verrons dans le sommaire des résultats de sondages, les familles haïtiennes, ainsi que les enfants eux-mêmes ont leurs propres attentes par rapport à ces centres. Pour s’assurer de bien protéger les enfants, il faut savoir gérer cet écheveau de relation de manière intelligente et avec une grande sensibilité. 26 4. Enquête institutionnelle Comme expliqué dans la méthodologie, l'enquête institutionnelle a recueilli des informations auprès de 51 centres. À l'exception de ceux qui prennent en charge les enfants handicapés (4) et ceux qui s’occupent des enfants des rues (6), les centres ont été choisis de façon aléatoire sur les 716 de la liste de l’IBESR. Compte tenu des contraintes logistiques et des coûts, la sélection a été limitée à six des dix départements d'Haïti : l’Artibonite, le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, l'Ouest, et Plateau Central. Le questionnaire était adressé aux directeurs des centres. Dans le cas où les directeurs n’ont pas pu être contactés lors de la première visite, les questions ont porté uniquement sur l'infrastructure et les autres renseignements disponibles. Les enquêteurs ont ensuite été renvoyés dans les centres et ont complété les questionnaires (à l’exception de trois centres). L’échantillon compte au total 51 centres ; les questionnaires ont été complétés en intégralité dans 48 centres. a. Profil des enfants Comme indiqué dans le Tableau 6, le nombre moyen d'enfants par institution est de cinquante- six (56). Tous les enfants ne dorment pas dans les centres; certains dorment dans leur propre famille ou dans d’autres familles à proximité du centre. La capacité d’accueil des centres varie de 11 à 290 enfants. Il y a plus de garçons que de filles qui vivent dans les centres, avec une moyenne de 35 garçons et 20 filles par centre. Quatre centres prennent en charge exclusivement les garçons et un seul s’occupe exclusivement des filles. L’âge des enfants dans les centres varient de quelques mois à 29 ans. La moyenne d'âge pour les enfants les plus jeunes est de 4 ans. Selon les directeurs, la moyenne des enfants orphelins de père et de mère est de 60% par centre. Il y aurait également une moyenne de 4 anciens « restaveks » dans les centres. Ces chiffres semblent hautement contestables vu les résultats de l'enquête auprès des enfants où seulement 3% des enfants ont déclaré avoir été placés dans le centre suite au décès de leurs deux parents (voir Tableau 24). Douze directeurs ont indiqué accepter les enfants séropositifs et 23 accueillaient au moins un enfant handicapé. Toutefois, à l'exception des quatre centres desservant spécifiquement les besoins des enfants handicapés, le nombre réel d'enfants handicapés et des enfants séropositifs était relativement bas: Sur les 295 enfants handicapés se trouvant dans les 51 centres visités, 228 se trouvaient dans les quatre centres spécialisés dans le handicap. Sur les 2 642 enfants hébergés par les 47 établissements restants, seulement 66 avaient un handicap. 27 Tableau 6: Profil démographique des centres – enquête) Variable Moyenne Minimum Maximum Nombre d’enfants 56 11 290 Nombre de filles 20 0 90 Moyenne des garçons 35 0 290 Nombre d’enfants qui dorment dans les centres 51 11 290 Nombre de filles qui dorment dans les centres 20 0 60 Nombre de arçons qui dorment dans les centres 34 0 290 Enfant le plus âgé 18 7 28 Enfant le plus jeune 4 0 15 Pourcentage d’enfants déclarés orphelins de 60% 10% 90% Anciens père “restaveks” et de mère par les directeurs 4 0 50 Enfants du directeur, épouse ou employés 1 0 7 Centres accueillant des enfants séropositifs 23%(12) Centres accueillant des enfants handicapés 44%(23) Types d’handicap par Physique 18 institution VIH positive 11 Cécité 10 Troubles 8 Psychologique d’apprentissage 8 Surdité 5 Autre (physique) 2 b. Placement de l’enfant Le tableau 7 présente des données sur les raisons principales invoquées par les directeurs pour accepter des enfants dans les centres. 41% des directeurs (20) ont cité les enfants n'ayant pas de parent; 29% (14) ont cité la pauvreté, 13% (6) l'abandon ou la négligence; seuls 4% (2) ont cité le handicap (un contraste intéressant sachant que quatre centres sont spécialisés dans le handicap); 4% (2) ont déclaré accepter principalement les enfants référés par l’IBESR; 8% (2) les enfants de la rue (un contraste intéressant sachant que 6 centres sont répertoriés par l'IBESR comme spécialisés dans les enfants de la rue). Un directeur a indiqué que la décision de placer l’enfant était celle des parents directement. Les deuxièmes raisons les plus couramment citées pour accepter les enfants sont relativement similaires : la pauvreté (29% ou 14 directeurs), la négligence (27% ou 13), les abus (25% ou 12), et l'absence des parents (13% ou 6). Les raisons du placement contrastent fortement avec les données recueillies dans le cadre de l’enquête auprès des enfants, comme nous le verrons plus bas, où “la pauvreté" et " aller à l'école" représentaient 68% de toutes les raisons invoquées, alors que l’abandon, l’abus et le décès parental combinés ne représentaient que 7% des explications fournies par les enfants. 28 Tableau 7 : Placement des enfants – enquête institutionnelle (N=48) Condition principale pour accepter les Deuxième condition pour accepter les enfants Variable enfants Nombre Pourc. Variable Nombre Pourc. N’ont pas de parents 20 41% Famille trop pauvre 14 29% Famille trop pauvre 14 29% Abandonnés ou Négligés 13 27% Abandonnés ou négligés 6 13% ouAbus familiaux 12 25% Handicapés 2 4% N’ont pas de parents 6 13% Placement par l’IBESR 2 4% Placement par l’IBESR 5 10% Enfants des rues 2 4% Décision parentale 4 8% Décision parentale 1 2% Pour éducation 2 4% Pas de condition 1 2% Ne peut pas répondre 1 2% c. Départ des institutions Le tableau 8 présente les opinions des directeurs concernant les premières et deuxièmes raisons les plus fréquentes pour lesquelles les enfants quittent les centres. Les trois raisons les plus communes, chacune d’une importance plus ou moins égale et beaucoup plus citées que les autres sont : le désir des parents de récupérer leurs enfants (20 sur 48, ou 14%), l’expulsion pour mauvais comportement (12 sur 48, ou 25%), et l’arrivée à la majorité (12 ou 25%) ce qui dans la plupart des cas signifie 18 ans. Dans de nombreux cas, les directeurs ont indiqué que les enfants ne quittaient pas le centre. On retrouve les trois mêmes réponses comme deuxième motifs de sortie des centres, mais dans un ordre différent : l’expulsion ou le mauvais comportement (15 des 48, ou 31 %), la récupération des enfants par leurs parents (13 des 48 ou 27 %), l’atteinte de la majorité (10 à 48 ou 21%). Tableau 8: Départ des institutions - Motifs les plus fréquents de sortie des centres – enquête institutionnelle (N=48) Plus fréquente Deuxième plus fréquente Réponse Nombre Pourc. Réponse Nombre Pourc. Parents récupèrent l’enfant 14 29% Exclus pour mauvais 15 31% Mauvais comportement 12 25% Récupère par parents comportement 11 23% Arrivé à l’âge de sortie 12 25% Arrivé à l’âge de sortie 10 21% Mauvaise performance à 1 2% Adoption 1 2% Echappé du centre l’école 1 2% A terminé l’université 1 2% Traitement au centre 1 2% Des personnes sont 1 2% Mensonge des parents 1 2% Performance venues les à l’école chercher 1 2% Ne quitte pas le centre 4 8% Echappé du centre 1 2% Ne peut pas répondre 2 4% Âgés de 18 ans 1 2% Ne peut pas répondre 5 10% 29 d. Règlement sur le droit de visite Le tableau 9 présente les résultats des règlements établis dans les centres concernant les visites des enfants dans les familles et celles des familles dans les centres. La règle la plus fréquente et citée par 40% des directeurs (19) est que les enfants sont autorisés à rendre visite à leur famille pendant les vacances d'été; 27% des directeurs (13) ont affirmé que les enfants pouvaient rendre visite à leur famille quand celle-ci le désirait. Dix directeurs ont dit que les enfants ne pouvaient jamais rentrer chez eux. Les autres réponses sont : une fois par semaine, par mois, par an ou en cas d'urgence. À la question concernant l’autorisation des familles à rendre visite aux enfants, la réponse la plus courante est : « quand la famille le souhaite » (54%) suivie de « pendant les vacances d'été » (15%). Les autres réponses sont : « les week-ends », « deux fois par mois », « une fois tous les deux mois », « une fois tous les trois mois », « une fois par an ». Un directeur a indiqué que la plupart des enfants placés dans son institution n'avait pas de famille. Tableau 9 : Visites – enquête institutionnelle (N=48) Quand est-ce que les enfants sont autorisés à Quand les familles sont autorisées à visiter visiter leur famille leurs enfants Réponses Nombre Pourc. Réponses Nombre Pourc. Vacances d’été 19 40% Famille le souhaite 26 54% Famille le souhaite 13 27% Vacances d’été 7 15% Jamais 10 21% Weekends 2 4% Chaque dimanche 1 2% Deux fois par mois 1 2% Une fois par mois 1 2% Une fois par mois 4 8% Une fois par an 1 2% Une fois/deux mois 2 4% Urgence familiale 1 2% Une fois/ trois mois 2 4% Pas de famille 1 2% Pas de famille 1 2% Ne sait pas 1 2% Une fois par an 1 2% Autre/ne sait pas 2 4% e. Infrastructure Couchage Le nombre moyen de lits dans les centres est de 50, ce qui correspond pratiquement au nombre moyen d'enfants dans les centres. Autrement dit, la plupart des enfants ont leur propre lit. . L'institution type comprend 7 chambres; en aucun cas, a-t-il été signalé, les garçons et les filles ne dorment dans la même pièce; et bien que le critère de séparation basé sur l'âge ne soit pas défini par les centres, il a été rarement rapporté que des enfants plus âgés dormaient dans la même chambre que de jeunes enfants. 30 Eau et Assainissement Le nombre moyen de toilettes par institution est de 8: 1 toilette pour six enfants; 49 des 51 centres (96%) ont au moins une chasse d'eau; dans 30 cas, ces toilettes sont situées à l'intérieur du bâtiment et dans 19 cas en dehors du bâtiment principal. Deux centres ont seulement des latrines et 27 des centres possédant des toilettes avec chasse d'eau ont également des latrines. Les principaux apports d’eau sont l'eau courante, l’eau de puits et l’eau acheminée par camions. Seuls deux établissements ont déclaré ne compter exclusivement que sur l'eau de pluie. Dans ce cas, cependant, cela ne représente pas un problème sachant que ces deux centres sont situés en altitude, avec de fortes précipitations, et possèdent de grandes citernes pour récolter l’eau de pluie. . Dans 100% des centres, la source d'eau est située dans la cour ou le bâtiment, ce qui représente un avantage important par rapport à la moyenne des ménages haïtiens de Port au Prince, qui doit aller chercher l’eau à l'extérieur de la cour (voire EMMUS-V 2012), une corvée écrasante confiée aux enfants. Conformément à ce que l’on verra plus tard dans la section enquête sur l’enfant, 100% des enfants ont déclaré s’être lavés dans les 24 heures de l'entrevue. Quant à la gestion de l'eau potable, 25 de ces centres (49 %) ont déclaré acheter de l'eau traitée; 25 autres (49 %) achètent de l’eau purifiée; et une seule institution a indiqué ne pas traiter l'eau du tout Loisirs Concernant les loisirs, 48 des 51 centres (92%) disposent d’un espace extérieur ("terrain") sur le site où les enfants pouvaient jouer et 31 (60%) possèdent un toboggan. Bien que cela ne soit pas indiqué dans le tableau 10, les centres ont tendance à avoir suffisamment d’espace. Les plus petits centres s’étendent sur ~516 m2; mais 12 d’entre eux ont une superficie qui s’étend entre entre 1 290 et 100 m2; 38 de ces centres sont construits sur plus de 2 000 m2, une surface de terre convenable en Haïti. Vingt-cinq pour cent (49) des centres ont déclaré avoir un genre de bibliothèque sur les lieux. En moyenne, une institution a 2,1 téléviseurs, 2,5 radios et 1,9 véhicule. Seuls 4 centres n'ont pas de télévision, 7 n'ont pas de radio, et 11 ne dispose d’aucun véhicule. Un commentaire sur l’évaluation des ressources des centres : Il est intéressant de remarquer que, bien que les moyennes et les pourcentages indiquées ci- dessus constituent un profil utile d’un CRE typique en Haïti, ils noircissent toutefois les différences notables concernant la taille et les ressources es centres (voir colonne de droite du tableau 10). Le nombre de lits variant de 11 à 264, les chambres de 1 à 44, les toilettes de 1 à 33, la télévision de 0 à 10, les radios de 0 à 30, et les véhicules de 0 à 12. f. Personnel Parmi les 51 directeurs interviewés, on recense 20 femmes et 31 hommes. 48 directeurs sont des ressortissants haïtiens, un directeur est Américain, et deux sont Canadiens. Comme illustré dans le tableau 11, on recense dans les centres une moyenne par centre de 17,8 concierges, 5,1 31 enseignants; 4,6 personnel de nettoyage, 4,1 gardiens; 3,4 cuisiniers, 1,6 infirmières, 1,3 travailleurs sociaux, 0,8 médecins et 5,1 autres personnel divers, pour un nombre total moyen de 43,8 employés par institution. Le ratio personnel/enfant est, en moyenne, de 1 membre du personnel pour 1,6 enfants. Il faut cependant prendre en compte les grandes différences dans les catégories de personnel. Le nombre d’aide soignants varie en effet de 2 à 84, les enseignants de 0 à 40, le personnel de nettoyage de 0 à 42, les gardiens de 0 à 50; les cuisiniers de 1 à 14, les infirmières de 0 à 11, les travailleurs sociaux 0 à 17, et les médecins de 0 à 5. L’éventail du rapport Tableau 10 : Infrastructure – enquête institutionnelle (N=51) Catégorie Mesure Variable Nombre Bas Haut Nombre, Moyenne Nombre d’enfants par centre 56 11 290 âges des Nombre de filles par centre 20 0 90 enfants Nombre de garçons par centre 35 0 290 par Âge des enfants les plus jeunes 4 0.1 12 Âge des par centreenfants les plus âgés par 18 7 29 centre Centres Filles centreuniquement 1 - - Garçons uniquement 4 - - Couchage Moyenne Nombre de lits 50 1 44 Chambres à coucher 7 11 264 Centres Chambres mixtes 0 Chambres pour les enfants les 11 Cuisine Moyenne Moyenne plus jeunesréchaud/cuisinière et les plus âgés 7 3 20 Centres Réserve électrique de combustible pour la 50 Sanitaires Centres avec au moins cuisine Toilettes en état 8 1 33 un/e par centre Flush toilet 49 96% Toilettes intérieures 30 58% Toilettes extérieures 19 37% Latrines à l’extérieur 29 56% Eau Sources Conduites d’eau 17 33% d’approvisionnement Puits 17 33% en eau par centre Camions d’eau 14 27% Autres 2 4% Pluie 2 4% Emplacement du A l’intérieur du bâtiment 3 6% robinet par institution Dans la citerne 3 6% Dans la cour 46 88% Source d’eau potable Traitement de l’eau 25 49% par institution Achat d’eau traitée 25 49% N’achète pas ou ne traite pas 2 2% l’eau Divertisse Moyenne par Espace de jeux pour les enfants 48 92% ment institution Balançoire, toboggans 31 60% Bibliothèque 25 49% Télévisions 2.1 0 10 Radios 2.5 0 30 Vehicules 1.9 0 12 Aucun Pas de télévision 4 8% Pas de radio 7 13% Pas de véhicule 11 21% s 32 personnel par enfant variait entre 1 membre du personnel pour chaque 6,7 enfants et plus de 2 membres du personnel par enfant. Plus pertinent encore en termes de garde d'enfants est le rapport personnel éducatif par enfant: Dans l'ensemble, il est de un membre du personnel pour 4,7 enfants; à l'extrême, il est d’un éducateur pour 16,7 enfants; et dans les centres les mieux équipées en ressources humaines, un peu moins de deux éducateurs par enfant. Il faut indiquer cependant que le personnel n’est pas présent 24h par jour. Néanmoins, les chiffres se comparent favorablement aux recommandations de l'UNICEF (2008) et Save the Children's (2008) qui préconisent un nombre minimum de 7 à 15 éducateurs, en fonction de l'âge des enfants. Tableau 11 : Personnel – enquête institutionnelle (N=51) Variable Moyenne Minimum Maximum Moyenne de gardien(ne)s d’enfants 17.8 2 84 Moyenne de gardiens ou d’agents de sécurité 5.1 0 40 Moyenne d’infirmières 4.6 0 42 Moyenne de docteurs 4.1 0 50 Moyenne de travailleurs sociaux 3.4 1 14 Moyenne de cuisiniers 1.6 0 11 Moyenne de ménagers/ménagères 1.3 0 17 Moyenne d’enseignants 0.8 0 5 Moyenne d’autre personnel 5.1 0 107 Moyenne de personnel total 43.8 5 273 Moyenne d’enfants/ gardiens, gardiennes 1 à 4.3 1 à 16.7 1 à 0.6 Moyenne d’enfants/personnel 1 à 1.6 1 à 6.7 1 à 0.4 Centres avec au moins un membre du personnel 77% (40) - - spécialement formé dans la garde d’enfants Moyenne du nombre de personnel spécialement formé 4.0 0 3.975 dans la garde d’enfants Centres avec une présence du personnel dans les 92% (48) - - chambres pendant la nuit 33 g. Comptabilité et de tenue de dossier L'enquête institutionnelle a aussi porté sur la gestion de l'institution et la mesure dans laquelle les règles s’y attachant existent et ont été codifiées. Comme indiqué dans le Tableau 12, un peu plus de la moitié des directeurs (54%) ont signalé avoir des systèmes comptables informatisés; 42% gardaient les documents sur papier; et deux des centres (4 %) n'avaient aucun moyen de tenir des registres. Trente-quatre des directeurs (71%) ont indiqué avoir un code de conduite écrit pouvant être lu par tous les membres de l'institution; un complément d'enquête a révélé que cela n’était le cas que dans 22 (46%) des centres. L’ensemble des directeurs (100%) ont déclaré avoir une liste de tous les enfants de l'institution; 5 (10 %) ont été incapables de trouver la liste. Quarante-deux des directeurs (88 %) ont déclaré posséder un dossier pour chaque enfant de l'institution; Deux d'entre eux ont été incapables de trouver les dossiers. Seulement 28 (58%) ont déclaré tenir un compte rendu des conditions exactes des raisons en vertu desquelles l'enfant avait été accepté dans l'institution; 22 (46%) ont été capables de nous montrer les dossiers. Quarante-cinq directeurs (94%) ont déclaré qu'ils avaient une méthode standardisée permettant de déterminer la validité de l’acceptation d’un enfant au sein de l'établissement: 25 (56 %) ont cité des témoins, 15 (33 %), ont certifié avoir visité la maison de l'enfant, et 12 (27%) ont avancé l’accord écrit d’un parent comme moyen principal d’acceptation. Seulement 24 (50 %) ont déclaré qu'ils possédaient un code écrit régissant les conditions de sortie d’un enfant; seulement 17 (35%) ont été en mesure de nous montrer le dit code. Tableau 12 : Pratiques institutionnelles – enquête institutionnelle (n=48) Variable Variable Variable Pourc. Comptabilité Ordinateur 26 54% Papier 20 42% Aucune 2 4% Code de conduite écrit et placardé de Rapporte “oui” 34 71% manière à ce que tout le monde puisse le Code de conduite vérifié 22 46% voir Liste des enfants dans le centre Rapporte “oui” 48 100% Liste vérifiée 43 90% Dossier sur chaque enfant dans le centre Rapporte “oui” 42 88% Dossiers vérifiés 40 83% Conditions écrites selon lesquelles un Rapporte “oui” 28 58% enfant est accepté dans le centre Documents vérifiés 22 46% Moyens prétendus pour vérifier sir l’enfant Témoins 25 56% doit être accepté dans le centre Visite la maison 15 33% Signature des parents ou du 12 27% Pas de gardien vérification 5 10% Ne peut pas répondre 1 2% Code écrit sur les conditions selon Rapporte “oui” 24 50% lesquelles un enfant quitte le centre Documents vérifiés 17 35% 34 h. Plans d’urgence Le Tableau 13 présente les réponses des directeurs concernant les plans d’urgence dans le cas où le centre devrait fermer ses portes ou perdrait ses subventions. Soixante-et-un pour cent des directeurs ont déclaré qu'ils s’en remettraient à l'état, seraient en mesure de renvoyer les enfants à la maison ou tout simplement qu'ils ne savaient pas ce qu'ils feraient. En bref, la plupart des directeurs ne semblent pas avoir de plan d'urgence. 23% ont indiqué qu'ils se tourneraient vers un autre centre. Interrogé sur ce qu'ils feraient s'ils perdaient leurs subventions, 11 (23%) ont indiqué qu'ils demanderaient de l'aide à l'Etat et 10 (21%) qu’ils emprunteraient de l’argent, ce qui donne à penser que ces centres ne possèdent pas de plan d'urgence financier. Dix directeurs ont indiqués qu’ils s'en remettraient à une organisation partenaire, un directeur a déclaré qu'il fermerait l'institution et 2 ont dit qu'ils ne savaient pas. Tableau 13 : Plan de contingence si le centre ferme Variable Nombre Pour. Démarche prévue pour les enfants si le Appelle l’Etat 17 35% directeur est obligé de fermer le centrePlace les enfants dans un autre 11 23% Renvoie les enfants dans leur centre 10 21% Ne sait pas maison 7 15% Autre 3 6% Démarche rapportée si le directeur perd Demande l’assistance de l’Etat 11 23% ses subventions Emprunte de l’argent 10 21% Appelle une organisation 10 21% Ferme l’institution partenaire 1 2% Ne sait pas 2 4% Autre 12 25% i. Préparer les enfants à quitter le centre Le tableau 14 résume les protocoles institutionnels concernant la préparation des enfants avant de quitter les centres ainsi que les procédures de suivi après leur départ. Vingt-huit directeurs (58%) ont indiqué fournir une préparation particulière aux enfants avant qu'ils ne quittent le centre: sur ces 28 directeurs, 17 (61%) ont déclaré que la préparation commençait dès l’entrée de l’enfant dans le centre. Il faut indiquer cependant que la question n’a peut-être pas été clairement saisie ou expliquée aux directeurs des centres ; 8 ont indiqué offrir une préparation un an avant le départ de l’enfant, ce qui est probablement plus proche de la moyenne des centres fournissant une préparation spéciale. 3 (4%) n'ont pas répondu de façon satisfaisante à la question. En ce qui concerne le suivi après la sortie de l’enfant, 23 (48%) ont déclaré ne pas faire de tel suivi; 18 (38%) ont déclaré fournir une assistance financière; 10 (21%) ont déclaré posséder des foyers pour les enfants quand ils quittent le centre; 8 ont déclaré (17 %) placer l’enfant dans une famille ou lui trouver du travail; et 7 (15%) ont déclaré payer leur scolarité. Seulement 7 directeurs ont cités des moyens de rester en contact avec les enfants après qu'ils aient complètement quitté le centre. 35 Tableau 14 : Préparer les enfants avant le départ du centre – enquête institutionnelle (n=48) Catégorie Catégorie Catégorie Catégorie Enfant reçoit une préparation avant de Rapporte “oui” 28 58% Type de préparation quitter le centre Formation professionnelle 24 86% (n=28) Instruction spéciale 16 67% Autre préparation spéciale 2 7% Quand est-ce qu’e les enfants reçoivent Dès qu’ils entrent dans le centre 17 61% la préparation (n=28) Un an avant de partir du centre 8 29% Ne peut pas répondre 3 4% Type de suivi pour les enfants une fois Fournir une assistance financière 18 38% qu’ils ont quitté le centre Fournir un foyer pour les enfants 10 21% (n=48) Placer l’enfant dans qui quittent les centresune famille 8 17% Paye ou les frais fournir un de scolarisation travail 7 15% Aucun 23 48% Moyen pour garder contact avec les Enfants visitant le centre 1 2% enfants une fois qu’ils ont quitté le Eglise 1 2% centre (n=48) Internet 2 4% Téléphone 2 4% Visitent les enfants à la maison 1 2% j. Soins médicaux, Education, et Repas Soins médicaux Dans le tableau 15, on peut constater que 48 des 51 centres (94%) possèdent une trousse de premier secours accessible sur le site. Seulement quatre centres ont indiqué disposé d’une trouve de premiers secours en mauvais état. Pour les soins médicaux, 28 (54%) dépendent de cliniques et hôpitaux publiques; 23 (46%) sur les cliniques, hôpitaux ou médecins privés. Vingt (20) directeurs ou sous-directeurs (39%) ont déclaré que les enfants avaient subi un examen médical au cours des 3 derniers mois; 17 (34%) ont indiqué au cours des derniers quatre à six mois; dix (20%) de sept mois à un an; une institution a déclaré plus de un an et 3 (6 %) ont admis que les enfants n'avaient jamais fait l'objet d'un examen médical. Education D’après les directeurs, tous les enfants ont accès à la fois à l’enseignement primaire et secondaire. Au total, 25 écoles primaires et 12 écoles secondaires dans lesquelles sont scolarisés les enfants sont accréditées par l'état. Ces chiffres corrèlent avec les données récoltées dans le cadre de l’enquête auprès des enfants, qui indiquaient que seuls 2 parmi les 159 répondants (soit, 1, 25%) n’était pas inscrits à l’école. L’accès à l’éducation est une des raisons principales du placement des enfants en institution, comme nous le verrons plus tard. 36 Repas L’enquête comportait un certain nombre de questions concernant les repas offerts aux enfants. Au total, 44 responsables (86%) ont déclaré distribuer trois repas par jour, et 7 (14%) ont déclaré n’en distribuer que deux ; 70% (35) ont déclaré distribuer de la viande comme repas principal. Tableau 15 :Soins médicaux, scolarisation et repas – enquête institutionnelle (N=51) Catégorie Variable Nombre Pourc. Accès aux soins Kit de première urgence disponible 48 94% médicaux généraux Kit de première urgence en mauvaise 4 8% et d’urgence (N=51) condition Dispensaire public, hôpital ou docteur 28 54% Dispensaire privé, hôpital ou docteur 23 46% Dernière examen Au cours des 3 derniers mois 20 39% médical des enfants Au cours des 4 à 6 derniers mois 17 34% (N=51) Au cours des 7 à 12 derniers mois 10 20% Depuis plus d’un an 1 2% Jamais 3 6% Scolarisation Accès à l’éducation primaire 51 100% (N=51) Accès à l’éducation secondaire 51 100% Accès à une école primaire accréditée par 25 48% l’Etat Accès à une école secondaire accréditée par 12 23% l’Etat Repas 3 repas par jour 44 86% (N=51) 2 repas par jour 7 14% Centres qui distribuent de la viande et du jus 25 49% pour le dîner Centres qui distribuent de la viande pour 35 70% repas principal k. Punition et Abus Interrogés sur la pire forme d'abus qui pourraient se produire dans le centre, 25 directeurs sur 48 (52%) ont cité les abus sexuels, 8 (17%) la violence psychologique, 7 (15%) les abus physique et 6 (13%) n’ont pas établi de hiérarchie, indiquant qu’il n'y avait pas de "pire abus" (voir Tableau 16). Interrogés sur le dernier abus s’étant produit dans le centre, 38 des 48 directeurs (79%) ont déclarés n’avoir jamais connu de tels cas dans leur centre ; 7 autres (15%) ont dit qu'ils ne savaient pas; 2 (4 %) ont refusé de répondre. Un seul répondant a cité un cas d'abus, tout en précisant qu’il s’était produit il y a de cela 3 ans. Interrogés sur les types de punitions infligés dans les centres, 25 des 48 répondants (52%) ont indiqué l’interdiction de jouer, 18 (38%) ont cité l’agenouillement, et 10 (21%) ont cité la fessée 9 (19 %). D'autres formes de punition plus légères incluent les restrictions alimentaire, la fessée et rester debout (dans un coin ou sur une jambe). Quatre des répondants ont déclaré ne pas punir les enfants. Il est intéressant de noter le décalage 37 entre les réponses données par les directeurs et celles données par les enfants dans le cadre de l’enquête auprès des enfants (voir page 64 et ss.). Ainsi, 75% d'entre eux ont signalé les châtiments corporels comme étant la forme de punition la plus commune et seulement 17% d'entre eux ont reporté des restrictions concernant le jeu. Tableau 16 : Abus et punition – enquête institutionnelle (N=48)* Catégorie Réponses Nombre Pourc Opinion sur les cas les plus Abus sexuel 25 50% graves d’abus qui peuvent être Abus psychologique 8 19% commis dans les centres (n=48) Abus physique 7 17% Il n’y a pas d’abus plus grave 6 15% Dernière fois qu’un abus a été Il y a trois ans 1 2% commis dans le centre (n=48) Ne peut pas répondre 2 4% Ne sait pas 7 15% Jamais 38 79% Types de punition utilisés dans Interdiction de jouer 25 52% les centres À genoux 18 38% (n=48) Frapper les mains, les jambes ou les 16 33% fesses Mettre dans le coin ou debout sur une 13 27% jambe Mettre au travail 4 8% Privé de nourriture 3 6% Rien 4 8% *There were 3 questions questionnaires for which a director was not located and hence Réponses many of the most specific operational questions are not available. l. Connaissance des Lois Comme nous pouvons le voir dans le Tableau 17, seulement 20 (42 %) des répondants ont déclaré connaître le contenu des lois haïtiennes concernant les abus et la maltraitance envers les enfants. Parmi eux, 11 (55%) ont cité l’interdiction de frapper les enfants et 9 (45%) ont déclaré le contraire, en précisant que cela ne devait pas être fait de manière trop brutale. Concernant les démarches à suivre en cas d’abus, tous les répondants ont mentionné la nécessité de contacter un organisme de l’État. 47 des 48 directeurs (98%) ont répondu connaître la Déclaration universelle des Droits de l’Enfant ; 32 (67%) ont déclaré connaître les lois concernant le travail des enfants. Cependant, leurs réponses aux questions sur ces lois et conventions laissent supposer qu’ils n’en connaissent pas le contenu. En l’occurrence, 14 directeurs ont indiqué par la suite ne pas vraiment connaître le contenu de la loi. 38 Tableau 17 : Connaissance de la loi – enquête institutionnelle (N=48) Catégorie Nombre Pourc. Connaissent la loi sur les abus et les punitions 20 40% Ce que les directeurs pensent que Pas supposé frapper les enfants 11 22% la loi prescrit (n=48) Pas suppose frapper trop fort les 9 19% enfants Ce que le centre est supposé faire Contacter la police 10 61% en fonction de la loi (n=20) Contacter l’IBESR ou la BPM 10 36% A entendu parler de la Déclaration des Droits de l’Enfant 47 98% Connait la loi par rapport au travail des enfants 32 67% Ce que les directeurs Ne pas empêcher en enfant d’aller 29 91% pensent que la loi prescrit à l’école (n=32) Ne pas mettre l’enfant en danger 16 50% Ne pas lui faire faire trop d’effort 16 50% Ne sait pas vraiment 14 44% m. Affiliation étrangère, partenaires et orientation religieuse Le Tableau 18 montre les liens qui existent entre les centres et les organisations étrangères. Selon les données récoltées, 30 (63 %) des centres ont des liens avec des partenaires étrangers, avec une moyenne de deux partenaires étrangers par institution; seulement 18 centres (60%) fournissent des comptes-rendus sur les enfants à l’organisme de parrainage. On retrouve la majorité des organisations partenaires aux Etats-Unis (33 des 52 organisations, soit 58%), suivie par le Canada (12 sur 30 ou 23%), la France (5 sur 30 ou 9%) et l’Irlande (1 ou 2%). Il existe un parallèle entre l’affiliation religieuse des centres et celles des partenaires étrangers. 34 (71%) des partenaires étrangers sont protestants, 8 (17 %) sont catholiques, et 4 (12 %) ont déclarés n’avoir aucune appartenance religieuse. 39 Tableau 18 : Liens avec les organisations étrangères, assistance et parrainage – enquête institutionnelle (n=48) Catégorie Réponses Nombre Pourc. Pays d’origine pour Etats-Unis 34 63% l’ensemble des France 12 23% organisations Canada 5 9% étrangères Irlande 1 2% partenaires (n=52) Orientation Protestante 34 71% religieuse du Catholique 8 17% principal partenaire Aucune 6 12% (n=48) Orientation Protestante 31 65% religieuse du centre Catholique 10 21% (n=48) Aucune 5 10% Autre 2 4% n. Parrainage 18 centres ont indiqué pratiquer le parrainage d’enfants avec des organisations étrangères. Le nombre moyen d’enfants qui ont un sponsor étrange est de 40, soit 71% des enfants. Il faut cependant faire preuve de prudence en lisant ces données. En effet, 65% des enfants interviewés dans le cadre de l’enquête auprès des enfants ont indiqué avoir un ou plusieurs amis étrangers ; 83% d'entre eux ont indiqué que leurs amis étrangers leur envoyaient des cadeaux (voir page 76). En outre, comme on peut le voir dans le Tableau 19, 45 des 48 centres (94 %) reçoivent des visiteurs étrangers, 42 (88%) ont des chambres réservées pour ces visiteurs. 42 centres (88%) ont indiqué avoir reçus des visiteurs étrangers au cours des 6 derniers mois. Au cours de cette période, une moyenne de 92 visiteurs sont passés dans les centres, pour une durée de moins de 3 semaines dans 98% des cas. 47% des visiteurs sont revenus pour d'autres visites. Les raisons principales des visites sont : voir les enfants (71%), apporter des cadeaux, de l’argent ou des fournitures (67 %). Il est intéressant de noter que seuls trois organisations (6%) ont déclaré avoir des parrains vivant en Haïti; le nombre moyen d'enfants pour ces trois centres était de 11. 40 Tableau 19 : Liens avec les organisations étrangères, assistance et parrainage – enquête institutionnelle (n=48) Catégories Réponses Nombre Pourc. Affiliation avec des Partenariat avec des organisations 30 63% partenaires étrangères Pour les organisations concernées, 2 4% étrangers (n=48) nombre moyen de partenaires étrangers (n=30) Sponsors étrangers Centres avec des enfants parrainés de 18 38% (n=48) l’étranger Moyenne du nombre d’enfants par 40 - centre parrainés de l’étranger Centres avec des parrains vivant en Haïti 3 6% Moyenne du nombre d’enfants par 11 - centre parrainés d’Haïti Visiteurs étrangers Centres qui reçoivent des visiteurs 45 94% (n=48) Centres étrangersqui ont des logements pour les 42 88% Moyenne du nombre de chambres pour visiteurs 4 - les visiteursdu Moyenne nombre de visiteurs étrangers 92 - étrangers au cours des 6 derniers mois Centres ayant reçus des visiteurs 42 88% étrangers au cours des 6 derniers mois Pourcentage des visiteurs qui sont restés - 57% moins d’une semaine Pourcentage des visiteurs qui sont resté - 98% moins de trois semaines Pourcentage des visiteurs qui sont - 47% revenu une deuxième fois Directeurs citant ces Voir les enfants - 71% raisons comme Apporter des cadeaux, fournitures, ou - 67% principale motif de support le personnel Former - 33% la visite Evaluer les activités du centre - 33% (n=48) Travaux de construction dans le centre - 24% Adoption - 4% Autre - 33% 41 o. Adoption Si certains haïtiens, particulièrement ceux appartenant à la classe moyenne et aisée, adoptent des enfants (Smucker 2005), cette pratique est cependant distincte de celle pratiquée par les centres résidentiels pour enfant. La première tend à suivre un processus juridique moins formel. L’adoption pratiquée par les centres est internationale. Seuls 9 des 48 centres ont fait état de leur participation au processus d'adoption. Selon les données récoltées dans ces 9 centres, un total de 281 enfants ont été adoptés directement après le séisme 2010. À l’époque, le gouvernement haïtien avait provisoirement autorisé les enfants en procédure d’adoption à quitter le pays, avant d’arrêter les adoptions internationales. Depuis le séisme, 156 enfants ont été adoptés dans ces neuf centres ; les Etats-Unis arrivent en tête comme pays destinataire des enfants adoptés. L’enquête a également révélé que six des 9 centres n’autorisent les adoptions que par des familles chrétiennes. Deux d’entre eux n’étaient pas au courant de la nouvelle législation sur adoptée l’année passée par le gouvernement haïtien. Tableau 20 : Adoption – enquête institutionnelle (n=9) Réponses Centres Centers qui pratiquent l’adoption 9 Moyenne estimated time for adoption process 2 ans Enfants adoptés à la suite du tremblement de 281 terre Enfants adoptés depuis le tremblement de terre 156 Centres autorisant que les chrétiens à adopter 6 sur 9 Pays de destination des enfants Etats-Unis 7 sur 9 adoptés Argentine 2 sur 9 Canada 2 sur 9 France 1 sur 9 Haïti 0 sur 9 Connaît la Convention de La Haye sur la 6 sur 9 protection des enfants/adoption internationale Connaît que le gouvernement Haïtien a passé des 7 sur 9 nouvelles lois en matière d’adoption p. Surveillance et Communication avec IBESR Comme l’indique le Tableau 21, 24 (50%) des centres ont déclaré que des représentant de l'IBESR leur avaient rendu visite au cours des derniers trois mois. 86% ont signalé une visite dans l'année passée. 36% ont reçu la visite d'un officiel de l'UNICEF durant la même période. Le moyen principal utilisé par le personnel de l’IBESR pour communiquer avec les centres sont : le téléphone (75%), les réunions (40%), et courrier postal (29%). 42 Tableau 21 : Inspection par l’IBESR et l’UNICEF – enquête institutionnelle (N=48) Dernière fois qu’en agent de l’IBESR a visité Dernière fois qu’en agent de l’UNICEF a le centre visité le centre Réponse Nombre Pourc. Réponse Nombre Pourc. 1-3 mois 24 50% 1-3 mois 7 15% 4-6 mois 9 19% 4-6 mois 4 8% 7 mois -1 an 8 17% 7 mois -1 an 6 13% 1 an-2 ans 6 13% 1 an -2 ans 7 15% 3 ans 0 0% 3 ans 1 2% 4 ans 0 0% 4 ans 4 8% 5 ans 0 0% 5 ans 1 2% Ne sait pas 1 2% Ne sait pas 18 38% Tableau 22 : Comment l’IBESR communique avec les centres ? – enquête institutionnelle (N=48) Mode of Communication Nombre Pourc. Telephone 36 75% Réunion 19 40% Courrier électronique ou lettre 14 29% Radio 0 0% Presse 0 0% Autre 3 6% Centre ne rapporte aucune 0 0% communication Dans une récente étude (2013), l’organisation Terre des Hommes a montré que l'accès à l'école était la motivation principale pour le placement des enfants en institutions dans les centres du Département de l’Ouest. En se basant sur le rapport EMMA 2012, on constate que la scolarisation est plus fréquente pour les enfants vivant dans les centres que pour les autres enfants (voir p. 108). 43 5. Enquêtes auprès des enfants Comme discuté dans la partie « méthodologie » du rapport, 159 enfants ont été interviewés dans 29 centres sélectionnés au hasard. Les visites ont été effectuées par équipes de deux à quatre enquêteurs, accompagnées d’un chef d’équipe. Dans certains centres, un spectacle de magie a été présenté aux enfants afin de gagner leur confiance et de briser la glace. Les enfants ont été ensuite invités à dessiner au moyen de crayons de couleur ce qu’ils souhaiteraient devenir dans le futur et l’endroit dans lequel ils souhaiteraient vivre. Un échantillon aléatoire de cinq dessins a été sélectionné et leurs auteurs ont été interviewés (voir Annexe 1 pour la liste des centres dans lesquels ont été interviewés les enfants). Le questionnaire a été programmé sur des tablettes Samsung Galaxy en utilisant le programme ODK Platform. Une vidéo des “Trois petits cochons” (version créole) a été présentée à intervalle régulier (toutes les 10 à 15 questions) afin de maintenir l’intérêt des enfants. L’âge moyen des enfants interviewés était de 13 ans, dans une fourchette allant de 7 ans à 20 ans. Tableau 23 : Profil des enfants interviewés – enquêtes auprès des enfants Catégorie Réponses Nombre Pourc. Sexe des répondants Garçon 80 50% Fille 79 50% Âge du répondant Age moyen des enfants 13 Age minimum d’un enfant 7 interviewé Age maximum d’un enfant 20 interviewé a. Placement des enfants dans les centres Comme indiqué dans le Tableau 24, l’âge moyen des enfants qui arrivent dans le centre est de 8 ans. Ils y restent en moyenne 5 ans. Trente-deux enfants sur 159 (20%) ont vécu dans un autre centre avant d’arriver dans leur centre actuel. 71 enfants (45%) ont encore leurs deux parents en vie, 124 (78%) ont au moins un parent en vie, et 8 (5%) ne savent pas. Les parents de 56 enfants (45%) vivent à la campagne, 37% des parents vivent à Port-au-Prince ou dans une autre ville haïtienne, 11% vivent en République Dominicaine, au Canada ou aux Etats-Unis ; les 6% restants vivent dans des villages haïtiens en province. 71 enfants (42%) ont rapporté avoir été emmenés dans le centre par leur mère, leur père ou par les deux ; 56 enfants (46 %) étaient accompagnés par une autre relation ; 18 enfants ont été emmenés dans le centre par un agent de l’IBESR, un travailleur humanitaire, un clerc religieux, ou un membre du centre ; un seul enfant est venu de sa propre initiative. Enfin, 6 enfants (3%) 44 étaient trop jeunes pour se rappeler des conditions de placement dans le centre (certaines catégories ne sont pas mutuellement exclusives. Le total des réponses données par les enfants peut donc dépasser les 100%). Le Tableau 25 montre les raisons pour lesquelles les enfants pensent avoir été placés dans un centre. 72 enfants (45%) citent la pauvreté comme la cause principale de leur placement dans le centre, 36 (23%) citent l’accès à la scolarisation, et seulement 12 (7%) citent l’abandon, les abus ou le décès de leurs deux parents. Tableau 24 : Placement des enfants dans le centre – enquêtes auprès des enfants (N=159) Catégorie Réponses Nombre Pourc. Durée du placement Age moyen d’arrivée dans le centre 8 (n=159) Nombre moyen d’années passées dans le centre 5 Nombre d’enfants qui ont déjà vécu dans un autre 32 20% centre Statut des parents Deux parents en vie 71 45% (n=159) Un seul parent en vie 53 33% Seule la mère vivante 39 25% Seul le père vivant 14 9% Deux parents décédés 27 17% Deux parents vivent encore ensemble (une 34 21% réponse manquante) Ne sait pas 8 5% Localisation des Zone rurale 56 45% parents (n=120) Port-au-Prince 32 26% Ville provinciale 13 11% Village provincial 6 5% République Dominicaine 4 4% Autre pays 9 7% Qui a placé l’enfant Oncle, tante, frère, sœur, grands-parents ou 56 46% dans le centre ? Mère parrain-marraine parent 46 29% Père 22 14% Père et mère 4 3% Personne du centre 6 4% IBESR 5 3% De son propre chef 1 1% Autre autorité, clerc, ou travailleur(s) humanitaire 13 8% Ne se rappelle plus 6 4% * 34 réponses manquantes en raison d’une erreur dans l’enregistrement des données. Données extrapolées des autres enquêtes 45 Tableau 25 : Raisons du placement des enfants dans les centres – enquêtes auprès des enfants Réponses Nombre Pourc. Pauvreté 72 45% Pour avoir accès à l’école 36 23% Pour cause d’abandon ou d’abus 7 4% Parent(s) décédé(s) 5 3% Délinquance 2 1% Pour avoir une meilleure vie 2 1% Maison détruite dans le tremblement de terre 1 1% Présence d’un frère est dans le centre 1 1% Fermeture du premier centre 1 1% Départ de l’étranger qui prenait soin de l’enfant 1 1% J’étais malheureux 1 1% Mère travaille dans le centre 1 1% Père dirige le centre 1 1% Fugue 1 1% Ne sait pas 27 17% b. Peurs et punitions Un certain nombre de questions portait sur leurs peurs et les types de punitions reçues dans les centres. Ainsi, le Tableau 26 indique que sur les 159 enfants interviewés, 146 (92%) décrivent les adultes comme « gentils » ou « très gentils ». Seuls 13 enfants (8%) décrivent les adultes comme “pas gentils » ou “méchants” ; deux centres comptabilisent pour eux seuls 6 parmi ces 13 enfants. 105 enfants (66%) ont précisé n’avoir peur de personne dans le centre; 50 (31%) ont indiqué avoir peur du directeur, de la nounou, ou de l’épouse du directeur. Parmi ceux-ci, 41 (76%) ont expliqué que les adultes leur donnaient la fessée ou les battaient, 15 (28%) ont indiqué être sévèrement réprimandés.3 enfants ont parlé d’harcèlements sexuels. Enfin, la peur que les adultes renvoient les enfants dans leur foyer a été citée dans deux cas. Le commentaire suivant est particulièrement révélateur: “J’ai peur parce que le directeur est toujours au courant de tout ce que l’on fait et il peut raconter aux étrangers que nous ne nous sommes pas bien comportés. J’ai peur qu’il ne nous renvoie à la maison parce que les choses ne sont pas faciles pour ma famille pour le moment.” A la question « De qui avez-vous eu le plus peur en général ? », nous avons obtenu des réponses quasi identiques (voir Tableau 26). 46 Tableau 26 : Affinité et Peur du Staff – Enquêtes auprès des enfants Catégorie Réponses Count Percent Classement des Méchant 2 1% adultes dans le Pas gentil 11 7% centre (n-159) Gentil 80 50% Très gentil 66 42% De qui l’enfant a- Personne 105 66% t-il le plus peur Directeur 21 13% dans le centre ? Nounou 18 11% (n = 159) Mari/épouse du directeur 11 7% Un des autres enfants 1 1% Gardien 1 1% Autre 10 6% Pourquoi ? Frappe l’enfant/donne la fessée 41 76% (n=54) Lui crie dessus 15 28% Le harcèle sexuellement 3 6% A peur qu’il ne le renvoie à la maison 2 4% Autre (Manque =6) 3 6% De qui l’enfant a- Personne 99 62% t-il le plus peur Directeur/superviseur 16 10% de manière Nounou 9 6% générale ? Mère 6 4% Père 6 4% (n=159) Mari/épouse du directeur 4 3% Un des autres enfants 2 1% Parents, sœur, oncle… 3 2% Docteur 1 1% Autre staff 3 2% Fils, fille ou mère du directeur 3 2% Police 3 2% Démons 2 1% Dieu 2 1% Pourquoi ? Le/la punit 38 63% (n=60) Lui crie dessus 9 15% Prend(s) ses affaires 7 12% Harcèlement sexuel 4 7% Autre 2 3% 47 c. Infrastructure Un certain nombre de questions ont été posées aux enfants concernant l’infrastructure du centre dans lequel ils résident. Les réponses obtenues sont largement similaires à celles récoltées dans le cadre du questionnaire auprès des directeurs. 153 enfants (96%) ont déclaré avoir été lavés le jour de l’interview ; tous les enfants ont été lavés au cours des 24 dernières heures; 151 (95%) dorment dans un lit; 131 (82%) dorment seul dans un lit. Enfin, 49 enfants (31%) ont l’impression qu’ils travaillaient plus au centre qu’à la maison. Tableau 27 : Infrastructure du point de vue des enfants – enquêtes auprès des enfants (N=159) Catégorie Réponses Nombre Pourc. Dernier bain (n=159) Aujourd’hui 153 96% Hier 6 4% Literie (n=159) Lit 151 95% Couverture 2 1% Matelas 1 1% Autre 5 3% Avec qui dort l’enfant Seul 131 82% (n=159) Autres enfants 24 15% Nounou 4 3% Frère/Sœur 2 1% Pense qu’il/elle travaille plus dans le 49 31% centre qu’à la maison (n=159) d. Récréation Le Tableau 28 montre les activités ou les sports préférés des enfants. On y découvre que 96% des 159 enfants interviewés (soit tous les enfants interviewés, sauf six) ont une activité ou un sport favori, avec une préférence pour le football, la corde à sauter, et la danse/chanson ; cependant, on constate également que seulement 44 enfants (28%) ont pris part à leurs activités ou à leur sport préféré au cours des dernières 24 heures ; pour 55 d’entre eux (35%), il s’est passé plus d’un mois avant qu’ils n’aient pu exercer cette activité ou ce sport. 48 Tableau 28 : Sports et activités – enquêtes auprès des enfants (N=159) Catégories Réponses Nombre Pourc. Sports Football 69 43% préférés Corde à sauter 17 11% (n=159) Basketball 16 10% Chanter et danser 12 8% Courir 9 6% Jouer aux billes 5 3% Volley ball 5 3% Autre 18 11% Rien 6 4% Dernière fois Aujourd’hui 30 19% que l’enfant a Hier 14 9% fait du sport Cette semaine 38 24% (n=155) Semaine passée 18 11% Il y a plus d’un mois 55 35% e. Contacts et visites Si l’on se réfère au Tableau 29, on constate que 89 enfants (56%) interviewés vivaient avec leur mère avant d’entrer dans le centre, et 50 (31%) vivaient avec leur père. Notons que nombre d’entre eux vivaient avec leurs deux parents, sachant que plus d’une réponse était autorisée. 28 enfants (18%) vivaient avec leur oncle ou leur tante, et 13 (8%) avec leur grand-mère et/ou grand- père. 71 enfants (45%) vivaient dans un village de province avant d’être placés dans un centre. 46 (29%) venaient de Port-au-Prince, et 20 (13%) d’une ville provinciale. 52 enfants (33%) ne sont jamais retournés chez eux depuis leur arrivée au centre, 20 (13%) ont revu leur maison entre le dernier mois et l’année passée, et 20 (13%) ont revu leur maison au cours de l’année précédente. 76 enfants (48%) ont dit que leur maison leur manquait, mais seulement 46 (30%) ont dit qu’ils souhaitaient rentrer à la maison. 109 (70%) d’entre eux ont indiqué ne pas souhaiter revenir vivre à la maison. Pour 79 enfants (72%), cette réponse s’explique par les meilleures conditions de vie et de confort rencontrées dans le centre. Enfin, 32 (29%) d’entre eux ont indiqué ne pas vouloir revenir à la maison avant d’avoir terminé l’école. 49 Tableau 29 : Contacts et visites – enquêtes auprès des enfants (N=159) Catégories Réponses Nombre Pourc. Avec qui vivait l’enfant avant Mère 89 56% d’entrer dans le centre ? Père 50 31% (répondants = 159 mais Oncle ou tante 28 18% Grand-mère 11 7% réponses multiples possibles) Grand-père 2 1% Frère ou sœur 2 1% Marraine 6 4% Déjà dans le centre 4 3% Tout seul 2 1% Belle-mère 1 1% Cousin 1 1% Famille non apparentée 1 1% Ne sait pas 2 1% Enfants qui disent que la maison leur manque 76 48% Familles qui visitent l’enfant dans le centre 104 65% Dernière fois que l’enfant est Cette semaine 6 4% rentré à la maison (n=159) Le mois passé 9 6% Dernier mois/l’année passée 20 13% Année précédente 20 13% Jamais 52 33% Autre 2 1% Ne se souvient pas 9 6% Localisation de la maison de Campagne 18 11% la famille de l’enfant Village provincial 71 45% (n=159) Ville provinciale 20 13% Port-au-Prince 46 29% Aucun ou centre 4 3% Souhaite retourner vivre à la Veut rentrer à la maison pour y 30% maison (n=155) vivre Ne veut pas rentrer à la maison 109 70% pour vivrede retourner A essayé 6 4% Raisons évoquées pour ne Je vis bien ici (lit, confort, etc.) 79 72% pas vouloir retourner à la École seulement 32 29% maison (n = 109 mais Nourriture seulement 7 6% réponses multiples Parents violents, négligence 6 6% acceptées) Ma famille est pauvre 5 5% Aime les activités dans le centre 5 5% Amis 3 3% Mère veut qu’il termine l’école 2 2% J’ai envie d’aider les autres 1 1% Ne sait pas/rien enfants 9 8% Raisons évoquées pour La famille lui manqué 27 59% vouloir retourner à la maison Veut commencer à travailler 4 9% (n= 46) Ses amis lui manquent 2 4% Quelqu’un me maltraite ici 1 2% N’aime pas le centre 1 2% Rien 11 24% 50 f. Opinions à propos du centre L’étude auprès des enfants a permis également de connaître leurs opinions sur ce qu’ils aiment ou n’aiment pas dans le centre. Les réponses sont indiquées dans le Tableau 30. On retrouve par ordre décroissant les activités à l’intérieur des centres (84), l’accès à l’école (77), vivre avec d’autres enfants (68), l’accès à la télévision et à la radio (55) et la nourriture (54). 54 enfants ont dit qu’il n’y avait rien qu’ils n’aimaient pas dans le centre. Les opinions les plus communes et négatives à propos des centres concernaient les punitions (63), les vols (23) et les ragots (20). g. Préférence entre le placement dans les centres et vivre dans sa famille Le questionnaire auprès des enfants a permis de mieux comprendre comment les enfants comparaient leur situation dans le centre avec leur situation au sein de leur famille. Si l’on regarde le Tableau 31, on constate que 90 enfants (57%) ont indiqué vivre mieux dans les centres que dans les familles vivant à la campagne ou dans un village. Cependant, seuls 65 enfants (41%) ont dit qu’ils vivraient mieux dans un centre que dans une famille habitant à Port-au-Prince. On peut expliquer ce résultat en raison du fait que 23% des enfants sont placés dans le centre pour l’accès à la scolarisation, qui est plus accessible aux enfants qui vivaient déjà dans la capitale des villes que des campagnes. Le souhait largement partagé des enfants de poursuivre une carrière professionnelle ou de vivre à l’étranger est également révélateur du peu d’opportunités dans les campagnes. Une grande majorité des enfants, soit 154 (97%), a répondu qu’un enfant sans famille vivrait mieux dans un centre que dans une famille qui n’est pas la sienne. 122 (92%) ont également indiqué qu’ils seraient tristes s’ils devaient quitter le centre pour retourner à la maison. Tableau 30 :Ce que l’enfant aime/n’aime pas dans le centre (interviews enfants) Aime No. N’aime pas No. Nourriture 54 Un des adultes 4 École 77 Ragots 20 Activités à l’extérieur du centre 30 Autres enfants 3 Activités dans le centre 84 Voler 23 Bibliothèque 23 Punition 65 Télévision et radio 55 Maïs et millet 1 Autres enfants 68 Bagarre, les enfants sont méchants 10 Staff 12 Quand les adultes nous réprimandent 5 Etrangers qui viennent visiter 1 Le voisinage 2 Lit 1 Voler les cadeaux que de ma mèree 1 Vélo 1 Pas assez de jeux pour jouer 1 Caméra 1 Pas de bois pour faire la nourriture 1 Cinéma 2 Ils n’envoient que quelques enfants 2 apprendre un métier Vêtements 3 Quand je suis malade ils ne prennent 1 pas soin de moi Ordinateur 4 Quand il fait nuit 1 Tout 3 Vacances où on ne va nulle part 1 Jeux 1 L’endroit où le centre est situé 1 Partir faire des balades 1 Pas assez à manger 1 Aller à la plage 1 J’aime tout 8 Terrain de jeu 2 Il n’y a rien que je n’aime pas 54 Sentiment de sécurité 1 J’aime le directeur 2 Je dors bien/plus heureux 2 IPad 1 Jouets 2 Faire à manger pour les autres 2 Apprendre à parler Anglais 1 Apprendre/apprendre un métier 1 Apprendre principes moraux 1 Musique/chanter/danse 7 Jouer au football 2 Freedom from beatings 1 La maison 2 La piscine 3 Nettoyer les assiettes/la cour 1 Tout est comme à la maison 8 Tableau 31 : Opinion des enfants sur le placement en famille vs. centres (interviews enfants) (N=159) Catégorie Réponse Nombre Pourc. Qui vit mieux : Un enfant qui vit avec sa famille Centre 90 57% en zone rurale vs. un enfant qui vit dans un Famille 53 33% centre Ne peut pas 16 10% répondre Qui vit mieux : un enfant qui vit avec sa famille Centre 91 57% dans un village vs. un enfant qui vit dans un Famille 52 33% centre Ne peut pas 16 10% répondre Qui vit mieux : un enfant qui vit avec sa famille Centre 65 41% à Port-au-Prince vs. un enfant qui vit dans un Famille 71 45% centre Ne peut pas 23 14% répondre Qui vit mieux : un enfant qui vit dans une Centre 154 97% maison avec une famille qui n’est pas la sienne Famille 3 2% vs. un enfant qui vit dans un centre Ne peut pas 2 1% répondre Si un enfant doit quitter le centre pour Triste 122 92% retourner dans sa maison, est-ce que cet Content 24 18% enfant sera triste ou contant ? Ne peut pas 13 10% répondre h. Faim, repas et école Si l’on regarde le Tableau 32, on constate que la faim est plus souvent ressentie à la maison que dans le centre : 42 (26%) ont indiqué avoir « souvent faim » à la maison, en comparaison à 4 (3%) dans les centres. 37 (23%) n’ont jamais ressenti la faim à la maison. Dans les centres, cependant, 80 (50%) répondent n’avoir jamais faim. Le nombre moyen de repas par jour est de 2.1 à la maison pour 2.7 dans les centres. Le nombre d’enfants scolarisés augmente avec le placement dans les centres. Ainsi, on a compté 153 enfants inscrits à l’école, alors que seulement 118 des 155 enfants étaient scolarisés avant l’entrée dans le centre. 53 Tableau 32 : Faim, Repas, et scolarisation – enquêtes auprès des enfants (N=159) Catégories et réponses Maison Centre Fréquence Pourcentage Fréquence Faim Jamais 37 23% 80 50% (N=159) Souvent 42 26% 4 3% Rarement 17 11% 42 26% Parfois 59 37% 33 21% Moyenne de repas par jour 2.1 2.7 (N=159) Inscription à l’école (n = 155) 118 153 i. Etrangers Comme indiqué dans le Tableau 33, un certain nombre de questions a été posé aux enfants concernant leurs contacts avec les étrangers. Sur les 104 (65%) enfants qui rapportent avoir un ami étranger, 52 (50%) ont indiqué en avoir 5 ou plus. 31 (30%) ont vu leur ami dans le mois de l’interview, 16 (15%) ont vu leur ami au cours du mois précédent et 46 (44%) n’ont pas vu leur ami depuis deux mois ou plus. Parmi ceux qui ont un ami étranger, 86 (83%) ont indiqué recevoir des cadeaux et 52 (50%) ont dit que les amis leur écrivaient. Tableau 33 : Contact avec Etrangers (interviews enfants) Catégories Réponses Count Percent A un ami qui est étranger 104 65% Nombre 1 23 22% d’amis 2 10 10% étrangers 3 11 11% (n=104) 4 8 8% 5 ou plus 52 50% Dernière fois Cette semaine 12 12% que l’enfant a Ce mois-ci 19 18% vu son ami Le mois passé 16 15% étrangé Depuis deux ou trois mois 19 18% (n=104) Il y a plus de trois mois 27 26% Ne pas répéter 9 9% Jamais 2 2% Ami étranger Envoie des cadeaux 86 83% (n=104) Lui écrit 52 50% Dit qu’il/elle va lui rendre visite un jour 30 29% 54 j. Professions et aspirations On a demandé aux enfants d’indiquer les professions qu’ils voudraient exercer quand ils seraient adultes. Comme indiqué dans le tableau 34, un nombre important de réponses a été donné. La réponse la plus fréquente était médecin (32 enfants ou 20%), suivie par infirmière (20 enfants ou 13%) et ingénieur (12 enfants ou 8%). Tableau 34 : Ce que les enfants veulent devenir quand ils seront grands (interviews enfants) (N=159) Occupation Occupation Occupation Docteur 32 20% Infirmière 20 13% Ingénieur 12 8% Agronome 11 7% Pasteur 7 4% Joueur de football 7 4% Enseignant 6 4% Artiste/peintre 5 3% Mécanicien 4 3% Musicien 4 3% Secrétaire 4 3% Pilote 3 2% Policier 3 2% Président 3 2% Athlète 2 1% Businessman 2 2% Chauffeur 2 2% Ingénieur 2 1% Avocat 2 2% Chanteur 2 1% Couturier 2 1% Comptable 1 1% Programmeur d’ordinateur 1 1% Cuisiner 1 1% Professeur de danse 1 1% Journaliste 1 2% Président 1 1% Enseignant 1 1% Fermier 1 1% Fleuriste 1 1% Verrier 1 1% Conducteur d’équipement lourd 1 1% Missionnaire 1 1% Prêtre 1 1% Soldat 1 1% Styliste 1 1% Enquêteur 1 1% Autre 2 1% Ne sait pas 1 1% Total 159 100% 55 Il a également été demandé aux enfants d’indiquer dans quel pays ils souhaiteraient vivre dans le futur. Comme on le constate dans le Tableau 35, la réponse la plus commune pour 61 enfants (38%) était les Etats-Unis, suivie pour 25 (16%) par le Canada, 14 (9%) le Brésil, 13 (8%) la France et 10 (6%) Haïti. Tableau 35 : L’endroit où les enfants veulent vivre quand ils seront grands (N=159) Place Place Place Etats-Unis 61 38% Canada 25 16% Brésil 14 9% France 13 8% Haïti 10 6% Espagne 4 3% Argentine 3 2% Chine 3 2% Cuba 3 2% Afrique 2 1% Grande-Bretagne 2 1% République Dominicaine 2 1% Puerto Rico 2 1% Belgique 1 1% Brésil 1 1% Allemagne 1 1% Guadeloupe 1 1% Irak 1 1% Israël 1 1% Jamaïque 1 1% Mexique 1 1% Pérou 1 1% Portugal 1 1% Saint Salvador 1 1% Suisse 1 1% Ne sait pas 2 1% Total 159 100% 56 6. Enquêtes auprès des familles Les enquêtes auprès des familles avaient pour objectif de mieux cerner les motivations des parents et des proches par rapport au placement des enfants en institution. Les enquêteurs ont demandé à chaque enfant interviewé de fournir les données géographiques ainsi que les numéros de téléphone de leurs parents ou proches. En raison de la répartition géographique des familles, ainsi que du manque de temps et de ressources financières pour les localiser, nous avons choisi de contacter ces familles par téléphone. Il est important d’indiquer le biais qu’implique la méthodologie retenue, qui favorise le point de vue des familles qui ont des contacts avec leur enfant, ainsi qu’un statut financier qui leur permet d’avoir un téléphone portable. Au total, 60 numéros de téléphone ont été répertoriés. À côté des mauvais numéros, plus de la moitié des téléphones étaient hors service. Les enquêteurs ont rappelé les numéros sur messagerie vocale. Au final, 32 questionnaires ont été réalisés (voir tableau 36). Tableau 36 : Questionnaires auprès des familles: Centres ciblés (N=32) Localisation des Nom des centres centres Interviews Ambrasse un enfant Jacmel 1 Centre d’accueil du Bon Berger Petion Ville 2 Centre De Formation Et De Nutrition Des Enfants Gonaives 3 Centre de jeunes fondation J.A Clermont Jacmel 1 Centre De Réhabilitation Sociale Des Gonaives Gonaives 1 Centre Vie Marie Immaculée Gonaives 1 Divine Ministries in hope for children Port-au-Prince 3 Fondation Timoun Se Lespwa Leogane 4 Foyer de Notre Dame de Fatima Tabarre 4 Haiti Mission Service Pignon 1 Maison Fortune Orphanage Haïti Hinche 1 Mathieu 28 Pignon 1 Project papillon Port-au-Prince 2 Récolte Humanitaire Port-au-Prince 2 Trinity house Jacmel 1 Venez enfants et vivez mieux Carrefour 4 a. Profils Le tableau 37 montre le profil des répondants. Sur les 32 répondants, on retrouve 17 mères (44%), 7 pères (22%), 6 frères et sœurs (19%). Le reste des répondants étaient d’autres membres de la famille. Parmi eux, trois (9%) ont un niveau d’étude post-secondaire et un a terminé l’éducation secondaire. Quinze répondants (47%) ont commencé l’école secondaire mais ne sont pas arrivés à terme. Les autres répondants ont soit arrêté l’école à la fin de leurs études primaires (5 ou 16%), soit n’ont jamais terminé l’école primaire (8 ou 25%). Parmi les répondants, on retrouve une gamme variée de professions. La profession la plus courante est 57 celle des ouvriers de main d’œuvre qualifiée et des vendeurs/euses et marchand(es). Un quart des répondants ont un ou plusieurs autre(s) enfant(s) placé(s) dans un centre. Tableau 37 : Profils des répondants – interviews auprès des familles (N=32) Catégorie(s) Variable Fréquence Pourcentage Sexe du Féminin 19 59% répondant Masculin 13 41% Relation avec Mère 14 44% l’enfant Père 7 22% Frère 4 13% Sœur 2 6% Oncle 2 6% Ami de la famille 1 3% Grand-mère 1 3% Belle-mère 1 3% Niveau Post-secondaire 3 9% d’éducation Diplôme d’études secondaires 1 3% Secondaire partielle 15 47% Primaire 5 16% Primaire partielle 8 25% Profession Main d’œuvre qualifiée 10 31% Vendeur/vendeuse 10 31% Professionnel 4 13% Agriculteur 6 19% Business 3 9% Domestique 2 6% Aucune activité 2 6% Autre(s) À d’autre(s) enfant(s) dans un centre 8 25% enfant(s) dans À trois ou plus d’enfants dans un/des 4 13% un centre ou centre(s) en maison À des enfants placés en domesticité 2 6% d’accueil (restavek) 58 b. Placement des enfants Le Tableau 38 indique quelle personne a placé l’enfant dans le centre, et pour quelle(s) raison(s). Dans treize cas (41%), c’est la mère qui a placé l’enfant dans le centre. Dans 4 cas (13%), c’est le père qui a placé l’enfant. Dans 7 cas, l’enfant a été placé par un autre membre de la famille. Selon 21 répondants (66%), la raison principale qui a motivé le placement des enfants en institution est économique. Quatorze répondants (44%) ont indiqué avoir placé l’enfant grâce à une personne de contact à l’intérieur du centre. Parmi ces 14 personnes, seules 4 ont expliqué qu’ils auraient pu placer l’enfant sans l’aide de cette personne de contact. La moitié seulement des répondants a indiqué avoir signé une quittance après avoir placé l’enfant dans le centre. Tableau 38 : Placement – interviews auprès des familles (N=32) Catégorie Réponse Fréquence Pourc Qui a placé l’enfant Mère 13 41% dans le centre Les deux parents 4 13% Père 4 13% Autre membre de la famille 7 22% Beaux-parents 2 6% Autre personne que la famille 2 6% Motivation du Stress économique 21 66% placement dans le Education 2 6% centre Décès du père ou de la mère 2 6% Santé de l’enfant 2 6% Négligence de la part de la mère 1 3% Beau-père/enceinte d’un autre homme 1 3% Pas de temps pour s’occuper de l’enfant 1 3% Autre 1 3% Comment ont-ils Grâce à un contact qui a des liens avec le 14 44% placé l’enfant dans centre le centre Grâce à d’autres types de contact 5 16% J’ai été demandé au centre 8 25% Ils ont offert une place 4 13% Autre 1 3% Pense qu’il/elle aurait pu placer l’enfant sans contact à l’intérieur 4 sur 14 13% Parents/gardiens qui ont signé une quittance 17 53% 59 c. Visites et contact Le tableau 39 indique la fréquence des contacts entre la famille et les enfants placés dans les centres. En règle générale, ce sont les répondants qui ont indiqué avoir rendu visite aux enfants dans les centres. Parmi les 32 répondants, 20 d’entre eux (63%) ont indiqué avoir parlé avec l’enfant au téléphone au cours de la dernière année. 26 (81%) d’entre eux ont rendu visite à l’enfant dans le centre dans le courant de l’année, et 11 ont indiqué avoir reçu la visite de leur enfant au cours de la même période. Tableau 39 : Visites et contact I – interviews auprès des familles (N=32) Réponse Dernier contact Dernière visite dans le Dernière visite téléphonique centre de l’enfant Hier 1 0 1 Cette semaine 4 0 0 La semaine dernière 7 5 0 Le mois passé 7 4 0 Il y a trois mois 1 11 3 Plus que trois mois 0 3 1 L’année dernière 0 3 6 Ne se souvient plus 4 2 3 Jamais 8 4 18 Comme indiqué dans le Tableau 40, 28 des 32 répondants (88%) ont indiqué que leur enfant leur manquait. La majorité de ceux qui ont déclaré ne pas avoir reçu la visite de leur enfant ont dit souhaiter la visite de leur enfant. Cependant, seuls 9 des répondants ont indiqué préférer que l’enfant vive à la maison. Neuf répondants (28%) ont indiqué espérer que l’enfant revienne à la maison, mais à la fin de leur scolarisation. Cela reflète la réponse présentée dans le Tableau 38 selon laquelle les parents estiment la scolarisation comme étant un des plus grands bénéfices du placement des enfants en institution. Si l’enfant devait être ramené à la maison, 29 des répondants ont indiqué qu’ils iraient trouver le parrain de l’enfant, et seulement une minorité a indiqué qu’ils garderaient l’enfant à la maison avec eux. 60 Tableau 40 : Visites et Contact II – interviews auprès des familles (N=32) Catégorie Réponses Fréquence Pourc Souhait des Disent que l’enfant leur manque 28 88% répondants d’être Pour ceux qui n’ont pas eu la visite de l’enfant (n=21), 15 71% avec l’enfant répondent qu’ils souhaitent la visite de l’enfant Pour tous les répondants (n=32), ceux qui 9 28% préfèreraient que l’enfant vive à la maison Quand les Après avoir terminé l’école 9 28% répondants Dépend du centre 4 13% souhaitent que Que je peux m’occuper de l’enfant 4 13% l’enfant revienne à Quand il est devenu adulte 4 13% la maison Dès que possible 2 6% Ne sait pas 9 28% Où les répondants Maison/ma maison/avec moi 28 88% pensent que les Demander de l’aide du gouvernement 25 78% enfants vont aller Chez son beau-père 2 6% si le centre ferme Quitter le pays 1 3% Ne sait pas 1 3% Le garder 3 9% Que fera le Trouver son parrain 29 91% répondant si Chercher un autre centre 1 3% quelqu’un ramène Ne sait pas 1 3% l’enfant à la Maison/ma maison/avec moi 2 6% maison d. Adoption et famille d’accueil Le Tableau 41, montre les attitudes des répondants par rapport aux centres, à l’adoption et aux maisons d’accueil. 25 répondants (78%) ont indiqué que les enfants sont mieux soignés dans un centre que dans une famille d’accueil. Pour 6 d’entre eux seulement, le placement des enfants dans une autre famille est envisageable si la solution institutionnelle n’est pas possible. Cependant, les répondants ont indiqué qu’ils changeraient d’avis et considéreraient cette option dans certains cas, notamment si la famille prenait soin de l’enfant comme le sien, si la famille scolarisait l’enfant, ou si elle prenait soin financièrement de l’enfant. 20 répondants (62%) ont indiqué qu’ils accepteraient que leur enfant soit adopté par un étranger. 7 d’entre eux ont précisé qu’ils accepteraient un tel placement même s’ils étaient amenés à ne pas revoir l’enfant dans le futur. 61 Tableau 41 : Adoption, Famille d’accueil et ‘Restavek’ – interviews auprès des familles (N=32) Catégorie Réponses Fréquence Pourc Ce qui est le Bien mieux de placer l’enfant dans un centre 1 3% mieux pour Mieux de placer l’enfant dans un centre 24 75% l’enfant : Mieux de placer l’enfant dans une famille 1 3% autre famille Bien mieux de placer l’enfant dans une famille 1 3% vs. centre Ne sait pas ce qui est mieux 5 16% Considérerait le placement de l’enfant dans une autre famille haïtienne s’ils 6 19% ne peuvent pas placer les enfants dans un centre Changerait La famille envoyait l’enfant à l’école 4 13% d’avis si, La famille payait pour l’enfant 1 3% La famille payait pour l’enfant et l’envoyait à l’école 10 31% La famille prenait soin de l’enfant comme le sien 14 44% Serait toujours d’accord s’il savait qu’il ne reverrait jamais 0 0% leur enfant Adoption par Accepterait si une famille étrangère voulait adopter l’enfant 20 63% des étrangers Accepterait toujours s’il savait qu’il ne reverrait jamais leur 7 22% enfant Le Tableau 42 montre les raisons pour lesquelles un répondant autoriserait ou n’autoriserait pas un étranger à adopter l’enfant. La réponse la plus commune qui émerge sur la raison d’accepter l’adoption par un étranger est l’idée que cela serait dans le meilleur intérêt de l’enfant, qu’il prendrait mieux soin de l’enfant et que l’enfant aurait un meilleur avenir. Un thème commun pour ne pas vouloir qu’un enfant soit adopté par un étranger est qu’il ne connait pas la personne. Quelques répondants étaient inquiets des risques d’abus ou de négligence après l’adoption. 62 Tableau 42 : Raison pour autoriser/ne pas autoriser un étranger à adopter un enfant – interview auprès des familles (N=32) Pourquoi OUI Pourquoi NON Parce qu’il va m’aider Parce que j’ai entendu qu’ils volent les enfants Parce que je ne peux pas le garder à la maison Parce qu’il va être maltraité Etranger va l’aider à avoir un meilleur avenir Je ne connaîtrai pas sa mère Etranger va mieux prendre soin de lui Je n’ai pas l’argent pour voyager/rendre visite Haïtiens et étrangers sont différents. Il aura un Je ne connais pas la personne meilleur avenir L’enfant va m’aider dans le futur Je ne connais pas la personne Je ne peux rien faire pour elle Je ne veux pas Si je peux m’assoir et parler avec l’enfant Les choses ne sont pas faciles pour moi Seulement si je le revois après Ils prostituent parfois les enfants Seulement si l’enfant reste en contact avec lui Ne sait pas L’enfant va visiter d’autres pays Des étrangers utilisent les enfants pour de mauvaises choses Ils me connaissent comme leur mère Comme ça il ne m’oubliera pas Parce que je ne peux pas prendre soin de lui Il aura une meilleure vie Ça serait mieux pour lui Ça serait mieux pour lui C’est une bonne chose C’est une bonne chose pour l’enfant C’est une forme d’aide Quand un enfant est adopté c’est mieux pour lui e. Support financier Une des questions portait sur un éventuel support financier en échange de la garde de l’enfant à la maison (voir Tableau 43). 9 d’entre eux (28%) ont indiqué qu’ils envisageraient de garder l’enfant en échange de 50$ par mois en aide financière. Pour 100$ par mois, 10 répondants (31%) ont indiqué qu’ils garderaient l’enfant. Pour 200$ par mois, le nombre a augmenté à 13 (41%). La majorité des répondants, soit 19 (61%) a indiqué qu’ils placeraient de toutes façons leur enfant dans un centre même si on leur donnait 200$ par mois d’aide financière. Tableau 43 : Répondants qui accepteraient de garder l’enfant si quelqu’un leur donnait le montant suivant de soutien financier – interviews auprès des familles (N=32) Catégorie Réponse Fréquence Pourc Accepterait de garder US$50 par mois 9 28% l’enfant s’il recevait US$100 par mois 10 31% US$200 par mois 13 41% N’accepterait pas de garder l’enfant pour US$200 19 61% par mois f. Qualité du centre Le Tableau 44 montre les opinions des répondants sur la qualité des centres dans lesquels sont placés leurs enfants. La majorité d’entre eux, soit 29 (91%), s’accordent sur le fait que l’enfant mange bien dans le centre, et 20 (63%) ont indiqué que l’enfant mange mieux au centre qu’à la maison. Quatorze d’entre eux (44%) ont également indiqué que l’enfant était moins souvent malade dans le centre qu’à la maison. La grande majorité d’entre eux estime que le centre a plus d’avantages à offrir à l’enfant que la maison, principalement la nourriture, l’accès à des soins de qualité, l’éducation(,) et la sécurité. Trois ont indiqué simplement : « beaucoup de choses ». D’autres étaient plus précis dans leur réponse, en citant :  La créativité et les voyages pendant l’été  S’amuser avec des jouets qu’ils n’ont pas à la maison  Jouer de la musique, parler l’anglais  Sagesse et discipline 27 (84%) des 32 répondants ont indiqué que le placement dans le centre assurait un meilleur futur à l’enfant, et 26 (81%) d’entre eux ont indiqué que les enfants qui vivent en centre sont privilégiés par rapport à ceux qui n’y vivent pas. Seulement 12 (38%) des répondants pensent qu’il existe un « meilleur endroit » pour garder les enfants. Parmi eux, 9 (75%) de ce sous-groupe 64 (mais juste 28% de l’ensemble des répondants) ont indiqué que l’enfant serait mieux loti chez eux, dans la résidence familiale. Tableau 44 : Opinion sur la qualité des centres – interviews auprès des familles (N=32) Réponse Fréquence Pourc. Enfant mange mieux dans le centre 29 91% Enfant mange mieux dans le centre qu’à la maison 20 63% Enfant était souvent malade à la maison 13 41% Fréquence de maladie Malade moins souvent 14 44% Pas de différence 14 44% Malade plus souvent 4 13% Ce que les répondants Ecole 19 59% aiment dans le centre (N = Nourriture 12 38% 32) Bien traité/a une bonne vie 11 34% Soins de santé 3 9% Sécurité 2 6% Eglise 2 6% Contact avec les étrangers 2 6% Tout 1 3% Discipline/contrôle 1 3% Pense que l’enfant aura un meilleur futur parce qu’il/elle est dans le 27 84% centre Enfant plus fortuné que ceux qui ne sont pas dans un centre 26 81% Répondants qui se disent heureux que leur enfant soit dans un centre 25 78% Répondants qui disent qu’il n’y a rien qu’ils n’aiment pas dans le centre 23 72% Répondants qui vivraient eux-mêmes dans un centre si c’est possible 10 31% Répondants qui pensent qu’il existe un meilleur endroit pour placer 12 38% l’enfant Quel meilleur endroit Une bonne famille chrétienne 1 8% Un autre pays 1 8% A la maison avec nous 9 75% Avec l’étranger qui vient lui rendre visite 1 8% 65 On a demandé aux répondants de citer ce que les enfants disposent au centre et qu’ils n’ont pas à la maison (voir Tableau 45). Les réponses les plus courantes étaient « moi », « l’affection d’une mère », « l’affection d’une famille ». Autant de répondants ont indiqué « rien ». Tableau 45 : Ce que les enfants ont dans le centre qu’ils n’ont pas à la maison – interviews auprès des familles (N=32) Réponse Fréquence Pourc Rien 17 52% Moi, mère ou affection de la 11 33% famille Liberté 2 6% Affection 1 3% Tolérance 1 3% Ne sait pas 1 3% Comme le montre le Tableau 46, les quelques répondants qui n’étaient pas contents avec les centres ont mis en évidence certains problèmes spécifiques. Certains commentaires illustrent des points qui méritent une attention particulière. Cinq répondants ont dit : Il nous manque Parce qu’ils ne prennent pas bien soin de lui Le directeur n’est pas gentil avec l’enfant Je veux que l’enfant vive avec moi On ne voulait pas qu’ils nous prennent l’enfant Notre mère n’était pas censée le placer là-bas. L’oncle d’un des enfants a également expliqué : « Un ami a deux enfants dans un orphelinat; mon frère avait un enfant qui est mort. Je ne l’ai mis là-bas que pour un temps. Quand on a demandé au pasteur qu’il revienne à la maison, il a dit qu’il le rendrait quand il aura 18 ans. » 66 Tableau 46 : Problèmes avec les centres – interviews auprès des familles (N=32) Catégorie Réponse Fréquence Raisons pour Je veux que mon enfant vive avec moi 1 lesquelles les Notre mère n’était pas censée le placer dans le centre 1 répondants ne sont Le directeur n’est pas gentil avec lui 1 pas contents que les enfants soient dans On ne voulait pas qu’ils nous prennent l’enfant 1 les centres (n=9) Elle nous manque 1 Il nous manque 1 Ce que les Enfants n’ont pas la permission de rendre visite à la famille 2 répondants n’aiment Enfants n’ont pas la permission de contacter leurs 1 pas par rapport au parents. Je veux parler à mon enfant centre (n=9) Mon enfant ne me dit pas si quelque chose ne se passe 1 pas bien Manque l’école à cause de l’argent 1 Les enfants sont toujours sales. 1 Les enfants ont beaucoup trop de liberté dans les rues 1 Le pasteur n’est pas gentil avec mon enfant 1 Ne peut pas répondre 1 7. Sondage auprès de la population pour connaître l’opinion publique sur le placement des enfants en institutions L’étude avait également pour objectif de connaître l’opinion du grand public sur le placement des enfants en institutions et sur l’adoption. 614 interviews ont été menées par 8 enquêteurs envoyés à travers le pays, tant dans les zones urbaines que rurales. 67 a. Données démographiques Le Tableau 47 indique la localisation des maisons des répondants. L’objectif était de répartir les enquêtes de manière équilibrée entre la ville, la campagne et les villages. Tableau 47 : Sondage auprès de la population – échantillonnages (N=614) Département Lieux d’habitation Ville Campagne Village Total Artibonite 23 22 8 53 Plateau Central 30 41 35 106 Nord 0 14 32 46 Nord-Ouest 0 31 37 68 Sud Est 16 31 50 97 Ouest 131 63 50 244 Total général 200 202 212 614 L’échantillon comprenait des personnes de différents niveaux d’éducation et professionnel. On constate que le niveau d’éducation des répondants est relativement bas. En effet, la majorité d’entre eux n’a pas une formation complète ou n’a pas été au-delà des études secondaires. La profession la plus répandue est celle de marchands (226 répondants, soit 37%), suivie des agriculteurs et des commerçants (voir Tableau 48). Niveau d'éducation des répondants (N=614) 120% 100% 80% 60% 40% 20% 0% 68 Tableau 48 : Profession des répondants (N=614) Profession Fréquence Pourc Marchand 226 37% Agriculteur 80 13% Commerçant 61 10% Conducteur 22 4% Business 21 3% Etudiant 16 3% Enseignant niveau 11 2% primaire Ouvrier 10 2% Enseignant niveau 10 2% secondaire Professionnel et civil 26 4% Autre 18 3% Aucune 113 18% Total 614 100% b. Connaissance et opinions sur les centres L’enquête auprès du grand public visait notamment à mieux connaître l’opinion générale sur les centres pour enfants. Comme indiqué dans le Tableau 49, 223 répondants sur 614 (36%) connaissent au moins un enfant qui vit dans un centre. L’avis général sur les centres est largement positif. À la question de savoir si les centres sont « meilleurs » que « moins bons », 96% des répondants ont choisi la première réponse. Quant aux raisons pour lesquelles ils pensaient que les gens plaçaient les enfants dans les centres, plus de la moitié (65%) des répondants a dit que c’était dans le meilleur intérêt de l’enfant pour l’aider à progresser. Il est intéressant de noter que 40% des répondants ont indiqué qu’une famille avait intérêt à placer son enfant dans des centres tenus par des étrangers. Pour 164 répondants, les plus grands dangers rencontrés par les enfants placés dans les centres sont les abus sexuels. Il faut cependant remarquer que 173 répondants, soit 28%, ont dit qu’il n’y avait aucun danger à placer les enfants dans les centres. 69 Tableau 49 : Connaissance et opinions sur les centres (N=614) Réponses Fréq. Pourc. Répondants qui connaissent au moins un enfant vivant dans un centre 223 36% Répondants qui pensent que les centres apportent plus de bon que de 591 96% mauvais Idée sur l’origine Egal (provinces et villes) 350 57% géographique de la plupart Provinces 145 24% des « orphelins » Villes 119 19% Selon les répondants, quel Pour aider l’enfant à progresser 398 65% est l’intérêt des familles à Pour aider la famille à progresser 216 35% placer l’enfant dans un centre ? Selon les répondants, où la Centre tenu par des étrangers 278 45% famille devrait-elle placer Centre(s) tenu(s) par des Haïtiens 188 31% l’enfant si elle ne peut s’en Famille haïtienne avec plus de sécurité 120 20% occuper ? financière Refus(e) de répondre 28 5% Selon les répondants, quel Aucun 173 28% est le plus grand danger à Abus sexuel 164 27% placer l’enfant dans un Mauvaise vie pour l’enfant 141 23% centre ? Vendre les enfants 140 23% Mauvais traitement 138 22% Voler les organes des enfants 117 19% Manque d’éducation 97 16% Ne sait pas 95 15% Ne plus jamais revoir l’enfant ou risque 4 1% d’oublier sa famille c. Directeurs des centres On a également demandé aux répondants de se prononcer sur les raisons pour lesquelles les Haïtiens et les étrangers décident d’ouvrir des centres pour enfants (voir Tableau50). Si les réponses sont légèrement plus favorables dans le cas des étrangers, la raison principale pour les deux catégories (haïtiennes et étrangères) est d’aider les enfants. 70 d. Adoption Le Tableau 51 illustre les opinions générales du public concernant les pratiques d’adoption. Pour plus de la moitié des répondants (62%), il est préférable de placer l’enfant dans un centre plutôt que dans une autre famille. Presque tous les répondants ont dit qu’ils pensaient que les gens plaçaient les enfants dans d’autres familles parce qu’ils ne pouvaient pas subvenir à leurs besoins. Concernant l’adoption, 55% ont répondu qu’ils laisseraient un Haïtien adopter leurs enfants contre 35% qui autoriseraient un étranger à adopter leurs enfants et à les emmener à l’étranger. Tableau 50 : Perceptions sur les plus grandes raisons pour lesquelles les directeurs ouvrent des centres: Haïtien vs. Etranger (N=614) Réponses Etrangers Haïtiens Fréquence Pourc. Fréquence Pourc. Pour « gagner » de l’argent grâce au 157 26% 233 38% placement des enfants Pour aider les enfants 446 73% 370 60% Il n’existe aucun orphelinat près de chez 0 0% 4 1% eu Autre 11 2% 7 1% Tableau 51 : Opinions sur le placement et l’adoption=614) Réponses Fréqu. Pourc. Est-il préférable de confier Une autre famille 231 38% l’enfant à une famille ou de le Centre 383 62% placer dans un centre ? Laisserait un étranger adopter leur 215 35% Adoption enfant et l’emmener à l’étranger Laisserait un Haïtien adopter leur 335 55% enfant Laisserait un étranger adopter leur 43 7% enfant même s’il ne devait plus le revoir Une famille mieux favorisée adoptant un enfant comme l’un des siens 147 24% devrait-elle également aider la famille de cet enfant ? Quelle est la raison principale Parce qu’ils ne peuvent pas subvenir 587 96% de placer les enfants dans aux besoins de l’enfant d’autres familles ? Pour permettre à l’enfant d’aller à 20 3% l’école Autre 7 1% Le questionnaire visait également à connaître les réponses du grand public sur les raisons d’accepter ou refuser l’adoption. Comme indiqué dans le Tableau 52, les réponses favorables à 71 l’adoption par des familles étrangères et des familles haïtiennes sont similaires. Dans les deux cas, l’objectif principal de l’adoption était d’aider l’enfant. Le motif le plus évoqué pour refuser l’adoption était que l’enfant manquerait à la personne qui se sépare de l’enfant: dans le cas d’un refus d’adoption par un étranger, 41% des répondants ont donné comme raison que « l’enfant me manquerait ». Dans le cas de refus d’adoption par un Haïtien, 20 % ont eu la même réponse. Ceci corrèle avec l’information donnée dans le Tableau 51 ci-dessus qui montre que davantage de répondants seraient susceptibles de laisser des familles haïtiennes adopter leur enfant. Tableau 52 : Principale raison pour accepter/refuser l’adoption de l’enfant (N=614) Adoption internationale Adoption haïtienne Réponses Fréquence Pourc. Fréquence Pourc. Oui Parce que cela avantage l’enfant 126 21% 224 36% Pour aider la famille à progresser 89 14% 111 18% Non L’enfant me manquerait 253 41% 120 20% Parce qu’il pourrait abuser de lui/elle 52 8% 48 8% Parce que c’est une honte 14 2% 20 3% Autre 80 13% 56 9% 8. Conclusions et recommandations À la lecture des données récoltées dans le cadre de cette étude, il apparait que les enfants vivant dans les centres sont plus favorisés en termes de bien-être matériel et d’éducation que la moyenne des enfants haïtiens. Dans tous les centres visités, les enfants ont accès à l’électricité et à l’eau. Par contre, seuls 12,5 % des ménages en Haïti ont accès à l’électricité et 7 % à une source d'eau potable. L’importance d’avoir de l’eau sur place est considérable, si l’on sait que la tâche d’aller la chercher incombe généralement aux enfants, réduisant du même coup le temps consacré à l’étude ou aux activités de loisirs. Seuls 31 % des enfants disent travailler plus dans le centre qu’à la maison. Dans les centres, 99% des enfants en âge d’aller à l’école primaire y sont inscrits, contre 76% des enfants du même âge dans la population générale. 89% ont leur propre lit dans les centres contre seulement 28.9 % dans les ménages urbains et 10.6 % dans les ménages ruraux. 23% des enfants disent qu'ils n'ont jamais eu faim à la maison, tandis que 50 % disent qu'ils n'ont jamais eu faim au centre. 26% disent qu'ils ont eu souvent faim à la maison, alors qu’ils ne sont que 3 % (4 des 159 enfants) à dire la même chose au centre. Ils reçoivent une moyenne de 2.7 repas par jour dans les centres, comparés à 2.1 repas quotidien en milieu familial. 72 Un des objectifs de cette étude était de récolter le point de vue des enfants eux-mêmes sur leur situation dans les centres. Nous avons ainsi découvert que la grande majorité de ceux-ci préféraient vivre dans un centre plutôt qu’à la maison. 70% des 155 enfants interrogés ont même dit ne pas vouloir rentrer chez eux ; 57 % ont également déclaré qu'un enfant vivait mieux dans un centre qu'à la maison, à la campagne ou au village. Pour 92 % d’entre eux, l’enfant serait triste de devoir quitter le center et rentrer chez lui. Bien sûr, ceci ne sous-entend pas que tous les enfants soient heureux dans les centres. Une minorité (30 %) souhaite rentrer à la maison, essentiellement parce que la famille leur manque. Signalons également quelques cas inquiétants où les directeurs eux-mêmes empêchent certains enfants de retrouver leurs parents. De manière plus générale, certains centres limitent de façon excessive les visites des enfants dans les familles, et inversement. Les centres ne sont pas parfaits, loin de là. Si la plupart d’entre eux bénéficie de ressources financières plus importantes et pourvoient mieux au bien-être des enfants que la moyenne des familles, il reste des problèmes de négligence. Il faut signaler qu’une minorité de centres assure la préparation au départ des enfants (retour à la maison, adoption, etc.). Encore moins de centres donnent aux enfants l'appui et les conseils dont ils auraient besoin pour entrer dans le monde des adultes. En outre, selon les critères de développement, même si la plupart des établissements sont plus avantagés financièrement que la moyenne des ménages haïtiens, l’IBESR ne devrait pas freiner ses efforts pour établir des normes minimales pour les centres. Tableau 53 : Infrastructure Ménages Centres EMMUS-V 2012 Variables (N=51) (N=13181) Dort dans un lit 95% 58%* Dort dans son propre lit/seul 89%3 20%* Toilette avec chasse d’eau 96% 8% Toilette chasse d’eau /latrine 100% 56% d’eau Eau suroules Latrine lieux 100% 7% Eau traitée ou achetée 96% 68% Électricité 100% 38% Télévision à la maison 92% 29% Radio à la maison 87% 55% Auto ou camion 79% 5% Accès à l’école primaire 100% 77%4 Accès à l’école secondaire 100% 25%5 *FAFO 2002 3 Nombre d’enfants par centres : moyenne de 56 – Nombre de lits par centre : moyenne de 50 4 enfants de 6 à 11 ans 5 enfants de 12 à 17 ans 73 Recommandations Toute discussion au sujet des centres résidentiels de protection de l'enfance devrait commencer par reconnaître le fait que ces établissements ne soient pas des « orphelinats » au sens propre du terme. Au contraire, il s’agit de centres où les familles envoient leurs enfants pour qu’ils puissent bénéficier d’un accès à l’école, à des soins de santé, à une alimentation correcte, à l’eau potable ainsi qu’à d’autres ressources essentielles qui manquent à la maison. Aux yeux de la plupart des parents, les centres résidentiels pour enfants sont des pensionnats fournissant des services sociaux et devraient dès lors être réglementés de la sorte. Un respect des normes dans toutes les catégories indispensables au développement de l’enfant doit être établi, particulièrement en ce qui concerne l’éducation, les soins médicaux, la nourriture, le contact avec les personnes aimées, … et les familles devraient être encouragées et soutenues dans leur décision de mieux s’occuper de leur enfant quand celui-ci revient vivre à la maison. Les centres résidentiels pour enfants, au même titre que l’IBESR ou que les autres organismes de protection de l’enfance, comme l’UNICEF, doivent fournir aux familles une forme d’assistance qui inclurait, par exemple, des services d’orientation, de la formation ou de l'aide à court terme pour des frais de scolarité, les aidant ainsi à ramener leurs enfants à la maison. Il faut également tenir compte du fait que certains enfants sont réellement orphelins ou abandonnés ou vivent dans des familles qui ne peuvent vraisemblablement pas subvenir à leurs besoins. Il faudrait alors fournir à ces enfants des services supplémentaires, conformément à leurs besoins les plus essentiels. Le règlement des centres devrait inclure les dispositions suivantes :  Chaque enfant vivant dans un centre devrait avoir son propre lit;  De l’eau devrait être toujours disponible dans les locaux; de l'eau potable traitée devrait être offerte dans tous les centres;  Tous les centres auraient l’obligation de scolariser les enfants;  Les centres devraient être tenus de respecter un ensemble de normes de nutrition (nombre de repas par jour, de portions de viande par semaine, etc.), des services médicaux (une fréquence minimale de contrôles, etc.) et d'autres besoins essentiels;  Les parents devraient avoir le droit de rendre visite à leur(s) enfant(s) au moins une fois par semaine;  Les parents devraient avoir le droit de reprendre la garde de leurs enfants suivant un processus formel de requête et d’approbation;  Un processus uniformisé pour la réunification des familles devrait être créé, avec un suivi par des travailleurs sociaux pour chaque enfant qui rentre à la maison;  L'IBESR devrait concevoir un système pour encourager et soutenir la réunification de familles vivant à Port-au-Prince, où les familles sont plus susceptibles d’avoir accès aux 74 écoles, à l'eau et aux autres ressources essentielles sans devoir recourir à l'envoi de leur enfant dans un centre;  Les établissements devraient fournir aux enfants une préparation sérieuse et efficace pour une vie autonome à l'extérieur de ceux-ci;  Les enfants identifiés comme abandonnés ou réellement orphelins (sans famille immédiate ou étendue désireuse et/ou capable de prendre soin d’eux) devraient recevoir des services supplémentaires et des ressources appropriées de la part de l’IBESR (des conseils, des soins médicaux, de l’alimentation en suffisance, du rattrapage scolaire, etc.) ;  Les enfants abandonnés et orphelins devraient être inscrits en priorité sur les listes d'adoption;  Chaque centre devrait avoir un plan effectif pour la prise en charge des enfants dans le cas où le centre viendrait à fermer ses portes. 75 9. 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La main tabarre 36 A Orphelinat Andre 3427-6861 / De √ tendre imp biata # ismaite 3671-6281 bonne 51 qualité 2. Projet Delmas 33 Orphelinat Jhon Louis 3424-0245 / de √ Papillon #5, rue Dieubon 3458-1474 / bonne grenadia 3688-1517 / qualité village 2943- colofe 1757 (36881517) 3. Ambrassé 2, imp Orphelinat Delhomme 3624-7079/ de √ un enfant paciflor, rue sainte – 3690- bonne Catalpa Thérèse/Max 7028/3704- qualité Delmas 75 ean Atoine 7079 4. Organisatio Carrefour, Orphelinat Celianie 3703-3977 / ? √ n pour Waney 87, # Valmond 3554-1868 / l'Encadrement 466, 3464-6615 / des Demunis Institution 3554-1268 d'Haiti (OEDH) Mixte Toussaint Louverture 5. Centre de Fontamara Orphelinat Danielle 3709-4471 à √ la Mission par 43 # 7, Rue Celicourt amélior la foi pour le Sassine pres er secours des de l'Ecole enfants par la foi demunis 6. Orphélinat Petion-ville, Orphelinat Polinice 38049984 à √ thélusta pour rue borno varnia amélior le bien-etre de prolongee er l'enfants Mayaman deminus 100 Adresse Type Nom actuelle d'institution Responsable Téléphone Statut Enquêté 7. Rose Mina Petionville, Orphelinat Sandra, 3445-5913, à √ de Diegue Route Rolande, 3462-4213, amélior Freres, rue Marie 3623-1676, er St-Louis Claude, 3797-8592 Jeanty # 11, Osvaldo , pres de l'Hopital de la Communau te Haitienne 8. Maison Pétionville, Orphelinat Casimir 3664-6252 / de √ d'acceuil bon 54, pernier Hymler / 3414-3271 bonne berger 40 prolongé Casimir qualité wilfrid 9. Recolte Kenscoff, Orphelinat Narcisse Mie 3746-5124 à √ humanitaire 52, Duplan Evelyne amélior /Harvest for 5, Fermathe er humanites 10. Lakou Port-au- Orphelinat Perre 3421-3014 de √ Don Bosco Prince, Rue Lefhène bonne salésiens qualité #1, La saline St Jean Boscot après le carrefour aviation. 11. Foyer Port-au- Crèche Mme Eveline 2234-1429 / de √ Notre-Dame Prince, Louis 3462- bonne de la Nativité Fontamara Jacques, 5154/3449- qualité 27, Rue Stephan 2729, 848- Douyon # 8 Louisa 448-6394, bis 3462- 5154/3751- 3757/3723- 5260 101 Adresse Type Nom actuelle d'institution Responsable Téléphone Statut Enquêté 12. Foyer Tabarre 36, Orphelinat Emile 3817-8934 de √ Notre Dame Rue Sol Elisabeth (OK) mauvai de Fatima Solon, Rue se la Fleur #38 qualité 13. La Tabarre, Crèche Magaly 2812-6475. / de √ maison du Clercine 16, françois 3767-37-70 mauvai partage se qualité 14. Kay 28, BIS IMP Crèche Joseph Saline 3841-8624 / de √ Bone Timoun JEAN Montimor 3642-5183 mauvai PHILIPE, se PERNIER qualité 15. Boy's Carrefour, Orphelinat Gabriel 3462-7185 / de √ orphanage Ruelle Khan Molien, 3405-6865 mauvai #10, rue Massolas 3894- se charpentier, Klenor 8438/3689- qualité mahotière 6866 79 16. Divine Diquini 63 Orphelinat Jean Daniel / 3705-7118/ à √ Ministries In prolonge Miguel 3746- amélior Hope For Rue Theard Fenelus 5192/3431026 er Children #36/ 8 Carrefour, Mahotiere 75, prolongee # 104/, 17. Hands Jacmel, Orphelinat Dr. Ken 3657- à √ and Feet Cyvadier, Pierce 9076/3173- amélior Project rue 3215 er 102 Adresse Type Nom actuelle d'institution Responsable Téléphone Statut Enquêté canadienne #11 18. Joy in Jacmel, Orphelinat Mangine 3878- de √ Hope Route de Nicholas 2886/3743- bonne Meyer, Patrick 8858 qualité Entrée Ballade night club 19. Trinity Jacmel, Orphelinat Geilenfeild 3759-1408, à √ House route de Michael Petit 3650-1868 amélior Wolf 3 Homme er 20. Centre Jacmel, Orphelinat Mirlene 3705-5973 de √ des jeunes Haut Bassin Vivens /3406-0311 bonne fondation J.A Caïman/ qualité Clermont Monchil II 21. VENEZ Carrefour, Orphelinat Mme 3691-2441 à √ ENFANTS ET Mon Repos Francoise S. (OK)/ 3931- amélior VIVEZ MIEUX 38 Rue # bastien / 0065 er 544 Frantz Bastien 22. Centre Gonaïve, Orphelinat Jean Nadieul, 3780-2159, à √ de formation Route John Milo 3929-3036 amélior et de nutritionnationale er des enfants #1, 4e section communale 23. Centre Gonaïves, Oprhelinat de √ de #41, route Charlenor 3715-0747 mauvai Rehabilitation nationale Dieudonne se sociale des #1, qualité Gonaives + Descahos Ecole 103 Adresse Type Nom actuelle d'institution Responsable Téléphone Statut Enquêté 24. Kay Gonaïves, Orphelinat Dufrene 3632-1206 à √ Espwa de Bretagne 1 Alfrene amélior Imda # 12 er 25. Centre Haut de St Orphelinat Mme 3710-0284 à √ Vie Marie Marc Barbe Dieudonne amélior Immaculee Batraville er 26. Haiti Mirebalais, Crèche Patricia 3430-6924, de √ Children's Ruelle des Smith, Cenob 3724-6147 bonne Home (HCH) enfants, Mathieu qualité Artiboplage, Chatulee 27. Mathieu Lajeune - Orphelinat Paulius 3155-1759 mauvai √ Vingt- huit Pignon Lucien se qualité 28. Orpheli Lajeune - Orphelinat Pasteur 3713-9925 aucune √ nat Haiti Pignon Joseph informa Mission Jeordany tion Service 29. Maison Hinche, Orphelinat Jean Louis 3724-8504 / aucune √ Fortune Ruelle Lefort, 3915-8005/ informa orphanage Veronique, Joseph 3655-1170 tion Haiti Sheppa Petrice 104 Annexe 2 Questionnaire Appel et Directeur (version française) 1-Bonjour/Bonsoir. Nous travaillons pour le compte de l'IBESR. C'est une etude que nous menons et nous allons partager les informations avec des organismes serieux qui peuvent aider les enfants. Nous aimerions visiter votre local et aussi vous posez quelques questions. Tout ce que vous direz restera secret. Nous vous remercions deja si vous etes d'accord, sionon pourriez-vous nous introduire aupres d'une personne pouvant repondre a nos questions? S'il n'y a personne nous allons considerer s=cela comme un refus. 2- Enqueteur* 3- Departement de residence du repondant* 4- Quartier ou se trouve le centre* 5- Quel est le nom de l'institution?* 6- Quel est le statut du centre?*  fonctionne  n'existe plus  existe mais il n'y a pas d'enfants  deplacer  autre 7- Le repondant veut repondre ou pas?*  Oui  Non INFRASTRUCTURE 8- Quel type de centre?*  orphelinat  creche  pour les enfants de la rue  pour handicape  autre 9- Nom du directeur du centre* 9.9. Sexe du directeur du centre*  Feminin 105  Masculin 10- Numero de telephone du directeur du centre* 11- Numero de telephone du centre* 12- Second numero de telephone du centre* 13- Troisieme numero de telephone du centre* 14- Email du centre* 15- Sur combien de "centieme" est bati le centre?* REPONDANT 16-Nom du repondant10.1- Sexe du repondant*  Feminin  Masculin 17- Quel poste occupez-vous au sein du centre?*  directeur adjoint  concierge/gerant du centre  enseignant  employe du centre  autre 18- Quel est votre nationalite?*  Haitien  Americain  Canadien  Autre ENFANTS 19- Combien d'enfants compte le centre?* 20- Combien de fille?* 21- Parmi les filles, combien d'entre elles dorment dans le centre?* 22- Combien de garcon?* 23- Quel age a le plus jeune des enfants?* 24- Quel est l'age du plus grand des enfants?* 106 25- Parmi les garcons, combien d'entre eux dorment dans le centre?* 26- Combien d'enfants au total dorment dans le centre?* 27- Y a-t-il des enfants handicapes dans le centre?*  Oui  Non 28- Acceptez-vous les enfants seropositifs ou atteints du VIH?*  Oui  Non ENFRASTRUCTURE 29- Avec quel materiaux est bati le centre?*  mur et plafond en beton  mur et plafond de tole  en bois et tole  autre 30- Combien de toilette y a-t-il?* 30.1- Quel type de toilette?*  WC  toilettes en bois  toilettes en beton  aucun 31- Ou sont places les toilettes?*  a l'interieur  dans la cours 32- Combien de toilettes est en service en ce moment?*31- Ou trouvez-vous de l'eau pour l'utilisation quotidienne?*  tuyaux  camion  a la riviere/source  pluie  puit  fontaine  autre  107 33- Combien de temps prenez-vous pour aller chercher de l'eau?*  dans la cours  moins de 15 minute  moins de 30 minute  2 heures  plus d'une heure 34 -Ou trouvez-vous de l'eau pour boire?*  tuyaux  camion  a la riviere/source  pluie  puit  fontaine  nous l'achetons tout traitee 35- Traitez-vous cette eau?*  Oui  Non 36- Combien de television y a-t-il dans le centre?* 37- Combien de radio y a-t-il dans le centre?* 38- Y a-t-il une bibliotheque dans le centre?*  Oui  Non 39- Y a-t-il un espace de jeux (balancoires, bac a sable, etc…) pour les enfants?*  Oui  Non 40- Y a-t-il un/des terrain (s) ou les enfants peuvent jouer?*  Oui  Non 41- Le centre a-t-il une voiture a sa disposition?*  Oui  Non 42- Y a-til une trousse de premiers soins?*  Oui 108  Non 43-Dans quel etat se trouve la trousse de premiers soins?*  mauvais  bien  bon  tres bon 44- Y a-t-il un code de conduite écrit et publié où tous les employes peuvent le voir?*  Oui  Non 45- Y a-t-il un lieu pour resevoir les visiteurs?*  Oui  Non RESPONSABILITE 46- Ou les enfants vont-ils pour les soins medicaux?*  hopital prive  hopital public  dispensaire  clinique  Medecin "feuille"  Autre 47- En cas d'urgence, ou conduisez-vous les enfants?*  hopital prive  hopital public  dispensaire  clinique  Medecin "feuille"  Autre 48- Quand a-t-on fait un bilan de sante pour les enfants?*  depuis un mois  depuis 3 mois  depuis 6 mois  depuis 1 an  depuis 1 an 6 mois  depuis 2 ans  jamais 109 DISIPLINE 49- Quel genre de punition?*  a genou  a genou sur une grage  corvee  Interdiction de jouer  Interdiction de manger  debout sur un pied  debout dans un coin  taper  donner une fessee  donner une fessee  autre genre de fessee  rien  ne peut repondre  autre NOURRITURE 50- Combien de grosses casseroles y a-t-il a la cuisine?* 51- Combien de casseroles de taille moyenne y a-t-il a la cuisine?* 52- Combien de petites casseroles y a-t-il a la cuisine?* 53- Y a-t-il une reserve de charbon ou de gaz pour la cuisson?*  Oui  Non 54- Combien de repas prennent les enfants par jour?*  un par jour  2 par jour  3 par jour 55- PAM distribue-t-il de la nourriture?*  Oui  Non 110 56- D'autres ONG donnent-elle de la nourriture pour les enfants?*  Oui  Non 57- Donne-t-on des fruits aux enfants lors des repas?*  Oui  Non 58- Est-ce qu'on leur donne du jus et de la viande a chaque diner?*  Oui  Non DORMIR 59- Combien de chambre y a-t-il?* 60- Combien y a-t-il de lit au total?*68- Les filles et les garcons partagent-ils la meme chambre?*  Oui  Non 61- Est-ce que les tous petits dorment-ils avec des enfants plus grands?*  Oui  Non 62- Pouvons prendre une photo de la chambre ou dorment les enfants?*  Oui  Non 63- Y a-t-il un adulte qui dort dans la chambre avec les enfants la nuit?*  Oui  Non TECHNIQUE DE SOIN 64- Combien de personne y a-t-il pour prendre soin des enfants?*PERSONNEL 65- Combien de gardiennes y a-t-il?* 66- Combien d'infirmieres y a-t-il?* 67- Combien de medecin y a-t-il?* 68- Combien de travailleur social y a-t-il?* 111 69- Combien de cuisiniere y a-t-il?* 70- Combien de menagere y a-t-il?* 71- Combien d'enseignant y a-t-il?* 72- Combien d'autre personne y a-t-il que nous n'avons pas citer?* 73.-Quel est le plus haut nivo atteint par le personnel le plus qualifie du centre?* 74-Quel est le plus haut nivo atteint par le second personnel le plus qualifie du centre?* 75- Y a-t-il du personnel ayant une formation special concernant la gestion des enfants?*  Oui  Non 76- Vous parlez au directeur ou a une autre personne pouvant repondre a toutes les autres questions?  Oui  Non SI NON, ARRÊTER ************ SI OUI, CONTINUER 112 77- Qui est le proprietaire du batiment?*  pour le fondateur du centre  pour l'organisation  pour le directeur  pour l'etat  ne repond pas  location  autre 78- Qui a finance la constuction de l'institution?*  partenaire etranger  l'etat  l'eglise  la communaute  les fondateurs  ne sait pas  autre 79- Qui est le proprietaire du terrain?*  pour le fondateur du centre  pour l'organisation  pour le directeur  pour l'etat  ne repond pas  location  autre 80- Avez-vous des institutions dans d'autres pays comme partenaires?*  Oui  Non 81- Quel organisation est votre plus grand partenaire?*94- A quelle religion adherez-vous?*  catholique  adventiste  protestant  pencotiste  aucun  autre 113 82- A quelle religion adherez-vous?*  catholique  adventiste  protestant  pencotiste  aucun EDUCATION 83- Y a-t-il une ecole primaire associee au centre?*  Oui  Non 84-Y a-t-il une ecole secondaire associee au centre?*  Oui  Non 85- Y a-t-il des enfants qui sont sponsorises par des etrangers?*  Oui  Non ETRANJÈ 86- Combien?*104- Y a-t-il des enfants qui sont sponsorises par des haitiens?*  Oui  Non 87- Combien?*106- Eecevez-vous la visite de touriste parfois?*  Oui  Non 88- Quel est le principal objectifs de ces visites?*  former le personnel  visiter les enfants  choisir des enfants a adopter  apporter des choses aux enfants  visiter l'organisation  evaluer le travail qui est fait  Travailler dans l'infrasturcture  autre 114 89- Quel pourcentage de ces visiteurs reviennent une seconde fois?* 90- Quel pourcentage de ces visiteurs reviennent une troisieme fois?* 91- Est-ce qu'il y a une enquete pour determiner si ces visiteurs sont des criminels?*  Oui  Non 92-A-t-on l'habitude d'adopter des enfants dans le centre?*  Oui  Non 93- Connaissesz-vous la "Convention de la Haye sur la Protection des enfants et la coopération en matière d'Adoption internationale "?*  Oui  Non 94- Vous rappelez-vous de la derniere fois qu'une loi concernant l'adoption a ete vote?*  Oui  Non 95- Quand les enfants ont-ils le droit de visiter leur parents?*  quand eux ou leurs familles veulent  en vacances  autre 96- Quand les familles ont-elles le droit de visiter les enfant (famiile biologique)?* o quand eux ou leurs familles veulent o en vacances o autre PRISE EN CHARGE 97- Combien d'enfants compte le centre?* 98- Combien de fille?* 99- Combien de garcon?*132- Avez-vous une liste de tous les enfants du centre?*  Oui  Non 100- Avez-vous un dossier de tous les enfants du centre?*  Oui  Non 115 101- Acceptez-vous n'importe quel enfant?*  Oui  Non 102- Est-ce vous qui chechez les enfants ou c'est leur parent ou d'autres personnnes qui vous amenent les enfants?*  nous partons a leur recherche  famiile ou d'autres personnes  la meme  ne peut repondre 103- Quelle est la premiere condition pour etre admis au centre?*  leurs parrains sont morts  leur famille les neglige ou les a abandonne  leur famille abuse d'eux  leur famille n'a pas de moyen  pour une meilleure education  ne peut repondre  autre 104- Quelle est la seconde condition pour etre admis au centre?*  leurs parrains sont morts  leur famille les neglige ou les a abandonne  leur famille abuse d'eux  leur famille n'a pas de moyen  pour une meilleure education  ne peut repondre  autre 105- Est-ce que ces conditions sont ecrites quelque part?*  Oui  Non 106- Quelle est la premiere raison pour un enfant de laisser le centre?*  leur parrain a plus de moyen desormais  trop age  d'autres personnes les prennent  ne peut repondre  autre 116 107- Quelle est la seconde raison pour un enfant de laisser le centre?*  leur parrain a plus de moyen desormais  trop age  d'autres personnes les prennent  ne peut repondre  autre 108- Est-ce que ces conditions sont ecrites quelque part?*  Oui  Non 109- Apres combien de temps pouvez-vous reviser votre point de vue concernant l'admission d'un enfant?*  hebdomadairement  tous les mois  tous les 2 mois  tous les 3 mois  tous les 6 mois  chaque annee  plus que chaque annee  jamais  ne sait pas  autre 110- Est-il necessaire de fournir une preparation speciale aux enfants qui quittent le centre?*  Oui  Non 111- Fournirssez-vous une preparation speciale aux enfants qui quittent le centre?*  Oui  Non 112- Suivez-vous les enfants apres leur sortie au centre?*  Oui  Non 113- Sur chaque 10 enfants, combien ont une mere ou un pere ou les deux parents?* 114- Combien d'enfants etaient en situation de "reste avec" avant d;etre admis au centre?* 115- Combien d'entre les enfants ont des employes comme parents?* 117 ABUS, CONNAISAINCE DE LOI 116- Selon vous quel serait le plus grave abus qui puisse survenir a un enfant dans un centre?*  abus sexuel  abus violence  abus psychologique  rien  autre 117- Quel autre abus selon vous?*  abus sexuel  abus violence  abus psychologique  rien  autre 118- Quel est la derniere fois vous avez eu a faire face a des abus?*  abus sexuel  abus violence  abus psychologique  rien  autre 119- Quand cela s'est passe?*  cette annee  l'annee derniere  il y a 2 ans  il y a 3 ans  il y a plus de 3 ans  ne s'en souvient pas  ne peut repondre  ne sait pas 120- Qu'avez-vous fait?*  appel les casec et les asec  contacter la police  contacter l'IBESR  ne peut repondre  ne sait pas  autre 118 121- Connaissez-vous la loi concernant les punitions affligees aux enfants?*  Oui  Non 122- Y a-t-il une recreation pour les enfants tous les jours?*  Oui  Non 123- Les enfants ont-ils des devoirs a faire chaque jour?*  Oui  Non 124- Connaissez-vous la loi sur le travail des enfants?*  Oui  Non 125- Avez-vous jamais entendu parler de la "Declaration des droits des enfants"?*  Oui  Non 126- Quelle methode de comptabilite est mise en place?*  calcul mental  comptabilite informatise  comptabilite sur papier  ne peut repondre  il n'y en a pas  autre 127- Avez-vous l'habitude de voyager a l'etranger?*  Oui  Non 128- Quelle strategie d'urgence est mise en place en cas de manque d'argent?*  emprunter de l'argent  le remplacer par le directeur adjoint  demander de l'aide a l'etat  faire appel a une organisation partenaire  fermer l'institution  ne sait pas  autre  aucun 119 129- Que feriez-vous avec les enfants si vous deviez fermer le centre?*  les donner a d'autres institutions  les renvoyer chez eux  faire appel a l'etat  ne sait pas  autre 130- Par quel moyen recevez-vous des informations du GDH ou de l'IBESR?*  par mail  par telephone  par radio  journal  quand il y a une rencontre  lettre  autre 131- Le personnel du centre a-t-il recu une formation dans le cadre de ce tarvail?*  Oui  Non  Quelque uns 132- C'est quand la derniere fois que vous avez eu la visite d'un representant de l'IBESR?*  1 jour  2 jour  3 jour  1 semaine  2 semaine  3 mois  6 ois  plus de 6 mois  ne peut pas repondre 120 133- C'est quand la derniere fois que vous avez eu la visite d'un representant agree?*  1 jour  2 jour  3 jour  1 semaine  2 semaine  3 mois  6 ois  plus de 6 mois  ne peut pas repondre 134-C'est quand la derniere fois que vous avez eu la visite d'un inspecteur de l'UNICEF?*  1 jour  2 jour  3 jour  1 semaine  2 semaine  3 mois  6 mois  plus de 6 mois  ne peut pas repondre 135-C'est quand la derniere fois que vous avez eu la visite d'un inspecteur quelconque d'une organisation de la protection de l'enfance?*  1 jour  2 jour  3 jour  1 semaine  2 semaine  3 mois  6 ois  plus de 6 mois  ne peut pas repondre 121 136- Coordonnees GPS*  latitude (x.y °)  longitude (x.y °)  altitude (m)  accuracy (m) 122 Annexe 3 Appel et Directeur (version créole) Bonjou/Bonswa. N ap fe yon etud pou IBESR. Etud sa n ap fe ak oganis ki serieu epi ki vle ede ti moun. Objektif se pou konpran institutsyon ki ede ti moun, sa yo manke, sa yo gen pou ofri. Enfomasyon antretyen sa ap rete konfidansyel. Kelkeswa saw di IBESR pap itilize saw di yo kont ou oubyen poul ka konplete yon lot anket. Siw paka reponn kesyon yo, silvouple refere nou yon moun ki kalifye ki ka fe sa. Si pa gen lot moun, nap konsidere sa tankou yo refi. 1- Ankete* 1.2- Depatman kote repondan rete* 2- Katye kot sant la ye* 3- Ki non sant lan?* 5- Ki stati sant lan?* 7- Vle oubyen kapab reponn?* Wi Non 7.1- Ki tip sant li ye?* ofelina krech pou ti moun lari pou andikape lot 8- Non direkte sant lan*9. Direkte se fi o gason?* Fi Gason 9.1- Telefonn direkte sant lan* 9.2- Telefonn sant lan* 9.3- dezyem Telefonn sant lan* 9.4- twazyem Telefonn sant lan* 9.5- Email sant lan* 123 9.6- Sou ki kantite santyem te sant lan ye?* REPONDAN 10-Non repondan an10.1- Seks repondan an* Fi Gason 11- Ki pos ou okipe nan sant lan?* direkte epous direkte direkte adjwen konsyej/jeran sant lan anseyan Anplwaye sant lan Lot 12- Ki nasyonalitew?* ayisyen ameriken kanadyen Lot TIMOUN 13- Konbyen timoun ki genyen nan sant lan?* 14- Konbyen fi?* 15- Nan fi yo, konbyen ki domi nan sant lan?* 16- Konbyen gason domi nan sant?* 17- Ti moun ki pi piti a, ki laj li genyen?* 18- Ti moun nan ki pi gran, ki laj li genyen?* 19- Nan gason yo, konbyen ki domi nan sant lan?* 20- Konbyen timoun ki domi nan sant lan en tou?*21- Eske gen timoun ki andikape nan sant lan?* Wi Non 124 24- Eske nou akespte ti moun ki gen SIDA/VIH?* Wi Non INFRASTRIKTI 26- A ki materyo batiman an fet?* blok epi kouvri ak beton blok epi kouvri ak tol An bwa epi kouvri ak tol lot 27- Konbyen twalet ki genyen?*28- Ki tip twalet yo ye?* twalet modenn (WC) twalet an bwa twalet an beton okenn twalet 29- Ki kote yo plase twalet yo?* andedan edifis la deyo nan lakou 30- Konbyen twalet ki fonksyonel nan moman an?* 31- Kote nou plis jwenn dlo pou sevis kay la?* tiyo nou achte kamyon dlo nan rivye/sous dlo lapli pi fontenn lot 32- Konbyen tan ou pran pouw al pran dlo sa ?* nan lakou a mwens ke 15 minit mwen ke 30 minit 1 ed tan plis ke 1ed tan 125 33 -Kote nou jwenn dlo poun bwe?* tiyo nou achte kamyon dlo nan rivye/sous dlo lapli pi fontenn nou achte dlo tou trete 34- Eske nou trete dlo nou bwe a?* Wi Non 36- Konbyen televizyon ki genyen?* 37- Konbyen radyo ki genyen?*39- Eske gen yon bibliotek nan sant lan?* Wi Non 41- Eske gen balanswa, glisad, espas ki rezeve pou timoun jwe?* Wi Non 42- Eske gen teren/lakou pou timoun jwe?* Wi Non 43- Eske gen machin pou sevis sant lan?* Wi Non 46- Si gen first aid kit la?* Wi Non 47- Eta first aid kit?* pa bon ditou ok bon bon net 48- Kod de kondwit ekrit epi byen plase pou tout anpwlaye we l* Wi Non 126 51- Eske gen kote pou resevwa vizite?* Wi Non RESPONSABILITE 53- Kote timoun yo jwenn swen sante?* swen sante lopital prive lopital piblik dispanse clinik dokte fey lot 54- Kote yo mennen timoun yo nan ka ijans?* lopital prive lopital piblik dispanse clinik dokte fey lot 55- ki denye fwa yo te fe bilan sante pou timoun yo* depi yon mwa depi 3 mwa depi 6 mwa depi 1 lane depi 1lane 6 mwa depi 2 lane sa pa janm fet 127 DISIPLIN 56- Ki metod de pinisyon nou konn sevi avek ti moun yo?* ajenou ajenou sou graj kove entediksyon jwe entediksyon manje kanpe sou yon pye kanpe nan kwen kale sou min kale sou janm kale sou deye kale lot anyen pa ka repon lot MANJE: Al kanpe nan kwizin 57. Konbyen gwo chodye yo genyen nan kwizen?* 58. Konbyen mwayen choye yo genyen nan kwizen?* 59. Konbyen ti chodye yo genyen nan kwizen?* 60. Eske yo gen resev de chabon oubyen gaz pou kwit manje?* Wi Non 61- Konbyen repa timoun yo pran pa jou?* youn pa jou 2 pa jou 3 pa jou 62- Eske PAM konn bay manje?* Wi Non 63- Eske lot ONG konn bay manje pou yo?* Wi Non 128 64- Eske yo ba yo fri (fig, pom, rezen, eks…) nan manje yo?* Wi Non 65- Eske yo ba yo vyann ak ji chak manje midi?* Wi Non ZAFE DOMI: al kanpe nan yon nan chanm kot ti moun yo domi 66- Konbyen chanm domi ki genyen?* 67- Konbyen kabann ki genyen an total?* 68- Eske ti fi ak ti gason domi nan menm chanm?* Wi Non 69- Eske ti moun piti domi ak sa ki pi gran nan menm chanm?* Wi Non 70- Eske yo dako pou pran foto chanm kot ti moun yo domi* Wi Non 72- Eske gen yon granmoun ki domi nan chanm nan lannwit?* Wi Non TEKNIK SWEN/ PESONEL 73- Konbyen moun kap travay spesyalman pou pran swen timoun yo?* 74- Konbyen gadyenn ki genyen?* 75- Konbyen enfimye ki genyen?* 76- Konbyen dokte ki genyen?* 77- konbyen travaye sosyal?* 78- Konbyen kizinye ki genyen?* 79- Konbyen menaje ki genyen?* 80- Konbyen anseyan ki genyen?* 81- Konbyen lot moun ki genyen ke nou pa site?* 129 82.-Nan tout moun nan sant, moun ki rive pi lwen nan zafe lekol la, ki nivo li fe?* Kindergarten 1eme ane fondamantal 2eme ane fondamantal 3eme ane fondamantal 4eme ane fondamantal 5eme ane fondamantal 6eme ane fondamantal 7eme Seconde 8eme Sekonde 9eme Sekonde 3eme Sekonde Segonn Reto Filo Inivesite Lekol pwofesyonel Okenn 83-Epi apre moun sa, sak gen plis lekol, ki nivo li fe?* Menm baga ke anvan 84- Eske gen travaye oubyen reskonsab ki gen fomasyon espesyal nan dirije ti moun?* Wi Non 86- W ap pale avek direkte o yo ka jwenn direkte o lot moun pou repon tout res kesyon yo? Wi Non 87- Ki met batiman an?* fondate oganizasyon an oganizasyon an direkte a leta pa ka reponn lwe Lot 130 88- Kiyes ki te finanse konstriksyon enstitisyon an?* Patne etranje Leta Legliz kominote a fondate yo pa konnen lot 89- Ki met te a?* fondate oganizasyon an oganizasyon an direkte a leta pa ka reponn lwe Lot 90- Eske nou gen patenarya ak lot enstitisyon nan lot peyi?* Wi Non 93- Ki pi gwo oganizasyon ki patnew?* 94- Ak ki relijyon li mache?* katolik advantis protestan pankotis okenn Lot 95- Epi sant sa, ak ki relijyon li mache?* katolik advantis protestan pankotis okenn Lot 131 EDIKASYON 96- Eske nou gen yon lekol prime ki asosye avek sant la?* Wi Non 100- Eske nou gen yon lekol segonde ki asosye avek sant la?* Wi Non 102- Eske gen timoun ki gen blan kom sponso ki voye ed bay yo?* Wi Non 103- Konbyen?*104- Eske gen timoun ki gen Aysiyen an Ayiti ki sponso yo?* Wi Non 105- Konbyen?*106- Eske nou konn resevwa vizite ki sot lot bo?* Wi Non 109- Ki prensipal objektif vizit sa yo?* fe fomasyon pou pesonel vizite timoun chwazi timoun pou adopte pote bagay pou timoun yo vizite oganizasyon an evalye travay kap fet travay nan enfrastrikti Lot 111- Nan chak 10 vizite, konbyen tounen yon dezyem fwa?* 112- Nan chak 10 vizite, konbyen tounen yon twazyem fwa?* 113- Eske gen yon anket ki fet sou vizite sa yo pou evalye si yo gen kriminal ladan?* Wi Non 132 114- Eske yo konn adopte timoun nan sant lan?* Wi Non 117- Eske ou konnen "Convention de la Haye sur la Protection des enfants et la coopération en matière d'Adoption internationale "?* Wi Non 119- Eske ou sonje ki le te denye fwa leta pase yon nouvo lwa sou adopsyon?* Wi Non 125- Ki le ti moun gen dwa vizite fanmi yo (fanmi natal)?* Le yo oubyen fanmi vle Sou vakans lot 127- Epi ki le fanmi gen dwa vin visite ti moun yo (fanmi natal)?* Le yo oubyen fanmi vle Sou vakans lot 129- Konbyen timoun ki genyen nan sant lan anko?* 130- Konbyen fi?* 131- Konbyen gason?*132- Eske ou gen yon lis de tout ti moun ki nan sant la?* Wi Non 136- Eske ou gen yon dosie sou chak ti moun ki nan sant la?* Wi Non 141- Eske ou aksepte kinpot ti moun ?* Wi Non 133 142- Eske se nou ki plis cheche timoun yo, oubyen se paran oubyen lot moun ki vin kote nou avek timoun yo?* nou ki plis cheche yo fanmi o lot moun ki pote bay nou menm bagay pa ka reponn 143- Nan lis anba di m ki kondisyon ou plis aksepte timoun nan sant lan?* parenn yo mouri fanmi neglije o abandone yo fanmi ap abize yo fanmi pa gen mwayen pou bon edikasyon pa ka reponn lot 145- Nan lis anba di m ki dezyem kondisyon ou plis aksepte timoun nan sant lan?* parenn yo mouri fanmi neglije o abandone yo fanmi ap abize yo fanmi pa gen mwayen pou bon edikasyon pa ka reponn lot 147- Eske ou gen sa ekri yon kote, egkzakteman anba ki kondisyon ou aksepte yon ti moun?* Wi Non 151- Pou ki primye pi gwo rezon ti moun yo kon sot nan sant la?* paren vin gen mwayen rive nan laj lot moun pran yo pa ka reponn lot 153- Pou ki dezyem pi gwo rezon ti moun yo ka sot nan sant la?* paren vin gen mwayen rive nan laj lot moun pran yo pa ka reponn lot 134 155- Eske ou gen ni ekri yon kote egkzakteman anba ki kondisyon yon ti moun sipoze sot nan sant la?* Wi Non 158- Apre ou pran yon timoun, nan konbyen tan nou konn revize rezon li avek nou?* chak semenn chak mwa chak 2 mwa chak 3 mwa chak 6 mwa chak ane plis ke chak ane janme pa konnen lot 159 - Eske li nesese pou bay ti moun yon kalite de preparasyon espesyal pou soti nan sant la?* Wi Non 160 - Eske nou bay ti moun yon kalite de preparasyon espesyal pou soti nan sant la?* Wi Non 165 - Eske ou swiv ti moun yo apre yo sot nan sant la?* Wi Non 169- Nan chak 10 timoun ou genyen konbyen ou ta di gen maman oubyen papa oubyen toude?* 170- Konbyen timoun ki te restavek anvan yo vin nan sant lan?* 171- Konbyen timoun ki la ki pitit o fanmi youn nan anplwaye yo obyen fanmi direkte o epous li?* 172- Nan opinyon pa w, ki kalite de abus ki pi grav ki ka fet nan yon sant?* abi seksyel abi vyolans abi sikolajik anyen lot 135 174- E apre sa, , ki kalite de abus ki pi grav ki ka fet nan yon sant?* abi seksyel abi vyolans abi sikolajik anyen lot 176- Epi denye fwa nou te gen yon ka de abus nan sant la, ki sa li te ye?* abi seksyel abi vyolans abi sikolajik anyen lot 178- Ki le li te ye?* ane sa ane pase 2 an pase 3 an pase plis ke 3 an pase pa sonje pa ka reponn pa konnen 179- Ki sa nou te fe?* rele asek o kasek kontakte lapolis kontakte IBESR pa ka repon pa konnen lot 183- Eske ou konnen lwa ki govenen pinisyon ke gran moun ka bay ti moun yo?* Wi Non 191- Eske ti moun gen yon rekreyasyon yo fe chak jou?* Wi Non 193- Eske ti moun yo gen yon kalite de devwa yo sipose fe chak jou?* Wi Non 136 195- Eske ou konnen lwa de travay ti moun yo?* Wi Non 197- Eske ou janme tande de Declaration de Dwa Ti Moun?* Wi Non 99- ki metod kontabilite pwinsipal ki an plas?* konte nan tet kontabililte enfomatize kontabilite sou papye pa ka repon pa genyen lot 200- Eske ou konn vwayaje lotbo?* Wi Non 203- Ki strateji ijans ki genyen si ou mouri oubyen si ta manke lajan?* prete lajan mete direkte adjwen an nan plas li mande leta ed rele yon oganizasyon ki patne nou nap femen enstitisyon an pa konnen lot okenn 204- Ki sa ou t ap fe ak timoun yo si ou oblije femen sant lan?* bay lot institusyon voye yo lakay pa yo rele leta pa konnen lot 137 205- Koman ou resevwa enfomasyon GDH oubyen de IBESR?* pa mail pa telefonn nan radyo nan jounal le gen rankont yo voye let lot 206- Eske moun kap travay yo resevwa fomasyon espesyal pou travay avek ti moun yo?* Wi Non kek ladan 209- Ki denye fwa yon reprezantan IBESR te vin vizite nou?* 1 a 3 mwa 4 a 6 mwa 7 mwa a 1 ane 1 ane a 2 ane 3 ane 4 ane 5 ane plis ke 5 ane pa ka reponn Lot 210- Ki denye fwa yon reprezantan agree te vin vizite nou?* 1 a 3 mwa 4 a 6 mwa 7 mwa a 1 ane 1 ane a 2 ane 3 ane 4 ane 5 ane plis ke 5 ane pa ka reponn Lot 138 211-Denye fwa yon inspekte de UNICEF vizite nou, ki le li te ye?* 1 a 3 mwa 4 a 6 mwa 7 mwa a 1 ane 1 ane a 2 ane 3 ane 4 ane 5 ane plis ke 5 ane pa ka reponn Lot 212-Denye fwa kinpot inspekte de kinpot lot oganis te vizite ou, ki le li te ye?* 1 a 3 mwa 4 a 6 mwa 7 mwa a 1 ane 1 ane a 2 ane 3 ane 4 ane 5 ane plis ke 5 ane pa ka reponn Lot 213 - Pran koodone GPS* GPS coordinates can only be collected when outside. Satellite latitude (x.y °) longitude (x.y °) 139 Annexe 4. Questionnaire « gens de la rue » (version française) Questionnaire Pour Stratifié 600 Interview, Enquête Péri-Urbain, Urbain Et Rural Bonjour/Bonsoir. Nous faillons une etude.... 1- Enqueteur* 2. Departement de residence du repondant* 2.1. Quartier de residence du repondant*2 3.1. Sexe du repondant* Feminin Masculin 3.2 Occupation principale du repondant* 4. Niveau d'education* 5. D'apres vous, un orphelinat est-il benefique?* plus de mal plus de bien 6. Connaissez-vous des enfants qui sont dans des orphelinats?* Oui Non 7. Pensez-vous que la plupart des enfants dans les orphelinats viennent des provinces?* province ville La meme 8- Tenant compte de ces deux raisons, quel serait la premiere raison pour laquelle les gens envoient des enfants dans des orphelinats?* plus a l'avantage des enfants plus pour aider la famille a l'avenir 11. Si une personne a un enfant dont elle ne peut pas en prendre soin et n'a aucune aide pour le faire, avec qui doit-elle confier cet enfant?* famille riche haitienne orphelinat appartenant a des haitiens orphelinat appartenant a des etrangers Refuse de repondre 140 12. Quel est le deux plus grands dangers pour les enfants dans les orphelinats en Haiti? (plusieurs choix possibles)* abus sexuel vol d'organes manque d'education ils vendent les enfants ils maltraitent les enfants les enfants vivent mal autre 14. Selon vous, qui possede plus d'orphelinat en Haiti?* Etranger Haitien La meme 15. Quel est la principale raison pour laquelle les etrangers creent des orphelinats?* pour aider l'enfant pour gagner de l'argent autre 16. Quel est la principale raison pour laquelle les haitiens creent des orphelinats?* pour aider l'enfant pour gagner de l'argent Ils n'en font pas Autre 17. Seriez vous ddu mem avis si on disait "Les orphelinats sont une affaire d'etranger"?* Oui Non 18. Seriez-vous pret a laisser un etranger adopter votre enfant et partir pour un autre pays avec?* Oui Non 22. Seriez-vous pret a laisser un Haitien adopter votre enfant?* Oui Non 28. En general, est-il preferable d'envoyer un enfant chez une personne au lieu de le placer dans un orphelinat?* Autre fanille orphelinat 141 24.1 SI une famille accepte qu'une autre famille adopte un de ces enfants, penzez-vous que l'autre famille doit supporter economiquement la famille de l'enfant adopte?* Oui Non 29. Quelle est la principale raison pour laquelle une personne accepte de placer son enfant chez quelqu'un en "restavek"?* parce qu'ils n'ont pas de moyen pour aider les enfants a aller a l'ecole autre 31. Nom du repondant* 31.2 Numero de telephone du repondant* 32. Coordonnees GPS* latitude (x.y °) longitude (x.y °) altitude (m) accuracy (m) 142 Annexe 5. Liste des familles sélectionnées pour le questionnaire auprès des familles Nom du/des Nom du Nom des Adresse de parents ou centre enfants la famille relatifs Téléphone Survey Explanation Projet Makenson ? Crystinana (ti 48398302 No no answer Ambrassé un Papillon Pierre Louis DESRAVINE BON REPOS Ketya nana) 34562487 survey Upload Ambrassé un enfant Guervara DAJCORINE S ? Orelus FABIENNE 48581814 No ed wrong Ambrassé un enfant Charles SALOMON Port-à- Marie BAPTISTE 373778976 No no answer contact Projet enfant Emmauella NEHEMIE Leogane Piment Magaret SERVILIA (cousin) 31454269 37557796 survey Upload Projet Papillon Wideline Lolo Silo Kajuste 31552595 No ed Number out Papillon Joacine 38196328 of service Projet Jesula Martissant Sivil 28107794 No wrong Projet Papillon Labossire Ermilus Cite Soleil 28107794 No wrong contact Projet Papillon Wood Nahomie Croix des Guerda Clervil 47231547 survey Upload contact Maison Papillon Auguste Gerlin Delmas Bouquets60 Dieula Louis 3619-3677 No ed no answer Maison d'acceuil bon Frantzo Viviana Cebonet Kafou mere (belle fey,rue 3719-7952 No wrong Maison d'acceuil bon berger Jean Charles felix Charles 33 delmas Jean Sicot felix 3829-0150 survey Upload contact Maison d'acceuil bon berger Steevenson Betina kafou fey Pierre bertha Fritzner(parrai prolongee 3468-1823 no ed Tel no service d'acceuil bon berger Recolte Ardouin Erica Chery n) Damercile 3824-4114 survey Upload berger Recolte humanitaire Mahotiere morne a Jean Chery Marie 3749-6439 survey ed Upload VENEZ humanitaire /Harvest for Moricette Rebecca Rivière bateau,Gres Moricette Yolene (manman) 38609550 survey ed Upload VENEZ ENFANTS humanitesfor /Harvest ET Alexandre Widlens Sharon carrefour Froide sier Legrand Exanor (manman) James (père) 3 944 00 05 survey ed upload VENEZ ENFANTS VIVEZ MIEUX humanites ET Elisseau Legrand PauP feuilles Dukens 3 347 3783 survey ed upload VENEZ ENFANTS VIVEZ MIEUXET Alexandre Nehemie Rivière Benissaint Joseph 3 191 0273 survey ed upload Foyer ENFANTS VIVEZ MIEUXde ET Carline Ericson Unknown Froide JanelusDestin Pierre (oncle) 3824-4916 survey ed upload Foyer Notre Dame VIVEZ MIEUX de Dianetelle Destin Unknown Fenel Surin 4841-4742 No ed out of service Notre de Dame Fatima Foyer de Surin Selene Unknown Monique 3630-1315 survey upload de Fatima Foyer Notre Damede Guy Claude Renezil/ Unknown Katiana 4693-8308 survey ed upload Trinity Notre de Dame Fatima Unknown Joseph Jefferson cayes Rice Fritza 338 116 no ed parents own Trinity House de Fatima RenzilClarens Jean jacmeljacmel wolf, Paul Cyprien 3 795 3787 129 survey upload center Maison House Unknown Cyprien Raymond Charles Ricardo 3 115 1726 no ed no answer Maison chrétienne Unknown marchébains, les Duvivier Roosevelt 3 712 2657 no no answer Centre chrétienne la de Frantzo Kafou geffrard, jacmel Cebonet Harold 3719-7952 no Father Centre d'Accueil vie de nouvelle dula Jean Charles felix delmas 33 fey,rue jacmel Sicot Charles felix Jean 3829-0150 survey upload doesn’t if Centre d'Accueil bon Berger nouvelle du vie Steevenson Betina kafou fey prolongee Pierre bertha Fritzner(parrai 3468-1823 no ed voicemail child is iving Divine d'Accueil bon Bergerdu Marcelin Ardouin delmas 19 Yolene n) 38052765 survey upload in center Divine Ministries bon Berger in Altema Saintubin Cayes Evelyne Moncoeur 48326504 survey ed upload Divine Ministries for Hope in Linda Mole Jean Daniel Georges 37057118 no ed unvailable Divine Ministries for Hope children in Faustin grand goave junior Faustin 39224168 survey upload Fondasyon Ministries Hope children forin Georges Sophie Joseph Sonia 3476-9842 no ed out of service Fondasyonfor Timoun Hope children se Josue Colas Dany Francois 3698-0098 3167-0937 survey upload Fondasyonse Timoun Lespwa children Adma Adma Mirlande 3109-8395 3725-9546 no ed out of service Timoun se Lespwa Admasson Lucienne Lespwa 143 Nom du/des Nom du Nom des Adresse de parents ou centre enfants la famille relatifs Téléphone Survey Explanation Fondasyon Edwins Elene Pierre 3769-3571 survey upload Fondasyonse Timoun Carlos Petion Mona Orphee 3473-2732 no ed wrong Fondasyonse Timoun Lespwa Rene OrpheeLucner Rene Maxo 3481-4487 no no answer number Fondasyonse Timoun Lespwa Maxi Wilner Rosana Maxi 3453-4117 4613-4811 no voicemail Fondasyonse Timoun Lespwa Cindy Marie Lourde 3726-5037 survey upload Fondasyonse Timoun Lespwa Degramond Joseph Clermicia Joseph 3673-6049 survey ed upload Maison Timoun se Lespwa Plaisimé Wilbens Bois Verna Exivil Plaisimé 4 216 0583 survey ed upload Maison Fortune Lespwa SophiaMarie Louis Bassin Zim Vital WilfridTelose (père) ( 48652040 no ed voice mail Mathieu Fortune orphanage Denise Louis Pierre La Pila Delouche maman) 4 606 5318 survey upload Mathieu Vingt- huit orphanage Haiti Pierre Delouche Lajeune Lucien Clermene Judna ( 3185 no ed wrong Haïti Mission Vingt- huit Haiti Dany OlandaJoizil ( Au cap maman)Edwige Pierre tuteur) 32946650 8360. no wrong number Haïti Mission Service Bernard père) PauP Bernard 32292458 Survey upload number Haïti Mission Service Holy Kenley Vinalda Lajeune, Hilaire Vercius (père) 33330435 no ed child of Haïti Mission Service Mercier La Pilat Pignon Mercier Nerlande ( 37400876 no left owener Haïti Mission Service Antoine Judes Ranquitte Pierre Ismalene maman) Lucknas( 36100180 survey upload orphanage Service de Centre Pierre Boadley Rte des Rails (Pierre père) maman) Joseline 36378553 survey ed upload Centre formation deet Michel Woodjina kerven (Pont Gonaives) Michel (maman) 36281011 Survey ed upload Centre formation de de et nutrition Erius Valancia Tarasse ( Damis Quenêpe Schneider Chalicia( 32773415 no ed wrong Kay Espwa formation des enfants et nutrition Du Frantz Christela Jean Rabel Gonaives) (Jean maman) frère) Francois 44360606 no voicemail number KayImda des Espwa nutrition enfants Tullien Jean St Marc Joseph( oncle) Agira Marc ( 3 688 3205 no voicemail Centre des enfantsde Imda Michel Sadrack Monode Mandrin Jean oncle) Louis 37241128 survey upload Centre de Rehabilitatio Cadet Mona Descahos Pasteur Fritz ( oncle) 37150747 no ed voicemail Centre Vie Rehabilitatio n sociale des Primé Louvens PauP Primé DieudonneMartha 3 715 1874 survey upload Marie n sociale des+ Gonaives Carlens (Chalenord maman) ( (tante ed Immaculee + Gonaives Ecole ami de la Chantale) Ecole famille) 144 Annexe 6. Services d’adoption agréés contactés aux Etats-Unis Organisations qui ont répondues à la demande d’information concernant l’adoption en Haïti :  America World Adoption  European Adoption Consultants Organisations qui n’ont pas répondues à la demande d’information concernant l’adoption en Haïti (par email et/ou téléphone)  All Blessings International  All God’s Children International  Building Arizona Families  Carolina Adoption Services  Love Basket  MLJ Adoptions Inc.  Wasatch International Adoptions 145 Annexe 7. Liste des centres pour le questionnaire auprès des directeurs Date de Nom du centre Département Commune Type de centre création 1 Eden Garden Orphanage Artibonite Saint-Marc Centre Mai 1998 2 Amis De Jesus Ouest Kenscoff Centre Mars 18, 2010 3 Boy's Orphanage Ouest Carrefour Centre Mai 16, 1966 4 Centre Chrétien De L'Enfant Ouest Delmas Centre Mars 17, Haïtien 1987 5 Centre De Formation Et De Artibonite Gonaives Centre Mars 31, Nutrition Des Enfants 1997 6 Centre De Réhabilitation Artibonite Gonaives Centre Mars 01, Sociale Des Gonaïves Ecole 2003 7 Centre Vie Marie Immaculée Artibonite Gonaives Centre Janvier 10, 2010 8 Kay Espwa De Imda Artibonite Gonaives Centre Juillet 2010 9 La Maison Du Sourire Ouest Leogane Centre Février 1987 10 Lamb Centre Ministries Nord-Ouest Port-De- Centre Novemb Children Home/Hope Vision Paix re 2012 11 Maison Des Enfants De Dieu Ouest Delmas Centre Awaiting respons e 12 Maison Fortune PlateauCentr Hinche Centre Février al 19, 2000 13 Ministère D'Evangélisation Et Nord-Est Ouanamint Centre Janvier De Secours Sans Frontière he 2000 14 Nous Et Les Autres Nord Cap Haïtien Centre Awaiting respons e 15 Orphelinat Thelusta Ouest Pétionville Centre Juillet 2011 16 Orphelinat Ledier Plateau Mirebalais Centre Octobre Central 13, 2001 17 Orphelinat Le Foyer D'Enfant Nord-Est Ferrier Centre Octobre Esprit De Vérité 22, 1982 18 Orphelinat Odasca Ouest Carrefour Centre Octobre 15, 1995 19 Zanmi Lakay Ouest Pétionville Centre Juillet 2010 146 Date de Nom du centre Département Commune Type de centre création 20 Orphelinat Les Enfants de Jésus Ouest Kenscoff Centre Août 2005 21 Fondation pour les enfants Ouest Delmas Centre Awaiting d’Haiti respons e 22 Foyer accueil Lasalien Nord-Ouest Port-De- Centre Paix Octobre 4, 2008 23 Foyer des orphelins d’Haiti Ouest Port-Au- Centre Juin 12, Prince 2007 24 Foyer d'espoir pour enfants Ouest Port-Au- Centre d’Haiti Prince 25 Haiti children’s home PlateauCentr Mirebalais Centre al 26 Haiti Mission Service Nord Pignon Centre 27 Harvest for Humanity Ouest Kenscoff Centre 28 Hope children home Nord-Ouest Port-De- Centre Paix 29 Kenbe timoun yo nouvelle Nord-Ouest Saint- Centre mission Louis-Du- Nord 30 Foyer Lakay Ouest Cite Soleil Centre 31 Maison d'accueil bon berger Ouest Pétionville Enfants des rues/délinquant s 32 Maison l’Espoir Nord-Ouest Port-De- Centre Paix 33 Mathieu 28 Nord Pignon Centre 34 North western children’s home Nord-Ouest Saint- Centre Louis-Du- Nord 35 Organisation pour Ouest Carrefour Centre l'encadrement des démunis D’Haiti 36 Crèche Ciel bleu Ouest Croix-Des- Crèche Bouquets 37 Les Petits Anges de Dieu/ God's Ouest Pétionville Crèche littlest Angels 38 Brebis de st. Michel de Ouest Pétionville Crèche L'attalaye 39 Children Of The Promise Nord Cap Haitien Crèche 147 Date de Nom du centre Département Commune Type de centre création 40 Foyer Notre Dame De La Ouest Port-Au- Crèche Nativité Prince 41 Rivers Of Hope Ouest Pétionville Crèche 42 Rose Mina De Diegue Ouest Pétionville Crèche 43 Wings of Hope Ouest Kenscoff Handicappés 44 Location Mefibrochet Ouest Croix-Des- Handicappés Bouquets 45 Maison Des Benedictions Nord Quartier- Handicappés Morin 46 Centre de la mission par la foi Ouest Carrefour Enfants en pour le secours domesticité 47 Centre d'accueil de Carrefour Ouest Carrefour Enfants des rues/délinquant s 48 Centre D'Accueil Des Enfants Ouest Croix-Des- Enfants des Démunis D'Haiti Bouquets rues/délinquant s 49 Fondation Timoun Se Lespwa Ouest Leogane Enfants des rues/délinquant s 50 Foyer Lakay Nord Cap Haitien Enfants des rues/délinquant s 51 Kay Timoun Ouest Leogane Enfants des rues/délinquant s 148 Annexe 8. Echantillon original des institutions sélectionnées au hasard pour le projet Type d'institution: orphelinat, creche, autre Nom Adresse Actuelle (precisé) Responsable Téléphone PauP 1. New Life Link Port-au-Prince, #261, route Orphelinat J. Jacob 3457-7989/ (foyer d'espoir des Dalles, Fort Mercredi Bernard, 3862-0650/ pour les pres du Fort Mercredi/ Miltha St- 3103-6070 enfants bolosse, fort mercredi #80, Fleur d'Haiti) carrfour feuilles 2. Little Children Port-AU-Prince Orphelinat of Jesus Home 3. Institution Lalue #128 Orphelinat Soeur Marie 3835-8857/ Notre Dame Veronique 3556-8840 Victor + Ecole Robious Oeuvre Notre Dame des Victoires PV 4. Foyer du Soleil Nouvelle Adresse d'apres Dr. Elcy Lubin 3555-7331 / Ambassade de France: Faucher 3401-2912 Thomassin 25, rue de l'eglise n25, face a l'epicerie. 5. Foyer des Route de Freres, dans les Pasteur 3709-9074 / Enfants Gallets Impasse Egal #27, Franckel 3465-0886 demunis Pres Pont Metallique/ rue la pepinière prolongée bas Duval imp, union #1 6. Orphélinat Petion-ville, rue borno Orphelinat Polinice varnia 38049984 thélusta pour prolongee Mayaman le bien-etre de l'enfants deminus Delmas 7. Centre Delmas 65, Ruelle Jasmin Past. Luc 3744-4237 / Chretien de Henec # 21 Bas Caritas, A Edma 3461-9774 l'Enfant droite Haitien 149 Type d'institution: orphelinat, creche, autre Nom Adresse Actuelle (precisé) Responsable Téléphone 8. Children INEXISTANT (Delmas 19, fondation of 2eme Ruelle Jeune, # 34, Haiti DEMENAGE (Enfants evacues a SOGED) 9. Orphelinat Delmas 31, Rue Catherine Orphelinat Altenor Carole 3417-6940 / Fondation Flon # 4 maintenant avant 3708-8439 / rorm pour les Delmas 31 Rue magloire # 3417-6937 / enfants 25. 3798-4227 miserables FREM 10. Collectif des Delmas 18, Rue Gedelene 3667-3245, enfants Dartiguenave et Candio #8 Henri, Jean 3677-4992 demunis Claude Tiburon pour Cetoute la ronde Nationale (CEDTRON) Site Soley 11. Centre Cite Soleil, Village des Pasteur Phele 3654-6581 / d'accueil pour Rapatries, Fontaine Rte Rolin: 3846-6193 les enfants Neuve, Cite Soleil, Cité soleil, necessiteux village des rapatries 2eme boulevard rue jean price mars. Kafou 12. Foyer du Bel Paloma Rue la Paix # 9, Orphelinat Laurie Agenor 34-51-98-35 / Amour 3407-7838 / 3901-2102 / 3791-1843 / 3451-9825 13. Orphelinat Debrosse Prolongee Villa Orphelinat Osirius Austin, 3727-5651, Odasca Jasmin Trutier #3, autre Wania Austin 3923-0077 indice Eglise Pasteur Christian, Ecole Odascat 14. Des mains Diquini 63 a cote du lycee Orphelinat Aloude 3687-8300 unies pour Henry Christophe Jouissance sauver les enfants deminus Tabar 15. Nid d'Amour Tabarre, #8, Village Edith Salomon 3755-2380 Montfleuri, Tabarre 48 16. Orphelinat Clercine 22, Impasse Cenor, Pierre Richard 3759-3689 Gaira (Village Pres Village Theodat Mirand, Prima Theodat) Jordanie 150 Type d'institution: orphelinat, creche, autre Nom Adresse Actuelle (precisé) Responsable Téléphone Kenskoff 17. Grace Fort Jacques 4 #12, a Marc Hubert 3489- Children's l'entrée du sous Georges, 1237/2246- Home commissariat de Fermathe Renold Jean 5526, 3475- (veriefier l'addresse 3,, Bazin: 2624/3802- Plaza Port de Paix 3879 pharrington@c ox.net 18. AMIS DE KENSKOFF97 IMP MALVAL Orphelinat Nicolas 36927709 / JESUS #8 Maxilien / 3705-1003 Jean Kwa de 19. Organisation Croix des Bouquets, Marin M. Emmauel 3841-6242 / bouke pour le 16 # 5, Route de Bon Repos, Deronville 3590-4754 developpeme La Plaine. 3415-6059 nt de l'etre humain (ODETH) 20. Maison de la Lilavois 1, rue de la Paix # 15 Orphelinat M. Louissaint 3860-6456 / Grace Lilavois 3, # 26 Joseph 3722-1775 21. Centre Rte Nationale #1, Lilavois Solange 3475-5520 / d'accueil des 53, Carrefour Marassa entre Pierre, Esnel 3763-3326 / enfants Famosa et Institution Mixte Auguste 3727-3452/ demunis MEGA, Carrefour Chada Dos 3419-8131 d'Haiti BNC #66 (CAEDHA) 22. bonafides Bon Repos, Entrée Lizon 22 # 36 Bis Leogan 23. Lamb Center Ave St Mathieu Rte Jeannot 3775-9652 / Ministries Nationale #2 Macombe #265 Desseus 3751-4139 Children Home 24. La maison Leogane, Haut Mithon orphelinat Soeur Elianne 3780-9493 Notre Dame St Jacques de la Charite 25. Operation Route nationale #2 avant le Love the pont Children (OLTCH) 26. New Voice Gesner Nozil 37874582 27. Maison notre Saint Jacques Dame de la Elianne Charite Gonaive 28. Centre de Route nationale #1, 4e Orphelinat Jean Nadieul, 3780-2159, formation et section communale, John Milo 3929-3036 Gonaive 151 Type d'institution: orphelinat, creche, autre Nom Adresse Actuelle (precisé) Responsable Téléphone de nutrition des enfants 29. Centre de #41, route nationale #1, Orphelinat Charlenor 3715-0747 Rehabilitatio Descahos Dieudonne n sociale des Gonaives + Ecole 30. Centre Vie Haut de St Marc Barbe Orphelinat Mme 3710-0284 Marie Dieudonne Immaculee Batraville 31. Maranatha La Carenne # 79 Orphelinat Mackendy 3662-9346 / Children Philogene, 3629-4815 Room Nordeus Anoux 32. Kay Espwa de Bretagne 1 # 12 Orphelinat Dufrene 3632-1206 Imda Alfrene Kap 33. Croix Rouge Max Laroche, Rue 12 ORPHELINAT Laurence 34. Maisons des Quartier Morin Centre Past Sadock 34614340 / Benedictions d'Accueil Heriveaux 38916073 35. Foyer des Ruelle Casimir #48 Char ORPHELINAT M Gédéus enfants de Hertz Berhee 36. Nous et les Petite Anse ORPHELINAT Mgr Jacques 36567744 / Autres Mary Charles 34616146 Ouanami 37. Orphelinat le Rue Marie Therese, Ferrier ORPHELINAT Martel 38205863 nthe foyer Maxime d'enfant Esprit de verite 38. Ministere Ouanaminthe, Quartier ORPHELINAT Altesse 3703-3035 / d'evangelisati Manquette, SC de Savane Augustin 33684711 on et de Longue secours sans frontier MESSEF 39. Eben Ezer Ruelle Zanna, Cite Planteau ORPHELINAT Nitelus Noel 3724-7359 40. Orphelinat Ferrier, Rue Marie Therese ORPHELINAT Pasteur Zénas 3643-7118 Bethanie Pierre Mirabalais 41. Orphelinat Mirbalais Pasteur Yves Ledier 1 42. Orphelinat Mirbalais Pasteur Ledier 2 Benoit 43. Enfant Hinche Garry Aff. arivage et sociales Aff.sociales 152 Type d'institution: orphelinat, creche, autre Nom Adresse Actuelle (precisé) Responsable Téléphone 44. Maison Hinche (Sheepa) Jean Louis Fortune Lefort CRECHE Nom Adresse Actuelle Responsable Téléphone PauP 45. Foyer Notre Port-au-Prince, Mme Eveline Louis 2234-1429 / 3462-5154/3449- Dame de la Fontamara 27, Rue Jacques, Stephan Louisa 2729, 848-448-6394, 3462- Nativite Douyon # 8 bis 5154/3751-3757 comtessline@hotmail.com, phane001@yahoo.com PV 46. Brebis de st. Petionville, Route de Margareth St. Fleur et 3760-3915 / 3445-6262 / Michel de Freres - Rue St. Louis Winer Henrique, Clairnise 3713-1358 / 3552-2099, 3400- L'attalaye Jeanty, Impasse st. or Alberte/ Caroline Saint 979 (BRESMA) Cyr #13 apres le Cyr pont/ Delmas 105 rue Delmas 47. Faith-Hope- Rue Dalia #4 Delmas Doroty Pearce, Jesula 3529-1962 /36 19-4488 / 3412- Love Enfant 75 Joseph/ Chery Samuel 5976 Rescue Emile 48. Foyer de Delmas 75 Jeune eddy, Luc Jeune 3720-1917 / 3892-1392 Sarah Tabarre 49. Auberge de Tabarre 48, #39, Rue Jn Baptiste Murielle 3410-5460 / 3534-4113 / la Fraternite Solidarite 3410-8466 / 3448-8466 Cape H 50. Children of Cap-Haitien Nick Stolgerg, Cenatus 38892447 / 36660633 the Promise Lagosette Herns Montrouis 51. CANAAN, Montrouis, 1ere Gladys Mecklembourg, F. 3667-2864, 3730-6865 Les Section communale Henry R. Gaetjens precieux St Marc bigoux du Seigneur Jacmel 52. Petit Ange Breman a l'interieur a Wilbert Placide, Pascaline 3717-5170, 3824-2689 de Jacmel gauche du conseil L. Placide communautaire 53. Foyer des Leogane, Chatuley Mme Morin B.Sherly 36743306 Petits Demunis 153 FOYERS POUR HANDICAPES Institution Commune CERMICOL Delma 33 Prison civile de Pétion-ville Petion Ville CAC Centre d’Accueil de Carrefour Carrefour Family Circle Boys Home Port-au-Prince HSKI Complex Jacmel The Haiti Micah Project Mirabalais Zanmi Lakay Delmas Fort National Port-au-Prince Salesion Mission Cite Soleil Fondation Timoun se lespwa Léogâne Les petits démunis Léogâne Foyer des Petits Démunis Léogâne Greta Home Academy Léogâne Kay Timoun Léogâne La maison du sourire Léogâne Ophelinat Chretien de Leogane Léogâne La maison Notre Dame de la Charité Léogâne Maison des Enfants de Dieu Delmas Foyer Lakay Cap-Haïtien St. Vincent's Center Port-au-Prince Jacmel Port-au-Prince Orphelinat Wings of Hope Kenskoff The Miriam Center St Louus Maison des Enfants Handicapés Petion Ville Orphelinat Wings of Hope Kenskoff 154 FOYERS POUR ENFANTS DE LA RUE ET LES PRISONS POUR MINEURS Nom Adresse Actuelle Responsable Téléphone Foyer Notre Port-au-Prince, Fontamara Mme Eveline Louis 2234-1429 / 3462-5154/3449-2729, Dame de la 27, Rue Douyon # 8 bis Jacques, Stephan 848-448-6394, 3462-5154/3751- Nativite Louisa 3757 comtessline@hotmail.com, phane001@yahoo.com Au Bonheur Port-au-Prince, Canape Vert Andre Sonia 3462-2998/ 3436-8308 Des Enfants #53 Horizon de Port-au-Prince, Rue Carlstrain Katlelen Douyon 3454-8615 / 3550-1656/ 3705- L'espoir # 25 - Bois Verna, ruelle 4242/ 3724-9457 Carlstroum #25 Foyer de Sions DEMENAGE a Fontamara 43, Mme Marjorie Mardy, 3720-9869 /3448-9192, 3747- Rue Village Royale # 10 Pas 3138/ 3720-9869 sion-in- loin de Royal Haitian haiti@yahoo.fr Brebis de st. Petionville, Route de Freres - Margareth St. Fleur et 3760-3915 / 3445-6262 / 3713- Michel de Rue St. Louis Jeanty, Impasse Winer Henrique, 1358 / 3552-2099, 3400-979 L'attalaye st. Cyr #13 apres le pont/ Clairnise or Alberte/ (BRESMA) Delmas 105 rue Caroline Saint Cyr Rivers of Hope Petionville, Thomassin 32, Rachelle Danache 3402-4067 Impasse Namphy, suivre route asphaltee a droite Foyer de la Petionville, Rue Villate #105/ Mme audette Jn 3427-0309 / 3816-9482 / 3807-2525 Nouvelle Vie # 1 Laboule 24 #8 Baptiste/ rose Yva Samedi Rose Mina de Petionville, Route Freres, rue Sandra, Rolande, Marie 3445-5913, 3462-4213, 3623-1676, Diegue St-Louis Jeanty # 11, , pres de Claude, Osvaldo 3797-8592 l'Hopital de la Communaute Haitienne Faith-Hope- Rue Dalia #4 Delmas 75 Doroty Pearce, Jesula 3529-1962 /36 19-4488 / 3412-5976 Love Enfant Joseph/ Chery Samuel Rescue Emile Foyer de Sarah Delmas 75 Jeune eddy, Luc Jeune 3720-1917 / 3892-1392 Boy's Carrefour, Ruelle Khan #10, Gabriel Molien, 3462-7185 / 3405-6865 3894- Orphanage rue charpentier, mahotiere Massolas Klenor 8438/3689-6866 79 Maranatha Tabarre, Rue 6, Clercine 19 John Mc Houl/ Tlucek 3449-0668/ 3829-4913 Children's Byron Home Auberge de la Tabarre 48, #39, Rue Jn Baptiste Murielle 3410-5460 / 3534-4113 / 3410- Fraternite Solidarite 8466 / 3448-8466 155 Nom Adresse Actuelle Responsable Téléphone Kay Tout 2e Maison, Impasse EVENS SAINT LOUIS 3425-6167 / 3403-8556 / 3403- Timoun Babeu, Bute boyer, Croix 7229 / 3420-5555 / 3734- des Missions, impasse 9425/3458-9410 balève #3 Lecado Carffour Boileau Children of Cap-Haitien Lagosette Nick Stolgerg, 38892447 / 36660633 the Promise Cenatus Herns Creche Bon Route de Bassin, #9, Gatreau Inelus Luccene, Fleur 3437-6554, 3743-9232 Samaritain des Dieupere Gonaives (C.B.S.G) CANAAN, Les Montrouis, 1ere Section Gladys Mecklembourg, 3667-2864, 3730-6865 precieux bigoux communale St Marc F. Henry R. Gaetjens du Seigneur Grace P-de-px, GriGris (Woast Rue Cindy Lachbrook / Past 3745-1834 (numeros sur liste Children's de la Plaza #3) Ciloes Andy precedente: 3751-6112/ 3423-3077) Adoption Home/ Grace Children Petit Ange de Breman a l'interieur a gauche Wilbert Placide, 3717-5170, 3824-2689 Jacmel du conseil communautaire Pascaline L. Placide Pemerle Pemerle, Zone Lycee Saint Emilien Amila 3720-8080 Joseph, Fond des Negres Foyer Notre Route Nationale #2, Chalon, Sr. Luvia Joseph 3773-0153, 3886-8305, 3407-0303, Dame du Miragoane 3746-5478 Perpetuel Secours Foyer des Petits Leogane, Chatuley Mme Morin B.Sherly 36743306 Demunis 156 Annexe 9. Meilleures pratiques sur les institutions existantes en Haïti – IBESR 2012 Avec l'objectif d'inculquer les meilleures pratiques sur les institutions existantes en Haïti IBESR (2012) a proposé les critères suivants 6) La pratique professionnelle  Buts et objectifs de l’institution écrits  Politique de protection de l’enfant, Code de Conduite, écrite, affichée et connue de tous les employés et enfants  Politique de protection de l’enfant, Code de Conduite, écrite, affichée et connue de tous les employés et enfants  Bonne pratique démontrée en matière de protection des enfants par les employés  Processus d’admission et de référence clairs  Tous les enfants ont un projet de vie individuel  Tous les placements sont revus régulièrement  Les soins d’accompagnement existent pendant et après la prise en charge (suivi) 7) Les soins personnels  L’alimentation des enfants est adéquate, correctement prépare, nutritive et saine  Les enfants ont accès à des soins de santé préventifs et curatifs  Les jeux et les activités récréatives sont encouragés  Le droit des enfants à l’intimité des enfants est respecté  Les enfants reçoivent l’appui nécessaire pour pouvoir faire des choix informés  Les enfants sont traités avec dignité et respect en tout temps 8) Les employés responsables des soins  Les relations et les attachements positifs des enfants sont encouragés  Le sens d’identité des enfants est maintenu  Les méthodes de contrôle et de sanctions sont définies  Les enfants sont encouragés à exprimer leurs opinions et leurs idées  Les enfants ont accès à l’éducation formelle, informelle et professionnelle selon leurs besoins  Les besoins spécifiques des bébés et des jeunes enfants sont satisfaits 9) Le personnel responsable de la prise en charge des enfants  Les procédures de recrutement et de sélection assurent une prise en charge de qualité et la protection des enfants  Les employés reçoivent l’appui requis et sont supervisés régulièrement  Le déploiement du personnel assure une prise en charge de qualité et la protection des enfants  La formation et le développement professionnels sont disponibles pour les employés 157 10) Les ressources  Les services sont accessibles et appropriés pour leur objectif  Le logement des enfants favorise leur santé et leur développement 11) La gestion  Des dossiers appropriés de programme sont maintenus  Les dossiers et les détails confidentiels des enfants sont respectés et maintenus  Les propriétaires et les gestionnaires des programmes de prise en charge sont imputables et redevables (à l’IBESR) 158 Annexe 10. Proposition technique Cette proposition répond à un appel d’offre de l'IBESR relatif à une étude sur les enfants placés en institution6 en Haïti. En collaboration avec le bureau régional de l'UNICEF pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (TACRO) et avec le soutien de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH), l’IBESR souhaite conduire une étude de la situation et des conditions des enfants placés dans ces établissements. Plus précisément, l'étude se concentrera sur les raisons de l’institutionnalisation de ces enfants, sur le processus de placement dans les institutions, et sur le type de soutien, de soins, et de protection qu'ils reçoivent dans ces établissements. L'étude contribuera au développement de politiques et au processus de prise de décisions pour l'État haïtien, et au-delà, pour l’ensemble des organismes de protection de l'enfance. L'étude sera divisée en quatre phases : Revue de la littérature, Recherche Qualitative, Étude Quantitative, Analyse et Élaboration du rapport final. À la fin de chaque étape, le consultant présentera ses conclusions et plans de recherche pour la phase suivante au Comité Technique composé de représentants de l’IBESR et de l'UNICEF. 1. Revue de la littérature (2 semaines): un examen des ressources écrites disponibles relatives aux institutions pour enfants en Haïti : y compris les lois Haïtiennes et internationales, les rapports de l'UNICEF et autres organismes de protection de l'enfance, traités universitaires, enquêtes journalistiques, ainsi que d'un examen et une analyse du contenu des sites web des institutions haïtiennes. Résultat: La connaissance d'enquêtes passées et observations clés; l'histoire et le contexte politique dans lequel se sont développées les institutions (maisons d’enfants en particulier) en Haïti, relation à la demande d’adoption des pays développés, les agences d'adoption et de parrainage d’enfants; recueil des définitions juridiques et des lois régissant les institutions; développement d’un guide de recherche pour l’étude qualitative à suivre. 2. Enquête qualitative (6 semaines): Entrevues avec des spécialistes clés dans le domaine de la protection de l’enfance : responsables et spécialistes du gouvernement, des Nations Unies et des ONG. La méthodologie employée sera celle d’entretiens directs. Résultat: mieux comprendre l'histoire des institutions en Haïti, leur relation avec l'adoption et le parrainage; le système administratif existant pour la gouvernance, la surveillance et la réglementation, les problèmes perçus et les plans pour l'extension d'un système de suivi et de responsabilisation. 6 Par institution, on entend l’ensemble des centres prenant en charge l’enfant à temps plein tels que les maisons d’enfants, les centres de détention, les établissements pour enfants handicapés, etc. 159 2.1. Le consultant visitera également un échantillon d'au moins 40 institutions (maisons d’enfants, centres de détention (masculin et féminin) et centres pour enfants souffrant de handicaps) et conduira des entrevues - avec l'aide d'un guide écrit - avec les directeurs des institutions, les employés, les voisins et autres membres non-institutionnels de la communauté (maire, prêtre, nonne, infirmière, médecin). Les entrevues seront suivies par une recherche menée sur internet afin de vérifier les réponses faisant référence à des organismes extérieurs. Une méthode d’entrevues directes sera utilisée, avec demande de documentation, suivi de la recherche via internet, poursuite des contacts avec les représentants pour les institutions étrangères associées. De manière à obtenir un point de vue comparatif de la part des informateurs dans les communautés. La sélection des institutions pour l'échantillon qualitatif sera faite par communauté et en sélectionnant plusieurs institutions situés dans cette même communauté ou ses environs. Résultat: comprendre les structures administratives et financières des organisations, leur conformité avec les lois, leur sources de soutien, leur orientation religieuse, leur infrastructure, leur lignes directrices et de pratiques pour l'alimentation, les soins, l’éducation, la discipline, la provision d'activités récréatives pour les enfants et la visite des familles. Et également essentiel, les avis, les observations et les idées des propriétaires et du personnel concernant les enfants, leurs familles, et le rôle de l'institution dans leur vie. 2.2. Le consultant organisera des groupes de discussion avec des enfants plus âgés dans chacune des maisons d’enfants et centres de délinquants. Des entrevues complémentaires seront menées avec les enfants des rues et les enfants ou adultes ayant été institutionnalisés. La méthodologie utilisée sera le groupe de discussion avec exercices d’amorce, écriture de lettre confidentielles, et entretiens informels. Résultat: bien comprendre les points de vue des enfants, les raisons pour lesquelles ils pensent que les enfants sont envoyé dans des institutions d’accueils ; qui sont ces enfants ; pourquoi certains refusent d'y demeurer ; les plaintes et les critiques générales ; les perceptions sur les structures trouvées la recherche avec les directeurs; ce qu'ils apprécient dans les institutions et les expériences positives ; leurs recommandations sur la façon de les améliorer et le rôle qu'ils pensent que l'état devrait jouer. 3. Enquête Quantitative (6 semaines) : 3.1. Une étude quantitative sera développée en s'appuyant sur les résultats de l'examen de la littérature et de l’étude qualitative. Les questions spécifiques seront déterminées après les autres étapes de la recherche et en consultation avec le Comité Technique. Elles incluront le nombre d’enfants et profils de population (sexe, âge), le type d’infrastructures de l’institution (bâtiment, lits, salle de bains/latrines, source d'approvisionnement en eau, assainissement, 160 cuisine et installations de loisirs), la composition administrative (taille du personnel) ; les services proposés aux enfants (l'éducation, les loisirs et les soins médicaux); l'origine et les qualifications des propriétaires de maisons d’enfants, leurs orientation face à l'adoption, leur appartenance religieuse, les alliances intentionnelles internationales, et leur temps de service. 3.2. Un sous-échantillon stratifié des maisons d’enfants sera sélectionné pour une étude plus en profondeur des enfants : y compris la filiation, le temps passé en institution, les raisons de leurs institutionnalisation et niveau d'éducation. 3.3. Un autre échantillon aléatoire d’enfants sera sélectionné pour des visites et entretiens avec les familles. Sélection de l'échantillon: en fonction de la zone géographique et compte tenu de l’opposition entre zones urbaines et rurales, un nombre restant à déterminer de maisons d’enfants seront choisies de façon aléatoire parmi les 725 maisons d’enfants recensées par l'IBESR. Un nombre supplémentaire de maisons d’enfants non recensées sera lui aussi déterminé. Le consultant formera ensuite une équipe d’inspecteurs. Utilisant des téléphones intelligents (tablettes) programmés sur plateforme ODK, l'équipe se rendra dans chacun des centres sélectionnés et y conduire une analyse sur la base du questionnaire développé en collaboration avec le Comité Technique. 4. Analyse et rédaction du rapport final (3 semaines) L'analyse et la présentation comprendront différents points de vue, y compris ceux des propriétaires étrangers/internationaux, du personnel, des enfants, des parents, des responsables et des membres de la communauté. Des profils statistiques seront présentés. Le rapport final se présentera approximativement de la manière suivante : a. Orientation: Revue de la littérature, de l'histoire, du contexte politique et économique des institutions en Haïti, liens avec les organismes religieux et avec l’extérieur, le parrainage, l'orientation face a l'adoption, la surveillance du gouvernement et internationale, la conformité aux exigences en matière d'inscriptions et normes juridiques, l'estimation du nombre d’orphelinats non-enregistrés. b. Profils des institutions : profils structures des institutions, type de services et de soutien aux enfants (graphique et tableau résumé des institutions échantillonnées) ; fonctionnement interne des institutions et vue sur les enfants des directeurs et du personnel ; profils des enfants, de leurs origines, état et conditions actuelles; l'exploration des motifs de l’institutionnalisation des enfants et, très important, le point de vue de l'institution et le point 161 de vue des enfants sur eux-mêmes, les autres enfants, et l'avenir ; présentation et analyse des bonnes pratiques ; l’analyse comportera une comparaison des zones rurales et urbaines dès les enfants et une typologie des institutions. c. Recommandations ***** 162 Annexe 11. Contacts pour les entretiens qualitatifs NOM PRÉNOM POSITION ORGANISATION EMAIL BEAUVOIR Jules Hans Child protection UNICEF BERNARD Abbe Regional coordinator, IBESR Bernardo230@yahoo. Hinche fr BICKEL John Founder of Haiti RCCI God's Littlest Angels BOHAN Coner Educational UHELP Founder cbohan@uhelp.net specialists BOURGET Elsa Staff Protection de elsa.bourget@diplom l'Enfance et atie.gouv.fr Adoption Internationale BROUDIC Caroline Ancienne URD caroline.broudic@wa Coordinatrice nadoo.fr BULLOCK Bill Volunteer Free the Kids 918-520-0039 BURNHAM Thor Historian PhD Haiti specialist thor.burnham@gmail .com CLAY Corrigan Missionary Apparent Fashion corrigan.clay@google Filmmaker mail.com CURTIS Margaret Art teacher, donor mavy9@aol.com DALEXUS Serge Staff International serge.dalexus@rescu Rescue Comm. e.org, DEBROUWER Thomas Food Security ACF thomas_debrouwer@ Coordinator hotmail.com DELORME Patrick Former sub-minister MSPP DEPREZ Simon Consultant CARE simondeprez@hotma il.fr DOGLIOTTI Camilla Staff TDH Italie camilladogliotti@gma il.com FERRY Pierre Child protection UNICEF FORTIN Isabelle Coordinatrice URD ifortin@urd.org GEBRIAN Bette Anthro PhD Founder Haiti bette_haiti@hotmail. Health com Foundation GEORGES Islande Staff TdH islandegeorges.cadet @tdh.ch GILREATH Gilreath Donor 828-859-9010 BEHRENDS Behrends GRIMES Shasta Adoptive parent shastagrimes@yahoo applicant .com. GUTTON Caroline Directrice-pays Initiative caroline.gutton@gma Development il.com 163 NOM PRÉNOM POSITION ORGANISATION EMAIL HARBOURY Isabelle Chargée de mission isabelle.haboury@dip au pôle lomatie.gouv.fr développement HAMILTON Kyle Research assistant Duke University Kyle.hamilton@chpir. org HOBBIE Amy International sector Duke University Amy.hobbie@duke.e program coordinator du HOUDON Claire Disability Handicap coordo.handicap@ha Perrin Coordinator International ndicap-international- haiti.org JEAN Cinedais Director, Gonaives IBESR JEAN-LOUIS Roosevelt IBESR JOYCE Kathryn Journalist Author of Child kathrynajoyce@gmail Catchers .com JUSTIN Anostal Staff IBESR KOONS Anna Project coordinator Duke University anna@chpir.org LABATTUT Eleonore Service urbanisme & CIAT eleonore.labattut@ci Habitat at.gouv.ht MACKEY Yoland Former adoption agent MARCELIN David Save the Children MARKS Tessa Staff International Tessa.Marks@rescue. Rescue org Committee MESSER Lynne Duke University lynne.messer@pdx.e du METZNER Tobias Programme Manager IOM tmetzner@iom.int Counter-Trafficking METZNER T Staff IOM tmetzner@iom.int MUNROY Isabel Nurse MURRAY Gerald Anthro PhD University murray@ufl.edu Professor NOEL Richener Sociologue Université d'Etat noel.richener@gmail. d'Haïti com O’DONNELL Karen Duke University odonn002@mc.duke. edu PALINKA Tamara Adoptive parent tamarapalinka@hot applicant mail.com. PARRIS Debra Director of Family European debra@eaci.com Recruitment Adoption Consultants 164 NOM PRÉNOM POSITION ORGANISATION EMAIL PEDUTO Kristine Child protection UNICEF PETIT-FRERE Louis- Regional coordinator, IBESR louismary.petitfrere Mary Cap-Haitien @yahoo.fr PURGUS Claire Managing Editor Schuster Institute cppurgus@brandeis.e Pavlik Journalism du REED Michelle Haiti Program America World michelle.reed@awaa. Director, Adoption org. REGIS Jacques Regional coordinator, IBESR Greguy Jacmel REMY Occean Regional coordinator, IBESR occeano2@gmail.com Ouanaminthe ROCKS Denise Deputy Director Save the Children ROTABI Karen Author and Professor United Arab ksrotabi@yahoo.com Emirates University SANGSTER Jacob Orphanage Director CorLuv jakesangster@gmail.c om SELMAN Peter Author and Professor Newcastle pfselman@yahoo.co. University uk SMUCKER Glen Anthro PhD Haiti grsmucker@aol.com specialist.consult ant SYLVESTRE Gladys Founder and CEO of Foundation pour Gladhaiti@hotmail.co Haiti RCCI les Infants d'Haiti m THOMAS Yoland Founder of K-12 Evergreen 34011175 school Academy TRUELOVE Carol Ann Clinic director Faith Medical geo_cat1986@yahoo. Clinic com TRUELOVE George Faith Medical geo_cat1986@yahoo. Clinic com VAN PARIJS Benjamin Directeur-pays ACTED benvanparys@gmail.c om VAN SCHOYK Barbara Missionary VAN SCHOYK Gregory Missionary VAUGHAN Stephen Save the Children VILLEDROUIN Arielle Director General IBESR Jeanty WALSH Amber NGO coutntry UHELP Country awalsh@uhelp.net director UHELP Director WHETTEN Kate Professor Duke University k.whetten@duke.edu WHETTEN Rachel International sector Duke University rachel.whetten@duk director e.edu 165 Annexe 12. Les points de vue des experts Pour conclure cette section qualitative, nous offrons les réflexions de 8 personnes ayant vécu et travaillé en Haïti au cours des 20 à 50 dernières années. Leurs points de vue sont essentiels pour bien comprendre le rôle des Centres Résidentiels pour Enfants en Haïti. 1. Glenn Smucker, PhD en Anthropologie, Citoyen américain, cumulant plus de 40 années d’expérience en tant que chercheur et consultant en Haïti. Il est l’auteur de 3 rapports important sur les enfants en Haïti: Haiti – The Uses of Children : A Study of Trafficking of Haitian Children (2004); Orphans and Other Vulnerable Children in Haiti: A Field Report (2005); et, Lost Childhoods in Haiti (2009). Mon point de vue: La plupart des enfants placés en orphelinat ont une famille proche, habituellement leurs parents sont vivants, les orphelinats servent d’alternative à une famille d’accueil informelle ou au placement dans d’autres familles en but de fréquenter l’école, les résidents d’orphelinat sont généralement plus scolarisés que leurs frères et sœurs vivant avec leurs parents, l’admission à un orphelinat est communément perçue comme un privilège par la famille, puisqu’on y voit la promesse d’une éducation et de l’acquisition de compétences de travail, d’une meilleure alimentation qu’à la maison et d’un avenir plus prometteur. Les enfants et les employés rencontrés à Fond des Nègres ont indiqué que les enfants disent souvent préférer vivre à l’orphelinat plutôt qu’à la maison, parce qu’ils y sont mieux nourris et y reçoivent une éducation. L’orphelinat renvoyait de nombreux enfants à la maison pour la période estivale. Les enfants revenaient presque invariablement amaigris et revenaient avec plaisir à « l’orphelinat » en automne. Il s’agit plutôt d’un pensionnat, même si on l’appelle orphelinat. 2. Gerald Murray, PhD, Professeur Emeritus, Département d’Anthropologie, Université de la Floride. Citoyen américain. Cumulant plus de 40 ans en tant que chercheur et consultant en Haïti. Co-auteur, avec Glenn Smucker, de The Uses of Children: A Study of Trafficking of Haitian Children. J’ai demandé à des villageois de m’expliquer le sens du mot créole ofelina et ils l’ont défini comme un endroit où les parents pauvres envoient leurs enfants pour qu’ils reçoivent de la nourriture et une éducation. Le mot anglais orphanage n’est pas une bonne traduction. Le concept de boarding school est à propos, mais sous-entend une institution cossue fréquentée par des familles aisées. Les revenus sont alors générés auprès des parents. Dans le cas d’un ofelina, ce sont plutôt les familles des pays riches et les groupes religieux qui sont mis à contribution alors qu’on leur fait croire que (1) les pensionnaires n’ont pas de parents et que (2) leur argent sera utilisé pour aider les enfants. Ni l’une, ni l’autre de ces propositions n’est vraie. Les orphelinats haïtiens que je connais bien ne s’occupent pas nécessairement des enfants en tant que « résidents à temps plein ». J’ai constaté des cas où un certain « pasteur » qui s’occupait d’un orphelinat financé par des familles chrétiennes américaines à coup de versements mensuels prétendait supporter 50 enfants alors que seuls 9 ou 10 enfants fréquentaient l’établissement en permanence. Quand le groupe de soutien blan (étranger) a annoncé qu’il y aurait une visite sur le 166 site, il s’est démené pour trouver 40 autres enfants à leur montrer. Un collègue de ma femme Loli vit à Gainsville en Floride et a hébergé un enfant haïtien qui avait besoin d’une chirurgie très onéreuse. Ces parents adoptifs bien intentionnés et généreux ont été choqués quand cet « orphelin » s’est mis à leur parler de ses parents encore vivants. Il leur a aussi dit le plus innocemment du monde que seuls quelques enfants vivent vraiment à « l’orphelinat » et que le « pasteur » se démenait à remplir son établissement quand les blancs arrivaient. La mère adoptive a fondu en larme et l’enfant est de retour chez ses parents en Haïti. Elle tente toujours de lui venir en aide. En ce sens, je suis mal à l’aise devant le mépris que l’on manifeste souvent aux familles d’adoption. En me basant sur ma propre expérience anecdotique, j’aimerais apporter quelques contrastes. Un don mensuel en argent pour un orphelinat en Haïti ou l’adoption d’un enfant haïtien ? Le « pasteur » pencherait certainement vers le don. o Une adoption charitable dans une famille ayant déjà des enfants ou une adoption dans une famille qui n’a pas d’enfant et qui cherche à en avoir ? L’adoption d’enfants haïtiens tombe sous la première définition. Je constate que la deuxième description concerne surtout des parents qui se rendent en Chine ou en Russie plutôt qu’en Haïti. Il serait facile d’y voir du racisme. Je ne suis pas partisan de ce genre d’anthropologie du mépris. Il existe une criminalisation à saveur ethnocentrique de tous les services de placements d’enfants antillais de la part de professionnels des « droits de la personne » qui qualifient ces enfants d’esclaves. Dans le rapport que j’ai publié avec Glenn Smucker, j’ai écrit: « Le terme « esclave » relève de la métaphore incendiaire et peut servir des fins militantes, mais il n’a pas du tout le sens qu’on lui donne en Haïti, même lorsqu’on l’utilise en tant qu’épithète. Quand les haïtiens qualifient un enfant restavèk de ti esklav, ils utilisent ce mot de manière métaphorique, un peu comme on qualifierait un patron exigeant d’esclavagiste. L’enfant restavèk est un enfant dont on abuse, mais ce n’est pas un esclave. Le concept de travailleur domestique non rémunéré a une consonance moins dramatique, mais décrit beaucoup mieux cette réalité. » Par contre, si vous désirez vous faire un nom en tant que militant pour les droits de la personne, il vaut bien mieux pour vous de les définir en tant qu’esclaves, plutôt que de s’attarder à des considérations secondaires, telles que la logique, la perspective ethnographique, ou le bien-être de l’enfant qui est déplacé. 167 3. Isabelle Monroy, citoyenne française, infirmière en médecine tropicale. Cumulant plus de vingt ans de travail dans les provinces d'Haïti. Tout d'abord, il y a 2 termes qui peuvent mener à une confusion: les crèches et les orphelinats. D'après ce que j'ai compris ... L’orphelinat: institut qui recueille des enfants dont les parents sont encore en vie. Ces enfants sont scolarisés dans cet "orphelinat", y dorment, y vivent. Certains d'entre eux retournent chez leurs parents pendant les vacances, d'autres non. Je ne sais pas si ces structures sont payantes pour les parents. Elles sont parfois subventionnées par des églises, souvent américaines. Mais il n'y a aucun contrôle. J'en ai connu 2 dans la commune de Bombardopolis : un non accessible en voiture (j'y suis allée à la demande de l'OMS). Il y avait des enfants malnutris (kwash), je n'ai pas vu un nombre de matelas correspondant au nombre d'enfants... Dans une autre structure, les enfants se faisaient abuser par les responsables (filles ou garçons) Les crèches : reconnues par IBSER. Recueillent les enfants pour adoption internationale. Mais j'ai rencontré une Française qui m'a raconté que le premier enfant qui lui a été attribué était mort. Un employé de cette crèche lui a dit que les parents étaient revenus le prendre et que la directrice avait dit non. Les parents auraient ensuite étouffé l'enfant. Certaines crèches demandent aux parents adoptants une aide financière à donner à la famille de l'enfant adopté. Parfois ils obligent les adoptants à rencontrer les familles biologiques. J'ai connu plusieurs crèches et j'ai été "missionnée" par des parents adoptants pour visiter l'enfant ou lui apporter un cadeau. Mais certaines crèches refusent les visiteurs (qu'ont-elles à cacher?). Pour d'autres, il faut un rendez-vous et être très ponctuel. Si on arrive à l'improviste, ou vous renvoie ou alors comme ça m’est arrivé, on vous fait attendre 3/4 d'heure .... L'enfant est arrivé talqué, habillé .... Une adoptante m'a dit qu'elle avait ouvert un placard dans une crèche et qu'elle avait vu, entassés, tous les vêtements, peluches, etc. envoyés par les familles adoptantes, mais qui n'avaient jamais été utilisés. La plupart des crèches n'ont pas de financement pour nourrir correctement les enfants. Ils mangent des bouillies dès leur plus jeune âge. J'en ai aussi connu une qui mettait jusqu'à 3 à 4 nourrissons dans des petits lits. Lors des visites des étrangers, mettaient les enfants en train d'être adoptés dans une autre chambre, plus "Américaine". Ça fait mieux. Pas ou peu de contrôle, pas de sanction ... 168 4. Bette Gebrian, PhD en anthropologie médicale. Citoyenne américaine. Fondatrice de la HHF (Haiti Health Foundation). Cumulant plus de 30 ans d’étude et de travail en Haïti. Il est difficile pour un étranger de comprendre comment les enfants sont élevés en Haïti. Compte tenu du haut taux de mortalité maternel et de l’absence de nombreux pères, les nouveau-nés et les enfants sont pris en charge et éduqués par de nombreux adultes (et leurs frères et sœurs ainés). Un professionnel haïtien, lorsqu’on l’a interrogé en créole, a eu cette réflexion à propos des orphelinats: « Certains d’entre eux sont surtout des entreprises! C’est un moyen de gagner sa vie. Les besoins sont là et certains aident les enfants, mais ils gardent une grande part des dons…ils ne sont pas réglementés ! » Il ya quelques années, une analyse a été menée par le (gouvernement Haïtien) sur l’état des orphelinats : salles de bain, modalités d’hébergement, rangement, réfrigération, etc.,... Les établissements ont reçu une évaluation chiffrée et un laps de temps pour redresser la situation. Je ne sais pas trop ce qui est advenu de ces efforts et de ce rapport, mais nous entendons dire que les visites se poursuivent pour vérifier si des améliorations ont été apportées. J’ai même entendu dire qu’un établissement a été forcé de fermer à Jérémie. Il existe 4 pensionnats protestants (2 appartiennent à des Haïtiens, 2 nouveaux établissements ont des propriétaires Etasuniens) et 3 pensionnats catholiques (1 prêtre haïtien, 1 prêtre canadien d’origine haïtienne et un établissement hébergeant 53 filles appartenant aux Sœurs Haïtiennes de Charité de Sainte-Hyacinthe). Le ministère de Mère Teresa de Calcutta opère des franchises à travers le monde et se démarque de tout le reste. Ils opèrent en tous cas un centre de soins de longue durée et des installations pour les malades. J’ai eu une discussion auprès de Sœur Maryann à la HHF concernant la situation à laquelle nous faisons face à Jérémie et dans les villages voisins depuis plus de 25 ans. Voici nos réflexions: Les vrais orphelins: Malheureusement, étant implantés ici depuis si longtemps, nous sommes vite informés quand deux parents meurent. Le désastre du Neptune en 1993, le SIDA, le choléra et le séisme de 2010 ont, par exemple, fait de nombreux orphelins. Dans presque tous les cas, des membres de la famille de ces enfants les prennent en charge. C’est ce que font les Haïtiens. Les fratries sont parfois séparées, mais tous se retrouvent chez des parents proches ou éloignés. Les grand-mères deviennent souvent les principales responsables des enfants. La HHF appuie des centaines de familles de ce genre à Jérémie. Sans exception, elles prennent en charge des enfants dont les parents directs sont absents, parfois dès la naissance. 169 Les enfants abandonnés: Les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa, l’Hôpital Saint-Antoine, et même les cliniques de la HHF ont reçu des enfants sans jamais pouvoir savoir d’où ils proviennent. Il s’agit parfois de nourrissons, parfois de jeunes enfants. Les fonctionnaires des services sociaux s’en occupent. Ils peuvent être mis en adoption par le bureau des services sociaux de Jérémie et, dans le cas des Missionnaires de la charité, envoyés à l’établissement de Port-au- Prince pour y être adoptés. Les enfants hospitalisés, puis abandonnés : Cela ce produit parfois chez les Missionnaires de la Charité à Jérémie ainsi que dans l’hôpital du MSPP. Lorsque c’est possible, les religieuses se rendent au lieu de naissance de l’enfant pour le réunir avec ses parents. Les foyers d’accueil: Les services sociaux placent parfois des enfants dans des organisations qui s’en occupent. Il y en a plusieurs à Jérémie. Il y a par exemple l’Orphelinat Yvrose (établissement haïtien protestant fondé au cours des années 1980) et Notre Dame du Perpétuel Secours (établissement tenu par une Haïtienne catholique depuis 2006 et opérant une école depuis 1998). Leur support provient d’amis, de visiteurs et de la diaspora haïtienne. Les soins de santé pour ces enfants ne sont pas dispensés par le gouvernement haïtien. Les groupes religieux qui appuient ces institutions déplorent souvent l’état de santé des enfants et le manque flagrant de médicaments et de vaccins. Les soins offerts sont irréguliers. Pensionnats: Quand les familles sont incapables de s’en occuper, des enfants sont parfois confiés au prêtre catholique Andeo de la paroisse. Ils n’opèrent pas d’orphelinat ou de centres de soins. Il y a huit ans, un prêtre catholique a établi deux centres : un pour les garçons et un autre pour les filles dans la ville de Jérémie où on les nourri et où ils sont scolarisés quand ils sont assez âgés (les églises et les chapelles se trouvent en zone rurale.) Le centre que la HHF connaît bien est bien administré et les enfants y sont bien traités. Ils reçoivent une aide d’une église catholique et possèdent un magasin et une boulangerie pour générer des revenus dont les enfants profitent. À la HHF, nous ne comprenons pas pourquoi une clinique gratuite pour les pauvres n’est fréquentée ni à des fins préventives ni à des fins curatives. La plupart du temps, des travailleurs des centres font leur propre diagnostic, achètent eux-mêmes des médicaments et traitent eux- mêmes les enfants. Même quand des organisations missionnaires allouent des fonds aux soins de santé, ils ne sont pas utilisés. Nouveaux « orphelinats »: Des parents proches ou éloignés confient des enfants dont ils ne peuvent plus s’occuper à l’un des « orphelinats » de la ville. Ceux-ci sont gérés par des étrangers. Les visiteurs croient souvent à tort que les pensionnaires sont orphelins. Des groupes viennent les visiter pour leur « donner de l’amour » selon eux. L’un d’entre eux a été frappé par le choléra et a été sommé par le MSPP d’améliorer les mesures d’hygiène. 170 Pensionnat: Ils hébergent des enfants handicapés qui rentrent chez eux (peut-être) les weekends et pour les vacances scolaires. L’école St-Vincent et une autre institution à Les Cayes en sont des exemples. Ils reçoivent également des fonds de groupes missionnaires. Quant aux plus jeunes, de nombreux Haïtiens recherchent des enfants qui peuvent se rendre utiles à la maison et préfèrent les prendre en charge à 3 ans, alors qu’ils peuvent encore être « entraînés à la loyauté ». Nombre d’entre eux ont commenté à Sœur Maryann que les enfants qu’on emmène chez soi à 5 ou 8 ans sont déjà trop indisciplinés. Nous avons aussi été témoins de nombreuses adoptions ; c’est un processus qui prend de nombreuses années. Des familles américaines et européennes ont adopté des enfants atteints d’handicaps mentaux ou physiques. D’autres ont adopté un ou deux enfants que l’on savait orphelins. Ces familles affirment unanimement que c’est un processus long et coûteux…mais qu’ils sont contents de s’occuper de ces enfants. 5. Couple de missionnaires anonymes. Citoyens américains. Habitent et travaillent depuis plus de vingt ans en zone rurale haïtienne. Orphelinats. Les orphelinats sont évidemment nécessaires. Il vaut mieux pour un enfant d’y vivre que d’être à la rue. Par contre, il faut mettre un bémol, puisque certains orphelinats sont si mauvais, qu’il vaudrait mieux être à la rue. Selon nous, l’orphelinat est un dernier recours. Les enfants dont les parents sont vivants ne devraient pas être dans des orphelinats/foyers de l’enfance. Si possible, les enfants dont les oncles, tantes ou grands-parents sont vivants devraient habiter avec eux. Même chez des étrangers, leur sort serait plus enviable. Même s’ils sont traités comme des citoyens de seconde classe et doivent travailler plus fort que les enfants biologiques, ils seraient mieux traités qu’en institution. L’image qu’on se fait d’un orphelinat n’a presque rien à voir avec la réalité haïtienne. Haïti est un endroit où il est difficile de survivre et les enfants qui sont élevés dans un « très bon orphelinat » n’acquerront que très rarement les aptitudes nécessaires à leur survie en dehors des murs de l’institution. Un « très mauvais » orphelinat est, quant à lui, bien pire que la rue. Nous connaissons des gens qui ont investi 500000$ dans la construction d’un foyer pour 20 filles à Port-au-Prince. Ils ont mis tous leurs efforts à s’assurer de n’offrir des places qu’à de véritables orphelines. Jamais personne n’a fondé d’orphelinats avec de meilleures intentions, mais nous avions des doutes dès le début. Le premier problème est le suivant : plus on s’affaire à bien mener une institution, plus les parents s’affairent à y faire entrer leurs « orphelins ». D’année en année, nous avons appris que bien des filles avaient une famille et même des parents. Par contre, notre plus grande inquiétude était plutôt que nous ne voyions pas comment des filles élevées dans un milieu aussi « aisé » seraient en mesure de subvenir à leurs propres besoins vers le début de la vingtaine. 171 Le principal, c’est que, même s’il s’agissait de la meilleure des institutions, l’orphelinat ne devrait jamais être un premier recours. Sauf quand on a de bonnes raisons de croire qu’un enfant sera battu ou abusé sexuellement, le meilleur lieu est toujours le foyer familial. Selon nous, un bon orphelinat devrait remplir ces conditions : Il devrait toujours y avoir une supervision rigoureuse de la part de personnes indépendantes qui n‘ont rien à gagner en maintenant l’institution ouverte. Présence de figues parentales : des gens très présents qui font office d’autorités parentales. Il devrait y avoir un couple agissant comme figure parentale pour chaque groupe de 25 enfants tout au plus. Tous les enfants devraient être inscrits dans une école sanctionnée par l’État. L’apprentissage d’un métier devrait être central dans l’éducation des, puisqu’ils ne pourront pas se tourner vers leurs familles une fois en âge de quitter. Une planification poussée devrait être consacrée à éviter les contacts sexuels entre les enfants. On devrait offrir aux enfants des nourritures saines en quantités appropriées. Les enfants devraient avoir des corvées quotidiennes à accomplir. Nous sommes conscients que ce dernier point ne fait pas l’unanimité, mais nous croyons que les enfants devraient connaître Dieu tel qu’il nous est révélé par la bible. 6. Thor Burnham, PhD en histoire. Citoyen canadien. Habite et travaille depuis plus de vingt ans en Haïti. Au début de 1996, après avoir travaillé dans le secteur privé en Haïti pendant un an, un ami haïtien m’a proposé de se joindre à lui pour fonder un orphelinat. Il m’a dit qu’on pouvait gagner beaucoup d’argent très rapidement. C’était la chose logique à faire. Mon réflexe initial a été un refus poli, mais je m'en suis rendu compte avec le temps qu’il s’agit plus d’une opportunité d’affaires que d’une mission altruiste. Au cours des années subséquentes, peu de choses se sont produites qui auraient pu diminuer mon scepticisme par rapport aux orphelinats. Ça ne veut pas dire qu’ils ne subviennent pas aux besoins réels de vraies personnes. Pourtant, mon expérience auprès des Haïtiens en milieu urbain m’a appris qu’ils entretiennent de profonds liens avec leurs contrées d’origine et l’idée qu’il puisse exister tant d’enfants sans parent et sans famille étendue me semble très étrange. Les Haïtiens semblent passés maîtres dans l’art de reconstituer des familles de manière harmonieuse. 172 Il ne fait aucun doute qu’il y ait de véritables orphelins et des orphelinats crédibles. Par contre, l’idée qu’il y ait eu plus de 400000 orphelins en Haïti après le séisme de 2010 semble relever d’autre chose que d’un besoin réel. Sans se pencher sur les données, on peut affirmer que de nombreux organismes religieux ont pris à charge des enfants dans le besoin, mais il faut se demander si la demande externe n’a pas entraîné une montée de l’offre. En d’autres mots, la recherche d’orphelins a fini par causer leur ubiquité. Étant donné le contexte de pauvreté extrême en Haïti, plusieurs groupes ont profité de cette hausse de la demande pour manipuler et produire une offre d’enfants à héberger. 7. Gregory et Barbara Van Schoyck, Citoyens américains. Habitent Haïti et y prêchent depuis plus de 20 ans. Parlons des orphelinats... Laissez-moi penser tout haut. Faisons-le point par point…. * la définition haïtienne d’un orphelin ne ressemble ne rien à celle qu’en ferait un Nord Américain – de nombreux orphelins ont un, voire deux parents bien vivants. *C’est précisément pour cette raison que certains orphelinats ne procèdent à aucune adoption. * les orphelinats, du moins en zone rurale, sont un concept relativement récent en Haïti. Je crois que si nous remontons 20 ou 25 ans, il y avait très peu de demande pour des orphelinats. Une combinaison du système maren/paren, d’une idée plus étendue de la famille et de ses supports et même le système de restavèk permettait de s’occuper relativement bien des enfants que l’on nomme aujourd’hui orphelins. * en ce moment, un grand nombre de pasteurs haïtiens se rendent compte que les Nord- Américains ont un faible pour le soin des orphelins et n’hésitent pas à verser de grandes sommes d’argent à des orphelinats – sans pour autant leur demander des comptes. * Cette situation a été créée de toutes pièces par des Nord-Américains et je trouve injuste d’en jeter le blâme sur les pasteurs haïtiens. * Nous avons eu vent d’un ou deux orphelinats qui, par le passé (peut-être depuis dix ans), n’avaient aucun enfant en résidence, jusqu’au jour d’une visite planifiée d’un groupe étasunien ou canadien. Les visiteurs étaient accueillis dans des dortoirs remplis d’enfants joyeux. Un fois leur départ, les enfants retourneraient à la maison. * Certains avocats de Port au Prince font fortune dans l’adoption d’enfants. De grandes sommes d’argent ont été dépensées par des adoptants potentiels qui sont venus en Haïti de nombreuses fois dans l’espoir de prendre la garde de leur enfant adoptif, pour apprendre qu’ils avaient omis de présenter le formulaire 1063 C (ou n’importe quoi d’autre) au Gouvernement haïtien. 173 * Nous connaissons un orphelinat à Pignon qui est géré par des Étasuniens. Ils s’occupent des enfants avec amour et compassion dans un environnement qui place les besoins des enfants en priorité. Un environnement sain, des vêtements adéquats, des soins de santé, beaucoup d’amour, une bonne scolarisation et de la formation professionnelle pour les plus âgés. * Nous connaissons un orphelinat en milieu rural qui opère presque sans aucune aide gouvernementale et dont le directeur et les employés sont haïtiens. Les conditions de vie y sont spartiates et il est clair que les ressources financières de l’établissement sont à la limite de sa survie. Pourtant, les enfants y reçoivent au moins un repas complet par jour et plusieurs d’entre eux peuvent fréquenter l’école. Quand des Américains de passage se font inviter par le directeur à visiter son établissement, ils sont outrés des conditions de vie des enfants. Par contre, si on demandait à la communauté locale ce qu’elle en pense, le consensus serait que ces enfants sont très privilégiés. Les Américains en jugent selon leurs standards aisés et les Haïtiens en jugent selon des standards haïtiens et les alternatives qui s’offrent à ces enfants…rester avec leurs familles et risquer de manger beaucoup moins bien, dormir à même le sol et n’avoir que très peu de chances de fréquenter l’école. 8. Patrick Delorme, MD, MPH, Citoyen haïtien. Ancien sous-ministre haïtien de la santé (MSPP). Youn moune pa ka di ke pa gen kek bon bagay ki fet nan kek ophelina an Ayiti pou ede kek timoune ki vreman pa genyen yon manman ou yon papa ou yon fanmi proch ki te ka okipe yo. Men pou la majorite de ka, mwen panse ke li ta pi bon si yo ta vle vreman ede, pou yo ta cheche yon fanmi- y ti moune sa yo pou ta okipe yo. Ti moune sila tap gen selon mwen, yon meye priz an chaj, meye atansyon, plis lanmou e plis chans pou yon landemen miyo. Sinon, pi fo nan swa dizan ophelina sa yo se kob yap fe sou tet ti moune sa yo. An kle pou mwen, meye solisyon an se pa ophelina. se ta plito yon milye familyal kote ti moune nan ta santi li pi ankadre, pi an sekirite'. On ne peut pas dire qu’il n’existe pas en Haïti d’orphelinat qui fasse du bon travail pour aider des enfants qui n’ont vraiment ni père, ni mère, ni famille proche qui puisse les prendre en charge. Mais dans la plupart des cas, je crois que le mieux serait de réunir ces enfants avec des proches qui peuvent s’en occuper. C’est ainsi, selon moi, qu’ils seront le mieux pris en charge, aimés, auront plus d’attention et pourront espérer un avenir meilleur. D’autre part la plupart des soi- disant orphelinats ne font qu’amasser des profits sur le dos des enfants. Pour moi, en tout cas, la meilleure solution ce n’est pas l’orphelinat, c’est plutôt un milieu familial où l’enfant se sentira encadré et en sécurité.