Impact socioéconomique de la pandémie COVID-19 en Haïti : résultats de l'enquête auprès des ménages haïtiens
- 69 % des ménages déclarent une baisse de leur revenu mensuel après l'arrivée du COVID-19, 79 % en milieu rural contre 60 % en urbain, et pour un peu plus de la moitié d'entre eux la baisse atteint 60 % ou plus.
- 61,7 % n'avaient aucune source de revenu stable avant la pandémie, et 80 % vivaient avec moins de 20 000 gourdes par mois (environ 312 USD).
- 71,1 % craignent de ne pas avoir assez à manger ; 85,2 % avaient déjà réduit les quantités, 82,3 % le nombre de repas et 45,7 % avaient passé des journées entières sans manger.
- 57,4 % des ménages n'ont pas pu obtenir de traitement régulier ou de médicaments, en raison du coût (41,5 %) et de la peur de la contagion (39,2 %), la vaccination de la petite enfance et les maladies chroniques étant les plus touchées.
- 97,3 % des ménages n'ont pas eu accès à l'enseignement en ligne du MENFP après la fermeture des classes, et la majorité des enfants scolarisés n'ont mené aucune activité d'apprentissage.
L'enquête SEIA sur les impacts socioéconomiques du COVID-19 est une enquête auprès des ménages représentative au niveau national, composée de 87 questions en 11 modules, administrée en face à face en juillet 2020 auprès d'un échantillon aléatoire de 6 292 ménages tirés des sections d'énumération de l'IHSI, dont 6 174 ont accepté de répondre. Le plan de sondage repose sur l'échantillon-maître construit par l'IHSI en 2011 pour l'ECVMAS-2012. L'échantillon se répartit presque à parts égales entre milieu urbain (50,3 %) et rural (49,7 %), avec 23,7 % dans l'aire métropolitaine, et les résultats sont représentatifs à l'échelle nationale mais pas par département.
Sur les revenus, 61,7 % des ménages n'avaient aucune source de revenu stable avant la pandémie (68,1 % en urbain, 55,1 % en rural) et 80 % vivaient avec moins de 20 000 gourdes par mois, soit environ 312 USD à l'époque. Après l'arrivée du COVID-19, 69 % déclarent une baisse de leur revenu mensuel, davantage en milieu rural (79 %) qu'urbain (60 %), et pour un peu plus de la moitié d'entre eux la baisse atteint 60 % ou plus ; les ménages ont emprunté ou puisé dans leur épargne. Sur l'alimentation, 71,1 % craignent de ne pas avoir assez à manger, tandis que 85,2 % avaient déjà réduit les quantités, 82,3 % le nombre de repas et 45,7 % avaient passé des journées entières sans manger. Sur la santé, 57,4 % des ménages n'ont pas pu obtenir de traitement régulier ou de médicaments, en raison du coût (41,5 %) et de la peur de la contagion (39,2 %) ; les traitements les plus souvent manqués sont la vaccination de la petite enfance (14,3 %) et le suivi des maladies chroniques (11,8 %). Sur l'éducation, 97,3 % des ménages n'ont pas eu accès aux outils d'enseignement en ligne mis en place par le MENFP après la fermeture des classes. Près de 90 % des ménages s'estiment affectés et 24,4 % se disent optimistes sur l'avenir du pays. Le rapport se conclut par des recommandations sur les campagnes d'information à la radio et à la télévision, l'aide alimentaire, l'enseignement à distance et le rétablissement de la vaccination de routine et du suivi des maladies chroniques.
Comment citer
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD); Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA); Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI); Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), 2022, Impact socioéconomique de la pandémie COVID-19 en Haïti : résultats de l'enquête auprès des ménages haïtiens, https://www.undp.org/fr/haiti/publications/impact-socioeconomique-de-la-pandemie-covid-19-en-haiti