(2022-03) Enpak sosyoekonomik pandemi COVID-19 la an Ayiti: rezilta ankèt nan fwaye ayisyen yo
Rezime — Rezilta ankèt nan fwaye sou sa pandemi COVID-19 la fè ak revni, travay ak sekirite alimantè an Ayiti, PNUD pibliye l an 2022 ak CNSA ak MSPP. Se done ankèt, se pa pwojeksyon modèl, se sa ki fè enterè li.
Deskripsyon Konple
Pifò sa yo te pibliye sou COVID-19 an Ayiti se te pwojeksyon yo te fè nan kòmansman pandemi an. Rapò sa a bay done fwaye yo kolekte apre, sa ki pèmèt konpare pwojeksyon yo ak sa fwaye yo di sou revni, travay ak aksè manje.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
IMPACT
SOCIOÉCONOMIQUE
de la pandémie
COVID-19
en Haïti
RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE AUPRÈS
DES MÉNAGES HAÏTIENS
RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Ministère de la Santé Publique
et de la Population
CNSA
Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire
Haïti
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Impact socioéconomique de la pandémie
2 COVID-19 en Haïti
RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
IMPACT
SOCIOÉCONOMIQUE
de la pandémie
COVID-19
en Haïti
RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE AUPRÈS
DES MÉNAGES HAÏTIENS
Table des matières
Remerciements et contributions
6
Résumé exécutif
7
Liste des graphiques
8
1 Introduction
13
2 Contexte et objectifs
14
3 Aspects méthodologiques de l’enquête
16
4 Résultats
19
4.1
Caractéristiques sociodémographiques des ménages
21
4.2
Connaissances et attitudes face à la pandémie
25
4.3
Perceptions sur la gestion de la pandémie
33
4.4
Emploi et revenus
34
4.5
Accès a nourriture et services de base
40
4.6
Santé et sécurité
45
4.6.1
Santé
45
4.6.2
Sécurité
52
4.7
Éducation
54
4.8
Migration
56
4.9
Perceptions générales et perspectives
57
5 Conclusions et recommandations
5.1
Conclusions
59
59
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
5
Remerciements et contributions
L
e Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Haïti a
lancé en juillet 2020 une enquête pour mesurer les impacts socioéconomiques
de la pandémie du COVID-19 sur les conditions de vie des ménages haïtiens.
Ce travail initié depuis avril 2020 avec une note préliminaire sur les impacts
attendus de la COVID-19 sur Haïti, a été coordonné par l’Unité de Lutte Contre la
Pauvreté du bureau du PNUD en Haïti. L’enquête nationale a été coordonnée et
supervisée par les consultants nationaux, réalisée et planifiée par la Coordination
Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA).
Le Bureau du PNUD en Haïti remercie les institutions suivantes pour leur
participation active, collaboration et support qui ont permis l’élaboration et le
bon déroulement de cette enquête nationale : l’Institut Haïtien de Statistique et
d’Informatique (L’IHSI), Le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST),
le Programme Alimentaire Mondial (PAM), L’Organisation Internationale de la
Migration (OIM), les Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), les
Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation des Nations
Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et la Banque Mondiale (BM).
Impact socioéconomique de la pandémie
6 COVID-19 en Haïti
Résumé
L
e début de l’année 2020 a été marqué au niveau international et au
niveau national par le contexte sanitaire lié à la pandémie de la Covid-19.
La propagation de ce virus à l’échelle mondiale a eu des répercussions
significatives, ce qui a affecté les ménages en différentes dimensions. Pour
dimensionner l’impact au niveau socioéconomique des ménages et pouvoir
adopter des mesures, il est important d’avoir l’information. Étant donné le
manque d’information sur les ménages en Haïti et dans le contexte de l’arrivée
de la pandémie COVID-19 dans le pays, le PNUD, en association avec d’autres
entités du système des Nations Unies et du Gouvernement, a réalisé en juillet
2020 une enquête sur les conditions socio-économiques des ménages (SEIA).
Ce document présente et analyse les principaux résultats de l’enquête afin de
mettre à la disposition du pays des informations sur les conditions des ménages
haïtiens, de manière à fournir des recommandations sur les actions à entreprendre
pour atténuer les effets de la pandémie. L’enquête comporte 11 modules qui
collectent 87 questions sur la perception des ménages en sujets comme leurs
caractéristiques sociodémographiques, leurs connaissances sur le COVID-19, leur
emploi et leurs revenus, l’accès aux services de santé et de sécurité, l’assistance
scolaire, migration et les perceptions générales de la situation dans le pays. De
manière générale, les résultats montrent un impact généralisé sur les ménages et
la nécessité de prendre des mesures pour atténuer les chocs et éviter des effets
plus durables de ces problèmes.
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
7
Liste des graphiques
Graphique 1: Répartition territoriale des échantillons-ménages (par domaine)
17
Graphique 2: Caractéristiques des chefs de ménage
21
Graphique 3: Niveau d’éducation le plus élevé atteint par le chef de ménage, par domaine
et sexe (%)
22
Graphique 4: Répartition des ménages par nombre de membres (%)
23
Graphique 5: Répartition des ménages par nombre de membres par âge (%)
24
Graphique 6: Pourcentage de ménages avec des personnes vulnérables par groupe
25
Graphique 7: Perception de disponibilité de connaissances sur le COVID-19 (%)
25
Graphique 8: Perception de disponibilité de connaissances sur le COVID-19 par niveau
d’éducation du chef de ménage (%)
26
Graphique 9: Moyen de recevoir information sur COVID-19 (% de ménages par moyen)
26
Graphique 10: Besoin d’information sur COVID-19
27
Graphique 11: Information sur COVID-19 qu’auraient aimées avoir (% de ménages par
thème)
27
Graphique 12: Moyens préfères pour recevoir l’information (% de ménages par moyen)
28
Graphique 13: Principales préoccupations des ménages liées directement au COVID-19
(% de ménages par préoccupation)
29
Graphique 14: Confort pour aller se faire tester de COVID-19
29
Graphique 15: Facteurs expliquant la réticence à se faire tester (% de ménages par facteur)
30
Graphique 16: Mesures de précaution adoptées face au COVID-19 (% de ménages par
mesure)
31
Graphique 17: Réactions du ménage dans le cas où un membre serait atteint de COVID-19
(% de ménages par réaction)
31
Graphique 18: Possibilité à se faire vacciner si un vaccin contre COVID-19 est prêt
32
Graphique 19: Connaissances des mesures prises par le gouvernement
33
Graphique 20: Niveau de satisfaction par rapport à la gestion de la crise COVID-19
33
Graphique 21: Proportion de ménages bénéficiant d’au moins une source de revenu stable
34
Graphique 22: Temps depuis lequel le ménage se bénéfice d’au moins d’une source de
revenus stables
34
Graphique 23: Principales sources habituelles de revenus du ménage (% de ménages par
source)
35
Impact socioéconomique de la pandémie
8 COVID-19 en Haïti
Graphique 24: Distribution des revenus des ménages (% de ménages par tranche en
gourdes)
36
Graphique 25: Changement de revenu mensuel du ménage suite à l’apparition du
COVID-19
36
Graphique 26: Pourcentage de diminution du niveau général de revenu du ménage suite
à l’apparition du COVID-19*
37
Graphique 27: Évolution du niveau général de revenus mensuelles des ménages suite à
l’apparition du COVID-19 (% de ménages par tranche en gourdes)
38
Graphique 28: Stratégies d’adaptation utilisées par les ménages pour compenser la perte
de revenus ou en préparation d’une éventuelle perte (% de ménages par stratégie)
39
Graphique 29: Situation d’emploi avant et pendant la pandémie (% des ménages par
catégorie)
39
Graphique 30: Distribution des mécanismes de recevoir aides préférés par les ménages
(%)
40
Graphique 31: Changement dans le montant du revenu du ménage consacré à l’alimentation
depuis l’épidémie du COVID-19
41
Graphique 32: Montant d’accroissement estimé de revenu du ménage consacré à
l’alimentation par range (en gourdes)
41
Graphique 33: Possibilité du ménage de ne pas avoir assez de nourriture suite à l’apparition
du COVID-19
42
Graphique 34: Priorités accordées aux groupes vulnérables du ménage pour l’alimentation
(en % par tranche)
43
Graphique 35: Sources d’alimentation les plus courantes utilisées par les ménages avant
et pendant le COVID-19
43
Graphique 36: Bien et services pour lesquels les ménages ont eu des difficultés à accéder
(% des ménages par catégorie)
44
Graphique 37: Difficultés d’accès relatées par les ménages
44
Graphique 38: Difficultés à se procurer des produits du panier alimentaire (% de ménages
par produit)
45
Graphique 39: Accès des ménages au traitement médical réguliers ou médicaments
46
Graphique 40: Raison par lesquelles n’ont pas eu accès au traitement médical réguliers
ou médicaments
46
Graphique 41: Traitement médical régulier ou médicaments aux quels les ménages n’ont
pas eu accès
47
Graphique 42: Type de service public où les membres ayant eu besoin d’un traitement
médical régulier ou médicaments ont pu accéder
47
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
9
Graphique 43: Évolution des dépenses en soins de santé des membres de ménage suite
à l’apparition du COVID-19
48
Graphique 44: Réponses des ménages face à l’augmentation de dépenses en soins de
santé
48
Graphique 45: Besoin d’un soutien psychosocial pour répondre aux facteurs émotionnels
dus à l’épidémie de COVID-19
49
Graphique 46: Risque de contracter COVID-19
50
Graphique 47: Perception du risque de contracter COVID-19 par niveau d’éducation
50
Graphique 48: Raison de ne pas avoir risque de contracter COVID-19
51
Graphique 49: Membres infectés ou décédés à cause du COVID-19 faisaient partie des
groupes vulnérables
51
Graphique 50: Ménages présentant des symptômes liés avec COVID-19*
52
Graphique 51: Groupe du ménage incombé la plus grande part de responsabilité au foyer
53
Graphique 52: Évolution des situations de violences faites aux femmes et filles dans le
foyer ou la communauté
53
Graphique 53: Occupation des enfants et/ou adolescents dans des activités d’apprentissage
depuis la fermeture des classes
54
Graphique 54: Types d’activités auxquelles les enfants /adolescents se sont adonnés
pendant la fermeture des classes
54
Graphique 55: Accès des enfants aux dispositifs d’enseignement en ligne mis en place par
le Ministère de l’Éducation (MENFP)
55
Graphique 56: Raisons expliquant le manque d’accès aux outils mis en ligne par le MENFP
55
Graphique 57: Proportion de ménages ayant eu 1, 2, 3, 4 et plus de 4 membres ayant
migré
56
Graphique 58: Lieu de résidence des migrants avant la pandémie
56
Graphique 59: Perception de l’affectation du ménage depuis le début de l’apparition de la
pandémie du COVID-19
57
Graphique 60: Principaux besoins pour pouvoir récupérer le même niveau de vie avant le
début de la pandémie
57
Graphique 61: Montant d’argent pouvant permettre aux ménages de joindre les deux bouts
en fin de mois, depuis l’apparition du COVID-19
58
Graphique 62: Perception de l’avenir de la situation socioéconomique du pays après la
pandémie
58
Impact socioéconomique de la pandémie
10 COVID-19 en Haïti
Liste des tableaux
Tableau 1: Répartition territoriale des échantillons-ménages (par région)
17
Tableau 2: Niveau d’éducation le plus élevé atteint par le chef de ménage, par domaine et
sexe (%)
22
Tableau 3: Distribution du changement par intervalle de revenus avant de la pandémie (%)
37
Tableau 4: Nombre de fois que les ménages ont dû recourir aux stratégies concernant la
nourriture, au cours des quatre dernières semaines
42
Tableau 5: Besoin d’un soutien psychosocial par niveau d’éducation
49
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
11
1. Introduction
L
’arrivée de la pandémie du COVID-19 déclarée en mars 2020 pose des défis
à tous les gouvernements du monde sur la manière de réagir pour protéger
les ménages dans la dimension de la santé et des effets sur l’économie. Il y
a différents champs d’actions face aux quels les gouvernements doivent prendre
des mesures en ce qui concerne à augmenter la capacité de réponse du système
de santé, aider les personnes qui manquent de revenus, protéger l’emploi et les
secteurs productifs. Cela implique une augmentation des dépenses publiques
additionnelles pour financer tout ce qui précède, dans un contexte de difficulté où
l’on veut s’assurer que tout endettement ou effort fait aujourd’hui pour financer la
dépense supplémentaire est en quelque sorte soutenable dans le futur.
La pandémie est arrivée en Haïti de manière plus maîtrisée, selon les données
disponibles, en comparaison aux autres pays, et pourtant, il arrive au pays dans
un moment où il y avait déjà de grandes difficultés et où les ménages étaient à
une époque de fragilité institutionnelle et de très grande pauvreté.
Pour savoir comment diriger une réponse, il faut avoir l’information sur les
conditions socioéconomiques des ménages et en Haïti il n’a pas beaucoup. Pour
cette raison, il est nécessaire de mener une enquête, avec toutes les restrictions
qu’elle peut avoir en termes d’informations existantes pour localiser les ménages
et la collecte de données.
En juillet 2020, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en
Haïti a mis en place l’Enquête sur les impacts socio-économiques du COVID-19 sur 6
174 ménages du pays pour collecter information sur la perception de différentes
dimensions comme les connaissances sur le COVID-19, l’emploi et les revenus,
l’accès á alimentation, aux services de santé et éducation, la migration et les
perceptions générales de la situation. L’objectif est donc compris dans quels sont
les chocs auxquels les ménages sont confrontés lors de la pandémie, comment
ils réagissent à ces chocs et comment le gouvernement réagit, avec le but qu’à
partir de là, donner de recommandation.
Ce document présente et analyse les résultats de l’enquête. Il est composé de
cinq sections comprenant cette introduction : i) Contexte et objectifs ; ii) Aspects
méthodologiques de l’enquête ; iii) Les résultats divisés en sous sections ; et iv) Les
conclusions et recommandations.
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
13
2. Contexte et objectifs
L
’enquête sur les impacts socioéconomiques du COVID-19 sur les
ménages en Haïti est réalisée par le Programme des Nations-Unies pour le
développement (PNUD) en partenariat avec d’autres agences du système
des Nations-Unies comme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fond des
Nations Unis pour la Population (FNUAP), l’Organisation International pour les
Migrations (OIM), et des partenaires gouvernementaux comme le Ministère des
Affaires Sociales et du Travail (MAST), la Coordination Nationale de la Sécurité
Alimentaire (CNSA) et l’Institut Haïtien de Statistique et d0Informatique (IHSI).
Cette enquête, qui a reçu tout le support du Gouvernement haïtien, poursuit
plusieurs objectifs dans la collecte de données fiables sur tout le territoire national
pouvant permettre au PNUD de soutenir les autorités dans l’évaluation des
impacts socioéconomiques du COVID-19 sur les ménages.
Notamment des mesures de prévention et de lutte comme le confinement partiel
et la suspension de certaines activités économiques sur les ménages, impose
le besoin d’avoir l’information pour mettre en cours la priorisation de la prise de
décision dans les mesures de soutien à court terme, ainsi que sur la planification
stratégique de récupération à moyen terme. Tout cela afin d’atténuer les impacts
secondaires du COVID-19, souvent d’ordre socio-économique, et qui peuvent
s’étendre sur une période plus longue que l’épidémie et toucher un groupe plus
large de personnes.
En fonction des arbitrages opérés en interne et en consultation avec les Autorités
locales, l’enquête auprès des ménages permet de mesurer en particulier l’impact
de la crise sur les suivants objectifs :
• Les revenus et la situation socioéconomique des ménages, y compris des
travailleurs informels.
Impact socioéconomique de la pandémie
14 COVID-19 en Haïti
• L’accès et la capacité des ménages ayant déclaré les plus faibles revenus à
se procurer des denrées alimentaires de base.
• L’accès des personnes, notamment des ménages ayant déclaré les plus
faibles revenus ou les ménages ayant l’un de leurs membres faisant partie des
groupes vulnérables visés, aux services de santé de base, santé de proximité,
y compris aux services de santé reproductive pour les femmes et les filles en
âge de procréer.
• L’accès à l’éducation pour les enfants et adolescents.
• La situation socioéconomique des femmes notamment celles confrontées
à des vulnérabilités multidimensionnelles (statut socioéconomique, situation
familiale, emploi).
• Connaissances, attitudes et pratiques concernant le COVID-19.
• La compréhension des mouvements internes et externes de personnes
observés sur le territoire national, avec une attention particulière sur les zones
frontalières.
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
15
3. Aspects
méthodologiques de
l’enquête
L
’enquête sur les impacts socioéconomiques du COVID-19 sur les ménages
en Haïti (SEIA) est un échantillon par sondage sur les perceptions des
ménages sur différents thèmes compris de 87 questions en 11 modules. Elle
est composée de 6 292 ménages (desquels 6 174 ont accepté de répondre) tirés
de manière aléatoire, mais basé sur les Sections d’Énumération (SDE) utilisés par
l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) pour réaliser les enquêtes
nationales afin de s’assurer de la représentativité des résultats à l’échelle nationale.
L’élaboration du plan de sondage de cette collecte, s’est basée sur l’échantillon‐
maître conçu en 2011 par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique à partir
de l’EMEM-03 lors de la préparation de l’Enquête sur les Conditions de Vie des
Ménages Après le Séisme du 12 janvier 2010 réalisé en 2012 communément
appelé ECVMAS-2012.
La collecte d’informations s’est déroulée en personne en juillet 2020, et pour
chaque ménage un seul membre pouvait répondre, et devait avoir l’âge légal,
vivre dans le ménage, mais ne pas nécessairement être le chef de ménage.
Tous les résultats correspondent au pourcentage des ménages enquêtés, étant
donné que l’enquête est représentative au niveau national, mais ne pas au niveau
territorial. La distribution au niveau de domaine, se concentre en 23,7 % dans Aire
Métropolitaine, 10,8 % Artibonite et le reste distribué entre les autres (Tableau 1). Et
Impact socioéconomique de la pandémie
16 COVID-19 en Haïti
en relation avec la distribution entre zones, les ménages enquêtés se distribuent
également entre les milieux urbain (50,3 %) et rural (49,7 %) (Graphique 1)
Tableau 1: Répartition territoriale des échantillons-ménages (par région)
Domaine
%
Aire métropolitaine
23,7
Artibonite
10,8
Centre
7,5
Grand’Anse
6,3
Nippes
5,4
Nord
9,5
Nord-Est
6,9
Nord-Ouest
7,1
Ouest
9,2
Sud
7,4
Sud-Est
6,2
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 1: Répartition territoriale des échantillons-ménages (par
domaine)
49,7%
50,3%
Urbain
Rural
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
17
4. Résultats
C
ette section présente les résultats les plus importants en neuf soussections. Les principaux résultats sont décrits ci-dessous et présentés en
détail dans chaque sous-section.
Les caractéristiques sociodémographiques des ménages montrent que les chefs
de ménage sont surtout jeunes avec un faible niveau d’éducation, ils sont répartis
à peu près également entre les hommes et les femmes, et la plupart d’entre eux
ont un partenaire. La taille des ménages est en moyenne 4,7 personnes, mais il y
en a de toutes tailles. Les ménages comptent avec des personnes vulnérables en
raison de leur âge (petite enfance et personnes âgées), des malades chroniques
ou des femmes enceintes ou allaitantes.
Par rapport aux connaissances et attitudes face à la pandémie, les ménages
ont peu de disponibilité de connaissances, et ceux qui ont utilisent comme
moyen pour recevoir l’information surtout la radio, la télévision et les personnes
de confiance (amis et leaders). Étant donné qu’ils n’ont pas beaucoup
d’informations, un nombre important disent avoir besoin de connaissances
sur les mesures de prévention, signes et symptômes et options de
traitements. Les principales préoccupations qu’ils manifestent sont liées avec
la maladie en soi-même et ne pas avec les autres variables. Les ménages
hésitent à être testés et se vacciner si un vaccin contre COVID-19 est prêt.
La perception sur la gestion de la pandémie montre qu’il y a peu de connaissance
des mesures adoptés par le gouvernement et un très bas niveau de satisfaction
de la gestion.
La situation d’emploi et revenus des ménages reflet qu’une grande proportion
ne compte pas avec des sources stables de revenus, que la source principale
et membres qui travaillent, une grande concentration des revenus de moins de
20 000 gourdes mensuelles (312 USD), et un impact négatif sur les revenus
à cause de la pandémie. Les ménages ont pris des mesures d’adaptation en
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
19
empruntant l’argent ou dépensant leurs épargnes. La situation d’emploi pendant
la pandémie a changé en relation avec le nombre de personnes sans emploi qui
a augmenté. Au moment de recevoir aides, les ménages préfèrent la livraison en
nature comme mécanisme.
En relation avec l’accès à nourriture et services de base le montant de revenu
consacré à l’alimentation a changé pour les ménages ou bien parce qu’il a
augmenté en proportion aux revenus ou parce qu’il a diminué en générale. Un
nombre important dit qu’ils ont la possibilité de ne pas avoir assez de nourriture
et dans certains cas ont dû adopter des mesures, comme priorisation de certains
groupes vulnérables. L’accès à certains biens et services a présenté des difficultés.
L’accès aux services de santé et la situation de sécurité en termes de violence
à l’intérieur du ménage et dans la communauté montrent que presque la moitié n’a
pas accédé à cause d’augmentations des prix et peur et difficultés pour aller aux
centres de santé. Les traitements au quels les ménages n’ont pas accédé sont
la vaccination des petits enfants et les traitements des maladies chroniques. Les
services sont offre surtout pas des hôpitaux privés et dispensaires. Un nombre
de ménages ont augmenté leurs dépenses en santé et pour compenser
ils ont emprunté d’argent ou dépenser l’épargne. Peu de ménages manifestent le
besoin de recevoir l’appui psychosocial. La perception du risque de tombé malade
varie celons le niveau d’éducation du chef de ménage, et les personnes qui sont
tombé malades du COVID-19 est bas. La violence domestique des ménages
enquêtés n’a pas changé.
Dans la dimension d’éducation la majorité des enfants et des adolescents
scolarisés n’ont pas eu accès à l’éducation durant la pandémie, et ne participent
pas à activités complémentaires. Et dans la dimension de migration des personnes
des ménages enquêtés est très basse et peu représentative.
Finalement, sur les perceptions générales et perspectives les ménages report
un haut niveau d’affectation dont les principaux besoins sont en relation avec la
nourriture, les revenus et l’éducation des enfants et adolescents. Sur le montant
de revenus nécessaires, il y a un pourcentage important qui a répondu d’avoir
besoin de ressources additionnelles. Et la perception de l’avenir de la situation su
pays est pessimiste pour la plus part.
Impact socioéconomique de la pandémie
20 COVID-19 en Haïti
4.1. Caractéristiques sociodémographiques des
ménages
Au niveau national, les chefs de ménage sont plutôt masculins (55,3 %) que
féminin (44,7 %), et plus marqué au niveau rural où la participation masculine est
plus haute (60 %). Les chefs de ménage sont relativement jeunes, près de 50 %
sont âgés entre 41 et 64 ans et 31 % entre 26 et 40 ans. La majorité des ménages
ont un chef avec un partenaire, marié ou placé, et 19.5 % sont des ménages sans
partenaires, entre lesquelles 77 % sont femmes (Graphique 2).
Graphique 2: Caractéristiques des chefs de ménage
A. Sexe
B. Groupe d’âge
4,0%
14,7%
32,2%
44,7%
55,3%
49,1%
Masculin
Entre 18-25 ans
Féminin
Entre 26-40 ans
Entre 41-64 ans
65 ans et plus
C. Statut matrimonial
7,7
0,5
0,2
4,8
33,9
9,9
11,4
31,8
Marié
Placé
Veuf / veuve
Célibataire
Séparé
En union libre
Divorcé
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
21
Le niveau d’éducation des chefs du ménage est très bas, 28 % semble n’avoir
eu aucune éducation et le pourcentage plus élevé est l’école primaire (30 %)
(Graphique 3). Les différences entre les sexes sont très marquées, puisque
l’éducation des femmes est plus faible pour tous les niveaux avec des écarts de
4 à 5 points de pourcentage en comparaison aux hommes, et particulièrement
représentent un pourcentage plus important de personnes n’ayant aucun niveau
d’éducation, soit 33,4 % contre 24,2 % pour les hommes (Tableau 2).
Graphique 3: Niveau d’éducation le plus élevé atteint par le chef de
ménage, par domaine et sexe (%)
35
30,2
29,3
30
25,5
25
%
20
15
10
8,6
5,0
5
1,4
0
Aucun
Préscolaire
Primaire
Secondaire
Universitaire Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Tableau 2: Niveau d’éducation le plus élevé atteint par le chef de ménage,
par domaine et sexe (%)
Urbain
Masculin
Rural
Féminin
Masculin
Féminin
Aucun
9,0
15,5
33,2
47,7
Prescolaire
2,2
4,0
7,0
7,0
Primaire
22,2
29,4
36,4
27,7
Secondaire
45,3
39,6
19,7
14,6
Universitaire
19,5
10,7
2,2
1,7
Je ne sais pas
1,8
0,9
1,5
1,3
100,0
100,0
100,0
100,0
Total
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
22 COVID-19 en Haïti
La taille des ménages est en moyen entre 4 et 5 personnes, variant selon le milieu
de résidence (4,9 ruraux et 4,6 urbain). Il y a un nombre important de grands
ménages, puisque 28,9 % des ménages ont plus de 6 personnes (Graphique 4).
Graphique 4: Répartition des ménages par nombre de membres (%)
5,0%
2,8%
4,0%
5,8%
10,6%
8,4%
15,9%
12,7%
15,7%
1
2
19,2%
3
4
5
6
7
8
9
10+
Source : SEIA Haïti (2020).
En examinant le nombre de personnes qui ont les ménages pour chaque tranche
d’âge, on constate que 37 % des ménages ont des petits enfants, et 24 % ont
de personne du troisième âge, les deux groupes d’âge les plus vulnérables. Un
nombre important des ménages (65 %) ont au moins un enfant et adolescents
entre 5 et 18 ans, groupe en âge scolaire. Et en relation aux personnes en
âge productive, presque 96 % ont au moins une personne entre 18 et 65 ans
(Graphique 5).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
23
Graphique 5: Répartition des ménages par nombre de membres par âge (%)
(A)
Entre 0 et 5 ans
8,2%
(B) Entre 5 et 18 ans
1,4%
8,2%
0,3%
10,9%
35,1%
26,6%
63,5%
19,8%
26,0%
0
1
2
3
4+
0
(C) Entre 18 et 65 ans
1
2
3
4+
(D) Plus de 65 ans
4,2%
5,2%
0,3%
15,6%
18,4%
22,7%
20,4%
76,1%
37,2%
0
1
2
3
4+
0
1
2
3
Source : SEIA Haïti (2020).
Par rapport aux autres groupes vulnérables, 40,4 % des ménages ont répondu
de ne pas avoir. Entre ceux qui ont dit avoir personnes vulnérables, presque un
de chaque quatre ménages ont au moins une personne qui souffre une maladie
chronique (23,6 %), 14,7 % des ménages ont une femme enceinte ou allaitante, et
4,3 % personnes handicapées (Graphique 6).
Impact socioéconomique de la pandémie
24 COVID-19 en Haïti
Graphique 6: Pourcentage de ménages avec des personnes vulnérables par
groupe
40,4
Aucune
Personnes souffrant d’une maladie chronique
23,6
Femmes enceintes ou allaitantes
14,7
Personnes handicapées
4,3
Je ne s'ai pas
1,2
Travailleurs ou travailleuses de sexe
0,2
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
%
Source : SEIA Haïti (2020).
4.2. Connaissances et attitudes face à la pandémie
La perception de disponibilité de connaissances sur COVID-19 est très basse
étant donné que plus de 60 % des ménages pense qu’ils n’ont pas ou qu’ils
ont peu (Graphique 7). Seulement 20 % des ménages considèrent qu’ils ont des
connaissances sur le COVID-19 et le niveau de connaissance augmente avec
le niveau d’éducation du chef de ménage. Les membres des ménages dont le
chef avec un niveau d’éducation secondaire ou universitaire considèrent qu’ils
ont bonne ou très bonne connaissance sur le COVID-19 en 25,2 % et 40,5 %
respectivement (Graphique 8).
Graphique 7: Perception de disponibilité de connaissances sur le COVID-19 (%)
4,4 3,4
16,0
17,3
59,0
Pas du tout
Un peu
Plus ou moins
Bonne
Très bonne
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
25
Graphique 8: Perception de disponibilité de connaissances sur le COVID-19
par niveau d’éducation du chef de ménage (%)
100
90
80
1,2
12,3
17,3
70
3,9
2,6
13,9
13,2
15,2
19,6
5,5
16,0
19,7
24,5
15,4
%
60
16,4
50
40
65,3
64,8
30
61,1
55,9
42,2
20
10
0
3,9
2,3
Aucun
Préscolaire
Pas du tout
3,7
Primaire
Un peu
0,9
3,5
Plus ou moins
Secondaire
Bonne
Universitaire
Très bonne
Source : SEIA Haïti (2020).
Le moyen pour recevoir l’information sur le COVID-19 le plus commun est la
radio (87,4 %) suivi d’un proche ou un ami (32, 1%). Il y a des différences entre
les milieux urbain et rural dans les autres sources d’information. Dans le milieu
urbain il y a accès à télévision et réseaux sociaux, pendant que dans le milieu
rural l’information est reçue par un proche ou un ami ou par des campagnes
d’information (Graphique 9).
Graphique 9: Moyen de recevoir information sur COVID-19 (% de ménages
par moyen)
87,4
Radio
32,1
Un proche / un ami
26,5
Campagne d’informaDon
23,0
Télévision
18,5
Réseaux sociaux
17,0
SMS/ applicaDon de messagerie
12,7
Leader communautaire
10,3
Journal
6,6
Leader religieux
6,3
Sites internet
5,9
Personnel de santé
0
10
20
30
Total
Urbain
40
50
%
Rural
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
26 COVID-19 en Haïti
60
70
80
90
100
En leur demandant s’ils ont besoin d’informations sur COVID-19, la plupart des
ménages a répondu affirmativement (79,2 % des ménages) (Graphique 10). Les
principaux thèmes sur lesquels ils ont besoin sont des mesures de prévention et
la façon d’identifier et de traiter la maladie comme les signes de symptômes et
options de traitement. Les différences entre les milieux urbain et rural sont parce
que les ménages ruraux veulent accéder à information avant d’être infecté en
termes de prévention et traitement, tant que les urbains veulent savoir sur les
traitements et conséquences. Les ménages pouvaient choisir plus d’une option,
par lequel le pourcentage correspond au nombre de ménages qui ont choisi
chaque option sur le total de ménages (Graphique 11).
Graphique 10: Besoin d’information sur COVID-19
20,9%
79,2%
Oui
Non
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 11: Information sur COVID-19 qu’auraient aimées avoir (% de
ménages par thème)
70,5
Mesures de préven8on
56,1
Signes et symptômes
55,4
Op8ons de traitement
32,8
Causes
25,5
Conséquences
0
10
20
30
40
%
Total
Urbain
Rural
50
60
70
80
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
27
Pour recevoir de nouvelles informations, les canaux qu’ils préféreraient utiliser
sont les canaux traditionnels (radio, campagnes d’information et télévision) et est
mis en évidence l’importance des canaux de confiance tels comment les leaders
communautaires. En comparaison en ce qui concerne les médias qu’ils utilisent
actuellement, les réseaux sociaux et les sites Internet perdent l’importance. Il y a
des différences entre les zones urbaines et rurales entre les médias traditionnels
(télévision, journal et réseaux sociaux) pour les premiers et les personnes de
confiance (leader communautaire un proche ou un ami) pour les deuxièmes
(Graphique 12).
Graphique 12: Moyens préfères pour recevoir l’information
(% de ménages par moyen)
76,4
Radio
31,8
Campagne d’informa7on
26,5
Leader communautaire
20,4
Télévision
Personnel de santé
20,0
Un proche / un ami
18,1
11,1
SMS/ applica7on de messagerie
10,2
Réseaux sociaux
8,1
Journal
7,7
Leader religieux
4,4
Sites internet
1,0
Guérisseur tradi7onnel
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
%
Total
Urbain
Rural
Source : SEIA Haïti (2020).
L’enquête demande aux ménages quelles sont leurs principales préoccupations,
sur lesquelles les résultats montrent que celles liées au COVID-19 sont très
importantes. En considération aux préoccupations en relation avec le COVID-19,
le pourcentage est plus élevé dans les zones rurales que dans les zones urbaines,
tandis que le revenu et l’éducation des enfants dans les zones urbaines (Graphique
13). Les problèmes récurrents en Haïti comme la sécurité personnelle, l’étroitesse
de la maison, et la violence dans le foyer ne sont pas considérés très importantes
pour les ménages enquêtés, en comparaison avec autres préoccupations qui
ont gagné d’importance. Un point important est que 19 % des ménages sont
préoccupés par l’éducation des enfants, compte tenu du fait que le pourcentage
de ménages qui ont au moins un enfant est plus élevé, cela montre que ce n’est
pas un problème qui soit considérable pour les ménages.
Impact socioéconomique de la pandémie
28 COVID-19 en Haïti
Graphique 13: Principales préoccupations des ménages liées directement
au COVID-19 (% de ménages par préoccupation)
Source : SEIA Haïti (2020).
Autre dimension sur laquelle les ménages ont été demandé est la possibilité de se
faire tester. Les réponses montrent qu’il y a une haute résistance aux tests (36,4
%) (Graphique 14), principalement à cause de la peur d’aller à l’hôpital et d’être
en contact avec d’autres personnes (Graphique 15).
Graphique 14: Confort pour aller se faire tester de COVID-19
29,3%
34,3%
36,4%
Oui
Non
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
29
Graphique 15: Facteurs expliquant la réticence à se faire tester (% de
ménages par facteur)
Peur d’être infecté à l’hôpital ; trop de risques
65,6
Peur d’être la cible de la populaFon (entourage)
44,0
Problème de crédibilité du gouvernement face à
la COVID-19
38,5
Manque d’informaFons sur la maladie
24,2
Indisponibilité des tests dans les hôpitaux
15,3
Autre
1,9
Je ne sais pas
3,1
0
10
20
30
40
50
60
70
%
Source : SEIA Haïti (2020).
En relation l’attitude des ménages face au COVID-19, 94 % des ménages ont
répondu d’avoir pris des mesures de précaution. Les mesures les plus récurrentes
sont se laver les mains (92,2 %), porte de masques (61,5 %) et distanciation
sociale (39,3 %), surtout dans le milieu urbain (Graphique 16). Cette réponse doit
être prise avec prudence, car les ménages qui ont accès à l’eau ou à un endroit
pour se laver les mains est très bas dans le pays (69 % des ménages n’ont pas
accès) et encore plus grave en zone rurale par rapport aux zones urbaines (75 %
et 61 % respectivement)1.
1
Haïti Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services 2016-2017 - EMMUS-VI.
Impact socioéconomique de la pandémie
30 COVID-19 en Haïti
Graphique 16: Mesures de précaution adoptées face au COVID-19 (% de
ménages par mesure)
92,2
Lavage régulier des mains avec du savon
61,5
Port de masques
39,3
Distancia=on sociale (1,5 mètre)
29,2
Cesser de serrer la main ou tout contact physique
22,8
Réduire les déplacements à l’extérieur de la maison
16,0
Rester à la maison
U=lisa=on de la médecine tradi=onnelle
14,4
Main=en des surfaces propres
12,6
Prier Dieu
4,1
Port de gants
3,5
Boire de l’eau
3,1
U=liser un préserva=f pendant les rapports sexuels
0,7
Rester loin des animaux
0,2
Autre
0,03
0
Total
10
Urbain
20
30
40
50
%
60
70
80
90 100
Rural
Source : SEIA Haïti (2020).
Au moment où ils tombent malades du COVID-19, la principale réaction du
ménage serait aller à l’hôpital (53,2 %), mais le pourcentage de personnes qui
prendraient soin d’eux-mêmes à domicile est toujours élevé (27,8 %) (Graphique
17).
Graphique 17: Réactions du ménage dans le cas où un membre serait
atteint de COVID-19 (% de ménages par réaction)
53,2
Aller à l’hôpital
27,8
Rester à la maison et se soigner soi-même
25,5
Appeler le numéro Covid-19 dédié
20,5
Appeler les services d’urgence
14,0
Aller voir un guérisseur tradi<onnel/local
Parler à un dirigeant communautaire
3,5
Aller à la pharmacie
2,5
Parler à un chef religieux
1,4
Rien, con<nuer la vie quo<dienne
1,4
Rester à la maison et rien faire
1,2
Autre
3,0
0
10
20
Total
Urbain
Rural
30
%
40
50
60
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
31
Dans le cas de l’apparition d’une vaccine contre le COVID-19 qui devient
disponible, la résistance à se faire vacciner est élevée, puisque seulement 17,2
% des ménages accepteraient de la recevoir (Graphique 18). Le pourcentage de
ménages qui veulent être vaccinés dans les zones rurales est plus élevé que dans
les zones urbaines (21,6 % contre 12,8 %). Il y a des différences entre les sexes,
donnée que la possibilité de se faire vacciner est plus élevée chez les hommes
que chez les femmes (20,0 % contre 13,8 %).
Graphique 18: Possibilité à se faire vacciner si un vaccin contre COVID-19
est prêt
8,4%
17,2%
74,4%
Oui
Non
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
32 COVID-19 en Haïti
4.3. Perceptions sur la gestion de la pandémie
Il y a peu de connaissances des mesures prises par le gouvernement lié à un
niveau d’insatisfaction très élevé sur la gestion de la crise (Graphique 19 et
Graphique 20).
Graphique 19: Connaissances des mesures prises par le gouvernement
50
45,8
45
40
35
30
29,1
% 25
20
15
11,5
11,2
10
5
0
2,4
Pas du tout
Un peu
Plus ou moins
Bien
Très bien
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 20: Niveau de satisfaction par rapport à la gestion de la crise
COVID-19
70
66,6
60
50
40
%
30
18,2
20
10,4
10
3,3
0
Insa0sfait
Peu sa0sfait
Moyennement
sa0sfait
1,6
Sa0sfait
Très sa0sfait
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
33
4.4. Emploi et revenus
Les ménages ont été questionnées sur les revenus avant de l’arrivée du COVID-19
au pays. Les résultats indiquent que plus de la moitié (61,7 %) des ménages
report ne pas avoir au moins une source de revenue stable (Graphique 21). Cette
proportion est plus haute dans le milieu urbain (68,1 %) que dans le milieu rural
(55,1 %). De ceux qui ont des revenus stables, 77 % l’ont depuis plus de 5 ans
(Graphique 22).
Graphique 21: Proportion de ménages bénéficiant d’au moins une source
de revenu stable
38,3%
61,7%
Oui
Non
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 22: Temps depuis lequel le ménage se bénéfice d’au moins
d’une source de revenus stables
1
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
34 COVID-19 en Haïti
La Graphique 23 présente les principales sources habituelles des ménages. La
principale source est un membre travaillant, pour presque la moitié des ménages
(46,7 %). La catégorie « autre » recueille un pourcentage élevé de réponses (46,3
%), qui a l’intérieur des réponses comprend des activités liées au travail informel,
travail indépendant comme la vente de produits ou commerce. Ce pourcentage
élevé peut s’expliquer par l’interprétation donnée par les répondants à l’option
« membres du ménage travaillant », considérant qu’elle correspond à un emploi
permanent et non à un travail indépendant. Le reste des revenus habituels
correspond à l’aide de la famille ou d’entités comme ONG églises, etc.
Graphique 23: Principales sources habituelles de revenus du ménage (% de
ménages par source)
46,7
Membres du ménage travaillant
46,3
Autre
8,8
Sou=en financier d'un parent dans le pays
Envoi de fonds / revenus envoyés par un membre
de la famille ou un ami
6,9
3,8
Don/cadeau de la communaute/des voisins
0,8
Pension sociale/solidaire
0,6
Percep=on de loyer (s)
Projet / Programme d'assistance de la société
civile (ONG, église, etc)
Projet d'assistande et programme de protec=on
sociale du Gouvernement
0,6
0,3
0
Total
Urbain
10
20
30
%
40
50
60
Rural
Source : SEIA Haïti (2020).
En termes de revenu que reçoivent les ménages, la distribution des ménages selon
les réponses de l’enquête indique que 80 % de la population vit avec moins de
20 000 gourdes mensuels (312 USD). Le pourcentage des ménages qui gagnent
plus de 100 000 gourdes (1560 USD) est très faible (1,2 %) (Graphique 25).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
35
Graphique 24: Distribution des revenus des ménages (% de ménages par
tranche en gourdes)
Source : SEIA Haïti (2020).
La plupart des ménages ont eu une diminution des revenus mensuels (69 %)
depuis l’apparition du COVID-19, et la diminution a été plus profonde en zone
rurale (60 % urbain et 79 % rural) (Graphique 25). En relation à la diminution des
revenus des ménages, pour plus de la moitié, est supérieur à 60 % (Graphique
26).
Graphique 25: Changement de revenu mensuel du ménage suite à
l’apparition du COVID-19
3,2% 0,8%
27,0%
69,0%
Diminu0on
Aucun changement
Augmenta0on
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
36 COVID-19 en Haïti
Je ne sais pas
Graphique 26: Pourcentage de diminution du niveau général de revenu du
ménage suite à l’apparition du COVID-19
60
52,0
50
%
40
30
25,6
20
12,5
10
0
5,3
Moins de 10%
4,7
Entre 10% et 19%
Entre 20% et 39%
Entre 60% et 79%
80% et plus
Source : SEIA Haïti (2020).
L’énorme baisse de revenu s’est produite pour tous les niveaux de revenu des
ménages avant la pandémie. Cependant, la réduction est plus concentrée pour
les ménages avec des niveaux plus faibles revenus (moins de 20 000 gourdes
mensuelles, équivalent à 314 USD) (Graphique 27).
Tableau 3: Distribution du changement par intervalle de revenus avant de la
pandémie (%)
Intervalle
Aucun
changement
Diminution
Augmentation
Je ne sais
pas
Moins de 2.500
17,3
6,8
10,6
21,6
9,9
Entre 2.500 et 5.000
20,6
18,8
23,2
27,5
19,5
Entre 5.001 et 10.000
19,4
25,5
17,2
19,6
23,5
Entre 10.001 et 20.00
21,5
24,6
23,7
17,7
23,7
Entre 20.001 et 30.00
11,9
13,4
10,6
5,9
12,8
Entre 30.001 et 50.00
5,5
7,2
6,6
3,9
6,7
Entre 50.001 et 100.0
2,4
2,8
3,5
3,9
2,7
Plus de 100.000
1,4
1,0
4,6
0,0
1,2
Total
100
100
100
100
100
Total
Source : SEIA Haïti (2020).
Comme résultat des changements des revenus mensuelles, la distribution des
ménages a changé en comparaison à avant de l’apparition du COVID – 19. La
répartition des revenus mensuels pendant la pandémie se concentre dans les
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
37
niveaux les plus bas, reflétant la baisse du nombre de ménages avec des revenus
plus hauts que 5 000 gourdes (78 USD).
Graphique 27: Évolution du niveau général de revenus mensuelles des
ménages suite à l’apparition du COVID-19 (% de ménages par tranche en
gourdes)
30
26,9
23,5
25
22,7
20,4
20
23,7
19,5
%
17,3
15
10
12,8
9,9
7,5
5
6,7
3,0
2,7
1,4
0
Moins de 2.500 Entre 2.500 et Entre 5.001 et Entre 10.001 etEntre 20.001 etEntre 30.001 etEntre 50.001 et
5.000
10.000
20.000
30.000
50.000
100.000
Avant
1,1 0,7
Plus de
100.000
Pendant
Source : SEIA Haïti (2020).
Les ménages ont dû adopter des mesures pour compenser la diminution des
revenus. D’entre les mesures, l’emprunt d’argent et dépense de l’épargne du
ménage sont les principales stratégies d’adaptation des ménages et il est à
souligné que 24,8 % des ménages n’ont pas pris aucune mesure. Les différences
entre les zones urbain et rural sont évidentes. Dans le milieu rural « la vente
ou consommation de récolte/bétail » est la mesure la plus importante (36,2 %
des ménages rurales), que par définition est la façon d’épargner en nature,
très commune entre les personnes rurales. Par contre, dans le milieu urbain, la
dépense de l’épargne est la mesure la plus importante (39,3 % des ménages
urbains) (Graphique 28).
Impact socioéconomique de la pandémie
38 COVID-19 en Haïti
Graphique 28: Stratégies d’adaptation utilisées par les ménages pour
compenser la perte de revenus ou en préparation d’une éventuelle perte (%
de ménages par stratégie)
30,5
30,2
24,8
7,1
7,1
3,5
2,8
2,6
1,9
1,8
0,4
0,3
7,7
Source : SEIA Haïti (2020).
Par rapport à l’occupation, les principales situations d’emploi sont comme
travailleur indépendant (40 %) et travailleur informel (9 %), être vrai avant et
pendant la pandémie. Il convient de souligner l’augmentation du nombre de « sans
emploi », qui a augmenté de plus de 7 points de pourcentage, dans le période. Il
est également remarquable la diminution des employer formels (salarié du secteur
privé et publique, employer ou propriétaire d’entreprise) (Graphique 29).
Graphique 29: Situation d’emploi avant et pendant la pandémie (% des
ménages par catégorie)
40,83
39,91
14,29
14,51
14,01
21,15
9,67
8,79
6,85
4,68
5,57
3,92
4,03
3,4
1,05
0,75
0,97
1,15
0,79
0,81
0,62
0,44
0,55
0,53
0,42
0,53
0,34
0,42
45
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
39
Les ménages ont été questionnées sur les revenus complémentaires à titre d’aide.
Les ménages qui recevaient des revenus d’une entité correspond à 17 %, dont
la moitié est une aide gouvernementale. Le 14 % des ménages recevaient des
revenus d’amis ou de parents. Comme dans certaines dimensions, il y a des
différences entre moyen rural et urbain. Les ménages des zones rurales ont reçu
le plus d’aide d’amis ou de parents (19 %), et dans les zones urbaines, ils ont reçu
un peu plus d’aide des ONG (0,7 % contre 0,4 % des zones rurales). Demandant
qu’elle soit le mécanisme préféré pour recevoir d’aide ils, ont répondu en un 71,7
% que c’est la livraison en nature (Graphique 30).
Graphique 30: Distribution des mécanismes de recevoir aides préférés par
les ménages (%)
71,7
17,0
4,1
1,9
0,9
4,5
Source : SEIA Haïti (2020).
4.5. Accès a nourriture et services de base
La variation des dépenses alimentaires s’est produite pour environ 90 % des
ménages, où bien par un accroissement (47,0 %) ou une diminution (41,1 %).
Puisque que ces données correspondent à l’évolution du pourcentage de revenu
alloué à l’alimentation, la variation peut s’expliquer par une variation de la valeur
du panier alimentaire ou par la variation des revenus (Graphique 31). La valeur du
changement indique qu’un de chaque quatre ménages a augmenté les dépenses
en alimentation entre 5 000 et 10 000 gourdes (78 et 157 USD), et que le montant
d’accroissement est de plus de 10 000 gourdes (157 USD) pour 47,8 % des
ménages (Graphique 32).
Impact socioéconomique de la pandémie
40 COVID-19 en Haïti
Graphique 31: Changement dans le montant du revenu du ménage
consacré à l’alimentation depuis l’épidémie du COVID-19
10,3%
1,6%
47,0%
41,1%
Accroissement
Diminution
Aucun changement
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 32: Montant d’accroissement estimé de revenu du ménage
consacré à l’alimentation par range (en gourdes)
30
26,4
25
22
%
20
18,32
15
10
13,82
7,53
5
6,88
3,03
1,27
0
De moins
Entre
de 2.500 2.501 et
5.000
0,41
0,24
0,1
Entre
Entre
Entre
Entre
Entre
Entre
Entre
Entre
Plus de
5.001 et 10.001 et 15.001 et 25.001 et 35.001 et 50.001 et 75.001 et 100.001 et 200.000
10.000
20.000
25.000
35.000
50.000
75.000
100.000 150.000
Source : SEIA Haïti (2020).
La majorité des ménages affirment qu’ils n’auront pas suffisamment accès à
nourriture à cause de la pandémie (71,1 %) (Graphique 33). Déjà plusieurs ménages
ont dû opter pour des mesures de rationnement alimentaire, surtout réduire la portion
ou quantité de nourriture (85,2 %) le nombre de repas (82,3 %) et consommer les
aliments moins préfères ou moins cher (84,4 %), et c’est considérable que 45,7 %
des ménages ont passer des jours sans manger (Tableau 4).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
41
Graphique 33: Possibilité du ménage de ne pas avoir assez de nourriture
suite à l’apparition du COVID-19
1,2%
27,7%
71,1%
Oui
Non
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Tableau 4: Nombre de fois que les ménages ont dû recourir aux stratégies
concernant la nourriture, au cours des quatre dernières semaines
Consommation
d’aliments
moins préférés
et moins chers
Consommation
de nourriture
prêtée, donnée
ou achetée à
crédit
Réduction
de la portion
ou quantité
de nourriture
servie
Réduction
du nombre
de repas
Passer des
jours sans
manger
Aucune
des
stratégies
précitées
0 fois
15,6
25,9
14,8
17,7
54,3
67,6
Entre 1-5 fois
31,6
27,9
32,8
33,5
34,1
20,0
Entre 6-10 fois
21,0
23,0
22,6
20,2
8,7
6,0
Entre 11-15 fois
16,0
14,0
14,1
13,0
1,8
2,9
Plus de15 fois
15,8
9,2
15,7
15,6
1,2
3,5
100
100
100
100
100
100
Total
Source : SEIA Haïti (2020).
Ce rationnement alimentaire les a amenés à donner la priorité aux plus vulnérables
du foyer. Le 51,8 % des ménages n’ont pas priorisé personne vulnérables, pendant
que les ménages qui ont donné la priorité l’ont fait pour enfants de moins de cinq
ans (27,2 % des ménages) et personne du troisième âge (13,2 % des ménages).
La priorisation s’est produite principalement dans la zone rurale, et pour les
enfants de la petite enfance et les personnes âgées (Graphique 34).
Impact socioéconomique de la pandémie
42 COVID-19 en Haïti
Graphique 34: Priorités accordées aux groupes vulnérables du ménage
pour l’alimentation (en % par tranche)
51,8
27,2
13,2
12,6
11,8
3,6
Source : SEIA Haïti (2020).
En ce qui concerne l’accès aux aliments avant et pendant la pandémie, la plupart
des ménages achète leur nourriture dans les marchés et magasins. La production
propre, comme prévu, se produit principalement dans les zones rurales (56 %
des ménages ruraux ont une production propre). L’aide humanitaire représentait
seulement 0,2 % avant la pandémie, et si bien, il a gagné une participation,
correspond seulement à 0,9 % pendant la pandémie. Par contre, les ménages
ont commencé à recevoir plus d’aide de la part de leurs amis et de leur famille
et à emprunter ou troc. Cela accompagné d’une diminution des achats dans les
marchés et magasins et la production propre (Graphique 35).
Graphique 35: Sources d’alimentation les plus courantes utilisées par les
ménages avant et pendant le COVID-19
96,5
87,0
Achats dans les marchés/magasins
ProducLon propre/agriculture
31,6
Cadeaux de la famille / des amis
8,0
Emprunt ou troc
4,5
Mendier
0,3
1,5
Aide humanitaire (gouvernement, ONG, ONU)
0,2
0,9
Autre
3,3
56,1
19,3
19,6
1,7
0
20
Avant
Pendant
40
60
%
80
100
120
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
43
L’accès aux biens et services, montre que l’électricité est le service le plus difficile
à accéder pour les ménages, tant que 60,5 % n’ont pas eu. Cela étant plus marqué
dans la zone urbaine. Comme dans le reste du monde, les produits pour nettoyer
et éliminer le virus, masques, gants et papier toilette ont été difficiles à accéder,
étant plus grave dans la zone rurale (Graphique 36).
Graphique 36: Bien et services pour lesquels les ménages ont eu des
difficultés à accéder (% des ménages par catégorie)
50,5
39,2
33,6
33,5
24,4
23,7
18,9
17,8
15,3
15,3
11,8
6,1
Source : SEIA Haïti (2020).
La principale raison mentionnée par les ménages pour ne pas accéder aux biens
et services est l’augmentation des prix et la disponibilité de la nourriture dans
les marchés. Il n’y a pas de différence considérable entre les zones urbaines et
rurales (Graphique 37).
Graphique 37: Difficultés d’accès relatées par les ménages
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
44 COVID-19 en Haïti
Ces complications d’accès aux produits se reflètent dans la difficulté d’accéder
aux produits alimentaires de base du panier familial. Ce qui a présenté plus de
difficultés à se procurer est le riz, le produit localement pour 49,8 % des ménages
et le produit importé pour 32,8 % des ménages. Il était plus difficile de se procurer
les marchandises du panier de base en zone rurale qu’en zone urbaine (Graphique
38).
Graphique 38: Difficultés à se procurer des produits du panier alimentaire
(% de ménages par produit)
49,8
32,8
31,7
30,7
26,8
25,1
21,7
16,5
3,1
Source : SEIA Haïti (2020).
4.6. Santé et sécurité
4.6.1. Santé
Un des dimensions les plus importantes pendant la pandémie est l’accès aux
services de santé. Les résultats indiquent que plus de la moitié des ménages ont
eu des difficultés pour accéder aux traitements ou médicaments réguliers (57,4
%) (Graphique 39). Les principales raisons sont du côté de l’offre para-coût très
élevé (41,5 %), suspension de services (18,4 %) ou manque de disponibilité de
médicaments (18,4 %). Du côté de la demande, les raisons sont peur de contage
(39,2 %) et impossibilité d’arrive au lieu (20,5 %) (Graphique 40).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
45
Graphique 39: Accès des ménages au traitement médical réguliers ou
médicaments
42,5%
57,4%
Oui
Non
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 40: Raison par lesquelles n’ont pas eu accès au traitement
médical réguliers ou médicaments
41,5
39,2
20,5
18,4
18,4
8,3
4,7
2,4
5,3
Source : SEIA Haïti (2020).
Dans la liste des traitements mentionnés auxquels les ménages n’avaient pas
accès, le 69,1 % ont mentionné aucune. De ceux qui ont répondu avoir des
difficultés, les plus graves sont la vaccination de la première enfance (14,3 %),
le traitement des maladies chroniques (11,8 %) et l’attention prénatale (7,4 %)
(Graphique 41). Tous ces retards en attention ont des impacts au futur qui sont
irréversibles.
Impact socioéconomique de la pandémie
46 COVID-19 en Haïti
Graphique 41: Traitement médical régulier ou médicaments aux quels les
ménages n’ont pas eu accès
69,1
Aucune
Enfants de moins de cinq (5) ans ayant manqué
leurs vaccinaEons
14,3
Personnes souffrant d’une maladie chronique ne
pouvant avoir accès aux soins réguliers
11,8
Femmes enceintes ou allaitantes ayant manqué à
des contrôles réguliers
7,4
Personnes handicapées ne pouvant accéder aux
traitements
2,6
Femmes ayant eu besoin de méthode
contracepEve et n’ont pas eu accès
1,5
Accouchement à domicile
0,6
Personnes vivant avec le VIH ne pouvant avoir
accès à ses médicaments/anErétrov
0,2
Je ne sais pas
2,8
0
10
20
30
40
%
50
60
70
80
Source : SEIA Haïti (2020).
Les lieux où les ménages ont accédé aux services de santé (médicaments et
traitements inclus) sont de différents types. Les plus accessibles sont l’hôpital
privé (40,2 %) et dispensaires (26,8 %) dans la plupart des cas. Les centres de
santé de l’État ont une importance dans le milieu rural (Graphique 42).
Graphique 42: Type de service public où les membres ayant eu besoin d’un
traitement médical régulier ou médicaments ont pu accéder
40,2
26,8
12,5
9,0
8,1
6,8
6,6
2,2
1,8
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
47
Depuis l’apparition du COVID-19 le 20,2 % des ménages ont augmenté les
dépenses en santé (Graphique 43). À cette augmentation, ils ont répondu au
besoin de ressources additionnels empruntant d’argent (37,9 %), dépensant
l’épargne (37,4 %) et par la vente de récolte (25,2 %), le dernier surtout au milieu
rural (Graphique 44).
Graphique 43: Évolution des dépenses en soins de santé des membres de
ménage suite à l’apparition du COVID-19
15,5
12,6
51,8
20,2
N’ont pas varié
Ont augmenté
Ont baissé
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 44: Réponses des ménages face à l’augmentation de dépenses
en soins de santé
37,9
37,4
25,2
11,5
10,0
5,5
3,1
1,8
1,4
1,0
0,9
0,3
16,5
Source : SEIA Haïti (2020).
La santé émotionnelle est un des aspects les plus important à considérer
pendant cette année étant donné les mesures adoptées par les gouvernements
Impact socioéconomique de la pandémie
48 COVID-19 en Haïti
de confinement et les impacts sur les différentes dimensions socioéconomiques
des ménages qui montre les résultats. Cependant, les ménages enquêtés ont
répondu majoritairement de ne pas avoir besoin d’un soutien psychosocial pour
répondre aux facteurs émotionnels de la pandémie (78,2 %) (Graphique 45). La
proportion de personnes qui considèrent avoir besoin augment légèrement avec
le niveau d’éducation (Graphique 46).
Graphique 45: Besoin d’un soutien psychosocial pour répondre aux
facteurs émotionnels dus à l’épidémie de COVID-19
2,8%
19,1%
78,2%
Oui
Non
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Tableau 5: Besoin d’un soutien psychosocial par niveau d’éducation
Aucun
Préscolaire
Primaire
Secondaire
Université
Oui
16,9
16,1
19,5
20,2
20,2
Non
80,8
80,7
77,7
76,5
78,2
Je ne sais pas
2,3
3,2
2,8
3,3
1,7
Source : SEIA Haïti (2020).
La perception du risque de s’infecter du COVID-19 est un autre thème sur lesquels
les ménages ont répondu. Le 37,6 % considèrent qu’ils ont un risque fable de
contracter le virus (Graphique 46). La connaissance du risqué augmente avec
le niveau d’éducation, au même temps que la considération d’un risqué élevée
(Graphique 47). La perception du risque est plus haut dans le milieu urbain, en
concordance à l’exposition qui a la population urbaine par un plus haut contact
avec autres personnes.
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
49
Graphique 46: Risque de contracter COVID-19
40
37,6
35
30
%
25
19,1
20
19,0
14,5
15
10
9,7
5
0
Risque élevé
Risque moyen
Faible risque
Aucun risque
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 47: Perception du risque de contracter COVID-19 par niveau
d’éducation
100
90
12,3
19,8
11,6
80
70
%
40,3
50
30
20
22,3
0
6,7
Aucun
Risque élevé
27,9
39,0
27,9
21,7
31,4
20,6
18,2
17,3
10
16,6
36,1
39,0
37,1
6,6
20,5
19,0
19,1
60
40
11,3
15,4
16,2
13,6
Préscolaire
Risque moyen
8,6
11,4
Primaire
Secondaire
Faible risque
11,6
1,2
Universitaire Je ne sais pas
Aucun risque
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Pour les ménages qu’ont répondu ne pas percevoir risque de tomber malade du
COVID-19, les principales raisons qu’ils considèrent qui explique leur réponse sont
l’application les mesures de prévention (69,9 % des ménages) et les croyances
spirituelles (44,9 % des ménages) (Graphique 48).
Impact socioéconomique de la pandémie
50 COVID-19 en Haïti
Graphique 48: Raison de ne pas avoir risque de contracter COVID-19
ApplicaCon de toutes les mesures de prévenCon
69,9
Croyances liées à la spiritualité
44,9
Médecine tradiConnelle
21,7
Bonne santé générale
8,7
La maladie n’existe pas
3,4
Autre
1,6
0
10
20
30
40
%
50
60
70
80
Source : SEIA Haïti (2020).
Par rapport aux personnes des ménages interrogés qui ont effectivement tombé
malade du COVID-19, le 0,44 % des ménages ont répondu affirmativement, dont
69 % en milieu urbain. Parmi les personnes infectées qui appartenaient à des
groupes vulnérables le 38 % à remarquer qu’ils souffraient une maladie chronique
(17,2 %) et étaient personnes su troisième âge (10,3 %) (Graphique 49).
Graphique 49: Membres infectés ou décédés à cause du COVID-19 faisaient
partie des groupes vulnérables
6,9%
3,4%
10,3%
17,2%
62,1%
Aucune
Personnes souffrant d’une maladie chronique
Personnes du 3ième âge (plus de 65 ans)
Femmes enceintes ou allaitantes
Enfants de moins de cinq (5) ans
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
51
En leur demandant non pas directement s’ils ont contracté le COVID-19, mais s’ils
présentaient des symptômes qui ont été identifiés comme étant lié au virus2, le
34,5 % des ménages ont présenté des symptômes liés avec COVID-19 (Graphique
50). Parmi les ménages dont les personnes présentaient des symptômes, 0,52 %
sont décédés avec ces symptômes.
Graphique 50: Ménages présentant des symptômes liés avec COVID-19
0,6%
34,5%
64,9%
Oui
Non
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
4.6.2. Sécurité
La sécurité à l’intérieur du ménage et dans la communauté est une des dimensions
très importantes, raison par laquelle les ménages enquêtés ont répondu sur cette
affaire. En relation avec la charge du travail domestique, dans l’ensemble des
ménages enquêtés, les femmes sont celles qui s’occupent principalement des
travaux ménagers. Pour le 52,7 % des cas exclusivement les femmes et pour 34,9
% avec les hommes (Graphique 51).
2
Fièvre, toux, diarrhée, éternuements, maux de tête, démangeaison de la peau, douleurs articulaires/musculaires, vomissements, conjonctivite (yeux rouges), hémorragie/saignement, perte
du goût, perte de l’odorat.
Impact socioéconomique de la pandémie
52 COVID-19 en Haïti
Graphique 51: Groupe du ménage incombé la plus grande part de
responsabilité au foyer
Les femmes
52,7
Les hommes et les femmes ensemble
34,9
Les hommes
5,1
Je vis seul
4,1
Les enfants et adolescents
2,1
La servante
1,1
Je ne sais pas
0,1
0
10
20
30
%
40
50
60
Source : SEIA Haïti (2020).
Le 47,0 % des ménages ont déclaré qu’il n’y avait eu aucun changement dans la
violence domestique et 43,8 % qu’ils ne savaient pas s’il y a eu un changement
(Graphique 52), mais cette réponse doit être lue attentivement, car elle dépend
de qui a répondu à l’enquête et aussi du niveau de violence avant de l’apparition
du COVID-19 qui pourrait être très haute. L’enquête ne mesure pas le niveau de
violence, seulement le changement.
Graphique 52: Évolution des situations de violences faites aux femmes et
filles dans le foyer ou la communauté
3,3%
5,9%
43,8%
47,0%
ont augmenté
ont baissé
n’ont pas changé
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
53
4.7. Éducation
La majorité des enfants et des adolescents scolarisés n’ont pas eu accès à
l’éducation durant la pandémie, depuis la fermeture des classes, puisque 81,1
% ont jamais été occupés en activités d’apprentissage depuis la fermeture des
classes (Graphique 53).
Graphique 53: Occupation des enfants et/ou adolescents dans des activités
d’apprentissage depuis la fermeture des classes
90
80
81,06
70
60
%
50
40
30
20
10
0
4,53
Jamais
Rarement
7,02
Parfois
4,31
3,08
Souvent
Toujours
Source : SEIA Haïti (2020).
Pour ceux qui se sont occupé en activités académiques, le 64,2 % report avoir fait
aucune activité, et le reste ont répondu comme activités compléter des devoirs
fournis par des professeurs et dans une moindre mesure réunion virtuelles ou
utilisation de la technologie. Les ménages urbains ont une proportion plus haute
de participation dans les activités (Graphique 54).
Graphique 54: Types d’activités auxquelles les enfants /adolescents se sont
adonnés pendant la fermeture des classes
64,2
16,3
7,9
6,1
2,8
1,3
9,3
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
54 COVID-19 en Haïti
Presque la totalité des enfants et adolescents reports ne pas avoir accès aux
dispositifs d’enseignement en ligne mis en place par le Ministère de l’Éducation
Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) (97,3 %) (Graphique 55).
Les raisons sont principalement les problèmes de connectivité et électricité
(Graphique 56).
Graphique 55: Accès des enfants aux dispositifs d’enseignement en ligne
mis en place par le Ministère de l’Éducation (MENFP)
120
100
97,26
%
80
60
40
20
0
Jamais
0,82
1,12
0,55
0,25
Rarement
Parfois
Souvent
Toujours
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 56: Raisons expliquant le manque d’accès aux outils mis en
ligne par le MENFP
66,1
64,9
54,2
24,8
5,5
3,0
2,5
1,9
0,7
7,1
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
55
4.8. Migration
Ce chapitre était très important pour les objectives de l’enquête. Le nombre de
ménages ayant une personne qui a dû migrer est très bas et peu représentative,
puisque seulement le 1,26 % des ménages ont au moins une personne migrante.
Dans cet ensemble des ménages, presque 60 % d’entre eux ont migré deux
ou plus personnes par ménage (Graphique 57). L’origine de la migration est à
l’intérieur du pays (71 %), République Dominicaine (14 %), et seulement 1 % d’un
autre pays (Graphique 58). Les moyens utilisés par les migrants vivant dans un
pays étranger pour rentrer en Haïti est en voiture et à pied. Les causes de la
migration montrent que la principale raison est la peur du COVID-19 pour 60 %
des cas.
Graphique 57: Proportion de ménages ayant eu 1, 2, 3, 4 et plus de 4
membres ayant migré
4%
5%
5%
41%
16%
32%
1
2
3
4
5
6
Source : SEIA Haïti (2020).
Graphique 58: Lieu de résidence des migrants avant la pandémie
14%
1%
44%
14%
27%
Autre département
Autre commune dans ce département
En République Dominicaine
Je résidais dans cette commune avant la pandemie
Autre pays
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
56 COVID-19 en Haïti
4.9. Perceptions générales et perspectives
Les perceptions générales des ménages sur la situation propre et les perspectives
du pays à cause de l’arrivée du COVID-19 au pays se reflètent en ce chapitre. Il y
a un haut niveau de perception d’affectation, puisque presque 90 % des ménages
considèrent qu’ils ont été affectés. Considérablement, presque 30 % se sent
fortement affectés et le niveau d’affectation est plus important dans les zones
urbaines que dans les zones rurales (Graphique 59).
Graphique 59: Perception de l’affectation du ménage depuis le début de
l’apparition de la pandémie du COVID-19
Source : SEIA Haïti (2020).
Pour les ménages qui considèrent qui ont été moyennement ou fortement affecté
les principaux besoins sont en relation avec la nourriture, récupérer les revenus,
accéder à éducation et soin de santé (Graphique 60).
Graphique 60: Principaux besoins pour pouvoir récupérer le même niveau
de vie avant le début de la pandémie
Source : SEIA Haïti (2020).
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
57
Le montant des ressources nécessaires pour amorcer la baisse des revenus que
les ménages disent ont besoin pour joindre les deux bouts en fin de mois est de
moins de 100 000 gourdes par mois (1512 USD) pour le 70,3 % des ménages. Le
niveau nécessaire pour les ménages rural est plus bas que celui des ménages
urbains (Graphique 61).
Graphique 61: Montant d’argent pouvant permettre aux ménages de joindre
les deux bouts en fin de mois, depuis l’apparition du COVID-19
Source : SEIA Haïti (2020).
Sur la situation du pays, seulement 24,4 % des ménages se sent optimistes de la
situation socioéconomique après de la pandémie, et presque le même nombre
ne sait même pas comment se prononcer (23,6 %) (Graphique 62).
Graphique 62: Perception de l’avenir de la situation socioéconomique du
pays après la pandémie
23,6%
52,0%
24,4%
Pessimiste
Optimiste
Je ne sais pas
Source : SEIA Haïti (2020).
Impact socioéconomique de la pandémie
58 COVID-19 en Haïti
5. Conclusions et
recommandations
5.1. Conclusions
En synthèse, les ménages enquêtés donnent l’information importante en relation
avec la connaissance qu’ils ont sur le COVID-19, leur situation d’emploi et de
revenus, la situation de nourriture, leur accès aux services de santé et à éducation
des enfants et adolescents, et leur vision générale de la situation du pays. Les
principales conclusions sur lesquelles sont tirées certaines recommandations
sont présentées ci-dessous.
En premier lieu, il n’y a pas suffisamment de connaissances sur le COVID-19 par
les ménages, en ce qui concerne les connaissances générales sur le virus luimême, les mesures de précaution à prendre, et le niveau de risque auquel ils sont
confrontés.
En raison des caractéristiques de la population en Haïti, il est très important
d’identifier les médias les plus utilisés pour rechercher des informations sur la
situation actuelle. Les moyens de communications les plus importants pour se
communiquer avec eux sont la radio et la télévision dans la région urbaine, et les
leaders communautaires dans la région rurale.
Des événements tels que la pandémie COVID-19 provoquent un ralentissement
de l’activité économique à l’échelle mondiale et locale, ce qui signifie un coup dur
pour les revenus des ménages. Les revenus ont diminué, ce qui conduit à une
augmentation de la population vivant dans la pauvreté, qui est déjà assez élevée
dans le pays.
La situation actuelle a révélé les carences des systèmes de santé face à une crise
sanitaire de cette ampleur, on observe que les ménages ont cessé de recevoir
des traitements de santé et d’accéder aux médicaments, ce qui a des effets à
moyen et long terme.
En outre, un problème déjà noté avant le début de la pandémie est évident avec
les résultats : le manque de nourriture et d’accès à la nutrition. Cela est évident
dans les résultats de l’enquête.
L’éducation des enfants a été un facteur délicat depuis que les cours en présentiel
ont été suspendus en raison de la pandémie. L’enquête montre que les enfants
Résultats de l’enquête auprès
des ménages haïtiens
59
sont en dehors du système éducatif et dépendent du niveau d’éducation de leurs
parents pour mener d’autres activités éducatives en l’absence du fonctionnement
normal des cours en présentiel.
La réduction de revenu mentionnée ci-dessus donne une importance importante
à la capacité d’épargne des ménages. Il y a une réduction générale de l’épargne
(en espèces et en nature) pour faire face à la baisse des revenus, à l’augmentation
des dépenses alimentaires et de santé personnelle.
En pensant aux solutions futures, le vaccin semble être la solution la plus importante
pour rechercher un retour à la normalité. Dans cet esprit, il est inquiétant qu’il y
ait une forte résistance et une forte peur au test COVID-19 et à la vaccination
lorsqu’un vaccin est disponible, ce qui démontre le besoin de pédagogie pour
être atténué.
Comparé à d’autres pays où la pandémie a eu des effets dévastateurs, le
COVID-19 ne semble pas être très grave en Haïti. Cependant, elle intervient dans
un contexte d’instabilité dans le pays qui révèle la forte vulnérabilité des ménages
et des institutions.
5.2. Recommandations
Afin de réaliser des campagnes d’information efficaces qui atteignent le plus grand
nombre de personnes possible, il est recommandé de mener des campagnes
d’information à la radio et à la télévision pour fournir des informations sur le
COVID-19 car ce sont les moyens d’information préférés par les ménages.
La nourriture est l’un des aspects les plus vulnérables qui a été touché par la
pandémie. Pour cette raison, il est recommandé de mettre en œuvre des
programmes pour aider les ménages à accéder à la nourriture.
Pour atténuer l’impact sur l’éducation résultant de la suspension des cours en
présentiel, il est recommandé de mettre en œuvre des programmes éducatifs
pour les enfants et les adolescents en utilisant des médias plus courants tels que
la radio et la télévision dans les zones urbaines.
Renforcer les moyens pour que les programmes de vaccination atteignent les
jeunes enfants, que les femmes enceintes se présentent aux bilans de santé et
que les personnes atteintes de maladies chroniques suivent leurs traitements.
Le riz est une question de la plus haute importance dans la poursuite de la sécurité
alimentaire et la distribution massive de riz aux ménages contribuerait à réduire la
pression sur les revenus pour la nourriture.
Impact socioéconomique de la pandémie
60 COVID-19 en Haïti
RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Ministère de la Santé Publique
et de la Population
CNSA
Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire
Haïti