Rapport 2023 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti
- Les responsables de toutes les communautés ont dit que l'État ne les restreignait pas mais que l'insécurité entravait le culte.
- En mars, des hommes armés ont fait irruption dans une église pendant la messe, enlevé des fidèles et blessé d'autres ; l'archidiocèse de Port-au-Prince a appelé à protéger les lieux de culte.
- Le rapport estime la population à 11,6 millions et cite l'enquête de 2017 : 52 % de protestants et apparentés, 35 % de catholiques, 2 % de vodouisants.
- L'enregistrement au Bureau des Cultes ouvre l'exonération fiscale, la franchise douanière et le droit de célébrer des actes civils, sans sanction en cas de non-enregistrement.
- L'État n'exerce plus depuis des années son droit de regard concordataire sur la nomination des évêques.
Le chapitre Haïti du rapport du Département d'État américain sur la liberté religieuse dans le monde pour l'année civile 2023, préparé par l'Office of International Religious Freedom. Il suit la trame fixe de la série : démographie religieuse, cadre juridique et pratique de l'État, attitudes de la société, engagement des États-Unis.
Le gouvernement américain estime la population à 11,6 millions (mi-2023). Citant l'enquête de 2017 sur la mortalité, la morbidité et l'utilisation des services, le rapport compte 52 % de protestants et confessions apparentées, 35 % de catholiques et 2 % de vodouisants, 11 % ne déclarant aucune préférence ; l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours revendique 24 000 fidèles, le Conseil national des musulmans haïtiens environ 10 000 membres sunnites, chiites et ahmadis, et la communauté juive une vingtaine de personnes. Le cadre juridique est inchangé : l'enregistrement des organisations religieuses et du clergé auprès du Bureau des Cultes ouvre l'exonération fiscale, la franchise douanière et le droit de célébrer des actes civils, et le concordat avec le Saint-Siège donne à l'État un droit de regard sur la nomination des évêques qu'il n'exerce plus depuis des années.
Les responsables catholiques, protestants, évangéliques, musulmans, vodou et juifs ont dit que l'État ne restreignait pas la liberté religieuse mais que son incapacité à assurer la sécurité entravait la pratique. En mars, après l'irruption d'hommes armés dans une église pendant la messe, l'enlèvement de plusieurs fidèles et des blessés graves, l'archidiocèse de Port-au-Prince a appelé les autorités à protéger fidèles et lieux de culte. En avril, le site Vant Bef Info a dénoncé ce qu'il qualifiait de complicité de l'État dans une insécurité empêchant de célébrer Pâques, et en septembre la Conférence haïtienne des religieux a dénoncé l'indifférence des dirigeants politiques. Un prêtre de Cité Soleil a qualifié la violence persistante des gangs d'obstacle sérieux au libre exercice de toutes les religions. L'ambassade des États-Unis a échangé avec le Bureau des Cultes et les chefs religieux, notamment sur le rôle de l'Église catholique dans le dialogue politique vers des élections.
Comment citer
Département d'État des États-Unis, 2024, Rapport 2023 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti, https://www.state.gov/reports/2023-report-on-international-religious-freedom/haiti/
- Titulaire des droits
- United States Department of State