Rapport 2020 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti
- L'enregistrement passe par une procédure documentaire en plusieurs étapes au Bureau des Cultes, qui a maintenu un traitement préférentiel envers l'Église catholique, dont une allocation mensuelle aux prêtres.
- L'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes a couru de mars à juillet ; 32 personnes ont été arrêtées en mars pour l'avoir violée.
- Les chefs religieux ont jugé la réouverture inéquitable et les groupes vodou et islamiques ont dénoncé leur exclusion des partenariats officiels de secours.
- Des groupes chrétiens ont contesté en juillet le nouveau code pénal pour ses protections LGBTI, la dépénalisation de l'avortement et l'âge du consentement abaissé.
- Des religieux ont figuré parmi les centaines de victimes d'enlèvement contre rançon ; un pasteur presbytérien a été tué en août dans ce que Hope Ministry qualifie d'attaque ciblée.
Le chapitre Haïti du rapport du Département d'État américain sur la liberté religieuse dans le monde pour l'année civile 2020. Il suit la trame fixe de la série : démographie religieuse, cadre juridique et pratique de l'État, attitudes de la société, engagement des États-Unis.
Le rapport rappelle que tout groupe religieux souhaitant une reconnaissance officielle doit suivre une procédure documentaire en plusieurs étapes auprès du Bureau des Cultes, unité du ministère des Affaires étrangères, qui a continué d'accorder à l'Église catholique un traitement préférentiel, dont une allocation mensuelle aux prêtres. Les représentants vodou et musulmans disaient peiner encore à obtenir l'enregistrement et un soutien financier pour leurs écoles, et les groupes islamiques attendaient toujours la reconnaissance officielle.
La pandémie a dominé l'année. De mars à juillet, l'État a suspendu tous les rassemblements publics de plus de cinq personnes, offices compris ; en mars la police a arrêté 32 personnes de diverses confessions pour violation des restrictions et, fin juillet, des chefs religieux ont jugé les mesures injustes puisque commerces et administrations rouvraient mais non les lieux de culte. Les organisations vodou et islamiques ont dénoncé leur exclusion des partenaires officiels de la réponse à la COVID-19. En juillet, des groupes chrétiens ont contesté le nouveau code pénal pour ses protections des personnes LGBTI, la dépénalisation de l'avortement et l'abaissement de l'âge du consentement sexuel de 16 à 15 ans. En août, Hope Ministry a signalé ce qu'elle considérait comme l'assassinat ciblé d'un pasteur presbytérien, et prêtres et pasteurs ont figuré parmi les centaines de victimes d'enlèvements contre rançon ; l'insécurité a forcé l'Union évangélique baptiste d'Haïti à déplacer ses activités. L'ambassade des États-Unis a insisté auprès du Bureau des Cultes sur l'enregistrement et rencontré les responsables de toutes confessions.
Comment citer
Département d'État des États-Unis, 2021, Rapport 2020 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti, https://www.state.gov/reports/2020-report-on-international-religious-freedom/haiti/
- Titulaire des droits
- United States Department of State