Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti
- L'État a maintenu financement et privilèges à l'Église catholique en invoquant le concordat de 1860.
- Les officiants vodou se sont de nouveau vu refuser la certification pour célébrer mariages civils et baptêmes malgré l'enregistrement du vodou.
- La demande d'enregistrement de la communauté musulmane reste sans réponse, la polygamie, la peine de mort et les changements de nom islamiques étant jugés incompatibles avec la loi.
- Quatre hommes ont été arrêtés en janvier 2018 pour le meurtre du père Joseph Simoly en décembre 2017 ; le mobile est disputé.
- Les pratiquants du vodou et les femmes musulmanes signalent une stigmatisation sociale, y compris à l'école et à l'embauche.
Le chapitre Haïti du rapport annuel du Département d'État américain sur la liberté religieuse dans le monde pour l'année civile 2018, établi en application de l'International Religious Freedom Act de 1998. Il suit la trame fixe de la série : démographie religieuse, cadre juridique et pratique de l'État, attitudes de la société, politique et engagement des États-Unis.
Le rapport rappelle que la Constitution garantit le libre exercice de tous les cultes et que la loi fixe les conditions de reconnaissance des groupes religieux. Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes a continué d'accorder à l'Église catholique des fonds et des privilèges refusés aux autres groupes, qu'il justifie par le concordat de 1860 avec le Saint-Siège et non par une préférence. Le vodou est enregistré comme groupe religieux, mais ses officiants n'ont de nouveau reçu aucune certification légale pour célébrer mariages civils et baptêmes, et le ministère n'a toujours pas approuvé la demande d'enregistrement ancienne de la communauté musulmane, invoquant la polygamie, la peine de mort et l'adoption de noms islamiques comme incompatibles avec la loi.
Côté société, les dirigeants vodou signalent une stigmatisation persistante, y compris la condamnation ouverte du vodou dans les écoles catholiques et protestantes, et les responsables musulmans une discrimination envers les femmes portant le hijab et à l'embauche. Le rapport note l'arrestation en janvier 2018 de quatre hommes soupçonnés d'avoir tué le prêtre Joseph Simoly en décembre 2017, le mobile restant disputé entre engagement politique et vol. L'ambassade des États-Unis a rencontré le ministère et les chefs religieux pour plaider l'enregistrement des minorités et la tolérance interreligieuse.
Comment citer
Département d'État des États-Unis, 2019, Rapport 2018 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti, https://www.state.gov/reports/2018-report-on-international-religious-freedom/haiti/
- Titulaire des droits
- United States Department of State