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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
Le pouvoir de transition continue avec la politique de banalisation de la vie mise
en œuvre depuis plusieurs années par les autorités étatiques
28 février 2025
Sommaire
Pages
Résumé
2
I.
INTRODUCTION
3
II.
MISE EN CONTEXTE
3
III.
METHODOLOGIE
6
IV.
MASSACRE AU WHARF JEREMIE
7
a) Reconstitution des faits
7
b) Bilan enregistré
7
c) situation subséquente
11
MASSACRE A KENSCOFF
12
a)
Reconstitution des faits
12
b)
Bilan enregistré
i.
Personnes assassinées
ii.
Personnes disparues
iii.
Maisons incendiées
13
13
18
18
c)
Situation subséquente
20
MASSACRE A CHATEAUBLOND
21
a) Reconstitution des faits
21
b) Bilan enregistré
21
c) Situation subséquente
23
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
23
V.
VI.
VII.
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
Le pouvoir de transition continue avec la politique de banalisation de la vie mise en œuvre depuis
plusieurs années par les autorités étatiques
RNDDH – Rapport/A25/No2-VF
1
Résumé
1.
Entre décembre 2024 et février 2025, le Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH) a enquêté sur 3 massacres orchestrés à Wharf Jérémie, à Kenscoff et à Chateaublond, par les
groupes armés membres de la fédération terroriste Viv Ansanm.
2.
Lors de ces massacres, des atrocités innommables ont été enregistrées dont des assassinats, des
blessures par balles, des enlèvements, des disparitions ainsi que des viols. Parmi les victimes figurent
des bébés, des enfants, des filles et des femmes, des personnes du troisième âge ainsi que des
personnes à mobilité réduite ou vivant avec une déficience sensorielle. Des maisons et des véhicules ont
aussi été incendiés. Le bilan de ces atrocités ainsi que les raisons pour lesquelles elles ont été commises
sont effarants :
•
Après avoir été informé par un hougan que la maladie et la mort de son fils Benson ALTES étaient
imputables aux loups-garous de la zone, les 6 et 7 décembre 2024, à Wharf Jérémie, Monel FELIX
encore appelé Micanor ALTES alias Roi Micanor a assassiné au moins 110 personnes âgées pour
la plupart entre 60 et 80 ans.
•
Dans une velléité d’élargissement de leur territoire, les 27, 28 et 29 janvier 2025, des bandits
membres du gang armé de Village de Dieu dirigé par Johnson ANDRE alias Izo 5 secondes, ont
attaqué Kenscoff, plus précisément les localités de Bongard, Godet, Chauffard, Belot, Kafou Bèt
et Bwa Majò, où ils ont assassiné et / ou fait disparaitre au moins 139 personnes, tout en
incendiant des dizaines de maisons trouvées sur leur passage.
•
Au lendemain de la mort d’Annil JEAN-PHILIPPE, membre du gang armé Kraze Baryè, tué le 14 ou
le 15 février 2025 lors d’une intervention policière, l’un de ses fils, Stanley JEAN-PHILIPPE, estimant
que l’information ayant aidé la PNH provenait des riverains de Chateaublond, a sollicité et obtenu
du chef du gang Vitelhomme INNOCENT, l’autorisation de venger son père. Le 16 févier 2025, il a
donc conduit une expédition punitive à Chateaublond qui s’est soldée par l’assassinat de 20
personnes au moins, le viol d’une fillette de 10 ans et l’incendie de nombreux maisons et
véhicules.
3.
Ainsi, en 3 mois successifs, 3 massacres sont perpétrés par les bandits armés sous le regard
indifférent des autorités de la transition qui, en dépit de leurs cellules de renseignement, n’ont rien fait en
vue d’empêcher que les bandits armés tuent au moins 269 personnes dont 56 du troisième âge, 7 enfants
et 13 autres présentant une déficience physique ou sensorielle. Pire encore, alors que ces massacres
sont perpétrés, les bandits armés ont continué à s’en prendre à la population dans d’autres zones, semant
la terreur partout où ils passent.
4.
Le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) - dont le président ainsi que les membres
avaient promis de ramener l’ordre et la sécurité dans le département de l’Ouest particulièrement - a perdu
le contrôle total de la situation. Les agents de l’institution policière, déployés sur tous les fronts et sans
moyens adéquats, s’échinent à riposter aux bandits qui, de leur côté, semblent mettre en œuvre un plan
bien déterminé. La Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) - vendue par la communauté
internationale et les précédents gouvernements comme la solution miracle à l’insécurité en Haïti - ne
rassure pas quant à ses capacités à aider efficacement dans le rétablissement des conditions minimales
de sécurité, d’autant plus que sa présence sur le terrain n’inquiète pas outre-mesure les bandits armés.
Les Forces Armées d’Haïti (FAD’H) sont tout simplement inexistantes.
5.
Le RNDDH estime que les autorités de la transition ne prennent pas l’ampleur de ce qui se joue et
les exhorte à se ressaisir en vue de : Fournir assistance financière, médicale et psychologique à la
population haïtienne, fatiguée de vivre dans ces conditions de violence, d’incertitude et d’errance ; Tout
mettre en œuvre en vue de ramener l’ordre et la sécurité dans le département de l’Ouest ; Traquer les
bandits armés en vue de les juger et de les condamner pour tous les faits qui leur sont reprochés. Le
RNDDH recommande aussi aux membres du CPT de renoncer aux fonds alloués à l’intelligence qu’ils se
sont octroyés, au profit des institutions policière et militaire.
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Le pouvoir de transition continue avec la politique de banalisation de la vie mise en œuvre depuis
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I.
INTRODUCTION
1.
En décembre 2024, en janvier et en février 2025, trois (3) massacres ont été perpétrés
respectivement à Wharf Jérémie, à Kenscoff et à Chateaublond, des zones localisées dans le
département de l’Ouest.
2.
Ces épisodes de violence ont tous occasionné des pertes humaines et matérielles
incommensurables : de part et d’autre, des personnes ont été assassinées dont des enfants,
des bébés et des femmes. Des personnes du troisième âge ainsi que des personnes vivant
avec une déficience motrice ou sensorielle ont aussi perdu la vie. Des centaines de maisons
ont été vandalisées et incendiées. Et, des milliers de famille ont dû encore une fois, se
réfugier chez des proches, en province ou dans des sites d’accueil de personnes déplacées
internes, en vue de fuir la fureur des bandits armés.
3.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) qui a enquêté sur ces
trois (3) massacres, se fait le devoir de partager avec ceux et celles que la question intéresse,
ses conclusions et remarques.
II.
MISE EN CONTEXTE
4.
Au cours de l’année 2024, la situation sécuritaire du pays a basculé dans l’horreur
lorsqu’en février, les bandits armés des deux (2) coalitions de gangs rivales, en l’occurrence
le G-9 an Fanmi e Alye et le G-Pèp ont décidé de se regrouper en une fédération terroriste,
dans l’objectif principal de s’en prendre à la population haïtienne.
5.
Depuis, les attaques armées, les massacres, les viols et viols collectifs ainsi que les
violations massives de Droits Humains se sont intensifiés notamment dans les
départements de l’Ouest et de l’Artibonite, occasionnant des victimes, tous les jours.
6.
Plusieurs organisations de promotion et de défense des Droits Humains et des Droits
des Femmes dont la Commission Episcopale Justice et Paix (CE-JILAP), la Plateforme des
Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH), Nègès Mawon et la Solidarite
Fanm Ayisyèn (SOFA) ont, de même que le RNDDH, monitoré la situation ci-dessus décrite.
Et, se basant sur les informations collectées par ces structures et/ou publiées sous forme de
rapports de dénonciation, le RNDDH peut affirmer qu’au cours de l’année 2024, en moyenne
trente (30) personnes par jour ont été victimes d’une violation de leurs droits à la vie, à la
sécurité, à l’intégrité physique ou à la propriété privée. Ainsi, l’année 2024 a été rude pour
les citoyens et citoyennes du pays en général.
7.
Sur les violences sexuelles et sexistes en particulier, il convient de souligner que Nègès
Mawon1 a publié un rapport annuel dans lequel l’organisation féministe dénonce, pour
l’année 2024, mille-sept-cent-quatre-vingt-quinze (1,795) cas de violence à l’égard des
Femmes et des Filles dont mille-quatre-cent-vingt-six (1426) cas de violences sexuelles, cent1Nègès Mawon - Droits des Femmes, des Filles et des minorités sexuelles en Haïti: Rapport sur les
violences enregistrées de janvier à octobre 2024, novembre 2024
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
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quatre-vingt-dix-sept (197) cas de violences physiques et cent-dix-huit (118) cas de violences
économiques.
8.
De son côté, la Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA)2 a publié son rapport portant sur la
période allant de janvier à décembre 2024, dans lequel l’organisation féministe fait état de
mille-deux-cent-quatre-vingt-neuf (1,289) cas de violences à l’égard des Femmes
enregistrées dans le pays, dont quatre-cent-onze (411) cas de violences sexuelles, cinq-centquatre-vingt-dix-sept (597) cas de violences physiques et de mille-quatorze (1,014) cas de
violences économiques.
Ainsi, sur le plan sécuritaire, la situation n’a jamais cessé de se dégrader. En effet, de février
à décembre 2024, au moins onze (11) massacres ont été enregistrés :
•
•
•
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29 février 2024 : Port-au-Prince,
3 mars 2024 : Cabaret,
10 mai 2024 : Gressier,
14, 15 juin 2024 : Gros Morne,
21 juillet 2024 : Ganthier,
11 septembre 2024 : Cité Soleil,
3 – 4 octobre 2024 : Pont Sondé,
10 octobre 2024 : Arcahaie,
17 octobre – 14 novembre 2024 : Solino
6 -7 décembre 2024 : Wharf Jérémie
11 décembre 2024 : Petite Rivière de l’Artibonite
9.
Ces différents épisodes de violence ont porté les membres de la population à fuir leur
maison, leur quartier pour se réfugier ailleurs et notamment dans des sites d’accueil de
fortune. Et, sur ce point, il convient de souligner qu’une enquête menée en décembre 2024
par le RNDDH dans 51% des cent-dix-sept (117) sites d’accueil de personnes déplacées alors
recensés, a révélé que seuls 5 % des sites logent des victimes de la catastrophe du 12 janvier
2010 car, 95 % d’entre eux reçoivent des familles entières qui ont dû fuir l’insécurité.
10. Parallèlement, les 2 et 3 mars 2024, les bandits armés ont attaqué les Prisons civiles
de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets, occasionnant l’évasion de quatre-mille-sixcent-quarante-trois (4,643)3 détenus dont 84% au moins étaient en situation de détention
préventive. De plus, en date du 17 juillet 2024, les responsables de la Prison civile de
Carrefour, toujours dans le département de l’Ouest, constatant la dégradation de la
situation sécuritaire, ont délocalisé les détenus qui étaient à leur charge. Cette situation a
porté les autorités judiciaires et pénitentiaires à transformer le Centre de Rééducation des
Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL) en un véritable complexe pénitentiaire où, en-
2 SOFA - Rapport bilan 2024 violences faites aux femmes, janvier 2025
Appareil judiciaire et Centres de détention en Haïti : Une Justice affaiblie, des résultats invisibles et
la violation systématique des garanties judiciaires des détenus.es RNDDH – Rapport/A24/No7-VF
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dehors de la Loi, Femmes, Filles, Hommes et Garçons sont gardés pêle-mêle dans un espace
contigu d’une capacité réduite de cent (100) personnes.
11. Les postes de péage mis en place par les bandits armés qui leur permettent de
contrôler et de rythmer la circulation des biens, services et personnes sur le territoire
national se sont multipliés au cours de l’année 2024, particulièrement dans les marchés et
dans les routes secondaires où mêmes les piétons sont harcelés par les bandits pour payer
un droit de passage.
12. Depuis juin 2024, le déploiement de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité
(MMAS) a débuté. Aujourd’hui, ils sont au nombre de mille-vingt-trois (1,023) agents.
Cependant, les attaques des bandits armés continuent d’engendrer des pertes humaines et
matérielles inestimables et la MMAS, victime elle aussi des assauts des bandits armés, n’a
encore pas prouvé qu’elle était à la hauteur des espoirs placés en elle.
13. L’appareil judiciaire haïtien est resté quasi-muet en 2024, face à toutes ces dérives.
Pour l’année judiciaire 2023-2024, seuls quinze (15) des dix-huit (18) Tribunaux de première
instance du pays ont organisé des audiences criminelles au cours desquelles deux-centquarante-et-une (241) personnes seulement ont été jugées parmi elles, seize (16) condamnés
pour crimes sexuels.
14. Sur le plan politique, le 28 mars 2024, un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a
été mis en place. Sa feuille de route, tracée par l’accord politique du 3 avril 2024, n’a, à date,
jamais été mise en application. En effet, un gouvernement a vite été installé. Il ne s’est
contenté que de promettre d’agir en vue de rétablir la sécurité dans le pays, d’organiser la
réforme constitutionnelle, de réaliser les élections et de lancer des signaux clairs de la
volonté des autorités de la transition, de combattre la corruption sous toutes ses formes. De
promesses en fanfaronnades, le gouvernement dirigé par Garry CONILLE a dû sortir par la
petite porte, sans avoir tenu aucun de ses engagements. Le 16 novembre 2024, un nouveau
gouvernement a été installé. Il est dirigé par Alix Didier FILS-AIME. A date, aucune
différence n’est notée entre celui-ci et son prédécesseur. Et, le peuple haïtien continue de
galérer dans un contexte sécuritaire très préoccupant.
15. Un Conseil Electoral Provisoire (CEP) issu de processus décriés par diverses
organisations membres des secteurs qui devaient choisir leur représentant, a été mis en
place. De même, un processus opaque a été lancé en vue de procéder à la réforme
constitutionnelle, par un vote référendaire.
16. Dans le cadre de la lutte contre la corruption, l’Unité de Lutte Contre la Corruption
(ULCC) et l’Unité Centrale de Renseignements Economiques et Financiers (UCREF) ont
respectivement transféré, au cours de l’année 2024, huit (8) et cinq (5) rapports d’enquête à
la juridiction répressive. L’ULCC a aussi communiqué à la Justice, toujours en 2024, la liste
des Ambassadeurs et Consuls qui n’ont pas fait leur déclaration de patrimoine. Cependant,
les avancées sur ces rapports sont très maigres, certains étant gardés aujourd’hui encore,
au Parquet près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince.
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17. Les conséquences de ces violations des Droits Humains susmentionnées, sur les
conditions générales de vie de la population, sont énormes :
•
De nombreuses zones se sont vidées de leur population, conséquemment, le taux de
chômage ainsi que le taux d’enfants non-scolarisés ont exponentiellement augmenté ;
•
Les biens, services et personnes ne circulent pas librement, conséquemment, l’extrême
pauvreté se fait déjà sentir dans certaines zones du pays alors que dans d’autres, des
denrées sont gaspillées ;
•
Les hôpitaux, établissements scolaires et universitaires ont fermé leurs portes.
18. Par ailleurs, alors que la situation générale des Droits Humains se dégénère chaque
jour un peu plus, que la famine guette plus de la moitié de la population, les autorités de la
transition vivent à grand train et s’adonnent à la corruption. Et, c’est sans surprise que
selon le rapport de Transparency International sur l’indice de la corruption publié le 11
février 2025, Haïti a obtenu 16 / 100 et est classée 168ème sur 180 pays analysés. Et, par
rapport à 2023, le pays a régressé d’un point puisqu’il avait alors obtenu 17/100.
19. C’est donc dans ce contexte de violations massives des droits civils, politiques, sociaux
et économiques de la population et de déliquescence générale que l’année 2024 s’est déroulée
et que l’année 2025 a démarré, offrant les 6 et 7 décembre 2024 d’une part, à Wharf Jérémie,
les 27, 28 et 29 janvier 2025 et janvier à Kenscoff et le 16 février 2025 à Chateaublond,
d’autre part, le théâtre macabre de trois (3) massacres perpétrés à l’encontre de la
population haïtienne.
III.
20.
•
•
•
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•
•
•
METHODOLOGIE
Pour la rédaction de ce document, le RNDDH s’est entretenu avec :
Deux-cent-trente-deux (232) victimes et proches de victimes des trois (3) zones
susmentionnées à savoir, Wharf Jérémie, Kenscoff et Chateaublond ;
Des autorités policières ;
Des responsables de la Direction de la Protection Civile à Kenscoff ;
Des notables des zones en question ;
Des riverains des trois (3) zones ;
Massillon JEAN, maire de Kenscoff ;
Edner NAZAIRE, président du Conseil d’Assemblée des Sections Communales (CASEC)
de Bongard, Kenscoff.
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IV.
MASSACRE AU WHARF JEREMIE
21. Les 6 et 7 décembre 2024, à Wharf Jérémie, au moins cent-dix (110) personnes âgées
de soixante (60) à quatre-vingts (80) ans pour la plupart, ont été assassinées par le chef de
gang Monel FELIX encore connu sous le nom de Micanor ALTES alias Roi Micanor, aidé de
ses sbires.
a) Reconstitution des faits
22. Pour reconstituer les faits, le RNDDH s’est entretenu avec cent-quatre (104)
personnes, victimes et proches des victimes du carnage.
23. Selon leurs déclarations, tout a commencé avec la maladie de Benson ALTES, un
enfant âgé de six (6) ans, fils de Micanor ALTES alias Roi Micanor. Le père a consulté un
hougan qui lui a affirmé que la maladie de son fils Benson ALTES était d’origine
surnaturelle, que les personnes âgées de sa communauté sont des loups-garous et qu’elles
étaient aussi responsables de la mort de plusieurs autres personnes qui vivaient dans son
fief.
24. C’est ainsi que le 6 décembre 2024, dans l’après-midi, Monel FELIX encore connu sous
le nom de Micanor ALTES alias Roi Micanor a constitué une équipe spéciale au sein de son
gang armé et lui a donné pour mission de capturer des personnes âgées.
25. Dans la soirée, sous prétexte qu’elles devaient participer à une rencontre avec le chef
de gang Monel FELIX, les victimes ont été invitées à suivre les membres du gang de celui-ci
et conduites jusqu’à lui. Et, arrivées au lieu fixé, elles ont toutes été exécutées par balles.
Les corps ont par la suite été brûlés avant d’être jetés à la mer.
26. Le lendemain, soit le 7 décembre 2024, Benson ALTES est décédé. Ce jour-là, la fureur
du père a atteint son paroxysme. Et, soixante-dix (70) autres personnes au moins, dont des
jeunes adultes, ont été enlevées de chez elles, interceptées au marché Nan Chabon ou même
dans les rues pour être sauvagement tuées à coups de couteau.
27. D’aucuns affirment que certaines parties des corps des victimes ainsi que leur sang
ont été conservés pour des rituels mystiques et que d’autres victimes ont été brûlées vives.
Il a aussi été rapporté que des membres du gang de Micanor ALTES qui tentaient de sauver
certains de leurs proches, ont été exécutés.
b) Bilan enregistré
28. Tel que susmentionné, au moins cent-dix (110) personnes ont été assassinées à Wharf
Jérémie les 6 et 7 décembre 2024. Le RNDDH s’est entretenu avec cent-quatre (104) proches
de victimes. Cependant, seules vingt-quatre (24) d’entre elles ont formellement autorisé
l’organisation à publier les informations fournies, relatives aux circonstances dans
lesquelles leurs parents ont été assassinés, les autres craignant pour leur vie et leur
sécurité.
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29. Le 6 décembre 2024, dans l’après-midi, Jacinthe BERNARD âgé de soixante-seize (76)
ans et père de six (6) enfants a été enlevé à son domicile à Wharf Jérémie par trois (3)
individus armés qui étaient montés à bord de motocyclettes. Il a été conduit à l’endroit
convenu avec Micanor ALTES alias Roi Micanor pour être froidement exécuté. Jacinthe
BERNARD était propriétaire d’une boutique et d’une chambre froide dans la zone ;
30. Le 6 décembre 2024, Marcel CANGE, né le 17 septembre 1949 et père de quatre (4)
enfants, a été enlevé chez lui par des hommes lourdement armés puis conduit au chef de
gang Monel FELIX encore connu sous le nom de Micanor ALTES alias Roi Micanor, sous
prétexte qu’il était invité à participer à une réunion. Marcel CANGE a été exécuté par le chef
de gang Monel FELIX. Il résidait à Wharf Jérémie depuis plus de trente (30) ans ;
31. Le 6 décembre 2024, vers 10 :00 du matin, Grette DORCY, âgée de soixante-huit (68)
ans, vendait du café lorsque deux (2) individus armés se sont présentés à elle et lui ont
demandé de les suivre car, Micanor ALTES avait besoin d’elle. A bord d’une motocyclette,
elle a été conduite à l’endroit convenu au bord de la mer où elle a été abattue avant que feu
ne soit mis dans son cadavre, selon son neveu, A.E. qui était présent pendant les faits et a
assisté à l’enlèvement de sa tante ;
32. Le 6 décembre 2024, Magarette ESTINVILLE, née le 25 août 1953 et mère de trois (3)
enfants, se trouvait à son domicile à Wharf Jérémie en compagnie de l’une de ses nièces
lorsqu’aux environs de 18 :00 heures, trois (3) individus armés sont entrés chez elle et lui
ont demandé de les accompagner à une réunion à laquelle elle était invitée avec le chef de
gang Micanor ALTES alias Roi Micanor. Elle a été exécutée ;
33. Le 6 décembre 2024 dans l’après-midi, Mimose GILLES, née le 25 juillet 1964 et mère
de cinq (5) enfants, se trouvait chez elle en compagnie de l’un (1) de ses fils ainsi que de
certains de ses petits-enfants lorsque soudainement, plusieurs hommes armés ont frappé à
sa porte et lui ont indiqué que le chef de gang Micanor ALTES avait besoin d’elle pour une
rencontre. Elle les a accompagnés et a été froidement exécutée ;
34. Le 6 décembre 2024, entre 18 :00 et 19 : heures, Ellionise LOUIS, âgée de soixante (60)
ans, mère d’un (1) enfant, se trouvait chez elle à Nan Chabon, Wharf Jérémie, lorsque des
bandits armés se sont introduits dans sa maison. Ces derniers ont déclaré que le chef de
gang avait besoin d’elle et l’ont emmenée avec eux. Par la suite, son fils B. C. apprendra que
toutes les personnes qui ont été conduites auprès de Micanor ALTES ont été assassinées, y
compris sa mère ;
35. Le 6 décembre 2024, Montellas METELLUS, né le 20 juin 1955 et père de deux (2)
enfants, a été enlevé à son domicile à Wharf Jérémie, par au moins quatre (4) individus
armés. Ces derniers l’ont conduit au chef de gang Micanor ALTES, alias Roi Micanor, qui l’a
assassiné ;
36. Le 6 décembre 2024 dans l’après-midi, Charita MIDY, âgée de soixante (60) ans, mère
de sept (7) enfants se trouvait chez elle à Nan Chabon, Wharf Jérémie, lorsque des bandits
se sont introduits dans sa maison et l’ont invitée à les suivre. Et, de même que toutes les
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
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autres personnes qui ont été conduites à Micanor, Charita MIDY a elle aussi été tuée, selon
son petit-fils W.M. ;
37. Le 6 décembre 2024, au cours de la nuit, Marthe Antonia TAILLEUR, âgée de soixantequinze (75) ans, se trouvait chez elle à Cité la Paix, lorsque des bandits armés se sont
introduits dans sa maison et lui ont demandé de les suivre. Le lendemain, soit le 7 décembre
2024, sa petite-fille, S. J. s’est rendue au bord de la mer où elle a découvert le cadavre de
Marthe Antonia TAILLEUR, vêtue de la robe de nuit qu’elle avait filée avant de suivre les
bandits armés qui l’en avaient donné l’ordre ;
38. Le 7 décembre 2024, Adeline ALTEMA, âgée de quatre-vingt-seize (96) ans et mère de
deux (2) enfants a été enlevée chez elle à la Rue Emmanuel en vue de participer à une
réunion avec le chef de gang. La victime a été exécutée par Micanor ALTES alias Roi
Micanor ;
39. Le 7 décembre 2024, Amadide BAPTISTE, âgée de quatre-vingt-trois (83) ans et mère
de quatre (4) enfants a été enlevée chez elle aux environs de 20 :00 heures par des hommes
lourdement armés qui lui ont demandé de venir participer à une réunion avec Monel FELIX
alias Roi Micanor. Elle a été exécutée ;
40. Le 7 décembre 2024 dans la journée, Charléus BONHEUR, âgé de quatre-vingt-deux
(82) ans, père de trois (3) enfants, s’adonnait à ses activités dans son atelier de couture à
Cité La Paix lorsque deux (2) individus lui ont demandé de les accompagner en vue d’assister
à une réunion organisée par Micanor ALTES alias Roi Micanor. Il a été conduit à l’endroit
fixé, à bord d’une motocyclette. Le lendemain, soit le 8 décembre 2024, sa petite-fille Y. A.
a appris qu’il avait été enlevé et qu’il figure parmi les victimes qui ont été assassinées ;
41. Le 7 décembre 2024, vers 22 :00 heures à la Rue Barthélémy, Wharf Jérémie, des
hommes armés ont frappé à la porte de la dame Euvanie BORELUS ,âgée de soixante-huit
(68) ans, née le 5 décembre 1955. Sa fille N.D. a ouvert la porte. Les individus lui ont alors
affirmé qu’ils étaient venus chercher sa mère, conviée à une rencontre avec le chef de gang
Micanor ALTES alias Roi Micanor. Euvanie BORELUS a été emmenée. Le lendemain, N. D.,
restée sans nouvelle de sa mère, s’est rendue à Nan Charbon au bord de la mer où elle a
aperçu une partie du cadavre de sa mère avec la jupe rouge qu’elle portait la veille, pour se
rendre à ladite réunion.
42. Le 7 décembre 2024, vers midi, Milou CHASSAGNE, âgé de
soixante-et-un (61) ans, père de trois (3) enfants, se trouvait chez
lui, à Cité La Paix, lorsque des individus l’ont enlevé puis conduit
auprès de Micanor, au bord de la mer où il a été assassiné. Son
neveu D.C. âgé de trente-deux (32) ans, ne se trouvait pas sur les
lieux au moment des faits. Cependant, ayant appris les
circonstances dans lesquelles son oncle a été assassiné, il a
affirmé que l’assassinat de celui-ci ne resterait pas impuni.
Main droite de D.C.
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Le 20 décembre 2024, des individus armés l’ont menacé de lui régler son compte s’il ne se
taisait pas. Et, le 22 décembre 2024, deux (2) d’entre eux l’ont fait chercher chez lui en vue
de l’assassiner. Comme ils le connaissaient et qu’ils étaient ses ex-coéquipiers de football,
ils lui ont administré une balle à la main droite avant de demander à leur chef Micanor
ALTES l’autorisation pour D.C., d’aller se faire soigner.
43. Le 7 décembre 2024, Immacula COICOU, âgée de soixante-quatre (64) ans, mère de
P. C., se trouvait à la Rue Barthelemy, Wharf Jérémie lorsque des individus qui circulaient
à bord de motocyclettes sont venus la chercher pour l’emmener auprès du chef de gang
Micanor ALTES. Quelque temps après, son fils P.C. a appris que sa mère a été lynchée puis
brûlée ;
44. Le 7 décembre 2024, à Wharf Jérémie, Olympcia DESPAGNES, âgée de quatre-vingtdeux (82) ans et mère de trois (3) enfants se trouvait dans sa maison lorsque des bandits
armés ont débarqué chez elle et l’ont emmenée. Son fils L.S. qui vivait avec elle et qui était
sorti vaquer à ses activités ce jour-là ayant appris la nouvelle, l’a cherchée partout mais ne
l’a jamais revue. Olympcia DESPAGNES était connue dans la zone pour ses dons de
guérisseuse ;
45. Le 7 décembre 2024, Umaliance EUSTACHE âgé de soixante-treize (73) ans, se trouvait
chez lui en compagnie de son petit-fils S.S., lorsque deux (2) individus l’ont sommé de les
suivre, en vue de le conduire chez Micanor ALTES. Selon sa fille M.E., il a été assassiné ;
46. Le 7 décembre 2024, Milot FAUSTINE, âgé de soixante-quinze (75) ans se trouvait chez
lui, à Nan Chabon lorsque des individus sont venus et l’ont accusé d’être responsable de la
mort de Benson ALTES, fils de Micanor ALTES. Faustine MILOT a été emmené puis assassiné,
selon les déclarations de sa fille, M.F.P. ;
47. Le 7 décembre 2024, Jacqueline JEAN et son conjoint Villard JEAN, respectivement
âgés de soixante-deux (62) ans et de soixante-cinq (65) ans ont été capturés avant d’être
froidement assassinés.
48. Le 7 décembre 2024, Dieuvé JOACHIM, âgé de soixante-cinq (65) ans et père de cinq (5)
enfants, se trouvait au marché Nan Chabon, Wharf Jérémie et s’occupait de son commerce
lorsqu’il a été enlevé par des individus et conduit à Micanor ALTES alias Roi Micanor qui l’a
froidement abattu ;
49. Le 7 décembre 2024, en matinée, Bénita JOSEPH, âgée de soixante-deux (62) ans, mère
de sept (7) enfants, se trouvait chez elle lorsque des individus l’ont sommée de les suivre,
selon son petit-fils J.-R. M. Elle a été assassinée ;
50. Le 7 décembre 2024, Roosevelt PIERRE, âgé d’une soixantaine d’années et père de six
(6) enfants, se trouvait chez lui avec sa famille lorsqu’il a été enlevé par des individus armés.
Il a été conduit au fief du chef de gang Micanor ALTES, alias Roi Micanor, où il a été exécuté ;
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51. Le 7 décembre 2024, Jean VOLTAIRE, né le 11 avril 1965 et père de cinq (5) enfants, se
trouvait au marché Nan Chabon, à Wharf Jérémie où il tient son commerce, lorsqu’il a été
enlevé. Il a été assassiné ;
52. Le 7 décembre 2024, Rosiane ZEPHIR âgée de quatre-vingts (80) ans se trouvait chez
elle lorsqu’elle a été enlevée par des individus armés et a été froidement assassinée, selon
sa petite-fille S.D.
c) Situation subséquente
53. Après le tollé médiatique provoqué par le massacre de Wharf Jérémie, le 11 décembre
2024, des proches de Micanor ALTES alias Roi Micanor ont organisé dans leur fief, une
manifestation au cours de laquelle ils ont scandé que les personnes assassinées étaient
effectivement des loups-garous, appuyant ainsi le chef de gang dans sa folie sanglante.
54. Depuis, la situation est tendue dans la zone et le calme qui y est constaté n’est
qu’apparent.
55. Si plusieurs victimes et proches de victimes de ce carnage sont contraints de rester à
Wharf Jérémie, d’autres se sont réfugiés dans des sites de déplacés.es à Delmas, Bourdon
et à Lalue, laissant derrière elles tout ce qu’elles possédaient. Enfin, une autre catégorie de
victimes sillonne les rues, ne pouvant retourner à Wharf Jérémie ni ne sachant où se rendre.
56. L’utilisation du téléphone à Wharf Jérémie de même que les déplacements tant pour
ceux qui laissent la communauté que pour ceux qui s’y rendent, sont strictement contrôlés
par les bandits armés. Conséquemment, quitter Wharf Jérémie n’est pas facile car, les
habitants ne peuvent alors rien emporter, pour ne pas alerter les bandits armés.
57. Les blessés recensés par le RNDDH ont affirmé qu’en plus d’avoir été obligés de fuir
la fureur des bandits armés, ils sont aujourd’hui contraints de faire face à des frais médicaux
énormes qui n’étaient pas prévus. Tel est par exemple le cas de D.C. qui a reçu une balle à
la main droite qui la lui a entièrement déchiquetée.
58. En date du 21 janvier 2025, le Commissaire du gouvernement près le Tribunal de
première instance de Port-au-Prince, Maître Frantz MONCLAIR a de son côté affirmé au
RNDDH avoir mis l’action publique en mouvement à l’encontre de Micanor ALTES alias Roi
Micanor et de ses acolytes, dans le cadre du carnage enregistré les 6 et 7 décembre 2024.
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V.
MASSACRE A KENSCOFF
59. Les 27, 28 et 29 janvier 2025, des bandits armés membres de la fédération terroriste
Viv Ansanm ont orchestré une attaque sanglante et coordonnée dans plusieurs localités de
la commune de Kenscoff.
60. Le RNDDH s’est entretenu avec cent-neuf (109) parmi les victimes et proches de
victimes qui lui ont permis de reconstituer les faits et ont partagé les circonstances dans
lesquelles leurs proches ont été assassinés.
a) Reconstitution des faits
61. Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2025, entre 2 :00 et 3 :00 heures, des tirs d’armes
automatiques ont été entendus dans plusieurs localités de Kenscoff dont, Belot, Bongard,
Bwa Majò, Chauffard, Godet, Kafou Bèt, etc.
62. Selon les informations recueillies sur le terrain, l’attaque a été facilitée par un évadé
de prison, Pierre Fils ORVIL, originaire de Kenscoff, qui a guidé plus d’une centaine de
bandits armés - dirigés par Didi ainsi connu, un allié du gang armé de Village de Dieu ayant
à sa tête Johnson ANDRE alias Izo 5 secondes – et leur a permis d’investir les localités
susmentionnées. C’est ainsi que les bandits armés ont pu emprunter un itinéraire passant
par la montagne, de la commune de Carrefour jusqu’à la localité de Berly, à Kenscoff. Par la
suite, ils se sont dirigés vers les localités Bois d’Avril, Kafou Bèt, Godet, Belot, Ti Plas, etc.
où ils ont assassiné plusieurs personnes, incendié des dizaines de maisons et pillé et volé
les biens des résidents.es.
63. Huit (8) policiers dépêchés sur les lieux se sont positionnés à Godet car, en raison du
mauvais état des routes et du fait qu’ils étaient en sous-effectif face à la centaine de bandits
armés, ils ne pouvaient pas se rendre à Kafou Bèt.
64. Vers 5 :00, après avoir provoqué maints dégâts dans les zones susmentionnées, les
bandits sont arrivés à Godet. Ils prenaient la direction du commissariat de Kenscoff
lorsqu’ils se sont butés à une ceinture policière. Et, Suite aux appels en renfort, dans la
matinée du 27 janvier 2025, des unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et
des membres de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) se sont rendus sur
les lieux, accompagnés du directeur général a.i. de la PNH, Normil RAMEAU.
65. Si, selon les dires de l’institution policière, il a été permis de récupérer quatre (4)
armes à feu, près de deux-mille (2,000) cartouches et de reprendre le contrôle partiel de
certaines zones, les localités de Kafou Bèt, Bwa Majò, Ti Plas, Bois d’Avril et L’Étang restent
totalement sous le contrôle des bandits armés. D’ailleurs, même après le déploiement des
forces de l’ordre, les bandits ont continué à attaquer la population de Kenscoff. Par exemple,
rien que le 29 janvier 2025, huit (8) autres personnes ont été assassinées, augmentant ainsi
le nombre de victimes.
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b) Bilan enregistré
66. Au moins cent-trente-neuf (139) personnes ont été assassinées ou sont portées
disparues. Soixante-six (66) proches de ces victimes ont autorisé le RNDDH à partager les
circonstances dans lesquelles ces personnes ont perdu la vie, de même que quarante-trois
(43) propriétaires/locataires de maisons qui ont été vandalisées et/ou incendiées par les
bandits armés.
i.
Personnes assassinées
67. Le 27 janvier 2025, à Bellevue la Montagne Espinas, Evens AZOR âgé de trente (30)
ans, sa femme Bertide DESIUS âgée de trente-et-un (31) ans et leurs deux (2) enfants
Déborah AZOR et Marvens AZOR, respectivement âgés de six (6) et de dix (10) ans, tentaient
de fuir l’attaque des bandits lorsqu’ils ont tous été tués. Les corps des victimes ont par la
suite été brûlés ;
68. Le 27 janvier 2025, à Ti Plas, Zabelle CESAR, âgée de soixante-douze (72) ans et mère
de six (6) enfants, a été tuée par des bandits armés ;
69. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt, Elus DIEUDONNE, âgé de quarante-deux (42) ans et
père de trois (3) enfants, a été tué alors qu’il tentait de fuir pour sauver sa vie ;
70. Le 27 janvier 2025, à Godet, Robinson DESROSIERS alias Blende, né le 10 mars 1982,
ouvrier maçon de profession et chef de la brigade de vigilance de Fort-Jacques, a été tué
alors qu’il aidait les forces de l’ordre qui combattaient les bandits armés ;
71. Le 27 janvier 2025, à la 4ème section Belot, Kenscoff, Raroul DORCEISE, âgé de soixantecinq (65) ans et père de deux (2) enfants, tentait de fuir l’attaque armée des bandits armés
lorsqu’il a été tué par balles. La nouvelle a été annoncé par un ami qui, en s’enfuyant, a
constaté le cadavre de Raroul DORCEISE, jonchant les rues. Son corps n’a pu être récupéré ;
72. Le 27 janvier 2025, dans la localité de Bongard, Macula FORTILUS, soixante-deux (62)
ans et Siliane SYLINE, quarante (40) ans, mère et fille, ont été tuées puis, feu a été mis à
leur corps, à l’intérieur de leur maison ;
73. Le 27 janvier 2025, à Belot, Venicia GERMAIN, mère de trois (3) enfants, âgée de
cinquante-cinq (55) ans, a été tuée. Feu a été mis à sa maison avec son cadavre à l’intérieur.
Venicia GERMAIN était aveugle ;
74. Le 27 janvier 2025, Diveus INNOCENT, âgé de quatre-vingt-cinq (85) ans et père de
huit (8) enfants, très malade, a été tué dans sa maison qui a par la suite été incendiée ;
75. Le 27 janvier 2025, à Tèt Wouj, zone Belot, Venicia JEUNE, âgée de quatre-vingt-six
(86) ans, mère de trois (3) enfants, a été assassinée par balle chez elle. Elle a été laissée sur
place par sa famille qui n’a pas pu prendre la fuite avec elle. Venicia JEUNE était aveugle ;
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76. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt, Charistain JOSEPH, âgé de quatre-vingt-cinq (85) ans
et père de six (6) enfants, a été assassiné ;
77. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt, Gracia Paul JOSEPH, âgée de quatre-vingts (80) ans
et mère de six (6) enfants, a été assassinée. Elle était incapable de se déplacer en vue de se
mettre à l’abri de la fureur des bandits armés ;
78. Le 27 janvier 2025, dans la soirée, à Au Silence, Camès JOSEPH, âgé de trente-six (36)
ans, père de quatre (4) enfants, est tombé dans un trou en s’enfuyant lors de l’attaque des
bandits armés. Son cadavre a été découvert par son frère, deux (2) jours plus tard, soit le 29
janvier 2025 ;
79. Le 27 janvier 2025, Marie Jean JOSEPH, âgée de soixante-dix (70) ans et mère de sept
(7) enfants, se trouvait chez elle à Kafou Bèt lorsqu’elle a été tuée. Selon les déclarations de
ses proches, elle n’a pas eu le temps de s’échapper et son corps a été carbonisé ;
80. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt Joël LAURENT, âgé de vingt-cinq (25) ans et père d’un
(1) enfant, a été tué alors qu’il tentait de s’enfuir. Son cadavre a ensuite été brûlé par les
bandits armés ;
81. Le 27 janvier 2025, à Kikwa, Philius LHERISSE, âgé de quarante-cinq (45) ans, père de
quatre (4) enfants et pasteur de l’Eglise Union Fraternité Chrétienne, a été exécuté. Philius
LHERISSE a d’abord été enlevé par les bandits armés qui lui ont remis une arme à feu et lui
ont demandé d’aller affronter les forces de l’ordre. Le même jour, à Godet, Saint Rilus
LHERISSE, le père du pasteur Philius LHERISSE a lui aussi été tué ;
82. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt, zone Lafontant, Levelus LORANCIN, âgé de soixantedix (70) ans et sa conjointe Marissia PAUL, âgée d’une soixantaine d’années, parents de cinq
(5) enfants, se trouvaient chez eux lorsqu’ils ont été assassinés par des bandits armés qui
ont aussi mis feu à leur maison ;
83. Le 27 janvier 2025 dans l’après-midi, à Belot, Herold MIRACCIN âgé de quarante-six
(46) ans et père de deux (2) enfants a été assassiné par des bandits armés alors qu’il cultivait
son jardin. Le même jour, vers 23 :00, sa conjointe V.P. a dû fuir leur maison, pour échapper
à la fureur des bandits armés. Trois (3) maisons qui se trouvaient dans la cour de la
propriété privée de Olivia DORCIUS, belle-mère de Hérold MIRACCIN, ont été incendiées.
84. Le 27 janvier 2025, vers 02 :00 heures, à Godet, Roseline MONEUS, âgée de quarantequatre (44) ans, mère de trois (3) enfants, a été carbonisée à l’intérieur de sa maison. Elle
souffrait de maladies cardiovasculaires qui l’avaient rendue paraplégique, ce qui l’a
empêchée de s’échapper ;
85. Le 27 janvier 2025, à Belot, Ferdinand MYRTIL, âgé d’environ soixante (60) ans et père
de quatre (4) enfants, a été tué puis son cadavre, carbonisé ;
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86. Le 27 janvier 2025, à Godet, J. N., un hougan, a été enlevé par les bandits armés et
sommé d’aider ces derniers à identifier les personnes fortunées de la zone. Junior et sa
conjointe, qui se trouvaient chez J. N., ont été assassinés. Le premier a reçu plusieurs balles
à la tête alors que la deuxième a reçu une balle à la poitrine ; Le même jour, toujours à
Godet, Emmanuel NERILUS, fils du hougan, lui-même âgé de vingt-cinq (25) ans et père d’un
(1) enfant de deux (2) ans, a été assassiné. Il laisse son enfant et sa conjointe, enceinte de
neuf (9) mois ;
87. Le 27 janvier 2025, Davilus PAVILUS, âgé de soixante-dix-huit (78) ans et père de six
(6) enfants, a été tué à Kafou Bèt. Feu a par la suite été mis à son cadavre, à l’intérieur de
sa maison où il se trouvait lorsqu’il a été tué. Davilus PAVILUS souffrait de maladies
cardiovasculaires. Un de ses enfants, présentant également une déficience motrice, se
trouvait avec lui au moment des faits. S’il a réussi à fuir, il n’a rien pu faire pour son père ;
88. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt, en cours de journée, Justin RAYMOND, âgé de soixantequatorze (74) ans, père de cinq (5) enfants, a reçu deux (2) projectiles à la tête. Il se trouvait
devant sa maison quand il a été tué. Sa maison a aussi été incendiée. Selon ses proches, son
cadavre n’a pu être récupéré ;
89. Le 27 janvier 2025, à Kafou Bèt, zone Saint-Antoine, Julia SERAPHIN, âgée de soixantetreize (73) ans et mère de cinq (5) enfants, a été tuée chez elle puis feu a été mis à sa maison,
avec son cadavre à l’intérieur. Julia SERAPHIN était aveugle ;
90. Le 27 janvier 2024, à Kafou Bèt, Daniel TISSE, diacre de l’Eglise Baptiste
Conservatrice, a été tué par des bandits armés qui ont, par la suite, établi une de leurs bases
dans l’enceinte-même de cette église ;
91. Le 27 janvier 2025 dans la matinée, à Kafou Bèt, Lucien Vilus VERTUS, âgé de
quarante-huit (48) ans, père de quatre (4) enfants, a reçu plusieurs projectiles à la tête. Son
cadavre n’a pu être récupéré par sa famille. Le même jour, dans l’après-midi, toujours à
Kafou Bèt, zone Ti Plas, Verilus Vilus VERTUS, âgé de soixante-neuf (69) ans, père de sept
(7) enfants, se rendait dans son jardin afin de mettre ses têtes de bétail à l’abri lorsqu’il a
été assassiné de plusieurs projectiles au dos ; Son cadavre a été mis en terre par sa famille ;
92. Dans la nuit du 27 au 28 janvier 2025, à Belot, Claude EXILIEN, âgé de cinquante-cinq
(55) ans, père de deux (2) enfants a été assassiné. Selon sa conjointe M. D., Claude EXILIEN
était resté seul dans sa maison après la fuite des membres de sa famille quand les hommes
armés ont envahi son quartier. Il était malade et rencontrait des difficultés à se déplacer.
Feu a été mis à la maison avec Claude EXILIEN à l’intérieur ;
93. Le 28 janvier 2025, à Kafou Bèt, Bergil CHARLES âgé de soixante-quinze (75) ans ainsi
que sa conjointe Sylvina DOUCE âgée de soixante-neuf (69) ans se trouvaient chez eux et
n’ont pas voulu fuir lorsqu’ils ont tous deux (2) été tués par balles par des bandits armés ;
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94. Le 28 janvier 2025, à Godet, dans la matinée, Milford DESTIN, âgé de cinquante-et-un
(51) ans, père d’une (1) fille, se trouvait devant sa maison lorsque les bandits ont envahi la
zone et ont mis feu à sa maison, avec son cadavre à l’intérieur ;
95. Le 28 janvier 2025, à Kafou Bèt, zone Saint-Antoine, Jean-Phény ÉTIENNE, âgé de
quarante (40) ans et père de deux (2) enfants, a été tué par des bandits armés. Son cadavre,
partiellement calciné, a été découvert par des membres de sa famille dans un champ ;
96. Le 28 janvier 2025, à Tèt Mòn, Phénicie FELIX, âgée de quatre-vingts (80) ans et mère
de trois (3) enfants, a été tuée. Selon ses proches, Phénicie FELIX souffrait de fortes douleurs
aux genoux et ne pouvait plus se déplacer ;
97. Le 28 janvier 2025, à Godet, entre 7 :00 et 8 : 00, Antoine FLEURAT, âgé de soixantecinq (65) ans, père d’un (1) fils, a été assassiné. Son cadavre a brûlé avec sa maison ;
98. Le 28 janvier 2025 dans la matinée, à Kafou Bèt dans la zone de Tèt Mòn prolongée,
Marie IROIS, âgée de soixante-dix (70) ans, mère de deux (2) enfants, a reçu deux (2)
projectiles, l’un au niveau de l’une de ses fesses et l’autre au niveau de sa main droite. Elle
est morte de ses blessures. Son cadavre est resté sur le sol et a été dévoré par des chiens ;
99. Le 28 janvier 2025, à Kikwa, Junia JEAN, âgée de vingt-huit (28) ans et vivant avec
une déficience physique, suite à une crise cardiaque, a été assassinée ;
100. Le 28 janvier 2025, à Kafou Bèt, zone Boukanbou, Mérilus JEAN, âgé de soixante-seize
(76) ans, cultivateur et père de cinq (5) enfants, a été tué par des bandits armés. Il tentait
de prendre la fuite lorsqu’il a été froidement abattu ;
101. Le 28 janvier 2025, à Ti Plas, Kafou Bèt, quatre (4) autres membres de la famille
LHERISSE ont été assassinés, portant à six (6) les victimes recensées au sein de cette famille.
Il s’agit de :
•
•
•
•
Germain LHERISSE, âgé de trente-cinq (35) ans, père de trois (3) enfants. Feu a été
mis à sa maison, avec son cadavre à l’intérieur ;
Lucien LHERISSE, âgé de trente-neuf (39) ans, père de trois (3) enfants. Il a été tué
alors qu’il prenait la fuite. Son cadavre a été brûlé ;
Zabélie CESAR, conjointe de Derilus LHERISSE, âgée de soixante-cinq (65) ans, mère
de six (6) enfants. Elle a été assassinée dans la cour de sa maison. Les bandits ont
par la suite empêché son fils D. L. de l’enterrer ;
Vérilus LHERISSE, âgé de cinquante (50) ans et père de quatre (4) enfants. Il a été
tué alors qu’il se trouvait chez lui. Son cadavre a été incendié avec sa maison.
102. Le 28 janvier 2025, à Kafou Bèt, zone Boukanbou, Saint-Victor LORANCIN, âgé de
soixante-quatorze (74) ans et père de six (6) enfants, a été tué. Il ne pouvait pas courir
suffisamment vite pour échapper à l’attaque ;
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103. Le 28 janvier 2025, dans la matinée, à Bwa Majò, Kafou Bèt, les bandits armés ont
mis le feu dans la maison d’Augustin MICHEL, âgé de soixante-dix (70) ans, père de six (6)
enfants et vivant avec une déficience motrice congénitale. Son corps ainsi que sa maison ont
brûlé ;
104. Le 28 janvier 2025, à Lafontant, vers 16 :00, Christina NAZAIRE et Wana SYLVESTE,
respectivement âgées de quatre-vingts (80) et de soixante (60) ans, la première, mère de cinq
(5) enfants, et la deuxième, mère d’un (1) enfant, ont été assassinées. Elles étaient toutes
deux (2) aveugles et se trouvaient dans la même maison au moment des faits ;
105. Le 28 janvier 2025, dans la localité de Ti Plas, à Kafou Bèt, quatre (4) membres d’une
même famille ont été assassinés. Il s’agit de :
•
•
•
•
Dorcius VOLCY, âgé de soixante-treize (73) ans, père de sept (7) enfants. Il tentait de
s’enfuir au moment où il a été abattu. Feu a été mis à son cadavre ;
Mercidieu VOLCY, âgé de quarante (40) ans, père de quatre (4) enfants, pasteur de
l’Église de Dieu en Christ située dans ladite localité. Il a été assassiné au même
moment que son père avec qui il tentait de fuir la violence des gangs armés ; Son
cadavre a été carbonisé ;
Denise VOLCY, âgée de quarante (40) ans, mère de trois (3) enfants. Elle a reçu une
balle chez elle avant que les bandits ne mettent feu à sa maison, avec son cadavre à
l’intérieur ;
Augustin VOLCY, âgé de soixante (60) ans, père de neuf (9) enfants. Il était retourné
sur les lieux en vue de constater l’état de sa maison lorsqu’il a été assassiné.
106. Le 29 janvier 2025, à Bongard, Petuel CANTAVE, âgé de quarante-huit (48) ans, père
de deux (2) enfants, et son fils Jerry CANTAVE, âgé de quinze (15) ans ont tous deux (2) été
assassinés. Feu a été mis à leur maison avec leur cadavre à l’intérieur ;
107. Le 29 janvier 2025, à Kafou Bèt, Victor JEAN, âgé de quatre-vingts (80) ans, père de
quatre (4) enfants, se trouvait devant sa maison lorsqu’il a reçu plusieurs projectiles. Selon
ses proches, son cadavre a été dévoré par des chiens ;
108. Le 29 janvier 2025, à Kikwa, Létanne LOUIS, âgée d’une soixantaine d’années et mère
de neuf (9) enfants, a été assassinée. Elle était la tante de l’ancien député de Kenscoff,
Gustave LOUIS ;
109. Le 29 janvier 2025, au cours de la matinée, à Kafou Bèt , Mme Dieusel JEAN, alias
Timanmzèl, âgée de soixante-dix (70) ans, mère de huit (8) enfants, a été assassinée par
balle. Feu a été mis à son cadavre à l’intérieur de sa maison.
110. Alors qu’elle fuyait avec son nouveau-né dans les bras, Eliana TELEMAQUE, mère de
deux (2) enfants, a été interceptée par des bandits armés qui lui ont demandé le sexe de
l’enfant. Après leur avoir indiqué qu’il s’agissait d’un petit garçon, ils le lui ont arraché des
mains, l’ont jeté dans le feu et ont exigé qu’elle reste sur place pour regarder mourir son
enfant. Par la suite, ils lui ont tiré sur la tête avant de la sommer de partir. Quelques jours
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
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plus tard, elle est morte. Le 14 février 2025, elle a été conduite au commissariat de PétionVille où elle a perdu la vie, suite au décès tragique de son nouveau-né. Selon les déclarations
de L.C. mère d’Eliana TELEMAQUE, cette dernière, originaire de l’Arcahaie vivait en
République Dominicaine et venait d’accoucher de son bébé quand des agents de
l’immigration l’ont expulsée vers Haïti. Arrivée sur place, elle s’est d’abord rendue à PétionVille, dans la zone où elle habitait avant de quitter le pays. Cependant, en raison des
attaques armées successives enregistrées dans cette commune, elle s’est rendue à Kenscoff.
P.T, oncle de Eliana TELEMAQUE avec lequel le RNDDH s’est aussi entretenu, a confirmé
que le cadavre de sa nièce a été transporté à l’Arcahaie, pour ses funérailles. Celles de
Gaston TELEMAQUE, père d’Eliana TELEMAQUE, lui aussi assassiné lors du massacre de
Kenscoff, ont été chantées le 28 février 2025, toujours à l’Arcahaie.
ii.
Personnes disparues
111. Au moins neuf (9) personnes sont à ce jour, portées disparues :
112. Johny JEAN BAPTISTE âgé de vingt-cinq (25) ans vivait à Cavia-Poupie, Kenscoff avec
sa famille. Le 27 janvier 2025, lors de l’attaque des bandits armés, il a pris la fuite. Depuis,
sa famille n’a plus de ses nouvelles ;
113. Marcelus ACCIDE âgé de trente-six (36) ans et père de deux (2) fillettes vivait à
Bongard, Kenscoff. Le 27 janvier 2025, il dormait chez lui, ainsi que sa sœur V.A. lors de
l’assaut des bandits armés. V.A. a eu le temps de s’enfuir. Cependant, depuis, elle n’a
aucune nouvelle de Marcelus ACCIDE. Leur maison a été entièrement incendiée ;
114. Innocent SERANT âgé de quarante-deux (42) ans, se trouvait chez lui à Kafou Bèt, zone
Nan Koray, le 27 janvier 2025, en compagnie de sa conjointe Gertruide et de leurs quatre
(4) enfants Merancia SERANT, âgée de quatorze (14) ans ; Darline SERANT, âgée de douze
(12) ans ; Alexandre SERANT, âgé de sept (7) ans et Edson SERANT, âgé de cinq (5) ans. Ils
sont tous portés disparus depuis ;
115. Le 28 janvier 2025, en cours de journée, à Nan Do Malfini, non loin de Godet, Hervé
CLAUDE, âgé de trente-neuf (39) ans, père de deux (2) enfants, est porté disparu. Il s’était
rendu dans son jardin ce jour-là et n’en est jamais revenu.
iii.
Maisons incendiées
116. Des dizaines de maisons ont aussi été incendiées. Voici la liste de quarante-trois (43)
parmi les propriétaires et/ou locataires qui ont tout perdu :
27 janvier 2025
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•
Benoit Sadrac, Godet
Harold Innocent, Godet
Nono Saint-Emma, Godet
Amante Lorancin, Kafou Bèt
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Annicia Annéus à Kafou Bèt
Samantha Pierre Charles, Belot
Yves Dajuste, Kikwa
Jean Rosilus, Lafontant, Kafou Bèt,
Edner Nazaire, CASEC de Bongard, Kikwa. Onze (11) autres maisons qui se
trouvaient dans la même habitation que celle du CASEC Edner NAZAIRE, occupées
par des membres de la famille de ce dernier, ont également été incendiées.
Dorcil Saint-Verty, Boukanbou, Kafou Bèt
Béthanie Joseph, Belot
Saintania Tissé, Kafou Bèt
Beatrice Saint-Hubert, Kafou Bèt
Nérilus Joseph, Godet
Maire Ange Victor, Kafou Bèt
Judith Monéus, Godet
28 janvier 2025 :
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Alnarice Jean, Kafou Bèt
Charles Yves, Kafou Bèt, zone Saint-Antoine
Salvador Dieudonné Kafou Bèt
Fernand Nazaire, Kafou Bèt
Etiana César, Kikwa
Cena Jean-Baptiste, Kafou Bèt
Dieubon Charles-Miracle, Tèt Mòn
Lucienne Serant, Place Paul. Ses têtes de bétail ont aussi été incendiées
Jeannette Mercilus, Lafontant, Kafou Bèt
Francois Innocent Nazaire, à Kikwa
Nicole Duveus, Kikwa
Odanie Dieudonne, Kikwa
Marie Mariela Monéus Excellent, Godet
29 janvier 2025 :
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Edner Rosilus, Kafou Bèt. Il a aussi perdu ses deux (2) motocyclettes
Guirlène Ambroise, Bongard
30 janvier 2025 :
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Decima Victolien, Kabèt, Bongard. Il a aussi perdu sa boutique
Rosemina Felima Victolien, Découvert, Tèt Mòn, Bongard
13 février 2025
•
Alourdes Louis, Kavri, Bongard.
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c) Situation subséquente
117. Selon un bilan non-exhaustif de la Direction de la Protection Civile, au moins dix-huitmille (18,000) personnes ont dû fuir leur domicile pour se réfugier chez des proches, chez
des amis qui vivent dans des zones qui n’ont pas été attaquées par les bandits armés ou
dans des sites d’accueil. Parmi ces déplacés.es, pas moins de trois-cent-vingt-six (326)
familles pour mille-trois-cent-vingt-neuf (1,329) personnes se retrouvent dans quatre (4)
espaces qui ont été convertis en sites d’accueil depuis le massacre. Il s’agit de : L'Ecole
Nationale de Furcy, L'Ecole Maternelle La Petite Enfance de Jean-Paul II, L'Église l’Arche
de la Nouvelle Alliance de Kenscoff et de la Mairie de Kenscoff.
118. Dans ces sites, les déplacés.es vivent dans des conditions extrêmement précaires : ils
dorment à même le sol, sans couverture, sans lit ni matelas et préparent à manger sur du
feu de bois.
119. Il a été rapporté au RNDDH que le Fonds d’Assistance Economique et Sociale (FAES)
distribue des kits alimentaires et des repas chauds aux victimes, mais en quantité
insuffisante. De son côté, La Direction de la Protection Civile a distribué quelques
couvertures et des vêtements. Cependant, tout le monde n'a pas pu en bénéficier. La
Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) fournit de l'eau aux
personnes qui sont logées à la Mairie de Kenscoff et à l'Ecole Nationale de Furcy. Food for
the Poor apporte de la nourriture aux victimes et la Croix-Rouge était passée évaluer la
situation. A date, elle n’a encore fourni aucune assistance.
120. Le ministère de la Santé publique et de la Population est totalement absent des sites.
Les personnes malades se rendent au centre de santé situé en ville pour consultation, puis
apportent leurs prescriptions à la Mairie dans l’espoir que les autorités municipales les
aideront à acheter leurs médicaments car, à date, seule la Mairie les prend en charge. Tel
est le cas par exemple, de deux (2) blessés, en provenance de la zone de Godet.
121. Lors de l’une des visites de monitoring du RNDDH, l’organisation a constaté que la
Mairie de Kenscoff était en train de construire des toilettes et des douches sur la cour de
l’institution.
122. Par ailleurs, il convient de souligner que la situation reste tendue à Kenscoff, en dépit
du fait qu’au moment de la rédaction du présent rapport, une forte présence policière est
observée dans la commune. A l’exception de Furcy et de Godet où des agents de la Mission
Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) et de l’Unité Départementale pour le Maintien
de l’Ordre (UDMO) sont déployés, les sections communales qui ont été attaquées restent
encore sous le joug des bandits armés qui ont coupé l’accès des forces de l’ordre à de
nombreuses routes, en creusant des trous sur la voie publique ou en abattant des arbres.
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VI.
MASSACRE A CHATEAUBLOND
a) Reconstitution des faits
123. Le 16 février 2025, des bandits du gang Kraze Baryè dirigé par Vitelhomme INNOCENT
ont attaqué les localités de Chateaublond et de Petit Troupeau, situées à Frères, commune
de Pétion-ville.
124. Selon les informations recueillies sur le terrain, le 14 ou le 15 février 2025, des agents
de la Police Nationale d’Haïti (PNH), montés à bord d’un char blindé, ont tué Annil JEANPHILIPPE alias Ti Nonm alors qu’il se trouvait entre Chateaublond et Petit Troupeau. Annil
JEAN-PHILIPPE était membre du gang Kraze Baryè, de même que ses deux (2) fils dont l’un
deux, Stanley JEAN-PHILIPPE, a été placé par le chef de gang Vitelhomme INNOCENT, dans
la zone de Fatima, à Pernier.
125. Après la mort de Annil JEAN-BAPTISTE, le gang Kraze Baryè a accusé les habitants de
Chateaublond et de Petit Troupeau d’avoir fourni des informations à la PNH. Et, Stanley
JEAN-PHILIPPE a sollicité et obtenu l’aval de Vitelhomme INNOCENT de venger son père.
C’est ainsi que le 16 février 2025, une expédition punitive a été menée par le gang Kraze
Baryè à l’encontre de la population des deux (2)
localités susmentionnées.
126. Des personnes ont été assassinées par balles.
D’autres ont été hachées à coups de machettes. Au
moins une fillette a été violée et, des maisons ainsi
que de nombreux véhicules ont été incendiés.
Véhicules incendiés à Chateaublond
b) Bilan enregistré
127. Vingt (20) personnes au moins ont été assassinées et au moins une (1) petite fille de
dix (10) ans, violée. Voici le récit des circonstances dans lesquelles plusieurs parmi ces
victimes, ont été tuées, de même que les circonstances du viol de la fillette.
128. Le 16 février 2025, quatre (4) personnes qui avaient préalablement fui en 2023 en
raison de l’insécurité, se trouvaient dans une maison située à Chateaublond, lorsqu’elles
ont été assassinées par des bandits armés. Il s’agit de :
•
Fagnole JEAN BAPTISTE DESAMOUR, âgée de trente-sept (37) ans, conjointe de F.D. Elle
se trouvait sur la cour de sa maison, en train de faire la lessive lorsque des bandits
armés se sont mis à tirer dans la zone. Elle courait se mettre à couvert lorsqu’arrivée
près de la porte, les bandits l’ayant aperçue, lui ont intimé l’ordre de leur ouvrir. Ce
qu’elle a fait. Ils lui ont alors tiré une balle au dos, la tuant ;
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
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•
Habakuk JEAN BAPTISTE âgé de quarante-deux (42) ans, frère de Fagnole JEAN
BAPTISTE DESAMOUR. Il a reçu une
balle sous l’aisselle et en est décédé ;
•
Ednidge PIERRE-LOUIS demi-sœur de
Habakuk JEAN BAPTISTE et de Fagnole
JEAN BAPTISTE, âgée de trente-neuf
(39) ans. Elle a reçu une balle à la tête ;
•
J.L., âgé de dix-huit (18) ans et élève de
Nouveau Secondaire 4 (NS4), membre
d’une autre famille qui était hébergée
dans la même maison a été tué d’une
balle au dos.
Habakuk Jean Baptiste, Ednidge Pierre-Louis et J.L.
129. Le 16 février 2025, Jamsley LORME alias Didier, âgé de vingt-sept (27) ans a été
assassiné devant sa maison. Feu a par la suite été mis à son cadavre. Il venait tout juste de
boucler sa formation dans la conduite des chargeuses/pelleteuses ;
130. Le 16 février 2025, Nesly MARC, âgé de cinquante-cinq (55) ans, se trouvait chez son
voisin Didier, en train de procéder à quelques achats lorsque les bandits l’ont froidement
abattu, laissant son corps sur le balcon de la maison. Son cadavre en décomposition a été
enlevé quelques jours plus tard grâce à l’intervention d’un char blindé de l’institution
policière. Il a dû être enterré le même jour ;
131. Le 16 février 2025, dans l'après-midi, à Chateaublond, Tiguène JEAN-PHILIPPE se
trouvait chez lui lorsque des bandits ont investi sa maison et l’ont exécuté. Tiguène JEANPHILIPPE était âgé de trente-cinq (35) ans et père de deux (2) enfants ;
132. Le 16 février 2025 dans l’après-midi, à Chateaublond, Charles PAPEE, un chauffeur
de taxi-moto, âgé d'environ une trentaine d’années et père d’un (1) enfant, a été assassiné ;
133. Le 16 février 2025, dans l’après-midi, à Chateaublond, Rousseau DOMINIQUE, âgé de
quarante-six (46) ans et père de deux (2) enfants, a été tué à son domicile ;
134. Le 16 février 2025, dans l’après-midi, Ernson CALIXTE, âgé de quarante-huit (48) ans
et père de six (6) enfants, a été assassiné alors qu’il se trouvait chez lui ;
135. Le 16 février 2025, Francois PIERRE âgé de quarante-neuf (49) ans, sa conjointe Marie
Denise MONDESTIN âgée de quarante-cinq (45) ans ainsi que son beau-frère Jackito
MONDESTIN âgé d’une vingtaine d’années se trouvaient chez eux à Chateaublond lorsqu’ils
ont tous été froidement assassinés ;
136. Le 16 février 2025, vers 11 :00 heures, G.C. une fillette âgée de dix (10) ans qui vivait
à Chateaublond, se rendait chez une voisine lorsqu’elle a été interceptée par un individu
Massacres à Wharf Jérémie, Kenscoff et à Chateaublond :
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armé qui l’a emmenée dans une maison abandonnée et l’a, par la suite, violée. Avant de la
laisser partir, il l’a sommée de ne pas raconter les faits, tout en la menaçant.
c) Situation subséquente
137. Les familles des victimes du massacre de Chateaublond ainsi que d’autres membres
de la communauté ont dû se réfugier chez des proches pour certains, dans des sites de
personnes déplacées, notamment au camp Haïtel, pour d'autres. Ils ont tout laissé derrière
eux et vivent depuis, dans des conditions très difficiles, caractérisées par la promiscuité
puisque le camp Haïtel logeait déjà des victimes de l’insécurité. D’autres encore se sont
réfugiés dans des églises ou sont parties en province.
138. Certains cadavres ont été récupérés par leurs proches qui les ont enterrés, sans
aucune assistance des autorités. Par exemple, F. D., a perdu quatre (4) membres de sa
famille dans le massacre. Après le drame, il s’est lui-même arrangé avec ses proches, en vue
d’organiser les cérémonies funéraires des membres de sa famille.
139. Et de manière générale, bien qu’il ait été rapporté que la police effectue des patrouilles
régulières dans la zone de Chateaublond, les bandits continuent d’y imposer leur loi.
VII.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
140. En décembre 2024, en janvier et février 2025, Wharf Jérémie, Kenscoff et
Chateaublond, trois (3) zones différentes du département de l’Ouest, relativement éloignées
l’une de l’autre, ont été le théâtre d’événements sanglants ayant occasionné des pertes
humaines et matérielles énormes.
141. Trois (3) massacres ont été perpétrés à l’encontre de la population, par des bandits
armés tous membres de la fédération terroriste Viv Ansanm, pour des raisons différentes.
Si à Wharf Jérémie, Micanor ALTES alias Roi Micanor s’en est d’abord pris aux personnes
âgées puis a assassiné des jeunes de sa communauté, sous prétexte qu’il voulait tuer les
loups-garous de la zone qui attaquaient son fils Benson ALTES, à Kenscoff, les bandits armés
poursuivaient leur objectif d’élargissement de leur territoire et à Chateaublond, l’expédition
punitive menée par Stanley JEAN-PHILIPPE avait pour but de venger la mort son père Annil
JEAN-PHILIPPE qu’il impute à des membres de la communauté.
142. Même si les raisons sont différentes, ces épisodes de violence démontrent que les
bandits armés, bénéficiant du laxisme et de la complicité des autorités de la transition,
tuent avec facilité, perpétuant ainsi la politique de banalisation de la vie, mise en œuvre
par ceux et celles qui, depuis plusieurs années, se succèdent au pouvoir.
143. En l’espace de trois (3) mois consécutifs, deux-cent-soixante-neuf (269) personnes au
moins ont été assassinées soit cent-dix (110) à Wharf Jérémie, cent-trente-neuf (139) à
Kenscoff et vingt (20) autres à Chateaublond où au moins une fillette de dix (10) ans a aussi
été violée.
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144. Il convient aussi de souligner que parmi les victimes, au moins cinquante-six (56)
personnes du troisième âge, un (1) bébé, sept (7) enfants ainsi que treize (13) personnes
vivant avec une déficience motrice ou sensorielle, ont été dénombrés.
145. Des véhicules ainsi que des maisons ont été vandalisés et/ou incendiés.
146. Encore une fois, la population civile, victime des pires atrocités jamais recensées lors
des massacres et attaques armées enregistrés en Haïti depuis 2018, a dû tout laisser
derrière elle pour se réfugier comme elle peut, chez des proches ou dans des sites de déplacés
où les conditions sont caractérisées par la promiscuité, l’insalubrité et l’extrême pauvreté.
147. La réponse étatique à ces massacres n’a pas été identique. Les moyens qui ont été
déployés pour reprendre le contrôle de Kenscoff et de Chateaublond, n’ont pas été remarqués
pour Wharf Jérémie. En dépit de cela, cette réponse n’a pas été suffisante pour ramener
l’ordre et la sécurité dans les zones en question.
148. Le président du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), Alix Didier FILSAIME n’a, depuis son accession au poste de premier ministre, que promis de résoudre le
problème de l’insécurité. Aujourd’hui, force est de constater qu’il n’a, à date, manifesté
aucune volonté réelle de résoudre ledit problème. Le ministre de la Justice et de la Sécurité
publique, le Docteur Patrick PELISSIER, premier vice-président du CSPN, se contente, à
chaque massacre et attaque armée, de durcir le ton comme ses prédécesseurs, dans des
notes inutiles, menaçant les bandits armés et faisant des promesses qu’il sait ne vouloir
tenir. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales Paul Antoine BIEN-AIME,
deuxième vice-président du CSPN, dont la nomination a été bien accueillie par la population
qui pensait qu’il allait aider à mettre un frein à ces massacres et attaques armées, est
totalement effacé.
149. La stratégie mise en place par l’institution policière avec à sa tête le directeur général
de la Police Nationale d’Haïti (PNH) Normil RAMEAU secrétaire exécutif du CSPN, n’est pas
de nature à résoudre le grave problème d’insécurité auquel nous faisons face. Au contraire,
les policiers, déployés sur tous les fronts avec très peu de moyens, n’arrivent pas à fournir
de résultats probants.
150. Les Forces Armées d’Haïti (FAD’H) amorphes sont mises de côté, sans moyen face à la
dégradation de la situation sécuritaire du pays, en dépit du fait que leur
haut - commandement avait laissé croire qu’elles avaient la capacité d’aider à résoudre - et
même à éradiquer – le problème de l’insécurité en Haïti, pour peu que certains équipements
de combat leur soient fournis.
151. La Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) de son côté, semble n’avoir
pas encore pris ses marques. A date, ses interventions ne rassurent nullement sur sa
capacité à venir en aide à la population haïtienne qui continue de souffrir des agissements
des bandits armés.
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152. Au moment de la publication de ce rapport, le département de l’Ouest est assiégé par
les bandits armés tous membres de la fédération terroriste Viv Ansanm. Entre-temps, les
membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) au pouvoir depuis huit (8) mois ne
font que gaspiller les ressources de l’Etat, vivent à grand train et empochent sans gêne, les
fonds alloués au renseignement. De temps en temps, pour donner le change, ils condamnent
aussi les massacres et attaques armées.
153. Le RNDDH ne cessera jamais de souligner à l’attention des autorités de transition
qu’elles sont responsables de ces massacres et attaques armées perpétrés continuellement
à l’encontre de la population.
154. C’est pourquoi, le RNDDH recommande aux autorités politiques, policières et
judiciaires de :
•
Fournir assistance financière, médicale et psychologique à la population haïtienne,
fatiguée de vivre dans ces conditions de violence, d’incertitude et d’errance ;
•
Tout mettre en œuvre en vue de ramener l’ordre et la sécurité dans le département de
l’Ouest ;
•
Traquer les bandits armés en vue de les juger et de les condamner pour les atrocités
qu’ils commettent contre la population haïtienne.
155. Enfin, le RNDDH recommande aux membres du CPT de renoncer aux fonds alloués à
l’intelligence au profit des institutions policière et militaire.
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