Rapport sur l'intervention de la BRICIF à Thiotte le 27 avril 2018
- Un mineur a été grièvement blessé par balles et les agents présents ont failli périr dans une embuscade.
- Le réseau conteste qu'une unité spécialisée de police soit placée sous direction politique dans un pays où le trafic d'influences est répandu.
- Les crimes fonciers sont prévus et punis par le code pénal et relèvent de la justice, non d'une brigade de police.
- Le rapport affirme que juges, commissaires, arpenteurs, notaires, avocats et policiers s'organisent pour déposséder des familles de leurs terres.
Thiotte, l'une des quatre communes de l'arrondissement de Belle-Anse dans le Sud-Est, vit de la production et de la transformation du café et se divise en deux sections communales, Marmirande, jadis connue sous le nom de Pot-de-Chambre, et Colombier. Le réseau et sa structure du Sud-est ont appris par les ondes qu'une intervention de la Brigade d'intervention contre l'insécurité foncière à Thiotte, le 27 avril 2018, s'était soldée par un fiasco inimaginable, un mineur grièvement blessé par balles et les agents présents ayant failli périr dans une embuscade ; ils ont enquêté, rencontrant les autorités policières, municipales, des sections communales et judiciaires de Thiotte, des riverains, des proches du mineur blessé, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique et le directeur général de la police. Le rapport présente la commune, présente la brigade, expose les faits antérieurs, ceux du 27 avril et les faits subséquents, décrit le climat à Thiotte au lendemain de l'opération et donne les points de vue des autorités étatiques. L'argument est institutionnel.
Donner autant de capacités à une structure placée sous la direction d'autorités politiques peut s'avérer dangereux dans un pays où le trafic d'influences occupe une place prépondérante dans les rapports sociétaux, la police étant par définition apolitique. Selon l'arrêté la créant, la brigade peut recueillir les plaintes des victimes de dépossession et intervenir sur les lieux de crimes fonciers, faits prévus et punis par le code pénal et relevant donc de la justice. Il n'est un secret pour personne, ajoute le rapport, que certains juges, commissaires du gouvernement, arpenteurs, notaires, avocats et policiers s'organisent pour déposséder des familles de grandes étendues de terre dans la capitale comme en province, et c'est à la justice de sévir, de rétablir les victimes dans leurs droits et de rompre avec cette impunité. La brigade ne peut se substituer à la justice sans aggraver l'insécurité foncière. Le réseau demande la révision de son existence et de ses champs d'intervention, la coordination de ses interventions, l'information préalable de la hiérarchie policière et une enquête sur l'opération du 27 avril afin d'en empêcher la répétition.
Comment citer
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Rapport sur l'intervention de la BRICIF à Thiotte le 27 avril 2018, https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2018/05/3-Rap-Thiotte-9-Mai-18.pdf
- Titulaire des droits
- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)