Rapport préliminaire d'observation électorale, 23 novembre 2010
- Des violences contre partisans, candidats et responsables politiques ont été enregistrées dans huit villes, le plus souvent imputées à des candidats proches du pouvoir.
- Des superviseurs de centres et des membres de bureaux de vote ont été nommés illégalement et doivent être écartés avant le scrutin.
- Les signataires exigent une séance spéciale de vérification du registre électoral avec observateurs et experts en informatique.
- Ils demandent la publication du manuel de procédures du centre de tabulation, en rappelant la mise en quarantaine des votes de 2009.
Les signataires posent le contexte du scrutin : des victimes du séisme encore logées dans des conditions infrahumaines, une épidémie de choléra qui a déjà tué plusieurs centaines de personnes et continue de se propager, les conséquences des intempéries, une insécurité exacerbée par la période électorale, l'insalubrité et la cherté de la vie. La campagne est décrite comme très animée et en voie de modernisation, avec un écart flagrant entre les ressources financières des candidats, et ils reconnaissent que le Conseil électoral provisoire a pour l'essentiel respecté les grandes étapes du processus et pris des dispositions techniques pour le jour du scrutin. Leurs inquiétudes sont précises. Des affrontements entre partisans, des agressions de candidats et des attaques contre des responsables politiques ont été enregistrés à Aquin, Anse d'Hainault, Tiburon, aux Cayes, aux Gonaïves, à Port-au-Prince, à Cité Soleil et à Pétion-Ville, et dans la plupart des cas des candidats proches du pouvoir sont pointés du doigt, tandis que la police fait montre d'une passivité troublante et l'appareil judiciaire d'une complicité évidente.
Des superviseurs de centres et des membres de bureaux de vote ont été nommés illégalement et doivent être écartés avant le scrutin. La déclaration demande au gouvernement d'assurer la sécurité avant, pendant et après les élections, aux candidats de tous les partis de renoncer à la violence, l'application stricte de la loi électorale à toutes les étapes, au conseil d'organiser avant le scrutin une séance spéciale de vérification du registre électoral avec observateurs, représentants de partis et experts en informatique, et de mettre à disposition le manuel de procédures du centre de tabulation afin d'éviter la répétition de la mise en quarantaine de votes qui a entaché les sénatoriales de 2009. Elle invite enfin la population à ne pas se laisser intimider et à voter.
Comment citer
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Rapport préliminaire d'observation électorale, 23 novembre 2010, https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2012/04/RAPPORT-PRELIMINAIRE-OBSERVATION-ELECTORALE-2010.pdf
- Titulaire des droits
- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)