Second rapport du RNDDH sur la situation générale du pays après le séisme du 12 janvier 2010
- La Protection civile fait état de 222 517 morts, 300 000 disparus et 597 801 déplacés vers les villes de province.
- Au moins 1 053 camps sont répertoriés et au moins 450 000 enfants y vivent.
- La population carcérale passe de 8 535 le 12 janvier à 3 661 le 25 février, plus de la moitié s'étant évadée.
- Le ministère de la Justice et le palais de justice de Port-au-Prince sont détruits, neuf tribunaux de première instance et quatorze tribunaux de paix endommagés.
- La réponse internationale est jugée contraire à la charte humanitaire et aux normes minimales.
Le rapport commence avant le séisme : quatre-vingts pour cent de la population sous le seuil de pauvreté, une corruption érigée en système, un environnement dégradé par des intempéries répétées, une crise électorale déjà en formation autour de la composition du conseil électoral et de l'exclusion de partis, et une situation sécuritaire améliorée par les patrouilles de la police et de la MINUSTAH. Il expose ensuite les dégâts. La Direction de la Protection civile fait état de 222 517 morts, 250 000 blessés, 300 000 disparus et 597 801 personnes déplacées vers les villes de province, dont 160 000 dans la zone frontalière ; au moins 450 000 enfants vivent dans les camps, certains orphelins de père et de mère, et au moins 1 053 camps ont été répertoriés. Plus de la moitié de la population carcérale s'est évadée, de 8 535 détenus au 12 janvier à 3 661 au 25 février.
Le ministère de la Justice, le palais de justice de Port-au-Prince et les tribunaux de paix de la section Sud de Port-au-Prince et de Gressier sont entièrement détruits, tandis que neuf tribunaux de première instance, quatorze tribunaux de paix et le tribunal spécial du travail sont endommagés. Le réseau passe ensuite en revue l'éducation, la santé et l'HUEH, la campagne de vaccination, les personnes vivant avec le VIH ou la tuberculose, la police, l'administration pénitentiaire, l'état de chaque prison civile, l'appareil judiciaire, le trafic d'enfants, la vie dans les camps avec l'insécurité et les violences sexuelles, et la coordination de l'aide. Son jugement sur la réponse internationale : elle était attendue faute d'Etat capable, mais elle a fait fi de la charte humanitaire et des normes minimales, le largage des kits alimentaires portant atteinte à la dignité des victimes et la distribution indifférenciée de sacs de riz ignorant le régime alimentaire des personnes.
Comment citer
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Second rapport du RNDDH sur la situation générale du pays après le séisme du 12 janvier 2010, https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2012/04/S%C3%A9isme-2-2010.pdf
- Titulaire des droits
- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)