Rapport d'évaluation approfondie de la sécurité alimentaire dans le contexte de la sécheresse, fondé sur l'Approche de l'économie des ménages (AEM)
- Le déficit est mesuré en calories et non en perceptions. En moyenne 73,67 pour cent des ménages très pauvres et pauvres des 19 communes enquêtées accusent une perte estimée à 798 kilocalories par personne et par jour, soit 38 pour cent de la référence de 2 100 kilocalories quotidiennes.
- La charge est concentrée sur une seule catégorie socio-économique. Les ménages très pauvres représentent 90,2 pour cent de la population sévèrement affectée, soit 841 699 personnes, contre 9,8 pour cent pour la catégorie des pauvres.
- Le déficit de survie moyen est de 38 pour cent et le déficit de protection des moyens d'existence de 13,33 pour cent en moyenne, les déficits de survie s'échelonnant selon les zones entre 34 et 40 pour cent. Ce sont les deux seuils qui séparent un ménage qui ne peut pas manger d'un ménage qui ne peut manger qu'en vendant ce dont il a besoin pour vivre.
- Le revenu du travail s'est effondré en part du revenu des ménages, ce qui transforme une sécheresse en crise de pouvoir d'achat. Chez les ménages très pauvres, la vente de main-d'œuvre est passée de 62 pour cent du revenu pendant l'année de référence à 37 pour cent au moment de l'analyse, l'auto-emploi de 15 à 11 pour cent et le petit commerce de 14 à 21 pour cent. Le revenu total a diminué d'environ 24 pour cent et, combiné à la hausse des prix, cela a contracté les achats de 30 points de pourcentage.
- Ces ménages achètent l'essentiel de ce qu'ils mangent, de sorte que les mouvements de prix se transmettent directement : les achats représentent 63 pour cent de la consommation des ménages très pauvres, tandis que la production propre, environ 27 pour cent des aliments consommés pendant l'année de référence, a reculé de 16 points de pourcentage avec la récolte.
- Les denrées locales ont augmenté plus vite que les importées, à l'inverse de l'hypothèse habituelle. Le maïs moulu a augmenté de 20 à 50 pour cent et le haricot de 80 à 130 pour cent, contre 5 à 10 pour cent pour le riz importé et 13 à 39 pour cent pour la farine de blé, ces deux dernières hausses étant attribuées à la dépréciation du taux de change.
- Des pertes de récoltes de 60 à 90 pour cent en moyenne sont rapportées, dans des zones dont l'évaluation indique qu'elles satisfont environ 60 pour cent de la demande nationale de produits agricoles, raison pour laquelle elle traite le choc comme national dans ses effets et non comme local.
- Au niveau des zones, la situation est plus grave que les moyennes. Dans une zone, environ 70 pour cent des ménages font face à un déficit de survie de 42 pour cent et à un déficit de protection des moyens d'existence de 18 pour cent, avec au moins 20 pour cent des ménages en phase d'urgence alimentaire ; dans la zone HT01, les très pauvres, 45 à 55 pour cent de la population de la zone, enregistrent un déficit de survie de 44 pour cent et un déficit de protection des moyens d'existence de 18 pour cent.
- L'évaluation porte sur les six zones de moyens d'existence classées en phase IPC 3 en mars 2016, dont Nord tubercules et horticulture (HT02), Plateau central maïs et tubercules (HT03) et la zone Ouest maraîchage et haricot, selon l'Approche de l'économie des ménages et le tableur d'analyse LIAS, sur financement d'ECHO et en coordination avec la CNSA. À noter que les tableaux par zone s'entremêlent dans le texte extrait : les chiffres par zone doivent être lus dans le PDF.
Produit par le bureau d'Oxfam en Haïti en 2016 avec le soutien d'ECHO et de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire, ce rapport est une évaluation approfondie de la sécurité alimentaire dans le contexte de la sécheresse, construite sur l'Approche de l'économie des ménages. La méthode AEM importe ici : plutôt que de dénombrer les personnes affectées, elle modélise revenus et dépenses des ménages par groupe de richesse puis teste des scénarios pour établir si les ménages peuvent couvrir leurs besoins de survie et de moyens d'existence - ce qui permet de chiffrer une sécheresse comme un déficit et non de la décrire comme une difficulté. Son analyse de scénarios en est le cœur analytique. Il complète la ligne de base urbaine FEWS NET de Port-au-Prince conservée dans ce lot.
Comment citer
Oxfam; ECHO; Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), 2016, Rapport d'évaluation approfondie de la sécurité alimentaire dans le contexte de la sécheresse, fondé sur l'Approche de l'économie des ménages (AEM), https://agripubhaiti.org/wp-content/uploads/2025/03/Secheresse-Impacts-Version_finale_Rapport_HEA___Analyse_de_resultats___Scenarios__OXFAM.docVFF.pdf