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TABLE DES ILLUSTRATIONS
LISTE DES FIGURES
Figure 1 ........................................................................................................................................... 12
Prise en compte de la coordination du PNAS dans le processus d’élaboration
et de mise en œuvre du PNA et la planification sanitaire
Figure 2 . ........................................................................................................................................ 27
Indice de vulnérabilité sanitaire selon les aléas climatiques extrêmes
Figure 3 . ........................................................................................................................................ 47
Coordination et gouvernance du PNAS d’Haïti
Figure 4 . ........................................................................................................................................60
cadre logique de suivi et évaluation du PNAS (Source : adapté
de OCDE, GIZ, TAMD, 2014)
LISTE DES CARTES
Carte 1. .............................................................................................................................................. 8
a et b : Distribution spatiale des températures en Haïti avec les données historiques
(1985-2014), et les projections (2051-2080) pour le scénario ssp585 du modèle GFD
des CMIP6.
Carte 2. ............................................................................................................................................. 9
a et b : Distribution spatiale des précipitations en Haïti avec les données historique
(1985-2014), et les projections (2051-2080) pour le scénario ssp585 du modèle
GFDL des CMIP6
Carte 3 . ...........................................................................................................................................19
Distribution spatio-temporelle de maladies climato- sensibles en Haïti entre 20112021: a et b) paludisme, c et d) Dengue, e et f) Méningite et g et h) Diarrhée sanglante
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Carte 4 . ..........................................................................................................................................22
Variation spatiale de l’incidence du paludisme en Haïti : simulations du modèle LMM
basées sur les données historiques (1985-2014) un modèle GFDL des CMIP6
Carte 5. ...........................................................................................................................................23
Distribution spatiale de l’incidence du paludisme en Haïti avec a) les données
historique (1985-2014), et b) les projections (2051-2080) pour le scénario ssp585 du
modèle GFDL des CMIP6
Carte 6............................................................................................................................................23
Répartition spatiale de l’effet de la température sur l’occurrence de la dengue en
Haïti pour la période historique (1985-2014), et pour le scénario SSP585 : a) période
d’incubation extrinsèque ou Extrinsic incubation period en anglais η (T), b) probabilité
d’infection de l’homme au vecteur par piqûre ou probability of transmission from
vector to human per bite en anglais βh(T), c) Taux de piqûre ou Biting Rate en anglais
α(T), d) taux de mortalité ou Mortality Rate en anglais μm (T), e) probabilité d’infection
de l’homme au vecteur par piqûre ou probability of infection from humans to vector
per bite en anglais βm(T), Distribution spatiale du rVc (relative vectorial capacity)
Carte 7.............................................................................................................................................24
Répartition spatiale de la rVc (capacité vectorielle relative) en Haïti :
a) période historique (1985-2014), et projections (2071-2100)
avec le scénario SSP585
Carte 8............................................................................................................................................25
Distribution de la classe d’indice de confort saisonnier (IC) ou catégories de stress
thermique pour la période de référence (1985-2014) pour les données référence
ERA5. HI signifie heat index and E-Caution signifie Extrême Caution. a-b) DJF =
décembre-janvier- février ; c-d) MAM = mai-avril-mai ; e-f) JJA = juin-juillet-août ; g-h)
SON = septembre- octobre-novembre
Carte 9 ...........................................................................................................................................26
Distribution de l’indice de vulnérabilité sanitaire selon les départements
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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1........................................................................................................................................20
Maladies, paramètres climatiques impliqués et départements exposés
plus touchés ou exposés
Tableau 2 . ....................................................................................................................................29
synthèse de l’évaluation de la vulnérabilité des communautés aux impacts
sanitaires liés au changement climatique
Tableau 3. .....................................................................................................................................33
synthèse de l’évaluation de la vulnérabilité du système de santé aux
impacts sanitaires liés au changement climatique
Tableau 4 . ....................................................................................................................................36
ynthèse du classement final des niveaux de risque pour les impacts
sanitaires potentiels
Tableau 5. .....................................................................................................................................42
Matrice de priorisation de mesures d’adaptation pour le secteur de la santé
Tableau 6. .....................................................................................................................................49
plan d’action pour la mise en œuvre du Plan National d’Adaptation de la Santé (PNAS)
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SIGLES ET ABBRÉVIATIONS
ACF : Action Contre la Faim
AFD : Agence Française de Développement
BME : Bureau des Mines et de l’Énergie
CARIFORUM : Caribbean Forum of African, Caribbean and Pacific States
CARPHA : Caribbean Public Health Agency (Agence de Santé Publique des Caraïbes)
CCCCC : Caribbean Community Climate Change Centre
CCNUCC : Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
CBIT : Capacity-Building Initiative for Transparency
CDN : Contribution Déterminée au niveau National
CDEMA : Caribbean Disaster Emergency Management Agency (Agence Caribéenne de Gestion des
Catastrophes)
CIAT : Comité Interministériel de l’Aménagement du Territoire
CICR : Comité International de la Croix-Rouge
CIMH : Caribbean Institute for Meteorology and Hydrology (Institut de Météorologie et
d’Hydrologie des Caraïbes)
CNM : Centre National de Météorologie
DCT : Direction des Collectivités Territoriales
DDT : Direction des Transports
DINEPA : Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement
DPC : Direction de la Protection Civile
DPSPE : Direction de la Promotion de la Santé et de la Protection de l’Environnement
DSRC : Document Stratégique de Résilience Climatique
FA : Fonds d’Adaptation
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FVC : Fonds Vert pour le Climat
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GIZ : Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit
(Coopération allemande au développement)
MEF : Ministère de l’Économie et des Finances
MENFP : Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
MARNDR : Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MICT : Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
MSPP : Ministère de la Santé Publique et de la Population
MTPTC : Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications
UN-Habitat : Programme des Nations Unies pour les établissements humains
OPS : Organisation Panaméricaine de la Santé
OXFAM : Oxford Committee for Famine Relief
PANA : Programme d’Actions National d’Adaptation
PMA : Pays les Moins Avancés
PNA : Plan National d’Adaptation
PNAS : Plan National d’Adaptation pour la Santé
PNCC : Politique Nationale sur les Changements Climatiques
PNS : Politique Nationale de Santé
PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PSDH : Plan Stratégique de Développement d’Haïti
SESR : Système de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
SNRE : Service National des Ressources en Eau
UEP : Unité d’Évaluation de Programmes
UNISDR : United Nations Office for Disaster Risk Reduction
USAID : United States Agency for International Development
UWI : University of the West Indies (Université des Antilles Indies)
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PRÉFACE
Les changements climatiques représentent l’un des défis les plus pressants du XXIe
siècle, menaçant non seulement nos écosystèmes, mais également la santé et le bien-être
des populations. En Haïti, ce défi est amplifié par notre vulnérabilité intrinsèque face aux
catastrophes naturelles et aux maladies liées au climat. Dans ce contexte, le développement
d’un Plan National d’Adaptation de la Santé (PNAS) est une étape cruciale pour garantir
que notre système de santé puisse non seulement survivre, mais prospérer dans un
environnement en constante évolution.
Ce rapport, fruit d’un processus participatif impliquant un large éventail de parties prenantes,
établit une feuille de route claire pour renforcer la résilience de notre système de santé
face aux impacts des changements climatiques. Il vise à intégrer l’adaptation climatique
dans toutes les politiques et programmes de santé, afin de protéger les communautés les
plus vulnérables et de réduire la morbidité et la mortalité associées aux maladies climatosensibles.
Je tiens à exprimer ma gratitude à tous ceux qui ont contribué à l’élaboration de ce plan,
notamment aux partenaires nationaux et internationaux, aux experts en santé publique et
aux membres de la société civile. Leur engagement et leur collaboration ont été essentiels
pour doter Haïti d’un outil stratégique qui guide nos actions face à cette crise mondiale.
Je suis convaincu que la mise en œuvre réussie du PNAS permettra d’améliorer notre capacité
à anticiper, prévenir et gérer les risques sanitaires liés au climat. Ensemble, nous pouvons
construire un système de santé résilient, capable de protéger la vie et la santé de notre
population tout en répondant aux défis du changement climatique.
Ensemble, faisons de la santé un pilier de notre adaptation aux changements climatiques.
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PLAN NATIONAL D’ADAPTATION
DE LA SANTÉ (PNAS) D’HAÏTI
Haïti, en raison de sa position géographique et de sa vulnérabilité structurelle, figure parmi les
pays les plus exposés aux impacts sanitaires des changements climatiques dans la région
des Caraïbes. Ces impacts se manifestent notamment par une recrudescence des maladies
à transmission vectorielle (paludisme, dengue), des pathologies hydriques, respiratoires et
chroniques, ainsi qu’une intensification des troubles liés au stress thermique et à l’insécurité
alimentaire.
Dans le cadre du projet régional financé par l’Union européenne et coordonné par
l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), Haïti a élaboré son Plan National d’Adaptation
de la Santé (PNAS) en cohérence avec les orientations du Plan National d’Adaptation (PNA) et
de la Politique Nationale de Santé (PNS). Ce plan s’appuie sur une approche intersectorielle et
inclusive, mobilisant les parties prenantes nationales autour d’un objectif commun : renforcer
la résilience du système de santé aux risques climatiques présents et futurs.
Le processus d’élaboration du PNAS a reposé sur une méthodologie participative et fondée
sur l’évidence scientifique, intégrant des évaluations quantitatives et qualitatives, des
modélisations climato-épidémiologiques et la cartographie des vulnérabilités sanitaires. Il a
permis d’identifier les principales menaces sanitaires sensibles au climat, d’évaluer le niveau
de préparation du système de santé et des communautés, et de prioriser un ensemble
cohérent d’options d’adaptation.
L’analyse des risques révèle une exposition particulièrement élevée dans les départements
de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite, où la charge de morbidité liée aux maladies climatosensibles est la plus marquée. Les simulations projetées à l’horizon 2050 confirment une
tendance à l’aggravation de ces risques, notamment sous l’effet des scénarios climatiques
extrêmes (SSP5-8.5).
Le PNAS propose une vision stratégique à l’horizon 2030, articulée autour de trois axes :
anticiper, prévenir et gérer les risques sanitaires liés au climat. Il définit une feuille de route
opérationnelle pour la période 2025–2029, assortie d’un budget prévisionnel estimé à 3.2
million USD et de mécanismes de gouvernance pilotés par le Ministère de la Santé Publique et
de la Population (MSPP), en lien avec les partenaires sectoriels et financiers.
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Pour assurer sa mise en œuvre effective, le plan recommande :
• Le renforcement des capacités institutionnelles pour intégrer l’adaptation dans les
politiques sanitaires ;
• L’investissement dans la recherche appliquée climat-santé ;
•Le développement de partenariats intersectoriels durables ;
•La mobilisation de financements internationaux (Fonds Vert pour le Climat, Fonds
d’Adaptation) ;
•L’instauration d’un dispositif de coordination technique et de suivi-évaluation.
En définitive, le PNAS d’Haïti constitue un levier stratégique pour intégrer la santé dans les
politiques climatiques, promouvoir la justice environnementale et protéger durablement les
populations les plus à risque face aux effets systémiques du changement climatique.
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CHAPITRE 1: INTRODUCTION SUR LE
CONTEXTE D’ÉLABORATION DU PLAN
NATIONAL D’ADAPTATION DE LA SANTÉ
(PNAS) D’HAÏTI
1.1 Changement climatique en Haïti
Haïti est situé dans une zone de climat tropical, généralement chaud et humide. Les
températures maximales et minimales mensuelles moyennes sont respectivement de 29,1
°C et 18,5 °C, tandis que la moyenne annuelle des précipitations s’élève à environ 1 545 mm.
Les mois les plus chauds sont généralement juin, juillet et août. Le pays connaît deux saisons
pluvieuses : la première s’étend de mars à mai, et la seconde, d’août à octobre.
Les données climatiques observées entre 1991 et 2022 révèlent une grande variabilité
interannuelle des températures (minimales, moyennes et maximales) ainsi que de la
pluviométrie. L’analyse saisonnière montre que les mois les plus frais, de janvier à mars,
correspondent à une période de faible précipitation, avec un cumul mensuel ne dépassant
pas 80 mm. À l’inverse, les mois d’avril à juin, marqués par une hausse des températures,
enregistrent une augmentation notable des précipitations, atteignant un pic de plus de
200 mm en mai.
Paradoxalement, les mois les plus chauds de l’année, de juillet à septembre, coïncident
avec une baisse relative des précipitations, notamment en juillet, où le cumul mensuel
tombe à environ 120 mm. Enfin, les mois d’octobre à décembre, légèrement moins chauds,
s’accompagnent d’une nouvelle augmentation de la pluviométrie, avec un pic dépassant
également les 200 mm en octobre.
Les variations spatio-temporelles du régime climatique en Haïti, ainsi que la fréquence et
l’intensité croissantes des conditions climatiques défavorables, sont appelées à s’accentuer
sous l’effet des changements climatiques d’origine anthropique. Selon les projections
climatiques, une hausse significative de la température moyenne est attendue au cours des
prochaines décennies. Par rapport à la période de référence 1995–2014, une augmentation de
la température moyenne comprise entre 0,7 °C et 1 °C est anticipée pour la période 2020–2039
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(Banque mondiale, 2019). À l’horizon 2050, l’élévation de la température moyenne nationale
pourrait dépasser les 2 °C par rapport à la période de référence 1986–2005 (USAID, 2017). Sur
une échelle temporelle plus longue, entre 2090 et 2100, cette augmentation pourrait atteindre
jusqu’à 4,7 °C.
Cependant, cette élévation ne sera pas uniforme sur l’ensemble du territoire. Les régions situées
au centre et à l’est du pays devraient connaître une hausse plus marquée des températures
par rapport aux zones côtières, en raison de facteurs géographiques et topographiques
spécifiques (PNUD, 2014). Cette augmentation des températures se manifestera également
par une intensification des extrêmes thermiques. Ainsi, la fréquence des jours et des nuits
chauds pourrait doubler d’ici 2060, ce qui aura des conséquences importantes sur la santé
publique, la sécurité alimentaire, la disponibilité en eau et les systèmes de santé (PNUD, 2014).
Dans l’ensemble, Haïti sera affecté par les changements de température qui vont s’accentuer
à partir de 2020 surtout avec le scénario SSP5-8.5 caractérisé par un réchauffement très
élevé. La température moyenne risque de connaître une hausse pouvant dépasser 30°C en
2100 contre 27°C pour la période de référence 1995-2014.
Carte 1: a et b : Distribution spatiale des températures en Haïti avec les données historiques (1985- 2014),
et les projections (2051-2080) pour le scénario ssp585 du modèle GFDL des CMIP6.
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Par ailleurs, les changements de la température moyenne seront marqués par une forte
variabilité saisonnière et mensuelle par rapport à la période de référence 1995–2014. Bien que les
projections climatiques indiquent une poursuite de la dynamique saisonnière observée durant
la période de référence, une hausse notable des températures est attendue, en particulier au
cours des mois les plus chauds, à savoir avril, mai, juin, juillet, août et septembre. Cette tendance
est particulièrement marquée pour les périodes 2060–2079 et 2080–2099, au cours desquelles
les températures moyennes mensuelles devraient connaître des augmentations significatives.
Contrairement aux températures, il est difficile de dégager une tendance générale pour les
précipitations. Certaines sources (PNUD, 2014, BID, 2015) indiquent à la fois des hausses et
des baisses dans les quantités de pluie, d’autres comme (USAID, 2017) anticipent une baisse
annuelle de 43 mm d’ici 2050. L’une des conclusions les plus marquées des projections du
régime pluvieux du pays est un est une diminution des précipitations de 5,9 % à 20,0 % pour 2030
et de 10,6 % à 35,8 % pour 2060 (PNUD, 2014). Par ailleurs, il est anticipé une légère augmentation
du nombre d’épisodes de pluies intenses (> 20 mm). Selon le scénario considéré, leur nombre
pourrait augmenter de 2 jours à l’horizon 2020-2039 (World Bank, 2019). La fréquence des
périodes de sécheresses connaîtra également une augmentation dans certaines régions
du pays, notamment dans le Nord-Ouest, le Nord-Est, l’Artibonite et le Centre (USAID, 2017).
À l’horizon 2020-2039 et par rapport à la période 1995-2014, le nombre de jours secs pourrait
dépasser 15, notamment entre les mois de janvier et avril (World Bank, 2019).
Carte 2: a et b : Distribution spatiale des précipitations en Haïti avec les données historique (19852014), et les projections (2051-2080) pour le scénario ssp585 du modèle GFDL des CMIP6.
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De manière générale, Haïti sera fortement affecté par l’évolution des régimes de pluviométrie, avec des
changements qui devraient s’accentuer à partir de 2030, en particulier selon le scénario pessimiste
SSP5-8.5, caractérisé par un réchauffement très élevé. Sous ce scénario, le cumul mensuel moyen
des précipitations pourrait diminuer jusqu’à 80 mm d’ici 2100, contre environ 100 mm pour la période de
référence 1995–2014. Par ailleurs, ces changements seront marqués par une forte variabilité saisonnière
et mensuelle, plus prononcée que durant la période de référence. À l’instar des tendances passées, les
projections indiquent des perturbations importantes dans la distribution des précipitations, notamment
une baisse drastique des pluies durant les mois habituellement les plus humides, en particulier pour les
périodes 2060–2079 et 2080–2099.
Ces changements climatiques entraîneront une forte vulnérabilité des communautés, laquelle résultera
de la combinaison de plusieurs facteurs : l’exposition aux aléas climatiques, la sensibilité aux effets de
ces aléas, ainsi que la capacité d’adaptation des individus, des populations et des collectivités. Ces
facteurs, seuls ou combinés, peuvent aggraver les impacts des changements climatiques (IPCC, 2022).
En effet, Haïti est le pays le plus vulnérable aux changements climatiques parmi les Petits États insulaires
en Développement et les pays de l’Hémisphère où les risques climatiques (inondations, sécheresses,
tempêtes, ouragans, etc.) sont donc très importants et récurrents. À ces climatiques récurrents, il
faut associer des phénomènes météorologiques comme El Nino à l’origine d’un déficit pluviométrique
régulier et d’un climat beaucoup plus sec et La Nina responsable de conditions climatiques plus froides
et plus humides sur les Caraïbes.
Entre 1990 et 2008, Haïti a été le pays des Caraïbes le plus gravement affecté par des catastrophes
naturelles, enregistrant notamment trois épisodes de sécheresse, une épidémie, 22 inondations et
23 tempêtes ou ouragans. Les pertes économiques subies durant cette période sont estimées à 53
milliards de dollars américains, soit 39 % des dommages totaux enregistrés dans l’ensemble de la
région caribéenne. Ces chiffres traduisent la vulnérabilité extrême d’Haïti face aux aléas climatiques. Les
pertes humaines, économiques et matérielles causées par les événements météorologiques extrêmes
survenus au cours des deux dernières décennies illustrent l’ampleur des impacts négatifs que peuvent
engendrer des conditions climatiques défavorables sur les secteurs stratégiques de la vie nationale,
notamment la santé, l’agriculture, les infrastructures et la sécurité alimentaire.
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Bien que disposant de capacités limitées pour faire face aux catastrophes climatiques,
Haïti figure parmi les territoires les plus exposés au monde. Selon le World Risk Report,
le pays se classe 22e parmi les pays les plus à risque au niveau mondial et 3e dans
la région des Caraïbes, en raison de sa forte vulnérabilité et de son faible niveau de
préparation et d’adaptation aux aléas climatiques. Cette situation place Haïti dans un
cercle vicieux de catastrophes récurrentes, qui freinent les efforts de développement
et contribuent au maintien de la population dans une situation de grande pauvreté.
Par ailleurs, les impacts sanitaires des changements climatiques pourraient aggraver
la situation : l’émergence ou la résurgence de maladies infectieuses, la hausse de la
malnutrition, les troubles de santé mentale, ainsi que l’augmentation des maladies
chroniques, risquent d’alourdir considérablement le fardeau de morbidité et de mortalité.
Ce fardeau est particulièrement préoccupant lorsque les établissements de santé sont
eux-mêmes menacés ou détruits par des événements climatiques extrêmes.
1.2 Objectifs du Plan National d’Adaptation de la Santé (PNAS)
L’objectif global du Plan National d’Adaptation pour la Santé (PNAS) est de fournir une
orientation stratégique au secteur de la santé en Haïti afin de mettre en place un
système de santé résilient aux impacts néfastes du changement climatique. Ce plan
vise à réduire la vulnérabilité des populations et à renforcer les capacités d’adaptation
des communautés face aux risques sanitaires induits par le climat.
Plus spécifiquement, le PNAS a pour objectifs de :
• Réduire la vulnérabilité du secteur de la santé aux impacts des changements
climatiques en renforçant sa capacité d’adaptation et sa résilience ;
• Faciliter l’intégration cohérente de l’adaptation au changement climatique dans
les politiques, programmes et activités, qu’ils soient nouveaux ou déjà existants,
du secteur de la santé ;
• Orienter les acteurs du système de santé vers le développement et la mise en
œuvre d’un système d’alerte précoce sensible au climat, pour la prévention et la
gestion efficace des maladies climato-sensibles ;
• Plaider pour la mobilisation et l’allocation de ressources adéquates en faveur de
l’adaptation du secteur de la santé aux effets du changement climatique ;
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• Assurer l’intégration des priorités sanitaires dans le Plan National d’Adaptation
(PNA) et soutenir la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau
National (CDN) d’Haïti.
1.3 Contexte et processus d’élaboration du PNAS
Le changement climatique est une menace existentielle pour la santé et le bien-être de l’homme
dans le monde entier et les risques spécifiques résultant du réchauffement de la planète, tels
que l’élévation du niveau de la mer, la déforestation, des événements météorologiques plus
fréquents et plus extrêmes, font des Caraïbes l’une des sous-régions les plus vulnérables.
Ainsi, les pays des Caraïbes sont particulièrement vulnérables aux effets du changement
climatique sur la santé sous la forme de maladies à transmission vectorielle et alimentaire, de
maladies hydriques, de maladies respiratoires, de coups de chaleur et de troubles de la santé
mentale. de chaleur et de troubles de la santé mentale.
L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a obtenu une subvention de l’Union Européenne
en juillet 2020 à travers la Sous-région des Caraïbes (CARIFORUM) pour mettre en œuvre le
projet “Renforcer les systèmes de santé résilients au climat dans les Caraïbes” sur une durée
de 5 ans. L’objectif du projet est de mettre en place des services de santé des services de
santé et des systèmes de prestation résilients au climat afin de mieux se préparer et répondre
aux menaces climatiques en utilisant une approche interdisciplinaire de la santé unique “One
Health” pour mettre en œuvre les recommandations du plan d’action des Caraïbes sur le
changement climatique et la santé.
L’OPS/OMS est le partenaire principal de ce projet, en collaboration avec cinq partenaires
sous- régionaux l’Agence de Santé Publique des Caraïbes (CARPHA), le Caribbean Community
Climate Change Centre (CCCCC), l’Institut de Météorologie et d’Hydrologie des Caraïbes (CIMH),
l’Agence Caribéenne de Gestion des catastrophes des Caraïbes (CDEMA) et l’Université des
Antilles Indies (UWI). Les autres partenaires sont le PNUE, la FAO et la Convention Cadre des
Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).
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Haïti est l’un des seize pays des Caraïbes participant au projet, dont les objectifs
globaux sont les suivants :
• renforcer la résilience des systèmes et services de santé publique afin de réduire la
mortalité et la morbidité liées aux conséquences sanitaires attendues du changement
climatique dans les pays des Caraïbes ;
• travailler en collaboration avec les organisations et les nations pour développer des
produits, des méthodes et des actions innovants afin de prévenir les impacts négatifs
du changement climatique sur la santé ;
•
préparer des plans, des programmes et des politiques de santé publique pour
mieux s’adapter aux changements actuels sans précédent dans la communauté du
CARIFORUM.
Le principal résultat du projet est l’élaboration d’un plan national d’adaptation pour la santé
(PNAS) inscrit dans le cadre du plan national d’adaptation (NAP) d’Haïti dont la santé est l’un des
secteurs prioritaires. Haïti élabore ainsi son plan d’action national pour la santé dans le cadre
de ce projet afin de renforcer la capacité du secteur de la santé à s’adapter au changement
climatique, d’intensifier les efforts de prévention et de préparation et de donner la priorité aux
mesures d’adaptation, en particulier au sein des populations vulnérables.
Autrement, il s’agit de s’inscrire dans la perspective du cadre d’action 2017-2021 de l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) sur le changement climatique et la santé destiné principalement
aux responsables, professionnels et gestionnaires du secteur de la santé dans la région (OMS,
2017). Le cadre aide également à mobiliser les décideurs dans d’autres secteurs déterminants
pour la santé tels que l’alimentation, l’eau et l’assainissement, les municipalités, l’énergie, les
transports et la gestion des situations d’urgence, entre autres (Figure 1).
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Figure 1:Prise en compte de la coordination du PNAS dans le processus d’élaboration et de
mise en œuvre du PNA et la planification sanitaire
Le cadre stratégique repose sur quatre composantes clés :
1.L’instauration d’une politique de gouvernance claire, accompagnée de
responsabilités de leadership, pour assurer la protection de la santé face aux
effets des changements climatiques ;
2. Le renforcement de la résilience des systèmes de santé, visant à développer
des capacités de surveillance et de réponse aux impacts sanitaires du
changement climatique ;
3. Le renforcement des fonctions de réglementation, de surveillance et de gestion
du secteur de la santé, en lien avec les déterminants environnementaux et
sociaux de la santé ;
4. La mise en œuvre d’interventions multisectorielles et la mobilisation du soutien
nécessaire pour favoriser des actions coordonnées en matière de santé et de climat.
Le secteur de la santé en Haïti fait face à une exposition élevée aux impacts des
changements climatiques, alors même que ses capacités d’adaptation restent limitées.
Cette vulnérabilité s’explique par l’interaction de multiples facteurs, notamment
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l’insuffisance des ressources, la fragilité institutionnelle, et la dépendance du secteur santé
à des déterminants tels que l’eau, l’assainissement, l’alimentation, l’énergie, les transports
ou encore la gestion des urgences. Dans ce contexte, le renforcement de la capacité du
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) à anticiper, prévenir et gérer les
risques sanitaires liés au climat est devenu une nécessité urgente.
C’est dans cette optique que l’OPS/OMS soutient le MSPP dans l’élaboration et la mise en
œuvre du Plan National d’Adaptation pour la Santé (PNAS). Ce plan vise à renforcer la résilience
du système de santé face aux changements climatiques, à travers les objectifs suivants:
• Évaluer la vulnérabilité du système de santé et des communautés aux aléas climatiques
prioritaires, en lien avec les déterminants de la santé ;
• Élaborer une stratégie d’adaptation permettant de réduire les risques sanitaires et de
protéger les populations les plus vulnérables ;
• Développer un plan opérationnel sur deux ans, incluant un budget et des indicateurs de
performance ;
• Accompagner le MSPP dans la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en
œuvre du plan.
L’élaboration du PNAS s’est inscrite dans un processus participatif, mobilisant une
diversité d’acteurs (ministères, programmes, institutions internationales, société civile,
organisations communautaires) sous la coordination du MSPP, avec l’appui du Ministère
de l’Environnement (MDE).
Le processus s’est articulé autour des principales étapes suivantes :
• Consultations avec les parties prenantes ;
• dentification et hiérarchisation des risques sanitaires liés au climat ;
• Construction de chaînes d’impact et développement d’indicateurs pertinents ;
• Cartographie des risques et vulnérabilités climatiques ;
• Formulation du plan national d’adaptation.
La méthodologie d’élaboration du Plan National d’Adaptation pour la Santé (PNAS) d’Haïti s’est
appuyée sur les directives internationales, les bonnes pratiques et les retours d’expérience
les plus récents aux niveaux régional et mondial. Parmi les principales références figurent
les Directives techniques pour le processus des Plans Nationaux d’Adaptation élaborées
par le Groupe d’experts des Pays les Moins Avancés (PMA) en 2012, le document Critères de
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qualité applicables aux plans nationaux d’adaptation du secteur de la santé (OMS, 2021), ainsi
que les guides de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 2015) relatifs à la planification de
l’adaptation du secteur de la santé et au renforcement de la résilience des systèmes de santé
face aux changements climatiques.
Le document du PNAS présente :
• Les objectifs stratégiques nationaux d’adaptation sanitaire ;
• Les options d’adaptation et les mesures de résilience ;
• Un plan d’action pluriannuel (2025–2029), avec une estimation budgétaire des mesures
prioritaires ;
• Une ébauche de stratégie de mobilisation de financements ;
• Un cadre de coordination pour la mise en œuvre ;
• Un système de suivi-évaluation pour ajuster les actions et renforcer leur efficacité.
Ce travail démontre l’engagement fort du MSPP dans la lutte contre les changements
climatiques et constitue un levier pour faciliter l’accès du secteur santé aux financements
climatiques, notamment via le Fonds d’Adaptation (FA) et le Fonds Vert pour le Climat (FVC),
tout en s’alignant sur le Plan National d’Adaptation (PNA) d’Haïti.
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CHAPITRE 2: ESPRIT D’INITIATIVE ET
ENVIRONNEMENT FAVORABLE
2.1 Engagement politique et architecture institutionnelle
en matière de climat
La République d’Haïti a manifesté un engagement croissant envers la lutte contre les
changements climatiques à travers son adhésion à plusieurs instruments juridiques
internationaux, notamment la Convention-cadre des Nations unies sur les changements
climatiques (CCNUCC) en 1996, le Protocole de Kyoto en 2005 et l’Accord de Paris en 2017.
Ces engagements ont été traduits dans des politiques et programmes nationaux, dont
l’Initiative de renforcement des capacités pour la transparence (Capacity-Building Initiative
for Transparency – CBIT), lancée en 2022 par le Ministère de l’Environnement (MDE), pour
améliorer le suivi et la transparence climatique.
Sur le plan national, le cadre stratégique s’est progressivement consolidé avec l’élaboration
de documents tels que :
• le Programme d’actions national d’adaptation (PANA, 2017),
• la Politique nationale sur les changements climatiques (PNCC, 2019),
• le Document stratégique de résilience climatique (DSRC, 2019–2030),
• la Contribution déterminée au niveau national (CDN, 2022),
• la Communication nationale sur l’adaptation (2022),
• et le Plan national d’adaptation (PNA, 2022).
Ces instruments traduisent une volonté de structurer les priorités d’adaptation dans des
secteurs sensibles tels que l’agriculture, l’eau, la santé, les infrastructures, la sécurité
alimentaire, le genre, l’énergie et le développement territorial. Le Plan stratégique de
développement d’Haïti (PSDH) à l’horizon 2030 intègre également des actions pour renforcer
la résilience face aux saisons pluvieuses et cycloniques.
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La mise en œuvre de la PNCC est coordonnée par le MDE, à travers la Direction du
Changement Climatique (DCC), avec l’appui du Comité National sur les Changements
Climatiques (CNCC). Cette coordination implique également d’autres ministères sectoriels,
le Comité interministériel pour l’aménagement du territoire (CIAT), ainsi que des acteurs non
étatiques (société civile, secteur privé, collectivités territoriales et communautés locales). Le
Programme pilote de résilience climatique (PPRC) en est un exemple concret.
Cependant, malgré la richesse des documents stratégiques, le cadre juridique spécifique
à l’adaptation demeure insuffisant, et la gouvernance institutionnelle souffre de plusieurs
faiblesses : chevauchements de mandats, manque de coordination interinstitutionnelle
formelle, faibles ressources techniques et humaines, et initiatives non alignées aux priorités
nationales. Cette situation complexifie la mise en œuvre effective des stratégies d’adaptation.
Il apparaît ainsi essentiel de consolider les acquis dans une approche plus cohérente,
multisectorielle et intégrée, en particulier pour répondre aux défis spécifiques du secteur de
la santé.
2.2 Reconnaissance des enjeux climatiques
dans la politique de santé
La Politique Nationale de Santé (PNS), adoptée en 2012, constitue un socle stratégique pour
le renforcement du système de santé haïtien. Issue d’un vaste processus participatif, ayant
impliqué les citoyens à travers les Assises Départementales et les États Généraux de la
Santé, cette politique traduit la volonté de l’État haïtien de répondre de manière souveraine
aux besoins sanitaires de sa population, tout en tenant compte des dynamiques sociales,
économiques et environnementales du pays. La PNS vise à garantir l’accès universel,
équitable et de qualité aux services de santé, en particulier pour les populations les plus
vulnérables, et à réduire la morbidité et la mortalité associées aux principaux problèmes de
santé. Elle s’inscrit dans le cadre plus large du Plan Stratégique de Développement d’Haïti
(PSDH 2030), qui envisage un pays émergent d’ici 2030, disposant d’un système de santé
intégré et performant.
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L’approche retenue dans la PNS repose sur la prise en compte des déterminants multisectoriels
de la santé, en reconnaissant le rôle clé de l’environnement, de l’éducation, de l’aménagement
du territoire et de la gouvernance dans l’état de santé des populations. Elle appelle à une
mobilisation conjointe de l’ensemble des secteurs de développement autour du Ministère de
la Santé Publique et de la Population (MSPP), garant de la régulation sanitaire nationale.
Parmi les objectifs spécifiques de la PNS figurent :
• la structuration d’une pyramide de soins fonctionnelle et coordonnée entre les secteurs
public, privé et communautaire ;
• le renforcement du leadership du MSPP ;
• l’amélioration de la gouvernance et du financement du système de santé, notamment
à travers une augmentation progressive du budget national alloué à la santé ;
• la reconnaissance et la valorisation des médecines traditionnelles, en articulation avec
la médecine moderne ;
• la rationalisation de l’aide internationale, par l’alignement des bailleurs sur les priorités
nationales et la mise en place d’un partenariat fondé sur la reddition de comptes.
Si les changements climatiques ne sont pas explicitement intégrés dans la formulation initiale
de la PNS, celle-ci prévoit néanmoins des dispositions structurelles favorables à leur prise en
compte future. Le Plan Directeur de Santé (2012–2022), qui opérationnalise la PNS, identifie
plusieurs axes d’intervention essentiels dans un contexte de vulnérabilité accrue aux aléas
climatiques :
• la mise en place de systèmes d’urgences sanitaires à tous les niveaux ;
•l’amélioration de l’accès aux soins dans les zones reculées ;
•la lutte contre les maladies émergentes et ré-émergentes ;
•le renforcement des capacités institutionnelles du MSPP et de ses partenaires.
Ces orientations ont pris un relief particulier face aux catastrophes majeures qui ont marqué
la dernière décennie : le séisme de 2010, l’épidémie de choléra (2010-2018), l’ouragan Matthew
(2016), ou encore la résurgence de la diphtérie. À cela s’ajoutent les contraintes structurelles
: sous-financement chronique, faible dotation en ressources humaines, rupture de stocks,
grèves à répétition et défaillances dans les infrastructures sanitaires.
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Dans cette perspective, la promotion de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) est
présentée comme une réponse stratégique. Elle vise non seulement à garantir un accès
équitable et continu aux soins de santé, mais aussi à accroître la résilience du système face
aux chocs systémiques, y compris ceux liés aux changements climatiques.
La CSU agit comme un facteur d’adaptation : elle renforce la prévention des épidémies (par
une couverture vaccinale élargie), améliore la détection précoce des risques sanitaires (par
l’accès généralisé aux soins), et soutient la solidité des infrastructures. Réciproquement,
un système de santé résilient permet de maintenir les acquis de la CSU face aux crises, en
évitant les ruptures de services.
La politique nationale prévoit une décentralisation de l’offre de soins à travers la
mise en œuvre d’une pyramide sanitaire comprenant :
• des Centres Hospitaliers Universitaires dans les trois pôles régionaux ;
• des Hôpitaux de Référence et Communautaires de Référence dans les chefs-lieux
d’arrondissement ;
• des Centres de santé avec ou sans lits dans les communes et sections communales.
Cette structure vise à réduire les inégalités géographiques d’accès aux soins, tout en intégrant
des mécanismes de gestion mixte (publique, privée et associative) dans l’offre de services.
Elle facilite également la réponse sanitaire face aux urgences climatiques localisées, comme
les inondations, les glissements de terrain ou les épisodes de sécheresse prolongée.
Le modèle de gouvernance proposé par la PNS et le Plan Directeur repose sur une approche
participative et partenariale, impliquant l’État, les collectivités territoriales, la société civile, les
acteurs du secteur privé et les bailleurs de fonds. Ce cadre peut être renforcé par l’intégration
explicite des enjeux climatiques dans la planification sanitaire, en cohérence avec les
engagements d’Haïti dans le cadre de l’Accord de Paris, de la CDN (2022), et des Objectifs de
Développement Durable (notamment l’ODD 3 sur la santé et l’ODD 13 sur le climat).
L’État haïtien a déjà montré un engagement progressif en matière climatique, le moment
est donc venu de mieux arrimer les politiques climatiques et sanitaires, en consolidant les
interfaces institutionnelles et en dotant le système de santé des outils nécessaires à la prise
en charge des risques sanitaires liés au climat.
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2.3 Synergies entre climat et santé : bases pour un
environnement favorable
Le système de santé haïtien est confronté à de profondes vulnérabilités structurelles qui
compromettent sa capacité de résilience face aux aléas climatiques. Parmi ces défis figurent
le sous-financement chronique, l’insuffisance des ressources humaines qualifiées, les déficits
en infrastructures sanitaires, les ruptures fréquentes de la chaîne d’approvisionnement en
médicaments et en équipements, ainsi que l’instabilité institutionnelle. Ces fragilités internes
sont régulièrement exacerbées par des événements climatiques extrêmes et des crises
sanitaires majeures, tels que le tremblement de terre de 2010, le passage du cyclone Matthew
en 2016, ou encore les épidémies de choléra et de diphtérie, qui ont mis à rude épreuve la
capacité de réponse du système de santé.
Dans ce contexte, l’engagement renouvelé de l’État haïtien en faveur de la Couverture Sanitaire
Universelle (CSU) apparaît comme un levier stratégique fondamental. La CSU et la résilience
du système de santé ne sont pas des objectifs dissociés, mais bien complémentaires et
interdépendants : en élargissant l’accès équitable aux soins, la CSU renforce la capacité
des communautés à faire face aux chocs sanitaires et climatiques, tandis qu’un système
résilient protège les avancées en matière de couverture en période de crise. Cette synergie
conceptuelle constitue une base solide pour intégrer les enjeux climatiques dans les politiques
sanitaires nationales.
Par ailleurs, la coexistence de plusieurs documents stratégiques, représente une opportunité
à saisir pour articuler les réponses sectorielles dans un cadre multisectoriel cohérent. Le Plan
National d’Adaptation de la Santé (PNAS) incarne précisément cette volonté de convergence
stratégique. Conçu comme un cadre d’orientation pour l’adaptation du secteur de la santé aux
impacts des changements climatiques, le PNAS s’inscrit dans une logique d’harmonisation
des politiques publiques et de promotion d’un environnement institutionnel favorable à l’action.
Ce cadre bénéficie d’un socle institutionnel préexistant, bien que perfectible.
Le Ministère de l’Environnement (MDE), via la Direction des Changements Climatiques (DCC)
et le Comité National sur les Changements Climatiques (CNCC), assure la coordination des
politiques d’adaptation au niveau national. En parallèle, le Ministère de la Santé Publique et de la
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Population (MSPP) détient la légitimité technique et opérationnelle pour porter l’intégration
des enjeux climatiques dans les programmes de santé. Bien que certaines structures, telles
que le CNCC, présentent un fonctionnement partiel ou irrégulier, elles offrent néanmoins
des points d’ancrage institutionnels qui méritent d’être renforcés et mobilisés pour une
approche intersectorielle efficace.
Le PNAS se positionne ainsi comme un catalyseur de transformation structurelle, en
mettant l’accent sur la coordination entre secteurs, la mutualisation des ressources,
et l’instauration de mécanismes de suivi-évaluation robustes. Il propose une réponse
systémique aux défis identifiés, tout en s’alignant sur les standards internationaux tels que
ceux définis par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans ses critères de qualité pour
les plans d’adaptation du secteur de la santé (2021).
Enfin, les crises successives qu’a connues Haïti ont généré une expérience institutionnelle
précieuse en matière de réponse d’urgence. Les enseignements tirés de la gestion du
séisme de 2010, de l’épidémie de choléra, ou encore du cyclone Matthew, constituent autant
de repères pratiques et de bonnes pratiques pouvant être capitalisés dans le cadre de
l’adaptation climatique. Cette mémoire opérationnelle, combinée à une volonté croissante
d’anticipation, peut contribuer à ancrer la résilience sanitaire dans une dynamique
proactive, participative et durable.
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CHAPITRE 3: TRAITEMENT EXHAUSTIF DES
RISQUES SANITAIRES SENSIBLES AU CLIMAT
3.1 Risques sanitaires actuels et futurs des maladies
climato-sensibles
• Variation spatio-temporelle des maladies climato-sensibles observées :
La distribution spatiale de différentes maladies enregistrées entre 2015 et 2022 en Haïti met
en évidence une variabilité de pathologies telles que le HTA (Carte 3a) le diabète (Carte 3b),
le choléra (Carte 3c), la chikungunya (Carte 3d), la dengue (Carte 3 e), la diarrhée (Carte 3f), le
paludisme (Carte 3 g) et la malnutrition (Carte 3h). Les départements de Nord-Est, Centre, Est
et Sud-Est sont fortement touchés par ces différentes maladies. Quant à la dengue (Carte
3e), le signal intense est largement étendu sur toute la partie centrale du pays, cette maladie à
transmission vectorielle est fortement présente dans les départements de Nord-Ouest, Nord,
Artibonite, Centre, et une bonne partie des départements de l’Est et Sud-Est. Le nombre de
cas élevé de certaines maladies dans la partie Est du pays pourrait être lié à la régularité de la
collecte de données cliniques.
Carte 3: Distribution spatio-temporelle de maladies climato- sensibles en Haïti entre 2011-2021: a et b)
paludisme, c et d) Dengue, e et f) Méningite et g et h) Diarrhée sanglante.
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En particulier, la forte occurrence de maladies à transmission vectorielle comme le paludisme
et la dengue dans la partie orientale de Haïti malgré des conditions climatiques non propices
des moustiques (moins de pluies et températures moins élevées), peut s’expliquer par le
fait que c’est dans ces départements que les populations ont plus la culture de se rendre à
l’hôpital pour se faire diagnostiquer ou soigner, donc la collecte de données y est beaucoup
plus régulière. Ces départements de la partie orientale du pays pourraient certainement
recevoir la majorité des malades des agglomérations haïtiennes et occasionnellement des
autres localités.
En revanche, pour la modélisation, seuls les facteurs climatiques sont pris en compte, les
modèles d’impact ne prennent pas compte les paramètres socio-économiques comme
dans le cas des observations. En effet, le cycle annuel moyen des différentes pathologies
laisse apparaître une évolution assez erratique. Cependant, pour les pathologies tels que le
paludisme, le choléra, la dengue, le chikungunya mais aussi les IRA, on observe une certaine
tendance souvent à la hausse entre septembre et décembre, c’est-à-dire pendant et surtout
vers la fin de la saison des pluies.
S’agissant de la variabilité interannuelle illustrée en annexe, on note une baisse drastique
du nombre de cas de paludisme en 2018 et 2021 et une forte augmentation en 2016 et 2020.
Le nombre cas de choléra ont connu une baisse à partir de 2019, de même que le nombre
case de diarrhée mais une moindre mesure. L’année 2016 a été marquée par une forte
épidémie de choléra en Haïti. Les cas de IRA connaissent une variabilité interannuelle quasi
stationnaire avec une légère augmentation entre 2000 et 2022, cette maladie est fortement
présente dans les départements de l’Ouest et Artibonite. On constate soit un manque de
données dans la série temporelle, soit une absence totale de cas de chikungunya à partir
de 2018 pour la plupart des départements. Sur la variabilité interannuelle de la dengue
aussi, on constate un manque de données ou absence totale de dengue pour certains
départements comme Nippes, Sud-Est, Nord-Ouest. L’occurrence des maladies non
transmissibles (HTA, Diabète et malnutrition) est élevée durant toute la période d’étude
(2015 et 2022) et ce, pour tous les départements avec un maximum de cas observé au
département Ouest, Nord, Artibonite et centre.
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La dengue et le Chikungunya sont les maladies les moins présentes en Haïti selon la base
de données utilisées, le nombre cas moyen ne dépassant pas 100 cas par an dans aucun
département. Le tableau clinique des différents départements montre que la diarrhée,
mais surtout les maladies non transmissibles (HTA, Diabète et malnutrition) constituent les
préoccupations majeures de la santé des populations dans le pays. Il importe de rappeler
que les personnes souffrant de ces maladies non transmissibles sont très vulnérables aux
évènements de vagues de chaleur. Les vagues de chaleur y sont des facteurs aggravants.
Tableau 1: Maladies, paramètres climatiques impliqués et
départements exposés plus touchés ou exposés
Maladies
Paramètres
climatiques favorisant
ou aggravant
Département plus touchés
HTA
Température
Ouest, Nord, Artibonite, Centre, Sud
Diabète
Température
Ouest, Nord, Artibonite, Centre, Sud
Cholera
Pluie, température,
Artibonite, Ouest, Nord, Centre
Chikungunya
Pluie, température,
Nord, Nord-Ouest, Ouest, Artibonite, Sud, Centre,
Grande- Anse
Dengue
Pluie, température,
Centre, Nord, Ouest, Artibonite, Grande-Anse
Diarrhée
Pluie, température,
Ouest, Artibonite, Nord, Centre, Sud
Paludisme
Pluie, température,
Grande-Anse, Sud, Ouest
Malnutrition
Pluie
Ouest, Artibonite, Centre, Sud, Nord, Nord-Ouest
Température, humidité
Ouest, Artibonite, Centre, Sud, Nord, Nord-Ouest
IRA
De nombreux traitements statistiques sous forme de croisements entre les paramètres climatiques
(température et pluie) et environ six maladies climato-sensibles ont été réalisés pour chaque
département pour la période 2016-2021 mais il a été fait le choix de ne présenter que quelques résultats
en guise d’illustrations des types d’analyses réalisés.
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Les maladies à transmission vectorielle plus sensibles aux modifications des paramètres
climatiques ont été étudiées dans différents départements du pays mais le Grand-Anse a été
choisi pour illustrer l’exemple du paludisme. Les maladies d’origine hydrique et alimentaire
assez sensibles aux modifications des paramètres climatiques ont été étudiées dans les
départements du Sud-Est pour la diarrhée et de l’Artibonite pour la malnutrition. Les maladies
respiratoires et chroniques souvent liées à la qualité de l’air et sensibles aux modifications
des paramètres climatiques ont été étudiées dans les départements du Centre, de l’Ouest
et du Nord.
• Modélisation et simulation de l’incidence du paludisme :
La variabilité spatio-temporelle de l’incidence du paludisme a été simulée par le modèle LMM
forcé par les données quotidiennes de précipitations et de température en Haïti (Carte 4).
La distribution spatio-temporelle du paludisme reste très inégale selon les départements.
En termes de variabilité spatiale, il existe une différence d’intensité du signal d’incidence du
paludisme entre les départements situés à l’ouest du pays et ceux situés à l’est. Un signal plus
intense est observé dans la partie ouest de Haïti, alors que dans l’extrême est, le signal est
faible. Cependant, la transmission importante occupe pratiquement tout le pays. Un signal
particulièrement élevé est observé pour l’incidence durant la saison septembre-décembre
avec un maximum en novembre. Sachant que le modèle LMM ne prend en compte que les
précipitations et la température, ce signal très intense devrait s’expliquer par les cumuls de
précipitations et des températures enregistrées.
Le cycle saisonnier de l’incidence simulée du paludisme montre un taux d’incidence inférieur
à 10% durant les mois de février à juin (Carte 4b à 4f). A partir de juillet-août (Carte 4g à 4h),
on observe que le signal du taux d’incidence commence à augmenter au niveau du nord
du pays. L’incidence atteint le pic médian maximum en novembre avec un taux d’incidence
entre 40% et 45% La transmission du paludisme suit le rythme des précipitations. La saison
des pluies est la période de forte densité de moustiques. La saison de forte transmission
du paludisme a un maximum décalé d’un mois par rapport à celle des précipitations (Carte
4). Le décalage entre les pics de pluie et l’incidence du paludisme s’explique par le fait que
des pluies intermittentes (ou des averses aussi) en octobre peuvent d’une part renforcer le
développement de la population de moustiques vecteurs déclenchés dès l’apparition des
premières pluies, mais ces fortes pluies d’août noient en grande partie les œufs déposés
sur les eaux de surface par les moustiques femelles. De plus, les basses températures
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générées par la succession des jours de pluie ne sont pas favorables à la croissance rapide
des vecteurs, des larves aux moustiques infectieux matures en passant par le stade nymphe.
En revanche, avec un retard de 1 mois, les moustiques vecteurs voient leurs conditions de
vie s’améliorer avec les eaux usées, la forte chaleur de ce mois encore humide (l’humidité
augmente la longévité des moustiques), à cela s’ajoutent les conditions environnementales
avec la disponibilité de grands gîtes larvaires et d’un couvert végétal qui constituent des nids
de moustiques. Ce retard est tout à fait logique par rapport à ce que l’on sait de la biologie de
l’anophèle vecteur et du cycle sporogonique du parasite plasmodium.
Carte 4: Variation spatiale de l’incidence du paludisme en Haïti : simulations du modèle LMM
basées sur les données les données historiques (1985-2014) du modèle GFDL des CMIP6.
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Il existe une nette différence dans l’intensité du signal de l’incidence du paludisme entre les
départements à l’ouest et ceux localisés à l’est de Haïti. Le gradient zonal de la répartition
du paludisme en Haïti serait maintenu. En comparant avec les données historiques et de
projections (Carte 5 a et b), on constate que l’incidence simulée du paludisme diminuait dans
certains départements de Haïti notamment à l’est et au centre. Une telle diminution du paludisme
dans un avenir lointain semble être associée aux changements climatiques (Getting et al. 2010
; Begin et al. 2011 ; Diouf et al., 2021). Ainsi, des températures trop chaudes pourraient avoir un
impact négatif sur la survie des moustiques adultes en commençant à réduire la population
de moustiques adultes dans le modèle et cela implique une diminution de la transmission du
paludisme. Bégin et al. (2011) ont montré un effet inverse des changements climatiques sur la
répartition mondiale du paludisme, et ils montrent une diminution des comportements simulés
de paludisme sur le Haïti quelle que soit la période et le scénario considérés qui sont liés à
l’effet de la température. On s’attend à ce qu’au cours des années 2080, le climat devienne
alors inadapté dans la partie nord du Sahel, y compris les départements du nord de Haïti, sans
plus de personnes à risque (Caminade et al. 2014). •
Carte 5: Distribution spatiale de l’incidence du paludisme en Haïti avec a) les données historique
(1985-2014), et b) les projections (2051-2080) pour le scénario ssp585 du modèle GFDL des CMIP6.
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• Modélisation et simulation de la capacité vectorielle d’Aedes aegypti :
effets de la température sur la dengue.
Les résultats de la modélisation montrent les départements à l’ouest de Haïti, en particulier
Nord-Ouest, Ouest, Artibonite et Nippes où il a été observé le signal des indicateurs de la
dengue tels que le taux de piqûre (α), de la probabilité d’infection de l’homme au vecteur par
piqûre (βh) mais aussi de probabilité d’infection de l’homme au vecteur par piqûre (βm). Ces
mêmes départements de l’ouest du pays sont les plus touchés par la forte occurrence de
l’indice rVc de la dengue. En revanche, la période d’incubation extrinsèque (η) et le taux de
mortalité (μm) sont plus faibles dans ces départements de l’ouest du pays par rapport à l’est,
ce qui s’explique le même gradient ouest-est des températures en Haïti.
Les simulations relatives à l’historique et aux projections de la dengue montrent une
augmentation de l’indice rVc dans un contexte de changements climatiques sur la distribution
future de la dengue en Haïti (Carte 6a et 6b). Par exemple, le scénario extrême SSP585 (Carte
7b) montre une augmentation nette de l’indice simulé (rVc) de la dengue à l’Est de Haïti (NordOuest, Ouest, Grande-Anse, Sud et Nippes).
Carte 6: Répartition spatiale de l’effet de la température sur l’occurrence de la dengue en Haïti pour la
période historique (1985-2014), et pour le scénario SSP585 : a) période d’incubation extrinsèque ou Extrinsic
incubation period en anglais (T), b) probabilité d’infection de l’homme au vecteur par piqûre ou probability
of transmission from vector to human per bite en anglais h(T), c) Taux de piqûre ou Biting Rate en anglais (T),
d) taux de mortalité ou Mortality Rate en anglais μm (T), e) probabilité d’infection de l’homme au vecteur par
piqûre ou probability of infection from humans to vector per bite en anglais m(T), Distribution spatiale du rVc
(relative vectorial capacity).
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Carte 7: Répartition spatiale de la rVc (capacité vectorielle relative) en Haïti : a) période
historique (1985-2014), et projections (2071-2100) avec le scénario SSP585.
Comme on l’a déjà constaté auparavant avec une autre maladie à transmission vectorielle
comme le paludisme, les cartes relatives aux projections de la dengue montrent un effet
opposé du changement climatique sur la distribution future de la dengue dans certains
départements de Haïti tels que Centre, Nord-Est. Ce résultat sur une probable réduction
future de la dengue dans certains départements du pays serait lié à un effet de température
extrêmement chaude. Ainsi, des températures trop chaudes pourraient avoir un impact sur
le schéma de survie des moustiques adultes commençant à tuer de nombreux moustiques
adultes dans les modèles d’impact et cela implique une diminution de la transmission
de certaines maladies à transmission vectorielle telles que le paludisme et la dengue.
Cependant, la Carte 7b montre que la dengue devrait se propager dans l’ouest vers le centre
de Haïti dans le long terme.
• Les maladies chroniques liées aux vagues de chaleur et autres facteurs de risque
Les résultats des analyses réalisées mettent en évidence de l’indice de chaleur (ou heat index
en anglais ; HI) et des catégories d’indices de confort (CI pour Comfort Index and anglais)
ou stress thermique variables selon les départements (Carte 8). En utilisant des données
de températures et d’humidité d’ERA5, nous avons calculé l’indice de chaleur avant d’en
déduire ces catégories d’indice de confort. La carte 8 a-h représentent l’indice de chaleur HI
et le CI pour les quatre saisons, c’est-à-dire décembre-janvier ou DJF (Carte 8a et 8b), marsmai ou MAM (Carte 8c et 8d), juin-août ou JJA (Carte 8e et 8f) et septembre-novembre ou
SON (Carte 8g et 8h). En DJF, on note que pour la majeure partie de Haïti, un signal faible de
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l’indice de chaleur (Carte 8a) associé à des conditions d’inconfort sans danger (Carte 8b) sont
observées. Les zones de prudence prévalent au Nord-Ouest, Ouest et Nippes pendant la
saison MAM alors que le reste des départements se trouvent sous des conditions d’inconfort
sans danger (Carte 8c et 8d). Pendant la saison JJA (Carte 8e et 8f), un signal de conditions
d’extrême prudence associée à un signal important de l’indice chaleur est localisé sur le
territoire haïtien à l’exception des départements Est et Sud-Est (Carte 8e et 8f). En période
SON (Carte 8g et 8h), des conditions assez similaires à celles de la période JJA, mais avec des
signaux de HI et CI atténués.
Carte 8: Distribution de la classe d’indice de confort saisonnier (IC) ou catégories de stress
thermique pour la période de référence (1985-2014) pour les données de référence ERA5.
HI signifie heat index and E-Caution signifie Extrême Caution. a-b) DJF = décembre-janvier-février ; c-d) MAM = mai- avril-mai ; e-f) JJA = juin-juillet-août ; g-h) SON = septembre-octobre-novembre.
Il n’existe pas à ce jour de modèle éprouvé permettant de simuler l’occurrence des risques
sanitaires liés aux événements de vagues de chaleur mais l’étude de la variabilité spatiotemporelle de l’indice de chaleur et de l’indice de confort a permis mettre en évidence les zones
de hots pots où il importe de surveiller les maladies chroniques et les pathologies respiratoires
dans le processus d’évolution du climat futur, surtout la température. Ces maladies sensibles
à la variabilité des températures surtout maximales qui affectent aujourd’hui une bonne partie
de la population haïtienne concernent le HTA, le diabète et les IRA marqués par une évolution
inégale selon les départements du pays de 2016 à 2022
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Dans de nombreuses contrées géographiques, les évènements de vagues de chaleur ont
été associés à une surmortalité et excès de morbidité qui affectent souvent les enfants
en bas âge, les personnes ayant des antécédents sanitaires et la population vieillissante
(Qiang Zeng et al., 2016 ; Chen, 2016). Il se dégage de ces constats une généralisation des
événements de canicules au niveau planétaire d’où une mobilisation internationale sur
les questions relatives à la hausse des températures considérée comme une priorité de
problème de santé. Les résultats de travaux scientifiques consacrés sur les évènements de
vagues de chaleur en Amérique et en Europe ont démontré que l’impact des extrêmes de
températures sur la santé humaine est bien réel au regard de la surmortalité et de l’excès de
morbidité enregistrés.
3.2 Vulnérabilités aux maladies climato-sensibles et capacités
adaptatives du système de santé et des communautés
• Indice de vulnérabilité sanitaire selon les département
La réalisation d’un indice de vulnérabilité sanitaire à partir des scores cumulés issus des
coefficients affectés à différents indicateurs relatifs aux déterminants de santé a permis de
classer les départements de celui où le degré de sensibilité est le plus faible à celui où ce
niveau est le plus élevé (Carte 9).
Dans l’ensemble, la carte de l’indice de vulnérabilité sanitaire montre que le Sud, les
Nippes, le Nord-Ouest et le Nord-Est constituent les départements où l’IVS est le plus
faible avec respectivement un score cumul de 0,0009 alors que l’Ouest se retrouve dans
une situation de vulnérabilité apparente très élevée avec score cumulé de 0,0361. Le
département du Centre (0,026) se situe dans la trame d’indice de vulnérabilité sanitaire
élevée tandis que le Nord,
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l’Artibonite, le Sud-Est et le Grande-Anse se trouvent
dans la catégorie de risque modérée (0,012).
Carte 9: Distribution de l’indice de vulnérabilité sanitaire selon les départements
Dans l’ensemble, quatre (04) départements sur dix (10) présentent un indice de
vulnérabilité faible alors qu’un département dispose d’un IVS élevé et un département
possède un IVS très élevé.
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FACTEURS CONTRIBUTIFS
Figure 2: Indice de vulnérabilité sanitaire selon les aléas climatiques extrêmes
Après la réalisation d’un indice de vulnérabilité sanitaire, l’évaluation de la vulnérabilité et de
l’adaptation du système de santé et des communautés a consisté à identifier les impacts
sanitaires les plus pertinents à travers le prisme de l’exposition, de la sensibilité et de la
capacité d’adaptation en mentionnant à chaque fois le niveau ou degré.
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• Vulnérabilité et capacité d’adaptation des communautés aux impacts
sanitaires liés au climat :
L’évolution et la variabilité des paramètres climatiques dont la température avec la
récurrence des vagues de chaleur, les sécheresses et le stress hydrique ont été associées
à des impacts sanitaires caractérisés par l’augmentation de certaines maladies chroniques
cardio-respiratoires et troubles neurologiques (cardiopathies, accidents vasculaires
cérébraux (AVC), hypertension artérielle, asthme, diabète, pneumonie, céphalées, syncope,
déshydratation, hyperthermie, etc.), la hausse des maladies féco-orales et cutanées
(diarrhée, choléra, gale, etc.) et l’augmentation de la malnutrition, etc. Les changements
dans la pluviométrie (baisse ou augmentation des pluies) qui se traduisent par des aléas
climatiques comme la sécheresse, les inondations, les mouvements de terrain, la destruction
des champs de cultures, la contamination des nappes et des eaux de surface, la baisse de la
production agricole et des rendements, la prolifération de gîtes larvaires, etc. génèrent des
impacts sanitaires avec l’augmentation des maladies vectorielles et hydriques, des maladies
du péril fécal, la malnutrition, etc. De même, le changement du niveau de la mer comme
les inondations des terres agricoles (salinisation) et des habitats, la contamination de la
nappe (salinisation, submersion marine), l’augmentation des gites larvaires, la destruction
d’écosystème naturelle, etc. favorisent des impacts sanitaires avec les maladies vectorielles
(paludisme, dengue, chikungunya, zika, etc.) et hydriques (diarrhée, typhoïde, choléra,
etc.). La récurrence des événements climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur,
les sécheresses, les inondations, les tempêtes de poussière, les feux de brousse, etc.
génèrent des impacts sanitaires comme les maladies cardio-respiratoires (cardiopathies,
accidents vasculaires cérébraux (AVC), hypertension artérielle, asthme, diabète, pneumonie,
céphalées, syncope, déshydratation, hyperthermie, etc.), les maladies hydriques (diarrhée,
typhoïde, choléra, dermatoses, etc.), la malnutrition, etc.
Les zones géographiques des départements cibles sont différentiellement exposées à
ces impacts sanitaires liés à l’évolution et à la variabilité des paramètres climatiques. Dans
le département de l’Ouest, les zones géographiques qui abritent le plus de communautés
exposées à ces types d’impacts sanitaires sont la Gonâve, le Cornillon, les Fonds-Verettes,
le Kenskoff (Belle vue la montagne), la Léogane, la Cite Soleil, le Petit-Goave, la Région
Métropolitaine, le Bourdon, les quartiers défavorisés (Jalousie), etc. alors que dans celui du
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Centre, il ne s’agit que du Haut Plateau central et du Bas Plateau central. Le nombre de
zones géographiques concentrant le plus de communautés exposées concerne plus le
département du Nord avec le Cap-Haïtien et ses environs, l’Acul du Nord, le Port-Margot,
la Plaisance, la Pilate, le Quartier- Morin, la Plaine du Nord, la Fossette, la Limonade, le
Milot et le Quartier-Morin. Dans le département de l’Artibonite, les communautés les plus
exposées sont localisées dans les zones géographiques du Gonaïves, de l’Estère, de la
Grande Saline, de l’Anse-Rouge, du Gros-Morne, de l’Ennery, de Gonaïves, de Saint-Marc,
d’Anse-rouge, Saint-Michel, de Gros-Morne et de Terre Neuve. Dans le département de
Grande-Anse, les communautés les plus exposées sont concentrées dans les zones
géographiques de Marfranc, Moron, Chambellan, Dame-Marie, Anse d’Hainault, Irois,
Abricots, Bonbon, Pestel et de l’Ile Cayemite. Le degré d’exposition des communautés à
ces risques sanitaires a été jugé modéré.
Les catégories et groupes les plus sensibles à ces impacts sanitaires parmi les communautés
sont les enfants à bas âge, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes
immunodéprimées, les personnes en situation de précarité, les personnes à mobilité réduite,
les agriculteurs et éleveurs, etc. résidant dans les départements caractérisés par une densité
élevée de population, un déficit dans le domaine de l’assainissement et un accès limité au
logement, à la santé, à l’électricité mais aussi un niveau socio-économique bas et une grande
pauvreté, une faible capacité de résilience des services de santé face à l’augmentation des
maladies et une charge de travail et un coût de traitement élevés pour les patients. Le degré
de sensibilité de ces catégories sociales à ces impacts sanitaires est jugé élevé.
Les capacités d’adaptation des communautés face à ces impacts sanitaires sont relatives
à des actions comme les campagnes de sensibilisation, les stratégies alternatives
d’approvisionnement en eau (achat de camions d’eau, construction de points d’eau
communautaire, collecte des eaux pluviales, citerne familiale et communautaire), l’éducation
sanitaire, la distribution de moustiquaires, , la fumigation, les mesures d’assainissement
(traitement de gites larvaires, drainage), la distribution de produits de traitement de l’eau,
l’intervention de la DGPC (Direction Générale de la Protection Civile), le recours à la solidarité
communautaire et à la médecine traditionnelle, aux organisations d’aide, aux programmes et
projets de santé améliorant l’accès aux soins de santé, l’extension de l’infrastructure sanitaire
pour améliorer les services médicaux ; l’accès à l’assurance maladie et à la couverture sociale.
Cependant, le degré de capacité d’adaptation à ces impacts sanitaires est jugé faible.
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Tableau 2 : synthèse de l’évaluation de la vulnérabilité des communautés
aux impacts sanitaires liés au changement climatique
Variables climatiques
Aléas climatiques
influençant la santé
Impacts sanitaires
Vagues de chaleur ; diminution des ressources en eau ; sècheresses ; baisse de
productivité agricole.
Augmentation de certaines maladies chroniques cardio-respiratoires et troubles neurologiques ; hausse des maladies d’origine
hydrique et fécale (diarrhée, choléra, typhoïde, dermatose, gale, etc.) ; augmentation
de la malnutrition, etc.
Niveau de
risque
Exposition, sensibilité
et capacité adaptative
• Exposition
Changement dans les
températures (hausse de
température)
Changement dans la pluviométrie (baisse
ou
augmentation)
Changement du niveau de la
mer
Evénements climatiques
extrêmes
Très élevé
• Sensibilité
Diminution des ressources en eau ;
sécheresses ; inondations ; glissements
de terrain ; destruction des champs de
cultures ; baisse de la productivité et
rendement agricoles ; contamination des
nappes et des eaux de surface ; développement des gites larvaires.
Hausse des maladies vectorielles (paludisme, dengue, chikungunya, zika, etc.) ; augmentation des maladies d’origine hydrique
et du péril fécal (diarrhée, typhoïde, choléra,
dermatoses, etc.) ; augmentation de la malnutrition surtout chez les enfants.
Elevé
Inondation des terres agricoles (salinisation) et des habitats ; contamination de la
nappe (salinisation, submersion marine…) ;
augmentation des gites larvaires ; destruction d’écosystèmes naturels.
Augmentation des maladies vectorielles
(paludisme, dengue, chikungunya) ; hausse
des maladies d’origine hydrique (diarrhée,
cholera, typhoïde).
Très élevé
Vagues de chaleur ; sécheresses ; inondations ; cyclones ; tempêtes de poussières
Les zones géographiques les plus exposées
sont celles vulnérables aux phénomènes de
vagues de chaleur, de sécheresses, d’inondations, de tempêtes et de cyclones marquées par
une importance des habitats et des logements
précaires, une forte densité de population et une
intensité des activités socio-économiques.
Augmentation de certaines maladies chroniques cardio-respiratoires et troubles neurologiques ; hausse des maladies vectorielles
(paludisme, dengue, chikungunya) ; augmentation des maladies d’origine hydrique et
fécale (diarrhée, choléra, typhoïde, derm
tose, gale, etc.).
Les catégories les plus sensibles sont les nouveau-nés, les enfants en bas âge, les femmes
enceintes et allaitantes, les personnes à
mobilité réduite, les personnes avec antécédent
sanitaires, les personnes âgées, les personnes
immunodéprimées, les agriculteurs et éleveurs,
etc. caractérisés par un faible accès aux
services sociaux de base, une faible capacité de résilience des services de santé face à
l’augmentation des maladies et une charge de
travail et un coût de traitement élevés pour les
patients.
• Capacité adaptative
Très élevé
Les capacités d’adaptation sont relatives à
des actions comme les campagnes de sensibilisation, les stratégies alternatives d’approvisionnement en eau, l’éducation sanitaire, la
distribution de moustiquaires, le recours à la
solidarité communautaire, aux organisations
d’aide, aux programmes et projets de santé
améliorant l’accès aux soins de santé, l’extension de l’infrastructure sanitaire pour améliorer
les services médicaux ; l’accès à l’assurance
maladie et à la couverture sociale.
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• Vulnérabilité et capacité d’adaptation du système de santé aux impacts
sanitaires liés au climat :
De même que les impacts sanitaires sur les communautés, les aléas climatiques liés à la
hausse de la température comme les vagues de chaleur et les risques de pénurie d’eau et
d’énergie, etc. se traduisent par une vulnérabilité du système de santé dont principalement
l’augmentation de la demande de soins de santé avec la hausse de la morbidité, le risque de
perturbation dans l’organisation et le fonctionnement des services de soins, l’augmentation
de la pression sur les personnels de santé peu préparés et outillés avec la surcharge de travail
et le stress, et la menace sur la chaîne de froid et de conservation des intrants, médicaments
et autres moyens de traitement des patients ainsi que sur les services d’approvisionnement
médicaux. Aussi, les changements dans la pluviométrie (baisse ou augmentation des pluies),
du niveau de la mer et la récurrence des événements climatiques extrêmes marqués par des
aléas comme la sécheresse, les inondations, les mouvements de terrain, les feux de brousse,
les tempêtes de poussière, les pénuries d’énergie, la contamination des nappes et des eaux de
surface, la destruction d’écosystème naturelle, la prolifération de gîtes larvaires, etc. génèrent
des impacts sanitaires pour le système de santé avec la hausse de la demande de soins de
santé avec l’augmentation de la morbidité, le risque de perturbation dans l’organisation et
le fonctionnement des services de soins, l’augmentation de la pression sur les personnels
de santé peu préparés et outillés avec la surcharge de travail et le stress, la menace sur la
conservation des intrants, médicaments et autres moyens de traitement des patients avec
les humidités et le risque de destruction des bâtiments, des infrastructures, des équipements
et des services d’approvisionnement médicaux. Les établissements de santé localisés
dans les endroits marqués par une importance des habitats et des logements précaires,
une forte densité de population et une intensité des activités socio- économiques sont les
plus exposés à ces impacts sanitaires. Dans le département de l’Ouest, les établissements
de santé (hôpitaux universitaires, départementaux, communautaires de référence, des
centres de santé, dispensaires/centres communautaires) localisés dans la zone aride/semiaride (La Gonâve, Cornillon, Grand bois), la Région Métropolitaine de Port au Prince, la zone
déboisée (la Gonâve), la Plaine du cul de sac apparaissent comme les plus exposé. Dans le
département de l’Artibonite, les établissements de santé localisés à Gonaïves, Anse-Rouge,
Saint-Marc, Verrettes, la chapelle, Gros morne et à St Michel sont les plus exposés. Dans le
département du Nord, les établissements de santé (hôpitaux universitaires, départementaux,
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communautaires de référence, des centres de santé, dispensaires/centres communautaires)
localisés dans les Villes côtières, à Borgne, à Limonade, à Fort-Liberté et à Camp Louise
apparaissent comme plus exposés. Dans le département du Centre, les établissements de
santé localisés dans le Haut plateau central et le Bas plateau central sont les plus exposés.
Dans le département de Grande-Anse, les établissements de santé de Pestel, de Corail,
de Roseaux, d’Irois, d’Anse d’Hainaut, de Jérémie, de Dame-Marie et d’Abricots. Le degré
d’exposition à ces impacts sanitaires est jugé très élevé.
Les établissements de santé les plus sensibles sont ceux qui sont peu préparés aux urgences
sanitaires liées aux risques climatiques ; ceux qui sont dépourvus de personnels ou des
ressources qualifiés ou suffisants, d’équipements et de services capables de faire face aux
urgences sanitaires, de services d’approvisionnement (eau potable, assainissement, énergie,
parc automobile), de ressources financières suffisantes et ceux en situation de délabrement
avancé ou sans dispositifs d’entretien et de maintenance. Le degré de sensibilité à ces impacts
sanitaires est jugé très élevé.
Les actions d’adaptation existantes concernent la sensibilisation et la formation des personnels
de santé, la maintenance et l’entretien des bâtiments, équipements, infrastructures et services,
l’utilisation de sources d’énergies renouvelables, l’investissement dans la modernisation et la
durabilité des établissements de santé, la réalisation de travaux de réhabilitations des
bâtiments endommagés, travaux de drainage des eaux pluviales, les plans de contingence
santé. Toutefois, le degré de capacité adaptative est jugé très faible.
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Tableau 3 : synthèse de l’évaluation de la vulnérabilité du système de santé aux
impacts sanitaires liés au changement climatique
Aléas climatiques
influençant la santé
Impacts sanitaires
Changement dans les
températures (hausse
de température)
Vagues de chaleur ; sècheresses ; pénurie
d’eau, baisse des capacités énergétiques
Hausse de la demande de soins de santé avec
l’augmentation de la morbidité ; risque de
perturbation des services de soins ; augmentation de la pression sur les personnels de santé
; augmentation de la menace sur la chaîne de
froid et de conservation des médicaments et
des intrants.
Elevé
Changement dans
la pluviométrie (baisse ou
augmentation)
Diminution des ressources en eau ;
sécheresses ; inondations ; glissements
de terrain ; destruction des champs de
cultures ; baisse de la productivité et
rendement agricoles ; contamination des
nappes et des eaux de surface ; développement des gites larvaires.
Hausse de la demande de soins de santé avec
l’augmentation de la morbidité ; augmentation
de la pression sur les services de soins ; hausse
de la pression sur les personnels de santé ; augmentation de la menace sur la chaîne de froid
et de conservation des médicaments et des
intrants ; risque de destruction des bâtiments,
des infrastructures, des équipements et des
services d’approvisionnement
Très élevé
Diminution des ressources en eau ;
sécheresses ; inondations ; glissements
de terrain ; feux de brousse ; contamination des nappes et des eaux de surface ;
développement des gites
larvaires. Inondations ; glissements de
terrain ; érosion côtière ; destruction des
écosystèmes naturels ; contamination des
nappes et des eaux de surface ; développement des gites larvaires.
Hausse de la demande de soins de santé avec
l’augmentation de la morbidité ; augmentation
de la pression sur les services de soins ; hausse
de la pression sur les personnels de santé ; augmentation de la menace sur la chaîne de froid
et de conservation des médicaments et des
intrants ; risque de destruction des bâtiments,
des infrastructures, des équipements et des
services d’approvisionnement.
Très élevé
Vagues de chaleur ; pénurie d’eau ; pénurie
d’électricité ; sécheresses ; inondations ;
tempêtes de poussières.
Hausse de la demande de soins de santé avec
l’augmentation de la morbidité ; augmentation
de la pression sur les services de soins ; hausse
de la pression sur les personnels de santé
; augmentation de la menace sur la chaîne de
froid et de conservation des médicaments et
des intrants ; risque de destruction des bâtiments, des infrastructures, des équipements et
des services d’approvisionnement.
Très élevé
Variables climatiques
Changement du niveau
de la mer
Evénements climatiques
extrêmes
Niveau de
risque
Exposition, sensibilité
et capacité adaptative
• Exposition
Les établissements de santé les plus exposés
sont ceux localisés dans les zones géographiques vulnérables aux phénomènes de
vagues de chaleur, de sécheresses, d’inondations, de tempêtes et de cyclones marquées par
une importance des habitats et des logements
précaires, une forte densité de population et une
intensité des activités socio- économiques.
• Sensibilité
Les établissements de santé les plus sensibles
sont ceux qui sont peu préparés aux urgences
sanitaires liées aux risques climatiques ;ceux
qui sont dépourvus de personnels ou des ressources qualifiés ou suffisants, d’équipements
et de services capables de faire face aux urgences sanitaires, de services d’approvisionnement (eau potable, assainissement, énergie,
parc automobile), de ressources financières
suffisantes, ceux en situation de délabrement
avancé ou sans dispositifs d’entretien et de
maintenance.
• Capacité adaptative
Les actions d’adaptation existantes concernent
la sensibilisation et la formation des personnels
de santé, la maintenance et l’entretien des bâtiments, équipements, infrastructures et services,
l’utilisation de sources d’énergies renouvelables,
l’investissement dans la modernisation et la
durabilité des établissements de santé, la réalisation de travaux de réhabilitations des bâtiments
endommagés, travaux de drainage des eaux
pluviales, les plans de contingence santé.
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AOÛT 2025
3.3 Evaluation des niveaux de risques selon les types
d’impacts sanitaires
Une évaluation du niveau de risque associé aux impacts potentiels sur la santé tient compte
de l’ampleur de l’impact, de la gravité de l’impact sanitaire, du nombre de personnes touchées,
de la durée de l’impact et des implications socio-économiques. Ainsi, les niveaux de priorité de
risque sanitaire (rapport entre la conséquence et la probabilité pour chaque impact sanitaire
évalué) sont entrés dans la matrice d’évaluation des risques présentée dans le tableau cidessous. Les niveaux de risque qui en résultent vont de très faibles à extrêmes.
L’évaluation des risques sanitaires est déterminée par l’examen des conséquences et de la
probabilité des principaux effets du changement climatique sur la santé, identifiés à partir
de l’évaluation de la vulnérabilité et de l’adaptation. Les effets potentiels du changement
climatique sur la santé au niveau des départements sont les maladies à transmission
vectorielle, les maladies chroniques, les maladies d’origine hydrique et alimentaire ainsi
que l’effondrement des établissements de soins de santé matérialisé à travers le risque de
perturbation de l’organisation et du fonctionnement des soins de santé, l’augmentation de
la menace sur la chaine de conservation des intrants, médicaments et autres moyens de
traitement des patients et le risque de destruction des bâtiments, des infrastructures, des
équipements et des services d’approvisionnement.
En effet, les données actuelles suggèrent que la variabilité climatique interannuelle et interdécennale a une influence directe sur l’épidémiologie des maladies à transmission vectorielle.
L’impact du changement climatique sur l’incidence, la durée de la saison de transmission et
la propagation des maladies à transmission vectorielle représente une menace majeure. Les
épidémies de maladies d’origine hydrique ont été associées à la fois à de fortes précipitations
et à des périodes sèches et on peut s’attendre à une augmentation des risques de maladies
d’origine alimentaire et hydrique “si le changement climatique se poursuit comme prévu dans
les scénarios de la voie de concentration représentative (RCP) jusqu’au milieu du siècle”.
Aussi, les événements climatiques extrêmes sont suivis par la destruction des infrastructures
et services de soins de santé, combinée à un faible nombre de personnel sanitaire et social et
à des difficultés de mobilisation des ressources et des fonds, ce qui a un impact significatif sur
la capacité des services de santé à fournir des services curatifs et préventifs. De nombreux
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systèmes de santé fonctionnent avec une capacité de pointe très faible, et les départements
d’Haïti travaillent déjà avec un effectif sous-optimal, ce qui est problématique dans le contexte
des risques croissants de chocs et de stress liés au changement climatique.
D’après l’évaluation des risques effectuée selon les types d’impacts sanitaires identifiés
pour les communautés et individus, il y a un risque extrême d’augmentation des maladies
transmises par l’eau et les aliments dans les départements de l’Ouest et du Nord, très élevé
dans celui du Centre et élevé dans l’Artibonite et le Grande-Anse. Les maladies chroniques,
cardio- respiratoires et troubles neurologiques se présentent avec un niveau de risque
d’augmentation extrême dans les départements du Centre et du Grand-Anse, très élevé
dans celui de l’Ouest, élevé dans le Nord et modéré dans l’Artibonite. Le risque de hausse
des maladies à transmission vectorielle se situe à un niveau extrême dans les départements
du Centre, du Nord, de l’Artibonite, très élevé dans l’Ouest et élevé dans le Grande-Anse. Les
pathologies liées à la malnutrition se présentent un risque de hausse situé à un niveau extrême
dans les départements du Centre et de l’Artibonite, élevé dans le Nord et modéré dans le
Grande-Anse et l’Ouest. Par ailleurs, la présentation de la vue globale des niveaux de risque
de hausse des différents impacts sanitaires montre que ce sont les départements du Centre,
du Nord et de l’Ouest qui seront les plus affectés d’où la nécessité de renforcer davantage les
dispositifs de surveillance épidémiologique.
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Tableau 4 : Synthèse du classement final des niveaux de risque
pour les impacts sanitaires potentiels
Impact sanitaire potentiel
Conséquence
Probabilité
Risque
Augmentation des maladies d’origine hydrique et du péril fécal (diarrhée,
typhoïde, choléra, dermatoses, etc.).
Très élevé
Probable
Très Elevé
Augmentation de certaines maladies chroniques cardio-respiratoires et
troubles neurologiques (cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux (AVC),
hypertension artérielle, asthme, diabète, pneumonie, céphalées, syncope,
déshydratation, hyperthermie, etc.) ;
Très élevé
Très probable
Extrême
Hausse des maladies vectorielles (paludisme, dengue, chikungunya, etc.) ;
Catastrophique
Très probable
Extrême
Augmentation de la malnutrition (carences nutritionnelles).
Catastrophique
Très probable
Extrême
Hausse de la demande de soins de santé avec l’augmentation de la morbidité ;
Très élevé
Probable
Très Elevé
Menace sur la perturbation de l’organisation et du fonctionnement des services
de soins de santé
Très élevé
Probable
Très Elevé
Augmentation de la pression sur les personnels de santé et du stress au travail ;
Très élevé
Probable
Très Elevé
Augmentation de la menace sur la chaîne de froid et de conservation des médicaments et des intrants.
Très élevé
Possible
Élevé
Risque de destruction des bâtiments, des infrastructures, des équipements
et des services d’approvisionnement.
Très élevé
Possible
Élevé
D’après l’évaluation des risques effectuée selon les types d’impacts sanitaires identifiés pour le
système de santé, la demande de soins de santé avec l’augmentation de la morbidité, de même
que menace sur la perturbation de l’organisation et du fonctionnement des soins de santé,
se présentent à un risque de hausse situé à un niveau très élevé dans tous les départements.
L’augmentation de la pression sur le personnel de santé et du stress au travail risque de connaître
un niveau de hausse extrême dans le département de l’Ouest alors que ce risque se présente
à un niveau très élevé dans le Grande-Anse, l’Artibonite, le Centre et le Nord. La menace sur la
chaine de conservation des intrants, médicaments et autres moyens de traitement des patients,
de même que le risque de destruction des bâtiments, des infrastructures, des équipements et
des services d’approvisionnement, sont à un niveau de risque d’augmentation élevé dans tous
les départements considérés comme vulnérables. Toutefois, la présentation de la vue globale
des niveaux de risque d’augmentation des différents impacts sanitaires pour le système de santé
montre que ce sont les départements du Nord, du Centre et de l’Ouest qui seront les plus affectés
comme ce fut le cas avec les communautés d’où la nécessité de mettre en œuvre des actions
susceptibles d’accroître la résilience des établissements de santé.
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3.4 Analyse des vulnérabilités du système de santé et des communautés
Le changement climatique constitue un multiplicateur de risques qui affecte de manière
différenciée les populations, les territoires et les institutions sanitaires. Ses effets s’articulent
avec des déterminants sociaux préexistants, exacerbant les inégalités structurelles en
matière de santé, d’accès aux services et de protection sociale. En Haïti, où les vulnérabilités
sociales, économiques, environnementales et institutionnelles sont fortement imbriquées,
les impacts sanitaires des changements climatiques ne sont ni neutres, ni uniformes.
L’analyse des vulnérabilités doit ainsi être fondée sur une approche intersectionnelle et
multidimensionnelle, afin de permettre une réponse adaptée, inclusive et équitable.
Sur le plan territorial, les disparités géographiques d’accès aux soins s’avèrent particulièrement
marquées. Les départements du Centre, de la Grand’Anse et du Nord-Ouest figurent parmi
les zones les plus exposées aux risques climatiques et les moins dotées en infrastructures
sanitaires, en personnel qualifié et en services spécialisés. Les zones rurales enclavées,
dont l’accessibilité est compromise par des routes impraticables, présentent une couverture
sanitaire inférieure à la moyenne nationale, limitant fortement les capacités de détection
précoce et de réponse aux maladies climato-sensibles. Par ailleurs, les zones urbaines
informelles, notamment dans l’aire
métropolitaine de Port-au-Prince (ex. Cité Soleil, Carrefour, Delmas), cumulent plusieurs
facteurs de vulnérabilité : densité démographique extrême, insécurité chronique, pollution
de l’air et de l’eau, exposition à des inondations récurrentes, îlots de chaleur, et précarité
de l’habitat. Ces environnements fragiles complexifient la planification sanitaire et rendent
indispensable une adaptation territorialisée et différenciée des politiques publiques.
L’analyse genrée des impacts sanitaires du changement climatique révèle que les femmes,
en particulier les femmes rurales et les cheffes de famille monoparentale, sont affectées de
manière disproportionnée. Celles-ci assument en grande partie les tâches liées à la gestion
de l’eau, de l’alimentation, des soins domestiques et des enfants — autant de responsabilités
exacerbées en contexte de crise environnementale. De surcroît, en situation d’urgence
climatique, les risques de violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) augmentent
significativement, notamment dans les abris temporaires ou les sites de déplacement.
L’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive (SSSR) reste limité dans de nombreuses
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régions rurales et périurbaines, avec des conséquences directes sur la santé des femmes, en
particulier en cas de grossesse non suivie, de complications post-partum ou d’accès restreint
à la contraception. Ces réalités soulignent la nécessité d’intégrer, de manière transversale,
une analyse de genre dans toutes les étapes de la planification, de la mise en œuvre et de
l’évaluation des politiques d’adaptation sanitaire.
Au-delà des femmes, d’autres groupes sociaux présentent des niveaux élevés de vulnérabilité
face aux effets climatiques. Les enfants, en raison de leur physiologie et de leur dépendance
aux adultes, sont particulièrement exposés aux maladies hydriques, à la malnutrition et
aux infections respiratoires aiguës. Les personnes âgées, souvent isolées et dépendantes,
présentent une sensibilité accrue aux vagues de chaleur, aux pénuries alimentaires et à la
perte d’autonomie en cas de crise. Les personnes vivant avec un handicap, quant à elles,
rencontrent des barrières physiques, sociales et informationnelles qui limitent leur accès
aux soins et aux systèmes d’alerte. Enfin, les migrants internes et déplacés climatiques,
une réalité croissante en Haïti, sont fréquemment exclus des filets de sécurité sanitaire et
sociale, notamment en raison du manque de statut juridique, de l’absence de mécanismes
d’enregistrement ou de l’insécurité dans les camps.
Face à cette complexité, une réponse uniforme serait inefficace et potentiellement injuste. Il
est donc impératif de structurer l’adaptation sanitaire sur une base équitable, contextualisée
et désagrégée. Cela implique notamment :
• l’intégration d’indicateurs de vulnérabilité désagrégés par sexe, âge, statut de
handicap, situation migratoire et territoire ;
• le développement d’actions d’adaptation différenciées selon les caractéristiques
sociales et géographiques des populations ;
• la participation active des groupes marginalisés dans les processus décisionnels
du PNAS (consultations communautaires, comités de pilotage multisectoriels) ;
• la production de données probantes sur les déterminants sociaux de la
vulnérabilité sanitaire au climat ;
• la formation systématique des acteurs institutionnels à l’approche fondée sur
les droits, l’équité et le genre.
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En définitive, adopter une approche scientifique et intersectionnelle de l’analyse des
vulnérabilités constitue une condition sine qua non pour garantir la justice climatique et
l’efficacité des politiques d’adaptation en santé. Le PNAS, en intégrant pleinement ces
considérations, pourra non seulement renforcer la résilience du système de santé, mais aussi
contribuer à réduire les inégalités structurelles qui rendent certaines communautés plus
exposées et moins capables de faire face aux chocs climatiques.
3.5 Options et actions d’adaptation prioritaires selon les différentes
composantes de l’OMS comme cadre de référence du PNAS
Réduire les risques sanitaires actuels et futurs liés aux changements climatiques nécessite la
mise en œuvre de mesures d’adaptation coordonnées, en lien avec les politiques publiques et
les programmes de santé. Ces actions doivent viser à prévenir les effets évitables et à atténuer
la morbidité et la mortalité imputables aux impacts climatiques.
Un système de santé résilient au climat, intégrant les besoins des communautés, repose sur
cinq capacités essentielles:
1. anticiper
2. contrer
3. gérer
4. resister
5. s’adapter aux chocs et stress liés au climat.
Ce système doit continuer à améliorer la santé des populations, malgré l’instabilité climatique
croissante. Pour y parvenir, la résilience climatique s’appuie sur les piliers suivants, en
cohérence avec le cadre de référence de l’OMS:
1. Réduction de la vulnérabilité :
• Assurer l’accès universel aux services essentiels de santé, d’eau, d’assainissement et
de nutrition.
• Prendre en compte les déterminants sociaux et environnementaux de la santé.
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2. Renforcement des capacités institutionnelles :
• Développer les connaissances et compétences sur les liens entre climat et santé.
• Former les professionnels de santé à la gestion des risques climatiques.
3. Vision intégrée du développement et du climat :
• Intégrer les projections climatiques dans les politiques sanitaires à court, moyen et
long terme.
• Promouvoir la cohérence entre les stratégies nationales de développement et les plans
d’adaptation.
4. Gestion adaptative et appui à la décision :
• Mettre en œuvre des processus décisionnels structurés et itératifs.
• Renforcer les systèmes d’information sanitaire et climatique pour mieux comprendre,
surveiller et gérer les risques.
5. Participation communautaire et partenariats :
• Impliquer les communautés dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des
actions d’adaptation.
• Favoriser les partenariats intersectoriels, incluant les collectivités, les ONG, et les
institutions locales.
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CHAPITRE 4: TRAITEMENT EXHAUSTIF DES
OPTIONS ET DES MESURES D’ADAPTION
Les options et mesures d’adaptation retenues dans le cadre du Plan National d’Adaptation de la
Santé (PNAS) d’Haïti, sont en conformité avec le Cadre opérationnel pour renforcer la résilience
des systèmes de santé face au changement climatique (OMS, 2015) et les Critères de qualité
applicables aux PNAS (OMS, 2021). Ces mesures sont structurées autour de huit composantes
stratégiques qui reflètent les domaines prioritaires d’intervention pour améliorer la résilience du
système de santé haïtien. Chaque composante fait l’objet d’une analyse qualitative permettant
de mettre en évidence les options proposées, leur pertinence au regard du contexte national,
ainsi que les éléments à renforcer. L’objectif est de démontrer l’alignement du PNAS avec les
exigences de l’axe 4 des critères de qualité, en matière de formulation exhaustive, ciblée et
opérationnalisable des mesures d’adaptation.
Composante 1 : Gouvernance et pilotage de l’adaptation
du secteur de la santé :
Haïti a identifié deux principales options d’adaptation dans le domaine de la gouvernance
sanitaire face au changement climatique : d’une part, l’élaboration d’une politique nationale
de santé intégrant les enjeux climatiques, et d’autre part, la révision du cadre législatif et
réglementaire afin d’y inclure explicitement les risques liés au climat. Bien que le pays dispose
déjà d’un cadre stratégique global reconnaissant la transversalité du risque climatique, son
intégration dans les politiques spécifiques du secteur de la santé reste incomplète. Il est donc
nécessaire de mettre à jour la politique nationale de santé publique, ou d’élaborer une politique
sectorielle d’adaptation distincte. Ce processus devra également aboutir à une révision des
normes sanitaires et environnementales, afin qu’elles reflètent la diversité croissante des
risques liés à un climat en mutation, conformément aux orientations de l’OMS en matière de
résilience des systèmes de santé.
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Composante 2 : Renforcement des capacités
des ressources humaines en santé
Dans le domaine des ressources humaines, les options retenues visent à doter les professionnels
de santé des compétences nécessaires pour faire face aux impacts du changement climatique.
Cela passe par l’élaboration d’un plan national de formation centré sur la gestion des risques
sanitaires liés au climat, ainsi que par l’intégration de ces thématiques dans les curricula des
institutions de formation médicale et paramédicale. Cette approche permettra une meilleure
compréhension des liens entre les variables climatiques, les déterminants environnementaux
de la santé et la charge de morbidité, tout en favorisant le déploiement de systèmes d’alerte
précoce plus efficaces. La formation devra également insister sur la différenciation sociale des
risques et porter une attention particulière aux groupes les plus vulnérables, notamment les
enfants, les personnes âgées, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes.
Composante 3 : Éducation, communication et information sur les
risques sanitaires liés au climat
L’éducation, la communication et la sensibilisation du public constituent des leviers essentiels
pour une adaptation efficace aux risques sanitaires induits par le climat. Le PNAS recommande
l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée à l’information, à l’éducation et à la communication
sur les enjeux sanitaires liés aux changements climatiques. Cette stratégie devra intégrer des
messages ciblés dans les campagnes de santé publique existantes, en mobilisant
une diversité de canaux, notamment les établissements de santé, les médias communautaires,
les radios et télévisions locales, ainsi que les plateformes numériques. Une telle approche
multisectorielle contribuera à renforcer la compréhension collective des risques et à améliorer
la résilience des communautés face aux aléas climatiques.
Composante 4 : Systèmes de surveillance et alertes précoces
Face à l’augmentation des maladies climato-sensibles, la mise en place d’un système de
surveillance intégré, combinant données climatiques et épidémiologiques, s’impose comme
une priorité. Ce système, reposant sur une forte implication communautaire, permettra
de suivre en temps réel les effets des événements extrêmes, tels que : les inondations, les
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sécheresses ou les vagues de chaleur, sur la santé publique. Il contribuera également à une
meilleure anticipation des épidémies et à une prise de décision fondée sur des données
probantes. Pour en assurer l’efficacité, il est indispensable d’adapter les protocoles de
notification existants et de former le personnel de santé ainsi que les acteurs communautaires
impliqués dans la collecte et l’analyse des données.
Composante 5 : Technologies, infrastructures et équipements
adaptés aux effets climatiques
Dans un contexte de vulnérabilité climatique accrue, le renforcement des infrastructures
sanitaires constitue une priorité stratégique. Le PNAS prévoit la mise en œuvre d’un
programme national d’investissement visant à moderniser les technologies, infrastructures et
équipements médicaux, notamment dans les zones les plus exposées. L’objectif est d’assurer
la continuité des services essentiels de santé, y compris lors de perturbations climatiques
majeures. Ces investissements devront être conçus selon des normes d’écoconception, de
durabilité énergétique et de résilience structurelle, en accord avec les directives de l’OMS
pour des établissements de santé écologiquement viables et résistants aux changements
climatiques.
Composante 6 : Préparation aux urgences sanitaires liées au climat
Le PNAS met également l’accent sur la nécessité d’élaborer des plans de contingence au
niveau national et local, afin de renforcer la capacité du système de santé à faire face aux
urgences sanitaires climatiques, telles que les épidémies. Ces plans devront intégrer le
développement des capacités de diagnostic rapide, la mise à disposition d’équipements
médicaux d’urgence, ainsi que des protocoles spécifiques pour la prise en charge des
populations à risque. Cette approche préventive vise à anticiper les risques, réduire les
vulnérabilités et gérer efficacement les incertitudes liées aux changements climatiques, en
conformité avec les recommandations du Cadre opérationnel de l’OMS.
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Composante 7 : Recherche et innovation sur le climat et la santé
La recherche scientifique constitue un pilier fondamental pour orienter les politiques
d’adaptation. Dans cette optique, le PNAS prévoit l’élaboration d’une politique nationale de
recherche et de formation sur les liens entre climat et santé. Cette démarche vise à identifier
les lacunes en matière de connaissances, à renforcer les capacités institutionnelles et à
stimuler la création de nouvelles unités de recherche. À terme, cette dynamique devrait
conduire à la mise en place d’un observatoire national sur le climat et la santé, chargé de
produire, centraliser et diffuser des données utiles à la planification et à la prise de décision
dans le domaine de la santé publique
Composante 8 : Financement de l’adaptation sanitaire aux
changements climatiques
Enfin, le volet financier du PNAS s’articule autour de deux axes majeurs : l’élaboration d’une
stratégie nationale de mobilisation des financements climatiques pour le secteur de la
santé, et la conception de projets concrets à soumettre aux mécanismes internationaux de
financement (FVC, FEM, FA). Cette stratégie devra reposer sur une équipe d’experts dédiée,
une bonne maîtrise des conditions d’accès aux fonds climatiques, ainsi qu’un plaidoyer
structuré auprès des partenaires techniques et financiers. Le financement climatique est
identifié comme un levier incontournable pour assurer la durabilité des actions d’adaptation
et renforcer la résilience du système de santé haïtien face aux impacts du changement
climatique.
4.1.1 Priorisation des options d’adaptation préconisées
Après avoir examiné attentivement les différentes options proposées pour l’adaptation du
secteur de la santé au changement climatique, il a été procédé à la priorisation de ces mesures
selon la base d’un certain nombre de critères que sont la cohérence avec les politiques
climatiques, l’urgence de l’option, la faisabilité, l’acceptabilité sociale et écologique, le coût
de mise en œuvre, l’efficacité, l’équité, la durabilité et le potentiel d’impact. La priorisation des
options d’adaptation facilite l’élaboration d’un plan d’actions pluriannuel pour la mise en œuvre
d’une politique de résilience climatique pour le secteur de la santé. Celle-ci est variable selon
les options d’adaptation et les urgences climatiques dans les départements cibles.
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Dans l’ensemble, la mise en place d’un système de surveillance climatique et épidémiologique à
base communautaire et combinée pour les maladies sensibles au climat a été priorisée comme
1ère option d’adaptation alors que l’élaboration d’une politique de santé publique intégrant
les besoins en adaptation du secteur de la santé, l’élaboration de plans de contingences
au niveau national et local pour renforcer le niveau de préparation aux urgences sanitaires
liés aux risques climatiques et l’élaboration d’une politique de formation et de recherche
sur le climat et la santé occupent le deuxième rang des options d’adaptation priorisées.
L’élaboration d’une stratégie de mobilisation de financements climatiques pour le secteur de
la santé et le développement et soumission de projets de résilience climatique pour le secteur
de la santé ont été priorisés comme 3ème option d’adaptation alors que l’élaboration d’un
plan de formation de renforcement des capacités sur la gestion des risques climatiques a été
classée comme 4ème option parmi les solutions d’adaptation. L’élaboration d’une stratégie
nationale d’éducation, de communication et d’information sur les impacts sanitaires liés
aux risques climatiques et la mise en place d’un programme national d’investissement sur
les technologies, infrastructures et équipements pour la mise à niveau du plateau technique
médical en lien avec les risques climatiques pour la santé ont été respectivement identifiées
comme 5ème et 6ème option parmi les mesures d’adaptation préconisées.
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Tableau 5: Matrice de priorisation de mesures d’adaptation
pour le secteur de la santé
Mesures d’adaptation proposées Mesures d’adaptation proposées
Score
Rang
Mise en place d’un système de surveillance climatique et épidémiologique à base
communautaire et combinée pour les maladies sensibles au climat
43
1
Elaboration d’une politique de santé publique intégrant les besoins en adaptation
40
2
Elaboration de plans de contingences au niveau national et local pour renforcer le
niveau de préparation aux urgences sanitaires liés aux risques climatiques
40
2
Élaboration d’une politique de formation et de recherche sur le climat et la santé
40
2
Elaboration d’une stratégie de mobilisation de financements climatiques pour le
secteur de la santé ;
39
3
Développement et soumission de projets de résilience climatique pour le secteur
de la santé.
39
3
Elaboration d’un plan de formation de renforcement des capacités sur la gestion
des risques climatiques
37
4
Elaboration d’une stratégie nationale d’éducation, de communication et d’information sur les impacts sanitaires liés aux risques climatiques
36
5
Mise en place d’un programme national d’investissement sur les technologies, infrastructures et équipements pour la mise à niveau du plateau technique médical
en lien avec les risques climatiques pour la santé
35
6
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CHAPITRE 5: COORDINATION INTERSECTORIELLE
ET COHÉRENCE DES POLITIQUES
5.1 Vision du Plan National d’Adaptation de la Santé (PNAS)
La vision du PNAS est la suivante : « Doter le secteur de la santé d’un haut niveau de résilience,
lui permettant d’anticiper, de prévenir et de gérer les risques sanitaires liés au climat, en
apportant des réponses globales, pertinentes et durables à court, moyen et long terme, pour
la protection de la santé humaine à l’horizon 2030. »
Cette vision s’inscrit dans le prolongement des objectifs du Plan National d’Adaptation (PNA)
et de la Politique Nationale de Santé (PNS) d’Haïti, en vue de renforcer la résilience du système
de santé face aux impacts actuels et futurs des changements climatiques.
5.2 Mission du Plan National d’Adaptation de la santé (PNAS)
La mission principale du PNAS est de créer un cadre national cohérent et inclusif pour mobiliser
le public, le secteur privé, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et
financiers ainsi que les communautés, dans un processus participatif visant à :
• Répondre aux effets néfastes des changements climatiques sur la santé ;
• Réduire la vulnérabilité des communautés et du système de santé ;
• Promouvoir des solutions d’adaptation fondées sur les besoins, les données probantes
et la coordination intersectorielle.
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5.3 Objectifs stratégique du Plan National d’Adaptation
de la santé (PNAS)
Objectif général : Accroître la résilience et la capacité d’adaptation du secteur de la santé face
aux effets de la variabilité et des changements climatiques.
Objectif spécifique : Faciliter l’intégration cohérente de l’adaptation climatique dans les
politiques, programmes, projets et stratégies de développement et de budgétisation du
secteur de la santé, à tous les niveaux de gouvernance.
À partir des analyses de vulnérabilité et d’adaptation menées dans plusieurs départements,
quatre objectifs stratégiques prioritaires ont été retenus :
•
Objectif stratégique 1 : Intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans la
planification des politiques, projets et programmes du secteur de la santé, en assurant leur
cohérence avec les instruments climatiques nationaux tels que la Contribution Déterminée
au niveau National (CDN) et le Plan National d’Adaptation (PNA).
• Objectif stratégique 2 : Renforcer la résilience du système de santé, ainsi que les capacités
des acteurs de santé et des communautés, face aux risques sanitaires liés aux changements
climatiques.
• Objectif stratégique 3 : Renforcer les systèmes de surveillance épidémiologique, d’alerte
précoce et de riposte aux maladies climato-sensibles et à fort potentiel épidémique.
•
Objectif stratégique 4 : Améliorer les capacités de mobilisation des ressources
financières et de gouvernance pour l’adaptation climatique dans le secteur de la santé.
5.4 Mécanisme de coordination et de gouvernance du PNAS
La mise en œuvre du Plan National d’Adaptation de la Santé (PNAS) en Haïti exige l’instauration
d’un mécanisme de coordination et de gouvernance solide, placé sous la responsabilité du
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Cette structure institutionnelle
doit refléter l’engagement stratégique du ministère à intégrer les enjeux liés au changement
climatique dans les politiques de santé, conformément aux recommandations de l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS). Le renforcement de la gouvernance climatique dans le secteur
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de la santé passe nécessairement par la mise en place d’un cadre de coordination formel
qui facilite l’intégration du climat dans la planification sanitaire à tous les niveaux : national,
départemental et local.
Ce mécanisme devra favoriser une collaboration étroite avec les secteurs clés, notamment
le Ministère de l’Environnement (MDE), afin d’assurer une cohérence entre les politiques
sanitaires et environnementales. En effet, les impacts du changement climatique sur la santé
étant multisectoriels, leur prise en charge nécessite une réponse coordonnée et intégrée
impliquant l’ensemble des parties prenantes concernées.
La structure de gouvernance proposée s’appuie sur les dispositifs institutionnels existants
au sein du secteur de la santé, tout en les renforçant par la création d’un groupe technique
multisectoriel. Ce groupe rassemblera les représentants des institutions sanitaires, des
ministères sectoriels, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations
de la société civile et du secteur privé. Il jouera un rôle clé dans la concertation, la validation des
priorités, le suivi des actions et l’harmonisation des initiatives en matière de santé et climat.
De plus, la création du groupe de travail thématique sur la santé et le changement climatique,
composé d’experts issus de divers horizons, permettra d’assurer une coordination technique
efficace et continue.
Le MSPP, en partenariat étroit avec l’OMS, assurera la direction stratégique et la coordination
technique du PNAS. Il aura pour mission d’élaborer les indicateurs de performance, de
superviser l’exécution du plan d’action pluriannuel, d’assurer la cohérence des interventions
avec les priorités nationales, et de garantir un suivi-évaluation rigoureux. Le plan d’action
intégrera des activités prioritaires, des budgets indicatifs et des mécanismes d’ajustement
basés sur les résultats obtenus.
La réussite du PNAS repose sur une planification intersectorielle coordonnée visant à garantir
la cohérence des politiques publiques dans les domaines qui influencent directement la santé.
Cette coordination doit impliquer les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’agriculture et
de la nutrition, de l’environnement, de l’énergie, du transport, de l’aménagement du territoire,
de l’éducation, du logement et de la recherche. Une telle approche intégrée est indispensable
pour éviter les redondances, maximiser les synergies et assurer une gouvernance climatique
alignée avec les objectifs de santé publique (OMS, 2015 ; OMS, 2021).
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Plusieurs institutions nationales et internationales en Haïti disposent de mandats liés à
l’adaptation climatique, avec une convergence notable entre leurs interventions et les priorités
sanitaires. Le PNAS capitalise sur ces dynamiques existantes pour développer une stratégie
nationale d’adaptation fondée sur des partenariats multisectoriels, englobant (Figure) :
• La Direction de la Promotion de la Santé et de la Protection de l’Environnement (DPSPE),
en collaboration avec l’Unité d’Évaluation de Programmes (UEP), assure la coordination
et la gouvernance du Plan National d’Adaptation du secteur de la Santé (PNAS). Cette
mission s’opère à travers la mise en place d’une Unité de Gestion de Projet (UGP) au sein
du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), chargée de superviser la
mise en œuvre opérationnelle du plan.
• L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Haïti apportera un appui institutionnel et
une assistance technique à la mise en œuvre du cadre stratégique de l’OMS 2017–2021.
Son rôle est de veiller à ce que l’ensemble de la stratégie nationale d’adaptation du
secteur de la santé haïtien au changement climatique soit conforme aux orientations
et aux guides techniques de l’OMS, tout en étant alignée sur les priorités nationales en
matière de politiques climatiques et sanitaires.
• le Comité National sur le Changement climatique (CNCC)/Ministère de l’Environnement
(MDE) en tant qu’organe stratégique pour coordonner la planification, la mise en œuvre
et le suivi des politiques et programmes sur le changement climatique au plus haut
niveau doit jouer le rôle de supervision stratégique globale du processus PNAS (Plan
National d’Adaptation de la Santé) en Haïti. Toutefois, il faut souligner que ce comité a du
mal à fonctionner correctement et ne marche pas à l’heure actuelle ;
• la Direction des Changements Climatiques (DCC)/Autorité Nationale Désignée (AND)
responsable de la coordination des politiques et des programmes dirigés par la
convention cadre des nations unions sur les changements climatiques (CCNUCC)
au nom du MDE supervisera l’ensemble du processus changement climatique et
santé pour s’assurer que les différents acteurs sectoriels, y compris les collectivités
territoriales, le secteur privé et les partenaires au développement, remplissent leurs
rôles respectifs et réalisent leurs mandats
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• Les ministères et directions sectoriels ont un rôle central à jouer dans la coordination, la
planification, la mise en œuvre et le suivi des actions visant à renforcer la résilience du
système de santé face aux changements climatiques. Leur implication est essentielle
pour garantir une approche intégrée, intersectorielle et cohérente. Parmi ces acteurs
figurent notamment :
• Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR), à travers le Centre National de Météorologie (CNM) et le Service National
des Ressources en Eau (SNRE) ;
• Le Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC), avec la
Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), le Bureau des
Mines et de l’Énergie (BME), et la Direction des Transports (DDT) ;
• Le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), notamment à travers
la Direction de la Protection Civile (DPC), la Direction des Collectivités Territoriales (DCT),
et le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT)
• Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), par le
biais du Système de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (SESR), composé de
diverses institutions universitaires et centres de recherche ;
• Le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), en tant que levier stratégique de
planification budgétaire.
Ces ministères sectoriels, considérés comme détenteurs de déterminants majeurs de la
santé, sont appelés à jouer un rôle particulier dans la coordination de la planification, la mise
en œuvre conjointe et l’intégration efficace des actions d’adaptation sanitaire au changement
climatique, à différents niveaux de politiques publiques.
• le secteur privé : disposant d’un potentiel énorme pour stimuler l’adaptation et la
réduction des risques climatiques pour le système de santé à travers la responsabilité
sociale de l’entreprise (RSE) qui doit jouer un rôle important dans la mobilisation de
ressources domestiques pour contribuer au financement des actions du PNAS ;
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• les Organisations de la société civile (OSC) considérés comme des partenaires
stratégiques pour le développement du secteur de la santé surtout dans le cadre de la
mise en œuvre du PNAS en permettant d’engager activement la communauté des OSC
dans la planification, le plaidoyer, l’éducation et la sensibilisation, la recherche factuelle
ainsi que le suivi et l’évaluation des efforts d’adaptation sanitaire à différents niveaux
dans le pays ;
• les Partenaires de développement et partenaires techniques et financiers (PNUE,
PNUD, ONU-Habitat, CICR, AFD, GIZ, USAID, ACF, OXFAM, UNISDR) qui
jouent un rôle essentiel dans la mobilisation des ressources, le développement des capacités
et le développement et le transfert de technologies pour les actions d’adaptation actuelles
et futures pour le secteur de la santé. Une mise en œuvre effective du PNAS nécessite de
mobiliser le soutien des agences multilatérales, des donateurs bilatéraux et de la coopération
Sud-Sud pour des actions d’adaptation dans le pays et le renforcement de la résilience du
système de santé.
Figure 3: Coordination et gouvernance du PNAS d’Haïti
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5.5 Plan d’actions 2025-2029 du PNAS
Le plan d’action du PNAS décrit les principales mesures d’adaptation qui seront mises en
œuvre sur une période de cinq ans et qui se composent d’actions à court et à moyen terme.
Ces actions classées par ordre de priorité à partir des options précédemment identifiées
contribuent aux objectifs stratégiques à long terme du PNAS. L’objectif du plan d’action est
d’établir une base solide pour la mise en place d’un système de santé résilient face au climat.
Le plan d’action décrit les principaux indicateurs de performance pour chaque mesure
d’adaptation, qui seront évalués et révisés après cinq ans de mise en œuvre. Le plan désigne
également les responsabilités et fournit un budget estimatif en USD. Le PNAS comprend les
actions du Plan National d’Adaptation (PNA) liées à la santé et alignées au cadre politique et
institutionnel existant pour aborder le changement climatique et la santé en Haïti. Le plan
d’action national pour la santé s’étendra sur une période de cinq ans, de 2025 à 2029. Un
plan de mise en œuvre détaillé qui présente les composantes, les résultats escomptés et les
activités à entreprendre sera élaboré afin de répondre aux besoins du pays.
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CHAPITRE 6: DOTATION EN RESSOURCES
La mise en œuvre du PNAS nécessite des ressources humaines, financières et autres, et
une estimation de ces ressources est cruciale pour une planification et une mise en œuvre
efficaces. L’évaluation des coûts du plan d’action permet d’améliorer la planification et facilite
l’inclusion du plan d’action dans le budget du secteur de la santé. Un budget et une estimation
des ressources humaines sont nécessaires pour les mesures d’adaptation décrites dans le
PNAS, qui sont ensuite utilisés pour allouer ou mobiliser les ressources nécessaires. En outre,
il est essentiel de prendre en compte les capacités nationales en matière de changement
climatique et de santé, ainsi que les possibilités de renforcement des capacités aux niveaux
national, régional et international.
Le budget estimé pour la mise en œuvre du PNAS au cours des cinq prochaines années est
estimé à environ 3,2 millions USD pour couvrir les dépenses liées aux interventions. Ces coûts
ont été élaborés sur la base d’un examen des dépenses actuelles du ministère de la santé
publique et de la population liées à la santé environnementale. Les coûts décrits ici sont des
estimations pour chaque action, mais au fur et à mesure que la mise en œuvre commencera,
le ministère de la santé publique et de la population, par l’intermédiaire du département ou de
l’unité responsable de la gestion, les affinera pour refléter plus précisément le financement
nécessaire. Par ailleurs, ce budget fait partie des 500 millions d’USD consacrés au secteur de
la santé dans les options d’adaptation de la contribution déterminée au niveau national (NDC)
en Haïti pour les engagements conditionnels et les engagements non conditionnels
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Objectif stratégique 1 : intégrer l’adaptation aux changements climatiques dans la planification
des politiques, projets et programmes du secteur de la santé en développant un cadre de cohérence
avec les politiques climatiques (CDN et PNA).
Résultat attendu 1 : l’adapatation aux changements climatiques est bien intégrée dans la planification des politiques, programmes et
projets de santé en cohérence avec les politiques nationales climatiques (CDN et PNA).
Composantes
Composante 1 :
Direction et gouvernance de l’adaptation
du secteur de la santé
Options d’adaptation
Elaboration d’une politique nationale de
santé publique intégrant les besoins en
adaptation au climat
Changement du
niveau
de la mer
Evénements climatiques extrêmes
Révision du cadre législatif et réglementaire pour la prise en compte du changement climatique
Actions
Indicateurs de
performance
Etudier les lacunes et les gaps en
matière d’intégration du changement climatique dans les documents de planification des politiques de santé publique.
Nombre de documents de
politiques de santé étudié pour
identifier les gaps ;
Nombre de rapports d’analyse
réalisé
Développer un guide d’intégration
de l’adaptation aux changements
climatiques dans les documents de
planification des politiques de santé
Nombre d’institutions utilisant
le guide d’intégration de l’adaptation dans les documents de
planification
Réviser les documents de politiques
de santé publique pour intégrer les
besoins en adaptation au climat
Nombre de documents de politiques de santé publique révisé
Proposer une nouvelle politique de
santé publique intégrant l’adaptation au
changement climatique
Nombre d’institutions utilisant
la nouvelle politique de santé
publique intégrant l’adaptation
Étudier les lacunes des textes
réglementaires et législatifs relatifs à la prise en compte des effets
climatiques
sur la santé
Nombre de textes réglementaires et législatifs étudié pour
identifier les gaps
Réviser les textes réglementaires et
législatifs pour une meilleure prise
en compte des effets climatiques sur
la santé
Institutions
partenaires
Ministère de la Santé
Publique et de la Population (MSPP), Organisation
Mondiale de la Santé (OMS),
Ministère de l’Environnement (MDE), Ministère du
Plan et de la Coopération
Externe (MPCE),
Ministère de l’Economie
et des Finances (MEF),
Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation
Professionnelle (MENFP),
Partenaires Techniques et
Financiers (PTF), Collectivités Territoriales, etc.
Période
Coût
estimatif
USD
2025-2026
100,000
2025-2026
100,000
Nombre de textes réglementaires et législatifs révisé pour
tenir en compte les effets
du climat
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Objectif stratégique 2 : renforcer la résilience du système de santé et la capacité des acteurs
de la santé et des communautés face aux risques sanitaires liés aux changements
Résultat attendu 2 : la résilience du système de santé et la capacité des acteurs de la santé et des communautés
face aux risques sanitaires liés aux changements climatiques est renforcée.
Composantes
Options d’adaptation
Elaboration d’un plan de formation de
renforcement des capacités sur la gestion
des risques climatiques
Composante 2 :
Personnel de santé
avec les besoins en
renforcement des
capacités sur la gestion des
risques climatiques
Intégration du changement climatique
dans les curricula de formation des professionnels de santé
Actions
Indicateurs de
performance
Identifier les besoins en renforcement des capacités des acteurs de
la santé et des communautés
Développer les modules de formation de renforcement des capacités
des acteurs cibles
Nombre de réunions ou rencontres
d’identification des besoins réalisé ;
Nombre de documents d’identification
des besoins réalisé
Nombre de modules de formation de
renforcement des capacités développé
Organiser les sessions de renforcement des capacités des acteurs sur
la gestion des risques climatiques
pour la santé
Nombre de sessions de renforcement
des capacités des acteurs organisé ;
Nombre de participants aux sessions
de renforcement des capacités
Evaluer les besoins en données et
informations climatiques pour les
curricula de formation des professionnels de santé
Nombre de réunions ou rencontres
d’identification des besoins réalisé ;
Nombre de documents d’identification
des besoins réalisé
Réviser les curricula de formation
des professionnels de santé pour
intégrer le changement climatique
Nombre de curricula de formation des
professionnels de santé révisé ;
Nombre d’offres de formation utilisant
les curricula révisés
Identifier les besoins en éducation,
information et communication du
public sur les impacts sanitaires liés
aux risques climatiques
Composante 3 :
Education, communication et information
du public sur les
risques climatiques
Elaboration d’une stratégie nationale d’éducation, d’information et de communication
sur les impacts sanitaires liés aux risques
climatiques
Développer des supports de communication et identifier des canaux
de diffusion appropriés des messages clés sur les impacts sanitaires liés
aux risques climatiques
Diffuser les messages clés destinés
au changement de comportements
face aux impacts sanitaires liés aux
risques climatiques
Institutions
partenaires
Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation
Professionnelle (MENFP), Ministère de la Santé
Publique et de la Population
(MSPP),
Organisation Mondiale de la
Santé (OMS),
Ministère de l’Environnement (MDE),
Ministère de l’Economie
et des Finances (MEF),
Ministère du Plan et de
la Coopération Externe
(MPCE),
Partenaires Techniques et
Financiers (PTF), Collectivités Territoriales, etc.
Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation
Professionnelle (MENFP),
Nombre de réunions ou rencontres
Ministère de la Communicad’identification des besoins réalisé ;
tion et de la Culture (MCC),
Nombre de documents d’identification Ministère de la Santé
des besoins réalisé
Publique et de la Population
(MSPP),
Nombre de supports de communication Organisation Mondiale de la
Santé (OMS),
développé ;
Nombre de canaux de diffusion appro- Ministère de l’Environnement (MDE), Partenaires
priés identifié
Techniques et Financiers
Coût
estimatif
USD
2025-2027
100,000
2025-2027
300,000
2026-2027
300,000
Nombre de messages clés destiné au
large public diffusé ;
Nombre d’utilisateurs des messages
clés développés.
Page | 67
Objectif stratégique 3 : renforcer les systèmes de surveillance, d’alerte précoce et de riposte des maladies
sensibles au climat et à fort potentiel épidémique.
Résultat attendu 3 : les systèmes de surveillance, d’alerte précoce et de riposte des maladies sensibles
au climat et à fort potentiel épidémique sont renforcés
Composantes
Composante 4 :
Surveillance intégrée
des risques sanitaires
(maladies) et alertes
précoces
Options
d’adaptation
Mise en place d’un
système de surveillance
climatique et épidémiologique combinée à
base communautaire
pour les maladies sensibles au climat
Actions
Indicateurs de performance
Réaliser un diagnostic exhaustif des systèmes de
surveillance environnementale et sanitaire existantes
pour tirer des leçons apprises et bonnes pratiques
Mobiliser les données et informations pertinentes
à la mise en place d’une système de surveillance
climatique et épidémiologique combinée à base
communautaire
Nombre de rencontres ou réunions de
diagnostic exhaustif réalisé ;
Nombre de documents de diagnostic
développé.
Nombre de bases de données mobilisé et
structuré ;
Nombre d’utilisateurs des bases de données mobilisées.
Développer le dispositif du système d’alerte précoce à
base communautaire pour la surveillance des maladies sensibles au climat
Nombre de rencontres de partage sur le
dispositif du système à développer ;
Nombre de rapports de documentation du
processus de développement
du système
Mettre en œuvre le dispositif du système d’alerte
précoce à base communautaire pour la surveillance
des maladies sensibles au climat
Renforcer le fonctionnement des plateformes de
surveillance environnementale et sanitaire déjà
existantes
Signer des conventions de partenariat entre le Ministère
de la santé et de la population et les Ministères sectoriels
à impliquer dans les systèmes de surveillance à mettre
en place
Réaliser un diagnostic exhaustif sur le niveau de préparation et de résilience des dispositifs technologiques,
infrastruturels et matériels existants
Composante 5
:Technologies et
infrastructures
durables, résilientes et
adaptables aux effets
climatiques
Mise en place d’un
programme national
d’investissements sur les
technologies, infrastructures, équipements et
matériels pour la mise à
niveau du plateau technique médical en lien avec
les risques climatiques
pour la santé
Identifier les besoins en technologies, infrastructures,
matériels et équipements pour la mise à niveau du
plateau technique médical
Faire une revue des normes existantes en matière de
construction et rénovation des infrastructures sanitaires pour y intégrer des normes de construction
prenant en compte la résilience des infrastructures face
aux phénomènes climatiques extrêmes.
Mobiliser les ressources nécessaires pour l’acquisition
des besoins en technologies, infrastructures, matériels
et équipements pour la mise à niveau du plateau technique médical
Institutions
partenaires
Ministère de la Santé
Publique et de la Population
(MSPP),
Organisation Mondiale de la
Santé (OMS),
Ministère de l’Environnement (MDE),
Ministère de l’Agriculture et
des Ressources Naturelles
(MARN),
Coût
estimatif
USD
2026-2028
450,000
2027-2029
650,000
Nombre d’utilisateurs du dispositif de système d’alerte précoce ;
Nombre d’institutions ayant amélioré la sur- Ministère de l’Economie
veillance des maladies sensibles au climat et des Finances (MEF),
Ministère du Plan et de
Nombre de plateformes de surveillance
la Coopération Externe
environnementale et sanitaire existantes
(MPCE),
renforcé
Partenaires Techniques et
Nombre de conventions de partenariat en- Financiers (PTF), Collectivitre le Ministère de la santé et les Ministères tés Territoriales, etc.
Ministère de la Santé
sectoriels signé ;
Nombre d’institutions utilisant les conven- Publique et de la Population
(MSPP),
tions de partenariat signés.
Organisation Mondiale de la
Nombre de supports de communication
Santé (OMS),
développé ;
Ministère de l’EnvironneNombre de canaux de diffusion appropriés ment (MDE),
identifié
Nombre de messages clés destiné au large
public diffusé ;
Nombre d’utilisateurs des messages clés
développés.
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC), Ministère
de l’Economie et des
Finances (MEF), Ministère
du Plan et de la Coopération
Externe (MPCE),
Partenaires Techniques et
Financiers (PTF), Collectivités Territoriales, etc.
AOÛT 2025
Mettre en place les investissements nécessaires en technologies, infrastructures,
matériels et équipements pour la mise à
niveau du plateau technique médical
Réaliser un diagnostic exhaustif des différents plans de contingences existants pour
gérer les urgences sanitaires afin de tirer des
leçons apprises et bonnes pratiques
Composante 6 :
: Préparation aux
situations d’urgence et
gestion des urgences
sanitaires liées au
changement
climatique
Elaboration de plans de
contingences au niveau
national et local pour
renforcer le niveau de
préparation aux urgences
sanitaires liés aux risques
climatiques
Mobiliser les données et informations
pertinentes à la mise en place de plans de
contingences pour renforcer le niveau de
préparation aux urgences
sanitaires liés aux risques climatiques
Nombre d’établissements de santé bénéficiant des
investissements de mise à niveau du plateau technique médical ;
Nombre d’établissements de santé ayant amélioré la
réponse aux risques sanitaiires
liés au climat
Nombre de rencontres ou réunions de diagnostic
exhaustif réalisé ;
Nombre de documents de diagnostic développé.
Nombre de bases de données mobilisé et structuré ;
Nombre d’utilisateurs des bases de données
mobilisées
Nombre de rencontres de partage sur les plans
Développer les plans de contingences
pour renforcer le niveau de préparation
aux urgences sanitaires liés aux risques
climatiques
de contingences à développer ;
Nombre de rapports de documentation
du processus de développement des plans
de contingences
Ministère de la Santé
Publique et de la Population
(MSPP),
Organisation Mondiale de la
Santé (OMS),
Ministère de l’Environnement (MDE),
Ministère de l’Agriculture et
des Ressources Naturelles
(MARN),
Ministère des Travaux
Publics, Transports et
Communications (MTPTC),
Ministère de l’Economie
et des Finances (MEF),
Ministère du Plan et de
la Coopération Externe
(MPCE),
Partenaires Techniques et
Financiers (PTF), Collectivités Territoriales, etc.
2027-2029
450,000
Nombre d’établissements de santé bénéficiant des
plans de contingences de préparation aux urgences
Mettre en œuvre les plans de contingences
pour renforcer le niveau de préparation
aux urgences sanitaires liés aux risques
climatiques
sanitaires ;
Nombre d’établissements de santé utilisant les
plans de contingences de préparation aux urgences
sanitaires ;
Nombre d’établissements de santé ayant amélioré la
réponse aux urgences sanitaires.
Page | 69
AOÛT 2025
Identifier les besoins de recherche et de
formation sur le climat et la santé en rapport
avec les priorités nationales
Définir la politique nationale de
recherche et de formation sur le climat
et la santé alignée avec les priorités du pays
Composante 7 :
Recherche et formation sur le climat et la
santé
Elaboration d’une politique
nationale de recherche et
de formation sur le climat
et la santé
Mettre en œuvre la politique nationale de
recherche et de formation sur le climat et la
santé alignée avec les priorités du pays
Développer des collaborations avec des
structures ou programmes de recherche et
formation pour initier et soutenir des projets/
programmes de recherche sur les aspects
climat et santé
Mettre en œuvre une stratégie de communication et de vulgarisation des résultats
de recherche auprès des décideurs et des
communautés
Nombre de réunions ou rencontres d’identification
des besoins réalisé ;
Nombre de documents d’identification des besoins
réalisé
Ministère de la Santé
Publique et de la Population
Nombre de rencontres de partage des
(MSPP),
résultats du processus de définition de la
Organisation Mondiale de la
politique nationale de recherche et de formation ;
Santé (OMS),
Nombre de rapports de documentation du processus
Ministère de l’Environnede définition de la politique nationale
ment (MDE),
Ministère de l’Agriculture et
Nombre d’utilisateurs de la politique nationale de
des Ressources Naturelles
(MARN),
recherche et de formation ; Nombre d’institutions
Ministère des Travaux
ayant réalisé des
Publics, Transports et
progrès dans le domaine de la recherche et de la
Communications (MTPTC),
formation sur le climat et la santé.
Ministère de l’Economie
et des Finances (MEF),
Ministère du Plan et de
la Coopération Externe
Nombre de collaborations signé entre les structures
(MPCE),
ou programmes de recherche et de formation ;
Partenaires Techniques et
Nombre d’institutions utilisant les conventions de
Financiers (PTF), Collectivités Territoriales, etc.
collaborations signés
Nombre de canaux de communication et de vulgarisation des résultats de la recherche créé ;
Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation
Professionnelle (MENFP),
Ministère de la Santé
Publique et de la Population
(MSPP),
2027-2029
450,000
2026-2029
350,000
Nombre d’utilisateurs des résultats de la recherche
sur le climat et la santé.
Page | 70
Objectif stratégique 4 : améliorer les capacités de mobilisation de fonds et de gouvernance
des ressources pour l’adaptation aux changements climatiques dans le secteur de la
Résultat attendu 4 : les capacités de mobilisation de fonds et de gouvernance des ressources
pour l’adaptation aux changements climatiques dans le secteur de la santé sont
Composantes
Options
d’adaptation
Actions
Indicateurs de performance
Identifier les besoins en financements climatiques
pour la résilience du système de santé et des communautés
Nombre de réunions ou rencontres d’identification des besoins réalisé ;
Nombre de documents d’identification des
besoins réalisé
Définir la stratégie de mobilisation de financements
climatiques pour la résilience du système de santé et
des communautés
Nombre de rencontres de partage des
résultats du processus de définition de la
stratégie de mobilisation de financements
climatiques ;
Nombre de rapports de documentation du
processus de définition de la stratégie de
mobilisation de financements climatiques.
Mettre en œuvre le dispositif du système d’alerte
précoce à base communautaire pour la surveillance
des maladies sensibles au climat
Composante 8 :
Financement de la
santé et de l’adaptation aux changements
climatiques
Elaboration d’une
stratégie de mobilisation
de financements climatiques pour le système
de santé
Renforcer le fonctionnement des plateformes de
surveillance environnementale et sanitaire déjà
existantes
Renforcer les capacités institutionnelles et techniques
sur la mobilisation de financements climatiques
Identifier les besoins en capacités et compétences pour
la mobilisation de financements pour le secteur de la
santé
Mettre en place une unité ou une équipe de mobilisation de financements climatiques pour la résilience du
système de santé et des communautés
Développer des propositions de mobilisation de
financements pour la résilience aux impacts sanitaires
liés aux risques climatiques
Soumettre les propositions de mobilisation de financements pour la résilience aux impacts sanitaires liés
aux risques climatiques
Institutions
partenaires
Ministère de la Santé
Publique et de la Population
(MSPP),
Organisation Mondiale de la
Santé (OMS),
Nombre de modules de renforcement des
Ministère de l’Environnecapacités développé ;
ment (MDE),
Nombre de sessions de renforcement des Ministère de l’Economie
capacités organisé.
et des Finances (MEF),
Nombre de réunions ou rencontres d’identi- Ministère du Plan et de
la Coopération Externe
fication des besoins réalisé ;
(MPCE),
Nombre de documents d’identification des
Ministère de l’Agriculture et
besoins réalisé
des Ressources Naturelles
Nombre d’experts et de compétences
(MARN), Ministère de
mobilisé par l’unité de mobilisation de fonds l’Education Nationale et de la
climatiques ;
Formation Professionnelle
(MENFP),
Nombre d’initiatives organisé sur la
Ministère des Travaux
mobilisation de fonds.
Publics, Transports et
Nombre de réunions ou de rencontres de
Communications (MTPTC),
développement de propositions organisé ; Partenaires Techniques et
Nombre de propositions de mobilisation de Financiers (PTF), Collectivités Territoriales, etc.
fonds développé.
Nombre de propositions de mobilisation de
fonds développé.
Nombre de cibles bénéficiant des financements climatiques mobilisé
Coût
estimatif
USD
2027-2029
150,000
2027-2029
250,000
AOÛT 2025
6.1 Stratégie de financement et feuille de route d’accès aux
financements climatiques
La réussite de la mise en œuvre des activités prévues dans le Plan National d’Adaptation de la
Santé (PNAS) dépend fortement de la capacité du pays à mobiliser des financements diversifiés,
durables et bien structurés. Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires nationales,
les efforts internes doivent impérativement être complétés par des contributions externes
substantielles, issues des mécanismes multilatéraux et des partenariats internationaux.
Pour les pays les moins avancés comme Haïti, l’accès prioritaire à certains fonds climatiques
mondiaux constitue une opportunité stratégique, à condition de présenter des propositions
solides et alignées sur les priorités sanitaires et climatiques nationales.
Les Plans Nationaux d’Adaptation (PNA), et les plans sectoriels comme le PNAS, jouent
un rôle essentiel en tant qu’outils stratégiques de programmation et de mobilisation. Ils
identifient les priorités d’adaptation à court, moyen et long terme, facilitent la planification
multisectorielle et créent un cadre propice à l’action. Leur existence permet également
d’améliorer la gouvernance, de renforcer les capacités institutionnelles, et d’accroître l’accès
aux instruments de financement climatique.
6.1.1 Synthèse de l’estimation des besoins financier
Le coût global de la mise en œuvre du PNAS pour la période 2025–2029 est estimé à 3,2
millions USD. Ce budget couvre huit axes stratégiques, allant de la gouvernance à la résilience
des infrastructures, en passant par la surveillance, la recherche, la communication et la
mobilisation de financements. La ventilation indicative est la suivante .
Composante stratégique
Coût estimé (USD)
Gouvernance et cadre politique
200,000
Renforcement des capacités des acteurs
400,000
Communication, éducation et information
300,000
Surveillance et système d’alerte précoce
450,000
Infrastructures et technologies résilientes
650,000
Préparation aux urgences sanitaires liées au climat
450,000
Recherche et formation climat-santé
350,000
Mobilisation de financements climatiques
400,000
TOTAL
3,200,000
Page | 72
AOÛT 2025
Selon les capacités budgétaires actuelles du MSPP et les tendances des dépenses du secteur,
70 à 80 % de ce montant devront provenir de sources de financement externes, notamment les
fonds climatiques internationaux, la coopération bilatérale, et les contributions multilatérales.
6.1.2 Feuille de route pour l’accès aux financements climatiques
Étape 1 : Consolidation nationale
• Élaboration d’une note de cadrage santé–climat, intégrée dans le projet de loi de finances,
avec une ligne budgétaire spécifique au PNAS.
• Intégration du PNAS dans les documents nationaux de planification (CDN, PNA, PNS).
• Création d’une unité de mobilisation de financements climatiques santé au sein du MSPP,
en collaboration avec le MDE, pour piloter les projets.
Étape 2 : Préparation de projets et premières soumissions
Une fois les fondations nationales établies, des projets prioritaires devront être élaborés et
soumis à des guichets de financement internationaux, notamment :
• Le GCF Readiness Programme pour le renforcement des capacités institutionnelles
(~500 000 USD).
• Le Fonds d’Adaptation (FA) pour des projets communautaires d’infrastructure résiliente
(~1 à 2 millions USD).
• Le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM-8) dans le cadre de l’initiative One Health.
Il est recommandé d’identifier des entités partenaires accréditées (telles que l’OPS, le PNUD
ou le CIAT) pour faciliter la soumission de projets et garantir l’éligibilité aux fonds climatiques
multilatéraux.
Page | 73
AOÛT 2025
Étape 3 : Mobilisation de financements innovants
Afin de diversifier les sources de financement, cette étape prévoit l’exploration de mécanismes
financiers innovants, parmi lesquels :
• Le financement basé sur les résultats (RBF) pour les projets à fort impact mesurable.
• Les contributions volontaires locales, incluant les communes, les communautés de la
diaspora et le secteur privé.
• Les partenariats public-privé (PPP) dans les domaines de l’eau, des énergies
renouvelables et des « hôpitaux verts ».
• La mise en place de taxes incitatives sur les produits polluants ou à fort impact climatique
(ex. plastiques à usage unique, carburants fossiles).
Étape 4 : Mise à l’échelle et alignement régional
•
Alignement du PNAS avec les initiatives régionales caribéennes (CARICOM, PAHO,
CARIFORUM).
• Participation aux fenêtres régionales du GCF et du FEM à travers des projets conjoints
(santé, résilience, sécurité alimentaire).
• Capitalisation des résultats pour révision et refinancement de la phase 2 du PNAS
après 2029.
6.1.3 Mécanismes de financement climatique pertinents
Mécanisme
Objectif / spécificité
Fonds d’adaptation (FA)
Financement de projets concrets
Fonds vert pour le climat (FVC/GCF)
d’adaptation
Fonds pour les pays les moins avancés
Appui massif à l’adaptation et à l’atténuation
Fonds spécial pour les changements climatiques (FSCC)
Soutien spécifique aux priorités des PMA comme Haïti
Fonds pour l’environnement mondial (FEM/GEF)
Projets multisectoriels post-COP7
AMCC+ (UE)
Approche One Health, résilience multisectorielle
Page | 74
AOÛT 2025
6.1.4 Mécanismes et sources de financement potentiels
Mécanisme / Institution
Montant accessible estimé
Conditions principales
Fonds vert pour le climat (GCF)
500,000 – 10 M USD
Projet structuré, entité accréditée,
cofinancement souhaité
Fonds d’adaptation (FA)
500,000 – 2 M USD
Accent sur les communautés
vulnérables
Variable
Composante santé intégrée dans un
programme multisectoriel
OPS/OMS
100,000 – 300,000 USD
Appui technique, projets pilotes
démonstratifs
Coopération bilatérale (Canada,
UE, etc.)
Variable
Alignement avec les stratégies
nationales
150,000 USD
Projets locaux, forte implication communautaire
Fonds pour l’environnement
mondial (GEF)
Small Grants Program
(PNUD, GEF SGP)
6.1.5 Renforcement institutionnel et ancrage budgétaire
L’établissement d’un flux de financement structuré à long terme est une condition essentielle
pour assurer la pérennité du PNAS. Cela suppose :
• L’intégration systématique des priorités climat-santé dans les stratégies et budgets
du MSPP.
•U
ne évaluation rigoureuse des coûts du plan pour justifier l’ajout de lignes
budgétairesspécifiques dans le budget national.
• Le renforcement des capacités internes du MSPP à élaborer, soumettre et gérer des
propositions de financement complexes.
Page | 75
AOÛT 2025
6.1.6 Gouvernance, coordination et transparence
La mobilisation des financements doit s’appuyer sur une stratégie de recherche appliquée
et d’innovation, pilotée en partenariat avec les universités et institutions scientifiques.
La production de données probantes sur la santé et le climat constitue un levier d’accès à
des guichets compétitifs. La collaboration académique doit être encouragée, tant pour
la génération de données probantes que pour l’accès à des financements compétitifs en
recherche appliquée (One Health, systèmes de santé résilients, maladies climato-sensibles).
Le MSPP doit encourager les soumissions conjointes avec ces institutions, notamment sur
des projets stratégiques liés à la santé communautaire, aux maladies émergentes ou à la
sécurité sanitaire environnementale.
La coordination des acteurs est une condition essentielle à l’efficacité du financement
climatique en santé. Le MSPP, à travers sa Direction de la Promotion de la Santé et de la
Protection de l’Environnement (DPSPE) et son Unité de Gestion de Projet (UGP), assurera le
pilotage du processus. Ces structures veilleront à la cohérence des soumissions, à l’alignement
avec les politiques nationales, et à la transparence dans l’allocation et le suivi des ressources.
Page | 76
AOÛT 2025
CHAPITRE 7: SUIVI, ÉVALUATION ET
COMMUNICATION
Un cadre de suivi et d’évaluation (S&E) efficace est un facteur important pour une mise en
œuvre réussie du plan d’action national de la santé. Le suivi et l’évaluation du plan d’action
national est un processus itératif dont les objectifs sont les suivants : i) suivre les progrès de
la mise en œuvre du plan d’action du PNAS au niveau des intrants et des extrants ; ii) évaluer
l’efficacité et l’adéquation des mesures d’adaptation par rapport aux objectifs stratégiques
et aux objectifs généraux du plan d’action, y compris les ressources allouées ; et iii) fournir
des informations aux bénéficiaires, aux agences de mise en œuvre et aux financiers sur l’état
d’avancement des actions du PNAS.
La mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation (S&E) efficace constitue un élément
clé pour assurer le succès de la mise en œuvre du Plan d’action national pour la santé. Ce
processus, de nature itérative, poursuit plusieurs objectifs fondamentaux :
• suivre les progrès de la mise en œuvre du PNAS, notamment au niveau des intrants, des
extrants et des résultats attendus ;
• évaluer l’efficacité et la pertinence des mesures d’adaptation, en les comparant aux
objectifs stratégiques et généraux du plan, tout en tenant compte des ressources
mobilisées
• fournir des informations régulières et fiables aux bénéficiaires, aux agences de mise en
œuvre ainsi qu’aux partenaires financiers sur l’état d’avancement des actions du PNAS.
Le renforcement de la résilience du système de santé haïtien nécessite une mobilisation
intersectorielle, impliquant également les secteurs dont les activités peuvent avoir un
impact direct ou indirect sur la santé des communautés. Dans cette optique, le cadre de
suivi et d’évaluation (S&E) du Plan d’action national pour la santé repose sur les principes
de complémentarité, de collaboration et de redevabilité, structurés autour des éléments
suivants :
• Participation collective : toutes les directions, divisions et services du secteur de la
santé, tant au niveau national que départemental, sont appelés à jouer un rôle actif.
Cette participation inclusive garantit une coordination optimale des interventions et
assure leur cohérence pour maximiser les synergies et les résultats.
Page | 77
AOÛT 2025
• Transparence : des rapports d’avancement seront régulièrement produits, dont certains
seront rendus publics, afin de garantir la transparence du processus et de susciter
l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes
• Responsabilité : le plan de S&E définit clairement les institutions et départements
responsables du suivi de chaque indicateur. Le Ministère de la Santé Publique et de la
Population (MSPP) assurera la coordination globale, en mobilisant les contributions, le
suivi et l’évaluation du Plan d’action national pour la santé.
7.1 Cadre logique de suivi-évaluation du PNAS
Le dispositif de suivi et d’évaluation est basé sur le cadre logique suivant ou chaîne de
résultats qui définit le niveau des indicateurs permettant de mesurer de contrôler les progrès
et d’évaluer l’efficacité du plan d’action national pour l’adaptation du secteur de la santé. Le
suivi et l’évaluation des mesures d’adaptation et des objectifs stratégiques du PNAS seront
basés sur des indicateurs de performance quantifiables reflétant les résultats de la mise
en œuvre du PNAS en rapport avec ce qui était prévu au niveau des intrants, des extrants
et parfois des effets. Le cadre logique de suivi et évaluation est le dispositif qui présente les
ressources (intrants) nécessaires devant être utilisées et les activités à mener (processus), de
même que les résultats (effets/produits) attendus qui vont concourir à l’atteinte des objectifs
et buts (impact) du plan.
Figure 4: cadre logique de suivi et évaluation du PNAS (Source : adapté de OCDE, GIZ, TAMD, 2014)
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AOÛT 2025
Logique d’intervention :
Le Suivi et évaluation des actions d’adaptation (Gestion des risques climatiques, performance
d’adaptation, performance de développement) et des objectifs stratégiques du PNAS est basé
sur des indicateurs de processus et de résultats qui constituent des mesures quantifiables
reflétant les réalisations de la mise en œuvre du PNAS. Il concerne prioritairement et à court
terme « le S&E de l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les politiques,
plans, budgets et interventions (indicateurs de processus) du secteur de la santé et à long
terme les résultats (indicateurs de résultats) de l’adaptation dudit secteur. Les indicateurs
de résultats mesurent les performances obtenues par rapport à ce qui était prévu au niveau
d’entrée, de sortie, et par étape.
• Les indicateurs de processus (entrée et mesure) se réfèrent aux ressources nécessaires pour
faciliter l’exécution des actions proposées pour répondre aux domaines de préoccupation
aux niveaux national et local. Il peut s’agir de ressources humaines et financières, de
technologies et d’infrastructures nécessaires pour améliorer la capacité d’adaptation pour
renforcer les capacités des personnels de santé, etc. ;
• Les indicateurs de résultats (produits, effets, impacts) se réfèrent aux livrables d’une action
spécifique du plan d’action du PNAS, tels que la réalisation d’un nombre spécifique d’ateliers,
de formations, d’analyses, de rapports, etc. Les impacts se réfèrent au changement à long
terme induisant un impact transformationnel sur le plan sanitaire tandis que les effets se
réfèrent au changement à court et moyen terme.
Données et informations nécessaires :
Les données et informations requises pour le système de suivi et évaluation du PNAS sont
celles qui permettront de renseigner le cadre logique des indicateurs. Il s’agira : (i) des données
de référence (baseline) qui seront collectées au début de la mise en œuvre du système de
suivi et d’évaluation ; et (ii) des données périodiques (à des moments précis) au cours de la
mise en œuvre du PNAS. Les données à collecter par niveau (national, départemental et local)
et par secteur, ainsi que les moyens et méthodes de collecte seront précisés dans des fiches
d’indicateurs à élaborer. Il convient de souligner que pour l’opérationnalisation du système de
suivi et évaluation, une fiche d’indicateur sera élaborée pour chacun des indicateurs retenus.
Page | 79
AOÛT 2025
7.2 Partage d’informations du Suivi-Evaluation du PNAS
Les sources de données du suivi et de l’évaluation du PNAS peuvent être divisées en deux
grandes catégories : i) celles qui permettent d’obtenir des données à l’échelle nationale
; ii) celles qui permettent d’obtenir des données relatives aux activités administratives et
opérationnelles et concernant la santé. Le système de suivi et évaluation peut aussi utiliser
d’autres sources d’information, par exemple des recherches sur les systèmes de santé et
relatifs au climat (risques climatiques et vulnérabilité). Le partage d’information du suivi et de
l’évaluation au cours de la mise en œuvre du PNAS vise à fournir des informations à jour sur
la gestion des risques climatiques, les performances d’adaptation et de développement aux
pouvoirs publics à travers la coordination technique pour (i) permettre un bon pilotage des
actions programmées et (ii) obtenir, grâce à la transparence de l’information, l’adhésion de
tous ceux qui sont concernés par ces actions.
7.3 Suivi du PNAS
Sous la responsabilité de la coordination technique, les données seront collectées à l’aide
de fiches d’indicateurs élaborés à tous les niveaux du système de santé, principalement le
niveau opérationnel (communautaire, société civile, etc.), le niveau intermédiaire (structures
décentralisées) et le niveau central. La rétro-information doit être assurée d’une manière
systématique par le niveau qui reçoit le rapport d’activités. La collecte des données se fera
avec les outils élaborés et conformes à ceux du MSPP et mise à jour de façon semestrielle
(chaque 06 mois). A chaque niveau du système de santé, les données collectées seront
compilées, analysées, utilisées et diffusées.
7.4 Rapportage et revue du PNAS
Le rapport d’évaluation et de revue informera le processus d’examen des objectifs globaux
du plan d’action, des indicateurs de performance de l’évaluation du plan d’action et d’une
réflexion sur la réalisation effective des indicateurs des objectifs stratégiques du plan d’action
national harmonisé.
Les indicateurs relatifs aux intrants, aux extrants et produits seront mesurés régulièrement
(tous les 06 mois), au moment du contrôle du plan opérationnel annuel. Les indicateurs de
résultats doivent être rapportés tous les deux ans, voire tous les ans, si l’on s’attend à des
évolutions rapides et si des systèmes de mesure appropriés sont disponibles. Les indicateurs
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AOÛT 2025
d’effets
(outcomes) doivent être rapportés une ou deux fois tous les cinq ans, durée moyenne d’une
stratégie sanitaire nationale. Dans ce cas, l’intervalle est plus long car l’impact n’évolue pas
rapidement et sa mesure est plus complexe et souvent fondée sur un rappel des événements.
Les revues régulières permettront d’évaluer la performance à partir des résultats obtenus et
des indicateurs de résultat. Les revues à moyen terme et finales seront plus étendues pour
couvrir également les indicateurs d’effets et d’impact. Il faut noter que chaque composante
du plan d’actions sera considérée dans le rapportage annuel.
7.5 Evaluation du PNAS
L’évaluation du Plan National d’Adaptation du secteur de la Santé (PNAS) sera initiée par le
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), à travers la division chargée de
sa coordination technique. Elle permettra d’apprécier la performance et l’impact du PNAS
selon différents critères (pertinence, efficacité, efficience, impact), à adapter en fonction des
spécificités du plan et du moment de l’évaluation.SSSS
Deux moments clés structureront le processus d’évaluation :
• À mi-parcours du cycle de mise en œuvre (évaluation in itinere), afin d’examiner les
résultats initiaux, d’évaluer la gouvernance, et de réorienter la stratégie si nécessaire ;
• En fin de parcours (évaluation ex post), pour dresser un bilan stratégique global, analyser
les impacts produits, et préparer le cycle suivant dans une logique d’amélioration
continue.
Critères d’évaluation retenus :
• Pertinence : adéquation des objectifs, des résultats et des actions, y compris la prise en
compte des risques pendant et après la mise en œuvre ;
• Efficacité : mesure dans laquelle les objectifs, intrants, extrants et résultats ont été
atteints dans les délais fixés par le plan d’action ;
• Efficience : évaluation de la gestion du plan, fondée notamment sur l’analyse du budget
initial, les décaissements effectués, et les écarts entre prévisions et dépenses réelles ;
• Impact : analyse des effets à plus large échelle, incluant les changements directs et
indirects résultant de la mise en œuvre du PNAS à l’échelle nationale.
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L’évaluation interne et externe du PNAS sera réalisée.
• Évaluation interne : conduite par les parties prenantes nationales, sous la supervision de la
division responsable de la mise en œuvre du PNAS ;
• Évaluation externe : réalisée par des consultants indépendants, avec l’implication des acteurs
du secteur de la santé ayant activement participé au processus.
L’évaluation interne sera réalisée par les parties prenantes nationales sous la supervision
de la division en charge de la mise en œuvre tandis que celle externe sera réalisée par des
consultants avec l’implication des acteurs du secteur santé qui ont effectivement participé à la
mise en œuvre du PNAS. Elle sera alimentée par les résultats du suivi.
Les outils utilisés pour l’évaluation du PNAS seront entre autres :
• Le plan d’action de suivi-évaluation, précisant les objectifs, résultats attendus, indicateurs,
valeurs de référence (baseline) et cibles, ainsi que les études à conduire ou à consulter, la
fréquence des revues, les échéanciers et engagements nationaux ou internationaux ;
• Les rapports et compte-rendus issus des réunions et revues, présentés selon un canevas
standard défini par les responsables du S&E du PNAS ;
• Les revues annuelles et à mi-parcours, permettant de faire le point sur les progrès, d’identifier
les contraintes et d’ajuster les stratégies en cours de mise en œuvre.
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7.6 Modalités de révision cyclique et de capitalisation
des apprentissages
Dans une perspective de gouvernance adaptative, le Plan National d’Adaptation de la Santé
(PNAS) d’Haïti prévoit la mise en place d’un dispositif systématique de révision cyclique et de
retour d’expérience. Ce mécanisme a pour objectif d’assurer l’actualisation régulière du plan,
de permettre l’ajustement des priorités en fonction des risques climatiques émergents, et de
garantir une amélioration continue des mesures d’adaptation dans le secteur de la santé. Ce
processus repose sur plusieurs principes directeurs. Il s’agit d’abord d’une approche cyclique,
avec une révision formelle du PNAS prévue tous les cinq ans, alignée sur les cycles de révision
du Plan National d’Adaptation (PNA), des Contributions Déterminées au niveau National (CDN),
et des budgets sectoriels nationaux. Des ajustements intermédiaires pourront être opérés
tous les deux à trois ans, sur la base des résultats du système de suivi-évaluation et des
retours du terrain.
L’approche se veut itérative et participative, mobilisant l’ensemble des acteurs concernés
: les directions techniques du MSPP, le Ministère de l’Environnement (MDE), les partenaires
techniques et financiers, les collectivités territoriales, les institutions académiques ainsi que
les représentants des communautés. Une traçabilité rigoureuse sera assurée à travers la
publication de rapports de révision, de comptes rendus de consultations et de synthèses
d’apprentissages utiles à la prise de décision. Sur le plan opérationnel, un calendrier progressif
de révision est proposé. La mise à jour du diagnostic climat-santé interviendra tous les trois
ans sous la responsabilité conjointe de la Direction d’Épidémiologie, de Météo Haïti et du CIAT.
La revue du cadre de suivi-évaluation sera assurée tous les deux ans par la Direction de la
Planification et de l’Évaluation du MSPP. Tous les cinq ans, une consultation nationale multiacteurs sera organisée pour recueillir les orientations stratégiques à intégrer dans la version
révisée du plan, qui sera ensuite validée par un comité national santé-climat à établir.
Ce dispositif sera appuyé par un ensemble de mécanismes de capitalisation pour structurer le
retour d’expérience. Une revue annuelle de la mise en œuvre réunira le MSPP et les Directions
départementales de santé autour des données de performance, des freins identifiés et
des pratiques prometteuses. Des rapports annuels de capitalisation seront produits pour
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documenter les études de cas, les innovations locales, les témoignages communautaires et
les enjeux d’équité, avec une diffusion systématique auprès des parties prenantes nationales
et internationales (bailleurs, OPS/OMS, société civile). Ce système sera enrichi par des
activités d’apprentissage entre pairs, notamment via l’organisation d’ateliers Sud-Sud avec
d’autres pays caribéens (ex. République Dominicaine, Cuba), ainsi que par l’intégration de ces
apprentissages dans la formation continue du personnel de santé.
Enfin, le mécanisme de révision du PNAS sera pleinement articulé aux cadres nationaux et
internationaux existants. Il sera synchronisé avec les cycles de révision du PNA, des CDN et du
Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH), et les données issues du suivi- évaluation
alimenteront les rapports biennaux de transparence (BTR) requis par la Convention- cadre
des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le PNAS fera également l’objet
d’un référencement actif sur les plateformes internationales telles que le NDC Partnership et
la plateforme santé-climat de l’OMS-CCNUCC. Ce dispositif intégré permettra ainsi à Haïti de
disposer d’un plan dynamique, ancré dans l’évidence, et capable de s’adapter de manière
continue aux défis posés par la crise climatique sur la santé publique.
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CHAPITRE 8: CONCLUSIONS ET
RECOMMANDATIONS
8.1 Conclusions
Les changements climatiques et les inégalités en matière de santé ont été décrits comme
deux des plus grands défis au développement humain au 21e siècle. Par conséquent, de
nombreux haïtiens vont être vulnérables aux risques sanitaires du changement climatique si
des mesures d’adaptation ne sont pas mises en œuvre. Ces communautés vulnérables ont
moins de ressources pour répondre au changement climatique et aux menaces sanitaires,
telles que l’augmentation des catastrophes naturelles, l’insécurité alimentaire et hydrique
et l’évolution de la répartition des maladies. La nécessité d’un plan national d’adaptation du
secteur de la santé en Haïti est évidente et, à cet égard, il est particulièrement important de
répondre à l’initiative changement climatique et santé de l’OMS. L’adoption d’une approche de
santé publique pour l’adaptation au changement climatique a fait l’objet d’un appel pressant.
Les systèmes de santé sont responsables de la gestion des risques sanitaires liés à l’évolution
du climat, car la plupart des résultats sanitaires probables sont des problèmes connus qui, dans
la plupart des cas, reposent sur des données probantes concernant des stratégies efficaces
de réduction des risques. Toutefois, une adaptation réussie nécessitera l’élaboration, la mise
en œuvre, l’évaluation et la modification des interventions afin d’accroître leur efficacité face
aux changements climatiques et sociétaux en cours, ainsi que la transposition rapide à plus
grande échelle des mesures d’adaptation efficaces.
Le Plan National d’Adaptation pour la Santé (PNAS) constitue une réponse stratégique
essentielle pour renforcer les systèmes de santé, protéger les populations et promouvoir la
santé dans un contexte de changement climatique croissant. Il vise à augmenter la résilience
des services de santé à court, moyen et long terme, en s’appuyant sur quatre éléments
fondamentaux
1. Un personnel de santé formé et équipé :
Le PNAS prévoit de renforcer les capacités des professionnels de santé à travers des
formations ciblées et la mise à disposition d’outils adaptés. L’objectif est de leur permettre
de mieux comprendre les liens entre santé et climat, et d’agir efficacement face aux risques
sanitaires émergents.
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2. Des systèmes d’information sanitaire robustes :
Le développement de systèmes de collecte, d’analyse et de diffusion des données permet
une meilleure anticipation, gestion et réponse aux risques sanitaires liés aux événements
climatiques extrêmes. Ces systèmes facilitent la prise de décision fondée sur des données
probantes.
3. Une prestation de services de santé efficace et équitable :
Le renforcement de l’accessibilité, de la qualité et de la continuité des soins, même en période
de crise climatique,constitue un pilier central du PNAS. Cela inclut les soins primaires, la
prévention, ainsi que la préparation et la réponse aux urgences.
4. Un financement durable et multisectoriel :
Le PNAS reconnaît l’importance d’un financement adéquat pour le secteur de la santé,
mais aussi de la mobilisation de ressources dans d’autres secteurs (logement, assurances,
infrastructures). Ce financement intégré est crucial pour limiter les effets indirects du
changement climatique sur la santé (par exemple, les pertes économiques catastrophiques
subies par les ménages).
8.2 Recommandations
Au regard de l’alignement des politiques de santé avec le plan national d’adaptation (PNA) et
de l’existence de nombreux mécanismes financiers pour la résilience climatique, il importe de
formuler un certain nombre de recommandations essentielles :
• renforcer les capacités institutionnelles des acteurs du secteur de la santé à intégrer
la dimension adaptation au changement climatique dans les politiques en matière de
réponses aux urgences sanitaires face au risque accru de propagation des maladies
climato-sensibles;
• accroître les investissements dans la recherche sur le climat et la santé afin de générer
de nouvelles évidences scientifiques probantes et de combler les lacunes en matière
de données et de compréhension des impacts sanitaires du changement climatique ;
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•
promouvoir la collaboration intersectorielle entre les ministères de la santé, de
l´environnement, de l´agriculture et d´autres secteurs pertinents pour développer des
politiques et des plans d´actions intégrées de résilience sanitaire ;
• mettre en place une stratégie de mobilisation de financements conséquents avec
l’appui d’autres départements ministériels et des partenaires au développement pour
mettre en œuvre des projets de résilience climatique des communautés locales et du
système de santé ;
• mettre en place un comité de pilotage technique sous le leadership du MSPP et d’une
bonne stratégie de communication avec les acteurs sectoriels à impliquer dans la mise
en œuvre du PNAS.
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