Déplacement, préjudices liés au genre et normalisation de la crise à Port-au-Prince, en Haïti

Déplacement, préjudices liés au genre et normalisation de la crise à Port-au-Prince, en Haïti

Mercy Corps • 2026 • 13 pages
Résumé: Une étude de l'équipe d'analyse de crise de Mercy Corps sur les conditions de protection dans cinq sites de déplacés à Port-au-Prince, fondée sur 114 enquêtes structurées auprès de femmes déplacées et 20 entretiens avec des informateurs clés. Elle constate que les sites fonctionnent comme des environnements à risque plutôt que comme des espaces protecteurs : 95,6 pour cent des répondantes ne se sentent pas en sécurité, 30,7 pour cent des femmes déclarent des violences physiques ou sexuelles dans le site, 99,1 pour cent n'ont aucun revenu et la privation alimentaire est quasi universelle.
Constats Clés
Description Complète

Alors que le déplacement interne en Haïti atteignait un record de 1,4 million de personnes en 2025 et que le nombre d'enfants déplacés doublait presque pour atteindre 680 000, ce rapport de l'équipe d'analyse de crise de Mercy Corps (CAT HT) examine les conditions dans cinq sites de déplacés de Port-au-Prince (Club International, République Équateur, OPC, DDO, Kay Felix ; population combinée de 9 145 personnes, environ 5,6 pour cent des 163 811 déplacés de la capitale). La méthodologie mixte combine 114 enquêtes structurées auprès de femmes déplacées et 20 entretiens avec des informateurs clés.

Les résultats montrent des sites qui produisent activement des risques de protection : 95,6 pour cent des répondantes jugent leur site non sécurisé ; 30,7 pour cent des femmes déclarent des violences physiques ou sexuelles dans le site et 19 répondantes signalent une agression sexuelle ou un viol par des gangs ; deux tiers (66,7 pour cent) signalent l'absence totale de mécanisme de signalement. L'effondrement des moyens de subsistance est quasi total (88,6 pour cent avaient un revenu avant le déplacement, 99,1 pour cent n'en ont plus) tandis que la part des femmes cheffes de ménage est passée de 45,6 à 93 pour cent.

La privation alimentaire est quasi universelle (96,5 pour cent des femmes et 87,5 pour cent des enfants mangent moins de deux repas par jour), seulement 45,6 pour cent ont accès à des toilettes fonctionnelles, 63,2 pour cent ne peuvent obtenir de produits d'hygiène menstruelle et seuls 34,2 pour cent des enfants sont scolarisés. Le rapport soutient que la violence basée sur le genre découle de l'économie de survie et de la défaillance de la gouvernance des sites, que l'aide monétaire et alimentaire doit être traitée comme une intervention de protection, et que l'attention des bailleurs ne doit pas se détourner de Port-au-Prince à mesure que la violence s'étend aux autres départements.

Secteurs
Géographie
Période Couverte
2025 à 2026

Comment citer

Mercy Corps, 2026, Déplacement, préjudices liés au genre et normalisation de la crise à Port-au-Prince, en Haïti, https://www.mercycorps.org/research-resources/displacement-gendered-harm-and-crisis-in-haiti