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Vers la Refondation du Système
Éducatif Haïtien
Plan Opérationnel 2010-2015
Des Recommandations du Groupe de Travail
sur l'Éducation et la Formation
Port-au-Prince, Haïti
Avril 2012
Publié
par
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE ET DE LA FORMATION
PROFESSIONNELLE Port-au-Prince, Haïti
Dépôt Légal :11-05177
ISBN : 978-99935-7974-8
Bibliothèque
Nationale, Mai 2011
Mise en page : Edwige
C. Dérose
Impression :
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Cette publication peut être citée et reproduite
à des fins non commerciales
moyennant
indication de la source.
Nous partageons un rêve : celui de voir Haïti
devenir, pays émergeant d’ici 2030, société simple,
équitable, juste et solidaire, vivant en harmonie
avec son environnement, sa culture et une
modernité maîtrisée où l’état de droit, la liberté
d’association, d’expression et l’aménagement du
territoire sont établis;; dotée d’une économie
moderne, forte, dynamique, compétitive, ouverte et
à large base territoriale, où l’ensemble des besoins
de base de la population sont satisfaits et gérés par
un État unitaire, fort, garant de l’intérêt général,
fortement déconcentré et décentralisé1
1
Extrait du discours du Premier Ministre Jean Max BELLERIVE, au lancement du PDNA au Karibe Convention
Center, Port-au-Prince, 18 février 2010 p.
4
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
L’éducation est un énorme pari sur l’avenir […]
c’est un pari que nous devons gagner. Ensemble,
nous le gagnerons!
[…] produire une citoyenne et un citoyen
respectueux des valeurs, disciplinés, travailleurs,
honnêtes et capables d’appliquer les normes d’une
société démocratique et d’apporter, par leur formation
intellectuelle et leur maîtrise des nouvelles
technologies, leur apport à la création d’une société
moderne, égalitaire, orientée vers le progrès et le
développement.
L’objectif fondamental du gouvernement sera
d’instaurer une école pour tous, d’ouvrir les portes de
l’école haïtienne à tous les enfants d’Haïti, favorisés
comme défavorisés, riches comme pauvres, de
permettre à tous d’accéder aux échelons les plus
élevés de la société haïtienne par le savoir,
instaurant ainsi l’égalité des chances2.
2
Extrait de la déclaration de politique générale du Premier Ministre Garry Conille, Port- au-Prince, octobre 2011
Table de Matières
AVANT-PROPOS ............................................................................................................................................. 11
SOMMAIRE EXECUTIF ................................................................................................................................ 15
EXECUTIVE SUMMARY .............................................................................................................................. 21
QUELQUES SIGLES ET ABRÉVIATIONS................................................................................................ 27
INTRODUCTION ............................................................................................................................................. 30
CHAPITRE 1 ..................................................................................................................................................... 32
PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE DE LA REFONDATION DU SYSTÈME ÉDUCATIF ................. 32
1.1.
Structure et organisation actuelle du système éducatif ............................................................ 32
1.2.
Analyse-diagnostic du système éducatif.................................................................................. 35
1.2.1. Au plan de l’offre ................................................................................................................ 35
1.2.2. Au plan de l’efficacité interne .............................................................................................. 37
1.2.3. Au plan de la qualité ............................................................................................................. 38
1.2.4. Au plan de l’efficacité externe .............................................................................................. 39
1.2.5. Au plan de la gouvernance ................................................................................................... 39
1.3.
Vision, valeurs et priorités pour la modernisation du Secteur ................................................. 41
1.3.1 Éducation et société haïtienne................................................................................................ 42
1.3.2. Regroupement des recommandations du GTEF ................................................................... 46
CHAPITRE 2..................................................................................................................................................... 47
AXES ET STRATEGIES D’INTERVENTION ........................................................................................... 47
Axe 1 : Gouvernance .......................................................................................................................... 47
Objectif 1 : Renforcer les structures centrales et déconcentrées du MENFP. ................................ 50
Objectif 2 : Renforcer les capacités de planification, de suivi et d’évaluation du MENFP. ............ 51
Objectif 3 : Renforcer les capacités du Ministère en matière de régulation, d’encadrement et de
contrôle des établissements scolaires du système. .......................................................................... 52
Objectif 4 : Améliorer la gouvernance et le pilotage du sous-secteur de la formation
professionnelle. ............................................................................................................................... 53
6
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Objectif 5 : Améliorer le cadre de gouvernance de l’enseignement supérieur ............................... 54
Axe 2: Curriculum et Programmes .................................................................................................. 55
Axe 3: Formation et perfectionnement ........................................................................................... 57
Objectif 1 : Assurer le développement professionnel des personnels du système.......................... 59
Objectif 2 : Améliorer la GRH et les conditions de travail des personnels du système ................. 60
Axe 4 : Petite enfance, obligation et gratuité scolaires ................................................................ 62
4a) Prise en charge de la Petite Enfance (0-3 ans) .......................................................................... 62
Objectif 1 : Assurer la protection et le développement intégral de la Petite Enfance..................... 62
Objectif 2 : Renforcer la gouvernance du sous secteur de la Petite Enfance .................................. 63
4b) Prise en charge des enfants de 4 et 5 ans au préscolaire .......................................................... 64
Objectif 1 : Augmenter l’accès des enfants de 4 et 5 ans à l’éducation préscolaire publique ........ 65
Objectif 2 : Améliorer la qualité de l’éducation préscolaire ........................................................... 66
4c) Obligation et gratuité scolaires au fondamental ....................................................................... 66
Objectif 1 : Assurer l’accès équitable et la participation de tous les enfants à l’éducation
fondamentale, et les doter d’habiletés et de compétences utiles pour la vie .................................. 69
Objectif 2 : Améliorer la qualité de l’éducation et l’efficacité interne du sous-secteur
fondamental .................................................................................................................................... 71
Objectif 3 : Renforcer la gouvernance du sous secteur fondamental.............................................. 73
Axe 5 : Enseignement secondaire ................................................................................................... 75
Objectif 1 : Moderniser l’enseignement secondaire ....................................................................... 76
Objectif 2 : Accroître l’accès équitable à un enseignement secondaire moderne .......................... 77
Objectif 3 : Améliorer la qualité de l’enseignement secondaire et l’efficacité interne du sous
secteur ............................................................................................................................................. 78
Objectif 4 : Renforcer la gouvernance du sous-secteur de l’enseignement secondaire. ................. 79
Axe 6: Formation professionnelle ................................................................................................... 80
Objectif 1 : Instituer un dispositif de gouvernance de la formation professionnelle et un cadre de
gestion intégrée visant le développement économique et social du pays en impliquant les acteurs
sociaux et économiques. ................................................................................................................. 82
Objectif 2: Augmenter rationnellement et équitablement l’offre de formation professionnelle. ... 83
Objectif 3 : Accroître le niveau financement du sous secteur de la formation technique et
professionnelle. ............................................................................................................................... 84
Axe 7 : Enseignement supérieur ...................................................................................................... 85
Objectif 1 : Réorganiser la gouvernance du sous-secteur de l’enseignement supérieur ................. 87
Objectif 2 : Réformer l’Université d’État d’Haïti (UEH) ............................................................... 88
Objectif 3: Promouvoir le développement et la consolidation du réseau d’universités publiques en
région .............................................................................................................................................. 89
Objectif 4 : Soutenir le secteur non public et le développement technologique dans les universités
........................................................................................................................................................ 89
Objectif 5 : Établir un système d’incitations pour la recherche et l’innovation; ............................ 90
Objectif 6 : Renforcer l’intégration d’Haïti dans l’espace universitaire latino-américain et de la
Caraïbe ............................................................................................................................................ 91
Axe 8 : Éducation spéciale ............................................................................................................... 92
Objectif 1 : Garantir l’accès des enfants et jeunes handicapés à l’éducation ................................. 93
Objectif 2 : Améliorer la qualité de l’offre éducative et l’épanouissement des enfants et jeunes
handicapés ....................................................................................................................................... 93
Objectif 3 : Améliorer la gouvernance du système pour la prise en charge efficace des enfants et
jeunes handicapés ........................................................................................................................... 94
Axe 9 : Alphabétisation .................................................................................................................... 96
Objectif 1 : Éradiquer le phénomène de l’analphabétisme ............................................................. 96
Objectif 2 : Augmenter les possibilités d’intégration des néo-alphabétisés à la vie
socioéconomique ............................................................................................................................ 97
CHAPITRE 3 ..................................................................................................................................................100
MOYENS FINANCIERS NÉCESSAIRES ET STRATÉGIES DE FINANCEMENT .......................100
3.1
Le modèle de simulation financière : une vue générale......................................................... 100
3.2
Méthodes, hypothèses et conventions ................................................................................... 101
3.3
Besoins et ressources anticipés .............................................................................................. 102
3.3.1 Coûts financiers agrégés et besoins de financement........................................................... 102
8
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Plan Opérationnel 2010 – 2015
3.3.2 Du défi de financer l’éducation à partir des ressources nationales ..................................... 105
3.4
Détails des Coûts par axe d’intervention ............................................................................... 107
3.4.1 Éducation préscolaire ......................................................................................................... 107
3.4.2 Enseignement fondamental (1er et 2e cycles) .................................................................... 108
3.4.3 Formation initiale et continue des maîtres .......................................................................... 111
3.4.4 Introduction aux nouvelles technologies dans le cycle fondamental ................................. 112
3.4.5
Investissement dans le fondamental public I et II .......................................................... 113
3.4.6 Enseignement fondamental (Cycle 3)................................................................................. 114
3.4.7 Enseignement secondaire ................................................................................................... 116
3.4.8 Programme de Santé-Nutrition ........................................................................................... 118
3.4.9 Alphabétisation et post-alphabétisation .............................................................................. 119
3.4.10 Formation technique et professionnelle ............................................................................. 119
3.4.11 Renforcement institutionnel et gouvernance .................................................................... 120
3.4.12 Enseignement supérieur .................................................................................................... 120
3.5
Stratégies de financement du Plan ......................................................................................... 122
CHAPITRE 4...................................................................................................................................................126
MODALITÉS DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-ÉVALUATION DU PLAN.............................126
4.1. Stratégies et modalités de mise en œuvre .................................................................................. 126
4.1.1 Les organes d’exécution du Plan ........................................................................................ 126
4.1.2
Les groupes de travail : Missions et responsabilités (voir Annexe G) ........................... 128
4.1.3 Mécanismes de gestion, de communication et de concertation .......................................... 128
4.1.4 Mécanismes financiers et d’harmonisation des interventions des partenaires................... 129
4.2. Suivi et évaluation de la mise en œuvre du Plan ....................................................................... 130
4.2.1. Organisation du suivi .......................................................................................................... 130
4.2.2 Évaluation du plan .............................................................................................................. 131
4.2.3. Principaux indicateurs de suivi–évaluation ........................................................................ 131
4.3.
Risques et stratégies de mitigation ....................................................................................... 134
Annexes ............................................................................................................................................................137
Annexe A ......................................................................................................................................... 138
Plan d’une école fondamentale de 9 salles de classe avec les 2 espaces préscolaires .............. 138
Annexe B ......................................................................................................................................... 139
Détails sur la structure de Gouvernance du FAEPT ...................................................................... 139
Annexe C ......................................................................................................................................... 140
Mécanisme de financement du PO ................................................................................................ 140
Annexe D ........................................................................................................................................ 141
Les grandes recommandations du GTEF........................................................................................ 141
Annexe E ........................................................................................................................................... 145
Organigramme actuel du MENFP................................................................................................... 145
Annexe F ......................................................................................................................................... 146
Projet de Cadre de partenariat entre le MENFP et les PTF pour la mise en œuvre du Plan
Opérationnel .................................................................................................................................... 146
Annexe G ........................................................................................................................................ 153
Groupes de travail en appui a la mise en œuvre du Plan Operationnel 2010-2015 ........................ 153
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
AVANT-PROPOS
À la fin de 2007, le Président de la République a mis en place une Commission dénommée
Groupe de Travail sur l’Éducation et la Formation (GTEF) formée de membres provenant de différents
secteurs de la société haïtienne. Le mandat du GTEF consistait principalement à dégager les éléments
consensuels permettant de proposer un Pacte National sur l’Éducation et la Formation (PANEF)
destiné à orienter le système éducatif pour les 20 à 25 prochaines années. Suite au séisme dévastateur
et meurtrier du 12 janvier 2010 où le secteur de l’éducation a été terriblement affecté, le mandat de la
Commission a été élargi afin de prendre en compte les implications de cette catastrophe sur la
reconstruction du système éducatif.
Après la présentation en mai 2010 au Chef de l’État des premières conclusions du rapport du
GTEF et d’une offre technique et financière de la Banque Interaméricaine de Développement (BID)
afin de marquer son engagement dans la reconstruction du pays, incluant spécifiquement le secteur de
l’éducation, le Président de la République a demandé au Ministère de l’Education Nationale et de la
Formation Professionnelle (MENFP) de préparer le plan d’opérationnalisation des recommandations
du GTEF. Une Task Force tripartite (MENFP, GTEF et BID) a été constituée rapidement. Le présent
document est le résultat global de son travail.
Au nom du Gouvernement de la République d’Haïti et en mon personnel, en tant que Ministre de
l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), je tiens à féliciter la Task Force et
les cadres des Directions Techniques du Ministère dans la finalisation de cet important outil de cadre
d’intervention qu’est le Plan Opérationnel 2010-2015, à partir de l’intégration d’un ensemble de
nouvelles propositions traduisant les préoccupations, la vision et les objectifs du gouvernement actuel.
Je voudrais spécialement mentionner que le chantier sur la scolarisation universelle très fortement
appuyé par le Président de la République, Son Excellence Michel Joseph Martelly, traduit la ferme
volonté du Gouvernement d’instaurer une école pour tous. Ouvrir les portes de l’école haïtienne à
tous les enfants du pays ; défavorisés ou favorisés, pauvres ou riches et offrir à tous les opportunités
qui leur permettront d’accéder aux échelons les plus élevés de la société haïtienne constituent les
priorités fondamentales du Gouvernement.
L’éducation représente un défi, un pari que nous devons gagner. La grande question qui s’impose à
nous aujourd’hui, tenant compte de notre passé et de nos difficultés, est celle-ci : sommes-nous prêts à
relever ce défi ? La réponse n’est pas évidente tant le découragement continue de dominer certaines
de nos actions. Pourtant nous n’avons pas emprunté le chemin de l’Histoire pour aboutir à une
impasse. Pourtant nous n’avons pas consenti tant de sacrifices pour que la misère soit notre seule
récompense. Nous devons aujourd’hui prendre la résolution de consentir de nouveau sacrifices et
saisir notre destin en main dans le dessein de bâtir une nouvelle société dans laquelle l’éducation
représente la pierre angulaire. Ensemble, nous gagnerons ce défi. À cette fin, nous devrons tous œuvrer
de sorte que l’école haïtienne puisse retrouver son image de marque au sein de notre société et
répondre à sa vraie mission, celle de former des citoyens et des citoyennes éclairés et avertis au service
de leur pays.
Je réaffirme le choix de l’Éducation comme l’une des priorités du Gouvernement et sa confiance dans
la réussite des réformes du système éducatif afin de le rendre plus adapté aux réalités de la société
haïtienne et du monde moderne. Ce Plan Opérationnel revisité qui est soumis à votre appréciation
aborde en profondeur les questions de gouvernance, d’efficacité interne et externe pour les différents
sous-secteurs de l’Éducation en s’appuyant en partie sur les recommandations du Groupe de Travail
sur l’Éducation et la Formation (GTEF) et en accordant une large place à la participation de tous les
acteurs, en particulier les Conseils de Gestion d’École.
Mes remerciements s’adressent aussi à la coopération internationale pour l’accompagnement fourni au
Ministère dans l’élaboration de ce cadre d’intervention, pour les efforts déployés en vue de la
définition d’un cadre partenarial afin de faciliter une dynamique plus judicieuse de programmation et
de décaissements des flux d’aide.
Enfin, je voudrais rendre un hommage bien mérité à mon prédécesseur, Monsieur Joël Jean-Pierre, qui
avait pris l’initiative de mettre en place cette équipe de travail avec un mandat bien précis dans des
circonstances particulièrement difficiles après le séisme du 12 janvier 2010. Il a bien voulu laisser ce
document sous forme de « draft » afin de permettre au présent Gouvernement d’apporter les
modifications appropriées.
Je terminerai en ajoutant que le Ministère prend actuellement les dispositions en vue de mettre en
place des structures nécessaires à l’établissement d’un Pacte National sur l’Éducation et la Formation
(PANEF) destiné à orienter le système éducatif pour les 20 à 25 prochaines années.
Réginald PAUL
Ministre de l’Éducation Nationale
et de la Formation Professionnelle (MENFP)
12
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
REMERCIEMENTS
Le présent Plan Opérationnel est le produit des efforts consentis par l’ensemble des agents
impliqués dans le pilotage et le développement du système éducatif depuis plus de deux décennies.
Réalisé selon une démarche largement participative et consensuelle, il se fonde sur l’accumulation
d’expertise et de savoir-faire tant au sein du Ministère que du coté des partenaires nationaux. Il traite
des préoccupations de la nation haïtienne sur les questions de l’éducation et tient compte de ses
aspirations en mettant à contribution les travaux effectués dans le passé et l’expérience acquise à
travers les tentatives de réformes de l’ensemble de notre système éducatif. L’élaboration de ce
document, en vue de la refondation du système éducatif, confiée à la Task force que j’ai coordonnée,
est une première étape d’un long processus et n’aurait pas pu se réaliser sans les sacrifices et la
disponibilité des cadres tant de l’intérieur que de l’extérieur du pays qui ont travaillé sous forte
pression et dans des conditions difficiles.
Nous pensons notamment aux membres de la Task force : Sergot Jacob (membre du Cabinet
du Ministre), Rénol Telfort (Directeur de l’Enseignement Fondamental), Jackson Pléteau (Directeur
de l’Enseignement Secondaire), Bayard Lapommeray (Assistant Directeur à la DPCE), Narcisse
Fièvre (membre du Cabinet du Ministre), James Logiste (membre de la Cellule de Pilotage), Carole
Sassine (membre de la Cellule de Pilotage), Jacky Lumarque (Coordonnateur du GTEF), Georges G.
Merisier (membre du GTEF) et Vanneur Pierre (Coordonnateur Général Adjoint de la Task force)
sans l’énergie et le professionnalisme desquels le travail n’aurait pas été réalisé dans le temps imparti.
Nos remerciements les plus chaleureux sont adressés à Jean Moisset (Professeur à l’Université Laval
au Québec et membre du GTEF) pour sa contribution intellectuelle inestimable à l’élaboration du
document et ses suggestions tout au long du processus; à Paul Wallas (Consultant de la BID) qui a
fourni un appui technique inconditionnel à travers des échanges fort instructifs et en permanence avec
la Task force; à Jacques Plante (Professeur à l’Université Laval au Québec) qui a permis de mieux
aborder la question du curriculum et des savoirs enseignés et à Hélène Cron (Cadre de l’Unesco) pour
sa contribution à la préparation de ce plan.
Notre gratitude va bien évidemment aux partenaires techniques et financiers traditionnels du
secteur de l’éducation qui ont fait montre d’une compréhension manifeste et d’une détermination très
profonde pour accompagner le MENFP dans ce nouveau virage stratégique incontournable pour le
système. Merci en particulier à la BID qui a su mettre à la disposition de la Task force les moyens
financiers et logistiques pour accomplir le travail, à la Banque Mondiale, à l’UNICEF, à l’Union
Européenne et à l’USAID pour leur soutien à la fois technique et financier.
Vu le contexte et les conditions dans lesquels le travail a dû se dérouler, l’élaboration d’un
plan opérationnel d’une telle envergure aurait été impossible sans le soutien incommensurable et la
collaboration effective d’une équipe dévouée voulant arriver à un résultat significatif au regard de
l’ampleur des sacrifices de la population pour scolariser sa progéniture en vue d’un meilleur devenir.
Nous pensons particulièrement aux membres des groupes thématiques : Margareth Sanz du BUGEP,
Galia N’gamy de l’Unicef, Norbert Stimphil du GTEF, Christine Ariste de la Coopération Chilienne,
Dominique Hudicourt de la FOKAL, Anouk Ewald de la BID, Marie Jessie Muscadin de la
Secrétairerie d’État à l’Intégration des personnes handicapées, Fritz Georges de la CASAS, Jeannie
Zaugg (consultante nationale), Maxime Mésilas de la DES, Pierre Marcel Gabeau et Jacques Frerrot
Dumesle de l’INFP, Florence Pierre-Louis, Nadine Henry et Guy Bernard de la DESRS, Délima
Pierre, Wilson Saint Fort et Enock Pierre du projet EPT, Cénatus Pierre de DCQ, Hérold Joseph de
la DSNE, Nandy Denis, Jacksonn Joseph et Ralph Pompée de la DPCE, Henri Robert Octavius de la
DGS, Axelle Latortue de la Banque Mondiale, Serge Theunynck (Expert de la Banque Mondiale en
architecture scolaire) et Patrick Paultre (Professeur de génie parasismique à l’Université de
Sherbrooke) dont le travail a alimenté la rédaction du Plan. Nous leur devons une profonde
reconnaissance. À cette liste s’ajoutent les cadres techniques des structures du MENFP (DG,
DGA/DDE, DFP, CFCE, CFEF, BUNEXE, DAEPP, DEF, DCQ, DAA, DRH, DCPE, INFP, SEA) qui
ont produit des commentaires et des échanges judicieux et pertinents contribuant largement à la
finalisation de cette première étape du travail.
Nos remerciements ne seraient pas complets sans une mention des contributions considérables
d’Ahn Ionone B. Fénelon (Assistante administrative à la Cellule de Pilotage) et Levelt Losier
(chauffeur à la Task Force) qui ont travaillé en permanence au delà des heures réglementaires sans
jamais marchander leur temps.
Enfin, nous remercions très vivement tous ceux et toutes celles dont les noms ne sont pas
mentionnés ici mais qui ont contribué de loin ou de près à la réalisation de ce plan opérationnel. Leur
soutien et leur engagement sont indispensables pour réussir les autres étapes et refonder de façon
effective le système éducatif pour le bénéfice de l’ensemble de la nation haïtienne qui a fait montre
d’un comportement exemplaire et d’une capacité de résilience inimaginable face à l’ampleur
dramatique du séisme du 12 janvier 2010.
Ministère de l’Education Nationale
Et de la Formation Professionnelle
MENFP
14
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
SOMMAIRE EXECUTIF
Ce plan opérationnel (PO) représente le produit final du travail réalisé par la « Task force »
tripartite (MENFP, GTEF et BID), mise en place en mai 2010 par le Ministre de l’Éducation
Nationale et de la Formation Professionnelle, en réponse à la requête du Chef de l’État en vue de
l’opérationnalisation des recommandations de la Commission Présidentielle. Composé de quatre
grands chapitres, le PO présente l’essentiel des aspects à couvrir pour réussir pleinement la
refondation du système qui a subi le contrecoup du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier
2010. Dans son premier chapitre, le plan met en exergue les traits marquants qui caractérisent le
système depuis plus de dix ans après le lancement du Plan National d’Éducation et de Formation en
1998 : les fondements de sa refondation et la nouvelle vision qui guide la refondation éducative. Ces
traits marquants portent pour tous les niveaux d’enseignement sur: (i) l’insuffisance et la répartition
inéquitable de l’offre scolaire à forte prédominance non publique ; (ii) la mauvaise qualité de l’offre
d’éducation et la faiblesse de l’efficacité interne se traduisant par des taux de réussite scolaire très
faibles et des taux de redoublement et d’abandon relativement élevés ; (iii) la faiblesse de la
gouvernance du système éducatif qui empêche le MENFP d’assurer efficacement ses fonctions
majeures de régulation, de planification et de pilotage. La destruction massive des infrastructures
scolaires et administratives (y compris le bâtiment central du ministère), les pertes matérielles et en
vies humaines causées par le tremblement de terre dévastateur ont amplifié la situation, avec le risque
d’une augmentation du nombre d’enfants d’âge scolaire en dehors du système (environ 500 000).
Pour faire face à ces divers problèmes diagnostiqués, la refondation du système, seul moyen
pour le développement de la nouvelle société haïtienne, se fonde sur la nouvelle vision exprimée dans
le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti : les grands chantiers pour l’avenir
adopté en mars 2010: « … une société apprenante dans laquelle l’accès universel à l’éducation de
base, la maîtrise des qualifications dérivant d’un système de formation professionnelle pertinent, et la
capacité d’innovation scientifique et technique nourrie par un système universitaire moderne et
efficace, façonnent le nouveau type de citoyen dont le pays a besoin pour sa refondation ». De cette
nouvelle vision, servant de trame de fonds au présent plan, se dégagent les orientations que devra
suivre le système pour enrayer ses maux et parvenir à sa modernisation. Ces orientations, inscrites
dans les recommandations du GTEF, permettront au pays de disposer d’un système éducatif et de
formation de qualité: (i) avec une école nationale accessible à tous les Haïtiens et Haïtiennes, quelque
soient leur sexe et leur lieu de résidence, et qui les formera selon un profil unique visé intégrant notre
culture et nos valeurs ; (ii) qui soit en adéquation avec les besoins de l’économie nationale ;; (iii)
appuyé sur un socle commun de connaissances, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir vivre
ensemble et dispensé par des enseignants et enseignantes compétents dans un environnement
sécuritaire et sécurisé (iv)dont la gouvernance est renforcée et améliorée à tous les niveaux, en
tablant de manière progressive sur l’apport des collectivités territoriales pour l’éducation de base,
incluant la petite enfance et le préscolaire.
En son chapitre 2, le plan traduit en actions concrètes les principales recommandations
du GTEF regroupées en neuf axes d’intervention dont chacun porte sur un aspect spécifique de la
refondation. Les neuf axes d’intervention concernent : (i) la gouvernance générale du secteur ; (ii) les
savoirs enseignés et les curricula ; (iii) la formation et le perfectionnement des diverses catégories de
personnel du secteur ; (iv) la prise en charge de la petite enfance, des 4-5 ans du préscolaire ainsi que
l’obligation et la gratuité scolaires aux trois cycles du fondamental ; (v) la mise en place de
l’enseignement secondaire général de 4 ans ; (vi) la consolidation et l’extension du réseau des centres
et des établissements de formation professionnelle et technique en renforçant la gouvernance du sous
secteur; (vii) la modernisation du sous-secteur de l’enseignement supérieur; (viii) la réhabilitation et
le renforcement de l’éducation spéciale et ;;(ix) l’éradication du phénomène de l'analphabétisme
touchant les 16 ans et plus.
Chaque axe d’intervention, par la stratégie qui lui est associée et les actions à mener, indique
les changements à introduire dans le système (ruptures nécessaires, mise en place de nouvelles
initiatives) et les initiatives innovantes en cours dont la consolidation est indispensable. En matière de
gouvernance du secteur, outre un renforcement durable des capacités des ressources humaines du
MENFP, l’amélioration sera recherchée à travers une meilleure organisation et un meilleur
fonctionnement des structures centrales et déconcentrées du MENFP, un renforcement de ses
capacités de planification, de suivi et d’évaluation et de ses capacités également en matière de
régulation, d’encadrement et de contrôle des établissements scolaires à l’échelle nationale. Aussi estil prévu de mettre en place de nouvelles structures devant accompagner le Ministère dans
l’accomplissement de sa mission. De nouveaux mécanismes de gouvernance et de pilotage du système
de formation professionnelle et du sous-secteur de l’enseignement supérieur sont aussi identifiés et
devront être mis en place au cours de la période quinquennale visée.
Le Curriculum est considéré comme étant le principal dispositif par lequel l’école haïtienne
pourra remplir efficacement sa mission en participant à la socialisation et la formation du citoyen
moderne que le processus de développement exige. À cet effet, à tous les niveaux du système, les
curricula seront revisités en fonction des socles communs de connaissances et compétences. Pour ce
faire, il est décidé de renforcer la Direction du Curriculum et de la Qualité (DCQ) dont la mission
première est de définir et développer les curricula et les programmes d’enseignement.
Depuis plusieurs années, l’insuffisance de ressources compétentes et motivées est un obstacle
majeur auquel est confronté le système ; alors que de telles ressources sont déterminantes pour la
réussite de la refondation du système. Pour y remédier, le Plan préconise un renforcement durable des
capacités en ressources humaines par la mise en place d’un dispositif de formation initiale et continue
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Plan Opérationnel 2010 – 2015
certifiée et valorisée à travers un plan de carrière. Dans ce dispositif, la formation initiale des
moniteurs du préscolaire et des enseignants du fondamental sera assurée par les Facultés des Sciences
de l’Éducation (FSE) des universités accréditées. Les Écoles Normales d’Instituteurs (ENI) et les
Centres de Formation des Enseignants du Fondamental (CFEF) qui assurent actuellement cette
formation seront transformés et affiliés à ces universités tout en constituant des centres de
ressources pour les élèves-maîtres. Parallèlement, la formation continue du personnel pédagogique et
administratif des écoles fondamentales sera assurée à travers les EFACAP qui seront renforcées.
Quant aux enseignants du secondaire, ils recevront une formation disciplinaire dans les Institutions
d’Enseignement Supérieur spécialisées avant que leur soit fourni la formation pédagogique. En ce qui
concerne les cadres du MENFP, tout en les orientant vers la formation universitaire pour les
compétences techniques, leur formation sur les principes du métier sera prise en charge par le CFCE
(dont la transformation est prévue) qui assurera également une partie de la formation du personnel de
soutien. Comme mentionné précédemment, à tous les niveaux du système, l’accès à une éducation de
qualité constitue un défi de taille auquel l’État doit faire face dans le cadre de la refondation.
Il est envisagé, au cours de la période du Plan de mettre en application la politique de gratuité
et d’obligation scolaires dans les deux premiers cycles du fondamental de manière à accueillir à
l’école, d’ici 2015, tous les enfants d’âge scolaire. Outre les actions liées au renforcement de la
gouvernance du sous-secteur (mise en place de Commissions Municipales d’Éducation, de Conseils
d’écoles, etc.) et à l’amélioration de la qualité (distribution de manuels et de kits scolaires,
supervision et encadrement pédagogiques, santé-nutrition, etc.), l’accent sera aussi mis sur
l’augmentation substantielle de l’offre publique par la création de nouvelles places assises et l’octroi
de subventions à des enfants issus des familles les plus défavorisées inscrits dans le non public.
Des actions particulières seront également entreprises pour la prise en charge des enfants d’âge
scolaire actuellement en dehors du système. Quoique déterminante pour l’atteinte des objectifs de la
scolarisation universelle, la gratuité sera introduite graduellement. De plus, des mesures spécifiques
sont envisagées, à tous les niveaux de l’environnement scolaire, pour adapter et garantir l’offre des
services éducatifs à tous les enfants et jeunes vivant avec un handicap de quelque nature que ce soit.
Parallèlement aux actions pour la scolarisation universelle, sera assuré le développement
du 3ème cycle fondamental qui conduira à l’enseignement fondamental complet de neuf années dont
la gratuité et l’obligation sont recommandées à partir de 2020 par le GTEF.
Comme pour la petite enfance dont la protection est envisagée dans le plan, le développement
du préscolaire y est aussi prévu par une prise en charge des enfants âgés de 4-5 ans. La stratégie pour
y parvenir consiste à rattacher à chaque école fondamentale publique deux salles préscolaires
destinées à l’accueil des enfants - en vue d’absorber la croissance de la demande - et à renforcer les
structures chargées de la gestion du sous-secteur.
Une autre préoccupation exprimée dans le PO concerne la mise en place du secondaire de 4
ans. Pour y parvenir, l’accent est mis sur la normalisation du secondaire qui instituera un cycle de
formation d’orientation générale de 4 ans et qui sera détaché, notamment du point de vue de la
gestion, du 3ème cycle fondamental. Les deux premières années du secondaire seront consacrées à un
tronc commun et les deux autres à une spécialisation dans l’une des 4 séries définies (Mathématiques
et Physique ; Lettres-Langues et Arts ; Sciences économiques et sociales, Sciences de la vie et de la
terre). La stratégie pour accroître l’offre de cette formation et augmenter la qualité vise la
construction de nouveaux lycées, l’expansion de la double vacation, l’implantation des laboratoires
scolaires, la refonte et l’adaptation des programmes d’enseignement au socle commun de
compétences et de connaissances et la mise en réseaux des écoles. Les écoles secondaires existantes
évolueront vers des établissements secondaires de 4 ans tout en prenant en charge la poursuite de la
scolarisation des élèves des trois dernières cohortes du secondaire traditionnel.
Le séisme du 12 janvier a accentué les déficiences du pays en matière de main-d’œuvre
qualifiée tant en termes de diplômés de la formation technique et professionnelle que de
l’enseignement supérieur. Dans le cadre de la refondation du système, la modernisation de ces deux
sous-secteurs s’impose comme une nécessité urgente et un facteur incontournable au développement
du pays. Pour le sous-secteur de la formation technique et professionnelle, les dispositions indiquées
par le PO portent, entre autres, sur : (i) la reconstruction des centres détruits; (ii) l’expansion de
l’offre en adéquation avec les besoins des régions ; (iii) la réingénierie des pro- grammes ou leur
adaptation aux réalités socio-économiques du pays ; (iv) la mise en place d’un système de valorisation
des métiers ; (v) le renforcement de la gouvernance par, entre autres, la mise en place d’un dispositif
de gestion intégré impliquant le secteur des affaires. Quant à l’enseignement supérieur, les initiatives
pour sa restructuration lui permettront d’être en capacité de fournir à la société haïtienne les
compétences techniques et intellectuelles nécessaires à son développement et à sa pleine et entière
intégration dans le monde contemporain. Au nombre de ces initiatives figurent (i) la mise en place
d’une structure de gouvernance coiffée par un ministère dédié à l’enseignement supérieur, la
recherche et l’innovation;; (ii) la réforme de l’Université d’État d’Haïti;; (iii) l’expansion de l’offre par
le développement et la consolidation de réseaux publics d’universités autonomes en région; (iv) la
création d’un fonds national pour, entre autres, la reconstruction des universités publiques détruites
et;; (v) l’établissement d’un système d’incitations pour la recherche et l’innovation.
Durant la période quinquennale du PO, l’alphabétisation et l’éducation des adultes sont
considérées comme des piliers majeurs de la refondation du système. À cet effet, outre la mise en place
d’un système de gouvernance approprié, il est décidé d’éradiquer le phénomène de l’analphabétisme
en réalisant par la méthode cubaine (Yo Si Puedo) déjà en expérimentation une vaste campagne
d’alphabétisation qui devrait toucher les 2 500 000 d’analphabètes à l’horizon de 2015, sans toutefois
omettre les actions visant la création de nouvelles possibilités d’apprentissage continu en faveur des
adultes le désirant.
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Plan Opérationnel 2010 – 2015
Traités dans le chapitre 3 du PO, les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre du plan
sur les cinq prochaines années sont estimés globalement à 4, 3 milliards de dollars américains dont
67% en dépenses courantes. Ce coût global est ventilé de la manière suivante : 301 millions pour
l’éducation préscolaire;; 1 823 millions pour le fondamental 1 et 2;; 394 millions pour le fondamental
3 ; 287 millions pour le secondaire ; 204 millions pour la formation technique et professionnelle ; 43
millions pour la formation initiale et continue des agents éducatifs; 571 millions pour les services de
santé-nutrition; 86 millions pour les services d’alphabétisation et de post-alphabétisation ; 54 millions
pour le renforcement de la gouvernance générale du système et 560 millions pour le développement
et la modernisation du sous-secteur de l’enseignement supérieur. Selon le découpage temporel du
plan, les coûts annuels des interventions se chiffrent en moyenne à $US 865 millions.
L’outil technique utilisé pour réaliser ces estimations est un modèle de simulation financière
qui a été utilisé lors de la préparation de la Stratégie Nationale-Éducation Pour Tous (SNAEPT) en
2007. Il comporte trois blocs essentiels : (i) les ressources nationales, (ii) les dépenses courantes, et
(iii) les dépenses d’investissement anticipées. L’un des avantages du modèle - qui tient compte du
cadre des dépenses à moyen terme (CDMT) du gouvernement - est qu’il permet de confronter a
priori les disponibilités financières nationales avec les besoins à différents niveaux du système. Les
projections de certains indicateurs macro-économiques combinés à ceux liés aux arbitrages en faveur
du secteur éducatif permettent d’apprécier dans le temps les ressources domestiques dédiées au
secteur éducatif.
Dans le plan, le scénario de coûts présenté repose essentiellement sur l’hypothèse de relèvement prudent en matière de croissance économique et de pression fiscale du PDNA. Ainsi, les
ressources nationales, estimées à partir de l’effort fiscal anticipé par le Gouvernement et aussi ses
arbitrages en faveur du secteur de l’éducation, sont évaluées à US$ 952 millions (soit 22% des coûts
totaux du plan).
De plus, les crédits déjà programmés par les agences de coopération sur la période du plan sont
évalués à US$ 404 millions (environ 9% de son coût). Dans ces conditions, les besoins
additionnels de financement sont estimés à quelque $US 2,9 milliards (soit en moyenne US$ 594
millions l’an).
Les stratégies envisagées pour combler ce déficit de financement sont diverses. Certaines
permettront de faire des économies sur des dépenses tandis que d’autres visent à mobiliser des
ressources financières additionnelles. Au nombre de ces stratégies figurent : (i) une augmentation des
ressources publiques et la rationalisation judicieuse des ressources éducatives ;; (ii) l’élargissement du
fonds fiduciaire géré par l’Unité de projet EPT ;; (iii) la sollicitation de fonds additionnels auprès des
partenaires bi- et multilatéraux; (iv) la création d’un « fonds pour l’éducation » qui sera alimenté par
le secteur privé haïtien, la société civile et la diaspora haïtienne et (v) la sollicitation de fonds auprès
de fondations étrangères.
Pour assurer la réussite du plan, tout un dispositif de mise en œuvre est envisagé (chapitre 4)
afin de permettre à tous les acteurs du système de jouer pleinement et efficacement leur rôle dans le
processus. Des organes d’exécution, chacun avec un mandat spécifique, seront créés à trois niveaux
: stratégique, tactique (planification et coordination) et opérationnel (mise en œuvre). Au niveau
stratégique, il s’agira d’un Comité Stratégique National (CSN) qui, présidé par le Ministre et
regroupant de hauts fonctionnaires et cadres du MENFP, s’assurera du respect des grandes
orientations du plan. Pour le niveau tactique, un Comité Technique National (CTN) qui réunira entre
autres, les Directeurs techniques, assurera, sous la coprésidence du Directeur Général du Ministère de
l’éducation et du Directeur Général de l’INFP, la coordination technique de la mise en œuvre. Enfin,
les structures départementales seront les principaux organes opérationnels qui seront chargées de la
mise en œuvre du PO sur le terrain. Comme les directions techniques, ces structures départementales
(DDE) seront appuyées par des groupes de travail.
Tels que précisés dans le chapitre en question, des mécanismes de concertation avec les
partenaires et de suivi-évaluation sont aussi envisagés. Pour que le plan soit véritablement soutenu
par tous et considéré comme un engagement national, une politique de communication sera
développée et appliquée.
La mise en place d’une structure d’accompagnement, totalement indépendante et autonome, un
Institut National d’Études et de Recherches en Éducation (INERE), est aussi envisagée de manière à
guider, sur la base de ses études et recherches, les décisions stratégiques relatives à la mise en œuvre
du plan.
Enfin, sont identifiés et analysés dans le PO certains risques dont l’occurrence est susceptible
d’entraver la mise en œuvre. Parmi ces risques l’on retrouve notamment l’insuffisance des
financements, les faiblesses administratives ou institutionnelles, la résistance au changement, etc. À
chacun de ces risques, est associée une stratégie de mitigation permettant de le contrer ou d’en réduire
au maximum les effets.
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Plan Opérationnel 2010 – 2015
EXECUTIVE SUMMARY
In late 2007 the Presidential Commission on Education and Training (GTEF) was established
to draft a national strategy for addressing Haiti’s educational needs from pre-school through postsecondary to include literacy and vocational-technical training. As this strategy neared completion
(the National Pact for Education), the President of Haiti directed that an operational plan be developed
to help guide the strategy’s financing and implementation. As a consequence, in May 2010, the
Ministry of Education and Vocational Training (MENFP) established a tripartite task force with
representatives from the GTEF, MENFP and the Inter-American Development Bank (IDB) to prepare
an Operational Plan (OP) with a five year time span.
The Operational Plan is comprised of four main chapters that address key aspects of the reform,
expansion, and reconstruction of the national education system, much of which suffered tremendously
from the devastating January 12, 2010 earthquake. The first chapter addresses problems related to
organizing the educational sector outlines salient features characterizing the sector since the launching
of the National Plan for Education and Training (PNEF) in 1998, delineates issues associated with any
reconfiguration and reform of the sector, and presents a vision to guide the journey upon which the
country has now embarked.
The salient features outlined in Chapter 1 are in essence the problems facing the educational
sector at all levels. These include: (i) the inadequacy and inequitable distribution of schools; (ii) the
poor quality of educational services and weak internal efficiencies as evidenced by low levels of
academic achievement coupled with high grade repetition and dropout; and (iii) the poor sector
governance and resources (human, financial) that limit the ability of the MENFP to carry out
effectively its primary responsibilities of regulating, planning, and managing the education sector as a
whole. The massive destruction by the earthquake of schools and administrative facilities (including
the MENFP’s central building) as well as the loss of human life and materials caused by the earthquake
have amplified the challenges faced by any effort to improve the national education sector to include
having increased the number of school aged children without access to schools already estimated at
about 500,000.
Addressing such issues and reshaping the education sector to support the development of a new
Haitian society and economy is based on the vision expressed in the Plan d’Action pour Relèvement et
le Développement d’Haiti: Les Grands Chantiers pour l’Avenir adopted by the government in March
2010. It aspires to achieve “ … une société apprenante dans laquelle l’accès universel à l’éducation
de base, la maîtrise des qualifications dérivant d’un système de formation professionnelle pertinent, et
la capacité d’innovation scientifique et technique nourrie par un système universitaire moderne et
efficace, façonnent le nouveau type de citoyen dont le pays a besoin pour sa refondation3” This vision
will serve as a backdrop for the Operational Plan, and from it will emerge guidelines necessary to
overcome obstacles and achieve for modernization the hoped for the entire education sector. These
guidelines are reflected in the thirty-three recommendations of the National Pact for Education. If
followed successfully, they will allow the nation to have a quality educational and training system that
is: (i) affordable to all Haitians regardless of gender, place of residence, or socio-economic status; (ii)
consistent with the needs of the national economy; (iii) based on a common set of knowledge delivered
by competent teachers in safe, appropriate environments; and (iv) governed and strengthened at all
levels, with municipalities progressively playing a more active role in managing basic education
including early childhood and pre-school.
Chapter 2 describes the organization of the National Pact’s recommendations into nine axes
(areas) of intervention in which concrete actions will be undertaken. These nine axes are: (i) overall
governance of the sector; (ii) curriculum and programs; (iii) training and development of personnel,
especially teachers; (iv) support for early childhood (0-3 years), pre-school (4-5 years), and the
three cycles of fundamental school (grades 1 through 9); (v) implementation of four-year secondary
education; (vi) consolidation and extension of the vocational training center network (both public and
non-public); (vii) modernization and reconstruction of higher education; (viii) strengthening of special
education; and (ix) elimination of adult illiteracy and opportunities for adult to continue their
education. The strategy and actions associated with each axis reflect the expected change processes
and results as summarized below.
In order for the education sector to function efficiently and effectively, there must be a more
effective governance system at all levels. The present system is generally inappropriate or inadequate
to achieve the objectives of the National Pact. Therefore, in addition to building sufficient human
capacity in the MENFP, governance improvements will be sought through (i) better organization and
functioning of MENFP’s centralized and decentralized structures; (ii) strengthened planning,
monitoring, and evaluation capabilities of all parts of the education sector to include the regulation,
oversight, and control of schools at all levels (i.e., standards and accreditation); (iii) new governance
and management mechanisms for vocational training and higher education; and (iv) local education
commissions eventually responsible for early childhood through primary school.
An appropriate curriculum at each level of the educational system is the primary mechanism by which
Haitian schools can effectively fulfill their mission to educate socially responsible and eco- nomically
productive citizens who can contribute to the welfare of their families and nation. As a result, at all
3
A learning society that will shape the able and innovative new citizens the country needs for rebuilding through
universal access to basic education, to qualifications derived from a relevant vocational training system and to a modern
and efficient university network.
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
levels of the system, curricula will be revisited and adapted to the common set of knowledge and skills
that have been (or will be) identified as crucial to the national development process. To this end, the
Directorate of Curriculum and Quality (DCQ) of the MENFP will be strengthened. Critical elements
of curricula and program development will include: (i) the development of skills benchmarks, (ii)
competency in French, Creole, Spanish, and English; (iii) mastery of scientific knowledge and the tools
of information technology; and (iv) appreciation for the rules that reinforce a sense of civic
responsibility, a culture of peace, and a respect for the environment.
For years a lack of motivated and qualified personnel, especially teachers, has been a major obstacle
to the quality o f education in Haiti. With the ambitious objectives of the National Pact, this
challenge will be even greater if the reform and expansion of the system is to succeed. To address this
issue, the Operational Plan envisions a sustainable system of capacity building institutions and
programs that can provide the training and professional development required by the educational
system to meet its goals and to offer its personal fulfilling and productive careers. As such, the initial
training of preschool and fundamental teachers will be given by faculties of education from accredited
universities. Normal schools for teacher training (ENI) and the training center for the
fundamental schools (CFEF) will be strengthened and affiliated with public or no public
universities to achieve complementarities. Associated resource centers will be established for
student support. Fundamental school staff (pedagogic, administrative) will receive continuing
education through the Fundamental School and Pedagogical Support (EFACAP) network which will
be reinforced. At the secondary level, teachers will be provided with subject specific and pedagogical
training through specialized higher education institutions. Finally, the MENFP’s technical and
administrative staff will undergo university training to enhance their technical and managerial skills
while the Education Personnel Training Center (CFCE) is restructured.
At all levels, universal access to quality education is a problem paramount the State of the system.
Initially, priority will be on early childhood through primary school, especially through the second
cycle. Tuition and fees should be abolished in the first two cycles of fundamental school (Pre-school
through 6th grade) to accommodate all children of 6-12 years by 2015. By 2021, the goal will be to
extend free compulsory universal education through the third cycle of fundamental school. In addition
to improved governance and improvement in the quality of education, the focus for achieving these
goals will be to (i) provide adequate physical facilities to better accommodate the demand, and (ii)
provide/subsidize the cost of education even for children in non-public schools provided they partner
with the MENFP. Although the abolishment of school tuition and fees is critical for the achievement
of the universal access goal at whatever level, this will be introduced gradually for financial and
administrative reasons. Specific actions will also be undertaken to enroll out-of-school children and
over-aged children in accelerated programs. Finally, there will be three programs addressing at-risk
situations for children: early childhood development and pre-school, nutrition, and special education
for those with disabilities (physical, mental). The first of these will be achieved in part by providing all
public schools with classrooms and facilities able to accommodate those special situations and through
organizing, educating and reinforcing the structures and personnel responsible for this sub-sector.
Effective implementation of quality four-year secondary schools is addressed in some detail in the
Operational Plan. In order to achieve this objective, the OP focuses on the standardization of the fouryear training cycle aligned with Skills Benchmarks established for primary education, full separation
from the fundamental school (specifically the third cycle), and a single State-mandated exit
examination. A common program of courses will be offered all students in the first two years.
During the following two years, students will need to choose between four different tracks. The
strategy to increase access and quality at the secondary level includes (i) the building of new public
schools, (ii) the expansion of double shifts, (iii) the implementation of school laboratories, (iv) the
revision and adaptation of curricula to meet a defined common base of skills and knowledge, (v) the
networking of schools. Existing secondary schools will evolve to institutions of four years while
guaranteeing the continuing education of students presently enrolled in the traditional high school
system.
If not fully evident previously, the January 12th earthquake laid bare the deficiency in the
country of an appropriately skilled workforce in terms of graduates of both vocational training and
higher education. Restructuring the national education system entails the modernization of these two
subsectors as a primary necessity for the recovery and development of the country. With respect to the
technical and vocational education subsector, among other things, the Operational Plan includes: (i)
reconstruction of destroyed schools; (ii) broader access to address regional and local needs; (iii)
redesign of programs to more effectively adapt to and meet the country’s economic needs; (iv)
establishment of a system to recognize formally and rationally the value and quality of professional
vocations; and (v) governance reinforcement of this subsector in part through the establishment of
management mechanisms that integrate private sector participation.
Under the Operational Plan, higher education will be restructured, reinforced, and expanded so as to
provide the technical and intellectual skills and competencies required if Haiti is to fully develop as a
country, adapt and utilize the technologies and information of the contemporary world, and compete
effectively in a global economy. Specific initiatives include: (i) creation of a Ministry of Higher
Education, Research, and Innovation and a council of university rectors and presidents; (ii) reform and
modified authority of the State University of Haiti; (iii) extension of learning opportunities nationally
through the strengthening and expansion of a network of regional autonomous public universities; (iv)
establishment of new institutions of higher mathematics and inter-university advanced studies; (v)
establishment of a national fund for the construction/reconstruction of university facilities and the
modernization of the national information technology infrastructure; and (vi) establishment of a system
for incentives for research and innovation by higher education institutions.
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Over the five year duration of the Operational Plan, literacy and adult education will be considered
pillars in the restructuring of the nation’s educational system. To this end, in addition to the
establishment of a proper system of governance, it is proposed to address the phenomenon of illiteracy
through an extensive campaign using the Cuban method (Yo Si Puedo). The 2015 goal is to reach 2.5
million Haitians who are now functionally illiterate. In addition to the literacy campaign, specific
initiatives will be launched for the creation of new opportunities for lifelong learning for adults.
Schools, religious institutions, municipal governments, non profit organizations, and other publicly
oriented entities will be mobilized to achieve both these goals.
Chapter 3 of the Operational Plan details the estimated costs and financial conditions necessary for the
plan to be implemented successfully. The total cost is projected at US$ 4.3 billion over the five-year
planning period with approximately two-thirds for operating costs and one-third for capital. These
funds will be allocated as follows: US$ 301 million for early childhood and pre-school education;
US$ 1,823 million to the first two cycles of fundamental (primary) education; US$ 394 million for the
third cycle of fundamental education; US$ 283 million for secondary schools; US$ 204 million for
vocational and technical training; US$ 43 million for initial and continuing education of teachers; US$
571 for health and nutrition services in the schools; US$ 86 million for literacy and continuing adult
education; US$ 54 million for strengthening governance and administration of the education sector (
including accreditation); and US$ 560 million for the development, reconstruction, and modernization
of higher education.
These financial estimates were calculated using a simulation model previously used in the preparation
of the National Strategy for Education for All (SNAEPT) in 2007. The model comprises three basic
blocks: (i) national resources, (ii) operating expenditures, and (iii) capital expenditures. One
advantage of the model is that it allows comparison between national financial availabilities and
population needs over time with respect to 2015 national development objectives. Macro-economic
forecasting combined with budget targets related to the educational sector allow for assessing
domestic resources to be potentially dedicated to the education sector on a year-by-year basis. The
model also takes into account the government’s midterm expenditures framework. The scenario
utilized in the Operational Plan is essentially based on the assumption of cautious recovery in terms of
economic growth and the central government current review of the Post-Disaster Needs Assessment
(PDNA).
Using such an approach and assumptions, domestic resources over the five years of the plan are
projected at US$ 952 million (approximately 22% of Operational Plan needs). For the same period,
appropriations already programmed by international donors and cooperation agencies for an amount to
US$ 404 million (approximately 9% of the cost of the plan). Thus, the financing gap that must be
addressed is approximately US$ 2.9 billion or an average of US$ 594 million for each of the next five
years. Proposed strategies to fill this gap include: (i) increasing domestic resources dedicated to the
education sector; (ii) soliciting additional funding from bi-lateral and multi-lateral donors; (iii) creating
“Fonds pour l’Éducation” (Education Funds) to be provided by the Haitian private sector, civil society,
and Haitian Diaspora; (iv) soliciting donations from foreign foundations; and (v) enlarging the
fiduciary fund administered by the World Bank office in Haiti.
In order to ensure the plan is successfully implemented, a multi-faceted mechanism is proposed in
Chapter 4 that will enable all actors in the education system to fully and effectively play a role in the
process. Executive bodies with specific mandates will be created at three levels: strategic; planning
and monitoring; and operational. At the highest level, a Strategic National Committee (CSN) will be
established to ensure the implementation of the broad precepts of the plan. The CSN will be chaired
by the Secretary of Education and Vocational Training and include senior officials, managers, and
others as appropriate. At the planning and monitoring level, a Technical National Committee (CTN)
will be in charge of the technical planning, coordination and monitoring of the Operational Plan’s
implementation. The CTN will be under the shared chairmanship of the General Directors of the
MENFP and of the National Institute for Technical and Vocational Training (INFP) with MENFP’s
Technical Directors as members of this committee. Finally, the departmental and technical structures
and directorates, supported by working groups, will constitute the main operational entities
responsible for the field implementation of the plan.
In addition to the preceding, a number of other mechanisms have been proposed to increase the
likelihood that the Operational Plan can be successfully implemented. These include: (i) consultingation with external financial and technical partners; (ii) the design and use of monitoring and
evaluation mechanisms; and (iii) the establishment of a complementary but autonomous institution-the
National Institute of Studies and Research in Education (INERE)-to independently evaluate the
progress and effectiveness of the implementation and make strategic and operational recommendations
based on this evaluation. Furthermore, in order for the plan to be truly sup- ported by all stakeholders
and held as valuable and essential for the nation’s well-being, a communication strategy will be
devised and implemented. Finally, various risk factors have been identified and analyzed that may
impede or prevent the successful implementation of the operation plan. These risk factors include
lack of sufficient funding, administrative and institutional weaknesses, and reluctance to change. A
strategy to address and hopefully mitigate and minimize each of the risks identified has been outlined
in the plan.
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Plan Opérationnel 2010 – 2015
QUELQUES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
AECID
AFD
APC
ASEC
BDS
BID
BIZ
BM
BUGEP
CA
CASAS
CASEC
CEFOPAFO
P
CFCE
CFEF
CIRH
CME
CM
CNEF
CNM
CONESRI
COSPÉ
CSN
CTN
DAA
DAEPP
DCQ
DDE
DESRS
DEF
DFP
DGA
Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement
Agence Française de Développement
Approche Par Compétence
Assemblé des Sections Communales
Bureau de district scolaire
Banque Interaméricaine de Développement
Bureau d’Inspection de Zone
Banque Mondiale
Bureau de Gestion de l’Éducation Préscolaire
Conseil d’Administration
Commission d’Adaptation Scolaire et d’Appui Social
Conseil d'Administration des Sections Communales
Centre de Formation et de Perfectionnement des Agents.de la Fonction Publique
Centre de Formation des Cadres de l’Éducation
Centre de Formation des Enseignants du Fondamental
Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti
Commission Municipale d’Éducation
Centres Ménagers
Conseil National d’Éducation et de Formation
Commission Nationale Multisectorielle
Conseil de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Consortium des Organisations du Secteur Privé de l’Éducation
Comité Stratégique National
Comité Technique National
Direction des Affaires Administratives
Direction d’Appui à l’Enseignement Privé et au Partenariat
Direction du Curriculum et de la Qualité
Direction Départementale d’Éducation
Direction de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Direction de l’Enseignement Fondamental
Direction de la Formation et du perfectionnement
Direction Générale Adjointe
DIPE
DPE
DSNE
Développement Intégral de la Petite Enfance
Direction de la Petite Enfance
Direction Santé Nutrition Éducation
DT
EEP
EET
EFA
EFACAP
ENI
EPS
FAFEN
FONHEP
FSE
GTEF
GRH
IERALC
IHSI
IMOA
INFP
MARNDR
MAST
MCDF
MEF
MENFP
MESRI
MICT
MJSP
MO
MPCE
MSPP
MTPTC
OLPC
ONAPE
ONG
PAA
Directions Techniques
Établissements d’Éducation Professionnelle
Établissements d’Éducation Technique
Établissements de Formation Agricole
École Fondamentale d’Application et Centre d’Appui Pédagogique
École Normale d’Instituteurs
Éducation Physique et Sportive
Fonds d’Appui pour la Formation en Entreprise
Fondation Haïtienne de l’Enseignement Privé
Faculté des Sciences de l’Éducation
Groupe de Travail sur l’Éducation et la Formation
Gestion des Ressources Humaines
Institut Interuniversitaire d’Études Régionales Amérique Latine et Caraïbe
Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique
Initiative de Mise en Œuvre Accélérée
Institut National de la Formation Professionnelle
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
Ministère des Affaires Sociales et du Travail
Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme
Ministère de l’Économie et des Finances
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales.
Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique
Mise en Œuvre
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications
One Laptop Per Child
Office National du Partenariat en Éducation
Organisations Non Gouvernementales
Plan d’Action Annuel
28
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
PANEF
PDNA
PIB
Pacte National sur l’Éducation et la Formation
Programme d’Amélioration et de Renforcement de la Gouvernance du
secteur de l’Éducation en Haïti
Post Disaster Needs Assessment
Produit Intérieur Brut
PMO
PNEF
PNUD
PO
PRI
PTF
SAEPP
SAP
SEA
SNA / EPT
SIG
SFP
TBS
UE
UEH
UEP
UNESCO
UNICEF
UPSAC
USAID
Plan de Mise en Œuvre
Plan National de Formation et d’Éducation
Fonds des Nations Unies pour le Développement
Plan Opérationnel
Projet de Renforcement Institutionnel
Partenaires Techniques et Financiers
Service d'Appui à l'Éducation Non publique et au Partenariat
Service d'Appui Pédagogique
Secrétairerie d’État à l’Alphabétisation
Stratégie Nationale d’Action / Éducation Pour Tous
Système d’Information de Gestion
Système de Formation Professionnelle
Taux Brut de Scolarisation
Union Européenne
Université d’État d’Haïti
Unité d’Études et de Programmation
Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la Culture
Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
Université Publique du Sud Aux Cayes
United State Agency for International Development
PARGSEH
INTRODUCTION
A l’initiative du Président de la République en 2007, une Commission présidentielle, plus connue sous
le nom de Groupe de Travail sur l’Éducation et la Formation (GTEF), réunissant les représentants de
tous les secteurs de la vie nationale, a été mis en place avec pour mission de dégager les éléments
consensuels devant constituer un Pacte National pour l’Education et la Formation (PANEF) destiné à
orienter le développement du système éducatif pour les 20 à 25 prochaines années. Après le séisme
dévastateur et meurtrier du 12 janvier 2010 où le secteur de l’éducation a été particulièrement frappé,
le mandat de la Commission a été élargi afin de prendre en compte les implications de cette
catastrophe sur la reconstruction du système éducatif.
En mai 2010, les premières conclusions du travail ont été présentées par la Commission au Chef de
l’État qui, dans le même temps, a demandé au titulaire du Ministère de l’Éducation Nationale de
préparer, pour les cinq prochaines années, le plan opérationnel (PO) des recommandations du GTEF
pour la refondation du système éducatif. C’est ainsi que le Ministre de l’Éducation, avec la
participation de la BID, a constitué une Task force tripartite (MENFP, GTEF et BID), et le présent
document est le résultat global de son travail.
Le rapport de travail produit par le GTEF - et soumis à l’exécutif - a mis en lumière les principaux
problèmes auxquels se trouve confronté le système éducatif ainsi que les obstacles qui freinent son
développement. Pour y remédier, le GTEF a proposé la reconstruction d’un système éducatif fondé sur
les valeurs haïtiennes et sur un nouveau modèle de société. À cet effet, il a défini la vision et les
grandes orientations stratégiques sous-tendant ce nouveau système d’éducation. Ces orientations se
traduisent dans un ensemble de 33 recommandations (regroupées en axes d’intervention dans le plan)
qui indiquent les dispositions à prendre et les changements nécessaires pour la refondation dudit
système. Au nombre de ces mesures figurent la réorganisation de la gouvernance du système, la
gratuité et l’obligation scolaires au fondamental, la mise en place effective de l’enseignement
secondaire de 4 ans qui implique, à terme, la suppression des examens officiels organisés en 6ème AF
et en terminale I (Rhéto), la refonte du curriculum et des programmes, la modernisation de la
formation technique et professionnelle et de l’enseignement supérieur.
Ce plan opérationnel est une entreprise qui, d’une part, reflète la détermination de l’État à résoudre les
problèmes chroniques du système éducatif et, d’autre part, se veut l’expression des efforts qui seront
consentis par l’État pour assurer le bien-être de la population et garantir un meilleur avenir aux
générations futures. Le PO, préparé selon une démarche fortement participative impliquant tous les
acteurs et partenaires du système éducatif, est articulé autour de quatre chapitres. Le premier chapitre
30
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
traite de la situation du système éducatif et des contraintes qui entravent son développement, de la
vision et des grandes priorités dégagées pour la modernisation du système, ainsi que du regroupement
des principales recommandations du GTEF. Le second chapitre expose les grands axes et stratégies
d’intervention en présentant les objectifs poursuivis, les résultats attendus assortis d’indicateurs et les
activités à développer pendant les cinq années du plan. Pour chaque objectif et groupe de résultats, les
activités sont présentées dans un tableau qui indique, sur une base annuelle, leurs périodes
d’exécution. Le troisième chapitre projette l’enveloppe des moyens financiers nécessaires
(désagrégés par axe d’intervention, par nature et postes de dépenses) à la mise en œuvre du plan et
présente, sur la base d’une analyse de l’environnement macroéconomique du pays, les engagements
financiers de l’État sur la période. Il traite aussi des promesses d’appuis financiers des partenaires
techniques et financiers (PTF) du secteur tout en indiquant les principales stratégies pouvant
permettre de mobiliser des ressources financières additionnelles pour combler le déficit de
financement des activités du plan. Enfin, le dernier chapitre traite des modalités de mise en œuvre, de
suivi et d’évaluation du plan. Il identifie aussi un certain nombre de risques majeurs dont la
survenance pourrait affecter l’exécution du plan et propose, à cet effet, certaines stratégies de
mitigation.
CHAPITRE 1
PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE DE LA REFONDATION DU SYSTÈME
ÉDUCATIF
1.1.
Structure et organisation actuelle du système éducatif
Le système éducatif haïtien comprend les secteurs formel et non formel. Le secteur non formel
s’occupe de l’alphabétisation et la post-alphabétisation des adultes âgés de 15 ans et plus. Quant au
secteur formel, en plus de la formation technique et professionnelle, il s’organise selon quatre grands
niveaux : (i) l’éducation préscolaire;; (ii) l’enseignement fondamental (iii) l’enseignement secondaire
et (iv) l’enseignement supérieur. L’éducation préscolaire, destinée aux enfants de 3 à 5 ans, n’est pas
obligatoire. Elle vise l’éveil et la stimulation de l’enfant aux plans émotionnels, physique et social.
4
Selon les vœux de la réforme Bernard (1982) et du plan national d’éducation et de formation (PNEF)
de 1997, l’enseignement fondamental doit être complet et organisé en trois cycles. Les deux premiers
cycles, obligatoires et gratuits sur le plan légal, forment l’éducation de base correspondant à
l’enseignement primaire (dans le système traditionnel) et concernent les enfants âgés de 6-11 ans. Le
troisième cycle, rattaché aux deux premiers, regroupera les trois premières classes du secondaire
traditionnel de 7 ans dont la réorganisation est en expérimentation depuis 2007. Cependant, la réalité
d’aujourd’hui est que la quasi-totalité des écoles fondamentales n’ont que les deux premiers cycles ;
l’enseignement qui y est dispensé (sans être gratuit) dure 6 ans et conduit à l’acquisition des
connaissances et compétences de base pour les apprentissages futurs ou à l’insertion dans le milieu
économique. Ces années d’enseignement sont sanctionnées par une attestation d’éducation de base
qui est une mesure transitoire en attendant la généralisation et l’obligation de l’enseignement
fondamental complet qui marquera la rupture définitive avec le système traditionnel. Bien que le
troisième cycle reste encore rattaché au secondaire qui prépare aux études supérieures, son
enseignement conduit, suite à un examen officiel, au diplôme d’enseignement fondamental.
La démarcation de l’enseignement secondaire traditionnel résulte d’une succession de décisions
ministérielles qui ont officialisé en 2001 les examens de 9e année fondamentale. La mise en
application en 2007 du nouveau secondaire dans des écoles a conduit à une situation d’hybridation, de
chevauchement et de confusion. Les établissements offrant le secondaire traditionnel de 7 ans, de
même que ceux qui n’en comptent que les 3 premières années, présentent leurs élèves aux examens
4
MENJS, Plan National d’Éducation et de Formation, 1997, Port-au-Prince, Haïti.
32
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
d’État de 9e année fondamentale et continuent à être considérés comme des écoles de niveau
secondaire. Le chevauchement concerne 66 % des 2277 établissements, puisque seulement 34%
n’offrent que le 3e cycle fondamental mais sont classées de niveau secondaire. De plus, avec
l’expérimentation du nouveau secondaire de 4 ans dans près de 7% des établissements qui
continuent à offrir le secondaire traditionnel, se présente un cas de figure extrême de l’hybridation où
l’ancien et le nouveau - soumis au même style de gestion - coexistent dans un même établissement et
pour le même niveau d’enseignement. De ce fait, le niveau secondaire se présente plus comme un
regroupement de l’enseignement traditionnel et du nouveau type d’enseignement prôné par la réforme,
d’où la confusion qu’il entretient chez la plupart des parents et d’autres acteurs du système.
La formation technique et professionnelle, d’une durée variable selon les filières, prépare à l’emploi
dans divers domaines ou à la poursuite d’études supérieures. Elle est dispensée selon deux réseaux :
(i) le réseau formel à travers les centres ou établissements de formation professionnelle et (ii) le réseau
informel à travers le «système d’apprentis».
Le réseau formel comporte près de 400 centres regroupés en cinq catégories d’établissements
auxquels l’étudiant accède selon le nombre d’années de scolarité accomplies. Ce sont : 1) les
établissements d’éducation technique (EET), à partir d’au moins neuf années d’études ;; 2) les
établissements d’éducation professionnelle (EEP) à partir de sept ans de scolarité pour recevoir
principalement une formation pratique; 3) les établissements de formation agricole (EFA) exigeant au
moins dix années d’études préalables pour devenir technicien agricole; 4) les centres ménagers (CM)
à partir de sept années de scolarité; 5) les centres de formation professionnelle (CFP), requérant le
niveau d’alphabétisation de base pour devenir ouvrier semi-qualifié. Ces cinq catégories
d’établissements relèvent principalement de quatre ministères (MENFP, MAST, MARNDR et
5
MTPTC) qui, à eux seuls, gèrent directement 309 centres de formation professionnelle. Selon leurs
sources de financement, ces centres de formation sont soit publics, soit mixtes (quand une partie des
salaires est couverte par des subventions publiques), soit non publiques. Contrairement aux formations
de courte durée6, offertes dans le cadre des projets, celle dispensée dans les centres, généralement
conçue selon un cadre scolaire, est plus souvent inapte à prendre en compte les besoins des
travailleurs et du marché du travail.
5
MAST : Ministère des Affaires sociales et du travail ;.
MARNDR : Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du développement Rural ;
MENFP : Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle ;
6
La première formation de courte durée a été réalisée en 2000 avec le projet FAFEN qui ciblait les travailleurs en emploi.
La durée de la formation variait de 15 à 90 heures. La seconde expérience, débutée en 2006 dans le cadre du premier
projet d’appui à l’INFP, visait la formation de plusieurs milliers de jeunes de 15 à 24 ans en situation marginale à partir de
programme de formation ne dépassant pas six mois.
Quant au «système d’apprentis» du réseau informel, au sujet duquel très peu d’informations sont
disponibles, la formation y est offerte sur le tas chez un «boss formateur» ou un employeur.
Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, il comprend un ensemble disparate d’établissements de
petite taille offrant à peu près les mêmes domaines de formation dont la durée des études varie de 3 à
5 ans pour le niveau de premier cycle universitaire. Le corps professoral détenant principalement une
licence ou une maîtrise ne bénéficie pas de statut institutionnel et offre son enseignement d’un
établissement à l’autre en l’absence d’autre emploi plus stable. Les étudiants qui connaissent des
conditions de vie souvent précaires n’ont pas accès à des bibliothèques et ne reçoivent pas
l’encadrement nécessaire à leur formation et à la rédaction du mémoire de fin d’études, bouclant le
premier cycle universitaire. En conséquence, la majorité des étudiants n’arrivent donc pas à être
diplômées. D’un autre coté, les divergences d’interprétation au sujet des articles de la constitution
de 1987 ont conduit à une confusion quant au rôle de l’université d’État d’Haïti (UEH). Cela semble
expliquer, en grande partie, le flou qui prévaut dans l’organisation de ce sous-secteur. Dans de telles
conditions générales, le sous secteur de l’enseignement supérieur ne peut pas remplir adéquatement
ses missions.
À l’exception des deux premiers cycles de l’enseignement fondamental où le texte de la réforme
éducative de 1982 prévoit l’enseignement dans les deux langues officielles (français et créole) et de
façon équilibrée, la langue d’enseignement adoptée dans les autres niveaux du système formel est le
français.
La constitution de 1987 et le décret loi de 1989, confèrent au Ministère de l’Éducation
Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) la charge, entre autres, d’organiser, de
développer, de moderniser le système éducatif et de mettre en œuvre toutes les politiques de l’État en
matière d’éducation et de formation professionnelle. Pour accomplir cette mission, le MENFP
regroupe en son sein des structures centrales et déconcentrées (voir organigramme actuel en
annexe E). Toutes les grandes orientations éducatives (enseignement supérieur excepté) ou décisions
stratégiques émanent de l’administration centrale du Ministère qui est composée du Cabinet du
Ministre et de la direction générale qui fait le lien entre le MENFP et les Partenaires Techniques et
Financiers (PTF). À cette direction générale sont rattachées une direction générale adjointe et des
directions administratives et techniques chargées des différents aspects ou niveaux du système. Au
niveau déconcentré, sous la coordination de la Direction Générale Adjointe (DGA), se retrouvent les
directions départementales d’éducation (DDE) dont la mission principale est d’assurer, de concert avec
les bureaux de district scolaire (BDS) et les bureaux d’inspection de zone (BIZ) qu’elle coiffe,
l’opérationnalisation des décisions prises au niveau central en ce qui concerne particulièrement les
sous-secteurs préscolaire, fondamental et secondaire.
34
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
La gestion de l’alphabétisation des adultes est confiée à une Secrétairerie d’État à l’Alphabétisation
(une structure autonome) et celle de la formation technique et professionnelle est assurée par une
structure déconcentrée du MENFP, l’Institut National de Formation Professionnelle (INFP).
Toutefois, il convient de signaler que certains ministères sectoriels (MAST, MTPTC, MAR- NDR,
etc.) offrent, dans leurs champs de compétences, des services de formation professionnelle
sanctionnée par un diplôme en dehors de tout contrôle du MENFP.
Quant à l’enseignement supérieur, la Direction de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Scientifique (DESRS) du MENFP a le mandat d’en assurer la gestion et la régulation. Mais, en raison
de ses faiblesses institutionnelles et des conflits socio-politico-juridiques entre l’exécutif et le rectorat
de l’UEH qui revendique aussi le pouvoir régalien, la gouvernance du secteur n’est pas vraiment prise
en charge.
Au niveau des écoles fondamentales, la gestion quotidienne est assurée par diverses entités : (i) des
administrations municipales ou mairies (pour les écoles communales), des associations
communautaires (pour les écoles communautaires), des structures congréganistes ou laïques (pour les
écoles protestantes et catholiques), des ONG et des structures étatiques relevant des DDE (pour les
écoles publiques).
1.2.
Analyse-diagnostic du système éducatif
Le système éducatif, depuis plus de deux décennies, fait face à des problèmes tant sur le plan de l’offre
(accès et participation), de l’efficacité interne, de la qualité et de l’efficacité externe que de la
gouvernance. Ces problèmes se sont aggravés avec le séisme du 12 janvier 2010 qui a été très
dévastateur pour l’ensemble du secteur de l’éducation.
1.2.1. Au plan de l’offre
Les problèmes chroniques auxquels est confronté le système éducatif constituent une entrave
majeure au développement de l’accès à des services éducatifs. À tous les niveaux du système (du
préscolaire au supérieur), par rapport à l’ampleur de la demande sociale, l’offre est largement
7
insuffisante et inégalement repartie. Selon le dernier recensement scolaire (2002-2003) , dans aucun
des sous-secteurs les taux nets de scolarisation n’atteignent plus que 76%. Au niveau des deux
premiers cycles du fondamental, plus de 500 000 enfants en âge scolaire sont en attente de
scolarisation. Cette situation ne fait qu’augmenter le nombre d’analphabètes, estimés à près de 3
millions dont 52% de femmes. Bien que, ces dix dernières années, une importante augmentation des
effectifs et des écoles - due principalement aux efforts consentis face aux besoins criants - soit
7
MENFP-DPCE , Annuaire statistique – recensement scolaire 2002-2003, Port-au-Prince, 2003.
observée, la couverture scolaire reste insuffisante et incomplète. Les taux bruts de scolarisation
estimés à 67% dans le préscolaire, 136% dans les deux premiers cycles du fondamental, 46% dans le
3e cycle du fondamental et 22% au secondaire, témoignent de cette insuffisance à tous les niveaux de
fréquentation scolaire. Le taux élevé aux deux premiers cycles du fondamental s’explique par les
multiples redoublements, le surpeuplement des classes et l’importance du nombre (72% des effectifs
soit 1 500 000 enfants) de surâgés8 dans ce niveau d’enseignement. Avec moins de 1000 étudiants
pour 100 000 habitants dans l’enseignement supérieur et moins de 9000 étudiants en formation
professionnelle sur l’ensemble du territoire national, la situation de l’offre n’est pas différente dans
ces deux sous-secteurs.
Outre l’insuffisance de la couverture scolaire, l’inégalité dans la répartition géographique de l’offre
est un autre obstacle majeur à la fréquentation scolaire. Cette inégalité, non observée au niveau du
genre9 en partie liée à la concentration des établissements scolaires, implantés sans aucune analyse de
la densité de la population scolarisable et de l’habitat, dans des zones urbaines.
En
2007,
le
10
DSNCRP a fait état de plus d’une vingtaine de sections communales dépourvues d’infrastructures
scolaires et d’environ 145 n’ayant aucune infrastructure scolaire publique. Cette même observation
est valable pour le sous-secteur de la formation professionnelle où avant le séisme, plus de 2/3 des 115
centres professionnels supervisés par l’INFP se retrouvaient dans le département de l’Ouest, plus
précisément dans la Capitale et ses environs. Certains départements géographiques tels les Nippes, le
Nord-Ouest, le Centre, la Grande-Anse et le Sud-est sont particulièrement mal lotis. Comme indiqué
précédemment, exception faite pour l’enseignement supérieur (comptant 100000 étudiants selon les
statistiques sommaires de la DESRS) où le poids de l’État dépasse celui du privé avec 60% des
effectifs contre 40%, l’offre d’éducation à tous les niveaux - y compris dans le sous-secteur de la
formation professionnelle- est à forte prédominance non publique. Elle représente 93% des effectifs
du préscolaire, 81,5% des effectifs des deux premiers cycles du fondamental, 74% des effectifs du
troisième cycle et près de 77% des effectifs du secondaire. En termes d’infrastructures scolaires, le
parc scolaire est à plus de 90% non public. Cette situation combinée au fait que l’offre des services
éducatifs dans le non public est à la charge exclusive des familles, le coût de la scolarisation s’avère
élevé, voire même prohibitif, notamment pour les plus pauvres qui représentent environ 76% de la
population. En ce sens, le coût élevé de l’éducation pour les familles devient un autre obstacle majeur
qui limite sévèrement l’accès des enfants à ce service. Et, comme le soulignent près de 40% des
8
Le phénomène surâgés , enfant dépassant moins de deux ans de l’âge scolaire est une des caractéristique du système.
9
Selon les statistiques éducatives de 2002-2003, il y a 50% des filles dans le préscolaire et 49% dans le fondamental et le
secondaire.
10
MPCE., Document de Stratégie Nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté, Port-au-Prince, 2007 ,
Service statistique
36
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Plan Opérationnel 2010 – 2015
répondants à l’enquête réalisée en 2003 sur les conditions de vie en Haïti par l’Institut Haïtien de
Statistiques et d’Informatique (IHSI), c’est aussi le motif majeur de l’abandon scolaire.
L’état de l’offre scolaire, déjà assez alarmant, s’est empiré sous l’ampleur des dégâts causés par le
séisme du 12 janvier 2010 aux infrastructures scolaires et sur les autres secteurs de la vie nationale.
La situation de l’offre éducative devient autrement plus précaire. En effet, alors qu’en 2008, suite au
passage de trois cyclones et d’un ouragan, on avait dénombré 3900 établissements scolaires détruits ou
endommagés à l’échelle du pays, l’impact du tremblement de terre s’est concentré dans trois des dix
départements. Dans le département de l’Ouest qui regroupe environ 50% des effectifs du système,
près de 80 % du parc scolaire a été détruit ou endommagé par le séisme. Les infrastructures du
secteur public qui représentaient moins 6% de l’offre scolaire, ont été détruites à plus de 77% ; celles
du réseau non public sont affectées à plus de 79% ce qui représentait alors plus de 90% de l’ensemble
des établissements scolaires. Dans le Sud-est, 71 établissements du secteur public et 208 du non
public sont détruits et endommagés. Dans les Nippes, on compte 32 écoles détruites ou endommagées
pour le secteur public et 113 pour le non public. Au total, ce sont 4 268 établissements scolaires qui
ont été détruits ou endommagés.
En ce qui concerne la formation professionnelle, les infrastructures de ce sous-secteur sont quasiment
inexistantes. En effet, 8 des 9 centres publics et l’ensemble des 11 centres subventionnés et la quasitotalité des centres non publics reconnus par l’INFP ont été sérieusement endommagés ou détruits,
jetant sur le pavé l’ensemble des étudiants qui fréquentaient ces établissements. Au niveau de
l’enseignement supérieur, le tableau qui prévaut pour les autres sous-secteurs est aussi valable. Les
bâtiments des institutions d’enseignement supérieur, généralement concentrés à plus de 80% dans le
département de l’Ouest, ont été détruits ou endommagés à plus de 90%. Dans l’ensemble du secteur,
tous niveaux confondus, les pertes en vies humaines ont été énormes (personnel enseignant et non
enseignant).
1.2.2. Au plan de l’efficacité interne
En plus des problèmes d’accès, le système éducatif présente de sérieux problèmes d’efficacité interne,
11
impliquant d’énormes gaspillages de ressources. Les données disponibles (IHSI, 2003) indiquent
que seulement 19% des entrants dans le système (enfants de 6 ans et plus) auraient achevé au moins
une année du cycle secondaire. Et, comme souligne la SNA/EPT (MENFP, 2007), sur une cohorte
entrant en 7e AF, à peine 7,83% obtiennent le diplôme de fin d’études classiques. Ceci explique
l’importance des redoublements et des abandons à tous les niveaux du système. En 2003, dans
11
IHSI-Ministère de l’Économie et des Finances, Enquête sur les conditions de vie en Haïti, Port-au-Prince, Bureau du
recensement, 2003.
l’ensemble des deux premiers cycles du fondamental, le taux moyen de redoublement a été estimé à
14%. Le premier cycle est celui qui présente les taux les plus élevés ; soit 15% en 1e AF, 16% en 2eAF
et 15% en 3e AF. Quant aux taux d’abandon, la moyenne est de 12% et les pics sont observés en 6e
AF (26%) suivie de la 1ere AF (15%). À tout ceci s’ajoutent le faible taux de survie en 5e AF (estimé
a 57,7%) et les faibles taux d’achèvement respectivement au troisième cycle fondamental (33%) et aux
deux premiers cycles (68%). Une telle inefficacité interne peut être observée dans les autres ordres
d’enseignement, notamment ceux du secteur public où la stratégie de sélection (en vertu de la
limitation des places assises) est pratiquée.
1.2.3. Au plan de la qualité
Les difficultés observées quant à la capacité du système éducatif à assurer la rétention et la progression
des cohortes qui y ont accédé ne sont pas sans lien avec les problèmes de qualité que connaît
l’éducation haïtienne. De fait, les performances scolaires sont, d’une manière générale, en deçà des
attentes de la communauté éducative et se traduisent en des pertes autant pour l’État que pour les
familles. Les taux de diplomation ou de réussite aux examens officiels sont à tous les niveaux
d’enseignement faibles. Ils sont généralement autour de 70% pour le fonda- mental ; moins de 30%
pour la terminale I (rhéto) et entre 40 et 50% pour la terminale II (philo). Ces rendements scolaires
médiocres enregistrés dans le système sont dus, entre autres, aux mauvaises conditions
d’apprentissage et d’enseignement qui résultent d’une combinaison de facteurs, à savoir: inadéquation
des matériels didactiques (lorsqu’ils existent) ;; indisponibilité et inadaptation des manuels scolaires ;
problèmes sanitaires et nutritionnels des enfants ; insuffisance du temps réel d’apprentissage ;
faiblesse du dispositif d’encadrement des élèves; faiblesse du système de supervision scolaire et
d’encadrement des maîtres ;; ratios élève/ maîtres relativement élevés ; déséquilibre prononcé du
bilinguisme (prédominance sous tous les angles du français, généralement mal maîtrisé par les
enseignants, sur le créole) ; sclérose des pratiques pédagogiques ; démotivation des enseignants vis-àvis de la fonction enseignante; méthodes d’évaluation orientées plutôt vers la restitution de
connaissances ; absence ou insuffisance de ressources didactiques (telles que bibliothèques,
laboratoires, etc.) et manque de formation disciplinaire et pédagogique des enseignants à tous les
niveaux du système. La majorité des enseignants du préscolaire et des deux premiers cycles du
fondamental sont sous-qualifiés. Certains n’ont reçu aucune formation initiale en enseignement et
d’autres dont le niveau académique ne dépasse pas le 3e cycle fondamental, enseignent dans le
fondamental. D’après le dernier recensement scolaire (2002-2003), la proportion d’enseignants
qualifiée dans le préscolaire et le fondamental (cycles 1 et 2) est respectivement estimée à 34% et
16% environ. L’enseignement secondaire (traditionnel) présente un tableau différent avec un
personnel enseignant plus ou moins qualifié au niveau des compétences disciplinaires, mais
vieillissant et largement insuffisant. Plus de 86% des 7 000 personnes qui composent ce personnel ont
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
atteint l’âge de la retraite, alors qu’aucune mesure incitative n’est encore envisagée pour assurer sur
une base régulière le renouvellement du corps et attirer des jeunes dans la carrière.
En ce qui concerne l’enseignement supérieur, la situation est semblable à celle constatée au
fondamental. De nombreux enseignants du corps professoral ne détiennent que le niveau licence
(équivalent de 3 à 4 années d’études supérieures) et la pertinence des programmes, dont la durée varie
en fonction de la filière, laisse à désirer.
Un autre aspect qui affecte négativement la qualité de l’éducation offerte est la précarité ou le
mauvais état des infrastructures scolaires (environ 41% des établissements scolaires existants ont leurs
cloisons en matériaux sommaires)12. La plupart des écoles sont logées dans des résidences privées ou
d’autres maisons non conçues à cet effet. Les données disponibles avant le séisme ont indiqué que
25% des écoles des deux premiers cycles du fondamental fonctionnent sous des tonnelles, 23% sont
logées dans des églises et 24% ont leurs toits en paille ou n’en ont pas du tout. La situation s’est
complètement aggravée avec le passage du tremblement de terre.
1.2.4. Au plan de l’efficacité externe
Le problème de l’efficacité externe est tout aussi criant. Alors que le profil et les compétences des
jeunes ne répondent pas aux attentes du marché du travail, les professionnels et les entrepreneurs ne
sont pas associés au développement et à la mise en œuvre des programmes de formation
professionnelle. L’impact de l’éducation, dont les programmes ne correspondent pas aux réalités
socioéconomiques nationales, est très faible sur l’insertion des jeunes au marché du travail. De fait,
la majorité des jeunes, plus particulièrement ceux de 15-19 ans (61.9%) et de 20-24 ans (50%), sont
exposés au chômage. D’après l’IHSI (2003)13, même la formation universitaire est insuffisante pour
les protéger contre le chômage. Dans les milieux urbains où les jeunes sont les plus scolarisés,
l’ampleur du chômage est beaucoup plus considérable avec des taux de 45.5% dans l’aire
métropolitaine et de 28.2% dans les villes de province. Une telle situation pose le problème de
l’adaptation des curricula et des programmes de niveaux fondamental et secondaire d’une part, et la
nécessité de la modernisation, de la formation technique et professionnelle et de l’enseignement
supérieur, d’autre part.
1.2.5. Au plan de la gouvernance
12
À tous ces éléments s’ajoute le fait qu’environ 75% des écoles ne disposent d’aucune infrastructure d’eau potable pour
répondre aux besoins de la clientèle scolaire, ce qui a compliqué la mise en application de la stratégie de lutte contre l’épidémie
de choléra au niveau scolaire.
13
IHSI., Opcit
Le système présente, à tous les niveaux, d’énormes faiblesses qui minent son développement et la
fourniture des services éducatifs adéquats à la population. Le MENFP n’arrive pas encore à assurer
de manière efficace les fonctions majeures de planification et de pilotage et, plus grave encore,
compte tenu du poids du secteur non-public dans l’ensemble du réseau des établissements, ses
fonctions de régulation, de suivi et de contrôle du système. Autrement dit, les difficultés auxquelles le
ministère est confronté et qui l'empêchent d’accomplir efficacement sa mission sont de divers ordres :
administratif et financier, pédagogique, et aussi de la gestion des ressources humaines.
Du point de vue administratif et financier
Une situation de quasi anarchie existe. Elle se révèle dans les positions ou rapports hiérarchiques des
agents et des situations de chevauchement s’observent. Les rapports entre les structures du MENFP et
les structures de projet (généralement mises en place en dehors de l’administration du ministère) sont
ambigus. Les documents administratifs ne décrivent pas clairement et avec précision les tâches et les
responsabilités des acteurs, ce qui crée les conditions de contre-performance dans le système avec une
absence de leadership pour unir les efforts de tous de façon efficace et efficiente vers un but ciblé : la
délivrance de services éducatifs de qualité.
Les structures centrales et départementales chargées de la gestion du système ont peu d’in- fluence sur
le fonctionnement des écoles. Par conséquent, plus de 70% des écoles non publiques ne sont pas
accréditées, c’est-à-dire qu’elles fonctionnent sans l’autorisation du MENFP. Si des textes
réglementaires existent, l’administration, fortement politisée, fonctionne en dehors de certaines
règlementations et suivant des procédures assez lourdes qui entravent le développement du système. À
tous les niveaux, les rapports de performance (technique et financière) ne sont pas produits à temps et
le système d’information est quasiment inexistant.
En matière de planification et de gestion financières, un certain nombre de faiblesses se manifestent
de manière évidente. Le taux d’absorption budgétaire est faible et la Direction Des Affaires
Administratives, structure responsable de l’exécution budgétaire, ne se montre pas en mesure de gérer
des fonds provenant de la coopération externe. Cette situation entraîne la création, par les partenaires,
d’Unités Techniques d’Exécution (UTE) qui sont des structures de projets en parallèle aux
administrations (centrale et régionale) et qui, par conséquence, ne permettent pas le renforcement des
structures du MENFP.
Du point de vue pédagogique
Les contenus des programmes ne sont pas maîtrisés par les enseignants qui ne respectent pas toujours
les programmes d’enseignement. De plus, les méthodes d’enseignement, généralement traditionnelles,
diffèrent d’un enseignant à l’autre. Il n’existe pas de système d’évaluation des enseignants. Il existe
40
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
un cloisonnement néfaste pour la continuité curriculaire entre les structures assurant des fonctions
pédagogiques. Paradoxalement, il n’y a pas une coordination (sinon elle est très faible) des actions
menées par les structures chargées de l’élaboration des programmes d’enseignement, de la conception
des manuels ou de la formation des enseignants
Du point de vue de la gestion des ressources humaines
Des problèmes liés au management des ressources humaines existent aussi à tous les niveaux (depuis
le niveau central du MENFP jusqu’au niveau des établissements scolaires) et dans tous les soussecteurs. D’énormes faiblesses et irrégularités sont constatées dans la production des actes de gestion
: le retard dans les recrutements et la rémunération des enseignants, le favoritisme dans la promotion
des agents, l’iniquité salariale, etc. en sont des exemples. À tout cela s’ajoutent l’inexistence de base
de données du personnel de l’éducation et aussi l’inexistence d’un plan de carrière tant pour le
personnel enseignant que pour le personnel non-enseignant.
1.3.
Vision, valeurs et priorités pour la modernisation du Secteur
Définir une vision consiste en une démarche tridimensionnelle qui permet, tout en étant bien ancré
dans la réalité d’aujourd’hui qu’il faut s’approprier pour pouvoir la dépasser, de dégager une
projection pour le futur qui prend en considération le passé qu’il convient de transcender et de
construire l’avenir avec les opportunités qui se présentent. C’est en ce sens qu’une vision est à la fois
d’actualité, rétrospective et prospective. La vision de l’éducation haïtienne envisagée pour les
prochaines décennies est dégagée à partir : (i) des textes officiels des autorités; (ii) du Plan d’action
pour le relèvement et le développement d’Haïti: Les grands chantiers pour l'avenir; (iii) du Plan
stratégique de développement d’Haïti (en cours de finalisation par le Ministère du Plan et de la
Coopération externe) qui a permis de bien cerner la place du secteur de l’éducation dans le plan de
développement intégré du Gouvernement ; (iv) du Rapport du GTEF au Président de la République et;
(v) de la synthèse du diagnostic concernant le système éducatif haïtien. Cette vision qui sous-tend la
refondation du système éducatif est ainsi formulée :
Il s’agira de
« une société apprenante dans laquelle l’accès universel à l’éducation de base,
la maîtrise des qualifications dérivant d’un système de formation
professionnelle pertinent, et la capacité d’innovation scientifique et technique
nourrie par un système universitaire moderne et efficace, façonnent le nouveau
type de citoyen
dont le pays a besoin pour sa refondation.»
« […] produire une citoyenne et un citoyen respectueux des valeurs,
disciplinés, travailleurs et honnêtes, capables d’appliquer les normes d’une
société démocratique et d’apporter, par sa formation intellectuelle et sa
maîtrise des nouvelles technologies, son apport à la création d’une société
moderne, égalitaire, orientée vers le progrès et le développement. »
1.3.1 Éducation et société haïtienne
Les éléments de diagnostic présentés ci-dessus font ressortir que les problèmes auxquels sont
confrontés le système éducatif sont de divers ordres et concernent tous les aspects de son
fonctionnement. En effet, le système éducatif accuse, entre autres, les manques suivants : (i) une
couverture scolaire insuffisante et inégalement répartie ; (ii) une participation au processus
d’apprentissage grandement limitée par les coûts de scolarisation élevée, en raison d’une offre
éducative largement prédominée par le secteur non public ; (iii) des rendements médiocres dus aux
faible capacités des enseignants, au sous-équipement des écoles, à une absence de politique
linguistique et au non respect de la situation culturelle de la population ; et (iv) une faible capacité de
l’État à réguler, superviser et contrôler de manière efficiente le secteur. Ces problèmes du système
éducatif ne résultent certainement pas du tremblement de terre du 12 janvier 2010, la Commission
présidentielle (GTEF) ayant été créée en novembre 2007. Ce séisme, par l’ampleur de son impact en
termes de destruction des infrastructures et des vies humaines, a plutôt rendu plus criantes les
difficultés du système éducatif et a montré de façon dramatique la fragilité de notre condition
collective.
Bien que le secteur de l'éducation et de la formation constitue un système en soi, à composantes
multiples et diverses, il n'en reste pas moins qu'il fait partie d’un système plus vaste qu’est la société
dans son ensemble à laquelle il convient de se référer pour comprendre ce qui se passe en éducation. Le
diagnostic établi ci-haut se révèle fort alarmant et exige un regard objectif et serein sur l’éducation
dans la société haïtienne où les qualités et les valeurs (leadership, talent, compétence, morale et
éthique, identité nationale ou sociale) développées chez les individus pour qu’une société, dans le
monde d’aujourd’hui, soit fonctionnelle font cruellement défaut. En effet, il revient de constater que le
système éducatif ne promeut pas le leadership, car faute d’horizon défini, il n’ouvre pas de
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
perspectives aux diplômés et n’anticipe ni les besoins de la société, ni les risques liés à
l’environnement. Il brise et rejette les talents par le taux élevé d’échec scolaire après plus de deux
siècles d’histoire nationale, par l’importance du nombre d’enfants en dehors du système et le
gaspillage de ressources humaines qui résulte de ces proportions énormes d’élèves contraints au
redoublement et à l’abandon. Il fuit la compétence au lieu de la rechercher et de la développer, en
raison de la proportion démesurée d’enseignants non qualifiés qui œuvrent dans le système éducatif
alors que, en matière de compétence, il aurait dû être un lieu caractérisé par la quête de l’excellence, si
sa mission première est de reproduire, développer et promouvoir les compétences et habiletés que
requièrent le fonctionnement d’une société dans le monde d’aujourd’hui où la maîtrise des
compétences de base constitue un préalable pour que tout individu soit en mesure de faire face à
l’ensemble des informations nécessaires pour vivre de manière autonome.
Il n’y a dans la société haïtienne aucune préoccupation d’ordre moral ou d’éthique à l’égard du
système éducatif. Comment accepter sans la moindre inquiétude que des familles envoient leur
progéniture à l’école en toute confiance et quiétude sans qu’elle n’en retire rien d’utile de leur passage
et que les lieux d’apprentissage ne soient ni sûrs ni sécuritaires ? Pire encore, les familles et l’État
consentent d’y consacrer des sommes de plus en plus importantes, année après année, sans exiger un
minimum de résultat à la hauteur des dépenses acceptées. Enfin, si le système éducatif n’est pas à
l’origine de la crise d’identité individuelle et collective, il contribue du moins à l’accentuer, d’une part,
par la confusion qui prévaut en ce qui concerne le statut du créole et du français en éducation et,
d’autre part, par la promotion de la connaissance de l’histoire nationale, sans faire de place aux
croyances et coutumes propres à la population. Cet ensemble de constats qui découlent du diagnostic
de notre système éducatif rend encore plus palpable ce paradoxe dans l’analyse de celui-ci, à savoir : il
confère peu d’utilité aux individus, mais demeure très pertinent socialement.
L’état du système éducatif procède donc de la réalité sociale haïtienne. La prise de conscience aiguë de
cette situation explique que les autorités nationales, suite au séisme, conviennent de l’urgence
d’engager un processus de transformation en profondeur qui s’attaquera aux différents maux à partir
des quatre piliers aux fondements de notre société que sont : la refondation territoriale, la refondation
économique, la refondation institutionnelle et la refondation sociale. Le but ainsi visé est qu’Haïti
devienne à l’horizon de 2030 un pays émergent. Pour relever ce défi, le Gouvernement reconnaît que
« l’éducation est un énorme pari sur l’avenir ». En ce sens, l’éducation haïtienne aura pour finalités : de
favoriser l’épanouissement de la personne dans toutes ses dimensions; «produire des citoyens et des
citoyennes respectueux des valeurs, disciplinés, travailleurs et honnêtes, capables d’appliquer les
normes d’une société démocratique et d’apporter par sa formation intellectuelle et sa maîtrise des
nouvelles technologies son apport à la création d’une société moderne, égalitaire, orientés vers le
43
progrès et le développement14 » économique, social et culturel du pays; de promouvoir l’identité et la
culture nationales et de s’ouvrir aux valeurs universelles, régionales et caribéennes.
Pour permettre au secteur de l’éducation de répondre valablement aux différentes attentes, le
Gouvernement, dans le cadre de la refondation sociale, s’engage à :
• garantir l’accès à une éducation complète et universelle par l’augmentation de l’offre
publique ;
• assurer une gouvernance active et efficiente du système éducatif et développer un partenariat
stratégique avec le secteur non public selon des modalités renforcées ;
• mettre en place les stratégies appropriées pour assurer d’ici 2020 la gratuité totale
(abolition des frais scolaires) au niveau de l’enseignement fondamental (et du préscolaire) ;
• institutionnaliser la prise en charge et la protection de la Petite Enfance pour assurer à tous les
enfants un meilleur départ dans la vie ;
• garantir dès le plus jeune âge l’accès de tous les enfants du fondamental aux nouvelles
technologies de l’information et de la communication ;;
• développer le secteur de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur à partir
d’une augmentation conséquente de l’investissement public en vue d’assurer une meilleure
assise au processus de développement ;
• développer une éducation accessible tout au long de la vie (éducation des adultes) pour
répondre aux besoins de participation, de renouvellement professionnel et d’insertion
socioéconomique des individus.
Par cet engagement, les autorités nationales reconnaissent la nécessité de développer un système
éducatif plus résilient et en mesure à la fois de jeter les bases de la nouvelle société haïtienne projetée
et de répondre aux besoins et défis sous-jacents à ce virage vers la modernisation sociale. Cette
urgente et indispensable modernisation du système se cristallisera dans les orientations-clés suivantes:
• Une offre globale d’éducation (du préscolaire au supérieur) conforme aux caractéristiques
démographiques de la société et répondant à la demande sociale;
• Un système d'éducation et de formation qui soit en adéquation avec les besoins de l'économie
du pays;
Une amélioration des services éducatifs et des apprentissages ;
14
Extrait de la Déclaration de politique générale, présentée par le Premier Ministre Garry Conille, Port-auPrince, octobre 2011
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
• Un curriculum, axé sur la maîtrise des savoirs, des compétences et des habiletés utiles tant
pour la vie en société que pour le développement et l’émancipation de la personne, revisité
régulièrement de façon à ce qu’il réponde aux besoins changeants de la société et des
individus;
• Une éducation de qualité appuyée sur un socle commun de connaissances, de savoir-faire, de
savoir-être, de savoir-vivre ensemble et dispensée par des enseignants et enseignantes
compétents;
• Un système de gouvernance éducative efficient et moderne, avec des outils et des instruments
de planification, de pilotage et d’administration, ainsi qu’une nette séparation des fonctions
stratégiques et opérationnelles et encourageant la participation des familles et de la collectivité ;
• Une redynamisation de la formation professionnelle selon les principes de partenariat, de
participation, de responsabilité, d’efficacité et d’équité ;;
• Un corps enseignant professionnel et qualifié disposant d’une réelle structure de carrière et
d’institutions de formation qui répondent aux normes contemporaines de qualification ;
• Une redynamisation de la formation professionnelle selon les principes de partenariat, de
participation, de responsabilité, d’efficacité et d’équité ;;
• Un enseignement supérieur moderne et renouvelé dans sa structure, son organisation et apte à
contribuer aux défis d’une société haïtienne modernisée.
Toutefois, à court et moyen termes, l’accès à une éducation fondamentale de qualité dans des
espaces scolaires sûrs et sécuritaires accessibles à tous les enfants d’âge scolaire se veut l’engagement
de premier plan ou la priorité majeure du MENFP. Les autres priorités / ambitions stratégiques en
matière de refondation du système portent sur la réorganisation du système, à travers : le
développement d’un système d’information, l’organisation de l’accréditation de tous les
établissements scolaires, la reconfiguration de l’offre de formation, l’élaboration de la carte scolaire, la
mise en place graduelle des infrastructures permanentes pour tous les niveaux d’enseignement et la ré
ingénierie du système éducatif piloté et régulé par un Ministère totalement rénové et efficient. Il est
aussi envisagé de développer une nouvelle structure organisationnelle du système éducatif en vue de
créer les conditions susceptibles de garantir la qualité de l’enseignement par la réforme des curricula,
l’adoption et la mise en place de politiques éducatives portant notamment sur l’évaluation, la
fonction enseignante, le développement de la protection de la petite enfance et la prise en charge des
personnes souffrant de handicaps divers. L’efficacité externe du système s’en trouvera aussi améliorée
par la mise en place de programmes de formation secondaire, professionnelle et universitaire, adaptés
aux besoins socio-économiques du pays.
45
1.3.2. Regroupement des recommandations du GTEF
Ces orientations qui découlent du Plan Stratégique pour le Développement d’Haïti15 , renvoient aux
préoccupations qui sont développés dans le Rapport de la Commission présidentielle sur l’éducation et
la formation (GTEF). Elles ont été cristallisées en trente-trois recommandations (voir annexe D)
formant la trame du Pacte Nationale pour l’Éducation et la Formation (PANEF) qui témoigne du
consensus national nécessaire pour le développement continu de l’éducation, reconnu comme l’assise
de la refondation de la société haïtienne.
Pour faciliter la cohérence d’ensemble dans le plan opérationnel, les 33 recommandations du Rapport
du GTEF sont regroupées en neuf points qui constituent les axes d’interventions autour desquels
s’articuleront l’ensemble des activités à déployer pour refonder le système éducatif. Ces neuf axes se
présentent comme suit :
• Restructuration et renforcement de la gouvernance générale du secteur de l’éducation et de la
formation;
• Restructuration des curricula et programmes en fonction de la nouvelle vision éducative;
• Formation et développement professionnel des diverses catégories de personnel du Ministère ;
• Prise en charge de la Petite enfance et obligation et gratuité scolaires aux trois cycles de
l’enseignement fondamental;;
• Mise en place de l’enseignement secondaire de 4 ans;;
• Consolidation et extension du réseau des centres et des établissements de formation
professionnelle et technique (publics et non publics) en renforçant la pertinence du sous
secteur;
• Consolidation et modernisation du secteur de l’enseignement supérieur et universitaire;
• Réhabilitation et renforcement de l’éducation spéciale;;
• Éradication du phénomène d’analphabétisme (16 ans et plus).
Le développement de ces neuf axes constitue l’objet du prochain chapitre.
15
Document en cours de finalisation par le MPCE
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
CHAPITRE 2
AXES ET STRATEGIES D’INTERVENTION
Ce chapitre est présenté en suivant les recommandations du GTEF dont le plan constitue un premier
niveau d’opérationnalisation. Il comprend neuf (9) axes d’intervention selon le découpage issu du
regroupement des trente-trois (33) recommandations du GTEF présentées en annexe D.
Axe 1 : Gouvernance
Recommandation : Restructuration et renforcement de la gouvernance générale du secteur
Dans le diagnostic du système éducatif dressé dans le chapitre précédent, il ressort de façon claire que
les principales insuffisances révélées dans l’offre d’éducation, dans la qualité et la gestion des
services offerts à tous les niveaux du système (central et déconcentré) et dans tous les soussecteurs (du préscolaire au supérieur en passant par la formation technique et professionnelle),
sont inextricablement liées aux faiblesses en termes de gouvernance du système, lesquelles faiblesses
constituent des handicaps majeurs entravant son développement et empêchant le MENFP de jouer
pleinement son rôle de régulateur ou de garant d’une offre de service éducatif efficace et pertinent.
Comme indiqué précédemment, ces faiblesses se manifestent, entre autres, dans la défaillance de la
gestion et du pilotage du système qui se traduit, par : (i) un grand nombre d’écoles non publiques non
accréditées;; (ii) l’absence d’un dispositif institutionnel de collecte régulière d’informations
statistiques13 et d’un bon système d’informations favorisant des prises de décisions informées; (iii)
l’inefficacité et l’inefficience de l’administration centrale et des structures déconcentrées ; (iv)
l’insuffisance des moyens logistiques disponibles et des instruments ou outils modernes de pilotage
tant au niveau central qu’au niveau déconcentré, (v) le chevauchement dans les attributions et
responsabilités des agents ; (vi) un rapport désarticulé entre les directions techniques et aussi entre les
directions techniques et les directions départementales, impliquant des gaspillages de ressources ; (vii)
un fonctionnement relativement cloisonné des projets financés par les partenaires techniques et
financiers multilatéraux, bilatéraux ou à travers des ONG.
47
Pour assurer de façon effective la refondation du système, le MENFP entend sérieusement s’attaquer à
ces problèmes de gouvernance en mettant un fort accent sur le management et le pilotage du
système tant au niveau central que déconcentré. Au cours des cinq prochaines années, ses priorités et
stratégies porteront sur la restructuration de l’administration centrale (incluant la transformation des
directions techniques); le renforcement des capacités à tous les niveaux du système et dans tous les soussecteurs ; la rationalisation de la gestion des ressources du Ministère ; la mise en place d’un système
d’information et de gestion efficient; l’amélioration de l’environnement de travail des agents en
reconstruisant et/ou réhabilitant les infrastructures centrales et déconcentrées qui seront dotées
d’équipements de travail appropriés. Sur la période, outre la restructuration et le renforcement en
ressources matérielles, il est aussi prévu de fournir de l’encadrement technique aux directions centrales
et aux structures déconcentrées (DDE incluant BDS, BIZ, SAEPP, SAP) en les dotant d’outils
opérationnels afin qu’elles soient en capacité de mener à bien leurs missions.
Alors que les directions techniques (DT) ne s’occuperont désormais que du stratégique (de la
conception), les directions départementales constitueront au niveau opérationnel le moteur de la
refondation du système. À cet effet, et de manière à s’assurer efficacement de la délivrance des
services éducatifs et de formation professionnelle dans les départements conformément aux grandes
orientations politiques, elles seront réorganisées par niveau et se verront attribuer/ transférer de
nouvelles responsabilités et des compétences pour lesquelles s’imposeront, au cours des premières
années du plan, une augmentation de leur autonomie ou de leur capacité d’intervention et un
élargissement de leur centre de décision.
Au niveau local, dans une double perspective de décentraliser des services éducatifs et d’associer
les collectivités territoriales à la gestion de l’école fondamentale, le Ministère à travers les DDE
prendra les dispositions opportunes pour la création et la mise en place, dans chaque commune, d’une
Commission Municipale d’Éducation (CME) qui, entre autres, aura pour rôle : (i) de procéder
régulièrement au recensement de tous les enfants qui sont en âge d’aller à l’école ; (ii) d’établir et de
maintenir à jour la carte scolaire de la commune ; (iii) de préparer et de réaliser systématiquement la
rentrée scolaire chaque année ; (iv) de veiller à ce que tous les enfants en âge scolaire soient à l’école
et que les bâtiments scolaires répondent aux normes de sécurité ;; (v) d’assurer l’entretien des
bâtiments scolaires publics ;;(vi) de s’assurer de la mise en application de la politique de gratuité et
(vii) de veiller au bon fonctionnement des écoles préscolaires et fondamentales tant publiques que
non publiques établies dans la commune.
Cette commission sera composée de représentants de la Mairie (dont le président), de représentants
des CASEC, de représentants de la DDE et de représentants des réseaux associatifs d’écoles.
À tous les niveaux du système, la technologie de l’information et de la communication (TIC) servira
d’instrument pour le Ministère en vue d’un renforcement efficace de son management et d’une
amélioration nette de la qualité des services éducatifs dans les établissements scolaires. L’une
des premières mesures envisagées consiste à mettre en place, au niveau de l’administration centrale,
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
une Unité de Technologie (UT) dont la mission principale consiste à développer les politiques et les
stratégies d’utilisation de la technologie dans le système. Cette unité, en plus d’appuyer
techniquement la mise en place du système e-learning au profit des cadres et des enseignants, sera
aussi responsable du renforcement des services informatiques du MENFP et de l’organisation du
système d’information et de gestion de l’éducation (SIGE).
Afin que le Ministère soit globalement en capacité de mieux conduire la réforme du système, il est
décidé que soit mis en place, entre autres, un Institut National d’Études et de Recherche en Éducation
(INERE) qui, en utilisant systématiquement les données collectées dans le système, remplira à la fois
une multiple fonction académique, d’observatoire, de recherche et d’aide à la prise de décision en
matière de politique éducative. Cet institut16 avec un personnel composé d’universitaires indépendants
de la vie politique - constituera pour le MENFP un instrument de veille et de réflexion stratégique. À
cet effet, ses principales missions seront de:
• fédérer les expertises existantes au sein du monde académique et de la pratique éducative,
et développer de nouvelles expertises en matière d’éducation;;
• développer la réflexion critique et indépendante sur les différentes dimensions du secteur de
l’éducation ;;
• produire des instruments et outils d’évaluation à plusieurs niveaux du système;;
• accompagner le MENFP dans le déploiement des réformes éducatives ;;
• servir de réceptacle de recherche pour l’accueil des universitaires et des étudiants de 2e et 3e
cycles en sciences sociales et sciences de l’éducation en partenariat avec les universités
nationales et étrangères
• conduire de la recherche en partenariat avec les institutions universitaires nationales et
internationales en vue de guider et (ré) orienter les décisions publiques dans le domaine de
l’éducation ;;
• développer l’expertise sur l’enseignement supérieur en matière pédagogique et
organisationnelle ;
• assister le MENFP dans la conception et la production de matériels pédagogiques et
d’outils didactiques.
16
La mise en place de cet institut sera appuyée principalement par la Graduate School of Education de
l’Université de Pennsylvanie.
49
Favoriser le développement et l’usage des TICE à divers paliers du système éducatif
haïtien.
Objectif 1 : Renforcer les structures centrales et déconcentrées du MENFP.
Résultat attendu :
• Les structures centrales et déconcentrées du Ministère remplissent leurs missions efficacement
dans un cadre juridico-légal rénové.
Indicateurs de résultat :
• Nombre de dossiers traités trimestriellement par les DT et les DDE selon les normes établies ;
• Les dossiers à la charge des DT et des DDE sont correctement traités et dans les délais
appropriés ;
• Le nouveau cadre légal régissant le fonctionnement du Ministère est en application avant la
fin de 2012.
• Les différentes activités à développer sur la période pour obtenir les résultats souhaités sont
présentées dans le tableau suivant :
Tableau 2.1
Activités programmées pour le renforcement des structures du MENFP
Période d’exécution
Activités
17
Préparer et faire adopter la nouvelle loi organique du Ministère
2010/11
2011/12
X
X
Mettre en place le Conseil National d’Éducation et de Formation (CNEF)18
Mettre en place le Conseil d’Administration de l’ONAPE et de ses organes opérationnels
Mettre en place des «groupes de travail» pour appuyer les directions techniques et déconcentrées.
X
X
X
X
X
X
X
X
Mettre en place les Directions Générales Ajointes devant appuyer la Direction Générale respectivement sur
les questions pédagogiques, administratives et de planification.
20
2014/15
X
Transformer la Cellule de Pilotage en une Direction des Politiques Educatives et de la Coopération Externe.
Doter la Direction Générale et les Directions techniques en cadres techniques qualifiés,
véhicules, équipements informatiques et autres ressources matérielles nécessaires.
2013/14
X
Transformer la DPCE en une Direction des Statistiques, de l’Information et de la Prospective
Mettre en place et équiper l’Unité d’Etude et de Programmation (UEP)19
2012/13
X
X
X
X
X
X
17
Voir le manuel d’opération et de procédures pour le mandat et la composition du conseil. Il en est de même pour les
autres conseils et nouvelles structures envisagés dans le Plan.
18
. La mission de l’UEP est entre autres, de transformer en plan directeur les options politiques du gouvernement,
d’analyser, de suivre et d’évaluer les projets exécutés dans le secteur de l’éducation.
19
Ces groupes de travail seront constitués selon les axes du PO en tenant compte des besoins essentiels des Directions
20
Ces groupes de travail seront constitués selon les grandes fonctions du Ministère en tenant compte des besoins essentiels
des Directions.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Doter toutes les structures du Ministère d’instruments et d’outils de gestion.
X
X
X
X
Mettre en place au sein du MENFP une Unité de Technologie moderne
X
X
X
X
Assurer la formation et la certification du personnel du MENFP sur les TICE
X
X
X
X
Développer et mettre en place une politique d’utilisation des TIC dans le système
X
X
X
X
Mettre en place un dispositif moderne pour la préparation et l’administration des examens d’Etat
X
X
Instaurer au niveau central et déconcentré un système d’évaluation du personnel
X
X
X
Procéder à la réorganisation de la Direction des Affaires Administratives et de la DRH.
X
X
X
X
X
Fournir au PNCS toutes les ressources et l’accompagnement nécessaires à l’accomplissement de sa mission X
X
Doter la DAA d’outils et d’instruments nécessaires à la gestion des fonds fiduciaires
Former des cadres de la DAA en passations des marchés et en gestion financière
X
X
X
Elaborer dès la première année un document de politique pour l’alimentation scolaire
X
Développer au sein de la DSNE une politique21 nationale de santé scolaire
X
Elaborer, d’ici à la fin de 2012, un plan d’action EAHMS22
X
X
Construire et /ou réaménager les locaux des Directions Départementales et des Bureaux de Districts
Scolaires
X
X
X
Réorganiser et équiper l’administration des DDE en fonction de leurs nouvelles attributions et de leurs
X
charges de travail
X
X
X
X
X
X
X
Construire et équiper le nouveau bâtiment de l’administration centrale du Ministère de l’Éducation Nationale
et de la Formation Professionnelle
Objectif 2 : Renforcer les capacités de planification, de suivi et d’évaluation du MENFP.
Résultats attendus :
Un système d’information fiable et régulièrement alimenté facilite la prise de décision
stratégique
Les structures nouvelles (UEP, INERE) et rénovées (DPCE) jouent efficacement leur rôle et
contribuent à améliorer l’efficacité du système.
Indicateurs de résultat :
Des statistiques éducatives fiables et actualisées sur tout le système sont disponibles
annuellement et accessibles;
Toutes les décisions prises se basent sur les informations statistiques disponibles ;
Des études régulières sur la base des statistiques éducatives sont réalisées, publiées et
utilisées à bon escient ;
En vue d’atteindre l’objectif visé et obtenir les résultats attendus, il est nécessaire que soient
développées sur la durée les activités du tableau suivant :
21
Cette politique sera axée, entre autres, sur la promotion de la santé à l’école
22
EAHMS: Eau, Assainissement, Hygiène en Milieu Scolaire
51
Tableau 2.2
Activités à mener pour renforcer les capacités de planification du MENFP
Activités
Réaliser un recensement scolaire sur tout le territoire en utilisant le dispositif actuel (enquêteurs).
Période d’exécution
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
X
X
X
X
X
X
Mettre en place un système de collecte et de remontée systématiques des données statistiques fiables à travers
les structures déconcentrées (DDE, BDS, BIZ, etc.)
Mettre en place un système d’information de gestion (SIG) pour le secteur de l’éducation
X
X
Sensibiliser tous les acteurs de la chaine de production statistique à l’importance des données (dans le processus de
prise de décision)
X
X
Réaliser la carte scolaire
X
X
Mettre en place un dispositif de création d’outils et de mécanismes de suivi et d’évaluation
X
X
X
X
Créer et animer un espace de concertation dynamique entre les directions techniques et les directions départementales
X
X
X
X
Créer un Institut national d’Études et de Recherche en éducation (INERE)
X
X
X
X
X
Créer un Centre de Documentation propre à l’administration centrale
Assurer la formation des cadres du Ministère en gestion, administration et planification de l’éducation, management de
projet, approche-programme, etc.
X
X
X
X
Doter les Directions Départementales d’Éducation (DDE) en équipements, ressources humaines et d’un Centre de
Documentation proper
X
X
X
X
X
X
X
Organiser un atelier sur la planification et l’administration scolaire pour les Commissaires Municipaux d’Éducation des
10 départements
Objectif 3 : Renforcer les capacités du Ministère en matière de régulation, d’encadrement
et de contrôle des établissements scolaires du système.
Résultat attendu :
Les structures du Ministère chargées de l’accréditation, de l’encadrement et du contrôle des
établissements scolaires sont plus efficaces dans leurs missions.
Indicateur de résultat:
100% des établissements scolaires sont accrédités d’ici à la fin de 2015.
Le tableau ci-dessous présente les différentes activités qui doivent être nécessairement conduites sur la
période pour renforcer les capacités de régulation du ministère.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Tableau 2.3
Activités nécessaires pour le renforcement des capacités de régulation du MENFP
Activité
s
Période d’exécution
2010/11
2011/12
Elaborer un nouveau cadre normatif comprenant de nouveaux mécanismes d’application des normes
relatives à la régulation, à l’encadrement et au contrôle des établissements scolaires
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
Nommer de nouveaux cadres techniques et équiper en véhicules et matériels de bureau les DGA
X
X
Créer l’Inspection Général23 du Ministère
X
X
X
X
X
Réaménager et équiper tous les Bureaux de District Scolaire (BDS) en outils de suivi et d’évaluation, en
équipements de travail (motocyclettes, etc.) matériels de bureaux nécessaires à l’accomplissement de
leurs missions
15%
45%
80%
100%
Doter tous les BDS d’un centre de ressources 24
Fournir à tous les départements les ressources et l’encadrement nécessaires aux Services d’Appuis
Pédagogiques (SAP) et aux Services d’Appui à l’Enseignement Privé et au Partenariat (SAEPP)
15%
45%
70%
100%
X
X
X
X
Outiller tous les Bureaux d’Inspection de Zone (BIZ)25,
5%
55%
85%
100%
X
X
X
Organiser, pour les cadres du ministère, des ateliers sur la passation de marchés, la gestion des
ressources humaines, la gestion des fonds fiduciaire et l’inspection générale en éducation
Mettre en place un système d’encadrement et de reconnaissance graduelle des écoles non publiques
pour faciliter leur accréditation.
X
X
X
X
Objectif 4 : Améliorer la gouvernance et le pilotage du sous-secteur de la formation
professionnelle.
Résultat attendu :
•
La réingénierie du sous-secteur de la formation professionnelle est complètement
réalisée
Indicateur de résultat :
•
Un nouveau cadre d’organisation du secteur de la formation professionnelle est élaboré et
validé d’ici la fin de 2013.
23
L’inspection Générale sera un corps de contrôle auprès du Ministère qui remplira, en toute indépendance, une fonction
de conseil auprès du Ministre pour toutes les grandes décisions prises et à prendre. Composée de hauts fonctionnaires,
elle aura un regard sur les contenus, les méthodes pédagogiques et le personnel du Ministère, l’organisation et
l’administration des structures et du système éducatif.
24
Ce centre de ressources sera mis à la disposition des inspecteurs, des conseillers pédagogiques et des directeurs
d’écoles publiques et non-publiques
25
L’équipement des BIZ en outils sera accompagné d’un transfert de compétences et de responsabilités assorti d’une
marge d’autonomie et de dotation de ressources financières et matérielles leur permettant de remplir leur mission de
façon efficace.
53
Sur les cinq prochaines années, il est nécessaire de réaliser les activités inscrites dans le tableau cidessous pour parvenir à l’amélioration du sous-secteur de la formation professionnelle.
Tableau 2.4
Activités pour améliorer la gouvernance du sous-secteur de la formation professionnelle
Activités
Période d’exécution
2010/11
2011/12
Effectuer le diagnostic institutionnel de l’INFP
X
X
Définir les mécanismes de gouvernance et de pilotage du système de formation professionnelle.
X
2012/13
2013/14
2014/15
Développer des instruments et outils de management du sous-secteur
X
Élaborer le plan d’appui institutionnel de l’INFP
X
Mettre en œuvre les nouveaux mécanismes26 de gouvernance et de pilotage du système de
formation professionnelle
X
X
X
X
Réaliser et mettre en œuvre un plan de perfectionnement des différents gestionnaires et formateurs du
sous-secteur de la formation professionnelle
X
X
X
X
Objectif 5 : Améliorer le cadre de gouvernance
de
l’enseignement
supérieur
Résultats attendus :
Un nouveau dispositif institutionnel et managérial pour le pilotage de l’enseignement supérieur est opérationnel ;
Toutes les structures du sous-secteur de l’enseignement supérieur sont bien imbues de
leurs missions et respectent les limites de responsabilité établies pour chaque acteur ;
Indicateurs de résultat :
Les dispositions légales portant sur l a création et l ’organisation du CNES et du MESRI
sont publiées avant la fin de 2012 ;
Les documents d’orientation managériale préparés par le conseil des recteurs sont
disponibles et exploités dès 2012 ;
Un document sur les principes directeurs relatifs au management des IES élaboré par la conférence
des Recteurs et des Présidents d’universités, est publié avant la fin de 2012.
Pour obtenir les résultats attendus, le tableau suivant présente la liste des activités nécessaires à
réaliser sur la période.
26
Ces mécanismes envisageront, entre autres, et à terme, la création d’un nouvel inspectorat régional.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Tableau 2.5
Activités pour améliorer le cadre de gouvernance de l’enseignement supérieur
Période d’exécution
Activités
2010/11
Élaborer un arrêté présidentiel formant le Conseil National de l’Enseignement Supérieur (CNES)
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
Mettre en place le Conseil National de l’Enseignement Supérieur
X
Élaborer un projet d’acte constitutif et de statuts pour la Conférence des Recteurs
X
Réaliser la première Conférence des Recteurs et des Présidents d’institutions d’enseignement supérieur
X
Préparer le diagnostic détaillé sur la situation de chaque établissement d’enseignement supérieur
X
Élaborer une loi d’orientation sectorielle pour l’enseignement universitaire et non universitaire
Créer une Commission de travail sur le développement de l’enseignement supérieur
2011/12
X
X
X
Mettre en place le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Axe 2: Curriculum et Programmes
Recommandation : Restructuration des curricula et programmes en fonction de la nouvelle
vision éducative
Dans le cadre de la refondation nationale, l’École haïtienne se donne pour mission – en assurant
pleinement sa fonction unificatrice - de participer à la socialisation et à l’éducation de citoyens
modernes (ouverts, critiques, vigilants, participatifs, conscients de leurs droits et respectueux de leurs
devoirs et responsabilités) nécessaires au développement véritable du pays. Le principal dispositif par
lequel l’École fera ce travail demeure le Curriculum, qu’il s’agit désormais de réorienter pour
permettre la construction d’un système d’éducation et de formation qui soit en adéquation avec les
besoins de l’économie nationale; d’une éducation de qualité appuyée sur un socle commun de
connaissances, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-vivre ensemble.
En règle générale, le Curriculum poursuit un certain nombre d’objectifs qui supportent les choix, les
décisions et les actions reliés aux finalités assignées à l’éducation. Il organise le travail à l’école et la
vie scolaire. Il se fonde sur une vision inclusive et prospective de l’éducation, pour qu’elle contribue
à l’épanouissement de tous ceux qui y sont engagés et au plein développement de la société.
Le Curriculum, assurant l’articulation entre les cycles et les niveaux d’enseignement, inclura la
définition des profils de sortie des élèves à partir de la vision exprimée du citoyen dont souhaite se
doter la société haïtienne à la fin d’un cursus rigoureusement fixé et de durée variable (soit 4 ans pour
55
le cycle d’alphabétisation ; 9 ans pour le cycle fondamental complet ; au total 15 ans en partant du
préscolaire à la fin du secondaire).
Au même titre que la problématique du bilinguisme équilibré, la santé scolaire et l’éducation à la
citoyenneté, une attention particulière sera donnée à l’éducation physique et sportive des élèves
(niveau fondamental et secondaire) afin d’améliorer leurs possibilités d’adaptation motrice, d’action
et de réaction à leur environnement physique et humain. Comme les notions portant sur le leadership,
le sens du devoir et la créativité, les notions essentielles des programmes de l’enseignement sur
l’Éducation Physique et Sportive (EPS), décidés en concertation avec le Ministère de la Jeunesse et
des Sports, seront un élément du socle commun de compétences pour les ordres d’enseignement
concernés.
Le nouveau curriculum, qui sera national, se composera du cadre de réglementation de l’école, de
programmes explicitant des contenus et méthodes organisés pour faciliter la réalisation des cycles
d’études et la maîtrise du socle commun de compétences par tous les apprenants qui s’y seront
engagés. C’est ainsi qu’il sera revisité et refondu en fonction de la nouvelle vision du système.
Autrement dit, les règlements, les objectifs, les programmes, les contenus, les méthodes
d’enseignement et d’apprentissage seront définis dans le curriculum et reflèteront les finalités de la
refondation du système.
Pour ce faire, le MENFP entend renforcer les capacités de sa Direction du Curriculum et de la
Qualité (DCQ) dont la mission première - outre le contrôle de la qualité - est de définir et développer
le curriculum de l’école et les programmes d’enseignement.
Objectif : Fournir à l’École haïtienne le cadre curriculaire et l’ensemble des programmes nécessaires
à la formation de citoyens et citoyennes haïtiens, modernes imprégnés de valeurs humaines,
sociales, culturelles et politiques de justice et de progrès.
Résultats attendus :
Les programmes intègrent le socle commun de connaissances et de compétences à tous les
niveaux du système;
Le système éducatif dispose d’un curriculum rénové présentant, entre autres, le profil du
nouveau (de la nouvelle) citoyen(e) haïtien(ne) et le cadre d’enseignement/apprentissage.
Indicateurs de résultat
:
Un document de révision ou d’adaptation des programmes scolaires en fonction du socle
commun de connaissances et compétences est disponible d’ici 2013 ;;
Une loi exigeant la mise en application dans tous les établissements scolaires des nouveaux programmes et d’un curriculum rénové est publiée avant la fin de 2013 ;
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
100% des établissements scolaires du pays utilisent le curriculum rénové d’ici à 2014.
Les principales activités devant conduire à cette restructuration des curricula et programmes
sont indiquées dans le tableau suivant.
Tableau 2.6
Activités pour la restructuration des programmes et curricula
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
Définir le socle commun de connaissances, de compétences et d’attitudes pour l’ensemble du système éducatif (Petite enfance,
Préscolaire, fondamental et secondaire, formation professionnelle et alphabétisation)
X
Analyser et Adapter les programmes à la lumière du socle commun de connaissances et de compétences
X
X
Développer des programmes pour le 3ème cycle fondamental
X
X
Élaborer de nouveaux programmes selon le socle commun de connaissances et compétences pour l’ensemble du
fondamental
Établir la congruence entre les domaines, les disciplines, les compétences transversales
Définir les niveaux de maîtrise attendus dans les compétences disciplinaires et transversales pour tous les niveaux
X
X
X
X
X
X
X
Introduire dans les nouveaux curricula du fondamental et du secondaire des programmes d’éducation physique et sportive
(EPS)
Développer dans les curricula des programmes d’éducation à la citoyenneté
27
Élaborer une stratégie d’aménagement linguistique prenant en compte l’utilisation équilibrée du créole et du français
X
X
X
X
2013/14
2014/15
X
Concevoir et développer de nouveaux curricula pour la formation des enseignants
X
Élaborer et faire voter un projet-loi sur le nouveau Curriculum
X
Introduire la notion TICE dans les curricula
X
Mettre en place au sein de la DCQ un groupe d’appui à l’élaboration et au développement du nouveau
Curriculum et à l’homologation des manuels scolaires adaptés
2012/13
X
X
Doter la DCQ en ressources humaines et matérielles nécessaires (cf gouvernance)
X
X
Mettre en place une politique de manuels scolaires pour l’ensemble du système (préscolaire-secondaire)
X
X
Développer les outils didactiques relatifs à l’application des nouveaux curricula et programmes
Inclure dans le curriculum l’apprentissage et l’utilisation de l’anglais et l’espagnol comme langues secondes
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Axe 3: Formation et perfectionnement
Recommandation : Formation et développement professionnel des diverses catégories de
personnel du Ministère
Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, pour remplir efficacement
ses fonctions et attributions, misera sur les efforts et contributions de tous les personnels du système à
quelque niveau auquel ils appartiennent. Cependant, ces derniers ne pourront pas fournir le niveau de
27
Le CFCE établira un partenariat avec le CEFOPAFOP pour assurer les services de formation
57
services requis et/ou attendu s’ils ne sont pas suffisamment compétents, outillés, motivés et placés
dans un environnement de travail propice à une nouvelle culture institutionnelle et à leur
développement professionnel. Ce problème auquel est confronté le MENFP depuis plusieurs années,
se trouve aujourd’hui aggravé suite au séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui a causé, entre
autres, la mort de nombreux cadres du système. Pour assurer cette nouvelle philosophie de gestion
des ressources humaines, la stratégie du MENFP consiste à mettre en place des mécanismes de
renforcement des capacités de tous les personnels (des cadres supérieurs aux personnels de soutien en
passant par les enseignants, directeurs d’écoles et inspecteurs) du système éducatif selon un
processus de formation initiale et continue, certifiée et valorisée à travers un plan de carrière. En
1997, outre des dispositifs et/ou stratégies de formation des enseignants, des directeurs et inspecteurs
d’écoles et des conseillers pédagogiques, le Plan National d’Éducation et de Formation (PNEF)
élaboré par le MENFP avait prévu la création d’un Centre de Formation des Cadres en Éducation
(CFCE). Mais ce dernier, aussi bien que les autres structures dévolues à la formation des maîtres,
est loin de répondre aux besoins de formation des cadres, ce qui contraint le Ministère à recourir en
permanence aux services de consultants pour des tâches qui sont de la responsabilité des agents du
système.
Dans le cadre de la refondation du système éducatif qui implique un nouveau virage, le MENFP
entend développer de nouvelles stratégies pour assurer la formation des personnels de l’éducation et
par voie de conséquence développer le professionnalisme chez les différentes catégories de
personnel du système éducatif (public et non public). Alors que la formation continue des
personnels pédagogiques et administratifs des écoles sera assurée à travers les EFACAP (sous la
supervision de la DFP qui connaitra une transformation en profondeur), la formation initiale des
enseignants du préscolaire et du fondamental28 sera prise en charge par les Facultés des Sciences de
l’Éducation (FSE) des universités accréditées. À cet effet, les structures comme les Écoles Normales
d’Instituteurs (ENI) et les Centres de Formation des Enseignants du Fondamental (CFEF) qui assurent
cette formation seront transformées en institutions de formation des maîtres et seront rattachées aux
universités en question tout en constituant des centres de ressources pour les élèves-maîtres.
Parallèlement, les enseignants du secondaire recevront une formation disciplinaire dans les universités
avant qu’il leur soit fournie la formation pédagogique. Cette formation pédagogique sera offerte à
travers les institutions de formation ou les FSE qui auront également la responsabilité d’assurer leur
formation continue. Outre le réaménagement du CFCE, un renforcement tant en ressources
humaines, matérielles que sur le plan de la gestion est aussi envisagé de manière à l’habiliter à
assurer effectivement la formation et le développement professionnel des cadres du Ministère.
28
Dès la première année de mise en œuvre du plan, le profil d’entrée dans les institutions de formation initiale à
exiger pour les élèves-maîtres des deux premiers cycles du fondamental sera au moins l’équivalent du Bacc II réussi .
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
La formation du personnel de soutien sera assurée tant par le CFCE29 (lorsqu’il s’agit du
développement de l’éthique et de la culture institutionnelle) que par les centres de formation
professionnelle (lorsqu’il s’agit de la connaissance du métier).
Le développement de ces stratégies envisagées par le MENFP lui permettra de proposer aux
employés des parcours adaptés à leurs besoins et une possibilité de développement personnel tout au
long de leur cheminement professionnel. L’inscription de chacun dans un tel cadre pourra garantir le
maintien d’un haut niveau de compétences, d’employabilité et de performance au travail, et faciliter
les évolutions pour mieux affronter les défis de l’avenir. Quant aux enseignants, dont les statuts seront
revus, ils pourront en outre développer beaucoup mieux au profit de la qualité de l’éducation - leurs
capacités d’analyse, leur sens critique, leur esprit d’initiative, leur passion pour l’enseignement et
pour l’apprentissage des élèves qui se traduiront par une capacité des élèves à développer des
schémas logiques de pensée et d’attitudes pour mieux s’intégrer et agir dans la société moderne.
Dans cette perspective, deux grands objectifs sont retenus dans ce plan opérationnel : (i) Assurer le
développement ou perfectionnement professionnel des personnels du système; et (ii) Améliorer la
gestion des ressources humaines (GRH) et les conditions de travail des personnels du système.
Objectif 1 : Assurer le développement professionnel des personnels du système
Résultats attendus :
Tous les employés du Ministère connaissent parfaitement leurs attributions, s’approprient
et participent à la culture de l’institution ;;
Les différentes catégories de personnels du secteur public et non public maîtrisent de
nouvelles techniques et habilités nécessaires à l’accomplissement de leurs missions ;;
Indicateurs de résultat
:
Le degré d’engagement de tous les employés dans la réalisation de leur travail est très
élevé d’ici à 2015 ;;
Au moins 80% des cadres du ministère développent un fort « sentiment d’efficacité
professionnelle » dans l’accomplissement de leurs tâches d’ici à 2015 ;;
100% des employés adoptent de nouveaux comportements et de nouvelles pratiques
professionnelles efficaces avant la fin de 2014 ;
29
Le CFCE établira un partenariat avec le CEFOPAFOP pour assurer les services de formation
59
Au moins 18% des agents 30 du secteur non public possèdent de nouvelles capacités
professionnelles d’ici à la fin de 2015.
Sur la période considérée, les principales activités qu’il faudra réaliser pour arriver à un
développement professionnel effectif des personnels sont inscrites dans le tableau ci-dessous.
Tableau 2.7
Activités pour le développement professionnel des personnels du système
Période d’exécution
Activités
2010/11
Réaliser un recensement de tous les agents du système éducatif à tous les niveaux en spécifiant leur statut,
leur niveau de formation et les postes occupés
X
Faire une évaluation des besoins en formation des différentes catégories de personnels
X
2011/12
X
Élaborer une politique de formation et de développement professionnels des personnels
X
Mettre en place un système de formation à distance au profit des cadres et des enseignants
X
Élaborer et mettre en place des programmes de formation sur mesure adaptée à chaque groupe selon les
responsabilités
2013/14
2014/15
X
X
X
X
Établir un référentiel de compétences par catégorie de personnel
Former les cadres de l’administration centrale et des DDE à la maîtrise et des instruments et des
techniques de gestion des ressources humaines
2012/13
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Encourager la formation des personnels et faciliter leur entrainement au travail
X
X
Procéder à l’évaluation de tous les dispositifs de formation des maîtres existants
X
X
Transformer graduellement les ENI et les CFEF en institutions de formation des maîtres
X
X
X
X
Assurer la formation continue de 100% des personnels du secteur public et d’au moins 18% de ceux du
secteur non public
26%
44%
63%
81%
100%
4%
7%
12%
15%
18%
Réhabiliter/Reconstruire le Centre de formation des cadres de l’éducation (CFCE)
X
Doter le CFCE en ressources humaines, en équipements et en matériels de formation et infrastructures le
rendant apte à remplir sa mission
X
X
X
X
X
Établir un cadre de partenariat entre les Facultés des Sciences de l’Éducation, les CFEF et les
Écoles Normales d’Instituteurs pour la formation initiale des enseignants et du personnel
pédagogique.
Objectif 2 : Améliorer la GRH et les conditions de travail des personnels du système
Résultat attendu:
•
Un nouvel environnement de travail plus motivant, facilitant le plein rendement
des diverses catégories de personnels et le développement de leur sentiment
d’appartenance institutionnelle, est mis en place.
Indicateurs de résultats :
30
100% des cadres disposent d’un espace de travail approprié à leurs fonctions d’ici à
2015 ;
Le nombre d’enseignants qualifiés dans le non public est de 18% (manuel d’opération Projet IEGC/EPT,
2010 :9). L’objectif est de doubler la proportion d’enseignants qualifiés dans le non public (passant de 18% à
36% à l’horizon de 2015).
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
100% du temps de travail des employés est réellement fourni d’ici à 2015 ;;
Au moins 80% des promotions annuelles sont accordées sur la base de compétences et
performances au travail.
Le tableau suivant précise les principales activités nécessaires à développer pour parvenir à une
amélioration de la GRH.
Tableau 2.8
Activités programmées pour améliorer la GRH du MENFP
Activités
Réaliser un audit de la GRH dans le secteur de l’éducation
Période d’exécution
2010/11
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
X
Préparer et mettre en œuvre un nouveau plan de gestion rationnelle fondé sur le principe de la valorisation
du personnel
Concevoir et développer une base de données sur les personnels de l’éducation
2011/12
X
X
Procéder à la révision des statuts des personnels enseignant et non enseignant du système
X
Définir un plan de carrière et de promotion pour les personnels du système
X
Mettre en place une politique de valorisation des acquis et de l’expérience
Mettre en place un mécanisme de valorisation du travail du personnel
X
X
X
X
X
Mettre en place des mécanismes incitatifs incluant l’octroi d’avantages sociaux aux différentes catégories de
personnel
X
Élaborer, au regard de la loi sur la fonction publique, un projet de loi relatif à la carrière des personnels du
système éducatif et spécifiant le statut particulier des enseignants
X
Développer et mettre en œuvre une politique d’amélioration de la condition enseignante et de revalorisation
de la fonction
X
X
X
X
61
Axe 4 : Petite enfance, obligation et gratuité scolaires
Recommandation : Prise en charge de la Petite Enfance, obligation et gratuité sco- laires aux
trois cycles du fondamental
4a) Prise en charge de la Petite Enfance (0-3 ans)
La prise en charge de la petite enfance constitue à la fois une préoccupation et un défi de taille pour
l’État haïtien, signataire de toutes les conventions sur les droits et la protection de l’enfant et soucieux
de préparer la nouvelle société haïtienne dès les premiers moments de la vie de l’enfant. En Haïti, on
enregistre des taux de mortalité infantile très élevé, avec parfois des pics de l’ordre de 50% dans la
tranche d’âge de 0 à 5 ans, indique l’Institut Haïtien de l’Enfance. Cet état de fait, dû principalement à
la malnutrition, aux maladies diarrhéiques et aux infections respiratoires aiguës, s’explique par les
mauvaises conditions liées à la misère, à l’ignorance et à la faiblesse des services de santé
disponibles. Face à cette situation, le gouvernement s’engage à mettre en œuvre une politique de
prise en charge de la petite enfance dont la finalité est de permettre aux enfants, notamment ceux des
familles les plus pauvres, de vivre et de grandir en bonne santé physique, émotionnelle et mentale.
Les actions stratégiques retenues porteront, pendant l’opérationnalisation du Plan, sur la mise
en place d’un environnement institutionnel et de dispositifs de prise en charge adéquats,
l’amélioration de l’offre de services sanitaires materno-infantiles avec un accent marqué sur la
formation et l’encadrement des familles.
Objectif 1 : Assurer la protection et le développement intégral de la Petite Enfance
Résultat attendu :
•
Les enfants de 0-3 ans grandissent dans un environnement légal et reçoivent les
services nécessaires à leur développement.
Indicateurs de résultats
:
Une loi portant organisation de la protection et le développement de la petite enfance
est publiée avant la fin de 2012 ;
Les dispositifs pour la prise en charge des enfants de 0-3 ans sont mis en place dès
2011.
Pour atteindre cet objectif de protection et développement de la petite enfance, les autorités
concernées s’engagent à réaliser durant les cinq prochaines années les activités du tableau suivant.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Tableau 2.9
Activités nécessaires sur la période pour le développement de la petite enfance
Activités
Période d’exécution
2010/11
Effectuer une analyse de la situation de la Petite enfance à l’échelle nationale
X
Présenter aux fins de validation ce document de politique aux acteurs clés du sous-secteur
X
Préparer un Plan de Communication pour la promotion du Cadre de Politique pour le DIPE
2013/14
2014/15
X
X
Élaborer et présenter à l’Exécutif et au Parlement l’avant-projet de loi en faveur de la petite enfance préparé
par le Comité Technique National (CTN) pour le DIPE
Faire un plaidoyer auprès des Ministères concernés pour le développement et l’adoption d’un Code de la
Famille
2012/13
X
Finaliser le document de politique sur la petite enfance
Réaliser, à l’échelle nationale et de concert avec les autres ministères impliqués, une campagne de
sensibilisation sur la situation des enfants et sur leur besoin de protection
2011/12
X
X
X
X
X
X
Instaurer des mécanismes de financement pour le DIPE
X
Construire et équiper un centre pour enfants (SAPOTI) 31 par département pour la prise en charge
quotidienne d’enfants de 0-3 ans
2
2
3
3
X
X
X
X
Développer et mettre en œuvre un programme de formation du personnel des SAPOTI
X
X
X
X
Concevoir des programmes de formation des parents en matière de DIPE
X
Réaliser dans chaque SAPOTI des séminaires de formation à l’intention de 100 parents, agents
multiplicateurs, sur la prise en charge des enfants de 0-3 ans.
X
X
X
X
Doter chaque centre construit du personnel nécessaire (fonctionnaires de l’État)32 pour la prise en charge
des enfants.
X
Objectif 2 : Renforcer la gouvernance du sous secteur de la Petite Enfance
Résultat attendu :
Les structures de prise en charge de la Petite Enfance sont renforcées, opérationnelles et
efficaces dans l’accomplissement de leurs missions.
Indicateurs de résultat :
31
Des ressources matérielles et immatérielles sont disponibles pour la DIPE avant la fin de
2012 ;
Sant Pou Ti moun
32
Le personnel se composera, entre autres, de Travailleurs sociaux, de psychologues, d’infirmières, de
moniteurs/monitrices, etc.
63
Des rapports périodiques ou documents de travail des structures constituées sont
disponibles dès la fin de 2011.
Pour assurer le renforcement de la gouvernance du sous secteur de la petite enfance, le tableau
suivant indique les activités à développer sur la période considérée.
Tableau 2.10
Activités pour le renforcement de la gouvernance du sous-secteur de la Petite Enfance
Activité
s
Période d’exécution
2010/11
2011/12
Transformer le BUGEP en une Direction de la Petite Enfance (DPE)
X
Doter la DNPE en équipements et matériels nécessaires33
X
Recruter 13 nouveaux cadres techniques pour la DNPE
X
Mettre en place, au profit du DIPE, un cadre de partenariat entre le MENFP et le secteur privé
X
Mettre en place une Commission Nationale Multisectorielle (CNM) 34, pour les grandes orientations
relatives au DIPE
X
Mettre en place le CTN du DIPE
X
Mettre en place un comité multisectoriel départemental du DIPE
X
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
Mettre en place le Comité Multisectoriel communal
X
X
Former tous les comités multisectoriels constitués sur les aspects relatifs au DIPE
X
X
Développer et mettre en place des mécanismes et outils de suivi-évaluation de la mise en œuvre
de la politique sur le DIPE
X
X
4b) Prise en charge des enfants de 4 et 5 ans au préscolaire
En 2007, le document de Stratégie Nationale Pour l’Éducation Pour Tous (SNA/EPT) et son plan
triennal de mise en œuvre (PMO) ont identifié le sous-secteur préscolaire (petite enfance 4-5 ans)
comme étape importante de la vie de l’enfant et du développement de la personne en direction de
laquelle des actions spécifiques devraient être engagées. Cette volonté du gouvernement de
développer ce sous-secteur s’inscrit dans une double logique. D’une part, il s’agit pour l’État de
réduire les disparités dues, entre autres, à une demande sociale pour l’éducation préscolaire et
d’autre part, de prendre en charge le plus tôt et rapidement possible les enfants de manière à limiter
les inscriptions et /ou rentrées tardives au fondamental qui alimentent le phénomène des surâgés dans
le système. Une telle disposition permettra, entre autres, de mieux préparer les enfants – par le
développement des aptitudes sociales et cognitives - à une bonne transition vers le fondamental et,
par voie de conséquence, mieux combattre l’échec scolaire dans les deux premiers cycles.
33
La DNPE, comme direction technique du MENFP, sera également dotée de ressources financières nécessaires à
l’accomplissement de sa mission (cf. : axe sur la gouvernance).
34
La commission, composée du MPCE, MEF, MENFP, MSPP, MCFDF, MAST, MJSP, MTPTC, MICT, des partenaires
techniques et financiers et de la société civile (Associations, ONG), aura également pour mandat de développer des
stratégies de levée de fonds pour le DIPE, notamment pour la construction et l’équipement de SAPOTI.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Pour les cinq prochaines années, une attention particulière est portée sur les enfants âgés de 4 et 5 ans
(qui passeront de 489670 à 540635) dont la préscolarisation les prépare mieux tant sur les plans
affectif, cognitif qu’émotionnel pour le cycle fondamental.
Les différentes mesures stratégiques et objectives arrêtées par le MENFP portent sur la création dans
les écoles fondamentales publiques de deux (2) salles préscolaires équipées destinées à accroître
l’offre publique. Il est aussi prévu, pour renforcer la qualité de l’offre, le recrutement et la formation de
moniteurs, la réduction de la taille des classes, l’amélioration des programmes et des conditions
d’encadrement des enfants ainsi que des actions relatives à la santé et la nutrition pour faciliter
l’apprentissage scolaire.
Objectif 1 : Augmenter
l’accès
des
enfants
de
4
et
5
ans
à
l’éducation
préscolaire
publique
Résultat attendu :
Les capacités d’accueil du secteur public pour la prise en charge des enfants du
préscolaire augmentent.
Indicateurs de résultats
:
100% des écoles fondamentales publiques disposent de deux salles préscolaires
équipées d’ici à 2015 ;;
La proportion d’enfants de 4-5 ans dans le préscolaire public passe de 7% à 40% avant la fin
de 2015.
L’obtention du résultat attendu exige la réalisation des activités inscrites dans le tableau suivant.
Tableau 2.11
Activités programmées sur la période pour assurer l’accès à l’éducation préscolaire
Activités
Période d’exécution
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
1073
951
1359
2005
3115
100%
100%
100%
100%
100%
Construire des aires de jeux extérieurs dans toutes les écoles publiques existantes et
nouvellement construites
10%
40%
65%
85%
100%
Recruter 8353 nouveaux moniteurs pour les salles nouvellement construites pour compenser les
déperditions de moniteurs.
785
960
1383
2048
3177
Construire une (1) salle préscolaire additionnelle dans les 146 écoles publiques fondamentales existantes
(non détruites) disposant déjà d’une salle préscolaire
Construire 8 357 salles préscolaires publiques
Équiper toutes les salles préscolaires construites en mobilier et matériels didactiques
65
Objectif
2
:
Améliorer
la
qualité
de
l’éducation
préscolaire
Résultat attendu :
Les enfants du préscolaire évoluent dans un meilleur environnement d’apprentissage et de
stimulation.
Indicateurs de résultats :
Le niveau de changement observé chez les moniteurs dans l’application des méthodes et
pratiques pédagogiques;
100% des enfants du préscolaire public disposent de matériels didactiques d’ici à 2015;;
Tous les enfants du préscolaire public bénéficient chaque jour d’école d’un repas
équilibré à partir de 2011.
L’ensemble des activités à mener sur la période pour améliorer la qualité de l’éducation préscolaire
sont indiquées dans le tableau suivant.
Tableau 2.11
Activités nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’éducation préscolaire
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
Finaliser et distribuer les programmes détaillés pour le préscolaire
X
Homologuer les matériels didactiques existants sur le marché de concert avec la DCQ
X
X
X
X
X
Acquérir des mobiliers, des jeux de cour et les matériels éducatifs pour toutes les classes préscolaires
des 4 et 5 ans
20%
45%
60%
85%
100%
Former tous les directeurs d’école en matière d’éducation préscolaire
26%
44%
63%
81%
100%
Former tous les inspecteurs du fondamental de façon à les habiliter à superviser les classes préscolaires
26%
44%
63%
81%
100%
2170
3529
5534
8650
X
X
Établir les contenus de la formation initiale et continue des moniteurs/enseignants préscolaires de
concert avec la DFP
Assurer la formation continue des 8650 moniteurs du secteur public
X
1220
Intégrer dans le curriculum de la formation des moniteurs / enseignants des notions sur la santé
mentale et physique des enfants incluant la protection et la nutrition
Sensibiliser les parents du préscolaire sur la nutrition et la protection incluant les notions d’hygiène et
les méthodes de prévention des maladies infantiles
X
X
X
X
X
Fournir un repas équilibré à tous les enfants du préscolaire public
100%
100%
100%
100%
100%
Administrer dans toutes les écoles des doses de vaccination et de vitamines à 100% des enfants de 4
et 5 ans avec le concours du MSPP
30%
45%
60%
85%
100%
4c) Obligation et gratuité scolaires au fondamental
Le développement de l’offre d’éducation fondamentale à toutes les couches sociales de la population
demeure depuis des décennies la plus grande des préoccupations du gouvernement haïtien. Cette
préoccupation, inscrite dans la constitution de 1987 qui fait injonction à l’État de rendre
l’enseignement primaire (les deux premiers cycles du fondamental) obligatoire, gratuit et accessible à
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
tous, a été exprimée à travers les diverses initiatives et les différents engagements pris par l’État
depuis la Conférence de Jomtien en 1990 sur l’Éducation pour Tous jusqu’au Forum de Dakar
(2000). Toutefois, malgré les efforts consentis par le gouvernement ces dernières années, les
problèmes chroniques auxquels le système éducatif est confronté (limitations de ressources, mauvaise
gouvernance, déficiences structurelles, etc.) empêchent la mise en application effective de cette
politique. L’offre publique est très limitée, Par conséquent des centaines de milliers d’enfants en âge
scolaire (plus de 500 000), notamment ceux issus des familles les plus pauvres se retrouvent en attente
de scolarisation, le système regorge de surâgés - dus plus particulièrement à des inscriptions tardives
– ce qui réduit sa capacité d’accueil.
Bien avant le tremblement de terre ayant décapitalisé les familles haïtiennes, le coût de l’éducation s’était
révélé trop élevé pour les ménages et était considéré comme un obstacle à l’accès et un
déterminant de l’abandon scolaire. Dans le cadre de la refondation et la restructuration du
système éducatif, le gouvernement renouvelle sa détermination à mettre en application la politique de
gratuité35 et d’obligation scolaires afin que tous les enfants vivant sur le territoire national puissent
intégrer gratuitement le système éducatif d’ici 2015, y recevoir une éducation de qualité et achever le
cycle fondamental.
Pour que tous les enfants puissent être accueillis à l’école et bénéficier d’un bon environnement
d’apprentissage, le MENFP envisage un ensemble de stratégies basées sur la demande sociale et qui
tiennent compte des fortes différences d’âge et des capacités cognitives entre les enfants qui sont déjà
dans le système et ceux qui n’y sont pas encore. Ces stratégies, en vertu des objectifs poursuivis et
des résultats attendus, portent sur : (I)l’accroissement de l’offre publique par la construction, selon les
normes parasismiques et autres, de nouvelles salles de classe équipées, (II)l’utilisation optimale des
infrastructures scolaires à travers la double vacation, (III)la qualification et l’encadrement du corps
enseignant, (IV)la dotation des écoles en manuels et fournitures scolaires pour les élèves,
l’encadrement des apprenants selon leurs besoins spécifiques, (VI)l’amélioration des conditions
nutritionnelles par les services de cantine scolaire, (VII) la régulation des flux tant par l’introduction
de la promotion automatique à l’intérieur des cycles (1ère, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème AF) que
par la réduction du redoublement dont le taux n’excédera pas 5% dans les autres classes,(VIII)
l’extension des programmes scolaires accélérés et l’appui aux écoles du secteur non public respectant
les normes du MENFP. Outre ces stratégies portant sur le développement de l’offre publique, des
mesures seront prises, en vue d’une mise en application effective, soutenue. et équitable de la
politique de gratuité scolaire, pour (i) subventionner les élèves - notamment ceux issus des familles
les plus défavorisées- scolarisés dans le non public et (ii) abolir les frais scolaires dans les
35
La cartographie scolaire et les conclusions des études sur les frais scolaires faciliteront la prise de décision sur la mise
en application de cette politique.
67
établissements publics. En guise de compensation, l’administration centrale s’engagera à fournir aux
établissements scolaires et aux Directions Départementales d’Éducation - dont une partie des frais
de fonctionnement provient des contributions scolaires- les moyens financiers nécessaires à leur bon
fonctionnement. Ces moyens financiers, qui constitueront leurs budgets de fonctionnement, seront
déterminés à travers une étude et intégrés dans le budget de la République dédié à l’éducation.
Comme évoqué dans les éléments de diagnostic, on estime à plus de 1 500 000 élèves, soit environ
72% des effectifs des deux premiers cycles du fondamental, le nombre des élèves surâgés (enfants
dépassant d’au moins 2 ans l’âge légal du niveau ou de l’année d’études) dans les salles de classe. Ce
phénomène des surâgés, caractéristique du système, limite les places disponibles dans les écoles,
affecte son efficacité interne et décourage les élèves, favorisant ainsi la déperdition scolaire. Il est
donc nécessaire que des dispositifs soient mis en place pour améliorer leur flux dans les
établissements. C’est ainsi qu’un grand nombre de ces enfants surâgés se verront orienter vers des
programmes de formation accélérée.
Quant aux enfants hors du système, ils intégreront le système de manière progressive et selon des
formules stratégiques différenciées. Pour les enfants d’âge légal, des regroupements par classe d’âge
(6-7 ans, 8-9 ans, 10-12 ans,) seront effectués de manière à les orienter, après un test de compétences,
dans des classes adaptées (classes multigrades) à leurs niveaux et à leurs âges. Et des programmes
d’étude spécifiques basés sur un socle de compétences essentielles pour une mise à niveau d’une durée
variable allant jusqu’à 4 ans seront développés. Ces programmes, conçus selon l’âge des enfants et
leurs acquis, leur permettront de réintégrer graduellement le système (cycle) normal ou de s’orienter
vers la formation technique et professionnelle.
En ce qui concerne les enfants âgés de 13-15 ans (surâgés dépassant l’âge légal des deux premiers
cycles du fondamental), ils seront pris en charge par un programme accéléré de 3 ans, incluant une
introduction à la formation professionnelle, et qui recouvre les notions essentielles du socle commun
de compétences. Ce programme accéléré sera un reformatage du programme d’éducation non
formelle piloté par la DEF.
En plus de l’identification de ces enfants par les CASEC, ASEC et les CME, l’année scolaire 2010-11
sera consacrée à la préparation de l’ouverture de ces classes adaptées. La première cohorte d’enfants
sera accueillie à la rentrée 2011-12.
Des mesures d’accompagnement seront mises en place afin d’assurer la qualité des enseignements
dispensés et un environnement favorable aux apprentissages. Il s’agira notamment, comme pour tout
le système, de mener des inspections pédagogiques régulières, de fournir du matériel didactique aux
enfants et de mettre en place un système d’aide au devoir personnalisé. L’efficacité ou le succès de
toutes ces mesures est conditionnée par les dispositions qui sont envisagées pour améliorer la
gouvernance du sous-secteur par le renforcement des capacités des structures chargées du fondamental
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
et par une forte implication de la communauté dans la vie de l’école à travers les associations de
parents d’élèves (APE), les conseils d’écoles (CE) et les CME.
Parallèlement aux actions pour la scolarisation universelle, le développement du 3ème cycle
fondamental qui conduira à l’enseignement fondamental complet de neuf (9) années - dont la
gratuité et l’obligation sont envisagées à partir de 2021- sera assuré. La stratégie retenue par le
gouvernement à cet effet consiste à accroître de façon optimale et par divers mécanismes l’offre
publique à ce niveau d’enseignement. Pendant la durée du plan, et aussi dans une perspective de
détacher le fondamental 3 du secondaire traditionnel actuel, les actions du MENFP porteront
particulièrement sur (i) la construction et l’équipement de nouvelles salles de classe additionnelles dans
certaines écoles fondamentales de deux cycles où il y a une forte concentration de la population
scolaire; (ii) l’implantation d’écoles fondamentales de 3ème cycle à mettre en réseau avec des écoles
fondamentales de deux cycles dont elles assurent la continuité ; (iii) la poursuite de la construction de
nouvelles EFACAP qui joueront également le rôle de centres de ressources pédagogiques pour les
écoles associées.
Objectif
1
:
Assurer
l’accès
équitable
et
la
participation
de
tous
les
enfants
à
l’éducation
fondamentale,
et
les
doter
d’habiletés
et
de
compétences
utiles
pour
la
vie
Résultats attendus :
Les capacités d’accueil du système répondent à la demande sociale d’éducation au niveau du
fondamental ;
L’offre d’éducation fondamentale dans le secteur public connaît un accroissement
considérable.
Indicateurs de résultats
:
Le taux d’admission en première année du fondamental est de 100% d’ici à 2015 ;;
100% des enfants actuellement en dehors du système intègrent le système avant la fin de
2015;
Le taux brut de scolarisation aux deux premiers cycles du fondamental est de 105% d’ici à
2015 ;
Le taux net de scolarisation aux deux premiers cycles du fondamental est de 100% en
2015 ;
Le taux de transition au 3e cycle du fondamental est de 96% en 2015.
Le taux brut de scolarisation au 3e cycle du fondamental est de 94% en 2015.
69
La part du secteur public dans les deux premiers cycles du fondamental passe de 18,5% à
40% en 2015 ;
La proportion d’élèves du 3e cycle fondamental scolarisés dans le secteur public augmente de
26% à 40% en 2015.
Pour obtenir les résultats escomptés, il est nécessaire que soit développées dans les cinq
prochaines années les activités du tableau suivant.
Tableau 2.12
Activités programmées pour garantir l’accès à l’éducation fondamentale
2010/11
2011/12
Reconstruire et équiper36 les 1604 salles de classe (266 écoles) fondamentales publiques détruites par le
séisme
564
500
Construire et équiper 540 salles de classe dans les sections communales dépourvues d’écoles publiques
2012/13
2013/14
2014/15
350
190
Construire et équiper, dans les 23 sections communales dépourvues d’écoles et les 112 sections communales
n’ayant pas d’école publique, 540 nouvelles salles de classe à raison de 4 salles en moyenne par section 1417
communale
1928
649
545
840
Construire et équiper 810 nouvelles salles de classe destinées a l’implantation de 90 EFACAP37
162
162
162
162
162
Étendre le système de la double vacation à 50% des salles de classe du fondamental 1&238
14%
23%
32%
41%
50%
Alimenter en infrastructures électriques 100% des écoles publiques fonctionnant en double vacation.
100%
100%
100%
100%
100%
Réhabiliter en mettant aux normes 50% des écoles fondamentales existantes (dont toutes les écoles
publiques) particulièrement dans les départements touchés par le séisme
32%
37%
41%
46%
50%
Réaliser une étude en vue de déterminer les modalités d’opérationnalisation de l’élimination des frais de
scolarité
X
Introduire de manière soutenue et rapide la gratuité scolaire dans les deux premiers cycles du fondamental
X
X
X
X
X
X
X
X
Réaliser une étude sur les moyens financiers nécessaires au fonctionnement d’une école publique et d’une
Direction départementale
X
Doter chaque établissement scolaire publics et chaque DDE d’un budget de fonctionnement en adéquation
à ses besoins
Recruter 8642 enseignants39 pour les deux premiers cycles du fondamental
2129
1948
1906
1855
804
Recruter 1115 nouveaux directeurs 40 d’écoles fondamentales
610
200
79
74
152
Appliquer le programme accéléré à 100% de l’effectif des surâgés du fondamental public et non-public
100%
100%
100%
100%
100%
Développer 2 programmes accélérés à l’intention des enfants en dehors du système âgés de 8-9 ans, 10- 12
X
ans
X
Réviser et adapter le programme accéléré de la DEF en y incluant la formation professionnelle à l’intention
des jeunes 13-15 ans en dehors du système
X
X
Mettre en place le système de passage du cycle accéléré au cycle normal
X
36
Les mobiliers scolaires seront des chaises avec accoudoir qui faciliteront, entre autres, l’organisation pédagogique de la
classe
37
Dans ces EFACAP, 270 de ces salles de classe desserviront le 3e cycle fondamental
38
La plupart de ces salles en double vacation serviront à accueillir des enfants en dehors du système.
39
La plupart de ces enseignants (voir tableau 3.7) se chargeront de la scolarisation des enfants actuellement en dehors du
système
40
Dans la perspective de l’école fondamentale complète, chaque directeur recruté doit avoir le profil nécessaire pour
assurer la gestion de l’ensemble des trois cycles du fondamental.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Réaliser une étude41 en vue de définir des mécanismes pour identifier et prendre en charge, les enfants des
X
rues non scolarisés
Octroyer une subvention 42 de 100 USD à 76% des élèves des deux premiers cycles du fondamental non
public d’ici a 2015
16%
31%
Établir un cadre partenarial avec le secteur non public pour la fourniture des services éducatifs
X
X
Construire 5482 salles43 de classe pour le 3ème cycle du fondamental
812
Étendre la double vacation à 50% des salles de classe du 3ème cycle fondamental
21%
Procéder à la Transformation de lycées en écoles fondamentales de 3e cycle qui seront mises en réseau avec
X
des écoles fondamentales de deux cycles44
46%
61%
76%
858
609
1211
1450
28%
36%
43%
50%
X
X
X
X
Recruter 5517 nouveaux enseignants, pour le 3e cycle fondamental
1311
enseignants
1051
enseignants
1272
enseignants
1536
enseignants
347
enseignants
Recruter des personnels non enseignants pour toutes les nouvelles constructions
X
X
X
X
X
Objectif 2 : Améliorer la qualité de l’éducation et l’efficacité interne du sous-secteur
fondamental
Résultats attendus :
Les enseignants maîtrise nt le socle commun de connaissances et compétences et sont
plus qualifiés et efficaces grâce à un meilleur encadrement (disciplinaire, pédagogique et
administratif) ;
Les élèves du fondamental bénéficient d’un meilleur encadrement, maîtrise nt leurs
programmes d’enseignement et fournissent de meilleurs rendements scolaires, plus
particulièrement dans les disciplines de base (mathématiques, lecture et écriture);
De plus en plus d’élèves enregistrent une meilleure progression à l’intérieur des cycles
et entre les cycles du fondamental.
Indicateurs de résultats :
100% des enseignants des deux premiers cycles fondamental obtiennent un certificat de
qualification d’ici a 2015;;
Au moins 80% des enseignants appartiennent à un réseau ou un sous-réseau pédagogique avant
la fin de 2015.
41
Cette opération se fera de concert avec les Ministères des Affaires Sociales et du Travail, de la Justice et de la Santé.
42
Ces subventions cibleront prioritairement les enfants des familles les plus pauvres et les enfants en dehors du système
43
Certaines de ces nouvelles salles seront construites pour être des écoles de 3e cycle qui seront mises en réseau avec des
écoles fondamentales 1&2.
44
Voir axe 5 “ Mise en place du secondaire de 4 ans »
71
Le taux moyen de réussite des élèves dans les tests d’évaluation des acquis en lecture,
mathématiques et écriture est d’au moins 80% en 2014.
Les taux de réussite aux examens nationaux atteignent au moins 95% d’ici à 2015 ;;
100 % des élèves du fondamental disposent de matériels didactiques d’ici à 2015.
Le taux de redoublement en 2e et 4e années aux deux premiers cycles du fondamental est de
5% au plus dès 2011-2012;
Les taux de promotion dans les 1e, 3e et 5e AF sont de 100% dès 2012 ;
Le taux d’achèvement au 3e cycle fondamental passe de 33% à 86% en 2015.
Le tableau suivant fournit la liste des activités à réaliser pour obtenir les résultats attendus sur la
période du plan.
Tableau 2.13
Activités nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’éducation au fondamental
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
2012/13
Étendre la démarche de mise en réseau des écoles à 90% des écoles fondamentales pour améliorer
l’encadrement pédagogique des enseignants
15%
45%
60%
75%
90%
Parachever 20 écoles fondamentales dont 5 EFACAP
10
10
18
inspecteurs
18
inspecteurs
18
inspecteurs
18
inspecteurs
18
inspecteurs
Recruter 90 nouveaux inspecteurs et 270 nouveaux conseillers pédagogiques pour le 3ème cycle des 90
nouvelles EFACAP
2013/14
2014/15
54 conseillers 54 conseillers 54 conseillers 54 conseillers 54 conseillers
Doter 100% des EFACAP en équipements et infrastructures informatiques, bibliothèques, etc.
100%
100%
100%
100%
100%
Réhabiliter 50% des salles de 3ème cycle existantes dans le public
10%
20%
30%
40%
50%
Mettre en place un dispositif de formation sanctionnée par un diplôme des enseignants
X
X
30%
enseignants
45%
enseignants
60%
enseignants
85%
enseignants
100%
enseignants
35%
directeurs
60%
directeurs
85%
Directeurs
100%
directeurs
X
X
Développer et distribuer des supports pédagogiques (fiches, matériels pédagogiques, guide pour les maîtres,
X
etc.)
X
X
X
X
Élaborer des outils d’évaluation formative des apprentissages par discipline enseignées et selon les
différentes catégories d’élèves
X
X
Assurer progressivement la certification des enseignants en matière de TICE
X
X
X
X
Développer des modules de formation en éducation physique et sportive (EPS)
X
Assurer la formation continue de 100% des enseignants et 100% des directeurs d’écoles fondamentales
publiques d’ici à 2015
Développer et organiser des modules de formation spécifiques à l’intention des enseignants en charge des
enfants non scolarisés
Former environ 10000 enseignants du fondamental public et non public à l’enseignement de l’EPS
2500
5000
7500
10000
Développer et diffuser des matériels et supports didactiques pour l’enseignement de l’EPS
X
X
X
X
X
Doter 100% des effectifs du fondamental public de kits manuels et de kit fournitures
30%
45%
60%
85%
100%
Former tous les inspecteurs pour la supervision pédagogique, administrative et institutionnelle et les
conseillers pédagogiques pour l’encadrement des enseignants
X
X
X
X
X
40%
60%
80%
100%
Mettre en place un système d’encadrement des élèves des deux premiers cycles du fondamental dans 100%
20%
des écoles publiques
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Étendre la promotion automatique à 100% des écoles pour les classe 1ère -2ème ; 3ème -4ème et 5ème
-6ème années du fondamental d’ici à 2015
0%
100%
100%
100%
100%
Suivre et encadrer 100% des enseignants des deux premiers cycles du fondamental dans la mise en œuvre
100%
de la politique de promotion automatique.
100%
100%
100%
100%
Mettre en place, au sein de la DCQ, un dispositif opérationnel pour l’évaluation et le pilotage de la qualité des
X
acquis scolaires au niveau des deux premiers cycles du fondamental.
X
X
Réaliser, tous les deux ans, des tests d’évaluation des acquis et apprentissage en lecture, mathématiques et
écriture pour les classes de 3ème et 5ème années fondamentales
X
X
Étendre à 2 000 000 enfants, à raison de 397 800 nouveaux bénéficiaires par an, le programme de
« ordinateur portable par enfant » relié à l’internet dans le cadre de l’intégration des TIC en éducation
397 800
397 800
397 800
397 800
397 800
Doter 50% des écoles fondamentales publiques de réfectoire et d’équipements de cantine scolaire
32%
37%
41%
46%
50%
Étendre les services de santé nutrition (cantine scolaire) dans le fondamental 1 & 2 à plus de 2 millions
d’élèves, dont les 100% des enfants du préscolaire public et 80% des élèves des deux premiers cycles du
fondamental incluant 100% des élèves dans les programmes destinés aux enfants en dehors du système
1106842
1754621
1881426
2029091
2011717
Réaliser des campagnes de déparasitage et de vaccination, en partenariat avec le MSPP, à l’intention des
élèves du fondamental
30%
45%
60%
85%
100%
Relancer le programme de sensibilisation aux IST/VIH-SIDA et à la santé reproductive
X
X
X
X
X
Doter toutes les écoles fondamentales, de concert avec le MSPP, en trousses de premiers soins et de la
formation des élèves du 3e cycle et en personnels
30%
80%
100%
100%
100%
Développer dans toutes les écoles fondamentales un programme d’hygiène obligatoire incluant les mesures
de protection en cas d’épidémies
30%
70%
100%
100%
100%
Installer des infrastructures d’eau potable dans 100% écoles fondamentales publiques
20%
45%
70%
90%
100%
X
X
Mettre en place un dispositif pour l’utilisation équilibrée du français et du créole dans le fondamental 1&2
Objectif 3 : Renforcer la gouvernance du sous secteur fondamental
Résultats attendus:
Les autorités locales et la communauté sont plus impliquées dans la gestion scolaire;
La cadre managérial des écoles fondamentales est amélioré.
Indicateurs de résultats:
Une Commission Municipale d’Éducation (CME) est opérationnelle et efficace dans chaque
commune d’ici 2015 ;;
100% des écoles fondamentales publiques des cycles 1et 2 disposent de CE fonctionnelles ;
100% des administrateurs des établissements du fondamental public disposent d’ici à
2015 de guides d’organisation scolaire et en appliquent les principes
100% des écoles fondamentales sont dotées d’un protocole d’évacuation en cas d’urgence.
Durant les cinq prochaines années, les activités figurées dans le tableau suivant seront
développées pour renforcer la gouvernance du sous-secteur du fondamental.
73
Tableau 2.14
Activités pour le renforcement de la gouvernance du sous-secteur du fondamental
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
X
X
X
X
X
30%
55%
85%
100%
100%
Mettre en place une politique45 de manuels scolaires au fondamental
Mettre en place une Commission Municipale d’Éducation (CME) dans chaque commune
Poursuivre la création des conseils d’écoles (CE) et le développement des associations des parents
d’élèves
(APE)
surun
tout le
territoire
Élaborer
manuel
(codenational
d’étique ou de conduite.) qui fixe les rôles et responsabilités des différents
X
acteurs de l’école (élèves, enseignants, directeurs d’école, inspecteurs, communauté, etc.)
Former tous les APE et les CE créés sur leurs rôles et responsabilités dans la vie de l’école
100%
100%
100%
100%
100%
Former le personnel de la CME sur leurs rôles et leurs responsabilités et les instruments nécessaires à
l’accomplissement de leurs attributions (recensement, la gestion des données, carte scolaire, préparation
de la rentrée scolaire, etc.)
X
X
X
X
X
Distribuer des manuels/guides d’administration scolaire et d’organisation pédagogique à tous
les établissements scolaires
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Sensibiliser le public haïtien en général et les acteurs éducatifs en particulier sur
l’importance de l’enseignement de l’EPS
X
X
X
X
Préparer et faire voter une loi sur le budget des établissements publics et des DDE
X
Procéder à l’évaluation de tous les bâtiments scolaires existants (pour le fondamental) sur le territoire
national
Mettre
en place un système ou un mécanisme pour la revalorisation des établissements publics
Doter toutes les écoles d’un protocole d’évacuation en cas d’urgence et s’assurer de la disponibilité
d’équipe d’urgence en permanence parmi le personnel
Mener une campagne de vulgarisation et sensibilisation à l’intention de tous les acteurs éducatifs et du
grand public sur les initiatives liées la scolarisation universelle et la réforme du fondamental
X
Définir le rôle des TICE pour le renforcement de la gouvernance
45
Cette politique doit englober toutes les dimensions relatives aux manuels scolaires (conception, acquisition,
distribution/dotation, gestion, etc.)
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Axe 5 : Enseignement secondaire
Recommandation : Mise en place de l’enseignement secondaire général de quatre
(4) ans
Comme mentionné dans le diagnostic, le sous-secteur du secondaire, dans l’esprit de la réforme
Bernard de 1982, devait faire l’objet d’une réorganisation où les trois premières années d’études
seraient rattachées aux deux premiers cycles du fondamental et l’enseignement- dispensé en 4 ans –
serait organisé en trois filières : (i) une filière d’enseignement général qui prépare des élèves à la
poursuite d’études supérieures ; (ii) une filière d’enseignement technologique qui formerait des
techniciens pour le marché ; (iii) Une filière mathématique, physique et informatique ou
spécifiquement, mathématiques et informatique; (iv) une filière d’enseignement pédagogique dont la
vocation serait de former des enseignants qualifiés au plan académique et pédagogique, pour
intervenir dans les deux premiers cycles de l’enseignement fondamental. Il a fallu attendre près de
trois décennies, à la rentrée scolaire de 2007, le lancement par le MENFP du programme
expérimental du nouveau secondaire dans 158 écoles publiques et non publiques (sur l’ensemble des 2
277) qui regroupaient à l’échelle du pays environ 8000 élèves. Cette expérimentation qui n’a pas été
convenablement préparée et planifiée a connu quelques déficiences sur plusieurs aspects et a rendu
encore plus complexe la situation de ce niveau d’enseignement du système éducatif.
Toutefois, bien que le bilan de l’expérience46 n’ait pas encore été réalisé, l ’expérimentation a mis
en évidence que la conception d’un nouveau secondaire très diversifié et offrant des filières
spécialisées débouchant directement sur le marché du travail s’avèrerait fort coûteuse et prématurée
pour la jeune clientèle scolaire. Ce constat a conduit à opter pour un enseignement secondaire à
orientation générale, comme c’est le cas dans l’expérimentation. Pour rompre avec le secondaire
traditionnel qui ne correspond plus à la configuration du système ni aux exigences actuelles de la
société haïtienne, et mettre fin à l’ensemble de ses difficultés et obstacles qui ne lui permettent plus
de répondre aux besoins évolutifs de la société, l’enseignement secondaire général de 4 ans sera
normalisé. Une place particulière sera faite aux TICE. Les deux premières années du secondaire seront
consacrées au tronc commun et les deux dernières à un enseignement spécialisé dans l’une ou l’autre des
quatre séries suivantes : Mathématiques et Physique ; Lettres-Langues et Art ; Sciences économiques
et sociales, Sciences de la vie et de la terre. Ainsi, le nouveau lycée – bâtiment scolaire public dédié à
l’accueil des élèves - disposera de 12 salles47 de classe et accueillera un effectif d’au moins 600
46
Les élèves faisant partie de cette expérimentation subiront les examens officiels de fin d’études secondaires à la fin de
la 4ème année, en 2011.
47
En fonction de la demande dans un milieu, le nombre de salles peut être supérieur à douze (12).
75
élèves, encadrés par 21 enseignants en moyenne. Il sera doté d’une structure de gestion renforcée et
révisée. Coiffé par un conseil d’établissement, le lycée fonctionnera selon une dynamique
participative impliquant l’ensemble de la communauté éducative.
La normalisation du secondaire de 4 ans instituera un cycle de formation de qualité d’orientation
générale, détachée notamment du point de vue de la gestion du 3ème cycle fondamental, qui dotera
les élèves des compétences, habiletés et attitudes nécessaires pour s’intégrer dans le monde
d’aujourd’hui et s’engager dans des études supérieures. Pour ce faire, le gouvernement envisage,
dans les cinq prochaines années et selon les objectifs ci-dessous, de moderniser les programmes
d’enseignement, de rationaliser l’offre et favoriser un accès équitable à l’enseignement
secondaire par la construction dans le public de nouvelles places assises ou de nouveaux lycées
tout en appuyant la reconstruction des écoles non publiques (collèges) détruites par le séisme, de
faire évoluer progressivement des écoles du second degré disposant aussi du 3e cycle fondamental
vers des établissements secondaires de 4 ans en prenant en charge la poursuite de la scolarisation des
élèves des trois dernières cohortes du secondaire traditionnel. Parallèlement, il est aussi décidé de
relever la qualité de l’éducation dans les lycées et collèges en équipant les lycées en matériels
didactiques et bibliothèques ; en augmentant la qualification des enseignants ; en fournissant de
l’encadrement pédagogique aux élèves et aux enseignants, en améliorant l’environnement
d’apprentissage des élèves et mettant en place une stratégie de réseautage des écoles. Chaque réseau
d’écoles, en fonction de leurs distances et tailles, comprendra entre 5 à 10 écoles qui seront
desservies, pour les applications pratiques, par un laboratoire (dit laboratoire de zone) implanté dans
l’une des écoles qui aura joué le rôle d’«école-phare ou école de référence » (Lycée modèle). La
gestion de ces laboratoires sera confiée à un personnel spécifique qui établira les horaires de
fréquentation avec les différentes directions des écoles associées.
Objectif
1
:
Moderniser
l’enseignement
secondaire
Résultats attendus :
Un cadre légal réglemente la normalisation du nouveau secondaire rénové.
Les écoles secondaires du pays adoptent le cursus du secondaire rénové.
Indicateurs de résultats :
La loi portant organisation du secondaire de 4 ans est publiée d’ici fin de 2011 ;;
100% des établissements scolaires secondaires disposent des nouveaux programmes du
secondaire rénové et les appliquent avant la fin de 2015;
Les mécanismes de gestion du 3e cycle sont distincts de ceux du secondaire dans toutes les
écoles dès 2012.
Pour parvenir à la modernisation de l’enseignement secondaire, il est nécessaire que les activités du
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
tableau suivant soient réalisées durant les cinq prochaines années.
Tableau 2.15
Activités programmées sur la période pour la modernisation du secondaire
Période d’exécution
Activités
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
X
X
X
X
2010/11
2011/12
Réaliser l’évaluation de l’expérimentation en cours depuis 3 ans
X
X
Élaborer un avant-projet de loi sur la normalisation du nouveau secondaire
X
Introduire le secondaire de 4 ans dans toutes les écoles secondaires existantes (publiques et non publiques)
dès 2011/2012
Rendre la structure de gestion du secondaire distincte de celle du 3
ème
cycle fondamental
Objectif 2 :
Accroître
l’accès
équitable
à
un
enseignement
secondaire
moderne
Résultats attendus :
Les capacités d’accueil du sous secteur secondaire augmentent considérablement sur la
période du plan;
Le secteur public scolarise un nombre important d’élèves grâce à la création de nouvelles
places assises.
Indicateurs de résultats :
Le taux brut d’amission au secondaire passe de 27% à 83% à l’horizon de 2015 ;
Le taux brut de scolarisation au secondaire passe de 22% à 81% d’ici à 2015 ;;
La proportion d’élèves scolarisés dans le public croit de 23% à 40% d’ici à 2015.
Sur la période, les activités du tableau ci-dessous doivent être réalisées pour augmenter l’accès des
jeunes à l’enseignement secondaire.
Tableau 2.16
Activités nécessaires à l’accroissement de l’accès à l’enseignement secondaire
Activités
Période d’exécution
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
Construire 2758 nouvelles salles de classe destinées au secondaire, soit l’équivalent de 230 lycées de
12 salles dont au moins 10 lycées modèles.
401
573
759
908
117
Reconstruire les 305 salles de classe détruites dans le secteur public par le séisme dans les
départements de l’Ouest, des Nippes et du Sud-Est
250
55
Étendre la double vacation dans le public à environ 150 lycées, soit l’équivalent 50% des salles de classe
21,2%
28,4%
35,6%
42,8%
50%
Équiper en infrastructures électriques et en équipements et accès internet 100% des lycées
anciennement et nouvellement construits
100%
100%
100%
100%
100%
Appuyer la reconstruction des écoles secondaires détruites dans le non public par la mise en place
des facilités de crédits
X
X
X
X
X
Équiper toutes les écoles publiques construites en mobilier scolaire
100%
100%
100%
100%
100%
Recruter 5356 nouveaux enseignants dans le secondaire public
1130
1030
1291
1599
306
Recruter en moyenne 230 nouveaux directeurs de lycées
33
directs.
48
directs.
63
directs.
76
directs.
10
directs.
77
Doter les lycées construits en personnels (administratifs et de soutien)
X
X
X
X
X
Objectif
3
:
Améliorer
la
qualité
de
l’enseignement
secondaire
et
l’efficacité
interne
du
sous secteur
Résultats attendus :
Tous les enseignants
maîtrisent la philosophie et les contenus des programmes
d’enseignement;
Les élèves et les enseignants bénéficient d’un meilleur encadrement pédagogique ;;
Les élèves maîtrisent le socle commun de connaissances et de compétences défini pour le
secondaire ;
Le nombre d’enfants bouclant le cycle secondaire augmente considérablement.
Indicateurs de résultats :
100% des enseignants du secondaire possèdent un certificat de qualification d’ici 2015 ;
100% des écoles secondaires publiques disposent de matériels didactiques nécessaires à un
bon enseignement-apprentissage d’ici 2015 ;
100% des écoles secondaires appartiennent à un réseau ou un sous-réseau pédagogique ;
Le taux de réussite aux examens officiels avoisine 90% à l’horizon de 2015 ;
Le taux d’achèvement au secondaire passe de 15% à au moins 75% à l’horizon de 2015.
Pour arriver à l’amélioration de la qualité de l’enseignement secondaire et de l’efficacité interne du
sous-secteur, il est nécessaire de conduire les activités du tableau suivant au cours des cinq
prochaines années.
Tableau 2.17
Activités pour améliorer la qualité de l’enseignement secondaire
et l’efficacité interne du sous-secteur
Période d’exécution
Activités
Adapter les programmes existants au socle commun des compétences en attendant le développement des
nouveaux programmes
Mettre au moins 50% des écoles secondaires publiques et non publiques en réseau
autour de lycées modèles
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
7%
23%
35%
42%
50%
10%
48
Réhabiliter et mettre aux normes 50% écoles secondaires publiques (lycées) au cours de la période
20%
30%
40%
50%
Mettre en place des laboratoires scolaires (dits laboratoires de zone) au service de tous les réseaux
d’écoles constitués
X
X
X
X
Recruter et former tous les personnels de laboratoires scolaires
X
X
X
X
48
Cet instrument devra renseigner sur les centres de formation existants dans chaque zone, le type de formation
dispensée, les types d’entreprises existantes, les potentialités de la zone, etc .
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Mettre en place un système d’encadrement des élèves par, entre autres, l’augmentation du nombre d’heures
de travail et de suivi de leurs activités
X
Mettre en place dans les écoles un système d’orientation des élèves vers les filières de spécialisation
X
X
X
X
X
X
Équiper 100% des écoles publiques en bibliothèques scolaires et laboratoires informatiques
5%
35%
55%
80%
100%
Recruter 460 nouveaux conseillers pédagogiques et 35 nouveaux inspecteurs pour l’encadrement et la
supervision dans les écoles secondaires
165
165
165
Former tous les inspecteurs, tous les conseillers pédagogiques et tous les enseignants du secondaire en
poste (public et non public) sur la rénovation et les nouveaux programmes d’enseignement secondaire
20%
45%
65%
85%
100%
Objectif 4 : Renforcer la gouvernance du sous-secteur
de
l’enseignement
secondaire.
Résultat attendu :
•
Les structures de gestion et de pilotage du sous secteur sont plus performantes.
Indicateurs de résultats :
•
100% des écoles secondaires disposent d’un nouveau cadre d’administration et
d’organisation scolaire avant la fin de 2015 ;
•
Un dispositif d’accompagnement de la DES est fonctionnel dès 2011.
Les différentes activités pour arriver à un renforcement de la gouvernance du sous-secteur de
l’enseignement secondaire sont indiquées dans le tableau suivant.
Tableau 2.18
Activités nécessaires au renforcement de la gouvernance du sous-secteur
du secondaire
Période d’exécution
Activités
Doter graduellement tous les bureaux d’inspection secondaire d’outils, de matériels et de ressources
humaines qualifiées 49
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
25%
45%
65%
85%
100%
Réaliser, de concert avec le MTPC, une évaluation de tous les bâtiments ou infrastructures d’enseignement
X
secondaire
X
Doter tous les établissements de protocole d’évacuation d’urgence et d’équipe d’urgence en permanence par
X
mi le personnel
X
X
X
X
Développer et distribuer des instruments et des outils de management au profit des établissements scolaires
X
X
X
X
Doter toutes les Directions d’écoles secondaires publiques de ressources matérielles adéquates et d’outils de
gestion nécessaires à une gestion moderne des écoles
20%
50%
80%
100%
Établir des mécanismes de partenariat efficace et fonctionnel entre le secteur public et le secteur non public
X
Distribuer des instruments de pilotage à tous les établissements secondaires (publics et non-publics)
X
X
X
X
Doter la Direction de l’enseignement secondaire (DES) d’outils, de matériels et de ressources humaines
qualifiées nécessaires à l’accomplissement de sa nouvelle mission
X
X
X
X
X
Mettre en place un groupe d’appui à la mise en œuvre de la réforme du secondaire
X
X
X
X
X
79
Axe 6: Formation professionnelle
Recommandation : Consolidation et extension du réseau des centres et des établissements de
formation professionnelle et technique (public et non public) en renforçant la pertinence du soussecteur.
La réforme du sous-secteur de la formation technique et professionnelle (FTP), envisagée depuis
1989, pour le rendre plus pertinent et plus efficace, n’a pas eu de suite pour diverses raisons. En
1997-1998, plus de 7 ans après ces premières tentatives de réforme, le Plan national d’éducation et de
formation (PNEF) a fait de la formation professionnelle sa seconde priorité et a engagé une
démarche de réforme qui, malheureusement, est restée en plan. Cette situation a accentué l’état
d’immobilisme et d’attentisme qui prévalait auparavant dans le secteur, accéléré la dégradation des
établissements publics et provoqué l’érosion du personnel certains centres ne sont pas tout
simplement livrés à l’abandon par suite de découragement face à des propositions qui ont soulevé
l’enthousiasme, mais qui ne se sont pas concrétisées. Les membres du patronat ayant perdu toute
confiance dans le système actuel de formation professionnelle ont cherché eux-mêmes les solutions à
leurs problèmes de main-d’œuvre, soit en recourant à la main-d’œuvre d’expatriés, soit en organisant
à l’interne des programmes de formation, jusqu’à la création de centres privés de formation avec ou
sans appui externe. Cet état de fait met en évidence les graves problèmes de gouvernance que connaît
le sous-secteur et qui, couplés aux faiblesses d’accès et d’efficacité externe signalées précédemment,
entravent son développement. Comme indiqué dans le chapitre 1, le sous-secteur se caractérise comme
un ensemble disparate où l’offre de formation est éclatée entre plusieurs ministères sectoriels sans
normes communes et sans orientations d’ensemble. Ce qui implique, une duplication des
programmes de formation qui alimente la confusion et la méfiance à l’égard du sous-secteur. Tout
ceci résulte d’un déficit du cadre légal de gouvernance accentué par l’inexistence de mécanismes de
concertation entre l’État et les partenaires sociaux et économiques. À toutes ces insuffisances s’ajoute
le manque de financement chronique auquel est confronté le sous-secteur. Les ressources du trésor
public qui y sont allouées ne couvrent pour l’essentiel que les salaires, ce qui entraîne une dépendance
excessive du sous-secteur à l’égard des fonds externes pour assurer les investissements nécessaires.
Cette situation n’est pas sans conséquences majeures sur la qualité de l’offre. Les formateurs,
généralement sans expérience de travail dans leur domaine d’enseignement, sont majoritairement sousqualifiés au plan technique et n’ont pas reçu de formation pédagogique ;; faute, entre autres,
d’institutions œuvrant à cet effet. Les locaux ou centres de formation sont vétustes, les ateliers souséquipés et en mauvais état, sont souvent obsolètes. La matière d’œuvre faisant souvent défaut, la
pratique - essentielle pour l’acquisition de la compétence - est éliminée de la formation, alors que
les contenus de cours sont inadéquats et inappropriés aux besoins du marché. Dans le système de
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
formation sur le tas (cas des apprentis dans le réseau informel), la transmission est limitée aux
capacités techniques du « boss formateur » ou de l’employeur qui souvent n’a pas reçu la formation
technique pour le domaine. Dans les deux cas (boss ou employeur), la formation pédagogique fait
défaut.
Dans ce contexte d’effondrement continu du système national de formation professionnelle,
quelques-uns des centres publics ont réussi à se maintenir au prix d’une autonomie financière
conquise anarchiquement et qui désarticule les mécanismes de contrôle et de régulation assurés par
l’INFP. La persistance de l’indécision par rapport aux problèmes multiples et sérieux du sous- secteur
n’a fait qu’empirer la situation déjà précaire des centres publics et non publics que le séisme du 12
janvier viendra littéralement achever.
Pour procéder à la refondation du système, la restructuration en profondeur du sous-secteur de la
formation professionnelle s’impose comme une nécessité première et un facteur incontournable au
développement du pays. À cet effet, le MENFP entend adopter des mesures stratégiques visant une
réorganisation considérable et soutenue de ce sous-secteur en ciblant prioritairement le renforcement
effectif de la gouvernance, l’expansion équitable d’une offre de formation pertinente et de qualité.
Pour ce, un nouveau mécanisme et une nouvelle structure de pilotage seront mis en place, sous le
leadership du MENFP, pour optimiser la répartition de l’offre de formation professionnelle dans le
pays et assurer une meilleure coordination des interventions des divers acteurs dans le sous-secteur.
Les programmes de formation subiront, avec l’implication du secteur des affaires, des
modifications substantielles et, prenant en compte les réalités régionales, seront orientés vers les
secteurs identifiés comme porteurs pour l’économie nationale (agriculture, construction, élevage,
tourisme, habillement, etc.). Outre le fait que l’offre de formation s’adressera également aux
sortants du cycle fondamental et aux jeunes non scolarisés ou partiellement scolarisés, des
passerelles seront aussi envisagées entre l’enseignement secondaire et le système de FTP en vue
d’assurer le passage d’élèves du secondaire au professionnel et vice-versa. Dans un souci de
valorisation des métiers et de faciliter leur intégration sur le marché de l’emploi, il est aussi prévu
de mettre en place, de concert avec le patronat et les autres acteurs concernés, un dispositif de
certification49 basé sur les exigences/aptitudes du métier, au profit de toutes les catégories de
professionnels et apprentis ou travailleurs des secteurs non formel et informel. Aussi, est-il envisagé
d’institutionnaliser les activités à but lucratif dans les centres publics pour régulariser et assurer une
meilleure gestion financière du sous-secteur.
49
Le type de certificat sera attribué en fonction du niveau de maîtrise des aptitudes du métier .
81
Objectif 1 : Instituer un dispositif de gouvernance de la formation professionnelle et un
cadre de gestion intégrée visant le développement économique et social du pays en
impliquant les acteurs sociaux et économiques.
Résultats attendus :
Le développement de la formation professionnelle se fonde sur un nouveau cadre
d’orientation stratégique;
Le MENFP assure le leadership et la coordination du sous-secteur de la formation
professionnelle avec efficacité ;
L’offre de formation professionnelle répond aux besoins du marché.
Indicateurs de résultats :
Un document cadre définissant les orientations
professionnelle est disponible avant la fin de 2012 ;
100% des diplômes ou certificats émis dans le secteur de la formation professionnelle sont
délivrés par le MENFP dès 2011;
De nouvelles structures de pilotage du sous-secteur sont fonctionnelles d’ici la fin de 2012;
Les entreprises participent à la définition et à l’organisation des programmes de formation
professionnelle ;
100% des entreprises nationales recrutent de nouveaux sortants de la formation technique et
professionnelle.
stratégiques
de
la
formation
Afin d’obtenir les résultats escomptés, il faudra sur la période développer les activités inscrites
dans le tableau suivant.
Tableau 2.19
Activités nécessaires à instituer un dispositif intégré de gouvernance du sous-secteur de la
formation professionnelle
Période d’exécution
Activité
s
2010/11
Elaborer le document de politique de la formation technique et professionnelle (FTP).
Définir le cadre légal du système de la formation professionnelle50
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
Créer et équiper une Secrétairerie d’état à la formation professionnelle
X
X
Mettre en place le Conseil tripartite pour le sous-secteur de la formation technique et professionnelle
X
X
Actualiser l'organigramme du sous-secteur de la formation professionnelle
50
Ce cadre stipulera qu’il incombe au MENFP la responsabilité d’élaborer et de certifier les programmes de formation
dispensés par les autres ministères
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Monter une plateforme de formation des formateurs via les EFACAP
Intégrer un système dual de formation professionnelle.
Monter un système d’évaluation de l’insertion des formés sur le marché de l’emploi.
Procéder à la réingénierie des programmes de formation en les adaptant aux réalités
socioéconomiques du pays tout en prenant en compte les acquis scolaires
X
X
Modifier les modes de gestion en fonction de l’Approche Par Compétence (APC)
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Développer un système pour une gestion locale des centres de formation locaux par des structures
locales
(chambre
de commerce,
ONG,..)
Développer
la filière technologique
du Nouveau Secondaire.
Rendre les centres publics payant même si le montant de scolarité reste plus bas
Mettre en place un système de partenariat avec les entreprises pour assurer le stage des étudiants
en formation
Mettre en place un système de validation des acquis professionnels pour le secteur informel
Créer un centre de ressources pédagogiques pour la formation des personnels du sous-secteur
de la formation professionnelle
X
X
Créer un fonds d’apprentissage au niveau de ce sous-secteur
Établir un plan de financement consolidé de l’ensemble des partenaires nationaux et
internationaux
Prélever 2% de la TVA au bénéfice de ce sous-secteur
Créer une taxe sur l’alcool, le tabac et le transport international, l’importation
Développer des programmes (ou modules de formation) et correspondant aux besoins et à la
situation cognitive des apprenants
X
X
Objectif 2: Augmenter rationnellement
et
équitablement
l’offre
de
formation
professionnelle.
Résultat attendu :
Le sous secteur de la formation professionnelle connait un important développement
tant quantitatif que qualitatif à l’échelle nationale.
Indicateurs de résultats :
Le nombre d’étudiants en formation technique et professionnelle augmente de plus de 70
000 d’ici à 2015 ;;
100% des départements géographiques du pays disposent au moins d’un grand centre public
de référence pour la formation technique et professionnelle d’ici la fin de 2015, ainsi que
d’un observatoire de l’emploi ;;
100% des formateurs maîtrise nt leurs champs d’intervention et utilisent l’approche par
compétence.
L’atteinte des objectifs d’accroissement équitable de l’offre de formation technique et
83
professionnelle nécessite la réalisation des actives du tableau ci-dessous.
Tableau 2.20
Activités nécessaires à l’accroissement de l’offre de formation professionnelle
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
2012/13
Reconstruire les 15 centres détruits par le séisme
4
5
6
Réhabiliter les 25 centres gravement endommagés par le séisme
6
9
10
2
Construire et équiper 10 nouveaux centres de formation professionnelle dans l’ensemble du pays
2013/14
2014/15
3
3
2
Doter 100% des nouveaux centres de personnels enseignants (formateurs) et non enseignants nécessaires.
100%
100%
100%
100%
100%
Assurer la formation pédagogique de tous les formateurs du système de formation professionnelle
35%
70%
100%
Subventionner 100% des établissements privés offrant une formation dans les filières déclarées prioritaires
100%
100%
100%
100%
100%
Réaliser une étude du marché du travail pour déterminer les besoins en formation technique et
professionnelle dans les différents départements géographiques
X
X
Mettre en place une structure pour assurer l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du
X
travail (un observatoire de l’emploi au niveau national et dans chaque département)
X
X
X
Réaliser le répertoire des métiers
X
Développer un système de « carte géoréférencée des centres de formation technique et professionnelle »50
X
X
Mettre en place des mécanismes incitant au regroupement en association selon les différents corps de
métiers ;
X
X
Créer des unités techniques pour répondre aux besoins de formation des différentes associations
X
X
X
X
Mettre en place un système encourageant l’Initiative (entrepreneuriale) privée
X
X
X
X
Subventionner les établissements privés performants des zones non couvertes par l’offre publique de
formation professionnelle et offrant une formation dans les filières déclarées prioritaires
X
X
X
Mettre en œuvre un programme de formation mobile dans les milieux reculés ayant des besoins spécifiques.
X
X
X
Objectif 3 : Accroître le niveau financement du sous secteur de la formation technique et
professionnelle.
Résultat attendu :
Le sous-secteur de la formation technique et professionnelle dispose d’assez de
ressources financières pour assurer son développement.
Indicateurs de résultats :
Plusieurs sources alimentent financièrement le sous-secteur de la formation technique et
professionnelle ;
Le budget global du sous-secteur de la formation professionnelle a plus que quintuplé
d’ici à la fin de 2015.
Pour atteindre l’objectif poursuivi, il faudra au cours des cinq prochaines années réaliser les
différentes activités mentionnées dans le tableau suivant.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Tableau 2.21
Activités pour accroître le financement du sous secteur de la formation
Professionnelle
Activités
Période d’exécution
2010/11
Transformer la Taxe sur la Masse Salariale (TMS) en taxe d’apprentissage pour alimenter le fonds de la
formation professionnelle.
Mettre en place un mécanisme incitant les entreprises privées à financer directement les activités de
formation professionnelle
Institutionnaliser dans les centres publics de formation technique et professionnelle le développement
d’activités génératrices de revenus
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
X
X
X
X
Axe 7 : Enseignement supérieur
Recommandation : Consolidation et modernisation du secteur de l’enseignement supérieur
Dans le premier chapitre, nous avons vu que l’enseignement supérieur, en raison d’un imbroglio
socio-politico-juridique entre l’Exécutif et l’Université d’État d’Haïti (UEH), connaît une crise
sans précédent depuis la fin des années 1980. Deux tentatives, en 1995 et en 2001, pour doter le
secteur d’un cadre juridico-administratif se sont révélées infructueuses. Cette impasse a créé une
situation d’anarchie au plan de la gouvernance qui a paralysé le développement du secteur et facilité
la prolifération des institutions d’enseignement supérieur face à l’explosion de la demande sociale.
Or, le secteur n’arrive pas encore à répondre aux divers besoins, en termes de compétences
techniques, de connaissances sur les processus sociaux et les problèmes environnementaux de la
société haïtienne en profonde mutation depuis près de deux décennies.
Cependant, cette augmentation considérable de l’offre de formation supérieure, telle que mentionnée
dans le diagnostic, s’est essentiellement concentrée dans la région de Port-au-Prince, principalement
dans le département de l’Ouest. Ainsi, 80% des établissements d’enseignement supérieur se
retrouvent dans ce même département qui compte près de 40% de la population du pays et plus de 65
% des diplômés de l’enseignement secondaire. La croissance rapide des effectifs des universités
publiques dans trois autres départements à près de 3.000 étudiants, en moins de 5 ans avant le
tremblement de terre montre l’importance des besoins de formation supérieure en région. De plus,
la destruction des infrastructures d’enseignement supérieur implantées dans la région de la Capitale
a entraîné une migration des étudiants vers les autres départements non touchés, augmentant de plus
de 50% l’effectif de l’UPAG dans l’Artibonite pour ne citer que cet exemple. Cela met alors en
évidence la grande disparité géographique résultant de l’évolution anarchique d’un enseignement
supérieur trop longtemps en crise.
85
L’offre d’enseignement supérieur se caractérise par une multiplicité de programmes indifférenciés et
redondants. Il y a près de 200 établissements d’enseignement supérieur répertoriés ou en fonction. Ce
sont généralement des institutions de petite taille et surpeuplées qui, évoluant de manière isolée les
unes par rapport aux autres, offrent essentiellement des programmes de premier cycle dans les mêmes
domaines de formation, à savoir : l’administration et la gestion, les sciences sociales et humaines,
l’informatique, les sciences juridiques et celles de la santé. L’effectif des étudiants pour l’ensemble
du secteur atteint les 100 000 (selon la DESRS, 2010). Mais, si pour l’UEH le corps enseignant
compte 1000 membres, le dénombrement du personnel enseignant pour l’ensemble du secteur s’avère
difficile sans une réelle base de données, puisqu’il s’agit d’un même groupe d’enseignants vacataires
œuvrant dans plusieurs établissements à la fois.
En ce qui concerne la qualité, le cadre physique et les bâtiments de la très grande majorité de ces
institutions sont tout à fait inappropriés à la fonction d’enseignement supérieur. Les ressources
pédagogiques, les bibliothèques et laboratoires d’enseignement font cruellement défaut. La majorité
des enseignants ont le niveau de licence et de maîtrise mais, la qualification académique des
professeurs varie grandement d’une institution à l’autre. Quant au statut du personnel enseignant, il
s’agit d’un corps tout à fait disparate majoritairement composé de vacataires incapables par
conséquent de prendre part à la vie institutionnelle. L’importance de la pédagogie universitaire est de
plus en plus reconnue mais sans réel effort pour la promouvoir. De plus, l’encadrement des étudiants
ne faisant pas partie de la fonction enseignante, il devient difficile à l’Université de contribuer au
développement d’une expertise sur les problèmes de la société haïtienne et à la production du
Savoir qui, en retour, aiderait à enrichir l’enseignement dispensé. Si la recherche n’est pas totalement
absente, il n’existe aucune structure, ni mécanisme destinés à la promouvoir.
Au plan de l’efficacité interne et externe, le temps de la formation au niveau du premier cycle varie
d’une institution à l’autre et selon le champ d’étude. Les études de ce cycle durent entre trois et cinq
ans et le taux de diplomation est généralement faible. Tout cela pose de sérieux problèmes
d’accréditation et d’équivalence qui créent des obstacles à la mobilité des étudiants. D’autre part, les
institutions d’enseignement supérieur, en général, ne disposent pas d’un cadre d’orientation
stratégique définissant leur vision de la formation et spécifiant leur mission. Elles n’entretiennent
pour la plupart pas de liens avec le marché du travail, ni avec les associations professionnelles et ne
disposent, par conséquent, d’aucun mécanisme pour rénover l’offre de formation et prendre en
compte les besoins du milieu. Elles sont donc peu informées des possibilités d’emploi pour les
finissants. Quoi qu’il en soit, ces possibilités sont assez minces, sachant que même l’enseignement
supérieur ne protège pas contre le chômage en Haïti.
Au plan de la gouvernance, l’enseignement supérieur ne dispose pas d’un cadre d’orientation
pertinent établissant les grandes lignes de son développement. Il évolue sans normes ni
standards pour encadrer l’ouverture et le fonctionnement des institutions d’enseignement. La notion
d’université est galvaudée. Cette absence de cadre juridique définissant les responsabilités politiques,
académiques et administratives ainsi que le statut de chacune des catégories d’acteurs explique en
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
partie l’état d’anarchie qui caractérise le sous-secteur qui ne dispose pas, non plus, d’un système
d’information permettant de connaître l’effectif exact des étudiants, du personnel enseignant et
administratif et des offres de formation disponibles. Tout cela explique l’absence de pilotage et de
supervision du sous-secteur dont le sous-financement chronique pénalise les efforts des meilleures
institutions.
L’état général de l’enseignement supérieur, la complexité de ses problèmes et l’impact des
destructions provoquées par le séisme du 12 janvier sur l’ensemble des activités du pays rendent urgent
le redressement en profondeur du secteur. Une totale restructuration s’impose en vue d’arriver à un
nouveau mode de fonctionnement de l’enseignement supérieur qui devra, d’une part, contribuer aux
besoins divers d’épanouissement des citoyens à travers le pays et, d’autre part, fournir à la société
haïtienne les capacités et les compétences techniques et intellectuelles nécessaires à la prise en charge
de son développement économique et à son insertion pleine et entière dans le monde contemporain
tant au niveau régional que global. Toute cette démarche sera soutenue par une stratégie de
déconcentration/décentralisation.
À cet effet, le gouvernement s’est engagé, durant les cinq prochaines années, à : 1) mettre en place
une structure de gouvernance coiffée par un ministère dédié à l’enseignement supérieur, la recherche
et l’innovation;; 2) soutenir la réforme de l’Université d’État d’Haïti;; 3) développer et consolider le
deuxième réseau public d’universités autonomes en région; 4) créer un fonds national pour la
reconstruction des universités;; 5) établir un système d’incitations pour la recherche et l’innovation et;
6) créer un institut interuniversitaire dédié à l’étude de la région Amérique latine et Caraïbe.
Objectif 1 : Réorganiser la gouvernance du sous-secteur
de
l’enseignement
supérieur
Résultats attendus :
Le sous-secteur de l’enseignement supérieur est mieux piloté grâce à de nouveaux
dispositifs institutionnels efficaces;
Le développement stratégique de l’enseignement supérieur s’inscrit dans un nouvel
environnement légal et est guidé par une connaissance profonde de la réalité du sous-secteur.
Indicateurs de résultats:
De nouvelles structures de pilotage avec des missions clairement définies sont
fonctionnelles d’ici à la fin de 2012 ;;
La nouvelle loi portant organisation du sous-secteur de l’enseignement supérieur est
publiée avant la fin 2012 ;
87
Un plan stratégique pour la réforme du sous-secteur est disponible d’ici à 2013.
L’obtention des résultats escomptés est conditionnée par le développement de différentes activités
indiquées dans le tableau suivant.
Tableau 2.22
Activités nécessaires à la réorganisation de la gouvernance de l’enseignement supérieur
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
Mettre en place le Conseil de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
X
(CONESRI)
Intégrer les cadres de la DESRS au sein du CONESRI
X
X
Concevoir et réaliser le diagnostic de l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur
(IES) existantes
X
X
Concevoir et réaliser le système d’information relatif à l’enseignement supérieur
X
X
Élaborer le cadre normatif du secteur de l’enseignement supérieur
X
X
Définir les modalités de l’accompagnement à fournir en appui à la reconstruction des
établissements d’enseignement supérieur
X
Élaborer le plan stratégique du secteur de l’enseignement supérieur
X
Mettre en place la Conférence des recteurs et présidents d’université, doté de ses
règlements intérieurs et de ses organes administratifs
X
X
Objectif
2
:
Réformer
l’Université
d’État
d’Haïti
(UEH)
Résultat attendu :
L’Université d’État d’Haïti assure efficacement son rôle dans le processus de développement
du pays grâce à des dispositifs administratifs et académiques complètement réorganisés et de
meilleures conditions de travail.
Indicateurs de résultats :
Un cadre légal pour le pilotage de l’UEH est disponible et mis en application d’ici 2012 ;;
Un plan pour la réorganisation administrative et académique de l’UEH est opérationnel dès
2012.
Pour parvenir à la reforme de l’UEH, il est nécessaire de réaliser les différentes activités
mentionnées dans le tableau suivant.
Tableau 2.23
Activités programmées sur la période pour la réforme de l’UEH
Période d’exécution
Activités
Élaborer le Contrat de performance - quinquennal définissant les conditions et les
modalités du soutien du CONESRI à la reconstruction de l’UEH
2010/11
X
Préparer et rédiger l’avant-projet de loi organique de l’UEH
Concevoir et élaborer le plan stratégique de l’UEH, incluant la reconstruction des
infrastructures des institutions détruites, pour les 15 à 20 prochaines années
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
Procéder a la réorganisation de l’UEH
Doter l’UEH des moyens physiques et non physiques nécessaires à l’accomplissement
de sa mission
2011/12
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Objectif 3: Promouvoir le développement
et
la
consolidation
du
réseau
d’universités
publiques en région
Résultats attendus :
L’offre de formation supérieure en région est améliorée grâce à un renforcement et une
réorganisation des institutions d’enseignement supérieur dans les pôles de développe- ment ;
Le développement de l’offre d’enseignement supérieur en région s’inscrit dans un cadre
légal qui guide les prises de décision.
Indicateurs de résultats :
Au moins 5 campus universitaires sont implantés en région d’ici à 2015 ;;
100% des universités en région disposent de ressources nécessaires à leur développement
avant la fin de 2015 ;
Un cadre légal régissant le fonctionnement des universités en région est disponible dès
2012.
Dans le tableau ci-dessous, sont indiquées les activités nécessaires à développer durant les cinq
prochaines années pour obtenir les résultats souhaités.
Tableau 2.24
Activités pour le développement des Universités en région
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
Construire et équiper 3 campus e n r é gi o n pour les universités publiques existantes
1
2
Implanter 2 nouveaux campus universitaires dans les départements du Sud-est et du Centre
1
1
Établir la loi organique des universités publiques en région
X
X
Mettre en place un conseil d’orientation et de développement des universités en région
2012/13
2013/14
2014/15
X
Mettre en place les mécanismes pour le développement en réseau et la complémentarité entre universités
publiques en région
X
X
Définir et développer des activités de recherche orientées vers les besoins spécifiques des régions
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Mettre en place dans tout le public un système de bourses et de passage automatique en faveur des sortants
lauréats du secondaire
Objectif 4 : Soutenir le secteur non public et le développement technologique dans les
universités
Résultats attendus :
Le développement de l’offre des services d’enseignement supérieur dans le secteur non
public est facilité grâce à un appui de l’État;;
Une meilleure efficacité des universités et institutions supérieures est observée grâce à une
infrastructure technologique à très haut débit facilitant leur mise en connexion et des partages
89
d’expérience tant au niveau local, national qu’international.
Indicateurs de résultats :
La proportion d’étudiants subventionnés par l’État dans le non public passe de 11% en
2011 à 20% à l’horizon de 2015 ;
Les dépenses publiques d’investissement dans les universités non publiques augmentent de
18,7 millions en 2011 à 24,9 millions de dollars américains en 2015 ;
Un dispositif informatique mettant en réseau des universités nationales et internationales est
fonctionnel d’ici à 2013.
Les principales activités pour soutenir le secteur non public et le développement technologique
dans les Universités sont indiquées dans le tableau suivant.
Tableau 2.25
Activités programmées pour soutenir le secteur non public et le développement technologique dans les
Universités
Activités
Période d’exécution
2010/11
Créer le fonds national de reconstruction des universités avec son Conseil d’administration et
les ressources nécessaires pour son fonctionnement
X
Créer l’organisme multipartite spécialisé à la gestion du fonds
X
Mettre en place une infrastructure technologique
développement de l’offre des services éducatifs
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Mettre en place les facilités de crédit pour la reconstruction et le développement des universités
non publiques
X
X
X
X
X
Subventionner l’acquisition d’équipements à 100% des universités non publiques reconstruites
100%
100%
100%
100%
100%
Subventionner 15% des étudiants du non public, soit 6729 d’ici à 2015
8%
10%
12%
13%
15%
X
X
X
X
nationale pour l’amélioration et le
Développer des mécanismes pour le développement technologique, la mise en réseau et le
partage de ressources dans les Universités
Procéder à la mise en réseau des universités
X
Objectif
5
:
Établir
un
système
d’incitations
pour
la
recherche
et
l’innovation;
Résultat attendu :
La recherche et l’innovation connaissent un nouvel essor et permettent de mieux
appréhender les problèmes de développement du pays.
Indicateurs de résultat :
•
Le nombre d’articles ou de revues scientifiques publié (e)s annuellement ;;
•
La proportion de projets de recherche financés annuellement sur les fonds de la recherche
et de l’innovation.
L’obtention du résultat attendu nécessite la réalisation de l’ensemble des activités prescrites
dans le tableau suivant.
Tableau 2.26
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Activités programmées pour le renforcement de la recherche
et de l’innovation scientifiques
Période d’exécution
Activités
Établir un système d’incitations (fonds) pour la recherche et l’innovation
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Mettre en place au sein du CONESRI une unité chargée de l’analyse et l’évaluation des propositions
d’incitatives innovantes et/ou de projets de recherche soumis par des institutions d’enseignement supérieur
(professeurs ou étudiants de 2ème cycle)
Mettre en place un système d’informations pour stimuler la participation des enseignants universitaires
et des chercheurs haïtiens au développement des initiatives innovantes basés sur les politiques
publiques
Préparer
et lancer au moins 25 appels à projets de recherche par année selon un processus rigoureux de
sélection
X
Créer et équiper une bibliothèque interuniversitaire et de recherche
Objectif 6 : Renforcer
l’intégration
d’Haïti
dans
l’espace
universitaire latino-américain et
de la Caraïbe
Résultats attendus:
Le système d’enseignement supérieur haïtien est de plus en plus intégré dans la région grâce
aux échanges et aux partages d’expérience et de ressources avec les IES latino- américaines
et caribéennes ;
La recherche universitaire est mieux reconnue dans l’espace latino-américain et caribéen.
Indicateurs de résultats:
Un dispositif facilitant les échanges des universités nationales avec les IES latinoaméricaines et caribéennes est fonctionnel d’ici à la fin de 2013 ;
Le nombre de projets de recherche conjoints réalisés entre les universités haïtiennes et les
IES latino-américaines et caribéennes d’ici à 2015 ;;
Nombre de publications annuelles effectuées dans la région latino-américaine et
caribéenne.
Pour obtenir les résultats attendus, il est nécessaire que soient développées les différentes
activités inscrites dans le tableau suivant.
Tableau 2.27
Activités programmées pour renforcer l’intégration d’Haïti dans l’espace universitaire latino-américain et
caribéen
Activités
Période d’exécution
2010/11
Elaborer et faire voter le projet de loi portant création de l’Institut d’Études et de Recherches sur
l’Amérique latine et la Caraïbe (IERALC)
Créer un groupe de travail préfigurant le futur conseil d’orientation et de décision de l’IERALC
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
91
Etablir un cadre partenarial avec des universités latino-américaines et caribéennes
X
Établir un premier répertoire des ressources scientifiques et des champs disciplinaires et thématiques d’intérêt
pour la recherche
Préparer et réaliser une journée d’étude en Haïti avec les initiateurs du projet IERALC
Identifier et mobiliser les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre et au fonctionnement du
projet IERALC
X
X
X
X
Réaliser l’implantation de l’ IERALC
X
X
X
X
X
X
X
X
Élaborer un programme de recherche pour les court et moyen termes
X
X
Mettre en œuvre le programme de recherche
X
X
Axe 8 : Éducation spéciale
Recommandation : Réhabilitation et renforcement de l’éducation spéciale
La problématique de l’offre des services éducatifs aux enfants et jeunes vivant avec un handicap
quelconque (handicap physique, déficiences intellectuelles, ...) est l’un des grands défis auxquels l’État
haïtien veut s’attaquer dans le cadre de la refondation et de la reconstruction du système d’éducation.
Pour y parvenir, il se propose d’offrir graduellement à tous les enfants à besoins spéciaux une «
éducation spéciale » fondée sur leurs besoins. Les stratégies envisagées par le gouvernement
consistent à rendre accessible et adapté l’environnement physique de l’école à ces enfants et à y créer
les conditions nécessaires à leur apprentissage et leur développement intellectuel.
Actuellement, il y a moins de 2000 enfants atteints de handicaps, soit moins de 15% des 14
000 enfants en situation de handicap auxquels s’ajoutent environ 1500 nouveaux enfants de 6-15
ans amputés suite au séisme, qui sont accueillis dans le système. Au cours des cinq prochaines
années, et dans une perspective de promouvoir l’égalité des chances et l’inclusion sociale, deux
grands objectifs s’inscrivent dans les priorités majeures du gouvernement. Il s’agira (i) d’accroître
l’accès des enfants en situation de handicap physique à l’éducation et (ii) d’améliorer la qualité de
leur éducation et de faciliter leur épanouissement. Pour atteindre ces objectifs, plusieurs actions
stratégiques seront développées. Elles porteront sur le renforcement et l’extension des institutions
spécialisées existantes, la formation spécialisée et spécifique des personnels concernés, l’adaptation
progressive aux besoins des enfants des infrastructures scolaires publiques et subventionnées, des
curricula et programmes ainsi que des méthodes et matériels pédagogiques.
Pour que les actions envisagées puissent produire les effets escomptés et durables dans le temps, elles
seront soutenues par certaines mesures objectives sur le plan de la gouvernance.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Objectif 1 : Garantir
l’accès
des
enfants
et
jeunes
handicapés
à
l’éducation
Résultat attendu :
•
Les enfants en situation de handicap intègrent le système et y évoluent en toute
autonomie et indépendance ;
Indicateurs de résultats :
•
Au moins 30 écoles spécialisées51 en éducation spéciale fonctionnent dans le pays d’ici à
2015 ;
•
100% des infrastructures scolaires publiques disposent de rampes d’accès et sont
adaptées aux besoins des enfants en situation de handicap ;
•
100% des enfants d’âge légal en situation de handicap bénéficient de services éducatifs
avant la fin de 2015.
Dans le tableau ci-dessous, sont indiquées les différentes activités à développer pour assurer
l’accès des jeunes en situation de handicap à l’éducation.
Tableau 2.28
Activités nécessaires à l’accroissement de l’accès des jeunes en situation de handicap à
l’éducation
Période d’exécution
Activités
2011/12
2012/13
14
23
Construire 9 établissements spécialisés de type Saint Vincent ou Montfort (intégrant dépistage, soins,
instruction de base, formation technique) dans 9 autres départements géographiques à raison d’un
établissement spécialisé en moyenne par département
2
3
3
1
Équiper 100% des établissements spécialisés en ressources humaines et matérielles suffisantes et adéquates 20%
40%
60%
80%
100%
Construire des rampes d’accès et des rampes de support dans 100% des écoles publiques au bénéfice des
enfants souffrant de handicap moteur
20%
40%
60%
80%
100%
Agrandir des portes d’accès dans 100% des écoles publiques existantes et à construire
20%
40%
60%
80%
100%
Ajouter par commune une salle de classe dans au moins une école publique pour prendre en charge les
enfants en difficultés d’apprentissage
30
40
50
25
Équiper toutes les écoles publiques en mobiliers adaptés aux besoins des enfants et jeunes handicapés
20%
40%
60%
80%
Recruter 290 enseignants spécialisés en difficultés d’apprentissage pour les nouvelles salles spéciales
ajoutées aux écoles publiques au niveau communal
60
80
100
50
Aménager les espaces de jeu et de loisirs dans les écoles au bénéfice des enfants handicapés
20%
40%
60%
80%
Reconstruire les 23 institutions spécialisées détruites par le séisme
2010/11
5
2013/14
2014/15
100%
100%
Objectif
2
:
Améliorer
la
qualité
de
l’offre
éducative
et
l’épanouissement
des
enfants
et
jeunes handicapés
51
Écoles reconstruites et réhabilitées comprises.
93
Résultats attendus :
Les personnels enseignants et pédagogiques connaissent les notions essentielles d’éducation
spéciale et de pédagogie différenciée ;
L’environnement d’enseignement-apprentissage répond aux besoins des enfants en situation
de handicap.
Indicateurs de résultat :
100% des écoles accueillant les enfants en situation de handicap utilisent les méthodes et
techniques de pédagogie différenciée ;
100% des enfants disposent de matériels didactiques appropriés à leurs besoins dès
2011 ;
Tous les enfants en situation de handicap affichent annuellement de bons résultats
scolaires.
Pour obtenir les résultats escomptés, il faudra réaliser au cours des cinq prochaines années les
activités présentées dans le tableau suivant.
Tableau 2.29
Activités nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’offre d’éducation spéciale
Période d’exécution
Activités
Développer du matériel didactique approprié et adapté aux différents besoins des enfants et jeunes
handicapés
2010/11
X
Équiper toutes les écoles publiques en matériels didactiques appropriés
Développer et Intégrer des modules de formation en éducation spéciale dans les programmes de formation
initiale des maîtres
X
Recruter 100 psychopédagogues à raison d’une moyenne de 10 par département géographique
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
X
X
40%
60%
80%
100%
20
30
30
20
X
Former 50% des enseignants en poste, dont tous les enseignants du public, en éducation spéciale et/ou
pédagogie différenciée
10%
20%
30%
40%
50%
Réaliser des séminaires de formation en éducation spéciale à l’intention du personnel non enseignant
X
X
X
X
X
Sensibiliser toute la communauté éducative sur la problématique de l’éducation des enfants et jeunes
handicapés
X
X
X
X
X
Renforcer les associations existantes et organiser des groupes d’entraide et de solidarité dans les écoles
pour une prise en charge collective des enfants et jeunes handicapés
X
X
X
X
X
Objectif 3 : Améliorer la gouvernance du système pour la prise en charge efficace des
enfants et jeunes handicapés
Résultats attendus :
Les décisions concernant l’offre d’éducation des enfants en situation de handicap se
fondent sur une connaissance réelle de leurs situations ;
La structure chargée de l’éducation spéciale au MENFP est plus efficace dans l’accomplissement de sa mission.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
Indicateurs de résultats :
Un système d’informations statistiques fiables sur les enfants en situation de handicap est
disponible et exploité avant la fin de 2013 ;
La CASAS dispose d’outils et de moyens nécessaires au pilotage de l’éducation spéciale
d’ici la fin de 2013.
100% des cadres et techniciens de la CASAS maîtrise nt leurs rôles et attributions dès
2011.
Les principales activités qu’il faudra réaliser durant les cinq prochaines années pour atteindre les
résultats attendus sont inscrites dans le tableau suivant.
Tableau 2.30
Activités nécessaires au renforcement du système de pilotage de l’éducation spéciale
Période d’exécution
Activités
2010/11
2011/12
Réaliser, de concert avec le MAST et la secrétairerie d’État aux personnes handicapées, une étude à l’échelle
X
nationale pour identifier tous les enfants en situation de handicap et la nature de leurs handicaps
X
Développer et mettre en place une base de données sur les différents enfants et jeunes handicapés, les types
X
de handicap répertoriés, leur concentration, leurs besoins spécifiques, etc.
X
Intégrer dans la base de données du MENFP toutes les données pertinentes relatives aux enfants et jeunes
handicapés
2012/13
2014/15
X
X
X
X
Redéfinir les attributions de la commission chargée de l’éducation spéciale au MENFP
2013/14
X
Équiper la Commission (CASAS) en ressources humaines et matérielles nécessaires
X
X
Former/sensibiliser les cadres et techniciens de la CASAS quant à leurs rôles et responsabilités
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Créer une unité de suivi et d’encadrement des enfants et jeunes handicapés par département
X
Fournir un appui technique et financier aux associations travaillant dans la promotion de l’éducation des
enfants et jeunes handicapés
X
X
X
Sensibiliser tous les secteurs de la société sur le droit à l’éducation des enfants/jeunes handicapés.
X
X
X
95
Axe 9 : Alphabétisation
Recommandation : Éradication du phénomène d’analphabétisme (16 à 50 ans)
Dans la stratégie du gouvernement, l’alphabétisation des adultes est considérée comme un pilier
majeur pour la réussite de sa politique fondée sur une nouvelle société de valeurs. Au cours de la
période du Plan, le gouvernement entend éradiquer le phénomène de l’analphabétisme52 qui est un
des principaux obstacles au développement humain et économique, en réalisant par la méthode
cubaine (Yo Si Puedo), déjà en expérimentation, une vaste campagne d’alphabétisation. Cette
campagne devrait toucher environ les 2 500 000 personnes analphabètes à l’horizon de 2015.
Pour que les alphabétisés soient fonctionnels et que l’analphabétisme de retour soit évité, il est prévu
de mener à grande échelle des actions de post-alphabétisation qui seront axées sur la consolidation et
l’enrichissement des acquis de l’alphabétisation ainsi que l’orientation vers un métier. La stratégie
consiste à organiser après chaque session d’alphabétisation une session de post-alphabétisation
d’une durée de deux (2) mois regroupant l’ensemble des participants de la session
d’alphabétisation. À cet effet, en vue d’inculquer aux participants les aptitudes nécessaires à la vie
courante et des compétences génératrices de revenus, les programmes de post-alphabétisation
seront revus et diversifiés et incluront des éléments portant sur la citoyenneté, le civisme, l’économie,
la conduite personnelle, l’environnement, la vie associative, etc. En tenant compte du nombre
d’alphabétisés au cours des trois dernières années et des actions déjà engagées, environ 2500 000
personnes - à raison de 500 000 par an- seront concernées par cette initiative.
Dans un souci de faciliter l’apprentissage tout au long de la vie et par conséquent, d’offrir des
possibilités de progrès à tous ceux et toutes celles qui le désirent, particulièrement les personnes néoalphabétisées, ces actions s’inscriront dans un cadre plus global et structuré portant sur l’éducation
permanente. Pour ce, il est envisagé à terme d’élargir la mission de la SEA en la transformant en une
Secrétairerie d’État chargée de l’éducation des adultes.
Objectif 1 : Éradiquer
le
phénomène
de
l’analphabétisme
Résultats attendus :
Les services d’alphabétisation des adultes sont accessibles à toutes les couches de la
population analphabète ;
Les
52
structures de pilotage, rénovées et renforcées, jouent un rôle plus actif dans
Ainsi que ses principales causes, en scolarisant tous les enfants d’âge scolaire
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 – 2015
l’exécution des services d’alphabétisation.
Indicateurs de résultats :
100% des personnes analphabètes bénéficient du programme d’alphabétisation de base
d’ici 2015 ;;
La SEA dispose de matériels nécessaires et de cadres motivés et performants plus
impliqués dans la délivrance des services dès 2011.
La SEA dispose de nouveaux instruments et outils de pilotage des actions dès 2011.
Afin d’obtenir les résultats attendus, il est nécessaire que les activités du tableau ci-dessous soient
développées au cours des cinq prochaines années.
Tableau 2.31
Activités à développer pour l’éradication de l’analphabétisme
Activités
Période d’exécution
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
139 000
417 000
695 000
695 000
554 000
Aménager et équiper 9 000 centres pour accueillir les participants
500
1500
2500
2500
2000
Intensifier la campagne de sensibilisation relative à l’alphabétisation.
X
X
X
X
X
Recruter et former 9000 moniteurs
500
1500
2500
2500
2000
Recruter et former 900 superviseurs de centre
50
150
250
250
200
Doter les structures existantes de la SEA en ressources humaines et matérielles
X
X
X
X
Former 100 cadres de la SEA pour le renforcement de ses capacités d’intervention
35
35
30
139 000
livres
417 000
livres
695 000
livres
Fournir 1 kit de matériels d’apprentissage à chacune des 2 500 000 personnes à alphabétiser
Produire et distribuer 2.500.000 livrets et 9000 guides d’alphabétisation
500 guides
Développer et mettre en place une stratégie pour la participation du secteur privé et de la société civile dans
la fourniture des services d’alphabétisation.
X
Mettre en place un système facilitant et dynamisant l’implication des écoles, des églises, des ONG, etc. dans
la fourniture des services d’alphabétisation.
X
554 000
livres
1500
2500
2500
2000
guides
guides
guides
guides
X
X
Procéder à la transformation de la SEA avec de nouvelles missions intégrant l’éducation permanente
695 000
livres
X
X
Objectif 2 : Augmenter
les
possibilités
d’intégration des néo-alphabétisés à la vie
socioéconomique
Résultats attendus :
Les néo-alphabétisés possèdent des compétences les rendant plus aptes à intégrer la
société et le marché de l’emploi ;;
Une offre d’éducation aux adultes est assurée grâce à la mise en place de nouveaux dispositifs
efficaces.
97
Indicateurs de résultat :
Au moins 50% des personnes alphabétisées disposent d’un certificat de post alphabétisation
d’ici a 2015 ;;
Un dispositif institutionnel pour l’éducation des adultes est fonctionnel avant la fin de 2014.
Le tableau ci-dessous fournit l’ensemble des activités à réaliser pendant les cinq prochaines
années pour obtenir les résultats attendus.
Tableau 2.32Activités pour augmenter les possibilités d’intégration des néoalphabétisés a la vie socio-économique
Période d’exécution
Activité
s
2010/11
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
Revoir et développer les programmes de post alphabétisation
X
Organiser 10 sessions de post alphabétisation pour des bénéficiaires des
programmes d’alphabétisation
2
2
2
2
2
600
600
600
600
600
Ètablir un partenariat avec l’INFP pour la formation aux petits métiers53 de 3. 000.
jeunes
/Adultes néo alphabétisés.
Élaborer et faire voter l’avant-projet de loi transformant la SEA en une
secrétairerie d’État à l’éducation des adultes ;
X
Développer un plan d’action stratégique d’éducation des adultes ;
X
Mettre en application des programmes d’éducation des adultes à l’échelle nationale
X
53
X
Cette formation, de 3 mois, sera en parfaite adéquation avec les besoins des apprenants et de leurs milieux.
Figure 3.1
Crédits nécessaires par axe d’intervention et type de dépenses
(‘000 000 US$), 2011-2015
Volet A
Volet B
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
CHAPITRE 3
MOYENS FINANCIERS NÉCESSAIRES ET STRATÉGIES DE
FINANCEMENT
3.1
Le modèle de simulation financière : une vue générale
Au cours des deux dernières décennies, des efforts majeurs de planification ont été entrepris dans le
secteur de l’éducation. Cependant, le seul exercice de planification financière détaillée remonte à 2007
et s’inscrivait dans le cadre de la préparation de la Stratégie Nationale Éducation pour Tous (SNAEPT)
conçue pour la période 2007-2015. Cet exercice, qui a fait l’objet d’une large concertation, a permis
d’estimer les coûts financiers pour la mise en œuvre de la SNAEPT en vue d’atteindre les Objectifs du
Millénaire pour le Développement en matière d’éducation. Introduit par la Banque Mondiale, le
modèle de simulation financière développé par le Secrétariat Technique de l’Initiative de Mise en
Œuvre Accélérée (IMOA ou Fast Track Initiative : FTI en anglais) de l’EPT a été profondément
modifié et adapté à la réalité éducative haïtienne en vue d’estimer les coûts des différentes
composantes de la SNAEPT. Vu le large consensus autour de ce modèle54, ce dernier a été
réadapté pour prendre en compte des changements majeurs intervenus dans le système durant les
trois dernières années ayant suivi la préparation de la SNAEPT et de la nécessité de refonder le
système éducatif à la suite du séisme du 12 janvier 2010. Le modèle en lui-même comporte trois
blocs essentiels : (A) les ressources nationales, (B) les dépenses courantes, et (C) les dépenses
d’investissement anticipées. Le modèle tient compte du cadre des dépenses à moyen terme du
Gouvernement ainsi que de ses performances économiques. Les ressources nationales sont estimées à
partir de l’effort fiscal global anticipé par le Gouvernement et ses arbitrages en faveur du secteur de
l’éducation. Il s’agit en tout cas d’hypothèses qui ne tiennent pas compte des contingences potentielles
du milieu. La dynamique démographique est intégrée dans l’analyse afin de mieux apprécier
l’évolution des populations scolarisables à différents niveaux.
54
En attestent l’endossement de la SNAEPT par l’ensemble des bailleurs et opérateurs du secteur Éducation en Haïti (en 2007)
et l’adhésion d’Haïti à l’IMOA et par conséquent au Fonds Catalytique (en 2008).
100
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2012
L’avantage du modèle est de permettre de confronter à priori les disponibilités financières nationales
avec les besoins à différents niveaux du système, eux-mêmes déterminés notamment par la croissance
des effectifs d’élèves et des cibles retenues pour les actions envisagées à l’horizon
2015. Les projections de certains indicateurs macro-économiques combinés à ceux liés aux arbi- trages
en faveur du secteur éducatif permettent notamment d’apprécier dans le temps les res- sources
domestiques dédiées au secteur éducatif. La différence A – (B+C) permet de déterminer les besoins de
nouveaux financements pour la mise en œuvre du Plan. L’année de référence est 201055, tandis que
l’horizon temporel retenu est celui du Plan Opérationnel (2011-2015).
3.2
Méthodes, hypothèses et conventions
Les calculs couvrent à la fois les aspects financiers, physiques et numériques. Les effectifs scolarisés
dans le préscolaire, les cycles Fondamental I, II et III, et le secondaire ont été ajustés à partir des
données de la SNAEPT (MENFP 2007) et projetés sur l’horizon du Plan. Pour ce faire, trois groupes
d’indicateurs (les taux d’accès, d’achèvement et de redoublement) ont été combi- nés pour calculer un
taux brut de scolarisation qui a permis de projeter les effectifs à partir de la population scolarisable
estimée par l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI). L’horizon-cible retenu est
l’année 2015. Un taux de change nominal, constant en moyenne, équivalent à celui observé sur les
trois dernières années, soit de 40 HTG/dollar américain, a été retenu pour les calculs financiers et
leur projection. Partant de l’hypothèse de refondation du système, le scénario présenté ici repose
essentiellement sur celle de relèvement prudent en matière de croissance économique et de pression
fiscale du PDNA. Les cibles en matière d’éducation sont retenues en concertation avec le GTEF, les
Directions techniques du Ministère de l’Éducation, la Direction Générale et les Groupes thématiques
mis en place dans le cadre de la Task Force chargée de préparer le Plan. Elles visent à corriger les
problèmes diagnostiqués à la suite du séisme du 12 janvier 2010, mais il faut bien reconnaître qu’à
bien des égards ces problèmes se posaient pour la plupart dans les mêmes termes avant le séisme (voir
Chapitre 1).
Quoi qu’il en soit, des facteurs de risque qui tiennent autant à l’environnement naturel, insti- tutionnel,
politique, économique, légal, de coopération, etc. (voir Chapitre 4) sont susceptibles d’handicaper la
mise en œuvre efficace du Plan. Bien que des stratégies de mitigation soient explorées, l’incertitude
qui peut en résulter s’ajoute évidemment aux marges d’erreur qu’im- pliquent toutes projections. Il est
55
Les données de cette année proviennent des différentes sources officielles nationales ou internationales dont le Ministère de
l’Économie et des Finances (MEF), la BRH, le MENFP (DPCE, DRH, DFP, PNCS, DGS, BUGEP, Cellule de Pilotage), l’IHSI,
chacune en ce qui la concerne. Les Agences de Coopération (la Banque Mondiale, l’ACDI, l’UNICEF, l’USAID, la Banque de
Développement de la Caraïbe, l’UNESCO, et la Banque Interaméricaine de Développement, l’AECID, l’UNFPA, le PAM, l’AFDFrance, l’UE, les Coopérations Suisse et Chilienne, le FTI) ont fourni leur programmation financière entre 2010 et 2014, ce qui a
permis de mieux apprécier les ressources qui peuvent être considérées comme sécurisées.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
évident, en effet, que le rythme de croissance de la population haïtienne-qui reste une population très
jeune-combiné à l’ampleur des problèmes diagnostiqués dans le Plan (voir supra) rendront difficiles le
financement et par conséquent, la réalisation des objectifs contemplés. Sur le long terme, la solution
durable semble passer par la mise en œuvre simultanée d’une politique de maîtrise de la démographie,
et une politique d’accroissement et de rationalisation de l’effort fiscal en vue de garantir une meilleure
soutenabilité budgétaire à partir de ressources nationales croissant au rythme de développement de
l’économie. Il faudra aussi et surtout un arbitrage plus favorable au secteur de l’éducation en vue de
doter le pays du stock de capital humain nécessaire à son développement. Autrement dit, la
refondation du système suggère une plus grande mobilisation de ressources tant nationales
qu’internationales. La recommandation du GTEF consistant à allouer 25% du budget national (à l’horizon
2015) au secteur de l’éducation s’inscrit dans cette perspective.
Les conventions et abréviations suivantes sont adoptées :
− « - » est utilisé entre les années (par exemple 2010-2011) pour désigner une année fis- cale qui commence le 1er
octobre et se termine le 30 septembre de l’année suivante ou pour indiquer une période qui s’étend de la première à la
dernière année inclusivement (2011-2015, par exemple). Par ailleurs, 2010 renvoie à l’année fiscale 2009-2010;
−
Le phénomène de l’inflation est ignoré dans les projections. Il est assumé en effet que l’inflation dans le
secteur de l’éducation, tout comme l’inflation générale, sera maitrisée par une politique monétaire saine. Ainsi les prix de
2010 sont appliqués sur la durée du Plan Opérationnel ;
−
US$ = dollar de 2010 des États-Unis d’Amérique.
3.3
Besoins et ressources anticipés
3.3.1 Coûts financiers agrégés et besoins de financement
La mise en œuvre du Plan entre 2011 et 2015 nécessitera US$ 4.3 milliards. Les dépenses courantes
représentent 67% tandis que les dépenses d’investissement 33%. Les coûts annuels des interventions
nécessaires se chiffrent en moyenne à US$ 865 millions (Tableau 3.1). Cependant, sur la période du
Plan, les ressources publiques totales anticipées ne permettront de mobiliser qu’environ US$ 4
milliards (en tenant compte des hypothèses de relèvement prudent du PDNA, voir infra : Tableau 3.3)
dont jusqu’à 25% seront dédiés selon une montée progressive au secteur de l’éducation. Dans ces
conditions, les ressources nationales pour les dépenses d’éducation sont évaluées à US$ 952 millions,
soit 22% des coûts totaux du Plan. D’un autre côté, les crédits déjà programmés par les agences de
coopération entre 2011 et 2015, totalisent quelque US$ 404 millions additionnels, soit 9% des coûts
estimés (Tableau 3.1). Il en ressort une dépendance des nouveaux financements à mobiliser (tant sur le
102
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2012
plan national qu’international) de l’ordre de 67% en moyenne. Cela étant, les besoins de financements
complémentaires annuels sont estimés en moyenne à quelque US$ 594 millions.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.1
Coûts, ressources et besoins de financement (’000 US$), 2011-2015
2011
2012
2013
2014
2015
TOTAL
Dépenses courantes
371 563
484 171
571 406
683 358
782 518
Dépenses de Capital
228 501
257 151
242 000
320 016
383 047
Coût total
600 064
741 322
813 405
1 003 375
1 165 565
121 504
152 885
186 912
223 444
267 035
2
893
017
1
430
715
4
323
732
951
780
Ressources
l’éducation
publiques
anticipées
pour
Promesses de PTFs du secteur
181 031*
80 710
72 200
70 200
Ressources totales
302 535
233 594
259 112
293 644
267 035
Gap de financement
297 530
507 728
554 293
709 731
898 530
404
141
1
355
921
2
967
811
%
de
rubrique
la
66.9%
33.1%
100%
70%
30%
100%
50%
68%
68%
71%
77%
Dépendance par rapport aux nouveaux
financements
Notes.— *Les levées de fonds successives au lendemain du 12 janvier par différentes agences et les opérations sur le terrain pour la relance des activités scolaires après le séisme peuvent aider
à expliquer ce décalage.
Le tableau 3.2 présente les crédits nécessaires par an et par axe d’intervention. Avec peu d’exceptions,
les coûts sont croissants sur la période du Plan. Les cycles 1 et 2 du fondamental, qui accueillent
actuellement plus de 2 millions d’enfants, l’enseignement supérieur et le programme de SantéNutrition sont ceux qui nécessitent le plus de ressources. Les crédits nécessaires pour la reconstruction
des bâtiments scolaires et universitaires détruits par le séisme constituent l’un des déterminants
majeurs de ces régularités. Mais parallèlement, l’obligation et la gratuité scolaires prônées par l’État
dans les deux premiers cycles du fondamental pour les 5 prochaines années lui imposent de
subventionner le sous-secteur non public en tenant compte de l’incidence de la pauvreté au sein de la
population. Tous types de dépenses confondus, le fondamental 1 et 2 mobilisera 42% des coûts totaux
du Plan, tandis que l’enseignement supérieur ou le programme Santé-Nutrition absorbera chacun
quelque 13% des crédits destinés à la mise en œuvre du Plan. La figure 3.1 présente les coûts estimés
par axe d’intervention et par type de dépenses pour les 5 années du Plan.
104
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2012
Tableau 3.2
Crédits nécessaires par axe d’intervention et par an (‘000 000 US$)
Année
Axe d’intervention
2011
2012
TOTAL
2013
2014
2015
Éducation préscolaire
31
34
51
74
110
301
Fondamental 1 & 2
266
334
346
411
465
1 823
Fondamental 3
41
55
61
100
136
394
Secondaire
31
41
58
79
78
287
Formation technique et professionnelle
16
25
33
62
69
204
Formation initiale et continue des agents éducatifs
9
9
9
9
8
43
Santé Nutrition
72
114
122
132
131
571
86
Alphabétisation et post-alphabétisation
2
5
11
23
46
Renforcement et Gouvernance
30
15
5
2
2
54
Enseignement supérieur
101
109
117
112
120
560
TOTAL
600
741
813
1 003
1 166
4 324
3.3.2 Du défi de financer l’éducation
à
partir
des
ressources
nationales
Vu les coûts estimés plus haut, l’un des défis majeurs reste celui de mobiliser des ressources
suffisantes pour la mise en œuvre du Plan. Or une telle perspective n’est pas indemne de risques
quand on se réfère d’une part à la petite taille de l’économie haïtienne et de son budget national, et
d’autre part aux modalités d’octroi et de gestion de l’aide au pays. Le PDNA du tremblement de terre
a déjà amplement analysé le contexte macro-économique et anticipé son évolution probable. Il nous
suffit ici de rappeler quelques éléments de ce contexte qui sont liés au secteur éducatif. Avant le
séisme dévastateur et meurtrier du 12 janvier 2010, Haïti avait pratiquement retrouvé les voies de la
croissance économique (PDNA 2010 ; Chap. 3). Le séisme a eu pour effet d’inverser cette tendance.
Différents scénarios analysés dans le PDNA laissaient entendre que le Produit Intérieur Brut (PIB)
allait reculer en 2010 (Tableau 3.3). A court et à moyen termes en effet, la croissance économique
anticipée se fonde sur les hypothèses à la base de différents scénarios de reconstruction. Ceux-ci à leur
tour se fondent sur la mobilisation effective des ressources et de la capacité d’absorption de celles-ci.
Tableau 3.3
Impact du séisme sur le PIB
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Ligne de base sans séisme
Pertes (sans reconstruction)
2.9
2.9
3.6
-8.3
3.9
0.6
4.0
3.6
4.2
4.1
4.3
4.2
Relèvement prudent
2.9
-5.1
5.8
6.3
5.1
4.2
Relèvement prudent (IMF)
2.9
-8.5
9.3
8.5
5.8
4.7
Reconstruction prudente
2.9
-2.6
13.5
9.5
7.1
5.6
Reconstruction complete
2.9
3.6
17.8
11.1
8.2
6.3
IMPACT SUR LE PIB
Source : PDNA, 2010 : Tableau 48
En se référant au scénario de « Relèvement prudent » du PDNA, on s’attend à ce que les activités
économiques connaissent un recul qui se traduirait par une croissance négative de -5.1% en 2010. Un
regain d’activités est attendu en 2011 où la croissance prévue est de 5.8% et 6.3% en 2012, et baissant
à 4.2 % en 2014 (Tableau 3.3). Tel que mentionné plus haut, nos projections macroéconomiques
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
s’appuient sur les hypothèses de croissance de ce scénario prudent du PDNA. Il en est de même de la
pression fiscale qui tombera en 2010 à 7% (contre 12% en 2009 et 10.2% en 2006) du PIB avant de
passer à 13% en 2015. Cet effort fiscal programmé devrait permettre de générer des ressources
additionnelles dédiées aux dépenses courantes de l’État. Dans le secteur de l’éducation, les dépenses
courantes-estimées à 18.5% en 2006 et à 21.4% en 2010 des dépenses courantes totales-atteindront
25% à l’horizon 2015 (Tableau 3.4). Comme indiqué précédemment, les crédits budgétaires ainsi
anticipés ne totaliseront sur la période 2011-2015 que 22% des crédits totaux nécessaires à la mise en
œuvre du Plan. Par ailleurs, exprimées en % du PIB, les dépenses courantes d’éducation sont
actuellement de 2.65% et devraient atteindre 3.25% en 2015. Ce niveau est encore faible comparé à
celui des pays qui ont réalisé la scolarisation universelle où la part des dépenses publiques d’éducation
dans le PIB est comprise entre 5 et 6%56. Le tableau 3.4 fournit l’évolution des diverses variables
économiques et démographiques sur la période du Plan
Parallèlement, la population totale estimée à quelque 9 001 471 habitants en 2003 à la faveur du
RGPH (IHSI, 2005 :42)57, pouvait être estimée à près de 10 millions en 2010. Avec une
dynamique de croissance de 2.08% l’an, la population totale devrait dépasser les 10 millions dès
201258. Quant aux populations scolarisables à différents niveaux d’enseignement, elles augmentent
aussi rapidement (2% l’an pour la population de 0-5 ans, 2.7% l’an pour les populations de 6-11 ans,
de 12-14 et de 15-18 ans selon la SNAEPT (2007), ce qui aura de fortes incidences sur la demande
sociale d’éducation.
Tableau 3.4
Indicateurs économiques, financiers et démographiques projetés
Année
cible
Valeur
cible
2010
6 332 297
PIB (‘000 US$)
2011
2012
2013
2014
2015
6 699 571
7 121 644
7 484 847
7 799 211
8 216 469
Taux de croissance réel annuel du PIB (%)
-5.1%
5.8%
6.3%
5.1%
4.2%
5.4%
Population totale (en milliers)
9 785
9 989
10 197
10 409
10 625
10 846
PIB per capita (US$)
Ressources domestiques totales (en % du
PIB)
Dépenses courantes totales (milliers US$)
2015
13 %
647
671
698
719
734
758
7.0%
8.2%
9.4%
10.6%
11.8%
13.0%
784 993
549 365
669 434
793 394
920 307
1 068 141
56
Voir Ministère de l’Éducation (2005). Programme décennal de l’Éducation et de la formation : Plan d’action de la deuxième
phase 2005-2007. Dakar : Ministère de l’Éducation
57
IHSI-Ministère de l’Économie et des Finances (2005). 4eme Recensement Général de la Population et de l’Habitat. Résultats
définitifs (RGPH). Ensemble du pays. Port-au-Prince : Bureau du Recensement.
58
Les 300 000 victimes officielles causées par le séisme sont retranchées de la population estimée pour 2010
106
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2012
% de dépenses courantes d’éducation
dans le budget courant de l’État
2015
Total des ressources publiques pour les
dépenses courantes d’éducation (‘000
US$)
Total des ressources publiques pour les
dépenses courantes d’éducation (en % du
PIB)
25%
21.4%
22.1%
22.8%
23.6%
24.3%
25.0%
167 961
121 504
152 885
186 912
223 444
267 035
2.65%
1.81%
2.15%
2.50%
2.86%
3.25%
Sources : Données BRH, IHSI et calculs propres. Notes.—Taux de change : 1US$=40 HTG. Nous adoptons les hypothèses de croissance économique du
scénario « Relèvement Prudent » du PDNA pour la période 2010-2014. Le taux de croissance en 2015 est une moyenne des taux sur la période 20112014. Accroissement annuel de la population globale=2.08%.
3.4
Détails
des
Coûts
par
axe
d’intervention
Combinant les cibles retenues à l’horizon 2015 et la situation de référence en 2010, les coûts
financiers estimés sont regroupés par axe d’intervention dans cette section. Ils sont divisés en (1)
dépenses de fonctionnement (salaires, subventions de scolarisation aux élèves et étudiants des soussecteurs public et non public, dépenses hors-salaires, santé-nutrition, formation initiale des maîtres et
formation continue des agents du système éducatif) et (2) dépenses d’investissement (constructions,
reconstructions et équipement d’écoles, de salles de classe, et de cantines scolaires dans les écoles
fondamentales ; réhabilitations et équipements divers). Par ailleurs, en vue de réduire les risques liés
aux catastrophes naturelles, les nouvelles constructions tiendront désormais compte des normes
parasismiques (un pourcentage de 10-12% a été retenu par la DGS dans ses estimations du coût au
mètre carré construit) et paracycloniques. Elles incluront également des rampes d’accès et de support
(pour accommoder les handicapés dont le nombre a fortement augmenté à la suite du séisme), un
laboratoire informatique, un réfectoire, des équipements et installations sportives et des sanitaires.
Avec cet idéal, le mètre carré construit et équipé ne coûtera pas moins de US$ 505, tandis qu’une
école fondamentale complète de 9 salles, dotée aussi de deux salles préscolaires coûtera US$ 558 030.
Les coûts des actions envisagées sont détaillés ci-après.
3.4.1 Éducation préscolaire
Quelque 328 079 enfants de 4-5 ans fréquentent actuellement le préscolaire sur une population estimée
à 489 670 enfants, soit un taux de fréquentation de 67%. Pourtant, seulement 7% d’entre eux sont
accueillis dans des écoles préscolaires publiques. Il est prévu d’augmenter le pourcentage d’enfants
dans le préscolaire public jusqu’à 40% en 2015. Pour y parvenir, toutes les écoles fondamentales
seront dotées de deux salles dédiées au préscolaire59, ce qui permettra d’accroître considérablement
le nombre de salles disponibles pour répondre aux besoins de prise en charge de la population ciblée.
De plus, le nombre d’enfants par salle, qui s’élève actuellement à 54 enfants, devra passer à 25 en
2015. Dans ces conditions, il faudra construire plus de 8 000 salles au bout des cinq ans du Plan afin
d’accueillir les enfants dans le sous-secteur public, tandis que de nouveaux moniteurs (un par salle) -
59
Il existait avant le séisme 1 421 écoles fondamentales publiques dont 443 avaient une salle de classe destinée au préscolaire.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
rémunérés selon l’échelle salariale des normaliens, - assureront la prise en charge des enfants dans le
public.
Si l’on se réfère aux crédits budgétaires actuellement alloués au préscolaire public, la dépense unitaire
annuelle s’établit à quelque US$ 81 par enfant et par an. Avec les efforts supplémentaires en termes
d’agrandissement des espaces, de rénovation, de dotation de services de cantines et d’un programme
de santé, éléments devant assurer à chaque enfant un bon départ dans la vie, la dépense par enfant
augmentera considérablement. En effet, en dehors des dépenses salariales et en infrastructures, une
dépense additionnelle de US $ 90 est envisagée par enfant et par an dans le public. Le tableau 3.5
illustre autant l’évolution des différentes grandeurs physiques et numériques pour le préscolaire que
leurs implications financières. Les actions envisagées dans le sous-secteur totaliseront US$ 301
Millions sur la période quinquennale du Plan60.
Tableau 3.5
Moyens financiers pour le préscolaire public
Année cible
Valeur
cible
2015
100%
Population scolarisable 4 – 5 ans
Taux brut de fréquentation préscolaire
Effectif projeté d’enfants dans le préscolaire
% d’enfants dans le préscolaire public
Nombre d’enfants dans le préscolaire public
Nombre d’enfants par salle
Nombre de moniteurs nécessaires dans le préscolaire public
Masse salariale enseignante (‘000 US$)
Dépenses courantes totales dans le préscolaire public (‘000 us$)
Nombre de salles nécessaires
Construction de nouvelles salles par an
Cot de la construction des salles (‘000 us$)
Dépenses totales dans le préscolaire public (‘000 000 us$)
2015
2015
40%
25
2010
2011
2012
2013
2014
2015
489 670
499 463
509 453
519 642
530 035
540 135
67%
85%
89%
93%
96%
100%
328 079
426 209
453 413
485 535
510 600
540 635
7%
14%
20%
27%
33%
40%
24 086
59 129
92 519
129 709
170 889
216 254
54
48
43
37
31
25
1 219
2 171
3 530
5 535
8 650
3 249
5 785
10 159
15 931
24 897
8 571
14 111
21 833
31 311
44 360
1 219
2 171
3 530
5 535
8 650
1 073
951
1 359
2 005
3 115
22 774
20 189
28 838
42 553
66 101
31
34
51
74
110
443
Notes.—Accroissement annuel de la population 4-5 ans = 2%. Coût par salle construite et équipée y compris les sanitaires et les nouvelles normes parasismiques = US$ 21
219. Coût au mètre carré construit et équipé = US$ 505. Selon les normes de la Direction du Génie Scolaire, la dimension d’une salle du préscolaire est de 42 m2.
3.4.2 Enseignement fondamental (1er et 2e cycles)
Les deux premiers cycles de l’enseignement fondamental c o m p t a i e n t en 2010 un effectif de
2.1 millions d’enfants incluant les surâgés. Cet effectif est appelé à se réduire avec la décroissance du
taux brut de scolarisation et la promotion automatique dans le cycle en vue d’augmenter le taux net
de scolarisation. Le combat à mener est d’abord celui de la lutte contre le phénomène des surâgés,
c’est-à-dire les enfants dont l’âge excède de 2 ans et plus l’âge moyen des élèves du degré
scolaire fréquenté (72% en moyenne dans le cycle). De plus, on observe également un accroissement
de l’accès et de l’achèvement dans le cycle. Sur un autre plan, le poids du sous-secteur non-public dans
60
Dans ce chapitre, il n’est pas pris en compte les crédits nécessaires en vue de la prise en charge des 0-3 ans. Des ressources
supplémentaires sont alors à rechercher à cette fin.
108
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2012
le fondamental 1 et 2 est disproportionné: 81.5% des effectifs scolarisés. La réforme envisagée
permettra à l’État de rectifier ce décalage en accueillant davantage d’enfants dans des écoles
publiques de qualité. La cible retenue à cet effet est de 40% d’ici 201561. L’augmentation de l’offre
publique dans les zones où l’offre est insuffisante ou inexistante sera également accompagnée de
subventions aux écoles non-publiques. Au total, en tenant compte de l’incidence de la pauvreté, 76%
des effectifs dans le secteur non public bénéficieront d’une subvention publique d’ici 2015. Celle-ci
est établie à US$ 100 par enfant et par an pour la période du Plan62. L’effet attendu de cette politique
est d’abord une réduction des frais de scolarité exorbitants exigés par les écoles non publiques aux
parents, l’amélioration de la qualité et des conditions d’apprentissage dans ces écoles, et, in fine, la
réduction de la charge financière pour les familles qui financent actuellement la quasi-totalité des
enfants inscrits dans le non public.
Tableau 3.6
Indicateurs sélectionnés et dépenses anticipées pour l’enseignement fondamental régulier (1er et 2 cycles)
Année
cible
Valeur
cible
Taux d’accès total
2015
100%
Taux d’achèvement total
2015
% de redoublants dans le cycle
2015
2010
2011
1 421 584
1 459 967
169%
143%
90%
68%
5%
Population scolarisable 6-11 ans
Taux brut de scolarisation simple
Taux brut de scolarisation ajusté*
Nombre total d’élèves projetés dans le cycle
% d’élèves dans le non public
2015
2015
2013
2014
2015
1 499 386
1 539 869
1 581 446
1 624 145
123%
115%
108%
100%
73%
77%
81%
86%
90%
13%
11%
10%
8%
7%
5%
136%
128%
124%
117%
111%
105%
128%
120%
117%
113%
109%
105%
2 106 805
1 748 288
1 760 403
1 745 531
1 728 638
1 709 626
60.0%
Nombre d’élèves dans le public
Nombre d’élèves par enseignant dans le public
40.0
Nombre d’enseignants nécessaires dans le public
81.5%
77%
73%
69%
64%
60%
390 618
399 180
477 500
548 381
617 265
683 850
38.5
38.8
39.1
39.4
39.7
40.0
10 158
10 298
12 221
13 925
15 552
17 096
Besoins annuels de nouveaux enseignants
1 906
1 855
30 005 370
2 129
35 736 825
40 865 751
45 804 027
25 830 118
37 194 308
52 500 826
69 494 838
88 583 730 109 619 769
50%
55%
51 352 364
67 199 679
Masse salariale enseignante dans le public (US$)
Dépenses totales hors salaires enseignants (US$)
Dépenses totales hors salaires enseignants (en %
dépenses courantes totales)
2012
2015
68%
Dépenses courantes totales dans le fondamental I
et II public (US$)
1 948
59%
63%
804
50 532 327
66%
68%
88 237 651 110 360 589 134 387 756 160 152 096
ECOLES NON PUBLIQUES
Nombre d’élèves du fondamental (1 et 2 ) non-public financé par l’État
399 244
632 158
876 371
1 082 950
Part des effectifs du non-public en école accréditée 2015
100%
30%
44%
58%
72%
86%
100%
Effectifs subventionnés par l’État (en % des effectifs totaux du non public)
76%
1%
16%
31%
46%
61%
76%
45 532 320
63 100 809
Total subventions aux écoles non publiques (US$)
Dépenses courantes publiques totales Pour
L’enseignement fondamental 1 & 2 (Us$)**
61
175 582
2015
12 678 974
28 775 384
166 002 040 219 960 595 272 502 957
77 958 950
330 289
365 044
453
736
En d’autres termes, le non public ne comptera que 60% des effectifs scolarisés dans le Fondamental I et II.
Bien entendu, cette subvention ne constitue qu’une contribution aux coûts éducatifs par enfant et par an qui doivent être bien
plus * * élevés. Elle prendra en charge notamment les frais de scolarité, les uniformes et les kits scolaires
62
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
110
Plan Opérationnel 2010 2015
Notes.—Taux de déperdition = 2%. Accroissement annuel de la population de 6-11 ans = 2.7%. Coût moyen annuel par enseignant dans le cycle (annuel en multiple du PIB/hab.) = 3.7. Subvention
par enfant dans le non public = US$ 100. * Le calcul d’une concavité en combinant le taux brut simple et la population de 6-11 ans, permet d’ajuster le taux simple. **Incluant les coûts du
programme de prise en charge des enfants en dehors du système, et de l’introduction des nouvelles technologies dans l’école fondamentale. Ces coûts sont détaillés dans les tableaux 3.7 et 3.9
suivants.
Dans le sous-secteur public, le nombre d’enseignants en fonction (10 158 en 2010 dont 34% de
normaliens) augmentera progressivement pour faire face aux besoins de scolarisation dans le cycle. Il
est prévu d’élever significativement le niveau de qualification des enseignants en poste, tandis que
de nouveaux enseignants seront recrutés et formés. Compte tenu du taux de déperdition du
personnel enseignant estimé à 2%, il sera nécessaire de recruter en moyenne 1 728 nouveaux
enseignants par an entre 2011 et 2015. Les salaires de ces fonctionnaires seront augmentés de 17%
tous les 3 ans selon les pratiques d’amélioration de la condition enseignante en vigueur au MENFP.
Par conséquent, la masse salariale enseignante connaîtra une augmentation considérable (Tableau
3.6), tandis que les dépenses non liées aux salaires (examens, supervisions, partenariat), estimées à
50% en 2010, évolueront et représenteront, en 2015, 68% des dépenses courantes totales dans le
public. Estimées à quelque US$ 26 millions en 2010, ces dépenses hors-salaires progresseront de
manière constante sur la durée du Plan dans un souci d’amélioration de la qualité de l’éducation. Dans
le secteur public, les dépenses courantes devront plus que doubler entre 2011 et 2015 étant donné les
ambitions de refondation du système que se donne l’État. Une autre préoccupation majeure concerne
les enfants d’âge scolaire actuellement en dehors du système. Ils sont actuellement estimés à 507 561
âgés de 6 à 12 ans, avec 218 437 âgés de 8 à 12 ans. Il est prévu de prendre en charge
progressivement (25% tous les ans) la totalité de ces enfants sur les 4 prochaines années. Selon leur
âge, ils seront scolarisés suivant diverses modalités : les 6-7 ans seront dirigés vers le cycle
fondamental régulier, un cycle accéléré de 4 ans sera mis en place pour les 8-9 ans et un autre de 3
ans pour les 10-12 ans afin de fournir à ces enfants le socle de compétences des deux premiers cycles
de l’école fondamentale63. Quelque 40% de l’effectif global sera canalisé vers des écoles publiques et
les autres vers des écoles non publiques subventionnées par l’État. Une subvention unitaire annuelle
de US$ 100 sera accordée pour chacun des enfants pris en charge peu importe le sous-secteur de
scolarisation. Les coûts récurrents de cette action (subventions, dépenses salariales et hors-salaires)
sont programmés dans le tableau 3.7. Ils totalisent US$ 217 millions sur la période du Plan, soit US$
43 millions en moyenne l’an.
63
Les enfants ainsi pris en charge dans les cycles accélérés pourront une fois le cycle complété, s’orienter vers le troisième
cycle du fondamental ou le programme de formation professionnelle. Pour cette dernière destination, un tiers du groupe des 10-12
ans est considéré pour le moment. Par ailleurs, un taux de redoublement de 10% en années 3, 5 ou 6 est anticipé et le passage
automatique en années 1, 2 et 4.
111
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.7
Prise en charge dans le cycle fondamental des enfants en dehors du système
2011
2012
2013
2014
2015
Nouveaux entrants et effectifs 6-7 ans dans le cycle régulier
72 281
144 562
202 387
274 668
247 201
Nouveaux entrants et effectifs 8-9 ans dans le cycle accéléré de 4 ans
29 994
59 988
83 983
113 977
102 579
Nouveaux entrants et effectifs 10-12 ans dans le cycle accéléré de 3 ans
24 615
49 231
68 923
86 646
77 981
Effectif cumulé additionnel dans le système
126 890
253 781
355 293
475 291
427 762
Nombre d’enseignants nécessaires dans le public
Masse salariale (US$)
1 269
2 538
3 553
4 753
4 278
3 182 798
6 628 751
9 554 804
13 047 336
12 118 761
636 560
1 325 750
1 910 961
2 609 467
2 423 752
Total subventions (US$)
12 689 030
25 378 060
35 529 284
47 529 085
42 776 176
Coût total de la prise en charge des enfants non scolarisés (US$)
16 508 388
33 332 561
46 995 048
63 185 888
57 318 690
Dépenses hors salaires (US$)
Notes.—% d’effectifs des nouveaux entrants à canaliser vers le public = 40%. Rapport élève-maître dans le public = 40. Salaire mensuel moyen enseignant en multiple du Pib/hab.= 3.74.
Dépenses hors salaire (en % masse salariale enseignante) = 20%. Subvention par enfant = US$ 100. % d’élèves avec sub- vention=100%.
3.4.3 Formation initiale et continue des maîtres
La formation initiale et continue des maîtres et des agents éducatifs de l’école fondamentale a été
retenue comme levier pour infléchir la qualité de l’éducation. Dans cette perspective, le souci est
d’amener tous les enseignants non qualifiés à une certification répondant aux exigences du MENFP,
tandis que le personnel non enseignant recevra à son tour des formations ciblées dans le cadre de son
travail quotidien. Pour cela, un volume total de 360 heures (incluant 25 heures pour l’introduction aux
nouvelles technologies) sera nécessaire par enseignant non qualifié en termes de formation
(professionnelle et disciplinaire) continue. La mise en place des réseaux et sous-réseaux d’EFACAP
devrait permettre de réduire énormément les coûts horaires de la formation continue de ces
enseignants. En 2010, quelque 7% des 86 308 agents éducatifs du système ont bénéficié de
formations coordonnées par la Direction de la Formation et du Perfectionnement (DFP) dans le cadre
de différents projets de coopération. Pour ces besoins de formation continue des agents éducatifs du
fondamental tant du secteur public que du secteur non public et aussi des nouveaux gradués de la
formation initiale, plus de US $7 millions de dollars sont nécessaires annuellement (Tableau 3.8). Par
ailleurs, avec un coût unitaire de US $800 par an et par étudiant-maître, le programme de
formation initiale, pour combler les besoins de nouveaux enseignants, exigera en moyenne US$ 1.4
million l’an sur les cinq prochaines années.
Au final, les dépenses courantes pour la formation des enseignants et des agents éducatifs s’élèveront à
US$8.6 millions en moyenne l’an et totaliseront quelque US$ 43 millions de dollars pour les 5 années
du Plan. L’évolution des différentes grandeurs numériques et de leurs implications financières est
présentée au tableau 3.8.
112
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.8
Formation initiale des enseignants et formation continue des agents éducatifs du fondamental I et
II
Année
cible
Valeur
cible
2015
100%
2010
2011
2012
2013
2014
2015
FORMATION CONTINUE
Effectif cumulé d’agents éducatifs à former (en % des effectifs
totaux)
7%
26%
44%
63%
81%
100%
% d’agents à former par an
19%
19%
19%
19%
19%
19%
Nombre total cumulé d’agents éducatifs à former
6 198
22 220
38 242
54 264
70 286
86 308
Nombre d’agents à former par an
16 022
16 022
16 022
16 022
16 022
Nombre total d’agents éducatifs à former par an (y compris les
nouveaux diplômés de la formation initiale)
18 151
17 970
17 928
17 877
16 826
72.0
144.0
216.0
288.0
360.0
72.0
72.0
72.0
72.0
72.0
Nombre d’heures annuelles cumulées pour la certification par
agent éducatif non qualifié
Nombre d’heures annuelles de formation continue par agent non
qualifié
Coût annuel total de la formation continue (en US$)
2015
360
7 242 812
7 242 812
7 242 812
7 242 812
7 242 812
FORMATION INITIALE
Coût unitaire de la formation initiale (en US$)
800.0
800.0
800.0
800.0
Coût annuel total de la formation initiale (en US$)**
1 703 161
1 558 673
1 524 430
1 484 382
COÛT TOTAL DE LA FORMATION INITIALE ET CONTINUE
DES ENSEIGNANTS (US$)
8 945 973
8 801 485
8 767 242
8 727 194
800.0
642 819
7 885 632
Notes.— Nombre d’heures de formation nécessaire jusqu’à la certification d’un enseignant non qualifié du fondamental = 360. Coût horaire de la formation continue d’un agent éducatif (en US$)
= 5.991. Coût unitaire annuel de la formation continue = US$ 452. ** Ces crédits sont destinés à former les nouveaux enseignants dans le cycle (voir tableau 3.6 pour les besoins annuels de
recrutement d’enseignants).
3.4.4 Introduction aux nouvelles technologies dans le cycle fondamental
En 2010, 11 000 enfants bénéficiaient du programme OLPC (One Laptop per Child) dans quatre sites
à travers le pays (Jacmel, Kenscoff, Thomazeau et Lascahobas) à partir d’un financement annuel de
US$ 2 500 000 de la BID et de la Fondation OLPC. Afin de généraliser la culture technologique à
l’école fondamentale, le MENFP entend exposer les enfants dès la première année aux nouvelles
technologies de l’information et de la communication (NTIC). Il est envisagé ainsi de fournir à 2 000
000 d’enfants un ordinateur portable personnel relié à l’internet à partir des établissements scolaires
d’ici 2015. Le Tableau 3.9 présente la montée progressive du nombre de bénéficiaires ainsi que des
moyens financiers nécessaires. Sur les cinq années du Plan, cet axe d’intervention coûtera US$ 348
millions. Cette intervention prendra différentes formes adaptées aux structures scolaires et aux
localités, selon des modalités souples permettant la fois l'exploitation collective et l'exploration
individuelle, centrées sur l’amélioration des apprentissages.
113
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.9
Coût de l’introduction des NITC
Année cible Valeur cible
2015
Effectif d’enfants bénéficiaires du programme
2 000 000
2010
2011
11 000
Nouveaux bénéficiaires par an
2013
2014
2015
408 800
806 600
1 204 400
1 602 200
2 000 000
397 800
397 800
397 800
397 800
397 800
69 615
69 615
69 615
69 615
69 615
2 500
Coût total du programme (‘000 US$)
2012
Notes.—Coût unitaire du laptop = US$ 175.
3.4.5 Investissement dans le fondamental public I et II
Dans les deux premiers cycles du fondamental public, 5 946 salles de classe existaient avant le
séisme. Les salles sous les tonnelles et dans les églises répertoriées lors du Recensement 2002-2003 et
dont seulement 14% étaient utilisées en double flux ne sont pas incluses dans ce nombre. Pourtant, un
déficit de 8 911 salles de classe était observé bien avant la catastrophe du 12 janvier au cours
de laquelle 67% des salles dans le fondamental public dans les départements de l’Ouest, du Sud Est
et des Nippes ont été détruites. Il importe non seulement de combler les besoins, mais également de
tenir compte du ratio élèves-maître (ciblé à 40 en 2015) et de l’objectif de double flux dans les salles
de classe (ciblé à 50% en 2015). Cela nécessitera la construction de 5 165 salles de classe
supplémentaires entre 2011 et 2012 pour ce niveau d’enseignement64
et favorisera l’accès à
l’éducation dans le public pour une répartition plus équilibrée des élèves entre les deux secteurs. Cet
effort se réduira progressivement avec la mise en place de la double vacation et l’achèvement du
programme accéléré pour les surâgés en dehors du système.
Tableau 3.10
Investissements nécessaires dans l’enseignement fondamental (1er et 2 cycles)
Année
cible
Pourcentage de classes en double flux
2015
Valeur
cible
50.0%
Nombre de salles nécessaires dans le public
2010
2015
50%
% d’écoles dotées de réfectoire équipé
Coût de construction et d’équipement des cantines (‘000
US$)
COÛT ANNUEL TOTAL DES BATIMENTS (‘000 US$)
2015
50%
2013
2014
2015
14.0%
23.0%
32.0%
41.0%
50.0%
8 911
9 437
9 723
10 481
11 134
12 081
61 621
68 863
19 129
16 494
23 941
32.2%
36.7%
41.1%
45.6%
50.0%
38 406
45 032
54 422
64 062
76 298
1 498
1 521
1 610
1 642
1 675
1 709
35%
38%
41%
44%
47%
50%
373
284
294
305
100 401
114 179
73 845
80 861
0.0%
Coût annuel total pour la réhabilitation des salles de classe
(‘000 US$)
Nombre d’écoles publiques
2012
14.0%
Coût annuel total pour la construction et l’équipement des
salles de classe (‘000 US$)
% de salles de classes réhabilitées
2011
100 060
Notes.—Sont également considérés, les enfants en dehors du système. Coût par salle construite aux normes para sismiques et équipée y compris le coût des sanitaires =25 261 US$. Coût unitaire de
réhabilitation (% coût d’une salle neuve)=50%. Dimension d’une salle du fondamental I et II=50 m2.
64
Les enfants en dehors du système dont 40% seront accueillis dans des écoles publiques sont également considérés.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
114
Plan Opérationnel 2010 2015
En même temps, d’i ci 201 5, il sera nécessaire de procéder à la réhabilitation de 50% des salles
de classes dans les zones non directement touchées par le séisme, le coût de la réhabilitation de
chaque salle étant estimée à 50% en moyenne du prix de construction d’une salle neuve (selon les
estimations de la DGS). 50% des écoles devront également être dotées d’infrastructures de cantines
scolaires (35% en disposent actuellement) toujours selon une montée progressive sur la période du
Plan. Le coût unitaire des constructions de cantines est estimé à 3% du coût total de la construction
d’une école fondamentale des deux premiers cycles. Le tableau 3.10 indique le coût annuel pour les
investissements dans le fondamental I et II. Ces dépenses totalisent US$ 469 millions pour les 5
années du Plan, soit US$ 94 millions l’an.
3.4.6 Enseignement fondamental (Cycle 3)
Les données disponibles sur le 3e cycle du fondamental font état d’un effectif de 318 136 élèves,
dont 74% dans le sous-secteur non public. Cet effectif doublera d’ici 2015 et passera à 737 766
élèves en raison(i) de la croissance naturelle des effectifs,(ii) de l’amélioration de l’accès en 7e
année et des taux d’achèvement dans le cycle précédent,(iii) de la décision de diriger vers le 3ème cycle
une partie des élèves issus des programmes accélérés pour surâgés et non- scolarisés (35% des
enfants âgés de 10-12 ans issus du programme accéléré de 3 ans et 60% des 8-9 ans du programme
de 4 ans), et (iv) de la diminution du taux de redoublement. Parallèlement à tout cela, il est envisagé
de ramener l’effectif des élèves dans le fondamental 3 non public à 60% des effectifs totaux et de
parvenir à un ratio de 40 élèves par enseignant dans le secteur public (contre 48,8 actuellement). Le
recrutement de plus d’un millier d’enseignants annuellement entre 2011 et 2014 sera requis pour
combler les besoins. La masse salariale ainsi que les autres dépenses courantes, qui doivent passer de
20% à 30% d’ici 2015 au 3ème cycle du Fondamental dans le secteur public, sont indiquées sur une
base annuelle dans le Tableau 3.11. Ces dépenses courantes totaliseront US$ 144 millions de dollars
pour la durée du Plan.
115
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.11
Indicateurs sélectionnés et dépenses courantes dans le Fondamental 3 public
Année
cible
Valeur
cible
2010
2011
2012
2013
2014
2015
74.5%
79%
83%
87%
91%
95%
Nouveaux entrants dans le fondamental 3
119 165
158 949
203 994
219 907
236 530
253 891
Population 12 ans
232 456
238 526
244 701
250 982
257 368
263 859
Population 12-14 ans
689 701
707 710
726 032
744 666
763 614
782 874
Taux de transition Fond.2-Fond. 3
2015
95.0%
227 147
233 078
239 112
245 249
251 490
257 833
Taux de survie dans le cycle
2015
90%
65.2%
70.2%
75.1%
80.1%
85.0%
90.0%
% de redoublants dans le cycle
2009
3%
4.5%
3.7%
3.0%
3.0%
3.0%
3.0%
Taux d’accès en 7ème
51%
67%
83%
87%
91%
96%
Taux d’achèvement en 9éme année
33%
47%
63%
70%
78%
86%
Taux brut de scolarisation
46%
59%
75%
81%
87%
94%
318 136
416 858
546 366
605 662
669 382
737 766
Population 14 ans
NOMBRE TOTAL D’ÉLÈVES PROJETÉS
74.0%
71.2%
68.4%
65.6%
62.8%
60.0%
Nombre d’élèves dans le non public
235 487
296 872
373 783
397 365
420 400
442 660
Nombre d’élèves dans le public
82 649
119 985
172 583
208 297
248 982
295 107
48.8
47.1
45.3
43.5
41.8
40.0
1 692
7 378
% d’élèves dans l’enseignement non public
Nombre d’élèves moyen par enseignant dans le public
2015
2015
60.0%
40.0
2 549
3 809
4 784
5 961
Besoins de nouveaux enseignants
1 311
1 051
1 272
1 536
347
Masse salariale enseignante totale publique (‘000 US$)
10 929
17 008
21 994
27 972
35 728
22%
24%
26%
28%
30%
Autres dépenses courantes dans le Fond. 3 public (‘000 US$)
2 404
4 082
5 718
7 832
10 719
DEPENSES COURANTES PUBLIQUES TOTALES DANS LE
FOND. 3 PUBLIC (‘000 US$)
13 333
21 090
27 712
35 804
46 447
Nombre total d’enseignants en classe dans le public
Autres dépenses courantes pour le fondamental 3 public (en %
de la masse salariale)
2015
30.0%
20%
Notes.—Accroissement annuel de la population 12-14 ans = 2.7%. Taux de déperdition du personnel enseignant = 2%. Taux de survie dans le cycle = Non-redoublants en dernière année du
Fondamental 3 divisé par le nombre de nouveaux entrants dans le Fondamental 3. Taux d’accès en 7ème = Non-re- doublants en 6ème en % de la population de 12 ans. Taux d’achèvement du
Fond. 3 = Non-redoublants en dernière année en % de la population de 14 ans. Salaire annuel moyen dans le cycle (en multiple du PIB per capita) = 6.4.
Par ailleurs, 14% des salles de classe du 3ème cycle du fondamental dans le secteur public sont
actuellement utilisées en double flux, mais il est prévu d’augmenter ce ratio à 50% d’ici 2015.
Toutefois, pour suppléer au manque de salles existantes et remplacer les salles détruites par le
séisme, il sera nécessaire de construire annuellement plus de 800 salles de classe durant les deux
premières années du Plan. Il est prévu également de réhabiliter 50% des salles de classe du
fondamental d’ici 2015, les coûts de réhabilitation d’une salle étant estimés à 50% des coûts pour la
construction d’une salle neuve. Les dépenses annuelles de capital pour le cycle sont présentées au
tableau 3.12. Elles s’élèvent à US 250 millions pour la période d’exécution.
116
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.12
Constructions et réhabilitations nécessaires dans le fondamental 3 public
Année
cible
Valeur
cible
2015
50.0%
2010
2011
2012
2013
2014
2015
35.6%
42.8%
50.0%
14.0%
21.2%
28.4%
1 484
1 902
2 760
3 369
4 580
6 030
812
858
609
1 211
1 450
24 617
26 016
18 458
36 706
43 940
10.0%
20.0%
30.0%
40.0%
50.0%
Coût annuel pour la réhabilitation des salles de classe (‘000 US$)
2 883
8 368
15 320
27 768
45 695
COÛT TOTAL POUR LA CONSTRUCTION ET LA REHABILITATION (‘000 US$)
27 500
34 384
33 778
64 475
89 636
Pourcentage de classes en double flux
Nombre de salles nécessaires dans le public
Besoin de nouvelles salles par an
Coût annuel pour la construction des salles de classe (‘000US$)
% cumulé de salles de classes réhabilitées
2015
50%
0.0%
Notes.—Coût unitaire de réhabilitation d’une salle de classe (% coût salle neuve) = 50% selon les estimations de la Direction du génie scolaire du MENFP.
Coût par salle construite et équipée y compris le coût des sanitaires = US$ 30 313. Dimension d’une salle du Fondamental III = 60m2.
3.4.7 Enseignement secondaire
En 2010, 196 016 élèves fréquentaient le secondaire, 76.7% d’entre eux étaient dans le secteur non
public. Il est nécessaire d’intervenir sur le taux de transition d u Fondamental 3 au Secondaire
(passer de 80 à 95%), sur le taux de survie (de 56 à 90%), sur l’accès (27 à 83%) et sur les taux
d’achèvement (de 15 à 75%) dans le cycle. La mise en place et l’extension du nouveau secondaire
permettraient au MENFP de rééquilibrer les rapports avec le secteur non public en accueillant jusqu’à
40% des effectifs dans le public. Dans ces conditions, plus d’un millier de nouveaux enseignants
devront être recrutés annuellement entre 2011 et 2015 pour répondre aux besoins. Les crédits
nécessaires aux dépenses courantes sont programmés dans le tableau 3.13. À ce titre, sur les 5 ans du
Plan, le secondaire public nécessitera US$ 120 millions.
En ce qui concerne l’utilisation des TICE dans le secondaire, des interventions éparses ont eu lieu. Il
faudrait en faire le bilan afin d’opter progressivement pour les meilleures pratiques dans une double
perspective d'initiation globale et de spécialisation pour la totalité des établissements d’enseignement
général.
117
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Tableau 3.13
Dépenses courantes dans l’Enseignement secondaire
Année
cible
Valeur
cible
2010
2011
2012
2013
2014
2015
80%
83%
86%
89%
92%
95%
Nouveaux entrants dans le secondaire
60 488
90 160
128 481
152 924
180 698
212 119
Taux de transition Fondamental 3-Secondaire
2015
95.0%
Population 15 ans
224 230
230 085
236 042
242 100
248 260
254 522
Population 15-18 ans
879 274
902 233
925 591
949 347
973 503
998 057
Population 18 ans
215 611
221 241
226 969
232 794
238 717
244 738
90.0%
Taux de survie dans le cycle
2015
90%
56.0%
62.8%
69.6%
76.4%
83.2%
% de redoublants dans le cycle
2015
3%
5.6%
5.1%
4.6%
4.1%
3.5%
3.0%
32 545
54 412
85 952
112 316
144 546
183 569
Taux d’accès en Secondaire 1
27%
39%
54%
63%
73%
83%
Taux d’achèvement dans le secondaire
15%
25%
38%
48%
60%
75%
Taux brut de scolarisation
22%
34%
48%
58%
69%
81%
196 016
303 229
447 697
551 211
672 758
814 632
Non-redoublants en dernière année du secondaire
Nombre total d’élèves projeté
% d’élèves dans l’enseignement non public
2015
60.0%
Nombre d’élèves dans l’enseignement public
Nombre d’élèves moyen par enseignant dans le public
2015
50.0
76.7%
73.3%
70.0%
66.7%
63.3%
60.0%
45 751
80 879
134 329
183 753
246 688
325 853
45.8
46.6
47.5
48.3
49.2
50.0
999
1 734
2 829
3 803
5 018
6 517
Nombre total d’enseignants nécessaires dans le public
Besoins de nouveaux enseignants
1 130
1 030
1 291
1 599
306
Masse salariale enseignante totale publique (‘000 US$)
7 559
12 843
17 774
23 942
32 091
22%
24%
26%
28%
30%
Autres dépenses courantes publiques pour le secondaire public
(‘000 US$)
1 663
3 082
4 621
6 704
9 627
Dépenses courantes totales dans le secondaire public (‘000
US$)
9 222
15 925
22 396
30 646
41 718
Autres dépenses courantes pour le secondaire public (en % de
la masse salariale)
2015
30.0%
20%
Notes.—Taux de déperdition du personnel enseignant=2%. Taux d’accès en Secondaire 1= Non-redoublants en 9ème année en % de la population de 15 ans. Taux d’achèvement du Secondaire =
non-redoublants en dernière année en % de la population de 18 ans. Non-redoublants en dernière année du secondaire
= Population de 18 ans multiplié par le taux d’achèvement du secondaire. Accroissement annuel de la population 15-18 ans = 2.6%. Salaire annuel moyen
(en multiple du PIB/Tête) = 6.5.
Comme au 3ème cycle du fondamental, 14% des salles du secondaire sont actuellement utilisées en
double flux au public. Il est prévu d’augmenter ce ratio à 50% d’ici 2015. Pour suppléer au manque de
salles existantes et remplacer les pertes dues au séisme, il sera nécessaire de construire en moyenne 613
nouvelles salles annuellement pendant la durée du plan. Il est également prévu de réhabiliter 50% des
salles de classe du secondaire à l’horizon 2015, les dépenses de réhabilitation d’une salle étant
estimées à 50% du coût de construction d’une salle neuve. Les dépenses annuelles de capital pour le
secondaire sont présentées au tableau 3.14. Elles totalisent 167 millions de US$ pour la période.
Tableau 3.14
Constructions et réhabilitations nécessaires dans le secondaire
Année
cible
Valeur
cible
2010
2011
2012
2013
2014
2015
118
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
2015
Pourcentage de salles de classe en double flux
50.0%
Nombre de salles nécessaires
14.0%
21.2%
28.4%
35.6%
42.8%
50.0%
876
1 294
2 050
2 678
3 437
4 345
Besoin de nouvelles salles par an
Coût annuel pour la construction des salles de classe (‘000US$)
2015
0.0%
628
759
908
117
19 036
23 008
27 517
3 556
10.0%
20.0%
30.0%
40.0%
50.0%
Coût annuel pour la réhabilitation des salles de classe (‘000 US$)
1 961
6 214
12 177
20 837
32 926
COÛT TOTAL POUR LA CONSTRUCTION ET LA REHABILITATION (‘000 US$)
21 682
25 250
35 185
48 354
36 482
% cumulé de salles de classes réhabilitées
50%
651
19 721
Notes.—Coût unitaire de réhabilitation (% coût salle neuve) = 50% selon les estimations de la Direction du génie scolaire du MENFP. Coût par salle construite et équipée y compris le coût des
sanitaires = US$ 30 313.
3.4.8 Programme de Santé-Nutrition
La cantine scolaire est identifiée comme un déterminant majeur de la rétention des enfants à l’école en
agissant comme un filet de sécurité sociale. Elle aurait pour effet un meilleur état nutritionnel des élèves
et, par conséquent, des résultats scolaires améliorés. Dans cette perspective, le PNCS a desservi en
2010 quelque 250 000 enfants en leur offrant un plat chaud par jour. Le Gouvernement envisage de
fournir un plat chaud à plus de 2 millions d’enfants dans les prochaines années, soit 100% des enfants
du préscolaire public et 80% des élèves du Fondamental 1 et 2 (public et non public) pour
accompagner l’objectif de gratuité et d’obligation scolaires dès 2012. Par contre, dès 2011, les enfants
progressivement scolarisés bénéficieront du programme de Santé-Nutrition tant au public que dans le
non public. Le coût estimé pour le programme est de US$ 50 par enfant par an. Outre les repas
chauds, le programme inclura une campagne intégrée de santé scolaire (déparasitage, vermifuge,
dépistage précoce de certains dysfonctionnements, etc.) et de sensibilisation à la santé reproductive et
au VIH/Sida. Les dépenses courantes annuelles programmées, qui s’élèvent à US$ 571 millions entre
2011 et 2015, soit en moyenne US$ 114 millions par an, ainsi que les effectifs des bénéficiaires sont
fournis au Tableau 3.15.
Tableau 3.15
Dépenses courantes du programme Santé-Nutrition
Année
cible
Valeur
cible
2010
2011
2013
2012
2014
2015
% d’enfants du préscolaire bénéficiant du programme
2011
100%
5%
100%
100%
100%
100%
100%
% d’enfants du fondamental I et II bénéficiant du programme
2012
80%
25%
53%
80%
80%
80%
80%
% d’enfants provenant en dehors du système et bénéficiant du programme
2011
100%
0%
100%
100%
100%
100%
100%
250 000
1 106 842
1 754 621
1 881 426
2 029 091
2 011 717
71 945
114 050
122 293
131 891
130 762
Nombres total d’élèves bénéficiaires de la cantine
Coût annuel du programme de Santé-Nutrition (‘000 US$)
Notes.— Coût Unitaire-PNCS (US$/élève/an) = US$ 65.
119
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
3.4.9 Alphabétisation et post-alphabétisation
La Secrétairerie d’État à l’Alphabétisation (SEA) indique qu’au cours des années 2007-2010, 40
820 personnes de 13 ans et plus ont été alphabétisées à travers l e pays65. Pourtant, 2.5 millions de
personnes de 15 ans et plus attendent ce service pour pouvoir disposer de compétences de base en
écriture et en calcul. De plus, pour permettre aux bénéficiaires de consolider les acquis des activités
d’alphabétisation et de tirer le meilleur parti du processus pour leurs activités professionnelles, un
volet post-alphabétisation sera mis en place. S’il est prévu d’augmenter chaque année les sommes
allouées à ces interventions, on peut légitimement penser que la scolarisation massive des enfants
rendra de moins en moins nécessaire le maintien de ce type de programme qui sera de préférence
orienté vers les besoins de formation en général des adultes. Toutefois, il est prévu de faire bénéficier
2 500 000 personnes du programme alphabétisation et post-alphabétisation d’ici 2015. Au total, US$
86 millions de dollars sont prévus pour ce programme pour la durée du Plan. Les détails sont fournis
au Tableau 3.16.
Tableau 3.16
Dépenses courantes du programme Alphabétisation et Post-Alphabétisation
Année
cible
Valeur
cible
2010
Subvention par personne bénéficiaire (US$)
Nombre
cumulé
programme de
de
2011
17.5
bénéficiaires
du
plus de 15 ans
du
2015
2 500 000
40 820
programme
Nombre de personnes à alphabétiser par an
Total dépenses courantes publiques pour le programme (‘000 US$)
2012
2013
2014
2015
24.1
30.7
37.3
43.9
286 462
492 363
846 259
1 454 527
2 500 000
119 795
205 901
353 897
608 267
1 045 473
4 967
10 866
22 679
45 859
2 102
3.4.10 Formation technique et professionnelle
En 2010, US$ 4.5 millions devaient permettre d’appuyer la formation de 8 641 jeunes à raison de
US$ 525 par étudiant. Il est prévu de multiplier par 7 au moins le nombre d’étudiants dans le
programme de formation technique et professionnelle en vue d’accroître le nombre de personnes
qualifiées nécessaires aux besoins de croissance économique du pays. L’effort vise aussi à accueillir à
partir de 2014 environ 30% des sortants du programme accéléré de trois ans pour les surâgés
actuellement en dehors du système et dont la scolarité aura été prise en charge. Ces dépenses totalisent
sur les cinq années du Plan US$ 128 et 77 millions respectivement pour les dépenses de
fonctionnement et d’investissement, soit au total US$ 204 millions. Les dépenses d’investissement
65
En 2005-2006, 17 160 personnes âgées de 13 ans et plus ont bénéficié d’un programme d’alphabétisation assorti de
certification à travers quelques 500 centres d’alphabétisation repartis dans les départements du Nord ouest, de la GrandeAnse de l’Ouest, l’Artibonite et du Centre (SEA, 2006: Bilan et perspectives. Port-au-Prince : SEA).
120
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
sont estimées à 60% des dépenses courantes annuelles. Le tableau 3.17 montre l’évolution des
dépenses annuelles qui seront nécessaires pour cet axe d’intervention.
Tableau 3.17
Dépenses courantes et de capital pour l’enseignement technique et professionnel
Année
cible
Nombre d’étudiants du programme formation professionnelle
Valeur
cible
2015
60 000*
Total dépenses courantes publiques pour l’enseignement professionnel (000 US$)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
8 641
18 913
29 185
39 457
73 591
81 850
4 537
9 929
15 322
20 715
38 635
42 971
5 958
9 193
12 429
23 181
25 783
16
25
33
62
69
Total des dépenses d’investissement (000 US$)
TOTAL DES DÉPENSES (000 000 US$)
Notes.—Coût unitaire ou subvention par étudiant en formation professionnelle = 525 US$. À cet effectif sont ajoutés, à partir de 2014, 30% des enfants
scolarisés dans le cycle accéléré de trois ans.
3.4.11 Renforcement institutionnel et gouvernance
La réforme envisagée n’aboutira pas sans un renforcement institutionnel adéquat et la mise en place
de nouvelles structures. C’est dans cette perspective que plusieurs nouvelles structures telles que
l’UEP, l’ONAPE, l’INERE et l’UT ont été envisagées tandis que les structures existantes seront
renforcées en vue d’augmenter l’efficacité du système. Ce programme coûtera au total 54 millions
pour la durée du Plan. Les crédits annuels nécessaires sont programmés au tableau 3.18.
Tableau 3.18
Dépenses de renforcement des capacités
Coût total (US$)
2011
2012
2013
2014
2015
30 250 480
14 517 880
5 005 780
2 105 480
2 098 980
3.4.12 Enseignement supérieur
Les estimations de la Direction de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (DESRS)
du MENFP établissent que l’enseignement supérieur public et non-public accueille actuellement
quelque 100 000 étudiants dont 40% dans le sous-secteur non-public66.
Dans ces conditions, il n’y aurait que 985 étudiants pour 100 000 habitants. Pour répondre aux
besoins du pays en matière de ressources humaines qualifiées, il faudra augmenter considérablement
cet effectif. Pour 2015, il est envisagé de faire passer ce nombre à 1182 étudiants pour 100 000
66
Les estimations du GTEF (2010) sont de 180 000 étudiants. Quoi qu’il en soit, ces estimations doivent être prises avec
précaution dans la mesure où les enquêtes circonstanciées n’ont pas été conduites. Elles constituent en somme des ordres de
grandeur qui servent d’hypothèses de travail. Les calculs présentés ici se basent sur les estimations de la DESRS.
121
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
habitants. L’État prendra alors en charge les coûts de fonctionnement et d’investissement de
l’enseignement supérieur public : une subvention sera accordée au secteur non-public pour soutenir la
qualité et le développement des TICE à cet ordre d'enseignement. Cette subvention sera
prioritairement destinée à l’équipement et à l’innovation dans les institutions universitaires qui
répondront aux critères définis par la nouvelle structure de gestion de l’enseignement supérieur.
Préalablement, l’État appuiera la reconstruction de bâtiments universitaires n o n p u b l i c s par la
mise en place de facilités de crédit préférentiel. Simultanément, le développement de l’offre publique
en région se poursuivra dans les 4 pôles déjà opérationnels (Sud, Artibonite, Nord, Sud Est).
Par ailleurs, une subvention par étudiant et par an estimée à US$ 600 permettra à l’État de soutenir la
demande dans le non public en allégeant la charge financière des familles et des étudiants performants,
mais disposant de faibles ressources. Aussi, la prise en charge des effectifs dans le secteur non public
de l’enseignement supérieur croîtra de 15 pourcents entre 2011 et 2015, passant de 0 à 15%.
Tableau 3.19
Moyens financiers pour le développement de l’enseignement supérieur, 2011-2015
Année
cible
Valeur
cible
2015
1182
2010
2011
2012
2013
2014
2015
100 000
102 305
108 450
114 806
121 379
128 176
985
1024
1064
1103
1142
1182
60 000
62 406
67 239
72 328
77 683
83 315
DÉPENSES COURANTES
Nombre total d’étudiants
Nombre d’étudiants pour 100 000 habitants
Nombre d’étudiants dans le supérieur public
40%
39%
38%
37%
36%
35%
Nombre d’étudiants dans le supérieur non-public
40 000
39 899
41 211
42 478
43 696
44 862
Dépenses courantes totales dans le supérieur public (‘000 US$)
10 929
37 444
40 343
43 397
46 610
49 989
Nombres total d’étudiants dans le secteur non-public financés par les
familles
40 000
46 196
52 603
58 611
64 210
69 389
% d’étudiants dans le supérieur non-public
% d’élèves dans le secteur non-public financé par les familles
Nombre d’étudiants du non public financés par l’État
Dépenses publiques dans le supérieur non public (US$)
2015
2015
35.0%
80.0%
100%
89%
87%
84%
82%
80%
4,433
5,495
6,608
7,768
8,972
2 659 934
3 296 873
3 964 624
4 660 960
5 383 409
Masse salariale et fonctionnement de la structure provisoire de gouvernance de l’enseignement supérieur (‘000 US$)
11 159
11 784
11 954
Dépenses publiques totales dans le supérieur Public et Non public (‘000
US$)
51 262
55 424
59 315
51 271
55 372
Coût annuel total pour la construction ou reconstruction et l’équipement
des bâtiments universitaires publics (‘000 US$)
29 955
32 275
34 717
37 288
39 991
Appui à l’équipement des universités non publiques reconstruites (‘000 US$)
18 722
20 172
21 698
23 305
24 994
60 592
64 985
DÉPENSES DE CAPITAL
Dépenses d’Investissement pour les structures de Gouvernance
(CONESRI et Conférence des recteurs et des universités) (‘000 US$67)
1 510
1 510
1 510
Total dépenses de capital (‘000 US$)
50 187
53 956
57 926
Notes.—Subvention par étudiant dans le non public = 600 US$. Les coûts de la construction ou reconstruction et de l’équipement des bâtiments universitaires publics (UEH et Universités publiques en
régions) sont estimés à 80% des dépenses
courantes annuelles envisagées dans ces institutions. L’appui à l’équipe- ment et à l’innovation aux universités non publiques est estimé à 50% des dépenses courantes annuelles dans le public
67
Dans l’éventualité de la mise en place d’un Ministère de l’enseignement supérieur pour succéder à la structure provisoire, des fonds sup
en vue de faire fonctionner ce nouveau ministère en fonction de la loi organique qui sera adoptée
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
122
Plan Opérationnel 2010 2015
.
La loi des finances 2009-2010 en vigueur programme au total HTG 437 millions (US$ 10 929 000)
pour le fonctionnement de l’Université d’État et le développement de l’Université publique en Région.
Avec l’effectif actuel des étudiants du public, cette dotation, qui peut être vue comme une subvention
unitaire dans le public, est l’équivalent de US$ 182 dollars dépensé par étudiant. Il est prévu de faire
passer ce montant à US$ 600 en vue d’améliorer les conditions d’apprentissage. Les dépenses
publiques courantes elles-mêmes augmenteront en suivant le rythme de croissance des effectifs dans le
public. Les dépenses d’investissement dans le public (construction et réhabilitation) et dans le non
public (équipements) sont respectivement estimées à 80% et 50% des dépenses courantes dans le
public. Au final, US$ 560 millions seront nécessaires pour transformer l’enseignement supérieur, soit
US$ 273 et US$ 288 millions en dépenses de fonctionnement et dépenses de capital respectivement. Le
Tableau 3.19 indique les crédits nécessaires annuellement par type de dépense dans l’enseignement
supérieur public et non public.
3.5
Stratégies de financement du Plan
À la suite du séisme du 12 janvier 2010, la refondation du secteur de l’éducation, qui connaissait déjà
de sérieux problèmes structurels, nécessitera un accroissement de ressources tant domestiques
qu’internationales. Cependant, les recettes fiscales et douanières resteront faibles à court terme, car en
janvier et février 2010, l’administration fiscale n’a pu percevoir que 29% et 55% respectivement des
recettes moyennes du premier trimestre de l’exercice en question. Les lourdes conséquences sur les
finances publiques et les pertes de capacités de l’administration fiscale condamnent le pays à s’appuyer
fortement à court et moyen termes sur l’aide financière de la communauté internationale, mais plus
durablement sur d’autres mécanismes de financement. Ainsi, le rythme de la réforme dépendra en
partie de l’efficacité de l’aide, dont la disponibilité est souvent incertaine, et des mécanismes de
financement. C’est la raison pour laquelle le financement du Plan Opérationnel combinera
simultanément plusieurs stratégies.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
123
Plan Opérationnel 2010 2015
Figure 3.2
Disponibilités et besoins (en % des coûts estimés du Plan)
Comme mentionné précédemment, les crédits domestiques anticipés sont évalués à quelque 22% des
coûts totaux nécessaires. Les PTFs, quant à eux, en ont déjà programmé 9%. Par conséquent, les
besoins de nouveaux financements totaliseront US$ 2.9 milliards, soit 69% des montants totaux
nécessaires pour tout le système et sur toute la durée du Plan (Figure 3.2). Il en ressort une forte
dépendance face aux nouveaux financements à mobiliser par des stratégies efficaces, vu la croissance
rapide (2.7% l’an) des différents segments de population scolarisable et l’insuffisance des ressources
nationales, bien qu’elles soient appelées à augmenter.
Les différentes sources de financement identifiées sont :
L’augmentation de la contribution publique au financement de l’éducation ;;
La première source de financement sur laquelle peut compter Haïti pour l’éducation est son propre
effort en vue de financer le secteur. L’État haïtien augmentera, pour ce faire, sa participation annuelle
au financement de l’éducation jusqu’à 25% d’ici 2015 tel que suggéré par le GTEF. Dans la mesure
où l’économie croît grâce à des investissements directs massifs, que l’ensemble du processus fiscal est
rationalisé et l’assiette, élargie, les ressources domestiques destinées à l’éducation seront croissantes.
La coopération bi- et multilatérale ;
Bien que plusieurs agences bilatérales (l’ACDI, l’USAID, l’AECID, l’AFD-France, les Coopérations
Brésilienne, Suisse et Chilienne) et multilatérales (la Banque Mondiale, la Banque Interaméricaine
de Développement, la Banque de Développement de la Caraïbe, l’UNICEF, l’UNESCO, l’UNFPA, le
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
124
Plan Opérationnel 2010 2015
PAM, le FTI) soient déjà actives dans le secteur de l’éducation, un effort supplémentaire leur sera
demandé pour : (1) financer la reconstruction de bâtiments publics détruits par le séisme et la
construction d’écoles nouvelles dans les zones qui en sont dépourvues; (2) combler les écarts dans les
dépenses courantes telles les subventions aux écoles, jusqu’à ce que les fonds locaux divers soient en
mesure de garantir les subventions nécessaires dans la double perspective de l’obligation et de la
gratuité scolaires.
L’élargissement du Fonds fiduciaire ;
Un Fonds fiduciaire est actuellement administré par la Banque Mondiale à travers le projet EPT. Le FTI
en est le premier contributeursuivi dela Banque de Développement de la Caraïbe, de la Banque Mondiale
et de l’ACDI. D’autres partenaires seront donc invités à rejoindre ce groupe.
La création d’un Fonds pour l’Éducation alimenté par le Secteur Privé Haïtien ;;
Un premier pas a déjà été franchi en 2007 à l’initiative de la Fondation Canadienne pour les Amériques
(FOCAL) qui a réuni autour d’une même table, à Atlanta (GA, USA), le Secteur Privé Haïtien, le
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle et des associations haïtiennes
œ u v r a n t d a n s l ’ éducation. Cette initiative, dénommée Initiative d’Atlanta, n’a donné lieu à
aucune avancée sinon que la naissance de l’idée en soi. Il s’agira pour l’État de reprendre cette idée et
de créer les conditions pour inciter le secteur privé national ainsi que la diaspora haïtienne dans
différents pays et territoires étrangers à investir en éducation. Pour créer la confiance nécessaire, un
Conseil d’Administration composé de représentants du MENFP, des chambres de commerce
impliquées, de la Diaspora, etc. administrera ce fonds dont la gestion sera assurée par l’ONAPE.
La sollicitation de crédits auprès des fondations étrangères.
Une forte générosité a été observée au lendemain du séisme du 12 janvier. Toutefois, sans la résolution
définitive des problèmes du secteur de l’Éducation en vue de promouvoir le processus de
développement économique, Haïti restera toujours fortement dépendante de ses partenaires étrangers.
Pour briser ce cycle, les grandes fondations-particulièrement celles établies dans les pays du Nord
seront sollicitées pour contribuer aux efforts de financement de la refondation du le système éducatif.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
125
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
126
Plan Opérationnel 2010 2015
CHAPITRE 4
MODALITÉS DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-ÉVALUATION DU
PLAN
L’atteinte des objectifs poursuivis à travers les neuf axes d’intervention définis par le plan opérationnel
(PO) requiert l’établissement de stratégies ou de modalités claires de mise en œuvre et de suiviévaluation. Ces modalités portent sur les principaux organes d’exécution des activités, de suivi de l’état
d’avancement de la mise en œuvre, de l’évaluation des résultats ainsi que sur les mécanismes
financiers, la communication des résultats aux acteurs et les éventuelles concertations pour les prises
de décisions nécessaires. Elles tirent leur substance à la fois du nouveau virage stratégique que prend le
MENFP dans l’accomplissement de sa mission et des leçons apprises de la mise en œuvre des projets
dont les principaux goulots d’étranglement identifiés ont été le manque de coordination et de synergie
entre les différentes structures concernées, le manque de clarté dans la définition des rôles et
responsabilités des acteurs, le manque criant d’information et de communication formelle et des
difficultés relationnelles entre les niveaux central et déconcentrés, le manque d’implication des
Directions départementales, sans toutefois omettre le manque de ressources humaines qualifiées.
4.1.
Stratégies
et
modalités
de
mise
en
œuvre
4.1.1
Les
organes
d’exécution
du
Plan
Pour assurer de façon effective la refondation du système et une bonne mise en œuvre du plan, des
organes d’exécution, chacun doté d’un mandat spécifique, seront créés à trois ni- veaux : stratégique,
tactique et opérationnel.
Au niveau stratégique
Un Comité Stratégique National (CSN) sera mis en place. Il sera présidé par le Ministre de l’Éducation
Nationale et composé du Directeur Général du MENFP, du Directeur Général de l’INFP, de représentants
des Ministères de l'Économie et des Finances, et de la Planification, du Coordonnateur du Groupe
Sectoriel d’Éducation (GSE), du Président de la Commission Éducation du Senat de la République, du
Président de la Commission Éducation de la Chambre des Députés, du Coordonnateur de la
Commission Éducation du CLIO et de 3 Représentants du secteur privé. En tant qu’organe stratégique,
dont le secrétariat sera assuré par le Comité Technique National, il aura pour mission principale de : 1-
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
127
Plan Opérationnel 2010 2015
S’assurer de la mise en œuvre des grandes orientations du Plan ; 2- Redéfinir, au besoin, les options
stratégiques du plan ; 3- Veiller à l’alignement des partenaires par rapport aux options retenues dans le
plan ; 4- Faciliter les concertations entre les partenaires nationaux et internationaux lors des
réunions de la table sectorielle et la revue sectorielle annuelle. Tel qu’illustré dans la figure 4.1, des
dispositifs institutionnels comme la Commission Infrastructure Scolaire (CIS) et la structure de gestion
des fonds fiduciaires y participeront de manière à alimenter la prise de décisions stratégiques. Au
besoin et sur invitation, les autres Directeurs Généraux adjoints du MENFP et le doyen de l’inspection
générale d’éducation pourront également siéger au CSN qui se réunira deux fois par an. Pour tout ce
qui concerne l’attribution des crédits budgétaires pour le secteur ainsi que l’harmonisation avec les
lignes d’action du gouvernement, le CSN travaillera en étroite collaboration avec le MPCE et le MEF.
Au niveau tactique
Un Comité Technique National (CTN), sous la coprésidence du Directeur général du MENFP et de celui
de l’INFP, assurera la coordination technique de la mise en œuvre du Plan et la cohérence des activités.
Le CTN aura aussi la responsabilité d’élaborer, pour l’ensemble des sous-secteurs, (l’enseignement
supérieur excepté) des plans opérationnels annuels (POA) nationaux conformes au découpage du PO.
Outre les Directeurs généraux, il sera composé du Coordonnateur de l’UEP, du Directeur Général
Adjoint aux DDE, des autres Directeurs Généraux Adjoints, des Directeurs Techniques du MENFP, du
Directeur de la planification de l’INFP et du Directeur exécutif de la SEA. Le CTN élaborera les
documents à soumettre au CSN et travaillera en collaboration avec le service de communication du
Ministère à la mise en place d’un plan de communication pour informer régulièrement le grand public
des avancées de la réforme.
Les Directions techniques du Ministère (y compris l’INFP), chacune en ce qui la concerne, seront
responsables de la mise en œuvre du PO au niveau national et sous la supervision de la Direction
Générale et du CTN (pour les appuis techniques nécessaires). Pour chacun des aspects du Plan, les
Directions techniques et administratives du MENFP et de la SEA auront à élaborer leurs feuilles de
route pour assurer le développement de leur sous-secteur. Ces organes de mise en œuvre seront appuyés
dans leurs fonctions de planification et d’exécution par l’Unité d’Études et de Programmation (UEP) et
par le CTN. De plus, des « Groupes de travail68 » composés d’experts nationaux et internationaux
appuieront les directions du Ministère dans la mise en œuvre du PO et les accompagner dans l’atteinte
des résultats fixés.
Enfin, le partenaire technique et financier (PTF), désigné comme chef de file de chaque sous- secteur
(c’est-à-dire, le Coordonnateur du sous-groupe69 sectoriel d’éducation concerné), aura aussi la
68
Voir Annexe G.
69
Les sous-groupes sectoriels seront constitués en fonction des grands axes du plan.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
128
Plan Opérationnel 2010 2015
responsabilité d’accompagner les directions techniques dans la mise en œuvre en leur fournissant
l’expertise technique nécessaire.
Au niveau opérationnel
Les organes d’exécution du Plan seront : les structures départementales (DDE – BDS – BIZ), les CME,
les établissements d’enseignement (du préscolaire au secondaire) et les centres de formation. Ces
structures seront responsables de la mise en œuvre dans leur département et écoles respectifs. Placées
sous la coordination de la Direction générale adjointe aux DDE (pour les instructions) et du CTN (pour
les directives techniques spécifiques), les directions départementales auront à adapter les PAA
nationaux à leur département. Pour ce faire, en attendant qu’elles aient les capacités nécessaires, elles
seront appuyées par les directions techniques de l’administration centrale ou par des Groupes de travail.
Enfin, des dispositions seront envisagées pour la préparation, sous la coordination de la Di r ect i on
gén éral e et de concert avec le Ministère de l'Économie et des Finances, d’un Cadre de Dépense à
Moyen Terme (CDMT), dès la validation et publication du Plan en vue de permettre une meilleure
prévisibilité des ressources et des ordres de priorités. Le budget du MENFP devra aussi désormais
comporter des provisions pour le suivi et l'évaluation du PO.
4.1.2 Les groupes de travail : Missions et responsabilités (voir Annexe G)
Comme signalé précédemment, dans le cadre de la mise en œuvre du PO, des Groupes de travail
appuieront les directions dans l’atteinte des résultats fixés par le PO. Sous le leadership des Directeurs
techniques, ces groupes de travail, dont les mandats spécifiques (aussi bien que la durée) seront
déterminés par les besoins des directions, auront pour responsabilité de fournir à ces dernières toute
l’assistance technique nécessaire pour permettre une mise en œuvre harmonisée du PO.
Dans le domaine du bâtiment scolaire sera créée au sein du Ministère la CIS, directement rattachée au
Cabinet du Ministre, et qui travaillera en étroite collaboration avec la DGS. Elle aura pour mission de
planifier les constructions scolaires et d’assurer la gestion du programme. La DGS sera son organe
technique pour contrôler sur le terrain l’observance des normes et procédures de construction par tous
les acteurs qui interviennent dans la construction et la réhabilitation de bâtiments scolaires.
4.1.3 Mécanismes de gestion, de communication et de concertation
Différents mécanismes seront mis en place afin de définir le cadre et les modalités selon lesquelles les
actions seront réalisées, les décisions prises et les informations communiquées à tous les acteurs. Ils
porteront sur le développement et l’application des principaux outils suivants : 1- le manuel des normes
et procédures de mise en œuvre du Plan, préparé sous la supervision de la direction générale; 2- une
campagne médiatique de promotion de la réforme auprès de différents publics ; 3- des rapports
trimestriels sur l’état d’avancement des différents aspects de la réforme aux niveaux central et
départemental ; 4- un rapport semestriel consolidé; 5- un rapport d’étape annuel technique et financier,
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
129
Plan Opérationnel 2010 2015
préparé par l’UEP assistée du CTN et 6- un bulletin régulier de la réforme pour tenir le grand public
informé des avancées de la mise en œuvre au niveau national.
Les différentes structures existantes seront redynamisées et elles maintiendront un dialogue constant sur
la mise en œuvre du Plan. Le principal espace de concertation avec les partenaires tant internationaux
que nationaux demeurera la Table sectorielle, présidée par le Ministre de l’éducation, à laquelle
participeront les Directeurs techniques et départementaux d’éducation ainsi que les acteurs du non
public. Elle sera l’instrument qui facilitera la circulation d’informations entre toutes les parties et la
collecte des propositions et recommandations sur la mise en œuvre du Plan. Les réunions se tiendront
sur une base régulière et pourront également être convoquées par le CSN.
Ce même schéma organisationnel sera reproduit de façon dynamique au niveau départemental avec la
Table de concertation poursuivant les mêmes objectifs que la Table sectorielle. Cette table de
concertation, présidée et convoquée par le Directeur départemental, regroupera des représentants de la
Commission municipale d’éducation, des syndicats d’enseignants, des associations de parents d’élèves
(APE), des réseaux d’écoles (réseaux des directeurs d’écoles publiques et non publiques) et des
partenaires de l’éducation au niveau départemental. Elle relaiera et mettra en application la stratégie
de communication du MENFP pour informer la population locale sur les nouvelles mesures et
l’avancement de la réforme dans le département. Le Groupe Sectoriel de l’Éducation (GSE) demeurera
un espace de concertation entre les partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux dont
la mission est de soutenir de manière coordonnée la mise en œuvre de la politique du gouvernement
dans le secteur. Les relations entre les PTF et le MENFP sont définies sur la base d’un cadre
p artenarial dont l’application est de la responsabilité des deux entités qui sont appelées à tenir leurs
engagements.
4.1.4 Mécanismes financiers et
d’harmonisation
des
interventions
des
partenaires
Dans l’esprit de la Déclaration de Paris et des Accords d’Accra relatifs à l’harmonisation et à l’efficacité
de l’aide au secteur, le MENFP prévoit la restructuration et le renforcement de la Direction des Affaires
Administratives (DAA) à la lumière du diagnostic institutionnel, en vue d’améliorer la crédibilité et la
transparence dans l’utilisation des fonds et parvenir ainsi à la certification des procédures financières de
la DAA. L’objectif à moyen terme est d’habiliter la DAA à gérer les fonds externes et d’amener les
PTF à adopter l’appui budgétaire sectoriel « conditionnel » comme mécanisme d’appui au secteur de
l’éducation.
En attendant d’y arriver, le MENFP a mis en place un fonds fiduciaire commun, dont les détails sont
présentés en annexes B et C, comme la première étape d’une intervention harmonisée des PTF et dont
les structures de gouvernance sont :
-
un Conseil de Gestion responsable de la direction stratégique du Fonds et de l’approbation des
plans de travail et budget annuels. Il est composé du Ministre de l’Éducation, d’un représentant
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
130
Plan Opérationnel 2010 2015
du Ministère de l’Économie et des Finances, d’un représentant des bailleurs et d’un représentant
du secteur du non public.
-
un Comité de pilotage, responsable de la supervision de l’utilisation des fonds. Il est composé
d’un représentant du Ministre de l’Éducation, du Directeur Général, du représentant du
Ministère de l’Économie et de Finances, d’un représentant de chaque bailleur contributeur, du
coordonnateur du Groupe Sectoriel de l’Éducation, d’un représentant du secteur non public et
d’un représentant de la société civile.
4.2.
Suivi
et
évaluation
de
la
mise
en
œuvre
du
Plan
Le suivi-évaluation du PO vise à vérifier que la mise en œuvre se déroule conformément à la
planification initiale. De ce fait, il sera nécessaire de collecter et de disposer de données dont l’analyse,
à travers les indicateurs, 1- fournira des renseignements sur les résultats obtenus en rapport avec
l’exécution physique et financière des actions planifiées (suivi-évaluation) ; 2- orientera la prise de
décision pour les actions futures compte tenu des écarts enregistrés et des réajustements nécessaires.
4.2.1. Organisation du suivi
Le suivi (technique et financier) de la mise en œuvre du plan sera assuré au premier niveau par les
Directions Techniques, qui produiront des rapports trimestriels sur l’état d’avancement de la mise en
œuvre dans leur sous-secteur respectif. Elles seront aidées en cela par les groupes de travail. Chaque
Direction technique disposera du manuel de procédures et des outils de suivi. Les rapports de suivi
seront soumis à la Coordination Technique Nationale du MENFP qui en assurera la consolidation pour
soumission au CSN.
Au niveau départemental, le suivi sera assuré par les principaux organes d’exécution composés des
structures de la Direction Départementale, du Bureau du DDE, des Bureaux de District Scolaire (BDS)
et des Bureaux d’Inspection de Zone (BIZ), avec l’implication des APE et des CME et l’appui des
groupes de travail. Les rapports de ces groupes serviront à alimenter ceux des directions techniques.
Au dernier trimestre de l’année, l’UEP (avec l’appui du CTN) préparera un rapport annuel technique et
financier sur la base : 1) des rapports trimestriels (tant techniques que financiers) soumis par les
différentes Directions techniques et départementales, 2) du rapport financier soumis par la DAA et 3) de
toutes autres études opportunes. Ce rapport annuel, validé par la Direction générale, servira de base à la
revue sectorielle et à la préparation du plan d’action de l’année suivante.
Les revues sectorielles annuelles permettront de faire l’évaluation technique et financière annuelle de la
mise en œuvre des PAA et du PO, de déceler les écarts tant sur le plan des résultats que sur celui des
financements, de discuter des problèmes rencontrés et d’y apporter, de concert avec les Partenaires
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
131
Plan Opérationnel 2010 2015
Techniques et Financiers (PTF), des ajustements nécessaires. Cette démarche doit aussi permettre de
valider la programmation pour l’année suivante.
4.2.2 Évaluation du plan
Trois types d’évaluation sont envisagés dans le cadre de la mise en œuvre du plan : une évaluation
annuelle des POA, une évaluation à mi-parcours et une évaluation finale du PO. Ces évaluations ont
toutes les trois pour objectif de faciliter les prises de décision en termes d’ajustements techniques ou
financiers, éventuellement de réorienter les options stratégiques ou de redéfinir les objectifs du plan.
L’évaluation annuelle sera à la charge du CTN. Alimentée par les rapports de suivi des GT et
consolidé par l’UEP, elle sera faite chaque dernier trimestre de l’année et, sur la base d’une analyse des
résultats obtenus et des contraintes rencontrées dans la mise en œuvre du plan pour une année donnée,
permettra de préparer le Plan d’action pour l’année suivante (POA). La revue annuelle de l’éducation
permettra d’informer l’ensemble des PTF sur l’évolution des réalisations et de recueillir leurs conseils et
recommandations quant aux ajustements à effectuer.
L’évaluation à mi-parcours sera une évaluation externe réalisée par des groupes externes
(universités, instituts ou firmes de consultation), de concert avec les partenaires techniques et
financiers. Elle fournira au Ministère les éléments nécessaires (faits, analyses et recommandations)
pour apprécier le processus de la refondation dans sa globalité et prendre les décisions qui s’imposent
pour sa poursuite ou sa réorganisation.
L’évaluation finale sera réalisée, après les cinq années de mise en œuvre du plan, selon les
mêmes principes que l’évaluation externe à mi-parcours. Axant ses analyses sur l’ensemble du plan (et
de sa mise en œuvre), elle indiquera le degré d’atteinte des objectifs et résultats. Elle mettra en
exergue les leçons à tirer dans le cadre de la reformulation du nouveau plan d’éducation.
Les ressources financières nécessaires aux évaluations externes (mi-parcours et finale), seront dégagées
des fonds consacrés à la gouvernance et au renforcement des capacités du système.
4.2.3. Principaux indicateurs de suivi–évaluation
Quatre grandes catégories d’indicateurs serviront de base pour le suivi-évaluation de la mise en
œuvre du plan. Ce sont des indicateurs d’accès et de participation, d’efficacité interne et de qualité, de
gouvernance et des indicateurs financiers. À noter que la liste des indicateurs définis sous chacune de
ces catégories n’est pas exhaustive. En plus des moyennes nationales, ces indicateurs, selon leur nature
et dans la mesure du possible, seront désagrégés par sexe, niveau d’enseignement, secteur, milieu
géographique et par catégories socioéconomiques. Ils permettront - à travers les évaluations - de suivre
le degré d’atteinte des objectifs poursuivis et de juger de l’avancement vers les principaux résultats du
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
132
Plan Opérationnel 2010 2015
plan. D’autres indicateurs complémentaires pour le suivi régulier sur le terrain pourront être définis par
les groupes de suivi du plan.
a. Indicateurs d’accès et de participation
• Taux de préscolarisation des enfants de 4 et 5 ans ;
• Taux net d’admission en première année du fondamental ;;
• Taux brut de scolarisation pour les deux premiers cycles du fondamental ;
• Taux net de scolarisation pour les deux premiers cycles du fondamental ;
• Proportion d’élèves scolarisés dans le secteur public ;
• Taux d’achèvement des deux premiers cycles du fondamental ;
• Nombre d’enfants d’âge scolaire hors du système ;;
• Taux de transition au 3ème cycle du fondamental ;
• Taux d’admission en 1ère année du secondaire ;;
• Taux brut de scolarisation dans le secondaire ;
• Pourcentage d’enfants du non public bénéficiant de la subvention de l’État ;;
• Nombre d’étudiants à l’enseignement supérieur par tranche de 100 000 habitants ;
• Pourcentage d’étudiants dans le secteur public ;;
• Nombre de nouveaux inscrits en formation professionnelle ;
• Nombre de diplômés de la formation professionnelle ;
• Nombre de personnes alphabétisées et post alphabétisées.
b. Indicateurs d’efficacité interne et de qualité
• Taux de redoublement aux deux premiers cycles du fondamental ;
• Taux de promotion en 3ème et en 5ème du fondamental 1 et 2 ;
• Taux de redoublement au 3ème cycle du fondamental ;
• Taux de redoublement au secondaire ;
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
133
Plan Opérationnel 2010 2015
• Pourcentage d’enseignants qualifiés dans les deux premiers cycles du fondamental ;
• Pourcentage d’agents éducatifs ayant reçu une formation ;
• Pourcentage d’élèves disposant de kits et de manuels scolaires dans les deux premiers cycles du
fondamental;
• Pourcentage d’élèves bénéficiant d’une ration alimentaire journalière ;
• Pourcentage d’écoles fondamentales équipées en fournitures, équipements et matériels didactiques
adéquats ;
• Pourcentage d’écoles secondaires disposant de bibliothèques, et/ou de laboratoires ;
• Pourcentage d’élèves des deux premiers cycles du fondamental maîtrisant les notions
essentielles de mathématiques, d’écriture, de lecture et de communication ;
• Pourcentage d’écoles réhabilitées et équipées ;
• Pourcentage d’écoles disposant d’installations sanitaires réglementaires et d’infrastructures d’eau
potable ;
• Pourcentage de centres de formation professionnelle et technique équipés ;
• Pourcentage de formateurs (acteur formel et informel) de la formation professionnelle ayant reçu
une formation pédagogique.
c. Indicateurs de gouvernance
• Degré de respect des principes de base dans la passation des marchés publics ;
• Nombre de PTF acceptant de fournir un appui sectoriel selon les modalités du cadre partenarial ;
• Nombre de PTF fournissant leur appui budgétaire direct à la DAA et gérée par celle-ci selon les
normes de la comptabilité publique;
• Nombre de conseils d’écoles correctement informés les réformes proposées dans le cadre du PO ;
• Pourcentage d’écoles non publiques accréditées ;;
• Pourcentage de nouvelles écoles construites conformément aux normes du MENFP;
• Niveau de dotation des structures centrales et déconcentrées en ressources humaines et matérielles
nécessaires ;
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
134
Plan Opérationnel 2010 2015
• Degré d’efficacité des structures du MENFP ;;
• Taux de promotion selon les normes par catégorie de personnel ;
• Définition et application des modalités définies pour la répartition des enseignants dans les
établissements scolaires ;
• Pourcentage de dépenses totales consacrées à la formation des cadres;
• Vote et application de la l oi portant sur la création du Ministère de l’Enseignement Supérieur,
de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) ;
• Disponibilité régulière sur une base annuelle de statistiques fiables à tous les niveaux du système ;
• Pourcentage de cadres du MENFP intégrant un cycle de formation supérieur à leur niveau actuel ;
• Degré de respect du principe de reddition de compte à tous les niveaux du Ministère ;
• Pourcentage d’écoles disposant de conseil d’écoles (CE) fonctionnels ;;
• Nombre moyen de supervision (avec rapport d’inspection) par école par année.
d. Indicateurs financiers
• Part du budget de l’éducation dans le budget de l’État ;;
• Part du budget de l’éducation consacrée à l’enseignement fondamental et aux autres sous- secteurs ;
• Pourcentage des dépenses d’éducation dans le budget;;
• Taux de décaissement de fonds externes par rapport aux engagements pris ;
• Taux d’absorption des budgets courant et d’investissement (par DDE) ;
• Part des dépenses courantes consacrées aux dépenses hors salaires ;
• Part des dépenses courantes consacrées à la subvention dans le non public ;
• Pourcentage des dépenses d’éducation par élève (et aussi par jeune formé).
4.3. Risques et stratégies de mitigation
La mise en œuvre de ce Plan est sujette à un certain nombre de risques qu’on ne peut ignorer et
auxquels on doit s’efforcer d’anticiper des solutions :
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
135
Plan Opérationnel 2010 2015
• Faiblesse du financement interne : Le poids des dépenses publiques actuelles d’éducation dans le
budget de la République est insuffisant pour adresser convenablement les problèmes auxquels est
confronté ce secteur. Dans le cadre de ce Plan, la proportion de 25 % du budget de la République est
retenue comme objectif. La non-atteinte de cet objectif présente un risque réel susceptible d’entraver la
mise en œuvre du plan en augmentant le déficit de financement et, incidemment, la dépendance vis-àvis des fonds bi- et multilatéraux. Une solution obligatoire passe par la réforme des finances publiques
avec une meilleure gouvernance économique. Mais, puisque cette opération n’est pas du ressort du
secteur de l’éducation, une solution de réserve peut passer par une rationalisation des dépenses
publiques d’éducation, la création d’un Fonds pour l’éducation alimenté par le secteur privé haïtien, la
société civile, des compatriotes de la diaspora et toute autre levée de fonds externe ;
• Mobilisation des ressources externes : Le financement souhaité du Plan Opérationnel pour les 5
prochaines années avoisine les 4.3 milliards de dollars U.S. La Banque Interaméricaine de
Développement a pris officiellement des engagements pour appuyer le Secteur de l’Éducation pour
un montant de 250 millions pour la période du Plan. Dans le cas où des facteurs externes affecteraient
négativement des promesses de financement qui auront été obtenues, de nouvelles démarches auprès de
la coopération bi- et multilatérale et de fondations étrangères pourront être envisagées au lieu de
redéfinir les objectifs préalablement fixés au niveau des différents axes d’intervention ;
• Capacité d’absorption du Ministère : Un risque assez important réside dans la capacité du Ministère à
réaliser les dépenses selon le calendrier d’exécution prévu tout en respectant aussi les normes
administratives en matière de décaissements et d’exigence des pièces justificatives. Le renforcement
des capacités du Ministère en matière de planification diminuera sensiblement ce risque. Cependant,
l’aspect le plus important réside dans le renforcement de la Direction Administrative en matière de
gestion budgétaire, de passation de marchés, de gestion de fonds fiduciaire. Un tel fonds est déjà validé
par le Ministère de l’Économie et des Finances et en opération avec le concours de la Banque
Mondiale.
• Résistance au changement : Dans tout secteur ou organisation où des réformes sont mises en œuvre,
une certaine forme de résistance au changement est observée. Dans cette optique, le Ministère adoptera
un comportement proactif en mettant en place une campagne de motivation pour cette réforme et les
programmes de formation, en valorisant la profession enseignante et en créant les conditions gagnantes
pour une meilleure rétention des capacités.
• Appui du public à la réforme : Un désintérêt du public à cette réforme peut démotiver les parents, les
enseignants, les élèves et peut aussi déboucher sur des questionnements des pouvoirs publics et aussi de
la communauté internationale. Pour réduire ce risque, le Ministère devra également mettre sur pied une
campagne de sensibilisation visant à obtenir et renforcer l’appui du public à la réforme.
• Volonté politique de toutes les branches du Pouvoir Politique : La validation de ce Plan par
l’Exécutif constitue une première étape ou encore une condition nécessaire de sa mise en œuvre.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
136
Plan Opérationnel 2010 2015
Cependant, la compréhension et l’accompagnement du Pouvoir Législatif sont tout aussi indispensables
pour le vote des textes de loi appropriés et de l’enveloppe budgétaire nécessaire à l’atteinte des objectifs
fixés dans chaque axe d’intervention.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Annexes
137
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
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Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe A
Plan d’une école fondamentale de 9 salles de classe avec les 2 espaces
préscolaires
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe B
Détails sur la structure de Gouvernance du FAEPT
La structure de Gouvernance du Fonds consistera en quatre entités clés :
i)
Le Conseil de Gestion (CG) : Le CG sera responsable d e la direction stratégique du Fonds et
la mise en œuvre en général. Les responsabilités incluent l’approbation des critères
d’éligibilité pour le volet « investissements innovateurs » et l’approbation du plan de travail
annuel. Le CG sera composé du Ministre de l’Éducation, d’un représentant du Ministère
des Finances, un représentant des bailleurs et un représentant du secteur non-public.
ii)
Le Comité de Pilotage du Programme (CPP) : Le CPP sera responsable de la supervision de
l’exécution du Fonds et d e la révision des rapports trimestriels de l’Unité de Coordination.
Les membres du CPP seront: un représentant du Ministre de l’Éducation Nationale et de
la Formation Professionnelle, le Directeur Général du MENFP, un représentant du Ministère
des Finances, un représentant de chaque bailleur contributeur d’au moins USD 1 M au FAEPT,
le coordonnateur du Groupe Sectoriel d’Éducation (GSE), un représentant du secteur nonpublic (COSPE, par exemple) et un représentant de la société civile. Le CPP sera présidé
par le Directeur Général du MENFP et tiendra des réunions trimestrielles.
iii)
Le Comité Technique (CT) : La responsabilité principale du CT sera l’évaluation des
demandes de financement sous le volet « investissements innovateurs » et la sélection des
propositions. Le groupe sera composé d’un représentant de la coordination du Projet EPT,
d’un représentant du Directeur Général du MENFP, d ’ un représentant des bailleurs et d u
chargé de projet de la Banque mondiale, qui présidera les réunions. Au besoin, un représentant
de la direction technique concernée sera adjoint au CT.
iv)
L’Unité de Coordination EPT (UCP) : L’Unité de Coordination qui gère les fonds de
l’ACDI, de la Banque de développement des Caraïbes (BDC) et de l’Association
Internationale pour le Développement (IDA) exécutera les fonds de la composante « Appui à
l’EPT ».
v)
L’Administrateur : La Banque Mondiale aurait le rôle d’administrateur du Fonds. Ses
rôles et responsabilités seraient :
a.
R e m p l i r l e s f o n c t i o n s d e secrétaire du CPP et du CT, y c o m p r i s la
préparation des documents et la rédaction des minutes des rencontres
b. A s s u r e r l a gestion financière du Fonds, y compris la préparation et la
distribution des rapports trimestriels aux bailleurs de fonds
c. S ’ assurer que les procédures fiduciaires de la Banque mondiale (passation de
marché, gestion financière, etc.) soient suivies à la lettre
d. Organiser des visites de supervision périodique du Fonds avec le CT et le CPP
e. Évaluer les résultats des investissements du Fonds.
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe C
Mécanisme de financement du PO
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
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Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe D
Les grandes recommandations du GTEF
No 1.Mettre en place un dispositif intégré d’éducation et de protection de la petite enfance (DIPE) qui tienne
compte des différentes catégories de besoins des enfants et qui responsabilise les collectivités territoriales dans des
programmes d’actions qui incluent la nutrition, la santé scolaire, la participation des parents, les activités
éducatives.
No 2. Faire de l’obligation scolaire une réalité en Haïti ainsi que de la gratuité qui en est le corollaire, en mobilisant
tous les moyens nécessaires pour que cet objectif s’applique aux deux premiers cycles de l’enseignement
fondamental à l’horizon 2015 et aux trois cycles
2020; tant dans le secteur public que dans le secteur non public.
No3. Accroître l’offre publique d’éducation en privilégiant les communes les plus défavorisées dans la carte de
pauvreté, en commençant par construire une école fondamentale dans chacune des 143 sections communales
dépourvues d’écoles publiques.
No 4. Servir à tous les écoliers du Fondamental au moins un repas par jour en privilégiant une diète équilibrée basée
principalement sur les produits locaux.
No 5. Privilégier le créole comme langue d’apprentissage dans les deux premiers cycles de l’école fondamentale et
rendre l’écolier fonctionnel dans les deux langues officielles du pays dès la fin du deuxième cycle fondamental.
No 6.Rendre le diplômé de l’École fondamentale compétent à l’écrit dans les deux langues nationales et fonctionnel
dans les deux langues étrangères : l’anglais et l’espagnol.
No 7. Réviser le curriculum de l’école fondamentale pour y rendre plus prégnants les objectifs et les valeurs
destinées à porter le nouveau projet de société du pays en adoptant un nouveau socle de compétences pour l’école
obligatoire basé sur la maîtrise des deux langues nationales, la pratique de l’anglais et de l’espagnol, la capacité à
apprendre par soi-même, l’ouverture sur une culture humaniste universelle, mais orientée vers la connaissance de la
Région Amérique Latine et Caraïbes, la maîtrise du raisonnement scientifique et des outils des technologies de
l’information, la maîtrise des règles qui renforcent le sens de la citoyenneté, la culture de la paix et le respect de
l’environnement.
No 8. Revoir le système d’évaluation des apprentissages : encourager l’évaluation formative au niveau des
établissements, confirmer la décision de promotion automatique entre la 2ème et la 3ème année et entre la 3ème et
la 4ème année du Fondamental, supprimer l’examen d’état de 6ème année et le baccalauréat première partie.
No 9. Revoir la politique de l’État en matière d’ouvrages scolaires et privilégier, dans un premier temps,
l’adoption d’un livre unique au niveau du premier cycle fondamental.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
142
Plan Opérationnel 2010 2015
No 10. Réviser les politiques et les programmes de formation des maîtres en privilégiant la professionnalisation, en
associant à la démarche de formation les facultés des sciences de l’éducation des universités reconnues par l’État et
en incitant celles-ci à offrir des programmes innovants de formation continue basés sur la maîtrise des compétences
disciplinaires et pédagogiques.
No 11. Redéfinir le partage des compétences entre l’État et les collectivités territoriales en mettant en place des
Commissions Municipales de l’Éducation (CME) placées sous la présidence du maire et composée de représentants
de la mairie et des CASECS de la commune, de la direction départementale d’éducation (DDE), des réseaux associatifs
d’écoles non publiques, avec pour mandat de prendre en charge graduellement la gestion des équipements scolaires à
l’école fondamentale, la gestion des programmes et des personnels du ministère de l’éducation à travers ses DDE.
No 12. Dispenser au niveau du secondaire un enseignement général d’une durée de 4 ans, avec des programmes
rénovés faisant suite au socle commun de connaissances et de compétences établi pour la scolarité obligatoire au
fondamental et sanctionnée par un seul examen d’État de fin d’études secondaires (et par voie de conséquence la
suppression du baccalauréat première partie) avec possibilité pour les 100 premiers lauréats d’accéder à l’Université
sans concours d’entrée, sur la seule base d’une analyse de leur dossier qui prendra en compte la relation entre leurs
performances dans les différentes disciplines et les programmes dans lesquels ils s’inscriront...
No 13. Mettre en place un système d’incitations à la production de manuels scolaires pour le secondaire ainsi que
l’implantation par le secteur non public et les municipalités de laboratoires accrédités par le ministère de l’éducation,
pouvant desservir plusieurs établissements pour les travaux pratiques scientifiques et technologiques.
No 14. Réorganiser les institutions s’occupant de la formation technique et professionnelle en un dispositif intégré de
formation orienté vers le marché du travail en transformant l’INFP en une structure de gestion tripartite et en faisant
appel à l’approche par compétence comme démarche générale de transformation du système de formation
professionnelle.
No 15. Alphabétiser 2 500 000 personnes et mettre en place des activités de post-alphabétisation pour 3 millions de
personnes, pour la période 2010-2015, en reprenant le dispositif du plan global préparé par la SEA depuis 2006 et en
mobilisant les services des ONGs, des écoles, des institutions religieuses, des mairies et autres services publics.
No.16. Mettre en place une structure d’éducation des adultes qui permet d’orienter les écoliers surâgés et les adultes
neo-alphabétisés vers l’enseignement fondamental et secondaire ou vers l’apprentissage de métiers dans les domaines
de l’agriculture, de l’industrie et des services.
No 17. Adopter une nouvelle loi sur l’enseignement supérieur et universitaire prévoyant la mise en place d’un
Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en charge de la régulation du secteur, une
conférence des recteurs et présidents d’universités reconnues par l’État, un dispositif d’assurance qualité (pour
l’accréditation des programmes), un nouveau mode de financement de l’enseignement supérieur orienté à la fois vers
l’offre (pour soutenir la recherche et l’innovation) et la demande (subvention, bourses et crédit éducatif).
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
143
Plan Opérationnel 2010 2015
No 18. Soutenir la réforme de l’Université d’État d’Haïti en mettant à sa disposition, dans le cadre d’un contrat-plan
quadriennal, les ressources nécessaires pour qu’elle se dote d’un vrai campus universitaire et réalise les réformes
académiques et administratives qui doivent la transformer en une université d’excellence pour Haïti et la Caraïbe. Le
contrat-plan, renouvelable, prévoira les ressources du Trésor public à affecter à ses programmes d’investissement et à
son fonctionnement sur la base d’objectifs, de stratégies, de modes opératoires, d’indicateurs de performance, de
mécanismes d’évaluation et de critères de recevabilité convenus entre l’État et l’UEH.
No 19. Développer et consolider un deuxième réseau d’Universités publiques autonomes en région, dotées de moyens
pour mettre en œuvre de véritables programmes de recherche et de services à la société, en soutien de l’effort de
décentralisation et de diversification de l’enseignement supérieur.
No 20. Initier la mise en place d’un Institut haïtien supérieur de mathématiques comme premier embryon d’un réseau
d’instituts caribéens de mathématiques (Carribean Institues of Mathematical Sciences-CIMS) en charge de former de
jeunes mathématiciens de talents. Le premier institut sera installé dans une ville de province et recevra, sur la base
d’un concours national, les meilleurs candidats du pays.
No 21. Établir un système d’incitations pour l’enseignement supérieur en le rendant éligible aux avantages du Code
des Investissements et en mettant en place des mécanismes d’incitation financière ciblés en vue d’encourager la
recherche et l’innovation scientifique et technologique au sein des universités.
No 22. Créer un Institut interuniversitaire International de Hautes d’Études en Haïti en tant que centre de ressources
documentaires accessibles en ligne et en tant que lieu de mémoire et espace d’échanges interdisciplinaires, notamment
avec les universités de l’Amérique Latine et de la Caraïbe.
No 23. Réviser les statuts des enseignants d’une manière réaliste en mettant en place une combinaison de moyens
impliquant l’adoption d’une grille salariale définie non pas en fonction du niveau de la classe d’affectation, mais en
fonction du niveau de qualification de l’enseignant, la réglementation de la rémunération pratiquée par les
établissements non publiques accrédités, la mise en place de dispositifs d’incitation tels que fonds de pension, la
possibilité d’accès à des logements sociaux dans le cadre d’un programme spécial, des facilités pour la formation
continue, etc. mais aussi l’obligation pour chaque enseignant d’obtenir un permis. d’enseigner.
No 24. Introduire dans le plan de révision de la Constitution de 1987 une clause éliminant les dispositions relatives au
rôle de l’université d’État d’Haïti dans la décision de l’État d’autoriser le fonctionnement de nouvelles institutions
d’enseignement supérieur.
No 25. Adopter une nouvelle loi établissant un Conseil National de l’Éducation devant servir d’organe de
consultation pour le ministère de l’Éducation dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques de
l’éducation et dont la composition fera place aux partenaires de l’État tels que les associations des parents d’élèves,
les syndicats d’enseignants, les réseaux associatifs d’écoles non publiques, le secteur privé des affaires, les ONGs et
les organisations de la société civile.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
144
Plan Opérationnel 2010 2015
No 26. Créer un institut de recherche pédagogique comme organe d’expertise et de conseil pour le compte du
Ministère de l’Éducation, placé sous la double tutelle du Ministère de l’Éducation et du Ministère de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche et avec la mission d’animer la communauté éducative par la conduite de travaux de
recherche en éducation et de mettre les résultats de la recherche au service de l’innovation pédagogique et du pilotage
national de l’éducation.
No 27. Rendre au Ministère de l’Éducation le contrôle du système de planification et de gestion des projets en
supprimant les unités techniques d’exécution et en confiant la responsabilité de gestion de ces projets aux directions
centrales ou déconcentrées concernées par ces projets.
No 28. Accroître le financement public de l’éducation en relevant, dans le budget national, la part des dépenses
publiques consacrées à l’éducation, d’abord à 20% à partir de 2011, puis à 25% en 2015, et enfin à 30% en 2025.
No 29. Diversifier les sources de financement de la formation en transformant la Taxe sur la Masse Salariale (TMS)
en taxe d’apprentissage affectée aux programmes de formation professionnelle, en mettant en place un système
d’incitation pour les entreprises qui investissent dans des activités de formation professionnelle et en responsabilisant
les usagers pour certains programmes de formation.
No 30. Créer un fonds national de 250 millions de dollars pour la reconstruction des universités haïtiennes en
apportant une contribution directe aux universités non publiques et en modernisant l’infrastructure technologique
nationale en vue de faciliter le développement de l’enseignement numérique.
No 31. Définir un cadre national d’action concertée avec les ONG sanctionné par une convention État-ONG articulée
autour de la poursuite cohérente des grands objectifs nationaux d’éducation, en priorisant dans un premier temps
l’objectif d’école fondamentale gratuite et obligatoire.
No 32. Mettre en place une structure d’accueil et de gestion de la mobilité des compétences haïtiennes vivant à
l’étranger en vue de relever rapidement le niveau des services académiques et administratifs mis à la disposition des
institutions éducatives haïtiennes.
No 33.Adopter un pacte national d’éducation sanctionné par les partis politiques, l’Éxécutif, le Parlement, les
organisations syndicales et patronales et les organisations non gouvernementales mettant en évidence les objectifs de
l’accès universel au niveau fondamental, le renforcement de la gouvernance publique de l’éducation, la
responsabilisation des pouvoirs locaux dans la gestion de proximité du système scolaire.
145
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe E
Organigramme actuel du MENFP
SECRETARIAT DU
MINISTRE
Cabinet du Ministre
Commission
Nationale de
Coopération
MINISTRE
SEA
SEFP
SEES
avec UNESCO
INFP
UEP
Affaires Juridiques
Cellule Technique
Bureau de Presse
DG
Secrétariat
Radio Educative
CASAS
ENST
DGA/
DDE
DPCE
DGS
DES
DEF
DFP
DAEPP
CFCE
DDE-NIP
DDE-N
BUGEP
BUNEX
E
DAA
DRH
DCQ DSNE DESRS
DDENip
DDE-A
DDE-S
DDE-SE
DDE-O
DDE-NO
DDE-NE
BDS
BDS
BDS
BIZ
BIZ
BIZ
ECOLES
PUBLIQUES
ECOLES NON
PUBLIQUES
DDE-C
DDE-GA
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
146
Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe F
Projet de Cadre de partenariat entre le MENFP et les PTF pour la mise en
œuvre du Plan Opérationnel
Cadre Partenarial
Entre
Le MENFP
Et
Ses Partenaires Techniques
et Financiers
du secteur de l’éducation
Port-au-Prince Juin 2011
Contexte
1.
Suite aux recommandations du Groupe de Travail sur l’Éducation et la Formation (GTEF), le Ministère de
l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a préparé un Plan Opérationnel (PO) pour la
réforme globale du secteur de l’éducation. Afin d’atteindre les résultats escomptés, il est essentiel que la mise en
œuvre du PO se fasse avec la participation de tous les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) de manière
coordonnée sous le leadership du MENFP, selon des mécanismes appropriés.
2.
Dans ce contexte, et dans un souci d’améliorer l’efficacité de l’aide, le Gouvernement d’Haïti (GdH) et les
PTF ont établi le présent Cadre Partenarial. Cet outil traduit la volonté des autorités haïtiennes et des partenaires
signataires de développer et de mettre en place un cadre de collaboration en appui à la mise en œuvre efficace,
coordonnée et transparente du PO.
Fondements
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
147
Plan Opérationnel 2010 2015
3.
Le MENFP est responsable du développement du secteur de l’éducation et en assure la coordination et le
suivi de la mise en œuvre des politiques et des programmes. Il doit assurer l’offre de services éducatifs de qualité
à la population. Bien que ces services soient fournis majoritairement par le secteur non public, il se doit d’assurer
son rôle de régulateur des activités du secteur.
4.
La politique éducative de laquelle découle ce Cadre Partenarial est basée sur les engagements suivants :
4.1 Engagements internationaux :
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD);
Éducation Pour Tous (EPT);
Initiative de Mise en Œuvre Accélérée de l’Éducation Pour Tous (IMOA-EPT), devenue Partenariat
Mondial de l’Éducation (PME);;
Déclaration de Paris;
Plan d’Action d’Accra;
Principes d’engagement international dans les États fragiles.
4 .2 . Engagements nationaux :
Conférences de Washington et de New York.
Engagement face au Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et pour la Réduction de la
Pauvreté (DSNCRP) et en fonction des priorités nationales définies dans les documents stratégiques
suivants :
Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement National d’Haïti (PARDNH).
Rapport du GTEF
PO pour le secteur de l’éducation.
Portée
5.
Ce Cadre d e Partenariat s’applique aux signataires (PTF et MENFP) et vise également à encourager
l’ensemble des intervenants (autres PTF, intervenants du secteur non-public dont les structures associatives,
universités étrangères, fondations non publiques, ONG,…) appuyant le développement du secteur de l’éducation à
suivre les principes énoncés dans le présent document, sous le leadership du MENFP.
Il couvre l’ensemble
des fonds qui pourraient être attribués au secteur de l’éducation.
6.
Ce Cadre Partenarial n’est pas un traité international. Sa signature ne constitue ni un engagement financier ni
un engagement légal de la part des signataires. Il n’impose pas et n’a pas l’intention d’imposer des obligations
légales ou de valeur juridique, tant au point de vue du droit haïtien qu’international.
Cependant,
ce
document constitue un cadre de collaboration et un engagement moral face au défi de la refondation du système
éducatif haïtien.
Objectif
7.
L’objectif général du Cadre Partenarial est de favoriser la collaboration entre les signataires afin d’assurer la mise
en œuvre efficace, efficiente et coordonnée de la politique du GdH dans le secteur de l’éducation.
8.
Pour atteindre cet objectif, il est envisagé la mise en place graduelle d’une approche pro- gramme dans le
secteur de l’éducation. Cette approche favorisera, à terme, la mise en commun des ressources de l’État et de ses
partenaires pour l’appui au secteur de l’éducation, au bénéfice d’une plus grande cohérence et d’une meilleure
efficacité des actions de développement.
9.
La mise en place d’une approche programme sectorielle signifie notamment un appui coordonné des
partenaires (GdH et PTF) à la mise en œuvre du PO, l’harmonisation dans la mesure du possible des pratiques,
procédures et modalités des PTF, la réalisation de revues conjointes et le maintien d’un dialogue structuré entre
l’État et ses partenaires.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
148
Plan Opérationnel 2010 2015
Principes généraux
10. Les signataires du Cadre Partenarial s’entendent sur les principes généraux suivants :
•
Le GdH reconnaît son devoir de mettre en œuvre des pratiques de bonne gouvernance, les principes
démocratiques, le respect des droits de la personne et la primauté du droit. Ces principes fondamentaux sont
les conditions de base de la coopération et de l’aide. Leur non-respect peut avoir des conséquences sur le
maintien de l’aide que fournissent les bailleurs à l’appui du PO;;
•
Le GdH assure le leadership en matière de développement, de mise en œuvre et de suivi des politiques et
des programmes pour le secteur de l’éducation, ainsi qu’en matière de coordination de l’aide au
développement du secteur tant au niveau central qu’au niveau déconcentré;
•
Le Cadre Partenarial constitue le cadre privilégié de dialogue, de coordination et d’harmonisation des
appuis au PO;
•
Les financements des PTF s’inscrivent dans le cadre du PO du GdH et de ses documents de référence. C e s
financements seront inscrits dans des accords distincts que les signataires au présent Cadre Partenarial
pourront conclure conformément aux politiques et procédures de chacun des signataires;
•
L’approbation par le GdH du PO pour le secteur de l’éducation, incluant une appréciation plus détaillée des
coûts de sa mise en œuvre;
•
Les financements des PTF pourront prendre différentes formes, tout en visant à évoluer vers une
harmonisation croissante en matière de procédures et de modalités, et vers un alignement croissant sur les
procédures nationales.
Cet alignement sera fonction des améliorations réalisées par le GdH, notamment dans les domaines suivants :
La planification stratégique et opérationnelle, de gestion financière et administrative et technique du
MENFP;
La mise en œuvre des principales actions du plan de réforme de la gestion des finances publiques
s’appliquant au secteur de l’éducation, tel que prévu dans la matrice commune en matière d’appui
budgétaire;
La gestion de l'ensemble des actions du secteur et de sa capacité d’assumer son rôle de régulateur;
La reddition de compte par l’intermédiaire de rapports financiers, d’exécution et de performance.
Les progrès dans ces domaines devraient faire l’objet d’une évaluation périodique de la part du GdH et des PTF sur la
base d’indicateurs préalablement définis.
Le financement des activités du PO sera conforme aux politiques et procédures internes respectives des PTF.
Responsabilités
11. Les Partenaires Techniques et Financiers chercheront à :
•
Inscrire leurs appuis au secteur de l'éducation dans le cadre du PO et à appuyer la réalisation de ses objectifs;
•
Utiliser dans la mesure du possible les structures du MENFP et d'autres entités du GdH pour l’exécution et la
gestion financière de leurs appuis ;
•
Harmoniser au mieux leurs procédures et modalités respectives y compris leurs
d'évaluation et de vérification (audit) financière;
mécanismes de suivi,
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
149
Plan Opérationnel 2010 2015
•
S’efforcer de s’aligner progressivement sur les procédures du GdH de manière à améliorer l’efficacité de la mise
en œuvre du PO et à réduire la charge administrative et les coûts d’opérations pour le GdH;
•
Participer aux mécanismes de revues conjointes mis en œuvre par le MENFP pour évaluer les progrès du PO;
•
Rendre compte de l’exécution de leurs initiatives en appui au PO;
•
Participer au dialogue commun des politiques sur le développement, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de
l’exécution et des performances du PO, y compris de son cadre budgétaire;
•
Accompagner le MENFP dans son développement institutionnel, afin de renforcer son mandat et sa fonction
d’agent régulateur du secteur et en tant que responsable d’une offre éducative de qualité.
12. Pour sa part, le MENFP est chargé de l’exécution du programme sectoriel en collaboration avec les autres
ministères, notamment le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et le Ministère de la Planification et
de la Coopération Externe (MPCE). Il sera appuyé par le Conseil National d’Éducation et de Formation (CNEF)
et l’Office National du Partenariat en Éducation (ONAPE). Dans ce cadre, il s'engage à :
•
Approuver et mettre en œuvre le PO qui précise les priorités du GdH pour les cinq pro- chaines années en
éducation ainsi que les coûts et ressources humaines, matérielles et technologiques nécessaires ;
•
Traduire le PO en plans de travail annuels budgétisés précisant les principales actions à entreprendre;
•
Développer un cadre de mesure du rendement du PO comportant une matrice d’indicateurs de
performance permettant le suivi des résultats escomptés sur une base annuelle et pluriannuelle;
•
Présenter des rapports en lien avec le processus de revue conjointe et en faisant état des progrès accomplis
quant à la mise en œuvre du PO et des plans de travail annuels, en fonction notamment des indicateurs de
performance et des résultats escomptés, et en informer les PTF;
•
Évaluer, annuellement en collaboration avec les PTF et l’ensemble des acteurs du secteur, les progrès
accomplis quant à la mise en œuvre du PO et des plans de travail annuels, en fonction des indicateurs de
performance et des résultats escomptés;
•
Continuer à œuvrer au développement institutionnel du MENFP;
•
•
Définir et articuler les liens qu’il maintient avec le secteur non-public dans l’offre éducative, incluant son
rôle de régulateur;
Assurer le fonctionnement et la coordination de la Table Sectorielle d’Éducation;
•
Maintenir le dialogue et les mécanismes d’échange d’informations avec les PTF;
•
Contribuer au maintien d’une gestion transparente des finances publiques.
Mécanismes de coordination
13. Les partenaires s’engagent à travailler selon un dispositif de coordination comprenant différentes structures,
notamment la Table Sectorielle d’Éducation (TSE), le Groupe Sectoriel d’Éducation (GSE) et Tables de
Concertation Départementales (TCD), ainsi qu’une série de groupes de travail devant faciliter la mise en œuvre du
PO. Les termes de référence de ces structures, décrivant les participants ainsi que les rôles et modalités de
fonctionnement, seront définis et validés par le MENFP et les PTF. .
14. Un chef de file sera identifié parmi les PTF œuvrant dans le secteur de l’éducation pour une période de deux ans.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
150
Plan Opérationnel 2010 2015
Mécanismes de partage d'informations
15. Il est de l’intention du MENFP et des PTF de:
• Partager l’information sur leurs appuis techniques et financiers au PO, selon un format déterminé par le MENFP
et les PTF selon leurs politiques et procédures internes respectives;
• Communiquer leurs engagements annuels et pluriannuels indicatifs pour la mise en œuvre du PO afin que le
MENFP intègre ces informations dans sa programmation et sa budgétisation.
Processus de suivi et évaluation
16. Le MENFP, avec l’appui du chef de file des PTF, sera responsable de mettre en place un processus de suivi et
évaluation de la mise en œuvre du PO. Les PTF harmoniseront dans la mesure du possible leurs mécanismes de
suivi et évaluation. Ainsi, le MENFP et les PTF élaboreront un Cadre de Mesure du Rendement (CMR)
comportant une matrice d’indicateurs de performance, qui permettra de suivre la mise en œuvre du PO.
17. Des évaluations de mi-parcours et finales seront conduites sous l’égide du MENFP avec la participation des
PTF afin de mesurer les progrès quant à la mise en œuvre du PO et démettre en place des mesures correctives ou
des stratégies de réajustement.
Processus de revue conjointe
18. Un processus de revue conjointe annuelle de la performance du secteur de l’éducation sera mis en place pour
assurer la coordination et le suivi des progrès du secteur. Cette revue conjointe sera notamment basée sur les
rapports de mise en œuvre des plans de travail annuels du PO, les rapports d'exécution financière ainsi que sur le
CMR et les indicateurs de performance associés. Les PTF fourniront au MENFP, en temps utile et avec le niveau
de détails approprié, l’information sur les activités du PO qu’ils auront appuyées pour per- mettre au MENFP de
produire un rapport consolidé sur la mise en œuvre du PO. Un mécanisme sera mis en place pour recueillir
l’information sur les activités spécifiques menées par les PTF qui auront contribué à l’atteinte des résultats dans le
secteur de l’éducation. Les objectifs du processus de suivi conjoint sont les suivants :
•
Permettre d'avoir une vision globale et partagée des avancées dans le secteur de l’éducation et identifier
conjointement les goulots d'étranglement s’il y a lieu et les manières d'y faire face;
•
Mettre en place un processus de suivi des engagements pris par le MENFP et les PTF par l’entremise de
ce Cadre Partenarial (principe de responsabilité mutuelle);
•
Diminuer les charges administratives pour le MENFP, que représente l’organisation de missions de suivi
indépendantes les unes des autres;
•
Permettre aux PTF qui le peuvent d'avoir accès à des rapports de mise en œuvre, d'exécution financière et
de vérification (audit), qui remplacent le besoin, pour le MENFP, de produire des rapports indépendants
les uns des autres et non coordonnés;
•
Mettre en place un processus qui, à terme, serait utilisé pour suivre d’éventuels appuis budgétaires au
secteur.
19. La revue conjointe sera organisée sur une base annuelle, suivant la clôture de chaque année financière de l’État
Haïtien. Elle sera complétée par une revue semi-annuelle qui permettra de faire le point sur les progrès réalisés
en cours d’année et de s’entendre sur le CMR pour l’année à venir. Les modalités du processus de revue
conjointe seront élaborées ultérieurement et soumises à l’approbation des signataires.
L’ensemble des acteurs
impliqués seront représentés lors des revues conjointes.
20. Les revues annuelles donneront lieu à la rédaction d’un aide-mémoire signé conjointement par le GdH et le chef de
file des PTF. Cet aide-mémoire résumera les principaux constats, mettra en lumière les difficultés à résoudre et
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
151
Plan Opérationnel 2010 2015
les suites à donner pour la poursuite de la mise en œuvre du PO de manière harmonisée entre le GdH, les PTF et
les autres acteurs impliqués.
21. Entre les revues, le MENFP et les partenaires tiendront des réunions régulières sur les suites données à l’aidemémoire et sur l’exécution du PO. Ils se retrouveront notamment en fin d’année dans le cadre de réunions
techniques, afin d’examiner le niveau d’exécution budgétaire de l’année en cours (sur la base du rapport
d’exécution du premier semestre), d’apprécier les résultats, et d’approuver les indicateurs et les cibles de la matrice
générale.
Rôle des signataires envers les autres acteurs du secteur de l’éducation
22. Le présent Cadre Partenarial pose les bases d’un cadre de collaboration entre le MENFP et les PTF qui souhaitent
appuyer le secteur éducatif. Cependant, l’assurance d’une bonne efficacité de l’aide nécessite l’implication de
tous les partenaires impliqués dans le secteur dans le but d’atteindre des résultats conjoints. Étant donné le poids
et l’importance des autres acteurs du secteur de l’éducation, il est important que ces derniers œuvrent pour la
mise en application harmonisée des politiques nationales en vigueur, dans le même sens que les signataires du
présent Cadre. Le MENFP et les PTF s’engagent donc, chacun de son côté, à inciter leurs partenaires respectifs
à s’inscrire dans la mise en œuvre du PO.
Dispositions particulières concernant la gestion de l'assistance technique
23. L'assistance technique sera alignée sur un plan de renforcement des capacités du MENFP, développé sur la base
des capacités nécessaires pour la réalisation du PO.
24. L'assistance technique qui sera mobilisée par les PTF sera basée sur les besoins d'appui exprimés par le MENFP,
qui sera partie prenante au recrutement des assistants techniques.
25. En principe, l’assistance technique mobilisée par un PTF ne devrait pas être au service exclusif d'initiatives
spécifiques de ce PTF.
26. Le MENFP et les PTF veilleront à ce que l’assistance technique ne fasse pas double emploi avec les structures du
MENFP.
Dispositions générales
27. Aucune disposition du présent Cadre Partenarial ne constitue un renoncement implicite, par l’un des
signataires, aux privilèges et immunités que confèrent aux signataires ou à leur personnel, les accords
internationaux sur les privilèges et immunités dont ils bénéficient, le droit national correspondant ou le droit
international.
28. Ce Cadre Partenarial ne sera pas interprété comme portant création d’une joint-venture ou d’une relation d’agence
entre les signataires.
29. Conformément aux politiques et procédures des signataires, en matière de divulgation de l’information, les
signataires peuvent rendre le présent Cadre Partenarial public.
30. Chaque signataire accordera à l’information confidentielle des autres signataires la même attention qu’à la sienne
propre.
Corruption, fraude et détournement
31. Le MENFP et les PTF veilleront à ce que le personnel et les consultants impliqués dans la gestion des projets
ou programmes financés dans le cadre du PO s’interdisent tout acte de fraude, de détournement ou de corruption
visant à offrir à des tiers tout cadeau, rémunération, indemnité ou avantage de quelque nature que ce soit ou à
solliciter, accepter ou se faire promettre tout cadeau, rémunération, indemnité ou avantage de quelque nature que
ce soit, pour eux-mêmes ou pour toute autre partie de sorte que cette conduite pourrait être interprétée comme
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
152
Plan Opérationnel 2010 2015
étant une pratique illégale.
32. Le MENFP et les PTF s’informeront mutuellement et promptement des cas de corruption visés au présent
paragraphe et s’assureront que toute personne faisant un usage non autorisé des fonds dans le cadre du PO soit
rigoureusement sanctionnée conformément aux lois en vigueur en Haïti.
Résolution de difficultés, modification, adhésion d’autres PTF et retrait
33. Les difficultés relatives à la mise en œuvre du présent Cadre Partenarial seront réglées par la concertation entre les
partenaires du processus.
34. Ce Cadre Partenarial ne peut servir en aucun cas à modifier les provisions d’accords bilatéraux signés entre les PTF
et le GdH.
35. Chaque PTF peut mettre fin à sa participation à ce Cadre Partenarial en informant les autres signataires de sa
décision par écrit. Le retrait d’un PTF n’implique pas nécessaire- ment la fin de son soutien au secteur de
l’éducation.
36. Tout PTF désirant accompagner la mise en œuvre du PO dans le secteur de l’éducation adressera pour ce faire une
lettre d'intention au MENFP et au chef de file des PTF du secteur. S’il répond aux attentes en la matière, il sera
invité par le MENFP à adhérer à ce partenariat en signant le présent document.
Entrée en vigueur et durée du Cadre Partenarial
37. Ce Cadre Partenarial entrera en vigueur au moment de la signature de celui-ci par le GdH et par cinq PTF au
moins. Il restera en vigueur pour la durée du PO, soit pour une période de cinq ans. Ce Cadre Partenarial sera
revu au besoin afin de suivre l’évolution du partenariat et des changements qui pourraient survenir dans le secteur
de l’éducation et au niveau des appuis des PTF.
38. Le fonctionnement de ce partenariat sera évalué lors des revues conjointes du secteur.
POUR LE GOUVERNEMENT DE LA
RÉPUBLIQUE D’HAITI :
POUR LES PARTENAIRES TECHNIQUES
ET FINANCIERS :
MENFP :
________________________________________
Date :
Date :
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
153
Plan Opérationnel 2010 2015
Annexe G
Groupes
de
travail
en
appui
a
la
mise
en
œuvre
du
Plan Operationnel 20102015
NOTE CONCEPTUELLE
1 CONTEXTE ET ENJEUX STRATÉGIQUES DE LA MISE EN PLACE DES GROUPES DE TRAVAIL
Le tremblement de terre du 12 janvier 2010, qui a principalement affecté le département de
l’Ouest où se trouve la métropole hyper centralisée de Port-au-Prince, a mis le Gouvernement
devant l’urgence d’une refondation de la société. L’effondrement de l’appareil administratif de
l’État sous l’impact du séisme et la destruction affectant les secteurs d’activité ont en effet para- lysé
l’ensemble du fonctionnement de la société ainsi que le secteur de l’éducation où les pertes en vies
humaines ont été très lourdes. La Commission présidentielle éducation, plus connue sous le nom de
Groupe de Travail sur l’Éducation et la Formation (GTEF), chargée en 2007 de préparer la réforme
du secteur ainsi que le Pacte national devant assurer au cours des deux pro- chaines décennies la
stabilité nécessaire au développement de l’ensemble du système éducatif, a vu son mandat et sa
composition redéfinis pour pouvoir prendre en compte la nouvelle situation du secteur. Les travaux
déjà réalisés par le GTEF joints aux réflexions découlant de l’évaluation générale du désastre
(PDNA) ont appelé à une révision en profondeur : de l’approche des problèmes du secteur, de la
conception des services éducatifs et des stratégies utilisées pour les fournir à la population. Il est
donc devenu plus que certain que, pour relever le grand défi que constitue la reconstruction du pays
sur de nouvelles bases, un processus de réformes systématiques devra être engagé pour parvenir
prioritairement à refonder le système éducatif dans le cadre de la refondation sociale qui est un des
quatre piliers de la refondation de la société haïtienne suite au séisme
Un projet de Pacte National pour l’Éducation et la Formation (PANEF) est aujourd’hui
proposé par le GTEF. Il propose un consensus sur 20 ans (2010-2030) comme préalable
153
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
154
Plan Opérationnel 2010 2015
indispensable vers la refondation complète du système éducatif. Mais par-delà le système éducatif, le
PANEF se trouve à la base de la transformation sociale contemplée à la suite du tremblement de
terre. Il est donc crucial que la société dans son ensemble soit familiarisée à la fois au pacte proposé
mais aussi au Ministère en charge de la politique de l’État en matière de l’éducation. Or, dans le
même temps, le Ministère nécessitera une profonde restructuration. Une telle démarche se doit donc
d’être publique et relayée par la société civile organisée autant sur la transformation elle- même que
sur d’autres aspects de la vie éducative (le profil des citoyens, l’organisation des examens d’état, etc.),
d’où la nécessité d’un processus à la fois ouvert, transparent et participatif. L’enjeu est que
l’éducation devienne une préoccupation de toute la société et celle-ci doit assurer un rôle de plus en
plus important dans le fonctionnement de l’école. C’est le prix pour une appropriation des politiques
publiques en matière d’éducation par la population elle-même.
En mai 2010, alors que les enfants venaient de reprendre progressivement le chemin de l’école
après l’interruption provoquée par le séisme, le GTEF a présenté ses recommandations au Président
de la République. Celui-ci a alors demandé au Ministre de l’Éducation d’en préparer un Plan
Opérationnel de mise en œuvre. Le Ministre de l’Éducation a, dans la foulée, mis en place une Task
Force Éducation (TFE) tripartite GTEF-BID-MENFP dans le but de préparer le Plan Opérationnel
2010-2015 (PO) des recommandations du GTEF. Il est vrai que la méthodologie qui a permis
l’élaboration du PANEF s’est fondée sur la concertation et la participation tant en Haïti (forums
départementaux, entretiens avec des personnalités clés et groupements organisés de la société civile,
forums numériques) qu’à l’étranger (discussions avec les membres de la diaspora haïtienne et ses
associations au Canada, aux États-Unis, en République Dominicaine et en France). Toutefois, à ce
jour, le PANEF nécessite le maximum d’adhésion de la part des acteurs à la fois politiques et
institutionnels pour s’ancrer définitivement dans la société.
L’objectif du présent document est à la fois de clarifier le concept de “Groupes de Travail”
dans la perspective de mise en œuvre du PO, et de définir leur mission ainsi que leur cahier des
charges. Il envisage aussi de préciser les modalités de mise en place, de fonctionnement, de
coordination et de partage des informations. Le fondement de la mise en place de ces groupes est
clair : depuis environ 15 ans, le MENFP adopte une “stratégie de substitution” par laquelle des
consultants externes font, à la place des DT, le travail technique qui constitue la fonction essentielle
de ces entités. Cette stratégie n’a en rien amélioré la performance d’ensemble du Ministère et n’a
154
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
155
Plan Opérationnel 2010 2015
nullement favorisé une accumulation de compétences au niveau des DT. Il s’agit désormais de mettre
le Ministère en condition de faire le travail qui est le sien (c’est-à- dire de délivrer à la population les
services éducatifs de qualité dont elle a besoin) et désormais de mettre en œuvre efficacement les
réformes futures envisagées dans le système. En clair, il convient de rompre avec l’idée de
renforcement institutionnel sous le mode de la substitution qui affaiblit encore plus la capacité de
faire du MENFP. C’est en ce sens que le PO a conçu de fournir un appui adéquat aux structures du
Ministère par la mise en place, selon les grands axes d’intervention, de Groupes de travail (GT),
intégrés et placés sous le leadership des directeurs du MENFP, en vue d’assurer le transfert aux DT et
aux DDE des compétences et des savoir-faire nécessaires pour jouer pleinement leur rôle dans la mise
en œuvre du PO.
2 MODALITÉS DE CONSTITUTION DES GROUPES
La validation du PO par les instances du MENFP, son appropriation par les partenaires
techniques et financiers (PTF) et son endossement par les nouvelles autorités en font aujourd’hui
un outil approprié pour entamer la refondation du secteur de l’éducation en Haïti sur la base des 33
recommandations du rapport du GTEF que le PO a regroupé en neuf axes d’intervention (voir
Figure 1). Pour ainsi dire, il s’agit de neuf piliers qui constitueront les axes de déploiement de la
refondation. Certains des axes sont transversaux (tels : gouvernance, curriculum et programmes,
infrastructures et équipements scolaires) tandis que les autres sont plus spécifiques à certains
segments du système. Un groupe de travail est prévu pour chaque axe d’intervention du PO tel que
défini au Chapitre 4 du PO (voir Tableau 1). Toutefois, suite au sommet sur les Technologies de
l’Information et de la Communication (TIC) organisé à Port au Prince les 17 et 18 juin 2011, un
groupe de travail supplémentaire a été formé sur les TIC en vue de permettre aux nouvelles
générations de prendre le virage définitif vers la post-modernité dès le plus jeune âge. C’est aussi
un moyen pour préparer la nouvelle force de travail haïtienne et attirer les emplois qualifiés
reposant sur la maîtrise des TIC.
155
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
156
Plan Opérationnel 2010 2015
Figure 1
Les Axes d'Interventions du PO
1 : Gouvernance (5)
2 : Curriculum (1)
3 : Formation et perfectionnement (2)
4 : Obligation et gratuite
a) Petite enfance et prescolaire (2)
b) Prise en charge des enfants de 4 et 5 ans au prescolaire (2)
c) Obligation et gratuite scolaire au fondamental (3)
5 : Enseignement Secondaire (4)
6 : Formation professionnelle (3)
7 : Enseignement Superieur (6)
8 : Education speciale (3)
9 : Alphabetisation (2)
(.)=Nombre d’objectifs poursuivis au niveau de l’axe
La mise en œuvre du PO ne sera pas limitée aux structures du MENFP. Elle suppose une
forte implication de toutes les structures centrales et déconcentrées du MENFP, Directions
Techniques (DT), Directions Départementales D’éducation (DDE) et aussi la société civile en
général. Ces structures doivent s’approprier le PO ainsi que sa vision refondatrice et les ambitions
opérationnelles qui sont à la base des grandes actions prévues. La constitution et la mise en place
des GT répondent essentiellement à cette préoccupation.
Le PO prévoit en son Chapitre 4 un dispositif précis de mise en œuvre, de coordination, de
suivi et d’évaluation. Le schéma d’organisation de la mise en œuvre du PO comprend en effet trois
niveaux: (1) un niveau stratégique animé par le Comité Stratégique National (CSN) présidé par le
Ministre et ayant comme principale mission de valider ou de (re)définir les ajustements stratégiques
de la mise en œuvre du PO ; (2) un niveau tactique (de planification et de suivi) animé par le Comité
Technique National (CTN) ayant comme mission essentielle d’assurer le suivi technique et
financier des opérations ; et enfin (3) la mise en œuvre en tant que telle assurée par les DT et les
DDE appuyées en cela par les GT. Toutefois, par-delà ce dispositif, l’ouverture sur la société civile
156
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
157
Plan Opérationnel 2010 2015
se veut non seulement comme instrument de stabilité du développement du secteur de l’éducation,
mais aussi comme mécanisme de participation de la société civile dans le processus de refondation
sociale et de réforme éducative. Ainsi, pour un meilleur ancrage institutionnel du Plan, toutes les
entités centrales et déconcentrées du MENFP seront responsabilisées et engagées en assurant le
leadership institutionnel dans des actions à mener.
Les GT seront mis en place avec ce double rôle politique et d’appui technique direct aux DT.
Au niveau politique, il s’agit d’impliquer la société civile dans l’organisation, les discussions et les
décisions en matière d’éducation. Au niveau technique, il s’agit d’appuyer les DT et les DDE à
jouer un rôle actif et efficace de leaders dans la mise en œuvre du PO. À court terme, à l’issue de
ce mécanisme de transfert de compétences et de savoir-faire, les DDE et les DT devront assurer le
fonctionnement opérationnel adéquat des structures de l’éducation de façon à fournir à la
population des services éducatifs de qualité conformément aux besoins de développement du pays.
TABLEAU 1
Axes du PO, DET et GT envisagés
Groupes de Travail
Infrastructures
Sous Groupes de
Travail suggérés
et
équipements
scolaires
Curriculum,
Pro-
grammes
et
Évaluation
a.
b.
c.
d.
70
71
Petite enfance et
préscolaire ;
Enseignement
fondamental ;
Enseignement
secondaire ;
Formation
technique
et
professionnelle
Directions
Entités
Techniques
Opérateurs
MENFP)
et
Institutions Nationales
impliquées
(hors
MENFP)
Partenaires Tech- niques
et
Financiers
internationaux
DGS, FAES,
CASAS,
PNCS
Les universités; Ministère
des Travaux Publics ;
Secrétariat
aux
personnes handicapées
BID, AECID, Banque
Mondiale;
Cluster des ONG;
Unicef
DCQ, DEF,
DES,
BUGEP,
INFP,
BUNEXE,
CFEF; Santé
scolaire
Syndicats de professeurs;
COSPÉ;
MJSAC;
Grand Conseil de la
Formation Professionnelle
(GCFP)
UNESCO, UNICEF,
Banque
Mondiale,
BID ;
MENJVA70 ; UPenn71
(ou
du
Ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et la Vie Associative (France)
Université de Pennsylvanie
157
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
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Plan Opérationnel 2010 2015
Gouvernance
a.
Administration et
Gestion
Financière ;
Planification, pilotage et évalua- tion ;
Déconcentration
et
décentralisation ; et
Statistiques éducatives.
DAA, DAEPP,
DEF, DES, EPT,
DG,
DGA/DDE,
UEP,
DPCE,
DRH
MEF; OMRH;
COPSE;
FHONEP;
Universités;
MICT;
IHSI;
GCFP;
CEFOPAFOP
USAID,
Banque
Mondiale,
AFD,
UNESCO, BID, AECID;
ACDI; MENJVA;
UPenn;
GRAHN72
Formation des
enseignants ; Formation
des cadres non enseignant
; Formation du personnel
de soutien.
DFP, DRH,
CFCE, CFEF,
BUGEP, DEF,
DES, Radio
Éducative,
PNCS.
MEF; OMRH; COSPÉ;
Universités ; et Centres de
formation (ENI, etc.)
Société civile
UNESCO, Banque
Mondiale, USAID, BID,
AECID, UPenn,
Consortium MENJVA
ONAPE,
DAEPP, DAA,
DEF, Projet
EPT, DPCE
MEF, MICT ; Société
civile
Banque Mondiale,
ACDI, BDC, AE- CID,
USAID ; BID ;
MENJVA
MEF, MPCE, MICT,
Associations Patronales,
Syndicats, Coopératives
BID, Union Européenne,
ACDI, BDC, Coopération Brésilienne ;
ADRA
DESRS,
Universités
publiques en
région
Université d’État d’Haïti ;;
GTEF ; Groupe Technologies
; FOKAL
Coopération Française ;
AUF, UNESCO ;
UPenn ; Consortium
UQAM- Ste Croix,
SEA
Ministère des Affaires
Sociales et du Travail ;
MICT ;
MEF ; GTEF ; MPCE ;
Universités ; Société civile
Coopération
Cubaine ; USAID, AECID,
UNESCO
CASAS,
DEF,
DES, BUGEP,
DESRS, Santé
Scolaire, Unité
d’appui
psychologique ;
DPCE
Secrétairerie d’État aux
personnes handicapées
MENJVA (France)
SEPH
Commission
UEH ;
Universités
BID ; AECID
b.
c.
d.
Développement
professionnel &
Formation;
Partenariat PublicPrivé et Financement de l’éducation;;
Formation technique et
professionnelle
Enseignement
a.
Gratuité et
obligation ;
b. Accréditation et
amélioration de la
qualité ; et
c.
Financement de
la scolarisation et
contractualisation
GCFP ;
Conseil Tripartite
.
supérieur
1
Alphabétisation
INFP
& Éducation des
Adultes ;
Éducation spéciale
Technologies
de
l’Information et de
la Communication
72
Groupe de Réflexion et d’Actions pour une Haïti Nouvelle.
158
TIC
;
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
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Plan Opérationnel 2010 2015
3 MISSION, MANDAT ET COMPOSITION DES GT
3.1
Mission
La mission des GT revêt une double dimension : (i) politique et (ii) technique :
• Au niveau politique, les GT doivent permettre d’impliquer le plus d’acteurs possible de la
société civile organisée dans la compréhension à la fois du rôle et de la transformation des
structures du Ministère de l’éducation eu égard à leur mission auprès de la population. Il s’agit
de faire en sorte que la société civile comprenne et participe à la transformation du MENFP et
adhère à la nécessité de cette réforme comme une garantie de la refondation sociale. Cet
élargissement au-delà du monde de l’éducation, et l’engagement actif de ces acteurs procèdent
d’une participation sociale à la fois dans la mise en œuvre du PANEF et PO.
• Au niveau technique, il s’agit de faciliter le processus de réorganisation institutionnelle en vue
d’un fonctionnement efficace du Ministère, conduisant à des décisions et des actions
répondant effectivement aux besoins éducatifs de la population73. L’appropriation de la
réforme se traduira dans l’intégration des orientations politiques du PO et leur matérialisation
dans le fonctionnement et l’organisation technique du MENFP. L’appui que fourniront les GT
englobera à la fois les aspects de planification, de mise en œuvre et de suivi des actions
envisagées dans le cadre du PO. Il s’agira globalement de renforcer les capacités
institutionnelles du MENFP en matière de gouvernance (planification, administration et
pilotage), ce qui doit lui permettre de concevoir et délivrer des services éducatifs de qualité en
parfaite congruence avec les orientations établies et les besoins du pays et de la population.
C’est aussi à ce niveau que se fera l’articulation entre les orientations politiques du PO et le
vécu quotidien des fonctionnaires..
3.2
Mandat
Le mandat des GT s’articulera également autour de la double dimension politique et technique.
• Au niveau politique, les GT se réapproprieront les débats et forums initiés par le GTEF lors de
73
C’est-à-dire, des informations complètes pour les familles ; le développement des apprentissages et la formation
pour les enfants, les jeunes et les enseignants, etc.
159
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
160
Plan Opérationnel 2010 2015
la préparation du PANEF en vue d’impliquer activement la société civile dans la nécessaire
concertation sur les politiques éducatives, préalable à leur appropriation sociale sur une base
durable. Les réflexions ainsi produites sont appelées à avoir force de propositions pour la
réussite de la réforme. Dans une telle perspective, les groupes travailleront avec différents
acteurs (personnalités et institutions respectées pour leur notoriété) de la société civile qu’ils
soient du monde de l’éducation ou non.
• Au niveau technique, le mandat consiste à rassembler autour des DT et des DDE les acteurs
impliqués dans le sous-secteur afin de mettre en place une feuille de route annuelle commune
cohérente avec les résultats à atteindre du PO. Cette feuille de route sera validée par le CTN
et les partenaires appuieront la mise en œuvre harmonisée de cette feuille de route. Les GT
rapporteront tous les trimestres sur la base de rapport et de présentation au CSN ainsi qu’a la
revue sectorielle en ce qui concerne les résultats atteints.
Les GT, conformément à leur mission, veilleront au renforcement des compétences, des savoirfaire des cadres des DT et des DDE et au développement d’une expertise spécifique à chacun
de ces niveaux du MENFP. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans le processus de
réorganisation institutionnelle du Ministère.
3.3
Composition et animation
Au niveau politique, la conception des GT en tant que plateforme de concertation et de
validation, sera plus large qu’au niveau technique. Les membres proviendront de divers horizons
de la communauté éducative dont l’ancienne Commission Présidentielle Éducation et Formation
(GTEF), le secteur non public de l’éducation (notamment en matière de partenariat public- privé),
les PTF du secteur, les Organisations Non Gouvernementales (ONG), les Universités Nationales et
Internationales, et la société civile au sens large. Ils alimenteront la réflexion sur les travaux réalisés
(ou à entreprendre) au niveau technique. Le MENFP gardera bien entendu le leadership et
l’animation du processus. Du point de vue technique, les GT seront constitués d’un maximum de
trois experts dont deux un international et de deux nationaux ou provenant de la Diaspora et ayant
les compétences requises pour jouer efficacement le rôle attendu. Le nombre pourrait varier dans la
mesure où les sous-groupes l’exigent.
L’animation—à la fois politique et technique—des GT se fera, avec l’aide d’un expert
national de haut niveau, par un Directeur Technique désigné par le Ministre comme responsable de
l’axe en question. Les rôles des différents acteurs sont résumés dans le Tableau 2. Les GT pourront
160
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
161
Plan Opérationnel 2010 2015
aussi être des lieux de convergence de l’appui des PTF tant en termes de financement que d’expertise
technique.
TABLEAU 2
Acteurs et rôles dans les GT
ACTEURS
ROLES
Directeurs, cadres et techniciens du
MENFP
Directeurs : Animation, co-animation et leadership avec l’appui des consultants ;
Cadres et techniciens : utilisation de leur vécu au sein du MENFP et de leur connaissance du secteur
pour identifier ce qu’il y a lieu de faire pour réorganiser leur DT au regard de ses fonctions ;
décliner les principales activités de la DT selon les périodes de l’année.
Experts nationaux et internationaux
Aider les DT à mettre en œuvre le PO en général et plus spécifiquement les aspects qui concernent
directement les DT ;
Conseiller et appuyer techniquement les DT ;
Revoir l’organigramme des DT selon les missions et fonctions qui leur sont assignées.
PTF
Apporter un appui financier ou technique au fonctionnement des GT ;
S’engager par rapport au cadre partenarial et aux changements en cours;
Appuyer le recrutement des experts.
ONG
Faire partager son expérience de terrain
Société civile
Faire connaître au public les orientations en cours et l’aider à mieux les comprendre ;
Relayer la transparence des transformations au niveau du public ;
Aider à transformer le MENFP en un ministère de services.
La mise en place des GT se fera en toute priorité à l’initiative (ou par délégation) du Ministre
de l’Éducation. Ces groupes rendront compte directement au CTN qui bénéficiera à ce titre de
l’appui de la Direction Générale. Leurs membres seront nommés par le Ministre après un processus
standardisé de recrutement. Pour faciliter le travail avec les DT, les GT seront logés au MENFP . Le
Directeur Technique concerné s’assurera, avec l’appui du GT, de la mise à exécution du mandat de
son groupe (au double point de vue politique et technique) conformément à la feuille de route
validée au début du processus. La Figure 2 propose l’articulation entre les structures actuelles du
MENFP et les GT envisagés74
3 Lignes directrices et responsabilités techniques des GT
Un socle commun existe aux mandats des différents GT et englobe les principales responsabilités
suivantes :
(i) maîtriser l’état des lieux, c’est-à-dire prendre connaissance des rapports et études existant et
d’autres documents disponibles (dans la mesure du possible) du sous-secteur concerné;
(ii) prendre appui sur le PO, identifier les objectifs respectifs de son axe ainsi que leur
74
Il est bien entendu indiqué que la structure organisationnelle actuelle du MENFP est appelée à évoluer pour que
ce dernier parvienne à remplir efficacement sa mission
161
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Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Plan Opérationnel 2010 2015
échéance;
(iii) mettre en priorité les actions nécessaires ;
(iv) revoir l’expérience acquise lors de l’exécution de projets et initiatives antérieurs ; (v)
définir les modalités de fonctionnement du groupe et les faire valider par le CTN ;
(vi) élaborer une feuille de route annuelle pour son axe d’intervention incluant :
a. une approche méthodologique pour atteindre les objectifs de son axe de travail
b.
un budget portant
indispensables ;
sur les
coûts
des
activités
identifiées
comme
c. les indicateurs de base (en plus de ceux qui se retrouvent déjà dans le PO) qui
serviront pour le suivi et l’évaluation ;
d. ses besoins en assistance technique
(vii) proposer au CTN un calendrier pour la mise en œuvre des activités envisagées par axe du
PO;
(viii) appuyer la mise en œuvre des activités programmées de la feuille de route.
Chaque groupe établira sa propre répartition du travail entre ses membres et chaque membre
assumera des tâches spécifiques dans des délais précis. Les différentes feuilles de route ainsi que les
rapports trimestriels et les résultats des actions seront présentés en sessions plénières (aux autres
groupes) au CTN.
162
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
98
Plan Opérationnel 2010 2015
FIGURE 2
Les GT par rapport aux structures actuelles du MENFP
5
Échéancier
La durée moyenne du mandat des groupes peut être variable mais s’inscrira de toute
évidence dans le court terme (deux ans maximum) durée nécessaire pour permettre aux DT et
aux DDE de développer des compétences suffisantes pour assurer la mise en œuvre des politiques
publiques dans le domaine de l’éducation. La mise en place de l’Institut National d’Études et
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
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de Recherche en Éducation (INERE) constituera la réponse institutionnelle durable du MENFP
au renforcement continu de capacités de ses structures en vue de permettre, entre autres, le
développement de compétences et habiletés nécessaires, la qualification et la requalification des
cadres du Ministère, intrant essentiel pour garantir le développement continu du secteur de
l’éducation.
Photo 1ère de couverture : Photo de gauche; Fillette de 6ans cherchant à replacer les couleurs dans un puzzle - École Mixte de Salem, E. Dérose, 2010 ©
Photo de droite, Salle de préscolaire de l'École Fondamentale de Fond Jean Noel - E. Dérose 2011©
Photo 4ème de couverture : Écoliers en séance d'apprentissage à l'ordinateur - Laboratoire informatique- E. Derose, 2010