(FY2021) Lettre de cadrage du Premier ministre pour le projet de budget 2021-2022
Resume — Memorandum du Premier ministre Ariel Henry a tous les ordonnateurs de l'Administration d'Etat fixant le cadrage macro-budgetaire pour le reste de l'exercice fiscal 2021-2022, adopte avec six mois de retard apres un budget rectificatif 2020-2021. Il revient sur les chocs de l'exercice 2020-2021 (COVID-19, assassinat presidentiel, seisme d'aout 2021, tempete Grace, violence des gangs) et fixe les cibles de croissance, d'inflation, de pression fiscale et de financement de la BRH pour la suite de l'exercice.
Constats Cles
- Resultats de l'exercice 2020-2021 : croissance du PIB reel -1,8%, inflation 13%, pression fiscale 5,7%, financement BRH 42,9 milliards de gourdes.
- L'inflation a atteint 24% en glissement annuel en janvier 2022 (33% pour les produits importes contre 19,1% pour les produits locaux).
- La croissance des transferts de la diaspora a ralenti a 3% sur les quatre premiers mois de l'exercice 2021-2022, contre 36% un an plus tot.
- Le seisme du 14 aout 2021 a cause des pertes et dommages equivalant a 10,9% du PIB de 2020 dans les departements du Sud, des Nippes et de la Grand'Anse.
- Cibles du budget 2021-2022 : croissance du PIB de 0,3%, pression fiscale de 6,4%, inflation revisee a 27,3% en glissement annuel, financement BRH de 40,3 milliards de gourdes.
- Le Gouvernement s'engage sur un plan d'elimination progressive de la subvention des produits petroliers, la publication de l'audit des depenses COVID-19 par la Cour des Comptes, et un ratio de remplacement d'un fonctionnaire pour deux departs.
Description Complete
Il s'agit d'un memorandum officiel, date du 4 avril 2022 a Port-au-Prince et signe par le Premier ministre Dr Ariel Henry, adresse a tous les ordonnateurs des institutions de l'Administration d'Etat en tant que lettre de cadrage du projet de budget 2021-2022. Le document rappelle que l'exercice fiscal 2020-2021 a ete perturbe par un cumul de chocs (resurgence de la COVID-19 a partir de mai 2021, assassinat du President debut juillet 2021 et vide institutionnel consecutif, seisme de magnitude 7,2 du 14 aout 2021 touchant les departements du Sud, des Nippes et de la Grand'Anse avec des pertes et dommages equivalant a 10,9% du PIB de 2020, depression tropicale Grace deux jours plus tard, et recrudescence de la violence des gangs et des enlevements). Il rapporte les resultats de l'exercice 2020-2021 (croissance du PIB reel de -1,8%, inflation de 13%, pression fiscale de 5,7%, financement BRH de 42,9 milliards de gourdes incluant 50% de l'allocation de DTS du FMI), et note que faute de budget adopte a temps, les six premiers mois de l'exercice 2021-2022 ont ete geres sous un budget rectificatif reconduit.
La lettre fixe ensuite les priorites budgetaires pour les six mois restants de l'exercice 2021-2022 : financement du Plan de Relevement Integre de la Peninsule Sud (PRIPS) a hauteur de 10 milliards de gourdes d'investissement du Tresor Public sur quatre ans; allocation de 3 milliards de gourdes a la Politique Nationale de Protection et de Promotion Sociales (PNPPS); financement des campagnes agricoles pour attenuer la hausse d'inflation anticipee liee a la guerre en Ukraine. Elle cite un programme de reference recemment negocie avec le FMI comme catalyseur pour les autres partenaires techniques et financiers, et enumere des reformes sur six axes (equilibres macro-financiers, mobilisation des ressources fiscales dont un plan d'elimination progressive de la subvention des produits petroliers et le premier Code Fiscal Haitien, gouvernance et securite dont la publication par la Cour des Comptes du rapport d'audit des depenses COVID-19, protection sociale, vaccination COVID-19, et rationalisation des depenses via un programme de depart volontaire a la retraite avec recrutements limites au ratio d'une nomination pour deux cessations). Elle se termine par les cibles macro-budgetaires du projet de budget 2021-2022 : croissance du PIB reel de 0,3%, pression fiscale de 6,4% (contre 5,7%), inflation revisee a 27,3% en glissement annuel (contre 13% en 2020-2021), et financement BRH de 40,3 milliards de gourdes (contre un chiffre de 49,2 milliards de gourdes cite ailleurs dans la meme lettre pour 2020-2021, incoherence interne avec le chiffre de 42,9 milliards de gourdes donne plus haut dans le texte).
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
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FABCIE je
RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Le Promior AMonisire
MEMORANDUM
A TOUS LES ORDONNATEURS DES INSTITUTIONS
DE L'ADMINISTRATION D'ETAT
Lettre de cadrage du Projet de Budget 2020-2021
Mesdames, Messieurs,
En référence aux dispositions de la loi du 04 mai 2016 remplaçant le Décret du 16 février
2005 sur le processus d'élaboration et d'exécution des lois de finances, je vous soumets au
nom du Gouvernement la présente Lettre de cadrage qui fixe les grandes orientations
macroéconomiques et définit les grandes lignes de la politique budgétaire pour l'exercice
fiscal 2020-2021. En dépit des contraintes auxquelles fait face le pays, le Gouvernement
s'active à mettre en place les conditions pour une relance des activités économiques. Dans
cette optique, le processus d'élaboration du budget doit mettre l’accent sur les projets
porteurs de croissance tout en tenant compte des contraintes financières du moment. Par
ailleurs, il est souhaitable que les actions et programmes retenus soient présentés selon une
approche de cadre logique permettant d’afficher les priorités pour répondre aux urgences
sociales ainsi qu'aux exigences de la stabilisation macroéconomique et de la relance de la
croissance,
Contexte économique et sociopolitique
Le processus de préparation du budget 2020-2021 se réalise dans un environnement des
plus délicats. Les épisodes récurrents de troublessocio-politiques dénommés « PEYI
LÔK »,qui ont paralysé les principales artères du pays durant une bonne partie de l’exercice
fiscal 2018-2019, ont été poursuivis durant les premiers jours de l'exercice fiscal 2019-2020
plombant ainsi les activités économiques pendant tout le premier trimestre. Faisant suite à
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cela, la pandémie de COVID-19 qui a frappé le pays à la fin du premier semestre a eu des
conséquences significatives sur la situation économique déjà précaire. La dégradation des
finances publiques s’est exacerbée sous l'effet combiné d’une mobilisation des recettes en
deçà des attentes et d’une hausse des dépenses publiques, notamment celles liées au
coronavirus. Toutefois, après la reconduction du budget 2017-2018 sur deux (2) exercices
fiscaux consécutifs, mon Gouvernement a fini par doter le pays d’un budget pour l'exercice
fiscal 2019-2020, ce qui a permis de faire face aux priorités définies dans la lettre de cadrage
y relative. À travers ce budget, des voies et moyens ont été dégagés pour effectuer des cash
transferts aux ménages les plus vulnérables, régulariser la situation d'environ 10,000
enseignants et de deux (2) promotions de policiers, et ralentir le rythme de propagation de
la pandémie Covid-19. En effet, en termes de nombre de cas recensés, Haïti occupe la
100*"place sur une liste de 213 pays frappés par la Covid-19. Cependant, le nombre de cas
actifs a connu un certain ralentissement à partir du mois de juillet 2020, ce qui, du coup, a
permis au gouvernement de prendre la décision de lever l’état d'urgence sanitaire à la fin du
mois de juillet 2020. |
Par ailleurs, malgré les dispositions du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF) pour
contenir le financement monétaire dans les limites convenues dans le pacte de gouvernance
signé avec la Banque Centrale en juin 2020, l'incertitude et les spéculations sur le marché
des changes ont provoqué une surchauffe du marché dans un contexte où l'offre de devises
étrangères s’est contractée.
Au niveau international, le choc économique lié à la pandémie est assez violent. Les
résultats des politiques de stimulation économique envisagées par les États restent
encore très timides. Dès lors, les retombées macroéconomiques se révèlent négatives et les
prévisions de plus en plus incertaines. Selon les prévisions établies par le Fonds monétaire
international (FMI) en juin 2020, l’économie mondiale devrait connaître une forte
contraction de 4.9 % en 2020, soit un recul bien plus marqué que lors de la crise financière
de 2008-2009. Pour les pays avancés, la chute devrait être plus importante (-8%) que pour
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les pays émergents et en voie de développement (-3%). Le produit intérieur brut (PIB) des
pays en développement à faible revenu devrait se contracter en moyenne de 1% en 2020.
En excluant un petit nombre de pays pré-émergents, le reste du groupe des pays en
développement à faible revenu devrait connaître une contraction de 2.2 % en 2020.
Comme tous les pays, Haïti a subi les contrecoups de la pandémie COVID-19. Cette
dernière a eu des répercussions négatives notamment sur les importations et les
exportations de biens et services. Les exportations ont enregistré une baisse de 26.6% sur
les trois premiers trimestres de l'exercice en cours par rapport à l’année dernière, pour se
situer à 639 millions de dollars à fin juin 2020, contre 870.7 millions sur la même période en
2019. Dans le même temps, bien qu'également en baisse, les importations sont demeurées
relativement élevées, soit 2.4 milliards de dollars, traduisant ainsi une persistance du déficit
structurel de la balance commerciale. Cependant, les transferts privés sans contrepartie de
la diaspora haïtienne ont toujours joué un rôle contracyclique en période de crises et de
chocs économiques notamment aux Etats-Unis et ailleurs, comme le justifie la hausse de
0.52% en glissement annuel, soit 1,9 milliard de dollars au 30 juin 2020, contre 1.7 milliard
de dollars enregistré sur la même période en 2019. Toutefois, cette hausse des transferts
privés n’a pas eu trop d’effet sur le taux de change.
La gourde à affiché une forte dépréciation face au dollar américain en dépit d’une maitrise
du financement monétaire dans les limites convenues entre le MEF et la Banque Centrale.
En effet, sur les dix mois écoulés de l'exercice fiscal 2019-2020, la gourde a perdu 25% en
moyenne de sa valeur par rapport à son niveau de fin d'exercice, avec des fluctuations
importantes notamment à partir du mois de mars 2020. Cette dépréciation découle à la fois
des spéculations, des contraintes structurelles de l'offre et des chocs conjoncturels
découlant de la pandémie Covid-19. Toutefois, suite à l’annonce de la BRH au début du mois
d'août d'intervenir sur le marché des changes à hauteur de 150 millions de dollars d'ici la
fin de l'exercice, suivie de la décision des autorités budgétaires d'anticiper la clôture des
engagements de l'Etat à travers l'arrêté du 30 août 2020, une accalmie a d’abord été
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observée sur le marché suivie d’une appréciation conséquente de la gourde par rapport au
dollar.
Sous l'effet conjugué de la dépréciation de la gourde, des perturbations dans
l’approvisionnement des marchés en biens et services, l'inflation s’est fortement
accélérée entraînant une érosion du pouvoir d’achat des ménages. En effet, de son niveau
de 20.1% en septembre 2019, l'inflation s'est accélérée pour atteindre 25.7% en juillet 2020.
Cette accélération des prix est due en grande partie à la forte progression des prix des
produits importés résultant de la dépréciation de la monnaie nationale, en dépit de la baisse
des cours des produits de base sur le marché international.
Les Finances Publiques ont largement souffert des effets négatifs des crises politique et
sanitaire au cours de l’exercice. Sur les dix mois écoulés de l'exercice, les recettes collectées
se chiffrent à 69.2 milliards de gourdes, correspondant à un taux de réalisation de 77.5%.
Bien qu’en augmentation en terme nominal de 6% par rapport aux réalisations de l'exercice
précédent, ces recettes croissent moins vite que l'inflation et affichent un manque à gagner
cumulé de 4.6 milliards de gourdes.
Du côté des dépenses publiques, les montants exécutés sur la période s'élèvent à 79.8
milliards de gourdes, soit un taux de réalisation de 54.7%. Comparé à la même période de
l'exercice précédent, les dépenses ont crû de 32% en terme nominal. Au 31 juillet 2020, les
dépenses courantes ont totalisé 70.5 milliards de gourdes. Les dépenses d'investissement
ont totalisé 9.4 milliards de gourdes dont 7.1 milliards de gourdes pour les dépenses liées à
la lutte contre la COVID-19.
Les contreperformances dans la mobilisation des recettes, imputables à des périodes de
quasi arrêt des activités économiques, ont justifié le recours au financement monétaire
pour permettre à l'État de faire face aux dépenses publiques essentielles. Ce mode de
financement à permis d'éviter une accumulation d’arriérés intérieurs qui aurait fragilisé
davantage les fournisseurs de biens et services qui souffrent déjà des effets de la crise
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sanitaire. Conséquemment, au 31 juillet 2020, le financement monétaire totalisait 35.4
milliards de gourdes, dont plus de 20 milliards ont servi à financer le secteur de l'énergie
(subvention à l’'EDH et aux produits pétroliers). Les émissions nettes de Bons du Trésor
réalisées sur la période sont de l'ordre de 6.8 milliards de gourdes ont également été
effectuées au cours de l'exercice.
Les perspectives pour la fin de l’exercice 2019-2020
Pour la fin de l'exercice 2019-2020 une forte contraction du PIB est projetée. Elle est
tributaire des pertes de croissance liées au phénomène « Peyi Ldk » qui paralysa l’économie
durant tout le premier trimestre, de la crise sanitaire qui sévit actuellement, ainsi que le
passage de la tempête tropicale Laura. Toutefois, l'adoption rapide par le Gouvernement
d'un plan de réponse dès l’apparition des premiers cas de COVID-19, a permis de limiter
l'impact de la pandémie sur l’activité économique. Aussi, le recul du taux de croissance du
PIB sur l’ensemble de l’année devrait être moins prononcé qu’anticipé (-2.9% contre -3.6%
inscrit initialement dans le budget 2019-2020). Cependant l'inflation de fin de période
devrait atteindre 26.9% % et 22.9% en moyenneannuelle, soit 3 points au-dessus des
prévisions initiales. Les mesures de politique monétaire et budgétaire en cours
d'implémentation et la hausse des transferts privés sans contrepartie sont de nature à
limiter la dépréciation de la gourde.
Avec la reprise des activités au dernier trimestre de l'exercice, les recettes fiscales
pourraient atteindre 85.1 milliards de gourdes au 30 septembre, soit environ 95% des
projections inscrites dans le budget 2019-2020. Ce niveau de réalisation, qui portera la
pression fiscale autour de 6.5%, restera insuffisant pour couvrir les dépenses courantes qui
devraient se limiter à 105.4 milliards de gourdes moyennant des dispositions de
rationalisation des dépenses à travers notamment la clôture anticipée des engagements
financiers de l'Etat.
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Au niveau des investissements, vu le ralentissement du rythme de propagation de la
pandémie COVID-19, les dépenses liées à la lutte contre ses effets sanitaires devraient
afficher une décélération. Au terme de l'exercice fiscal, les dépenses d'investissement
devraient se chiffrer à 12.5 milliards de gourdes contre 23.8 milliards initialement prévues.
Au total, pour l’année fiscale 2019-2020, les dépenses publiques excluant dons-projets
s'élèveraient à 117,9 milliards de gourdes. Les recettes intérieures étant de l’ordre de 85,1
milliards, il en résulte un solde négatif de 32,8 milliards de gourdes. Afin d’honorer les
dépenses publiques, nécessaires à la bonne marche de l’économie, des émissions nettes de
Bons du Trésor de 9.7 milliards de gourdes seront réalisées tandis que le financement BRH
serait contenu en deçà de 43.9 milliards de gourdes.
Des priorités pour l’exercice 2020-2021
Mesdames, Messieurs,
L'économie haïtienne déjà fragilisée par les nombreux chocs sociaux, politiques et
environnementaux depuis des décennies fait face actuellement à la COVID-19. Cette crise
qui révèle la vulnérabilité encore plus prononcée de l’économie aux chocs, offre
l'opportunité aux agents économiques d'œuvrer pour la diversification de l’économie,
stabiliser l’activité dans son ensemble et remettre l’économie sur le sentier de la croissance
et du développement.
La gestion de l’après COVID-19 devrait marquer un tournant en termes d'opportunités que
le Gouvernement doit saisir. Les risques inhérents au redémarrage des activités
économiques pourraient entrainer de nouvelles séquelles si des mesures de ciblage et
d'affectation des ressources ne sont pas prises. Dès lors, les perturbations liées à la
pandémie pourraient se révéler néfastes à long terme sur l'emploi, sur la capacité de la
population à faire face à ses besoins de base dans certaines régions, et ainsi creuser
davantage les inégalités sociales.
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Des mesures ambitieuses seront envisagées. On devra aller au-delà d’une simple reprise
économique et de protection des entreprises. C'est dans cette optique que le
Gouvernement s'est engagé dans l'élaboration d’un Plan de Relance Economique Post
COVID-19 pour les trois (3} prochains exercices fiscaux (PREPOC 2020-2023). Ce dernier se
veut être une réponse articulée et méthodique qui s'attaque aux problèmes et déficiences
mis en évidence par les différents chocs sus-cités, dont la COVID-19. Ce plan préconise
l'adoption des politiques pour corriger les contraintes structurelles et amorcer une
dynamique d'amélioration des conditions de vie, de renforcement de la résilience face aux
chocs multiformes. Le PREPOC s'inscrit dans une démarche de transition en attendant la
révision du Plan Stratégique de Développement d'Haïti (PSDH) et doit être ce pont qui ouvre
Haïti sur une nouvelle dynamique de croissance mettant à profit les leçons et opportunités
de cette crise et impliquant la responsabilité des différentes catégories d'acteurs.
Le PREPOC s'articule autour de six piliers. 11 s’agit de la/du:
"_ Diversification de l’économie et accélération de la croissance :
"__ Développement des services d’infrastructures de base et énergétiques :
"Soutien aux Petites et Moyennes Entreprises et à la création d'emplois ;
"Développement du capital humain et de l'inclusion sociale ;
"__ Renforcement de la résilience aux chocs naturels ;
"Renforcement de la Sécurité intérieure et de l'Etat de Droit.
Ainsi que deux domaines transversaux :
a) Gouvernance administrative, économique et financière ;
F b) Climat des affaires.
Le Plan de relance a pour objectif d'arriver à une croissance soutenue et inclusive et à la
création de plusieurs milliers d'emplois d’ici 2023. Il devra accélérer le développement du
capital humain et l'amélioration du bien-être social. Il favorisera également le relèvement et
la création de petites et moyennes entreprises dans les secteurs en particulier : i) l'agro-
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industrie ; ii) la sous-traitance ; iii) le développement du tourisme local et de croisière ; iv)
l'immobilier en encourageant les initiatives privées et v) le numérique.
Les pouvoirs publics sont dans l'obligation de réaliser des actions et politiques concrètes
pour atténuer les effets nocifs de cette crise et mettre en priorité la satisfaction des besoins
de base de la population : l'accès à la santé, la protection sociale, la lutte contre l'insécurité
alimentaire, l'accès à l'emploi, la réduction des inégalités sociales et la résilience des
populations aux chocs naturels et sociaux.
Grandes orientations du budget 2020-2021
Mesdames, Messieurs,
L'action Gouvernementale sera inscrite dans une logique triennale à travers les piliers du
Plan de Relance Economique Post COVID-19 (PREPOC), ce qui permettra au Gouvernement
de s'attaquer non seulement aux enjeux de l'heure, mais aussi aux contraintes structurelles
tout en restant dans la vision du Plan Stratégique de Développement d'Haïti. Dès lors,
tenant compte des six piliers et des deux domaines transversaux du PREPOC, le Budget de
l'année 2020-2021 consacrera comme axes prioritaires :
" le renforcement de la sécurité et de l'Etat de droit pour redonner confiance à la
population et faciliter aux opérateurs privés l'exercice de leurs activités ;
" le renforcement des services d’infrastructures existants pour réduire les coûts de
production et contribuer à l'amélioration de la compétitivité de l’économie ainsi que
l'accès à l'énergie ;
- * le renforcement des politiques d'inclusion sociale pour répondre aux urgences
engendrées par les crises socio-politiques répétitives dont les effets ont été
exacerbés par la pandémie de COVID-19 ;
" le développement de certains secteurs clés porteurs de croissance pour une relance
rapide de l’économie ;
" et l’amélioration de la gouvernance, notamment l'efficacité de la gestion publique.
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31, Boulevard Harry Truman, Port-au-Prince, Haïti
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De ce fait, le Projet de loi de Finances de l’exercice 2020-2021 table sur les projections
suivantes :
"Une croissance du PIB de l’ordre de 2.4%;
"Une inflation de fin d'exercice estimée à 27.3% en glissement annuel :
"Des recettes fiscales projetées à 100 milliards de gourdes :
“Une pression fiscale de 6.5% en raison de l'élargissement de la base des comptes
nationaux de l’Institut haïtien de statistique et d'informatique (IHSI) ;
"Des émissions nettes de trésorerie à 10 milliards de gourdes ;
"Un niveau de financement monétaire compatible aux objectifs de stabilisation du
cadre macroéconomique.
Pour atteindre cet objectif de croissance, le gouvernement opte pour une politique de
diversification et de transformation structurelle de l’économie haïtienne visant à soutenir la
base productive et à créer des emplois sans toutefois négliger l’aspect de mitigation de
chocs pour les groupes vulnérables. C'est en ce sens que chaque Ministère ou organisme
public devra orienter leur budget d'investissement de manière à faire la promotion des
exportations accompagnée d’une politique de substitution à l'importation. || faut travailler
de manière à réduire la facture d'importation et diversifier les produits à l’export étant
donné que le nombre de produits exporté est trop restreint. De manière spécifique :
a) Le Ministère de l'Agriculture doit renforcer l'implémentation des programmes et
projets de l’État haïtien financés par les Partenaires Techniques et Financiers
(PTF) de manière à avoir des résultats rapides et tangibles. Les interventions de
l'Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA) doivent être au
centre des actions visant à renforcer le système productif ;
b) Le Ministère du Commerce et de l'Industrie doit faire la promotion des espaces
disponibles pour la construction de nouvelles usines au niveau de l’industrie textile
et d’habillement pour encourager la création d'emplois. En outre, il y a lieu de
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L Premier Ministre
mettre l’emphase sur la formation de manière à encourager la production d'articles
dans l’industrie de la sous-traitance qui sont de plus grande valeur ajoutée ;
c) Le Ministère des Travaux Publics doit privilégier les investissements dans les
infrastructures routières et électriques pour améliorer la mobilité urbaine,
l'accessibilité rurale et la résilience aux chocs devant contribuer à une meilleure
compétitivité de l’économie ;
d) Les Ministères de la Justice et de la défense doivent orienter leur budget de manière
à enrayer l'insécurité pour garantir la libre circulation des biens et des personnes, en
priorisant les zones à fort potentiel productif et touristique ;
e) Le Ministère de l'Economie et des Finances doit renforcer le programme de Stage
pour faciliter l'insertion professionnelle des milliers de jeunes diplômes dans des
institutions publiques et privées ;
f) L'Entreprise Publique de Promotion et de Logements Sociaux (EPPLS), et les
institutions financières doivent encourager des initiatives privées de construction de
logements décents et abordables pour la classe moyenne, ainsi que les logements
sociaux pour les plus vulnérables ;
g) Le Ministère des Affaires Sociales doit privilégier la mise en œuvre d’un programme
de filet de Sécurité Sociale visant à mitiger les impacts des chocs socio-économiques
sur les couches les plus vulnérables, conformément au Politique National de
Protection et de Promotion Sociales (PNPPS).
h) Au regard du soutien aux Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) et à la
création d'emplois, le gouvernement entend privilégier les initiatives visant à
encourager l'esprit d'entreprise, faciliter l'accès des MPME aux financements et aux
marchés, et renforcer leur compétitivité de façon durable.
i) Des dispositions sont prises pour la mise en place du Conseil Electoral et des crédits
budgétaires seront prévus pour le financement des prochaines élections.
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Cadre macroéconomique à moyen terme 2020-2023
La mise en œuvre des actions retenues dans le cadre du PREPOC et du Plan de
Rationalisation des Dépenses Fiscales couplée à une plus forte mobilisation des recettes
devrait faciliter une reprise graduelle des activités économiques.
Par conséquent on s'attend à :
"Une croissance du PIB de 2.4% en moyenne annuelle ;
"Une inflation de 21% en fin de période ;
"Une pression fiscale de 10% ;
"Une hausse modérée des investissements publics sur la période ;
"Une substitution progressive du financement monétaire aux émissions de trésorerie.
l'atteinte de ces résultats est conditionnée à la mise en œuvre de politiques de
renforcement de l'accès au crédit, de mesures d'accompagnement des principales filières
productives et une intensification des projets de partenariats publics-privés.
J'invite chaque membre de mon Gouvernement à prendre en compte dans leurs prévisions
sectorielles les grandes orientations qui leur sont présentées, et ainsi travailler au
redressement de notre pays.
Port-au-Prince, le 14 septembre 2020
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31, Boulevard Harry Truman, Port-au-Prince, Haïti