Programme Aligné d'Action National de Lutte contre la Désertification

Programme Aligné d'Action National de Lutte contre la Désertification

Ministère de l'Environnement (MDE) • 2015-04 • 104 pages
Résumé: Le programme d'action national haïtien de lutte contre la désertification, réaligné sur le plan-cadre stratégique décennal 2008-2018 de la CCD. Il actualise le programme de 2009 au regard de ce que celui-ci n'a pas réalisé, documente la dégradation des terres sur l'ensemble du territoire, l'érosion en étant la forme la plus grave, et définit des régions cibles ainsi qu'une structure de coordination et de financement.
Constats Clés
Description Complète

Haïti a ratifié la Convention des Nations Unies de lutte contre la désertification et élaboré un programme d'action national en 2009 avec l'appui du PNUD et de la GTZ. Le présent document aligne ce programme sur le plan-cadre stratégique décennal adopté à la huitième conférence des parties de la Convention, tenue à Madrid en 2007, en tenant compte des limites de la mise en oeuvre depuis 2009 et des nouvelles priorités nationales. Il fait suite au quatrième rapport national sur la désertification de juin 2014, a été rédigé par la firme Agroconsult Haïti SA, qui a également produit ce rapport, et a été validé par le sous-comité Aménagement et gestion intégrée des bassins versants réunissant les ministères de l'environnement, de l'agriculture, de la planification et de la coopération externe, de l'économie et des finances, et de l'intérieur.

Le cadre physique porte l'argument. Haïti est montagneux à près de 80 pour cent, au relief très accidenté : seuls 21 pour cent des terres ont une pente inférieure à 10 pour cent, plus de la moitié dépasse 40 pour cent, et un quart du territoire est constitué de plaines. Tous les types reconnus de dégradation des terres sont présents, érosion, salinisation des sols, perte de fertilité, dépérissement des forêts, incendies de forêts et dégradation des pâturages, et parmi ceux-ci le document désigne l'érosion comme le plus grave. L'érosion hydrique est estimée coûter au pays environ 37 millions de tonnes de terre par an, soit une moyenne proche de 15 tonnes par hectare et par an à l'échelle nationale, les zones les plus gravement touchées se trouvant dans tous les départements. Le cadrage socio-économique reprend les données de la période : une croissance du PIB supérieure à 3 pour cent de 2011 à 2013 après une contraction de 5,4 pour cent l'année du séisme de 2010, une contribution de l'agriculture en recul à mesure que les catastrophes frappaient le secteur, environ 77 pour cent de la population sous le seuil de pauvreté avec moins de 2 dollars par jour et plus de la moitié sous 1 dollar, plus de 77 pour cent des 140 communes en déficit de services de base, et environ 51 pour cent de la population rurale ayant accès à l'eau potable.

L'alignement lui-même s'organise autour des objectifs opérationnels de la Convention plutôt qu'en réécrivant le fond du programme : les domaines d'intervention ne sont pas modifiés, et les activités, résultats et indicateurs existants sont rattachés au plaidoyer et à l'éducation, à un cadre politique favorable, à la science, la technologie et les connaissances, au renforcement des capacités, et au financement et transfert de technologie, une même activité étant souvent affectée à plusieurs objectifs. Les objectifs stratégiques de la Convention visés sont l'amélioration des conditions de vie des populations touchées, l'amélioration de l'état des écosystèmes, le dégagement d'avantages généraux d'une mise en oeuvre efficace, et la mobilisation de ressources par des partenariats entre acteurs nationaux et internationaux. Le document traite aussi la capacité budgétaire propre du ministère de l'Environnement comme une contrainte opérationnelle, en proposant un conseil d'orientation stratégique, la formation des cadres à la législation et aux procédures budgétaires ainsi qu'à la passation des marchés publics, l'établissement de la commission des marchés au sein du ministère, et le renforcement de son unité de programmation, suivi et évaluation. Les régions cibles sont identifiées par niveau de dégradation et importance stratégique, l'axe Centre, Artibonite et Nord-Ouest autour de Boucan Carré, Lascahobas, Maïssade et Thomassique, la Chaîne des Cahos et les bassins d'Ennery étant distingués en lien avec les bassins versants de l'Artibonite et de l'Estère et le plus grand système d'irrigation du pays. Des profils de zones de moyens d'existence ruraux, portant chacun sur des populations de trois à quatre millions de personnes, servent à relier la dégradation aux modes de vie.

Comment citer

Ministère de l'Environnement (MDE), 2015, Programme Aligné d'Action National de Lutte contre la Désertification, https://www.unccd.int/sites/default/files/naps/Haiti-fre%25202015.pdf