(2010-2014) Pwogram nasyonal pou devlopman akwakilti an Ayiti
Rezime — Pwogram nasyonal devlopman akwakilti MARNDR pou 2010-2014, ak dat jiyè 2010. Youn nan pwogram sou-sektoryèl ki soti nan egzèsis politik oktòb 2008 ministè a sou pwodiksyon bèt ak lapèch.
Deskripsyon Konple
Li soti nan egzèsis oktòb 2008 kote MARNDR te reyini yon senkantèn pwofesyonèl elvaj, veterinè ak agwonòm pou tabli politik sou-sektè pwodiksyon bèt ak lapèch sou sèt tematik. Volim sa a pale sou akwakilti: kondisyon sou-sektè a, kontrent yo ak pwogram devlopman ministè a pou 2010-2014. Li mache dirèkteman ak pwogram MARNDR sou lapèch maritim, lèt, ak elvaj pou reyabilite anviwonman an.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES
ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL
MINISTÈ AGRIKILTI RESOUS NATIRÈL AK DEVLOPMAN RIRAL
République d’Haïti
Repiblik d Ayiti
Programme National pour le Développement
de L’Aquaculture en Haïti
2010-2014
Juillet 2010
Avant-propos
En octobre 2008, le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR) voulant élaborer sa politique pour les sous-secteurs de la Production Animale et de
la pêche, a réuni une cinquantaine de professionnels et d’experts dont des spécialistes en élevage,
des agronomes et des vétérinaires, en provenance de la Faculté d’Agronomie et de Médecine
vétérinaire et des ONG spécialisées, ainsi que des membres du secteur privé travaillant dans le
secteur et des membres d'organisations de producteurs. Le but était de produire des réflexions sur
sept thématiques précises: 1) la pêche et l'aquaculture ; 2) la production et la transformation du lait ;
3) l'aviculture et la porciculture intensive ; 4) l'élevage paysan en systèmes agro-écologiques pour
réhabiliter l'environnement ; 5) l'apiculture : 6) la santé animale ; 7) l'innocuité et la sécurité sanitaire
des produits de l'élevage.
Les participants, offrant leur expertise et leurs expériences sur une base bénévole, se sont
répartis en plusieurs groupes de travail, et, à la suite d’échanges et de réflexions, ont été en mesure
de proposer des documents de politique et programme de développement pour les différentes
filières soumises à leur attention.
Ces documents ont été par la suite analysés et validés avec les différents acteurs de la société
lors de forums nationaux de validation qui se sont tenus de février à octobre 2009.
Après le séisme du 12 janvier 2010, ces programmes ont encore été révisés de manière à les
intégrer dans le Plan National d’Investissement Agricole et comme éléments du Plan d’Action pour le
Relèvement et le Développement d’Haïti.
Au nom du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural, je
remercie toutes les personnes qui ont participé à la rédaction du présent document sur
l’Aquaculture en Haïti.
Grâce à cet effort, tous les intéressés du secteur disposent désormais d’un document de
référence pour leurs actions.
.
Dr Michel CHANCY
Secrétaire d’Etat
à la Production Animale
Aquaculture
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Table des matières
1.
PROPOS INTRODUCTIFS ET CONTEXTE DU PROGRAMME............................................................... 4
LA PRODUCTION DE POISSON EN MILIEU TERRESTRE EST UN SECTEUR PROMETTEUR ...................4
L’AQUACULTURE, UN SECTEUR PROMETTEUR .................................................................................5
UN DÉVELOPPEMENT EN DENT DE SCIE, TRIBUTAIRE DU CONTEXTE DU PAYS ........................................5
SOUS TOTAL (1)......................................................................................................................................................... 6
L’ALIMENTATION DES POISSONS, PRINCIPAL COÛT DE PRODUCTION ......................................................8
1.
VISION DU DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE .................................................................................... 10
3-
LA PÊCHE CONTINENTALE, UN SECTEUR SOCIALEMENT TRÈS IMPORTANT ...................................9
LA CROISSANCE AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ....................................................... 10
OBJECTIFS DU PROGRAMME.................................................................................................................... 12
A)
OBJECTIF GÉNÉRAL......................................................................................................................... 12
B)
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES ................................................................................................................. 12
4-
STRATÉGIE DE MISE EN ŒUVRE ............................................................................................................. 13
5-
RÉSULTATS ATTENDUS............................................................................................................................... 13
6-
AXES D’INTERVENTION DU PROGRAMME ........................................................................................... 15
7-
SUIVI ET ÉVALUATION DU PROGRAMME ............................................................................................ 15
8-
COUT PAR AXE D’INTERVENTION .......................................................................................................... 16
9-
CADRE LOGIQUE DU PROGRAMME........................................................................................................ 17
Aquaculture
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1. Propos introductifs et contexte du
programme
La production de poisson en milieu terrestre est un secteur prometteur
En milieu terrestre, il y a deux façons de produire du poisson. L’aquaculture, c'est-à-dire l’élevage de
poissons peut se réaliser en milieu contrôlé, dans des bassins, des plans d’eau ou encore dans des
cages. Les poissons doivent être nourris par les éleveurs. Ce premier secteur nécessite des
investissements et la maîtrise des techniques d’élevage. L’autre mode de production consiste à
pêcher des poissons qui vivent dans des milieux naturels, étangs, lacs ou encore rivières, et qui se
nourrissent des aliments disponibles dans le milieu. Ce mode de production peut être amélioré en
introduisant des petits poissons dans les milieux naturels.
En Haïti, la consommation moyenne de poisson par personne par année est de 3.5 kg alors que celle
de la Jamaïque est environ de 37.5 kg. En 1998, la production nationale (pêches maritime et
continentale) couvrait 30% des besoins du pays (FAO, 1999). En 2006, cette production ne couvrait
que moins de 23% des besoins (dont seulement 3.2% pour la pêche continentale et l’aquaculture).
L’aquaculture fournit un quart de la production terrestre haïtienne (environ 200 t/an), et la pêche
continentale les trois quarts restant (600 t/an) (source : Direction des Pêches et de l’Aquaculture
(DPAQ) du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR). Le secteur emploie près d’un millier de personnes directement (c’est sûrement beaucoup
plus si on ajoute les populations dont le revenu repose en partie sur la pêche comme les pêcheurs
continentaux). Ces sous-secteurs ont donc un fort potentiel de développement. Les importations de
poisson se sont beaucoup développées, en particulier avec des produits qui sont des déchets de
l’industrie agro-alimentaire des pays développés. Cette concurrence déloyale permet certes à la
population d’avoir accès à une alimentation bon marché, mais elle freine la relance de la production
nationale.
Aquaculture
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L’aquaculture, un secteur prometteur
Un développement en dent de scie, tributaire du contexte du pays
L’aquaculture a connu un développement en dent de scie durant les vingt (20) dernières années. En
effet, dans le années 80, l’activité aquacole était principalement du domaine des ONG. Elle était très
extensive (souvent intégrée avec l’agriculture) avec des rendements très faibles. Les fermes les plus
notables étaient celles de la Mission Méthodiste à Frères, Christianville, Iles de la Gonâve
(Département de l’Ouest), à Chambellan et Gébeau (Département de la Grande Anse). A ces fermes,
il fallait ajouter des petites exploitations familiales, notamment dans le Nord et le Nord Est.
Tableau 1. Données sur les superficies et nombre de bassins dans les stations coopératrices ou de
support en 1988. (Extrait de CELESTIN 1999)
Stations
1. Christianville
2. Petite place CAZEAU
3. Petite rivière de Nippes
4. Seau d’eau
5. Duparc
Total
Nombre de bassins
Superficie totale en eau (m2)
6
4,350.00
15
4,090.00
4
2,386.00
7
944.00
13
5,551.00
45
17,771.00 m2 ou 1.8 ha
Cependant, il aurait fallu attendre les années 90 pour voir un intérêt plus ou moins manifeste des
autorités gouvernementales et du secteur privé.
Deux projets financés par les Nations
Unis (PNUD/FAO/HAI/84/010 et PNUD/FAO/HAI/88/003) étaient essentiellement à l’origine de ce
développement. Ces projets ont permis la construction de la première écloserie de portée nationale
à Pont-Sondé (Département de l’Artibonite) sur un espace d’environ 2.5 hectares, contenant 16
bassins avec une superficie en eau d’environ 1.6 ha. Ces financements ont également permis
Aquaculture
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d’apporter un appui technique aux stations coopératrices tout en les utilisant comme centres de
formation, d’approvisionnement en alevins et de production. Les superficies cumulées de ces
centres sont passées de 1.8 ha à 17 ha (CELESTIN 1992). Ainsi, vers la fin des années 90, le pays
comptait près de 64 ha en production avec un niveau de 2.5 kg/ha/an Les exploitations principales
couvraient une superficie en eau d’environ 47 ha (Tableau 2).
Tableau 2. Recensement des étangs piscicoles en Haïti en Juillet 1999 (Extrait de CELESTIN 1999)
Zones géographiques
Superficie totale (m2)
Superficie active (m2)
AQUAFARM S.A
11,000
-
Damien (MARNDR)
29,400
9,000
Petite place CAZEAU
300
300
Christianville
4,813
1,813
Gros Jean
2,416
-
Léogane
3,480
1,650
Fond parisien
1,500
1,500
Caribbean Harvest Fisheries
25,000
12,000
Iles de la Gonave
2,000
2,000
Sous total (1)
79,909
28,263
1. Département de l’Ouest
2. Département de la Grande
Anse
Aquaculture de Nippes SA
Aquaculture
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Petite rivière de Nippes
130,000
105,000
Autres
20,000
-
Sous total (2)
10,440
4,720
160,440
109,720
25,400
25,400
4,920
1,250
7,000
4,825
37,320
31,475
Vallières
40,000
25,875
Sous Total (4)
22,500
16,300
82,500
42,175
Seau d’eau
1,363
526
Thomassique (Los Posos)
24,000
-
Hinche (Pandiassou/Papaye)
252,000
251,851
Sous Total (5)
277,363
251,851
5,143
5,143
3.
Département
de
l’Artibonite
Écloserie de Pont-Sondé
Saint-Marc
Liancourt et autres
Sous total (3)
4. Département du Nord Est
Fort liberté
5. Département du Centre
6. Département du Sud
Duparc
Aquaculture
Page 7
Sous total (6)
5,143
5,143
Total
642,675
468,627
Le tableau 3. montre une augmentation considérable des exploitations aquacoles avec des
interventions gouvernementales et des investissements privés à la fin des années 90. (Célestin,
1999). Cependant, l’instabilité politique du début des années 2000 a affecté ce secteur, le réduisant à
à peine 20 ha en 2006. En 2008 après les passages des tempêtes tropicales et d’un ouragan, les
superficies exploitées se sont encore réduites.
Parallèlement, des essais ont été entrepris pour le développement de l’aquaculture en cage. Ils ont
commencé en 1999 avec la Caribbean Harvest Fisheries dans le Lac Azuei (Etang Saumâtre) et les
Frères et Sœurs de L’Incarnation à Pandiassou (Hinche). Ces essais ont abouti à la mise en place du
Projet de Développement Social et Économique du Lac Azuei (PRODESELA) en 2006 avec la mise en
production de 87 cages flottantes et une production moyenne en 2007 de près de 157 tonnes de
poissons. Plusieurs autres projets se développent. Une entreprise privée, la FUMAQUA, conduit aussi
des essais sur lac Azuei. De plus, une entreprise privée, MIRAQUA, projette de développer l’élevage
de poissons sur 250 ha de l’étang de Miragoane, en passant des contrats avec les pêcheurs locaux.
Ces différentes expériences devraient permettre de dégager des modèles d’entreprises adaptés au
contexte et au marché haïtien.
Dans cette recherche, la question de l’alimentation des poissons est une question-clef.
L’alimentation des poissons, principal coût de production
Le poisson demeure un produit assez cher : le prix du kilogramme de poisson dans le marché
informel avoisine $4 US alors que plus de 71% de la population gagnent moins de $2 US.
L’alimentation du poisson représente le principal coût de production. D’une manière générale, les
aliments pour l’élevage coûtent cher car la majeure partie des ingrédients est importée. Par
exemple, le prix du sac de 45 kilogrammes de moulée préparée pour les porcs et les volailles et
Aquaculture
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contenant 18 à 21% de protéines varie actuellement entre $20 et $25 US. Les entreprises locales ne
fabriquent pas de formules spécifiques pour les organismes aquatiques (poissons, crevettes, et
autres) à cause de l’absence de marché. Cependant, le coût de l’aliment importé, tenant compte du
niveau supérieur des besoins en protéines (24 à 50% suivant les types cultivés, les systèmes utilisés
et les stades de développement) est encore beaucoup plus élevé. Les prix varient entre $20 et 40 US
pour le sac de 22.67 kilogrammes. Il peut donc être intéressant de chercher à produire de
l’alimentation pour poisson en Haïti, à partir des ressources locales.
La Pêche continentale, un secteur socialement très important
La superficie totale des eaux continentales est estimée à environ 22,700 ha dont 69% est constituée
des trois principaux lacs suivants : le Lac Azuei ou Étang Saumâtre (11,300 ha), le lac artificiel de
Peligre (2,750 ha) et les étangs de Miragoane (1,130 ha). On rencontre également 31 cours d’eau
plus ou moins permanents représentant environ 6,820 ha et quelques 71 petits plans d’eau totalisant
environ 2,770 ha. A cela, il faut ajouter les 90 ha de retenus collinaires dans l’Artibonite, le Plateau
Central et le Nord Est.
Dans les années 90 avec le programme de la FAO, la production était très importante au niveau des
plans d’eau. En effet, ce programme réalisait un empoissonnement régulier. A la fin des années 90,
ce programme a fermé, les empoissonnements sont devenus plus irréguliers, et le niveau de
production des lacs a considérablement chuté. Entre 1997 et 1999, le lac Azuei a bénéficié de 8
empoissonnements, permettant d’introduire un peu plus de 400 000 alevins, alors que de 2000 à
2008, il n’a bénéficié que de 3 empoissonnements (200,000 alevins). Cela a eu pour conséquence de
diviser par deux la production du lac, qui est passée de 140 tonnes en 1999 à 45 en 2006.
Ce secteur repose sur des petits pêcheurs, vivant autour des plans d’eau, qui utilisent des
embarcations et des techniques de pêche sommaires. Dans certains cas, la population locale
s’organise pour bien gérer la ressource en poissons, ce qui limite les besoins en empoissonnement.
La commercialisation des poissons est assurée par des petites marchandes, qui achètent directement
auprès des pêcheurs, ou auprès d’un intermédiaire. Le poisson est commercialisé frais, ou séché. La
filière du poisson frais pourrait être améliorée en favorisant la production de froid, par la production
Aquaculture
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locale de glace ou par l’introduction de véhicules réfrigérés. La filière du poisson séchée pourrait être
optimisée en améliorant les techniques de séchage ou en introduisant d’autres techniques de
conservation comme le fumage ou le saumurage.
2. Vision du développement de la filière
La croissance au service du développement durable
La stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté repose sur la création de
richesses, qui doivent bénéficier prioritairement aux populations les plus pauvres, et sur une bonne
gestion des ressources naturelles et environnementales. Dans cette stratégie de développement
durable, le secteur de l’agriculture et de la pêche est identifié comme le premier vecteur de
croissance. Il s’agit de développer à la fois les secteurs à fort potentiel de production, comme
l’aquaculture, et les secteurs à forte importance sociale comme la pêche continentale.
Le secteur se développera si il est en bonne santé économique, et s’il procure des revenus
intéressants aux acteurs de cette filière. Il conviendra donc de viser à une augmentation des revenus,
en particulier de ceux des pêcheurs. Pour cela il faudra lutter contre la concurrence déloyale que
représentent les importations de bas morceaux de l’industrie des pays riches. Des droits de douane
sur ces produits permettraient de corriger le caractère déloyal de la concurrence, et de générer des
revenus qui pourraient être investis dans le développement de la filière. Il conviendra d’étudier cette
possibilité, en veillant à ce que la sécurité alimentaire des populations ne soit pas affectée.
Dans le cas de l’aquaculture, il convient de développer les modèles d’entreprises adaptés aux petits
producteurs, en cherchant à améliorer le revenu des producteurs actuels, et à intégrer des nouveaux
producteurs dans cette filière. Cette intégration peut se faire soit en partenariat avec les marchandes
locales, soit en partenariat avec une grande entreprise apportant les intrants et commercialisant la
production. Dans le premier cas, il convient de développer une production locale d’aliments, l’idéal
étant que le producteur puisse produire lui-même les aliments pour poissons à partir des ressources
Aquaculture
Page 10
locales. De plus il convient d’améliorer les techniques de conservation (production de glace,
séchage…), en ayant le souci que les populations puissent les maîtriser.
Dans le deuxième cas, l’Etat doit veiller à la justice sociale et à la protection de l’environnement. Les
producteurs achetant leurs intrants et commercialisant leurs produits à la même entreprise, il
convient de veiller à ce que cette relation économique leur procure des revenus décents. De plus,
l’Etat devra veiller à ce que ces unités de production restent de taille raisonnable pour ne pas
générer des pollutions inacceptables pour l’environnement.
De manière général, le développement de l’aquaculture sur des espaces naturels comme les étangs
ou les mangroves doit se faire dans le souci du respect des équilibres naturels, en lien étroit avec le
Ministère de l’Environnement.
A l’issue de ce plan d’action, une évaluation fine de l’impact de ces deux modèles sur le plan
économique, social et environnemental devrait permettre à l’Etat d’établir des priorités de
développement.
Dans le cas de la pêche continentale, il convient d’assurer une bonne gestion de la ressource
naturelle et d’améliorer les techniques de conservation adaptées aux communautés de pêcheurs.
L’empoissonnement relève pour le moment de la responsabilité de l’Etat. Pour que cet
investissement social produise ses meilleurs effets, il convient de l’adosser à des programmes
stimulant la bonne gestion des ressources en poisson par les communautés locales. L’Etat pourrait
utiliser les droits de douane perçus sur l’importation de poissons pour financer l’empoissonnement.
Le développement durable de cette filière repose aussi sur l’amélioration de la conservation des
produits. Afin de diminuer la consommation d’énergie de cette filière, il conviendra de développer
les procédés de conservation n’utilisant pas d’énergie, comme le séchage ou le saumurage. Dans le
cas du poisson frais, l’utilisation des énergies renouvelables dans la production de froid sera
privilégiée.
Aquaculture
Page 11
3. Objectifs du programme
a) Objectif général
Développer durablement la production et la consommation de poissons issus de la
pêche continentale et de l’aquaculture en Haïti ;
b) Objectifs spécifiques
Améliorer la rentabilité du secteur en luttant contre la concurrence déloyale
Gérer et exploiter rationnellement les principaux lacs (dont les lacs collinaires) et
étangs à travers l’empoissonnement et la production aquacole
Maximiser l’utilisation des espaces déjà existantes de production d’alevins et créer
de nouvelles écloseries;
Faire l’inventaire des fermes aquacoles dans le pays et étudier des mécanismes
permettant la réhabilitation et l’exploitation efficiente de ces fermes;
Réduire la dépendance du pays vis à vis de l’étranger pour l’alimentation des
poissons;
Mettre en place des dispositifs pour la conservation et la commercialisation des
poissons;
Encadrer et assister les pêcheurs dans l’exploitation des ressources en eaux;
Renforcer la Direction des Pêches et de l’Aquaculture (DPAQ) du MARNDR
Aquaculture
Page 12
Mettre sur pied une banque de données sur la pêche et l’aquaculture et actualiser
les données sur les plans d’eau du pays;
4. Stratégie de mise en œuvre
Le développement du secteur s’appuiera sur le secteur privé, en privilégiant l’intégration des petits
producteurs dans cette filière.
Le rôle de l’Etat sera de créer un cadre favorable à l’investissement, d’attirer les
investisseurs, de faciliter leur investissement, et de veiller à ce que ces investissements
aient un impact positif sur le plan social et environnemental. Il sera aussi chargé de suivre
le secteur et de donner les autorisations d’exploitation aux entreprises aquacoles, pour
garantir un développement durable du secteur. Dans le cas de la pêche continental, il
prendra en charge l’empoissonnement des plans d’eau et des lacs collinaires et veillera à
ce que les pêcheurs soient correctement accompagnés. Les interventions de l’Etat
pourront être en partie financées par le prélèvement d’un droit de douane sur les
produits concurrençant la production nationale.
5. Résultats attendus
R.1- La rentabilité de la filière est améliorée
R1.1 : La concurrence des importations est moins déloyale grâce à une inflexion de la
politique commerciale
R1.2 : Les droits de douane collectés permettent de financer le développement de la
filière
R.2- Amélioration de la production naturelle d’environ 3 000 tonnes métriques;
R2.1 : La production naturelle passe de 600 à 1 200 tonnes d’ici la fin de 2010
R2.2 : La production naturelle passe de 1 200 à 3 000 tonnes par an de 2011 à 2013
Aquaculture
Page 13
R.3- Augmentation de la production aquacole d’environ 4 000 tonnes métriques par an.
R3.1 : La production aquacole passe de 200 à 2000 tonnes d’ici la fin de 2010
R3.2 : La production de 2000 à 4000 tonnes par an de 2011 à 2013
R.4- Maximisation de la production d’alevins dans le pays
R4.1. : Les écloseries ou centres de production d’alevins ont atteint leur potentiel de
production
R4.2. : Création de nouveaux centres de production d’alevins à Damien (Ferme
piscicole de Damien et l’écloserie de Pandiassou, Hinche)
R.5- Un inventaire complet des fermes aquacoles ayant un potentiel de production réel est
réalisé et des dispositifs sont mises en place pour une exploitation rationnelle et efficiente des
ces fermes;
R.6- Les aliments pour poissons sont produits en Haïti à partir de 2010
R.7- La conservation et la commercialisation des poissons sont améliorées dans le pays
R.8- Des mécanismes sont trouvés pour encadrer et assister les pêcheurs dans le renouvellement
du matériel de pêche et dans la gestion de leur environnement
R.9- Une unité dite de Gestion des Plans d’Eau (UGPE) est mise en place au sein de la DPAQ pour
gérer le développement du secteur.
R.10- Une banque de données sur la pêche et l’aquaculture est établie au sein de l’UGPE
Aquaculture
Page 14
6. Axes d’intervention du Programme
Le programme national sera établi selon les activités suivantes :
Etude filière permettant la révision de la politique commerciale
Réhabilitation de la ferme piscicole de Damien
Empoissonnement des plans d’eau d’Haïti
Empoissonnement des lacs collinaires
Mise en pla Construction de 2 ferme-pilote avec comme réservoir les lacs collinaires ce d’une
écloserie à Pandiassou
Etude de faisabilité de la production d’aliments pour poisson en Haïti
Evaluation des fermes aquacoles
Etude sur la conservation la transformation et la Commercialisation
Mise en place d’une Unité de Gestion des Plans d’Eau, au sein de la DPAQ
7. Suivi et évaluation du programme
La Direction des Pêche et d’Aquaculture (DPAQ) est l’organe principal de suivi du document
proposé et des projets. Cependant, il sera recommandé la mise en place d’une cellule
d’évaluation indépendante pour collecter des informations et indiquer la marche réelle des
différents projets par rapport aux prévisions. Une évaluation sera effectuée au cours de
l’année 2010.
Six (6) mois avant l’échéance 2013, une évaluation finale indiquera la
réalisation effective des projets et les perspectives.
Aquaculture
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8. Cout par axe d’intervention
Axes d’intervention
Maître d’ouvrage
Etude filière
MARNDR
Réhabilitation de la ferme piscicole de Damien
Coût
Financement déjà mobilisé
MARNDR
25.000.000.00 Gdes
Fonds à rechercher
MARNDR
$1,852,593.68 US
Empoissonnement des lacs collinaires
MARNDR
2.5000.000.00 gdes
Fonds à rechercher
Mise en place d’une écloserie à Pandiassou
MARNDR
$ 250.000.00 U.S.
P.N.L.C.
Construction de 2 ferme-pilote avec comme réservoir les lacs MARNDR
collinaires
200.000.00 U.S.
P.N.L.C.
Etude de faisabilité de la production d’aliments pour poisson en Haïti
MARNDR
$ 22 000 US
Coopération Espagnole
Evaluation des fermes aquacoles
MARNDR
$ 22 000 US
Coopération Espagnole
Etude sur la conservation la transformation et la Commercialisation
MARNDR
10.000.00 US
Fonds à rechercher
5.000.000.00 gdes
Fonds à rechercher
Empoissonnement des plans d’eau d’Haïti
Mise en place d’une Unité de Gestion des Plans d’Eau, au sein de la MARNDR
DPAQ
9. Cadre logique du Programme
RESUME NARRATIF
INDICATEURS OBJECTIVEMENT
VERIFIABLES
MOYENS DE VERIFICATION
SUPPOSITION CRITIQUES
FINALITE
Augmenter la production
aquacole et le volume des
captures en pêche continentale
Créer des conditions pour un
développement social et
économique réel autour des
plans d’eau
INTENTION
Augmenter la consommation de
poissons dans le pays
Réduire le prix du poisson sur le
marché local
Créer des opportunités
d’emplois et de richesse
Les objectifs de production sont
atteints dans les délais prévus
Les conditions de vie des
populations sont ameliorees
Amélioration des indicateurs
suivants :
- Coût de production
- Qualité des produits
Amélioration de la qualité de vie
des populations vivant autour
des plans d’eau
Les bailleurs de fond et le
gouvernement s’engagent dans
les projets.
Les fonds sont disponibles à
temps
Situation de
référence
préalablement
établie
Evaluation
périodique des
différents projets
Situation fin 2013
Stabilité politique
L’exécution des projets n´est
pas contrariée par des cas de
force majeure
Constats de mis en
production
Evaluation
périodique des
Disponibilité d´une ressource
humaine qualifiée pour
l´exécution et la gestion des
différents projets
Rapports
Visites de terrain
Evaluation
COMPOSANTES
1. Augmentation de la production
d’alevins
2. Augmentation de la production
naturelle dans les plans
Aquaculture
La ferme de Damien est
effectivement réhabilitée
La ferme de Ponsondé a atteint son
potentiel de production
Page 17
3. Augmentation de la production
aquacole
4. Réduction des coûts de
production
5. Amélioration de la qualité des
produits
6. Renforcement de la DPAQ
7. Amélioration des conditions de
vie des populations
ACTIVITES
1. Empoissonnement des plans
d’eau;
2. Etablissement des fermes
aquacoles : production en cage
et production en étangs
3. Augmentation de la production
des écloseries existantes et
création de nouveaux centres
de production;
4. Réhabilitation des fermes avec
potentialité établie
5. Production d’aliments pour
poissons
6. Conservation et
commercialisation
7. Encadrement et assistance aux
pêcheurs
Aquaculture
Les fermes sont effectivement mis
en place
Les centres de conditionnement sont
établis
L’unité de gestion des plans d’eau
(UGPE)est mis en place
L´augmentation des captures est
effectivement observée
Un recruitement important est
observée au niveau des plans d´eau
Une augmentation importante de la
production de poissons est observée
dans le pays.
La qualité des poissons sur le marché
est effectivement observée
Les revenus des pêcheurs ont
effectivement augmentés
activites
Rapports
Evaluation des
empoissonnements
et analyse des
données de capture
et de recruitement
Analyse et
évaluation des
rapports de
production
Visites de terrain
Présence des
aliments pour
poissons et analyse
(ou évaluation) de
performance
Evaluation de la
qualité des produits
sur le marché
Coordination parfaite entre les
différents acteurs du secteur
Implication du secteur privé
dans les activités et dans les
prises de decisions
Amélioration du réseau routier
dans le pays
Production d´ingrédients en
quantité suffisante pour la
fabrication des aliments
Participation effective des élus
locaux
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