Programme national de développement de l'élevage pour la réhabilitation de l'environnement
- Le programme traite l'élevage comme un instrument de restauration des terres, et c'est pourquoi ses deux objectifs sont énoncés ensemble : doubler le revenu annuel de 14 000 exploitations agricoles dans sept bassins versants prioritaires, et restaurer et sécuriser 28 000 carreaux de terre dans ces mêmes bassins versants par les techniques de l'agroforesterie, sur cinq ans.
- La cible de revenu est précise et double à partir d'une base annoncée : de 30 000 à 60 000 gourdes par an et par exploitation, grâce aux activités agro-sylvo-pastorales. Le programme estime l'investissement nécessaire pour qu'une exploitation tire 60 000 gourdes par an de l'élevage à environ 100 000 gourdes, proposé selon trois scénarios à au moins 25 pour cent des exploitants.
- Les sept bassins versants sont nommés, ce qui rend le programme vérifiable : Mapou, Fond Verrettes, Gonaïves, Arcahaie, Port-au-Prince, Les Cayes et Léogâne. L'intervention cible les pentes de 10 à 40 pour cent, dans une logique d'occupation des sols qui distingue l'accompagnement technique sur les pentes de 0 à 10 pour cent du traitement des pentes de plus de 40 pour cent.
- Le foncier est traité de front et non supposé résolu. Les activités comprennent une action sur les titres de propriété et le paiement de la première année de fermage pour 25 pour cent des exploitations, ainsi qu'un fonds de crédit alimenté à raison de 10 000 gourdes par femme.
- Le coût est annoncé à 2,8 milliards de gourdes pour les sept bassins versants sur cinq ans, à rapporter aux 14 000 exploitations et aux 70 000 personnes au moins concernées.
- La demande fait partie du dispositif. Le programme compte sur les institutions de l'État concernées par la restauration, le programme national de cantines scolaires, la police, l'administration pénitentiaire, les universités, les lycées et les ministères, pour s'approvisionner en viande, lait, miel et œufs locaux : la commande publique est le marché visé.
- Le programme énonce sa propre insuffisance, ce qui est rare dans un plan sectoriel. Sa réussite est dite dépendre d'un programme complémentaire mis en œuvre par d'autres ministères, Affaires sociales, Travaux publics et Éducation, adressé aux habitants des bassins versants : l'élevage seul n'est pas présenté comme la réponse.
- Le document note aussi que le pays est autosuffisant et exportateur en viande de chèvre, à 75 000 têtes, seule ligne de produits où le sous-secteur ne dépend pas des importations.
- L'historique de rédaction compte pour la lecture : le programme est issu de l'exercice de politique d'octobre 2008, a été validé lors de forums nationaux entre février et octobre 2009, puis révisé après le séisme du 12 janvier 2010 pour s'intégrer au Plan national d'investissement agricole et au Plan d'action pour le relèvement et le développement d'Haïti. Il est préfacé par le Dr Michel Chancy, Secrétaire d'État à la Production animale.
Issu de l'exercice d'octobre 2008 du MARNDR sur les sous-secteurs de la production animale et de la pêche, ce volume reprend la quatrième des sept thématiques - l'élevage paysan en systèmes agro-écologiques comme voie de réhabilitation de l'environnement - et la traduit en programme pour 2009-2014. Daté de juillet 2009, soit un an avant les volumes aquaculture, pêche et lait, il présente l'élevage comme un instrument de reconquête des sols et du couvert végétal et non seulement comme une activité de production, ce qui le distingue des autres programmes sous-sectoriels.
Comment citer
Gouvernement d'Haïti; Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), 2009, Programme national de développement de l'élevage pour la réhabilitation de l'environnement, https://agripubhaiti.org/wp-content/uploads/2025/03/Elevage-environnement-MARNDR.pdf