(2025-2035) Plan de vulgarisation agricole 2025-2035
Resume — Plan décennal du MARNDR pour la vulgarisation agricole, finalisé en décembre 2024 et couvrant 2025 à 2035. La vulgarisation est le canal par lequel la recherche et la technique atteignent les petits producteurs, et le dispositif haïtien est réduit depuis des décennies ; le plan expose comment le ministère entend le reconstruire et l'organiser. Document de référence de la politique de vulgarisation sur la période.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
→
PL
AN
MARNDR
D
IR
MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES
NATURELLES ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL
EC
TE
UR
DE
VULGARISATIO
NA
G
R
I
C
O
LE
Décembre 2024
20
25
-2
03
5←
POUR CITER LE DOCUMENT
MARNDR (2024), Plan de Vulgarisation Agricole (2025-2035).
Version finale. Port-au-Prince, MARNDR/Bénédique Paul
Consulting Services.
Crédits photo :
Femme essayant une canne-à-semer, crédit photo Bénédique Paul.
Homme aspergeant une parcelle emblavée, crédit photo Guito Régis.
Distribution de drageons de bananiers à des agriculteurs, crédit photo Guito Régis.
L’élaboration de cette deuxième génération du PDVA a été rendue possible grâce au
financement du PITAG (programme financé par la BID, la Banque Mondiale, le GAFSP et le
Gouvernement haïtien), dans le cadre de la mission intitulée « Consultant chargé de faire le
bilan de la mise en œuvre du Plan Directeur de Vulgarisation Agricole (PDVA) 2011-2015 et
l’actualisation dudit plan pour la période 2025-2035 », dans le cadre du contrat
MARNDR/PITAG/CI/SED-17/24.
Cette communication est mise à disposition selon
les termes de la Licence Creative Commons
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- Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
2
RÉSUMÉ
Ce document représente la deuxième génération du plan directeur de vulgarisation agricole
(PDVA2) en Haïti. La méthodologie utilisée pour parvenir à ce plan a combiné l’expertise à la
participation des principaux acteurs concernés par la vulgarisation agricole en Haïti. Les résultats
de l’évaluation du PDVA1 ont servi de base pour la capitalisation d’expérience et un compromis
des attentes des acteurs des dix (10) départements a été recherché à travers ce plan.
Ce plan comporte sept (7) grandes lignes d’actions poursuivant cinq (5) objectifs dans l’horizon
temporel d’une décennie (2025-2035). Il se distingue du premier plan qui était sur un
quinquennat et suppose du même coup le partage d’une même vision de bien-être agricole par
les différents gouvernements à venir.
Des innovations (méthodes de lutte contre le Cylas formicarius, la variété de Sorgho pa pè pichon,
les méthodes de propagation végétative comme les minisets d’igname et les plans issus de
fragments (PIF) de tige de bananiers, la mécanisation par traction animale, etc.) et des méthodes
de vulgarisation (échanges paysans-paysans, champ-école paysan, parcelles de démonstration,
etc.) ont été identifiées et reconnues comme étant réussies à un certain pourcentage dans le
passé et toujours pertinentes pour être reprises dans le futur. Bien entendu, un plan directeur de
vulgarisation agricole n’a pas vocation à dire quelles innovations vulgariser. C’est de préférence,
en général, un cadre d’orientation et de gouvernance des activités de vulgarisation agricole dans
un espace donné. Avec le temps, les recherches et des technologies nouvelles, certaines
innovations et méthodes peuvent tomber en désuétude. Dans le cadre d’un plan décennal, il y a
suffisamment de temps pour voir apparaître des nouveautés plus appropriées. Par contre,
l’orientation et le mode de gouvernance ont plus de chance de rester pertinents.
Ce plan devra être piloté et suivi par les acteurs sous le leadership du MARNDR qui a désigné la
Direction de Vulgarisation Agricole à cet effet. Cette dernière devra se voir allouée le budget
nécessaire pour diffuser le plan, former des gens pour suivre et prendre part à son
implémentation, accompagner les acteurs de vulgarisation et évaluer les résultats. Rappelons que
dans le cadre de ce PDVA2, la première chose à vulgariser, c’est le plan de vulgarisation luimême. Pour ce faire, il est préconisé une approche de financement pragmatique fondée sur les
ressources disponibles immédiatement, en attendant la budgétisation de nouvelles ressources.
D’autres conditions externes comme le rétablissement de la sécurité et la protection des droits de
propriété sont nécessaires à la réussite d’une telle mise en œuvre.
3
MOT DU MINISTRE
Madame, Messieurs les partenaires du MARNDR,
Chères actrices, chers acteurs du secteur agricole,
Mesdames et messieurs,
Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR) est heureux de vous présenter la deuxième génération de son Plan Directeur de
Vulgarisation Agricole (PDVA2), pour la décennie 2025-2035. À travers cette initiative, en
ma qualité de Ministre, j’entérine officiellement le PDVA2. Ce document devra désormais
servir de référence pour orienter les activités de vulgarisation agricole dans le pays, durant
la période sus-indiquée.
L’élaboration de ce Plan a mobilisé les principaux acteurs du secteur, dans les dix (10)
départements géographiques du pays. Le PDVA2 s’est appuyé sur l’expérience du PDVA1
(2011-2016) ainsi que les activités menées durant les années 2017 à 2024. Il est en outre
conforme aux priorités du MARNDR, exprimées dans le document national de politique
agricole à savoir : « Contribuer de manière durable à la satisfaction des besoins
alimentaires de la population haïtienne et au développent social et économique du pays ».
Je m’en voudrais de ne pas remercier publiquement tous les acteurs du secteur ainsi que les
cadres du Ministère qui ont contribué à l’élaboration, l’implémentation et l’actualisation de
ce PDVA2. C’est un accomplissement important dont nous pouvons tous être très fiers !
Ce Plan prend en compte les contraintes entravant le fonctionnement et le développement
adéquats de l’agriculture et propose un ensemble de mesures visant l’orientation et le
renforcement des activités et des structures de vulgarisation, afin d’améliorer l’efficacité et
d’accroître l’impact du développement dans le secteur agricole.
Pour atteindre le développement désiré ardemment par nous tous, je lance un vibrant appel
à tous les acteurs de la vie nationale et, en particulier, à ceux travaillant dans le secteur de
l’agriculture, ainsi que ceux chargés d’accompagner ces derniers, à contribuer activement,
en vue de faire de la mise en œuvre de ce Plan une totale réussite.
4
MOT DU MINISTRE
Ce PDVA2 n’est pas le Plan du MARNDR, mais celui de tous les acteurs du secteur. Bien sûr,
le MARNDR a la responsabilité de sa mise en œuvre, mais comme vous le verrez dans ses
grandes lignes d’actions, il s’agit d’une mise en synergie et d’une démarche participative.
Nous sommes tous conscients que les moyens de son application intégrale sont très limités.
C’est pourquoi l’approche budgétaire adoptée est axée sur l’efficience. En effet, l’activité
agricole étant fondamentalement économique, il y a deux (2) questions essentielles qui
doivent guider les actions de vulgarisation agricole : Comment faire la vulgarisation agricole
dans le pays ? Et à quel prix ? Il y a sûrement des coûts incontournables pour que les
acteurs de toute catégorie et de toute taille, dans tous les départements, toutes les
communes et toutes les sections communales de la République, puissent profiter des
innovations agricoles approuvées et mises en vulgarisation. Cependant, il nous faut une
vigilance accrue pour que les efforts collectifs en faveur de la vulgarisation agricole ne
représentent pas un fardeau insurmontable et non-rentable pour la collectivité.
Si le MARNDR fait du PDVA2 un outil au cœur de la politique agricole nationale, il ne s’agit
cependant pas d’une initiative novatrice, mais d’un retour à une démarche efficace pouvant
conduire aux résultats escomptés. Car dans les années antérieures, lorsque le pays n’était
pas aussi dépendant de l’étranger pour son alimentation, les services de vulgarisation
agricole jouaient pleinement leur rôle et en toute prépondérance.
Je voudrais conclure en remerciant les partenaires techniques et financiers du Ministère
pour l’accompagnement qu’ils vont continuer à apporter à l’implémentation de ce Plan.
Celui-ci émane de la volonté des acteurs du secteur de produire l’essentiel de ce dont ils
ont besoin pour se nourrir et contribuer au développement du pays. Ainsi, aider à sa mise en
œuvre, c’est aider au développement national.
Merci à vous tous. Rendez-vous sur le terrain.
5
REMERCIEMENTS DU RESPONSABLE DE
LA DIRECTION DE LA VULGARISATION AGRICOLE
Frandy Joseph, Ing.-Agr.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude au Haut Management et à tous les
cadres (Directeurs Techniques, Départementaux, Financiers, Coordonnateurs des
Unités et des Projets) du MARNDR, aux Partenaires Techniques et Financiers
notamment la BID, et aux consultants en particulier Dr Bénédique Paul qui ont
contribué à l'élaboration de ce Plan Directeur de Vulgarisation Agricole pour la
période 2025-2035. Votre engagement, votre expertise, votre participation, votre
appui financier, et votre dévouement ont été essentiels à la réussite de ce projet
ambitieux.
Ce plan directeur constitue une contribution précieuse à l'orientation stratégique des
actions pour la prochaine décennie afin de répondre aux besoins des agriculteurs,
d'améliorer l’efficacité du Ministère et de promouvoir le développement durable dans
le secteur.
Il est conçu pour servir de guide pratique pour tous les acteurs impliqués dans la
vulgarisation agricole, qu'il s'agisse des agents de terrain, des formateurs et
vulgarisateurs, des décideurs politiques ou des partenaires de développement. En
d’autres termes, ce plan établit une feuille de route claire, définissant les priorités et
les objectifs à atteindre pour renforcer l’impact des interventions et soutenir la
transformation de l'agriculture.
Nous sommes convaincus que, grâce à la mise en œuvre appropriée de ce plan, nous
serons en mesure de relever les défis actuels et futurs, tout en contribuant à la
prospérité et au bien-être de la population haïtienne.
Encore une fois, nous disons merci à vous tous qui avez participé à cet effort
collectif. Votre contribution est inestimable et nous sommes fiers de ce que nous
avons accompli ensemble. Nous comptons déjà sur votre participation à
l’implémentation de ce plan.
Frandy Joseph, Ing-Agr
Directeur
Direction de la vulgarisation Agricole
6
AVANT-PROPOS
Ce plan directeur de vulgarisation agricole est le deuxième dans son genre, depuis qu’Haïti
a entrepris de renouer avec des services gouvernementaux de vulgarisation agricole. Il
résulte d’un travail participatif et inclusif ayant mobilisé, de façon décentralisée, des
acteurs de tous les départements géographiques du pays. Il s’agit du plan de vulgarisation
agricole des agriculteurs et de tous les autres acteurs des chaînes de valeur agricole, en ce
sens qu’il est élaboré à partir des propositions, suggestions, doléances et souhaits de ces
acteurs et cherche à valoriser les innovations élaborées par ces derniers.
Un plan directeur de vulgarisation agricole (PDVA2) est également un outil de gouvernance,
et tous les acteurs ont été unanimes que le service de vulgarisation agricole est une
responsabilité gouvernementale. De ce fait, il vise à coordonner les actions de vulgarisation
agricole dans le pays, afin d’accomplir la vision partagée qui est celle de parvenir à : « Un
système national de vulgarisation agricole décentralisé et efficace pour l’amélioration du
bien-être de la population haïtienne ». En effet, l’agriculture n’est pas l’affaire des
agriculteurs uniquement. Elle concerne toute la population qui en a besoin pour s’alimenter.
Dès lors, elle se retrouve à la base de toute démarche de développement, puisqu’elle
permet à chaque individu de vivre en bonne santé, d’avoir de l’énergie pour travailler, etc.
Elle procure, à une part importante de la population, du travail dont la rémunération doit
être décente, juste et équitable.
Ce PDVA 2.0 a donc le mérite d’avoir bénéficié de la collaboration de toutes les catégories
d’acteurs concernés lors des consultations à la base de son élaboration. Nous sommes donc
très reconnaissants aux participants des dix (10) ateliers départementaux ainsi que de
l’atelier national de restitution pour leurs contributions. Nous adressons un grand merci à
toute l’équipe du BPCS mobilisée dans les dix (10) départements pour l’organisation de ces
ateliers. Cette équipe était constituée de : Mme Léonie Léon, Mme Kervline Gabellus, M.
Estaniel Gravéus, M. Thed St-Juste, M. Ralph Wendy Despeines, M. Jérémie Cicéron, M.
Jérome Chouloute, M. Joses Dorastin, M. Matino Joseph, Dr Hubermane Ciguino, M. Jose
Azemar, M. Luc Saint Vil et M. Kenderly Duvergé.
L’élaboration du PDVA2 est le résultat de la volonté de la Direction Générale ainsi que le
Cabinet du MARNDR de renouveler l’outil de gouvernance et de négociation que représente
ce plan.
7
AVANT-PROPOS
Cette volonté a été mise en œuvre à travers le leadership des directeurs suivants : M.
Frandy Joseph (Directeur de la DVA), M. Roberde Perrilus (Directeur de la DI) et M. Garry
Augustin (ancien Directeur de la DI). L’assistance du Directeur du PITAG, M. Pierre Antoine
Saintilus, a permis de réaliser le processus administratif nécessaire à cette élaboration.
Dans un monde en accélération, les documents et les plans tombent très rapidement en
désuétude. C’est pourquoi, le PDVA2, en capitalisant sur les études et expériences
antérieures (PDVA1 notamment) essaie de ne pas entrer dans les spécificités des innovations
et des méthodes de vulgarisation. Il laisse les acteurs libres d’ajuster au fur et à mesure les
stratégies aux besoins émergents et aux circonstances changeantes. Cependant, la vision
de l’amélioration de bien-être a de fortes chances de persister dans le temps. Le MARNDR
souhaite que ce plan de dix (10) ans serve de repère et de guide pour les actions de
vulgarisation agricole sur le territoire national pendant ce laps de temps.
Quant à nous, nous avons été honoré de l’opportunité de piloter cette élaboration, en
mettant notre modeste expertise au service de la nation et surtout au bénéfice des acteurs.
Bénédique PAUL, ingénieur agroéconomiste, PhD HDR
Consultant
8
TABLE DES MATIÈRES
RÉSUMÉ
3
MOT DU MINISTRE
4
REMERCIEMENTS DU DIRECTEUR DE LA VULGARISATION AGRICOLE
6
AVANT-PROPOS
7
TABLE DES MATIÈRES
9
LISTE DES SIGLES ET DES ACRONYMES
11
LISTE DES TABLEAUX
12
LISTE DES FIGURES
13
1 - INTRODUCTION
14
E
2 - CONTEXTE D’ÉLABORATION DU 2 PLAN DIRECTEUR DE
VULGARISATION AGRICOLE
15
2.1. La vulgarisation agricole en Haïti au 20e siècle
2.2. La vulgarisation agricole en Haïti en ce début du 21e siècle
15
17
3 - APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE
19
3.1. L'approche systémique
3.2. La participation
3.3. La collecte d'informations multi-niveaux
3.4. La validation participative
19
20
20
21
4 - LEÇONS APPRISES DU PDVA1
22
4.1. Une institutionnalisation sectorielle du PDVA1
4.2. Nécessité d’une vulgarisation répétée du plan lui-même
4.3. Besoin d’un financement intelligent
4.4. Le besoin de formation de nouveaux vulgarisateurs formés
4.5. La nécessité d’un suivi-évaluation efficace
4.6. Le besoin d’expérimenter localement les innovations
4.7. La nécessité d’inclusion, de durabilité et de prise en compte de la diversité
4.8. Options stratégiques pour un plan de 2e génération
4.9. Orientations à prendre
4.10. Quelques innovations agricoles pouvant faire objet de vulgarisation
4.11. Les acteurs de vulgarisation agricole sont intéressés à contribuer au PDVA2
4.12. Les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation agricole préconisés
4.13. Les mesures d’accompagnement, de suivi-évaluation et de financement
4.14. Les rôles des acteurs
22
23
23
24
24
25
25
26
26
27
30
31
31
32
9
TABLE DES MATIÈRES
5 - FINALITÉ, PRINCIPES DIRECTEURS ET CONTENU DU PDVA2
37
5.1. Finalité(s) du PDVA2
5.2. Principes directeurs du PDVA2
5.3. Objectifs du PDVA2
5.4. Les grandes lignes d’action du PDVA2
37
38
39
41
6 - DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
43
6.1. Détails de l’action : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
6.2. Détails de l’action : Mettre en place et faire fonctionner une structure de
coordination de la vulgarisation agricole
6.3. Détails de l’action : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des
actions de vulgarisation agricole
6.4. Détails de l’action : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par
la vulgarisation agricole
6.5. Détails de l’action : Former et encourager la formation et l’implication de
vulgarisateurs
6.6. Détails de l’action : Encourager les tests, expérimentations et validation des
innovations
6.7. Détails de l’action : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de
vulgarisation à succès
43
7 - PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
71
7.1. Planning indicatif de mise en œuvre des actions et de leurs tâches
7.2. Budget indicatif par an et par action
7.3. Stratégies de financement du PDVA2
72
77
78
8 - CONDITIONS DE RÉUSSITE DU PLAN
79
9 - CONCLUSION
80
10 - BIBLIOGRAPHIE
82
11 - ANNEXES
85
11.1. Glossaire de quelques termes importants utilisés dans le PDVA2
11.2. Déploiement conceptuel des stratégies de vulgarisation agricole dans le
cadre du PDVA2
85
47
51
55
59
63
67
88
10
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
BPCS
CEP
CRDD
CTPVA
CNVA
DDA
DI
DVA
FAMV
FAO
IDAI
IICA
IHSI
MARNDR
MCI
ODN
ODNO
ODPG
ODVA
ONG
PDVA
PIA
PITAG
PMDN
PPI
PTPR
PTTA
RESEPAG
SCIPA
SE-PDVA
TCA
UEP
Bénédique Paul Consulting Services
Champ École Paysans
Centre Rural de Développement Durable
Commission Transitoire de Pilotage de la Vulgarisation Agricole
Coordination Nationale de la Vulgarisation Agricole
Directions Départementales Agricoles
Direction de l’Innovation
Direction de la Vulgarisation Agricole
Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire
Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture
Institut de Développement Agricole et Industriel
Institut Interaméricain de Coopération pour l'Agriculture
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
Ministère du Commerce et de l’Industrie
Organisme de Développement du Nord
Organisme de Développement du Nord-Ouest
Organisme de Développement de la Plaine des Gonaïves
Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite
Organisation Non Gouvernementale
Plan Directeur de Vulgarisation Agricole
Programme d’Intensification Agricole de la Vallée de l’Artibonite
Programme d’Innovation Technologique en Agriculture et Agroforesterie
Programme de Mitigation des Désastres Naturels
Petits Périmètres Irrigués
Projet Territoires Productifs Résilients
Programme de Transfert de Technologies Agricoles
Renforcement des Services Publics Agricoles
Service Coopératif Interaméricain de Production Agricole
Suivi-Évaluation du Plan de Vulgarisation Agricole
Table de Concertation Agricole
Unité d’Études et de Programmation
11
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1.
Synthèse des grandes expériences de vulgarisation agricole en Haïti.......................
16
Tableau 2. Innovations agricoles recommandées par les acteurs pour vulgarisation
agricole future.............................................................................................................
Tableau 3.
28
Fiche d’action permettant l’intégration du plan dans les activités
des acteurs du secteur agricole..................................................................................
44
Tableau 4. Fiche d’action permettant d’aboutir à une structure fonctionnelle de
coordination de la vulgarisation agricole....................................................................
Tableau 5.
Fiche d’action visant la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation
des actions de vulgarisation agricole..........................................................................
Tableau 6.
48
52
Fiche d’action permettant d’appuyer et mettre en réseau les acteurs
concernés par la vulgarisation agricole....................................................................... 56
Tableau 7.
Fiche d’action visant à former et encourager la formation et l’implication
de vulgarisateurs.......................................................................................................... 60
Tableau 8.
Fiche d’action visant à encourager les tests, expérimentations et validation
des innovations avant leur vulgarisation......................................................................
Tableau 9.
64
Fiche d’action permettant la promotion des stratégies, méthodes et
outils de vulgarisation à succès...................................................................................
68
Tableau 10. Calendrier de mise en œuvre du PDVA2..................................................................... 73
Tableau 11.
Budget indicatif du PDVA2.......................................................................................... 77
12
LISTE DES FIGURES
Figure 1.
Positionnement du système de vulgarisation dans un cadre national.............. 40
Figure 2.
Dynamique d’expérimentation locale - vulgarisation des innovations
agricoles........................................................................................................... 40
Figure 3.
Cadre de synthèse du plan de vulgarisation.................................................... 41
13
1. INTRODUCTION
Ce Plan Directeur de Vulgarisation Agricole (2025-2035) est la deuxième génération de plan de
vulgarisation (PDVA2) d’Haïti. Il capitalise sur l’expérience antérieure du PDVA1 et valorise les
contributions des acteurs dix (10) départements géographiques du pays. Ces derniers conviennent
tous que la vulgarisation agricole est une responsabilité gouvernementale, dans un objectif de
sécurité et de souveraineté alimentaire mais également de développement économique.
Cependant, cette responsabilité est largement partagée, et chaque acteur a un rôle important à y
jouer pour que l’implémentation du plan soit une réussite, telle que souhaitée.
Le PDVA2 est placé dans une approche systémique et pluraliste. Le contexte de son élaboration
montre clairement que, malgré les difficultés auxquelles le pays est confronté, l’État ne se dérobe
pas à ses responsabilités. Grâce au soutien de ses partenaires techniques et financiers, il a déjà
financé l’élaboration d’un nombre considérable d’innovations susceptibles d’être vulgarisées en vue
d’améliorer la productivité agricole, réduire la pénibilité du travail agricole, et améliorer les
conditions socioéconomiques des acteurs.
L’État, à travers le MARNDR, souhaite désormais situer ses interventions en termes de vulgarisation
agricole, à la frontière des approches interventionniste et du faire faire. De ce fait, il s’engage à
poursuivre l’accompagnement des acteurs, contribuer à l’expérimentation des innovations agricoles,
et les valider avant leur vulgarisation.
Ce document présente les sept (7) grandes lignes d’action auxquelles tous les acteurs sont invités à
s’engager. Les résultats de l’évaluation de la première génération de PDVA n’ont pas été
satisfaisants. Tous les acteurs sont invités à jouer pleinement leur rôle afin de réaliser la vision et les
objectifs du plan. Ces derniers relèvent d’aspirations légitimes et souhaitées par toute la population : sécurité alimentaire et nutritionnelle, travail et revenus décents. Sur cette base commune, le
MARNDR compte sur l’appui de tous les partenaires tant nationaux qu’internationaux pour
l’accompagner dans la phase de mise en œuvre du plan.
Ce plan est un cadre d’orientation partagée, un instrument de consensus autour de la stratégie du
secteur de l’agriculture, un cadre de référence commun à l’ensemble des acteurs du secteur, et
également un cadre de négociation entre les différents acteurs (l'État, le secteur privé y compris les
producteurs, les ONG, les OPA, la société civile et l'ensemble des partenaires au développement). Il
restera flexible, évolutif et est appelé à être ajusté avec l’évolution des besoins. C’est pourquoi, la
contribution mais également la compréhension et la collaboration des différents acteurs sont
attendues afin que son implémentation soit une réussite, pour le bien commun et le
développement économique et social, sans négliger les exigences de durabilité.
14
2. CONTEXTE D’ÉLABORATION
DU 2E PLAN DIRECTEUR DE
VULGARISATION AGRICOLE
L’élaboration du PDVA2 est située dans un continuum historique marqué par des
discontinuités et des approches différentes dont il est possible de tirer expérience.
D’ailleurs, l’État, en restructurant le service public de vulgarisation agricole, a souhaité le
positionner à l’interface des deux (2) approches courantes de vulgarisation agricole, à
savoir l’approche interventionniste et l’approche du faire faire.
2.1. La vulgarisation agricole en Haïti au 20e siècle
Du début du 19e siècle jusqu’au premier quart du 20e siècle, les auteurs du PDVA1 ont
clairement noté que le caporalisme a constitué la forme d’intervention privilégiée de l’État
dans l’agriculture en Haïti (MARNDR, 2011). Aucun service de vulgarisation à proprement
parler n’a été noté pendant ce premier siècle perdu de la vulgarisation agricole.
L’économiste suédois, Mats Lundahl, a noté un mode historique d’exploitation des terres
ayant abouti à leur dégradation tout au long du 19e siècle (Lundahl, 2013).
Entre 1920 et 1923, deux (2) événements majeurs ont marqué l’histoire de la vulgarisation
agricole en Haïti. Tout d’abord, le Service Technique d’Agriculture (ancêtre du MARNDR) est
créé et a permis de former plus de 60 agronomes et 200 agents agricoles. Puis, en 1924, a
été créée l’École Centrale d’Agriculture (qui allait devenir après plusieurs changements la
FAMV de l’Université d’État d’Haïti actuelle). Avec cette première école d’agriculture, ont
également été créés un réseau de fermes-écoles, de stations expérimentales et de
démonstration et un service de vulgarisation agricole. Ces innovations institutionnelles ont
été conçues dans les objectifs de tenter de relever la grande production agricole
exportatrice (café, coton, banane, etc.) impulsée par l’occupation américaine.
Le reste du 20e siècle très bien décrit dans MARNDR (2011) et peut être synthétisé comme
dans le tableau 1 suivant. Il a été globalement marqué par des balbutiements et des succès
éphémères. Après la fin de l’occupation américaine, les efforts de développement agricole
ont été basés sur une approche interventionniste de la vulgarisation agricole, où l’État
était pratiquement le seul acteur de vulgarisation agricole.
15
2. CONTEXTE D’ÉLABORATION DU 2E PLAN DIRECTEUR DE VULGARISATION AGRICOLE
Tableau 1. Synthèse des grandes expériences de vulgarisation agricole en Haïti
Période
Organismes de
vulgarisation
Innovations vulgarisées
1940-1955
Service Coopératif
Interaméricain
de
Production
Agricole
(SCIPA)
Coopératives des semences, du bétail, des outils et
des procédés de conservation nouveaux (silos en
tranchée)
Stations de vulgarisation, agents
individuels, clubs, supports audiovisuels, démonstrations, etc.
1971-1991
Organismes de
développement
régionaux (ODN,
ODVA, ONDO, ODPG)
Nouvelles variétés, nouveaux itinéraires techniques,
etc.
Etude de milieu suivi de recherche de
solutions, démonstrations de
techniques, diffusion de messages,
accompagnement des agriculteurs
1963-1983
Instituts publics de
développement
agricole (IDAI…)
Paquets techniques comprenant nouvelles variétés
de maïs, de promotion de la lutte antiparasitaire,
de l’utilisation de fertilisants, de la culture attelée,
etc.
Encadrements
1970-2000
Les projets de
développement rural
intégré (DRI)
Intégration de techniques de production agricoles
et de protection des bassins versants (seuils en
pierres sèches et autres)
Méthodes intégrées, rencontres
régulières
1975-auj.
Expérience de
l’entreprise Agroservice
Adaptation d’hybrides d’espèces maraichères
(chou, oignon, tomate, carotte), itinéraires
techniques de lutte contre le Cylas formicarius sur
la patate douce
Vente de produits assortie
d’accompagnement technique
1973-2000
L’expérience de
Madian-Salagnac
(également un projet
de DRI selon Brochet
(2014))
Nouvelles associations de cultures maraîchères
mises en place localement avec les producteurs
Échanges paysans-paysans, accès
aux intrants essentiels garanti,
existence d’un marché sûr,
rémunérateur et accessible
1991-auj.
Expérience de l’ONG
haïtienne VETERIMED
Programmes Bèt se lespwa, lapen fè kenken, Lèt
agogo, intrants et de fertilisants organiques, etc.
vaccination, installation de pharmacie vétérinaire,
appui à la mise en place d’un réseau d’agents
vétérinaires
Formation, film, documentaires,
pamphlets, dégustation, média de
masse, journées portes ouvertes, etc.
1996-2011
Les projets ciblant les
zones irrigués pour
intensification (PPI, PIA)
Cultures à haute valeur ajoutée (piment), nouvelles
techniques culturales (casier amélioré, billon),
associations de cultures (banane + papayes),
paquet technique riz
Formation, divers outils de diffusion,
au suivi journalier des parcelles et
évaluation périodique
1997-2007
Programme de sécurité
alimentaire
Paquet technique de lutte contre l’infestation de
patate douce
Vulgarisateurs s’adressèrent à des
groupes de producteurs et recourent
à des blocs de production; fourniture
d’intrants par le secteur privé
1997-auj.
Gwoupman Sante Bèt
Soins vétérinaires, veille pathologique
Accompagnement technique
apporté aux éleveurs
Méthodes de vulgarisation
Source : adapté de MARNDR (2011).
16
2. CONTEXTE D’ÉLABORATION DU 2E PLAN DIRECTEUR DE VULGARISATION AGRICOLE
La fin du 20e siècle a été marquée par l’arrêt officiel des services gouvernementaux de
vulgarisation, suite à l’application du programme d’ajustement structurel (PAS) et des
nombreux plans de stabilisation (Jacob, 2002). Dès 1987, un nouveau cadre légal du
MARNDR a été adopté. Dans ce cadre, la Direction du Développement Rural qui comportait
le service de vulgarisation agricole a été supprimée. Les balbutiements socioéconomiques
de la nouvelle ère démocratique ont été effondrés à l’imposition de l’embargo international
sur Haïti en 1991, à la suite du coup d’État. Le retour du président évincé en 1994 a été
accompagné d’un renforcement brutal de la libéralisation qui a démantelé les forces de
résistances paysannes et la production agricole nationale. La dépendance a été renforcée
par rapport à l’international tant pour la sécurité alimentaire que pour le financement des
projets de développement qui n’ont jamais pu enrayer le déclin de l’agriculture.
2.2. La vulgarisation agricole en Haïti en ce début du 21e siècle
Depuis le début de ce 21e siècle, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et
du Développement Rural (MARNDR) a montré une volonté de reprendre les activités de
vulgarisation agricole suspendues dans le sillage de la restructuration de 1987. Mais
l’approche interventionniste de vulgarisation pratiquée avant les années 1990 a été quelque
peu abandonnée au profit de l’approche du faire faire. À travers le Programme Spécial de
Sécurité Alimentaire (PSSA) financé par un consortium de bailleurs et exécuté entre 1998 et
2007, un ensemble d’innovations a fait l’objet de vulgarisation dans le pays. À partir de
2010, le MARNDR, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers, a entrepris
une série d’initiatives visant à renforcer les Directions de l’Innovation et de la Vulgarisation
Agricole. Une politique de développement agricole (PDA) a été adoptée pour quinze (15)
ans (MARNDR, 2010a). Cette politique a été assortie de plusieurs plans quinquennaux, en
particulier d’un Plan National d’Investissements Agricole (PNIA) (MARNDR, 2010b) et d’un Plan
Directeur de Vulgarisation Agricole (PDVA) (MARNDR, 2011). Le PDVA n’a pas pu être
renouvelé à son échéance exacte. C’est au cours de l’année 2024 qu’il a été évalué (Paul,
2024) et, dans la foulée, la présente actualisation du plan est élaborée.
17
2. CONTEXTE D’ÉLABORATION DU 2E PLAN DIRECTEUR DE VULGARISATION AGRICOLE
La mise en œuvre du PDVA1, comme pour toutes les actions de vulgarisation depuis le début
du 21e siècle, s’est faite dans le cadre d’autres programmes et projets (Lire Paul, 2024 et
Augustin, 2024). Il s’agit d’implémenter soit un volet vulgarisation dans un objectif de
sécurité alimentaire (cas du PSSA), soit une composante incitation dans le cadre de
programme de recherche et de vulgarisation (PTTA, RESEPAG, SECAL, etc.), soit un projet
spécial à l’intérieur d’un programme plus large (cas du projet CEP du PITAG), soit enfin en
poussant les opérateurs de recherche à initier une pré-vulgarisation dans le cadre de sousprogrammes de recherche-formation-vulgarisation adoptant la méthode de recherche
action participative (cas des sous-programmes du PITAG ou du PMDN).
L’objectif stratégique du MARNDR en actualisant le PDVA demeure intact. Il s’agit de
permettre aux différents acteurs du système national d’innovation de continuer à disposer
d’un cadre de référence adapté pour leurs activités en lien avec la vulgarisation agricole.
L’année 2024 a offert en effet un ensemble d’opportunités justifiant l’actualisation du PDVA.
Cette année correspond à la fin de plusieurs grands programmes de recherche-action
(PMDN, PITAG, etc.) ayant abouti à la mise en place d’une quantité considérable
d’innovations et technologies agricoles susceptibles d’être vulgarisées si elles sont validées
(Augustin, 2024). D’ailleurs, certains ont déjà été objet de validation expérimentale et
sociale qui peut servir de base pour une validation officielle pour la vulgarisation.
18
3. APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE
La méthodologie mobilisée dans l’exécution du mandat confié par le MARNDR était basée
sur une approche systémique. Dans le domaine des innovations et de la vulgarisation,
l’approche systémique, par opposition à l'approche linéaire, est celle recommandée. Cette
approche fondée sur la participation, et mobilisant plusieurs catégories d'acteurs, est
également courante en matière de planification.
3.1. L'approche systémique
L'approche systémique s'est imposée dans le domaine de l'innovation et de la vulgarisation
agricole. Elle permet une compréhension holistique des activités à l’intérieur du secteur
agricole à travers la prise en compte des interrelations et interdépendances complexes
entre les activités et entre les acteurs à différentes étapes d’une filière ou différents
maillons d’une chaîne de valeur agricole. La filière est un concept technico-économique
avancé par les Français qui renvoie à une succession d’opérations techniques ou encore
« l’ensemble du système de production, de transformation et de commercialisation d’un
produit donné du stade de la matière première à celui du produit fini » (Boly, 2019). On y
dérive la logique d’analyse actuelle de la ferme à la table ou de la fourche à la fourchette.
L’expression chaîne de valeur est plutôt un concept socioéconomique introduit par le
spécialiste américain de la compétitivité, Michael Porter, pour désigner l’enchainement des
opérations depuis l’approvisionnement en intrants spécifiques jusqu’à la consommation
finale en passant par la production, la transformation et la commercialisation (Boly, 2019).
L’analyse par la chaîne de valeur englobe le choix d’un produit final, des technologies
appropriées avec l’organisation des acteurs et de leur accès aux marchés, dans une
perspective de compétitivité mais également d’ajout ou de capture de valeur ajoutée à
chaque maillon de la chaîne.
Les travaux de Lundvall (1992) et d’Edquist (1997) sont considérés comme pionniers en
matière d’analyse systémique de l’innovation. L'approche systémique rompt avec la vision
linéaire de l'innovation qui considérait les agriculteurs comme des destinataires qui
n'avaient pas grand-chose à dire/apprendre aux chercheurs (pour l'innovation) et aux
politiques (pour la vulgarisation). L’approche systémique permet d’embrasser la
contribution et les feedbacks de toutes les parties prenantes, dans une logique
participative, sans faire l’impasse sur les possibles conflits et divergences
d’intérêts entre les acteurs ou groupes d’acteurs à l’intérieur d’un même
système.
19
3. APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE
3.2. La participation
La participation suppose l'inclusion de toutes les parties prenantes de l'activité de
vulgarisation agricole. Elle prépare l'acceptation et la mise en œuvre du plan. Ainsi, la
démarche méthodologique utilisée pour le bilan du PDVA est fondée sur l'approche multiacteurs (multi-stakeholder) à la fois dans la collecte des avis sur le plan quinquennal passé
(PDVA1).
Certaines parties prenantes considérées comme peu nombreuses (chercheurs, ONG,
Acteurs
publics,
coopératives
ou
associations
de
producteurs/transformateurs,
agroindustriels et agro transformateurs, etc.) ont été interviewées et invitées à participer
dans un atelier de discussions. Les interviews ont eu lieu à la fois par visioconférence et en
présentiel.
D'autres catégories, plus nombreuses, comme les agriculteurs, ont été invitées à participer à
des entretiens de groupe au niveau de chaque département. Antérieurement, un échantillon
considérable de plus de deux mille (2000) agriculteurs (en général destinataires des
activités de vulgarisation agricole) a été enquêté entre 2020 et 2022 dans les cinq (5)
départements couverts par le PITAG. Ces données ont permis une analyse quantitative sur
les effets de la vulgarisation sur la situation des exploitations agricoles (unité de production)
ainsi que des ménages agricoles (unité économique vivant sur et parfois au-delà de l’unité
technique qu’est l’exploitation agricole) dirigés par ces agriculteurs. Une analyse
différentielle a été conduite sur les résultats agro-économiques des agriculteurs selon qu’ils
ont eu ou non accès à la vulgarisation agricole.
3.3. La collecte d'informations multi-niveaux
Conformément à l'approche multi-acteurs précédente, les informations ont été collectées à
plusieurs niveaux et à partir de différents outils :
20
3. APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE
À l'échelle des agroécosystèmes (c’est-à-dire des écosystèmes cultivés, selon Neyton et al.
(2018) dans le dictionnaire de l’agroécologie) et à l'échelle des parcelles, une observation
directe a été faite, même de façon limitée géographiquement, afin d'apprécier les résultats
de la mise en œuvre de programmes phare du ministère de l’agriculture ayant eu un volet
important de vulgarisation (PTTA, RESEPAG, PITAG…).
Au niveau des exploitations agricoles, les informations déjà disponibles (enquêtes
diagnostic agro-socio-économiques PITAG) ont été analysées. Cela a permis de voir de
façon
contrefactuelle
les
effets
de
la
vulgarisation
agricole
sur
la
situation
socioéconomique des bénéficiaires.
Les organisations diverses (bailleurs, entreprises, ONG, laboratoires de recherche, acteurs
publics, coopératives agricoles, etc.) ont été interviewées à partir de guides d'entretien
spécifiques à chaque catégorie. Après les interviews, ces mêmes acteurs ont été invités à
participer aux ateliers départementaux, avec quelques agriculteurs (une vingtaine), pour
discuter des résultats issus des interviews ainsi que la compréhension globale sur la mise en
œuvre du premier plan de vulgarisation agricole. Le ministère a été invité à assister à ces
ateliers également. Ces derniers ont été organisés en présentiel, généralement dans les
locaux des directions départementales agricoles (DDA). Durant ces rencontres, les acteurs
ont exprimé leur niveau de connaissance ainsi que leur évaluation du plan.
3.4. La validation participative
L'idée d'une restitution aux parties prenantes a eu un double objectif. Il s'agissait de discuter
et valider les résultats de l'évaluation du PDVA1 et s'accorder sur les orientations du futur
plan décennal. Il s'agissait également de préparer l’appropriation et faciliter la mise en
œuvre concertée du nouveau plan qui est ainsi déjà objet d'un début de vulgarisation. Il est
prévu une séance de restitution formelle qui est programmée au Ministère de l’Agriculture
ayant commandité l'étude. La version finale qui sera diffusée tiendra compte de l'essentiel
des remarques issues de cette séance de restitution.
21
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Le PDVA1 était un Plan Directeur de Vulgarisation Agricole de cinq (5) ans : 2011-2016.
N’ayant pas été officialisé, il n’a pas été pleinement/totalement implémenté. Son évaluation
participative et experte a montré que ses objectifs initiaux n’ont été atteints qu’à environ
30% (Paul, 2024). En effet, bien qu’il y ait eu des moyens financiers disponibles (Petro
Caribe, Projets de relèvement post-séisme, etc.), le PDVA1 n’a pas reçu la priorité qu’il
méritait. Son implémentation n’a été que partielle, essentiellement dans le cadre de
quelques projets financés par les partenaires techniques et financiers à l’instigation
desquels le PDVA1 a été élaboré. Ces partenaires incluent notamment, le FAO et la Banque
Mondiale. Par la suite, la BID a rejoint la dynamique à travers des incitations agricoles
conjointement financées.
Les projets ayant comportés un volet de vulgarisation agricole n’ont pas été implémentés
sans difficulté, à cause de troubles sociopolitiques au cours de la période du plan. Bien
avant la fin de cette période, les perturbations sociopolitiques ont débuté. Les violences pré
et post-électorales n’ont pas laissé la possibilité d’évaluer le plan en 2016. Entre 2016 et
2023, les crises se sont multipliées dans le pays. Les tentatives d’évaluation et
d’actualisation du plan ont été maintes fois reportées. En 2024, la détermination de la
Direction de Vulgarisation Agricole et la clémence des bailleurs du PITAG ont finalement
permis d’entreprendre le renouvellement du Plan Directeur de Vulgarisation Agricole.
Parmi les principales leçons apprises de l’évaluation du PDVA1 et utiles pour le PDVA2, les
points suivants ont été relevés :
4.1. Une institutionnalisation sectorielle du PDVA1
Un plan directeur de vulgarisation agricole relève d’une démarche sectorielle, à l’intérieur
d’une politique agricole nationale. S’il y a lieu de voter, c’est la politique agricole qui peut
être portée au niveau du Conseil des ministres. La politique agricole doit embrasser et
inclure l’activité de vulgarisation dessinée dans ce plan et devra être opérationnalisée par le
MARNDR. C’est pourquoi, il est important de coupler le renouvellement de la politique
agricole (en 2025-2026) avec le plan de vulgarisation qui sera élaboré à la fin de 2024.
22
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Au niveau du MARNDR, il est nécessaire que le plan directeur de vulgarisation ne soit pas
l’affaire de quelques cadres du ministère, mais qu’il soit entériné par la direction générale et
rendu imposable aux ministres (comme ces derniers ayant une durée d’exercice
généralement courte).
4.2. Nécessité d’une vulgarisation répétée du plan lui-même
Les acteurs consultés en amont de l’élaboration de ce plan ont été unanimes à l’idée que la
première action de vulgarisation à faire est la vulgarisation du plan lui-même. La
préparation de cette deuxième génération du plan a mobilisé des acteurs dans les 10
départements géographiques du pays. De ce fait, à moins d’un renouvellement rapide
d’acteurs ou de mauvaise foi, il sera difficile que le plan soit considéré comme inconnu du
terrain. Toutefois, il est nécessaire que le document soit diffusé de façon répétée.
4.3. Besoin d’un financement intelligent
Les besoins financiers pour l’implémentation du plan ne constituent pas nécessairement un
gros budget alloué à la DVA. Il s’agit de doter le Ministère de moyens humains tant au
niveau central qu’au niveau du terrain, et de lui donner les moyens humains, financiers et
logistiques lui permettant de promouvoir le plan et d’en assurer le suivi. En effet, il est peu
probable qu’à court et à moyen termes le MARNDR change son approche d’intervention à
travers essentiellement des projets financés ou cofinancés par les bailleurs internationaux.
D’ailleurs, l’approche mixte préconisée par la Direction Générale du MARNDR, à savoir faire
un peu pour donner l’exemple (interventionnisme à la marge) et faire faire la vulgarisation
par les autres acteurs (approche pluraliste), implique le modèle de financement plutôt
incitatif. Tant que cette approche prédomine, les financements pour des actions visant à
vulgariser des innovations et appuyer les acteurs du Système National de Vulgarisation
Agricole (SNVA) continueront d’être des composantes de projets plus larges. De ce fait,
l’important est d’inclure la DVA dans l’implémentation et le pilotage de ces projets, du moins
sur les composantes portant sur la vulgarisation agricole. L’idée initiale de créer un Fonds
National de Vulgarisation Agricole (FONAVA) n’apparait pas particulièrement faisable si
de nouvelles priorités gouvernementales ne sont pas établies de manière à accroitre
les ressources de l’Etat d’une part, et d’en allouer une part plus importante à
l’agriculture d’autre part.
23
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
4.4. Le besoin de formation de nouveaux vulgarisateurs formés
La nécessité de déployer le plan sur le terrain doit être basée sur un ensemble de
techniciens et cadres formés en vulgarisation agricole. Or actuellement, cette matière n’est
pas très enseignée dans les facultés d’agronomie du pays. Les rares spécialistes en
vulgarisation agricole ne sont pas tous mobilisés dans leur champ de compétences. Par
exemple, le succès observé mentionné par plusieurs acteurs de terrain concernant le CEP
aurait dû être élargi à travers la formation d’un ensemble de « maitres formateurs en CEP ».
Mais tel n’est pas encore le cas, on retrouve néanmoins un début de documentation sur
cette méthode ainsi que les expériences faites dans le pays (Augustin et al, 2014 ; Détraux,
2014 ; MARNDR, 2015). Ainsi, dans le cadre du nouveau plan de vulgarisation, il est
nécessaire d’investir dans la formation en vulgarisation agricole, quitte à inciter les écoles
techniques et les facultés d’agronomie à emprunter cette voie. Bien entendu, des agents de
terrain peuvent rapidement être recyclés pour devenir de véritables agents de vulgarisation
agricole.
4.5. La nécessité d’un suivi-évaluation efficace
Certains acteurs ont souligné que les mécanismes de suivi antérieurs n’étaient pas
suffisamment efficaces, ce qui a entraîné une faible implication des Directions
Départementales de l’Agriculture (DDA) et des Bureaux Agricoles Communaux (BAC). En
effet, la CTPVA qui devait assurer la coordination de l’implémentation du premier plan
n’avait pas reçu les moyens appropriés et l’Unité d’Études et de Programmation (UEP) du
Ministère n’a pas joué pleinement son rôle. Au plus haut niveau, le service de suiviévaluation du MARNDR doit s’impliquer dans le suivi du PDVA. Il sera nécessaire de prendre
appui sur un réseau de cadres connectés à la DVA pour un suivi efficace du plan de
vulgarisation agricole. De plus, dans l’optique de faire du plan de vulgarisation un plan des
acteurs, il serait très pertinent d’impliquer les tables de concertation agricole (TCA) qui
fonctionnent encore dans certains départements dans le suivi de l’implémentation du PDVA.
24
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
4.6. Le besoin d’expérimenter localement les innovations
Des acteurs-clés consultés ont indiqué que certaines cultures vulgarisées n’étaient pas
adaptées à toutes les régions du pays. Cet argument milite pour une approche
d’expérimentation localisée des innovations, avant leur vulgarisation. Le pays n’est pas
constitué d’un seul agroécosystème, de ce fait, même si la superficie n’est pas
particulièrement grande, il y a lieu de tester localement les innovations. Heureusement, dans
chaque département, il y a au moins une Faculté d’Agronomie et souvent des centres de
recherche. De plus, les vulgarisateurs doivent être également capables de tester les
innovations à petite échelle afin de s’assurer de leur efficacité.
Les chercheurs ne sont pas tous réellement habitués ou disposés à impliquer les paysans
dans leurs actions de recherche scientifique. Certains ont été trop longtemps habitués à
l’approche linéaire de l’innovation. Parfois, les essais participatifs ont été réduits à
simplement des essais établis sur les parcelles des paysans. La pré-vulgarisation recherchée
dans les projets de RFV est très souhaitable et les paysans doivent être impliqués dès la
conception des activités. Idéalement, l’approche de co-conception (Jules et al., 2023)
serait encore préférable, à chaque fois que possible.
4.7. La nécessité d’inclusion, de durabilité et de prise en compte de la diversité
En plus d’adapter les interventions aux réalités locales, des acteurs-clés consultés ont insisté
sur la nécessité d’impliquer les femmes et jeunes et pas seulement les hommes âgés. Ces
derniers sont les plus représentés parmi les bénéficiaires de la vulgarisation (Paul, 2024).
L’inclusion implique également de ne pas abandonner des pans entiers du territoire ni des
agroécosystèmes lors des interventions. Une grande partie des interventions des périodes
récentes ont été concentrées dans les plaines irriguées, or le souci d’équité et de durabilité
implique d’inclure les zones de montagne tout en y vulgarisant des innovations et des
pratiques agricoles appropriées. Même à l’intérieur des zones (de plaine ou de montagne),
les besoins des agriculteurs varient souvent selon les typologies établies. De ce fait, les
interventions et la vulgarisation agricole doivent essayer de prendre en compte
cette diversité.
25
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
4.8. Options stratégiques pour un plan de 2e génération
Il ressort des séances d’évaluation participative que le plan directeur de vulgarisation à
venir doit être une prérogative du MARNDR qui se soucie de deux (2) priorités majeures : 1)
assurer la subsistance agricole ou mieux la sécurité alimentaire à travers l’agriculture
familiale ; 2) assurer le développement de filières agro-industrielles orientées vers le marché
et même l’exportation afin d’attirer des devises.
Dans ce contexte, deux (2) catégories d’acteurs doivent recevoir la priorité : les agriculteurs
familiaux (ménages agricoles) et les entrepreneurs (entreprises incorporées formellement).
L’approche à privilégier est celle des chaînes de valeur (ou filières) afin de pouvoir mieux
organiser les acteurs ou parties prenantes selon des intérêts proches. L’approche chaîne de
valeur (ou filière) offre la possibilité d’intégrer les différentes acteurs depuis les services de
recherche et de fourniture d’intrants aux distributeurs et consommateurs, en passant par les
producteurs. Dans cette perspective, l’institutionnalisation de la démarche pourra être
facilitée dans la mesure où les acteurs auront des intérêts liés.
Les ateliers participatifs ainsi que les entretiens acteurs-clés ont permis d’identifier et
discuter les grandes orientations pour un PDVA2.
4.9. Orientations à prendre
Deux (2) principales voies ont été identifiées :
1. Vulgariser des stratégies de production qui contribuent à la sécurité alimentaire à partir
d’une production agricole locale qui respecte l’environnement (agroforesterie
mélangeant cultures de types racines et tubercules ainsi que des légumes et des
fruitiers).
2. Vulgariser des stratégies de production orientées vers le marché afin d’assurer un
revenu décent aux agriculteurs, à travers une approche filière ou chaîne de valeur
avec à la fois des agriculteurs de type familial mais également connectés à des
entreprises formelles.
26
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Cette double orientation ne signifie pas deux (2) approches antinomiques. En effet, les
agriculteurs, qu’ils soient familiaux ou inscrits dans une démarche d’entreprises formelles,
doivent être capables de générer un revenu décent à travers une approche filière ou chaîne
de valeur. Les petits agriculteurs peuvent être insérés dans des organisations de producteurs
ou de coopératives – réseaux ou entreprises agricoles solidaires (Paul, 2016) – ou être
contractualisés par des entreprises de plus grande taille afin d’accéder aux marchés
exigeants.
Ce plan devra également inclure des actions adaptées aux contextes locaux, renforcer les
capacités des agriculteurs, intégrer les jeunes et les femmes, moderniser les pratiques
agricoles, et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles. Des infrastructures
renforcées, des systèmes d'alerte précoce, des assurances de récolte, et la diversification
des productions adaptées aux changements climatiques contribueront à sécuriser le secteur
et à améliorer la résilience des communautés.
Cette synthèse met en avant les objectifs clés tout en liant les aspects environnementaux,
économiques et sociaux de manière cohérente. Les acteurs concernés par la vulgarisation
agricole en Haïti ont fait des recommandations claires pour l’élaboration et la mise en
œuvre d’un PDVA2.
4.10. Quelques innovations agricoles pouvant faire objet de vulgarisation
Les acteurs ont exprimé, suite à leur observation et évaluation, des noms d’innovations qui
pourraient faire l’objet de vulgarisation dans le cadre de futures actions de vulgarisation. Il
ne s’agit pas d’imposer une liste d’innovations. Cette liste (Tableau 2) est suggestive et
devra être actualisée au fur et à mesure de l’évolution des recherches et créations
d’innovations, mais également à partir de tests et expérimentations des innovations
mentionnées.
27
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Tableau 2. Innovations agricoles recommandées par les acteurs pour vulgarisation
agricole future
Département
Filières agricoles
concernées
Acteurs ciblés
Méthode de vulgarisation
Pompage
solaire
Art,
NO
Toutes
Agriculteurs
Installation et techniques
d’utilisation efficiente
Augmentation des
rendements et des
compagnes
Irrigation
goutte à
goute
Tous
Maraîchères
Agriculteurs
Installation de
microsystèmes
d’irrigation
Meilleure gestion de l’eau,
hausse de rendement
Mécanisation
agricole
Art
Céréales et
légumineuses
Agriculteurs et
transformateurs
Sensibilisation et
facilitation à l’accès aux
machines
Réduction de la pénibilité
et des coûts
Faucille de
cueillette de
cacao
GA, N,
NE
Cacao
Planteurs
Démonstration et essais
d’utilisation
Réduction des blessures
des branches et réduction
de la pénibilité
Variété pa pè
pichon
Art, S,
C
Sorgho
Planteurs
Distribution de semences
Résistance à l’infestation
des pucerons
Meilleur rendement du riz
Innovation
Résultats espérés
Nouvelle
variétés de
riz (Jaragua,
M8, etc.)
NE, S
Riz
Planteurs
Utilisation de variétés de
riz en provenance de la
RD ou développées
localement
Variété de
maïs MP1
S
Culture du maïs
Planteur
Utilisation de la nouvelle
variété
Augmentation des
rendements
Bloc
fourrager
pour
animaux
Art
Filière caprins
Éleveur
Démonstration de
fabrication
Alimentation des caprins
en période de sécheresse
Méthode PIF
Art, SE
Banane
Planteurs
Formation et diffusion de
la technique
Plus grande disponibilité
de semences
Planteurs
Formation et diffusion de
la technique
Plus grande disponibilité
de semences de qualité à
moindres coûts ; lutte
contre les nématodes
Planteurs
Formation et
sensibilisation sur la
technique de lutte
culturale
Réduction considérable
des attaques des
ravageurs
traitement des boutures
de patate douce contre le
cylas formicarius
Augmentation du
rendement
Technique
Miniset
Buttes antiravageur de
l’igname
Tous
GA
Igname
Igname
Utilisation de
phérormone
Art, S
Patate
Planteurs
Sensibilisation et mise à
disposition du produit et
mise en place des pièges
à phéromone
Utilisation de
3 bassins
Art
Sel marin
Sauniers d’AnseRouge
Expérimentation
28
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Innovation
Département
Filières
agricoles
concernées
Acteurs ciblés
Méthode de
vulgarisation
Résultats espérés
Utilisation de
moulins
modernes
NE
Riz
Planteurs
Installation de moulin à
grande capacité (4t/h)
Meilleure qualité de
traitement du riz
Paillage à
l’herbe de
guinée
(mulching)
NE, SE
Cultures en
zones sèches
Planteur
Démonstration
Meilleure gestion de
l’humidité et des
mauvaises herbes
Installation de
petits
incubateurs
NE
Poulets de chair
Éleveurs
entrepreneurs
Installation de petits
incubateurs de poussins
Augmentation de la
production locale
Ruches
modernes
NE, S
Apiculture
Éleveurs
Installation de ruches
modernes (avec hausse)
Augmentation de la
production de miel
Agriculture
sous
serre/hors sol
O, Art
Maraîchères
Planteurs
Formation aux pratiques
de culture sous serres,
hors sol
Augmentation de la
production
Techniques de
conservation
des poissons
NO, SE
Pêche
Pêcheurs et
vendeurs
Formation et
équipement de chaîne
de froid
Conservation et accès aux
poissons frais
Transformatio
n de produits
agricoles
O, SE,
NO
Fruits, céréales,
maraîchers
Organisations de
femmes
Formation aux pratiques
de transformation
Réduction des pertes postrécolte
Utilisation
d’antibiotiques
, de vitamines
et d’hormone
de croissance
O, N,
NE
Poulets,
Porcins
Éleveurs
Ventes de produits
importés
Croissance rapide des
animaux et réduction des
mortalités
Vermicompostage et
utilisation du
vermi-compost
S, GA
Agroforesterie
Planteurs
Formation à la technique
du vermi-compostage
Fertilisation des cultures
en agroforesterie
Pièges à rat
biologique
GA
Cacao
Planteurs
Formation à la
fabrication des pièges
Réduction des attaques
des rongeurs sur le
cacaoyer
Insémination
artificielle dans
l'élevage
C
Élevage
Éleveurs
Introduction de races
améliorées
Augmenter le production
animale
Source : Paul (2024). Art : Artibonite ; C : Centre ; GA : Grande-Anse ; N : Nord ;
NE : Nord-Est ; NI : Nippes ; NO : Nord-Ouest ; O : Ouest ; S : Sud ; SE : Sud-Est.
29
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Ce tableau n’est pas exhaustif et n’est qu’à titre indicatif. Les innovations peuvent porter sur
des aspects qui ne sont pas purement agricoles, comme par exemple les micro-retenues
individuelles pour gérer et lisser la consommation de l’eau sur les exploitations et permettre
d’étaler la consommation d’eau ainsi que la production maraîchère. De même, des
innovations de type semis mécanisé permettant d’avoir des cultures en ligne, sont autant
d’innovations très utiles à l’agriculture et pouvant faire objet de vulgarisation utilement.
4.11. Les acteurs de vulgarisation agricole sont intéressés à contribuer au PDVA2
La vulgarisation agricole est avant tout un service public, même si les acteurs privés et les
organisations sans but lucratif y sont impliqués. De ce fait, le MARNDR et ses différentes
représentations sur le terrain devraient être mobilisés (et pas seulement la direction de la
vulgarisation qui est appelée à piloter l’implémentation du plan), doivent pouvoir compter
sur les catégories d’acteurs suivants :
Les agriculteurs modèles (ce sont les premiers acteurs vu l’efficacité des échanges entre
les pairs),
Les structures de recherche agronomique (qui doivent également adopter une approche
participative impliquant les utilisateurs des innovations afin d’entamer une prévulgarisation des résultats de leurs recherches),
Les organisations de producteurs (qui sont des espaces sociaux de grande importance
dans le partage des connaissances sur les innovations et les techniques agricoles),
Les entreprises de fourniture d’intrants (produits, machines et technologies) qui sont des
distributeurs commerciaux ou privés d’innovations,
Les organisations non-gouvernementales qui sont souvent impliquées dans l’exécution
de projets au bénéfice des acteurs des filières agricoles,
Les entreprises de vente de services (comme les services de mécanisation, de lutte
phytosanitaire, etc.) ainsi que les agents privés de soins vétérinaires (réseau santé bèt
ou gwoup sante bèt [GSB]) qui sont par conséquent également des distributeurs
d’innovations.
30
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
4.12. Les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation agricole préconisés
Les échanges paysans-paysans doivent être encouragés et facilités à travers des visites
d’échanges.
Les recherches participatives (méthode de recherche-action participative, MRAP) et les
recherches formation vulgarisation (RFV) doivent être encouragées afin de ne pas attendre
la fin des projets pour impliquer les agriculteurs.
Les CEP ont fait leur preuve à certains endroits du pays, d’après de nombreux acteurs
interviewés. Il serait intéressant d’évaluer plus systématiquement cette méthode avant
d’élargir son utilisation si les résultats s’avèrent encourageants.
Les masses médias ne doivent pas être négligées ni non plus les technologies de
l’information et de la communication embarquées sur des smartphones (à l’ère des réseaux
sociaux). Car les enquêtes réalisées pour le compte du PMDN et du PITAG auprès d’un grand
nombre d’agriculteurs (1374) ont révélé un taux relativement conséquent de pénétration de
téléphone (89%), de smartphone (23%), et d’accès à l’internet (15%). La connexion à la radio
(43%) et la télévision (23%) justifient bien l’usage des masses médias pour des messages
non-ciblés.
Les stratégies d’inclusion économique où des entreprises formelles sont associées à des
organisations paysannes pour l’apport d’innovations doivent continuer à être implémentées.
4.13. Les mesures d’accompagnement, de suivi-évaluation et de financement
La Direction de la Vulgarisation Agricole ainsi que la Direction d’Innovation doivent être
renforcées avec des personnes relais sur le terrain (notamment au niveau des BAC). Un tel
renforcement était prévu depuis la création de la Direction de l’Innovation et n’a jamais été
implémenté.
31
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
Le suivi d’un nouveau plan devra impliquer les plus hautes autorités du MARNDR (Direction
générale et l’Unité d’Études et de Programmation, notamment).
La vulgarisation doit faire partie intégrante de la politique agricole (qui arrive à terme en
2025 et qui devra être renouvelée) de manière à y flécher des financements propres. Il ne
s’agit pas d’attendre la création et la dotation d’un éventuel FONAVA dont la probabilité est
extrêmement faible.
Parmi les grands défis pour un plan de vulgarisation agricole en Haïti, il y a l’existence de
vulgarisateurs. Il n’est pas vrai que tous les agronomes formés dans les près de 50 facultés
d’agronomie dont la majorité n’est pas reconnue par le gouvernement (ministère de
l’éducation, ministère de l’agriculture) sont automatiquement capables de vulgariser des
innovations. Un nombre considérable d’entre eux n’ont jamais pris un cours de vulgarisation
ni même d’innovation agricole. De même, il y a lieu de former des techniciens et des agents
agricoles à la vulgarisation car ils sont en général plus proches des agriculteurs/trices.
4.14. Les rôles des acteurs
Le Plan Directeur de Vulgarisation Agricole est le plan des acteurs. Puisqu’il est placé dans
une perspective systémique et pluraliste, pour que son implémentation soit réussie, il est
nécessaire que chaque catégorie d’acteurs joue effectivement son rôle. Heureusement, lors
de
l’évaluation
du
plan
précédent,
beaucoup
d’acteurs
ont
promis
leur
contribution/participation à l’implémentation du PDVA2 (Paul, 2024). Ainsi, à titre indicatif,
les rôles que pourrait jouer chaque catégorie d’acteurs sont listés ci-après (l’ordre n’a pas
d’importance). L’essentiel de ces rôles ont été déjà définis dans le PDAV1. Les acteurs
peuvent être regroupés en cinq (5) catégories : le MARNDR, les bailleurs, le secteur privé au
sens large y compris les producteurs, les organisations de producteurs, les organismes de
formation et de recherche, les vulgarisateurs.
1) Le MARNDR
Le MARNDR est l’acteur désigné de l’État haïtien pour endosser le plan, soutenir et
porter son implémentation. Il a pour rôle de :
a. Entériner le document du PDVA2 afin de le rendre officiel.
32
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
b. Diffuser le document du plan auprès des autres acteurs.
c. Financer même partiellement (selon l’approche) l’implémentation du plan.
d. Expérimenter (dans des fermes et espaces dédiés) les innovations avant leur validation
officielle.
e. Valider les innovations testées pour leur vulgarisation dans le pays.
f. Subventionner et soutenir financièrement et techniquement (formation, information et
documentation) les autres acteurs de la vulgarisation agricole.
g. Former dans la pratique et financer la formation formelle des agents de vulgarisation
agricole.
h. Certifier les vulgarisateurs.
i. Assurer, avec les autres acteurs, le suivi-évaluation de l’implémentation du plan.
j. Assurer l’intégration du PDVA2 dans la deuxième génération de Politique de
développement agricole.
k. Financer l’évaluation et le renouvellement du PDVA2 lorsqu’il arrivera à son terme.
Le MARNDR a également un rôle plus large au sein du gouvernement. Il s’agit de créer un
environnement favorable aux investissements, de renforcer les contrôles de la qualité, et
supporter l’initiative privée, à travers notamment l’entrepreneuriat agricole porté par les
jeunes. De ce fait, le MARNDR travaillera à trouver, de concert avec le MCI, et à défaut d’un
cadre légal spécifique à l’entrepreneuriat agricole, un mécanisme permettant de
reconnaitre les entrepreneurs agricoles. Il s’agit ici de faciliter la professionnalisation de
l’agriculture et la reconnaissance du métier d’agriculteur à travers le statut d’entrepreneur.
2)
Les bailleurs
Les partenaires techniques et financiers, comme leur nom l’indique, sont invités à apporter
une assistance technique et financière. Leur rôle inclut :
a. Renforcer la structure de coordination de la vulgarisation du MARNDR.
b. Faciliter les transferts de technologies et d’innovations, ainsi que les bonnes pratiques, les
méthodes de vulgarisation, etc. qui ont marché dans d’autres pays et qui sont susceptibles
d’être expérimentées localement en vue de leur vulgarisation.
c. Financer l’implémentation du plan à travers des projets élaborés par le MARNDR
ou d’autres acteurs locaux.
d. Soutenir les acteurs de vulgarisation dans leurs activités reconnues par
le MARNDR.
33
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
3)
Le secteur privé
En dehors des fermes d’État, l’agriculture est une activité économique privée. Tous les
acteurs capitalistes des chaînes de valeur agricole (producteurs, transformateurs,
transporteurs, de stockage, commerçants, fournisseurs d’intrants, fournisseurs de services,
etc.) font partie du secteur privé. Ils travaillent dans un contexte de libre marché. En tant
que membres du secteur privé agricole, autant que l’État doivent les soutenir, autant ils sont
invités à jouer un rôle dans l’implémentation du PDVA2, selon leur catégorie.
Tout d’abord, les producteurs doivent jouer les rôles suivants :
a. Adopter les innovations validées par le MARNDR et vulgarisées par les acteurs.
b. Partager gratuitement les innovations et informations entre pairs.
c. S’ouvrir à l’innovation et au changement, dans un contexte de dérèglement climatique et
de nécessité de préserver voire de restaurer l’environnement.
d. Se former et participer aux activités d’expérimentation locale d’innovations.
e. Faire remonter les informations aux autorités locales et aux autres acteurs du système de
vulgarisation.
f. Se faire connaître des autorités et participer aux activités portées par les autorités ou
leurs représentants ou mandataires (notamment à travers les projets).
Ensuite, les acteurs incorporés (entreprises formelles) du secteur privé agricole sont appelés
à jouer les rôles suivants, en particulier le rôle d’intermédiaires d’innovations auprès des
petits producteurs :
a. Contribuer à la vulgarisation des innovations validées par le MARNDR.
b. Servir d’intermédiaires de fourniture de services appropriés aux producteurs et aux autres
acteurs (fourniture d’intrants, fourniture de services conseil ou de mécanisation, fournisseurs
de services financiers, etc.).
c. Pratiquer la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise, et éviter de
diffuser des innovations, produits ou technologies ayant des effets indésirables sur
l’environnement, la santé des personnes ou des animaux ou plus largement sur l’agro
écosystème.
d. Financer dans la mesure du possible le développement d’innovations agricoles
susceptibles d’être validées et vulgarisées.
34
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
e. Faire remonter aux autorités établies ou aux acteurs de recherche les informations et
trouvailles susceptibles d’être étudiées de manière plus approfondie.
4)
Les organisations de producteurs ou autres
Les organisations de producteurs, de transformateurs ou de commerçants, etc. ont un rôle
important d’intermédiation. Elles sont invitées à jouer les rôles suivants :
a. Contribuer à la vulgarisation des innovations validées par le MARNDR.
b. Aider à la formation des agents de vulgarisation et des leaders paysans.
c. Essayer les innovations pour en faire la démonstration aux membres.
d. Servir d’intermédiaires entre l’État et les membres des organisations concernées.
e. Participer dans les échanges entre acteurs.
f. Participer aux efforts d’inclusion des différents acteurs (petits producteurs, femmes,
jeunes et autres catégories défavorisées).
g. Faire remonter aux autorités établies ou aux acteurs de recherche les informations et
trouvailles susceptibles d’être étudiées de manière plus approfondie.
5)
Les organismes de formation et de recherche
Les organismes de formation et de recherche regroupent les écoles de formation technique
et professionnelle, les écoles moyennes d’agriculture, les facultés et centres de formation et
de recherche en agriculture. Ils sont appelés à jouer un rôle systémique (en sortant de
l’approche linéaire d’innovation) et à plusieurs niveaux :
a. Élaborer des innovations qui répondent aux besoins des acteurs et aux défis actuels et
émergents (dérèglement climatique, productivité, etc.).
b. Former des cadres et des techniciens en vulgarisation soit à travers des formations
dédiées soit en insérant dans les programmes actuels des cours de vulgarisation agricole.
c. Tester et expérimenter des innovations conçues localement ou importées d’autres pays
en vue de leur adaptation au contexte local.
d. Participer à la vulgarisation, sinon à la pré-vulgarisation en associant les autres acteurs
aux activités de recherche.
e. Réaliser des activités de recherche visant à capitaliser sur les expériences et
apprentissages continus.
35
4. LEÇONS APPRISES DU PDVA1
6)
Les vulgarisateurs
Les agents de vulgarisation sont la cheville ouvrière de l’implémentation du plan. Ils
assureront ce qui pourrait être appelé le « service à la clientèle ». Pour cela, ils ont à jouer,
entre autres, les rôles suivants :
a. Se former en continu sur les innovations, la vulgarisation et les techniques de
communication.
b. Expérimenter eux-mêmes ou participer aux activités d’expérimentation locale des
innovations avant la vulgarisation.
c. Sensibiliser, former et informer les acteurs sur les innovations correspondant le mieux à
leurs besoins.
d. Servir d’intermédiaires entre les acteurs qui utilisent les innovations et les acteurs qui les
élaborent ou les évaluent.
e. Vulgariser les innovations validées par le MARNDR.
f. Faire remonter aux autorités établies ou aux acteurs de recherche les informations,
revendications, nouveaux besoins ou trouvailles susceptibles d’être étudiées de manière plus
approfondie.
Si aucun rôle particulier n’est assigné textuellement aux acteurs de la consommation, de la
société civile, de la défense des droits des consommateurs, etc., cela ne signifie nullement
qu’ils n’ont pas de rôle d’incitation à l’innovation à jouer auprès de l’État et des différents
autres acteurs. Ils ont un rôle de vigie citoyenne importante à jouer pour faire que
l’ensemble du système national d’innovation et de vulgarisation agricole progresse dans le
sens du bien-être de la population. Ce rôle inclut des points d’intérêt comme la qualité des
produits, le respect de l’environnement, le respect des droits des personnes (notamment des
enfants), la fixation de prix de vente juste ; l’interdiction de la contrefaçon, etc.
36
5. FINALITÉ, PRINCIPES
DIRECTEURS ET CONTENU
DU PDVA2
Le PDVA2 est inscrit dans une vision de bien-être au sein du secteur agricole mais aussi audelà. Il s’agit de parvenir à : « Un système national de vulgarisation agricole décentralisé et
efficace pour l’amélioration du bien-être de la population haïtienne ».
Un ensemble d’acteurs de la vulgarisation agricole existent déjà sur le terrain. Mais il
n’existe pas encore un système national de vulgarisation agricole (SNVA) constitué. Le
PDVA2 doit s’efforcer de créer une convergence permettant de connecter les acteurs de
manière à constituer un SNVA effectif. Ce faisant, la mise en œuvre du PDVA2 sera plus
facile et plus efficace. Dès lors, il s’agira, d’une part, de renforcer les acteurs de la
vulgarisation agricole, et d’autres part, d’orienter et gouverner les actions de vulgarisation à
réaliser tant par le MARNDR que par les autres acteurs.
5.1. Finalité(s) du PDVA2
Les finalités du PDVA2 portent sur trois (3) aspects critiques : orienter, renforcer et
gouverner. De manière générale, il s’agit d’offrir un cadre opérationnel, de gouvernance et
d’orientation des actions de vulgarisation agricoles et des types d’innovations à vulgariser
afin de permettre une production agricole répondant aux besoins alimentaires de la
population et de bien-être des producteurs ainsi que des autres acteurs des chaînes de
valeurs.
De façon spécifique, cette finalité se relie aux enjeux prioritaires de sécurité alimentaire et
de revenus décents, sans aggraver les vulnérabilités environnementales des agro
écosystèmes déjà menacés par le dérèglement climatique. Plus concrètement, il s’agit de
voir que :
« Les agriculteurs et les autres acteurs des chaînes de valeur agricole ont accès et adoptent
des connaissances, des innovations et des technologies modernes permettant de renforcer
la productivité, la diversification et la consommation/commercialisation de leurs produits
tout en respectant les exigences de qualité et de durabilité ».
37
5. FINALITÉ, PRINCIPES DIRECTEURS ET CONTENU DU PDVA2
5.2. Principes directeurs du PDVA2
Le PDVA2 est guidé, dans l’esprit, par une approche pluraliste (Berthé, 2015) selon laquelle
on rejette l’unicité sous toutes ses formes dans le processus de vulgarisation (pas un seul
agriculteur, pas une seule innovation, pas une seule méthode de vulgarisation, pas une seule
source de financement…). Dans ce contexte, les principes directeurs du plan sont, entre
autres :
1. L’inclusion : toutes les parties prenantes doivent être impliquées dans un cadre de
gouvernance et de cohérence qui ne viole pas l’intérêt général et la durabilité. Même si la
vulgarisation agricole est une responsabilité publique, les entreprises privées et les
organisations communautaires ou non-gouvernementales doivent être impliquées. Cette
inclusion va jusqu’à l’implication des partenaires étrangers et des collaborations permettant
le transfert de technologies.
2. La différenciation : elle implique la prise en compte d’une diversité de méthodes de
vulgarisation, la non-exclusion d’aucun des différents types d’acteurs (en particulier les
agriculteurs), les différents agroécosystèmes, dans un souci d’équité et de durabilité. Ce
principe oblige une décentralisation des services de vulgarisation au plus près des acteurs
dans une logique d’équité territoriale mais également dans le but d’expérimenter
localement les innovations avant leur vulgarisation.
3. La flexibilité : ce principe porte sur l’adaptation continue des actions, des choix
d’innovations et de méthodes avec l’évolution des connaissances et des technologies. Il
implique également l’agilité dans les stratégies de financement de l’implémentation du plan
selon les opportunités financières qui se présenteront. Il s’agit en particulier de ne pas
donner l’impression que les activités de vulgarisation doivent coûter plus que les apports
financiers totaux à apporter aux acteurs pour leur permettre d’adopter les innovations
vulgarisées. Tout ceci suppose un suivi-évaluation continu permettant des ajustements.
4. La durabilité : le support principal de l’agriculture, à savoir la terre, a connu une
dégradation documentée. Dans ce contexte, la vulgarisation agricole ne doit pas contribuer
à empirer la situation à travers l’encouragement d’innovations ou de pratiques agricoles qui
ne respectent pas l’environnement, la santé des acteurs ou encore le partage des valeurs
ajoutées. La mise en œuvre du plan ne doit pas compromettre les possibilités pour les
générations futures de pouvoir continuer à pratiquer l’agriculture. Cet aspect de la
durabilité concerne directement l’équité intergénérationnelle.
38
5. FINALITÉ, PRINCIPES DIRECTEURS ET CONTENU DU PDVA2
5.3. Objectifs du PDVA2
Les objectifs visés par le PDVA2 incluent plusieurs parmi ceux contemplés dans le PDVA1. Ce
sont :
1. Faire de la vulgarisation agricole une priorité pour les différents acteurs concernés.
2. Constituer un système national de vulgarisation agricole dynamique et efficace.
3. Former et mobiliser des agents de vulgarisation agricole.
4. Orienter la vulgarisation vers des innovations et technologies testées et confirmées
répondant à des besoins localisés.
5. Supporter la fourniture de services de vulgarisation à tous les agriculteurs et acteurs des
chaînes de valeurs agricoles, en mettant la priorité sur des filières décidées comme
prioritaire pour la sécurité alimentaire et la génération de revenus décents pour les
différents acteurs et différents maillons.
Pour son contenu, le plan se situe dans le cadre conceptuel qui relie la vulgarisation à la
recherche en reprenant systématiquement les innovations pour les expérimenter dans les
conditions locales. Tout ceci dans une démarche participative qui inclut la formation nonformelle au même titre que la formation formelle.
39
5. FINALITÉ, PRINCIPES DIRECTEURS ET CONTENU DU PDVA2
Figure 1. Positionnement du système de vulgarisation dans un cadre national
Source : L’auteur
Figure 2. Dynamique d’expérimentation locale - vulgarisation des innovations
agricoles
Source : L’auteur
40
5. FINALITÉ, PRINCIPES DIRECTEURS ET CONTENU DU PDVA2
5.4. Les grandes lignes d’action du PDVA2
Sept (7) lignes d’actions prioritaires sont retenues en vue d’atteindre les objectifs visés :
1. Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur : s’assurer d’une diffusion large et
répétée du plan auprès des différents acteurs, sachant qu’il y a une rotation rapidement
chez certains acteurs, de manière à éviter son ignorance ; intégrer le plan dans les
documents officiels, les programmes et projets, dans les activités du ministère et des autres
acteurs intervenants dans le secteur.
2. Mettre en place et faire fonctionner une structure de coordination de la vulgarisation
agricole : Renforcer la DVA + la doter d’un réseau de vulgarisateurs placés dans les
départements (dans les DDA et les BAC). Cela peut nécessiter d’inciter les facultés
d’agronomie (il y en a dans tous les 10 départements maintenant) à introduire la
vulgarisation agricole dans leur cursus et éventuellement lancer un programme de formation
accélérée d’agents de vulgarisation agricole à travers le pays (et non pas seulement dans la
république de Port-au-Prince).
3. Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions de vulgarisation agricole :
intégrer acteurs au niveau central (UEP) à des acteurs terrain comme les TCA.
4. Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la vulgarisation agricole : les
agriculteurs, les fermes, les structures de recherche et de formation, les entreprises, les
distributeurs d’innovations/services/formation, etc. de manière à former un SNVA
dynamique et efficace.
5. Encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs : dans les facultés, mais aussi
les écoles techniques, de manière à alimenter le système.
6. Encourager les tests, expérimentations et validation des innovations : confirmer
localement les innovations (avant vulgarisation) et évaluer les effets (après vulgarisation).
7. Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation à succès : promouvoir les
CEP, parcelles/troupeaux de démonstration, visites d’échanges, sms, fiche technique en
créole avec dessin, etc.
L’atteinte des objectifs précédents à travers la réalisation de ces sept (7) lignes d’action
suppose la mobilisation de stratégies intelligentes et pas chères comme suggérées dans la
figure ci-après qui est inspirée de Bolly (2019).
41
5. FINALITÉ, PRINCIPES DIRECTEURS ET CONTENU DU PDVA2
Figure 3. Cadre de synthèse du plan de vulgarisation
Source : L’auteur
42
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION
DU PDVA2
Dans ce chapitre, chacune des sept (7) lignes d’action du plan de vulgarisation agricole est
présentée en détail. Il est important de noter que l’ordre n’est pas particulièrement
important dans cette liste d’actions, à part le fait que le plan soit d’abord entériné par les
autorités gouvernementales du secteur agricole avant son implémentation.
6.1. Détails de l’action : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Cette première ligne d’action comporte d’abord l’activité d’officialisation du plan. De ce
point de vue, cette ligne d’action est nécessairement la première dans l’implémentation du
PDVA2. Elle implique autant un entérinement du Cabinet ministériel actuel du MARNDR que
les futurs Cabinets. Afin d’en faire un outil imposable aux futurs cabinets, il est important
que le PDVA soit intégré au prochain document de Politique de développement agricole (la
politique en cours arrive à son terme en 2025).
Après être entériné et intégré dans la politique agricole (il est important de noter que le
PDVA2 n’est pas incompatible avec la politique actuellement en vigueur), le PDVA2 doit être
systématiquement fléché dans les documents cadres du MARNDR qu’ils portent sur des
filières spécifiques ou sur des relations contractuels.
Après ce travail d’intégration officielle, le MARNDR cherchera à faire en sorte que le PDVA2
soit intégré par les autres acteurs. Pour cela, il va en assurer une diffusion à la fois massive
(en version papier, mais aussi sur internet) et ciblée (soumission aux différents partenaires et
représentations, sur l’ensemble du territoire et même à l’international). Cette opération de
diffusion devra être répétée régulièrement, chaque trois (3) ans (voir tableau 3).
43
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 3. Fiche d’action permettant l’intégration du plan dans les activités des
acteurs du secteur agricole
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Présentation et description des activités proposées pour diffuser et intégrer le plan dans les activités du
secteur
Les activités envisagées en vue de l’appropriation sectorielle du plan :
Entériner le PDVA au niveau du cabinet du ministre de l’agriculture.
Diffuser la version électronique du PDVA sur le site du MARNDR et de ses partenaires.
Présentation du PDVA dans différents fora (y compris les rencontres de la Promodev, les rencontres des TCA, etc.).
Impression du PDVA et diffusion des copies papiers dans les différentes représentations du MARNDR (DDA, BAC, BCA,
CNSA, Fermes, etc.).
Transmission d’un lot de 10 exemplaires du PDVA aux différents partenaires du MARNDR (y compris les banques, les
partenaires techniques et financiers, les facultés d’agronomie, les centres de recherche, les coopératives et organisations
de producteurs reconnues).
Intégrer le PDVA dans la prochaine génération de politique agricole ainsi dans d’autres documents du MARNDR
(documents de projets pertinents ainsi que dans les documents contractuels).
Objectifs spécifiques poursuivis en mettant en œuvre cette action
Rendre officiel le plan au niveau sectoriel.
Rendre le plan connu de tous les acteurs.
Rendre incontournable le plan pour les différents acteurs.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Reconnaissance officielle
sectorielle du PDVA2
1 publication
officielle sectorielle
Circulaire
ministérielle
Veille réglementaire
Publication en ligne et papier
du document du PDVA2
1 insertion sur le
site du MARNDR
Visite du site internet
Statistique de téléchargement
Au moins 2000
exemplaires
papiers
Différents acteurs
Enquête annuelle de la
DVA/MARNDR
Indicateur de réalisation
Indicateur de résultat
Nombre d’acteurs ayant reçu
copie du document du PDVA2
44
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles
et acteurs à mobiliser
Modalités de mobilisation proposée
Échelle de mobilisation
pertinente
DVA/MARNDR et le service administratif
(courrier) pilote l’impression et la
distribution des documents
Multiplication et diffusion du document
National
Service informatique du MARNDR
Mise en ligne du document du PDVA2
National et international
Investissements nécessaires
Coût d’impression et de multiplication du document
Coût de distribution du document
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total
Impression et multiplication du document
5
Forfait
2 000
10 000
Diffusion du texte du PDVA
10
Forfait
2 000
20 000
Total
30 000
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Rédaction et publication d’une circulaire ministérielle
entérinant le PDVA2
Année 1 - Trimestre 1
1 mois
Impression et multiplication du document de PDVA2
Année 1 - Trimestre 2
1 mois
Diffusion du texte du PDVA2 en ligne et auprès des acteurs
Année 1 - Trimestre 2
3 mois puis chaque 3 ans
45
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité
d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
Instabilité gouvernementale entraînant
changement de ministre
1
1
Faible
Le MARNDR et ses partenaires ne financent pas
l’impression et la multiplication du document
2
3
Critique
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Rappel des éléments clés à prendre en compte et des étapes importantes dans la mise en œuvre des activités
Entériner le plan de vulgarisation agricole (PDVA2) de façon officielle par circulaire ministérielle.
Diffuser en ligne et en version papier le document du PDVA2 à tous les acteurs.
46
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
6.2. Détails de l’action : Mettre en place et faire fonctionner une structure de coordination
de la vulgarisation agricole
La coordination des activités de vulgarisation agricole dans le pays doit être effectuée par
une entité du MARNDR, en collaboration avec les autres acteurs. Cette entité est la
Direction de la Vulgarisation Agricole (DVA). Cette direction n’a pas assez de cadres formés
en vulgarisation pour l’instant, or elle est appelée à piloter des activités dans les dix (10)
départements géographiques du pays. C’est pourquoi, il est nécessaire de recruter au moins
trois (3) nouveaux cadres pour cette direction et progressivement, dix (10) autres pourront
être recrutés en vue d’être placés dans les départements.
En attendant d’avoir suffisamment de ressources humaines en propre, la DVA devra travailler
en étroite collaboration avec les DDA et les responsables de BAC. Le MARNDR pourrait
identifier au moins un (1) cadre dans chaque DDA pour le recycler et le rattacher à la DVA
afin de préparer une montée en puissance progressive et une opérationnalisation de la DVA.
Cette structure de coordination de la vulgarisation agricole, placée sous la direction du
titulaire de la DVA, doit également être dotée de ressources matérielles et logistiques pour
pouvoir multiplier les documents (en particulier le PDVA2, mais aussi d’autres fiches
d’informations), pour les déplacements sur le terrain, et également pour les activités
d’expérimentation locale d’innovation et de supervision en général. Le tableau 4 suivant
présente les détails de l’action de structuration de cette coordination.
47
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 4. Fiche d’action permettant d’aboutir à une structure fonctionnelle de
coordination de la vulgarisation agricole
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de coordination de la vulgarisation
agricole
Présentation et description des activités proposées pour arriver à une structure fonctionnelle de coordination
de la vulgarisation agricole
Les activités envisagées en vue de la mise en place et le renforcement de la structure de coordination de la vulgarisation
agricole :
Recruter au moins 3 cadres pour compléter le staff de la DVA (avec des compétences en innovations, en formation, en
vulgarisation, en expérimentation agricole et en communication).
Équiper la DVA de moyens de déplacement et de communication (2 véhicules supplémentaires et kit de communication).
Recruter progressivement une dizaine de vulgarisateurs à placer dans les départements.
Intégrer tous ces cadres au sein d’une commission nationale (placée sous la direction du Directeur de la DVA et
comprenant un cadre dans chaque DDA et BAC) et qui se réunira régulièrement même en distance.
Objectif spécifique poursuivi en mettant en œuvre cette action
Rendre complet et fonctionnel le staff de la DVA.
Constituer une coordination décentralisée de pilotage de la vulgarisation agricole.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Recrutement de nouveaux
cadres
3 nouveaux cadres
recrutés
Contrats
Documents internes
Affectation de cadres travaillant
dans les DDA et BAC
10 cadres
Lettre d’affectation
Courriers de la Direction
Générale
Recrutement de vulgarisateurs
10 nouveaux cadres
recrutés
Contrats
Documents internes
Achat de véhicules et de
matériel
2 véhicules + 1kit de
communication
Facture
Documents de passation
de marché
Mise en place d’une
coordination nationale
1 coordination
constituée
Rencontres
régulières
Lettre d’invitation,
PV de rencontres
Indicateur de réalisation
48
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de coordination de la vulgarisation
agricole
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Nombre de staff
3 nouveaux cadres recrutés
Contrats
Documents internes
Nombre de véhicules
10 cadres
Lettre d’affectation
Courriers de la Direction
Générale
Indicateur de résultat
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles et acteurs
à mobiliser
Modalités de mobilisation proposée
Échelle de mobilisation
pertinente
Département des ressources humaines
Appel à candidatures, analyse de dossiers
National
Concessionnaire de véhicules
Facture
National
Investissements nécessaires
Rémunération des cadres
Coûts d’achat des véhicules et des équipements
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total (€)
Salaires
20 000
Forfait
13*10 ans
2 600 000
Achats
25 000
Forfait
3
75 000
Total
2 675 000
49
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de coordination de la vulgarisation
agricole
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Affectation de cadres dans les départements à la vulgarisation
Année 1 – trimestre 2
1 mois
Recrutement de 3 nouveaux cadres pour le bureau central de la DVA
Année 1 – trimestre 2
1 mois
Recrutement de 10 nouveaux cadres pour la DVA
Année 1 – trimestre 2-3
3 mois
Invitation des personnes concernées à la constitution et réunion de la
coordination nationale de la vulgarisation agricole (CNVA)
Année 1 – trimestre 3
1 mois (chaque
année)
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité
d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
Difficulté de retrouver des personnes compétentes à
recruter
2
2
Critique
Insuffisance de budget pour les achats et les
recrutements
2
3
Forte
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Constituer la coordination avec des cadres réellement compétents dans le domaine de la vulgarisation, quitte à lancer un
recrutement le plus ouvert possible au niveau national et même dans la diaspora.
En attendant de recruter de nouveaux cadres pour les placer dans les départements, il faudra faire preuve de
pragmatisme en faisant fonctionner le système avec les ressources déjà disponibles (humaines, logistiques, financières
tirées du volet de renforcement institutionnel des programmes en cours), en attendant l’arrivée de ressources
additionnelles. Il appartiendra à la coordination d’établir l’inventaire des principaux services de vulgarisation existants et
en éditer un répertoire.
50
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
6.3. Détails de l’action : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions de
vulgarisation agricole
Les acteurs concernés par la vulgarisation agricole sont nombreux et les interventions
peuvent être multiples. Pourtant, elles doivent toutes être en concordance selon l’approche
systémique et pluraliste adoptée. Pour cela, un dispositif de suivi-évaluation est nécessaire
(Tableau 5). Ce dispositif est placé sous la double autorité du responsable du SuiviÉvaluation du MARNDR (SE-MARNDR) et le titulaire de la DVA. Ces deux (2) concernés
inviteront les représentants des différentes catégories d'acteurs afin de se réunir pour
constituer le dispositif.
Le dispositif de suivi-évaluation du PDVA (SE-PDVA) n’est pas un groupe de Port-auprinciens. Il inclut des acteurs des départements qui sont en mesure d’observer et évaluer les
actions de vulgarisation des différents acteurs sur le terrain. Par exemple, un jumelage avec
les tables de concertation agricole départementales (TCAD) lorsqu’elles existent et
fonctionnent sera une stratégie gagnante. Le fonctionnement est similaire. Le dispositif de
SE-PDVA se réunira au moins trois (3) fois par an. En cas de difficulté, il doit se réunir au
moins une fois par an. Il se réunira très formellement à la cinquième et à la dixième année
afin de procéder aux évaluations de mi-parcours et finale (respectivement) de
l’implémentation du PDVA2.
51
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 5. Fiche d’action visant la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation
des actions de vulgarisation agricole
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions de vulgarisation agricole
Présentation et description des activités proposées pour arriver à un dispositif de suivi-évaluation des actions
de vulgarisation agricole
Les activités envisagées en vue de la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation des actions de vulgarisation
agricole:
Inviter un représentant des différentes catégories d’acteurs concernées par le suivi-évaluation du PDVA à faire partie
d’un comité de suivi-évaluation placée sous la tutelle du responsable de Suivi-Evaluation du MARNDR.
Réunir et déterminer les modalités de fonctionnement du comité de suivi-évaluation (fréquence de réunion, secrétariat
exécutif, etc.).
Réunir régulièrement le comité de suivi-évaluation du PDVA (SE-PDVA).
Évaluer les actions de vulgarisation et faire des recommandations à la coordination de la vulgarisation agricole.
Objectif spécifique poursuivi en mettant en œuvre cette action
Constituer et rendre fonctionnel un comité de suivi-évaluation de la vulgarisation agricole.
Assurer le suivi-évaluation des actions de vulgarisation agricole.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Invitation des membres du
comité de SE-PDVA
20 courriers officiels
Lettre de la DG
Courriers de la Direction
Générale
Constitution du comité de SEPDVA
1 rencontre officielle
Discours officiel
d’installation du
comité de la DG
Service protocole de la Direction
Générale (DG)
Réunions du comité de SE-PDVA
> 3 réunions par an
Lettre d’invitation
Courriers de la DG
Évaluation des actions de
vulgarisation agricole
2 évaluations
formelles
Documents de
rapport
Rapport interne du MARNDR
Indicateur de réalisation
Indicateur de résultat
Compte rendu de réunions du
comité de SE-PDVA
>3 CR par an
Documents du
comité
Archives du SE-PDVA
Rapports d’évaluation et de
recommandation
>2 rapports /10 ans
Documents du
comité
Archives du SE-PDVA
52
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions de vulgarisation agricole
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles et acteurs
à mobiliser
Modalités de mobilisation proposée
Échelle de mobilisation
pertinente
Le responsable du SE-MARNDR, le
directeur de la DVA et de la DI, les DDA, les
partenaires techniques et financiers
Lettre d’invitation de la Direction Générale
National et international
Les responsables des tables de
concertation agricole départementale
Lettre d’invitation de la Direction Générale
National
Consultant en évaluation de plan de
vulgarisation
Appel à candidatures du MARNDR
National
Investissements nécessaires
Frais liés à la tenue des réunions
Honoraires d’un éventuel consultant
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total (€)
Dépenses d’animation des réunions
500
Forfait
4x10 ans
20 000
Honoraires d’un éventuel consultant
50 000
Forfait
1
50 000
Total
70 000
53
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions de vulgarisation agricole
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Lettre d’invitation aux catégories d’acteurs concernées
Année 1 – trimestre 4
1 mois
Réunion d’installation du comité de suivi-évaluation du PDVA (SE-PDVA)
Année 1 – trimestre 4
1 mois
Réunion récurrente du comité
Année 1-10 – trimestre 4
1 mois
Mission d’évaluation du plan
Année 10 - trimestre 4
1 mois
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité
d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
Les acteurs invités ne sont pas intéressés/disponibles
1
1
Faible
Les rencontres programmées ne peuvent pas avoir lieu
1
1
Faible
Le financement nécessaire n’est pas disponible
1
3
Critique
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Rappel des éléments clés à prendre en compte et des étapes importantes dans la mise en œuvre des activités
La constitution du comité de suivi-évaluation du PDVA implique au premier chef le SE-MARNDR, le directeur de la DVA
ainsi que les tables de concertation agricoles départementales. Le comité doit également inclure un représentant de
chaque DDA et au moins un directeur de BAC par département (lorsque ceux-ci ne sont pas déjà dans la TCAD ou si celleci n’est pas fonctionnelle).
Le SE-PDVA peut être amené à recommander le recrutement d’un consultant pour l’évaluation mi-parcours et finale du
PDVA si cette tâche s’avère trop lourde pour être menée en interne.
54
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
6.4. Détails de l’action : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la
vulgarisation agricole
Dans l’approche du faire faire privilégiée par le MARNDR, les acteurs de vulgarisation sont
mis en avant. Le MARNDR se contentera dans certains cas de montrer l’exemple (approche
interventionniste marginale), mais il laissera les acteurs concernés libres de vulgariser les
innovations qu’il aura validées. Dans ce contexte, pour que le système fonctionne, il est
nécessaire que les acteurs soient en réseau, afin de constituer véritablement le système
national de vulgarisation agricole (SNVA).
Pour constituer le SNVA, le MARNDR, à travers la DVA, prendra l’initiative d’identifier ou
mieux inventorier les acteurs en vue de les inviter à une première rencontre (dès la première
année d’exécution du plan) afin de les informer de l’importance d’être connectés entre eux
et avec le MARNDR. Au même moment, la décision de création de l’espace mutualisé
d’échanges et de rencontres régulières sera prise conjointement. Les acteurs du SNVA se
réuniront chaque deux (2) ans pour échanger les expériences et les pratiques (voir tableau
6). Il est possible qu’il soit doté de son propre petit comité interne. Dans tous les cas, la DVA
devra se présenter diligemment dans les rencontres afin de capitaliser sur les échanges.
La DVA veillera à ce que cet espace soit inclusif et représentatif des différentes catégories
d’acteurs, en particulier des femmes, des jeunes et des agro-entrepreneurs. Elle s’évertuera
à actualiser régulièrement la liste des acteurs, au fur et à mesure des changements dans le
système.
55
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 6. Fiche d’action permettant d’appuyer et mettre en réseau les acteurs
concernés par la vulgarisation agricole
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la vulgarisation agricole
Présentation et description des activités proposées pour arriver à une structure fonctionnelle de coordination
de la vulgarisation agricole
Les activités envisagées en vue de la mise en place et le renforcement de la structure de coordination de la vulgarisation
agricole :
Identifier les différents acteurs du système national de vulgarisation agricole (SNVA) du pays.
Connecter les différents acteurs du SNVA.
Constituer un espace de rencontres régulières entre les différents acteurs.
Évaluer les besoins de vulgarisation agricole.
Objectifs spécifiques poursuivis en mettant en œuvre cette action
Constituer et rendre fonctionnel le SNVA.
Inventorier progressivement les besoins de vulgarisation agricole.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Identifier les différents acteurs
du SNVA
1 série d’échanges
avec les acteurs
Rapport de la DVA
Rapport annuel de la DVA
Mise en contact de l’ensemble
des acteurs
1 lettre d’invitation
Rapport de la DVA
Rapport annuel de la DVA
Réunions régulières au niveau
du SNVA (en ligne)
1 rencontre chaque
2 ans
Rapport de la DVA
Rapport annuel de la DVA
Inventaire annuel des besoins
1 liste des besoins
Rapport de la DVA
Rapport annuel de la DVA
Répertoire actualisé des acteurs
1
Rapport de la DVA
Archives du SE-PDVA
Liste des besoins actualisée
1
Rapport de la DVA
Archives du SE-PDVA
Indicateur de réalisation
Indicateur de résultat
56
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la vulgarisation agricole
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles et acteurs à mobiliser
Modalités de
mobilisation proposées
Échelle de mobilisation
pertinente
Associations de producteurs (hommes et femmes),
responsables de fermes, structures de recherche et de
formation, entreprises fournisseurs d’intrants et/ou de services,
distributeurs d’innovations, de services de formation ou de
machines, opérateurs de projets, vulgarisateurs, etc.
Lettre d’invitation
National
Directions techniques et déconcentrées du MARNDR (DVA, DI,
DFPEA, DPV, DPA, CNSA, BCA, etc.)
Lettre d’invitation
National
Investissements nécessaires
·Rémunération des cadres
Coûts d’achat des véhicules et des équipements
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total (€)
Service traiteur
25 000
Forfait
5
125 000
Dépenses d’animation des rencontres
régulières
15 000
Forfait
5
75 000
Total
200 000
57
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la vulgarisation agricole
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Établissement de la liste des acteurs concernés
Année 1 – trimestre 3
3 mois
Invitation à la première rencontre nationale des acteurs du SNVA
Année 1 – trimestre 4
1 mois
Réunion bisannuelle des acteurs du SNVA
Année 3/5/7/9 – trimestre 4
1 mois
Établissement et actualisation des besoins de vulgarisation agricole
Année 3/5/7/9 - trimestre 4
3 mois
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité
d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
Les acteurs invités ne sont pas intéressés/disponibles
1
1
Faible
Les rencontres programmés ne peuvent pas avoir lieu
en présentiel (dans ce cas préférer le distanciel)
1
1
Faible
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Rappel des éléments clés à prendre en compte et des étapes importantes dans la mise en œuvre des activités
Il est important de ne pas oublier les femmes et jeunes qui s’investissent dans l’agriculture ainsi que les entrepreneurs de
fermes agricoles. Il appartiendra à la coordination autour de la DVA de piloter l’inventaire régulier des besoins de
vulgarisation au sein du SNVA en mobilisant les acteurs.
À partir de l’inventaire des besoins, il conviendra de souligner la progressivité de l’adaptation de la vulgarisation agricole et
l’appui-conseil aux typologies d’exploitation agricoles.
58
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
6.5. Détails de l’action : Former et encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
La formation des agents de vulgarisation est cruciale pour l’implémentation du PDVA2. S’il
est nécessaire que la DVA établisse au plus tôt un inventaire des personnes formées dans le
domaine de vulgarisation agricole, il est un fait qu’il n’y a pas assez de personnes formées
dans ce domaine dans le pays. Pour cela, dans un premier temps, le MARNDR à travers la
DVA entreprendra directement de recycler un certain nombre de cadres dans les DDA et les
BAC. Ces derniers pourront servir de formateurs par la suite pour aider à la formation
d’autres acteurs de terrain (notamment dans les organisations de producteurs et les ONG).
Afin de constituer un bassin national de vulgarisateurs certifiés, en plus des cadres existants,
le MARNDR offrira des bourses (au moins une dizaine) d’études spécialisées en vulgarisation
agricole à des jeunes qui s’engageront à travailler en Haïti au moins 5 ans après leurs
études (sous peine de remboursement du montant de la bourse ou sous peine de poursuite
judiciaire). Bien sûr, le MARNDR s’assurera d’offrir un poste décemment rémunéré à ces
diplômés qui pourront également aller travailler chez d’autres acteur du SNVA.
Enfin, pour s’assurer qu’il y aura une relève, le MARNDR à travers la DVA proposera aux
établissements de formation agricole un syllabus de cours normalisé sur les thèmes devant
être abordés dans une formation sur la vulgarisation agricole. Il encouragera chaque
établissement à offrir au moins un cours sur la vulgarisation agricole.
La formation en vulgarisation agricole (voir tableau 7) ne concerne pas uniquement les
techniciens et les universitaires. Les agriculteurs et les paysans en général, notamment les
agriculteurs-leaders ou innovateurs pourront être recyclés de manière à contribuer à la
vulgarisation des innovations auprès des pairs. Pour cela, les vulgarisateurs formés et
certifiés par le MARNDR devront jouer également le rôle de formateurs auprès des autres
acteurs.
59
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 7. Fiche d’action visant à former et encourager la formation et l’implication
de vulgarisateurs
Action 5 : Former et encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Présentation et description des activités proposées pour former et encourager la formation et l’implication de
vulgarisateurs
Les activités envisagées en vue de former et encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs :
Recycler et sensibiliser des agents de terrain (agriculteurs modèles) déjà impliqués dans la vulgarisation.
Recycler et former en vulgarisation agricole des cadres déjà recrutés par le ministère.
Encourager la formation d’agronomes compétents en vulgarisation agricole.
Objectif spécifique poursuivi en mettant en œuvre cette action
Recycler les acteurs déjà impliqués dans la vulgarisation agricole.
Inciter la formation de nouveaux cadres en vulgarisation agricole.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Ateliers de sensibilisation et
d’actualisation basés sur le PDVA
avec des agents de terrain
1 atelier
communal
Lettre d’invitation
Rapport des BAC
Atelier de formation des cadres
identifiés dans les DDA et les BAC
10 ateliers
départementaux
Lettre d’invitation
Rapport des DDA
Rédaction d’un syllabus de cours
sur la vulgarisation agricole
(indiquant les compétences à
acquérir et les thématiques à voir)
à remettre aux écoles d’agriculture
1 syllabus
Issu des discussions
du PDVA
Archives de la DVA
Bourses d’études fléchées sur la
vulgarisation agricole
10 bourses
Rapport de
recrutements
Archives de la DVA
Nombre d’agents recyclés en
vulgarisation agricole
1 000 personnes
Rapport d’ateliers
Rapport des BAC
Nombre de boursiers sur la
vulgarisation agricole
10
Rapport d’entretien
Rapport de la DVA
Indicateur de réalisation
Indicateur de résultat
60
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 5 : Former et encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles et acteurs à mobiliser
Modalités de mobilisation
proposée
Échelle de mobilisation
pertinente
Agriculteurs modèles, agents de vulgarisation
Liste à tirer du répertoire des
acteurs
Nationale
Cadres diplômés en agronomie déjà employés dans
les DDA et les BAC, étudiants déjà enrôlés dans les
écoles d’agronomie
Lettre d’invitation des DDA et BAC
Appel à candidature de bourses
d’études
Nationale
Investissements nécessaires
Frais d’animation des ateliers
Bourses d’études
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total (€)
Frais de rafraîchissement +
déplacement (commune)
2 000
Forfait
150
300 000
Frais d’organisation + primes pour les
formateurs
5 000
Forfait
100
500 000
Coûts des bourses
15 000
Forfait
10
150 000
Total
950 000
61
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 5 : Former et encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Animation d’ateliers de recyclage pour des agents de vulgarisation
Année 2 – trimestre 2
3 mois
(chaque 2 ans)
Organisation d’ateliers de formation pour des cadres de vulgarisation
Année 2 – trimestre 2
3 mois
(chaque 2 ans)
Esquisse d’un module de formation universitaire en vulgarisation agricole
Année 2 – trimestre 2
6 mois
Octroi de 10 bourses d’études en vulgarisation agricole
Année 2 – trimestre 2
24 mois et en 2
fois
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité
d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
L’instabilité et l’insécurité empêchent de réaliser les
ateliers
2
2
Critique
Absence de financement pour les bourses d’études
2
3
Forte
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Rappel des éléments clés à prendre en compte et des étapes importantes dans la mise en œuvre des activités
La formation des agents de vulgarisation agricole doit les préparer à la complexité du métier : ils doivent être compétents
non seulement sur les sujets techniques, mais ils doivent avoir aussi des compétences méthodologiques (capacité à
écouter, diagnostiquer, communiquer, accompagner des projets paysans…).
Les actions de formation formelle peuvent prendre plusieurs formes : formation en alternance (terrain – université) ou
l’introduction de modules de formation à élaborer et insérer dans le cursus des facultés d’agronomie.
Les montants de bourses peuvent être tirés de projets de recherche-formation-vulgarisation. Si l’insécurité persiste et
empêche de réaliser les ateliers de formation en présentiel, dans la mesure du possible on pourra essayer des séances en
ligne.
62
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
6.6. Détails de l’action : Encourager les tests, expérimentations et validation des innovations
Le problème de la validation des innovations à vulgariser a été posé dans différents ateliers
(départementaux et lors de l’atelier de validation). Il est apparu nécessaire pour le MARNDR,
à travers la DVA, d’encourager le test au niveau local des innovations avant de les vulgariser.
Même si une innovation a été élaborée et testée dans le Nord, il n’est pas certain qu’elle
donnera les mêmes résultats ou qu’elle sera adaptée dans les agroécosystèmes du Sud.
Pour cela, il est nécessaire que des expérimentations nouvelles soient faites au niveau local.
C’est surtout à ce niveau que le MARNDR devra montrer l’exemple, à travers les fermes
d’État et également dans les parcelles dédiées des BACS, la DVA devra faire réaliser des
expérimentations
sur
les
innovations
à
vulgariser
(tableau
8).
Ces
activités
d’expérimentations sont d’excellents moments de formation des acteurs locaux (producteurs
et autres).
63
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 8. Fiche d’action visant à encourager les tests, expérimentations et
validation des innovations avant leur vulgarisation
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des innovations
Présentation et description des activités proposées pour arriver à des tests, expérimentations et évaluation
des innovations avant leur vulgarisation
Les activités envisagées en vue de tester, expérimenter et valider localement les innovations avant leur vulgarisation:
Proposer un protocole de validation expérimentale et sociale des innovations.
Utiliser les fermes du Ministère et de ses partenaires pour évaluer localement les innovations à vulgariser.
Encourager les structures de recherche à étendre leurs activités à la validation des innovations.
Objectif spécifique poursuivi en mettant en œuvre cette action
Vérifier localement l’efficacité des innovations agricoles avant leur vulgarisation.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Élaboration d’un protocole de
validation expérimentale et sociale
des innovations à faire adopter par
le SNVA
1 protocole
adopté
Document interne
de la DVA
Archives de la DVA
Établissement de parcelles
d’expérimentation dans les
communes
>1 parcelle par
commune par an
Rapport des
vulgarisateurs
Archives de la DVA
Protocole de validation
d’innovations agricoles
1 protocole
adopté
Compte rendu de
rencontre du SNVA
Rapports de la DVA
Nombre de validations locales
d’innovations
50 validations
Rapport d’activités
Rapport de la DVA
Indicateur de réalisation
Indicateur de résultat
64
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des innovations
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles et acteurs à mobiliser
Modalités de mobilisation
proposée
Échelle de mobilisation
pertinente
Cadres de la DVA / Membres du SNVA
Rencontre de travail et de
discussion
Nationale
Vulgarisateurs désignés de la DVA et agriculteurs
Participation aux travaux sur les
parcelles d’expérimentation
Communale
Investissements nécessaires
Rafraichissement de la rencontre de validation du protocole
Coûts des parcelles d’expérimentation (goûter pour les participants, acquisition d’intrants et de services de
mécanisation/irrigation par exemple)
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total (€)
Rafraichissement (une dizaine de
rencontres par ex.)
500
Forfait
100*10
500 000
Achats d’intrants, de services et
de technologies
5 000
Forfait
100
500 000
Total
1 000 000
65
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des innovations
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Élaborer un protocole de validation et le faire valider
au niveau du SNVA
Année 2 – trimestre 3-4
6 mois
Encourager les structures de recherche à réaliser
des validations d’innovations
Année 2 – trimestre 3 et après
En continu
Établir des parcelles d’expérimentation et valider localement
des innovations
Année 2 – trimestre 4 et après
En continu
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité
d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
Les acteurs ne s’entendent pas sur la méthodologie
du protocole
1
3
Critique
Insuffisance de fonds pour réaliser les validations
locales
2
3
Forte
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Rappel des éléments clés à prendre en compte et des étapes importantes dans la mise en œuvre des activités
Le protocole doit être validé socialement en plus d’être validé expérimentalement pour pouvoir être adopté par les
différents acteurs, notamment les structures de recherche qui élaborent des innovations.
Les expérimentations locales d’innovations doivent se faire avec les agriculteurs ou leurs représentants. Elles seront
animées par les vulgarisateurs reconnus par le MARNDR/DVA. Certaines ne demandent pas beaucoup de ressources pour
être réalisées et des soutiens issus de projets en cours peuvent être canalisés vers activités.
66
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
6.7. Détails de l’action : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation à
succès
Il existe différentes stratégies, méthodes et outils de vulgarisation (une modélisation de ces
trois (3) éléments est présentée en annexe 11.2). Puisque le PDVA2 ne préconise pas un
élément particulier au détriment des autres, ce qui importe ici est la promotion d’éléments à
succès. Par exemple, la méthode Champ-école paysan (CEP) semble avoir donné des
résultats intéressants dans différents projets et à différents endroits du pays. Il peut donc
être promu auprès des acteurs qui pourraient l’implémenter. Il ne s’agit nullement de faire
du CEP une panacée, car selon le principe directeur de la flexibilité adopté et selon
l’approche pluraliste, il n’est pas pertinent de privilégier une méthode par rapport à une
autre systématiquement. L’important est d’adapter les méthodes aux besoins et aux
ressources disponibles. En l’occurrence, le CEP peut se révéler parfois relativement coûteux
en temps et en argent (pour la restauration et les déplacements des bénéficiaires).
Les méthodes et outils de vulgarisation agricole se multiplient au gré de l’imagination des
vulgarisateurs et du développement des technologies de la communication et de
l’information (TIC). En effet, la vulgarisation est foncièrement de la communication. Il s’agit
de faire passer un message correctement compris par les acteurs. C’est pourquoi, selon le
type, le format ou la spécificité du message, il est possible d’adopter une stratégie de
communication de masse, en groupe ou individuelle.
Les acteurs du SNVA seront libres de développer et tester des outils et méthodes de
vulgarisation au fur et à mesure. Il sera important de les recenser à chaque rencontre afin
de disposer d’un répertoire de méthodes et outils, ainsi que de bonnes pratiques, pouvant
être promus auprès de nouveaux acteurs.
En 2021, le MARNDR et l’IICA ont développé une application mobile appelée AgriExt. Cette
application sera expérimentée afin que, si elle est couronnée de succès, elle puisse être
insérée dans le répertoire des outils et méthodes à promouvoir.
67
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Tableau 9 Fiche dÊaction permettant la promotion des stratégies méthodes et outils
de vulgarisation à succès
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation à succès
Présentation et description des activités proposées pour arriver à des tests, expérimentations et évaluation
des innovations avant leur vulgarisation
Les activités envisagées en vue de la mise en place et le renforcement de la structure de coordination de la vulgarisation
agricole :
Identifier et documenter les bonnes pratiques de vulgarisation agricole.
Promouvoir directement les outils et méthodes à succès via des formations (recyclage).
Inciter les autres acteurs de vulgarisation agricole à utiliser les bonnes pratiques.
Objectifs spécifiques poursuivis en mettant en œuvre cette action
Identifier et documenter les outils et méthodes de vulgarisation ayant fait succès.
Former les vulgarisateurs à ces méthodes.
Résultats et indicateurs de suivi
Indicateur
Cible
Origine des données
Fréquence et moyen de collecte
Liste des méthodes et outils à
succès rapportés par les membres
du SNVA (lors des rencontres
biannuelles)
1 liste actualisée
Compte rendu de
réunion du SNVA
Archives de la DVA
Documentation sur les méthodes
et outils à succès
1 dizaine de
documents
Documents internes
Archives de la DVA
Diffusion des documents de
capitalisation sur les méthodes et
outils à succès
1000
destinataires
Statistique d’envois
et de
téléchargements
Rapport annuel DVA
100 personnes
Rapport d’ateliers
Rapport annuel DVA
Indicateur de réalisation
Indicateur de résultat
Nombre de vulgarisateurs formés
aux bonnes pratiques
68
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation à succès
Acteurs et modalités de mobilisation des acteurs
Organisations professionnelles et acteurs à mobiliser
Modalités de mobilisation
proposée
Échelle de mobilisation
pertinente
Maitres formateurs au sein de la DVA et participants
dans différentes catégories d’organisations ;
tous les membres du SNVA
Participation pro bono
National
Cadres de la DVA et éventuellement consultants
Mobilisation sur le terrain pour
voir, analyser et documenter les
méthodes et outils annoncés
comme étant à succès
National
Investissements nécessaires
Frais d’organisation des ateliers de formation (en mutualisation avec l’action 6)
Coûts de production, impression et de reproduction des documents de capitalisation
Évaluation du coût de chaque activité et des moyens humains nécessaires
Type de coûts
Coût unitaire (€)
Unité
Quantité
Total (€)
Frais pour organisation d’ateliers
de formation
15 000
Forfait
4
60 000
Achat de services (formateurs,
capitalisation, impression…)
25 000
Forfait
7
175 000
Total
235 000
69
6. DÉTAILS DES LIGNES D’ACTION DU PDVA2
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation à succès
Proposition de calendrier de mise en œuvre des activités
Tâches
Début de mise en œuvre
Durée
Inventaire participatif des outils et méthodes à succès (dans SNVA)
Année 3/5/7/9 – trimestre 2
1 mois
Documentation des outils et méthodes à succès
Année 3/5/7/9 – trimestre 3
6 mois
Formation de 100 vulgarisateurs aux bonnes pratiques
Année 4/5/6/7/8/9/10 – trim 4
3 mois
Analyse des risques relatifs à la mise en œuvre des activités
Probabilité d’occurrence
Conséquences directes
ou indirectes du risque
Niveau de
risque global
Les acteurs ne s’entendent pas
sur la méthodologie du protocole
Insuffisance de fonds pour réaliser
les ateliers
2
Critique
Insuffisance de fonds pour
réaliser les validations locales
Insuffisance de fonds pour produire
et distribuer la documentation
sur les bonnes pratiques
2
Forte
Probabilité
d'occurrence
du risque
Type de risque
3
Critique
Forte
Très forte
2
Modérée
Critique
Forte
1
Faible
Modérée
Critique
1
2
3
Conséquences directes et indirectes du risque
Rappel des éléments clés à prendre en compte et des étapes importantes dans la mise en œuvre des activités
La vulgarisation est avant tout une communication. De ce fait, avant de sélectionner les méthodes ou outils, il est
important de prendre en compte les quatre (4) éléments importants d’une communication : 1) la source d’information; 2)
le message; 3) le canal de distribution du message et; 4) le destinateur ou public cible (selon Oakley et Garforth, 1985 et
GFRAS, 2016).
Les agriculteurs/trices devraient se voir donné la possibilité de réaliser des voyages de formation et d’échanges
d’expériences qui leur permettent d’accéder à l’information et d’élargir leurs références. Ces voyages peuvent se faire à
l’intérieur du pays.
En matière d’accès à l’information, il est souhaitable de mobiliser les applications mobiles comme AgriExt développée en
2021 par le MARNDR et l’IICA (IICA, 2021) et qui reste à être étudiée pour une éventuelle systématisation. D’autres
méthodes sont le CEP, les parcelles/troupeaux de démonstration, séances de dégustation, mais également l’utilisation des
médias digitalisés.
70
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE
ET BUDGET DU PDVA2
Un planning indicatif de mise en œuvre du plan de vulgarisation agricole ainsi qu’un budget
ventilé par année et par ligne d’action sont proposés à travers les deux (2) tableaux (10 et
11) ci-après.
L’essentiel des activités consistera à mobiliser les acteurs non-étatiques. De ce fait, le
MARNDR aura à apporter un support substantiel à ces acteurs. Les producteurs recevront un
appui financier pour pouvoir pallier les insuffisances de moyens nécessaires à l’adoption des
innovations vulgarisées. Des formations et compétences seront à tous les acteurs, en
particulier les acteurs qui font la vulgarisation agricole. La motivation du MARNDR est de
revaloriser le métier de vulgarisateur. Il cherche également à faire en sorte que les actions
de vulgarisation ne soient pas trop coûteuses mais qu’elles soient le moins chères possible.
Au total, pour les dix (10) ans prévus du plan, le budget estimé vise à constituer une équipe
de coordination de la mise en œuvre déployée sur le terrain et appuyer les actions des
acteurs de vulgarisation ainsi que l’adoption d’innovations confirmées dans les
agroécosystèmes.
71
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
7.1. Planning indicatif de mise en œuvre des actions et de leurs tâches
Le tableau 10 suivant contient une programmation indicative de l’implémentation des
différentes lignes d’actions sur la décennie du plan.
Tableau 10. Calendrier de mise en œuvre du PDVA2
72
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
Lignes d'actions prioritaires
Année 1
2025 - 2026
Année 2
2026 - 2027
Année 3
2027 - 2028
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Rédaction et publication d’une circulaire ministérielle entérinant le PDVA2
Impression et multiplication du document de PDVA2
Diffusion du texte du PDVA2 en ligne et auprès des acteurs
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de
coordination de la vulgarisation agricole
Affectation de cadres dans les départements à la vulgarisation
Recrutement de 3 nouveaux cadres pour le bureau central de la DVA
Recrutement de 10 nouveaux cadres pour la DVA
Invitation des personnes concernées à la constitution et réunion de la
coordination nationale de la vulgarisation agricole
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions
de vulgarisation agricole (SE-PDVA)
Lettre d'invitation aux catégories d’acteurs concernées par le SE-PDVA
Réunion d’installation du comité de SE-PDVA
Réunion récurrente du comité de SE-PDVA
Mission d’évaluation du plan
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la
vulgarisation agricole
Établissement de la liste des acteurs concernés
Invitation à la première rencontre nationale des acteurs du SNVA
Réunion bisannuelle des acteurs du SNVA
Établissement et actualisation des besoins de vulgarisation agricole
Action 5 : Encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Animation d’ateliers de recyclage pour des agents de vulgarisation
Organisation d’ateliers de formation pour des cadres de vulgarisation
Esquisse d’un module de formation universitaire en vulgarisation agricole
Octroi de 10 bourses d’études en vulgarisation agricole
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des
innovations
Élaborer un protocole de validation et le faire valider au niveau du SNVA
Encourager les structures de recherche à réaliser des validations d’innovations
Établir des parcelles d’expérimentation et valider localement des innovations
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation
à succès
Inventaire participatif des outils et méthodes à succès
Documentation des outils et méthodes à succès
Formation de 100 vulgarisateurs aux bonnes pratiques
73
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
Lignes d'actions prioritaires
Année 4
2028 - 2029
Année 5
2029 - 2030
Année 6
2030 - 2031
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Rédaction et publication d’une circulaire ministérielle entérinant le PDVA2
Impression et multiplication du document de PDVA2
Diffusion du texte du PDVA2 en ligne et auprès des acteurs
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de
coordination de la vulgarisation agricole
Affectation de cadres dans les départements à la vulgarisation
Recrutement de 3 nouveaux cadres pour le bureau central de la DVA
Recrutement de 10 nouveaux cadres pour la DVA
Invitation des personnes concernées à la constitution et réunion de la
coordination nationale de la vulgarisation agricole
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions
de vulgarisation agricole (SE-PDVA)
Lettre d'invitation aux catégories d’acteurs concernées par le SE-PDVA
Réunion d’installation du comité de SE-PDVA
Réunion récurrente du comité de SE-PDVA
Mission d’évaluation du plan
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la
vulgarisation agricole
Établissement de la liste des acteurs concernés
Invitation à la première rencontre nationale des acteurs du SNVA
Réunion bisannuelle des acteurs du SNVA
Établissement et actualisation des besoins de vulgarisation agricole
Action 5 : Encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Animation d’ateliers de recyclage pour des agents de vulgarisation
Organisation d’ateliers de formation pour des cadres de vulgarisation
Esquisse d’un module de formation universitaire en vulgarisation agricole
Octroi de 10 bourses d’études en vulgarisation agricole
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des
innovations
Élaborer un protocole de validation et le faire valider au niveau du SNVA
Encourager les structures de recherche à réaliser des validations d’innovations
Établir des parcelles d’expérimentation et valider localement des innovations
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation
à succès
Inventaire participatif des outils et méthodes à succès
Documentation des outils et méthodes à succès
Formation de 100 vulgarisateurs aux bonnes pratiques
74
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
Lignes d'actions prioritaires
Année 7
2031 - 2032
Année 8
2032 - 2033
Année 9
2033 - 2034
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Rédaction et publication d’une circulaire ministérielle entérinant le PDVA2
Impression et multiplication du document de PDVA2
Diffusion du texte du PDVA2 en ligne et auprès des acteurs
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de
coordination de la vulgarisation agricole
Affectation de cadres dans les départements à la vulgarisation
Recrutement de 3 nouveaux cadres pour le bureau central de la DVA
Recrutement de 10 nouveaux cadres pour la DVA
Invitation des personnes concernées à la constitution et réunion de la
coordination nationale de la vulgarisation agricole
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions
de vulgarisation agricole (SE-PDVA)
Lettre d'invitation aux catégories d’acteurs concernées par le SE-PDVA
Réunion d’installation du comité de SE-PDVA
Réunion récurrente du comité de SE-PDVA
Mission d’évaluation du plan
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la
vulgarisation agricole
Établissement de la liste des acteurs concernés
Invitation à la première rencontre nationale des acteurs du SNVA
Réunion bisannuelle des acteurs du SNVA
Établissement et actualisation des besoins de vulgarisation agricole
Action 5 : Encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Animation d’ateliers de recyclage pour des agents de vulgarisation
Organisation d’ateliers de formation pour des cadres de vulgarisation
Esquisse d’un module de formation universitaire en vulgarisation agricole
Octroi de 10 bourses d’études en vulgarisation agricole
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des
innovations
Élaborer un protocole de validation et le faire valider au niveau du SNVA
Encourager les structures de recherche à réaliser des validations d’innovations
Établir des parcelles d’expérimentation et valider localement des innovations
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation
à succès
Inventaire participatif des outils et méthodes à succès
Documentation des outils et méthodes à succès
Formation de 100 vulgarisateurs aux bonnes pratiques
75
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
Lignes d'actions prioritaires
Année 10
2034 - 2035
Action 1 : Diffuser et intégrer le plan dans les activités du secteur
Rédaction et publication d’une circulaire ministérielle entérinant le PDVA2
Impression et multiplication du document de PDVA2
Diffusion du texte du PDVA2 en ligne et auprès des acteurs
Action 2 : Mettre en place et faire fonctionner une structure de coordination de la vulgarisation
agricole
Affectation de cadres dans les départements à la vulgarisation
Recrutement de 3 nouveaux cadres pour le bureau central de la DVA
Recrutement de 10 nouveaux cadres pour la DVA
Invitation des personnes concernées à la constitution et réunion de la coordination nationale de la
vulgarisation agricole
Action 3 : Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation des actions de vulgarisation agricole
(SE-PDVA)
Lettre d'invitation aux catégories d’acteurs concernées par le SE-PDVA
Réunion d’installation du comité de SE-PDVA
Réunion récurrente du comité de SE-PDVA
Mission d’évaluation du plan
Action 4 : Appuyer et mettre en réseau les acteurs concernés par la vulgarisation agricole
Établissement de la liste des acteurs concernés
Invitation à la première rencontre nationale des acteurs du SNVA
Réunion bisannuelle des acteurs du SNVA
Établissement et actualisation des besoins de vulgarisation agricole
Action 5 : Encourager la formation et l’implication de vulgarisateurs
Animation d’ateliers de recyclage pour des agents de vulgarisation
Organisation d’ateliers de formation pour des cadres de vulgarisation
Esquisse d’un module de formation universitaire en vulgarisation agricole
Octroi de 10 bourses d’études en vulgarisation agricole
Action 6 : Encourager les tests, expérimentations et validation des innovations
Élaborer un protocole de validation et le faire valider au niveau du SNVA
Encourager les structures de recherche à réaliser des validations d’innovations
Établir des parcelles d’expérimentation et valider localement des innovations
Action 7 : Promouvoir les stratégies, méthodes et outils de vulgarisation à succès
Inventaire participatif des outils et méthodes à succès
Documentation des outils et méthodes à succès
Formation de 100 vulgarisateurs aux bonnes pratiques
76
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
7.2. Budget indicatif par an et par action
Ce tableau 11 présente des estimations budgétaires pour la mise en œuvre de chaque ligne
d’action. Pour des raisons de simplification, nous avons utilisé le dollar américain. Le coût
total estimé est de trois millions dix mille (3,010,000.00) dollars.
Tableau 11. Budget indicatif du PDVA2
Lignes
d'actions prioritaires
Année
Total
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
10 ans
Action 1 :
Diffuser et intégrer
le plan dans les activités
du secteur
20 000
1 500
1 500
1 000
1 000
1 000
1 000
1 000
1 000
1 000
30 000
Action 2 :
Mettre en place et faire
fonctionner une structure
de coordination de
la vulgarisation agricole
345 000
20 000
20 000
20 000
20 000
20 000
20 000
20 000
20 000
20 000
525 000
Action 3 :
Mettre en place
un dispositif
de suivi-évaluation
des actions de vulgarisation
agricole (SE-PDVA)
2 000
2 000
2 000
2 000
2 000
2 000
2 000
2 000
2 000
52 000
70 000
Action 4 :
Appuyer et mettre
en réseau les acteurs
concernés par
la vulgarisation agricole
40 000
40 000
40 000
40 000
40 000
200 000
Action 5 :
Encourager la formation
et l’implication de
vulgarisateurs
197 500
117 500
80 000
117 500
117 500
80 000
80 000
80 000
80 000
950 000
Action 6 :
Encourager les tests,
expérimentations et
validation des innovations
200 000
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
1 000 000
15 000
25 000
40 000
25 000
40 000
25 000
40 000
25 000
235 000
Action 7 :
Promouvoir les stratégies,
méthodes et outils de
vulgarisation à succès
Total
407 000 421 000 296 000 228 000 320 500 265 500 283 000 228 000 283 000 278 000 3 010 000
77
7. PLANNING DE MISE EN ŒUVRE ET BUDGET DU PDVA2
7.3. Stratégies de financement du PDVA2
La stratégie de financement préconisée pour la mise en œuvre du PDVA2 est une stratégie
évolutive ou progressive. Elle est basée sur la réalité actuelle du fonctionnement de l’État
haïtien qui a du mal à équilibrer ses budgets avec des ressources propres. De ce fait, le
pragmatisme implique d’initier l’implémentation du plan avec les ressources disponibles tant
au Ministère de l’Agriculture que ceux habituellement mobilisés par les autres acteurs et
partenaires.
Premièrement, il convient de mobiliser autant que possible les ressources humaines
disponibles dans la DVA, dans les DDA, dans les BAC et les fermes agricoles rattachées au
MARNDR, quitte à les recycler. Cela implique une collaboration étroite entre la DVA (au
niveau central) et ces entités déconcentrées. Il en sera de même avec les autres acteurs
privés ou organisationnels qui implémentent habituellement des actions de vulgarisation.
Certaines formations de type recyclage sont possibles en identifiant et mobilisant des
spécialistes disponibles sur le terrain (dans les universités ou dans les ONG). Ceci n’implique
pas nécessairement des coûts élevés.
Deuxièmement, il s’agit pour le Ministère de canaliser vers la DVA, en priorité, une partie
substantielle des ressources budgétisées pour renforcement institutionnel sur différents
projets ou programmes en cours ou à venir. Dans le sens couramment utilisé, le
renforcement institutionnel dans les ministères implique habituellement des ressources
logistiques (véhicules et autres équipements), appuis en formation et en élaboration de
procédures. Tout ceci sera bienvenu pour la DVA.
Troisièmement, il y a lieu de canaliser vers la DVA les ressources des volets ou composantes
de vulgarisation agricole des programmes de sécurité alimentaire, de génération de revenus
agricoles ou de développement agricole en général. Il ne s’agit pas de détourner les
ressources des programmes. Bien au contraire, il s’agit d’une recherche de cohérence et
d’inscription de ces derniers dans une continuité nécessaire au développement durable. Il
peut s’agir d’impliquer la DVA dans la conception et l’implémentation de ces programmes de
manière à y réaliser les objectifs et actions prévus dans le PDVA2.
Enfin, lorsque le MARNDR parviendra à doter ses directions techniques de budget propre,
il sera possible pour la DVA d’entreprendre des actions de vulgarisation de manière
autonome, avec le réseau d’acteurs et de vulgarisateurs qu’elle aura constitué
au sein du SNVA.
78
8. CONDITIONS DE REUSSITE
DU PLAN
Certains acteurs consultés ont souligné le fait que le MARNDR a le grand mérite d’avoir élaboré
de nombreux plans. Cependant, leur implémentation n’est pas systématique. De ce fait, il est
important d’accorder une attention aux facteurs externes aux plans qui sont susceptibles
d’entraver toute bonne volonté de leur mise en œuvre. Ces facteurs portent en particulier sur la
protection des droits de propriété, l’accès aux marchés (marché du crédit notamment), le
zonage et le statut socioéconomique des producteurs agricoles.
En ce qui concerne ce Plan Directeur de Vulgarisation Agricole (PDVA2), les problèmes d’ordre
financier concernent le financement du plan (du côté du Ministère) mais également l’accès des
autres acteurs aux marchés financiers (crédit et assurance agricoles). Les problèmes fonciers
absence de zonage, construction dans les plaines irriguées, déchoucage des terres, etc.), le
problème institutionnel (l’absence d’un statut légal sécurisant le titre d’entrepreneur agricole
aux producteurs), le problème d’insécurité (l’activité des groupes armés dans les zones agricoles
comme l’Artibonite ou sur les routes d’accès aux marchés des produits), sont autant d’embuches
à l’implémentation du plan. Le problème d’insécurité a été considéré comme la première
préoccupation de la population haïtienne en 2023 (Dupouy et al., 2023). Cette insécurité rompt
les circuits liés aux systèmes alimentaires et prive les acteurs de nombreux droits de propriété
(foncière, bétail, récolte, marchandises, etc.) au point que si elle n’est pas réduite, seules des
activités localisées pourront continuer à se faire. De plus, les vulgarisateurs eux-mêmes ne
pourront arriver à apporter les services aux différents bénéficiaires.
Le pays est caractérisé par des zones agricoles assez vulnérables aux catastrophes naturelles.
Ces dernières ont tendance à être exacerbées avec le dérèglement climatique. Des
interventions au niveau des infrastructures et d’autres ingénieries agricoles seront déterminantes
dans la résilience des activités et l’inclusion des acteurs situés dans les zones reculées et
vulnérables.
En plus des facteurs externes, il y a besoin que les entités du MARNDR se mobilisent toutes
autour de la dynamique de vulgarisation. Dans une perspective de service public aux
producteurs et les autres acteurs des chaînes de valeur agricole, toutes les entités (techniques
et déconcentrées) du Ministère doivent se mettre au service de la vulgarisation agricole,
chacune en ce qui la concerne. D’ailleurs, dans cette perspective de revalorisation de la
vulgarisation agricole, il est même apparu que l’ensemble des entités de recherche,
de formation, d’innovation et de vulgarisation aurait pu se regrouper en une
grande unité de vulgarisation agricole.
79
9. CONCLUSION
Ce Plan Directeur de Vulgarisation Agricole (2025-2035) est la deuxième génération de
plan (PDVA2) formellement établie par le MARNDR pour orienter, gouverner et appuyer les
actions de vulgarisation agricole dans le pays. L’agriculture est à la fois une activité
économique comme une autre dans le sens où elle doit se faire selon des comportements
économiques rationnels, et, en même temps, en termes stratégiques, elle n’est pas une
activité économique commune autre. Il s’agit d’assurer la sécurité alimentaire de la
population et également procurer un niveau de bien-être économique aux acteurs qui s’y
consacrent. Dans ce contexte, les innovations et technologies à être vulgarisées doivent
être validées et orientées par une instance étatique.
Dans cette perspective, le MARNDR, à travers ce plan, chercher à revaloriser la fonction de
vulgarisation agricole dans le pays. Il souhaite mobiliser les moyens disponibles et
accessibles ainsi que les entités en son sein et ses partenaires afin de vulgariser les
innovations pouvant permettre un changement positif dans le secteur de l’agriculture.
Ces dernières années, un nombre considérable d’innovations ont été élaborées dans le
cadre de projets ou programmes de recherche financés par le Ministère. L’heure est venue
de valider ces innovations et de les vulgariser auprès des acteurs des chaines de valeur
agricole, afin de provoquer un changement positif dans le secteur agricole. Il en est de
même des méthodes et outils de vulgarisation qui seront utilisés pour apporter les
innovations aux acteurs concernés.
A travers les sept (7) lignes d’action visées dans le PDVA2, le MARNDR souhaite voir se
constituer un véritable système national de vulgarisation agricole (SNVA) dans lequel
chaque acteur joue effectivement son rôle afin que les activités dans le secteur agricole
parviennent d’une part à réduire l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui menace la vie
dans le pays, et d’autre part à assurer des revenus décents aux acteurs travaillant dans le
secteur. Il n’est pas normal que les ménages agricoles soient aussi affectés par l’insécurité
alimentaire et la pauvreté monétaire.
80
9. CONCLUSION
Ainsi, pour les populations agricoles, ce plan vise à régler un problème d’accès aux
meilleures informations, aux technologies de pointe et aux intrants de qualité. Cependant,
pour que l’implémentation du plan réussisse, tous les acteurs doivent apporter leur
contribution de même que les entités du MARNDR. Les conditions extérieures qui ne relèvent
pas directement du plan de vulgarisation comme le problème de l’eau, le problème foncier
(zonage), le problème institutionnel (cadre légal permettant d’assurer un statut
entrepreneurial aux acteurs de la production agricole afin qu’ils puissent plus facilement
accéder à des marchés [financiers, appels d’offres, etc.]) sont d’autres chantiers sur
lesquels le MARNDR travaillera avec d’autres ministères afin d’en réduire les effets sur
l’implémentation du plan.
Tout compte fait, le PDVA2 est un cadre d’orientation élaboré sur la base des avis et la
participation des différentes catégories d’acteurs. Comme ces derniers sont appelés à se
renouveler, la diffusion du plan lui-même sera répétée autant de fois que nécessaire afin
que nul n’en prétexte ignorance. En attendant, le MARNDR compte sur la collaboration, la
participation et la contribution de tous pour faire de la vulgarisation agricole une nouvelle
réalité dans le secteur, en vue du bien-être de toute la population haïtienne.
81
10. BIBLIOGRAPHIE
Augustin, P. G. (2024). La recherche agronomique en contexte de crise : cas du PITAG en
Haïti. Etudes Caribéennes, 59. (à venir).
Augustin, P. G., Coimin, Y. M., Denis, J. D., Rival, J. R. (2014). Diagnostic de Champs-écolespaysans dans 4 départements géographiques d’Haïti. Port-au-Prince, MARNDR.
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9,
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30
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Paul, B. (dir.) (2023). Innovations agricoles et agroalimentaires en Haïti. Pointe-à-Pitre,
Presses universitaires des Antilles.
84
11. ANNEXES
NB. Certains annexes (guides d’entretien, liste des participants aux ateliers, dossier
d’illustration) ont été retirés intentionnellement afin d’alléger le document du plan.
11.1. Glossaire de quelques termes importants utilisés dans le PDVA2
Acteurs : Les acteurs sont des personnes ou groupes de personnes jouant ou appelés à
jouer un rôle actif dans le processus de vulgarisation agricole.
Agriculteur : Le terme agriculteur peut être utilisé pour désigner toute personne (homme ou
femme, jeune ou âgé, l’individu qui se débrouille pour subsister ou le fermier ou encore
l’entrepreneur) qui exploite un cycle biologique (animal ou végétal) pour en extraire une
production. Il se distingue du producteur qui est un terme plus large.
Agroécosystème : Un agroécosystème ou encore agrosystème est un écosystème cultivé,
selon Neyton et al. (2018) dans le dictionnaire de l’agroécologie.
CEP : Le champ école paysan (Farmer Field Schools) est une méthode de vulgarisation de
groupe impliquant la participation d’un ensemble (environ 20) d’agriculteurs ayant des
besoins ou confrontés à des problèmes similaires. Cette participation est continue tout au
long d’une activité d’expérimentation d’une innovation ou tout au long d’une campagne
agricole.
Chaîne de valeur : L’expression chaîne de valeur est un concept socioéconomique introduit
par le spécialiste américain de la compétitivité, Michael Porter, pour désigner
l’enchainement des opérations depuis l’approvisionnement en intrants spécifiques jusqu’à la
consommation
finale
en
passant
par
la
production,
la
transformation
et
la
commercialisation (Boly, 2019). L’analyse par la chaîne de valeur englobe le choix d’un
produit final, des technologies appropriées avec l’organisation des acteurs et de leur accès
aux marchés, dans une perspective de compétitivité mais également d’ajout ou de capture
de valeur ajoutée à chaque maillon de la chaîne.
Diffusion : La diffusion se diffère de la vulgarisation en ce sens qu’il est un phénomène
scientifique spécifique aux innovations. Elle n’est pas nécessairement pilotée
et peut se faire par simple imitation.
85
11. ANNEXES
Recherche-Développement
:
La
recherche-développement
(ou
recherche
et
développement) est une activité de recherche visant le développement d’innovations
(produits notamment) se réalisant le plus souvent dans des industries. Elle se distingue de la
recherche action qui est une autre méthode de recherche appliquée orientée vers la
participation des acteurs dans le processus de recherche.
Filière : La filière est concept technico-économique avancé par les français qui renvoie à
une succession d’opérations techniques ou encore « l’ensemble du système de production,
de transformation et de commercialisation d’un produit donné du stade de la matière
première à celui du produit fini » (Boly, 2019). On y dérive la logique d’analyse actuelle de la
ferme à la table ou de la fourche à la fourchette.
Formation : La formation en matière de vulgarisation agricole peut prendre deux (2)
formes : la formation formelle (éducation diplômante) et la formation informelle (training
souvent certifié).
Innovation : L’innovation est définie comme tout produit, service ou pratique considérée
comme nouvelle et utile. Cette nouveauté peut être une technologie (ex. une nouvelle
variété précoce ou résistante à des maladies) ou une pratique agricole (ex. une nouvelle
façon de planter des boutures permettant une meilleure gestion de l’eau).
Méthode de vulgarisation : Une méthode de vulgarisation renvoie, à l’intérieur d’une
stratégie donnée de communication, de la sélection d’outils de vulgarisation permettant
d’atteindre d’une façon plus ou moins précise les destinataires de la vulgarisation.
Outil de vulgarisation : Un outil de vulgarisation est un canal de communication
permettant d’atteindre la cible d’une action de vulgarisation. Le tableau ci-dessous
présente différents outils selon les stratégies et les méthodes de vulgarisation.
Plan directeur de vulgarisation agricole : Il s’agit d’un document officiel qui prend appui
sur les contraintes entravant le fonctionnement et le développement adéquat
de l’agriculture pour proposer un ensemble de mesures visant l’orientation et le
renforcement des activités et des structures de vulgarisation avec des moyens
en vue d’améliorer l’efficacité et d’accroître l’impact du développement
dans le secteur agricole.
86
11. ANNEXES
Producteurs : Le terme agriculteur est souvent réduit aux activités agricoles consistant à
manipuler les espèces végétales et animales pour en exploiter une production. Or, dans
l’approche chaîne de valeur, le mot producteur parait plus large et par conséquent plus
approprié pour englober l’ensemble des activités des personnes impliquées dans les chaînes
de valeur agricole pour en extraire une production. Par exemple, le producteur de
semences, le producteur de machines, le transformateur, le pêcheur, l’aquaculteur, etc. sont
ainsi regroupés dans le terme producteur qui s’applique à toutes les filières également.
Stratégie de vulgarisation : Une stratégie de vulgarisation est une approche ou une
manière de réaliser la vulgarisation. Il s’agit d’abord d’une manière de communiquer. Elle
inclut un ensemble de méthodes et d’outils. Elle peut être de masse, de groupe ou
individuelle. Elle est essentiellement basée sur le public cible de la vulgarisation.
Système : Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique. Chaque
élément joue un rôle non négligeable si bien que l’ensemble ne peut pas fonctionner
correctement en se passant d’un élément.
Technologie : Une technologie est avant tout une connaissance scientifique ou technique
incorporée dans un objet fonctionnel (un intrant, une machine, etc.) et qui le permet de
fonctionner mieux. Par exemple, une nouvelle de riz variété précoce ou résistante à des
maladies. La technologie peut également porter sur objet intangible comme une pratique
agricole, exemple une nouvelle façon de récolter des boutures pour éviter la propagation
de maladies. Elle peut enfin porter sur un aspect d’une machine (le fait de rendre mobile les
moulins à canne).
Typologie des Exploitations Agricoles : Une typologie des exploitations agricoles est un
classement rigoureux selon des critères jugés pertinents pour renseigner les interventions.
Elle permet d’orienter les politiques publiques vers des catégories ayant des situations plus
ou moins identiques ou similaires.
87
11. ANNEXES
Vulgarisation : La vulgarisation est l’action de répandre (d’où le terme extension en
anglais/espagnol) une innovation ou une pratique dans un milieu ciblé. En agriculture, et
dans une approche chaîne de valeur, la vulgarisation ne se réduit pas à transmettre des
innovations aux agriculteurs, mais de vulgariser des innovations auprès des différents
acteurs dans les différents maillons (fournisseurs d’intrants, fournisseurs de services,
agriculteurs, acteurs du stockage, transporteurs, transformateurs, consommateurs, acteurs
du recyclage, etc.).
11.2. Déploiement conceptuel des stratégies de vulgarisation agricole dans le cadre du
PDVA2
Stratégies de
vulgarisation
Méthodes de vulgarisation
Outils de vulgarisation
Médias audiovisuels
Radio, télévision, téléphone
Médias digitalisés
Réseaux sociaux (facebook,
twitter, youtube, watsap), image ou
fiche technique électronique, film ou
vidéo, podcast ou bande sonore, sms
Médias extérieurs
(sonore ou imprimé)
Livres, magazines, journaux,
affichage public, etc. Foires,
conférences, portes ouvertes ; séance de
dégustation ; bonnes pratiques de
transformation ; normes
d’hygiène ; Parcelle vitrine
Communication
de groupe
Champ Ecole Paysan (CEP)
Voyages de groupe (local,
national ou international),
Echanges paysans-paysans,
Visites d’échanges
Parcelle d’observation, parcelle ou
troupeau de démonstration ; bonnes
pratiques de transformation ;
normes d’hygiène ; séance de
dégustation ; Parcelle vitrine
Communication
individuelle
Porte à porte ;
Échange un à un
Livre, Fiche technique, flyer,
image, sms, bande sonore
Autoapprentissage
Observation personnelle directe
Parcelle vitrine (parcelle placée
au bord des routes de très fréquentées)
Communication
mass média
Contenu
M
E
S
S
A
G
E
88
TU
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GR
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