Cadre stratégique de développement de la filière café d'Haïti
- Retrace le déclin de la filière dans ses propres chiffres : 77 millions de livres produites en 1789, soit 641 000 sacs de 60 kg, tombées à 42 % de ce niveau en 1826, pour une moyenne supérieure à 500 000 sacs par an au début du XXe siècle avec un pic de 718 064 sacs en 1904.
- Situe les exportations caféières autour de 10 millions de dollars américains aujourd'hui contre 90 millions au début des années 1990 et plus de 50 millions jusque vers 1998 : le café représente donc moins de 3 % des exportations totales contre 30 % au début des années 1960.
- Retient que l'État a prélevé près de 30 % de taxe sur les exportations de café pendant plus d'un siècle et demi, moitié supprimée puis totalité en 1985, ce qui inscrit le prélèvement de l'État dans l'histoire de la filière.
- Trouve l'économie du producteur non viable en l'état : 336,2 dollars par hectare actuellement dépensés contre 1 129 nécessaires, une marge nette de 247,5 dollars par an, et environ 2 383 dollars l'hectare pour installer une nouvelle parcelle.
- Identifie un verger vieilli et non renouvelé comme contrainte technique, la majorité des plantations ayant plus de 50 ans, des taux d'ombrage jusqu'à 75 %, un renouvellement touchant moins de 10 % des plantations, des dégâts de scolyte jusqu'à 40 % et un rendement moyen national inférieur à 300 kg par hectare.
- Situe 230 000 familles rurales dans la filière, dont 200 000 productrices, recevant environ 36 millions de dollars par an, 85 % des exploitations faisant moins de 2 hectares.
- Fixe des cibles sur cette base : 40 000 hectares supplémentaires à la fin de la cinquième année, une production en hausse de plus de 40 % dès la troisième année, et un volume de café de qualité préparé en hausse de 60 % dès la troisième année.
- Relève que la qualité trouve un marché : le café haïtien se vend sur certains marchés spéciaux jusqu'à 5,5 dollars la livre et le café naturel jusqu'à 3,5, contre un prix conventionnel de 2,21 dollars, niveau jamais atteint depuis quinze ans, tandis que des fèves noires à 30-35 % et des fèves blanchâtres à 20 % portent le taux de triage jusqu'à 50 % par endroits.
Le cadre stratégique de développement de la filière café d'Haïti, publié en mai 2011 par le MARNDR avec l'Institut National du Café d'Haïti et la Banque Interaméricaine de Développement. Il pose une vision, des objectifs et un plan de mise en œuvre, mais son intérêt aujourd'hui est le diagnostic sur lequel il repose, qui énonce en chiffres l'ampleur de la chute de la filière et ses causes.
La production caféière atteignait 77 millions de livres en 1789, soit l'équivalent de 641 000 sacs de 60 kg, est tombée à 42 % de ce niveau en 1826, et a dépassé en moyenne 500 000 sacs par an au début du XXe siècle avec des pics de 718 064 sacs en 1904 et de 814 674 par la suite. Les exportations dépassaient 50 millions de dollars américains jusque vers 1998 et ont atteint 90 millions au début des années 1990 ; elles tournent aujourd'hui autour de 10 millions. Le café représente moins de 3 % des exportations totales contre 30 % au début des années 1960. Quelque 230 000 familles rurales sont impliquées dans la filière, dont 200 000 productrices, et reçoivent environ 36 millions de dollars par an.
Le cadre est d'une franchise inhabituelle sur le rôle de l'État lui-même : pendant plus d'un siècle et demi, l'État a prélevé près de 30 % de taxe sur les exportations de café, taxe supprimée de moitié puis en totalité en 1985. Sur le plan technique, le rendement moyen national est inférieur à 300 kg par hectare, 85 % des exploitations font moins de 2 hectares, la majorité des plantations ont plus de 50 ans avec des taux d'ombrage allant jusqu'à 75 %, le renouvellement n'a touché que moins de 10 % d'entre elles, et les dégâts du scolyte atteignent 40 %. Un producteur dépense actuellement 336,2 dollars par hectare contre 1 129 nécessaires et dégage une marge nette de 247,5 dollars par an, alors que l'installation d'une nouvelle parcelle coûte environ 2 383 dollars l'hectare. Les cibles découlent de cette arithmétique : 40 000 hectares supplémentaires à la fin de la cinquième année, une production en hausse de plus de 40 % à partir de la troisième année, et un volume de café de qualité préparé en hausse de 60 % dès la troisième année.
Comment citer
Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR); Institut National du Café d'Haïti (INCAH); Banque interaméricaine de développement (BID), 2011, Cadre stratégique de développement de la filière café d'Haïti, consulté via HaitiDocs, https://www.haitidocs.org/doc/marndr-2011-cadre-strategique-filiere-cafe