Inondations en Haiti
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Fritz Pierre-Louis,
Professeur De Géologie
Octobre 2004
Achevé d’imprimer sous les presses de l’imprimerie
laser S.A.
Le 13 octobre 2004
PREMIERE PARTIE
GÉNÉRALITÉS.- ......................................................................... 1
TYPES D'INONDATIONS.......................................................... 1
ALTERATION DU CALCAIRE : LA KARSTIFICATION. .. 2
A. LES INONDATIONS SPONTANEES (LAVALAS)_ ............................................. 3
B. LES INONDATIONS MINEURES. ..................................................................... 4
C. LES INONDATIONS MOYENNES. ..................................................................... 5
D. LES INONDATIONS MAJEURES..................................................................... 9
E. LES INONDATIONS « HORS SERIE ». ............................................................ 10
F. LES INONDATIONS SPECIALES DITES « IN SITU » . ........................................ 11
DEUXIÈME PARTIE
1. LE PROBLEME DE L'ENVIRONNEMENT. .................... 13
2.LE REBOISEMENT ............................................................... 14
1. CAS DE PORT-AU-PRINCE........................................................................... 15
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d'une résurgence cette rivière sortira à carrefour (Rivière
Froide) ce qui indique du même coup la zone de faiblesse de
toute la région.
Des glissements importants de terrain accompagnant des inondations
du type « hors série » peuvent se produire sur toute la bordure Nord du
Massif de la Selle allant de la colline du Sanatorium jusqu'à Gressier
en passant par Martissant, Bizoton, Mahotière, Carrefour et Mariani.
Les menaces sont de plus en plus accentuées par suite des
nombreuses constructions anarchiques qui envahissent les pentes
du Morne L'Hôpital. Déjà des signaux non équivoques sont
envoyés par la nature aux usagers de la Route Nationale No 2,
de l'Avenue Christophe et du Bas-peu-de-Chose. A chaque pluie
sérieuse la route devient impraticable avec les alluvions
drainées et déposées sous 40 à 60 cm d'eau boueuse. La route du
Sud dans sa portion qui relie la Cité de l'Exposition (Portail de
Léogane) à Gressier est aussi très exposée, étant sur une étroite
bande de terre emprisonnée entre la mer et la montagne. Bref, la
portion comprise entre la Première Avenue de Bolosse et
Mariani est la plus exposée et la plus vulnérable de la zone
Métropolitaine.
Nous concluons en affirmant qu'on ne peut pas empêcher les
tempêtes et les cyclones mais il est tout à fait possible de réduire
leurs effets dévastateurs. Pour cela, a côté des prières et des
lamentations, il faut agir. D'ailleurs les réalisations à effectuer sont
des travaux à haute intensité de main d’œuvre : ce sera en plus le
début d'une solution à un autre problème aussi crucial le chômage.
Fritz Pierre-Louis
Professeur de Géologie
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Avec le cout élevé des produits dérivés du pétrole on ne peut
demander à l'heure actuelle aux usagers du charbon de bois de
remplacer ce produit par du carburant mais on peut demander aux
usines, aux guldiveries, aux boulangeries, aux établissements de
nettoyage à sec (Dry clearing) de faire ce sacrifice car en définitive,
ce n'est pas le charbon de bois qui consomme le plus de bois, mais
les industries précitées qui sont de grands consommateurs de bois.
D'un autre côté, la plupart des charbonniers fonctionnement dans
des zones arides :Nord-ouest, la Gonâve, Ganthier, Fond Parisien etc...
Enfin, mentionnons pour finir que le gisement de lignite de Maussade
peut bien faire l'objet d'exploitation pour les besoins locaux
(briquettes) pour l'usage des grands consommateurs : boulangeries,
guldiveries, dry cleaning.
1. Cas de Port-au-Prince.
Comme pour toutes les villes du pays, P-au-P est exposée aux
glissements de terrain, aux inondations majeures et aux inondations
liées au gouffre.
Au nord, la ville est protégée par la Plaine du Cul-de-sac qui la
sépare de la chaîne des Matheux mais au Sud, elle est sans
défense contre les montagnes qui forment la bordure Nord du Massif de la
Selle. Port-au-Prince est en effet sur un plan du Grabben (succession de
collines disposées en marche d'escalier) qui part de Furcy pour
aboutir au beau milieu du golfe de La Gonâve. Cette zone a subi
jadis l'action de plusieurs forces qui ont produit des cassures (failles)
dans tous les sens au point de broyer, de pulvériser complètement la
roche originelle (origine du sable de La Boule).
Les grottes et gouffres ont absorbé la rivière de Fermathe dont il est
possible de suivre le lit sec en allant à Fermathe. Â la faveur
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PREMIÈRE PARTIE
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GÉNÉRALITÉS.Une inondation se définit par un débordement des eaux qui
submergent un terrain. Implicitement ces eaux viennent d'une
rivière gonflée par les pluies et l'arrivée des eaux de
ruissellement.
Ainsi considérées les inondations sont des phénomènes
temporaires qui durent entre quelques minutes à quelques
heures. En effet avec l'arrêt des précipitations, les eaux de
ruissellement diminuent rapidement et la rivière n'étant plus,
alimentée, regagne progressivement son lit et s'en contente
jusqu'à la prochaine arrivée d'eaux inattendues.
TYPES D'INONDATIONS
Il existe plusieurs types d'inondations en Hatti, nous pouvons
distinguer :
A. Les inondations « spontanées » appelées encore « Lavalas
».
B. Les inondations mineures (sans grands dégâts)
C. Les inondations moyennes s'accompagnant de quelques
dégâts matériels (champs, bétails).
D. Les inondations majeures.
E. Les inondations « hors séries » (Jacmel, Fond Verrettes,
Mapou, Gonaïves).
F. Les inondations spéciales dites « in situ ».
L'inondation hors série participe d'un phénomène qu'on pourrait
appeler : Restitution brutale et massive de l'eau accumulée, dans
le sein de la montagne à la suite du passage d'un filet d'eau de
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de mesures dont certaines seraient imposées à la population. Nous
pouvons citer par exemple sans que la liste soit exhaustive:
Le curage des lits des rivières et des canaux d'évacuation.
Le traitement des lit des torrents, à transformer en terrasses
successives.
L'interdiction formelle de construire dans les ravines ou à
proximité des rivières non canalisées.
La construction de canalisations en maçonnerie afin
d'offrir aux eaux libérées des facilités d'évacuation. Ces
canalisations sont indispensables à proximité des villes et des
villages.
Le reboisement systématique des pentes à partir d'arbres
désignés par le Ministère de l'Agriculture. On parle
beaucoup du vétiver, de la citronnelle, de l'eucalyptus et
surtout du bambou qui peut intervenir à différents niveaux
dans un vaste programme de traitement de
l'environnement.
2. Le Reboisement
Le reboisement ne devrait pas être un exercice d'un jour (Fête de
l'Arbre) mais constituer un véritable programme de formation civique
avec parallèlement une interdiction contrôlée de couper les
arbres. Il est vrai d'ajouter que toute mesure d'interdiction d'utiliser
un matériau doit s'accompagner de la proposition d'un produit de
remplacement.
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1. Le problème de l'environnement.
A chaque fois qu'une catastrophe liée à l'inondation, à un glissement
de terrain ou même à un tremblement de terre se produit, on
tombe à bras raccourcis sur les responsables de l'Agriculture, de
l'environnement ou du génie municipal ou sur les fabricants de charbon
de bois.
On remarquera que c'est toujours apparemment justifié puisqu'il n'y a
jamais eu une volonté politique, exprimée dans les faits, pour préserver
la nature, pour protéger Haïti. Les responsables d'une façon générale ne
connaissent pas vraiment Haïti et ne se sentent pas obligés de l'aimer et
de l'aider. Il faut connaître pour aimer, il faut aimer pour servir, pour
aider, pour protéger. La plupart des Haïtiens laissent l'impression d'être
en transit dans leur propre pays.
Occupés à préparer la prochaine étape de leur voyage, ils n'ont pas le
temps d'étudier leur pays, de le parcourir, de le connaître et de l'aimer.
Bien sur, beaucoup de paramètres devraient être alignés pour
expliquer ce travers. Il y a notre éducation, qui par son orientation
prépare des déracinés, l'attraction irrésistible exercée sur l'insulaire
par l'extérieur grâce surtout aux images de la télévision, le rejet des
valeurs nationales au profit de tout ce qui vient de l'étranger, le peu
d'opportunités offertes face aux efforts de l'autochtone etc... Mais ce
n'est pas de ce problème qu'il s'agit ici, revenons donc à nos
inondations.
Peut-on éviter que ces inondations moyennes, majeures ou hors série
se produisent ?
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ruissellement amené par la pluie et jouant le rôle de siphon. Pour
expliquer le phénomène il faut recourir d'abord a la Géologie
d'Haïti qui révèle que notre pays est constitué en gros de trois
(3) types de roches :
1. Les roches intrusives et éruptives dans la proportion de
15%.
2. Les roches argileuses dans la proportion de 12%.
3. Les roches calcaires dans la proportion de 73%.
Les représentants du premier groupe occupent la bande nord du
pays, de Ouanaminthe à Jean Rabel, ainsi que les cœurs des
massifs de la Hotte et de la Selle, de Dame-Marie, Anse
d'Hainault à la pointe Est de la Selle (Badeau).
Les argiles dominent dans le Plateau Central et dans certaines
cuvettes comme la Plaine du Nord, la Plaine de l'Artibonite, la
Plaine du Cul-de-Sac et la Plaine des Cayes.
Quant aux calcaires, ils s'étalent sur tout le reste du pays
haïtien. Je le précise parce que justement le phénomène qui
nous préoccupe est lié à la présence des massifs calcaires. C'est le
mode d'altération de cette roche qui est à l'origine des inondations
hors série.
Altération du calcaire : La Karstification.
Non, mille fois non ! Par contre il est possible de limiter
considérablement les dégâts qu'elles entraînent en appliquant un train
Précisons pour le lecteur que la roche est un mélange formé par
l'association de plusieurs minéraux, elle peut aussi être formée d'un
seul minéral. Alors que la roche est un mélange non homogène, le
minéral est une substance chimiquement pure (avec sa formule
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chimique) qui entre dans la composition de la roche. Le calcaire est
une roche formée d'un minéral : la Calcite ou carbonate de calcium
(CaCO3) associé souvent (dans la roche) à des impuretés
argileuses. Ainsi le minéral de la roche calcaire est le carbonate de
calcium ; c'est un matériau dur et l'eau pure (H2O) n'a aucune action
sur lui.
Mais quand il pleut ce n'est pas de l'eau pure que reçoit la roche
calcaire, mais une eau qui en traversant une partie de l'atmosphère a
dissous et entraîné du gaz carbonique ( CO2). Le calcaire reçoit donc
une solution formée de l'eau et de gaz carbonique
H2O + CO2
H2CO3
Ce nouveau composé est un acide faible qui va réagir avec le minéral
du calcaire suivant l'équation
CaCO3 + H2CO3
Ca(HCO3)2
DEUXIÈME PARTIE
Il en résulte un nouveau corps qui est le bicarbonate de calcium.
A la différence de la Calcite (CaCO3) qui n'est pas attaquée par
l'eau, le bicarbonate [Ca(HCO3)2] est très soluble; on dit qu'il fond
comme du sucre dans l'eau.
A. Les inondations spontanées (Lavalas)_
Placée sous climat tropical, Haïti offre parfois un spectacle
particulier avec des inondations qui durent très peu. Il suffit
d'attendre au bord de la rivière en crue, quelques vingt à trente
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précisément au Nord-est des Gonaïves. Ceci explique pourquoi les
dégâts matériels (routes) se rencontrent surtout dans la zone de
Passe-Reine et non dans la zone du Morne Lapierre par exemple.
minutes pour assister au retour au calme de la rivière qui était en
crue.
La même chose s'est produite avec les Trois-Rivières et ses nombreux
affluents dans le Nord-ouest, c'est pourquoi le village de Chansolme a
été submergé.
F. Les Inondations Spéciales dites « in situ » .
Elles sont une variante des inondations «hors série ». Elles sont
caractérisées par le fait qu'elles se produisent la plupart du temps
dans la partie de la vallée qui recouvre le gouffre. Leur durée est de
quelques heures mais se réalisent en très peu de temps. Elles
apparaissent à la faveur de pluies importantes mais se distinguent des
autres formes par le fait qu'elles naissent à partir d'une remontée
subite de l'eau des profondeurs qui remplit alors la vallée en un clin
d'œil. Le phénomène est observé surtout dans la vallée de la Rivière
Glace qui est un poljé1 classique. Tout ce passe comme si il y avait une
restitution de l'eau de la rivière. Le niveau de l'eau peut remonter très
haut..
Ces zones ne devraient pas être habitées parce qu'en cas de
remplissage de la vallée rien ne peut être sauvé, ni vie humaine, ni
bétail. La soudaineté du phénomène vient du fait que cette vallée
est en contact avec le gouffre par un grand nombre d'orifices (trous)
par lesquels la rivière est absorbée et par lesquels l'eau refait surface.
1
Poljé = Vaste dépression dont le fond tapissé d'argile de décalcification est
souvent bordée d'escarpements.)
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Ces inondations très limitées dans leur durée et leur volume sont
appelées «Lavalas». Elles sont caractérisées par une augmentation
soudaine du volume des eaux de la rivière qui déborde son lit en
emportant tout ce qui traînait sur les berges : boue, détritus, branches
d'arbre, alluvions et par une baisse tout aussi spectaculaire de ce
volume au bout d'un temps record.
L'apparition de cette inondation n'est pas liée à l'existence de
précipitations sur une grande étendue. On explique le fait en disant
qu'il a plu à proximité de la source c'est-à-dire en amont, dans la zone
ou la rivière prend naissance. ( la pli tonbé nan tèt d'lo a).
B. Les inondations mineures.
Ce sont les plus courantes. Elles naissent à la faveur des pluies
importantes et soutenues qui grossissent les affluents et entraînent un
ruissellement important. Ces inondations causent en général peu de
dégâts, les populations prévenues à l'avance ont eu le temps de mettre
tout à l'abri. D'un autre côté, elles atteignent rarement des
proportions alarmantes et peuvent durer entre 12 à 36 heures selon
que les pluies s'arrêtent ou perdurent. Dans la plupart des cas les
riverains connaissent les signes avant coureurs annonçant ses
débordements température de l'eau, sa coloration, la nature des débris
flottants etc...Les inondations mineures accompagnent généralement
les saisons pluvieuses. Elles sont bien connues pour leur intensité,
leurs zones de pénétration, leur trajectoire préférée, leur durée
etc... on dirait des forces domptées, presqu'apprivoisées. Elles sont
dans certaines régions des membres de la famille... et parfois des
canalisations creusées pour l'irrigation les attendent...
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C. Les inondations moyennes.
Moins prévisibles que leurs consœurs mineures, les inondations
moyennes causent parfois des dégâts en ravageant les champs,
en détruisant les cultures et en emportant quelques têtes de bétail
oubliées dans le sauve-qui-peut. Les inondations moyennes
naissent la plupart du temps à l'occasion du passage des dépressions
tropicales ou même des ondes tropicales musclées. Elles sont
fréquentes pendant la saison cyclonique, période pendant laquelle
apparaissent sans arrêt des perturbations atmosphériques. Les ondes et
dépressions tropicales charrient d'énormes masses de nuages avec
des vents se déplaçant à une vitesse de 20 kms/h pour l'onde et de 30
kms/h pour la dépression.
Les inondations dues à l'action des dépressions tropicales ne sont
pas aussi contrôlables que les mineures et certaines se révèlent
très dangereuses. En cas de surprise ou de négligence on peut
enregistrer des pertes en vies humaines.
Donc l'eau de pluie qui tombe sur le massif calcaire le dissout en
partie et arrive à se frayer un passage dans les joints de la roche. En
circulant pendant de nombreuses années voire des siècles dans
les intervalles de séparation des couches calcaires et dans les
fissures des roches, l'eau, à force de dissoudre, de ronger, de
creuser finit par créer d'énormes cavités (grottes) et se faire un lit
qui est celui d'une rivière souterraine. Si les plafonds de ces
grottes viennent à s'écrouler, ces cavités et leur rivière souterraine
communiquent avec l'extérieur par un précipice : c'est un gouffre.
L'ensemble de ces manifestations depuis la première dissolution en
surface jusqu'a la formation des gouffres en passant par la perte
des rivières, le stockage des eaux en profondeur, les grottes, les
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N.B. il faut préciser que le Plateau Central et l'Artibonite ne sont
pas placés sur la trajectoire des cyclones. C'est donc très
indirectement que ces régions sont influencées par ces perturbations.
E. Les Inondations « Hors série ».
Sous l'expression Inondation « hors série », nous rangeons les
inondations du type « Gordon » à Jacmel ou l'eau est montée à plus de 7
mètres de hauteur au bas de la ville ; les inondations de Mai 2004 qui
ont détruit Fond-Verrettes et Mapou dans le Sud'Est et les inondations
encore présentes aux Gonaïves, Chansolme, Port-de-Paix.
Nous les appelons Hors Série parce qu'elles ne correspondent pas
fidèlement à la définition de l'inondation et ne se manifestent pas
avec les mêmes caractéristiques.
De plus elles ne sont pas liées directement au passage de cyclone. En
effet pour Mapou et Fond-Verrettes en Mai 2004, il n'y avait pas de
cyclone. D'un autre côté le cyclone «Jeanne» n'a eu que des rapports
très lointains avec la région des Gonaïves et le Nord-ouest. A cause de
sa grande lenteur, il pu amener beaucoup de nuage, de pluie sur ces
régions mais pas plus. Cc qui frappe en premier lieu dans les
inondations hors série, c'est la disproportion entre le volume d'eau
apporté par les pluies et celui qui envahit le terrain.
Il peut tomber 4 à 10 mm de pluie durant deux à trois heures et il
s'ensuit une inondation donnant de l'eau jusqu'a 3 à 8 mètres de
hauteur.
Voici comment en l'espace d'une heure la ville des Gonaïves s'est
trouvée sous trois (3) à quatre (4) mètres d'eau boueuse. La rivière «
La Quinte » a été utilisée comme couloir parce qu'elle fonctionne
déjà comme collecteur des eaux de la rivière Bassin, de la Rivière
des Poteaux et de la Rivière des Bayonnais qui prennent leurs
sources dans les massifs calcaires environnant, plus
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Les régions les plus exposées à ces intempéries sont les côtes Sud et
Sud'Est d'Haïti et la Grande Anse, ainsi que les côtes septentrionales
s'étendant de la baie de Mancenille, Nord'Est, à Port-de-Paix,
Nord'Ouest, selon que les dépressions pénètrent dans le bassin des
Caraïbes ou passent sur la République Dominicaine ou à l'est de celleci.
rivières souterraines, les sources, est connu sous le nom de
Karstification.
D. Les Inondations Majeures.
Il ne s'agit plus ici de petits débordements inoffensifs mais plutôt de
déplacements à grande vitesse de forces de destruction. Les
Inondations Majeures sont de véritables fléaux qui accompagnent les
tempêtes tropicales, les ouragans et les super-cyclones. Leurs effets
dévastateurs sont décuplés lorsqu'elles se produisent la nuit et
surprennent les dormeurs. On n'assiste pas seulement à un
débordement du lit car dans certains cas les cours d'eau arrivent à
conquérir de nouveaux espaces qu'ils creusent peut-être avec plus de
facilité ; la durée de l'occupation de l'étendue par l'eau dépend en
dernière analyse de la topographie des lieux. Les régions à reliefs
agités (Jacmel) sont débarrassées beaucoup plus rapidement que les
zones basses ou les couches subhorizontales encouragent la stagnation
(Mapou).
Dans le cas des inondations majeures on est surtout préoccupé à
sauver les vies humaines et si possible le bétail, mais le plus souvent
les efforts sont vains car parfois l'abri (maison, arbre etc...) est
emporté avec les occupants et c'est l'océan qui recueille tout. Comme
pour les moyennes, les inondations majeures sont fréquentes sur tout
le Sud et le Sud'Est d'Haïti, dans la Grande Anse et sur la côte Nord, de
Fort Liberté au Borgne.
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Par le jeu de l'érosion et des dissolutions, ce réservoir peut arriver à
proximité de la surface sur le flanc ou au bas de la montagne. S'il
est mis en contact avec l'extérieur par l'intermédiaire d'un simple
filet d'eau à l'occasion d'une pluie de 60 à 120 minutes, tout le
contenu de ce réservoir se précipite pour sortir. Sous la pression de
cette eau tout un pan du rocher peut sauter pour laisser passer le flot
qui se lance à la conquête de l'espace environnant. Tant pis pour les
zones basses, elles se remplissent rapidement et l'eau peut monter à
3, 4, ou 7 mètres de hauteur. Le filet d'eau aura fonctionné comme
un siphon.
C'est exactement ce qui s'est passé à Jacmel, à Mapou, à FondVerrettes aux Gonaïves et dans le Nord-ouest. Le même phénomène
s'est produit sur les hauteurs de Pivert à St Marc mais à une échelle
plus réduite.
Nous le répétons tous les massifs calcaires possèdent des grottes et des
gouffres.
En effet en Haïti où le calcaire est dominant, les paysages karstiques
se rencontrent sur la presque totalité des sommets à des degrés
d'évolutions variables. Mais c'est dans la presqu'île du Sud et plus
particulièrement dans le massif de la Hotte que le phénomène est le
plus poussé. On pense que ceci est du au fait que les séries calcaires
qui se superposent y sont très épaisses. Elles pourraient avoir
plusieurs milliers de mètres d'épaisseur d'après les anciens
géologues qui ont travaillé en Haïti, Woodring et Butterlin.
C'est dans ce massif que l'on observe les phases les plus
avancées de la Karstification, témoins les nombreuses cascades dont
la plus célèbre est le Saut Mathurine ou l'eau tombe de plus de vingt
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mètres de hauteur, l'immense grotte de Port-à-Piment ou l'on peut
compter plus de cinquante chambres et sa rivière souterraine, et enfin
la disparition brutale de la Rivière Glace au milieu de sa vallée qui
est en fait le gouffre qui l'absorbe.
terre à la sortie de Fonds Verrettes laissant son lit à sec et Fonds
Parisiens baignant dans la poussière.
Ainsi la Rivière Glace arrive dans sa vallée, tourne quelque
temps sur elle-même et disparaît au fond d'un immense précipice
à mille bouches. Ceci expliquerait que le terminus de la Rivière
Glace n'est pas un point fixe. Tout dépend du volume des eaux.
Au moment des grandes eaux, la rivière peut parcourir les trois quarts
ou presque la totalité de son lit avec un débit évidemment décroissant
; mais aux époques d'étiage elle disparaît des le début même de la
vallée. Cette sorte d'aspiration de la rivière jointe à un phénomène
secondaire, les effondrements souterrains, s'accompagne de bruits
sourds qui se répercutent au fond du précipice, donnant à l'ensemble un
aspect plutôt sinistre qui lui fait mériter son nom de « Gouffre
Effrayant » (présence de mauvais esprits).
Dans le cas général, quand une rivière se perd dans un massif
calcaire, on admet qu'elle a tout simplement un trajet souterrain. Apres
avoir coulé quelques kilomètres sous terre, elle reparaît sous forme de
sources (sources vauclusiennes) :c'est le phénomène de la résurgence.
Les eaux de la Rivière Glace ressortiraient vers Pestel sous la mer.
De même la rivière de Fermathe va disparaître au niveau de cette
localité pour réapparaître à l'Est de Carrefour sous le nom de «
Rivière Froide».
Dans les mêmes conditions la rivière de Terre-Neuve en route vers la
localité des Sources Chaudes et la Plaine de l'Arbre n'a jamais
atteint ces objectifs. Elle disparaît dans les alluvions à la sortie de
Terre-Neuve. C'est aussi ce qui s'est passé pour la rivière de
Fonds-Verrettes qui descend vers Fonds Parisiens. Elle coule sous
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Dans le massif de Terre-Neuve, à Mémé, au nord de la ville des
Gonaïves nous avons identifié un précipice dont il a été impossible de
mesurer les dimensions ; identifiée à deux cent mètres de la surface,
cette cavité n'a rien révélé quant à sa profondeur. Des faisceaux
lumineux très puissants s'y sont engagés, s'y sont perdus sans
rencontrer d'obstacles.
Les gouffres de Goyaviers dans les hauteurs de St Marc ont conservé
des ruines coloniales dont certaines peuvent réserver des surprises. En
effet, certaines de ces ruines recouvrent des précipices.
Sur la route de Thomazeau Cornillon et la zone de Grand Bois on
peut repérer des gouffres et l'on prétend que certains d'entre eux sont
habités par les descendants des Indiens.
On a relevé les mêmes croyances pour les gouffres du Massif de La
Selle qui surplombent tout le Sud'Est.
Enfin la région de Dondon St Raphaël offre des grottes dont certaines
sont dignes de belles excursions.
Les îles de la Gonâve, de la Tortue et même l'Ile-à-Vaches présentent
de nombreuses structures karstifiées.
S'agissant des dernieres inondations, la ville des Gonaïves, entourée
de massifs calcaires comme Jacmel, Mapou et Fonds – Verrettes, n'a
pas été touchée par la tempête « Jeanne ». Les pluies reçues par les
mornes environnants Gonaïves et le Nord'Ouest ont été des
catalyseurs et ont joué pour amorcer le siphon.
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