Les droits humains et l'état de droit en Haïti : principaux développements récents, décembre 2024 à juin 2025
- Plus de 4 000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis janvier 2025.
- Les groupes armés ont étendu leur contrôle vers de nouveaux territoires, dont Kenscoff, Petite-Rivière (Artibonite) et le département du Centre.
- Un nombre croissant d'acteurs non étatiques non responsables, dont des groupes de défense civile et des sous-traitants militaires privés, comblent le vide sécuritaire.
- Plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition sont accusés de manière crédible de corruption et de collusion avec des groupes armés.
- Moins d'un an reste sur le calendrier de transition du CPT sans progrès significatif vers le rétablissement de la paix ou de la démocratie.
Cette mise à jour, publiée en juillet 2025 et couvrant décembre 2024 à juin 2025, rapporte que la crise de gouvernance et d'insécurité d'Haïti s'est encore dégradée depuis la mise à jour de décembre 2024 de l'IJDH, avec une violence des groupes armés en spirale et un effondrement humanitaire profond. L'inefficacité, la corruption et les luttes internes affaiblissent le Conseil présidentiel de transition et suscitent des appels plus forts à son remplacement, avec moins d'un an restant sur son calendrier de transition convenu et aucun progrès significatif vers le rétablissement de la paix ou de la démocratie.
Les violations du droit à la vie et à la sécurité de la personne ont encore augmenté : plus de 4 000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis janvier, la mutilation, la violence sexuelle, l'incendie de personnes et de biens, l'enlèvement et le recrutement forcé étant omniprésents dans les zones sous contrôle des groupes armés. Les groupes armés ont étendu ce contrôle vers de nouveaux territoires, notamment la zone de Kenscoff à Port-au-Prince, la commune de Petite-Rivière dans l'Artibonite, et le département du Centre, tandis que la police haïtienne reste faible et largement inefficace pour contrôler la violence.
Un nombre croissant d'acteurs non étatiques, dont des groupes de « défense » civile et des sous-traitants militaires privés engagés par le gouvernement haïtien, comblent le vide sécuritaire qui en résulte, étant eux-mêmes responsables d'un nombre croissant de décès et de blessures civils et d'autres abus largement non contrôlés et parfois cautionnés par la police. Plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition sont accusés de manière crédible de corruption et de collusion avec les groupes armés qui ravagent le pays, ce que la mise à jour présente comme une perpétuation des schémas historiques d'abus gouvernemental qui ont précipité la crise haïtienne en premier lieu.
Comment citer
Institute for Justice and Democracy in Haiti (IJDH), Les droits humains et l'état de droit en Haïti : principaux développements récents, décembre 2024 à juin 2025, https://reliefweb.int/node/4166594