L'électrification en Haïti : analyse approfondie
- Avec une fiabilité du réseau d'environ 30 pour cent, l'extension du réseau n'est la solution la moins coûteuse pour aucun ménage non électrifié ; le modèle attribue les 1,27 million de nouveaux raccordements aux mini-réseaux et au solaire autonome.
- L'accès universel coûte environ 1,6 milliard de dollars dans le scénario de fiabilité à 30 pour cent et tombe à environ 1,36 milliard à 75 pour cent, sans compter le coût de l'amélioration de la fiabilité.
- L'autoproduction privée, avec environ 500 MW de capacité installée, produit désormais plus d'électricité que le réseau national.
- Moins de 30 pour cent de la capacité installée produit effectivement, et les pertes atteignent environ 65 pour cent de l'électricité produite.
- Des quatre producteurs indépendants actifs jusqu'en 2020, seul E-Power subsiste, laissant le réseau principal dépendant d'un producteur thermique et de Péligre.
- Haïti n'a ni ministère de l'énergie dédié ni stratégie nationale d'électrification officiellement adoptée ; les plans successifs, du PNDSE de 2006 au plan d'investissement SREP de 2015, n'ont pas modifié visiblement la trajectoire d'accès.
Ce dossier rassemble ce que l'on sait de l'accès à l'électricité en Haïti et des plans destinés à l'élargir. Au chapitre du diagnostic, il fait état d'un taux d'électrification total proche de 49 pour cent, de quelque 5,8 millions de personnes totalement privées d'électricité et de 1,3 million de ménages non connectés, d'une demande résidentielle d'environ 68 kWh par habitant et par an, et de pertes techniques et non techniques atteignant près de 65 pour cent de l'électricité produite. Moins de 30 pour cent de la capacité installée produit effectivement, et la demande résidentielle et commerciale non satisfaite est estimée à environ 500 MW par jour. L'autoproduction par groupes diesel privés, avec près de 500 MW de capacité cumulée, produit désormais plus d'électricité que le réseau national. Sur le plan institutionnel, le document décrit une EDH exploitant dix réseaux de distribution séparés et non interconnectés, et signale que des quatre producteurs indépendants actifs jusqu'en 2020 seul E-Power fonctionne encore, le réseau principal étant alimenté par un seul producteur thermique et la centrale hydroélectrique de Péligre.
Le coeur analytique est un plan géospatial de moindre coût élaboré en 2024, qui attribue une technologie à chaque localité non électrifiée. Dans l'hypothèse actuelle d'une fiabilité du réseau de 30 pour cent, l'extension du réseau n'est la solution la moins coûteuse pour aucun nouveau client : les 1,27 million de nouveaux raccordements sont tous attribués aux mini-réseaux et au solaire autonome, pour environ 1,6 milliard de dollars, dont 1,27 milliard pour 817 512 ménages sur mini-réseaux à près de 1 555 dollars par consommateur et 320 millions pour 454 192 ménages en systèmes autonomes à environ 707 dollars par consommateur. Si la fiabilité passe à 75 pour cent, l'extension du réseau redevient pertinente et l'investissement total tombe à environ 1,36 milliard de dollars, sans compter le coût de l'amélioration de la fiabilité elle-même. Le document précise que ce résultat est une modélisation fondée sur des hypothèses données et non une feuille de route validée par le gouvernement. Il se referme sur la lacune institutionnelle qu'il juge déterminante : Haïti n'a ni ministère de l'énergie dédié ni stratégie nationale d'électrification officiellement adoptée, et sa recommandation centrale est de créer le premier et d'adopter la seconde.
Comment citer
Global Energy Alliance for People and Planet (GEAPP), 2025, L'électrification en Haïti : analyse approfondie, https://energyalliance.org/wp-content/uploads/2025/05/LAC-UAC-Haiti-Deep-Dive.pdf