(2025-07) République d'Haïti : note de stratégie de pays 2025-2027
Resume — La stratégie pays du FIDA pour Haïti sur 2025-2027, rapport no 7307-HT, Division Amérique latine et Caraïbes. Son objectif stratégique déclaré est d'améliorer la sécurité alimentaire des communautés rurales haïtiennes tout en renforçant leur résilience aux chocs économiques, aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique. Le rapport principal est accompagné d'appendices.
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République d’Haïti
Note de stratégie de pays – 2025-2027
Rapport principal et appendices
Date du document : 7-Jul 2025
Rapport no : 7307-HT
Latin America and Caribbean Division
Département des Opérations Pays
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Table des matières
Sigles et acronymes
ii
Carte du pays indiquant les zones d’intervention du FIDA
v
I.
Diagnostic concernant le pays
6
II.
Justification et calendrier
8
III. Leçons apprises du portefeuille :
9
IV. Objectifs stratégiques
11
V. Engagement prévu du FIDA
14
Appendices
Appendice 1 - Cadre de résultat
Appendice 2 - Etude des PESEC
Appendice 3 - Matrice intégrée des risques pays
Appendice 4 - Document d’évaluation de la fragilité
Appendice 5 - Cadres politiques sectoriels
Appendice 6 - Partnenariats
i
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Sigles et acronymes
AAT
Association traditionnelle de travail
ACDED
Action pour un Développement Durable
AFD
Agence Française de Développement
APD
Aide Publique au Développement
ASEC
Assemblée de la Section Communale
BAC
Bureaux Agricoles Communaux
BID
Banque Interaméricaine de Développement
BINUH
Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti
BM
Banque Mondiale
BSAP
Brigades de Surveillance des Aires Protégées
BSEIPH
Bureau du Secrétaire d'État à l'intégration des Personnes Handicapées
CASEC
Conseil d’Administration de la Section Communale
CCD/UNSDCF
Cadre de Coopération des Nations Unies pour le Développement Durable
CEP
Champ Ecole Paysan
CIAT
Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire
CLES
Collectif de lutte contre l’exclusion sociale
CNSA
Coordination Nationale de Sécurité Alimentaire
COSOP
Programme d’Opportunités Stratégiques pour le Pays
CPT
Conseil Présidentiel de Transition
CROSE
Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est
CVJR
Commission Vérité, Justice et Réparation
DHP
Direction d’Hygiène Publique
EFOSE
Amélioration de la sécurité alimentaire par l’agriculture durable, le
développement de l’économie locale et des régimes alimentaires sains
EIES
Évaluations d'Impacts Environnementaux et Sociaux
ERIC
Évaluation Rapide de l’Impact de la Crise sécuritaire en Haïti
FADH
Forces Armées d’Haïti
FAO
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FHB
Fonds Haïtien pour la Biodiversité
FoProBiM
Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine
GAFSP
Global Agriculture and Food Security Program
ii
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
GEF
Global Environment Facility
GTSAN
Groupe Technique de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
IDH
Indice de développement humain
HELP
Haitian Economic Lift Program
HOPE
Haitian Hemispheric Opportunity through Partnership Encouragement
HTG
Gourde Haïtienne
I-BE
Projet d’Économie Bleue Inclusive
IFC
Société Financière Internationale
IHSI
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
INDDESC
Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et
Culturels
MARNDR
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural
MCFDF
Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes
MDE
Ministère de l’Environnement
MEF
Ministère de l'Économie et des Finances
MJSAC
Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique
MMAS
Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité
MoU
Memorandum of Understanding
MSPP
Ministère de la Santé Publique et de la Population
CSN
Note de Stratégie de Pays
OCB
Organisations Communautaires de Base
OCHA
Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires
OEA
Organisation des États Américains
OIM
Organisation Internationale pour les Migrations
OMS
Organisation Mondiale de la Santé
ONG
Organisations Non Gouvernementales
ONU
Organisation des Nations Unies
OS
Objectif stratégique
PAM
Programme Alimentaire Mondial
PANA
Plan d’Action National d’Adaptation
PAN-LCD
Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification
PaP
Port-au-Prince
PARSA
Projet d'agriculture résiliente pour la sécurité alimentaire
iii
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
PDNA
Évaluation post-catastrophe – Séisme d’aout 2021
PESEC
Procédures d'Évaluation Sociale, Environnementale et Climatique
PGES
Plans de Gestion Environnementale et Sociale
PIB
Produit Intérieur Brut
PITAG
Programme d’Innovation Technologique Agricole et Agroforestière
PNA
Plan National d’Adaptation
PNCC
Politique Nationale sur les Changements Climatiques
PNCS
Programme National de Cantines Scolaires
PNDA
Plan National de Développement Agricole
PNH
Police Nationale d’Haïti
PNSAN
Plan National pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
PNUD
Programme des Nations-Unies pour le Développement
PPP
Partenariat Public-Privé
PSDH
Plan Stratégique de Développement d’Haïti
PSNAS
Politique et Stratégie Nationales d’Alimentation Scolaire
PSNSSANH
Politique et Stratégie Nationales de Souveraineté et Sécurité Alimentaire et
Nutritionnelle d’Haïti
PURRACO
Projet d’Urgence pour le Renforcement de la Résilience des Petits
Agriculteurs face aux Conséquences de la COVID-19
SPANB
Stratégie et Plan d’Action Nationale pour la Biodiversité
SSE
Système de Suivi et Évaluation
TIC
Technologies de l’Information et de la Communication
UCGPPP
Unité Centrale de Gestion des Partenariats Public-Privé
UE
Union Européenne
UICN
Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UNICEF
Fonds de Nations Unités pour l’enfance
USD
Dollar des États-Unis
VBG
Violences Basées sur le Genre
ZCB
Zones clés de la biodiversité
iv
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Carte du pays indiquant les zones d’intervention du FIDA
v
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
I.
Diagnostic concernant le pays
Contexte géographique
1. Haïti, situé dans la mer des Caraïbes, occupe le tiers occidental de l’île d’Hispaniola qu’il
partage avec la République dominicaine. Le pays s’étend sur 27 750 km², avec une population
estimée à près de 11,9 millions d'habitants en 2024. La population se concentre principalement
dans les zones urbaines et les plaines côtières, particulièrement autour de Port-au-Prince, CapHaïtien, Les Cayes et Gonaïves. Haïti connaît un climat tropical avec une saison sèche de
novembre à avril et une saison humide de mai à octobre, période à haut risque de cyclones.
2. Le réseau hydrographique du pays est dominé par le fleuve Artibonite, essentiel pour l'irrigation
et l'agriculture, mais la déforestation affecte les ressources en eau. Le pays présente
d'importantes inégalités territoriales, avec une centralisation autour de Port-au-Prince au
détriment des zones rurales. Le réseau routier est en mauvais état, compliquant l'accès aux
services de base et freinant le développement économique. Haïti est confronté à une forte
densité démographique, surtout dans les régions centrales et autour de la capitale, tandis que
les zones montagneuses et reculées restent difficilement accessibles.
Contexte politique
3. Haïti traverse depuis plusieurs années une série de crises politiques, économiques,
sécuritaires et sociales. L’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 a amplifié la fragilité
des institutions et ébranlé l’autorité de l’État. En avril 2024, le Premier ministre Ariel Henry a
démissionné face à l’escalade de la violence, menant à la formation d’un Conseil présidentiel
de transition (CPT) qui exerce temporairement les fonctions présidentielles jusqu’aux élections
prévues en février 2026. Une Commission Vérité, Justice et Réparation (CVJR) a été instaurée
pour enquêter sur les violations des droits humains.
4. Les gangs armés contrôlent environ 85 % de Port-au-Prince et étendent leur emprise aux zones
rurales. La Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, et
autorisée par l’ONU, a déployé environ 1 077 agents mais fait face à des défis logistiques et
de coordination. Les États-Unis ont désigné les principales alliances de gangs comme
organisations terroristes transnationales pour freiner leur financement et leur
approvisionnement en armes.
5. Le contexte politique est marqué par une complexité extrême. L’absence de représentants
démocratiquement élus constitue l’une des principales raisons ayant conduit à la prolongation
de la précédente Note de Stratégie de Pays (CSN) jusqu’en 2025, et empêche, à ce stade,
l’élaboration d’un Programme d’Options Stratégiques pour le Pays (COSOP).
6. Cependant, plusieurs cadres politiques sectoriels ont été élaborés au cours des dernières
années (voir en appendice). Ils constituent des références importantes pour définir les
différentes orientations du développement, qu’il s’agisse du monde rural, de la sécurité
alimentaire, de l’environnement ou de l’alimentation scolaire.
Sécurité et gouvernance
7. La situation sécuritaire reste critique. Les institutions judiciaires et la Police Nationale d’Haïti
(PNH) sont affaiblies, aggravant le sentiment d’impunité. En mars 2025, l'intégration de certains
éléments des Brigades de Surveillance des Aires Protégées (BSAP) aux Forces Armées d’Haïti
(FADH) est discutée par le Conseil présidentiel de transition (CPT).
8. En 2025, plus d'un million de personnes sont déplacées internes en Haïti en raison des
violences armées dans plusieurs localités. Ces déplacés, souvent victimes de catastrophes
naturelles ou de violences, vivent dans des conditions précaires avec un accès restreint aux
services de base. Nombre d'entre eux s’établissent dans des zones majoritairement rurales,
incluant des zones d’intervention du FIDA.
6
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Contexte économique
9. Depuis de nombreuses années, l’économie haïtienne souffre d’une fragilité extrême. Le PIB
par habitant diminué de 10% entre 2019 et 2023, atteignant 1 705,8 dollars en 2023. En 2024,
64 % de la population vit avec moins de 3,65 dollars par jour et le chômage s'élève à 15,1%,
avec une inflation de 36,8% en 2023.La dette publique d’Haïti est de 13,9% du PIB en 2024.
Les envois de fonds représentent 20% du PIB, soit 3,23 milliards de dollars en 2023, aidant
une famille sur cinq. L’Indice de développement humain d’Haïti est de 0,554.
10. L’agriculture emploie près de la moitié de la population active et représente environ 21% du
PIB. Les principales cultures incluent le maïs, le riz, le manioc, le café et le cacao. Toutefois,
le secteur fait face au changement climatique, à la dégradation des sols et à un manque
d’infrastructure.
11. Les exportations haïtiennes sont dominées par le textile, représentant plus de 80% des
exportations totales, principalement vers les États-Unis. En 2022, les exportations totales
étaient de 1,3 milliard de dollars, mais la balance commerciale reste déficitaire en raison des
importations élevées.
12. L’insécurité persistante perturbe les circuits d’approvisionnement et les exportations. Les ÉtatsUnis ont instauré des droits de douane de 10% sur les importations haïtiennes, mettant en péril
l’économie du pays.
Sécurité alimentaire, nutritionnelle et services de base
13. Entre août 2024 et février 2025, 2 millions de personnes, soit 18% de la population, sont
estimés faisant face à des niveaux d’insécurité alimentaire aiguë d’urgence (phase 4 de l’IPC),
et 6 000 personnes à des conditions catastrophiques (phase 5). En 2024, Haïti comptait environ
11,87 millions d'habitants, et une crise nutritionnelle alarmante sévit dans le pays, caractérisée
par des niveaux élevés de retard de croissance, d’émaciation et de sous-alimentation. Cela
nécessite des interventions rapides et ciblées.
14. En 2023, Haïti a importé pour plus de 1,3 milliard de dollars américains de denrées
alimentaires. Près d'un tiers de ces importations provenaient de la catégorie des céréales, avec
une consommation de riz estimée entre 80 et 90 % des importations. Haïti dépend
principalement des États-Unis et de la République dominicaine pour ses besoins alimentaires,
représentant respectivement 31% et 23% des importations.
15. L’explosion des prix des denrées alimentaires, la perturbation des circuits de distribution et la
pression démographique aggravent la vulnérabilité des ménages. Les services essentiels sont
fortement dégradés, avec seulement 27% des établissements de santé pleinement
fonctionnels et 55% des points d’eau potable endommagés depuis 2022. Les zones les plus
pauvres, notamment les quartiers périphériques de la capitale, sont les plus touchées.
16. Près de la moitié des structures de santé de la zone métropolitaine ont été endommagées,
pillées ou fermées, affectant des centaines de milliers de personnes, notamment les femmes
enceintes, les enfants et les personnes âgées. En éducation, plus de 400 écoles ont été
fermées dans la zone métropolitaine, privant plus de 140 000 enfants d’enseignement, avec
des effets durables sur la scolarisation et les inégalités.
Genre, jeunesse et inclusion sociale
17. Haïti présente un indice élevé d'inégalité de genre, avec des femmes rurales représentant 70
% de la main-d'œuvre agricole, mais possédant seulement 11 % des terres agricoles. Cette
situation réduit leur accès aux crédits et aux subventions agricoles, freinant leur capacité à
investir dans l'agriculture durable. De plus, la faiblesse des infrastructures complique la
commercialisation des produits locaux par les Madan Sara, et les violences croissantes
entraînent des déplacements forcés de la population.
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République d’Haïti
Note de stratégie de pays
18. La population haïtienne est particulièrement jeune, avec plus de la moitié des habitants ayant
moins de 20 ans et un âge médian de 21 ans. Les jeunes ruraux font face à des défis
spécifiques, notamment un faible niveau de scolarisation dû à un accès limité à l'éducation.
Cela entrave le développement de compétences techniques et entrepreneuriales, contribuant
à un exode rural significatif vers les zones urbaines ou à l'étranger en quête de meilleures
opportunités.
19. Environ 15% de la population haïtienne vit avec un handicap, selon l'OMS en 2020. Ces
personnes rencontrent de nombreux obstacles sociaux et structurels qui entravent leur pleine
participation à la société. Cette situation est encore plus marquée dans les zones rurales où
les difficultés sont exacerbées.
Risques de catastrophes naturelles et changement climatique
20. Haïti est extrêmement vulnérable aux catastrophes naturelles en raison de sa situation
géographique et de son exposition aux cyclones, séismes, sécheresses et inondations. Ces
événements causent des pertes économiques importantes, affectant lourdement l'agriculture,
les infrastructures et les moyens de subsistance des populations rurales. La dégradation des
terres, la déforestation, ainsi que le manque de services d’anticipation des désastres et
d'infrastructures résistantes, renforcent cette vulnérabilité.
21. Le changement climatique aggrave encore la situation en Haïti, provoquant des tempêtes
tropicales et des inondations qui endommagent les infrastructures et les cultures,
compromettant la sécurité alimentaire. Les sécheresses récurrentes dans le Nord-Est et les
pressions cycloniques dans le Sud illustrent les défis environnementaux auxquels le pays est
confronté. L'absence de plans efficaces et de constructions parasismiques rend les zones
rurales particulièrement exposées aux impacts des événements naturels.
Vision dans ce contexte pour les deux prochaines années
22. Malgré une crise multidimensionnelle persistante, Haïti entre dans une phase de transition,
avec l’installation du Conseil présidentiel et le déploiement progressif d’une mission
internationale de sécurité. Si la stabilisation de certaines zones devient effective, elle pourra
ouvrir la voie à des élections d’ici 2026 et à un redémarrage institutionnel. Les dynamiques
rurales, les collectivités locales et la société civile apparaissent comme des leviers de
résilience. L’arrêt des financements américains appelle à repenser les partenariats, en misant
sur la coopération décentralisée, les ONG locales, la diaspora et de nouveaux bailleurs. La
relance passera par un ancrage territorial fort, une complémentarité des acteurs et un
engagement sur le long terme. Le scénario d’un redressement progressif reste possible, à
condition de conjuguer sécurité, gouvernance inclusive et soutien aux initiatives locales.
23. En 2025, les mandats de deux missions des Nations Unies en Haïti arriveront à leur terme, ce
qui pourrait entraîner un vide en matière de soutien sécuritaire et politique si aucune
prolongation n’est décidée. La Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS), déployée
pour accompagner la Police nationale face à la montée de la violence des gangs, verra son
mandat s’achever le 2 octobre 2025. Cette mission, récemment prorogée par le Conseil de
sécurité de l’ONU, joue un rôle crucial dans la stabilité sécuritaire du pays. Par ailleurs, le
Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), chargé d’appuyer le processus politique
haïtien, devra quant à lui mettre fin à ses activités le 15 juillet 2025, date à laquelle son mandat
actuel prendra fin. L’expiration de ces deux mandats risque de laisser un vide important dans
l’accompagnement international d’Haïti, tant sur le plan sécuritaire que politique.
II.
Justification et calendrier
24. Le dernier Programme d’Opportunités Stratégiques pour le Pays (COSOP) a été approuvé en
septembre 2013, pour une période initiale de mise en œuvre de cinq ans (2013–2018). À la
suite de l’évaluation de ce COSOP, dont les résultats ont été validés en novembre 2017, il a
été décidé de le prolonger pour trois années supplémentaires, jusqu’en décembre 2021. Afin
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République d’Haïti
Note de stratégie de pays
d’assurer la continuité de l’appui du FIDA dans un contexte institutionnel instable, une Note de
Stratégie de Pays (CSN) a été élaborée pour couvrir une phase transitoire de 2021 à 2023,
puis prolongée jusqu’en 2025.
25. Dans l’attente d’un retour à des conditions sociopolitiques propices à l’élaboration d’un nouveau
COSOP, prévu pour la période 2027–2031, cette nouvelle CSN est proposée pour couvrir la
période 2025–2027. Se basant sur la précédente CSN, elle reprend en grande partie les
mêmes axes stratégiques, car les défis auxquels Haïti est confrontée demeurent inchangés.
26. Le futur COSOP s’alignera sur les priorités du gouvernement qui sera issu des prochaines
élections, ainsi que sur le nouveau cadre de coopération des Nations Unies pour le
développement durable, en cours de révision pour la période 2025–2030.
III. Leçons apprises du portefeuille :
27. Les enseignements suivants ont été tirés de la mise en œuvre du CSN jusqu’en 2025, sur la
base des évaluations et activités de suivi des projets menés par le FIDA en Haïti.
•
Capacité d’adaptation et flexibilité face à une instabilité chronique, pour laquelle le FIDA a
démontré une flexibilité notable, au travers un appui à la restructuration des unités de gestion
de ses projets, une délégation accrue aux structures déconcentrées, une promotion de
l’adaptation des modalités de passation de marchés en ligne, et de l’innovation dans les
approches communautaires (ex. "pase kado", travail en escouade).
•
Déconcentration et proximité territoriale : En dépit du contexte d’extrême insécurité
généralisée à Port-au-Prince et dans d’autres villes de province, l’exécution de certaines
activités de terrain grâce à la localisation des équipes techniques des projet à proximité de
la zone d’intervention a facilité le suivi rapproché des activités de terrain, une connaissance
accrue des réalités des communautés et des bénéficiaires directs.
•
Approche intégrée et multisectorielle efficace, mais exigeante. Le modèle multi-acteurs
(ministères, agences autonomes, ONG locales, fondations) a permis une synergie
institutionnelle, particulièrement visible dans le projet I-BE. Toutefois, cette architecture
complexe nécessite une forte capacité de coordination et des mécanismes institutionnels
stables, encore fragiles en Haïti. Les activités de renforcement des capacités et de
structuration des organisations locales de base doivent être réalisées dès le démarrage du
programme, afin de faciliter l’implication réelle des bénéficiaires, une bonne gestion des
investissements, et une meilleure appropriation des projets. Un accompagnement postformation et un suivi rapproché sont essentiels, enfin la proximité des acteurs d’appui doit
permettre des actions qui dépassent le cadre strict de la formation. Cette leçon apprise sera
déterminante dans la mise en œuvre des premières étapes de l’EFOSE.
•
Importance des partenariats. Ces derniers, comme indiqué dans la partie précédente, sont
essentiels dans des contextes fragiles comme celui d’Haïti, ou l’afflux de ressources doit être
utilisé en tenant compte des activités des autres institutions présentes. La collaboration avec
d'autres institutions financières internationales et partenaires au développement garantit la
durabilité et l'efficacité des actions. Il est également indispensable de développer des
partenariats avec des acteurs privés locaux du développement dans des secteurs clés, ayant
acquis des compétences et expériences nécessaires pour obtenir l’impact désiré des
activités.
•
Relation de proximité entre l’équipe du FIDA et les équipes de Projet : En dépit des difficultés
de déplacement liées à l’insécurité générale du pays, l’équipe du FIDA a développé une
relation de proximité, de coopération et de confiance mutuelle avec le personnel du projet et
du gouvernement. Cette stratégie a permis d’aborder les problèmes et contraintes en temps
réel et de chercher des solutions, tout en respectant les normes et procédures standard du
FIDA. Le suivi rapproché du FIDA est crucial, avec des réunions régulières, en particulier au
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République d’Haïti
Note de stratégie de pays
démarrage des projets, ainsi qu’un système d’alerte rapide en cas de difficultés de gestion
ou d'exécution.
•
Inclusion des femmes et des jeunes : Les projets ont atteint, voire dépassé, les objectifs en
matière de genre : parité ou majorité de femmes bénéficiaires dans certains cas, inclusion
dans la gouvernance locale, accès à des formations ciblées. Ces résultats sont d’autant plus
notables dans un environnement marqué par les violences basées sur le genre. Une
stratégie d’inclusion du genre et des jeunes, associée à une stratégie nutritionnelle, doit être
intégrée dans tout nouveau projet. La stratégie genre ne doit pas se limiter à des quotas,
mais inclure une transformation des comportements au sein des équipes de mise en œuvre,
des partenaires et des groupes bénéficiaires (organisations de la société civile, producteurs,
pêcheurs, commerçants, etc.).
•
Difficultés structurelles freinant l’efficacité : Les crises successives — sanitaires, politiques
et sécuritaires — combinées à la faible capacité institutionnelle et aux lourdeurs
administratives, ont fortement limité la performance du portefeuille. Ces facteurs ont ralenti
la mise en œuvre des activités, freiné l’absorption des financements d’urgence (comme dans
les cas de PURRACO ou du CRI pour I-BE), et complexifié la gestion opérationnelle au
quotidien. Dans l’hypothèse où Haïti serait à nouveau éligible à des fonds d’urgence, il est
indispensable de mener une réflexion stratégique en amont sur les modalités permettant une
utilisation optimale et rapide de ces ressources, particulièrement lorsque les délais de mise
en œuvre sont contraints.
•
Pérennité des résultats. Malgré des gains en productivité, en nutrition et en revenus, la
durabilité des acquis reste fragile. Elle dépend fortement de la capacité des acteurs locaux
à entretenir les infrastructures, maintenir les dynamiques économiques, et poursuivre les
apprentissages sans appui externe continu. Cette pérennité ne pourra être assurée que par
un accompagnement renforcé des acteurs locaux et des directions départementales, afin
qu’ils puissent anticiper dès le départ la stratégie de sortie et enjeux de durabilité, assurer le
suivi des activités mises en œuvre, en garantir la continuité et poursuivre le renforcement
des capacités des producteurs et productrices.
•
Une orientation vers des projets multi-phases : Une réflexion stratégique doit également être
engagée dans le cadre du prochain portefeuille sur le développement de projets à phases
multiples. Ce type d’approche permettrait de capitaliser sur les résultats obtenus lors d’une
première phase, tout en assurant une continuité des interventions dans le temps. Les projets
multi-phases offrent également l'opportunité de mieux gérer les risques, de renforcer les
partenariats sur la durée, et de stabiliser les équipes de mise en œuvre.
•
Des innovations adaptées au contexte haïtien. L’utilisation du numérique (KoboToolbox,
WhatsApp Business, plateformes de services agricoles), le recours aux savoirs locaux
(Association traditionnelle de travail (ATT), Champ École Paysan (CEP)), la
contractualisation communautaire, ou encore la promotion d’élevages adaptés montrent une
capacité d’innovation. Les innovations doivent être maximisées et partagées entre les
projets, les collectivités territoriales, les ministères et les bailleurs.
•
Nutrition et systèmes alimentaires résilients. La pandémie de COVID-19 a mis en lumière le
rôle central des jardins Lakou et des variétés locales dans la sécurité nutritionnelle et la
résilience économique des ménages, grâce à leur capacité à fournir des produits
alimentaires diversifiés et à générer des revenus supplémentaires. Cependant,
l’augmentation des revenus peut aussi entraîner une transition vers des régimes alimentaires
moins sains, marqués par une consommation accrue d’aliments transformés et sucrés. Pour
éviter ces dérives, des activités de sensibilisation et de changement comportemental sont
essentielles afin de promouvoir des habitudes alimentaires saines. Enfin, des approches
intégrées et décentralisées, combinant soutien aux moyens d’existence, inclusion sociale et
renforcement de la gouvernance locale, apparaissent comme des leviers clés pour améliorer
durablement la nutrition, en particulier chez les ménages vulnérables.
10
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
•
Accompagnement technique intégré et agroforesterie pour une agriculture résiliente et
durable. Les pratiques agroécologiques et l’agroforesterie, basées sur la diversification des
systèmes agricoles, offrent des gains économiques importants tout en favorisant la
restauration des sols et l’adaptation au changement climatique. Pour accompagner ces
transitions, un appui technique holistique et adapté au contexte local est indispensable,
incluant des outils de gestion comme le carnet de bord du producteur, des conseils
personnalisés et un soutien aux initiatives communautaires. Le développement de la
production locale de semences et de plants, priorisant les espèces locales et impliquant les
communautés, renforce l’autonomie et crée des opportunités d’emploi, notamment pour les
jeunes.
•
Gestion intégrée des bassins versants et protection des ressources naturelles comme leviers
de durabilité. Étant donné la forte vulnérabilité d’Haïti aux catastrophes naturelles, il apparaît
indispensable de compléter les interventions d’irrigation par une gestion intégrée des bassins
versants. Cette approche, associant restauration des terres en pente, préservation des
ressources naturelles et développement des chaînes de valeur, permet non seulement de
protéger les infrastructures d’irrigation et d’améliorer la fertilité des sols, mais aussi de
renforcer la résilience des communautés tout en augmentant leurs revenus.
•
Renforcer la finance rurale grâce à la diaspora et aux mécanismes communautaires
solidaires. L’expérience du Fonds fiduciaire pour la relance rurale (FFR) du FIDA démontre
que les envois de fonds de la diaspora peuvent être transformés en leviers puissants de
développement rural lorsqu’ils sont accompagnés d’éducation financière, d’un meilleur accès
aux institutions financières et d’une forte mobilisation communautaire. Parallèlement,
l’organisation de mutuelles de solidarité (MUSO) et d’organisations faîtières permet aux
agriculteurs d’échapper à la dépendance vis-à-vis de crédits peu adaptés, d’atténuer leurs
risques et de sécuriser leur financement, favorisant ainsi une autonomie financière accrue
en milieu rural.
IV. Objectifs stratégiques
Objectif stratégique général et objectifs spécifiques
28. L’objectif stratégique global est de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire des
communautés rurales haïtiennes, tout en renforçant leur résilience face aux catastrophes
économiques, naturelles et aux effets du changement climatique.
29. L’objectif de développement vise à promouvoir la production agricole durable, la restauration
et préservation des ressources naturelles et écosystèmes, à diversifier les moyens de
production, et à améliorer l’état nutritionnel des femmes, des hommes et des jeunes en milieu
rural, dans une perspective d’augmentation de la résilience face au changement climatique.
La note de stratégie de pays s’articule autour de trois objectifs stratégiques (OS).
Objectif stratégique 1 (OS1) : Promouvoir une gestion inclusive, durable et adaptée au climat des
ressources naturelles, notamment côtières et marines.
Résultats attendus :
•
•
•
Court terme (endéans 6 mois) :
Des comités de gestion des ressources naturelles sont mis en place, opérationnels et inclusifs ;
Des diagnostics participatifs des ressources naturelles, de la biodiversité et du changement
climatique sont finalisés et partagés et servent de base aux plans d’action ;
Des initiatives génératrices de revenus en lien avec l’économie bleue (aquaculture,
transformation de produits halieutiques, écotourisme) sont soutenues, notamment pour les
femmes et jeunes ;
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République d’Haïti
Note de stratégie de pays
•
•
•
•
Moyen terme (6 à 24 mois)
Des systèmes pilotes de planification et de gouvernance des ressources naturelles sont
devenus plus inclusifs, transparents et alignés avec les cadres nationaux de décentralisation
et de déconcentration.
Amélioration de l’agro biodiversité et diversité des écosystèmes agricoles via la promotion de
l’agroforesterie, de la rotation, de l’intégration des cultures, des systèmes agriculture-élevage,
de la gestion améliorée des pâturages (lien OS2)
Les ressources naturelles des zones ciblées montrent des signes de restauration et de
conservation grâce à l’implication accrue des communautés locales dans leur gestion,
l’investissement dans la restauration et protection des bassins versants et l’amélioration des
moyens d’existence.
Effet de l’OS1 :
La gestion des ressources naturelles est plus inclusive, durable et adaptée au climat, avec des
signes tangibles de restauration dans les zones ciblées.
Objectif stratégique 2 (OS2) : Développer des écosystèmes économiques durables au service de la
sécurité alimentaire et nutritionnelle. Cet objectif soutient des investissements dans la diversification
des moyens de production et de la production, de valorisation et dans l’amélioration de la qualité
nutritionnelle des populations ciblées.
Résultats attendus :
•
•
•
•
•
•
Court terme (endéans 6 mois) :
Producteurs adoptant des pratiques agricoles, et des systèmes de production aquacole
innovantes, diversifiées et résilientes qui améliorent revenu agricole et halieutique. Un nombre
significatif de producteurs a commencé à intégrer des techniques durables et diversifiées dans
leurs systèmes de production.
Capacités renforcées des techniciens des Bureaux agricoles communaux, des équipes
techniques et acteurs locaux. Les acteurs clés disposent des compétences nécessaires pour
accompagner efficacement les communautés dans les domaines agricoles, environnementaux
et nutritionnels.
Moyen terme (6 à 24 mois)
Les capacités de production agro-sylvo-pastorales, halieutiques et hydrauliques (irrigation,
drainage, collecte de l’eau) des communautés ciblées sont renforcées, contribuant à une
amélioration de leur sécurité alimentaire.
L’accès aux intrants et services locaux essentiels pour la production agricole sont renforcés
(i..e pépinière, reproduction semence, intrants biologiques, possibles outils digitaux etc.)
Amélioration valeur ajoutée et accès marché via des innovations technologiques post-récolte,
les unités de transformation et de valorisation agricole améliorées, mieux structurées, plus
compétitives et intégrées dans les dynamiques territoriales.
La qualité nutritionnelle des régimes alimentaires s’est améliorée, notamment grâce à l’accès
amélioré à l’eau potable, l’éducation nutritionnelle et l’intégration de produits locaux dans les
chaînes de valeur, sensibles à la nutrition et dans les programmes de cantines scolaires.
Effet de l’OS2 :
30. Les écosystèmes économiques locaux sont diversifiés, résilients et mieux intégrés, contribuant
à une amélioration durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Objectif stratégique (OS3) : Investir dans le capital humain pour renforcer la gouvernance locale et
les capacités des acteurs.
Cet objectif vise à :
12
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
•
Renforcer les capacités des organisations communautaires rurales et des comités de gestion
des ressources naturelles afin qu’ils puissent exprimer leurs besoins, structurer leurs initiatives
productives et collaborer avec les services d’appui et partenaires publics-privés, dans une
approche inclusive intégrant femmes, hommes et jeunes ;
Résultats attendus :
•
•
•
•
Court terme (endéans 6 mois):
Les Communautés sont sensibilisées aux enjeux nutritionnels, d’égalité hommes-femmes et
climatiques. Les femmes, hommes et jeunes manifestent une meilleure connaissance des
pratiques favorables à la nutrition et à la gestion durable des ressources.
Un Système de suivi-évaluation (SSE) au niveau des projets, et arrimé au système sectoriel,
est fonctionnel et en fonctionnement. Les indicateurs clés sont définis, les outils de collecte de
données sont opérationnels, et les premières données sont collectées régulièrement
Moyen terme (6 à 24 mois)
Les institutions publiques et les organisations communautaires disposent de meilleures
capacités pour mettre en œuvre efficacement les projets et répondre aux besoins des
populations rurales, grâce à la capitalisation des expériences et au renforcement de leurs
systèmes de gestion.
Les jeunes femmes et hommes accèdent à des formations agricoles et rurales adaptées,
renforçant leur insertion socioéconomique et leur rôle dans le développement local.
Effets de l’OS3 :
•
Les capacités des institutions, des organisations communautaires et des populations rurales
(femmes, hommes, jeunes) sont renforcées pour planifier, mettre en œuvre et suivre des
actions de développement local inclusives.
Stratégie de ciblage :
31. La stratégie de ciblage visera à concentrer les interventions sur les populations rurales les plus
pauvres, vulnérables ou marginalisées, qui disposent d’un accès limité aux ressources, aux
services de base et aux opportunités économiques. Elle s’attachera à réduire les inégalités
sociales, économiques et territoriales en accordant une attention particulière aux personnes
vulnérables issues des groupes suivants :
•
•
•
•
Les petits producteurs et productrices pratiquant agriculture, pêche ou élevage à faible
productivité et non durables, exposés à la dégradation des ressources naturelles et aux effets
du changement climatique ;
Les ménages extrêmement pauvres, souvent en situation d’insécurité alimentaire ou de
malnutrition chronique, mais présentant un potentiel de progression avec un appui ciblé en
actifs, services et accompagnement économique ;
Les femmes rurales, qui jouent un rôle central dans la production et la transformation, la
sécurité alimentaire et la résilience familiale, mais restent souvent exclues de l’accès à la terre,
au crédit, à la formation et aux instances de décision ;
Les jeunes des milieux ruraux, confrontés au chômage, à un déficit de formation, à l’exode
et au manque de perspectives, mais porteurs d’innovation et d’initiatives économiques,
notamment dans les domaines agricoles et para-agricoles.
32. Les organisations communautaires, les agences gouvernementales décentralisées (Bureaux
Agricoles Communaux - BAC - et exploitations agricoles), les comités de gestion des
infrastructures, les organisations de producteurs ainsi que les entreprises à impact et leurs
partenariats seront accompagnés via des formations.
13
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
33. Sur le plan géographique, les efforts seront concentrés dans les zones rurales les plus
défavorisées, en particulier dans les régions du Grand Sud (Grande Anse, Sud, Sud-Est) et
du Grand Nord (Nord-Ouest, Nord, Nord-Est), qui cumulent vulnérabilité socioéconomique,
dégradation environnementale et exposition aux risques climatiques, tout en étant relativement
moins touchés par l’insécurité comparé aux zones urbaines, à l’Artibonite et plus récemment
dans le Plateau Central.
V.
Engagement prévu du FIDA
34. Au moment de la préparation de la présente note, et durant la période couverte par la dernière
CSN, le FIDA a soutenu un total de six projets et programmes en Haïti : quatre sont déjà
clôturés, un est en cours de mise en œuvre et un autre est en phase de démarrage.
35. La période 2025-2026 de cette nouvelle CSN correspond au début de la période de la treizième
reconstitution des ressources du FIDA (FIDA13), pour laquelle l’enveloppe allouée s’élève à
17,339 millions d’USD.
14
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Tableau 2- Différents engagements du FIDA
Les projets clôturés sur le
précédent cycle Projet
PITAG
Programme
d’innovation
technologique
dans
les
secteurs
de
l’agriculture
et
de
l’agroforesterie
PURRACO - Projet d’urgence
pour le renforcement de la
résilience
des
petits
agriculteurs
face
aux
conséquences de la pandémie
de COVID-19
Objectif du projet
Renforcer la sécurité alimentaire et d'augmenter les
revenus agricoles des petits exploitants dans les
régions ciblées en Haïti.
Ses objectifs en matière de développement étaient
d'accroitre la productivité agricole et d'améliorer
l'utilisation du capital naturel par l'adoption de
techniques durables.
Accroitre la capacité de résilience des petits
agriculteurs et des structures associatives
vulnérables des communautés rurales en soutenant
l'augmentation rapide de la production agricole à
travers i) la réhabilitation des infrastructures
productives (périmètres irrigués) ainsi que
l'approvisionnement en intrants agricoles et ii) le
soutien à la production d’animaux à cycle court.
Période et aire de mise en œuvre
Montant du projet (USD)
2018-2024, dans le département du
Sud pour la partie financée par le
FIDA
Montant total : 76,859,000
IFAD : 10,859,000
IDB : 55,000,000
GAFSP (WB) : 10,000,000
GdH : 1,000,000
2021 – 2024, dans les départements
du Nord-Ouest, Centre et Sud
Montant total : 4,600,000
IFAD : 3,800,000
GdH : 500,000
Bénéficiaires : 300,000
Les donations clôturées sur le précédent cycle
Donations
Programme AGRI-digitalización
InnovaTech
Objectif de la donation
Tester trois projets pilotes portant sur le commerce
électronique,
les
catalogues
électroniques,
l’assistance
technique
virtuelle
pour
les
organisations de producteurs.
Développer un écosystème robuste de services
financiers et non financiers, fondé sur les
innovations technologiques et les économies
d’échelle.
15
Période et aire de mise en œuvre
Montant
(USD)
de la donation
2021 – 2022, dans les départements
du Sud et de la Grande-Anse
667,000 pour Haïti
2021 – 2023, dans la région ouest de
Port-au-Prince et de Fonds des
Nègres (Nippes)
442,000 pour Haïti
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Le projet en cours de mise en œuvre
Projet
Objectif du projet
I-BE – Projet
Bleue Inclusive
Réduire la pauvreté et renforcer la résilience
climatique des communautés rurales côtières dans
les régions du Nord et du Nord-Est d’Haïti, au travers
d’activités économiques durables basées sur les
ressources marines
d’Économie
Période et aire de mise en œuvre
2022 – 2028, dans les régions du
Nord et du Nord-Est d’Haïti
Montant du projet (USD)
Montant total : 26,600,000
IFAD: 22,100,000
GdH : 2,500,000
Bénéficiaires : 1,000,000
Le projet en cours de démarrage
Projet
EFOSE – Projet d’amélioration
de la sécurité alimentaire par
l’agriculture
durable,
le
développement de l’économie
locale
et
des
régimes
alimentaires
Objectif du projet
Période et aire de mise en œuvre
Augmenter et diversifier les revenus des ménages et
la production locale d’aliments nutritifs de manière à
résister aux chocs climatiques et économiques
16
2025 – 2032, dans le département
du Sud-Est
Montant du projet (USD)
Montant total : 31,870,000
IFAD: 23,670,000
GdH : 950,000
Bénéficiaires : 2,600,000
Déficit de financement
4,620,000
:
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
36. En plus de ces activités, des discussions sont en cours pour une nouvelle coopération entre le
FIDA et la BID dans le cadre du cycle FIDA13. Cette collaboration pourrait avoir lieu dans le
département du Nord Est. En outre, une potentielle couverture du déficit de financement du
projet EFOSE via des ressources du Global Environment Facility (GEF) est à l’étude.
37. Les activités promues par le FIDA au travers ses donations régionales seront explorées, tout
comme la possibilité de mettre en place des activités liées à la « Coopération triangulaire SudSud ».
Activités complémentaires du FIDA en Haïti
Thématiques et leviers stratégiques :
38. Ces activités contribueront à l’impact multidimensionnel du FIDA dans le pays. Elles devront
répondre aux thématiques transversales prioritaires identifiées par le Fonds, et pourront être
mises en place via la création (ou le renforcement) des partenariats avec d’autres entités
étatiques ou internationales, et la participation du Fonds au dialogue politique qui entoure cette
période d’incertitude en Haïti.
39. Les thématiques transversales et leviers stratégiques identifiées, qui constitueront des axes
prioritaires dans la mise en œuvre de la CSN, sont les suivants :
•
Égalité de genre et autonomisation des femmes : L’objectif est de garantir une
participation pleine et équitable des femmes dans toutes les dimensions du
développement rural. Cela passera par un appui à leur accès à la terre, au crédit, à la
formation, aux marchés et aux espaces de gouvernance, tout en valorisant leur rôle
clé dans la résilience des ménages et des territoires.
•
Inclusion des jeunes ruraux. Il s’agira d’offrir aux jeunes des perspectives économiques
et sociales concrètes à travers des parcours d’insertion adaptés (formation,
entrepreneuriat, emploi), notamment dans des secteurs dynamiques tels que
l’agriculture, l’agro transformation, l’artisanat, les services ruraux, les technologies
agricoles, le formation agricole et rurale.
•
Adaptation au changement climatique et gestion durable des ressources naturelles. La
résilience climatique sera intégrée de manière transversale dans tous les projets, avec
un accent sur les pratiques agroécologiques, la restauration des bassins versants, la
sécurisation des ressources en eau et en sols, et la promotion de l’agriculture climatointelligente.
•
Nutrition et sécurité alimentaire. L’amélioration des régimes alimentaires sera favorisée
par une diversification des productions agricoles locales, le soutien à des filières
sensibles à la nutrition (fruits, légumes, légumineuses, élevage, pêche), et l’intégration
de ces produits dans des programmes d’alimentation scolaire.
•
Inclusion sociale et participation citoyenne. Les projets veilleront à donner une voix et
des droits effectifs aux populations rurales vulnérables. Le renforcement des capacités
des organisations paysannes et des comités locaux permettra de favoriser des
processus participatifs de planification, de gestion et de redevabilité.
•
Transferts de la diaspora et investissements productifs. Le potentiel des envois de
fonds et de l’investissement de la diaspora sera valorisé par la mise en place de
mécanismes permettant leur transformation en investissements collectifs ou productifs
: dispositifs de cofinancement pour des équipements ou infrastructures mutualisés à
l’échelon communautaire, produits d’épargne-crédit associés aux services de
transferts d’argents pour les familles bénéficiaires et soutien à l’entrepreneuriat familial
et communautaire. Pour bénéficier des opportunités d'investissement pour la diaspora
haïtienne, en particulier dans le domaine agricole, un cadre structurant permettra
d’encourager ces investissements et de créer un dialogue soutenu avec la diaspora.
Enfin, la mobilisation des compétences de la diaspora pourra être envisagée pour
combler le manque de compétences locales et constituer un ferment actif pour
renforcer la confiance entre les acteurs institutionnels locaux et la diaspora.
17
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
•
Partenariats public-privé (PPP). Le secteur privé, notamment les établissements
financiers et des prestataires spécialisés dans les activités à mener au sein des projets,
sera davantage mobilisé pour structurer des chaînes de valeur équitable, promouvoir
l’agro transformation locale et améliorer les infrastructures et services ruraux
(stockage, irrigation, transport, digitalisation), dans une logique de partenariat équilibré
et durable. Des partenariats pourraient être développés avec des structures et
mécanismes mis en place pour soutenir le secteur privé et les investissements en Haïti,
notamment la Commission interministérielle des investissements et l’UCGPP (Unité
Centrale de Gestion des Partenariats Public-Privé) du ministère des Finances (MEF).
•
Technologies et innovation numérique. L’innovation technologique sera mise au
service de la transformation rurale. Des solutions numériques telles que l’information
météorologique, les services bancaires mobiles, les plateformes d’e-extension ou les
outils d’analyse territoriale et les outils de collecte et d’analyse d’information seront
promues, avec une attention particulière à l’accès des femmes et des jeunes aux
technologies de l’information et de la communication (TIC).
40. Comme mise en avant précédemment, ces thématiques pourront être abordées au niveau de
partenariats tout comme au niveau du dialogue politique interne. Ces deux fronts sont abordés
dans l’appendice 6 : Partenariats.
18
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Appendice 1 :
Cadre de résultat_ CSN 2025-2027
Indicateurs
de
portée
généraux
impactés
par
l’ensemble
des
activités
Harmonisation avec
les stratégies pays
La Stratégie et le
Plan
d’Action
Nationale pour la
Biodiversité
(SPANB) en Haïti
vise à préserver,
restaurer et utiliser
durablement
la
biodiversité du pays,
en alignement avec le
Cadre mondial pour
la biodiversité de
Kunming-Montréal.
Le Plan d’Action
National de Lutte
contre
la
Désertification
(PAN-LCD), élaboré
en 2009 par Haïti, a
pour objectif principal
de lutter contre la
désertification
et
d'atténuer les effets
de la sécheresse. Il
vise spécifiquement à
protéger, restaurer et
Projet I-BE :
Nombre de ménages touchés : 24.000
Nombre de personnes bénéficiant de services promus ou appuyés par le projet : 40.000
Projet EFOSE :
Nombre de personnes bénéficiant de services promus ou appuyés par le projet : 21,664
Nombre de ménages ayant reporté une amélioration de leur sécurité́ alimentaire : 13 648
Objectif FIDA / Effets directs
Objectifs
Résultats
Cadre stratégique
stratégiques CSN
du FIDA 2016-2025
Haïti 2025 - 2027
OS1 : Renforcer Effet 1
OS1
Des comités de gestion des
les
capacités
ressources naturelles sont mis en
productives des La
une place, ils sont opérationnels et
gestion
des Promouvoir
populations
gestion
inclusive, inclusifs.
ressources
locales.
naturelles est plus durable et adaptée
OS2 :
Accroitre
les avantages que
les
populations
rurales tirent de
leur intégration au
marché.
inclusive, durable et
adaptée au climat,
avec des signes
tangibles
de
restauration dans les
zones ciblées.
au
climat
des
ressources
naturelles,
notamment côtières
et marines
OS3 : Renforcer la
viabilité
environnementale
et accroitre la
résilience
au
changement
climatique
des
activités
économiques des
populations
rurales.
Des initiatives génératrices de
revenus en lien avec l’économie
bleue (aquaculture, transformation
de
produits
halieutiques,
écotourisme) sont soutenues,
notamment pour les femmes et
jeunes
La dépendance des ménages sur
bois de chauffe et déforestation
(plantation bois énergie, formation,
charbon
durable,
cuisinières
efficaces) est réduite.
19
Indicateurs de produits et cible prévue
Des comités de gestion des ressources
naturelles fonctionnels
3 plateformes pour EFOSE
1 plateforme pour I-BE
Surface restaurée
500 km de versants aménagés
pour EFOSE,
583 ha pour I-BE
Ménages ayant amélioré leur indice de
résilience / vulnérabilité́
EFOSE : 61.417 ménages
I-BE : 80 % ont amélioré leur
résilience climatique.
I-BE
Personnes formées à des activités
productrices de revenus ou à la gestion
des entreprises : 9.000
EFOSE
Ménages déclarant une diminution
significative du temps consacré à la
collecte d’eau et de combustible : 2.800
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
valoriser
les
potentiels productifs
des terres, ainsi qu'à
préserver
les
écosystèmes
menacés.
dont 1,178 ménages dirigés par une
femme.
L’agro biodiversité et la diversité
des écosystèmes agricoles, via la
promotion de l’agroforesterie, la
rotation, l’intégration des systèmes
agriculture-élevage, la gestion
améliorée des pâturages (lien os2)
est améliorée.
Le Plan national de
développement
agricole
(PNDA)
2010–2025 d’Haïti a
pour objectif principal
de relancer et de
moderniser le secteur
agricole
afin
de
renforcer la sécurité
alimentaire, réduire la
pauvreté rurale et
stimuler la croissance
économique.
Le
Cadre
de
coopération
des
Nations Unies pour
le développement
durable
(CCDD/UNSDCF) en
cours de révision
pour
2025–2030,
comporte cinq axes
prioritaires ;
la
réduction
de
la
pauvreté
et
la
promotion
de
l’emploi, l’accès aux
services sociaux de
base, l’égalité de
genre et protection
sociale, la résilience
et la réduction des
risques,
la
gouvernance
Les ressources naturelles des
zones ciblées montrent des signes
de restauration et de conservation
grâce à l’implication accrue des
communautés locales dans leur
gestion, l’investissement dans la
restauration et protection des
bassins versants et l’amélioration
des moyens d’existence.
Effet 2
OS2
Les
écosystèmes
économiques locaux
sont
diversifiés,
résilients et mieux
intégrés, contribuant
à une amélioration
Développer
des
écosystèmes
économiques
durables au service
de
la
sécurité
alimentaire
et
nutritionnelle
20
Des diagnostics participatifs des
ressources
naturelles
sont
finalisés et partagés et servent de
base aux plans d’action.
Des producteurs et productrices
adoptent des pratiques agricoles et
des systèmes de production
aquacole innovantes, diversifiées
et résilientes qui améliorent revenu
agricole et halieutique.
EFOSE
Amélioration de la biodiversité́ au niveau
des écosystèmes
Zone de Biodiversité́ Intacte (AIB) : 0.65
ha
Tonnes d’émissions de gaz à effet de
serre (tCO2e) évitées et/ou séquestrées :
6.400 ha
Surface restaurée
EFOSE : 500 km de versants
aménagés
I-BE : 583 ha
Personnes ayant amélioré leur indice de
résilience / vulnérabilité́
EFOSE : 61,417 membres de
ménages
I-BE : 80 % ont amélioré leur
résilience climatique.
I-BE
Ménages
déclarant
l’adoption
de
pratiques et technologies durables et
résilientes au changement climatique :
9.600
A être développé dans les prochaines
activités pays.
Évolution des rendements
EFOSE
18.879 Ménages faisant état d'une
augmentation de la production
I-BE
80 % ménages qui déclarent une
augmentation de leurs revenus d'au
moins 20%.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
démocratique
institutionnelle.
et
durable
de
la
sécurité alimentaire
et nutritionnelle.
Évolution des revenus
EFOSE
91.683 membres des ménages ayant
reporté une augmentation des revenus
I-BE
80 % des ménages déclarent une
augmentation des revenus de 20 %
Politique
et
Stratégie Nationales
d’Alimentation
Scolaire
(PSNAS)
2024-2030.
Ce
document présente la
version révisée de la
Politique et Stratégie
Nationales
d’Alimentation
Scolaire
(PSNAS)
pour la période 20242030. Il vise à
garantir
une
alimentation scolaire
saine,
locale
et
durable pour tous les
élèves,
tout
en
renforçant l'économie
agricole,
la
gouvernance locale
et la participation
communautaire.
Évolution de la surface irriguée
EFOSE
323,75 hectares
Un
nombre
significatif
de
producteurs a commencé à
intégrer des techniques durables et
diversifiées dans leurs systèmes
de production).
Les capacités de production agrosylvo-pastorales, halieutiques et
hydrauliques (irrigation, drainage,
collecte
de
l’eau)
des
communautés
ciblées
sont
renforcées, contribuant à une
amélioration de leur sécurité
alimentaire.
L’accès aux intrants et services
locaux
essentiels
pour
la
production agricole sont renforcés
(i..e
pépinière,
reproduction
semence, intrants biologiques,
possibles outils digitaux etc.)
Amélioration de la valeur ajoutée et
de l’accès marché via des
innovations technologiques postrécolte,
les
unités
de
transformation et de valorisation
agricole
améliorées,
mieux
structurées, plus compétitives et
intégrées dans les dynamiques
territoriales.
21
EFOSE
Terres agricoles dotées d’infrastructures
hydrauliques construites/remises en état :
323,75 ha
I-BE
Ménages
déclarant
l’adoption
de
technologies, de pratiques ou d’intrants
nouveaux/améliorés : 4,200
EFOSE
26 entreprises de transformation agricoles
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
La qualité nutritionnelle des
régimes
alimentaires
s’est
améliorée, notamment grâce à
l’accès amélioré à l’eau potable,
l’éducation
nutritionnelle
et
l’intégration de produits locaux
dans les chaînes de valeur,
sensibles à la nutrition et dans les
programmes de cantines scolaires.
EFOSE :
13.648 ménages ayant reporté une
amélioration de leur sécurité́ alimentaire
Diversité alimentaire
EFOSE :
60 % des femmes déclarent une
diversité́ alimentaire minimale
(MDDW)
Femmes déclarant une diversité
alimentaire minimale
(MDDW) :4,710
I-BE
20 % des femmes déclarent une diversité́
alimentaire minimale (MDDW)
Effet 3
Les capacités des
institutions,
des
organisations
communautaires et
des
populations
rurales
(femmes,
hommes,
jeunes)
sont renforcées pour
planifier, mettre en
œuvre et suivre des
actions
de
développement local
inclusives.
OS3
Investir dans le
capital humain pour
renforcer
la
gouvernance locale
et les capacités des
acteurs
Les
Communautés
sont
sensibilisées
aux
enjeux
nutritionnels, d’égalité hommesfemmes et climatiques. Les
femmes, hommes et jeunes
manifestent
une
meilleure
connaissance
des
pratiques
favorables à la nutrition et à la
gestion durable des ressources.
Pourcentage d’organisations soutenues
(2.1.3)
EFOSE = 40
I-BE = 86
EFOSE
25.695 personnes formées (hommes,
femmes, jeunes)
I-BE
Les institutions publiques et les
organisations
communautaires
disposent de meilleures capacités
pour mettre en œuvre efficacement
les projets et répondre aux besoins
des populations rurales, grâce à la
capitalisation des expériences et
au renforcement de leurs systèmes
de gestion.
22
3 Espaces de travail supplémentaire
construits pour l'ANAP NE (un bureau à
Fort Liberté et deux antennes à Caracol et
Limonade) : 3
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Les jeunes femmes et hommes
accèdent à des formations
agricoles et rurales adaptées,
renforçant
leur
insertion
socioéconomique et leur rôle dans
le développement local
EFOSE :
Personnes ayant reçu une formation en
alphabétisation financière et/ou utilisation
des services et produits financiers dans
les zones rurales : 11.440
1.915 personnes formées à des activités
productrices de revenus ou à la gestion
des entreprises
Nombre de personnes formées (hommes,
femmes, jeunes) : 25,695
I-BE :
Nombre de personnes formées (hommes,
femmes, jeunes) : 9,000
Un Système de suivi-évaluation
(SSE) au niveau des projets, et
arrimé au système sectoriel, est
fonctionnel et en fonctionnement.
Les indicateurs clés sont définis,
les outils de collecte de données
sont
opérationnels,
et
les
premières données sont collectées
régulièrement
23
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Appendice 2 : Étude préparatoire PESEC
Introduction
1. L'objectif principal de cette étude préparatoire est d'évaluer l'intégration des Procédures
d'Évaluation Sociale, Environnementale et Climatique (PESEC) dans la Note
Stratégique Pays (CSN) 2025-2027 du Fonds International de Développement Agricole
(FIDA) en Haïti. Cette analyse vise à renforcer l’intégration des enjeux sociaux,
environnementaux et climatiques dans la conception et la mise en œuvre des projets, tout en
améliorant la résilience des communautés rurales face aux impacts des changements
climatiques. Elle s'appuie sur un diagnostic actualisé des secteurs clés, notamment
l'agriculture, la pêche et la gestion des ressources naturelles, en intégrant les dimensions
transversales que sont le genre, la jeunesse et la sécurité alimentaire. Cette démarche
permet de cerner les risques potentiels, de formuler des recommandations concrètes et de
garantir une mise en conformité avec les normes environnementales et sociales du FIDA.
2. La préparation de cette note s’est appuyée sur une série de consultations stratégiques et
techniques menées par l’équipe du FIDA auprès de ministères clés (Finances, Agriculture,
Environnement), d’agences des Nations Unies, d’unités de gestion des projets en cours et
passés, d’organisations de la société civile, ainsi que de prestataires de services ayant
exécuté des marchés financés par le FIDA. Cette analyse repose sur une triangulation entre
une revue documentaire, des observations de terrain et des consultations avec les parties
prenantes des investissements du FIDA en Haïti. Toutefois, les contraintes sociopolitiques et
l’insécurité persistante ont limité les visites de terrain. La dernière visite du FIDA remonte à
décembre 2023, dans le Sud-Est, lors de la formulation du projet EFOSE (Amélioration de la
sécurité alimentaire par l’agriculture durable, le développement de l’économie locale et des
régimes alimentaires sains). Une mission planifiée en mars 2025 pour le projet I-BE et
l’Initiative de Réponse à la Crise (CRI) n’a pas pu se dérouler en raison des conditions
sécuritaires insuffisantes, bien qu’une partie de l’équipe ait été mobilisée au Cap-Haïtien. Ce
déficit a été partiellement compensé par les consultations menées par l’Unité Technique
d’Exécution (UTE), responsable de la gestion du projet I-BE en Haïti.
Partie 1 – Analyse de la situation et principales difficultés
3. Haïti est un pays insulaire situé dans les Caraïbes, occupant le tiers occidental de l'île
d'Hispaniola, qu'elle partage avec la République dominicaine. Avec une superficie d'environ
27,750 km², le pays se distingue par une géographie montagneuse comprenant plusieurs
chaînes de montagnes, telles que la Chaîne de la Selle et la Chaîne des Matheux.
4. Le territoire haïtien comprend des zones urbaines denses, comme Port-au-Prince et CapHaïtien, ainsi que de vastes régions rurales où les infrastructures routières sont souvent
précaires, limitant l'accès aux services de base. Cet isolement est aggravé par l’insécurité, la
dégradation des routes, l'absence de ponts dans certaines zones reculées, ainsi que la
vulnérabilité aux catastrophes naturelles telles que les ouragans et les tremblements de terre.
Ces défis logistiques et sociopolitiques compliquent le développement économique et l'accès
aux services sociaux pour une grande partie de la population rurale.
1.1 Situation socioéconomique et causes sous-jacentes
5. Haïti, avec une population estimée à environ 11.47 millions d'habitants en 2023, demeure l'un
des pays les plus pauvres de l'hémisphère occidental. 1 Son économie repose principalement
sur l'agriculture, qui emploie plus de 50% de la population active, bien que sa contribution au
produit intérieur brut (PIB) ait considérablement diminué, passant de 50% dans les années
1950 à environ 20% en 2016.2
1
https://www.ilo.org/fr/regions-etpays/ameriques/haiti#:~:text=La%20R%C3%A9publique%20d'Ha%C3%AFti%20a,est%20Port%2Dau%2DPrince.
2
https://www.ifc.org/fr/stories/2024/haiti-private-sector-boosting-farmerincomes#:~:text=L'agriculture%20contribue%20%C3%A0%20hauteur,est%20class%C3%A9e%20dans%20cette%20cat%C3%
A9gorie.
25
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
6. En 2023, Haïti a enregistré une croissance économique négative de -1,9%, marquant la
cinquième année consécutive de contraction économique. Cette récession est attribuée à une
combinaison de facteurs, notamment l'instabilité politique prolongée, les catastrophes
naturelles récurrentes et une insécurité généralisée liée à la violence des gangs, contrôlant
environ 85% de Port-au-Prince. L'inflation a atteint un taux alarmant de 44.2% en 2023,
érodant le pouvoir d'achat des ménages et aggravant les conditions de vie déjà précaires.3
7. L’accaparement des principaux axes routiers menant à Port-au-Prince et la République
dominicaine par les gangs a fragilisé le secteur agricole haïtien. Cette situation isole les
autres départements du principal marché de produits agricoles situé dans l’Ouest, en
particulier à Port-au-Prince et dans la zone métropolitaine. De plus, plusieurs plaines
agricoles de l’Ouest et de l’Artibonite sont également sous l’emprise de gangs. Haïti dépend
fortement des importations pour subvenir à ses besoins alimentaires, notamment le riz, dont
plus de 80% de la consommation est importée. 4
8. Les envois de fonds de la diaspora représentent une source majeure de devises, constituant
environ 20% du PIB. Toutefois, cette dépendance aux transferts de fonds et aux importations
expose l'économie haïtienne aux chocs externes. Cette situation est aggravée par l’instabilité
politique chronique et l’insécurité généralisée, particulièrement à Port-au-Prince, où des
gangs armés contrôlent une grande partie de la ville, entravant les activités économiques et
l'accès aux services essentiels.
9. Genre – Dans les ménages ruraux haïtiens, les femmes assument la majorité des tâches
domestiques et des responsabilités familiales, telles que les soins aux enfants, la préparation
des repas et la gestion du foyer. En parallèle, elles participent activement aux activités
agricoles, souvent sans rémunération directe. Cependant, les décisions économiques
majeures, telles que la vente des récoltes ou l’achat de biens durables, restent
majoritairement entre les mains des hommes, limitant ainsi l’autonomie financière et
décisionnelle des femmes au sein du foyer.
10. Les femmes rurales représentent 70% de la main-d’œuvre agricole en Haïti (FAO, 2021, cité
par Ayibopost, 2023)5, mais le secteur demeure largement dominé par les hommes, qui
possèdent la majorité des terres agricoles. Seulement 11% des femmes en milieu rural sont
propriétaires de terres, une situation qui réduit considérablement leur accès aux crédits, aux
subventions agricoles et aux technologies modernes. 6 En l’absence de titres fonciers
sécurités, les femmes se retrouvent souvent exclues des dispositifs de financement, ce qui
freine leur capacité à investir dans l’agriculture durable.
11. Les litiges liés à l’héritage foncier sont fréquents, et les veuves, en particulier, sont
vulnérables. Sans connaissance de leurs droits, elles risquent l’expulsion par les familles de
leurs défunts maris, ce qui accentue leur précarité. Par ailleurs, seulement 28% des
agricultrices reçoivent un salaire monétaire, les autres étant rémunérées en nature ou ne
percevant aucune compensation.
12. Au niveau communautaire, les femmes sont souvent sous-représentées dans les comités
locaux de gestion des ressources naturelles et les instances de décision. Cette
marginalisation limite leur influence sur les décisions relatives à l’accès aux ressources, à la
planification agricole et à l’adaptation aux changements climatiques. Sur le plan politique, les
femmes occupent seulement 2.5% des sièges parlementaires, traduisant une faible présence
dans les processus décisionnels nationaux. 7
13. Les femmes rurales font face à des défis multiples, notamment :
-
Violences Basées sur le Genre (VBG) : Environ 29% des femmes en âge de procréer ont subi
des violences physiques, dont 26.2 % sont des adolescentes de 15 à 17 ans. 8
3
https://www.lemonde.fr/en/economy/article/2024/08/26/haiti-s-economy-is-asphyxiated-by-gang-violence-i-m-leaving-because-of-theinsecurity_6721658_19.html
4
https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/a1ed6086-c606-4de8-86da-d499736af699/content
5
https://ayibopost.com/moteurs-de-lagriculture-haitienne-tres-peu-de-paysannes-possedent-desterres/#:~:text=Les%20agricultrices%20rurales%20rencontrent%20des,et%20f%C3%A9ministe%20Tamas%20Jean%20Pierre&
text=Les%20femmes%20rurales%20repr%C3%A9sentent%2070,l'Agriculture%20(FAO).
6
https://www.ecoi.net/en/file/local/2046961/hti_hno_2021-fr.pdf
7
https://www.ecoi.net/en/file/local/2046961/hti_hno_2021-fr.pdf
8
https://www.ecoi.net/en/file/local/2046961/hti_hno_2021-fr.pdf
26
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
-
Santé maternelle précaire : Le taux de mortalité maternelle reste alarmant avec 480 décès
pour 100,000 naissances vivantes (2017), largement dû à l’insuffisance d’accès aux soins de
santé maternelle.9
-
Inégalités d’accès aux ressources : L’accès limité à la propriété foncière, aux crédits et aux
technologies agricoles freine l’autonomisation économique des femmes rurales.
14. Jeunes – En Haïti, la jeunesse est généralement définie comme les personnes âgées de 15 à
24 ans, représentant environ 19% de la population totale. Les moins de 25 ans constituent
environ 51% de la population, avec un âge médian de 23 ans. 10
15. Les jeunes ruraux haïtiens, hommes et femmes, sont souvent confrontés à des défis
spécifiques. Leur niveau de scolarisation est généralement faible, en raison d'un accès limité
à l'éducation, ce qui entrave le développement de compétences techniques et
entrepreneuriales nécessaires pour améliorer la productivité agricole. Cette situation
contribue à un exode rural significatif, les jeunes délaissant l'agriculture, perçue comme peu
valorisante, pour migrer vers les zones urbaines ou à l'étranger à la recherche de meilleures
opportunités.11
16. Malgré ces défis, les jeunes ruraux représentent un potentiel important pour le
développement agricole en Haïti. Des initiatives visant à renforcer leur accès à la formation,
au crédit et aux technologies agricoles pourraient favoriser leur engagement dans le secteur
et contribuer à la revitalisation de l'économie rurale.
17. Groupes marginalisés – En milieu rural haïtien, plusieurs groupes marginalisés, tels que les
personnes handicapées, les déplacés internes, les paysans sans terre et les filles-mères
cheffes de ménage, font face à des obstacles structurels entravant leur inclusion socioéconomique.
18. Les personnes handicapées, représentant environ 10% de la population, sont souvent
exclues de la vie économique et sociale en raison de la stigmatisation, du manque
d'infrastructures accessibles et de l'insuffisance de services adaptés. 12 Bien que des
initiatives telles que la création du Bureau du Secrétaire d'État à l'intégration des Personnes
Handicapées (BSEIPH) en 2007 et la promulgation de la loi du 13 mars 2012 sur l'intégration
des personnes handicapées aient été mises en place, leur mise en œuvre reste limitée, en
particulier dans les zones rurales.
19. En 2025, le nombre de personnes déplacées internes en Haïti a dépassé le million. 13 Cette
situation résulte des violences armées survenues dans plusieurs localités du pays,
notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, à Kenscoff, dans l’Artibonite, le
Nord-ouest et le bas Plateau Central. Face à l’extension des gangs dans les quartiers de
Port-au-Prince, les mouvements migratoires se dirigent de plus en plus vers les villes de
province, engendrant une pression d’urbanisation non contrôlée sur plusieurs terrains
agricoles, y compris des terres irriguées. Ces déplacés internes, souvent victimes de
catastrophes naturelles ou de violences, vivent dans des conditions précaires avec un accès
restreint aux services de base tels que l'eau potable, la santé, l'éducation, ainsi que l’accès à
la terre et aux facteurs de production. Leur situation est exacerbée par l'absence de politiques
publiques efficaces pour leur réintégration et leur soutien.
20. Les paysans sans terre, quant à eux, sont confrontés à l'insécurité foncière, ce qui limite leur
capacité à investir dans l'agriculture et à accéder au crédit. Cette situation perpétue un cycle
de pauvreté et d'exclusion, particulièrement marqué chez les femmes, qui représentent une
part significative de cette population.
9
https://hia.paho.org/en/profils-depays/haiti#:~:text=Le%20taux%20de%20mortalit%C3%A9%20maternelle,la%20valeur%20estim%C3%A9e%20pour%202000.
10
https://haiti.unfpa.org/fr/news/c%C3%A9l%C3%A9bration-de-la-journ%C3%A9e-internationale-de-la-jeunesse-en-ha%C3%AFti-autourdu-th%C3%A8me-national%C2%AB#:~:text=Port%2Dau%2DPrince%2C%2012,Jeunesse%2C%20Paix%20et%20S%C3%A9curit%C3%A9%20%C2%B
B.
11
Haïti - Agriculture : L’exode des jeunes du milieu rural - HaitiLibre.com : Toutes les nouvelles d’Haiti 7/7
12
https://seiph.gouv.ht/estimation-speculative-sur-la-population-des-personnes-handicapees-en-haiti/
13
https://reliefweb.int/report/haiti/haiti-rapport-sur-la-situation-de-deplacement-interne-en-haiti-round-9-decembre2024#:~:text=Le%20Round%209%2C%20qui%20s'est%20d%C3%A9roul%C3%A9%20du,soit%2048%%20de%20plus%20qu'
au%20round%208.&text=Au%20total%20ce%20sont%2075%%20des%20PDI,tandis%20que%2025%%20sont%20dans%20la
%20capitale.
27
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
21. En Haïti, la situation des filles mères demeure préoccupante. Selon l'UNICEF, environ 14%
des filles haïtiennes donnent naissance avant l'âge de 18 ans, les complications liées à la
grossesse étant la principale cause de mortalité chez les adolescentes de cette tranche
d'âge. La grossesse précoce constitue un obstacle majeur à l'éducation et à l'autonomisation
des filles, d’autant plus qu’il n'existe pas de programme spécifique pour combattre la
déscolarisation des jeunes filles-mères. Au contraire, la pratique veut que celles-ci soient
exclues des institutions scolaires lorsqu’elles se trouvent dans cette situation. Cette réalité
entrave leur développement personnel et professionnel, perpétuant ainsi un cycle de
pauvreté et de marginalisation.14,15
22. Pour répondre à ces défis, des mécanismes d'appui tels que des programmes de formation
professionnelle, des initiatives de microcrédit et des projets d'inclusion sociale ont été mis en
place par diverses organisations. Cependant, leur portée reste limitée, et une coordination
renforcée entre les acteurs étatiques et non étatiques est nécessaire pour assurer une
inclusion effective de ces groupes marginalisés dans le développement rural d'Haïti.
23. Nutrition – Haïti, avec une population estimée à environ 11.47 millions d'habitants, fait face à
une crise nutritionnelle alarmante, caractérisée par des niveaux élevés de retard de
croissance, d’émaciation et de sous-alimentation. Selon les dernières analyses de la sécurité
alimentaire soutenues par l'ONU en mars 2025, environ 4.97 millions de personnes
nécessitent une forme d’assistance alimentaire. Parmi celles-ci, 1.64 million de personnes
sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë d’urgence, traduisant une situation
critique nécessitant des interventions rapides et ciblées. 16
24. Les enfants représentent une tranche particulièrement vulnérable face à cette crise. En 2024,
le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère a connu une augmentation
alarmante de 19%, un indicateur inquiétant des effets prolongés de l’insécurité alimentaire sur
le développement physique et cognitif des jeunes générations. Le phénomène est exacerbé
dans les zones rurales, où les familles, déjà fragilisées par des conditions de vie précaires, se
retrouvent encore plus vulnérables en raison des blocages des routes nationales. Ces
entraves limitent considérablement l'accès aux marchés de Port-au-Prince et d'autres grands
centres urbains, réduisant ainsi la disponibilité des denrées alimentaires et perturbant les
chaînes d'approvisionnement locales.
25. Sur l’ensemble du territoire 5.4 millions de personnes peinent quotidiennement à subvenir à
leurs besoins alimentaires, selon les estimations du PAM en septembre 2025. Cette situation
fait de cette crise l’une des plus sévères au niveau mondial en termes de proportion de
personnes touchées par l’insécurité alimentaire aiguë. Parmi eux, deux millions vivent dans
des conditions de faim d’urgence, classées en Phase 4 de l'IPC, caractérisées par des
pénuries alimentaires extrêmes, une malnutrition aiguë et une prévalence élevée de
maladies.17
1.2 Contexte environnemental et climatique, tendances et incidences
26. Ressources naturelles et biodiversité. Plusieurs régions du pays, telles que le parc
national de Macaya, l'île de la Gonâve, l'île de la Navase, l'île de la Tortue et le massif de la
Hotte, sont exceptionnellement ou particulièrement riches en biodiversité. Cette diversité
d'écosystèmes favorise un fort endémisme et une grande diversité d'espèces. Bien que les
données restent partielles et parfois obsolètes, la flore d'Haïti est estimée entre 5,000 et
14
15
https://equitas.org/fr/combattre-la-descolarisation-des-jeunes-filles-meres-enhaiti/#:~:text=Croyant%20fermement%20que%20toutes%20les,concern%C3%A9es%2C%20ainsi%20que%20leurs%20parents.
https://plan-international.org/haiti/case-studies/young-mother-struggles-provide-family-amidst-haiti-hungercrisis/#:~:text=Haiti%20hunger%20crisis,Young%20mother%20struggles%20to%20provide%20for%20family%20amidst%20Haiti%20hunger,pregnant%20at%2017%2
0years%20old.
16
https://news.un.org/fr/story/2024/04/1144506#:~:text=Environ%201%2C64%20million%20de,malnutrition%20aigu%C3%AB%
20s%C3%A9v%C3%A8re%20en%202024.
17
https://fr.wfp.org/communiques-de-presse/la-faim-en-haiti-atteint-un-niveau-historique-un-haitien-sur-deuxsouffre#:~:text=Alors%20qu'Ha%C3%AFti%20continue%20de,parmi%20toutes%20les%20crises%20mondiales.
28
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
5,600 espèces de plantes vasculaires, dont environ 37% sont endémiques. La faune
comprend plus de 2,000 espèces, avec un taux d’endémisme atteignant près de 75%. 18
27. Malgré son importance mondiale, la plupart des écosystèmes naturels, en particulier les
forêts, ont été défrichés, fragmentés ou gravement dégradés. Bien que les données soient
insuffisantes pour évaluer précisément l'ampleur de la perte d'espèces, celle-ci reste
significative. L'UICN répertorie 196 espèces animales et 211 espèces végétales vulnérables
ou menacées d'extinction en Haïti.19
28. La diversité marine, bien que moins documentée, comprend des écosystèmes côtiers tels
que les mangroves, les herbiers marins et les récifs coralliens. Ces écosystèmes jouent un
rôle essentiel dans la protection des côtes et le maintien des moyens de subsistance des
communautés locales.
29. Cette biodiversité fait face à une série de menaces anthropiques : (i) déforestation massive
pour le bois de chauffage et l’agriculture sur brûlis (ii) pollution des sols et des eaux en raison
de l’utilisation de pesticides et du manque de gestion des déchets ; (iii) surpêche et
destruction des habitats marins ; (iv) espèces exotiques envahissantes qui perturbent les
écosystèmes locaux ; (v) feux de forêt récurrents, principalement d’origine humaine ; (vi)
pression démographique et urbanisation non planifiée, augmentant la pression sur les
écosystèmes naturels.
30. En février 2025, Haïti a validé la version mise à jour de sa Stratégie et Plan d’Action
Nationale pour la Biodiversité (SPANB), alignée sur le Cadre mondial de la biodiversité
de Kunming-Montréal. Ce document stratégique vise à : (i) renforcer la conservation des
écosystèmes ; (ii) intégrer la biodiversité dans les politiques nationales ; (iii) promouvoir
l’agroforesterie et la gestion durable des terres.20 De plus, le Fonds Haïtien pour la
Biodiversité (FHB) a lancé en mai 2023 un programme de subventions visant à soutenir des
projets innovants pour la conservation de la biodiversité. Cette initiative met l'accent sur la
collaboration entre les communautés locales, les ONG et les institutions gouvernementales.21
31. Zones clés de la biodiversité (ZCB). Le Fonds de partenariat pour les écosystèmes
critiques (CEPF) 22 a identifié 43 Zones Clés pour la Biodiversité (ZCB) en Haïti, couvrant
environ 25% du territoire national. Les ZCB sont considérées comme des sites d'importance
mondiale pour la conservation de la biodiversité. Ces ZCB sont désignées sur la base de
critères scientifiques rigoureux, notamment : la présence d’espèces menacées à l’échelle
mondiale, la concentration d’espèces endémiques ou à aire de répartition restreinte et des
habitats uniques ou représentatifs d’écosystème rares.23 . Ces ZCB nécessitent une
protection prioritaire pour garantir la pérennité des espèces et des écosystèmes qu’elles
abritent.
32. Aires protégées. Il n’y a pas d’évolution dans le nombre d’aires protégées en Haïti. Le pays
compte toujours 26 aires protégées couvrant une superficie d’environ 125,500 hectares. 24
Ces aires, classées selon différentes catégories de l'Union Internationale pour la
Conservation de la Nature (UICN), comprennent des parcs nationaux, des zones de
protection de la biodiversité, des zones réservées, des éléments naturels exceptionnels et
des sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
18
https://dicf.unepgrid.ch/haiti/biodiversity
https://www.iucnredlist.org/
20
https://www.lobservatoire.info/biodiversite-un-rapport-strategique-pour-preserver-les-ecosystemes-du-sud-dhaiti/
21
https://biodiversite.ht/vers-un-programme-de-subventions-pour-lenvironnement-et-la-biodiversite-une-premiere-en-haiti/
22
https://www.keybiodiversityareas.org/
23
https://caribbeanprotectedareasgateway.org/haiti-welcomes-seven-new-protectedareas#:~:text=On%20April%205%2C%202018%2C%20the,difficult%20to%20plan%20and%20implement.
24
https://anap.gouv.ht/documents/Liste_des_APs.pdf
19
29
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
33. Malgré cette désignation, la gestion effective de ces aires reste limitée. Selon les estimations,
seulement 0.3% du territoire national bénéficie d'une protection effective, bien que les aires
protégées couvrent environ 8.6% de la superficie terrestre du pays.25
Figure 1. Aires protégées terrestres (gauche) et marines et côtières (droite) déclarées (2018)
34. Vulnérabilité environnementale. Haïti demeure l’un des pays les plus exposés aux
catastrophes naturelles dans le monde. Selon la Banque mondiale, plus de 96% de la
population est exposée à au moins deux types d’aléas majeurs, notamment les ouragans, les
inondations, les tremblements de terre, les glissements de terrain et les sécheresses.26 Cette
vulnérabilité est exacerbée par plusieurs facteurs :
-
Urbanisation non planifiée : L'expansion rapide des zones urbaines, souvent sans
planification adéquate, a conduit à l'installation de populations dans des zones à haut risque,
augmentant ainsi leur exposition aux catastrophes naturelles.
-
Déforestation massive : La perte de couverture forestière a entraîné une érosion accrue des
sols, réduisant la capacité des terres à absorber les eaux de pluie et augmentant le risque
d'inondations.
-
Infrastructure insuffisante : Le manque d'infrastructures résistantes aux catastrophes, telles
que des systèmes de drainage efficaces et des bâtiments construits selon des normes
parasismiques, aggrave les impacts des événements naturels.
35. En termes économiques, chaque catastrophe majeure coûte en moyenne 2% du PIB par an,
affectant particulièrement le secteur agricole, qui est vital pour la subsistance de la majorité
de la population.
36. Sur le plan tectonique, Haïti est situé à la convergence de plusieurs failles sismiques actives,
notamment la faille septentrionale au nord, la faille Enriquillo-Plantain Garden au sud-ouest,
et les chaînes montagneuses centrales, rendant le pays particulièrement susceptible aux
tremblements de terre destructeurs.
37. Changement climatique. Haïti est particulièrement vulnérable aux effets du changement
climatique en raison de sa faible capacité à répondre aux défis environnementaux et de son
économie largement dépendante de l'agriculture. Les tempêtes tropicales et les inondations
sont des préoccupations majeures, car elles peuvent endommager les infrastructures et les
cultures, impactant ainsi la sécurité alimentaire des populations locales.
38. Évolution des températures. Les projections climatiques indiquent une augmentation
significative des températures moyennes en Haïti :
25
D'ici 2030 : hausse de 0.5°C à 0.7°C par rapport aux niveaux actuels.
https://tradingeconomics.com/haiti/terrestrial-protected-areas-percent-of-total-land-area-wb-data.html
26
https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview#:~:text=Le%20d%C3%A9veloppement%20d'Ha%C3%AFti%20continue,les%2
0plus%20pauvres%20du%20monde.
30
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
-
D'ici 2050 : augmentation de 0.9°C à 1.4°C.
-
D'ici 2090 : les températures pourraient s'élever de 2.5°C à 4.7°C, avec des variations
régionales, notamment une hausse plus marquée dans les zones intérieures et orientales du
pays.27
39. Cette élévation des températures entraînera une augmentation du nombre de jours et de
nuits chauds, exacerbant les conditions de sécheresse et affectant la santé humaine,
l'agriculture et les ressources en eau.
Figure 2. Scénarios de changement de température moyenne annuelle pour Port-au-Prince
40. Changement de précipitation. Les modèles climatiques prévoient des changements dans
les schémas de précipitations :
27
-
Diminution des précipitations annuelles moyennes : réduction de 3% d'ici 2030 et de 6% à
9% d'ici 2050.
-
Variabilité accrue : alternance entre périodes de sécheresse prolongées et épisodes de pluies
intenses, augmentant les risques d'inondations et d'érosion des sols.
https://dicf.unepgrid.ch/haiti/climatechange#:~:text=Haiti's%20climate%20is%20changing%20and,%25%E2%80%939%25%20by%202050.
31
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
41. Ces changements affecteront la disponibilité de l’eau pour l’agriculture, la consommation
humaines et les écosystèmes.
Figure 4. Scénarios de changements de précipitation moyenne annuelle pour Port-au-Prince
42. Impacts sur l’agriculture et sécurité alimentaire. L'agriculture et la pêche en Haïti sont
fortement influencées par les variations climatiques. Les changements dans l'occurrence des
cyclones tropicaux, la température de l'air, la température de l'océan et les précipitations
peuvent avoir des impacts considérables sur la production agricole et la disponibilité des
produits de la mer. Ces perturbations affectent directement la sécurité alimentaire et le bienêtre des populations locales, particulièrement dans les zones rurales.
43. Les projections climatiques indiquent que les effets du changement climatique pourraient,
dans certains cas, améliorer la productivité (allongement des saisons de culture dans
certaines zones), mais dans la majorité des cas, ils risquent de saper la production
alimentaire. Parmi les effets marquants :
-
Perte de terres agricoles due aux inondations et à l’érosion.
-
Sécheresse prolongées entraînant des déficits hydriques pour les cultures.
-
Contamination des ressources en eau douce par l'intrusion d'eau salée dans les nappes
phréatiques.
-
Stress thermique pour les cultures, réduisant les rendements agricoles.
-
Ouragans plus intenses causant des destructions massives des récoltes et des
infrastructures.
44. Haïti, comme de nombreuses petites îles, dépend principalement de l'agriculture pluviale,
qui est directement impactée par les variations climatiques. Les pratiques agricoles
traditionnelles, combinées à un manque d'infrastructures de gestion de l'eau, augmentent la
vulnérabilité des cultures aux chocs climatiques.
45. Sécheresse et désertification. Haïti est fréquemment touché par des épisodes de
sécheresse. Entre 1968 et 2016, le pays a connu neuf (9) épisodes significatifs de
sécheresse, provoquant des pénuries alimentaires et d’eau, ainsi que des pertes importantes
dans le secteur de l’élevage (CRED, 2020). Depuis 2013, le pays connaît également un cycle
pluriannuel de conditions anormalement sèches et chaudes, affectant particulièrement les
départements du Nord-est, du Nord et du Centre.28 En 2022-2023, le Programme Alimentaire
Mondiale (PAM) a relevé des déficits pluviométriques dans la péninsule Sud. En 2024, la
sécheresse a touché à la fois les écosystèmes de montagne ; réputés pour recevoir une
pluviométrie généralement abondante ; et les plaines irriguées, telles que la plaine de
28
https://reliefweb.int/report/haiti/haiti-analyse-des-conditions-de-secheresse-mars-2023
32
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
l’Artibonite.29,30 La région la plus touchée reste le département du Nord-ouest, où les
sécheresses chroniques entraînent des pertes agricoles et une insécurité alimentaire
marquée.
-
Les sécheresses augmentent la vulnérabilité des sols à l’érosion, surtout dans les zones de
cultures sur pente.
-
L'absence de systèmes d'irrigation aggrave l'impact sur les cultures vivrières, menaçant les
moyens de subsistance des populations rurales.
-
Les épisodes récents, bien que moins documentés, ont également affecté d'autres régions, y
compris l'Artibonite, le Centre et le Nord-est.
46. Il n’existe pas de chiffres officiels récents sur l'étendue exacte de la désertification en Haïti.
Cependant, il est estimé que 98% de la couverture forestière originelle a été détruite en
raison de l'exploitation forestière non durable et de la déforestation massive.
-
Cette perte de couverture végétale accélère l’érosion des sols, réduit leur fertilité, et perturbe
les cycles hydrologiques naturels.
-
Les zones déboisées deviennent plus vulnérables aux inondations et à la sécheresse,
accentuant les risques pour l’agriculture.
-
Le déboisement intensif dans les bassins versants augmente les risques de glissements de
terrain lors des périodes de fortes pluies.
47. La désertification en Haïti est un problème complexe, étroitement lié à des facteurs
structurels tels que la pauvreté, les politiques publiques inadéquates et l’insécurité foncière.
Pour y remédier, il est essentiel de mettre en œuvre des politiques et des programmes ciblés
de reboisement, de restauration des terres dégradées, de gestion durable des ressources
naturelles et de promotion de pratiques agricoles résilientes. Parallèlement, la sensibilisation
des communautés locales à l’importance de la conservation de l’environnement et de la
protection des terres constitue un levier crucial pour assurer la durabilité des actions
entreprises.
Partie 2 – Institutions et cadre juridique
2.1 Institutions
2.1.1
Ministères et autres structures étatiques
48. Le cadre institutionnel en Haïti pour la gestion environnementale, sociale et économique
repose sur plusieurs ministères et organismes clés. Le Ministère de l’Environnement (MDE)
assure le rôle principal dans la réalisation, la validation et la supervision des Évaluations
d'Impacts Environnementaux et Sociaux (EIES) ainsi que dans la mise en œuvre et l’audit
des Plans de Gestion Environnementale et Sociale (PGES). Ce ministère s'appuie sur des
Unités Techniques Environnementales Sectorielles (UTES) au sein d'autres ministères pour
renforcer la gestion environnementale. Le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF),
quant à lui, gère les aspects financiers et contractuels des projets, incluant l’I-BE et l’EFOSE
financés par le FIDA. En parallèle, le Ministère de la Condition Féminine et du Droit des
Femmes (MCFDF) veille à l'intégration sociale et à la protection des droits des femmes,
tandis que le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), par l’intermédiaire
de sa Direction d’Hygiène Publique (DHP), s’occupe de la qualité sanitaire de l’eau et de
l’hygiène publique. Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du
Développement Rural (MARNDR) se concentre sur les politiques agricoles et le
développement rural à travers ses structures décentralisées, les Bureaux Agricoles
Communaux (BAC). De son côté, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action
Civique (MJSAC), via la Direction de Jeunesse et d’Insertion (DJI), élabore les stratégies pour
la jeunesse et le sport. Le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) assure
la planification territoriale et la gestion durable des ressources, tandis que le Conseil
d’Administration de la Section Communale (CASEC) et l'Assemblée de la Section
Communale (ASEC) représentent les structures de gouvernance locale. Ces institutions
29
30
https://haiticlimat.org/haiti-la-region-la-visite-en-proie-a-une-inquietante-secheresse-historique/
https://haitiantimes.com/fr/2025/04/24/p%C3%A9nurie-d%27eau-%C3%A0-Grandmont-manque-d%27infrastructures-agricolesdans-la-plaine-des-Gona%C3%AFves/
33
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
travaillent de concert pour garantir un développement harmonieux et durable, tout en
intégrant les dimensions environnementales et sociales dans les politiques publiques.
2.1.2
Agence de développement
49. Le FIDA travaille en étroite collaboration avec plusieurs agences de développement en Haïti
pour soutenir le développement agricole et renforcer la résilience des communautés rurales.
Dans le cadre des investissements prévus pour la NSP 2025-2027, plusieurs partenaires
stratégiques sont déjà impliqués, ou susceptibles de l’être, dans la planification et la mise en
œuvre des projets. Parmi ces partenaires figurent la Banque interaméricaine de
développement (BID), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l’Organisation des Nations
unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ainsi que le Programme des Nations unies
pour le développement (PNUD). Ces collaborations visent à maximiser l’impact des initiatives
de développement agricole en Haïti en combinant expertise, financement et coordination
interinstitutionnelle.
2.1.3
Organisations non-gouvernementales (ONG) et institutions de recherche
50. Dans le cadre des investissements prévus pour la période 2022-2027, plusieurs ONG et
institutions de recherche seront impliquées, ou sont susceptibles de l’être, en tant que
partenaires stratégiques pour la mise en œuvre des activités. Parmi ces acteurs figurent la
Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine (FoProBiM), le Collectif de lutte contre
l’exclusion sociale (CLES), le Campus Henry Christophe de Limonade (CHCL), Action pour
un Développement Durable (ACDED), la Coordination Régionale des Organisations du SudEst (CROSE) et l’association FANM DESIDE. En complément de ces structures, les
Organisations communautaires de base (OCB), les groupements de femmes et les
coopératives de pêcheurs, d’agriculteurs, d’éleveurs et d’apiculteurs jouent également un rôle
clé dans la mise en œuvre des projets et programmes. Ces organisations locales participent
activement au développement durable et à la résilience des communautés, en renforçant les
capacités locales et en favorisant l’autonomisation économiques et sociale.
2.2 Cadres politiques et réglementaires
2.2.1
Conventions internationales
51. Haïti a signé et ratifié une cinquantaine de conventions internationales sur l’environnement
visant à promouvoir la protection de l’environnement et de développement durable. Parmi les
plus importantes figurent la Convention des Nations Unies de 1982 sur le droit de la mer, qui
encadre l’exploitation et la protection des ressources marines, la Convention sur la diversité
biologique (1992), visant à préserver les espèces, les écosystèmes et les ressources
génétiques, ainsi que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques (1994), qui fixe les objectifs pour lutter contre le réchauffement climatique. Haïti a
également ratifié la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (1995),
qui vise à restaurer les terres dégradées et à promouvoir une gestion durable des sols.
Toutefois, certaines conventions internationales restent non ratifiées par le pays, notamment
la Convention de Carthagène pour la protection de l’environnement marin de la Grande
Caraïbe, Convention MARPOL pour la prévention de la pollution par les navires, la
Convention de Bâle sur l’interdiction des mouvements et des rejets transfrontaliers de
déchets dangereux, ainsi que la Convention sur le commerce international des espèces de la
faune et de la flore sauvages menacées d’extinction.
52. Haïti a ratifié plusieurs conventions internationales qui encadrent ses engagements en
matière sociale, d’égalité de genre, de protection de la jeunesse et de la sécurité
nutritionnelle. Il s’agit notamment du Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels (PIDESC), ratifié en 2012, garantissant l’accès à un niveau de vie
adéquat, à la santé, au travail et à l’éducation ; ainsi que de la Convention relative aux droits
des personnes handicapées (CDPH), ratifiée en 2009, qui promeut leur inclusion dans tous
les domaines de la vie publique. En matière de genre, Haïti a adhéré dès 1981 à la
Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes
34
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
(CEDEF/CEDAW), appuyant l’accès des femmes aux ressources, à la formation et à la
participation politique. Le Protocole de Maputo, bien que non ratifié, sert également de
référence régionale pour renforcer les droits des femmes. Concernant la jeunesse, Haïti a
ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) en 1995, garantissant leur protection
contre l’exploitation et favorisant leur accès aux services de base. La Charte africaine de la
jeunesse, bien qu’adoptée sans ratification formelle, constitue un cadre de référence
complémentaire. Enfin, Haïti a adopté la Déclaration de Beijing (1995) sur l’égalité de genre,
et s’est engagé dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), en
particulier les ODD 1, 2, 5, 8 et 10, qui soutiennent l’équité sociale et l’inclusion au cœur des
projets de développement, y compris ceux du FIDA.
2.2.2
Plans et cadres de coopération
53. Le cadre d’action nationale et les cadres de coopération internationale en Haïti sont des outils
stratégiques visant à orienter les investissements du FIDA dans le pays. Parmi les documents
les plus importants, on retrouve le Plan d’action national d’adaptation (PANA), qui identifie
des mesures urgentes pour renforcer la capacité d’adaptation aux changements climatiques,
et le Plan national d’adaptation (PNA), couvrant la période 2022-2030, qui se concentre sur
l’agriculture, la santé, les infrastructures et les ressources en eau. Ces plans sont soutenus
par la Stratégie nationale actualisée et plan d’actions pour la diversité biologique (Haïti
biodiversité 2030), qui vise à préserver les ressources naturelles dans le cadre des
engagements internationaux sur la biodiversité. L’intégration du genre et adaptation aux
changements climatiques (2024), développé par le Ministère de l’Environnement (MDE) vise
à renforcer la prise en compte de la dimension genre dans les politiques environnementales.
Par ailleurs, la Politique nationale sur les changements climatiques (PNCC) définit les
domaines prioritaires d’adaptation, tels que l’agriculture, les ressources en eau, les zones
côtières, ainsi que la gestion des risques et des infrastructures.
54. Le cadre stratégique est complété par le Document stratégique de résilience climatique
(DSRC), qui propose une vision à long terme pour renforcer la résilience des communautés
vulnérables, ainsi que par le schéma national d’aménagement du territoire (SNAT), qui se
concentre sur la planification urbaine et la gestion des ressources. Des initiatives comme le
Plan national de gestion des risques et désastres (PNGRD) et le Plan d’action pour le
relèvement et le développement d’Haïti (PARDH), élaboré après le séisme de 2010, visent à
renforcer la capacité de réponse face aux catastrophes naturelles. Le Plan stratégique de
développement d’Haïti (PSDH) projette un développement soutenu pour faire du pays un État
émergent d’ici 2030, tandis que le Programme national d’action de lutte contre la
désertification (PAN-LCD) se concentre sur la restauration des sols et la gestion durable des
ressources. Les politiques sectorielles, telles que la Politique de développement agricole
(PDA, 2010-2025) et le Plan national d’investissement agricole (PNIA, 2016-2021),
structurent le développement rural autour de l’aménagement des bassins versants, de
l'amélioration des productions agricoles et de la pêche. Enfin, le cadre de coopération est
complété par des engagements internationaux, notamment la Contribution déterminée au
niveau national (CDN, révisée en 2022), le Cadre de coopération des Nations unies pour le
développement durable (UNSDCF, 2017-2021) et la Convention des Nations unies sur la lutte
contre la désertification (CNULCD), qui renforcent les efforts en matière de résilience
climatique, de gestion durable des terres et de lutte contre la pauvreté. Ensemble, ces plans
et cadres constituent le socle de la planification stratégique du développement durable en
Haïti, alignant les objectifs nationaux sur les engagements internationaux pour un
développement résilient et inclusif.
55. La Politique nationale d’égalité entre les femmes et les hommes (2014–2034) constitue le
principal cadre en matière de genre, visant l’autonomisation des femmes, leur accès
équitable aux ressources productives et leur participation à la gouvernance. Le Plan
stratégique de nutrition (PSN 2013–2018), piloté par le MSPP, cible la réduction de la
malnutrition chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. Avec l’absence d’un plan
actualisé, ce PSN continue à alimenter les actions du gouvernement en termes de nutrition.
La Politique nationale de jeunesse (2013) reconnaît les jeunes comme acteurs du
développement durable et promeut leur inclusion socio-économique. Ces politiques sont en
cohérence avec la CSN 2025–2027 du FIDA, axée sur l’inclusion des groupes vulnérables et
le renforcement des systèmes alimentaires. Enfin, le nouveau Code pénal, promulgué en juin
35
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
2020 et entré en vigueur le 24 juin 2025, introduit des protections renforcées contre les
discriminations, les violences de genre et l’exploitation des personnes vulnérables.
2.2.3
Contribution déterminée au niveau national
56. La Contribution déterminée au niveau national (CDN) de la République d’Haïti actualisée en
2022 pour un horizon de mise en œuvre jusqu’à 2030 31, couvre les principaux secteurs
suivants : atténuation, adaptation et pertes et préjudices. Les actions d’atténuation se
concentrent sur l’énergie, l’agriculture, la foresterie, l’affectation des Terres, les déchets et la
production de charbon. En matière d’adaptation, les priorités incluent l’agriculture, l’élevage,
la pêche, les ressources en eau, les infrastructures routières, les zones côtières, la santé et
l’habitat. Les pertes et préjudices ciblent ces mêmes secteurs, en intégrant également
l’énergie.
57. Le portefeuille du FIDA en Haïti contribue directement aux mesures d’atténuation et
d’adaptation définies dans la CDN Haïti 2030, alignées avec le PNCC, le PSDH, le DSRC, le
PANA, la Deuxième communication Nationale sur le Changement Climatique et les Objectifs
de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030. Les actions prioritaires portent sur
l’aménagement des bassins versants, la conservation des sols, la gestion des zones côtières,
sécurité alimentaire, la protection des ressources en eau, l’infrastructure résiliente, la gestion
des déchets et les programmes de sensibilisation. Ces initiatives visent à renforce les
capacités d’adaptation et la résilience des populations face aux effets du changement
climatique.
Tableau 1. Mesures d’adaptation prioritaires de la CDN Haïti 2030 et leur alignement avec les ODD
Secteur
Mesure d’adaptation
Agriculture
-
Pratiques culturales durables, agroforesterie, conservation des
sols, gestion des bassins versants, lacs collinaires.
-
Promotion des variétés résilientes et lutte contre les pestes
agricoles.
Élevage
-
Pratiques semi-intensives, production fourragère, ensilage,
élevage résilient, retenues collinaires.
1, 2, 3, 6, 13,
15
Pêche
-
Techniques innovantes, dispositifs de concentration de poissons
(DCP), protection des mangroves et récifs coralliens,
équipements adaptés.
2, 6, 12, 13, 14
-
Restauration des écosystèmes, prévision météorologique pour
les pêcheurs.
-
Construction de lacs, forages, irrigation efficace, conservation
des sols, revalorisation des eaux usées.
-
Gestion de la couverture arborée et contrôle de la qualité de
l'eau.
Zones
côtières
-
Régénération des mangroves, protection des récifs coralliens,
lutte contre les sargasses, éducation à la protection côtière.
3, 6, 13, 14, 15
Habitat
-
Aménagement durable, assainissement urbain, reboisement,
gestion des mangroves et des récifs.
2, 6, 10, 11,
13, 14
Ressources
en eau
Liens
ODD32
avec
1, 2, 3, 6, 12,
13, 14, 15
13, 14, 15
2.3 Programmes et partenariats
58. Actuellement, le FIDA finance deux projets en Haïti : I-BE et EFOSE. Ces projets sont
hébergés au sein de l’Unité Technique d’Exécution (UTE) du Ministère de l’Économie et des
31
32
https://www.mde.gouv.ht/phocadownload/CDN_Revisee_Haiti_2022%20-%20VF-c-compress.pdf
Les ODD mentionnés dans chaque section tiennent compte de toutes les mesures du secteur concerné
36
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Finances (MEF). La stratégie du FIDA en Haïti repose sur la création de partenariats
stratégiques et la décentralisation des responsabilités. Le partenariat interministériel s’est
révélé résilient dans la mise en œuvre du projet I-BE, malgré le contexte fragile d’Haïti. Pour
le CSN 2025-2027, cette approche sera maintenue, et le FIDA prévoit de poursuivre sa
collaboration avec plusieurs entités étatiques, telles que le MEF, le MARNDR, la DPAQ, le
MDE et l’ANAP.
59. Par ailleurs, le FIDA continuera à renforcer ses liens avec d’autres agences et institutions
financières internationales (IFI), notamment la BID, la FAO et le PAM. En plus de consolider
les partenariats locaux établis dans le cadre du projet I-BE, de nouveaux partenariats
stratégiques seront développés dans le cadre du projet EFOSE, notamment avec des
organisations locales telles que l’ACDED, la CROSE et FANM DESIDE.
Partie 3 – Recommandations stratégiques
3.1 Enseignements à retenir
60. Dans le contexte de fragilité extrême et de conflits persistants en Haïti ces dernières années,
la décentralisation et la proximité territoriale se sont révélées d’une pertinence stratégique.
Malgré l’insécurité généralisée à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province, le projet
a pu progresser grâce à la localisation de l’équipe technique à proximité des zones
d’intervention. Cette approche décentralisée a permis un suivi rapproché des activités de
terrain, une meilleure compréhension des réalités locales, ainsi qu’un contact direct et
constant avec les communautés et les bénéficiaires.
61. En complément, la présence d’autres partenaires techniques, tels que le Ministère de
l’Agriculture, le Ministère de l’Environnement et ANAP, dans les communes ciblées, a
significativement contribué à la durabilité des résultats. Leur ancrage au niveau local renforce
l’impact des interventions grâce à une présence continue au sein des communautés. Dans
cette optique, le renforcement des capacités de ces partenaires locaux doit être une priorité
stratégique du projet, afin de consolider les acquis, garantir la pérennité des actions menées
et renforcer la résilience des populations face aux crises.
62. Les projets du portefeuille actuel ont permis de tirer plusieurs leçons spécifiques sur
l'intégration des thématiques transversales du FIDA. En matière d’environnement et de
climat, les approches de gestion durable des bassins versants, de reboisement
communautaire et d’agriculture climato-intelligente, mises en œuvre notamment dans le
projet I-BE, ont démontré leur efficacité pour renforcer la résilience des populations rurales
face aux aléas. Toutefois, la pérennité de ces interventions nécessite un engagement
renforcé des autorités locales et un meilleur accès aux financements climatiques, à travers
des partenariats structurants avec le MDE et d’autres organismes des Nations Unies.
63. Concernant le genre et la jeunesse, les projets ont atteint des résultats encourageants en
matière de participation des femmes et des jeunes, grâce à des stratégies ciblées
d’autonomisation économique, d’accès à la terre, à la formation et au financement.
L’expérience du PURRACO et du projet I-BE montre qu’une approche sensible au genre,
combinée à une gouvernance participative et à des partenariats avec le MCFDF, permet de
créer un environnement favorable à l’inclusion. De même, l’implication des jeunes dans les
filières agricoles, l’agro-transformation et les technologies rurales doit être consolidée par des
parcours d’insertion et un accompagnement technique de qualité. Enfin, l’intégration de la
nutrition dans les projets, à travers la diversification alimentaire, les cantines scolaires (avec
le soutien du PAM), et les formations sur les pratiques alimentaires, a contribué à améliorer la
sécurité alimentaire locale. Ces avancées devront être renforcées dans les prochaines
phases, avec une attention particulière à l’opérationnalisation des PESEC et à l’élaboration
de plans de gestion sociale et environnementale plus intégrés.
3.2 Orientation stratégique
64. La CSN 2025-2027 du FIDA en Haïti s'aligne pleinement avec les priorités gouvernementales
définies dans les principaux cadres stratégiques nationaux, en intégrant les thématiques
transversales relatives au genre, aux jeunes, aux enjeux nutritionnels, ainsi qu’à
37
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
l'environnement et au climat. En matière de développement agricole, la CSN s'inscrit dans les
objectifs du Plan National de Développement Agricole (PNDA) 2010-2025, qui vise à
moderniser l'agriculture, améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté dans les
zones rurales. Elle renforce également les ambitions du Plan stratégique de développement
d’Haïti (PSDH), qui fixe l’objectif de faire d’Haïti un pays émergent d'ici 2030 en misant sur
l'agriculture durable, l'infrastructure résiliente et l'autonomisation économique des populations
rurales.
65. Sur le plan de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la stratégie du FIDA s'aligne sur la
Politique et stratégie nationales de souveraineté et de sécurité alimentaire et nutritionnelle
(PSNSSANH) ainsi que le Plan National pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
(PNSAN), qui visent l'éradication de la faim d'ici 2025 à travers le renforcement des capacités
de production locale, la diversification des cultures et l'amélioration de l'accès aux marchés.
Ces interventions sont orientées vers l'amélioration de la résilience des petits producteurs
face aux aléas climatiques, tout en favorisant une meilleure sécurité nutritionnelle dans les
communautés les plus vulnérables.
66. En matière de protection de l'environnement et de résilience climatique, la CSN s'inscrit dans
les orientations du Plan d’Action Nationale de lutte contre la désertification (PAN-LCD) et de
la récente mise à jour de la Stratégie et Plan d’Action Nationale pour la Biodiversité (SPANB),
validée en janvier 2025, en cohérence avec le Cadre mondial de la biodiversité de KunmingMontréal. Elle met l'accent sur la gestion durable des terres, la restauration des écosystèmes
dégradés et la préservation de la biodiversité pour renforcer la résilience des communautés
rurales face aux changements climatiques.
67. Par ailleurs, la stratégie intègre les priorités définies dans le Cadre de coopération des
Nations Unies pour le développement durable (CCDD/UNSDCF), notamment en matière de
réduction de la pauvreté, de résilience face aux risques naturels, de protection sociale et
d'égalité de genre. Cette approche permet de renforcer les synergies entre les interventions
du FIDA et les initiatives multilatérales engagées en Haïti, tout en assurant une cohérence
avec les feuilles de route ministérielles définies en juillet 2024 pour guider les actions
prioritaires dans chaque secteur.
3.3 Mesures stratégiques et ciblage
68. Renforcement de l'inclusion sociale et économique des groupes vulnérables. La
stratégie de ciblage doit prioriser les populations rurales les plus pauvres, vulnérables et
marginalisées, en mettant un accent particulier sur quatre groupes clés :
-
Petits producteurs et productrices agricoles, pêcheurs et éleveurs : souvent exposées à la
dégradation des ressources naturelles et aux effets du changement climatique, ces groupes
nécessitent un appui ciblé pour adopter des pratiques résilientes et durables. Les interventions
doivent promouvoir l'accès aux technologies agricoles adaptées, aux infrastructures d'irrigation et
aux pratiques agroécologiques, afin d’améliorer la productivité et renforcer la sécurité alimentaire.
-
Ménages en situation d'insécurité alimentaire chronique : Ces foyers, confrontés à une
pauvreté extrême, bénéficieraient d’un soutien économique ciblé combiné à des programmes de
renforcement des capacités. Cette approche permettrait son seulement de les sortir de la
précarité, mais aussi d’accroitre leur résilience aux chocs climatiques et économiques.
-
Femmes rurales : Actrices essentielles de la production agricole et de la sécurité alimentaire, les
femmes en milieu rural restent néanmoins marginalisées en matière d’accès à la terre, au crédit,
à la formation et aux instances de décision. Les programmes doivent intégrer une approche
transversale de l'égalité de genre, tout en soutenant l'entrepreneuriat féminin dans les filières
agricoles et para-agricoles.
-
Jeunes en milieu rural : Pour lutter contre le chômage et l'exode rural, il est indispensable de
faciliter l'accès à la formation professionnelle, aux technologies numériques et à l'innovation
agricole. Le développement de coopératives et de réseaux entrepreneuriaux pourrait catalyser
leur insertion économique et leur engagement dans la transformation rurale.
69. Focus géographique et environnemental : priorisation des zones sures mais à haute
vulnérabilité. Les interventions doivent se concentrer dans les régions les plus défavorisées
38
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
du Grand Sud et du Grand Nord, qui subissent les effets combinés des déplacements
internes de population liés aux conflits à Port-au-Prince et dans d’autres régions du pays, et
des vulnérabilités socioéconomiques, environnementales et climatiques. Ces zones tout en
étant relativement sécurisées, présentent des risques élevés en matière de pauvreté, de
dégradation des ressources naturelles et d’exposition aux catastrophes climatiques. L'accent
doit être mis sur le renforcement de la résilience communautaire, l'amélioration des
infrastructures locales, la gestion durable des ressources naturelles et le soutien aux
initiatives économiques locales.
3.4 Consultations des parties prenantes
70. La préparation de la CSN et ses appendices, notamment l’étude préparatoire PESEC, a
bénéficié d’un large panel de consultations organisé par le FIDA avec la participation des
partenaires étatiques, des agences des Nations Unies, des ONG locales et des prestataires
de services. Cet exercice de consultation inclusif a permis de définir les objectifs stratégiques
ainsi que les stratégies d’adaptation et de durabilité du programme. Ce processus participatif
se poursuivra dans le cadre de la mise en œuvre des projet I-BE et EFOSE, chacun étant
doté d’un plan d’engagement des parties prenantes et d’un mécanisme de règlement des
griefs et de rétroaction.
71. Le FIDA soutient également l’établissement de tables sectorielles dédiées à l’environnement
et à l’agriculture, ainsi que des comités de pilotage pour assurer un suivi efficace des projets.
Par ailleurs, le FIDA participe activement aux échanges stratégiques sur les questions
environnementale et climatiques, notamment au sein du Groupe sur la sécurité climatique en
Haïti. Enfin, le FIDA continuera d’accompagner dans la préparation du Cadre de politique
nationale sur la sécurité climatique, afin de renforcer la résilience du pays face aux
changements climatiques.
Références
[1] ANAP. https://anap.gouv.ht/documents/Liste_des_APs.pdf
[2] Haïti Climat (2025). Haïti : la région La Visite en proie à une inquiétante sécheresse
historique. https://haiticlimat.org/haiti-la-region-la-visite-en-proie-a-une-inquietantesecheresse-historique/
[3] Ones Joseph (2025). La pénurie d’eau ravage des hectares de terres agricoles à Grandmont,
dans l’Artibonite. https://haitiantimes.com/fr/2025/04/24/p%C3%A9nurie-d%27eau-%C3%A0Grandmont-manque-d%27infrastructures-agricoles-dans-la-plaine-des-Gona%C3%AFves/
[4] Banque mondiale. https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview#1
[5] BRH, 2022. Note mensuelle d’inflation. https://www.brh.ht/wp-content/uploads/Note-inflationjuin-2022.pdf
[6] Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (2013). Estimation
spéculative sur la population des personnes handicapées en Haïti.
https://seiph.gouv.ht/estimation-speculative-sur-la-population-des-personnes-handicapeesen-haiti/
[7] Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) : https://www.ohchr.org/fr/instrumentsmechanisms/instruments/convention-rights-child
[8] Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) :
https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-rights-personsdisabilities
[9] Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes
(CEDEF/CEDAW) : https://www.ohchr.org/fr/instrumentsmechanisms/instruments/convention-elimination-all-forms-discrimination-against-women
[10] CPAG (2021). Haiti Welcomes Seven New Protected Areas.
https://caribbeanprotectedareasgateway.org/haiti-welcomes-seven-new-protected-
39
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
areas#:~:text=On%20April%205%2C%202018%2C%20the,difficult%20to%20plan%20and%2
0implement
[11] Décret Code Pénal : https://faolex.fao.org/docs/pdf/hai210028.pdf
[12] equitas (2022). Combattre la déscolarisation des jeunes filles mères en Haïti.
https://equitas.org/fr/combattre-la-descolarisation-des-jeunes-filles-meres-enhaiti/#:~:text=Croyant%20fermement%20que%20toutes%20les,concern%C3%A9es%2C%20
ainsi%20que%20leurs%20parents
[13] FEWS NET, 2023. Perspectives sur la sécurité alimentaire. https://fews.net/fr/centralamerica-and-caribbean/haiti/food-security-outlook/june-2022
[14] Fonds haïtien pour la biodiversité (2023). Vers un Programme de subventions pour
l’environnement et la biodiversité – une première en Haïti. https://biodiversite.ht/vers-unprogramme-de-subventions-pour-lenvironnement-et-la-biodiversite-une-premiere-en-haiti/
[15] Haiti Libre (2010). Haïti – Agriculture : L’exode des jeunes du milieu rural.
https://www.haitilibre.com/article-1251-haiti-agriculture-l-exode-des-jeunes-du-milieurural.html
[16] Hauteville, J.M. (2024). Haiti's economy is suffocated by gang violence: 'I'm leaving because
of the insecurity. Le Monde. https://www.lemonde.fr/en/economy/article/2024/08/26/haiti-seconomy-is-asphyxiated-by-gang-violence-i-m-leaving-because-of-theinsecurity_6721658_19.html
[17] https://tradingeconomics.com/haiti/terrestrial-protected-areas-percent-of-total-land-area-wbdata.html
[18] https://www.cnsahaiti.org/Web/Etudes/2020/Rapport%20final%20Evaluation%20SAMEPA%2
0_29102020.pdf
[19] https://www.humanitarianresponse.info/sites/www.humanitarianresponse.info/files/documents
/files/hti_hno_2021-fr.pdf
[20] https://www.ldc-climate.org/country/haiti/
[21] IFC (2023). En Haïti, les liens avec le secteur privé stimulent les revenus des agriculteurs.
https://www.ifc.org/fr/stories/2024/haiti-private-sector-boosting-farmerincomes#:~:text=L'agriculture%20contribue%20%C3%A0%20hauteur,est%20class%C3%A9
e%20dans%20cette%20cat%C3%A9gorie
[22] In the face of the devastating hunger crisis in Haiti, mothers like Dina are struggling to feed
their families. https://plan-international.org/haiti/case-studies/young-mother-struggles-providefamily-amidst-haiti-hunger-crisis/#:~:text=Haiti%20hunger%20crisis,Young%20mother%20struggles%20to%20provide%20for%20family%20amidst%20Haiti%20
hunger,pregnant%20at%2017%20years%20old
[23] Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), 2003. Enquête sur les Conditions de vie
en Haïti -ECVH2001 – L’économie des ménages. 65 p.
[24] Interactive Country Fiches. https://dicf.unepgrid.ch/haiti/biodiversity
[25] International Union for Conservation of Nature and Natural Resource (IUCN), 2017. The
IUCN Red List of threatened species – 2017-3. [en ligne]: http://www.iucnredlist.org/
[26] Key Biodiversity Areas : keep nature thriving. https://www.keybiodiversityareas.org/
[27] L’Observatoire. https://www.lobservatoire.info/biodiversite-un-rapport-strategique-pourpreserver-les-ecosystemes-du-sud-dhaiti/
[28] Louis-Jeune, R. (2023). Moteurs de l’agriculture haïtienne, très peu de paysannes possèdent
des terres. https://ayibopost.com/moteurs-de-lagriculture-haitienne-tres-peu-de-paysannespossedent-desterres/#:~:text=Les%20agricultrices%20rurales%20rencontrent%20des,et%20f%C3%A9minis
te%20Tamas%20Jean%20Pierre&text=Les%20femmes%20rurales%20repr%C3%A9sentent
%2070,l'Agriculture%20(FAO)
40
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
[29] MAST, 2020. Politique nationale de protection et de promotion sociales. https://www.socialprotection.org/gimi/gess/RessourcePDF.action;jsessionid=VoHNHNf970SyvUgwkwMSPsQY2
ys5Zht5LuTJDECal4xXqXlfaBMl!1750948109?id=57284
[30] MDE, Plan national d’adaptation au changement climatique (PNA), 2022.
https://unfccc.int/sites/default/files/resource/PNA_HAITI.pdf
[31] Ministère de l’environnement (2021). Contribution déterminée au niveau national.
https://www.mde.gouv.ht/phocadownload/CDN_Revisee_Haiti_2022%20-%20VF-ccompress.pdf
[32] Ministère de l’Environnement (2022-2030). Plan d’action national d’adaptation (PANA).
https://unfccc.int/sites/default/files/resource/PNA_HAITI.pdf
[33] MPCE, 2021, Évaluation post-désastre en Haïti, séisme du 14 aout 2021 dans la péninsule
Sud, résumé exécutif
[34] OCHA (2021). Aperçu des besoins humanitaires, Haïti.
https://www.ecoi.net/en/file/local/2046961/hti_hno_2021-fr.pdf
[35] OCHA (2024). Haïti : Rapport sur la situation de déplacement interne en Haïti - Round 9.
https://reliefweb.int/report/haiti/haiti-rapport-sur-la-situation-de-deplacement-interne-en-haitiround-9-decembre2024#:~:text=Le%20Round%209%2C%20qui%20s'est%20d%C3%A9roul%C3%A9%20du,so
it%2048%%20de%20plus%20qu'au%20round%208.&text=Au%20total%20ce%20sont%2075
%%20des%20PDI,tandis%20que%2025%%20sont%20dans%20la%20capitale
[36] OIT. https://www.ilo.org/fr/regions-etpays/ameriques/haiti#:~:text=La%20R%C3%A9publique%20d'Ha%C3%AFti%20a,est%20Po
rt%2Dau%2DPrince
[37] Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) :
https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/international-covenanteconomic-social-and-cultural-rights
[38] PAHO/OPS (2024). Health in the Americas. Haïti – Profil de pays.
https://hia.paho.org/en/profils-depays/haiti#:~:text=Le%20taux%20de%20mortalit%C3%A9%20maternelle,la%20valeur%20es
tim%C3%A9e%20pour%202000
[39] Plan d’Action pour l’Environnement (PAE) : https://www.birdscaribbean.org/wpcontent/uploads/2015/BCPEWG/Haiti_Plan_d'Action.pdf
[40] Plan international. Young mother struggles to provide for family amidst Haiti hunger crisis
[41] Plan stratégique de nutrition : https://faolex.fao.org/docs/pdf/hai147167.pdf
[42] Politique nationale sur les changements climatiques (PNCC), 2019.
https://mde.gouv.ht/phocadownload/PNCC-HAITI-2019%20Final.pdf
[43] Procédures d’évaluation sociale, environnementale et climatique (PESEC) du FIDA – 2021.
https://www.ifad.org/fr/-/procedures-d-evaluation-sociale-environnementale-et-climatiquepesec-du-fida
[44] Procédures opérationnelles et lignes directrices pour les stratégies pays (2019).
https://www.ifad.org/fr/-/document/guidelines-for-preparation-and-implementation-of-a-resultsbased-country-strategic-opportunities-programme
[45] UN Info (2024). Nourrir Haïti en temps de crise, cinq choses à savoir.
https://news.un.org/fr/story/2024/04/1144506#:~:text=Environ%201%2C64%20million%20de,
malnutrition%20aigu%C3%AB%20s%C3%A9v%C3%A8re%20en%202024
[46] UNFPA (2024). Célébration de la Journée Internationale de la Jeunesse en Haïti autour du
thème national « Jeunesse, Paix et Sécurité ».
https://haiti.unfpa.org/fr/news/c%C3%A9l%C3%A9bration-de-la-journ%C3%A9einternationale-de-la-jeunesse-en-ha%C3%AFti-autour-du-th%C3%A8me-national%C2%AB#:~:text=Port%2Dau%2DPrince%2C%2012,Jeunesse%2C%20Paix%20et%20S%C
3%A9curit%C3%A9%20%C2%BB
41
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
[47] WFP (2024). La faim en Haïti atteint un niveau historique : un Haïtien sur deux souffre
désormais de faim aiguë. https://fr.wfp.orga/communiques-de-presse/la-faim-en-haiti-atteintun-niveau-historique-un-haitien-sur-deuxsouffre#:~:text=Alors%20qu'Ha%C3%AFti%20continue%20de,parmi%20toutes%20les%20cri
ses%20mondiales
[48] Zappacosta, M. & Barreto, M. (2017). Rapport spécial : Mission FAO/PAM d’évaluation des
récoltes et de la sécurité alimentaire en Haïti.
https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/a1ed6086-c606-4de8-86dad499736af699/content
[49] Politique nationale d’égalité entre les femmes et les hommes (2014–2034) :
https://faolex.fao.org/docs/pdf/hai157333.pdf
[50] PopulationData.net/Haïti [en ligne], consulté en juillet 2021
[51] WFP (2023). Haiti : Analyse des conditions de sécheresse, mars
2024.https://reliefweb.int/report/haiti/haiti-analyse-des-conditions-de-secheresse-mars-2023
42
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Appendice 3 : Matrice intégrée des risques pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Contexte national
Substantiel
Substantiel
•
Instabilité politique prolongée et gouvernance
institutionnelle déficiente (absence de représentants
élus depuis 2020, la succession rapide de Premiers
ministres de transition et une faible légitimité des
institutions). Cela compromet la continuité des
engagements politiques et la mise en œuvre efficace
des politiques publiques.
•
Crise sécuritaire aiguë (montée en puissance des
gangs armés), restreignant la mobilité, entravant
l’accès aux zones rurales, perturbant les chaînes
logistiques et freinant la mise en œuvre des projets de
développement.
•
Extrême vulnérabilité socio-économique de la
population rurale face aux chocs internes et
externes (inflation élevée, chômage persistant,
pauvreté structurelle, insécurité alimentaire aiguë).
•
•
Mesures d’atténuation
•
Appuyer une gestion décentralisée des
projets en s’appuyant sur l’UTE et les
partenaires locaux pour garantir la
continuité
opérationnelle
malgré
l’absence de stabilité institutionnelle.
•
Programmer des opérations dans les
zones plus stables et renforcer les
dispositifs de sécurité et la coordination
avec les partenaires afin de limiter
l’impact de l’insécurité sur la mise en
œuvre des projets.
•
Promouvoir la diversification des moyens
de subsistance et l’accès à des
mécanismes
de
microfinance
et
d’assurance pour renforcer la résilience
économique des bénéficiaires ruraux.
•
Intégrer
la
gestion
des
risques
climatiques
dans
la
planification
territoriale
et
investir
dans
des
infrastructures agricoles résilientes pour
limiter les pertes et soutenir les moyens
de subsistance.
•
Accompagner la révision des politiques
agricoles obsolètes et renforcer les
Exposition très élevée aux catastrophes naturelles
et aux effets du changement climatique (séismes,
ouragans, sécheresses, érosion), aggravant la
précarité des infrastructures agricoles et rurales.
Faiblesse
des
cadres
stratégiques
et
institutionnels dans les secteurs agricole et rural,
(politiques obsolètes, d’un manque de financement
public et d’une faible coordination interinstitutionnelle).
43
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Mesures d’atténuation
capacités des institutions nationales à
piloter et mettre en œuvre des stratégies
alignées avec les priorités du COSOP.
Engagement Politique
•
Malgré un historique de coopération positive avec les
bailleurs, l’instabilité politique chronique et la
succession rapide de gouvernements de transition
fragilisent la continuité des engagements politiques, y
compris pour les projets financés par le FIDA.
•
La perspective d’élections en 2026, bien
qu’importante pour la légitimité institutionnelle,
pourrait détourner les priorités de l’administration
actuelle et créer un climat de tension politique
affectant la prise de décision.
•
Substantiel
•
Maintenir un dialogue régulier et
constructif avec les autorités nationales,
en s’appuyant sur les relations de
confiance établies par le FIDA au fil des
années avec les ministères clés (MEF,
MARNDR).
•
Consolider le positionnement du FIDA
comme
partenaire stratégique en
participant activement aux plateformes de
coordination
inter-bailleurs
et
en
soutenant les priorités nationales dans les
domaines agricoles et de sécurité
alimentaire.
•
Renforcer la collaboration avec les
partenaires
au
développements
(institutions financières internationales
(IFIs) et agences des Nations Unies) afin
de maintenir le dialogue avec les parties
prenantes à tous les niveaux et les
acteurs politiques pour garantir un
soutien continu aux projets du FIDA.
•
Confier la mise en œuvre des projets à
l’Unité Technique d’Exécution (UTE) du
MEF, structure expérimentée et
reconnue par plusieurs bailleurs
Les priorités stratégiques affichées par le
gouvernement pourraient être remises en cause par
des événements exogènes tels qu’un choc climatique
ou une montée de l’insécurité, affectant ainsi leur
mise en œuvre concrète.
Gouvernance
•
Substantiel
Substantiel
Substantiel
L’absence prolongée de représentants élus et la
paralysie des institutions législatives depuis 2020 ont
44
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Mesures d’atténuation
affaibli les mécanismes de contrôle et réduit la
transparence dans la gestion publique.
•
Le niveau élevé de corruption perçue (172e sur 180
pays selon Transparency International) accentue les
risques de mauvaise gestion, de détournement de
fonds et de perte de redevabilité dans les projets.
•
La superposition des mandats ministériels (MARNDR
et MDE) dans les projets FIDA peut générer des
conflits institutionnels nuisant à la cohérence et à
l’efficacité de la mise en œuvre.
internationaux, permet de réduire les
risques liés à la faiblesse institutionnelle.
45
•
Fournir une assistance technique
renforcée à l’UTE, notamment en
matière fiduciaire et de gestion des
risques, pour garantir la conformité, la
transparence et la performance des
opérations financées par le FIDA.
•
Adapter les dispositifs de gouvernance
du projet à l’évolution du contexte
national, en maintenant une capacité de
réaction rapide face à une éventuelle
dégradation institutionnelle.
•
Mettre en place un budget de
contingence pour faire face aux risques
liés à aux urgences et aux catastrophes,
ainsi que des plans d’urgence pour
anticiper et atténuer les perturbations de
l’accès au marché des productions
agricoles.
•
Certaines considérations doivent être
prises en compte en raison du contexte
inflationniste. Entre autres, il est prévu
que les contrats du personnel, les
budgets du plan d'affaires et d'autres
engagements avec les fournisseurs
soient établis en dollars américains afin
d'éviter les pertes de compétitivité liées à
la dépréciation de la monnaie locale.
Enfin, il est prévu que le projet effectue
des paiements directement à partir du
compte désigné en USD. De même, il est
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Mesures d’atténuation
recommandé
que
le
compte
d'exploitation en monnaie locale soit géré
avec des niveaux minimums de
liquidités.
Macroéconomie
•
Les politiques macroéconomiques du pays
demeurent fragiles, peu viables et vulnérables aux
chocs externes (ex. instabilité mondiale) et internes
(ex. crise sécuritaire), compromettant la stabilité
budgétaire et la planification financière.
•
L’inflation reste élevée (28,4 % en février 2025) après
avoir atteint un pic historique, rendant les coûts
d’investissement agricoles et logistiques
imprévisibles et affaiblissant le pouvoir d’achat des
populations rurales.
•
La volatilité du taux de change (USD/HTG)
complique la planification financière des projets et
l’importation d’intrants, affectant directement la
rentabilité des filières soutenues.
•
La faiblesse de la mobilisation des ressources
domestiques (ratio impôts/PIB de 4,2 % en 2024) et
le surendettement structurel du pays réduisent la
capacité du gouvernement à fournir les financements
de contrepartie attendus.
•
Le taux élevé de chômage, la dépendance aux
transferts extérieurs et le manque d’infrastructures
économiques de base limitent les effets
multiplicateurs des investissements ruraux, tout en
accentuant la précarité des bénéficiaires.
Fragilité et sécurité
Élevé
Substantiel
Élevé
Substantiel
46
•
Limiter les contributions financières
directes attendues de l’État haïtien en
favorisant des formes alternatives de
contrepartie (exonérations fiscales, mise
à disposition de locaux, affectation de
personnel public).
•
Introduire une clause de flexibilité
budgétaire dans les projets, permettant
des ajustements rapides des activités ou
des lignes budgétaires en cas de forte
inflation ou de variation du taux de
change.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
•
L’insécurité généralisée, marquée par la montée en
puissance des gangs armés contrôlant plus de 85 %
de la zone métropolitaine de Port-au-Prince,
compromet gravement la mobilité, la logistique et la
mise en œuvre des projets de développement.
•
Le déploiement partiel et limité de la Mission
Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS),
confrontée à des attaques violentes, peine à rétablir
l’ordre, malgré les efforts internationaux coordonnés
depuis 2024.
•
Les
perturbations
majeures
du
commerce
transfrontalier avec la République Dominicaine,
combinées au blocage des ports, aggravent les
tensions économiques, logistiques et alimentaires,
impactant directement les opérations du FIDA.
•
La vulnérabilité d’Haïti aux catastrophes naturelles
(ouragans, séismes, sécheresses) reste extrêmement
élevée, avec 96 % de la population exposée à au
moins deux risques climatiques majeurs.
•
La moitié de la population haïtienne est en situation
d’insécurité alimentaire aiguë (IPC3 ou plus),
renforçant la précarité sociale et accentuant les
risques de crise humanitaire prolongée.
Risque inhérent
47
Risque résiduel
Mesures d’atténuation
•
Décentraliser la mise en œuvre
opérationnelle des projets en priorisant
le recrutement de prestataires et
d’équipes locales dans les zones
d’intervention moins exposées à la
violence, afin de limiter les déplacements
interrégionaux et réduire l’exposition au
risque.
•
Renforcer les dispositifs de sécurité
physique et numérique pour le
personnel et les actifs des projets,
notamment par l’adoption de la signature
électronique,
l’augmentation
des
montants de petite caisse, et le respect
strict des directives de sécurité de
l’UNDSS.
•
Mettre en place un dispositif de
contingence sécuritaire flexible, intégré
aux mécanismes nationaux de gestion de
crise (ex. Direction de la Protection
Civile), afin d’adapter rapidement les
modalités opérationnelles aux évolutions
du contexte.
•
Intégrer les principes de sensibilité au
conflit et du “Ne pas nuire” dans la
conception, le suivi et l’évaluation des
projets, en assurant que les interventions
ne renforcent pas les tensions existantes
et soient perçues comme équitables.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Stratégies et politiques sectorielles
•
Les principales politiques nationales encadrant le
secteur agricole (PDA et PSDH) arrivent à échéance
en 2025, créant un vide stratégique qui pourrait
affecter l’alignement des projets à court terme.
•
Bien que les priorités identifiées dans ces documents
restent pertinentes, l’absence de mise à jour ou
d’orientation claire pourrait limiter la cohérence et la
continuité des investissements publics dans le
secteur rural.
•
Les contributions d’Haïti à l’Accord de Paris offrent
un cadre complémentaire, mais leur
opérationnalisation reste incomplète, avec des
mécanismes de coordination et de suivi encore
fragiles.
Risque inhérent
Faible
Faible
Alignement des politiques
•
Risque résiduel
Les politiques agricoles actuelles n’intègrent pas
suffisamment de dispositifs ciblés en faveur des
populations rurales pauvres, des jeunes ou des
femmes, ce qui limite leur capacité à répondre aux
priorités d’inclusion sociale promues par le FIDA.
48
Mesures d’atténuation
•
Appuyer la résilience communautaire
face
aux
risques
climatiques
aggravant la fragilité, via des actions de
gestion
durable
des
ressources
naturelles, de protection des mangroves
et de formation à la prévention des
catastrophes, dans une approche alliant
durabilité écologique et réduction de la
pauvreté.
•
Les projets seront bien alignés avec les
Politiques nationales. Via à un dialogue
constant avec les pouvoirs publics,
notamment au travers des tables
sectorielles régionales du Nord Est, le
FIDA veillera à ce que ses activités
maintiennent cet alignement tout au long
de sa mise en œuvre.
•
Appuyer la révision participative des
politiques
agricoles
nationales
(notamment le PDA post-2025) en
intégrant des dimensions transversales
comme le genre, les jeunes, la nutrition et
la résilience climatique, en ligne avec les
objectifs du CSN et les engagements
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
•
•
Risque inhérent
La
faible
implication
des
organisations
communautaires, des producteurs et du secteur privé
dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques
agricoles réduit la portée participative et compromet
l’adoption de réformes structurelles favorables aux plus
vulnérables.
Élaboration et mise en œuvre des politiques
L’élaboration des politiques agricoles et rurales en
Haïti repose encore trop souvent sur des approches
descendantes, avec une participation limitée des
organisations paysannes, des collectivités locales et
des groupes vulnérables.
•
Les politiques existantes manquent de bases factuelles
actualisées (données, évaluations, diagnostics
territoriaux), ce qui nuit à leur pertinence, à leur ciblage
et à leur efficacité en milieu rural.
•
Mesures d’atténuation
internationaux d’Haïti (ex. Accord de
Paris).
Le cadre réglementaire lié à la gestion foncière, à la
traçabilité des produits agricoles et à la durabilité
environnementale
demeure
lacunaire,
freine
l’investissement rural, et n’est pas encore pleinement
aligné sur les principes de résilience climatique et
d’équité du COSOP.
•
Risque résiduel
Le manque de moyens financiers et humains au sein
des ministères techniques (MARNDR, MDE) et
l’absence de cadre réglementaire cohérent entravent
sérieusement la mise en œuvre effective des stratégies
existantes.
49
•
Renforcer
les
capacités
institutionnelles et techniques des
ministères sectoriels (MARNDR, MDE,
MEF) pour intégrer systématiquement les
approches sensibles aux pauvres, au
climat et à l’égalité dans les stratégies
publiques et les plans d’action.
•
Soutenir
la
concertation
multisectorielle et multi-acteurs, en
favorisant
la
participation
des
organisations paysannes, des jeunes,
des femmes et du secteur privé rural aux
processus décisionnels liés aux politiques
agricoles et environnementales.
•
Soutenir
des
processus
de
planification participative et inclusive,
incluant les organisations rurales, les
collectivités et les groupes sousreprésentés, afin d’assurer l’ancrage local
des politiques sectorielles.
•
Financer des études de référence,
enquêtes territoriales et diagnostics
socio-économiques dans les zones
d’intervention du FIDA pour nourrir les
décisions politiques de données fiables et
contextuelles.
•
Renforcer les capacités techniques et
institutionnelles des ministères et des
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Mesures d’atténuation
services déconcentrés, notamment via
la formation, l’appui-conseil et le
développement
d’outils
de
suiviévaluation adossés à des cadres
juridiques clairs.
Contexte environnemental, social et climatique
•
Les populations rurales ciblées par le FIDA en Haïti
sont fortement exposées aux aléas climatiques
(séismes, sécheresses, cyclones) et à la dégradation
accélérée des ressources naturelles, compromettant la
productivité agricole, la sécurité alimentaire et la
durabilité des moyens de subsistance.
•
Le manque d’infrastructures résilientes, d’accès à
l’eau, à l’assainissement et aux soins, combiné à une
vulnérabilité sociale généralisée, augmente l’incidence
des maladies, de la malnutrition et des crises
sanitaires, notamment en période de catastrophe.
•
Le faible encadrement réglementaire et institutionnel
en matière de gestion environnementale peut limiter la
capacité des projets à prévenir efficacement les
risques de pollution, d’exploitation non durable des
ressources ou de conflits liés à l’accès aux terres et à
l’eau.
Gestion financière
•
Faible
Faible
La faiblesse structurelle des systèmes de contrôle
interne, conjuguée à une capacité limitée en gestion
financière dans les administrations partenaires, accroît
50
•
Renforcer
l’intégration
des
considérations environnementales et
sociales dès la conception des projets,
en menant des études d’impact, en
élaborant des plans de gestion
environnementale et sociale (PGES), et
en s’assurant du respect des politiques de
sauvegarde du FIDA.
•
Promouvoir des pratiques agricoles
durables et résilientes au climat, telles
que l’agroforesterie, la gestion des
bassins versants, la restauration des
mangroves et l’agriculture intelligente
face au climat, notamment via les activités
du projet I-BE.
•
Appuyer les ministères compétents
(MDE, MARNDR) et les collectivités
locales pour le renforcement des
capacités de gestion environnementale,
l’application des cadres juridiques
existants et la mise en œuvre de
mécanismes
de
contrôle
et
de
coordination environnementale à l’échelle
territoriale.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
les risques de non-conformité aux règles du FIDA et de
mauvaise utilisation des fonds.
•
L'instabilité institutionnelle et les retards fréquents dans
les procédures administratives peuvent entraîner des
interruptions de décaissements, des sous-utilisations
de ressources ou des reports d’activités critiques.
•
Le manque d’outils modernes de comptabilité et de
suivi financier, ainsi qu’un accès limité aux formations
continues pour les agents impliqués, peut affecter la
qualité des rapports financiers et compromettre la
transparence et la traçabilité des fonds.
Organisation et dotation en personnel
•
•
Appuyer l’UTE dans la mise en œuvre
de procédures rigoureuses de gestion
financière, alignées sur les normes du
FIDA, en renforçant les contrôles internes
et en introduisant des audits internes
réguliers.
•
Former les équipes financières et
administratives des projets aux
procédures FIDA et aux normes
internationales de gestion fiduciaire, en
assurant une mise à jour continue des
compétences.
•
Déployer des outils numériques de
comptabilité et de suivi budgétaire,
intégrés à un système de rapport
harmonisé,
pour
améliorer
la
transparence, la traçabilité et la fiabilité
des informations financières.
•
Renforcer les capacités locales par
des formations ciblées, des partenariats
avec les institutions académiques et
l’accompagnement technique continu des
comptables recrutés, tout en prévoyant
l’assistance de consultants externes
expérimentés en phase de démarrage du
projet.
•
Renforcer la coordination avec le MEF
pour anticiper les besoins budgétaires
annuels, intégrer les engagements FIDA
dans la planification budgétaire nationale,
et mettre en place un calendrier de
décaissements
réaliste
et
suivi
régulièrement.
Le faible développement de la profession comptable
dans le pays pourrait entraîner une pénurie de profils
qualifiés et expérimentés, limitant les capacités des
projets à recruter du personnel compétent pour assurer
une gestion financière conforme aux normes du FIDA.
Processus budgétaire
•
Mesures d’atténuation
Faible
Faible
Les dysfonctionnements dans le cycle d’approbation
du budget national haïtien peuvent retarder la mise à
disposition des ressources publiques nécessaires à la
mise en œuvre des projets cofinancés, affectant ainsi
51
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
leur exécution et leur calendrier. Cela est d’autant plus
vrai avec les risques liés a l’instabilité politique
Flux de fonds et dispositions en matière de décaissement
•
•
Un rapport mensuel d’exécution du
budget, devrait être préparé par la
Direction Financière et communiqué au
Coordonnateur d'EFOSE. Le Directeur
des opérations le reçoit également, de
même que la Direction Exécutive. Un
rapport consolidé mensuel d’exécution du
budget est préparé par la Direction
Financière et transmis au Directeur des
opérations et à la Direction Exécutive,
dans le même délai.
Faible
Faible
•
La création des comptes dédiés et
sécurisés pour les projets FIDA,
assortis de mécanismes de suivi
indépendants
et
de
clauses
contractuelles strictes sur l’utilisation des
fonds, afin d’éviter les détournements et
d’accélérer les décaissements, sont une
source de mitigation importante de ce
risque potentiel. Le fort lien avec le MEF
en est une autre.
Faible
Faible
•
Renforcer les mécanismes de contrôle
interne des projets en prévoyant des
audits réguliers menés par des auditeurs
indépendants agréés par le FIDA, et en
formant les équipes de gestion à la
gestion des risques fiduciaires.
•
Au cours du start-up du projet et avant le
premier décaissement, une matrice RACI
définie devrait être élaborée et complétée
en révisant les rôles et responsabilités de
tout le personnel impliqué dans la gestion
La complexité des procédures de trésorerie et la
pression sur les finances publiques augmentent le
risque de retards dans le décaissement des fonds des
bailleurs ou de leur réaffectation non conforme,
compromettant la continuité et l’efficacité des projets.
Contrôles internes
•
Mesures d’atténuation
La faiblesse des systèmes nationaux de contrôle
interne, notamment l’audit interne, limite la capacité à
détecter et prévenir les irrégularités, exposant les
projets FIDA à des risques de mauvaise utilisation ou
d’inefficacité dans l’allocation des ressources.
52
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Mesures d’atténuation
financière et conformément à la stratégie
de consolidation de l'UTE.
Comptabilité et rapports financiers
•
•
La mise en place des systèmes de
gestion comptable modernes et
adaptés aux exigences du FIDA,
comme fait dans les projets I-BE et
EFOSE, accompagnés d’un appui
technique et d’une formation continue du
personnel pour assurer la qualité, la
fiabilité et la ponctualité du rapport
financier.
Faible
Faible
•
Les audits ont généralement été réalisée
en temps et en heure dans les prochains
FIDA en Haïti, et peu de problème ont été
mise en avant dans le passé.
•
S'assurer de visites régulières sur le
terrain. Établir un programme graduel de
renforcement des compétences pour le
personnel local, personnalisant la
formation pour cibler les faiblesses
spécifiques des contrôles internes
identifiées lors des audits, afin d'assurer
des améliorations ciblées et efficaces.
•
Les expériences avec les projets en cours
gérés par l’UTE montrent une grande
maitrise de la sphère de passation de
marché,
avec
des
professionnels
désormais rodés aux spécificités du
FIDA>
L’institution supérieure de contrôle (ISC) peut manquer
d’indépendance, de capacités techniques ou de
ressources suffisantes pour réaliser en temps utile des
audits fiables des activités financées par le FIDA, ce
qui compromet la transparence et l’efficacité du
contrôle externe.
Passation des marchés
•
Faible
Les systèmes de comptabilité et d’information
financière en Haïti peuvent être parfois obsolètes ou
mal intégrés, ce qui peut entraîner des retards ou des
inexactitudes dans la production des données
financières nécessaires à une gestion efficace et à une
prise de décision éclairée.
Audit externe
•
Faible
Faible
Faible
Le manque d’alignement des pratiques nationales de
passation de marchés avec les normes du FIDA,
combiné à des procédures parfois lentes, peu
transparentes ou vulnérables à des influences
externes, peut compromettre l’efficacité, la qualité et la
ponctualité des acquisitions nécessaires à l’atteinte
des résultats du projet.
53
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Risque résiduel
Cadre législatif, réglementaire et politique
Faible
Faible
•
Aligner les procédures de passation
de marchés des projets FIDA avec les
normes internationales, en s'appuyant
sur les directives spécifiques du FIDA,
tout en collaborant étroitement avec la
CNMP pour garantir la compatibilité
réglementaire ; et intégrer des clauses
liées aux objectifs de durabilité,
d’inclusion sociale et de transparence
dans les dossiers d’appel d’offres afin de
renforcer l’impact stratégique des
marchés publics dans la réalisation des
objectifs du CSN.
Faible
Faible
•
Les projets du FIDA, mis en œuvre par
l’UTE,
bénéficient
d’une
équipe
expérimentée et bien familiarisée avec les
exigences du FIDA en matière de
passation de marchés. Les capacités
techniques des membres sont jugées
satisfaisantes, et leur co-localisation avec
les collègues en charge de la gestion
financière favorise une coordination
étroite et efficace des processus
administratifs et fiduciaires.
•
Mettre en place des mécanismes de
suivi qualité post-marché, renforcer la
planification annuelle des acquisitions
avec des indicateurs de performance, et
instaurer des audits ciblés sur les
procédures et résultats de passation afin
d’optimiser la performance de l’UTE en
tant qu’entité acheteuse.
•
Bien que le cadre législatif haïtien régissant la
passation des marchés publics ait été modernisé avec
la Loi sur la passation des marchés publics de 2009 et
la création de la CNMP, ce cadre reste partiellement
aligné sur les standards internationaux et connaît des
lacunes importantes en matière de clarté, d’uniformité
des procédures et d’intégration des objectifs de
développement durable, ce qui limite son rôle
stratégique et la conformité des projets FIDA aux
meilleures pratiques.
Cadre institutionnel et capacité de gestion
•
Le fonctionnement pratique du système de passation
de marchés en Haïti souffre de lacunes
institutionnelles, de chevauchements de compétences
et de capacités techniques limitées, ce qui affecte
l’intégration avec la gestion des finances publiques et
compromet l’efficacité, la conformité et la transparence
des acquisitions dans les projets FIDA.
Activités d’acquisition publique et pratiques du marché
•
Mesures d’atténuation
Bien que l’UTE dispose d’une équipe compétente en
passation de marchés, l’efficacité opérationnelle peut
être limitée par la complexité des procédures
nationales, les délais de validation, et l’insuffisance de
retours systématiques sur la qualité des prestations, ce
qui peut affecter la rapidité, la transparence et la
conformité des acquisitions.
54
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Matrice intégrée des risques pays
Type de risque
Risque inhérent
Mesures d’atténuation
•
Responsabilité, intégrité et transparence du système de
passation des marchés publics.
•
Risque résiduel
Le cadre de contrôle interne reste fragile, les
mécanismes de lutte contre la corruption peu
opérationnelle, et la participation des parties prenantes
(y compris la société civile) limitée, ce qui expose le
système de passation de marchés à des risques élevés
de collusion, de favoritisme ou de détournement,
compromettant l’intégrité et la transparence des
acquisitions.
55
Renforcer
les
dispositifs
de
transparence et de contrôle externe,
notamment
en
publiant
systématiquement les attributions de
marchés, en introduisant des audits
indépendants orientés sur les risques de
fraude, et en associant des observateurs
tiers (OSC, communauté locale) dans les
processus critiques de passation pour
accroître la redevabilité et prévenir les
dérives.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Appendice 4 : Document d’évaluation de la fragilité
1. Introduction
La fragilité est définie par le FIDA comme « (…) une situation de grande vulnérabilité aux chocs naturels
et d'origine humaine (…), souvent associée à un risque élevé de violence et de conflit (…) »33. Le
contexte de la République d’Haïti est caractérisé, depuis de nombreuses années, par plusieurs des
dimensions relevées dans cette définition. En effet, le pays a intégré en 2025 la liste de la Banque
Mondiale (BM) des pays en évoluant dans un contexte de fragilité liée au « Conflit », après avoir,
pendant de longues années, fait partie de la catégorie de contexte de « Fragilité institutionnelle et
sociale ». De plus, Haïti se classe 23e au niveau mondial concernant l’exposition aux risques
climatiques34. Le pays fait donc face à des crises multidimensionnelles prolongées importantes rendant
sa situation des plus complexe.
Ce contexte de fragilité reconnue est de fait catégorisé par une neuvième place dans le Fragile State
Index 2024 publié par le Fonds pour la paix, situant le pays entre le Tchad et l’Afghanistan sur l’année
étudiée, dans les hautes sphères du classement.
C’est dans ce contexte que le FIDA s’engage dans l’élaboration de sa nouvelle note stratégique de
pays portant sur la période 2025 – 2027. Cette nouvelle stratégie est une mise à jour de la précédente
qui couvrait la période 2022-2025, et jette les bases de la préparation un document de Programme
d’Opportunités Stratégique (COSOP) prévu pour 2027.
La présente note d’évaluation de la fragilité a pour objectif de faire un diagnostic complet de la fragilité
du contexte haïtien, d'identifier les facteurs clés étant à l’origine de cette situation, d’identifier les défis
majeurs qui entravent la transformation rurale inclusive, en particulier dans les domaines de l’agriculture
et de la sécurité alimentaire. Le document aborde également les facteurs potentiels de fragilité, en
s'inspirant de la stratégie d'engagement du FIDA dans les pays en situation de fragilité (2016) et de
l'approche mise à jour de l'engagement du FIDA dans les situations de fragilité (2023).
2. Analyse des différents facteurs de fragilité par dimension
Depuis de nombreuses années, Haïti est en proie à de nombreuses crises multidimensionnelles ayant
mené le pays dans sa situation actuelle de grande instabilité et de fragilité exacerbée. Aussi bien au
niveau politique, économique, que social, le pays est en proie à une instabilité croissante. Cette
instabilité est une grande cause de la situation d’insécurité actuelle qui s’empire année après année et
atteint dernièrement un niveau très préoccupant.
En plus de cette situation causée par l’humain, le pays présente également très vulnérable aux
catastrophe naturelle liés aux chocs climatiques de diverses natures. Glissement de terrain (les
séismes de 2010 et 2021 ayant entrainé la mort de plus de 280,000 et 2,300 personnes respectivement,
en sont des exemples criant), ouragans, tempêtes tropicales et autres sont monnaies courantes sur
l’ile, participant à cette multi dimensionnalité du caractère fragile d’Haïti.
i.
Dimension politique et institutionnelle
La crise politique actuelle en Haïti s’inscrit dans un contexte de longue date d’instabilité institutionnelle,
qui a profondément érodé le sentiment de représentation du peuple au sein des instances
gouvernementales. Cette fragilité s’est accentuée en janvier 2020, lorsque le pouvoir législatif a cessé
de fonctionner : l’ensemble des députés ainsi que deux tiers des sénateurs ont quitté leur poste sans
que des élections aient été organisées pour leur succession. Face à ce vide institutionnel, le président
Jovenel Moïse a été contraint de gouverner par décret, jusqu’à son assassinat le 7 juillet 2021. Ce
drame, symptôme d’une crise politique et sécuritaire majeure, a plongé davantage le pays dans
l’incertitude, compliquant sérieusement la transition du pouvoir exécutif.
La nomination de M. Ariel Henry au poste de Premier ministre a cristallisé le déficit de légitimité dont
souffre le pouvoir en Haïti. Cette décision a suscité une vive indignation au sein de la société civile, une
contestation qui s’est prolongée tout au long de son mandat. Parmi les voix les plus critiques figuraient
33 IFAD’s Strategy for Engagement in Countries with Fragile Situations. IFAD, 2016.
34
According to INFORM report 2025
57
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
les signataires de l’Accord de Montana, qui préconisaient plutôt la mise en place d’un gouvernement
provisoire pour assurer la transition après l’ère Moïse.
La crise sécuritaire persistante qui a marqué le mandat de M. Ariel Henry a conduit à sa démission le
11 mars 2024, devant l’impossibilité pour lui de regagner le territoire national à la suite d’un déplacement
officiel au Kenya. Quelques semaines plus tard, le 25 mars, et sous la pression de la communauté
internationale, un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) composé de neuf membres avait été
instauré, avec pour mission d’organiser de nouvelles élections d’ici 2026 et d’assurer la gestion de la
période transitoire. Toutefois, depuis sa création, le CPT n’a pas échappé à l’instabilité chronique du
paysage politique haïtien, ayant déjà nommé deux Premiers ministres intérimaires en l’espace de
quelques mois seulement. Le manque de confiance du peuple haïtien envers ses dirigeants se retrouve
transcrit dans l’indice CPI de Transparency international sur la corruption, selon lequel le pays se
retrouve classé 168e au niveau international avec une note totale de 16/100 35.
La crise actuelle en Haïti entrave profondément le fonctionnement des institutions étatiques, en
particulier les ministères sectoriels tels que ceux des Finances (MEF), de l’Agriculture (MARNDR) et
de l’Environnement (MDE), partenaires du FIDA. Basés à Port-au-Prince, ces ministères sont
confrontés à de sérieuses difficultés logistiques : déplacements restreints des cadres, dispersion
géographique des services, et obstacles au bon déroulement des activités quotidiennes. Si les services
déconcentrés en province semblent mieux fonctionner, les communications avec le niveau central
restent limitées. Par ailleurs, plusieurs services ont subi une perte importante de personnel qualifié,
affaiblissant davantage leur capacité opérationnelle.Au niveau international, le Bureau intégré des
Nations Unies en Haïti (BINUH) joue un rôle central d’accompagnement dans le processus de transition
politique. Le Bureau soutient les autorités haïtiennes dans l'organisation d'élections inclusives prévues
pour 2026, la réforme constitutionnelle et le renforcement des institutions démocratiques, dans un cadre
général d’insécurité permanent et d’aggravation de la crise humanitaire actuelle.
Ce contexte politique extrêmement complexe a entraîné des répercussions profondes sur le secteur
agricole. L’absence d’une stratégie agricole cohérente au cours de la période de la CSN se fait
cruellement sentir : le Plan National d’Investissement Agricole (PNIA) de 2010, tout comme la Politique
de Développement Agricole 2010-2025, sont aujourd’hui obsolètes et n’ont pas été renouvelés.
Parallèlement, l’urgence persistante des enjeux sécuritaires mobilise l’essentiel des priorités
nationales, reléguant l’agriculture au second plan. Résultat : le secteur agricole demeure vulnérable,
peu productif et non compétitif, alors même que plus de la moitié de la population haïtienne est en
situation d’insécurité alimentaire aiguë.
ii.
Dimension sociale
La vulnérabilité sociale en Haïti se manifeste à travers une conjugaison de défis systémiques. Le pays
subit un déficit criant de gouvernance, marqué par une absence de la représentation de l’État central
au niveau des régions, particulièrement en zones rurales. Cette carence institutionnelle prive une
majorité de la population d’un accès aux services sociaux essentiels, exacerbant les inégalités socioéconomiques. Parallèlement, l’emprise des gangs armés sur 85 % de la zone métropolitaine de Portau-Prince a, au début de 2025, provoqué un déplacement massif de populations vers des régions
reculées, paralysant les infrastructures critiques et fragilisant davantage les mécanismes de résilience
collective. Les flux migratoires vers la République dominicaine et les États-Unis, historiquement élevés,
est restreinte drastiquement sous l’effet des politiques restrictives récemment adoptées par ces États.
En 2025, Haïti demeure le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidentale. Selon la Banque Mondiale,
plus de 64% de la population vit avec moins de 3,65 USD par jour. La crise alimentaire, qualifiée de
« préoccupante » par le Global Hunger Index (classement 122e/127 en 2024), frappe plus de la moitié
des Haïtiens, les exposant à une insécurité alimentaire aiguë.
Selon un rapport de l’UNICEF de 202536, ce sont 94% des femmes et jeunes filles qui étaient exposées
à des risques accrus de violences basées sur le genre cette même année. Entre janvier et octobre
2024, selon le Human Right Watch37, 5,400 violences basées sur le genre (VBG) ont été signalées,
35 https://www.transparency.org/en/cpi/2024
36 https://www.unicef.org/media/165671/file/2025-HAC-Haiti%281%29.pdf?utm
37 https://www.hrw.org/world-report/2025/country-chapters/haiti?utm
58
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
dont 72% impliquaient des violences sexuelles. Liens importants entre la production agricoles et les
marchés, les Madan Sara, qui assure le transport et la commercialisation des denrées agricoles dans
les zones rurales sont également durement impactées par la crise actuelle. Elles sont en effet
confrontées à des extorsions et des violences de la part des membres des gangs armés, résultant en
une privation de leur autonomie économique, rendant ces dernières encore plus vulnérables.
La jeunesse haïtienne, qui représente 60% de la population, souffre grandement de la situation actuelle.
Selon un rapport de l’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels
(INDDESC), 95% des jeunes vivent dans une pauvreté extrême, sans accès aux droits fondamentaux.
Ce rapport indique que cette jeunesse est « reléguée à la périphérie d’un État absent ». En 2024, les
violences pratiquées dans le pays ont entrainé la fermeture de plus de 900 écoles 38, empêchant un
grand nombre des enfants déplacés de pouvoir accéder à l’instruction qui leur sera nécessaire pour
participer à la renaissance du pays.
iii.
Dimension économique
Depuis de nombreuses années, l’économie haïtienne souffre d’une situation de fragilité extrême. Il est
estimé par la Banque Mondiale que le Produit Intérieur Brut (PIB) du pays a reculé de 10% entre 2019
et 2023, ne permettant pas au pays d’observer une croissance positive à la suite de la pandémie du
COVID-19. Le taux d’inflation a atteint un nouveau record en 2023, arrivant à 36.8% sur l’année, bien
au-delà de la moyenne mondiale de 5,7%. Ces augmentations ont un impact important sur une
population majoritairement pauvre (64 % de la population vivait avec moins de 3,65 dollars américains
par jour en 2024 selon la Banque Mondiale).
La crise sécuritaire qui frappe le pays a asphyxié l’économie, contraignant de nombreuses entreprises
à réduire ou fermer leurs activités. Le taux de chômage a atteint en 2024, selon ILOSTAT, 15,1% de la
population totale.
Le secteur agricole haïtien souffre profondément de la fragilité actuelle du pays. La vallée de l’Artibonite,
principal bassin de production alimentaire et source de près de 80 % du riz cultivé en Haïti, est
aujourd’hui fortement affectée par la présence croissante des gangs armés. En 2024, on estime
qu’environ 7,000 hectares de terres cultivables et irriguées ont été abandonnées, soit près de 25 % de
la superficie agricole de la région. À cette insécurité s’ajoute un manque de soutien public : la raréfaction
des subventions agricoles a entraîné une hausse des coûts de production et un accès de plus en plus
restreint aux intrants essentiels. Par ailleurs, les possibilités de financement restent très limitées, avec
à peine 10 % des agriculteurs bénéficiant de prêts agricoles. Par ailleurs, l’économie bleue en particulier
la pêche artisanale, l’aquaculture et la gestion durable des ressources marines reste largement sousexploitée malgré son potentiel en matière de sécurité alimentaire, de création d’emplois et de
développement territorial. L’absence de politiques sectorielles claires, la surexploitation des ressources
halieutiques côtières, le manque de formation et d’équipements adaptés, freinent sa contribution à
l’économie nationale.
Les perspectives économiques pour les prochaines années restent très sombres. Bien que la Banque
mondiale prévoie une timide croissance de 1 % pour 2025, cette projection apparaît fragile face à
l’aggravation continue de la crise sécuritaire et aux tensions politiques tant internes qu’internationales.
La hausse récente des tarifs douaniers imposés par certains partenaires économiques stratégiques,
combinée à une diminution de l’aide internationale, risque en effet de prolonger la récession qui frappe
Haïti depuis plusieurs années, freinant toute tentative de redressement durable.
iv.
Dimension sécuritaire
Haïti fait face à une crise sécuritaire sans précédent qui affecte gravement les conditions de vie,
l'économie rurale et la mise en œuvre des projets de développement. Selon le dernier rapport du
Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) publié en mars 2025,
près de 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est sous le contrôle ou l'influence de groupes
armés. Cette situation a entraîné près de 360 000 déplacés internes (OCHA, 2025) 39, un chiffre en
hausse de 20 % par rapport à fin 2024.
38
39
https://www.plan-international.fr/actualites/haiti-une-crise-humanitaire-met-en-peril-lavenir-des-enfants/?utm_
https://www.unocha.org/haiti
59
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Le rapport de la Banque mondiale de février 2025 40 signale que la détérioration sécuritaire n'est plus
limitée à Port-au-Prince, mais s'étend progressivement vers certaines zones rurales, notamment dans
l'Artibonite, le Bas Plateau Central et le Nord-Ouest. Cela complique l'accès humanitaire et freine les
interventions en milieu rural, où opère notamment le FIDA.
Le PNUD (Rapport 2025 sur la Gouvernance en Haïti) 41 souligne que l'effondrement de l'appareil
judiciaire et le délitement de la police nationale exacerbent le climat d'impunité, rendant la sécurisation
des projets particulièrement difficile.
Dans les départements du Nord-Est, du Nord et du Sud-Est ciblés par le FIDA, la situation sécuritaire
demeure relativement plus stable, bien que le risque de propagation de l'insécurité reste élevé. La
persistance de foyers d'instabilité pourrait avoir des impacts sur la mobilité des bénéficiaires, des
équipements et des équipes de gestion de projets de développement dans les zones isolées, entravant
la mise en œuvre des travaux communautaires et des formations. En outre, l’accès aux marchés
agricoles souffre déjà de la situation actuelle. Aussi, la difficulté de la situation actuelle pourrait baisser
l’attrait pour les investissements privés ruraux.
Tenant compte de ce contexte spécifique, la planification opérationnelle devra impérativement intégrer
des mécanismes d'adaptation sécuritaire robustes, tels que des analyses de risques systématiques, la
mise en place de dispositifs de mobilité sécurisée et le recours stratégique aux partenaires locaux avec
un fort ancrage communautaires. Une approche décentralisée de la mise en œuvre, visant à limiter les
déplacements interrégionaux, s'avérera essentielle pour réduire l'exposition aux risques. Parallèlement,
le renforcement des capacités communautaires et l'ancrage territorial des projets resteront des
stratégies prioritaires afin d'atténuer les effets de l'insécurité et de garantir la pérennité des
interventions. Enfin, une collaboration étroite et renforcée avec les agences des Nations unies (OCHA,
PAM, PNUD, UNOPS, BID) ainsi qu'avec les ONG opérant dans les zones difficiles sera indispensable
pour mutualiser les ressources, coordonner les efforts et maximiser l'impact des actions menées dans
ces contextes complexes.
v.
Dimension environnementale et changement climatique
Haïti exemplifie le concept de sécurité climatique42 qui démontre les liens étroits entre dégradation
environnementale, changement climatique, paix et insécurité.
Exposition élevée aux enjeux environnementaux et climatiques :
Haïti subit une dégradation accélérée de son environnement, sous l’effet combiné des pressions
humaines, des conflits armés et du changement climatique. Le pays reste l’un des plus exposés aux
catastrophes naturelles au monde. Chaque catastrophe majeure entraîne en moyenne une perte
équivalente à 2 % du PIB par an, affectant en particulier le secteur agricole, vital pour la subsistance
de la majorité de la population.
Selon la Banque mondiale, plus de 96 % des Haïtiens sont exposés à au moins deux types d’aléas
majeurs, tels que les ouragans, les inondations, les tremblements de terre, les glissements de terrain
et les sécheresses. Cette vulnérabilité est exacerbée par la faible capacité du pays à répondre aux
défis environnementaux, ainsi que par une économie largement dépendante de l’agriculture. 26
Les tempêtes tropicales et les inondations représentent des menaces importantes, causant des
dommages considérables aux infrastructures et aux cultures, et compromettant ainsi la sécurité
alimentaire des populations locales. Sur le plan tectonique, Haïti se situe à la convergence de plusieurs
failles sismiques actives, notamment la faille septentrionale au nord et la faille Enriquillo-Plantain
Garden au sud-ouest, ainsi que des chaînes montagneuses centrales. Cette situation géologique rend
le pays particulièrement vulnérable aux tremblements de terre destructeurs.
40
https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2025/03/04/world-bank-announces-new-strategy-for-haiti
https://www.undp.org/sites/g/files/zskgke326/files/2025-03/first-regular-session-2025-report-as-of-12march2025.docx
42 Weathering risks, 2023, Uncovering climate security challenges in Haiti and what to do about them
41
60
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Lien entre vulnérabilité environnementale et insécurité :
La vulnérabilité environnementale d’Haïti est aggravée par l’insécurité généralisée. Les déplacements
forcés provoquent une occupation anarchique des terres agricoles, transformées en lotissements ou
en constructions précaires sur des plaines inondables historiquement consacrées à la culture du riz.
Repoussées vers les zones montagneuses et côtières, les populations les plus vulnérables contribuent
malgré elles à la destruction des derniers massifs forestiers et des mangroves, souvent remblayées
avec des déchets pour y ériger des abris de fortune.
Par ailleurs, l’expansion des gangs dans des régions agricoles clés, telles que l’Artibonite, le Bas
Plateau Central et le Nord-Ouest, réduit considérablement l’accès aux terres cultivables, menaçant la
production nationale de riz et d’autres denrées alimentaires stratégiques. Cette insécurité chronique
freine également la transition énergétique vers le gaz propane. Les pénuries récurrentes obligent de
nombreux ménages à recourir de nouveau au charbon de bois, accélérant ainsi la déforestation,
l’érosion des sols et la vulnérabilité aux inondations.
Dans ce contexte, la Note de Stratégie Pays du FIDA doit renforcer la résilience agricole en soutenant
l’agroforesterie, les semences adaptées au climat et la diversification des cultures. Elle devra investir
dans la gestion durable de l’eau par la réhabilitation des infrastructures d’irrigation et la protection des
bassins versants. La restauration forestière et la conservation des sols sont essentielles pour freiner la
dégradation. Le renforcement des capacités institutionnelles ainsi que la sensibilisation et l’intégration
des femmes et des jeunes dans la gouvernance environnementale seront également des priorités pour
mieux affronter les effets des évènements météorologiques extrêmes.
3.
Résumé de l’évaluation de la fragilité:
61
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Dimension
1.
Facteurs de fragilité
Politique et
institutionnelle
Manque de stabilité
institutionnelle, avec une
présence limitée et affaiblie
de l’Etat lié à un manque
d’élections depuis 2016, et
des multiples reports des
prochaines élections.
Absence de stratégie
clairement établie pour
l’agriculture et les zones
rurales sur le prochain
cycle.
Stratégies
gouvernementales
sectorielles non mis à jour
et caduques.
Diminution des ressources
humaines et économiques
des équipes des Ministères
au niveau national et local.
Diminution de l’aide au
développement.
2.
Défis pour les
pauvres en milieu
rural
L’instabilité institutionnelle
entraine un manque de
stratégie a moyen/long
terme pour soutenir
l’agriculture et les zones
rurales
Manque de support
financiers et techniques
du gouvernement,
pouvant augmenter le
sentiment d’isolement de
la population rurale.
Potentiel perte de
financement pour certains
projets, et impact
important sur les
populations rurales.
La progression des
groupes armés vers les
zones rurales aggrave le
climat d’insécurité et
alimente les dynamiques
migratoires internes et
externes
3.
Risque pour la mise en
œuvre de la stratégie pays
La stratégie pays se doit d’être
en phase avec les stratégies
nationales. Leur manquement, ou
changement de cap, pourrait
rendre les objectifs de la CSN
moins en phase avec ceux du
gouvernement.
Une concentration des regards et
activités sur la capitale pourrait
mettre les populations au second
plan. En outre, il y a un risque
que les activités d’ordre
humanitaire prennent une place
encore plus importante par
rapport aux activités de
développement.
La stratégie pays se basera sur
les disponibilités de ressources
FIDA13. Cependant, un
environnement moins propice
aux investissements
internationaux pourrait avoir un
impact sur la mise en œuvre
globale de la CSN.
62
4.
Niveau de
risque
Le niveau de risque
au niveau politique et
institutionnelle est
considéré comme
moyen.
Les besoins des
potentiels
bénéficiaires des
activités du FIDA
sont clairement
identifiés par toutes
les parties. Il est
important que le
FIDA et d’autres
partenaires continue
la sensibilisation sur
les activités dans les
zones rurales qui
pourraient être
délaissées dans le
contexte existant.
Haïti reçoit une part
non négligeable
d’Aide Publique au
Développement
(APD), laquelle subit
déjà des baisses
pour l’année 2025. Il
faut donc tenir
compte de cet
aspect comme un
vecteur de risque.
5.
Recommandations pour
soutenir l'engagement du
FIDA dans le contexte de la
réponse
Assurer une communication
constante avec le représentant
du gouvernement pour veiller à
ce que les objectifs du CSN
soient toujours adaptés au
contexte.
Rendre plus visible les actions du
FIDA au travers une
communication plus constante, et
renforcer la participation du fonds
dans le dialogue politique
Assurer un « start-up » du
nouveau projet EFOSE qui soit
bien médiatisé (même si fait hors
du pays).
Assurer un support continue du
FIDA pour un renforcement des
capacités du gouvernement.
Le FIDA devra conserver son
rôle moteur dans le soutien au
zones rurales, se basant non
seulement sur le financement
direct octroyé par le FIDA13,
mais également sur les
possibilités de partenariats qui
s’offriront dans le futur avec
d’autres entités visant à appuyer
le monde rural.
Le mécanisme des Programmes
Adaptatifs Multiphases (MAPs),
récemment développé par le
FIDA, représente une opportunité
potentielle pour soutenir
l’engagement du Fonds dans le
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Sociale
Déplacement interne
important de population
(plus de 1 million de
personnes ayant été
déplacées)43.
Niveau de pauvreté
extrême, lié à une fragilité
globale importante et a un
niveau jugé grave - 4.7M de
personnes en état
d’insécurité alimentaire.
Expansion des groupes
armés chez les enfants
dans les territoires conquis
Économique
43
Conditions économiques
très difficiles, avec un
PIB/Habitant qui décroit
Les personnes déplacées
subissent les pertes de
leurs maisons, terres et
moyens de subsistance.
Elles se retrouvent dans
des contextes non
adaptés à les recevoir, et
ont un accès limité à
l’alimentation, l’éducation
et aux services sociaux.
Les facteurs de fragilité
exposé dans la colonne
précédente se démultiplie
en milieu rurale. Les
populations rurales, déjà
confrontées à des
problématiques
intrinsèques, font
maintenant également
face à une grande
migration interne qui
pourrait perturber
grandement le tissu social
de ces zone reculées.
Exposition accrue à la
violence, notamment pour
les femmes rurales, et
grande implication des
enfants dans les groupes
armés en raison de la
fermeture des écoles et
du manque d’alternative
Ces pressions
économiques pourraient
atteindre les populations
Difficultés d'accès aux
populations cibles, mobilisation
communautaire réduite. L’accès
des populations cibles aux
moyens de production pourrait
être restreint.
Potentielle augmentation des
tensions en zones rurales, et
incapacité d’impacter de manière
positive les facteurs identifiés
précédemment.
L’insertion des jeunes est
prépondérante pour les activités
du FIDA. La violence des gangs,
et l’inclusion de ces derniers au
sein de ceux-ci, compromettrait
l’impact des activités du FIDA et
leurs durabilités.
Augmentation des coûts
d’opération en raison de
l'inflation.
Risque élevé que les
migrations internes
entrainent des
problématiques
pouvant impacter
négativement les
objectifs de la NSP
(afflux de population
entrainant des
pressions sur les
ressources
naturelles, sur les
couts des produits
alimentaires,
paupérisation des
familles d’accueils,
etc.)
La capacité
d’absorption des
zones rurales d’un
afflux important de
population est jugée
faible, et la capacité
du Gouvernement de
venir en aide à ces
zones l’est
également.
Le risque
économique est jugé
comme substantiel,
https://news.un.org/fr/story/2025/01/1152106#:~:text=Ces%20derni%C3%A8res%20donn%C3%A9es%20de%20l,%C3%A0%20plus%20d'un%20million.
63
contexte haïtien. Cette approche
pourrait être explorée durant la
phase de mise en œuvre de la
NSP.
Mettre en œuvre des
programmes ciblant les moyens
de subsistance pour les
personnes déplacées, les
femmes et les jeunes.
Soutenir les initiatives de
formation professionnelle et de
développement des
compétences ainsi que les
programmes d'emploi pour les
personnes déplacées et les
jeunes ruraux.
Intégrer la protection sociale
dans les projets.
Renforcer les capacités locales,
notamment celles des femmes et
des jeunes.
Développer des projets et
programmes ciblés pour les
jeunes, et misant sur la
durabilité, pourrait être un bon
moyen de soutien de
l’engagement du FIDA.
Afin de maintenir l’efficacité de
son engagement, le FIDA devrait
continuer à appuyer l'accès au
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
depuis 2021 (1,835 USD à
1,705 USD en 2024) et une
inflation très importante
(36.8% en 2023, contre
5.7% de la moyenne
mondiale).
Perturbation du commerce
et des marchés
d'exportation, en particulier
pour les produits agricoles
Absence de stratégie
clairement établie pour
l’agriculture et les zones
rurales ou encore faible
capacité des services
techniques au niveau local
Forte dépendance de la
population aux transferts de
fonds depuis l’étranger
envoyées par sa diaspora
(18.9% du PIB en 2023).
Les remous que pourrait
subir l’économie dans la
période prochaine
pourraient entrainer une
baisse de ces envois, et
impacté une population
déjà fragile.
Sécuritaire
Accès limité au crédit
agricole et faible
mécanisation du
l’agriculture rurale.
Expansion des activités des
groupes armés hors des
frontières de Port au Prince
atteignant le milieu rural.
rurales à travers la hausse
du cout des intrants
agricoles, entrainant une
diminution des bénéfices
des activités agricoles.
La baisse de flux
économique provenant
des transferts de fonds
pourrait accroitre les
difficultés des habitants de
zones rurales, les privant
d’une ressource financière
importante.
L’accès limité au crédit,
combiné à la faible
mécanisation de
l’agriculture, freine
l’expansion des
exploitations existantes et
réduit les perspectives de
développement d’une
industrie agricole prospère
et durable.
Cette violence entraine
une liberté de mouvement
limitée (avec notamment
de nombreux couvre-feux
établis).
Perturbations des chaînes
d'approvisionnement, entrainant
la réduction de la résilience
financière des petits exploitants
agricoles et des agro entreprises.
Dépendance accrue à l'aide
extérieure, rendant incertaine la
durabilité à long terme des
projets.
et l’impact d’une
potentielle crise
économique à
grande échelle
pourrait entraîner
des conséquences
désastreuses pour
les populations
rurales haïtienne.
crédit rural, promouvoir des
chaînes de valeur agricole
résilientes, et promouvoir la
diversification économique des
exploitations agricoles.
Le risque sécuritaire
est très élevé, avec
des problématiques
mises en avant dans
l’ensemble des
rapports sur le pays
érigé par les acteurs
Afin de soutenir ses activités, le
FIDA devra recourir à des
ententes avec des partenaires
communautaires locaux ainsi
qu’avec d’autres organisations
des Nations Unies disposant de
meilleures capacités
La création de partenariats
public-privé communautaires
devrait être encouragé, et des
solutions d’investissement
communautaires impliquants la
diaspora devrait être envisagés
Les activités opérationnelles
prévoyant un effort financier des
bénéficiaires (matching grants)
pourrait être insoutenable pour
un grand nombre des personnes
ciblées par les actions des
projets.
Augmentation des risques
sécuritaires des équipes sur le
terrain, ainsi que potentielles
répercussions sur les biens
matériels établis par les projets.
64
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
L’accès aux marchés est
rendu difficile par la
présence de bandits
armés le long des routes
qui relie les exploitations
aux lieux de ventes.
L’intégrité physique des
personnes est mise en
danger par cette situation.
Environment
and climate
96% de la population
Haïtienne est exposée aux
chocs liés au climat
(Ouragans, tempêtes
tropicales, inondations,
érosion hydrique,
glissement de terrain).
Grande dépendance à
l’agriculture pluviale.
Forte vulnérabilité de la
population aux aléas
climatiques.
Cet environnement hostile
impacte les populations
rurales via des pertes
régulières de récoltes
dues aux conflits et aux
aléas climatiques.
Accès limité à l'eau, à la
terre, et autres facteurs de
production dans les
endroits conquis par les
groupes armés.
La situation sécuritaire entraine
des délais importants dans la
mise en œuvre des projets ,
rendant l’accès à certaines zones
difficiles voire impossible, et
limitant la capacité
d’approvisionnement en intrants
et biens et l’accès aux services
sociaux. La concentration de
l’attention nationale et
internationale vers Port au Prince
peut desservir les zones rurales
qui nécessite un appui constant
aussi bien étatique qu’extérieur.
internationaux et
nationaux. L’impact
de la violence dans
le milieu rurale
pourrait être
démultiplié par
l’importante
migration interne et
la grande pauvreté
multidimensionnelle
dont souffre ces
zones.
Le risque identifié est une
vulnérabilité accrue des
investissements agricoles,
possiblement impactés durement
par ces évènements climatiques,
ainsi que la perte de partenaires
stratégiques dans les zones
touchées par les conflits armés.
Le niveau de risque
est élevé, soutenu
par des éléments
climatiques
omniprésents durant
la dernière décennie
et qui, selon les
estimations
scientifiques,
devraient augmentés
dans les années à
venir.
Manque d’infrastructure
d’irrigation impactant
grandement la capacité
productive des petits
producteurs ruraux.
65
d’approvisionnement et de
rayonnement au niveau des
communautés.
Comme expérimentés dans les
nouveaux projets approuvés
depuis 2021, une structure
décentralisée et adaptative devra
être privilégié, dans le but
d’appuyer les équipes de projet
de la meilleure manière possible.
L’intégration de mécanismes
d'adaptation sécuritaire robustes,
tels que des analyses de risques
systématiques, la mise en place
de dispositifs de mobilité
sécurisée et le recours
stratégique aux partenaires
locaux devra être établie.
Dans le but d’appuyer ses
activités, le FIDA devra soutenir
des actions visant l'agroécologie
et la résilience climatique. Des
projets de reforestation et de
gestion durable de l'eau devront
être mis en œuvre. Pour protéger
les activités mises en place, et
assurer un appui au populations
cibles, le FIDA pourra s’appuyer
sur la coopération avec d’autre
institutions internationales
opérant dans le pays, ainsi que
sur l’intégration d’un composant
RED - Response to Emergency
and Disaster.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
4.
Facteurs de résilience
i.
Dimension politique et institutionnelle
Pour faire face aux défis d'ordre politique et social identifiés précédemment, plusieurs éléments issus
des activités menées par le FIDA peuvent être considérés comme des facteurs de résilience. Les
expériences passées ont conduit le FIDA en accord avec le gouvernement à confier l’exécution de ses
projets à l’Unité Technique d’Exécution (UTE) au sein du Ministère de l’Économie et des Finances
(MEF). Le recours à cette unité spécialisée, qui gérait déjà des projets financés par la BID et l’AFD, a
permis d’assurer une certaine stabilité institutionnelle, grâce notamment à la compétence reconnue de
ses membres. Cela a favorisé de bons résultats des projets actuellement en cours d’exécution. Dans
un contexte politique en constante évolution, pouvoir s’appuyer sur une telle structure représente un
atout majeur. En outre, l’organisation décentralisée de l’UTE – qui dispose d’une antenne au CapHaïtien pour l’IBE et prévoit l’ouverture prochaine d’une autre antenne à Marigot pour l’EFOSE –
constitue un avantage essentiel pour une mise en œuvre efficace des projets du FIDA en Haïti.
Au niveau des zones rurales, il existe une grande volonté de la part des acteurs de ces territoires de
s’engager en faveur du développement rural, que cela soit au travers la création ou le support aux
infrastructures communautaires, ou bien directement en soutien aux producteurs locaux. En outre, de
nombreux programmes internationaux cherchent à valoriser la gouvernance au niveau local, un choix
judicieux au moment où la pression des gangs a Port au Prince rend difficile la gestion optimum de ces
zones depuis la capitale.
Ainsi le FIDA, au travers de ses activités opérationnelles, devra chercher à collaborer étroitement avec
les autorités locales dans les zones de ses projets, comme déjà mit en avant dans l’I-BE, tout en
assurant la promotion de la planification participative au niveau des communes.
ii.
Dimension sociale
Au niveau de la dimension sociale, certains facteurs de résilience ont pu être mis en avant par les
habitants des zones rurales, dans un contexte manquant des appuis nécessaire de l’État. Un facteur
très important à mettre en avant est le rôle essentiel occupé par les femmes rurales dans l’économie
agricole, et plus particulièrement par les Madan Sara 44. Ces dernières, estimées au nombre de 100,000,
occupe un rôle fondamental dans la connexion entre les aires rurales, d’où sont issues les denrées
alimentaires, et les marchés (informels ou non) où les produits sont écoulés. Les Madan Sara ont un
rôle majeur dans la distribution des aliments, dans un contexte où, selon la Banque Mondiale, 70% du
commerce se base sur le secteur informel. La situation sécuritaire actuelle menace le rôle des Madan
Sara, ce qui aurait, selon les dernières estimations de la banque mondiale, conduit à une perte de leur
revenu de l’ordre de 30%.
Additionnellement, les zones rurales peuvent compter sur des communautés très profondément
ancrées et liées à leurs territoires. Ces liens tissés au fur et á mesure des générations entrainent un
sentiment communautaire et d’appartenance très important, lequel peut être notamment mis en avant
dans les conditions de catastrophes naturelles auxquelles les habitants sont régulièrement confrontés.
Au travers de ses activités, il sera important pour le FIDA d’appuyer l’inclusion des femmes et jeunes
dans les activités promues, et appuyer les initiatives portées par les femmes et jeunes des milieux
ruraux. Les activités du fonds devront s’appuyer sur les systèmes communautaires déjà en place,
cherchant à les perfectionner au travers de financements et de formations techniques nécessaires.
iii.
Dimension économique
Les zones rurales proposent d’importants facteurs de résilience au niveau de leur structuration,
répondant aux absences répétées de l’État identifiées dans les points précédents. La forte dynamique
d’économie locale, menée notamment par les marchés agricoles informels, promeut la vente et la
consommation de denrées produites localement. En outre, les zones rurales compte sur la présence
d’organisations communautaires rurales opérants sur les thèmes de commercialisation et de
microfinancement, des thématiques que le FIDA devra chercher à appuyer au travers de ses activités.
44
https://haitiantimes.com/es/2025/03/21/Hait%C3%AD-Madan-Sara--inseguridad/
67
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Il sera déterminant pour le FIDA de continuer la promotion et le soutien des coopératives agricoles et
des réseaux de producteurs, tout comme promouvoir l’accès au micro-crédit rural adapté à ces mêmes
producteurs. De plus, le renforcement des filières agricoles déjà existantes, et l’accompagnement de
celles-ci dans leur formalisation, sera un autre élément prépondérant de la stratégie d’engagement du
FIDA durant le prochain cycle d’activités.
iv.
Dimension sécuritaire
Le facteur de résilience principal des zones rurales concernant la dimension sécuritaire et la violence
est le fait que ces dernières ne sont, pour le moment, pas le théâtre des mêmes scènes dont les
habitants de Port au Prince sont confrontés quotidiennement. Jusqu’á présent, les zones rurales telles
que celles du Nord, Nord-Est et Sud-Est sont relativement sures. Cette impression ne doit cependant
pas cacher le fait que des faits violents ont également lieux dans ces endroits, même si à un niveau
moins élevé que dans la capitale.
Pour le FIDA, il s’agira de continuer ses actions dans des zones ou la violence est moins présente, tout
en poursuivant le processus de partenariat avec d’autres agences internationales et locales, pour
maximiser son impact sur le terrain.
v.
Dimension environnementale et climatique
Sur le plan environnemental et climatique, plusieurs éléments clés renforcent la résilience des
populations rurales face aux catastrophes naturelles. Les savoirs agroécologiques traditionnels des
communautés rurales haïtiennes jouent un rôle fondamental dans leur capacité à résister aux chocs
climatiques. En particulier, les pratiques agroécologiques améliorent la fertilité et la capacité de
rétention des sols, réduisent l’érosion et la dégradation des terres, et peuvent même contribuer à la
protection des habitations. Par ailleurs, les zones rurales disposent souvent de réseaux
communautaires dynamiques pour la gestion des ressources naturelles. Ces réseaux représentent un
levier essentiel sur lequel le FIDA devra s’appuyer pour assurer le succès de ses interventions.
De fait, il sera important de capitaliser sur les pratiques agroécologiques traditionnelles dans le but d’en
renforcer la durabilité. En outre, et toujours dans l’optique de lutter contre les chocs climatiques, il faudra
que les activités du FIDA appuie des projets communautaires visant à mettre ne place des actions de
reforestation et de conservation des sols.
Tableau récapitulatif des facteurs de résilience
Dimension
Facteurs de résilience
Possibilités d’engagement
Politique et
institutionnelle
•
Présence d’une équipe technique
de bonne qualité ayant expérience
des projets FIDA.
Volonté d'engagement d’acteurs
locaux pour le développement
rural.
Programmes d’appui international
en faveur de la gouvernance
locale.
Rôle central des femmes rurales
dans l'économie agricole (Madan
Sara).
Résilience communautaire
traditionnelle face aux
catastrophes.
•
Fortes dynamiques d'économie
locale à travers les marchés
agricoles informels.
Présence d’organisations
communautaires rurales opérant
dans la commercialisation et le
microfinancement.
•
•
•
Sociale
•
•
Économique
•
•
68
•
•
•
•
•
•
•
Collaborer étroitement avec les autorités
locales dans les zones de ses projets.
Promouvoir la planification participative à
l’échelle communale.
Appuyer les initiatives portées par les
femmes et les jeunes en milieu rural.
Développer des mécanismes
communautaires d’adaptation aux
risques.
Investir dans des formations techniques
et de leadership rural.
Soutenir les coopératives agricoles et les
réseaux de producteurs.
Promouvoir l’accès au microcrédit rural
adapté aux petits producteurs.
Renforcer les filières agricoles existantes
et appuyer leur formalisation.
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Sécuritaire
Environnementale
et climatique
•
•
•
Zones rurales moins affectées par
la violence, notamment dans
certaines parties du Nord-Est, Nord
et Sud-Est.
•
Connaissances locales
traditionnelles sur l'agroécologie.
Réseaux communautaires actifs
pour la gestion des ressources
naturelles.
•
•
•
Concentrer les investissements FIDA
dans les zones rurales à faible niveau de
violence.
Travailler avec d’autres agences
internationales pour l’acquisition de biens
essentiels pour les projets.
Capitaliser sur les pratiques
agroécologiques traditionnelles pour
renforcer la durabilité.
Appuyer des projets communautaires de
reforestation et de conservation des sols.
5. Résumé Final
Le présent document d’évaluation de la fragilité met en lumière les divers défis auxquels la République
d’Haïti est confrontée durant la période étudiée, qu’ils soient politiques, institutionnels, sociaux,
économiques, sécuritaires, environnementaux ou climatiques. Parmi ces défis, la priorité actuelle réside
dans la résolution urgente de la crise sécuritaire, dont l’aggravation rapide à l’échelle nationale menace
de compromettre toute initiative visant à améliorer les autres aspects abordés dans cette note.
C’est dans ce contexte compliqué que le FIDA tachera, au travers de sa nouvelle Note Stratégique
Pays 2025-2027, de poursuivre son engagement commencé il y a près de 50 ans. Cet appui devra
s’organiser autour d’une approche compréhensive des facteurs de fragilités identifiés dans ce
document, et des défis que ceux-ci représentent pour les populations rurales de l’ile.
Comme mentionné précédemment, le niveau de risque sécuritaire extrêmement élevé demeure la
principale source de complexité de la situation actuelle. Il engendre des répercussions sur l’ensemble
des autres critères évalués. Cette situation critique sur le plan sécuritaire devra être résolue par des
actions concertées, soutenues par la communauté internationale et approuvées par les institutions
politiques haïtiennes. À ce jour, les mesures mises en œuvre n’ont pas permis d’enrayer la détérioration
continue de la situation à laquelle la société haïtienne est confrontée.
En permettant l’identification de différents vecteurs de résilience ainsi que des possibilités
d’engagement pour les activités du FIDA dans le pays, le document d’évaluation de la fragilité se
propose comme un document clés de la stratégie globale 2025-2027. En particulier, il recommande un
redoublement des efforts pour l’accompagnement des entités rurales au niveau local, une concentration
des investissements du FIDA dans les zones rurales à faible niveau de violence, ou encore le soutien
aux coopératives agricoles et réseaux de producteurs, via par exemple d’accès facilité aux micro-crédits
adaptés à leur situation.
Dans le contexte particulièrement fragile d’Haïti, il est essentiel d’aborder les dimensions humanitaire,
développementale et de consolidation de la paix comme intrinsèquement liées, conformément à
l’approche du nexus HDP (Humanitarian-Development-Peace), qui vise à dépasser la logique d’une
aide à court terme.
C’est dans cet esprit que la stratégie du FIDA pour le cycle 2025-2027 s’attachera à renforcer les
partenariats avec les acteurs internationaux et nationaux présents en Haïti. Elle mettra l’accent sur des
interventions ciblées en faveur d’un développement à moyen et long terme, à contre-courant d’une
grande partie des ressources actuellement concentrées sur l’aide humanitaire d’urgence.
Le projet EFOSE constituera l’un des principaux vecteurs de cette approche partenariale intégrée. Il
est notamment envisagé de soutenir l’intégration des petits producteurs agricoles du Sud-Est dans le
programme de cantines scolaires promu par le PAM, afin d’assurer une fourniture locale et durable
d’aliments aux élèves, tout en dynamisant l’économie rurale. Le FIDA encouragera également la mise
en place de mécanismes communautaires de résilience, notamment à travers des formations en
gestion des risques, l’accès à des intrants agricoles résilients au climat, et le développement de filets
de sécurité sociale adaptés aux contextes de crise.
Par ailleurs, le FIDA poursuivra ses efforts pour s’imposer comme un acteur clé de la coopération
internationale en Haïti, en renforçant progressivement sa présence institutionnelle et opérationnelle
69
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
dans le pays. La stratégie visera également à appuyer le renforcement des institutions locales, en
particulier les collectivités territoriales, afin de favoriser une gouvernance inclusive, redevable et en
phase avec les besoins réels des populations.
70
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Appendice 5 : Cadres politiques sectoriels
1. Plusieurs cadres politiques sectoriels ont été élaborés au cours des dernières années. Ils constituent des références importantes pour définir les
différentes orientations du développement, qu’il s’agisse du monde rural, de la sécurité alimentaire, de l’environnement ou de l’alimentation scolaire.
Toutefois, certains de ces plans nécessitent une actualisation pour rester pertinents et opérationnels. Ci-dessous sont partagés les plans les plus
importants identifiés dans le cadre de la conception de cette note.
2. En outre, en juillet 2024, chacun des ministères haïtiens a reçu des feuilles de route du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), définissant clairement
les grands chantiers prioritaires. Ces directives s’inscrivent directement dans la mise en œuvre des axes stratégiques propres à chaque secteur, avec
pour objectif de renforcer la coordination, d’orienter les actions opérationnelles et d’assurer un alignement cohérent des politiques publiques sur les
priorités nationales de développement.
Tableau 2- Différents plans et stratégies nationales
Plan / Stratégie
Plan national de développement agricole (PNDA)
Période d’exécution
2010–2025
Le Plan stratégique de développement d’Haïti
(PSDH) et son opérationnalisation au travers de la
Politique et stratégie nationales de souveraineté et
sécurité
alimentaire
et
nutritionnelle
(PSNSSANH)
2011-2030
Plan national pour la sécurité alimentaire et
nutritionnelle (PNSAN)
2010-2025
Stratégie et Plan d’Action Nationale pour la
Biodiversité (SPANB)
Révisé en 2020 –
2030
Objectifs
Ce document reste le principal cadre de référence pour le secteur agricole en
Haïti. Il vise à moderniser l'agriculture, améliorer la sécurité alimentaire et réduire
la pauvreté. Bien qu'il couvre une période allant jusqu'en 2025, aucune mise à
jour officielle n'a pour le moment été publiée. Cependant, une analyse récente
souligne la nécessité d'adapter cette politique aux défis actuels, tels que
l'insécurité et les changements climatiques.
Des discussions sont en cours entre la Banque Mondiale et le gouvernement en
vue de la révision de ce plan.
Élaboré après le séisme de 2010, le PSDH vise à faire d’Haïti un pays émergent
d’ici 2030. Il couvre des domaines tels que l'agriculture, l'éducation et les
infrastructures.
Le PNSAN, initialement élaboré en 1996 et actualisé en 2010, vise à éradiquer
la faim d'ici 2025. Bien qu'il n'y ait pas eu de mise à jour officielle récente, des
discussions sont en cours pour son actualisation afin de répondre aux défis
actuels.
Objectif général de conserver la biodiversité en vue de la protection de l’héritage
et du capital naturels du pays. La concrétisation de cet objectif général impliquera
de réduire ou de renverser de manière significative la perte de biodiversité, pour
assurer la disponibilité des biens et services écosystémiques essentiels et
garantir le partage juste et équitable des avantages fournis par la biodiversité, et
71
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Plan National de d’Adaptation au Changement
Climatique (PNA)
2022 – 2030
Plan d’action national de
désertification (PAN-LCD)
Révisé en 2015
lutte
contre
la
Évaluation post-catastrophe (PDNA)
2021
Le Cadre de coopération des Nations Unies pour
le développement durable (CCDD/UNSDCF).
2023 - 2027
Évaluation rapide de l’impact de la crise sécuritaire
en Haïti (ERIC)
2024
Politique et Stratégie Nationales d’Alimentation
Scolaire (PSNAS)
2024 - 2030
ce pour le bien-être social, économique et environnemental des générations
actuelles et futures d’Haïti.
Objectif final est un pays de plus en plus résilient aux changements climatiques
où le renforcement des capacités adaptatives de toutes les communes et
l’adaptation prise dans ses multiples dimensions et alimentée par des données
robustes sont au centre des processus de planification et de matérialisation du
développement national.
Le PAN-LCD a pour objectif principal de lutter contre la dégradation des terres
en Haïti en renforçant les connaissances, les capacités institutionnelles et les
cadres législatifs. Il vise également à intégrer cette lutte dans les politiques
publiques, à promouvoir la réhabilitation des zones dégradées et à favoriser la
coordination entre les acteurs concernés.
Le PDNA a été lancé en août 2021 pour évaluer les besoins après le séisme
dans la péninsule Sud. Bien que le rapport ait identifié des priorités de
relèvement, la mise en œuvre de ces recommandations reste limitée en raison
de contraintes financières et sécuritaires.
4 priorités stratégiques autour desquelles le cadre de coopération est articulé : i)
Gouvernance, sécurité et État de droit ; ii) Transformation économique inclusive ;
iii) Services sociaux de base et appui au contrat social ; et iv) Gestion de risques
multidimensionnels, environnement et développement territorial. Les 5 effets
identifiés qui contribueront à la réalisation de ces priorités sont les suivants : i)
Gouvernance et de l’État de droit ; ii) Justice et Droits Humains ; iii) Modèle
économique inclusif ; iv) Services sociaux de base ; et v) Environnement, gestion
des risques multidimensionnels et gouvernance territoriale.
Dresse un tableau alarmant de la situation économique, sociale, institutionnelle
et sécuritaire du pays. Il a été élaboré à l’initiative du Gouvernement haïtien, avec
l’appui de plusieurs partenaires internationaux (Banque mondiale, Union
européenne, BID, Nations Unies), dans un contexte de transition politique
amorcée au printemps 2024
Il vise à garantir une alimentation scolaire saine, locale et durable pour tous les
élèves, tout en renforçant l'économie agricole, la gouvernance locale et la
participation communautaire. La stratégie ambitionne d’atteindre 100 %
d’approvisionnement local d’ici 2030 et de faire de l’alimentation scolaire un levier
de développement multisectoriel en Haïti.
72
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Appendice 6 : Création de partenariat
1. La stratégie du FIDA en Haïti repose fortement sur la consolidation de partenariats stratégiques
avec les entités publiques et privés que ce soit au niveau national ou au niveau local. Il est, en effet,
prévu au cours des différents projets, de s’appuyer sur les directions départementales tout en les
renforçant et en les dotant de moyens de fonctionnement. Ce renforcement, tant en termes de
compétences que de moyens, reste primordial pour la mise en œuvre des programmes. Les
principales entités du Gouvernement d’Haïti (GdH) identifiées pour ces actions sont :
•
Le Ministère de l'Économie et des Finances (MEF), à travers son Unité Technique
d’Exécution (UTE), est responsable de la mise en œuvre des projets I-BE et EFOSE.
•
Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR), qui a hébergé l’unité de mise en œuvre de nombreux projets
financés par le FIDA, notamment le PURRACO lors du cycle précédent. Les
Directions Départementales Agricoles (DDA) assurent le suivi opérationnel des
activités sur le terrain, avec l’appui d’un point focal désigné par la direction du
ministère.
•
Le Ministère de l’Environnement (MDE), qui est particulièrement impliqué dans le
suivi des activités relatives à la gestion des aires protégées, notamment dans le
département du Nord-Est. Un point focal y est également désigné pour assurer la
coordination avec le projet.
•
Le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), qui
intervient sur les aspects liés au genre. Dans le cadre du projet PURRACO, un
partenariat avait été établi pour la réalisation d’un diagnostic genre et l’organisation
de sessions de formation à destination des cadres du projet.
2. En outre, le FIDA, à travers ses activités dans le pays, a établi des partenariats avec des entités
de la société civile, telles que l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP) et la Fondation pour
la Biodiversité Marine (FoProBim). Dans le cadre du projet EFOSE de nouveaux partenariats seront
établis avec des organisations de la société civile du département du Sud Est (mouvement social,
organisation de femmes, ONG locales). Le soutien apporté dès le démarrage des projets à ces
organisations vise à renforcer leur influence et leur capacité d’action au sein des territoires où le
FIDA déploie ses activités. Des partenariats seront également développés avec des prestataires
privés pour la mise en œuvre de certaines activités.
En plus de ces entités nationales, d’autres partenariats seront développés / renforcés avec les
partenaires techniques suivants :
•
La Banque Interaméricaine de Développement (BID) : Considérée depuis de nombreuses
années comme un acteur clé du développement en Haïti (avec un portefeuille d’intervention
varié), la BID met en œuvre depuis 2022 le programme PAPAIR45, qui vise à améliorer la
productivité agricole et halieutique en Haïti, programme faisant suite au PITAG. Ce dernier
intervient dans les départements du Nord, Nord-Est, Sud et Grande Anse, avec des actions
portant sur l'irrigation, les infrastructures rurales et l'accès aux marchés. En 2024, la BID et le
gouvernement haïtien ont lancé un Plan de relèvement et de développement 2025-2030, avec
le soutien de la Banque mondiale, de l’ONU et de l’UE. Ce plan vise à renforcer la résilience
d’Haïti autour de trois axes : développement économique inclusif, accès aux services de base,
et renforcement des institutions. Il privilégie la décentralisation en investissant en dehors de
Port-au-Prince, notamment dans le Grand Nord, pour favoriser un développement équilibré et
durable. Des discussions entre le FIDA et la BID sont en cours sur une collaboration pour un
futur projet, suivant le Memorandum of Understanding (MoU) signé entre les 2 entités en mai
2024.
•
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : Depuis 2017, la
FAO intervient en Haïti dans le cadre d’un Cadre de Programmation Pays, centré sur la sécurité
45
https://www.iadb.org/en/project/HA-J0002
73
République d’Haïti
Note de stratégie de pays
alimentaire, le développement des filières agricoles, la gestion durable des ressources
naturelles, et le renforcement de la résilience face aux crises et catastrophes. Elle collabore
étroitement avec le MARNDR et le MEC, ainsi que les directions départementales et acteurs
locaux. Les actions de la FAO se concentrent sur des projets ciblés dans les régions du NordEst et du Sud d’Haïti, notamment autour de la gestion des ressources naturelles et du
développement des filières agricoles. Un volet important de ses activités concerne le soutien
aux femmes rurales, en particulier dans le Sud-Est, avec des initiatives de formation, de
transformation des produits agricoles et de développement de plans d’affaires, visant à
renforcer leur autonomie économique. Cette expérience pourrait être profitable au FIDA dans
le cadre de l’exécution des activités supportées par l’EFOSE. En outre, l’initiative « Main dans
la Main », a laquelle participe le FIDA en Haïti et dans divers pays, pourrait être bénéfique pour
rapprocher davantage les deux institutions.
•
Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) : Le PAM déploie une réponse humanitaire majeure
face à une crise alimentaire aiguë sans précédent. En 2025, plus de 1,3 million de personnes
ont bénéficié de son appui à travers la distribution de repas chauds, de rations alimentaires et
de transferts monétaires. Cette aide vise principalement les populations les plus vulnérables,
notamment les déplacés internes et les enfants, tout en intégrant des programmes de
renforcement de la résilience des communautés. Un pilier essentiel de l’intervention du PAM
en Haïti est le soutien au Programme National de Cantines Scolaires (PNCS) qui vise à
améliorer la nutrition des enfants tout en stimulant l’agriculture locale. L’objectif est d’atteindre
entre 3,6 et 4 millions d’élèves d’ici 2030. Cette dynamique s’appuie sur une forte augmentation
des achats auprès des producteurs locaux, passant de 5 % à 70 % en quelques années,
impliquant aujourd’hui plus de 20 000 petits producteurs et 223 organisations agricoles. C’est
dans ce domaine qu’est prévu une collaboration avec le FIDA au travers du projet EFOSE, qui
tâchera d’appuyer les petits producteurs locaux et leur permettre de soutenir le PNCS au
travers de leur production.
•
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) : Le PNUD joue un rôle clé
en Haïti, en soutenant la gouvernance démocratique, la réduction de la pauvreté, le
développement économique et la résilience climatique. Il appuie notamment l'organisation des
prochaines élections, malgré des défis sécuritaires majeurs. Le PNUD accompagne des
initiatives concrètes comme la stabilisation urbaine (cartographie et déblayage), la sauvegarde
du patrimoine culturel, la production d’un rapport sur la vision économique d’Haïti. Il soutient
aussi le développement agricole à travers des projets locaux (irrigation, élevage, régénération
du café, routes rurales), l’appui à l’entrepreneuriat et l’introduction d’outils financiers
numériques pour stimuler les territoires, notamment dans le Nord. Enfin, le PNUD plaide pour
une meilleure intégration d’Haïti dans les politiques commerciales régionales. Un partenariat
pour le projet I-BE pourrait prochainement être développé autour d’activités liées aux fonds
climatiques.
•
La Banque mondiale (BM) a renforcé son engagement en Haïti. En 2023-2024, elle a investi
180,7 millions de dollars pour améliorer les services de base, lutter contre l’insécurité
alimentaire et renforcer la résilience aux catastrophes. Son portefeuille actif comprend 18
projets totalisant 1,25 milliard de dollars, couvrant notamment l’agriculture, la santé, l’éducation,
l’énergie, l’eau et le développement urbain. Dans le secteur agricole, deux projets majeurs sont
en cours : le Projet d'agriculture résiliente pour la sécurité alimentaire (PARSA) (152 M$, Sud
et Plateau Central) et la phase 2 de "Haïti – Territoires Productifs Résilients" (50 M$, Nippes et
Ouest), qui adopte une approche intégrée combinant agriculture, environnement et gestion de
l’eau. Pour la période 2025-2029, un nouveau Cadre de Partenariat Pays a été approuvé,
incluant un financement de 320 millions de dollars et visant à jeter les bases d'une reprise
économique et sociale. Ce plan stratégique met l'accent sur la restauration de la gouvernance,
le maintien des services publics essentiels et la promotion d'une croissance inclusive et
durables. La BM coanime également le Groupe Thématique PTF sur la Sécurité Alimentaire
et la Nutrition, un espace de coordination des bailleurs et agences internationales en lien avec
les priorités définies par la Coordination Nationale de Sécurité Alimentaire (CNSA) et
discutées au sein du Groupe Technique de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (GTSAN).
Des opportunités de collaboration existent autour du renforcement institutionnel du MARNDR
(passation de marché, formation) et d’initiatives structurantes telles que le registre des
agriculteurs ou les mécanismes incitatifs en milieu rural.
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République d’Haïti
Note de stratégie de pays
Dialogue politique :
3. Les partenariats identifiés seront renforcés dans le cadre de cette nouvelle CSN par un
dialogue politique au niveau national. En 2025, le FIDA poursuit son engagement en Haïti
en renforçant le dialogue politique avec les autorités nationales, notamment le Conseil
Présidentiel de Transition (CPT). Le 27 janvier 2025, une rencontre stratégique a eu lieu entre
le président du CPT, Leslie Voltaire, et le Président du FIDA, Alvaro Lario, pour discuter des
réponses aux crises alimentaires et socio-économiques actuelles. Lors de cet échange, le
président Voltaire a souligné l'urgence de mobiliser les partenaires internationaux pour soutenir
Haïti face à l'insécurité alimentaire croissante. En réponse, le FIDA a réaffirmé son engagement
à collaborer étroitement avec le gouvernement haïtien, en alignant ses financements et
programmes sur les priorités définies par les autorités nationales, dans une approche
concertée visant à maximiser l'impact des interventions sur le terrain.
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