(2025-09) Mise à jour des messages clés : Malgré les actions contre la violence des gangs, l'insécurité continue de perturber l'accès et la disponibilité alimentaires
Resume — L'insécurité alimentaire aiguë continue de s'aggraver, concentrée dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l'Ouest, le Nord-Ouest et la Grand'Anse, sous l'effet des pertes de récoltes dues aux déficits hydriques et de la baisse du pouvoir d'achat. Malgré les opérations policières, la violence a fortement augmenté (environ 220 incidents par mois, mai-août) ; les gangs contrôlent près de 90% de la zone métropolitaine. Les déplacés dépassent 1,3 million et les déportations ont approché 190 000 au 11 septembre ; les prix des produits de base dépassent de plus de 100% la moyenne quinquennale sous l'effet de la hausse des carburants et de la dépréciation de la gourde.
Constats Cles
- Insécurité alimentaire aiguë en aggravation dans la ZMPP, l'Ouest, le Nord-Ouest et la Grand'Anse.
- Violence en forte hausse malgré les opérations : ~220 incidents/mois (mai-août) ; gangs contrôlant ~90% de la ZMPP.
- Déplacés > 1,3 M ; déportations proches de 190 000 au 11 septembre (~98% de la RD).
- Prix des produits de base > 100% au-dessus de la moyenne quinquennale ; carburants en hausse et gourde en dépréciation.
- Pluies inférieures à la moyenne et conditions sèches annonçant des récoltes d'automne/hiver sous la moyenne.
Description Complete
FEWS NET constate une insécurité alimentaire aiguë qui continue de s'aggraver, surtout dans les quartiers marginalisés en proie aux gangs de la zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP) et dans l'Ouest, le Nord-Ouest et la Grand'Anse. Les pertes de récoltes dues aux déficits hydriques, la baisse du pouvoir d'achat et la perte de revenus en sont les principaux moteurs ; les ménages pauvres et les déplacés de la capitale, qui ont perdu leurs moyens d'existence à cause de l'extorsion des gangs et vivent dans des sites précaires, sont les plus touchés. La situation pourrait se détériorer davantage entre septembre 2025 et février 2026, même pendant les fêtes de fin d'année et les récoltes d'automne et d'hiver inférieures à la moyenne, la réponse humanitaire restant très limitée face aux coupes de financement et aux contraintes d'accès. Malgré les opérations policières, l'insécurité a fortement augmenté à partir de mai, avec ~220 incidents violents par mois (mai-août, PLSO) ; les gangs contrôlent près de 90% de la ZMPP et intensifient leurs attaques dans l'Ouest (Kenscoff, Arcahaie, Cabaret), l'Artibonite et le Centre. Les déplacés dépassent 1,3 million et les déportations massives ont approché 190 000 (janvier-11 septembre, ~98% de la République dominicaine). L'approvisionnement des marchés de la ZMPP, du Centre et de l'Artibonite est perturbé car les routes contrôlées par les gangs et les droits de passage empêchent les commerçantes 'Madam Sara' d'approvisionner les marchés urbains ; les prix des carburants ont augmenté (plus de 13% pour l'essence, ~8% pour le diesel dans le Nord-Ouest). Avec l'insécurité, la hausse des carburants et la dépréciation de la gourde, les prix des produits de base (riz importé, haricots et maïs locaux) dépassent de plus de 100% la moyenne quinquennale nationale. Des pluies inférieures à la moyenne pourraient retarder la campagne d'hiver, et des conditions sèches de type El Niño annoncent des récoltes inférieures à la moyenne.