Mise à jour des messages clés : La recrudescence de l'insécurité réduit l'effet des récoltes de printemps sur la consommation alimentaire des ménages pauvres
- Les événements violents ont plus que doublé au niveau national entre juin et juillet 2024 et presque triplé dans l'Ouest, qui enregistre plus de 75 pour cent des incidents (ACLED).
- Les décès liés à la violence ont augmenté de 45 pour cent en glissement annuel et de plus de 90 pour cent d'un mois sur l'autre, de 60 en juin à 116 en juillet 2024.
- Une douzaine de points de contrôle des gangs sur la Route nationale numéro 2 ont perturbé l'acheminement des produits du Grand Sud vers la capitale et des importations en sens inverse.
- Cité Soleil est en Urgence (Phase 4 de l'IPC) ; Croix-des-Bouquets et les communes du bas Nord-Ouest sont en Crise (Phase 3 de l'IPC) avec des poches d'Urgence.
- L'OIM a recensé 5 951 personnes (1 551 ménages) déplacées à la mi-juillet après des attaques à Ganthier, pesant sur les ménages d'accueil.
Cette mise à jour des messages clés porte sur août 2024. Des résultats de Crise (Phase 3 de l'IPC) généralisés persistent, la situation sécuritaire continuant de se dégrader et l'activité des gangs armés perturbant gravement les moyens d'existence des ménages et l'approvisionnement des marchés. Les agriculteurs, dont les revenus sont inférieurs à la moyenne, peinent à consommer les aliments de base, et la situation est particulièrement préoccupante dans l'Ouest et l'Artibonite, où la violence et les déplacements internes sont les plus concentrés.
Cité Soleil est en Urgence (Phase 4 de l'IPC), tandis que Croix-des-Bouquets et les communes du bas Nord-Ouest, à savoir Bombardopolis, Baie de Henne et Môle Saint Nicolas, sont en Crise (Phase 3 de l'IPC) avec des poches de ménages en Urgence (Phase 4 de l'IPC). Juillet marque une dégradation nette : selon l'ACLED, les événements violents, batailles, explosions et violences contre les civils, ont plus que doublé au niveau national entre juin et juillet 2024 et ont presque triplé dans le département de l'Ouest, où plus de 75 pour cent des incidents ont été enregistrés.
Les décès liés à la violence ont augmenté de 45 pour cent en glissement annuel et de plus de 90 pour cent d'un mois sur l'autre, passant de 80 en juillet 2023 et 60 en juin 2024 à 116 en juillet 2024. Tout au long du mois d'août, une douzaine de points de contrôle installés par les gangs armés sur la Route nationale numéro 2 et les affrontements qui en découlent avec les forces de l'ordre ont perturbé le transport public sur cet axe, en particulier l'acheminement des produits locaux du Grand Sud vers la capitale et celui des produits importés en sens inverse.
L'Ouest et l'Artibonite concentrent à eux deux plus de 90 pour cent des événements violents et des décès. La Mission multinationale d'appui à la sécurité se déploie mais son efficacité n'est pas encore visible, et les gangs surveillent de près sa progression, prêts à exploiter ses faiblesses, ce qui fait craindre une escalade. L'insécurité a aussi provoqué des déplacements : l'OIM a fait état de 5 951 personnes, soit 1 551 ménages, déplacées à la mi-juillet à la suite d'attaques dans la commune de Ganthier, dans l'Ouest, réfugiées chez des proches ou des familles d'accueil de la même commune, ce qui exerce une pression considérable sur ces hôtes.
Comment citer
Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET), 2024, Mise à jour des messages clés : La recrudescence de l'insécurité réduit l'effet des récoltes de printemps sur la consommation alimentaire des ménages pauvres, https://reliefweb.int/node/4094077