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(2017) Ayiti: Ankèt sekirite alimantè ijans apre "Matthew" - EFSA Faz 1 (zòn ki pi afekte), janvye 2017

(2017) Ayiti: Ankèt sekirite alimantè ijans apre "Matthew" - EFSA Faz 1 (zòn ki pi afekte), janvye 2017

Kowòdinasyon Nasyonal Sekirite Alimantè (CNSA), Òganizasyon Nasyonzini pou Manje ak Agrikilti (FAO), WFP 2017 12 paj
Rezime — Ankèt sekirite alimantè ijans (EFSA) Faz 1, dirije pa Kowòdinasyon Nasyonal Sekirite Alimantè (CNSA) Ayiti a avèk FAO, PAM ak patnè yo, ki kouvri zòn ki pi frape pa siklòn Matthew apre de ane sekrès youn apre lòt. Li rapòte 61 pousan fanmi ankete yo dirèkteman afekte pa siklòn nan.
Jewografi
Grand'Anse, Sud, Sud-Est, Nippes
Mo Kle
EFSA, Hurricane Matthew, food consumption score, CNSA, coping strategies
Antite
CNSA, FAO, WFP, FEWS NET
Teks Konple Dokiman an

Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.

Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 APRÈS DEUX ANNÉES CONSÉCUTIVES DE SÉCHERESSE LES ZONES LES PLUS PRODUCTIVES EN HAÏTI ONT ÉTÉ FRAPPÉES PAR UN OURAGAN DE NIVEAU LE 3-4 OCTOBRE 2016 UNE GRANDE PARTIE DE LA POPULATION NE POURRAIT PAS SOUTENIR SON BIENÊTRE D’ICI À JUIN 2017 61% DES MÉNAGES ONT ÉTÉ DIRECTEMENT TOUCHÉS PLUS DE 50% DES MENAGES ONT UNE CONSOMMATION ALIMENTAIRE INACCEPTABLE Points saillants moyens d’existence dans les zones les plus affectées deux mois après l’ouragan Matthew.  Plus de 60% des ménages ont été directement affectés par Matthew, surtout en termes de dégâts sur les maisons, stocks et parcelles cultivées; 6% des ménages enquêtés sont encore déplacés ou accueillent des déplacés.  Environ 38% de la population dans ces zones sont en insécurité alimentaire (environ 1.5 millions de personnes), dont 5% en insécurité alimentaire sévère (280.000 personnes). La partie occidentale du Nord-Ouest, la GrandAnse, les Nippes, La Gonâve et le littoral sec de l’Artibonite présentent plus que 50% de la population en insécurité alimentaire. Les zones couvertes par la réponse humanitaire post-Matthew présentent une situation meilleure.  gourdes (environ 66 USD) par mois, soit 48% des dépenses mensuelles. Ce chiffre est en-dessous du coût du panier alimentaire minimal pour un ménage de 5 personnes (5,537 Gourdes); dans le Nord-Ouest HT01, ces dépenses sont endessous de 3,000 gourdes.  En décembre la proportion des ménages dans les quartiles de l’indice de richesse les plus pauvres et pauvres a augmenté de 8% – avec des pics dans les départements de la Grand-Anse et du Sud – par rapport à la période avant-Matthew.  Après le passage de Matthew, on observe une réduction significative des activités productives telles que le commerce, l’élevage et l’agriculture. Les ménages ont eu recours à des sources de revenus moins durables, telles que les dons, donations ou la production de charbon de bois (chacune a augmenté de 6%). Un ménage sur quatre a perdu une ou deux sources de revenu. Environ 63% des ménages ont adopté des stratégies d'adaptation affectant négativement leurs moyens de subsistance : 21% ont adopté des stratégies de crise (vente d’avoirs productifs ou consommation stocks de semences) et 17% des stratégies d’urgence (vente de maison, de parcelles ou des derniers animaux femelles, mendicité). 2 EXPLOITANTS SUR 3 ONT EU LES PARCELLES ENDOMMAGEES ET ONT PERDU LES 3/4 DES STOCKS OU PLUS  En moyenne, un ménage dépense pour son alimentation 4,300  Plus d’un ménage sur deux a une consommation alimentaire pauvre ou limite (53%); une augmentation importante de la population ayant une consommation acceptable a été observée dans les zones de la Grand-Anse, du Sud et dans les Nippes suite à l’assistance alimentaire d’urgence postMatthew. MATTHEW A CAUSÉ UNE RÉDUCTION SIGNIFICATIVE DES SOURCES DE REVENU L’adoption des stratégies d’adaptation ayant un impact sur les stocks de semences et les pertes d’animaux suggèrent qu’une proportion importante de ménages éleveurs et agriculteurs ne sera pas auto-suffisante au moins jusqu’à juin 2017. Un début de la saison de soudure anticipé par rapport à la normale (avril 2017) est projeté dans les zones couvertes par cette étude.  Ce document présente l’état de la sécurité alimentaire et des Janvier 2017 WFP/Lorene DIDIER WFP/Lorene DIDIER Enquête de sécurité alimentaire d’urgence post“Matthew” - EFSA Phase 1 (zones les plus affectées*)  Deux ménages agricoles sur trois ont perdu au moins 75% de *Grand’ Anse, Sud, Nippes, Sud-Est, Nord Ouest HT01, La Gonave, Artibonite (HT01) leurs stocks de la saison printemps/été 2016, la superficie cultivée pour la saison d’hiver a diminue de 1/3 . Les éleveurs ont perdu ou vendu 2/3 de leurs animaux. Décembre 2016 HAITI — Situation de la Sécurité Alimentaire, Janvier 2017 Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Impact sur la Sécurité Alimentaire Janvier 2017 Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Méthodologie Immédiatement après le passage du cyclone le 4 octobre 2016, une évaluation rapide de la situation alimentaire a été conduite dans les zones les plus touchées. Cette enquête a permis d'évaluer l'ampleur des dégâts sur la production et les moyens d'existence, ainsi que les besoins humanitaires des ménages. En décembre, il s'est avéré nécessaire de lancer une enquête nationale approfondie sur la situation de la sécurité alimentaire en vue de mieux cibler la population affectée et orienter les interventions. C'est dans ce contexte que la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), en partenariat avec le PAM, la FAO, FEWSNET, et avec l’appui de l’Union Européenne, ECHO, DFID, USAID, Solidarité Internationale, CARE, COOPI, World Vision, CONCERN WW, KORELAVI a conduit une enquête post-Matthew dans les zones affectées et dans le reste du pays. Un échantillon de 6,420 ménages a été conçu pour donner des estimations représentatives dans chacune des 23 strates au niveau des 10 départements du pays, avec une plus grande précision dans ceux les plus sévèrement affectés. La méthodologie CARI du PAM a été utilisée dans l'estimation de l'indice de sécurité alimentaire de la population. Cet indice combine des indicateurs tels que le Score de Consommation Alimentaire (SCA), la proportion des dépenses alimentaires mensuelles et les stratégies de survie affectant les moyens d’existence des ménages. Cette évaluation a été réalisée en deux phases. La première a couvert 3,828 ménages dans les départements directement affectés (GrandAnse, Sud, Nippes, Sud-Est, Nord-Ouest HT01, Artibonite & Ile de la Gonâve HT01) du 2 au 20 décembre. La deuxième phase couvrira le reste du pays. Réduction vente/demande d’achat (commerçants) 8% Perte de revenu 8% Maladie d’un membre de la famille 18% Dégâts biens/avoirs dȗs aux inondations 18% Autres dégâts Ouragan Destruction/endommagement des parcelles cultivées Inflation/hausse des prix des denrées alimentaires Destruction/dégâts maisons *en orange les chocs directement liés à Matthew 32% 39% 43% 62% Chocs les plus fréquents Janvier 2017 PRINCIPAUX CHOCS Impact de “Matthew” Sévérité des stratégies adoptées Aucune stratégie Les ménages n’ont adopté aucune stratégie  Vendre des biens do- mestiques Stratégies d’adaptation par strate Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Stratégies d’adaptation  Acheter de la nourriture Stratégies de ‘Stress’ à crédit ou l’emprunter  Emprunter de l’argent  Envoyer un ou plus membres du ménage manger ailleurs  Vendre des biens pro- Stratégies de ‘Crise’ ductifs ou des moyens de transport  Retirer les enfants de l’école  Consommer les stocks de semences dédiés à la saison d’hiver 2016/17  Vendre la maison ou Stratégies d’’Urgence’ parcelle  Mendier  Vendre les derniers animaux femelles. Entre novembre et décembre 2016, presque deux ménages sur trois (64%) ont eu recours à des stratégies d’adaptation ayant un impact négatif sur leurs moyens d’existence; 29% d’entre eux ont adopté des stratégies ‘sévères’ (de Crise ou d’Urgence) qui sont extrêmement difficiles à redresser. La situation demeure très grave dans le Sud et le Nord-Ouest HT01 où respectivement 41% et 35% des ménages ont eu recours à des stratégies d’urgence. L’assistance alimentaire d’urgence dans les départements de la Grand-Anse, des Nippes et du Sud est à la base de la réduction d’environ 60% de la proportion des ménages adoptant des stratégies ‘sévères’; en particulier, cette proportion a baissé entre mi-octobre et mi-décembre de 74% dans le département du Sud, de 58% dans la Grand-Anse et de 54% dans les Nippes. Parmi les stratégies les plus communes, 16% des ménages ont consommé les semences consacrées à la prochaine saison et 11% ont vendu leurs animaux reproductifs. Presque 7% ont mendié avec des valeurs importantes surtout dans la zone côtière HT08 de la Grand-Anse. La vente des derniers animaux reproductifs – qui représente en Haïti une stratégie de dernier recours – est particulièrement fréquente dans le Nord-Ouest, zone pastorale HT01 (30%). Dans cette zone, une proportion élevée des ménages a également vendu sa maison ou une parcelle de terrain (15%). Malheureusement, la dégradation des moyens d’existence et le fort niveau d’endettement (concernant 50% des ménages, dont 35% en espèces) n’ont pas été suffisants vu que la zone enregistre les taux les plus élevés de consommation alimentaire inadéquate. A l’exception des Nippes et de la Grand-Anse HT07, les zones avec le plus haut niveau d’adoption de stratégies d’urgence ont également enregistré les taux les plus élevés de ménages qui ont contracté des dettes, ce qui est symptomatique de la situation de difficulté à laquelle les populations des zones couvertes sont confrontées depuis le passage de l’ouragan.  Malgré l’adoption de stratégies de survie, une forte convergence entre l’impact direct de l’ouragan et le taux d’endettement est observée, notamment dans le Nord-Ouest HT01 et dans le département du Sud. Janvier 2017  Environ 87% des ménages dans le Nord-Ouest HT01 ont été directement affectés par ‘Matthew’. Bien que plus de 55% des ménages aient eu recours à des stratégies de crise ou d’urgence, 49% des m é n ag e s o n t é g a le m e nt d û s’endetter pour acheter de la nourriture. Quant aux mécanismes d’adaptation alimentaires, la vaste majorité des ménages adopte une ou plusieurs stratégies telles que la consommation d’aliments moins préférés ou moins chers (77%), la réduction des portions du repas (73%), et la réduction du nombre de repas (74%). Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Marchés et dépenses alimentaires Proportion des dépenses alimentaires (par catégorie & en valeurs absolues) Coȗt du panier alimentaire minimal Dans l’ensemble des zones couvertes par cette première phase de l’EFSA, un ménage dépense en moyenne un peu plus de 4300 gourdes par mois pour son alimentation, soit environ 66 USD (équivalent à 0,44 USD/personne/ jour) ce qui représente 48% des dépenses totales du ménage. Dans chacune des 13 strates ou zones d’analyse, les dépenses alimentaires sont en-dessous du coût moyen du panier alimentaire minimum de 5537 gourdes* (prix septembre-novembre 2016) pour un ménage de cinq personnes. Malgré le déploiement de ressources importantes dans la réponse humanitaire et le niveau élevé d’importations au cours des deux derniers mois, les prix des denrées sont soutenus par une disponibilité alimentaire faible et par la forte dépréciation de la monnaie locale par rapport au dollar américain. Bien que les marchés continuent à être approvisionnés par les importations externes, les prix des denrées alimentaires pourraient augmenter prochainement si la tendance observée sur le marché de change ne se renverse pas et si les productions agricoles de la saison d’hiver 2016/17 sont confirmées en-dessous de la moyenne, comme indiqué par les projections actuelles. Dans l’ensemble, près du quart (23,3%) des ménages consacrent plus de 65% de leurs dépenses à l’alimentation, signe d’une vulnérabilité économique importante. Les ménages en situation de sécurité alimentaire consacrent une moindre partie de leurs dépenses à l’alimentation (44% contre 54% pour ceux en insécurité alimentaire). Ce ratio s’élève à 64% et à 62% respectivement dans la Grand-Anse HT08 et le Sud-Est HT07 reflétant le niveau de fragilité de la structure économique des ménages dans ces zones. Janvier 2017 U ne r é d uc ti o n i mp or t a nte d e s dépenses alimentaires dans les départements de la Grand-Anse , des Nippes et du Sud a été observée depuis mi-octobre suite à l’impact positif de l’assistance alimentaire d’urgence dans ces zones. On observe en outre que dans la Grand -Anse HT08, le Sud HT01, le Sud-Est HT07, les ménages auraient des niveaux de dépenses alimentaires moyennes mensuelles plus ou moins proches, soit plus de 5000 gourdes; tandis que dans le Nord-Ouest HT01, ces dépenses sont en-dessous de 3000 gourdes. Les autres strates démontrent des dépenses alimentaires mensuelles de 3000 à moins de 5000 gourdes par mois. *Le calcul du coȗt du panier mensuel minimum se base sur la moyenne des prix mensuels (septembre-novembre 2016) des produits les plus consommés dans les princi- paux marchés au détail de référence d’Haiti. Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Consommation Alimentaire 53% ALIMENTAIRE INADEQUATE CONSOMMATION Des ménages 20% ALIMENTAIRE PAUVRE CONSOMMATION Des ménages SCA = Score de Consommation Alimentaire  Environ 75% des ménages dans le département du NordOuest HT01 n’ont pas d’accès à un régime alimentaire acceptable et plus de 36% ont un Score de Consommation Alimentaire (SCA) pauvre.  Dans les zones les plus affectées, les populations consomment par jour environ 4.93 groupes alimentaires différents . Toutefois, 14% des ménages dans la ville de Jérémie et 10% dans le département du Nord-Ouest HT01 consomment seulement une ou deux groupes: céréales (ou tubercules) et de l’huile. L’impact de Matthew sur les productions de haricots et de bananes a affecté l’accès physique à la nourriture dans les zones de la Grand-Anse et des Nippes HT01. Dans le Nord-Ouest HT01, l’impact de Matthew a amplifié les contraintes à l’accès aux produits alimentaires d’origine animale, déjà affectés par la sécheresse des deux dernières années. Environ 12% des ménages déplacés par l’ouragan ne consomment aucun aliment riche en vitamine A contre seulement 3% des ménages non-déplacés. Une différence similaire est observée pour la consommation d’aliments riches en protéines. Quant aux aliments riches en fer, seulement 13% des ménages non-déplacés et 8% des ménages déplacés en consomment tous les jours. Consommation d'aliments riches en Fer/Vit A par zone d'analyse Janvier 2017 Dans les zones les plus affectées, environ 21% des ménages consomment seulement trois groupes d ’ a l i m e nt s ( no t a m m e nt céréales, huile, sucre ou, moins fréquemment, légumineuses, viande/poisson ou œufs). Bien que la proportion des ménages avec une consommation alimentaire i na d éq ua te s o it assez homogène, la consommation d’aliments riches en micronutriments (tels que la vitamine A ou le fer) varie significativement dans les différentes zones enquêtées. La Gonave/Artibonite HT01, le Sud HT07 et les Nippes enregistrent la proportion la plus élevée de ménages qui ne consomment aucun aliment riche en fer et en vitamine A, ou qui y ont rarement accès. Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Tendances de la consommation alimentaire inadéquate (pauvre+ limite) 1M PAR L’ASSISTANCE HUMANITAIRE DE PERSONNES ATTEINTES Dans les trois départements les plus affectés (Grand-Anse, Sud et Nippes), l’augmentation des distributions alimentaires et autres interventions, qui a touché plus d’un million de bénéficiaires depuis le 14 octobre, a permis de réduire significativement la proportion de ménages ayant une consommation alimentaire inadéquate pendant la période de référence. Dans le Nord-Ouest, environ 75% des ménages avaient une consommation inadéquate en décembre. Ici, les contraintes structurelles liées à la faible disponibilité et accessibilité à la nourriture ont été aggravées par l’effet de l’ouragan et par une réponse humanitaire limitée. INDICE DE RICHESSE L’Indice multidimensionnel de richesse (IR) résume la mesure relative de la richesse du ménage. Cet indicateur se base sur le niveau des biens et avoirs au sein du ménage, sur les caractéristiques de l’habitat et sur l’accès à des sources d’eau et aux services sanitaires de base améliorés. La classification des ménages est présentée en quatre groupes de dimensions uniformes : riches, revenu moyen, pauvres et les plus pauvres. Aucune latrine/toilette dans la maison Les Plus Pauvres Accès limité aux services de base (électricité, eau, etc) Maisons bâties avec des matériels non-durables Nombre limité de biens et avoirs. Pauvres Accès à seulement certains biens/services & meilleure qualité des matériaux de construction de la maison Accès satisfaisant aux services de base, possession de Moyens téléphones mobiles, radios, fer à repasser Eau du robinet et toilettes internes dans la maison; Les Plus Riches accès à tous les services de base; maison en dur; la plupart possède des téléphones mobiles, radios, fer Variation de la proportion des ménages dans les quartiles les plus pauvres et pauvres depuis ‘Matthew’ Janvier 2017 électrique, moto. En utilisant des seuils fixes (post-Matthew en comparaison avec les seuils pré-Matthew), l’analyse de pauvreté montre que l’ouragan a eu un impact surtout sur les ménages ayant un niveau de revenu moyen, qui ont basculé vers les quartiles les plus pauvres (+5%) et pauvres (+3%). Le niveau de richesse des ménages a été affecté de façon importante surtout dans la Grand’Anse où presque un ménage sur trois a vu se détériorer son niveau vers le quartile ‘très pauvre’ après l’ouragan. Dans les zones Sud HT07 et HT08, les ménages ayant un revenu moyen ont été également affectés avec une forte réduction d’environ 25% au profit des quartiles pauvres et les plus pauvres. Une tendance similaire est observée également dans la zone des Nippes HT07. La variation limitée dans le Nord-Ouest HT01 - la strate la plus exposée à l’insécurité alimentaire – pourrait s’expliquer par la pauvreté structurelle qui a limité les diminutions marginales de l’indice de richesse. Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 L’ouragan a affecté principalement la richesse des ménages déplacés à revenu moyen, dont le nombre a diminué de 22%, ce qui a causé une hausse des ménages pauvres et très pauvres (+16% et +11% respectivement). Dans les zones montagneuses de la Grand-Anse, on trouve les ménages qui ont été les plus affectés par l’ouragan (-16% des ménages à revenu moyen et une augmentation de 23% des ménages les plus pauvres). On a observé le même phénomène parmi les ménages à revenu moyen qui se trouvent dans les zones côtières du Sud HT01(-10% avec une augmentation de 9% des ménages dans les quartiles les plus pauvres). Dans la ville de Jérémie, les ménages les plus affectés sont les plus riches (-11%) ce qui correspond à une augmentation de 13% des ménages pauvres). Dans les zones côtières du Nord-Ouest, les ménages pauvres et très pauvres dont les principaux moyens d’existence sont la production de charbon et de maïs ont atteint le niveau d’insécurité alimentaire le plus élevé avant l’ouragan. La proportion n’a pas changé après Matthew (54%). Les villes des Cayes et de Jérémie ont été les strates avec le plus faible niveau d'insécurité alimentaire parmi les ménages pauvres et très pauvres (avant et après Matthew). Dans la Grand-Anse HT08, les ménages dont la première source de revenu est la cueillette et la production de maïs ont été les plus affectés par Matthew. Dans ces zones, le nombre de ménages en insécurité alimentaire et très pauvres a augmenté de 18% après l'ouragan. Impact sur les moyens d’existence Les secteurs économiques les plus touchés ont été le commerce (-19%), l’élevage (-6%) et l'agriculture (-5%). Pourtant, ces secteurs représentent encore plus que 50% du revenu moyen des zones les plus affectées. Suite à l’ouragan, les ménages ont dȗ compter sur des sources moins durables et rentables comme les dons ou la production de charbon de bois (toutes augmentées de 6 %). Janvier 2017 Environ 25% des ménages ont perdu une ou deux sources de revenu. En général, il n’y a pas de différences importantes entre le taux d’insécurité alimentaire des ménages dirigés par une femme et ceux dirigés par un homme qui dépendent des mêmes sources de revenus. Seules exceptions, la pêche (35% d’insécurité alimentaire auprès des ménages de pêcheurs femmes contre 19 des pêcheurs hommes); l’artisanat (40% contre 24%); et l’agriculture vivrière (55% contre 49%). Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Les départements où Matthew a affecté le plus les activités productives ont été le Sud, où 28 % de la population a perdu au moins une source de revenu, et la Grand-Anse. Environ 26 % ont subi une réduction du nombre moyen de sources de revenu par ménage et seulement 5 % peuvent compter sur une source de revenu supplémentaire. De plus, dans le Nord-ouest 20% de la population totale a perdu au moins une source de revenu et seulement 7% ont été capables de trouver une source temporaire supplémentaire. L'ouragan a affecté sévèrement les productions agricoles et réduit la production potentielle de la saison d'hiver 201617. En moyenne, la surface cultivée a diminué d’un tiers, avec des réductions plus significatives observées dans le Sud, la Grand-Anse et dans les Nippes, qui sont parmi les zones les plus productives du pays. Les semences en stock ont été utilisées pour la consommation comme mécanisme d’adaptation par des agriculteurs des zones cultivées affectées. Les petits fermiers possédant des parcelles de moins de 0.5 hectares ont recouru plus souvent à la consommation de stocks de semences. La surface moyenne de terre appartenant à ceux qui ont consommé des semences est de 1.4 Ha contre 1.9 Ha parmi ceux qui n'en ont pas consommées. En conséquence, une réduction marginale de 35 % de la terre cultivée a été observée chez les exploitants consommant des stocks de semences contre moins de 32% parmi les autres.  En moyenne, une réduction de 2/3 du stock animal – calculé par les unités de bétail Tropical (TLU) - a été observée depuis que l’ouragan s’est produit. Ceci concorde avec les résultats sur l’adoption élevée des mécanismes d’adaptation, notamment la vente des derniers animaux reproductifs.  La réduction plus importante a été observée dans la Grand’Anse HT07 (2,1 UBT) et dans le Sud HT08 (1,9 UBT). Conclusions Janvier 2017 Matthew a affecté significativement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations couvertes par la présente enquête EFSA– Phase1. Presque 2 ménages sur 5 sont en insécurité alimentaire avec un tiers à risque de basculer dans l’insécurité alimentaire sévère d’ici juin 2017 en cas de soutien extérieur insuffisant. Autour de 25 % des ménages ont perdu une source de revenu en raison de l'impact direct de l'ouragan. Les activités les plus affectées sont le commerce, les productions agricoles et animales. Les interventions humanitaires ont permis de réduire et de limiter l'insécurité alimentaire dans les départements de Grand-Anse, du Sud et de Nippes. Cependant, des niveaux extrêmement élevés d'insécurité alimentaires ont été observés dans le Nord-Ouest et, dans une moindre mesure, dans les zones côtières de l’Artibonite de l’Ile de la Gonâve où l'impact de Matthew et la réponse humanitaire limitée ont amplifié l’insécurité alimentaire structurelle préexistante. Ainsi, 64% des ménages ont eu recours à des stratégies d'adaptation négatives affectant leurs moyens de subsistance entre novembre et décembre, y compris 29 % qui ont adopté des stratégies d’adaptation de crise ou d’urgence qui sont extrêmement difficiles à inverser. Perspectives: L’ouragan a affecté sévèrement les productions agricoles réduisant ainsi le potentiel productif de la campagne d’hiver 2016/17. En moyenne, la surface cultivée a baissé de 33%. Par conséquent, l'insécurité alimentaire est susceptible d'augmenter d’ici juin 2017 en l’absence d’un soutien externe adéquat. Un début de la saison de soudure anticipé par rapport à la normale (avril 2017) est projeté dans la grande majorité des zones de production agricole et animale affectées par l'ouragan. Haïti—EFSA Post-Matthew - Phase 1 Recommandations Lancer une assistance alimentaire d'urgence jusqu’à juin 2017 dans le Nord-Ouest HT01, La Gonâve et Artibonite HT01 et continuer le soutien dans la région du Grand Sud ciblant les groupes les plus vulnérables selon les critères suivants :  Enfants sous-alimentés, enfants dans les écoles, femmes enceintes et allaitantes dans les zones les plus affectées;  Ménages avec des membres handicapés ou ayant des maladies chroniques;  Ménages déplacés ou ménages qui hébergent des déplacés;  Ménages ayant un chef illettré ou n'ayant aucune éducation;  Les ménages engagés dans la production de bétail, donnant la priorité au Nord-Ouest HT01, Sud-Est HT07, Nippes HT01 et Sud HT01;  Ménages comptant seulement sur des sources de revenu non-durables (dons, donations et assistance);  Ménages comptant sur l’agriculture et l’élevage, particulièrement dans Nord-Ouest HT01, Sud-Est HT07, Grand-Anse HT08 et La Gonâve ;  Zones rurales. Des transferts monétaires pourraient être mis en œuvre dans les zones ayant des marchés fonctionnels afin de soutenir les besoins alimentaires aïgus des bénéficiaires, at d’appuyer en même temps les activités agricoles et l’élevage pour les saisons productives futures aussi bien que le petit commerce et la pêche. Distribution de semences et d’intrants agricoles dans les strates les plus affectées. Il sera particulièrement important de distribuer des semences à cycle court de maïs, haricots dans les zones rurales et de réhabiliter les cultures pluriannuelles fortement endommagées par Matthew. Le ciblage géographique des activités de soutien aux agriculteurs devra suivre des critères donnant la priorité aux zones avec plus de 50% d’exploitants en insécurité alimentaire (voir les strates mentionnées cidessus). Si nécessaire, la distribution de semences devrait cibler les petits cultivateurs (moins de 1.5 Ha, ou en cas de contraintes financières importantes de moins de 0.5 Ha). Support pour la recapitalisation des ménages les plus affectés par l’ouragan principalement dépendant du petit commerce, de la pêche et du bétail. Explorer l'opportunité d'intégrer les activités de distribution de la nourriture en nature ou cash dans le cadre des activités proposées pour la réhabilitation des zones productives dans l’Évaluation des besoins postcatastrophe (PDNA) du Ministère de l'Agriculture. En particulier, en ce qui concerne les interventions de construction ou de réhabilitation de routes et des périmètres irrigués, la gestion de l’eau et des activités de consolidation des cultures pluriannuelles (café, cacao, noix de coco, mangue, avocat, agrumes etc.) qui ont été les plus affectées par l'ouragan . Il est important de synchroniser la chronologie d'interventions de court, moyen et long terme avec les saisons productives en 2017. En outre, il sera important d'éviter la compétition pour la main d’œuvre entre les activités de réhabilitation et des activités agricoles normales. Des critères de ciblage affinés seront fournis dans le rapport EFSA final. Contacts Janvier 2017 Programme Alimentaire Mondial (PAM), Bureau de pays-Haïti /Siège wfp.haiti@wfp.org ronald.tranbahuy@wfp.org cedric.charpentier@wfp.org sergio.regi@wfp.org Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), Haïti: cnsa@cnsahaiti.org hcazeau06@gmail.com FAO Bureau de pays-Haïti: nathanael.Hishamunda@fao.org kokou.amouzou@fao.org FEWSNET Bureau de pays-Haïti/ Siège: gjuarez@fews.net thoffine@fews.net Janvier 2017 WFP/Lorene DIDIER Haïti— Post-Matthew EFSA – Phase 1