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Rapport d'évaluation des projets de pêche financés par le FAES

Rapport d'évaluation des projets de pêche financés par le FAES

Gouvernement d'Haïti, Fonds d'Assistance Économique et Sociale (FAES) 2009
Resume — Évaluation des projets de pêche financés par le FAES, par la consultante Evelyne Pierre-Louis, février 2009.
Description Complete
Préparé par la consultante Evelyne Pierre-Louis pour le Fonds d'assistance économique et sociale et daté de février 2009, ce rapport évalue les projets de pêche que le fonds avait financés. Le FAES est le fonds d'investissement social d'Haïti, et une évaluation portant sur l'ensemble de son portefeuille pêche plutôt que sur un projet unique est relativement rare : elle permet de poser la question de ce qui a fonctionné sur un ensemble d'investissements comparables. Il précède le programme national de pêche maritime du MARNDR de 2010 et le programme de développement de la pêche artisanale de 2016-2017, tous deux conservés dans cette collection.
Sujets
AgricultureDéveloppement ruralÉconomieProtection sociale
Geographie
National
Mots-cles
pêche, projets de pêche, FAES, Fonds d'Assistance Économique et Sociale, évaluation, Evelyne Pierre-Louis, pêcheurs, infrastructures de pêche
Texte Integral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

FONDS D’ASSISTANCE ECONOMIQUE ET SOCIALE/FAES RAPPORT D’EVALUATION DES PROJETS DE PÊCHE FINANCÉS PAR LE FAES Préparé par Evelyne PIERRE-LOUIS/Consultante Février 2009 SOMMAIRE Liste des Abréviation Liste des tableaux Liste des graphiques I.- INTRODUCTION…………………………………………………………………………………………. II.- MANDAT ET AXES D’EVALUATION…………..…………………………………………………………….3 1.2 Introduction……………………………………………………………………………………….. 1.2 Le cadre de référence de l’évaluation……………………………………………………………… 1.3 La composition de l’équipe d’évaluation………………………………………………………….. 1.4 Les secteurs sociaux partenaires et leur participation au processus d’évaluation 1.6 La méthodologie de l’évaluation……………………………………………………………………. 1.7 Les difficultés rencontrées…………………………………………………………………… II.- ANALYSE DU CONTEXTE………………………………………………………………………….……….9 2.1 Brève description de la situation sociopolitique 2.2 Panorama du secteur de la pêche dans l’Amérique en général et le bassin des Caraïbes 2.3 Enjeux des interventions dans le contexte actuel 2.3 III.- STRATEGIE OPERATIONNELLE DU PROGRAMME……………………………………………….15 4.1 Stratégie opérationnelle du programme 4.2 Profil des bénéficiaires, leur perception et leur niveau de satisfaction par rapport aux interventions des instituions V.- ANALYSE DES DONNEES SUR LA SITUATION SOCIOECONOMIQUE DES MARCHANDES……………………………………………………………………………………………18 VI.- INSTITUTIONNALISATION INTERNE………………………………………………………………27 5.1 Renforcement organisationnel…………………………………………………………………………… • Niveau de structuration des associations de pêcheurs et de marchandes et des mécanismes de participation dans les prises de décision ; • Approche participative utilisée par les différents prestataires, les techniques de transfert de capacités utilisées et leur niveau d’efficacité dans la pérennisation de l’intervention; • Formation dispensée aux organisations de marchandes de poissons et les matériels didactiques utilisés. 5.2 Renforcement institutionnel……………………………………………………………………………. • Mode de gestion des ressources humaines, matérielles ; • Liens institutionnels avec d’autres acteurs du milieu. VI.- STRATEGIES/PERSPECTIVES………………………………………………………………………..30 • Plan de consolidation pour l’intégration des marchandes • Identification des nouvelles actions à mener en vue de renforcer la filière pêche dans les zones déjà touchées par un projet en faveur des marchandes de poissons VII.- PRINCIPALES CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS……………………………………… Liste des Tableaux Chapitre I Tableau 1  Tableau des prestataires/zone d’évaluation ......................................6 Chapitre IV PRESENTATION ET ANALYSE DES DONNÉES Tableau 1 Répartition des enquêtés par rapport à leur niveau de Scolarisation…21 Tableau 2 Répartition des enfants scolarisés par groupe social et commune…….24 Tableau 3 Revenu tiré de la pêche………………………………………………………....26 Tableau 4 Catégorisation socio-économique des marchandes de poissons……….28 Liste des graphiques Graphique 1 Répartition des groupes selon leurs niveaux d’alphabétisme par projet…………………………………………………………………………………………………....21 Graphique 2 Répartition des groupes selon leurs niveaux d’alphabétisme………......22 Graphique 3  Répartitiopn des femmes selon leurs statuts matrimoniaux…………....23 Graphique 4  Relation d’une marchande avec un pêcheur………………………………..24 Graphique 5 Repartition du niveau de benefice des marchandes……………………....26 Graphique 6 Répartition des marchandes selon le revenu moyen de la pêche….......27 Graphique 7 Niveau socio-économique des marchandes de poisons……………….....28 Liste des Abréviations APD Association des pêcheurs de Dérac APF Association des pêcheurs de Fort-Liberté APIB Association de pêcheurs intégrés de Belle-Anse APL Association des Pêcheurs de Lorette AQUASOL CPDC Coopérative des pêcheurs de Dérac créée CREDP Conseil de Relèvement pour le Développement de Puits salé CNSA Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire CPASA CC Comités Communaux de Suivi DCP Dispositif de Concentration de Poissons DSNCRP Document Stratégique Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté EDDEN FAES Fond d’Assistance Economique et Social FAO Fond des Nations Unis pour l’Alimentation MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural OPS Opérateurs Prestataires de Services PAIP Programme d’Appui aux Initiatives Productives en milieu rural PDL Programme de développement local UNESCO Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture UPFL Union des Pêcheur de Fort Liberté Introduction Ce document reprend de manière synthétique les réflexions et les échanges réalisés avec les partenaires pour l’amélioration de l’impact du Programme de développement local (PDL) et du Programme d’Appui aux Initiatives Productives en milieu rural (PAIP). Dans cette optique le FAES a appuyé avec les fonds du PDL les projets suivants : • Promotion d’une nouvelle technique de pêche pour la protection de l’environnement dans la localité de Petit Paradis (commune de Grand Goâve) • Installation de DCP dans la région de Fort-Liberté (commune de Fort Liberté) • Installation de DCP dans la région des Nippes (Commune de Petite Rivière de Nippes) • Installation de DCP dans la région du Sud’ Est (Commune de Belle Anse et Marigot). Les pêcheurs et les marchandes de poissons constituent les cibles privilégiées du PDL. Dans le cadre de cette étude, Il a été décidé de conduire une évaluation de la situation socio-économique des marchandes de poisson en vue de renforcer leurs capacités comme agentes économiques dans la filière et d’améliorer leurs conditions de vie. De fait, il se pose la préoccupation de la prise en compte des intérêts sexospécifique des femmes. Qui dit intérêts sexospécifique met en cause l’approche et la perspective de genre dans les programmes de développement local promus par le FAES. Les argumentations pour la prise en compte de l’approche du genre dans le champ de la formulation, de la planification du développement et des actions gouvernementales trouvent leur fondement dans les principes d’équité et de justice pour les femmes. Comme point de départ, il s’agit de reconnaitre qu’il existe dans la société dans son ensemble, des situations de discrimination des femmes par rapport aux hommes. Dans le document, nous l’aborderons en ces termes : La perspective de genre est une approche orientée à ; • Une manière de voir et de penser les processus sociaux, les nécessités et les demandes, les objectifs et bénéfices du développement ; • Une méthodologie de travail en faveur du principe de l’équité et qui va `a l’encontre de la discrimination-subordination des femmes. Cette approche devrait être au cœur de la stratégie de mise en œuvre du programme qui s’articule autour de trois axes tels le renforcement des capacités locales, l’appui aux initiatives communautaires productives et l’appui à la micro finance. Que gagne la stratégie de développement locale avec l’incorporation de la perspective de genre ? Ce que gagne le développement local est plus qu’une panoplie de procédés qui permet de visualiser l’hétérogénéité des bénéficiaires et l’offre institutionnelle, on peut identifier clairement les différentes nécessités et demandes des femmes et des hommes, équilibrer mieux les interventions, les projets à réaliser où et comment en rationalisant l’usage des ressources et l’augmentation de l’efficacité. En outre la perspective de genre accroit la libération des énergies sociales pour le développement humain et durable. Sur ce point la commission économique pour Amérique Latine et la Caribe /CEPAL des Nations Unies affirme : « Le développement durable exige l’intégration explicite de la perspective de genre ». Faisant appel d’une part à des principes de non discrimination pour des raisons de sexe et d’équité et d’autre part à des valeurs de solidarité, de créativité, ces approche et stratégie impliquent un cadre d’intervention qui sous-tendent les composantes suivantes : le bien-être et l’accès aux biens et aux services aux femmes et aux hommes, la participation et le contrôle ainsi que le changement de culture à la fois de la communauté, du gouvernement et des institutions. 1.2 Mandat et axes d’évaluation Depuis l’année 2007, le Programme de développement local (PDL) et du Programme d’Appui aux Initiatives Productives en milieu rural (PAIP) a lancé en partenariat avec des prestataires de services des projets d’appui pour la valorisation du secteur de la pêche. L’objectif de ces expériences pilotes de développement local est d’améliorer la qualité de vie et de renforcer les capacités productives des groupes les plus vulnérables de la population notamment les communautés vivant de la pêche. Un aspect de cet objectif met en exergue la volonté de s’attaquer à la pauvreté comme facteur déterminant qui rende difficile l’accessibilité des populations femmes/hommes aux biens et aux ressources élémentaires tels l’eau, l’alimentation, le logement, l’éducation etc. nécessaires à leur bien-être. Le second aspect relatif à l’augmentation du pouvoir d’achat des populations s’occupera du renforcement des capacités des acteurs et actrices dans le secteur de la pêche. Dans ces actions de développement traditionnellement les femmes sont traitées comme des citoyennes de second ordre, en dépit de leur implication dans la production et la reproduction des biens et services dans notre société. Ainsi les principaux objectifs de la mission et méthodologies sont envisagées pour : • Mesurer l’impact des projets déjà achevés ou en phase d’achèvement sur les marchandes de poissons et les organisations demanderesses ou bénéficiaires des projets; • Evaluer l’accompagnement technique fournit par les exécutants des projets ; • Apprécier la pertinence des paquets techniques proposés par les projets non encore en exécutions • Proposer des pistes d’interventions et de consolider les acquis des financements précédents. 1.3 Démarche Méthodologique L’évaluation du programme a été effectuée durant la période de janvier à février 2009. Des rencontres préparatoires eurent lieu au cours des mois de décembre et de janvier en vue de déterminer le calendrier et les modalités de réalisation. L’approche de genre sous tend la démarche de l’évaluation qui est orientée vers une stratégie participative, communautaire, et systémique. Cette démarche plurielle a permis de mieux définir les acteurs et les actrices en regard de la relation de partenariat existant entre eux et de saisir la nature des rapports sociaux de genre dans lesquels ils-elles se sont engagés. L'accent est ainsi mis sur leur situation socioéconomique notamment sur leurs conditions de travail et d’existence. L’enquête a fait appel à des données pertinentes conformes à notre démarche méthodologique de manière à donner des réponses efficaces aux questions posées par l'évaluation. 1.3.1 Secteurs sociaux partenaires et leur participation au processus d’évaluation Les secteurs sociaux partenaires du projet sont : D’une part, les prestataires de services qui sont au nombre de cinq mais tous ne faisaient pas l’objet de l’étude. Quatre des institutions prestataires qui desservaient les zones d’études ont été contactées pour s’impliquer dans le processus de l’évaluation. Le tableau ci-joint présente les institutions et les zones d’intervention qui ont fait l’objet de l’enquête : Tableau des prestataires/zone d’évaluation Nbre Institutions/prestataires Zones enquêtées Communes Localités 1. AQUASOL Aquin Puits salé Lozandier 2. EDDEN Baie de Henne L’Estère Dérée 3. CPASA Petite Rivière de Nippes Paillant Nippes 4. Fondation Verte Grand Goâve Petit-Paradis Belle Anse Corail Lamauthe Fort-Liberté Fort-Liberté Marigot Marigot D’autre part, les acteurs et actrices bénéficiaires directs • Marchandes de poissons ou associations de marchandes; • Associations de pêcheurs. La participation au processus de l’évaluation. Fondation Verte, CPASA et EDDEN se sont organisés pour être présents aux séances de travail en vue planifier l’évaluation, faciliter les contacts avec leurs représentants sur le terrain et réaliser des entrevues avec les responsables. Quant à Acquasol, une des responsable a été contactée n’a donné aucune suite aux prises de contact, en dépit des appels réitérés ; mais grâce aux enquêteur-trice qui sont de la zone, nous avons réussi à faire les enquêtes en prenant contact directement avec les associations de pêcheurs et les marchandes. D’une manière générale, les antennes de ces prestataires n’ont pas été préparées pour s’investir dans une évaluation participative. Pour la plupart des zones, il nous a fallu tout le mois de janvier et de février pour concocter un calendrier d’activités. Avec le temps imparti, dans certains cas, nous avons du intervenir directement auprès des bénéficiaires pour organiser les rencontres afin de boucler cette étape d’enquête au mois de février 2009. Par ailleurs, le FAES nous a accompagné dans : • La définition et la discussion des termes de référence ; • La planification du processus : • La validation; • La discussion du rapport final 1.3.2 Nature de l'évaluation Cette évaluation s'appuiera d'une part sur une analyse qualitative et des données relatives à la situation socio économique des agents-tes dans la filière de la pêche et de leur environnement organisationnel. . D'autre part, l'évaluation comprendra un plan de prise en compte des femmes comme agentes économiques activités dans la filière pêche et non un plan d’intégration des femmes dans la vie économique. Cette notion est impropre pour parler du positionnement des femmes dans une filière qu’elle contrôle. Or, les statistiques prouvent que les femmes constituent un pilier dans l’économie haïtienne et dans la majorité des cas, elles fournissent deux fois plus d’heures de travail que les hommes. Au niveau macro, leur travail reproductif est rendu invisible de par la nature des relations de genre qui caractérise notre société patriarcale. Dans cette étude, les femmes marchandes de poissons seront considérées en tant que sujets économiques qui ont droit à bénéficier des opportunités autant que les hommes pêcheurs. 1.3.3 Les données discutées et fournies par les marchandes de poissons et pêcheurs Ces données embrassent les domaines suivants: • Profil des marchandes de poissons; • Profil des pécheurs; • Secteur d'activité des acteurs et actrices; • Conditions de travail de la pêche ; • Environnement de la vente de poisson et la commercialisation • Revenus des marchandes et des pécheurs et leurs sources; • Réflexions et opinions sur : • Les pratiques de la pêche; • Les pratiques organisationnelles; • Leurs appréciations du projet et leurs aspirations; • Actions et stratégies pour prendre en compte l’apport des femmes dans la filière de la pêche. Etant donné les limitations de cette évaluation, nous n’avons pas pu faire un traitement exhaustif de l’ensemble des données recueillies. 1.3.4 Population cible et échantillons L'échantillon est restrictif et limité aux partenaires de FAES. Il est caractéristique de la population cible, constituée en grande partie de marchandes de poissons et de pécheurs ayant le profil suivant: • Un nombre supérieur de femmes que d’hommes : 140 femmes pour 70 pêcheurs ; • Des agentes et des agents vivant de la pêche ; • Individus vivant dans les zones d’intervention et de partenariat de FAES. En réalité, l'enquête a touché un nombre de 259 personnes dont 132 marchandes, 74 pêcheurs, vingt huit (28) responsables d’organisations de marchandes de poissons, 19 responsables d’organisation de pêcheurs, 6 représentants-tes d’institutions partenaires 1.3.5 L'administration de l'enquête a) Instruments de collecte : Les instruments de collectes ont été élaborés sur la base de recherche documentaire tenant compte de la stratégie de FAES en matière de promotion de la pêche puis des informations recueillies du milieu de la pêche en général. Quatre types de questionnaires ont été ainsi conçus pour la collecte des données, le premier destiné aux marchandes, le deuxième aux pêcheurs, le troisième aux responsables des organisations et le quatrième aux représentants-tes des institutions prestataires. b) Zone d'étude : L’étude a été menée dans les départements de l’Ouest, du Sud-est, du Sud, des Nippes, du Nord-est et du Nord-ouest, plus précisément dans neuf (9) localités différentes représentant des zones d'action des partenaires de FAES qui sont les localités suivantes : Petite Rivière de Léogane, Petit-Paradis, Marigot, Corail Lamauthe, Puits Salé, Lozandier, Paillant, L’Estère Dérée, Fort-Liberté. 1.3.6 Organisation et mise en œuvre de l'enquête Pré-test des questionnaires. Un pré-test a été effectué avec la participation de neuf enquêteurs et neuf enquêtrices venant des zones ciblées ainsi qu’avec l’équipe de coordination (4). L’enquête s'est étalée sur une période de 3 semaines, soit du 17 janvier au 21 février 2008. Huit enquêteurs et huit enquêtrices ont été formés et déployés dans les 9 localités soit quatre départements pour conduire les entrevues. Les enquêteurs-trices sélectionnés-ées pour réaliser l'enquête sont tous des jeunes pour la plupart de niveau des classes secondaire ou universitaire. tous/tes. Ils/elles sont originaires des zones ciblées et/ou y résident. Une session de formation a été organisée à leur intention sur l'enjeu de cette enquête évaluatrice et l'administration des questionnaires. Pour la collecte des informations, des entretiens individuels et des échanges de groupe étaient réalisés. Lors des entrevues individuelles, des questionnaires ont été administrés par des enquêteurs-trices. Pour les responsables des institutions prestataires, la consultante en cheffe les avait rencontrés. 1.3.7 Modalités de traitement et d'analyse Le plan d'analyse comportera les étapes suivantes: 1.- Une analyse qualitative qui partira de la réflexion réalisée avec les marchandes et pêcheurs en ce qui a trait à leur situation socioéconomique et organisationnelle; 2.- Une analyse descriptive et explicative qui consistera à établir et à décrire l’environnement socioéconomique dans lequel évoluent les différents-tes acteurs et actrices dans les neuf localités choisies. Cette analyse se fera à partir de tableaux résultant des informations fournies et sur la base des propos recueillis dans les enquêtes et les discussions de groupes. 3.- La formulation des actions et stratégies identifiées à mettre en œuvre en vue d’éliminer la marginalisation des marchandes de poissons; 4 – Les recommandations Pour atteindre l’objectif de l’étude et assurer la fiabilité des données recueillies, les résultats de l’enquête ont subi un traitement et une analyse statistiques au moyen du logiciel SPSS. La plupart des tableaux et un nombre important de données sont mis en annexe pour faciliter la lecture du document. 1.4 Difficultés rencontrées La mission a relevé un nombre de contraintes non moins négligeables pour réaliser cette étude : • Le coût de l’étude rendant difficile la visite de plus d’un site et la supervision du travail des enquêteurs-trices sur le terrain ; • La pénurie d’essence (décembre 08/janvier 09) correspondant à la période du lancement des activités de l’enquête qui a immobilisé les mouvements de la population sur le territoire; • La non disponibilité de ressources de FAES pour assurer l’interface ; • Le manque de préparation et le peu de participation de la plupart des prestataires ont fait perdre temps, énergie et ressources financières (appels téléphoniques) pour parvenir à la planification des entrevues ; • Le temps imparti n’a pas permis de bien apprécier toutes les interventions des prestataires et de pouvoir se prononcer sur leur efficacité ; • L’inaccessibilité du logiciel de traitement SPSS. II. - ANALYSE DU CONTEXTE 2.1 Brève description de la situation sociopolitique du pays Le contexte politique et socio-économique dans lequel évolue d’Haïti depuis le milieu du XXe siècle n’augure pas un développement humain harmonieux pour l’ensemble de ses populations hommes/femmes. De l’année 1957 à février 2004, le pays a connu près d’une dizaine de coups d’états qui l’ont plongé dans le chaos. Les populations étant soumises quotidiennement à des régimes antidémocratiques (meurtres, viols, enlèvements, arrestations arbitraires, intimidations etc.), les règles les plus élémentaires d’administration et de gestion de l’espace n’ont jamais été initiées et de ce fait respectées. Le peuple livré à lui-même s’est organisé comme il le pouvait et l’anarchie s’est donc installée. L’écart entre la croissance démographique et la production agricole nationale du pays continue de s’agrandir, ce qui entraîne un déficit croissant entre la production alimentaire et les besoins. Ce déficit est comblé par les importations alimentaires notamment celle du riz et du sucre, qui ont connu une forte croissance à la fois en valeur et volume. A l’échelle nationale, la production de riz, la principale céréale de consommation en Haïti, s’élève à 76 000 TM pour l’année 2003, en hausse de 4,3% par rapport à 2002, mais en baisse de 16,5% par rapport à la production de 2002. Par contre, la demande pour ce produit est estimée à 400 000 TM environ pour l’année à raison de 50 kg par personne. Il ressort un déficit de 324 000 TM supplémentaire à produire pour répondre aux besoins de la population et assurer ainsi son autosuffisance. La production de mais a décru de 2%, alors que celle du sorgho et d’autres céréales a connu une hausse respective de 6% et 10%. Les importations évaluées et 1 115,84 millions de dollars EU, ont augmenté de 13,81%. Cette progression est le résultat des évolutions respectives des principales composantes, à savoir, les ‘’articles manufacturés’’, ‘’combustibles minéraux’’ et ‘’produits alimentaires’’. Cette dernière composante avec les produits pétroliers qui constituent la catégorie la plus importante des biens revêtent un caractère incompressible, ont cru respectivement de 13,48% et 24,93%. La crise alimentaire mondiale qui a provoqué des émeutes de la faim dans les pays du tiers monde notamment en Haïti a mis à nu toutes les structures étatiques et non étatiques. En avril 2007, Haïti, a été touché de plein fouet à cause de l’incohérence des actions des institutions étatiques et non étatiques qui prétendent agir pour l’amélioration des conditions de vies des populations les plus vulnérables de la société. La situation économique haïtienne évoluant de façon inversement proportionnelle à la croissance démographique ; la dégradation des ressources naturelles est arrivée à un tel point en Haïti que la pénurie des produits agricoles commence à faire son lot de victimes ; des paysans et paysannes se trouvant dans des situations économiques déplorables, se sont acharnés à transformer la couverture végétale en charbon de bois; la migration interne et externe est souvent l’unique moyen dont disposent les familles les plus pauvres pour survivre. En dépit de l’absence de données chiffrées, ce sont chaque année plusieurs dizaines de milliers d’individus qui tentent leur chance à Port-au-Prince ou à l’extérieur. A Port-au-Prince, des populations déracinées s’installent où elles le peuvent : sur le bord des ravines, à proximité des mangroves ou sur des flancs de montagnes escarpés. Dans tous les cas, un déboisement massif est opéré. Le pays est actuellement plus pauvre qu’il ne l’était en 1991 lors du coup d’état militaire. Les indicateurs sociaux sont à leur plus bas niveau de la région. 20 % des enfants souffrent de malnutrition. 4/5 des familles n’ont pas d’eau potable. Les familles sont nombreuses avec un nombre d’enfants dépassant 6 personnes à nourrir. 65 % de la population rurale connaissent les plus grandes difficultés pour survivre. Les revenus sont très limites précaires et instables. Les familles dépensent près de 40% de leurs revenus pour envoyer leurs enfants à l’école. Les plus pauvres ont généralement un niveau très bas d’éducation. Les ménages dirigés par les femmes sont plus exposés à la pauvreté. Il existe une relation très étroite entre le niveau de pauvreté et l’éducation. Au cœur de la valorisation et du renforcement des femmes comme actrices économiques, on retrouve un enjeu central : l’égalité hommes-femmes. Les recherches des économistes du genre montrent l’existence d’une corrélation forte entre l’égalité hommes-femmes et la croissance économique, une corrélation qui peut se manifester dans les deux sens. 2.2 Panorama du secteur de la pêche dans l’Amérique en général et le bassin des Caraïbes Les zones côtières de la région sont la base même de l’économie et du développement durable des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes ; 60 des 77 des plus grandes agglomérations sont situées sur une cote et 60% de la population vivent à moins de 100 km d’une côte. La construction de quartiers résidentiels et d’équipements touristiques a profondément modifié les caractéristiques des zones côtières de la région. Dans la région de l'Amérique latine et des Caraïbes, les principaux problèmes environnementaux qui se posent au sujet de la mer et des côtes sont dus à la transformation des habitats, à leur destruction, à la pollution d'origine humaine et à la surexploitation des ressources halieutiques. Les causes profondes de ces problèmes sont le développement touristique des zones côtières, la construction d'équipements, l'urbanisation et l'utilisation des habitats côtiers pour l'agriculture et l'aquaculture. Indépendamment de la réduction de la productivité naturelle des zones côtières, on constate une grave surexploitation des ressources halieutiques côtières et pélagiques. Ces problèmes devraient encore être notablement aggravés par le changement climatique et l'élévation du niveau de la mer, en particulier dans les Caraïbes. Les zones côtières qui sont fortement peuplées et exploitées nécessitent une gestion attentive et des aménagements de façon à entretenir les systèmes écologiques côtiers. Or, la multiplicité des caractéristiques physiques et des circonscriptions administratives, qui ne correspondent pas toujours aux limites des écosystèmes et à leurs dimensions, complique encore la gestion des zones côtières. Aussi, la surexploitation des ressources halieutiques et le problème des prises accessoires et des rebuts caractérisant désormais les pêcheries dans la région car les tortues de mer, les mammifères marins, les oiseaux de mer et beaucoup d’autres espèces plus petites, mais écologiquement importantes, sont inutilement capturées.. Les prises de poissons dans les mers de la région ont généralement augmenté au cours de 30 dernières années ; les prises totales de poissons (y compris les pêches intérieures, mais l’exclusion des mollusques, de crustacés et de produits de l’aquaculture) ont atteint un maximum de plus de 23 millions de tonnes en 1994. Par ailleurs, l’impact des pêcheries sur la diversité biologique et la viabilité à terme des ressources halieutiques ne laisse pas non plus d’inquiéter, car plus de 80 % des stocks exploitables commercialement dans le sud-ouest atlantique et 40% dans le sud-est du Pacifique sont pêchés intégralement, surpêchés ou épuisés (FAO, 1997c). 2.3 Enjeux des interventions dans le contexte actuel En effet, Haïti dispose de 1535 km de côtes, il est le deuxième pays de la Caraïbe en étendue de zones côtières après Cuba. Il existerait en Haïti, 52 000 familles de pêcheurs repartis dans plus de 420 localités en 26 000 unités de pêche. Ils disposeraient de 14 000 pirogues, 10 000 bateaux à voile et 1 200 bateaux à moteur, (Damais 2008). La pêche est une activité dominante dans les zones côtières du pays où se confinerait le potentiel halieutique et apporte un revenu journalier aux pêcheurs. La pêche maritime est assez florissante et détient un potentiel énorme inexploité. Selon la FAO, les pêcheurs haïtiens ne capturent chaque année que 4 à 5 tonnes métriques de poissons tandis que le potentiel est de 14 000 tonnes. Certaines études ont révélé que la topographie et la bathymétrie des côtes haïtiennes qui découpent un plateau étroit de 5.000 km2 contribue à limiter la production de la pêche artisanale, telle que pratiquée par les quelques trente mille (30.000) pêcheurs haïtiens (FAO citée par le Nouvelliste en date du 18 juillet 2008). Les ressources halieutiques comblent le manque à gagner des exploitants au cours des périodes de soudure provoquées essentiellement par la sécheresse. Un patrimoine écologique affaibli : Cette situation de forte dégradation s’explique en raison de la situation générale du pays mais d’avantage à cause des pratiques qui perdurent sur les bassins versants et plus généralement à proximité des côtes. S’il est vrai que l’île d’Hispaniola jouit d’un patrimoine marin exceptionnel, l’un des plus productifs de la Caraïbe, ces ressources ont a été largement mal utilisées par les artisans-pêcheurs qui ne disposant que de matériels rudimentaires. Ils épuisent les ressources côtières au détriment des ressources hauturières. Des missions effectuées pour le compte de l’UNESCO (1998) indiquent que dans certains secteurs la diminution spécifique est telle, qu’aucun poisson comestible n’a été recensé et s’agissant des espèces comme les mérous, vivaneaux et bien d’autres, les juvéniles ont disparu. Enfin, en ce qui concerne les coquillages et les crustacés, ils sont soit totalement absents, soit immatures. Ces éléments sous-tendent bien une surexploitation des ressources halieutiques qui exigent la prise de mesures célères en vue de redresser la situation. Ce secteur malgré ses potentialités énormes pour le pays demeurait jusqu'à ce jour l'un des plus marginalisés. La pêche est conduite de manière artisanale dans des conditions précaires moyennant sur des barques, des pirogues lesquels sont rarement motorisés. C’est une pêche de subsistance qui produit un faible rendement où les captures sont souvent commercialisées sur le marché local haïtien. La production haïtienne de poissons couvre moins d'un quart de la consommation du pays. La pêche continentale est largement majoritaire : sa production représente trois fois celle de l'aquaculture. La pêche continentale est réalisée par des petits pêcheurs, et de ce fait ce secteur à une forte importance sociale. En l’absence d'infrastructures et des techniques de séchage pour la conservation dans de bonnes conditions, les produits de la mer sont rapidement périssables et les pêcheurs et marchandes encourent de grosses pertes après la capture et au moment de la vente. Ces fruits de mer doivent être vite vendus et/ou consommés, réfrigérés ou séchés pour être rentables. Pis est, la non protection de l’exploitation des eaux haïtiennes favorise des pratiques prédatrices et l’intrusion des pêcheurs dominicains bien équipés. Tout ceci contribue à fragiliser les rentabilités économiques d’un tel secteur et à roder les revenus des pêcheurs, des marchands et des marchandes évoluant dans la filière. Aujourd'hui, grâce aux activités de pêche développées, dans quelques zones côtières, à partir du nouveau dispositif de concentration de poissons appelé DCP, des espèces de la taille des dorades, marlins, bonites, gros thons jaunes, thons obèses, thazards, mahi mahi, coureurs arc-en-ciel, germons, requins sont capturés en haute mer. La composition en espèces et en taille des débarquements a changé. La pêche des poissons pélagiques se pratique maintenant toute l'année, augmentant très significativement les revenus des pêcheurs et des marchands-des, ce qui permet d'espérer un développement important du secteur. Désormais la pêche pourra se dérouler sur haute mer ou hors des côtes éliminant la pression pour la prise de jeunes espèces de la faune maritime dans les zones côtières. Au niveau étatique et notamment dans le cadre du DSNCRP, le secteur de l'agriculture et de la pêche est identifié comme le premier pilier pour la croissance. Ainsi l’Etat prévoit de: • Soutenir l'organisation du secteur, en particulier des pêcheurs pour qu'ils puissent mieux participer au développement et bien gérer les ressource en poissons et fruits de mer; • Créer un registre pour les embarcations, les pêcheurs et les marchands (es ainsi qu'un système de suivi des activités de la pêche; • Constituer des Comités Communaux de Suivi (CCS) regroupant la Mairie, la Direction Départementale de l'Agriculture et les principaux acteurs de la pêche; • Etablir un Office de Pêche, regroupant le secteur public et privé, pour organiser les concertations nécessaires au niveau local et national. Ce dispositif organisationnel sera complété par le renforcement de la Direction de la Pêche et de l'Aquaculture du MARNDR, et de la réactualisation de la législation sur la pêche maritime ; • Organiser l'empoissonnement des sites intéressants, et veiller à ce que la ressource en poisson soit bien gérée, en stimulant l'organisation des pêcheurs; • Réhabiliter ou construire des fermes de production d'alevins à Damien et à Pandiassou ; • Développer des modèles d'entreprises adaptés aux petits producteurs, soit travaillant de façon autonome ou en groupements, avec de l'alimentation locale ; • Développer des technologies adaptées aux pêcheurs et à leur environnement (énergies renouvelables, séchage, saumurage). En effet, les produits issus de la mer peuvent améliorer la diète alimentaire des populations haïtiennes. Enfin, une meilleure gestion des fonds marins liée par ailleurs à des travaux de conservation des bassins versants proches des côtes ne peut qu’appuyer un meilleur développement durable des ressources maritimes. Si ces projets arrivent à se matérialiser dans les années qui viennent, on peut s’attendre à des retombées économiques significatives pour ce secteur. Mais, la préoccupation demeure entière, l’environnement socioéconomique du pays ne s’améliorera pas si la situation des femmes en tant qu’agentes économiques actives n’est pas prise en compte. Comment seront-elles soutenues pour bénéficier pleinement des mêmes opportunités que les pêcheurs ? Comment améliorer les chances des femmes pour qu’elles bénéficient autant que les hommes des activités menées en faveur du développement ? 2.4 Situation des zones d’intervention Léogâne /Capiti. À une trentaine de kilomètres au sud de Port-au-Prince s’étale la zone de Capiti dans la commune de Léogane. Cette zone présente une déficience sévère en infrastructure de base, toutes les maisons sont en tringles de mangroves et elles offrent un spectacle de vétusté avancé. Il n’existe pas d’institutions scolaires, ni d’institutions sanitaires dans la zone. Les habitants de Capiti peuvent dépenser jusqu’à 2250 gourdes pour arriver à atteindre l’hôpital « jis obri », en cas de maladie. La pêche est un travail dur et éreintant, tous les pêcheurs souffrent de douleurs à la zone sacro-abdominale. Sur le plan psychologique; les habitants du village de Capiti n’ont pas une haute estime d’eux mêmes et ils n’accordent que peu d’importance à leurs vies et aux soins de leurs corps. Dans ce village le plaçage est le mode d’union prioritaire ; il représente plus de 90 /% des unions consensuelles pratiquées dans la zone. De plus, la situation de cette zone est aggravée par les cyclones et les averses durant l’année 2008. Selon les témoignages des habitants, les eaux ont emporté tous ce qu’ils possédaient comme biens meubles et immeubles; beaucoup d’entre eux se sont réfugiés au bureau de l’organisation et y demeurent jusqu’à présent. Les pratiques de la pêche à Capiti dans la commune de Léogane se font par les personnes originaires de cette zone et se transmettent de père en fils. Ceci explique que la majorité des pêcheurs et des marchandes n’ont pas un niveau élevé d’éducation ce qui ne leur permet pas d’accéder ă la mobilité professionnelle. D’ailleurs, dés l’enfance ils commencent à pratiquer le métier de la pêche avec leurs parents en weekends et en période de vacances. N’ayant pas un niveau d’éducation élevé, les marchandes de poisson, cheffes de famille monoparentale pour la plupart, développent des relations sérielles avec beaucoup de partenaires qui ne respectent pas généralement leurs responsabilités parentales. La situation socio- économique des marchandes de Capiti est alarmante. Tous les ménages considérés dans l’échantillon, qu’ils soient marchandes ou pêcheurs, présentent les mêmes caractéristiques qui indiquent un niveau de pauvreté extrême, telles maisons en tringles de bois, en pailles et en terres battues, absence de meubles et d’appareils électroménagers, non-fréquentation scolaire des enfants et des jeunes, inexistence des institutions sanitaires, manque d’outils de travail pour faire face aux coûts exorbitants des matériels pratiques inhérents à leur style de vie. De ce fait, ils-elles sont obligés-es de contracter des emprunts qui se révèlent au fil du temps incapables d’être remboursés. Grand Goâve/Bord de Mer. Contrairement aux nombreux villages de pêche, le village des pêcheurs de Grand-Goâve semble se démarquer de la situation socio-économique précaire constatée dans les autres. Le décollage de l’amélioration de la qualité de vie est patent. Quelques maisons sont en bétons, en tôles. C’est le seul endroit où l’on trouve des personnes de niveau universitaire et professionnel dans la filière de pêche. Grand Goâve est le seul endroit où l’on trouve également des catégories diversifiées de marchandes de poisons. On trouve des grossistes, des détaillantes. Elles sont les mieux équipées de tous les projets de pêche évalués. Baie de Henne. Le village de pêcheur de Baie de Henne est le plus défavorisé de toutes les zones où FAES intervient. La zone est isolée, dépourvue d’infrastructures de base et des moyens de subsistance. La qualité de vie se dégrade de façon continue: sous alimentation chronique, absence d’eau courante et de points d’eau, absence d’institutions scolaires et sanitaires, absence d’espace de loisir, sol impropre à l’agriculture. La situation de la population de Baie de Henne est préoccupante, une forte majorité de la population se nourrit de pain et de boukousou1 seulement. Quand une personne tombe malade, les conditions de transport empirent d’avantage son état avant même d’atteindre le centre de santé qui est très éloigné. Les pratiques de la pêche se font avec beaucoup de difficultés. De plus il n y’a pas d’assez de marchandes, parce que qu’il n’y a pas assez d’acheteurs pour livrer les poissons ni de matériels de conserve. Les pêcheurs de Baie de Henne ne sont pas encadrés et pratiquent la pêche de manière archaïque (lime, nasse, zinc, filet). Ils prétendent que les organisations existantes ne sont pas fonctionnelles. Ils n’ont pas de formation, pas de crédit et n’ont pas de connaissance sur l’utilisation du DCP. S’il leur arrive de capturer beaucoup de poissons, ils sont obligés de les sécher pour aller les vendre jusqu’ à Fort-liberté. Pour ce faire, ils doivent louer des «bois fouillé»2 à crédit. Il n’y a pas de route pour que les marchandes puissent accéder facilement à la localité, ils sont obligés de liquider les poissons pour ne pas les perdre. Leur vente s’améliore seulement quand arrivent les limenas3 de Marre –Rouge, de Bombardopolis, de Jean-Rabel et de Fort-Liberté. La précarité socio-économique des pêcheurs engendre souvent des conflits et des bagarres. Les interventions des personnes à la tête des organisations sont souvent inefficaces dans la gestion de ces conflits. Ils essuient des injures et des reproches injustifiés à propos de leur prétendue passivité dans l’amélioration du sort des pêcheurs. Fort-Liberté/ Fort-Saint Joseph. Fort-Saint Joseph est un bidonville de la commune de Fort-Liberté située à 50 kms de la place publique de la commune. La pêche est la principale source de revenu de la majorité des habitants de ce quartier. La zone détient aussi des capacités touristiques. L’organisation Union Pêcheur de Fort Liberté/UPFL existant depuis un an résulte du constat que l’isolement des petits groupes ne contribuait pas au développement de la pêche. Les membres de l’organisation font état de l’humiliation et des vols commis par les pêcheurs dominicains ; souvent ils emportent bateaux, matériels, poisons et argents des pêcheurs haïtiens sur leur propre territoire par exemple en l’année 2008 des soldats dominicains ont kidnappé et humilié plusieurs dizaines de pêcheurs haïtiens et ils les ont nourris de riz préparé avec de l’eau de mer; cet acte vexatoire est venu s’ajouter à d’autres humiliations subis chaque jour à la frontière des deux pays. La majorité des pêcheurs rencontrés déclarent que la pêche est leur principale activité dans le village. Ils sont âgés entre 25 et 58 ans et pratiquent la pêche depuis un bon nombre de temps. La plupart d’entre eux sont scolarisés et leur niveau se situe des classes primaires jusqu’à l’université. Beaucoup d’entre eux ne laissent pas leurs femmes pénétrer dans la filière de pêche (vente de poissons). Ils déclarent que c’est avec le revenu découlant de la pêche qu’ils font face aux dépenses alimentaires, sanitaire, d’éducation, d’habillement etc. Les pêcheurs qui ne possèdent pas de bateau s’associent avec ceux qui en possèdent. Les pécheurs changent de zone lors des périodes de rareté et vont pêcher dans des à Caracol, au Bord de mer Limonade, Sou Zilé, à Phaéton etc. Lors des cas de maladie, les pêcheurs ainsi que leurs familles fréquentent l’hôpital de la ville de Fort-Liberté qui se situe à 300 mètres de leur localité. La pratique de DCP renforce les activités de pêche dans le village. Au cours d’une année, un pêcheur peut attraper entre 1820 à 9600 livres de poissons. Leurs ventes s’élèvent en moyenne à 1750 gourdes par semaine et 7000 gourdes par mois. Cependant malgré les avantages découlant du projet les pêcheurs font face à de nombreuses difficultés telles le nombre insuffisant de bateaux à moteur, l’inaccessibilité aux crédits, la violation de leurs droits par les dominicains, la faible capacité d’absorption du marché local lors des grandes prises de poissons. Les marchandes de poisson font face à la rareté de poissons à cause du manque de matériel puisqu’il y a seulement 3 bateaux pour 300 marchandes. Les marchandes de Derac et de Lorette ne bénéficient pas autant d’appuis que les marchandes de Fond Blanc. Elles se plaignent de cette situation discriminatoire. Puis Salé. La route qui mène à Puits Salé est en terre battue, elle relie Carrefour 44 à Côtes de Fer. Les ressources en eau sont faibles mais il existe un réservoir pour alimenter les robinets de quelques maisons. À Puits Salé, il n’y a pas ni institutions étatiques ni privées ; le transport se fait à pied, à moto et à dos d’animaux. La zone est très favorable à la pêche et à l’élevage et peu encline à l’agriculture autre que le melon. La fabrication du charbon de bois est très répandue. L’époque de carême s’avère la saison la plus rentable pour la vente de poissons. Tous les pêcheurs ont plus de 3 ans depuis qu’ils pratiquent l’activité de pêche en période de morte-saison. Généralement, ils fabriquent le charbon de bois et l’agriculture. Les pêcheurs n’impliquent pas leurs familles dans la pêche et ne tirent pas de gros profits comme les gros pêcheurs qui ont des matériels pour aller pêcher sur le DCP. La condition de vie des pêcheurs est misérable car leurs maigres revenus sont dépensés en consommation, en éducation et en maladie. Les gros poissons se commercialisent le plus souvent par livres et éviscérés, les petits se débitent par lots et en entier avec les détaillants. Le prix ne varie pas facilement sur le marché, sauf dans les périodes pascales où les prix augmentent considérablement. Les pêcheurs aiment consommer le poisson, ils préfèrent ne pas vendre leurs prises au lieu de ne pas en trouver à manger. La commercialisation des poissons se fait avec beaucoup de facilité à Puits Salé mais le problème majeur réside dans la rareté du poisson à cause du manque de matériels. Les pêcheurs réclament de l’aide afin de disposer de bateaux à moteur, de chaloupes, du crédit, des matériels de conservation, de la formation pour rentabiliser le secteur. Ils ont évoqué également d’autres besoins essentiels d’ordre collectifs tels que écoles, centres de santé, eau potable. Ils réclament la construction des routes pour améliorer la condition de leur vie et celle de leurs familles. Le conteneur acheté par AQUASOL pour servir de magasin d’intrants de pêche est l’objet d’un litige. Les membres de l’organisation disent avoir été touchés de l’affectation du conteneur à d’autres fins mais n’avaient jamais donné leur assentiment et n’avaient signé aucune autorisation ce concernant. Il faut dire que le conteneur acheté pour servir de magasin d’intrants est utilisé comme magasin de produits alimentaires; aucun matériel ayant rapport à la pêche n’a été remarqué à l’intérieur de ce conteneur. D’après les membres, il n’existe pas de marchandes de poissons à l’intérieur de l’association. Les femmes n’investissent dans ce secteur. Les femmes de pêcheurs ne débitent pas de poisson, elles se livrent à d’autres activités lucratives. Les pêcheurs vendent eux même leurs poissons sur la plage. Aux dires des pêcheurs, le poisson est très rare, au grand maximum ils n’arrivent à pêcher que quatre cents livres de poissons par mois. Un seul pêcheur parvient à se rendre sur le DCP parce qu’il a un bon canot. Selon lui, le DCP aurait disparu parce qu’il était mal monté avec des cordes trop courtes. Néanmoins, tous les pêcheurs réclament des matériels pour se rendre sur les DCP et nécessitent des moyens adéquats. Marigot. La pêche se fait essentiellement de façon artisanale parce qu’elle est pratiquée dans un cadre familial. Elle ne constitue pas un secteur stratégique dans la zone mais sa contribution est pourtant loin d’être négligeable parce qu’elle concourt au maintien d’emplois dans la communauté où les opportunités économiques sont de plus en plus faibles. Le secteur est caractérisé par de faibles investissements sur les équipements et matériels. Les bateaux sont de petite taille, fragiles, sans moteur fiable et ne peuvent pas par conséquent s’aventurer très loin de la côte. La pêche ne se pratique que dans les fonds proches de la côte qui sont fortement appauvris du fait d’un intense prélèvement de petits poissons ou de crustacés et d’une érosion provoquant le rejet de terre dans la mer. Les pêcheurs de Marigot ne sont pas organisés et ne disposent d’aucune représentation de type associatif. Le secteur souffre d’un déficit juridique et de protection relatifs à l’exploitation des eaux en territoire haïtien. C’est ainsi que les fonds les plus éloignés et les plus riches sont exploités par des flottes étrangères cubaines, dominicaine, américaines4. Apparemment, Marigot ne reflète pas la situation des personnes qui évoluent dans la filière de pêche. Les marchandes ont évoqué les problèmes de conservation, de crédit et de formation qui les empêchent de mener à bien leur commerce. La majorité des marchandes ne peuvent pas évaluer la quantité de l’argent investi ni la quantité de poissons achetés ni le montant des bénéfices réalisés. Belle-Anse. La commune de Belle Anse de par sa localisation, sa situation socioéconomique et sa géomorphologie est exposée à une large gamme de phénomènes naturels et anthropiques qui rendent vulnérables de vastes espaces et qui fragilisent les écosystèmes. Ces phénomènes augmentent la fréquence des désastres et multiplient les risques pour la population. De 1954 à 2004 l’arrondissement a été frappé par une série de désastres tels que : cyclones, glissement de terrain, inondations, sécheresse qui ont des impacts durables sur la vie des communautés. Les pertes matérielles (telles que récoltes, cheptel, habitats, exploitations agricoles, routes défoncées) et en vie humaines ont sérieusement touché les habitants de cette commune. Selon le rapport du Conseil National de la Sécurité Alimentaire/CNSA, les cyclones de l’an 2008 ont provoqué la mort de plus de 35 enfants et beaucoup d’autres sont en situation de sous alimentation grave à Baie d’orange, une localité de la commune de Belle-Anse. L’association des Pêcheurs Intégrés de Belle Anse/APIB  est une organisation située à Largon. Elle comprend 189 hommes et 102 marchandes. La pratique de la pêche sur le DCP n’est pas encore connue dans la commune. Selon les membres de l’organisation, ils font face à de sérieux problèmes pour exercer leur métier par manque d’équipements pour aller pêcher, de matériels pour la production d’énergie et l’inexistence d’une banque en matériels. Ils jugent que le montant du crédit accordé est trop faible. Les pêcheurs se plaignent de n’avoir jamais bénéficié de formation spécifique sur la pêche. Ils réclament de la formation en résolution de conflit pour le comité responsable afin d’assurer la pérennité de l’association. Il n’y a pas de transport public terrestre assurant le trajet de Belle-Anse à Marigot, pour s’y rendre les marchandes utilisent la voie maritime. Celle ci représente une voie périlleuse parce qu’elles peuvent perdre toutes leurs marchandises et mêmes leurs vies quand la mer est houleuse ou en période de mauvais temps. Petite Rivière de Nippes. Petite Rivière de Nippes est une ville côtière, son relief dominant est la plaine et son climat ne présente pas de particularité. Elle comporte 4 sections communales et elle est entourée de hautes chaînes de montagnes et est traversée par de nombreuses rivières. La commune ne dispose de routes asphaltées qui sont souvent dévastées par des eaux en furie trouvant un lit de fortune après chaque averse orageuse. Dans le village pêcheur sont les seuls à réaliser une activité économique importante. Ils n’ont pas de formation adéquate pour diriger l’organisation. Le produit de la pêche est généralement traité avec peu de considération pour sa nature hautement périssable. Ceci est largement dû au manque de connaissance mais aussi à de la négligence. En outre, la chaîne de commercialisation est en général très courte puisque le produit est consommé le même jour. Celle-ci se caractérise principalement par la prise et la distribution de faibles quantités de fruits de mer. La commercialisation se fait dans les zones avoisinante telles que Miragoâne, Baradères et aussi à Port-au-Prince dans la zone de Martissant. III.- STRATEGIE OPERATIONNELLE DU PROGRAMME ET PROFIL DES BENEFICIAIRES 3.1 Profil du programme Le FAES met l’emphase sur la stratégie de partenariat avec des prestataires locaux et la recherche de synergie des actions pour l’obtention d’impacts pertinents et visibles visant l’amélioration de la qualité de vie et l’augmentation des capacités de création de revenus des familles les plus pauvres. C’est en ce sens que le Programme d’Appui aux Initiatives Productives en Milieu Rural (PAIP) a été mis en œuvre dans le contexte de la lutte contre la pauvreté en milieu rural haïtien. Présentement, le programme intervient dans un nombre limité de communes côtières soit sept (7). Le FAES a donc financé avec les fonds du PDL les projets visant la promotion d’une nouvelle technique de pêche pour la protection de l’environnement dans x localités dont 9 feront l’objet de la présente évaluation. En général, le PAIP de FAES vise la réduction de la pauvreté à travers une augmentation de revenus durables et l’amélioration de la sécurité alimentaire. Dans ses actions, le FAES promeut l’approche participative auprès des groupes défavorisés. Cette approche implique l’implication et la collaboration de tous les acteurs et actrices. Ils-elles sont sollicités-es non seulement pour l’exécution et le suivi des activités inscrites dans le projet mais surtout des l’identification même des priorités d’intervention. L’établissement des mécanismes d’échanges, de concertation et de coopération au sein des communautés rurales est un élément incontournable pour la durabilité et l’efficacité des actions de développement visant l’amélioration de leur qualité de vie. Le projet avait misé sur trois composantes : le Renforcement des capacités locales, l’Appui aux initiatives communautaires productives et l’Appui à la micro finance. Au sein du FAES, une équipe coordonne les actions du programme. Pour la recherche de partenariat ; des opérateurs prestataires de services (OPS) ont été recrutés sur la base de concours pour mettre leur expertise technique au service des communautés. Compte tenu des exigences de la démarche participative, le FAES avait prévu dans le PAIP l’installation dans chaque zone prioritaire d’une antenne régionale afin d’assurer un accompagnement rapproché des communautés. Sur le terrain cette présence devrait se manifester. La population est solliciteuse des actions de développement en vue de changer ses conditions de vie mais dans l’ensemble les projets ne semblent pas être préparés pour offrir cet accompagnement avec une répartition de taches, de ressources matérielles, techniques et financières aux principaux acteurs et principales actrices sur le terrain. Des efforts ont été faits uniquement par deux prestataires de services tels Fondation Verte et CPASA pour développer des espaces organisationnels plus ou moins structurés au sein desquels bougent des sous comités de marchandes de marchandes. Il va de soi qu’on est encore loin des pré-requis nécessaires à la dynamisation d’espace démocratique où les femmes peuvent exercer sans aucune contrainte leurs droits de s’organiser dans leurs propres intérêts. Avec la faible approche participative : • Peu d’acteurs et d’actrices participent dans les activités du projet ; • Peu ou pas de création de structures locales souples ; • Manque ou peu de circulation des informations et absence de transparence dans les décisions et les actions ; • Peu de valorisation du rôle important des femmes ; • Faible présence des femmes dans les structures décisionnelles et organisationnelles. 3.2 Profil des bénéficiaires, leur perception et leur niveau de satisfaction par rapport aux interventions des institutions Les familles dans la filière de la pêche vivent dans une pauvreté alarmante, malgré la potentialité économique de ce secteur. Ces familles habitent, presque toutes, dans des ajoupas ou des taudis dépourvus de meubles ou du minimum de confort. Elles ont occupé les zones côtières sans droit de propriété où l’exercice de la pêche est prédominant. Il n’existe pas infrastructure routière. Les marchandes évoluant dans la filière de pêche vivent dans un grand dénuement. Elles vivent une situation très précaire, pour la plupart, d’autant que leur situation matrimoniale accentue leur vulnérabilité socioéconomique. La majorité des marchandes de poissons sont des cheffes de famille monoparentales. Un pourcentage assez élevé de marchandes vit dans le plaçage avec des conjoints qui sont souvent des pêcheurs. Ces derniers multiplient les relations et le faible revenu dont ils disposent est partagé dans 2 ou 3 ménages. D’ailleurs quand les pêcheurs commencent à accumuler de la richesse, ils vont se chercher une femme du bourg pour marquer leur ascension économique parce que le fait d’entretenir des relations avec une femme de la ville représente pour eux une valeur ajoutée. Les femmes sont conscientes de vivre dans des rapports de subordination avec les hommes, leurs conjoints qui sont des pêcheurs. Elles sont obligées de s’accommoder des relations polygamiques avec les pêcheurs qui les fournissent de la marchandise; si elles s’y opposaient, ce serait la guerre, déclarent-elles. Même dans les groupes d’appui, ce sont les hommes qui décident pour elles. Elles se rendent compte que leurs conditions de vie sont rarement prises en compte par les prestataires de service et quand des fois elles le sont, cela ne représente qu’un pis-aller. Elles n’ont jamais le contrôle des matériels importants et ne reçoivent que de petits équipements qui sont pour le moins insignifiants. Les pêcheurs dans les villages de pêche sont souvent originaires de la localité où ils pratiquent la pêche depuis leur tendre enfance, exception faite pour le village de Lozandier à Flamand dans la commune d’Aquin. Pour la quasi totalité des cas c’est une profession inter générationnelle. Ces pêcheurs sont le plus souvent sous-équipés et pratiquent une pêche de subsistance, ce qui les expose aux aléas de la nature. Depuis, deux années, la pauvreté, le chômage croissant, et l’encadrement dispensé par les prestataires du projet d’amélioration de la filière de pêche ont poussé beaucoup de jeunes, plus particulièrement à Grand Goâve et à Fort-Liberté à se lancer dans le secteur de la pêche qui se révèle être très prometteur. Dans quelques villages, les pêcheurs commencent à s’organiser, mais ce sont des organisations le plus souvent non structurées qui présentent de grandes faiblesses en pratiques socio-organisationnelles. Cependant les pêcheurs sont les principaux bénéficiaires des différentes activités des projets. Ils ont l’accès et le contrôle des gros équipements comme des bateaux à moteurs, des génératrices, des matériels de pêche. Toutefois ce secteur n’est pas encore considéré comme un secteur stratégique de l’économie haïtienne, mais il contribue de manière significative à l’amélioration des pouvoirs d’achats des marchandes et des pêcheurs et est en plus une grande source de création d’emploi. IV.- PRESENTATION ET ANALYSE DES DONNÉES L’approche participative et de genre utilisée par l’équipe de recherche a permis de mettre en exergue les points de vue et les comportements des acteurs et des actrices évoluant dans la filière de la pêche et d’une façon particulière aux localités évaluées. Etant confrontés à la même réalité de marginalisation et d’exclusion, leurs opinions convergent dans le même sens. Ils-elles partagent les problèmes cruciaux du secteur de la pêche. Quant aux femmes, elles souffrent du peu de reconnaissance de leur rôle dans le développement. Ce chapitre décrit les données pertinentes fournies par les principales actrices et les principaux acteurs rencontrées, à savoir les marchandes de poissons, les pêcheurs et par des représentants/tes des organisations de femmes et de pêcheurs. Secteurs d’activités Les femmes se retrouvent surtout dans la filière de distribution du poisson elles ne font pas d’extraction et n’accompagnent pas les pêcheurs dans l’exercice du métier de la pêche. Le pêcheur, même s’il est le conjoint d’une marchande il peut décider de contourner la côte et d’aller remettre les prises ou la majeure partie des prises a une concubine ou une grossiste. Dès fois le poisson n’arrive pas au village, certains grossistes des villes vont acheter sur les côtes ; les marchandes des villages n’ont rien à gagner dans ce genre de transaction. Il existe des tableaux de prix pré établis par les pêcheurs, quand ils remettent les prises aux marchandes, ces derniers doivent se débrouiller à leur manière pour dégager un quelconque bénéfice de la vente mais souventefois elles n’essuient que des pertes. Environnement et commercialisation Le commerce de poisson se fait dans des conditions très précaires. Les marchandes doivent parcourir de longues distances à pieds ou à dos d’animaux pour aller débiter le poisson dans les marchés avoisinants. Selon la zone, elles doivent payer des courses de motos ou de bois fouillé . Arrivé au marché, le produit est étalé des fois par terre en plein soleil ce qui active le degré de pourrissement du poisson qui est un fruit de mer très périssable. Même dans les marchés des grandes villes, il n’existe pas d’éventaires frigorifiés pour étaler le poisson. Les poissons non vendus sont soit salés et séchés soit vendus au rabais pour éviter de plus grandes pertes à cause de l’absence de chambres froides dans les marchés pour la conservation. Il s’ensuit que les marchandes sont toujours endettées. Les revenus tirés de ce commerce sont assez bas à cause de tous ces facteurs précités qui érodent les bénéfices. Condition de travail Quant les bateaux arrivent à proximité du village, les poisons sont déposés sur le sable, il incombe aux femmes de les trier et de les transporter. L’éviscérage se fait aussi par les femmes. C’est un travail qui se fait à mains nues. Il n’existe pas de gants, les femmes peuvent se faire piquer par les nageoires des poissons ou se blesser par les instruments tranchants dont elles se servent. N’ayant pas de motion d’hygiène, ni de kit de santé, ces blessures peuvent s’infecter. Des fois elles peuvent arriver à perdre leur vie par une infection ou tétanos. Il existe également des particules provenant de variétés venimeuses de la flore maritime qui sont ramenées avec les poissons en contact avec une blessure ouverte ces particules peuvent provoquer de forte intoxication. Quand le poisson se trouve en abondance dans les villages, il doit être conservé. De ce fait le poisson doit être salé et séché cette opération tombe dans l’axe de travail de femmes qui sont aux abois durant les périodes pluvieuses pour éviter que le poisson pourrisse. Il n’existe de matériels de conservation appropriés que dans de rares villages de pêche. Ce qui est paradoxal, le sel qui est l’élément incontournable pour la conservation artisanale des poissons est inexistant dans la plupart des villages. Faute de sel, de grandes quantités de poisson peuvent se perdre; mais seules les marchandes seront les déficitaires. Pour la majorité des villages, la principale retombée positive des projets implantés pour les femmes est l’abondance de poissons pêchés sur les DCP. Quelques groupements de femmes ont reçu de petits équipements tels que couteaux, cuvettes, igloos, tables en bétons. A Grand Goâve, Petit paradis, on constate le démarrage d’une amélioration socio-économique pour les associations de marchandes de poisson. Des changements dans le port vestimentaire, dans l’éducation des enfants sont à signaler. Il faut aussi remarquer que ces marchandes ont bénéficié d’un système de crédit solidaire où elles ne sont pas que des débitrices mais des actionnaires. Avec ces prêts, elles se sont procurées des motos qu’elles louent à la journée. Elles sont aussi utilisées pour le transport de leurs enfants à l’école du bourg. Cette initiative leur permet de faire face aux frais scolaires des enfants. C’est le seul village de pêche à part Fort-Liberté qui se trouve à proximité de la ville où tous les enfants du village se rendent à l’école. Mais a part ces rares expériences on peut dire comme l’avaient déclaré deux prestataires en l’occurrence Edden et Aquasol que l’approche de genre n’a jamais été prévu voire même utilisée dans la gestion des projets. Seule la Fondation Verte a essayé d’enclencher une dynamique de genre dans quelques zones d’interventions mais les autres s’en sont tenus aux exigences de leurs contrats. Les femmes marchandes participent à leurs façons à la vie du village. Elles sont dépendantes des hommes : elles sont confinées dans des travaux traditionnels de l’axe reproductive ; elles dépendent du bon vouloir des pêcheurs pour leur octroyer des poissons si du moins elles ont l’accès aux biens dispensés par le projet elles n’en n’ont pas le contrôle. Les femmes devraient être considérées dans les projets comme des sujets à part entière avec leurs propres besoins, demandes et potentialités pour qu’elles ne continuent plus à vivre dans des conditions de subordination-domination. Niveau de satisfaction des familles des villages Pêcheur Baie de Henne. Les marchandes n’arrêtent pas de faire les éloges du projet pour les formations sur la gestion du commerce, et pour les crédits octroyés. Elles souhaitent l’intervention de FAES dans la mise en place des infrastructures de base, d’une institution scolaire, d’un centre d’alphabétisation, des équipements de conserve, des cuvettes, des couteaux et autres matériels afin d’améliorer leurs conditions socio-économiques. Belle-Anse. Le projet a apporté une amélioration dans les conditions de vie de ses membres. Cependant, les pêcheurs n’arrivent pas à chiffrer la quantité de poissons vendue ni le montant de leur revenu mensuel. Ils ont tenté une estimation approximative à partir de leurs expériences et attestent, d’une façon générale, que le secteur est rentable malgré les dépenses effectuées pour les soins de santé, pour l’éducation et la consommation quotidienne, ils arrivent à faire des économies. Des aides substantielles en crédit pourraient leur favoriser l’achat de moyens de transport adéquats comme des canots pour améliorer les prises puisqu’ils considèrent dérisoire le montant octroyé pour l’installation du DCP. Selon leurs témoignages, la commercialisation du poisson rapporte des profits mais pour conserver une pérennité dans le commerce, on doit disposer de ressources financières ou avoir accès à des prêts. L’association pourrait les aider mais elle n’ a pas de ressources à sa disposition pour leur procurer des équipements tels que : igloo, matériels de réfrigération , bateau, route, formation, crédit. Les valeurs moyennes que les marchandes achètent normalement sont de 30 à 50 livres de poissons. Certaines d’entre elles vendent leurs produits sur le marché local ou leurs marges de bénéfices est très faibles mais les autres réalisent plus de profit en vendant leurs poissons à Marigot Fort-Liberté/ Fort-Saint Joseph. D’une manière générale, les marchandes ne tarissent pas d’éloges sur les bienfaits du projet. Cependant, elles estiment que l’organisation a des besoins en matériels, en formation, en gestion du personnel, en gestion financière et administrative. Grand Goâve/Bord de Mer. La plupart d’entre elles possèdent des matériels de conserve et équipements de préparation. Elles ont bénéficié des sessions de formation du projet. Elles nécessitent particulièrement de la formation en gestion, en droit de la personne. Toutefois, elles se plaignent de l’absence de gros équipements pour les femmes, et aussi du taux élevé du crédit. Elles ne participent pas dans la gestion des activités du projet. Alors que les pêcheurs jouissent de tous les avantages. Les marchandes de poisson ne comprennent pas les objectifs du projet. Elles ont besoin d’un appui pour s’organiser. Léogâne /Capiti. Les bénéficiaires marchandes et pêcheurs font l’éloge des bienfaits du projet sur la qualité de leur vie. Ils ne cessent pas d’étaler leur satisfaction pour les matériels que le projet leur a octroyés à meilleur prix. Ils témoignent des avantages du DCP qui favorise la prise de beaucoup de poissons, des formations qu’ils ont reçus, de l’utilisation des bateaux et de la construction des toilettes. Ils perçoivent l’organisation comme un outil pour l’amélioration de leurs conditions de vie. 4.1. Structure familiale des groupes enquêtés 4.1.1. Niveau de scolarisation des marchandes de poissons et pêcheurs Bien qu’elles se disent alphabétisées, les marchandes de poisson n’ont qu’un niveau sommaire d’education, analphabetes pour la plupart, elles ne depassent pas le niveau du primaire, il n y a eu qu’une seule grossiste à boucler le cycle universitaire. Les résultats ci-dessous montrent que 69 marchandes sur 132 ont un niveau de scolarisation soit une moyenne de 52%. Ainsi, le tableau 1 et le graphique 2 nous donnent des idées claires sur leur répartition par commune : qu’en moyenne 50 % des enqutées de la commune de Leogane sont alphabétisées; dans la commune de Grand Goâve en moyenne 60 % des enqutées se disent alphabétisées. Il apparait qu’ en moyenne à Aquin 30% des enquêtées sont alphabetisées et 45 % environ se disent alphabétisées à Marigot, 60 % se disent alphabetisées à Belle Anse, à Fort-liberté 40 % des femmes se disent alphabètisées et à la Petite Rivière de Nippes 55 % des femmes se disent alphabètisées ; Baie de Henne presente un pourcentage de 80 % des femmes alphabetisées suivant l’echantillon qui à été choisi bien que dans cette zone les femmes vivent dans un dénuement effarant. Il est probable que l’echantillon se demarque du niveau d’éducation du reste de la population ou encore que le nombre important d’organisme assistencialiste, dans cette localité, avait developpé des écoles et des programmes d’alphabetisation qui ont été bénéfiques à toute la population et notammment aux femmes. Par contre, chez les pêcheurs, sur un total de 74 enquetés 51 declarent avoir un niveau de scolarisatiom soit un total de 69 %. De plus on retrouve un niveau d’alphabétisme très diversifié à l’intérieur même d’une même localité, notamment un nombre de pêcheurs universitaires sont légions à Grand Goâve. Tableau 1 : Répartition des enquêtés par rapport a leur niveau de scolarisation Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 Graphique 1 : Répartition des groupes selon leurs niveaux d’alphabétisme par commune Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 Graphique 2: Répartition des groupes selon leurs niveaux d’alphabétisme Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 4.1.2. Statut matrimonial des groupes enquétés La majorité des marchandes de poissons sont des cheffes de famille monoparentales, pratiquant une monogamie sérielle. Ces femmes, même vivant avec un partenaire, ont déjà à leur charge une moyenne de deux enfants issus d’une union précédente. Cette stratégie de faire un enfant pour chaque nouveau partenaire indépendamment de la stabilité du rapport ou non répond au besoin de conserver cet homme par un lien parental. Cette stratégie continue à faire fortune bien qu’en réalité les enfants qui naissent de ces rapports ne sont pas pris en charge par les pères et même au niveau légal ils ne bénéficient d’aucune protection. Ces enfants ont un statut de parias et sont perçus comme des « caca sans savon ». Vu que l’activité de pêche conduit à un absentéisme élevé et à une forte migration des pêcheurs vers d’autres régions, les marchandes, qui sont pour la plupart des épouses ou des concubines des pêcheurs doivent s’arranger comme elles peuvent pour subvenir aux besoins de leurs familles et d’elle-même avec le peu dont elles disposent. Les résultats de l’enquête marquent en moyenne que les femmes habitant les villages de pêcheurs vivent dans le plaçage à 80%. Beaucoup d’entre elles qui n’ont pas de liens familiaux avec les pêcheurs se prostituent pour avoir beaucoup plus de poisson à vendre. Ceci explique qu’elles nouent des liens « d’amitiés » avec les pêcheurs afin que ces derniers puissent leur vendre tout le poisson qu’ils ont pêche. A l’exception du village de Lozandier où l’on constate que les pêcheurs s’établissent avec une seule femme et que les marchandes de poisson ne courent pas après un homme ayant une liaison déclarée ; mais il se trouve que ces couples sont très prolifiques. D’une manière générale dans toutes les zones on retrouve très peu de femme célibataire, le pourcentage varie entre 0 à 20 %. Les couples mariés se retrouvent dans la même fourchette de 0 à 40 %. Les unions privilégiées sont le placage et les relations vivavèk ou «tizanmi » qui sont estimés de 60 à 80% des relations de couple Graphique 3 : Répartition des femmes selon leurs statuts matrimoniaux Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 4.1.3. Nombre d’enfants par groupe social Gérer le quotidien dans l’incertain est la dure réalité de ces milliers de personnes dans les villages de pêche; sans espoir d’un lendemain meilleur, elles ne croient qu’en l’éducation de leurs enfants pour changer leur situation. De ce fait, ils-elles sont obligés-es d’investir dans l’éducation de leurs enfants à fonds perdus. Ainsi sur un total de 912 enfants dont 614 déclarés par les marchandes et 298 par les pêcheurs soit un pourcentage de 67,65% fréquente un établissement scolaire, mais le plus fort taux d’enfants scolarisés est en charge par leurs pères-pêcheurs soit 68 %. Le tableau suivant nous donne une illustration de cette situation. Tableau 2 : Répartition des enfants scolarisés par groupe social et commune Communes Nombre d'enfants Enfants scolarisés Marchandes Pêcheurs Marchandes Pêcheurs Leogane 93 49 59 36 Grand Goave 81 22 64 20 Aquin 27 43 24 28 Marigot 70 55 55 42 Belle Anse 66 29 52 20 Baie-de-Henne 71 42 46 26 Fort-Liberté 91 28 62 12 Petite Rivière de Nippes 115 30 51 20 Total 614 298 413 204 Pourcentage     67% 68% Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 4.2. Relation avec pêcheur Sans détour, les marchandes parlent du type de relation existant entre les pêcheurs et elles-mêmes. Pour être opérationnelle dans le circuit de la commercialisation de fruits de mer, une marchande doit développer absolument un lien avec un pêcheur. Ce lien peut-être familial, d’amitié ou de nature sexuelle. Dans l’ensemble, on peut déduire que la moitié des marchandes de poissons a une quelconque relation avec un pêcheur. Léogâne détient la palme avec un taux de 83.33% contrairement à Baie-de-Henne où l’on enregistre le plus faible taux soit 6%. Graphique 4: Relation d’une marchande avec un pêcheur Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 4.3. Revenu tiré de la pêche Déterminer les revenus des marchandes de poisson n’est pas une tache facile. Car la plupart d’entr’elles ne veulent pas déclarer les chiffres de leurs ventes ou encore elles prétendent n’être pas en mesure d’évaluer les revenus provenant de la vente des poissons. Dépendamment de la technique de pêche pratiquée dans les zones  leurs revenus peuvent-être réguliers, saisonniers, périodiques et peu élevés. Quelque soit la période, de pénurie ou d’abondance, les marchandes sont obligées de faire face aux obligations personnelles et familiales dont les coûts sont exorbitants. Le rapprochement des données recueillies dans les différentes localités nous renseigne que les femmes arrivent difficilement à répondre à leurs besoins. Beaucoup d’entre elles entreprennent en parallèle avec le commerce de poisson et en période de morte-saison de la pêche, d’autres activités liées au secteur informel comme le petit commerce des produits de première nécessité, la vente de vêtements usagés, l’agriculture et le commerce de charbon. Les revenus sont très fluctuants. Il a été observé un revenu net se situant entre 17261 gourdes et 110500.00 gourdes. Les résultats de l’enquête démontrent qu’Aquin et Baie de Henne sont deux zones où les femmes présentent les revenus moyens les plus forts 110,500.00 gourdes et 77,388.00 gourdes. Celles de Belle-Anse viennent en troisième position avec un revenu moyen annuel de 59,800.00 les revenus des femmes de Grand Goâve sont évalués à environ 54.167 gourdes l’an en moyenne ; à Fort-Liberté et Petite Rivière de Nippes les revenus en moyenne sont respectivement de 37.267 et 33.800 gourdes ; à Marigot, ils sont en moyenne de 19.644 gourdes. Les femmes de Léogâne présentent le plus bas revenu annuel moyen estimé à moins de 17.261 gourdes. À propos des revenus des pêcheurs, les résultats ne sont pas exhaustifs. La diversité des situations est grande, ce qui constitue une limite. Toutefois, l'on observe que la croissance du nombre de pêcheurs professionnels est significative. Ce nombre recouvre une tranche d'âge de moins de 37 ans et ayant une formation du niveau du PCM. Les spécificités géographiques restent fortes. En dehors des régions où l'activité de pêche est développée, la tranche de pêcheurs âgés de 30 ans égalise celle allant de 37 ans à 44 ans. Cet échantillon pratique très fortement la spécialisation sur DCP. Alors que chez les pêcheurs le revenu moyen total est relativement bas soit de l’ordre de 20,351.60 soit deux fois plus bas que celui des femmes qui est 51,228.00 Gourdes. C’est pourquoi les pécheurs disent souvent qu’ils ne jouissent pas du fruit de leurs travaux. Cependant, dans les villages de pêche, on considère que les pêcheurs sont souvent indisciplinés. Ils mènent une vie polygame où les relations avec les femmes absorbent quasi tous leurs revenus, les empêchant ainsi de maximiser leurs profits, d’épargner où d’investir afin d’améliorer leurs conditions de vies. Graphique 5 : Repartition du niveau de bénéfices des marchandes Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 Tableau 3 : Revenu tiré de la pêche Communes Marchandes Pêcheurs Revenu annuel Revenu moyen Revenu annuel Revenu moyen Léogane 310700 17261 78000 39000 Grand Goâve 975000 54167 291571 41653 Aquin 884000 110500 99956 11106 Marigot 353600 19644 136500 17063 Belle Anse 1076400 59800 74533 8281 Baie-de-Henne 1315600 77388 30940 3094 Fort-Liberté 670800 37267 204425 25553 Petite Rivière de Nippes 574600 33800 136500 17063 Total 6160700 51228 1052425 20351.6 Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 Graphique 6 : Répartition des marchandes selon le revenu moyen de la pêche Source: enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 4.4 Niveau socio-économique des marchandes de poissons Les marchandes sont pour la plupart responsables non seulement des soins et de l'éducation des enfants en bas âge, mais aussi des soins de toute la famille, des personnes âgées et des malades. Pour la quasi-totalité des marchandes quand un de leurs proches tombe malade, elles abandonnent où laissent le commerce entre les mains de quelqu’un d’autre pour s’occuper de la personne malade, ce qui représente un manque à gagner pour toute la période de maladie. Dès fois, elles deviennent si appauvries après l’épreuve qu’elles ne peuvent plus reprendre l’activité de commercialisation. De plus, les femmes s’occupent de la préparation quotidienne des repas et des travaux ménagers, également elles procurent fréquemment des soins aux animaux et assurent une partie du travail aux champs. La situation de ces femmes est fortement marquée par une tendance vers la cristallisation d’une féminisation de la pauvreté. Cette situation découle de la conjugaison de plusieurs facteurs (analphabétisme, sous scolarisation, manque de formation et de capacités, etc.). Ainsi, dans toutes les zones enquêtées les femmes déclarent vivre une situation misérable presque à 70%, à part Aquin qui présente une situation favorable ou un fort pourcentage déclare vivre une situation moyenne contre seulement 3% qui ont une situation agréable et 6.77% une situation moyenne. Tableau 4: Catégorisation socio-économique des marchandes de poissons Source : Enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 Graphique 7 : Niveau socio-économique des marchandes de poissons Source : enquête de terrain, janvier-fevrier 2009 A l’analyse des données, on peut déduire qu’un rapport inégalitaire de genre existe dans la répartition des extrants du projet. A part quelques localités, comme Petit Paradis où les femmes ont reçu une aide substantielle, les femmes des autres localités comme Baie de Henne, Aquin n’ont reçu ni formation, ni aide économique. La situation de ces femmes se révèle catastrophique, d’ailleurs l’environnement délétère dans lequel elles évoluent est préjudiciable à leur bien être tout entier, sans infrastructures de base et sans loisir, ces femmes ne font que vivoter et leur situation est proche de l’indigence. Bien qu’elles pratiquent ce commerce depuis fort longtemps on ne remarque aucune amélioration de leurs conditions de vies. Cet état de fait constitue des vecteurs de vulnérabilité tant au niveau physique qu’au niveau psychologique puisque bon nombre de ces femmes à l’exception de la localité de Lozandier se prostituent pour avoir plus de poisson à vendre. Cela signifie qu’elles nouent des liens « d’amitiés » avec les pêcheurs afin que ces derniers puissent leur vendre tout le poisson qu’ils ont pêché. Avec toute la charge de responsabilités qu’elles doivent assumer elles n’ont pas de temps pour s’épanouir, pour se prendre en charge à tous les niveaux V.- INSTITUTIONNALISATION INTERNE L’analyse institutionnelle comprend deux parties : une analyse des organisations de base comme partenaires et une analyse des partenaires comme institution d’appui 5.1 Renforcement organisationnel Niveau de structuration des associations de pêcheurs et de marchandes et des mécanismes de participation dans les prises de décision Un peu partout, les bénéficiaires se sont organisés en des structures plus ou moins imparfaites pour répondre aux exigences des projets. Si dans les zones où interviennent la Fondation Verte et CPASA, les organisations de pêcheurs sont parvenues à se doter de mécanismes démocratiques et légaux de fonctionnement tels que statut, règlements internes, réalisation d’assemblées générales, élection des membres, la pratique démocratique au sein des associations devra attendre tant et aussi longtemps que tous les membres disposent un savoir faire en matière de gestion organisationnelle. Quant aux organisations de marchandes, leur développement dépend du bon vouloir de l’animateur qui souventefois n’a pas la compétence requise pour dynamiser et encadrer les organisations de femmes marchandes avec leur spécificité. Leurs organisations sont inféodées à celles des hommes. A Kapiti, les marchandes se sentent frustrées parce que ce sont elles qui prennent les initiatives pour effectuer les travaux communautaires d’assainissement du village. Tandis que les pêcheurs sont au poste décisionnel, jouissent de tous les avantages et ne veulent pas s’impliquer aux activités d’intérêt collectif. Chez les partenaires d’EDDEN, les groupes de pêcheurs sont plus ou moins plus autonomes. Ils se réunissent sur une base bi- mensuelle. Ces organisations ont été créées dans l’objectif d’encadrer et d’aider les pêcheurs et le village. L’association dispose d’une caisse dénommée caisse-comité où les membres déposent 10 % de revenu de la pêche, l’association prélève 5 % pour aider les nécessiteux et 5 % pour entretenir les matériels de pêche. Il semblerait qu’il  n’existe pas de polarisation dans le groupe et que tout se fait par consensus. L’organisation des femmes est créée depuis peu. Elle est composée de marchandes de poisson et de femmes des pêcheurs. Un accompagnement bien plus ciblé fait défaut à ces organisations pour les aider a mieux s’orienter et a faire des choix objectifs dans leurs intérêts. Avec Aquasol, il est difficile de se prononcer sur la nature de l’accompagnement offert aux organisations de pêcheurs et aux femmes marchandes. Selon les informations recueillies, le commerce de poissons est récupéré par les hommes alors que les femmes sont quasi-absentes dans la filière ce qui est contraire aux pratiques de commercialisation du poisson. Sachant que ce secteur est traditionnellement contrôlé par les femmes. D’une manière générale, Il manque à ces organisations de pêcheurs et de marchandes un réel accompagnement pour les aider à les faire émerger comme cadres populaires Approche participative utilisée par les différents prestataires, les techniques de transfert de capacités utilisées et leur niveau d’efficacité dans la pérennisation de l’intervention L’accompagnement et le suivi des groupes de pêcheurs ou de marchandes se font de manière différente suivant les institutions prestataires. La notion de participation n’est pas clairement maîtrisée. Et son exercice pose problème puisqu’il suppose un ensemble de principes de fonctionnement à suivre par les acteurs et actrices à différentes étapes de la planification, de la programmation et de la mise en œuvre des interventions. Fondation Verte a même introduit la formule d’accompagnement par un membre de l’organisation pêcheur qui est muté comme animateur pour assurer la pérennité des actions. Ce groupe d’animateurs lié aux organisations de pêcheur n’ont plus ce sentiment d’appartenance au groupe dont ils sont issus puisqu’ils sont transformés en employés de la Fondation Verte. Etant donné qu’aucune femme ne fait partie de ce groupe, ce sont ces animateurs qui dirigent les regroupements de femmes, ce qui est contraire à l’approche de genre qui encourage l’autonomisation des femmes pour les porter par elles-mêmes à mieux maîtriser les espaces organisationnels et de pouvoir. Formation dispensée aux organisations de marchandes de poissons et les matériels didactiques utilisés : Dans son programme, FAES avait mis l’accent sur le renforcement des capacités, ce qui suppose que la formation des membres des organisations est primordiale. Dans les faits, au moment de l’évaluation, il n’existe aucun document de formation destiné au renforcement des capacités des partenaires en matière de participation, de responsabilisation, pour promouvoir la culture organisationnelle, la sensibilisation en genre et sur les droits des femmes, etc. Mis à part Fondation Verte qui a fait des ateliers sur les techniques de conservation et de transformation des produits touchant davantage la gestion et la commercialisation des produits de la mer. Cependant tous les membres des organisations plus particulièrement les femmes sont demandeuses de formation. 5.2 Renforcement institutionnel Mode de gestion des ressources humaines, matérielles. Tous les prestataires de services ne disposent d’une infrastructure administrative aussi structurée comme Fondation Verte avec un personnel engagé à des degrés divers dans la mise en œuvre du projet. CPASA bénéficie de tous les services offerts par les ressources humaines ainsi que de l’infrastructure organisationnelle de Fondation Verte. Pour répondre aux besoins en ressources humaines requises par le projet, Fondation Verte a déployé une flopée de techniciens et techniciennes sur le terrain. Une relation harmonieuse s’est établie entre la Fondation verte et les membres des organisations de pêcheurs. Les techniciens d’AQUASOL ne sont pas suffisamment bien perçus par certains membres des communautés où ils interviennent. A Puits Salé, bénéficiaires et personnel du projet sont opposés dans des conflits d’intérêt et l’évaluation a été un moment attendu afin que les bénéficiaires puissent profiter pour soulever des problèmes de mauvais fonctionnement. Le conteneur acheté par AQUASOL pour servir de magasin d’intrants de pêche est l’objet d’un litige. Les membres de l’organisation disent avoir été touchés de l’affectation du conteneur à d’autres fins, mais n’avaient jamais donné leur assentiment et n’avaient signé aucune autorisation ce concernant. Il faut dire que le conteneur acheté pour servir de magasin d’intrants a été remis a une organisation dénommée CREDP, qui compte neuf mois d’existence, pour servir de magasin de produits alimentaires. Aucun matériel ayant rapport à la pêche n’a été remarqué à l’intérieur du conteneur. Il faut aussi rapporter que d’après les dires des bénéficiaires le poisson est très rare dans la zone. Les membres des organisations de pécheurs aimeraient être dotes de matériels adéquats pour arriver à rentabiliser la filière dans la zone. A L’Estère d’Erée, le projet tarde à débuter. Pour EDDEN, l’organisation a opté pour une présence non permanente mais régulière sur le terrain. Les relations viennent de s’initier entre l’institution et les organisations nouvellement créées autour des projets. Les liens institutionnels existant entre les partenaires évoluant dans le secteur de la pêche est bénéfique pour les pêcheurs et les marchandes de poissons. La relation avec Food for the Poor a permis aux associations de pêcheurs de disposer de canots de pêche motorisés lors même qu’ils consomment plus d’essence que ceux fabriqués localement. Dans quelques villages « Food for the Poor » a commencé la construction de maisonnettes en béton avec des toitures de tôles ondulées pour remplacer les cahutes en triangles de palétuviers coiffées de toits de paille. Fondation Verte apporte des appuis techniques et conseils à d’autres partenaires tels que : Aquasol et EDDEN, comme sous contractant. Des liens étroits sont tissés entre Fondation Verte et Food for the Poor pour l’entreposage des matériels, avec d’autres partenaires de la Caraïbe et le Ministère de l’Agriculture et des Ressources Naturelles pour soutenir ce secteur victime des cyclones de l’été 2008. Par ailleurs, le Ministère de l’Agriculture à travers son Secrétariat aux Ressources Animales promeut un partenariat dynamique avec les prestataires et institutions en vue de développer des opportunités dans le secteur de la pêche pour le valoriser. VI.- STRATEGIES/PERSPECTIVES Plan de consolidation pour l’intégration des marchandes Toutes les localités sous étude présentent la même configuration. Les populations vivant dans ces villages sont en proie aux mêmes insécurités de vie telles la pauvreté, l’absence d’infrastructures minimales comme les services de santé, l’absence de conduits d’eau, de logement décent, inexistence d’écoles dans les villages, impraticabilité des voies de communication. Les marchandes de poissons, en tant que des actrices dans le processus de production des biens et services sont désireuses de participer pleinement dans les actions de développement en vue d’aider à changer la donne socioéconomique. Il s’agit d’identifier les actions susceptibles de favoriser l’accès et le contrôle de ces marchandes de poisson dans les interventions visant le renforcement de la filière de la pêche : 4.1 Les approches stratégiques pour prochaines années: • Développer et renforcer les capacités structurelles et organisationnelles des femmes dans les villages de pêche ; • Développer le leadership des femmes dans la gestion d’organisation, dans la prise de responsabilité civique dans leurs communautés et leur pouvoir de décision dans le choix des actions qui seront déterminées dans les projets ; • Former les femmes sur la connaissance de leurs droits, sur les relations de genre ainsi que les techniques de conservation et de transformation des fruits de mer; • Fournir un apport économique à ces femmes pour assurer leur autonomie ; • Doter ces organisations d’équipement pour la conservation, la transformation des produits de la mer ; • Développer un plaidoyer pour une reconnaissance du rôle des femmes dans la filière. En fonction des approches retenues, les objectifs stratégiques et opérationnels seront dégagés : VII.- PRINCIPALES RECOMMANDATIONS Approche des programmes de FAES en matière d’égalité entre les femmes et les homme/EFH En tant maitre d’œuvre, FAES devra définir un cadre d’orientation de financement des projets avec des critères prenant en compte l’intégration de genre et la dimension EFH. Il est inconcevable que des programmes de pêche fassent complètement abstraction, dans leur stratégie d’intervention, de la population des marchandes qui joue un rôle déterminant dans ce secteur. Les trois projets sans distinction reproduisent un schéma de gestion traditionnel d’inégalité et d’injustice dont souffrent les femmes dans la société alors qu’elles disposent d’un énorme potentiel de développement. Les hommes, par contre, participent et contrôle tout le processus d’exécution du projet. Pour l’approbation d’un projet, il va de soi que le FAES devrait veiller à ce que des considérations en faveur du principe de l’équité de genre et à l’encontre de la discrimination-subordination des femmes figurent dans la méthodologie de travail des prestataires ou firmes de services. L’espace accordé aux femmes doit être identifié et spécifié dès le départ dans la formulation des actions. De manière générale plus particulièrement dans le cas des projets de pêche, on devrait absolument retrouver les orientations suivantes : • La dimension EFH est inscrite clairement dans les documents de projets tant dans la stratégie des interventions que dans l’implication des femmes dans le contrôle des actions et des ressources ; • Les relations sociales entre les deux sexes sont prises en compte, c’est-a-dire qu’il n’existe aucune monde des femmes séparées des hommes et que l’information sur les femmes est nécessairement information sur les hommes ; • Une sensibilité sexospécifique tenant compte que la valorisation différentielle des rôles masculins au dessus des rôles féminins établit une hiérarchie de pouvoir consacrant la dévalorisation – discrimination sociale, politique, économique et culturelle des femmes. Au sein de FAES, la perspective de genre devra être une composante des politiques de l’institution. Dans les critères d’approbation des projets ou /et des études de la FAES, il y a obligation pour les prestataires/partenaires d’intégrer la promotion de l’équité et de l’égalité de genre dans la stratégie des interventions. Il est inconcevable que les stéréotypes sexistes continuent à être utilisés dans les documents administratifs internes notamment dont le libellé des contrats et termes de référence faisant obligation à toute femme de s’identifier au masculin. Ceci va à l’encontre des conventions nationales et internationales signées ainsi que les politiques publiques définies par l’Etat haïtien pour l’élimination de toutes les discriminations faites à l’encontre des femmes5. Conception Organisationnelle des projets Les programmes et actions conduits par le FAES pour la valorisation de la pêche devraient être initiés dans les zones où les populations ont été déjà impliquées dans des initiatives socio-organisationnelles et de développement communautaire. La motivation et l’engagement des partenaires bénéficiaires constitueraient également des éléments déterminants dans les considérations de sélection. Le volet organisationnel est traité en parent pauvre alors qu’il est déterminant pour la viabilité des interventions. Cet aspect constitue le grand déficit de tous les projets. Il a conduit à des dérives fâcheuses en provoquant la stagnation et même le blocage de certaines activités liées au niveau de responsabilisation et au leadership des membres. Ces projets devraient étendre un accompagnement comprenant une approche d’ensemble aux groupes pour leur structuration – la définition de leurs programmes – l’élaboration de leur plan d’action – la pratique permanente de l’évaluation de leurs activités-actions. Dans le processus d’accompagnement des bénéficiaires, il est indispensable de promouvoir un travail d’éveil et de sensibilisation pour les porter à assumer des attributions qui sont gérées par les prestataires ou firmes d’exécution. La promotion des organisations de marchandes devrait être menée suivant une approche sexospécifique tenant compte des intérêts, des besoins et des demandes dans la mesure où ces projets visent le développement et l’amélioration des conditions socioculturelles de vie. Appui infrastructurel en développement de marais salants Comme il a été souligne antérieurement, sans un système frigorifiant, l’absence des marais salants dans les villages constitue un sérieux handicap pour la conservation des produits de mer. Si on veut augmenter les revenus des marchandes dans les conditions actuelles, un appui infrastructurel pour le développement des marais salants serait un atout majeur aux mains des marchandes afin d’éliminer leurs énormes déficits résultant du pourrissement des poissons. A cause du peu d’intérêt accordé aux demandes des femmes, aucun des projets ne fait cas de ce besoin essentiel exprimé par les femmes marchandes. 6.1 PRIORITÉS STRATÉGIQUES Objectifs stratégiques # 1 : Développer et renforcer les capacités des membres des organisations de marchandes. Objectif opérationnel 1.1 : Renforcer les capacités des membres des organisations de femmes en matière de culture et pratique organisationnelle, entreprenariat, gestion, administration, comptabilité, marketing et recherche de fonds, Objectif opérationnel 1.2 : Appuyer les actions d’éducation, de formation sur le leadership et les droits des femmes, les relations de genre et d’alphabétisation pour les membres des organisations de femmes. Objectif opérationnel 1.3 : Mettre sur pied un partenariat technique et financier à l’appui des groupes de femmes de la filière de pêche. Objectifs stratégiques # 2 : Développer et renforcer les capacités d’intervention des organisations de marchandes dans les domaines économiques et sociaux. Objectif opérationnel 2.1 : Développer et encourager des initiatives économiques telles que l'épargne et l'octroi des crédits à des taux d'intérêt bas pour l’achat de produits de pêche et pour se doter d’équipements au sein des organisations de marchandes afin de les porter à devenir des organisations autonomes. Objectif opérationnel 2.2 : Sensibiliser les organisations des marchandes sur les initiatives pour la protection de l’environnement tout en favorisant l’accès à l’eau, aux soins de santé; Objectif opérationnel 2.3 : Renforcer les capacités de gestion et de commercialisation des marchandes de poisson. Intégrer les marchandes de poisson dans le mouvement coopératif et les circuits du commerce solidaire; Objectif opérationnel 2.4 : Encadrer les organisations des femmes dans la prévention des désastres et la réhabilitations des zones exposées; Objectif opérationnel 2.5 : Impliquer les membres des organisations de femmes dans le développement des techniques de gestion efficace, au point de créer des micros structures favorisant l'épargne pour la création de richesses Objectif opérationnel 2.6 : Accompagner les organisations des femmes dans la formulation et la réalisation de projet commun au niveau des villages. (Encourager la réflexion des femmes, sur de nombreuses infrastructures sociales, par exemple: la création d'écoles, de centre de santé, de route, de captage de l’eau dans la zone) Objectifs stratégiques # 3 : Promouvoir la concertation et appuyer les initiatives visant à développer des réseaux de marchandes tant au niveau local que régional Objectif opérationnel 3.1 : Encourager les marchandes et les pêcheurs à développer des partenariats, des liens de coopération pour harmoniser leurs relations et à créer des espaces d’échange, de communication. Objectif opérationnel 3.2 : Sensibiliser les pêcheurs, les marchandes et les prestataires de FAES à participer et soutenir l’éclosion des réseaux de marchandes et pêcheurs sur des projets locaux d’intérêt commun; Objectif opérationnel 3.3 : Concevoir l’implémentation d’actions conjointes d’impact majeur dans les sphères socio-économiques ; Objectif opérationnel 3.4 : Renforcer les processus d’articulation des réseaux régionaux et nationaux sur la filière de pêche. TABLEAU : PLAN DE CONSOLIDATION Objectifs stratégiques # 1 : Développer et renforcer les capacités des membres des organisations de marchandes Objectif opérationnel Indicateurs Actions 1.1  Renforcer les capacités des membres des organisations de femmes en matière de culture et pratique organisationnelle, entreprenariat, gestion, administration, comptabilité, marketing et recherche de fonds ; Partenariat avec des prestataires ayant l’expertise dans les domaines considérés Promotion de programme de renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelle des marchandes et de leurs membres 1.2  Appuyer les actions d’éducation, de formation sur le leadership et les droits des femmes, les relations de genre et d’alphabétisation pour les membres des organisations de femmes ; Augmentation du nombre de marchandes alphabétisées/utilisation de matériels imprimés par les marchandes/capacités décuplées des marchandes pour la défense de leurs droits Identification et développement de programmes de formation pour les associations de marchandes dans les domaines indiqués 1.3. Mettre sur pied un partenariat technique et financier à l’appui aux groupes de femmes de la filière de pêche ; Appui aux marchandes de poissons Rencontre avec les marchandes de poissons Identification de leurs principaux problèmes Objectifs stratégiques # 2 : Développer et renforcer les capacités d’intervention des organisations de marchandes dans les domaines économiques et sociaux. Objectif opérationnel Indicateurs Actions 2.1 : Développer et encourager des initiatives économiques telles que l'épargne et l'octroi des crédits à des taux d'intérêt bas pour l’achat de produits de pêche et pour se doter d’équipements au sein des organisations de marchandes afin de les porter à devenir des organisations autonomes ; L’augmentation du revenu des marchandes de poissons Des initiatives et des mécanismes sont développés pour accroître l’autonomie des marchandes Promouvoir des programmes pour l’amélioration du pouvoir d’achat des marchandes La mise en place d’outils de crédit adaptés au développement du commerce de poisson La promotion et l’extension de l’accès aux équipements de préparation et de conservation et de commercialisation. 2.2 : Sensibiliser les organisations des marchandes sur les initiatives pour la protection de l’environnement tout en favorisant l’accès à l’eau, aux soins de santé ; Des initiatives de développement des recherches – actions sur la protection de l’environnement sont approfondies L’implication des membres des organisations dans des programmes de cultures adaptés dans les zones et de gestions des déchets afin de protéger l’environnement. 2.3 : Renforcer les capacités de gestion et de commercialisation des marchandes de poisson; Intégrer les marchandes de poisson dans le mouvement coopératif et dans les circuits du commerce solidaire ; Un système de crédit solidaire est utilisé et les marchandes représentent les actionnaires du système Amélioration du pouvoir d’achat des marchandes par le développement du commerce et des crédits à faible taux 2.4 : Encadrer les organisations des femmes dans la prévention des désastres et la réhabilitation des zones exposées ; La stabilisation de la dégradation de l’environnement et de l’érosion des bassins versants sont constatées  Des revenus sont générés à partir de certaines options décidées une meilleure gestion des fonds marins est constatée Sensibilisation des marchandes sur la protection de l’environnement/promotion de l’établissement de forêts communaux et de pépinières locales. Mobilisation des leaders d’ associations de marchandes pour le développement des pratiques de PM&E afin d’ évaluer les bénéfices tirés des options pour la prévention de désastres 2.5 : Impliquer les membres des organisations de femmes dans le développement des techniques de gestion efficace, au point de créer des micros structures favorisant l'épargne pour la création de richesses ; Structuration des coopératives et accroissement de la richesse au niveau individuel et associatif Promotion et formation des marchandes sur les techniques coopératives/ les tontines, etc. 2.6 : Accompagner les organisations de femmes dans la formulation et la réalisation de projet commun au niveau des villages. (Encourager la réflexion des femmes, sur de nombreuses infrastructures sociales, par exemple: la création d'écoles, de centre de santé, de route, captage de l’eau dans la zone) Réalisation de projets communautaires par les femmes au niveau des villages Promotion de la participation des femmes dans le fonctionnement des organes et structures de gestion communautaire. Renforcement des capacités des marchandes par la sensibilisation et la formation aux droits et au contrôle des ressources Objectifs stratégiques # 3 : Promouvoir la concertation et appuyer les initiatives visant à développer des réseaux de marchandes tant au niveau local que régional Objectif opérationnel Indicateurs Actions 3.1 : Encourager les marchandes et les pêcheurs à développer des partenariats, des liens de coopération pour harmoniser leurs relations et à créer des espaces d’échange, de communication. Création de coopératives de poissons en vue de renforcer le partenariat entre pêcheurs et marchandes de poissons Rencontre de sensibilisation et de partage  Mise en place d’une coopérative de pêche 3.2 : Sensibiliser les pêcheurs, les marchandes et les prestataires du FAES à participer et à soutenir l’éclosion des réseaux de marchandes et pêcheurs sur des projets locaux d’intérêt commun; Mise en œuvre de projets communautaires Rencontre d’information et de sensibilisation  Priorisation des idées de projets à développer  Réalisation de différents projets communautaires 3.3 : Concevoir l’implémentation d’actions conjointes d’impact majeur dans les sphères socio-économiques ; Développement de projets à caractère socio-économique Rencontre d’information et de sensibilisation  Priorisation des idées de projets socio-économique  Réalisation de différents projets socio-économiques 3.4 : Renforcer les processus d’articulation des réseaux régionaux et nationaux sur la filière de pêche. Renforcement de La filière de pêche Rencontre d’information et de sensibilisation Mise en place de réseaux régionaux et nationaux