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DIRECTION NATIONALE DE L'EAU POTABLE ET
DE L'ASSAINISSEMENT (DINEPA)
Stratégie Nationale pour la Conservation et le
Traitement de l’Eau à Domicile (C-TED)
2018-2027
Mai 2018
Auteurs :
Pierre-Yves Rochat, Consultant, Rezodlo SA
Othale Blanc, Chef du programme CDC, DINEPA
Frantz Chrispin, DINEPA, Responsable du C-TED, DINEPA
Publication : Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA)
Mai 2018
La présente stratégie a été élaborée entre avril et décembre 2017 dans le cadre d’un accord entre la
DINEPA et le CDC relatif à l’amélioration de la régulation du secteur Eau Potable et Assainissement.
Le processus de rédaction a impliqué les principales autorités, organisations internationales et
organisations non-gouvernementales actives dans le domaine de la conservation et du traitement de
l’eau à domicile en Haïti. En particulier, la DINEPA, le MSPP, le CDC, l’OPS/OMS, l’UNICEF et la
PEPA ont été représentés au sein d’un comité de pilotage qui s’est réuni à plusieurs reprises, a
commenté et enrichi les différentes versions proposées, puis a proposé la validation finale de la
Stratégie nationale C-TED 2018-2027 par la Direction Générale de la DINEPA. De plus, de
nombreuses autres parties prenantes impliquées dans le C-TED en Haïti, telles que des entreprises
privées et des ONG, ont été rencontrées lors d’entretiens bilatéraux ou d’ateliers, ou ont été
sollicitées par des échanges de courriels.
Les auteurs de la présente stratégie adressent leurs sincères remerciements à tous les membres du
comité de pilotage qui, par leur appui et leur participation active, ont grandement contribué à faire
évoluer son contenu. Des remerciements particuliers sont adressés aux représentants de CDC, en
Haïti et aux Etats-Unis, qui n’ont jamais cessé de soutenir l’élaboration d’un tel document de
référence pour Haïti et qui y ont apporté toute leur expertise en la matière.
2
Table des matières
Avant-propos ....................................................................................................................................... 3
Table des matières .............................................................................................................................. 4
Résumé ............................................................................................................................................... 5
Chapitre 1. Objets et limites................................................................................................................. 7
Chapitre 2. Eléments contextuels ...................................................................................................... 10
2.1 Accès à des services en eau potable ....................................................................................... 10
2.2 Dispositifs institutionnels .......................................................................................................... 12
2.3 Crises humanitaires ................................................................................................................. 14
2.4 Traitement de l’eau à domicile ................................................................................................. 15
Chapitre 3. Piliers de la stratégie ....................................................................................................... 17
3.1 Usagers.................................................................................................................................... 17
3.2 Accès EP ................................................................................................................................. 18
3.3 Marché ..................................................................................................................................... 21
3.4 Filières C-TED ......................................................................................................................... 23
Chapitre 4. Financement ................................................................................................................... 27
4.1 Tarifs ........................................................................................................................................ 28
4.2 Taxes ....................................................................................................................................... 29
4.3 Transferts ................................................................................................................................. 29
Chapitre 5. Rôles et attributions ........................................................................................................ 31
5.1 DINEPA.................................................................................................................................... 32
5.2 MSPP ....................................................................................................................................... 33
5.3 MCI .......................................................................................................................................... 34
5.4 MICT et collectivités territoriales .............................................................................................. 35
5.5 Opérateurs EP publics ............................................................................................................. 35
5.6 Opérateurs EP privés ............................................................................................................... 36
5.7 Fournisseurs C-TED ................................................................................................................ 37
5.8 Partenaires techniques et financiers ........................................................................................ 38
5.9 Usagers et consommateurs ..................................................................................................... 38
Chapitre 6. Projets C-TED ................................................................................................................. 39
Chapitre 7. Perspectives.................................................................................................................... 44
Annexes............................................................................................................................................. 47
Annexe 1. Abréviations et acronymes ............................................................................................ 47
Annexe 2. Définitions ..................................................................................................................... 49
Annexe 3. Bibliographie ................................................................................................................. 50
Annexe 4. Efficacité des options et produits TED .......................................................................... 51
Annexe 5. Produits C-TED disponibles en Haïti............................................................................. 52
4
Résumé
La stratégie nationale C-TED est un important outil de régulation du secteur EPA en Haïti. Elle est
développée et appliquée dans le cadre du leadership institutionnel exercé par la DINEPA. Elle a pour
ambition de contribuer à apporter de l’eau potable à ceux qui en sont privés et d’encadrer le
développement du domaine C-TED en coordination avec l’ensemble des parties prenantes
concernées. Elle doit aussi faciliter les interventions lors de crises humanitaires, sans toutefois nuire
aux actions durables.
La stratégie C-TED tient compte de l’accès aux services en eau potable fournis par les opérateurs
publics et privés, ainsi que des dispositifs institutionnels qui régissent l’organisation des instances
étatiques concernées. Elle prend également en considération les crises humanitaires auxquelles
Haïti est souvent confronté et les diverses expériences acquises dans le traitement de l’eau à
domicile, notamment depuis 2010.
La stratégie C-TED repose sur 4 piliers qui orientent l’ensemble des directives énoncées.
Le 1er pilier affirme que les usagers doivent être en mesure d’opérer des choix informés en ce qui
concerne l’eau de boisson qu’ils consomment. A ce titre, la stratégie recommande que les usagers
puissent accéder eux-mêmes aux options C-TED. Toutes les distributions de produits C-TED sont
ainsi limitées aux crises humanitaires.
Le 2ème pilier définit les situations où le C-TED devient une alternative pour l’approvisionnement en
eau potable. Une absence de services en eau potable constitue ainsi le cas de figure prioritaire pour
la promotion d’un recours au C-TED. A l’inverse, lorsque des services de qualité sont dispensés par
des opérateurs publics ou privés, l’application du C-TED n’est pas requise. La stratégie évoque
également d’autres situations, liées à des services partiels, en cours d’installation ou interrompus, où
le C-TED peut faire figure de solution transitoire pour la fourniture d’une eau de qualité.
Le 3ème pilier stipule que les options C-TED doivent prioritairement être fournies par le marché
national. La stratégie encourage ainsi surtout le développement des options C-TED produites en
Haïti et la mise en place de réseaux de distribution. Elle recommande les investissements privés,
mais elle incite aussi les PTF à octroyer des aides permettant le développement des systèmes de
marché.
Le 4ème pilier établit l’importance du choix de la ressource en eau dans le cadre du C-TED. Le
recours aux sources, aux forages équipés de PMH ou à l’eau de pluie doit ainsi être privilégié. En
termes de traitement, la stratégie recommande la filtration et/ou la chloration réalisée/s au moyen de
produits C-TED approuvés par le MSPP. La stratégie préconise aussi que la bonne conservation de
l’eau au domicile des usagers soit systématiquement promue. Finalement, ces actions doivent être
accompagnées par des mesures IEC destinées à orienter les usagers et à promouvoir les bonnes
pratiques en matière d’eau potable et d’hygiène.
L’application de la stratégie C-TED repose sur 3 sources de financement représentées par les tarifs,
par les taxes et par les transferts. Si la stratégie encourage le développement des tarifs associés aux
achats effectués par les usagers ou le recours aux taxes provenant de financements publics, elle
reconnaît néanmoins l’importance cruciale des transferts alloués par les bailleurs de fonds. A ce titre,
la publication de la stratégie doit permettre l’octroi de nouveaux transferts, destinés à promouvoir le
développement du domaine C-TED et à renforcer les capacités de certaines entités étatiques. La
5
stratégie recommande aussi le développement de solutions financières permettant de faciliter la
participation financière des usagers.
La stratégie C-TED énumère les différents rôles et responsabilités exercés par les parties prenantes
impliquées.
La DINEPA, en tant que principale autorité du domaine C-TED, est responsable de veiller à la bonne
application de la stratégie nationale. Elle doit pouvoir dispenser des formations sur la stratégie CTED à l’intention de ses propres agents, des opérateurs d’infrastructures hydrauliques publiques, de
certains représentants du MICT, des collectivités territoriales ou des fournisseurs C-TED. Pour ce
faire, la DINEPA élabore du matériel didactique qu’elle met à la disposition de tous. De plus, la
DINEPA assure la coordination des parties prenantes, notamment dans le cadre des plateformes CTED organisées périodiquement à l’échelon national, régional ou départemental.
Le MSPP est une institution-clé du domaine C-TED.Il exerce des responsabilités spécifiques dans le
cadre de l’approbation des produits C-TED, de la surveillance sanitaire, du contrôle de la qualité de
l’eau et de l’hygiène, notamment par rapport à la validation du contenu des messages IEC associés
au C-TED. Le MSPP dispense également des formations sur la stratégie auprès de ses différents
représentants déployés sur tout le territoire national et des institutions de santé.
Le MCI dispose d’un rôle important dans le cadre de la stratégie C-TED car il doit assurer que les
fournisseurs C-TED respectent les directives commerciales en vigueur et qu’ils procèdent
exclusivement au commerce de produits C-TED approuvés.
Le MICT représenté par la DPC et les collectivités territoriales sont responsables de la coordination
des interventions lors des crises humanitaires. Ils doivent, à ce titre, contribuer au respect des
directives de la stratégie C-TED lors des urgences. De plus, les collectivités territoriales sont
impliquées dans la cadre de tout projet C-TED mis en œuvre au sein des communes.
Les opérateurs d’infrastructures hydrauliques publiques, les opérateurs privés qui produisent ou
distribuent de l’eau de boisson, les fournisseurs C-TED et l’ensemble des PTF exercent également
des responsabilités particulières dans le cadre de la stratégie C-TED.
Des projets C-TED peuvent être exécutés par des OI/ONG, des associations caritatives, des
entreprises privées, des consultants ou des entités étatiques. La stratégie établit ainsi les directives
relatives aux différentes phases du cycle de projet. Les projets C-TED doivent, en particulier, tenir
compte des 4 piliers de la stratégie et pouvoir être validés par la DINEPA avant l’obtention d’un
accord de financement. Les principaux documents associés au projet sont partagés avec la DINEPA
et peuvent faire l’objet de présentations dans le cadre des plateformes C-TED. L’évaluation des
projets C-TED est obligatoire et conditionne la réalisation de nouveaux projets.
L’application de la stratégie C-TED débute par la réalisation de travaux collectifs ambitieux conduits
sous l’égide de la DINEPA. L’élaboration de matériel didactique, d’indicateurs et de messages-clés
associés à la stratégie C-TED doit en particulier permettre la réalisation de formations et la définition
de projets C-TED conformes à la stratégie. Le respect d’échéances importantes associées à
l’abandon des projets qui n’impliquent pas la participation financière des usagers, au recours exclusif
aux options C-TED disponibles en Haïti ou à la régularisation des activités commerciales exercées
par des ONG doit contribuer à renforcer l’application de la stratégie C-TED.
La stratégie C-TED a une durée de 10 ans et entre en vigueur dès sa publication par la DINEPA.
6
Chapitre 1. Objets et limites
La Conservation et le Traitement de l’Eau à Domicile (C-TED) comprend toutes les pratiques
destinées à l’amélioration de la qualité de l’eau mises en œuvre directement par un individu au
niveau de son domicile,notamment afin que cette dernière puisse être utilisée en tant qu’eau de
boisson. A ce titre, le C-TED exclut toute forme de traitement d’eau qui n’est pas effectuée au
domicile d’une famille mais à un point de collecte d’eau situé en dehors de l’espace domiciliaire, tels
une pompe à motricité humaine, un kiosque ou une borne-fontaine. Le C-TED exclut également
toutes les pratiques exercées à usage collectif, notamment en milieu scolaire ou dans des
établissements de santé. Cependant, la présente stratégie peutapporter des informations utiles pour
les interventions visant ce type d’institutions.
Les trois (3) objectifs de la Stratégie nationale C-TED sont les suivants :
Objectif 1. Contribuer à apporter de l’eau potable1à ceux qui en sont actuellement privés
(contribuer en cela à la réduction des maladies diarrhéiques)
Le C-TED apporte de véritables alternatives en matière d’eau potable au bénéfice des familles
qui ne disposent pas d’un approvisionnement amélioré et sûr.A ce titre, la promotion du C-TED
est une mesure de santé publique qui permet d’atténuer les risques sanitaires associés à la
consommation d’une eau contaminée. L’élaboration de la présente stratégie contribue ainsi à
développer, à l’échelle nationale, des options destinées à la consommation d’eau potable par les
ménages.
Objectif 2. Orienter et encadrer le développement du C-TED
Le C-TED doit être encouragé et organisé afin que davantage d’usagers puissent y recourir de
manière systématique. Pour ce faire, la stratégie définit les axes de développement et le
périmètre à l’intérieur duquel le domaine C-TED2est promu. En cela, la stratégie est un outil de
régulation favorisant lacroissance du C-TED à l’échelle nationale.
Objectif 3. Faciliter le recours au C-TED dans le cadre d’urgences humanitaires
Haïti étant sujet à des urgences humanitaires fréquentes et souvent récurrentes, le recours au CTEDest régulièrement appliqué dans ces situations afin de pallierle manque ou l’absence
d’eaupotable. La stratégie doit ainsi permettre que ces activités puissent être menéesen faveur
des populations victimes de catastrophes naturelles, d’épidémies oude déplacements forcés, tout
en s’inscrivant dans le cadre du développement général du C-TED (Objectif 2).
D’une manière générale, la stratégie nationale s’adresse(Figure 1) directement à toutes les parties
prenantesC-TED2et indirectement aux usagers qui ont recours aux options C-TED2 au sein de leur
foyer. Les groupes suivants sont ainsi distingués :
-
L’Etat au sens large, qui est représenté par des entités nationales ou déconcentrées, des
autorités communales et, dans les secteurs EPA et santé, par des prestataires de services
1
Eau destinée à la consommation humaine sans risque pour la santé, d’après le lexique de la loi cadre portant
organisation du secteur de l’eau potable et de l’assainissement, 2009
2
Voir Définitions, Annexe 2
7
ou opérateurs qui fournissent, respectivement, de l’eau ou des soins à la population
(Chapitre 2.2).
-
Le secteur privé ou les fournisseurs C-TED2, qui produisent, importent et/ou mettent à
disposition des usagers différentes options ou produits C-TED2. A ce titre, ces intervenants
définissent l’offre y relative.
-
Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) représentéspar les bailleurs de fonds, les
organisations internationales, les ONG et les associations caritatives qui, dans le cadre de
projets ou programmes (Figure 1), appuient les autres parties prenantes et les usagers.
-
Les usagers qui développent la demande associée aux options ou produits C-TED.
Au regard de la multitude et de la diversité des intervenants, la stratégie C-TED doit en particulier
établir les rôles et responsabilités des différents acteurs concernés, et les liens les unissant (Chapitre
5).
FIGURE 1. RELATIONS ENTRE LES PARTIES PRENANTES ET PRINCIPALES COMPOSANTES DES PROJETS/PROGRAMMES DES PTF
Régulation
Contrôle
Coordination
Etat
1
PTF
2
3
Usagers /
Consommateurs
Demande
Secteur privé /
« Fournisseurs»
Offre
Légende :
1
Renforcement institutionnel
2
Renforcement du secteur privé
3
Appui direct aux usagers (réponses
aux urgences, distributions, etc.)
La présente stratégie a pour ambition d’orienter le domaine C-TED en Haïti au cours d’une période
de 10 ans, soit de janvier 2018 à décembre 2027. Au cours de cette période, les progrès accomplis
dans l’accomplissement des objectifs de la stratégie, ainsi que la pertinence de la stratégie ellemême, doivent être évalués régulièrement (Chapitre 5). Les résultats de ces processus d’évaluation
doivent ainsi permettre de déterminer si :
-
La stratégie 2018-2027 demeure inchangée ;
La stratégie 2018-2027 demeure inchangée, mais peut êtrepartiellement modifiée ou
complétée par des avenants ;
La stratégie 2018-2027 est révisée et remplacée par une nouvelle stratégie. S’il est jugé
nécessaire, ce processus de révision peut survenir au cours de la période 2018-2027 ou
seulement au terme de cette dernière. Cependant à défaut de révision, même au-delà de la
période initiale de 10 ans, la stratégie 2018-2027 demeure valide.
La présente stratégie, bien qu’abordant un certain nombre de concepts ou de notions techniques, n’a
pas vocation à expliciter des éléments techniques, technologiques ou scientifiques, ni à en
mentionner toutes les options de manière exhaustive. Pour ce faire, les parties prenantes doivent se
8
référer à certains documents faisant partie du Référentiel Technique National3, à des éléments cités
en bibliographie (Annexe 3) ou à d’autres ouvrages ou données.
S’il est ainsi présupposé que les parties prenantes de la stratégie nationale possèdent une certaine
connaissance des techniques appliquées au domaine C-TED, il est également admis que ces
dernières sont familiarisées avec le contexte socio-économique haïtien et avec l’organisation des
institutions nationales. Bien que plusieurs éléments contextuels soient apportés ou rappelés, la
bonne compréhension de la présente stratégie implique également une certaine connaissance
préalable d’Haïti et de ses principaux enjeux de développement.
3
https://dinepa.gouv.ht/lereferentieltechnique/
9
Chapitre 2. Eléments contextuels
La stratégie nationale C-TED s’inscrit dans un contexte particulier associé aux principaux
élémentssuivants :
1. Accès à des services en eau potable.La stratégie C-TED doit tenir compte du niveau et de
la qualité des services en eau potable auxquels les usagers ont accès en milieux urbain et
rural.
2. Dispositifs institutionnels. La stratégie C-TED est élaborée en tenant compte du paysage
institutionnel associé au secteur Eau Potable (EP).
3. Crises humanitaires. La stratégie C-TED doit pouvoir apporter des réponses lors des
différentes urgences humanitaires auxquelles Haïti est régulièrement confronté.
4. Traitement de l’eau à domicile. La stratégie C-TED doitprendre en considération
lesexpériences accumulées et les réalisations accomplies dans le domaine C-TED au cours
des années passées.
Ces thématiques, développées dans les chapitres suivants (Chapitres 2.1 à 2.4) permettent de
contextualiser la stratégie et d’en justifier ainsi certaines orientations.
2.1 Accès à des services en eau potable
En 2017, d’après les données disponibles (Figure 2), l’accès à l’eau potable en Haïti est caractérisé
de la manière suivante :
-
64% de la population disposent de services de base issus d’une infrastructure améliorée4
accessible en moins de 30 minutes5 ;
7% de la population disposent de services limités issus d’une infrastructure améliorée4, mais
accessible en plus de 30 minutes5 ;
29% de la population disposent de services non-améliorés fournis par des infrastructures
non-protégées telles que des sources non-captées ou des puits domestiques.
La classification établie ne retient aucun accès à des services sûrs issus d’une infrastructure
hydraulique garantissant un accès domiciliaire permanent à de l’eau exempte de toute contamination
bactériologique. De même, elle exclut un accès à des eaux de surface (rivière, canal, lac, etc.).
Même si à l’échelle nationale l’accès à ces types de services est exceptionnel, ce dernier peut
néanmoins être vérifiélocalement dans certaines villes pour des services de qualité optimale, et, à
l’inverse, dans certaines zones rurales pour un accès à des eaux superficielles.
4
5
PMH, captages de source, kiosques (publics ou privés), bornes-fontaines ou branchements domiciliaires
Temps nécessaire pour un aller-retour du domicile d’un usager jusqu’au point de collecte/vente d’eau
10
L’inégalitéde l’accès à des services en eau potable FIGURE 2. ACCÈS À L’EAU POTABLE EN HAÏTI
entre populations urbaines et rurales6 est notoire. En (D’APRÈS WHO/UNICEF JMP, 2017)
100
14
29
5
80
50
7
Population (%)
effet, il estmis en évidence que 50% des personnes
vivant en zones rurales n’ont accès qu’à des services
non-améliorés, alors que cela ne concerne que 14%
des populations urbaines. Le meilleur accès à des
services en eau potable en milieu urbain provient
principalement de l’offre proposée par les nombreux
opérateurs privés produisant de l’eau traitée par
osmose inverse, vendue au niveau de kiosques ou
sous forme de sachets, bouteilles ou récipients scellés
d’une contenance de 5 gallons. En milieu urbain, l’eau
traitée par osmose inverse constitue la principale
source d’approvisionnement en eau potable destinée à
la boisson, y compris auprès des populations les plus
pauvres. On notera encore que le développement de
kiosques privés, ainsi que la vente d’eau ensachée ou
embouteillée sont en constante progression à l’échelle
nationale. Ainsi, de plus en plus, de telles options
deviennent accessibles, non seulement dans les villes
secondaires, mais aussi au sein de localités rurales.
60
10
81
40
64
20
40
0
National
Rural
Urbain
Service sûr
Service de base
Service limité
Service non‐amélioré
Absence de service
Des campagnes d’analyses de la qualité de l’eau
effectuées par la DINEPA, entre 2014 et 2015, dans les 10 départements du pays, ont ciblé plus de
300 ressources en eau utilisées pour l’approvisionnementdes populations7. Il apparaît notamment
que 68% des sources (n= 281) et 29% des forages (n= 35) sont contaminés par des bactéries
d’origine fécale (E. coli). En revanche, seuls 3% des sources ou forages (n= 11) présentent des
caractéristiques physico-chimiques ou chimiques pouvant présenter des risques sanitaires ou nuire à
l’acceptance du service. D’une manière générale, l’eau souterraine utilisée dans le cadre de
l’approvisionnement en eau des populations est de bonne qualité ; cependant, le risque de
contamination fécale reste extrêmement important. Ce dernier s’explique notamment par la faible
couverture en assainissement, par des pratiques d’hygiène inappropriées et par la dégradation de
l’environnement.
Finalement, il faut encore relever que l’utilisation de l’eau de pluie en tant qu’eau à usage
domestique ou eau de boisson est fréquente, tant en milieu urbainque rural. La consommation d’eau
de pluie est généralement limitée aux périodes pluvieuses, mais peut, dans certaines régions,
notamment en zones montagneuses ou dans certaines zones dépourvues d’eau souterraine,
perdurer durant plusieurs mois.
6
Il est considéré que 59% de la population haïtienne (soit 6'282'000 personnes) résident en zones urbaines, et que
41% (soit 4'430'000 personnes) résident en zones rurales (UNPD, 2014-15)
7
Source DINEPA, données non-publiées
11
2.2 Dispositifs institutionnels
Quatre(4) entitésprincipales représentant l’Etat exercent des fonctions en matière d’eau potable. Il
s’agit de (Figure 3) :
1. Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) rattachée au Ministère
des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC)
2. Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP)
3. Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI)
4. Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT) et les collectivités territoriales
elles-mêmes
On note encore que le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR), le Ministère de l’Environnement (MDE) et le Comité Interministériel
d’Aménagement du Territoire (CIAT) jouent également un rôle en matière de gestion des ressources
en eau. De plus, en avril 2017, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant sur la
création de l’Agence nationale des Ressources hydriques (ANARHY) a été adopté. Si cetteloi devait
être promulguée, l’ANARHY exercerait alors un rôle essentiel en matière de régulation du secteur de
l’eau ;cependant, elle n’aurait que peu d’incidence sur la présente stratégie. Enfin, il convient de
signaler aussi le rôle important exercé par la Direction Générale des Impôts (DGI) dans le cadre
durenouvellement des patentes commerciales des sociétés privées.
FIGURE 3. ENTITÉS ÉTATIQUES ET PRESTATAIRES DE SERVICES/OPÉRATEURS PRINCIPAUX IMPLIQUÉS DANS LE SECTEUR EP AVEC
L’INDICATION ENTRE PARENTHÈSES DE LEUR NOMBRE RESPECTIF
Territoire
Entités étatiques (selon le découpage territorial)
Pays
MTPTC / DINEPA
MSPP
MCI
MICT
Région
OREPA (4)
-
-
-
Département (10)
URD (11)
DS (10)
DD (6)
DD (10)
Arrondissement (42)
-
UAS (5)
-
-
Commune (146)
TEPAC (133)
BCS (env. 50)
-
CM (146), CASEC /
ASEC (env. 570)
CTE (25)
CAEPA (env. 650)1
CPE (5’000 à
10’000)2
Hôpitaux (env. 20)
CCS (800 à 900)
Officiers sanitaires
ASCP (présents
sur env. 60% du
territoire)
Sociétés
privées
Prestataires de services / opérateurs
1 Seuls 300 CAEPA sont reconnus par la DINEPA (en 2017)
2 Seuls une centaine de CPE sont reconnus par la DINEPA (en 2017)
12
1. DINEPA
La DINEPA, créée en 2009 à la suite de la publication de la loi cadre portant organisation du secteur
Eau Potable et Assainissement (EPA), est placée sous la tutelle du MTPTC. Elle a pour mission
d’exécuter la politique de l’Etat dans le secteur EPA axée sur le développement des infrastructures,
la régulation sectorielle et le contrôle des acteurs. Elle a en particulier pour attribution d’élaborer, en
coordination avec les ministères et institutions concernés, la politique nationale du secteur EPA, ainsi
que les normes et règlements relatifs à la qualité de l’eau de boisson.
La DINEPA exerce sa mission au niveau national et délègue certaines de ses attributions à
desentités déconcentrées (Figure 3) installées au sein de 4 régions (OREPA), des départements et
de l’île de la Gonâve (URD) et des communes8(TEPAC). La DINEPA désigne les prestataires de
services ou opérateurs9 qui exploitent les infrastructures hydrauliques publiques et supervise leur
activité.
La DINEPA, ses entités déconcentrées et les opérateurs affiliés exercent certaines de leurs
attributions de manière transitoire, puisqu’il est prévu que la gestion des infrastructures hydrauliques
soit graduellement transférée aux collectivités territoriales.
2. MSPP
Le MSPP est l’autorité sanitaire nationale. Il a, à ce titre et en vertu d’un décret publié en 2006, pour
mission de définir et faire appliquer la politique nationale en matière de santé et les stratégies
sanitaires correspondantes. Dans ce cadre-là, le MSPP a en particulier pour attribution d’« établir et
veiller à l’application des normes techniques sanitaires relatives aux aliments, à l’eau potable et aux
produits pharmaceutiques et cosmétiques destinés à l’usage humain et à l’hygiène publique »10. Le
MSPP a également pour rôle de promouvoir la santé individuelle et d’en concevoir ainsi les
stratégies et les messages appropriés.
Le MSPP est représenté dans les départements (Figure 3) par des Directions sanitaires
départementales chargées d’appliquer la politique sanitaire nationale et de coordonner, superviser et
contrôler les structures sanitaires, privées ou publiques. Enfin, le MSPP dispose d’Officiers sanitaires
et d’Agents Sanitaires Communautaires Polyvalents (ASCP) qui, tout en étant rattachés aux
Directions sanitaires départementales, sont déployés au sein des communes ou auprès de certaines
structures de santé. Ils exercent un rôle important, en lien direct avec les communautés, en matière
de prévention des maladies, de promotion de l’hygiène et de contrôle sanitaire.
3. MCI
Le MCI est l’autorité compétente en matière commerciale et industrielle. A ce titre, il enregistre les
entreprises et les noms commerciaux des produits manufacturés en Haïti, et délivre, pour ces
derniers, des autorisations relatives à leur commerce. Cependant, ces attestations ne prennent pas
en considération les aspects sanitaires qui sont du ressort du MSPP.
Le MCI est aussi représenté, en dehors de Port-au-Prince, par des directions départementales qui
permettent la création d’entreprises hors de la capitale.
8
A l’exception des communes de la Région Métropolitaine de Port-au-Prince (RMPP)
La loi cadre prévoit que les opérateurs peuvent être des entités publiques, privées ou mixtes
10
Article 3, Décret portant sur l’organisation et le fonctionnement du MSPP, 2006
9
13
4. Collectivités territoriales
En vertu du décret de 2006 portant sur la décentralisation,l’organisation et le fonctionnement des
collectivités territoriales, les communes sont administrées par un conseil municipal11 exerçant des
responsabilités dans de multiples domaines dont l’eau, la santé, l’hygiène publique, la protection
civile, l’assistance et les secours. A ce titre, les collectivités territoriales sont directement impliquées
dans la coordination et la mise en œuvre d’interventions ciblant ces domaines particuliers.
En matière fiscale, les collectivités territoriales sont compétentes pour établir et encaisser certaines
redevances, par exemple au niveau des marchés, et participer à la perception des taxes associées
aux patentes commerciales. Ces dernières, perçues par la DGI, alimententen effet les recettes et le
budget des communes.
2.3 Crises humanitaires
Haïti, par sa position géographique, sa structure géologique, ses conditions environnementales et
climatiquesou son niveau de développement, est particulièrement vulnérable à nombre de
catastrophes naturelles ou d’épidémies susceptibles de provoquer des crises humanitaires. Depuis
2004, on recense (Figure 4) notamment plusieurs cyclonesdévastateurs qui ont engendré
d’importantes destructions et inondations, le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a fait plus
de 200'000 victimes, des épisodes de sécheresse et le déclenchement, en 2010, d’une des plus
importantes épidémies de choléra à l’échelle mondiale. Tous ces événements ont eu des
conséquences humanitaires graves marquées par des pertes humaines, ainsi qui par la destruction
de l’habitat et des ressources économiques ;ils ontfortement mis à contributiontant le gouvernement
haïtien que la communauté internationale. Il convient de noter que l’épidémie de choléra est toujours
active en 2017 et qu’elle mobilise encore des ressources, notamment de la part de certains acteurs
du secteur EPA qui interviennent12 dans le cadre de la Stratégie nationale d’élimination du choléra,
en réponse à chaque nouveau cas signalé.
En dehors des urgences majeures qui, par leur gravité, requièrent la mobilisation d’importants
moyens, on dénombre presque chaque année des catastrophes de moindre ampleur, en particulier
des inondations causées par des cyclones, des tempêtes tropicales ou des pluies saisonnières, qui
font parfois aussi des victimes etont des incidences négatives sur le développement des zones
affectées13. A l’inverse, certaines régions du pays sont affectées par des périodes de sécheresse
récurrentes14. Finalement, on peut encore signaler l’apparition épisodique et localisée d’autres
flambées épidémiques que le choléra, telles que des diarrhées sanglantes (shigellose) ou la fièvre
typhoïde.
11
Le président du conseil (maire) et ses 2 adjoints sont élus pour un mandat de 4 ans
Distribution de kits, établissement de points de chloration, promotion de l’hygiène, etc.
13
Par exemple, les villes du Cap Haïtien, Port-de-Paix ou Les Cayes sont sujettes quasi annuellement à des
inondations
14
Par exemple, l’île de la Gonâve ou lapéninsule du Nord sont régulièrement affectées par des épisodes de
sécheresse
12
14
FIGURE 4. PRINCIPALES CATASTROPHES NATURELLES ET ÉPIDÉMIES RÉPERTORIÉES EN HAÏTI DEPUIS 2004
Choléra
Sécheresse
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Irma
Matthew
Issac
Sandy
Tomas
Pluies /
cyclones
Gustav
Hanna
Jeanne
Tremblement
de terre
2018
Il faut encore signaler l’émergence de crises migratoires régulières associées, en particulier, au
refoulement de migrants depuis la République Dominicaine. Ces situations peuvent, elles aussi,
engendrer des urgences humanitaires qui doivent être prises en charge par les autorités et leurs
partenaires. On notera encore que des catastrophes naturelles de grande ampleur peuvent
également provoquer des déplacements de populations à l’échelle du territoire national15.
La vulnérabilité particulière du pays à diverses catastrophesa conduit certaines entités étatiques à se
doter de structures et de personnel à même de pouvoir anticiper des situations de crises et à y
apporter les réponses adaptées. Ainsi, la DINEPA dispose, d’un Département de Réponses aux
Urgences (DRU), le MSPP, d’une coordination spécifique dédiée au choléra, et le MICT, de la
Direction de la Protection Civile (DPC) qui s’occupe de la gestion des risques et désastres sur tout le
territoire haïtien. De plus, plusieurs organisations internationales et ONG sont également toujours en
capacité de pouvoir répondre à la survenue de crises humanitaires. La coordination entre les
différentes parties impliquées est effective et permet, notamment, la préparation de plans de
contingence annuels associés à la saison cyclonique. Si la récurrence des crises permet aux
acteurs, tant nationaux qu’internationaux, d’apporter des réponses appropriées aux populations qui
en sont victimes, elle aaussitendance à faire passer au second plan les questions de développement
durable ou à induire une propension à l’assistanat chez certains bénéficiaires de l’aide.
2.4 Traitement de l’eau à domicile
Diverses pratiques associées au traitement de l’eau à domicile sont connues, parfois depuis fort
longtemps, par de nombreuses familles haïtiennes vivant tant en milieu urbain que rural.Néanmoins,
leur application régulière s’est indéniablement accrue depuis l’apparition de l’épidémie de choléra en
2010. Malgré des progrès encourageants (PSI, 2012), des études récentes conduites dans les
départements de l’Artibonite (CDC, 2016 et ACF, 2017) démontrent que le traitement de l’eau à
domicile n’est pas une pratique systématisée, etqu’il semble de plus rencontrer, lorsqu’il est
appliqué, des carences significatives.ACF (2017) a ainsidémontré qu’environ 60% des ménages
15
Par exemple, à la suite du tremblement de terre de 2010, de nombreux habitants de Port-au-Prince ont trouvé
refuge en province. A l’inverse, le cyclone Matthew (2016) qui a dévasté le sud du pays a engendré un afflux
important de personnes vers la capitale
15
affirment traiter leur eau de boisson à domicile en ayant recours à la chloration. Cependant, seuls
environ 35% d’entre eux disposent effectivement d’une eau traitée et uniquement environ 10% ont
réellement une eau respectant les directives en vigueur16 en matière de chloration. Ces résultats
confirment que les pratiques de traitement ne sont pas systématiques et qu’elles peuvent être
effectuées de manière incorrecte, ou à l’aide de produits défectueux ou inappropriés.
A la suite du tremblement de terre et du déclenchement de l’épidémie de choléra en 2010, puis suite
à la mise en œuvre de divers projets impliquant le recours au traitement de l’eau à domicile, la
DINEPA, a intégré, dès 2011, au sein de sa Direction Technique, une personne responsable de la
coordination et du suivi des acteurs et des interventions associés à ce domaine spécifique17. Ainsi,
divers ateliers et plateformes C-TED2ont, depuis lors, été organisés sous l’égide de la DINEPA. A ce
titre, il convient de remarquer que les interventions impliquant le traitement de l’eau à domicile sont,
d’une manière générale, intégrées à des projets et financements associés au secteur EPA.
Au cours de la période 2011 à 2015, la DINEPA a coordonné et soutenu différents efforts visant à
l’établissement d’une stratégie nationale dédiée au traitement de l’eau à domicile. Malgré la
réalisation d’ébauches en 2012 et 2015,aucun travail n’a été finalisé et n’a permis la publication d’un
document de référence.Le MSPP a toujours été partie prenante des nombreuses discussions et
rencontres et a développéune expertise en matière d’analyses des produits destinés au traitement
de l’eau à domicile. Dès 2013 un certain nombre de produits disponibles en Haïti ont été testés et
approuvés (Annexe 5).
La présente stratégie a pour ambition d’intégrer les différentes expériences accumulées depuis près
de 8 ans dans le domaine C-TED en Haïtiet d’en promouvoir les leçons apprises et les meilleures
pratiques au bénéfice de l’ensemble des parties prenantes.
16
Teneur en chlore résiduel comprise entre 0.5 et 2.0 mg/l
A noter que les aspects liés à la conservation de l’eau par les ménages n’ont pas été intégrés aux approches et
travaux développés jusqu’en 2017
17
16
Chapitre 3. Piliers de la stratégie
La stratégie nationale C-TED repose sur l’association et la complémentarité des 4 piliers suivants
(Figure 5) :
I.
Usagers. Ce pilier établit que les usagers sont au cœur de la stratégie C-TED. Cette dernière
a, en effet,pour vocation première de permettre aux usagers d’avoir recours aux options CTED dans un cadre régulé et contrôlé.
II.
Accès EP. Ce pilier affirme le caractère complémentaire du C-TED en ce qui concerne
l’approvisionnement en eau potable. A ce titre, le C-TED permet d’apporter de l’eau potable à
toutes les familles qui n’y ont pas accès par l’entremise de services améliorés fournis par des
opérateurs publics ou privés.
III.
Marché. Ce pilier stipule que les solutions apportées par le marché, en particulier le marché
national, sont privilégiées. Le développement du marché est aussi considéré comme étant
une condition nécessaire à l’augmentation du recours aux options C-TED par les usagers.
IV.
Filières C-TED. Ce pilier définit et priorise les options de traitement basées sur le type de
ressources en eau auxquelles les usagers ont accès. Il stipule également que la prise en
compte de la conservation de l’eauest essentielle et reconnaîtl’importance de l’IEC
(Information, Education et Communication) dans le cadre de toute intervention.
FIGURE 5. QUATRE (4) PILIERS DE LA STRATÉGIE NATIONALE C-TED
STRATÉGIE NATIONALE C-TED
I
II
III
IV
USAGERS
ACCÈS
EP
MARCHÉ
FILIÈRES
C-TED
Toute intervention dans ledomaine C-TED ou toutprojet C-TED (Chapitre 6) doit ainsi prendre en
considération les 4 piliers de la stratégie nationale, présentés en détail ci-dessous (Chapitres 3.1 à
3.4).
3.1 Usagers
La stratégie nationale C-TED souhaite quel’usager soit placé au centre de tout processus, initiative
ou projet associé au C-TED. L’usager doit ainsi pouvoir être en mesure d’effectuer des choix
informés en ce qui concerne l’eau de boisson qu’il consomme et, le cas échéant, les options C-TED
dont il dispose. En particulier, l’usager comprend les enjeux sanitaires liés à sa consommation
17
quotidienne d’eau traitée et accepte que cette dernière, qu’elle soit délivrée par des opérateurs
publics ou privés ou obtenue par l’entremise d’un traitement domiciliaire, fasse l’objet d’un paiement
de sa part. A ce titre, la stratégie C-TED soutient la tarification équitable des services en eau potable
etstipule que l’accès aux options C-TED résulte également, en dehors de circonstances
exceptionnelles, d’une transaction commerciale effectuée par l’usager.
Les distributions gratuites de produits C-TEDpar des entités étatiques ou des PTF, associées à des
crises humanitaires récurrentes (Chapitre 2.3), ont altéré la capacité de certains usagers à agir de
manière responsable et autonome par rapport à leur propre consommation d’eau. Nombre
d’exemples et de témoignages attestent, en effet, que certains ménages ne traitent pas leur eau de
boisson car aucun produit ne leur a été donné/distribué, ou qu’ils préfèrent conserver ce qu’ils ont
reçu pour des crises à venir. Si la stratégie C-TED reconnaît l’importance de pouvoir agir dans le
cadre de crises humanitaires et, le cas échéant, de pouvoir distribuer gratuitement des options CTED à des populations sinistrées (Chapitre 3.3), elle établit, néanmoins, que toute intervention doit
s’intégrer dans le cadre du développement durable du domaine C-TED (Figure 6). A ce titre, ce
dernier n’est pas régi par des règles qui divergent au gré des situations, mais bien par une seule
référence représentée par la présente stratégie nationale. Cette vision, qui associe le développement
à long terme et les réponses aux urgences, doit permettre de renforcer la cohérence des
interventions et de proposer aux usagers une approche commune et globale. Dans cette optique, la
promotion de certaines options C-TED lors d’une crise peut même être envisagée comme le
commencement d’un processus devant permettre à l’usager d’améliorer durablement ses pratiques
associées à l’eau potable.
FIGURE 6. INTÉGRATION DES CRISES (RÉPONSES AUX URGENCES) DANS LE CADRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DU C-TED
Crise 1
Crise 2
Crise n
temps
Développement durable du C-TED
Le premier pilier de la stratégie implique aussi la prise en compte des approches, des techniques et
des outils IEC (Chapitre 3.4) dans le but d’encourager la responsabilité des usagers et de
promouvoir les options C-TED disponibles.
3.2 Accès EP
Le C-TED offre d’abord une solution à toutes les familles qui ne disposent pas d’un accès à des
services en eau potable améliorés et sûrs (Chapitre 2.1). A cet effet, le domaine C-TED n’est
concurrent ni des services publics en eau potable tels que gérés par la DINEPA, ni de l’offre privée
représentée principalement par l’eau traitée par osmose inverse. Au contraire,le C-TED est
complémentaire des services existants et apporte une alternative de qualité,rapidement mobilisable,
à toutes les populationsactuellement privées d’eau potable.
18
La stratégie C-TED soutient et encourage le développement d’infrastructures hydrauliques,
notamment l’établissement de Systèmes d’Approvisionnement en Eau Potable (SAEP) tels que
réalisés par la DINEPA avec l’appui des principaux PTF sectoriels. La stratégie C-TED recommande,
en particulier, que les efforts déployés par la DINEPA en matière d’analyse et de traitement de l’eau
soient poursuivis et même renforcés. Dans le contexte hydrogéologique, sanitaire et
environnementalprévalant en Haïti, il est, en effet, prioritaire que les SAEP puissent délivrer
continuellement une eau chlorée respectant les directives en vigueur18. De même, la stratégie CTED soutient la mise en place de branchements domiciliaires et considère que des services en eau
potable de qualité font partie des conditions nécessaires au développement socio-économique du
pays.
La stratégie C-TED appuie également les investissements réalisés par des opérateurs privés pour
l’installation d’infrastructures et d’équipements destinés à la production et la vente d’eau de boisson.
Cependant, il est rappelé à ces opérateurs que les services proposés doivent respecter les règles
commerciales, fiscales, sanitaires et environnementales en vigueur, et que tout contrevenant peut
être poursuivi par l’autorité sectorielle compétente. Si la stratégie C-TED encourage les initiatives
privées et appuie aussi la mise en place de mécanismes permettant un soutien technique ou
financier à des entreprises produisant et commercialisant de l’eau potable, elle encourage également
le renforcement des entités étatiques responsables de la régulation et du contrôle de ces services,
notamment le MCI et le MSPP.
La stratégie C-TED reconnaît 5situations distinctes relatives à l’approvisionnement en eau potable
des populations (Figure 7). En fonction de ces dernières, le C-TED est appliqué ou, au contraire, ne
s’avère pas nécessaire.Cependant, la promotion de la bonne de conservation de l’eau à domicile
demeure une thématique qui doit pouvoir être abordéedans toutes les situations, quels que soient les
services EP auxquels les familles ont accès.Les cas de figure suivants sont ainsi distingués :
1. Services EP améliorés et sûrs
L’approvisionnement en eau potable est assuré grâce à des services publics ou privés performants
et accessibles. Dans ce cas, le C-TED ne fait pas figure d’alternative nécessaire ; son
développement n’est, dès lors, ni prioritaire, ni recommandé.A noter qu’il s’agit là de l’état recherché
pour l’ensemble du secteur EP.
2. Services EP partiels
L’approvisionnement en eau potable est ponctué d’interruptions causées par des facteurs
techniques, opérationnels ou saisonniers. A ce titre, l’absence momentanée de chlore, le
disfonctionnement d’un système de chloration, la rupture partielle de la distribution d’eau, des
variations de la qualité physico-chimique de l’eau fournie à la population19 ou la diminution de la
quantité d’eau disponible20sont autant de facteurs qui peuvent momentanément nuire à la continuité
et/ou à la qualité de l’approvisionnement en eau potable. Ces situations imposent que les usagers
concernés puissent avoir recours au C-TED jusqu’à au rétablissement d’un service amélioré et sûr.Il
18
Teneur en chlore libre ou résiduel comprise entre 0.5 et 2.0 mg/l, turbidité < 5 NTU, conductivité électrique < 1'500
μS/cm, absence d’E. coli, autres paramètres conformes aux directives de l’OMS
19
Par exemple, l’augmentation de la turbidité de l’eau au cours de la saison des pluies
20
Par exemple, la diminution du débit des sources en saison sèche peut engendrer des rationnements, voire
l’interruption de la distribution d’eau
19
convient de remarquer que le caractère partiel d’un service EP s’applique aussi aux usagers
alimentés par le réseau d’adduction d’un SAEP21.
Finalement, des populations défavorisées vivant en milieu urbain peuvent ne pas (toujours) avoir
recours à de l’eau traitée pour des raisons financières. Pour ces dernières, le C-TED fait aussi figure
d’alternative crédible et économiquement avantageuse, et doit pouvoir être promu.
FIGURE 7. CAS DE FIGURE ASSOCIÉS À L’ACCÈS À DES SERVICES EN EAU POTABLE DES POPULATIONS ET AU RECOURS DU
C-TED
Cas de figure
1. Services EP améliorés
et sûrs
2. Services EP partiels
C-TED
C-TED
Légende :
3. Services EP en cours
d’installation
Services EP
améliorés et sûrs
C-TED
4. Services interrompus
Services EP
partiels
C-TED
Services EP en
cours d’installation
5. Absence de services EP
C-TED
Priorisation /
application du C-TED
Temps
Actuel
3. Services EP en cours d’installation
L’établissement de services EP de qualité, notamment grâce à la construction de SAEP, est un
processus long qui peut s’échelonner sur plusieurs années. Au cours de cette période, il est
recommandé que le C-TED soit appliqués afin de proposer aux usagers concernés une alternative
immédiate relative à l’eau potable. De plus, cette approche permetde promouvoir des bonnes
pratiquesrelatives à l’hygiène et à l’assainissement et, peut contribuer à « fédérer » les usagers dans
le cadre de projetspluriannuels. Le C-TED apparaît bien comme une solution transitoire mise en
place dans l’attente d’un service de qualité délivré par un SAEP. Lorsque ce dernier devient effectif,
les usagers concernés ont déjà pu mesurer les avantages associés à la consommation d’une eau
traitée (par chloration) et peuvent ainsi d’autant mieux s’approprier les services délivrés par le
système nouvellement installé.
4. Services EP interrompus
La survenue soudaine d’un événement « violent » comme un cyclone, une inondation ou un
tremblement de terre (Chapitre 2.3) peut avoir pour effet la rupture ou la dégradation des services
EP disponibles. Lorsqu’une telle crise se produit, mettant en péril la santé ou la vie des personnes
affectées, le déploiement de mesures d’urgence appropriées est requis dans un délai rapide. Les
options C-TED font partie des mesures qui peuvent être déployées afind’assurer l’approvisionnement
21
Ces usagers sont localisés en amont du/des réservoir/s où le traitement par chloration a généralement lieu, et n’ont
ainsi par accès à une eau traitée
20
en eau potable des populations sinistrées, jusqu’à ce que des services EP soient remis en fonction.
Enréponse à des urgences, la stratégie C-TED prévoit la mise en œuvre de dispositions
exceptionnelles, pouvant inclure la distribution massive et gratuite de produits C-TED. De telles
actions doivent cependant être conduites dans le cadre des processus de coordination impliquant les
autorités concernées et privilégier des réponses qui s’inscrivent dans le cadre du développement
durable du C-TED (Figure 6).
5. Absence de services EP
L’absence totale de services EP publics ou privés constitue le cadre d’intervention prioritaire de toute
action visant à l’établissement ou au renforcement du C-TED. Cette situation est en particulier
rencontrée au sein des zones rurales caractérisées par leur enclavement et la dispersion de leur
habitat. Dans ces conditions, le C-TED revêt toute son importance et doit être promu prioritairement
en tant que principale alternative permettant d’apporter de l’eau potable aux populations concernées,
en attendant que des services EP améliorés et sûrs soient établis.
3.3 Marché
La stratégie nationale C-TED fait la promotion des options C-TED mises à disposition des usagers
par l’entremise du marché national (Annexe 5). La stratégie C-TED encourage le renforcement de
l’offre proposée par les fournisseurs C-TED et considère que cette croissance est une condition à
l’augmentation de la demande exprimée par les usagers. A ce titre, la stratégie établit les lignes
directrices favorisant le développement du marché des options C-TED à l’échelle nationale. Les
différents cas de figure envisagés sont représentés à la Figure 8.
En premier lieu, la stratégie favorise les initiativeset les investissements privésdestinés à
l’établissement de systèmes de marché sans l’apport d’aucune forme de subventions (Figure 8, cas
A et B). Ces derniers sont représentés par des producteurs ou des importateurs nationaux,
légalement constitués et enregistrés auprès du MCI, disposant de toutes les autorisations
commerciales requises et s’adonnant au commerce de produits C-TED approuvés par le MSPP
(Chapitre 5.2) ainsi que par des grossistes et des détaillants formant des réseaux de distribution. A
défaut de subvention, la stratégie encourage particulièrement les institutions financières à accorder
des crédits aux acteurs commerciaux nationaux qui souhaitent, dans le respect de la présente
stratégie, établir ou renforcer leur capacité à importer, produire et/ou distribuer des options C-TED.
En 2017, les sociétés privées opérant dans le domaine C-TED sont peu nombreuses (Annexe 5) et
leurs réseaux de distribution sont limités à certaines zones géographiques. Face à ce constat, la
stratégie recommande également que des subventions partielles (Figure 8, cas C et D) puissent être
accordées à des acteurs commerciaux, dans le cadre de projets C-TED (Chapitre 6), afin de soutenir
le développement de leurs activités. A ce titre, les aides accordées doivent cibler en priorité les
acteurs commerciaux effectuant la production locale d’options C-TED (Figure 8, cas C). Cependant,
de telles subventions accordées dans le cadre de projets doivent être approuvées par les autorités
nationales (Chapitres 5 et 6)afin de vérifier particulièrement si elles ne favorisent pas un/des
producteur/s au détriment de ses/leurs concurrents. Un appui à des opérateurs impliqués dans
l’importation de produits C-TED (Figure 8, cas D) est également possible, mais il doit être soumis à
des conditions plus strictes,destinées notamment à vérifier que la production nationale n’est pas
pénalisée par de telles aides.
21
FIGURE 8. ILLUSTRATION DES CAS DE FIGURE IMPLIQUANT LES ACTEURS DE MARCHÉ, LES USAGERSET LES PARTIES PRENANTES
C-TED, ET INDICATION DES RECOMMANDATIONS ET OPTIONS PRÉVUES PAR LA STRATÉGIE NATIONALE
A.
B.
FI
C.
F
G
D
U
Recommandé
F
G
D
U
Recommandé
F
G
D
U
Recommandé
PP
D.
FI
F
G
D
U
Recommandé
sous réserve
Légende :
PP
E.
F
G
D
PP
F.
FI
F
G
D
Possible en
cas de crises
humanitaires
uniquement
U
PP
G.
FI
F
G
U
FI
PP
Fournisseur International
F
Fournisseur (national)
G
Grossiste
D
Détaillant
U
Usager
PP
Parties prenantes (entité étatique
ou PTF)
Transaction commerciale
Transaction commerciale partielle
(tout ou en partie subventionnée)
PP
H.
FI
U
Subvention (partielle ou totale)
U
Non-recommandé
Subvention partielle possible sous
condition
Un appui direct aux usagers, sous forme de coupons à échanger contre un produit C-TED oude
distributions, n’est, en principe, autorisé que dans le cadre d’urgences humanitaires (Figure 8, cas E,
F et G). Cependant, en dehors de telles situations, la stratégie C-TED peut accepter un tel appui,
pour autant qu’il fasse partie d’une démarche approuvée dans le cadre d’un projet C-TED (Chapitre
6) et limitée dans le temps22. Par contre, la stratégie C-TED encourage le développement de
solutionsindividuelles de financement (Chapitre 4) destinées à encourager et faciliter l’accès à des
options C-TED sans recourir à des subventions.
Finalement, la stratégie C-TED ne recommande pas quedes instances étatiques ou des PTF
procèdent eux-mêmes directement à l’importation d’options C-TED (Figure 8, cas H). Ces pratiques
sont, en effet, contraires au renforcement du marché national et sont à proscrire au cours d’une
période de transition de 2 ans (24 mois) suivant la publication de la présente stratégie. De même, le
commerce d’options C-TED par des PTF, en particulier des ONG ou des associations caritives, n’est
pas cohérent avec la présente stratégie. De telles pratiques, qui peuvent nuire au développement du
marché national, doivent également cesser au cours de la même période de transition de 2 ans et
être remplacées par des activités conformes aux directives commerciales en vigueur.
22
Par exemple, dans le cadre d’une offre promotionnelle
22
3.4 Filières C-TED
La stratégie C-TED reconnaît l’existence de 16 filières C-TED distinctes (Figure 9) qui constituent
autant d’applicationspossibles du C-TED par les parties prenantes impliquées dans des projets CTED (Chapitre 6) et par les usagers. Les filières C-TED prennent en compte 4 composantes
indissociables, à savoir :
1.
2.
3.
4.
Ressources en eau
Options de traitement de l’eau
Conservation de l’eau
Information, Education et Communication (IEC)
1. Ressources en eau
L’analyse de la ressource en eau devant faire l’objet d’un traitement est primordiale. En effet,
l’identification d’une ressource en eau spécifique, ou de plusieurs ressources dans les situations où
l’approvisionnement est multiple23, permet de déterminer les options de traitement les plus
appropriées. Toutes les ressources en eau n’étant pasd’une qualité équivalente, la stratégie C-TED
propose de privilégier leurs choix selon l’ordre indiqué à la Figure 9. Les ressources « forages
domestiques équipés d’une pompe24 », « puits ouverts25 » et « eaux de surface26 » doivent être
considérées comme des solutions de dernier recours mobilisées en l’absence d’autres ressources
reconnues plus sûres et « faciles » à traiter.
2. Options de traitement d’eau
La stratégie C-TED reconnaît 2 options de traitement principales, la filtration et la chloration qui, en
fonction de la ressource en eau disponible, de la préférence des usagers (Chapitre 3.1) et du
marché, (Chapitre 3.3) seront adoptées distinctement ou ensemble.
La stratégie C-TED recommande également l’application d’un prétraitement (Annexe 4) dans les cas
particuliers du recours à l’eau de pluie (Figure 9, Filières C-TED # 7, # 8 et # 9) ou à des eaux de
surface (Figure 9, Filière C-TED # 16). Pour ces cas de figure, le prétraitement pourra inclure la
décantation (ou sédimentation), la préfiltration à l’aide d’une toile métallique ou d’un tissu et, dans le
cas des eaux de pluie, l’élimination des premières eaux récoltées à partir d’un toit.
23
L’utilisation de ressources en eau multiples est généralement liée à des facteurs climatiques ou saisonniers. Par
exemple, le tarissement de sources en saison sèche peut conduire à l’utilisation d’eau de surface, l’utilisation d’eau de
pluie peut être privilégiée au cours de la saison des pluies, etc. Cependant, des facteurs économiques peuvent
également contraindre des usagers à ne pas acheter de l’eau traitée et à consommer une eau meilleur marché ou
gratuite
24
Il s’agit de forages peu profonds de petits diamètres, souvent réalisés de manière artisanale, et majoritairement
équipés,de pompes, également artisanales, en PVC. De telles infrastructures sont notamment fréquentes dans
certaines villes côtières (comme Gonaïves). Mais des eaux souterraines captées à faible profondeur sont susceptibles
de fournir une ressourceen eau de très mauvaise qualité qui ne pourra pas être traitée aisément
25
Il s’agit de puits creusés manuellement, peu profonds et recouverts ou non d’une trappe. Habituellement, cette
infrastructure est présente dans la cour des maisons et le puisage de l’eau s’effectue au moyen d’un seau et d’une
corde. Dans certaines localités (comme le Cap Haïtien), la plupart des maisons sont dotées de tels points d’eau. A
l’instar des forages peu profonds, les puits fournissent de l’eau de qualité douteuse et sont à éviter (autant que
possible) dans le cadre du C-TED
26
Il s’agit d’eau de rivière, de lac, de canal, etc. En Haïti, les eaux de surface sont toutes largement contaminées par
de multiples polluants (d’origine organique, minérale ou chimique) et leur utilisation dans le cadre du C-TED doit être
la dernière option envisageable
23
FIGURE 9. FILIÈRES C-TED RECOMMANDÉES PAR LE STRATÉGIE NATIONALE C-TED ET CLASSÉES PAR ORDRE DE PRÉFÉRENCE
(DE # 1 À # 16)
Traitement
Conservation
Ressource
en Eau
PréTraitement
Filière
C-TED
(RE)
(PT)
#1
RE 1
#2
RE 1
F
#3
RE 1
F
#4
RE 2
#5
RE 2
F
#6
RE 2
F
#7
RE 3
PT
#8
RE 3
PT
F
#9
RE 3
PT
F
# 10
RE 4
Filtration
Chloration
(F)
(Ch)
(C)
Information,
Education,
Communication
(IEC)
Ch
C
IEC
C
IEC
Ch
C
IEC
Ch
C
IEC
C
IEC
Ch
C
IEC
Ch
C
IEC
C
IEC
Ch
C
IEC
Ch
C
IEC
Légende :
# 11
RE 4
F
# 12
RE 4
F
# 13
RE 5
F
RE 5
# 14
# 15
RE 6
# 16
RE 7
F
PT
Ch
Ch
C
IEC
C
IEC
C
IEC
C
RE 1
Sources captées / non-captées
RE 2
Forages communautaires équipés de PMH
RE 3
Eau de pluie
RE 4
Eau de forage délivrée par camionsciternes
RE 5
Forages domestiques équipés de pompes
RE 6
Puits ouverts
RE 7
Eaux de surface
IEC
F
Ch
C
IEC
F
Ch
C
IEC
En dehors de la filtration et de la chloration, la stratégie C-TED ne préconise aucune autre option de
traitement. Ainsi, les options suivantes ne sont pas recommandées par la stratégie C-TED (Annexe
4) et ne peuvent ni être promues, nifaire l’objet de ventes ou de distributions :
27
-
Désinfection solaire27.Bien que son efficacité soit prouvée, il apparaît que cette option ne
peut pas être développée à grande échelle.
-
Ebullition. Cette option est jugée trop consommatrice d’énergie et trop sujette à la
recontamination de l’eau bouillie. Cependant, sachant que l’ébullition a été recommandée
Ou SODIS
24
depuis des années, notamment par le MSPP, pour l’approvisionnement en eau de boisson
des bébés et jeunes enfants, elle demeure acceptée dans ce cadre particulier.
-
Traitement chimique à base d’éléments métalliques (cuivre, argent, zinc, etc.). Le recours
à des produits liquides contenant des ions métalliques est strictement interdit dans le cadre
du traitement de l’eau à domicile. En effet, ces produits ne sont pas certifiés
internationalement, et aucun d’entre eux n’a été approuvé par le MSPP (Chapitre 5.2).
Cependant, le recours à des filtres céramiques contenant de l’argent est autorisé dans la
mesure où ces filtres sont approuvés par le MSPP (Annexe 6).
-
Produits naturels ou traditionnels. Bien que certains produits d’origine végétale ou
minérale puissent apporter des effets probants en matière de traitement de l’eau, leur usage
ne peut être ni systématisé, ni contrôlé. En conséquence, les méthodes dites traditionnelles
ne sont pas reconnues par la stratégie nationale C-TED.
En ce qui a trait à la filtration et la chloration, différentes options et produits C-TED, approuvés par le
MSPP, sont déjà disponibles en Haïti(Annexes 4 et5). Si la promotion et le développement des
marchés associés à ces produits sont recommandés (Chapitre 3.3), d’autres produits peuvent
également être développés ou promus, pour autant qu’ils soient, à leur tour, approuvés pour une
utilisation en Haïti (Chapitre 5.2).
3. Conservation de l’eau
La conservation de l’eau fait partie intégrante de toute approche ou projet C-TED. A ce titre, à
l’exception éventuelle d’actions d’urgence conduites lors de crises humanitaires, aucune intervention
dans le domaine C-TED ne peut se focaliser uniquement sur les aspects liés au traitement de l’eau
sans aborder aussi la conservation de cette dernière. S’il existe une multitude de récipients de tailles
et de formes différentes, utilisés par les usagers pour la conservation de l’eau à domicile, la stratégie
C-TED recommande prioritairement l’usage de seaux en plastique d’une contenance de 5 gallons,
dotés d’un robinet etd’un couvercle. En effet, ces récipients sont les seuls qui, du fait de la largeur de
leur ouverture, permettent un nettoyage aisé de leur partie intérieure28. Ils peuvent ainsi être
régulièrement lavéset sont à même de garantir un état de propreté qui assure une bonne
conservation de l’eau à long terme. A l’inverse, les récipients disposant d’un orifice de petite
dimension refermé par un bouchon ne peuvent être durablement maintenus propres car leur partie
intérieure28, en particulier les angles et recoins, ne peut pas être atteinte directement par une action
de nettoyage. Ces récipients présentent, en effet, le risque que des microorganismes (bactéries,
algues, etc.) s’y développent et contaminent, à leur tour, l’eau qu’ils contiennent. En particulier, la
stratégie C-TED ne recommande pas l’utilisation de bidons en plastique d’une contenance de 3, 5 ou
7 gallons29 en tant que récipients de conservation d’eau. Ces derniers peuvent néanmoins servir au
transport de l’eau (du point de collecte à la maison), mais il est ensuite recommandé de transvaser
l’eau collectée dans un seau où un traitement par filtration ou chloration peut être effectué.
En 2017, bien qu’il existe des producteurs nationaux de seaux en plastique (Annexe 5), le marché
des seaux est avant tout dominé par des seaux de seconde main ayant servi au conditionnement de
divers produits (ACF, 2017). D’une manière générale, les seaux dotés de robinets ne sont pas
accessibles au travers des systèmes de marché, et sont presque exclusivement fournis gratuitement
par des PTF dans le cadre de projets d’assistance. Les usagers n’ont ainsi pas la possibilité de les
28
En contact avec l’eau contenue dans le récipient
Ces bidons, de couleur jaune ou orange, sont utilisés pour le conditionnement de l’huile végétale importée en Haïti.
Après l’utilisation ou la vente de l’huile, ils sont revendus sur les marchés à divers usages
29
25
acquérir eux-mêmes ou de pouvoir, le cas échéant, remplacer un robinet défectueux. A ce titre, la
stratégie C-TED recommande que des solutions, impliquant le marché (Chapitre 3.3), soient
développées afin de permettre aux usagers d’avoir accès à des récipients de conservation d’eau
améliorés.
4. Information, Education et Communication (IEC)
Finalement, l’approche préconisée, basée sur les filières C-TED, doitinclure un ensemble de
mesures IECdestinéesà orienter les usagers dans leurs choix (Chapitre 3.1), à promouvoir les
options C-TED et à encourager les bonnes pratiques relatives à l’eau potable, à l’assainissement, à
l’hygiène, à la santé environnementale, etc.Elles permettent également d’induire et d’encourager des
changements de comportements chez les usagers, et d’inscrire toutes les interventions dans un
cadre durable.
Si les différentes parties prenantes disposent d’une grande liberté face aux approches IEC mises en
œuvre, aux messages transmis et aux moyens de communication déployés, elles ont, néanmoins, à
respecter les directives suivantes :
-
Le contenu des messages IEC doit être conforme aux recommandations du MSPP ;
Des messages associant le C-TED à des activités religieuses ou politiques sont à éviter ;
Des messages faisant l’apologie de produits ou d’options C-TED approuvés (Annexe 6) au
détriment d’autres produits ou d’options C-TED également approuvés sont à éviter ;
Des messages contraires aux orientations préconisées par la présente stratégie C-TED sont
interdits.
A noter que les fournisseurs C-TED doivent également contribuer à l’IEC, notamment à travers
l’emballage et les notices explicatives de leurs produits (Chapitre 5.7).
26
Chapitre 4. Financement
Le financement de la mise en application de la stratégie nationale C-TED repose sur 3 sources de
financement distinctes, à savoir :
1. Tarifs. Les tarifs représentent les transactions financières effectuées par les usagers pour
l’acquisition d’options C-TED. Ces montants sont encaissés par les fournisseurs C-TED ou
certaines institutions financières30 qui peuvent accorder des crédits aux usagers ou aux
sociétés commerciales.En 2017,le recours aux tarifs est encore limité, maisil est fortement
encouragépar la présente stratégie(Chapitres 3.1 et 3.3).
2. Taxes.Les taxes proviennent des recettes de l’Etat ou des collectivités territoriales et sont
investies (ou réinvesties) dans le domaine de C-TED. En 2017, cette source de financement
est négligeable, maiselle a vocationà se développer dans le cadre de la stratégie C-TED.
3. Transferts.Les transferts correspondent auxsubventions allouées aux projets C-TED
(Chapitre 6) par différents PTF.En 2017, cette part de financement représente la composante
la plus importance des fonds consacrés au C-TED, bien que les projets ciblant
spécifiquement ce domainesoient peu nombreux. La publication de la stratégie C-TED a pour
ambition de stimuler l’octroi de subventions destinées au développement durable du C-TED.
A terme, cependant, les transferts doivent pouvoir diminuer au profit des 2 autres sources de
financement.
La Figure 10 illustre les différentes options de financement associées aux tarifs, aux taxes et aux
transferts. Ces options sont décrites aux Chapitres 4.1 à 4.3.
FIGURE 10. OPTIONSDE FINANCEMENT DE LA STRATÉGIE C-TED
1. Tarifs
Etat
PTF
Etat
PTF
f.
a.
b.
Usagers
30
3. Transferts
e.
2. Taxes
d.
Etat
i.
g.
PTF
j.
h.
c.
Fournisseurs
Fournisseurs
Usagers
Banques commerciales, institutions de microfinance, etc.
27
Usagers
Fournisseurs
4.1 Tarifs
Trois (3) cas de figure s’appliquent aux tarifs (Figure 10, 1.) :
a. L’achat direct des options C-TED par les usagers constitue la règle de base instaurée et
promue par la présente stratégie. A ce titre, il est recommandé que la gratuité des options CTED soit réservée auxcrises humanitaires et appliquée de manière limitée dans le
temps.Toutes les parties prenantes qui interviennent en dehors des réponses aux urgences
(et des mécanismes de coordination associés) et qui prônent encore un accès gratuit à des
options C-TED doivent pouvoir réviser leur approche dans un délai de 12 mois suivant la
publication de la présente stratégie. En ce sens, elles ont dorénavant obligation de mettre en
place ou d’appuyer un/des système/s de tarification impliquant la participation financière
directe des usagers dans l’acquisition d’options C-TED.
La stratégie C-TED recommande également que les tarifs pratiqués soient, d’une part,
abordables, afin que la contrainte financière soit aussi minime que possible pour les usagers,
et d’autre part, équitables,pour que les habitants des zones périphériques ne soient pas
prétérités par rapport aux populations des centres urbains. En ce qui a trait à l’abordabilité
des options C-TED disponibles, la stratégie C-TED encourage le développement de solutions
financières alternatives (cas b.) ou l’octroi de subventions partielles aux fournisseurs CTED(Chapitre 4.2, cas e. et Chapitre 4.3, cas h.). Cependant, ces aides doivent être
accordées avec précaution afin de ne pas favoriser des groupes de personnes au détriment
d’autres ou dene pas « dérégler » des systèmes de marché en privilégiant certains
fournisseurs de manière abusive. En matière d’équité, la stratégie préconise que les tarifs
soient fixés (par les fournisseurs C-TED) à l’échelle nationale, afin que tous les usagers, quel
que soit leur lieu de résidence, déboursent des sommes équivalentes pour l’achat d’options
C-TED identiques.
b. Le recours à des mécanismes financiers permettant de faciliter la prise en charges des coûts
par les usagers est grandement encouragé. A ce titre,le microcrédit, les paiements
fractionnés31ou les systèmes d’abonnement32offrent des solutions intéressantes qui font
intervenir, en plus du fournisseur et de l’usager, une tierce partie représentée par une
institution financière, une ONG ou même un prestataire privé. On notera, cependant, que de
telles opérations n’ont, jusqu’en 2017, que peu été développées pour le domaine C-TED.
c. La stratégie C-TED encourage vivement les fournisseurs C-TED à poursuivre leurs
investissements, notamment pour développer et accroître les options C-TED produites en
31
Le paiement de l’option C-TED est effectué sous forme de plusieurs versements partiels jusqu’à son
remboursement complet. Dans cette situation, l’usager est propriétaire de l’option C-TED qu’il possède (par exemple :
un filtre dont l’investissement initial peut être élevé, mais qui peut être financé en plusieurs tranches)
32
L’usager s’acquitte périodiquement d’un montant correspondant davantage aux services obtenus qu’au
remboursement d’un dispositif. Dans cette situation, l’usager n’est pas propriétaire de l’option C-TED, mais il en
dispose. Il peut également bénéficier de services associés pouvant comprendre le contrôle périodique de l’option CTED choisie et celui de la qualité de l’eau traitée. Ce mécanisme peut s’appliquer à des filtres dont l’acquisition est
relativement coûteuse et qui peuvent ainsi être mis à disposition d’« abonnés » dans le cadre d’un contrat
d’abonnement de plusieurs mois ou années
28
Haïti. Il est ainsi recommandé que les fournisseurs C-TED, opérant dans le strict respect de
la présente stratégie,puissentégalement bénéficier d’un accès privilégié au crédit auprès
debanques commerciales ou dans le cadre d’initiatives ciblant le renforcement du secteur
privé national.
4.2 Taxes
Trois (3) options sont distinguées pour les taxes (Figure 10, 2.) :
d. Le recours au marché national (Chapitre 3.3) et la priorisation des tarifs (Chapitre 4.1, cas a.)
doivent permettre d’augmenter les taxes33 perçues par l’Etat haïtien ou les collectivités
territoriales sur l’importation, la production et/ou la vente d’options C-TED par les
fournisseurs C-TED.
L’Etat peut aussi accorder certaines facilités fiscales aux fournisseurs C-TED, notamment en
octroyant des réductions ou des exemptions de taxes liéesà certains produits d’« intérêt
général ». Cette possibilité n’est cependant pasappliquée en 2017.
e. L’Etat augmente ses allocations accordées aux Ministères et entités étatiques intervenant
dans le domaine C-TED (Chapitre 2.2). Il s’agit, en particulier, de pouvoir renforcer et
pérenniser les efforts de coordination, de régulation et de contrôle exercés par la DINEPA, le
MSPP, le MCI, le MICT, ainsi que par leurs entités déconcentrées respectives et les
collectivités territoriales. Jusqu’en 2017, le financement des institutions nationales
intervenant dans le domaine C-TED a principalement été assuré grâce aux subventions
allouées par des PTF (Chapitre 4.3, cas g.). La publication de la présente stratégie doit aussi
permettre la reconnaissance d’un intérêt croissant pour le domaine C-TED de la part des
principales entités étatiques concernées. Dans ce cadre-là, ces dernières doivent pouvoir
disposer d’une organisation et de moyens en adéquation avec les objectifs énoncés par la
stratégie, et bénéficier de certains financements publics spécifiquement dédiés à cela.
f.
L’Etat finance directement des interventions en faveur des usagers. Cette situation est en
principe limitée aux crises humanitaires (Chapitre 2.3). Les représentants d’entités étatiques
établis dans les communes, tels que les TEPAC et les ASCP, s’associent aux membres des
collectivités territoriales pour effectuer des distributions au bénéficie de populations
vulnérables.
4.3 Transferts
Quatre (4) possibilités sont identifiées pour les transferts (Figure 10, 3.) :
g. L’appui financier de certains PTF aux entités étatiques nationales impliquées dans le
domaine C-TED demeure prioritaire jusqu’à ce que d’autres sources de financement, en
33
Il s’agit des taxes sur les sociétés commerciales (création d’entreprises, renouvellement des autorisations de
fonctionnement, etc.), des taxes douanières, des taxes sur le chiffre d’affaires (TCA), des taxes sur le revenu (des
sociétés), etc.
29
particulier les taxes (Chapitre 4.2), puissent assurer cette prise en charge. Les subventions
allouées, sousforme d’un appui budgétaire ou dans le cadre de programmes/projets
spécifiques, doivent en particulier permettre la poursuite des efforts déployés par les
autorités nationales pour la régulation du domaine C-TED, ainsi que pour la coordination et le
contrôle des parties prenantes C-TED. Ces allocations sont également destinéesà installer
durablement le domaine C-TEDdans le paysage institutionnel, contribuant ainsi à en signifier
l’importance à l’échelle nationale.
h. Des subventions octroyées dans le cadre de projets C-TED (Chapitre 6) à des fournisseurs
C-TED sont aussi une composante importante de la mise en application de la stratégie CTED. En effet, de telles aides doivent soutenir et accélérer le renforcement du marché
national (Chapitre 3.3), tout en maintenant l’abordabilité et l’équité des offres proposées aux
usagers Chapitre 4.1, cas a.). La stratégie C-TED recommande le financement de projets
pluriannuels spécifiquement dédiés au domaine C-TED, à l’instar des projets AquaJif34 ou
SHOPS Plus35.En effet, cesinitiatives permettent d’aborderles multiples aspects dudomaine
C-TEDreprésentés par l’offre, la demandeet la régulation, alors que des projets plus limités
dans le temps ou plus diversifiés ne permettent souvent pas d’intervenir en profondeur sur le
renforcement des parties prenantes ou des options disponibles.
i.
Des subventions allouées par les PTF aux usagers demeurent une source de financement
importante en réponse à des crises humanitaires. Les PTF impliqués participent aux
processus de coordination mis en place par les autorités et tiennent compte des directives de
la présente stratégie. Ces dernières, en particulier, sont intégrées aux plans de contingence
élaborés en anticipation des saisons cycloniques.
j.
A l’instar d’un financement issu des taxes (Chapitre 4.2, cas f), des subventions allouées par
l’Etat aux usagers à partir de fonds provenant des transferts sont également une option
possible en réponse à des urgences. Ces dernières, souvent représentées par des
distributions d’options C-TED, sont soumises aux directives et aux limites établies pour ces
situations particulières (Chapitres 3.1 et 3.3).
34
Ce projet, financé par CDC, a été réalisé par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) de 2013 à
2016
35
Ce projet, financé par USAID, est mis en œuvre parPSI (en cours d’exécution en 2017)
30
Chapitre 5. Rôles et attributions
Les différentes parties prenantes impliquées dans le domaine C-TED exercent toutes de multiples
responsabilités dans divers secteurs. Dans le présent chapitre, il ne s’agit pas de rappeler
l’ensemble de leurs rôles et attributions,mais bien d’apporter certaines précisions liées
spécifiquement au domaine C-TED et à l’application de la présente stratégie. A ce titre, le Tableau 1
synthétise ces attributions particulières et met en évidence les responsabilités spécifiques desparties
prenantes concernées. Ces dernières sont ensuite explicitées dans les Chapitres 5.1 à 5.8
consacrés à chacune des parties prenantes retenues. De plus, quelquesprécisions supplémentaires
liées à la mise en œuvre de projets C-TED sont encore apportées au Chapitre 6.
Elaboration
X
Validation et publication
X
Processus liés
à la Stratégie
Diffusion
C-TED
2018-2027
Evaluation
x
X
x
x
x
x
x
x
x
X
x
x
x
x
Révision
X
x
x
x
x
Formation des représentants de la DINEPA (incl. OREPA,
URD et TEPAC) et des opérateurs EP publics
X
Formation des représentants du MSPP (incl. DS) et des
prestataires de santé
x
X
X
x
Formation de certains représentants du MICT (DPC) et
Formation
sur la Stratégie membres des collectivités territoriales
C-TED
Formation des principaux fournisseurs C-TED
2018-2027
Formation des collaborateurs et distributeurs des fournisseurs
C-TED
Formation des collaborateurs des OI/ONG et associations
caritatives
Coordination des parties prenantes C-TED (hors crises
humanitaires) au niveau national, régional ou départemental
Coordination des parties prenantes C-TED lors de crises
humanitaires
Coordination des parties prenantes C-TED au niveau
communal (hors crises ou lors de crises)
Approbation des produits C-TED et renouvellement régulier
des approbations accordées
Régularisation des activités commerciales (vente de produits
1
C-TED approuvés) exercées par des PTF
Vente de produits C-TED approuvés par les fournisseurs CTED implantés en Haïti
Application
de la Stratégie Achat de produits C-TED approuvés auprès des fournisseurs
2
C-TED implantés en Haïti
C-TED
Abandon des projets C-TED n'impliquant pas la participation
2018-2027
x
x
x
x
x
X
x
x
X
x
X
x
x
X
x
X
x
x
X
x
X
X
x
X
X
x
X
X
x
x
X
Diffusion des messages IEC associés au C-TED
X
X
x
x
X
x
x
x
x
Approbation des messages IEC associés au C-TED
Choix d'une option C-TED et bonne utilisation de cette
dernière
x
X
x
3
financière des usagers (hors crises humanitaires)
Promotion du C-TED lorsque le service EP délivré est
déficient
Promotion de la conservation de l'eau à domicile dans le cadre
de la fourniture de services EP
F
x
x
x
X
PT
x
X
X
U
co sage
ns
om rs e t
ma
teu
rs
MI
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/C
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Op
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Pr rs E
ivé
P
s
Fo
ur
nis
C- seur
TE
s
D
MC
I
Attributions spécifiques
associées au domaine C-TED
MS
DIN
EP
PP
A
TABLEAU 1. ATTRIBUTIONS PARTICULIÈRES ASSOCIÉES À LA STRATÉGIE NATIONALE C-TED
X
x
X
x
x
x
X
x
x
x
X
X
X
X Responsabilité (la partie prenante concernée a la responsabilité d'appliquer l'attribution indiquée)
x Participation (la partie prenante concernée participe à l'application de l'attribution indiquée)
Les parties prenantes concernées doivent se conformer aux directives en vigueur dans un délai de 2 ans (24 mois) suivant la publication de la stratégie
2
Les parties prenantes doivent pouvoir appliquer cette mesure dans un délai de 2 ans (24 mois) suivant la publication de la stratégie
3
Les parties prenantes doivent pouvoir appliquer cette mesure dans un délai d'une année (12 mois) suivant la publication de la stratégie
1
31
5.1 DINEPA
La DINEPA est l’autorité qui dispose du leadership institutionnel dans le domaine C-TED36. Elle est
ainsi à l’initiative de l’élaboration de la présente stratégie et en est responsable de la validation, de la
publication et de la diffusion (Chapitre 7). Elle est également chargée d’évaluer les résultats associés
à son application et d’y apporter, le cas échéant, des révisions au cours de la période 2018-2027. De
plus, avant le terme de cette dernière, la DINEPA définitaussi les modalités associées à l’élaboration
d’une stratégie révisée pour une nouvelle période.
La DINEPA reconnaît l’importance du C-TED, notamment pour apporter de l’eau potable auxfamilles
qui ne disposent pas d’un accès à des infrastructures hydrauliques, publiques ou privées,
garantissant la fourniture d’une eau de qualité. A cet effet, la DINEPA est responsable de former ses
propres agents établis au niveau central, dans les régions (OREPA), les départements (URD) ou les
communes (TEPAC), ainsi que les opérateurs de SAEP urbains (CTE) et ruraux (CAEPA), à
l’application de la stratégie C-TED dans le cadre de leurs activités respectives.La DINEPA et ses
représentants ont également pour attribution de réaliser des formations relatives à la stratégie CTED à l’attention de certains membres du MICT, de la DPC et des collectivités territoriales, ainsi que
des principaux fournisseurs C-TED. Pour accomplir de telles formations, la DINEPA développe du
matériel didactique qu’elle partage avec les autres parties prenantes qui, elles aussi, doivent former
certains de leurs propres représentants.
La DINEPA, à travers son bureau central et ses représentants établis à l’échelon régional (OREPA)
ou départemental (URD), est responsable de la coordination des différentes parties prenantes
impliquées dans le domaine C-TED. Pour ce faire, la DINEPA, les OREPA et/ou les URD
convoquent et animent périodiquement des plateformes C-TED, respectivement de portée nationale,
régionale ou départementale, qui réunissent les principales parties prenantes C-TED représentées
aux échelons mentionnés.
Les plateformes C-TEDpoursuiventles objectifs principaux suivants :
1.
2.
3.
4.
Favoriser les échanges entre parties prenantes C-TED
Assurer la coordination des projets C-TED et éviter les duplications
Partager les retours d’expérience liés à la mise en œuvre de projets C-TED
Favoriser la transition entre des projets C-TED mis en œuvre lors de crises humanitaires et
des interventions à long terme
5. Partager les innovations liées aux options C-TED
6. Partager les résultats issus d’études ou de recherches dans le domaine C-TED ou des
domaines associés (EPA, santé publique, etc.)
7. Effectuer un suivi de l’application de la stratégie C-TED
A noter qu’au niveau communal, la coordination des acteurs est assurée par les autorités
municipales(Chapitre 5.4) auxquelles se joignent, notamment, les TEPAC.
36
D’après une étude effectuée dans 46 pays (WHO, 2012), le leadership institutionnel du domaine C-TED est assuré
par les entités suivantes : le ministère de santé (59% des cas), le ministère de l’eau (17%), le ministère de
l’environnement (9%) ou d’autres ministères (17%)
32
Lors de crises humanitaires, les processus de coordination sont dirigés par les représentants de la
DPC et du MICT (Chapitre 5.4). Cependant, des rencontres de coordination sectorielle peuvent aussi
être organisées par de la DINEPA pour le secteur EPA, ou par le MSPP (Chapitre 5.2) pour le
secteur santé.
La DINEPA et ses entités déconcentrées ont la responsabilité de veiller à la bonne application et
mise en œuvre de la stratégie C-TED par les différentes parties prenantes impliquées. Ce mandat de
contrôle se traduit en particulier dans le cadre de l’accompagnement et du suivi des projets C-TED
(Chapitre 6). A ce titre, la DINEPA se réserve le droit de notifier toute forme d’action qui contrevient à
la présente stratégie et d’en informer les autorités, les partenaires financiers et/ou les autres parties
prenantes concernés. Dans le cadre de projets C-TED (Chapitre 6), une notification de la DINEPA
pourra avoir un effet suspensif sur le projet mis en œuvre, jusqu’à ce que des mesures correctives
soient appliquées. Les notifications émises par la DINEPA pourront, notamment, se référer aux cas
de figures suivants :
-
Fourniture (donation ou commerce) d’options C-TED non-approuvées
Non-respect de la libre concurrence ou situations de concurrence déloyale
Non-respect délibéré de la stratégie C-TED
Finalement, la DINEPA peut, soit directement, soitpar ses entités déconcentrées, être amenée à
mettre en œuvre des projets C-TED. Ces derniers sont prioritairement liés à la mise en œuvre
d’approches innovantes (dont les résultats doivent pouvoir orienter d’autres actions) ou à
l’accompagnement d’un projet visant à l’établissement d’un SAEP. La DINEPA peut aussi faire appel
à des mandataires externes (entreprises privées ou ONG) pour l’exécution de projets C-TED dont
elle est responsable.
5.2 MSPP
Le MSPP est une institution-clé du domaine C-TED. A ce titre, le MSPP, représenté notamment par
sa Direction de la Promotion de la Santé et de la Protection de l’Environnement (DPSPE), a été
impliqué dans l’élaboration de la présente stratégie. Le MSPP considère que le C-TED contribue à
l’amélioration de la santé publiqueet qu’ildoit, de ce fait, être encouragé et développé à l’échelle
nationale dans le respectde la présente stratégie.
Les représentants du MSPP, présents au niveau central et départemental ou déployés au sein des
arrondissements sanitaires, des communes ou dans les différentes structures de santé (Figure 3),
sont activement impliqués dans la promotion et la diffusionde la présente stratégie. Pour ce faire, le
MSPP est responsable de former ses propres représentants par rapport aux orientations de la
stratégie C-TED. A l’instar des formations dispensées par la DINEPA (Chapitre 5.1), du matériel
didactique doit également être élaboré pour que les différents acteurs de santé puissent
s’approprierla présente stratégieetparticiper pleinement à sa bonne application. Des synergies entre
le MSPP et la DINEPA peuvent ainsi être envisagées afin que leurs représentants respectifs
puissent bénéficier ensemble de formations. Les OI/ONG œuvrant dans les secteurs santé et EPA
peuvent contribuer à ces efforts.
33
Au-delà de l’implication des différents représentants du MSPP aux processus de coordination des
parties prenantes C-TED, lors de crises humanitaires ou en dehors de celles-ci, le MSPP dispose
d’attributions spécifiques associées au domaine C-TED :
1. Approbation des produits C-TED
Le MSPP est l’autorité nationale compétente pour approuver l’utilisation d’un produit C-TED en Haïti.
Pour ce faire, le MSPP définit le processus d’approbation d’un produit et les critères associés à cette
démarche. Le MSPP définit également la validité d’une approbation et les conditions liées à son
renouvellement éventuel. Tout nouveau produit C-TED, manufacturé localement ou importé, doit être
approuvé par le MSPP avant que son utilisation ne soit autorisée. Jusqu’en 2017, le MSPP a
approuvé 9 produits C-TED distincts (Annexe 5) dont 4 sont fabriqués en Haïti.
Toute demande relative à l’approbation d’un nouveauproduit C-TED doit être adressée à la DPSPE
du MSPP.
2. Surveillance sanitaire et contrôle de la qualité de l’eau
Le MSPP, en tant qu’autorité sanitaire, est compétent pour effectuer des contrôles réguliers de la
qualité de l’eauau domicile d’usagers. A ce titre, le MSPP participe aux campagnes d’analyses
destinées à déterminer la qualité de l’eau consommée par les usagers.
De plus, en matière de qualité de l’eau, les résultats des analyses effectuées par le Laboratoire
National de Santé Publique (LNSP) constituent la référence reconnue à l’échelle nationale.
3. Promotion de l’hygiène
Le MSPP est également l’autorité de référence en matière d’hygiène publique. Les principaux
messages IEC doivent ainsi être approuvés par le MSPP. A cet effet, certains messages associés au
C-TED doivent être révisés et complétés afin de refléter les directives de la présente stratégie. Le
MSPP doit participer à ces travaux et valider le contenu des nouveaux messages adressés aux
usagers.Le MSPP doit aussi être directement impliqué dans le cadre de toutes les campagnes de
communication relatives au C-TED et assurer, en particulier, la conformité et la cohérence des
messages transmis avec l’ensemble des directives en matière d’hygiène et de santé publique.
5.3 MCI
Le MCI dispose d’un rôle particulièrement important dans le cadre de la présente stratégie qui
repose en partie sur les acteurs de marché (Chapitre 3.3).A cet effet, le MCI doit pouvoir garantir que
les conditions suivantes sont respectées :
1. Les acteurs de marché procèdent exclusivement au commerce de produits C-TED approuvés
(Chapitre 5.2).
2. Les acteurs non-commerciaux, en particulier les ONG, impliqués dans le commerce de
produits C-TED doivent se conformer aux directives commerciales en vigueur dans un délai
de 2 ans (24 mois) suivant la publication de la présente stratégie.
3. Les acteurs commerciaux et l’ensemble des parties prenantes du domaine C-TED ne
pratiquent pas ou n’encouragent pas la concurrence déloyale.
34
Le MCI est compétent, conformément à ses attributions en matière commerciale, pour prendre des
sanctions à l’encontre des contrevenants ou se référer à d’autres instances étatiques à même de le
faire37.
Finalement, le MCI encourageet facilite la réalisation d’initiatives ou d’investissements privés
destinés à développer le domaine C-TED dans le respect de la présente stratégie.
5.4MICT et collectivités territoriales
Les représentants des collectivités territoriales, épaulés par les TEPAC, établissent le recensement
des opérateurs EP publics (Chapitre 5.5) et privés (Chapitre 5.6), des fournisseurs C-TED (Chapitre
5.7) et des PTF (Chapitre 5.8) présents sur le territoire communal. Ils sont responsables de la
coordination des parties prenantes C-TED à l’échelle communale, notamment lors de crises
humanitaires où ils facilitent l’organisation des interventions d’urgence en lien avec le MICT, la DPC
et l’ensemble des parties prenantes impliquées.
Certains représentants du MICT, en particulierde la DPC, et des membres des collectivités
territoriales sont formés sur les orientations principales de la stratégie C-TED par la DINEPA et/ou
ses partenaires (Chapitre 5.1). Pour ce faire, du matériel didactique destiné spécifiquement aux élus
locaux peut être élaboré. La DPC et les autorités communales doivent pouvoir intervenir ou autoriser
des interventions dans le respect de la stratégie C-TED. A l’inverse, toute initiative qui va à l’encontre
des directives de la présente stratégie C-TED doit pouvoir être stoppée par les autorités
communales et référée à l’OREPA concerné, si cela est jugé nécessaire.
Le MICT et les représentants des collectivités territoriales sont accompagnés dans le cadre des
processus de décentralisation associés au secteur EPA. La stratégie C-TED fait ainsi partie
intégrante de tout renforcement de capacité ou transfert de compétences destiné aux autorités
communales.
5.5Opérateurs EP publics
Les opérateurs EP publics exploitent des infrastructures hydrauliques publiques38. Le service délivré
par ces opérateurs peut être distingué en fonction des différents types d’infrastructures et de leur
capacité à fournir aux usagers une eau traitée par chloration.
Les opérateurs des SAEP, en milieux urbain et rural, ont la responsabilité de délivrerà leurs usagers
de l’eau chlorée respectant les standards communément admis16. Lorsque ce service est partiel ou
interrompu (Chapitre 3.2), les opérateurs de SAEP doivent pouvoir conseiller les usagers de recourir
à des options C-TED afin de disposer d’une eau pouvant être consommée sans risque. Pour ce faire,
les opérateurs de SAEP ont bénéficié de formations sur la stratégie C-TEDdispensées par la
37
Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) peut en particulier retirer l’accréditation
accordée à des ONG
38
En référence à la loi du secteur EPA de 2009 (Article18), l’exploitation de systèmes publics peut être confiée à des
prestataires privés. Ces derniers sont, néanmoins, toujours assimilés à des opérateurs EP publics puisqu’ils exploitent
des systèmes faisant partie du patrimoine de l’Etat
35
DINEPA et ses partenaires (Chapitre 5.1). A l’inverse, lorsqu’un approvisionnement continu en eau
chlorée est dispensé ou rétabli, les opérateurs de SAEP font la promotion du service fourni et
informent les usagers qu’un recours à un traitement domiciliaire n’est pas ou plus nécessaire.
Cependant, dans tous les cas de figure, les opérateurs de SAEP font la promotion des options et des
pratiques associées à la bonne conservation de l’eau à domicile.
Les opérateurs d’autres infrastructures hydrauliques publiques dotées d’un dispositif de
chloration39disposent des mêmes responsabilités que les opérateurs de SAEP en ce qui concerne la
fourniture d’eau chlorée et le recours éventuel au C-TED. Ils bénéficient des mêmes formations
relatives à la stratégie C-TEDet sont aussi impliqués dans la promotion de la bonne conservation de
l’eau à domicile.
Les opérateurs d’infrastructures hydrauliques publiques ne disposant d’aucun dispositif de
chloration40 doivent pouvoir promouvoir activement le C-TED auprès des usagers concernés par ce
type d’approvisionnement en eau. A ce titre, ces opérateurs sont ciblés prioritairement par les
formations sur la stratégie C-TED dispensées par la DINEPA et ses partenaires (Chapitre
5.1)etpeuvent activement participer au développement du C-TED, en particulier dans les zones
rurales desservies uniquement par de tels points d’eau.
5.6Opérateurs EP privés
Les opérateurs EP privés qui produisent et/ou distribuent de l’eau de boisson41 à partir d’une
infrastructure hydraulique privéesont tenus de respecter les exigences requises en matière de
traitement, de transport et/ou de vente d’eau potable et de prendre toutes les dispositions
nécessaires pour en assurer la qualité optimale.
Si le TED, en dehors de cas exceptionnels42, ne s’applique pas aux eaux traitées produites et/ou
distribuées par des opérateurs privés, la conservation de l’eau, en revanche, doit être promue par les
opérateurs de kiosques privés. En effet, ceux-ci ont la responsabilité d’encourager l’usage de
récipients adaptés et les pratiques de stockage adéquates. Ils peuvent, également, procéder euxmêmes au rinçage des récipients apportés par les usagers avec une solution désinfectante. Les
opérateurs de kiosques privés sont formés sur la conservation de l’eau à domicile par des
représentants du MCI, de la DINEPA, du MSPPou des PTF. Les producteurs d’eau traitée qui
approvisionnent les kiosques sont également sensibilisés à ces questions.
39
Il s’agit de quelques PMH équipées de distributeurs de chlore, de stations de pompage ou de stations de traitement
d’eau
40
Il s’agit de la plupart des PMH et des captages de source
41
Il s’agit des producteurs et des distributeurs d’eau traitée vendue au niveau de kiosques et des producteurs d’eau
traitée conditionnée en sachets, en bouteilles ou dans des récipients scellés de 5 gallons
42
Situations pouvant être liées à une crise humanitaire ou sanitaire
36
5.7 Fournisseurs C-TED
Les fournisseurs C-TED sont des acteurs-clé de la stratégie C-TED (Chapitre 3.3). Ils
doiventdisposer des autorisations légales associées à leur(s) activité(s), à savoir : les pièces
relatives àla constitution d’une société commerciale et les documents autorisant son fonctionnement
tels que la (les) patente(s) commerciale(s) et le quitus,dûment renouvelés pour chaque année fiscale
en cours. Il est rappelé que seuls les prestataires respectant ces conditions sont autorisés à
produire, importer ou vendre des options C-TED en Haïti. Les fournisseurs qui ne respectent pas ces
directives doivent se mettre à jour avec les autorités compétentes en la matière, soit le MCI et la
DGI.
Les fournisseurs C-TED sont aussi tenus de produire, importer ou distribuer uniquement des produits
C-TED approuvés par le MSPP (Chapitre 5.2). Toute activité impliquant des produits C-TED nonapprouvés (y compris leur donation) est interdite.
Les fournisseurs C-TED, en particulier les producteurs et les importateurs, sont seuls à même de
déterminer les prix pratiqués au niveau des différentes zones géographiques et localités du pays.
Cependant, la stratégie C-TED recommande que des prix uniques soient établis à l’échelle nationale
afin que les usagers résidant dans des régions éloignées de Port-au-Prince ou des zones reculées
ne soient pas prétérités par rapport aux habitants de la capitale ou des villes principales.Il est aussi
recommandé que les prix pratiqués par les fournisseurs C-TED soient aussi bas et attractifs que
possible afin que les usagers les plus pauvres puissent avoir accès aux options C-TED proposées. A
ce titre, la stratégie C-TED encourage aussi les fournisseurs à développer des solutions permettant
la réduction et/ou l’échelonnement des coûts pris en charge par les usagers (Chapitres 4.1 et 4.3).
Cependant, les fournisseurs C-TED doivent aussi respecter la libre concurrence et promouvoir une
certaine équité entre fournisseurs concurrents. Ainsi, des pratiques comme le dumping (pouvant être
encouragé par des subventions mal distribuées) ou la publicité mensongère ou calomnieuse sont
jugées contraires à la stratégie nationale C-TED.
Finalement, les fournisseurs C-TED, en particulier les distributeurs qui sont directement en contact
avec les usagers, doivent aussi pouvoir participer à la promotion de certaines bonnes pratiques
associées au C-TED. Ils doivent ainsi, non seulement pouvoirexpliquer comment utiliser le(s)
produit(s) C-TED qu’ils vendent, mais également être à même de donner des conseils relatifs, par
exemple, au choix d’une ressource en eau (Chapitre 3.4) ou à la conservation de l’eau à domicile.
Les principaux fournisseurs C-TEDétablis en Haïti (Annexe 5) doivent pouvoir bénéficier de
formations sur la stratégie nationale, dispensées par la DINEPA en collaboration avec le MCI. Ces
fournisseurs ont ensuite la responsabilité de former leurs propres collaborateurs et les distributeurs
qui représentent et vendent leurs produits. La DINEPA, le MCI et/ou des PTF peuvent contribuer à
ces efforts de formation en établissant notamment du matériel didactique adapté et en prenant en
charge certains coûts associés.
En particulier, tout producteur ou importateur d’options C-TED a, dans le cadre de la présente
stratégie, pour obligation de fournir des explications écrites en langue créole relatives à l’usage du
produit considéré.Ces dernières sont de préférence accompagnées de dessins explicatifs permettant
une meilleure compréhension.
37
5.8Partenaires techniques et financiers
Les bailleurs de fonds, les OI/ONG et les associations caritatives représentent des parties
prenantes-clé de la stratégie nationale C-TED.Les PTFont en effet un rôle prépondérant dans son
financement (Chapitre 4), son application dans le cadre de projets (Chapitre 6) et sa diffusion
(Chapitre 7). De plus,certains d’entre eux ont également été impliqués dans son élaboration.Ils
interviennent en fonction de leur mandat spécifique, disposent des autorisations requises délivrées
par les autorités nationales et participent aussi aux processus de coordination mis en place par ces
dernières.
Les PTF ont la responsabilité commune de se référer à la présente stratégieet de suivre et appliquer
ses prescriptions. Les bailleurs de fonds ont également le rôle de s’assurer que les financements
(Chapitre 4.2) qu’ils accordent sont conformes aux orientations et aux directives de lastratégie CTED. De plus, les PTF qui procèdent à la vente d’options C-TED (Annexe 5) sans disposer d’un
statut commercial ont l’obligation de confier leurs activités commerciales à une société privée
(Chapitre 5.7) dans un délaide 2 ans suivant la publication de la présente stratégie. De manière
similaire, les PTF qui procèdent à l’importation directe d’options C-TED doivent pouvoir interrompre
ces pratiques au cours de la même période et les confier à des fournisseurs C-TED (Chapitre
5.7)implantés en Haïti.
Les PTF ont aussi le rôle de partager leurs expériencesdans le domaine C-TED à l’occasion,
notamment, des plateformes C-TED (Chapitre 5.1). Il est important de considérer que les succès,
comme les échecs peuvent bénéficier à d’autres partenaireset contribuer ainsi au renforcement des
connaissances et à l’amélioration des approches et pratiques. De même, les PTF sont impliqués
dans le cadre des processus d’évaluation de la stratégie elle-même, mis en place par la DINEPA
suite de la publication de cette dernière.
Les PTF, dans le cadre de projets C-TED (Chapitre 6), sont directement en contact avec de
nombreux acteurs locaux, comme des représentants d’autorités déconcentrées (Chapitres 5.1 et
5.2), des agents communaux (Chapitre 5.4), des opérateurs EP (Chapitre 5.5 et 5.6) ou des
distributeurs de produits C-TED (Chapitre 5.7). Ils ont en conséquence un rôle fondamental à jouer
dans le cadre de la diffusion de la stratégie (Chapitre 7) et des formations associées.
5.9 Usagers et consommateurs
La décision de recourir au C-TED demeure un choix individuel ou familial. Si la stratégie et les
parties prenantes C-TED peuvent contribuer à réguler, encourager et faciliter cette pratique, ellesne
peuvent en aucun cas se substituer à la responsabilité propre des usagers et consommateurs. Ces
derniers choisissent non seulement d’appliquer une option C-TED, mais aussi d’y avoir recours tous
les jours (ou aussi souvent que requis) dans le respect des directives associées à sa bonne
utilisation.
La responsabilité incombant aux usagers et consommateurs doit être rappelée dans le cadre de tous
les messages IEC diffusés à leur intention.
38
Chapitre 6. Projets C-TED
Tous les projets C-TED, conduits par des parties prenantes C-TED représentées par desOI/ONG,
des associations caritatives, des entreprises privées, des consultants ou des entités
étatiquess’inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale C-TED. Le cycle de ces projets respecte
un certain nombre de directives qui permettent de garantir la cohérence et la compatibilité des
actions entreprises avec la stratégie nationale, tout en reconnaissant le caractère particulier des
acteurs ou des situations. Les projets C-TED conduits en réponse à des crises humanitaires se
réfèrent aussi au même cycle de projet, même si ce dernier peut être raccourci et/ou simplifié. Ainsi,
tous les projets C-TED, quels que soient leur nature et les contextes de mise en œuvre auxquels ils
se réfèrent, sont représentés par les différentes phases formant le cycle d’un projet (Figure 11). Ces
dernières sont décrites ci-dessous en mettant l’accent sur les particularités associées aux projets CTED et à la présente stratégie.
FIGURE 11. CYCLE D’UN PROJET C-TED CONDUIT PAR UNE PARTIE PRENANTE C-TED
Stratégie et
positionnement
La partie prenante C-TED définit sa stratégie et son positionnement.
Ceux-ci tiennent compte du savoir-faire, des expériences et de l’analyse de la partie
prenante, ainsi que des différentes directives et priorités des autorités nationales. La
stratégie nationale C-TED oriente la stratégie et le positionnement de la partie prenante.
Identification
du projet
L’identification du projet réalisée par la partie prenante (y compris les zones
d’intervention) tient compte des 4 piliers de la stratégie C-TED.
La partie prenante participe aux plateformes C-TED et échange avec des représentants
de la DINEPA, des OREPA et/ou des URD.
Définition du
projet et
formulation
La partie prenante élabore sa proposition de projet et le budget y relatif et adresse ces
documents pour validation à la DINEPA et à l’OREPA concerné avant que la proposition
ne soit envoyée à un bailleur de fonds. La DINEPA et/ou l’OREPA procède(nt) à
l’analyse de la proposition et de son budget en tenant compte des critères suivants:
1. Conformité avec la stratégie C-TED (4 piliers)
2. Conformité de la formulation du projet C-TED (6 composantes obligatoires)
3. Absence de duplication
La partie prenante tient compte des commentaires adressés par la DINEPA ou/et
l’OREPA et finalise sa proposition. A la demande de la partie prenante, la DINEPA ou
l’OREPA peut adresser un courrier confirmant la validation du projet dans la cadre de la
stratégie nationale C-TED.
Recherche de
fonds et
financement
La partie prenante soumet la proposition à un bailleur de fonds pour l’obtention d’un
financement. Si le projet doit être modifié de façon substantielle (changement
d’orientation, de zones d’intervention, réduction/augmentation du budget de +/- 20%,
etc.), il sera soumis à une nouvelle validation de la DINEPA et/ou de l’OREPA.
La partie prenante confirme le financement du projet à la DINEPA et à l’OREPA
concerné avant le démarrage de ce dernier.
Mise en œuvre
et suivi
La partie prenante met en œuvre le projet conformément aux termes de la proposition
validée. Elle partage, avec la DINEPA et l’OREPA concerné, les principaux documents
associés à la mise en œuvre du projet, soit : les résultats d’études ou d’enquêtes, les
rapports d’avancement, les évaluations, etc. Les demandes d’amendement du projet
et/ou du budget doivent, le cas échéant, également être soumises à l’approbation de la
DINEPA et/ou de l’OREPA concerné.
Pendant toute la durée du projet, la partie prenante participe aux plateformes C-TED et
répond aux sollicitations éventuelles de la DINEPA et/ou de l’OREPA.
Evaluation
La partie prenante effectue les évaluations du projet C-TED dans les délais prévus et
transmet les rapports d’évaluation à la DINEPA et à l’OREPA concerné.
L’évaluation du projet C-TED est une condition pour que la partie prenante puisse
continuer à intervenir dans le domaine C-TED.
39
1. Stratégie et positionnement (programmation)
Chaque partie prenante C-TED définit sa propre programmation en fonction de son savoir-faire, de
ses expériences et de son analyse, tout en tenant compte du cadre légal en vigueur etdes directives
et priorités signifiées par les autorités nationales. A cet effet, la stratégie nationale C-TED oriente le
positionnement de tout intervenant du domaine C-TED. Les intervenants qui n’adoptent pas des
modes d’intervention compatibles avec les 4 piliers de la stratégie C-TED (Chapitre 3) doivent
modifier leur propre positionnement pour être autorisé à conduire des projets C-TED en Haïti.
En anticipation à des situations d’urgence, il est habituel de définirde manière collective la stratégie
et le positionnement des différents acteurs humanitaires, notamment dans le cadre de plans de
contingence sectoriels. Les interventions prévues doivent ainsitenir compte de la stratégie nationale
C-TEDet, le cas échéant,des rectifications induites par la publication de cette dernière.
2. Identification du projet
En fonction de la stratégie et du positionnement définis (Phase 1), chaque partie prenante C-TED
procède à l’identification d’un ou de plusieurs projets C-TED en tenant compte, en particulier, des 4
piliers de la stratégie nationale C-TED (Chapitre 3).
L’identification d’un projet C-TED permet notamment de délimiter approximativement l’étendue
géographique (localisation) de l’intervention et de préciser qui sontles usagers ciblés. Le processus
d’identification d’un projet C-TED peut déboucher sur l’élaboration d’une note conceptuelle qui peut
être partagée avec la DINEPA ou l’OREPA concerné. Au cours de la phase d’identification d’un
projet C-TED, la partie prenante concernée participe aux plateformes C-TED (Chapitre 5.1) et
échange régulièrement avec des représentants de la DINEPA, des OREPA et/ou des URD.
Lors de crises humanitaires, la localisation du projet et les usagers ciblés sont le plus souvent
circonscrits aux zones affectées par la crise elle-même. Par contre, la référence aux 4 piliers de la
stratégie C-TED demeure valide. De plus, les interventions proposées doivent pouvoir démontrer
qu’elles s’intègrent dans le cadre du développement durable du C-TED (Chapitre 3.1).
3. Définition du projet et formulation
Après l’identification d’un projet C-TED (Phase 2) et dans la perspective de son financement (Phase
4), le projet C-TED est défini et rédigé dans le format convenant à la partie prenante concernée ou
au bailleur de fonds ciblé. Si la stratégie nationale C-TED ne recommande aucun format particulier,
elle requiert cependant que la formulation d’un projet C-TED comporte obligatoirement les 6
composantes suivantes :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
43
Une analyse basée sur les 4 piliers de la stratégie nationale C-TED
Des indicateurs (objectivement mesurables) associés aux 4 piliers de la stratégie C-TED
Un plan de mise en œuvre
Un plan de suivi
Un plan d’évaluation
Un budget complet43 et détaillé
Incluant les coûts liés à la mise en œuvre (coûts directs et indirects)
40
Le projet C-TED, tel que formulé, est adressé pour validation à la DINEPA et à l’OREPA concerné44,
avant qu’il ne soit présenté à un bailleur de fonds en vue de son financement45. La DINEPA et/ou
l’OREPA concerné adresse/ntses/leurs commentaires à la partie prenante dans un délai de 15 jours
ouvrables après réception de la formulation du projet. La validation de la DINEPA et/ou de l’OREPA
concerné est basée sur les critères suivants :
1. Conformité du projet C-TED avec la stratégie nationale C-TED ; en particulier : prise en
compte des 4 piliers de la stratégie C-TED
2. Conformité de la formation du projet C-TED ; en particulier : intégration des 6 composantes
obligatoires mentionnées précédemment
3. Absence de duplication avec un autre projet C-TED déjà validé ou en cours d’exécution
Un projet C-TED n’est validé qu’après la prise en compte par la partie prenante concernée de
l’ensemble des remarques adressées par la DINEPA et/ou l’OREPA concerné. Au terme de ce
processus, la DINEPA ou l’OREPA concerné peut, à la demande de la partie prenante concernée,
adresser un courrier confirmant la validation du projet présenté et sa conformité avec la stratégie
nationale C-TED. A l’inverse, tout projet C-TED n’ayant pas été soumis à la DINEPA et/ou à un
OREPA oune respectant pas les directives établies par la stratégie nationale C-TED n’est pas validé.
La DINEPA peut alors notifier à toutes les parties prenantes concernées (y compris aux bailleurs de
fonds)la non-conformité du projet C-TED concerné et/ou du processus associé.
Pour des interventions à réaliser lors de crises humanitaires, la partie prenante concernée doit
également pouvoir soumettre la formulation d’un projet C-TED à la DINEPA et/ou à l’OREPA
concerné. Si le document de projet peut être simplifié, il doit néanmoins inclure aussi les 6
composantes obligatoires déjà mentionnées. De plus, si le projet propose des interventions
exceptionnelles qui dérogent temporairement à la stratégie C-TED, les explications suivantes
doiventêtre fournies :
-
Justification des interventions exceptionnelles
Durée des interventions exceptionnelles
Actions envisagées pour un « retour » au développement durable du C-TED (Chapitre 3.1)
A noter que les interventions exceptionnelles font, en principe, l’objet de discussions lors des
rencontres de coordination sectorielle. Les autorisations y relatives sont définies et peuvent ainsi être
accordées dans le cadre de ces réunions. Cependant, ces mesures collectives ne remplacent pas
l’exigence faite à chaque partie prenante C-TED de soumettreà l’approbation de la DINEPA et/ou de
l’OREPA concerné, la formulation du projet C-TED proposé. Lors de crises humanitaires, la DINEPA
et/ou l’OREPA concerné adresse(nt) leurs commentaires dans un délai de 5 jours ouvrables.
Cependant, il peut être déjà convenu entre les parties que certaines actions peuvent être entreprises
immédiatement.
4. Recherche de fonds et financement
La partie prenante C-TED procède à la recherche des fonds nécessaires au financement (Chapitre
4) du projet défini, formulé et approuvé (Phase 3). Si à la suite d’échanges avec un bailleur de fonds,
44
Aux OREPA concernés, si la zone d’intervention englobe plusieurs régions
Si le projet C-TED fait partie d’un projet EPA plus large, la partie prenantedoit adresser, à la DINEPA et l’OREPA
concerné, la proposition du projet global afin que la cohérence des interventions C-TED avec les autres activités du
projet puisse également être aussi vérifiée
45
41
le projet doit être significativement modifié, notamment en ce qui a trait à son budget46, à la
localisation des zones d’intervention, à sa durée ou à tout autre changement qui aun impact
important sur la nature ou le déroulement du projet, la partie prenante concernée doit alorssoumettre
à nouveau le projet pour validation à la DINEPA et/ou l’OREPA concerné. Par contre, si les
modifications demeurent mineures, le projet n’a pas besoin d’être approuvé formellement une
nouvelle fois.
Dès que le financement d’un projet C-TED est confirmé, la partie prenante concernée informe la
DINEPA et l’OREPA concerné et leur communique la date de démarrage prévue du projet. A
l’inverse, si un financement n’est pas octroyé ou est retardé, la partie prenante concernée
communique également avec la DINEPA et l’OREPA concerné et leur fait part des raisons associées
au refus d’un financement, à son annulation ou à son renvoi.
Dans la cadre de crises humanitaires, les financements sont, le plus souvent, accordés de manière
rapide et simplifiée. Cependant, l’allégement des procédures liées à l’octroi de financements ne doit
pas dissuader la partie prenante concernée d’informer la DINEPA et l’OREPA concerné sur le
montant des décaissements obtenus.
5. Mise en œuvre et suivi
La partie prenante concernée met en œuvre le projet C-TED conformément à sa formulation (Phase
3) et au financement alloué (Phase 4).
Au cours de la période de mise en œuvre du projet, la partie prenante participe régulièrement aux
plateformes C-TED et/ou aux réunions de coordination sectorielle (lors de crises humanitaires)et fait
part de l’évolution du projet. La partie prenante partage également avec la DINEPA et l’OREPA
concerné tous les principaux documents associés à la mise en œuvre du projet, soit : les rapports
d’étude, les rapports d’enquêtes, les rapports d’avancement, les rapports d’évaluation (Phase 6), etc.
A la demande de la DINEPA ou de l’OREPA concerné, la partie prenante peut également fournir un
rapport annuel sur la réalisation d’un projet C-TED particulier ou sur l’ensemble de ses activités dans
le domaine C-TED.
Toute proposition de modification d’un projet C-TEDen cours de réalisation doit être présentée à la
DINEPA et à l’OREPA concerné avant qu’elle ne soit adressée au bailleur de fonds concerné. En
fonction de la nature et de l’importance des changements proposés, la DINEPA, l’OREPA concerné
et la partie prenante conviennent ensemble des modalités liées à la soumission des révisions
proposées. Si ces dernières sont mineures, la DINEPA et l’OREPA concerné peuvent simplement en
prendre note. Par contre, si les modifications sont importantes, la DINEPA et l’OREPA concerné
peuvent exiger de valider une proposition de révision ou d’amendement du projet C-TED concerné
avant que cette dernière ne soit soumise à un bailleur de fonds.
Les représentants de la DINEPA etde l’OREPA concerné (incluant les TEPAC) assistent la (les)
partie(s) prenante(s) au projet C-TEDet apportent leur appui afin de contribuer à sa bonne
réalisation. Ils effectuent également un suivi des activités du projet et peuvent, à ce titre, conduire
des visites et des contrôles leur permettant de vérifier le bon déroulement du projet. Si la mise en
œuvre de ce dernier ne correspond pas aux engagements pris ou ne produit pas les résultats
escomptés, la DINEPA ou l’OREPA concerné peut adresser une notification à la partie prenante
46
Réduction ou augmentation du budget total d’au moins 20% par rapport au projet initialement validé
42
concernée lui demandant de fournir desexplications ou de procéder à des rectifications. En fonction
de la nature des problèmes rencontrés, le bailleur de fonds concerné peut également être sollicité.
De telles démarches sont poursuivies jusqu’à ce que la bonne mise en œuvre du projet soit rétablie.
6. Evaluation
La phase d’évaluation fait partie intégrante de tout projet C-TED. A ce titre, aucun projet C-TED ne
peut être validé par la DINEPA et/ou l’OREPA concerné sans que des dispositions liées à
l’évaluation du projet (Tableau 2) soient clairement définies. La partie prenante doit en
particuliers’engager à réaliserau moins une évaluation intermédiaire pour tout projet d’une durée
égale ou supérieure à 18 mois et une évaluation finale pour tout projet, quelle que soit sa durée. La
réalisation de cette dernière intervenant plusieurs mois après la clôture du projet lui-même, la partie
prenante doit prévoir les dispositions nécessaires, notamment sur le plan financier, pour l’effectuer.
Les évaluations sont réalisées, soit par la partie prenante elle-même (évaluation interne), soit par un
prestataire externe (évaluation externe) n’ayant pas participé aux phases antérieures du projet. Les
rapports d’évaluation sont systématiquement transmis à la DINEPA et à l’OREPA concerné et
peuvent faire l’objet d’une présentation, notamment lors des plateformes C-TED.
TABLEAU 2. DÉROULEMENT DES ÉVALUATIONS D’UN PROJET C-TED
Durée totale du projet C-TED
< 18 mois
18 à 24 mois
> 24 mois
Evaluation
intermédiaire
-
Après 9 à 12 mois
Après 12, 24, 36 mois,
etc. sauf la dernière
année du projet*
Evaluation
finale
6 à 12 mois après la
fin du projet
18 à 36 mois après la fin du projet
* Par exemple : Si un projet dure 36 mois, 2 évalutations intermédiaires sont réalisées, l'une après 12 mois et
l'autre après 24 mois
L’évaluation d’un projet C-TED déjà réalisé conditionne également la définition et la validation d’une
nouvelle proposition s’inscrivant dans un nouveau cycle de projet (Figure 11).
L’obligation de réaliser l’évaluation d’un projet C-TED s’applique également aux projets conduits lors
de crises humanitaires. Dans certains cas, l’évaluation commune de plusieurs projets C-TED peut
aussi être envisagée par les différentes parties prenantes et bailleurs de fonds concernés. Par
exemple, à la suite d’une catastrophe naturelle ayant conduit à la mise œuvre de plusieurs projets CTED répartis sur plusieurs zones géographiques, une seule évaluation externe peut s’appliquer à
l’ensemble des interventions réalisées par les différentes parties prenantes.
43
Chapitre 7. Perspectives
La publication de la stratégie nationale C-TED renforce la régulation du secteur EPA et confère de
nouvelles responsabilités à toutes les parties prenantes du domaine C-TED (Chapitre 5).
La DINEPA, qui exerce le leadership institutionnel dans le domaine C-TED, doit pouvoir organiser et
coordonner la mise en application de la présente stratégie. A ce titre, les perspectives pour les deux
premières années suivant sa publication sont importantes et ambitieuses, car elles orientent
l’ensemble de sa mise en œuvre. Les accomplissements suivants doivent ainsi être réalisés de
manière prioritaire dans le cadre de travaux collectifs conduits sous l’égide de la DINEPA :
-
Recensement des parties prenantes C-TED. Cet inventaire doit être continuellement mis à
jour et décliné aux échelons national, régional, départemental et communal. Ces informations
doivent être facilement accessibles afin d’encourager les échanges entre les parties
prenantes.
-
Recensement des projets C-TED. Ce répertoire doit être actualisé régulièrement et doit
pouvoir renseigner les parties prenantes C-TED sur certaines caractéristiques-clés des
projets, à l’instar de leur durée, leur localisation, leur coût, leurs acteurs impliqués, leur
contribution à la stratégie C-TED, etc. Ces données doivent également être aisément
disponibles, dans le but de stimuler la coopération entre les parties prenantes et d’éviter des
duplications ou la réalisation d’actions non-conformes avec la présente stratégie.
-
Définition des indicateurs associés à la stratégie C-TED.Ce travail doit permettre, d’une
part, de mesurer le niveau d’application de la stratégie elle-même et, d’autre part, de faciliter
l’élaboration des projets C-TED. Certains indicateurs doivent,en particulier, se référer aux 4
piliers de la stratégie (Chapitre 3) et pouvoir être partagés avec les parties prenantes
concernées afin de renforcer la cohérence des projets développés.
-
Formulation des messages-clésadressés aux usagers. Cette liste contenantles principaux
messages IEC relatifs au domaine C-TED doit refléter les orientations de la stratégie. Elle
doit permettre aux parties prenantes C-TED de s’adresser « d’une seule voix » aux usagers,
renforçant ainsi la portée de leurs discours et de leurs actions. Tous ces messages,élaborés
en français et en créole,doivent être validés par le MSPP (Chapitre 5.2)etmis à disposition
des parties prenantes C-TED.
-
Elaboration de matériel didactique.Cet ensemble de matériel destiné à la formation doit
faciliter l’appropriation de la stratégie par les principales parties prenantes responsables de
son application. Il doit être adapté aux rôles joués par chacune d’elles et doit pouvoir, le cas
échéant, être modifié au gré des situations ou des publics ciblés. Le partage de ces éléments
doit augmenter l’homogénéité des formations développées et rationnaliser les efforts
consacrés à l’élaboration de ce matériel didactique.
-
Formations. Cette composante est primordiale, car ellepermet d’assurer la bonne
compréhension de la stratégie C-TED et celle des rôles dévolus à ses différentes parties
prenantes (Chapitre 5). Les formations doivent pourvoir mobiliser prioritairement l’ensemble
des parties prenantes C-TED, soit en tant que formateurs, soit en tant que bénéficiaires de
formations, au cours de la période initiale de l’application de la stratégie C-TED.
44
-
Diffusion et communication.Ces efforts sont également importants, car ils permettent de
faire connaître le domaine et la stratégie C-TED auprès d’un large public forménotamment
par les responsables politiques, les acteurs économiques et les représentants de la société
civile. Ils doivent également pouvoir s’adresser directement aux usagers en les incitant à
opter pour les options C-TED recommandées par la présente stratégie. Dans ce cadre-là,
l’implication des journalistes de la presse écrite, des radios et des télévisions est aussi
capitale, car ces derniers peuvent contribuer largement à la diffusion à grande échelle des
concepts-clés de la présente stratégie.
En ce qui a trait encore aux perspectives associées à la phase initiale de l’application de la stratégie,
il est rappelé que certaines échéances capitales doivent être respectées par les parties prenantes
concernées (Chapitre 5). Il s’agit de :
-
L’abandon, en dehors des situations de crises humanitaires, des projets C-TED qui
n’impliquent pas une participation financière des usagers. Ce changement de mode
d’intervention doit être effectif au cours de la première année d’application de la stratégie CTED.
-
L’achat exclusif de produits C-TED approuvés auprès de fournisseurs C-TED implantés en
Haïti. Cette directive, qui a pour corollaire le renoncement à toute importation effectuée
directement par des entités étatiques ou des PTF47, doitêtre mise en œuvre au cours des
deux premières années d’application de la stratégie C-TED.
-
La régularisation des activités liées à la vente de produits C-TED exercées par des acteurs
ne disposant pas d’un statut commercial. Ce changement de pratiques doit aussi être effectif
au cours de la période représentée par les deux premières années d’application de la
stratégie C-TED.
Cependantces perspectives ne peuvent se réaliser sans l’apport de nouveaux financements
(Chapitre 4) consacrés spécifiquement au domaine C-TED. A la suite de la publication de la présente
stratégie, la DINEPA doit pouvoir ainsi effectuer un important plaidoyer auprès des bailleurs de fonds
du secteur EPA, afin que le domaine C-TED soit davantage intégré dans les financements octroyés.
De même, la DINEPA doit aussi pouvoir mobiliser des ressources financières de l’Etat en vue
notamment de pérenniser ses actions consacrées à la régulation du domaine C-TED et à la
coordination de ses parties prenantes. L’ensemble des financements consacrés au domaine C-TED
doit être répertorié à intervalles réguliers ; il constitue en effet un bon indicateur de l’évolution du
domaine C-TED.
Après ces 2 années initiales, l’application de la stratégie doit pouvoir être effective et respectée par
l’ensemble des parties prenantes C-TED. Les perspectives seront alors liées aux renforcements des
réalisations accomplies tout en tenant compte d’éventuels retards ou échecs. Cependant, le
développement du domaine C-TED demeure une action à long terme. Les parties prenantes devront
donc également faire preuve de patience et d’abnégation tout en restant résolument engagées dans
l’application de la stratégie et de la coopération. Les enjeux associés à la consommation d’une eau
saine sont si importants en matière de santé, de nutrition, de lutte contre la pauvreté ou d’éducation
que la stratégie nationale C-TED doit également pouvoir orienter les interventions d’acteurs œuvrant
en dehors du secteur EPA et renforcer ainsi la collaboration multisectorielle.
47
Des dérogations peuvent cependant être accordées lors de certaines crises humanitaires
45
Si la publication de la stratégie nationale C-TED doit permettre de renforcer les efforts et les moyens
déployés pour le développement du domaine C-TED, elle doit égalementêtre accompagnée d’autres
initiatives visant à développer le secteur EPA dans son ensemble.En particulier, la réalisation
d’investissementsdestinés à doter les villes et chefs-lieux de communes d’infrastructures
hydrauliques publiques performantes doit demeurer une priorité sectorielle. De même, le
développement de l’assainissement au travers de solutions individuelles ou semi-collectives, et de
services associés,est aussi primordial et doit se traduire par une allocation accrue de ressources.
Enfin, la protection des ressources en eau, mises à mal par le changement climatique, la
déforestation ou l’urbanisation, doit également faire partie intégrante des interventions stratégiques.
Tous les enjeux et défis du secteur EPA doivent dorénavant tenir compte de la présente stratégie et
permettre ainsi d’en renforcerla portée au bénéfice de l’ensemble des usagers en Haïti.
46
Annexes
Annexe 1. Abréviations et acronymes
ACF
ASCP
ASEC
BCS
CAEPA
CASEC
CCS
CDC
CM
CPE
CT
CTE
C-TED
DD
DGI
DINEPA
DPC
DPSPE
DS
E. coli
env.
EP
EPA
IEC
incl.
JMP
LNSP
MCI
MICT
MPCE
MSPP
MTPTC
OI
ONG
OPS/OMS
OREPA
PAP
PEPA
PMH
PTF
Action Contre la Faim
Agent de Santé Communautaire Polyvalent
Assemblée de la Section Communale
Bureau Communal de Santé
Comité d'Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement
Conseil d'Administration de la Section Communale
Centre Communautaire de Santé
Center for Desease Control and Prevention
Conseil Municipal
Comité de Point d'Eau
Collectivité Territoriale
Centre Technique d'Exploitation
Conservation et Traitement de l'Eau à Domicile
Direction Départementale
Direction Générale des Impôts
Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement
Direction de la Protection Civile
Direction de la Promotion de la Santé et de la Protection de l'Environnement
Direction Sanitaire
Escherichia coli
Environ
Eau Potable
Eau Potable et Assainissement
Information, Education, Communication
Incluant
Joint Monitoring Programme
Laboratoire National de Santé Publique
Ministère du Commerce et de l'Industrie
Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications
Organisation Internationale
Organisation Non Gouvernementale
Organisation Panaméricaine de la Santé/Organisation Mondiale de la Santé
Office Régional d'Eau Potable et d'Assainissement
Port-au-Prince
Plateforme Eau Potable et Assainissement
Pompe à Motricité Humaine
Partenaire Technique et Financier
47
SAEP
TED
TEPAC
UAS
UNICEF
UNPD
URD
USAID
WHO
Système d'Approvisionnement en Eau Potable
Traitement de l'Eau à Domicile
Technicien Eau Potable et Assainissement Communal
Unité d'Arrondissement de Santé
Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
United Nations Population Division
Unité Rurale Départementale
U.S. Agency for International Development
World Health Organization
48
Annexe 2. Définitions
Domaine C-TED
Fournisseur C-TED
Option C-TED
Partie prenante C-TED
Plateforme C-TED
Produit C-TED
Project C-TED
Champs d'application de la conservation et du traitement de l'eau à domicile. On peut
aussi simplement parler de C-TED
Entreprise privée ou prestataire individuel impliqué dans la production, l'importation
et/ou la commercialisation d'options C-TED
Solution technique ou produit utilisé dans le cadre du C-TED
Organisation internationale, ONG, association caritative, entreprise privée, consultant
ou entité étatique active dans le domaine C-TED
Réunion périodique organisée à l'initiative de la DINEPA, d'un OREPA ou d'une URD
qui rassemble les parties prenantes du C-TED opérant au sein d'une entité territoriale
Intrant utilisé dans le cadre du C-TED
Intervention conduite dans le domaine C-TED par une partie prenante C-TED. Un
projet C-TED peut concerner le domaine C-TED de manière exclusive ou s'inscrire
dans le cadre d'un projet EPA ou de santé publique où il ne représente qu'une
composante
49
Annexe 3. Bibliographie
ACF, 2017. Analyse de marchés en anticipation de crises choléra, département de
l'Artibonite, Haïti. 100 pages
ACF, 2017. Renforcement des acteurs du marché en anticipation de crises choléra,
département de l'Artibonite, Haïti. 22 pages
CAWST, 2011. Introduction au traitement de l'eau à domicile et au stockage sûr. Manuel du
formateur. 270 pages
CAWST, 2012. Options de conservation et traitement d'eau à domicile. Présentation. 57
pages
CDC, 2015. AquaJif Project Evaluation in Upper Artibonite Department, Haiti. 87 pages
CDC, 2016. Assessment of Household Water, Sanitation and Hygiene Practices and
Availability and Use of Household Water Treatment Products in Artibonite Department,
Haiti. Final Report. 73 pages
DINEPA, 2012. Recommandations de la DINEPA sur l'utilisation du chlore produit par
électrolyse avec les appareils WATA. 1 page
DINEPA, 2013. Traitement de l'eau à domicile. Fascicule technique. Code : 1.1.1 FAT1. 15
pages
DINEPA, 2013. Filtres familiaux. Fiche technique. Code : 1.1.1 FIT1. 8 pages
DINEPA, 2013. Filtres à sable lent. Fiche technique. Code : 1.1.1 FIT2. 12 pages
DINEPA, 2013. Retour d'expérience d'un traitement à domicile : PuR. Fiche technique.
Code : 1.1.1 FIT3. 3 pages
DINEPA, 2013. Conservation de l'eau de boisson à domicile. Fiche technique. Code : 1.1.2
FIT1. 7 pages
DINEPA, 2013. Citernes de stockage d'eau de pluie. Directive technique. Code : 1.1.3
DIT1. 22 pages
EAWAG/SANDEC, 2005. Désinfection solaire de l'eau. Guide pour l'application de SODIS.
84 pages
FICR, 2008. Traitement et stockage sûr de l'eau à domicile dans les situations d'urgence.
39 pages
Project Concern International, 2010. Increasing Access to Clean Water through Rainwater
Harvesting Systems : Port-au-Prince. 123 pages
PSI, 2012. Haïti (2012) : Traitement d'Eau à Domicile (TED). Enquête de suivi sur les
déterminants de l'utilisation des produits de traitement de l'eau au niveau des ménages
ayant des enfants de moins de 5 ans en Haïti. Rapport Final. 33 pages
WHO, 2012. Status of National Household Water Treatment and Safe Storage Policies in
Selected Countries. 21 pages
WHO, 2012. Tracking national financial flows into sanitation, hygiene and drinking-water.
GLASS. Working paper. 65 pages
WHO, 2016. Result of Round I of the WHO International Scheme to Evaluate Household
Water Treatment Technologies. 57 pages
WHO/UNICEF, 2017. Estimates on the use of water, sanitation and hygiene in Haiti. Joint
Monitoring Programme for Water Supply, Sanitation and Hygiene
50
Annexe 4. Efficacité des options et produits TED
Type de
traitement
Produits présents
1
en Haïti
Ne nécessite aucun
produit spécifique
Catégorie de
produit
Aucun
Décantation
Bactéries
Parasites
Rémanence
1
1
1
1
0
Ne peut pas être utilisé seul (prétraitement)
2
1
1
1
0
Non-recommandé par la stratégie nationale CTED
Tissu
N'importe quel tissu
fin
1
1
1
2
0
Ne peut pas être utilisé seul (prétraitement)
Washtech
3
3
3
3
2
Stefani, Katadyn
3
3
3
3
0
Sawyer, Lifestraw
3
3
3
3
0
3
3
3
3
0
2
2
2
2
0
0
3
3
1
3
3
Filtre à bougie en
céramique
Filtre à membrane
Kado Dlo (Gift of
Filtre à bobine
Water)
Filtre biosable en
Filtre à sable lent
plastique (Hydraid)
AquaJif, Gadyen
Produit liquide TED
Dlo
Granules avec
doseur
Klorfasil
0
3
3
1
3
Comprimés
Aquatabs, Oasis
0
3
3
1
3
Poudre (coagulant
chimique + chlore)
P&G Purifier of
Water (ex PuR)
3
3
3
1
3
Ebullition
Aucun
Aucun
0
3
3
3
0
Désinfection
solaire
Aucun
Sodis
0
3
3
3
0
Décantation +
Chloration
Remarque
Raket, moringa
4
Chloration
Virus
Coagulant naturel
Filtre céramique
Filtration
2
Turbidité
1
Non-exhaustif
2
Protozoaires, helminthes, vers, etc.
0
Aucune
3
Contenant de l'argent colloïdal
1
Faible
4
Taille des pores comprise entre 0.01 et 0.1 µm (ultrafiltration)
2
Moyenne
3
Elevée
Efficacité :
51
Seuls les filtres en plastique sont recommandés
par la stratégie nationale C-TED
Recommandé uniquement lors de crises
humanitaires
Non-recommandé par la stratégie nationale CTED
Non-recommandé par la stratégie nationale CTED
Annexe 5. Produits C-TED disponibles en Haïti
Type de
traitement
Nom / marque
du produit
Produit approuvé
par le MSPP et
année
Origine du
produit
-
Approuvé, 2013
Haïti
-
Washtec SA
Katadyn
-
Suisse
Katadyn
Sani-Suisse SA
Stefani
-
Brésil
Stefani
LifeStraw
Family
Approuvé, 2013
Suisse
Vestergaard
-
Sawyer
Approuvé, 2013
USA
Sawyer
Magepa SA
Kado Dlo
(Gift of Water)
Approuvé, 2013
USA
Gift of Water (GOW)
-
Hydraid BioSand
Water Filter
Approuvé, 2013
USA
Hydraid
Pure Water for the
World (PWW)
AquaJif
Approuvé, 2013
Haïti
-
La Perle SA
Gadyen Dlo
Approuvé, 2013
Haïti
-
Deep Spring
International (DSI)
Klorfasil
Approuvé, 2013
Haïti
-
Klorfasil
Puritabs
(Aquatabs)
Approuvé, 2013
Irlande
Medentech
Propharma SA
Oasis Water
Purification
Tablets
-
Royaume-Uni
Hydrachem
-
-
www.hydrachem.co.uk
Le fabricant/fournisseur n'a pas de
représentant en Haïti (en 2017)
Poudre (coagulant
chimique + chlore)
P&G Purifier of
Water
(ex PuR)
-
Pakistan
Procter & Gamble
-
-
www.pg.com/csdw
Le fabricant/fournisseur n'a pas de
représentant en Haïti (en 2017)
Seau, seau à robinet
Aucun
Approbation nonrequise
Haïti
-
Sogeplast SA (Haiti
Plastics SA)
4 Ruelle Jeudy
Blvd Toussaint Louverture
Port-au-Prince
Seau
Aucun
Approbation nonrequise
Haïti
-
United Plastics SA
Bizoton 51-53
Port-au-Prince
Catégorie de
produit
Filtre céramique
1
Nom du fabricant ou
Nom du fabricant ou
fournisseur à
fournisseur en Haïti
l'étranger
Filtre à bougie
Filtration
Filtre à membrane
Filtre à bodine
Remarques
(+509) 3648-7995, (+509) 4653-2639,
(+509) 4894-2706
pascalsharpe@gmail.com,
marcel.leopold.patrice@gmail.com
-
345, Autoroute de Delmas (entre (+509) 3736-9213, (+509) 36976501,
Delmas 77 & 79)
(+509) 37019216
Delmas
www.katadyn.com
-
3 Rue Sapotille
Kabik
Cayes Jacmel
11 Rue Jean-Baptiste
Essence Société de
Canapé-Vert
Services
Port-au-Prince
3
Produit liquide TED
Granules avec doseur
Comprimés
Décantation +
Chloration
Téléphone /
email de contact
-
(+509) 4614-6505
(+509) 3674-4408
essencehaiti@hotmail.com
www.lifestraw.com
Le fabricant/fournisseur n'a pas de
représentant en Haïti (en 2017)
2
Filtre à sable (en
plastique)
Chloration
Adresse du fabricant ou
fournisseur en Haïti
Conservation
1
Contenant de l'argent colloïdal
2
Taille des pores comprise entre 0.01 et 0.1 µm (ultrafiltration)
3
Taille des pores équivalente à 1 µm
52
10 Impasse Combite
Port-au-Prince
(+509) 3751-5531
magepa1@yahoo.com
www.sawyer.com
-
www.giftofwater.org
Le fabricant/fournisseur n'a pas de
représentant en Haïti (en 2017)
3 Impasse Pierrot
Delmas 65
Port-au-Prince
(+509) 4743-8288
www.purewaterfortheworld.org
Le fabricant/fournisseur en Haïti n'est
pas une société commerciale (en
2017)
Tabarre 41
Blvd 15 Octobre
Tabarre
(+509) 2813-1265
(+509) 2813-1365
info@laperlehaiti.com
-
-
- 27 Rue St Laurent, Léogane
- Clinique Missions of Love,
Jolivert, Gros Morne
- Rue Geffrard, Milot
Route Nationale #1, Sarthe (près
de la brasserie La Couronne)
Port-au-Prince
(+509) 3109-3960, (+509) 3756-3888,
Le fabricant/fournisseur en Haïti n'est
(+509) 29113960
pas une société commerciale (en
j.casimir@deepsringinternational.org,
2017)
jmcasy@gmail.com
(+509) 3745-8090
bernardcelestin@yahoo.com
www.klorfasil.org
Le fabricant/fournisseur en Haïti n'est
pas une société commerciale (en
2017)
18 Angle Rue Hardy et Route du (+509) 2247-2283, (+509) 2813-9088
Canapé-Vert
pro_pharmasa@yahoo.fr
Pétion-Ville
patricecave@gmail.com
(+509) 3701-1763, (+509) 3701-1765
customerservice@haplas.com
www.grouphm.com
-
(+509) 2813-0612
info@unitedplasticssa.com
www.unitedplasticssa.com
-