(2016-05) Déchets et urbanisation : comment concilier déchets et développement durable ?
Resume — Document du CIAT reliant directement le problème des déchets à la façon dont les villes haïtiennes croissent, présenté à la Table Verte du 26 mai 2016. Il chiffre l'un des liens : la construction d'un logement produit en moyenne 2,435 tonnes de déchets.
Constats Cles
- Construire un logement produit en moyenne 2,435 tonnes de déchets, convertissant la croissance du bâti en tonnage.
- Les moteurs cités : extension urbaine non contrôlée, hausse du nombre de logements, bidonvilles nourris par l'exode rural, constructions sur les drainages.
- Bâtir sur le drainage aggrave doublement : le geste qui crée le déchet supprime le canal qui évacuerait l'eau.
- Les déchets sont posés comme un problème d'urbanisation avant d'être un problème d'assainissement.
Description Complete
La prémisse de ce document est que les déchets en Haïti relèvent de l'urbanisation avant de relever de l'assainissement, et il expose la situation urbaine qui produit les volumes : extension non contrôlée de la ville, augmentation du nombre de logements, bidonvilles alimentés par l'exode rural, et constructions sur les systèmes de drainage eux-mêmes. Le chiffre par logement est le maillon le plus concret, car il convertit la croissance du bâti directement en tonnage : en moyenne 2,435 tonnes de déchets par logement construit. Bâtir sur les systèmes de drainage compte doublement, puisque le même geste qui produit des déchets supprime le canal qui aurait évacué l'eau : l'obstruction et l'inondation découlent du boom de la construction, elles ne font pas que coïncider avec lui. Présenté à la Table Verte du 26 mai 2016, forum de coordination régionale, il accompagne des textes sur la politique nationale des déchets solides, la situation propre des Cayes et le recyclage comme gisement d'emplois.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Déchets et urbanisation
Comment concilier déchets et
développement durable ?
Table Verte du 26 mai 2016
Situation urbaine
• Extension non contrôlée de la ville
• Augmentation du nombre de logements (la
construction d’un logement produit en
moyenne 2,435 t de déchets)
• Bidonvilles (exode rural)
• Constructions sur les systèmes de drainage
• Occupation anarchique du littoral
4 grandes classes de déchets
1.
Déchets ménagers, marchés
3.
– Organiques
– Résidus secs : paille de vétiver,
paille de riz, cœur de maïs,
bagasse, branchages, etc…
– Plastiques
– Verres, tissus, métaux, papier
– Résidus humides : fruits et
légumes humides, déjections
animales
– Eaux grises
4.
2.
Excrétas
– Feces
– Urines
Déchets agricoles verts
Déchets industriels et
médicaux
–
Huiles, hydrocarb. et chimie,
métaux lourds, hôpitaux
–
Automobile, pièces, pneus
–
BTP : ciment, gravats,
Quel recyclage possible ?
1.
Déchets ménagers, marchés
– Organiques
Méthanisation et engrais
– Plastiques
– Verres, tissus, métaux, papier
Contenants, export
– Eaux grises
Pédoépuration : épandage à
faible profondeur pour le jardin
(arbres fruitiers,…)
2.
Excrétas
– Feces
– Urines
Compostage puis engrais
3.
Déchets agricoles verts
– Résidus secs : paille de vétiver,
paille de riz, cœur de maïs,
bagasse, branchages, etc…
Paillage, pellets et gazéification
– Résidus humides : fruits et
légumes humides, déjections
animales
Méthanisation et engrais
4.
Déchets industriels et
médicaux
–
–
–
Huiles, hydrocarb. et chimie,
métaux lourds, hôpitaux
Cas par cas
Automobile, pièces, pneus
Casse auto, remblais
BTP : ciment, gravats,
Remblais
Déchets ménagers
• Service de collecte dans les ménages insuffisant
• Difficultés d’accès a certains quartiers pour la
collecte. Routes et corridors étroits et en mauvais
états.
Conséquences:
• déchets ménagers déposés au coin des rues, dans
les systèmes de drainage
• circulation piétonne et automobile difficile
• écoulement des eaux impossible
Excrétas
• Constructions sans toilettes (latrines) dan certains
quartiers
• Toilettes insuffisantes ou inaccessibles dans
d’autres quartiers.
• Vidanges non contrôlés par des “ bayacou”.
• Centre de traitement et camion de vidange de la
DINEPA non opérationnels
Conséquences:
• Latrines de mer (pollution du littoral)
• Défécation au sol (pollution de la nappe
phréatique, cholera, typhoïde) etc.…
Déchets agricoles verts
• Surtout dans les marchés publics (équipements
urbains)
• Entassés anarchiquement sans tri, ni traitement
Conséquences:
• Difficultés d’accès et de circulation dans les
marchés publics.
• Conditions sanitaires précaires .
Déchets industriels et médicaux
• Usines situées en plein cœur urbain
• Déchets industriels et hospitaliers stockés,
transportés et déchargés sans aucune norme
sanitaire. (de la même manière que les déchets
ménagers).
Conséquences:
• Pollution de l’atmosphère urbain (carbone provenant
des cheminés des usines)
• Pollution des voies publiques par les déchets
tombés des camions
LES SOLUTIONS QUI NOUS
SEMBLENT ADAPTÉES
Déchets solides : le tri sélectif
Déchets liquides : alternative à l’égout
L’alternative au tout à l’égout
Charge polluante des eaux usées
Volume des eaux usées
Volume total : 55 000 L
par an (par famille)
Tri sélectif des eaux usées
Eaux grises : Pédo épuration
(plusieurs méthodes)
Aérateur d’aquarium
(épuration anaérobie)
Fosses à eaux grises
(épuration anaérobie)
Tranchée végétale
filtrante (étanche)
Etang de
finissage
(étanche)
Eaux vannes : filières de traitement
Valorisation en zone péri-urbaine
Valorisation à l’échelle d’une ville
Exemple de centre d’imprégnation
Objectif : rétablissement des cycles du
carbone et de l’azote
Conclusion
• Déchets solides : tri sélectif le plus en amont
possible et VALORISATION.
• Déchets liquides : tri sélectif le plus en amont
possible et VALORISATION
• Retenir des filières de valorisation
• Mutualisation à plusieurs du stockage des
déchets (enfouissement contrôlé, valorisation)
• Mise en œuvre d’une réglementation
communale
Merci pour votre attention