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Étude des filières agricoles dans le Sud d'Haïti : mangue, noix de cajou, miel, ricin et cacao

Étude des filières agricoles dans le Sud d'Haïti : mangue, noix de cajou, miel, ricin et cacao

United Nations Environment Programme (UNEP), Jean Chesnel Jean et Associés 2015
Resume — Étude commandée par le PNUE sur cinq filières agricoles du Sud d'Haïti - mangue, noix de cajou, miel, ricin et cacao - par Jean Chesnel Jean et Associés, mars 2015. Elle s'ouvre sur un résumé pour les décideurs.
Description Complete
Préparée par Jean Chesnel Jean et Associés pour le Programme des Nations unies pour l'environnement et datée de mars 2015, cette étude porte sur cinq filières agricoles du Sud d'Haïti : mangue, noix de cajou, miel, ricin et cacao. Elle commence par un résumé pour les décideurs, présente ensuite Haïti comme un environnement agricole complexe et situe les filières par rapport au MARNDR, avant de cadrer chacune des cinq. Suit un bref profil des filières dans le Sud, traitant ensemble - et non séparément - la problématique environnementale, socio-économique et institutionnelle, puis la situation actuelle de chaque filière sous étude. Ce qui la distingue est de regrouper le ricin et le miel avec les filières mangue et cacao, mieux documentées.
Sujets
AgricultureDéveloppement ruralCommerceÉconomieEnvironnement
Geographie
Département du Sud
Mots-cles
filières agricoles, mangue, noix de cajou, miel, ricin, cacao, PNUE, Jean Chesnel Jean, Sud, environnement, socio-économie, institutionnel
Texte Integral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

RAPPORT FINAL Jean Chesnel JEAN, Et Associés Mars 2015 TABLE DES MATIERES 1 Resumé pour les décideurs 3 2 INTRODUCTION ET ORIGINES 5 2.1 Haïti : un environnement agricole complexe 5 2.1.1 Le contexte 5 2.1.2 Les filières agricoles et le MARNDR 5 2.2 Cadrage des filières concernées par l’étude. 7 2.2.1 La mangue 7 2.2.2 La noix de cajou 8 2.2.3 Le miel 10 2.2.4 Le ricin 11 2.2.5 Le cacao 13 3 Bref profil des filières dans le sud 16 3.1 Problématique environnementale socio économie et institutionnelle 16 3.2 Situation actuelle des filières sous-études 16 3.2.1 La mangue 16 3.2.2 La noix de cajou 18 3.2.3 Le miel 19 3.2.4 Le ricin 23 3.2.5 Le cacao 25 4 CRITERES ET SELECTION DES FILIERES 27 4.1 Zoom sur les critères 27 4.1.1 Demande suffisamment forte dans le marché local, national et/ou international 27 4.1.2 Potentiel de la croissance dans le marché national et/ou international 27 4.1.3 Potentiel d’atteindre un impact positif sur les moyens de vie des acteurs 27 4.1.4 Proximité aux aires protégés ou régions avec un haut niveau de biodiversité 27 4.1.5 Niveau de base de production 28 4.1.6 Potentiel pour transformer et accroître la valeur des produits agricoles selon la demande du marché 28 4.1.7 Potentiel impact sur biodiversité, infrastructure naturelle, érosion, changement climatique, désastres naturels, 28 4.2 Les filières à promouvoir 31 5 RECOMMANDATIONS 33 5.1 Une approche d’intervention globale et stratégique 33 5.2 En relation aux filières 33 6 BIBLIOGRAPHIE 36 Annexe 1 : Méthode de sélection des filières 38 Liste des SIGLES ANEM : Association Nationale des Exportateurs de Mangue ASVEFS  : Association de Producteurs et Vendeurs de Fruits du Sud AVSF : Agronomes et Vétérinaires ns frontières BAC  : Bureau Agricole Communal BHN : Bureau Haïtien de Normalisation BID : Banque Inter Américaine de Développement CO- AACA : Coopératives des apiculteurs de la Commune d’Aquin BRH : Banque de la République d’Haïti CATIE : Centre d’Agronomie Tropicale d’investigation et d’Enseignement (CATIE) CIAT : Comité Interministériel Aménagement du Territoire CIRAD : Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement CRS : Catholic Relief Services DDAS  : Direction Départemental Agricole Sud DDES : Direction Départementale Environnementale Sud FAMV  : Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire FOMIN : Fonds Multi Investissement (BID Kg : Kilogramme MARNDR  : Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural MCI : Ministère du Commerce et de l’Industrie ME : Ministères de l’Environnement MEF : Ministère de l’Economie et des Finances ND : Non Disponible ONG  : Organisation Non Gouvernementale ORE  : Organisation pour la Réhabilitation de l’Environnement PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement PTTA : Programme Transfert de Technologies aux Agriculteurs RESEPAG : Renforcement des Services Publics Agricoles du Ministère de l`Agriculture UE : Union Européenne USA : United States of America 1 Resumé pour les décideurs 1. Cette étude a été conduite dans le cadre du projet pilote « Avancer le développement durable des pays des Caraïbes à travers l’économie verte » (ACSSD-GE, en anglais), soutenu par la Commission Européenne et piloter en Haïti par le PNUE. 2. L’étude portait sur 5 filière mangue, miel, noix de cajou, ricin, cacao et visait à déterminer celles ayant le plus de potentialités pour verdir l’économie nationale et notamment celle de la région du Sud d’Haiti. Une meilleure coordination et concertation entre les acteurs est nécessaire. Au niveau national 3. L’analyse des informations au niveau national a montré que toutes ces filières font partie des filières priorisées par l’Etat haïtien dans le cadre des différents programmes agricoles, cependant, il existe des difficultés énormes d'articulation entre les différents intervenants sur le terrain. 4. En plus des écosystèmes favorables, il existe au niveau national un certain savoir-faire notamment pour la mangue, le miel et le cacao) et aussi des opportunités de marchés nationaux (mangue, noix de cajou, miel) et internationaux (cacao, miel, l’huile de ricin), 5. D’importantes interventions sont nécessaires pour renforcer et préserver le potentiel de verdissement de ces filières à savoir : • Conduire des recherches pour développer et vulgariser des innovations techniques et technologiques pour rendre plus performants les systèmes production (miel, noix de cajou, cacao). Accompagner les acteurs pour développer les systèmes de transformation (noix de cajou, mangue, miel, ricin) ; • Professionnaliser les filières afin que les produits nationaux soient compétitifs sur les marchés régionaux, nationaux et internationaux • Accompagner les acteurs pour obtenir des produits financiers adaptés aux cycles de production de leurs activités. Au niveau régional 6. Un environnement vulnérable qui nécessite un réel schéma d’aménagement pour mieux optimiser le potentiel agricole régional et aussi une coordination entre les différents intervenants. 7. Les écosystèmes côtiers et semi-arides d’Aquin à Tiburon sont favorables à la production de noix de cajou, de ricin, et de miel. Ceux qui sont plus ou moins humides Saint Louis, Maniche, Chantal, Camperrin, Arniquet, Torbeck, Cayes favorables au cacao aussi le ricin et au miel. 8. Il existe un certain savoir-faire technique dans les filières mangue, miel et cacao notamment avec la présence respectivement de ORE/ASPEVSFS, CO-AKAA et de AYITIKA/ASPVEFS/RECOCAS. Parallèlement, la grande motivation des producteurs, des associations et de quelques entreprises individuelles œuvrant notamment dans la noix de Cajou et le miel constitue des atouts considérables pour dynamiser ces filières. 9. Néanmoins, à l’instar de la situation au niveau national, ces filières nécessitent des investissements dans la recherche, des accompagnements techniques au producteur pour améliorer la productivité de leur production et se conformer aux standards de qualité qu’exigent les marchés, des produits financiers (subventions, crédits) adaptés aux cycles d’activités des différents acteurs. 10. L’appui en commercialisation apparait aussi indispensable pour d’une part, pour outiller les acteurs avec les techniques modernes de marketing et d’autre part, connecter l’offre locale avec des entreprises régionales, nationales, internationales œuvrant au niveau des filières 11. Sur la base des critères de sélection fournis par le PNUE, les filières miel, cacao et ricin ont obtenu les meilleurs scores, donc présentent des indicateurs plus prometteurs pour contribuer plus durablement au verdissement de l’économie régionale. 12. Les solutions aux problèmes de développement des filières dans les Sud ne peuvent pas être abordées en dehors de la problématique d’aménagement de la région. En l’absence pour le moment de ce plan, il est souhaitable de concentrer les actions autour des aires marines et terrestres protégés. 13. Il est souhaité de concentrer les investissements dans des aires précis afin de s’assurer des impacts significatifs et durables des investissements. De même, il est indispensable de prioriser l’aspect recherche trop longtemps négligé dans les projets de développement. Ainsi, les engagements doivent s’inscrire dans la durée, le temps de bien tester et validé les modèles techniques, économiques et organisationnels proposés. 14. La stratégie d’intervention doit chercher à renforcer les capacités techniques au niveau régional (producteurs individuels, associations, institutions d’encadrement, entreprises, universités) avec les jeunes et les femmes comme des cibles privilégiés. Des centres de recherches internationaux pourront être mis à contribution dans le cadre de cette stratégie à travers des missions courtes, des échanges, des formations des cadres haïtiens et des appuis méthodologiques des experts internationaux aux cadres et institutions locales impliquées dans ces activités. 15. En ce qui trait aux filières retenues, trois fiches techniques de projets sont proposées. Ces projets visent à promouvoir des techniques et technologies modernes et durables de production, de transformation et de gestion commerciale en vue de contribuer à l’amélioration des conditions des vies des acteurs tout en préservant durablement les écosystèmes locaux et la biodiversité. Pour le miel les zones ciblées sont Saint Jean du Sud, Les Anglais, Tiburon, pour le cacao : Saint Louis du Sud, Maniche, Camperrin et toutes les localités se situant dans la zone tampon de parc Macaya, tandis le miel est proposé pour la localité La Cahounane (Les Anglais). Ces fiches réadaptables sont conçus pour 100 familles pour le miel, 1500 pour le cacao et 100 pour le ricin pour des budgets estimés respectivement de 800 000 us, 3 500 000 us et de 300 000 us. La durée proposée pour les projets ricin et miel est de 4 ans et celle pour le cacao 5 ans. 2 INTRODUCTION ET ORIGINES 2.1 Haïti : un environnement agricole complexe 2.1.1 Le contexte D’une superficie de 27500 km2 seulement 7700 km (29%) du territoire d’Haïti serait apte à l’agriculture. Le pays dispose d’un potentiel certain en matière agricole. Cependant, les conditions de production ne permettent pas une optimisation réelle de ce potentiel. Sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs tels la pression démographique, les faibles investissements publics et privés, la faiblesse des infrastructures rurales et agricoles, la mauvaise gestion de l’espace, les pratiques culturales érosives, l’absence de produits financiers adaptés, une faible sécurisation foncière et en général l’absence de politiques d’aménagement du territoire et de politiques agricoles innovantes, on assiste à un déclin croissant du secteur agricole avec comme corollaire la paupérisation des familles rurales. Aujourd’hui, le pays ne couvre que 46%1 de ses besoins alimentaires, la contribution du secteur au PIB est passée à 32% au début des années 80 à seulement 25% en 2014 et 88% des ménages ruraux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Malgré tout, avec une diversité d’écosystèmes et de micro-terroirs, des opportunités de marchés croissantes pour différentes filières agricoles et une force de travail active, le secteur agricole demeure incontournable dans toute stratégie de développement durable du pays. Et dans ce paysage, les filières agricoles sont parmi les axes prioritaires. Les perspectives paraissent assez prometteuses avec d’une part, l’émergence depuis quelques temps de nouveaux opérateurs (coopératives, institutions d’encadrement, entreprises, producteurs individuels) avec des démarches innovantes et d’autre part, la création par les autorités publiques du BHN2 qui travaille sur les normes et la qualité des produits locaux. Cette dynamique va dans le sens de la professionnalisation des filières et peut favoriser une meilleure compétitivité des filières agricoles haïtiennes sur les marchés nationaux et internationaux. 2.1.2 Les filières agricoles et le MARNDR Depuis une dizaine d’années, le développement des filières agricoles figure parmi les axes stratégiques des divers documents de politiques agricoles élaborés par le MARNDR et avec aussi un dénominateur commun la gestion durable des écosystèmes nationaux. Au niveau de ces politiques, on dénombre une vingtaine de filières reparties en 7 grands groupes à savoir : a) les fruits : mangue, cocotier, papaye, ananas, agrumes, avocat b) Les tubercules : patate douce, igname, manioc c) Café, cacao d) Les vivriers : maïs, riz, haricot, pois congo, banane plantain e) Les légumes f) Les cultures industrielles : canne à sucre g) Et apiculture D’une manière générale afin d’aboutir à ces résultats, ces politiques prévoient un ensemble d’accompagnement tel : • développement du crédit rural décentralisé pour l’agro-transformation ; • promotion des petites entreprises de collecte, de conditionnement de produits agricoles et également des petites entreprises de services de conservation ; • promotion de mécanismes incitatifs de la consommation des produits locaux (promotion médiatique, équipement en infrastructures de conditionnement et de stockage et meilleure organisation des circuits de commercialisation, promotion d’achats locaux, modernisation des marchés régionaux, mise en place d’un système d’informations de marchés, construction d’alliances productives et commerciales, etc.) ; • intégration des marchés agricoles et alimentaires haïtiens et dominicains (renforcement des liens entre les chambres de commerce, promotion et garantie des investissements transfrontaliers, mesures visant à faciliter le transfert inter- frontalier de marchandises agricoles et alimentaires, harmonisation des taxes à l’importation sur les produits agricoles et alimentaires, actions communes en matière de normes et contrôles de qualité, etc.) ; • accès des produits locaux aux marchés niches (biologique, équitable…) • développement et pérennisation du réseau de pistes, routes et infrastructures stratégiques dans l’écoulement des produits agricoles Toutefois, il existe une énorme distorsion entre les objectifs poursuivis, les activités prévues, les moyens disponibles et les mécanismes de coordination. Par exemple pour l’exercice fiscal 2014-2015, le secteur agricole recevra environ 1453 millions de dollars américains (10%)du total des investissements prévus pour la période. De ce montant seulement 20% sera couvert par le trésor public et le reste par des ressources externes dans le cadre des accords bilatéraux et multilatéraux. Le MARNDR a une capacité d'intervention relativement faible sur le terrain. De plus, il existe des difficultés énormes d'articulation avec les autres ministères, de manque de cohésion entre les interventions des bailleurs de fonds et des ONG concernant ces filières. Autant dire, un vaste chantier de concertation et de coordination est nécessaire en vue de mutualiser les ressources et mieux optimiser les potentiels nationaux au niveau de ces filières agricoles. 2.2 Cadrage des filières concernées par l’étude. Quatre principales filières sont retenues dans cette étude, sauf le ricin, toutes figurent parmi les filières prioritaires définies par les autorités nationales. Actuellement seules deux filières bénéficient d’un certain appui. Il s’agit : • du cacao avec les projets AVANSE et PTTA dans le Nord, et FOMIN/BID dans la Grande Anse • de la mangue principalement dans l’Artibonite, Sud, Centre et l’Ouest par le MARNDR grâce à un financement de l’UE pour lutter contre la mouche des fruits. Sur la base des données disponibles, nous allons présentons ci-dessous un cadrage succinct pour chacune. 2.2.1 La mangue Le marché mondial de la mangue est en pleine expansion et est occupé par les grands pays producteurs comme le l’Inde, la Chine la Thaïlande, l’Indonésie, le Mexique, le Brésil etc. et où les principaux marchés mondiaux sont les USA et l’Europe. Haïti fait partie des dix plus gros pays exportateurs de mangue sur le marché nord-américain. La mangue occupe la deuxième place au niveau des exportations4 haïtiennes de produits primaires avec 12,5 millions américains en 2013 et plus de 5 000 millions américains de manière informelle vers la République dominicaine. La filière représente une source de revenus et d’alimentation pour des milliers de familles rurales et urbaines. Environ 96% de la production est consommée au niveau national. Madame francique est la principale variété exportée. Le principal marché de destination est les USA mais qui exige un traitement à l’eau chaude. Toute la technique et technologie de production et de traitement post récolte de la mangue fraiche est maitrisée au niveau national. Cependant, l’un des handicaps actuel est le contrôle de la mouche des fruits. Ce problème phytosanitaire avait déjà provoqué l’arrêt des exportations de la mangue haïtienne vers les USA en 2007. Environ 90 autres variétés ne sont pas exportables. La transformation n’est pas développée sauf deux petites unités de mangue séchée (Sud, Centre) mais qui n’arrivent pas encore à écouler une production importante sur le marché. Peu d’investisseurs manifestent leurs intérêts pour ce segment de la filière. Les véritables obstacles au développement de la production de mangue, denrée périssable, demeure la commercialisation. La principale destination de à l’export reste les USA avec une réelle barrière à l’entrée, le traitement à la chaude. D’autres marchés régionaux dont ceux de la CARICOM restent prenables mais ne sont pas encore exploités. Tableau 1 : Panorama de la filière mangue au niveau national Caractérisation de l’offre Production annuelle (toute variété) 261 0005 tonnes Production madame francique, 400006 tonnes Agroécologie zones sèches et semi-humides ; altitude : 400-700 m pluviométrie 800 et 1200 mm Systèmes de production Associés avec autres vivriers pour petits producteurs et pour grands producteurs (cultures vivrières intercalaires au départ puis deviennent monoculture après 5 ans) Bassins de production Artibonite, Plateau Central, Ouest, Nord-Est, Sud Variétés Une centaine Variétés plus commercialisables Madame Francisque, Doudouce, Blanc, Jean-Marie, Baptiste, Corne, Carotte, Fil, Corne, Muscat et Rosali Rendement moyen 10 tonnes/ha (début de récolte 5e année et 40 années de bonne production) Période de récolte Variable suivant zone mais généralement (avril-octobre) Caractérisation de la demande International Marchés de niche (USA, Canada, pays caraïbes) National En hausse à la faveur croissance population urbaine Marchés Exportations7 4% de la production principalement USA ; 2% République Dominicaine en informelle Consommation locale 96% de la production nationale, pas d’importations Standards de qualité • Entreprises d’exportation disposent d’installations de traitement de la mangue à l’eau chaude avant exportation • Agents USDAA aux services de la quarantaine pour contrôler la qualité de la mangue avant export • Existe un Codex national pour la mangue • Installation en cours de pièges pour contrôler la mouche des fruits Principaux corps de métiers • Producteurs (Des milliers avec en moyenne 7 arbres, quelques grands producteurs avec des vergers allant jusqu’ à 20 hectares), • Voltigeur/commerçants (des milliers),  • Exportateurs (une dizaine réunie au sein de ANEM), • Coopératives et associations (une trentaine) Atouts/ opportunités • Techniques de production/traitement post récolte maitrisées au niveau national • Marchés niches (USA, Canada, Caraïbes) • Permet de maintenir une couverture végétale Faiblesses/ menaces • Vieillesse des manguiers • Peu de vergers, dispersion des manguiers empêchant la lutte contre mouche des fruits • Logistiques (transport, stockage, conditionnement)/pertes jusqu’à 25% • Problèmes d’accès au crédit pour les acteurs 2.2.2 La noix de cajou Les informations disponibles sont assez maigres pour la filière noix de cajou en Haïti. C’est aussi un marché international en hausse dominé par l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, le Ghana. On constate un intérêt croissant pour cette filière depuis un certain temps au niveau national. Un déficit d’offre nationale est couvert par des importations (environ 100 0008 dollars américains en 2013). Les principales zones de production sont le Nord et le Sud. La filière crée un certain nombre d’emplois. Les principaux problèmes sont : la vieillesse des plantations actuelles les rendant très vulnérables à l’Anthracnose, la non maitrise au niveau national des techniques et technologies de transformation et de conservation. Voir tableau suivant. Tableau 2 : Panorama de la filière noix de cajou au niveau national Caractérisation9 de l’offre Production annuelle 700 tonnes Agroécologie Piedmonts et Plateaux, semi arides, semi-humides et humides ; altitude : 100-1000 m pluviométrie 800 et 1500 mm Systèmes de production Gingembre, autres fruitiers, céréales, pois Bassins de production Nord, Nord-est, Plateau central, Sud Variétés Anacardium occidentale (rouge et jaune) Rendement moyen 10 kg/arbre à partir 5 ans ; 25 ans de bonne production Période de récolte Février-avril ; Mai-juillet Ateliers de transformation Une dizaine Technique/technologie de transformation Artisanale (décorticage manuelle : four ordinaire ou chaudière pour séchage Type de produits selon provenance • National (Noix grillé, confiture et beurre de grillé, tablettes) • International (entier et ou morceaux, rôties et salées) Marques aux supermarchés 2 nationales, 4 internationales (USA) Comparaison (produit local/importé) • Prix (produit importé au moins 30% moins cher que local, • Packaging • Importé (grammage, date expiration, origine, constituants) • National (pas de grammage, pas de date d’expiration Caractérisation de la demande National En hausse principalement sous forme grillée Marché Exportations 0 Consommation locale 100% de la production locale, 253 kilogrammes importés en 2013 Standards de qualité Pas encore définis par le BHN mais existe Norme CEE/ONU10 qui régit la commercialisation mondiale (caractéristiques sanitaires, intégrité du produit, calibrage) La production haïtienne actuelle ne respecte pas ces normes Droits de douane à l’import En coques (10%), Sans coques (20%) Principaux11 corps de métiers • Producteurs (Des centaines) • Madan Sara (quelques centaines) • Atelier artisanaux (quelques dizaines) • Distributeurs (une centaine) • Importateurs (moins d’une dizaine) Atouts/ Opportunités • Demande locale en hausse • Motivation des acteurs • Permet de maintenir une couverture végétale Faiblesses/ menaces • Peu de compétences de production et de transformation au niveau national • Matériel de transformation rudimentaire • compétitivité des produits importés sur le marché local • Problèmes d’accès au crédit pour les acteurs 2.2.3 Le miel Le marché international du miel est dominé par les USA la Chine, les USA, le Mexique, la Russie, le Canada et la France comme principaux pays de provenance. Haïti fait partie des principaux pays producteurs de miel dans les caraïbes. Il existerait environ 9 000 ruchers pour une production nationale d’environ 90012 tonnes. La culture a lieu majoritairement en rucher traditionnel mais on rencontre de plus en plus d’entrepreneurs intéressés à utiliser des ruchers semi modernes et modernes. La consommation de miel est en hausse depuis plus de 15 ans au niveau du pays. Il faut signaler qu’au cours des années 60, Haïti exportait jusqu’à 250 tonnes annuellement. Depuis 2001, les exportations sont quasiment nulles malgré que la production ait été doublée13. Ceci est dû principalement à l’augmentation de la consommation nationale. Une partie de la consommation nationale est satisfaite par les importations. La valeur des importations en 2013 était de 33 00014 dollars américains. La filière absorberait au moins 30 00015 emplois annuellement. Le miel haïtien se cristallise moins vite, est plus mature et plus fermenté. De plus, à la faveur de non utilisation d’intrants ou de produits phytosanitaires les produits apicoles haïtiens ont un caractère spécifique d’être organique. La production serait en baisse au niveau de certains pays des grandes régions productrices (Amérique du Nord, Europe). Le miel haïtien détiendrait donc un potentiel sur le marché. Les techniques et technologies de production sont plus ou moins maitrisées au niveau national. C’est une culture qui exige peu d’espace. Le principal problème est le Varroa, un acarien très nocif qui peut disparaitre toute une colonie d’abeille dans moins de deux ans et aussi la baisse de la couverture végétale. Tableau 3 : Panorama de la filière miel au niveau national Caractérisation de l’offre16 Production annuelle 900 tonnes Agroécologie Toute aire  Systèmes de production Présence de plantes nectarifères comme mellifères (campêche, bahayonde, manguier les citrus, quénaupiers, cocotiers, la belle mexicaine, etc.) et points d’eau Bassins de production Nord, Nord-est, Centre, Grand Anse, Sud, Nippes, Sud-est Espèces L’abeille noire origine africaine et l’abeille jaune  d’origine d’Italie Rendement moyen 6 à 28 litres par ruchers par an un producteur possède en moyenne 5 ruches Période de récolte Chaque 3 mois pour les ruchers modernes et chaque 12 mois pour boites traditionnelles Ateliers de transformation De nombreux dont les plus 4 plus gros à Ouanaminthe (Nord-Est), Anse-à-Veau (Nippes), Aquin (Sud) et Papaye (Centre) Technique/technologie d’extraction Artisanal (élimination des gâteaux pour la production de cire) Moderne (pas de destruction de gâteaux, dispose d extracteur) Type de produits selon provenance National principal produit, le miel mais aussi : la cire utilisée pour confection de bougies, le pollen et la propolis utilisés dans l’industrie pharmaceutique, l’hydromel produit à partir de la fermentation de jus d’orange par le miel, et le vinaigre • International (le miel) Marques aux supermarchés Moins d’une dizaine d’origine nationale, une vingtaine internationale (USA, Canada, Brésil, Argentine, France) Comparaison (produit local/importé) • Un litre importé 30% plus cher que litre national • Packaging • Importé : meilleure présentation, origine des pollens, constituants, date d’expiration • National seule mention sur la bouteille : reconstituant de l’organisme Caractérisation de la demande International Marchés niches Amérique du Nord (France) National En hausse motivation nationale pour consommer locale Marché Exportations 1% Consommation nationale 99% de la production locale, 16 tonnes17 importées en 2013 Standards de qualité Pas encore élaborés par BHN mais il existe le CODEX STAN 12-198118 qui définit les facteurs essentiels de composition, de qualité et d’étiquetage Mais la production haïtienne actuelle ne respecte pas ces normes Droits de douane à l’import Miel naturel : 20% Principaux19 corps de métiers • Producteurs (9000) • Transformateurs (moins d’une dizaine) • Grossistes (300) Atouts/ opportunités • Marché national, • Marché de niche (USA, Canada, Caraïbes, France) • Technique et technologie production maitrisée • Nécessite peu d’espaces pour installation • Travaux d’entretien très faible • Permet le maintien des espèces mellifères et nectarifères au niveau des écosystèmes Faiblesses/ menaces • Marché peu développé • Qualité faible • Baisse la couverture végétale • Absence de recherche et de vulgarisation technique pour combattre les maladies • Problèmes d’accès au crédit pour les acteurs 2.2.4 Le ricin La demande mondiale en huile de ricin est en forte croissance compte tenu de ses utilisations dans les secteurs manufacturiers suivants : pharmacie, cosmétiques, lubrifiants, savon, encre, peinture, électronique, télécommunications, plastics, nylon, etc. et aussi dans le secteur énergétique (biodiesel). Le marché mondial est très fragmenté. Le plus gros marché est les USA avec l’Inde, la Chine et le Brésil comme principaux pays de provenance. En Haïti, la production de ricin a été très développée dans les années 70 et 80. A cette époque Haïti exportait de l’huile de ricin aux Etats unis. Cette activité a été contrôlée par les dignitaires du régime de Duvalier qui embauchaient des paysans pour planter du ricin. On rapporte par exemple dans le Nord-ouest plus de 250 hectares emblavés en ricin au début des années 80. Depuis le début des années 90 la production est en déclin constant. Aujourd’hui, l’offre nationale est estimée à plus de 1300 tonnes annuellement. Saint Marc située dans le département de l’Artibonite est la principale zone de production de l’huile dans le pays en utilisant les matières premières provenant du Nord-Est, du Nord-Ouest et du Nord. Une demi-douzaine de petites entreprises localisées à Port-au-Prince utilisent l’huile de ricin pour soit la fabrication d’autres produits soit l’exportation après reconditionnement principalement vers sur les marchés d’Amérique du Nord. La filière crée quelques centaines d’emplois au niveau national. La production de la matière première est très peu exigeante. Le ricin peut être associé à n’importe quels types de culture et est peut exigeante en investissement. Elle commence à produire à partir du 6e mois et peut fournir 3 années de production. Les principaux problèmes demeurent la maitrise des techniques et des technologies de transformation et aussi un accès durable aux marchés de niches existants. (voir tableau suivant) Tableau 4 : Panorama de la filière ricin au niveau national Caractérisationde l’offre20 Production annuelle 1300 tonnes Agroécologie Toute aire agro écologique semi à très humides, toute altitude Systèmes de production Associée à tout type de culture Poches de production Nord’Ouest, de la Grande Anse, du Sud et de l’Ouest Variétés Trois variétés Ricinus communis, Ricinus persius, Ricinus bresiliensis, une quinzaine de cultivars difficiles à caractériser. Différenciée par les producteurs par la grosseur et la couleur des graines. Le plus populaire est le Gwo ricin cultivé pour son faible taux de déhiscence et son haut rendement en huile Rendement moyen 0,6 kg/pied/an, Période de récolte Toute l’année, 6 mois après mise en terre, durée de vie 3 ans Ateliers de transformation Une quinzaine Technique/technologie de transformation A chaud (triage des graines, grillage, broyage, mélange de la pâte avec de l’eau bouillante durant au moins cinq (5) heures, extraction manuelle de l’huile, mise au feu pour enlever l’excès d’eau, refroidissement, mise en gallon. A froid (Triage des graines, lavage, séchage au soleil, pressage à l’aide d’une presse manuelle 2 à 3 fois, de la graine afin de bien extraire l’huile, filtration au moyen d’un morceau de tissu, décantation pendant une dizaine de jours, mise en bouteille) Type de produits selon provenance National (l’huile naturelle) Marques nationales Au moins 3 Caractérisation de la demande International Diaspora haïtienne, marché niche USA National En hausse Marché Exportations ND Consommation locale ND Standards de qualité Pas encore définis par BHN mais définis suivant les caractéristiques standard fournies ‘’normes pharmacopée’21 (l’huile doit être épaisse, visqueuse, incolore légèrement jaune, légèrement teinte et odeur caractéristique) L’huile pressée à froid22 parait plus conforme à ces normes La production hattienne actuelle ne respecte pas ses normes Les principaux23 corps de métiers Producteurs de graines (au moins 10000), Madan Sara/collecteurs de graine (Des centaines), Sara-transformateurs (des centaines), Transformateurs/semi-industriels (2), Entreprises utilisatrices et/ou d’exportation (4) Atouts/ opportunités Marché niches à l’international Marché national Faiblesses/ menaces Non maitrise de compétences de production et de transformation au niveau national Problèmes d’accès au crédit pour les acteurs Peut-être toxique et dangereuse si mal préparée /mal stockée 2.2.5 Le cacao Le marché du cacao a connu ces dernières années un essor considérable avec des prix ayant quasiment doublé dans l’espace de 10 ans. Le taux de croissance de l’offre mondiale est de 1% contre 3% pour celui de la demande. Les prévisions indiquent un déficit de l’offre de 25% à l’horizon de 2020. Les conditions agro-écologiques d’Haïti sont largement favorables au développement du cacao. Le pays possède un patrimoine génétique (criollo, trinitario) lui permettant d’envisager d’être présent sur tous les types de marchés. La culture du cacao a lieu au niveau des jardins créoles, en plus de ses fonctions économiques et alimentaires, ce système joue un rôle fondamental dans la gestion conservatoire de l’eau, des sols, de la fertilité et de séquestration de carbone. Cependant, les défis sont énormes. Au niveau national, il n’existe aucun référentiel technique. Par exemple, 95% de la production des pays d’Amérique Latine est réalisé à partir du matériel greffé résistant aux maladies, productif et de bonne qualité. En Haïti, il y a aucune connaissance réelle du patrimoine variétal disponible. Il existe une multiplicité de variétés de cacao au niveau des plantations et sans aucune maitrise de leurs caractéristiques donc de leur gestion. En conséquence le rendement à l’hectare en Haïti est de 250 kg contre 3000 kg dans certains pays d’Amérique Latine avec les mêmes conditions agro-écologiques). La qualité du cacao d’Haïti n’est pas valorisée en tant que telle sur les marchés. Une dynamique est en cours au niveau national pour développer cette filière qui offre une opportunité assez intéressante pour les familles rurales. Il existe deux handicaps majeurs dans la filière actuellement : la recherche et l’investissement initial pour l’installation d’une parcelle. Tableau 5 : Panorama de la filière cacao au niveau national Caractérisation de l’offre Production annuelle 5000 tonnes Agroécologie Aires semi à très humides à très humides, altitude 0 à 900m, pluviométrie 1500 mm à 3000 mm Systèmes de production Agroforesterie cacao, forestiers, fruitiers, vivrière Bassin de production actuel Nord, Grande Anse Variétés Trinitario, criollo Rendement 250 kg/ha Période de récolte Septembre-novembre et mars-juin Type de produits exporté cacao non fermenté (96%), cacao fermenté (4%) Caractérisation de la demande International Forte croissance de la demande à cause des pays émergeants et difficultés des grands pays producteurs d’augmenter leurs productions (rareté de terres). Il est prévu un déficit de plus d’un million de tonnes en 2020 Marché Exportations 98% de la production Consommation locale 2% sous forme de chocolat artisanal Standards de qualité Cacao fermenté, technique pas encore maitrisé totalement sur le marché national Les principaux24 corps de métiers Producteurs (25 000), Spéculateurs et transformateurs (10000) Exportateurs (4) Atouts/ opportunités • Marché mondial en forte croissance • Haïti possède du matériel végétal de qualité et performant, • Agroécologie favorable • Dynamique nationale en cours pour rendre plus performant les systèmes de production Faiblesses/ menaces • Absence de recherche au niveau national pour produire des variétés productives, résistantes et de qualité • Non maitrise des producteurs des techniques efficaces de gestion durables des systèmes agroforesterie à base de cacao • La maladie du balai de sorcière qui est très répandue actuellement en Amérique • Nécessite un important investissement au départ : 3500 us/ha D’une manière générale, il ressort de des informations précédentes que ces filières ont un fort potentiel pour verdir l’économie haïtienne. Leur promotion peut favoriser l’augmentation maintien d’une couverture végétale. De plus, ils sont plantés dans des systèmes agroforestiers appelés couramment’’jardins créoles’’ qui jouent un rôle prépondérant dans la préservation de biodiversité, lutte contre l’érosion, mitigation de désastres naturels. Ces filières peuvent aussi contribuer à la génération d’emplois au niveau national compte tenu des milliers de personnes pouvant intervenir au niveau de toutes les chaines de valeurs. En plus de l’agroécologie nationale largement favorable au développement de ces filières, il existe un certain savoir-faire notamment pour la mangue, le miel et le cacao) et aussi des opportunités de marchés nationaux (mangue, noix de cajou, miel) et internationaux (cacao, miel, l’huile de ricin), Parallèlement la dynamique nationale avec les acteurs privés (producteurs, coopératives, entreprises, institutions d’encadrement) apparaissent comme des signes assez prometteurs pour le développement de ces filières. Cependant, il est révélé que d’importantes interventions sont nécessaires pour renforcer et préserver ce potentiel de verdissement à savoir : • Conduire des recherches pour développer et vulgariser des innovations techniques et technologiques pour rendre plus performants les systèmes production (miel, noix de cajou, cacao). Il faut trouver les meilleures combinaisons culturales possibles pour contrecarrer le manque d’accès au foncier que font face globalement les petits producteurs ; • Accompagner les acteurs pour développer les systèmes de transformation (noix de cajou, mangue, miel, ricin) ; • Renforcer les capacités des acteurs pour la production des produits de qualité répondants aux normes existantes ; • Renforcer les capacités de commercialisation et de marketing des acteurs pour consolider leurs marchés actuels accéder à de nouveaux ; • Accompagner les acteurs pour obtenir des produits financiers adaptés aux cycles de production de leurs activités. • Une meilleure coordination des actions par les autorités et un engagement des bailleurs sur le moyen et long terme 1. 3 Bref profil des filières dans le sud 3.1 Problématique environnementale socio économie et institutionnelle Le département du Sud s’étend sur 2654 km2 et abrite 9% de la population nationale. A la faveur de ses diversités agroécologiques, le Sud possède un potentiel énorme en matière de production agricole. La région abrite actuellement au moins 10 aires25 protégées dont une partie du Parc Macaya, dernière forêt vierge d’Haïti. Les principales activités économiques sont l’agriculture, la pêche. Cependant, à l’instar de tout le reste du pays, les conditions et les modes d’exploitation des ressources naturelles locales ne permettent pas une réelle amélioration des conditions de vie des communautés. Elles ne concourent pas non plus à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes locaux. Aujourd’hui, plus de 75% de la population vit en insécurité alimentaire et plus de 80% de la région est considérée comme vulnérable aux risques d’érosion, de déboulement de terrain etc. Le Sud est marqué par la présence des autorités publiques, d’ONG et d’entreprises. Pour celles en relation directement avec la présente étude citons : le DDAS, DDES, le CIAT, la délégation du sud, ORE, CRS, Koral, DCCH, AVSI…, des réseaux de coopératives et d’associations de producteurs RECOCAS, ASPVEFS etc. A l’instar du pays, les mécanismes de coordination sont assez faibles. Un effort de coordination à travers des tables sectorielles d’agriculture et d’environnement est en cours. 3.2 Situation actuelle des filières sous-études Toutes les filières sous-études sont pratiquées dans le sud, certaines à des niveaux plus importants que les autres en termes de couverture géographique, d’acteurs impliqués et de niveau de développement. 3.2.1 La mangue La mangue est retrouvée dans presque toutes les communes mais principalement dans les aires agroécologiques se situant entre 0 à 1000 m. Elle est cultivée dans des jardins type agroforesterie en association avec des céréales, des cultures vivrières ou des maraichers. La production est assurée par des petits producteurs avec des manguiers en général dispersés au niveau des exploitations agricoles. Mais depuis quelques temps, certains producteurs installent des vergers sur des superficies allant jusqu’à 10 hectares (vor Fig. 1 suivant). Fig 1 : Verger de mangue à camperrin L’activité implique des centaines de personnes. La production est vendue sur le marché de Port-au-Prince par les voltigeurs au profit des entreprises d’exportation, par les madan sara qui commercialisent au niveau de la région. ASPEVFS, l’association la plus structurée dans la filière au niveau national qui compte 1200 membres commercialise ses productions sur le marché régional avec des points de vente à Aquin, Cayes, Beaumont et vend aussi aux entreprises d’exportation de Port-au-Prince. L’ONG ORE dispose d’une usine de mangue séchée qui capte un petit volume de la production régionale. Tableau 6 : Résumé de situation de la filière mangue dans le Sud Caractérisation de l’offre régionale Zones de production Camperrin, Torberck, Saint Jean, Aquin, Saint-Louis, Coteaux, Port-à-Piment, Charbonnières, Les Anglais Systèmes de production Association (fig 1.) avec le maïs, le pois congo, manioc, la patate douce, le sorgo. Dans la plaine de Camp- Perrin et Les Anglais les producteurs associent la mangue avec les cultures maraichères. Densité/hectare 1-200 manguiers Cout d’installation d’un verger Variétés Mandame Francique, Madan Blanc, Corn, Cœur d’or et Zilate (en pleine expansion), variétés introduites par ORE  Caractérisation de la demande Nationale Les usines de Port-au-Prince Vente pour exportation Régionale Toute catégorie sociale au niveau de la Ville des Cayes, les principaux bourgs du département ainsi que Beaumont (Grande Anse) ORE : usine mangue séchée Cartographie des acteurs • Producteurs (Des centaines avec en moyenne 5 arbres, quelques grands producteurs avec des vergers allant jusqu’ à 10 hectares), • Voltigeurs (moins d’une vingtaine directement liés aux usines d’exportation) • Madan Sara (des dizaines, en général originaires des zones de production),  • Associations une seule : ASPVEFS • Transformateurs - ORE avec une usine de fabrication de mangue séchée • Des ateliers artisanaux de fabrication de gelée et de liqueur de mangue (cavallion et Camperrin) Commercialisation • Les usines de Port-au-Prince • Villes des cayes, marchés communaux des principaux bourgs du Sud, Beaumont • Prix d’achat de la douzaine aux producteurs (0,4-0,6 us) • Prix de vente de la douzaine (0,6-1,2 us) • Les mangues vendues par ASPVEFS sont emballées dans des filets Marge(en us) quelques acteurs/campagne Producteurs (5 pieds : 210 douzaines en moyenne 95 Madan Sara (2400 douzaines) 550 ASPVEVFS (10 000 douzaine en moyenne pour els trois dernières campagnes) 600 Environnement technique et institutionnel • ORE, ASPVEFS, MARNDR, CRS, CARITAS Atouts/ opportunités • Techniques de production et récolte (sur-greffage, contrôle de la mouche des fruits, collecte sélective) maitrisées au niveau régional notamment avec les présences de ORE et de ASPVEFS • Usine Mangue Séchée de ORE • Initiative d’ASPVEFS d’améliorer le conditionnement • Beaucoup d’emplois crées au moment de la récole (cueilleurs, sélectionneurs, transporteurs, camionneurs) • Marchés régional (ville des cayes, principaux bourgs et Beaumont (Grande Anse) Faiblesses/ menaces • Problème d’accès à la terre pour les petits producteurs souhaitant installer des vergers • Pour le moment actions limitées du MARNDR dans l’installation des pièges pour le contrôle de la mouche des fruits très limitées Nous avions évoqué dans le point 2.2.1 la commercialisation de la mangue comme l’un des obstacles majeurs au développement de la filière niveau national. Pour contrecarrer ce problème, le séchage de la mangue et sa transformation en jus apparaissent comme des options envisageables. Jusqu’à présent les initiatives prises au niveau national et au niveau régional avec l’usine de ORE pour sécher la mangue n’ont pas connu de réelle croissance. Il semble que la recherche de marché tant national qu’international n’est pas trop développée au niveau de ces initiatives. Aussi, les investissements dans une unité de fabrication de jus de mangue sont aussi assez importants et les perspectives de marchés ne sont pas tout à fait fluides. Les investisseurs demeurent très peu enclins pour cette activité. Autant dire tant dire l’aspect commercialisation de la mangue fraiche et transformée doit être appréhendé de manière intelligente dans toute initiative visant l’extension de la production de mangue dans le Sud. 3.2.2 La noix de cajou Le Sud a une longue tradition de production de noix de cajou notamment au niveau des zones côtières de Aquin allant jusqu’à Tiburon et dans les pieds monts semi-arides des communes intérieures comme Maniche. Cependant, la production est concentrée notamment dans la commune de Saint Jean. La production implique quelques centaines de personnes. Il existe une demi-douzaine des ateliers artisanaux. Ces ateliers sont modestement équipés avec principalement (une table, 6 couteaux, cuvette, four artisanal, gaz propane, papier aluminium, cache nez, gant). Le décorticage est réalisé manuellement et est d’une pénibilité certaine. La chaîne de production n'est pas respectée (marche en avant) avec peu de régularité dans le nettoyage des locaux. Les ateliers artisanaux fonctionnent toute l’année. Au moment de la récolte, les propriétaires font des stocks leur permettant d’étendre leurs productions à l’intersaison. La transformation et la commercialisation sont assurées essentiellement par les femmes. La noix est vendue sous forme grillée ou en tablette. D’une manière générale ces produits sont commercialisés sans aucun aucune indication sur leur composition, leur date d’expiration etc. Tableau 7 : Résumé de situation de la filière noix de Cajou dans le Sud Caractérisation de l’offre Zones de production Saint- jean (lKa Boyer, Abakou, Nan Michel), Aquin (Lacoline, Macean Saint Louis (Zanglais), Maniche (versant saut-Maturine) Systèmes de production En association maïs, sorgo, pois congo, haricot, manioc Rendement par pied 6 marmite de 5,6lb Période de récolte Février-avril et Mai-Juillet Transformation Noix grillée, Tablette de noix Caractérisation de la demande Internationale Diaspora haïtienne aux US (noix grillée) Régionale Toute catégorie sociale, passagers des autobus (noix grillée et tablette Cartographie des acteurs • Producteurs (Quelques dizaines) • Madan sara (Quelques dizaines originaires des zones de production),  • Transformateurs  - Quatre ateliers artisanaux : Trois (3) à Saint Jean et un (1) aux Cayes • Des dizaines de transformatrices en noix grillée e en tablette Distribution/ Commercialisation • Marchés communaux Saint Jean, Cayes, Aquin • Stations des autobus (Cayes, Cavaillon) • Locaux des ateliers, market (Cayes) • Prix de la marmite de 5.5lb (2,5us à 5,5 us) Marge (en us) quelques acteurs/par an Producteurs (6 arbres en moyenne) 140 Madan Sara noix brut (1800 marmite) 950 Atelier artisanaux 1667 Transformateurs noix grillé et tablette (920 marmite) 160 Atouts/ Opportunités Demande : internationale (diaspora haïtienne) ; régionale (principalement ville des Cayes) Agro-écosystèmes favorables Sources de revenus pour de nombreux acteurs locaux notamment les femmes Environnement institutionnel ASPVEFS Faiblesses/ menaces • Vieillissement des parcelles/Problèmes de maladies (anthracnose), peu de maitrise • Problème d’accès à la terre pour les petits producteurs souhaitant installer des vergers • Problèmes d’accès aux intrants (bocaux) • Arcahicité des techniques de production/non respect des standards de qualité • Pénibilité de la méthode de décorticage • Perte de 10% quand stocké à taux d’humidité élevé au moment de l’achat Cette filière n’a bénéficié aucune intervention d’envergure d’interventions majeures au cours de ces 30 dernières années hormis ASPVEFS qui a permis récemment à ses membres d’emblaver 2 hectares à Saint Jean du Sud grâce à l’appui de Lakay, une association haïtienne évoluant à Bordeaux, France . La noix de cajou a un assez potentiel de croissance. Cependant, il faut des appuis techniques notamment dans la production (recherche, contrôle de l’anthracnose) et la transformation (acquisition d’équipements et de matériels, formation en qualité). ASPVES cherche des financements pour monter un atelier moderne de transformation à Saint-Jean. Le cout d’investissement est estimé à x dollars américains. 3.2.3 Le miel Le miel est une activité assez importante dans le Sud avec une forte concentration à Aquin et aussi Camp Perrin. Il existerait environ 800 apiculteurs dans le Sud. Ils sont généralement des agriculteurs et aussi des professeurs, artisans etc. La majorité de la production est artisanale. Cependant, on dénote une certaine volonté des éleveurs à substituer les boites traditionnelles par des ruches modernes. Aujourd’hui on estime à 10%26 ceux qui utilisent les ruches modernes. Fig. 2 : Rucher moderne Fig. 3 : Rucher artisanale On dénombre une dizaine d’associations d’éleveurs : Aquin (SASH; KO- AAKA, MAHAMA, ROJETA, FED), Camperrin (FED, OPROMEK) et Cayes (ROJETA). Leurs interventions dans la filière sont multiples : vente de matériels, assistance technique aux membres, collecte et vente du miel et de ses produits dérivés. Les ruches sont installées à proximité des maisons. Il faut noter également la stratégie actuelle de nombreux aviculteurs à installer leurs ruchers dans la localité Passe Bois d’Ormes (commune d’Aquin) à la faveur d’une présence importante de bayahonde et de romarin. Compte tenu de la multiplicité des espèces forestières et fruitières se trouvant dans les périmètres des ruchers, il est difficile d’avoir du miel ave une saveur florale spécifique27. Néanmoins, l’association ROJETA est en train actuellement d’installer des parcelles de moringa à proximité des ruches dans la plaine des Cayes. Les techniques et technologies de production sont connues au niveau local. Les producteurs en général achètent les services des techniciens lors des installations des ruchers. La plus grande contrainte dans la production demeure l’accès à l’extracteur et au maturateur. Dans le Sud, il existerait seulement une dizaine d’extracteur. Ces deux matériels coutent relativement cher (5000 dollars américains pour les deux). Faute d’accès, les producteurs recourent à la méthode traditionnelle pour l’extraction. Les conséquences directes sont : baisse des rendements, mauvaise de la qualité du miel obtenu (forte proportion d’eau, présence de corps étrangers dans le miel) La plus grande partie du miel produit dans le Sud est consommée par la diaspora régionale habitant les Etats Unis. Une petite production va aussi sur le marché de Port-au-Prince et sur le marché régional. D’une manière générale, le circuit de distribution du miel est assez court. Il est vendu par l’aviculteur soit directement aux consommateurs, soit aux entreprises ou associations qui elles-mêmes en assurent la commercialisation. Le miel est vendu globalement en gros dans des gallons de 3.78 litres. D’une manière générale, les aviculteurs du Sud ne commercialisent pas en détails leurs productions. Il a été surprenant de constater qu’au niveau des supermarchés des Cayes, les marques recensées proviennent d’autres régions du pays dont le Nord. Aucune marque locale n’a été répertoriée. Actuellement, femme en démocratie conduit un projet de renforcement de la filière. Son accompagnement porte sur la gouvernance et le renforcement de capacités techniques et infrastructurelles. Ce projet accompagne les associations telles que ROJETA., FED et OPROMEK. Dans la réalité, toutes les associations contentent de bénéficier des subventions qui arrivent dans la région sans aucune logique d’entreprises. Il a été impossible par exemple d’obtenir les comptes d’exploitation même pour la CO_AAKA qui est sensée la plus ancienne et qui a déjà bénéficié beaucoup d’appuis financiers. Cette activité peut être rentable. Le cout d’investissement pour 25 colonies est d’environ 4800 dollars28. Les calculs montrent que le seuil de rentabilité peut être obtenu à la fin de la troisième année. Et qu’à partir de cette date l’apiculteur a un revenu annuel de 500 us par mois 10 jours de travail. Il faut environ 200m2 pour installer ces 25 colonies. Tableau 8 : Résumé de situation de la filière miel dans le Sud Caractérisation de l’offre29 Zone de production Aquin, Cayes, Camperrin, Saint Jean, tiburon, les Anglais, Aviculteurs Un millier dont 10% avec ruchers modernes Entreprises/associations SASH; KO- AAKA, MAHAMA Caractérisation de la demande Diaspora régionale USA, Antilles françaises Classe moyenne cayes+principaux bourgs du Sud, Marché de Port-au-Prince Cartographie des acteurs • Producteurs environ 800 dont 10% pratique l’élevage moderne • Association et entreprise (une dizaine concentrée à Aquin et Camperrin • Madan Sara (une centaine Distribution/ Commercialisation • Vente directe par les producteurs • Vente par les entreprises et associations Marché régional (principaux bourgs du Sud, ville des Cayes) • Market • Prix du gallon (22-44us) Marge acteur • Producteurs : élevage traditionnel (100 us), ruche moderne (800) Environnement technique Institutionnel • MARNDR, SASH; KO- AAKA, MAHAMA, Femme en démocratie Atouts/ opportunités • Agroécologie favorable • Existence de marchés • Nécessite peu d’espaces pour installation • Compétences techniques sur place • Activité potentiellement rentable • Source potentielle de créations d’emplois • Peut favoriser le maintien des essences forestières et mellifères Faiblesses/ menaces • Manque de compétence technique. • Cout élevé des matériels pour l’implantation du rucher complet avec extracteur et maturateur (10000 dollars environ) Les interventions pour la filière miel dans le Sud doivent renforcer la volonté actuelle des producteurs à spécifier leurs productions (installation de parcelles) et à moderniser leurs unités de production avec l’acquisition de ruchers modernes. Signalons par exemple la présence des mangroves à Cahouane. Il faut envisager la faisabilité d’y développer une production de miel. Une telle initiative peut la destruction de cette ressource au niveau local. Il importe de faciliter leur accès aux intrants la possibilité aux investisseurs d’avoir accès aux intrants et équipements. Une coopérative ou un particulier peut par exemple fournit ce service d’extraction et de maturation. Un accompagnement des entrepreneurs individuels et des coopératives en commercialisation et en marketing est aussi nécessaires pour mieux conditionner les produits et accéder à des marchés diversifiés. 3.2.4 Le ricin Le ricin est cultivé dans toutes les communes du département du Sud et pratiquement dans toutes les aires agroécologiques. Mais la production est plutôt concentrée dans deux communes du département ; Aquin et les Anglais (La cahouane). A l’instar de tout le pays, la production a lieu généralement de façon sauvage au niveau des parcelles. Avec la déhiscence notamment de la variété appelé localement ‘’gros ricin’’, la densité croit rapidement jusqu’à 8 plants par m2. Mais d’une manière générale la densité est de 2 pieds m2. Le ricin est planté en association avec d’autres cultures (maïs, sorgo, patate, manioc, banane etc.). Mais dans tous les cas il est considéré comme une plante secondaire dans la parcelle et ne bénéficie pas, de ce fait, d’entretiens particuliers. La production a lieu au niveau des parcelles de petits producteurs allant jusqu’à ½ hectare. Cependant à La cahouane on a recensé des producteurs exploitant jusqu’à 4 parcelles en ricin pour une superficie totale de 2,5 ha. A chaque nouvelle saison de culture, les producteurs replantent et mettent en place les autres cultures associées. Ce n’est qu’au-delà des trois (3) ans qu’ils procèdent à de nouvelles semailles de ricin et le cycle recommence Le ricin est pressé à chaud de manière artisanale en suivant les étapes suivantes (Triage des graines, Grillage, Broyage au pilon, mélange de la pâte avec de l’eau bouillante durant au moins 5 heures, extraction l’huile de surface à la cuillère, mise au feu pour enlever l’excès d’eau, chauffage de l’huile extraite pour déshydratation, refroidissement, mise en bouteille. Le rendement moyen est de 1 gallon d’huile pour 6 marmites de grains. La commercialisation au niveau local, est réalisée essentiellement par les femmes au niveau des principaux marchés suivants Aquin, Fonds des nègres, Cayes, Kans et les Anglais. Ces Madan Sara soit transforment eux-mêmes les graines collectées, soit les revendent à d’autres Madan Sara en provenance de Fonds des nègres et de Port-au-Prince. Certains Sara travaillent de concert avec l’ONG ORE qui détient un partenariat avec Kreyol essence. L’un des problèmes de la filière et le mode de transformation. Comme évoqué au point 2.2.4 tableau 4, le pressage à froid permettrait d’obtenir une huile correspondant mieux aux normes pharmacopée. Certains pensent que le chauffage à chaud, au contraire favoriserait l’élimination de la ricine, substance très toxique pour l’homme. Le tourteau contiendrait aussi des substances toxiques pour les animaux et l’environnement. Tous les acteurs rencontrés ne maitrisent pas trop cet aspect. D’une manière général, il pense que l’huile qu’il faut mieux promouvoir la transformation d’huile à froid car sa couleur et son odeur caractéristique est plus appréciée par les consommateurs notamment ceux qui en font usage dans la cosmétique. De plus, cette mode de transformation ne consomme pas de bois. Il faut signaler que l’atelier école de Camperrin avait déjà construit par le passé la presse permettant de fabriquer l’huile à froid (voir Fig 6). Son cout d’acquisition serait d’environ 2500 us. Fig 5. Ricin en association avec le manioc, maïis. Gombo, patate à Lacahouane Fig.6. Modèle presse utilisée pour la transformation à froid à Marouge (Nord-Ouest) Tableau 9 : Résumé de situation de la filière ricin dans le Sud Caractérisation de l’offre Zones de production Les Anglais , Aquin Systèmes de production En association maïs, sorgo, pois congo, haricot, manioc, banane Densité/m2 2 pieds Cout d’installation d’une parcelle 23 us Rendement/pieds 1400 kg Rendement en huile/pieds 1gallon/6 marmite de 3.5 livres Période de récolte Toute l’année Transformation A chaud Caractérisation de la demande Diaspora haïtienne aux USA Entreprises transformatrices Port-au-Prince Utilisateurs locaux (médecine traditionnelle) Principaux corps de métiers • Producteurs (Quelques dizaines) • Madan sara grains (Une centaine)  • Sara Transformateurs  (Une centaine) Distribution/ commercialisation Marchés Les Anglais, Kanse, cayes, vieux bourd d’Auin Prix de la marmite : 3.8 us Prix de l’huile/litres Marge quelques acteurs/an en us Producteurs Pour (806 m2) 175 Madan Sara grains (1200 marmite pendant l’année 680 Madan Sara transformateurs (96 marmites pendant l’année, chaque deux mois) 265 Environnement institutionnel Aucun Atouts/ Opportunités Existence d’un marché Croissance rapide et maintien couverture végétale Menaces/ Faiblesses Méconnaissance des techniques de production Variétés déhiscentes rentre facilement en compétition avec les autres cultures s’il n’y a dégarnissage Production à chaud donc utilisation du bois et odeur …. Méconnaissance des techniques d’élimination de la ricine et autres autres subtances toxiques du tourteau. Il y a un réel besoin de connecter les acteurs du Sud avec les différents marchés existant soit à Port-au-Prince, soit à l’international comme la compagnie Kreyol Essens, par exemple. Ce qui peut inciter les producteurs à intensifier leurs productions. Un appui est indispensable pour la transformation avec la vulgarisation de la technique à froid. Tout ceci doit être accompagné des recherches et de services pour que l’huile de ricin produite soit conforme aux standards de qualité exigé par les marchés et qu’aussi les autres substances toxiques à l’environnement soient mieux gérées. 3.2.5 Le cacao Le Sud a été jusqu’à la fin des années 60 une zone de production de cacao. Face à la faible rentabilité de cette culture, les exploitants l’on substitué par des cultures vivrières. On trouve jusqu’à présent des poches de production dans toutes les communes à fort potentiel comme Saint Louis, Cayes, Torbeck, Camperrin, Maniche, Arniquet, Chantal, Tiburon, les Anglais etc. Depuis deux ans, on constate un regain d’intérêt pour cette culture dans la région, motivé principalement par l’essor que connait actuellement le marché mondial du cacao. Plus de 50 hectares sont déjà plantées en cacao dans les communes de Maniche et de Camperrin suite aux subventions fournies par le PMDN et d’autres initiatives privées. ASPVEFS, grâce à un financement du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), a aménagé 18 hectares de terres dans la commune de Camperrin avec le système agroforesterie basé sur le cacao. RECOCAS dont des membres de Maniche, de Cavaillon et de Camperrin ont planté du cacao dans le cadre du programme PMDN manifeste grandement leur intérêt pour investir aussi dans le cacao. Cette dynamique est surtout favorisée par la présence d’AYITIKA SA, une entreprise haïtienne qui s’établit actuellement dans la région. . L’entreprise investit dans la production, produit à partir des variétés locales du matériel végétal productif, résistant et de qualité, fournit aux producteurs de l’assistance technique pour l’établissement et la gestion des jardins agroforestiers basés sur le cacao. Parallèlement l’entreprise s’investit dans la recherche afin de rendre plus performants et durables les systèmes cacaoyers du Sud. Pour une meilleure efficacité de ses interventions, AYITIKA développe des partenariats au niveau local avec le Ministère de l’Agriculture, des institutions d’appui, des exportateurs et des réseaux de producteurs, au niveau international des réseaux de centres de recherches et de formation dont le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) de France et le Centre d’Agronomie Tropicale d’investigation et d’Enseignement (CATIE) de Costarica. Signalons que grâce à une initiative d’AYITIKA, trois cadres d’ASPVEFS ont suivi durant la période février-mars 2015 une formation en cacaoculture au centre CATIE de Costarica. Ce qui contribue davantage au renforcement des capacités techniques de cette association locale dans le domaine. Le modèle agroforesterie proposé par AYITIKA reste conforme aux pratiques des producteurs. Des plantules de cacao greffées sélectionnées sur des « super tree » identifiés au niveau des plantations locales, de la banane comme abri provisoire, de gliricidia sepium, et d’autres cultures dont l’igname, haricot, le maïs, le papayer, l’avocatier choisies par le producteur avec accompagnement technique d’AYITIKA SA. Dans les parcelles en pente, de l’ananas et du vétiver sont plantés comme sur des courbes de niveau. L’association et l’agencement de ces cultures dans le temps et dans l’espace permet une exploitation rationnelle garantissant à la fois la préservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire des familles A noter que les plantules de cacao greffées commencent à produire à partir de 18 mois contrairement 4 ans dans le cas des plantules issues des semences. La production espérée de ces plantules est de 1kg/récolte en moyenne. Ce qui doit permettre d’obtenir environ 1000kg/ha alors que la moyenne nationale est de 250 kg actuellement. Le cacao donne deux productions par année. Le cout du kg de cacao sur le marché local est de 2.2 us. Les autres cultures associées comme le haricot, maïs commencent à produire dès le 3e mois. Le cout d’installation d’un hectare de cacao est de 3500 dollars. Selon les prévisions, le seuil de rentabilité sera atteint à la 3e année. A partir de la 4e année un petit producteur peut dégager du système d’agroforesterie cacaoyer un revenu annuel d’au moins 3000 dollars américains. Un système cacaoyer peut fournir 30 à 35 ans de bonne production. Le cacao constitue une opportunité majeure pour le Sud notamment dans les aires tampons du Parc Macaya ne dépassant pas 800m d’altitude. Le système agroforesterie cacaoyer permet de répondre au triple besoin de sécurité alimentaire, de sources de revenus pour les familles et de préservation durable des écosystèmes locaux. Les actions doit aller dans le sens du renforcement des activités actuelles en cours à savoir : recherches/formation/vulgarisation, renforcement capacités techniques. Il existe un énorme besoin de financement pour permettre aux petits producteurs d’investir convenablement dans leurs parcelles. Les principaux points saillants issus de ces informations 16. Un environnement vulnérable avec une faible coordination entre les acteurs et qui nécessite un réel schéma d’aménagement pour mieux optimiser le potentiel agricole régional et aussi une coordination entre les différents intervenants. 17. Les écosystèmes côtiers et semi-arides d’Aquin à Tiburon sont favorables à la production de noix de cajou, de ricin, et de miel. Ceux qui sont plus ou moins humides Saint Louis, Maniche, Chantal, Camperrin, Arniquet, Torbeck, Cayes favorables au cacao aussi le ricin et au miel. 18. Au niveau régional, il existe un certain savoir-faire technique dans les filières mangue, miel et cacao notamment avec la présence respectivement de ORE/ASPEVSFS, CO-AKAA et de AYITIKA/ASPVEFS/RECOCAS. Parallèlement, la grande motivation des producteurs, des associations et de quelques entreprises individuelles œuvrant notamment dans la noix de Cajou et le miel constitue des atouts considérables pour dynamiser davantage ces filières au niveau régional. 19. Néanmoins, à l’instar de la situation au niveau national, ces filières nécessitent des investissements dans la recherche, des accompagnements techniques au producteur pour améliorer la productivité de leur production et se conformer aux standards de qualité qu’exigent les marchés, des produits financiers (subventions, crédits) adaptés aux cycles d’activités des différents acteurs. 20. L’appui en commercialisation apparait aussi indispensable pour d’une part, pour outiller les acteurs avec les techniques modernes de marketing et d’autre part, connecter l’offre locale avec des entreprises régionales, nationales, internationales œuvrant au niveau des filières. 4 CRITERES ET SELECTION DES FILIERES 4.1 Zoom sur les critères Les chapitres 2 et 3 nous ont permis de dresser un panorama global de ces 5 filières au niveau national et régional. L’économie verte est définie par le PNUE comme une économie qui entraine une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie des ressources30. Le PNUE à proposé un ensemble de 7 critères pour apprécier le potentiel de verdissement de chaque filière dans le département 4.1.1 Demande suffisamment forte dans le marché local, national et/ou international La mangue, la noix de cajou et le miel à des degrés divers ont une certaine demande sur les marchés nationaux. Si pour la mangue la demande se trouve au niveau de toutes les catégories sociales, pour les trois autres, elle provient notamment de la classe moyenne de plus en plus intéressée aux produits du terroir. Sur le marché international la mangue, le miel et le ricin bénéficie d’une demande ethnique principalement de la diaspora haïtienne. Par contre le cacao est le seul produit pour lequel on peut caractériser de forte sa demande localisée notamment au niveau du marché international. 4.1.2 Potentiel de la croissance dans le marché national et/ou international Le potentiel de croissance du marché national pour la mangue, le miel, et la noix de cajou sont moyennes. La croissance peut suivre le rythme de la pression démographique et dépendra de l’évolution de revenus de cette classe moyenne demanderesse. Pour le marché international, les possibilités de croissance sont énormes pour le cacao, comme nous avons vu. La demande est en hausse et l’extension de la production dans les grands pays producteurs d’Afrique ne sont pas significatives. Haïti a intérêt à prendre des dispositions pour se positionner sur ce marché. Par contre, le potentiel de croissance reste moyen sur les marchés de niche pour la noix de cajou, le miel et le ricin. 4.1.3 Potentiel d’atteindre un impact positif sur les moyens de vie des acteurs Les impacts sur les moyens de vie des acteurs varient d’une filière à l’autre. Pour la mangue, la noix, le ricin, ceux qui sont dans la commercialisation s’en sortent assez bien. Leurs revenus valent certaines fois sept fois de celui de ceux qui sont dans la production. Par exemple un manguier ou un anarcadier commence à produire à la 5e année, atteindra son pic de production à la 12e. Le revenu annuel par pied est en moyenne 23us. Un petit producteur possède 6 pieds en moyenne. Pour le miel et le cacao, le producteur individuel a plus de possibilités pour chance d’obtenir une amélioration directe et rapide de ses moyens de vie. 4.1.4 Proximité aux aires protégés ou régions avec un haut niveau de biodiversité Le Sud possède environ une dizaine d’aires marines et terrestres avec une biodiversité riche à protéger et préserver comme riche en aires protégées. Autant dire les bassins de production de toutes les filières se trouvent à proximité ou dans une aire à protéger. Mais il convient de signaler pour les aires comme Grosse Cayes, olivier, pointe Abacou et Cahouane pour lesquelles les bassins de production du ricin, du miel, de la noix de cajou se situe à leurs proximités. De même, les agroécosystèmes des zones tampons de Macaya ont aussi un très bon potentiel le cacao, le miel et le ricin. 4.1.5 Niveau de base de production La terre, le facteur de production le plus problématique reste globalement disponible. Le modèle de production agroforesterie pratiqué pour la mangue, l’anarcadier, le ricin et le cacao s’accorde bien à la réalité des petits agriculteurs avec accès limité à la terre. Pour le miel, ce problème ne se pose même pas. Sur x m2, un agriculteur peut facilement installer x ruchers. En ce qui a trait au travail, il existe une main d’œuvre disponible et plus ou moins qualifié notamment pour la production du cacao, du miel et de la mangue. Il y a un besoin de recherche pour mieux valoriser les potentiels de production du cacao, du ricin et de l’anacarde. 4.1.6 Potentiel pour transformer et accroître la valeur des produits agricoles selon la demande du marché Le ricin, la noix de cajou, le miel présentent un bon potentiel de transformation. Toute amélioration dans les techniques de transformation du miel et de la noix par exemple peut accroitre leurs demandes au niveau local, car nous avons bien vu, qu’ils sont en concurrence avec d’autres origines. La mangue dispose aussi d’une large possibilité de transformation (jus, mangue séchée, confitures etc,) même si les investissements restent lourds et cela nécessite une bonne maitrise des marchés. 4.1.7 Potentiel impact sur biodiversité, infrastructure naturelle, érosion, changement climatique, désastres naturels, Nous avons déjà évoqué la pertinence et l’importance des modèles agroforesterie dans lesquels sont réalisées les productions de ces filières. La mangue, la noix de cajou, le ricin, le cacao sont tous produits dans des jardins en association avec d’autres cultures vivrières, fruitières, forestières. Une récente étude31 conduite sur le changement climatique en Haïti révèle qu’à partir de 2020 la température augmentera de 0,90 et à l’horizon de 2050 de 1,80. Compte tenu des caractéristiques biophysiques de la région Sud, cette situation affectera négativement l’évolution de certains systèmes Et, les systèmes agroforesterie cacaoyers et manguiers sont considérés par les spécialistes comme deux alternatives à la non adaptation de certains systèmes agroforestiers existants actuellement dans le Sud dont celui du café. Le système cacaoyer est aussi généralement reconnu comme un bon séquestreur de carbone. Aussi le développement de la filière miel peut entrainer le maintien de la couverture forestière dans les communautés. Tableau 10 : Synthèse générale sur le potentiel verdissement des filières Critères Mangue Noix de cajou Miel ricin Cacao Demande suffisamment forte dans le marché local, national et/ou international  Locale (principales villes du Sud) Nationale (relativement satisfaite) Internationale (existe mais forte concurrence et une barrière non tarifaire élevée -traitement à l’eau chaude Locale (notamment en tablette) Nationale (offre insuffisante) Internationale (concurrence élevée) Locale (existe une demande locale au niveau des villes Nationale (à satisfaire en quantité et en qualité Internationale (marchés de niche) Locale (petite quantité faible) Nationale (faible International (marché de niche, USA) Locale (petite quantité) National (petite quantité) International (en forte croissance) Potentiel de la croissance dans le marché national et/ou international National (faible) International (faible car concurrence) National (Moyen) International (moyen) National (Fort car demande en hausse) International (faible car concurrence) National (faible) International (Moyen) National (faible) International (forte demande en hausse) Potentiel d’atteindre un impact positif sur les moyens de vie des acteurs tout le long de la filière Moyen pour les producteurs cultivant de petites surfaces, mais important pour les autres intermédiaires (fournisseurs, madan sara, voltigeurs, travailleurs, coopératives) Moyen pour les producteurs cultivant des petites surfaces, mais important pour transformateurs, petites marchandes et détaillants divers les autres intermédiaires Important pour tous les corps de métiers Important pour les producteurs et aussi transformateurs Importants pour les producteurs, les travailleurs les intermédiaires et les entreprises Proximité aux aires protégés ou régions avec un haut niveau de biodiversité où la création d’alternatives économiques aura un impact positif sur l’environnement  Les principales zones de production du Sud se trouvent à proximité de toutes les aires protégées principalement Grosse cayes, Olivier,pointe Abacou, Grotte Marie jeanne, cahouane et les aires tampons de parc Macaya Principalement Grosses Cayes et Pointe Abacou, Grotte Marie Jeanne Toutes les aires protégées Cahouane, olivier, Grotte Marie Jeanne Aires tampons parc Macaya, Cahouane, Grotte Marie jeanne Niveau de base de production Techniques et technologies de production maitrisées Présence d’institution d’encadrement Contrôle anthracose peu maitrisé, technique de transformation noix grillé et conservation faiblement maitrisé Technique de production maitrisée mais le contrôle varroa faiblement maitrisé Technique de production d’huile à froid peu maitrisé, mais apprentissage facile Technique de gestion durable des parcelles agroforesterie pas totalement maitrisé mais application facile Potentiel pour transformer et accroître la valeur des produits agricoles selon la demande du marché Faible maitrise des techniques de transformation en jus Investissements importants Marché pour jus incertain Technique de transformation noix grillé et conservation faiblement maitrisée mais peut être appris facilement Nécessité d’améliorer la qualité mais possible assez facilement Nécessité d’améliorer la qualité mais possible assez facilement Savoir-faire disponible : présence AYITIKA SA Potentiel de la filière d’avoir un impact positif sur la biodiversité, l’infrastructure naturelle, la lutte contre l’érosion et la capacité de résistance contre le changement climatique et les désastres naturels, soit par son intégration dans les systèmes d’agroforesterie, soit par les techniques de production et transformation utilisées Potentiel élevé car maintien de couverture végétale, Séquestration de carbone, puis possibilité cultures intercalaires Potentiel élevé car maintien de couverture végétale, Séquestration de carbone, puis possibilité cultures intercalaires Elevé car tout acteur dans la filière a comme premier réflexe le maintien des espèces mellifères et nectarifères Moyen plante pousse rapidement, mais durée de vie assez courte, mais présence peut diminuer risque d’érosion Très élevé, système agroforesterie cacaoyer maintien fertilité, diminue érosion, maintien diversité, Séquestration de carbone 4.2 Les filières à promouvoir A ce niveau, il ne peut pas y avoir de propositions tranchantes promouvoir telles ou telles filières par rapport à une autre. Il y a une diversité d’écosystèmes et les situations socioéconomiques ne sont pas non plus homogènes entre les catégories d’acteurs. Nous avons néanmoins tenté d’apprécier de manière quantitative le potentiel de verdissement chaque filière sur la base de ces indicateurs (voir tableau 11ci-dessous). Tableau 11 : Appréciation quantitative des filières (voir methode en annexe 1) Les scores obtenus montrent que toutes les filières ont dans la gamme allant de moyen à élevé la possibilité d’améliorer les conditions de vie des familles du Sud tout en garantissant la préservation des ressources naturelles. Le ricin obtient le plus faible score De ces quatre filières, la mangue et la noix de cajou reçoivent les plus faibles scores. Pour la mangue, il s’agit surtout de la faible capacité nationale et régionale actuelles à transformer ce produit et de la faible possibilité de sa croissance sur les marchés. Pour la noix de cajou ce score est du surtout à la quasi-inexistence de sa base de production (aucune connaissance sur les variétés et les contrôles de maladies). Le ricin affiche un score moyen à cause notamment de l’exigüité actuel de son marché. Le miel et le cacao sont les deux filières qui récoltent les scores les plus élevés ce, à la faveur de l’existence d’une demande sur les différents marchés, leurs potentiels pour avoir des impacts positifs sur les conditions de vie des acteurs, sur la préservation des écosystèmes et la biodiversité, les possibilités de les valoriser au niveau des aires protégées et leur potentiel de transformation. Pou répondre aux attentes de l’étude en ce qui a trait à la proposition de filières à promouvoir, disons globalement que les filières miel, cacao et ricin présentent des indicateurs plus prometteurs pour contribuer plus durablement au verdissement de l’économie régionale. Le tableau 12 ci-après présente un bref rappel des atouts régionaux pour ces filières une synthèse de leurs principaux besoins Tableau 12 : Synthèse des besoins pour le miel, le cacao, le ricin et la noix de cajou 5 RECOMMANDATIONS 5.1 Une approche d’intervention globale et stratégique Les solutions aux problèmes des filières ne peuvent pas être abordées en dehors de la problématique d’aménagement existant dans la région Sud. En dehors de l’absence pour le moment de ce plan d’aménagement global, il est souhaitable de concentrer les actions autour des aires marines et terrestres protégés. Une véritable coordination entre les acteurs est aussi nécessaire pour mieux optimiser les ressources et harmoniser les méthodologies d’intervention. Il est souhaité de concentrer les investissements dans des aires précis afin de s’assurer un impact significatif des investissements. De même, il est indispensable de prioriser l’aspect recherche trop longtemps négligé dans les projets de développement. Ainsi, les engagements doivent s’inscrire dans la durée, le temps de bien tester et validé les modèles techniques, économiques et organisationnels proposés. La stratégie d’intervention doit chercher à renforcer les capacités techniques au niveau régional (producteurs individuels, associations, institutions d’encadrement, entreprises, universités) avec les jeunes et les femmes comme des cibles privilégiés. Des centres de recherches internationales pourront être mis à contribution dans le cadre de cette stratégie à travers des missions courtes, des échanges, des formations des cadres haïtiens et des appuis méthodologiques des experts internationaux aux cadres et institutions locales impliquées dans ces activités. 5.2 En relation aux filières Nous avons déjà évoqué les différents atouts que disposent les filières et leurs différents besoins en terme de production de référentiels techniques à partir de la recherche, de techniques de production productive, de qualité et durable, de compétences en commercialisation/marketing pour accéder à des marchés rémunérateurs et de gouvernance. Nous présentons ci-dessous trois fiches techniques pouvant servir de base de réflexion pour des appuis à ces différentes filières a) Fiche technique pour un projet de miel. Titre du projet Renforcement de la filiere miel dans le Sud Objectif général Contribuer à la structucturation de la filière en vue d’une amélioration de revenus des apiculteurs (trices) et le maintien des espesces forestieres dans les zones cibles Objectif spécifique Appuyer les acteurs à la modernisation de leurs unités de productions et une meilleure gestion des entreprises et de la filière en vue d’accéder durablement aux marchés Résultats R1 : 100 ruchers modernes sont installés dans les communes de Saint Jean, Les Anglais, Torbeck R2 : Une structure organisationnelle est appuyée et renforcer en techniques modernes de production, en infrastructures, en gestion, en commercialisation au niveau de chacune de ces communes. Celles-ci fournissent à leurs membres des services d’extraction, de maturation du miel, de contrôle qualité et de commercialisation de leurs productions. R3. 200 hectares sont emblavées en espèces forestières et mellifères vue de favoriser la production de miel à saveur florale spécifique par les apiculteurs. Bénéficiaires directs Environ 100 producteurs individuels ou membres d’organisations Communes cibles Saint Jean, Les Anglais Partenaires de mise en œuvre ONG, association et autres structures locales Partenaire technique AYITIKA SA, IMF locales Durée 4 ans Montant approximatif 800 000 us b) Fiche technique pour un projet de cacao. Titre du projet Intensification du système agroforesterie basé sur le cacao dans le Sud Objectif général Contribuer à la preservation de la bioviversité et des ecosystemes locaux et au renforcement de la securité alimentaire et des revenus des familles rurales Objectif spécifique Appuyer les acteurs locaux pour renforcer es performances techniques et économiques des systèmes cacaoyers et pour accéder durablement aux marchés rémunérateurs Résultats R1 : Des jardins clonaux avec des variétés productives, de qualité et restantes aux maladies sont installés et gérer au terme des recherches conduites au niveau des plantations locales ; R2 : Des référentiels technico-écomoniques performants sont élaborés aux termes des recherches conduites au niveau des systèmes cacaoyers pratiqués localement; R3. 500 hectares sont aménagés en système agroforesterie cacaoyer grâce aux soutiens techniques et économiques reçus par les producteurs ; R4 : Les capacités techniques, infrastructurelles et commerciales des acteurs locaux sont renforcées pour accéder aux marchés internationaux Bénéficiaires Environ 1500 producteurs individuels ou membres d’organisations Communes cibles Saint Louis du Sud, Maniche, Camperrin, Torbeck, Chantal, Arniquet, Les Anglais Partenaires de mise en œuvre ONG, Associations locales/Coopératives locales Partenaire technique Centre de recherche international (CIRAD, CATIE,), AYITIKA SA, autres ONG Durée 5 ans Montant approximatif 3 .500 000 us c) Fiche technique pour un projet sur le ricin Titre du projet Promotion de la filiere ricin à Cahounae Objectif général Contribuer à la structucturation de la filière en vue d’une amélioration de revenus des acteurs impliquées dans cette activité et la préservation de la biodiversité locale Objectif spécifique Appuyer les acteurs locaux pour renforcer les performances techniques et économiques de la production et de la transformation d’huile en vue d’accéder durablement aux marchés Résultats R1 : Une structure organisationnelle renforcée en assure une production et la commercialisation d’une huile de ricin conforme aux standards de qualité requis R2 : Des variétés à cycle court de à faible déhiscence sont identifiés et vulgarisées auprès des producteurs. Bénéficiaires directs Environ 100 producteurs individuels ou membres d’organisations Communes cibles Les Anglais Partenaires de mise en œuvre ORE, autres structures locales Durée 4 ans Montant approximatif 300 000 us 6 BIBLIOGRAPHIE 1) ALBY-FLORES Vanessa, ALPHA Arlène, CASSION Henry, FAUCHEUX Benoît ,2012, Etude d’impact de l’Accord de Partenariat Economique Cariforum-UE pour la République d’Haïti Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), Financement L’Union Européenne/ Le bureau de l’Ordonnateur National, Projet de Rapport final, 2) ALCINDOR E. (2006), Diagnostic des procédés de conservation et de transformation de la noix de cajou à St Jean du sud et propositions d’amélioration. Université d’État d’Haïti, Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire, Mémoire de fins d’études agronomiques, 3) Alex Bellande et et Sixto Bisono, 2009, Etude des Perspectives fruitières sur le Plateau Central en Haiti. 4) Bellande, A. 2005. 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Etat des Lieux des accords commerciaux multilatéraux (ACM) de l’organisation ratifiés par Haïti, Ministère du Commerce et de l’Industrie, Haïti, 12) GARDEL 2006, Lignes stratégiques de développement du Département du Sud, Volume II, Etat des Lieux du secteur agricole ; 13) GEOCONSULTANTS 2008, Diagnostic environnemental du département du Sud juillet ; 14) Groupe de travail sur les "Accords commerciaux multinationaux .2004, Ministère du Commerce et de l’Industrie, Haïti, Accords commerciaux et intégration régionale, 15) Groupement SNC-Lavalin / LGL SA , 2010, Etude filière mangue Haiti ; 16) J.C. Tymian, J.R. Toussaint, 2006 : Vulnérabilité et priorisation des bassins versants. dans Vulnérabilité environnementale en Haïti, conclusions et recommandations (USAID) ; 17) Jean Chesnel JEAN 2011, Etude sur la commercialisation de la mangue et de l’avocat produite à Saut- d’Eau, AVSF ; 18) Jean Chesnel Jean et AL. 2005 : Etude filière du ricin produit dans le far-west ; 19) LUNDY P. P. 2010 "Filières agricoles à Gros-Morne. Diagnostic et analyse de la situation des producteurs agricoles". Rapport Final. KNFP (Konsèy nasyonal finansman popilè), 2010; 20) MARNDR (2010), Plan National d’Investissement Agricole, Document Principal, 21) MARNDR (2011), Politique de Développement Agricole, Version Finale. 22) MARNDR (2013), Programme Triennal de Relance Agricole, 2013-2016, 23) MARNDR ; 1999 ; Actes de l’atelier : la mangue, une denrée d’avenir pour Haïti; 24) Ministère de l’Environnement (MDE) 2003, Présentation synthétique des Études de Vulnérabilité et l’Adaptation aux Conditions Climatiques Extrêmes en Haïti et dans la Caraïbe, PROGRAMME DE CHANGEMENTS CLIMATIQUES, Sous-Programme du Plan National d’Adaptation (PANA) ; 25) MPCE 2004, Carte de Pauvreté d’Haïti ; 26) Oxfam Québec, 2006 : rapport de l’étude diagnostic – Haïti. 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Critères Très élevé Élevé Moyen Faible Très faible Pondération Demande suffisamment forte dans le marché locale, national et/ou international ; 5 4 3 2 1 14,3% Potentiel de la croissance dans le marché national et/ou international 5 4 3 2 1 14,3% Potentiel d’atteindre un impact positif sur les moyens de vie des acteurs tout le long de la filière 5 4 3 2 1 14,3% Proximité aux aires protégés ou régions avec un haut niveau de biodiversité où la création d’alternatives économiques aura un impact positif sur l’environnement  5 4 3 2 1 14,3% Niveau de base de production déjà établi  5 4 3 2 1 14,3% Potentiel pour transformer et accroître la valeur des produits agricoles selon la demande du marché 5 4 3 2 1 14,3% Potentiel de la filière d’avoir un impact positif sur la biodiversité, l’infrastructure naturelle, la lutte contre l’érosion et la capacité de résistance contre le changement climatique et les désastres naturels, soit par son intégration dans les systèmes d’agroforesterie, soit par les techniques de production et transformation utilisées 5 4 3 2 17 14,3% Pour les critères facilement quantifiables : demande sur les marchés, impact sur moyens de vie (rentabilité, emploi) les notes sont attribuées en comparant les résultats obtenus pour chaque filière. Pour les autres critères, les notes sont attribuées « à dire d’expert », sur la base d’une évaluation qualitative comprenant forcément une part de subjectivité. La pondération proposée a été établie en prenant en compte l’importance des critères dans la sélection.