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Argumentaire sur les opportunités d'affaires existant dans l'éco-tourisme et l'agroalimentaire dans la Grand'Anse

Argumentaire sur les opportunités d'affaires existant dans l'éco-tourisme et l'agroalimentaire dans la Grand'Anse

Chambre de Commerce et d'Industrie de la Grand'Anse (CCIGA) 2014
Resume — Argumentaire en faveur de l'investissement dans l'éco-tourisme et l'agroalimentaire dans la Grand'Anse, préparé pour la chambre de commerce du département par une équipe dirigée par l'économiste Thébeau Michel, août 2014.
Description Complete
Préparé pour la Chambre de commerce et d'industrie de la Grand'Anse par une dizaine de professionnels dirigés par l'économiste Thébeau Michel et daté du 7 août 2014, ce rapport présente l'argumentaire sur les opportunités d'affaires existant dans l'éco-tourisme et l'agroalimentaire dans le département. Son objectif déclaré est d'attirer l'attention des potentiels investisseurs locaux et étrangers sur les opportunités disponibles. C'est la voix du secteur privé parmi les documents de planification de la Grand'Anse de ce lot - les autres viennent du MARNDR et de l'association des maires.
Sujets
ÉconomieCommerceAgricultureDéveloppement rural
Geographie
Département de la Grand'Anse
Mots-cles
Grand'Anse, éco-tourisme, agroalimentaire, opportunités d'affaires, CCIGA, Chambre de Commerce et d'Industrie de la Grand'Anse, Thébeau Michel, investisseurs, admin1:HT08
Texte Integral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

ARGUMENTAIRE SUR LES OPPORTUNITÉS D’AFFAIRES EXISTANT DANS L’ÉCO-TOURISME ET L’AGROALIMENTAIRE DANS LA GRAND-ANSE  RÉSUMÉ ÉXÉCUTIF Ce rapport présente l’argumentaire sur les OPPORTUNITÉS D’AFFAIRES EXISTANT DANS L’ÉCO-TOURISME ET L’AGROALIMENTAIRE DANS LA GRAND-ANSE effectué par une dizaine de professionnels dirigés par l’économiste Thébeau Michel pour le compte de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de la Grand ‘Anse (CCIGA). L’objectif global de cette mission est d’attirer l’attention des potentiels investisseurs locaux et étrangers sur d’énormes opportunités qui méritent d’être exploitées dans le cadre harmonieux d’un rapport public/privé. Entre autres, les objectifs de cette mission s’articulent autour des points suivants : • Parvenir à définir clairement les grandes lignes de développement de l’écotourisme articulé autour des ressources naturelles identifiées sur les grands axes potentiels d’implantation de ce projet dans la Grand-Anse. • Définir les contours de développement d’un projet d’agriculture de niche en harmonie avec les spécificités de notre double écosystème montagne / côte. • Définir de manière réaliste la faisabilité de ces deux grands projets dans deux contextes distincts, avec ou sans l’apport direct de capitaux étrangers, mais dans une logique constante d’un partenariat public / privé. • Évaluer les impacts de ces deux grands projets sur l’économie, l’emploi, l’environnement et le social, à moyen et à long terme, à la fois dans la Grand-Anse et dans l’ensemble du pays. • Proposer tout un ensemble de garanties solides, réalistes et incitatives aux potentiels investisseurs locaux et / ou étrangers de manière à les mettre en confiance. À cet effet les activités ou intrants prioritaires concourant à l’atteinte des objectifs, consistent à collecter les données existantes sur les potentialités réelles de la Grand-Anse dans les domaines éco-touristique et agroalimentaire par la consultation des études et / ou enquêtes disponibles. Suite aux traitements des données, il importe de présenter un document de synthèse pour approbation à la CCIGA dans une perspective de visites éventuelles de terrain. Ces visites de terrain ont pour objet de vérifier et de compléter les recherches documentaires, en un mot d’effectuer une mise à jour par rapport aux études préalables. Toutes ces démarches vont servir à l’identification et élaboration de proposition de projets pour le développement de l’Écotourisme et l’Agroalimentaire et, d’en faire des projections économiques de ces dits projets après discussions et approbation. Par rapport à toutes ces démarches, les résultats escomptés sont les suivants : • Elaboration d’un diagnostic global identifiant les contraintes majeures qui limitent l'investissement, ainsi que les opportunités et potentialités de développement des secteurs étudiés pour l'amélioration de la compétitivité des secteurs agroalimentaire et eco-touristique de la Grand-Anse. • Recommandations sur les deux axes d'intervention établis avec un regard plus spécifique sur les filières les plus porteuses de l’agroalimentaire et l’éco-tourisme. • Présentation de propositions de projets sur les opportunités d’affaires potentiellement aptes à générer un maximum d’emplois et de richesses dans le cadre d’un partenariat public / privé. • Identification et présentation d’opportunités de développement de zones réservées à l’agriculture et à la pêche, dont les produits seraient principalement voués à l’exportation. En substance, cet argumentaire de par sa conception, constitue un élément incitatif dans le cadre du développement de l’écotourisme et de l’agro-business du département de la Grand ‘Anse. En ce il identifie les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces liées au développement de ces deux filières respectives susmentionnées. Il en résultera de cette démarche des propositions de projets dans les deux filières suscitées, et des projections économiques y afférentes. Table des matières RESUME EXECUTIF………………………………………………………………………………….1 CONTEXTE ET GÉNÉRALITÉS 4 CHAPITRE I : LES POTENTIALITÉS AGRICOLES DE LA GRAND’ANSE 7 1.1 Situation agro-environnementale 7 1.2 Exploitants et exploitations agricoles 8 1.2.1 Importance des grands groupes d’occupations de sol 9 1.2.2 L’omniprésence et la diversification des cultures 11 1.3 Café et cacao: deux produits stratégiques pour le département. 12 1.3.1 Le café : Historique et État des lieux 12 1.3.2 Promouvoir le café lavé dans la Grand ‘Anse 13 1.3.3 Le cacao : État des lieux 14 1.3.4 La création de valeur ajoutée : la fabrication du chocolat 15 1.3.5 Le cacao, une demande en hausse pour ses bienfaits 16 1.3.6 La fermentation, un passage obligé 17 1.3.7 Période de récolte et commercialisation 18 CHAPITRE II : UN ATOUT AGRICOLE ET AGROALIMENTAIRE SOUS-EXPLOITÉ 19 2.1 Des goulots d’étranglement liés au développement du secteur agricole dans la Grand-anse 20 2.2 La sous-exploitation des atouts du département : Conséquences environnementales graves 23 2.3 La culture des racines et tubercules: solution à la dégradation de l’environnement 24 2.4 Une analyse SWOT du secteur agricole de la Grand ‘anse 27 CHAPITRE III: POTENTIALITÉS TOURISTIQUE ET ECO-TOURISTIQUES DE LA GRAND-ANSE 29 3.1 Potentialités touristiques : Les zones cibles 30 3.2 Une analyse SWOT du secteur touristique et écotouristique de la Grand ‘anse 31 3.3 Principes de l’Ecotourisme face aux contraintes et faiblesses 33 SYNTHESE ET CONCLUSION 33 Faiblesse de la recherche documentaire et nécessité d’approfondissement 34 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 36 ANNEXE 39 CONTEXTE ET GÉNÉRALITÉS CONTEXTE ET INTRODUCTION La politique de développement régional représente un volet important de la politique de développement durable, du fait qu’elle entre dans le cadre d’un projet global de société. Le développement durable est au cœur des problématiques de développement régional ou territorial. Car, les processus de développement durable doivent intégrer l’ensemble des secteurs de la vie nationale (Transport, logement, agriculture…), les collectivités territoriales et les différentes politiques publiques. Cette politique permet de mettre en exergue et d’identifier les potentialités de chaque région dans le cadre du développement des filières. Elle permet également de valoriser les potentialités de chaque zone en termes d’externalités sur les autres régions. Aujourd’hui, en Haïti, plus que jamais auparavant, la volonté de travailler à la mise en place d’un modèle de développement durable et intégré se confirme chaque jour davantage. Le développement tous azimuts d’infrastructures socio-économiques de base sur l’ensemble du pays, conjugué à la création de nouveaux cadres législatifs et à une nette amélioration de l’environnement sociopolitique, incitent à croire que le momentum y est véritablement favorable. En effet, que ce soit à travers le Ministère de l’Économie et des Finances, le Ministère du Commerce et de l’Industrie, le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), le Ministère du tourisme, ou encore par le biais du Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT), le Gouvernement Haïtien développe des mécanismes qui favorisent une exploitation plus efficiente des potentialités du pays, tout en facilitant les investissements privés nationaux et internationaux. En effet, le portefeuille de grappes prioritaires d’Haïti est composé des fruits et légumes, élevage, tourisme, services à distance et confectionnement. L’agriculture, pilier stratégique, représente 25% et 50% de la population vivant entièrement ou partiellement des revenus du secteur. Cependant c’est, en même temps, un secteur très fragilisé de l’économie nationale. Par contre, par rapport à ces potentialités, l'agro-business qui est l'ensemble des industries ayant un rapport direct avec l’agriculture, constitue un véritable champ d’opportunités pour les investissements privés. En effet, l’agro-industrie regroupe l’ensemble des systèmes de productions agricoles et s'élargit à toutes les entreprises qui fournissent des biens à l'agriculture (engrais, pesticides, machines) ainsi qu'à celles qui transforment les produits agricoles et les conditionnent en produits. Le tourisme également est l’un des pôles stratégiques de l’économie d’Haïti. Le secteur des services dont le tourisme, représente 55.90% du PIB haïtien et utilise 25% de la main-d’œuvre formelle en 2013 suivant les données de l’IHSI. À ce titre, le département de la Grand’Anse, ainsi que d’autres régions du pays, possède des potentialités énormes dans le cadre de production agricole, entre autres. Cette dite capacité s’explique par sa grande diversité de culture. Elle représente la plus grande zone de production de cacao et l’une des plus importantes régions de production de café et de cultures vivrières de ce pays1. Cette diversité culturale rend moins vulnérable les communautés en terme d’insécurité alimentaire. Le département de la Grand ‘Anse recèle en son sein d’autres potentialités. Il possède une grande bande côtière (9 sur 12 communes) à partir de laquelle d’autres filières de développement pourraient être valorisées comme la pêche. Par rapport à toutes ces potentialités, l’écotourisme est susceptible d’être mis en œuvre du fait que ce dernier réunit toutes les formes de tourisme axées sur la nature et dans lesquelles la principale motivation du touriste est d’observer et d’apprécier la nature ainsi que les cultures traditionnelles qui règnent dans les zones naturelles. Bon nombre d’études ont été réalisées sur les potentialités du département de la Grand ‘anse. La BID, l’USAID, le MARNDR, l’UE et la Banque Mondiale pour ne citer que ceux-là, ont réalisé des travaux en termes de valorisation des filières de développement mettant en valeur les potentialités de la région de la Grand ‘anse. Ces études à l’unanimité, mettent en valeur les potentialités de production agricole, la qualité des denrées essentiellement organiques comme café, le cacao, la figue banane, le jacquier, l’ananas, l’arbre à pain ou l’arbre véritable… Fort de cette constatation et dans cette même perspective, la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Grand-Anse (CCIGA) entreprend la présente démarche qui doit aboutir à la réalisation d’un Argumentaire objectif et réaliste sur les OPPORTUNITÉS D’AFFAIRES EXISTANT DANS L’ÉCO-TOURISME ET L’AGROALIMENTAIRE DANS LA GRAND-ANSE, en vue d’attirer l’attention de potentiels investisseurs locaux et étrangers sur ces belles opportunités qui méritent d’être découvertes et exploitées dans le cadre harmonieux d’un partenariat public / privé. Cet argumentaire constitue globalement un inventaire d’un ensemble opportunités de création de richesses et d’emplois à saisir le plus vite possible. Dans ce premier chapitre, en fonction des documents consultés, nous présenterons les différentes potentialités et certaines contraintes du département de la Grand’Anse. Des visites de terrains vont nous aider, dans un premier temps, à mieux comprendre les atouts et les contraintes du département, et dans un second temps, à bien identifier des créneaux d’investissements rentables. Généralités : Géographie, superficie et population. Le département de la Grand-Anse est situé à 18°40′ de latitude nord et 74°7′ de longitude ouest, dans la partie nord-ouest de la presqu’île du Sud d’Haïti. Limité au nord, par le Golfe de la Gonâve, au sud, par le département du Sud, à l’est, par les départements des Nippes et le Sud-Est et à l’ouest, par la Mer des Antilles, le département de la Grande Anse s’étend sur une superficie de 1 871 km2. Administrativement, il est subdivisé en trois (3) arrondissements, douze (12) communes, quarante-six (46) sections communales. Il a également cinq (5) quartiers. De ses communes, 9 sont baignées par la mer (Plan d’action GRNGA, 2014). La population générale du département est estimée à 425,878 habitants. La pression démographique moyenne est d’environ 200 habitants au kilomètre carré. Cette densité est considérée globalement comme faible comparée à la moyenne nationale qui est supérieure à 350 habitants au km2. Source : www.bretagne.fr Encadré sur la ville de Jérémie Jérémie : une Perle à sauver Jérémie comme toutes les grandes villes du pays ont connu leurs heures de gloire, leur époque d’épanouissement. Les beaux jours où les « affaires » étaient florissantes, correspondant à une dynamique productive débordante de l’arrière-pays. L’agriculture vivrière bien servie par un climat généreux et une riche couverture végétale prend une belle expansion après l’indépendance. Les habitations caféières des mornes alimenteront pendant plus d’un siècle et demi les caisses de l’Etat, enrichissant du même coup la bourgeoisie exportatrice de denrées, favorisant dans le même temps, les investissements urbains : routes, ponts, hôpitaux, écoles, aménagement portuaire, électricité etc. Les zones de Grand Vincent, Moron, Beaumont, Pestel, Marfranc, Chambellan, Macaya, Dame-Marie, Anse-d’Hainault, Roseaux notamment, portaient Jérémie sur leurs épaules. La culture du cacao, une autre denrée d’exportation, prend son élan vers 1854, et connaît une belle expansion en 1890, enrichissant maints exportateurs. En 1932, à l’exposition Internationale de Paris, le cacao haïtien de la Grand’Anse, par le biais de la maison Brézault a reçu la médaille d’or ; jusqu’au début du vingtième siècle, la plus grande partie de la production cacaoyère était exportée à partir du port de Jérémie. Il en est de même des grandes maisons de commerce de la place pour leur café. Dans les années 50, le district agricole de Jérémie exportait plus de 5000 T de café. A la fin des années 30, et durant les années quarante, (jusqu’à 1948) 20% des opérations d’exportation de la production bananière s’effectuaient au port de Jérémie, soit la commercialisation de 1 million 850 000 régimes de bananes. Ce sont différentes époques de prospérité de la ville grâce à l’intensité des activités productives de son arrière-pays. Par ailleurs, les communes citées plus haut fournissaient abondamment et à bas prix : arbre véritable, arbre à pain, noix de coco, mangues, citrus, abricot, pois rouge ou noir, maïs, riz, cultivés et récoltés par les agriculteurs. En outre, les pêcheurs nous permettaient de manger du poisson frais, le lambi, les pisquettes à la saison et les éleveurs, les diverses variétés de viande et le lait. Ce n’est donc pas en ville que l’on produisait le café, le cacao, la figue-banane. Personne ne cultivait ni récoltait les denrées d’exportations ni les vivres alimentaires, les fruits et céréales, à Rochasse, à Bordes, à Jubilé…ou sur la Grand-rue. Cependant, les profits tirés du café, du cacao, de la figue-banane n’ont pas servi à l’amélioration des cultures, à la multiplication des centres de recherches et des fermes pilotes, encore moins au relèvement de la condition paysanne. Ceux qui produisaient tout, ne recevaient presque rien. Bien au contraire, les prélèvements agricoles et autres, opérés sur les producteurs, se sont intensifiés au fil du temps, induisant une pauvreté de masse au milieu de cet extraordinaire potentiel. En plus, de véritables fléaux, sous forme de politiques anti paysannes, ont causé au fil du temps, de graves dégâts aux producteurs. Comme, le projet SHADA (1941 et 1945) et sa culture de caoutchouc qui a détruit dans la Grand’Anse, des milliers de carreaux de terre plantés en vivres alimentaires et en denrées d’exportation, sans compter l’abattage de milliers d’arbres fruitiers ; les politiques partisanes qui ont ruiné sous le gouvernement du président Estimé, la commercialisation de la figue banane et du même coup, des milliers de petits agriculteurs, en 1948-1950 ; les taxes exorbitantes sur le café, durant les années 60-70 qui ont découragé les producteurs appauvris ; l’abattage des cochons créoles en 1981-1982, qui a asséné l’un des coups les plus terribles a l’économie paysanne, induisant un exode massif vers les grandes villes et ouvrant l’ère des boat people. Puisque la prospérité de la ville était liée à une relative aisance de l’arrière-pays, la décapitalisation de la paysannerie et son appauvrissement continu a donc entraîné comme l’avait prévu Anthony Lespès, l’effondrement de la ville puis son abandon par vagues successives, en commençant par les plus aisés. A la difficile situation décrite précédemment, sont venues s’ajouter depuis 1986 les politiques économiques d’ouverture criminelle du marché haïtien sans contrepartie. Ce fut le désastre total dont nous continuons à payer le prix fort aujourd’hui. La pauvreté de masse dont pâtissent les grandes majorités du département se répercutent en accélération de l’exode rural, mais aussi en déboisement des mornes historiquement protégés de la Grand’Anse. Ce département est aujourd’hui un grand fournisseur de charbon de bois, à cause des politiques erronées des élites politiques et économiques qui ont grugé sans miséricorde ce monde rural. CHAPITRE I : LES POTENTIALITÉS AGRICOLES DE LA GRAND’ANSE 1.1 Situation agro-environnementale • Une couverture végétale au-dessus de la moyenne nationale. Si les bassins versants des autres départements du pays sont caractérisés par une dégradation accrue, ceux de la Grande Anse, de par la couverture végétale dont ils sont revêtus, apparaissent comme un oasis. Les estimations laissent croire que cette couverture végétale dépasse la moyenne nationale. • Une biodiversité incomparable. Sa zone de montagne humide fait partie du Massif de la Hotte où se trouve le Parc Macaya dotée est d’une richesse inestimable en termes de biodiversité. Décrété Parc National en 1983, ce Parc Naturel abrite une faune et une flore comprenant de nombreuses espèces rares ou endémiques. En effet, le Parc Macaya abrite 102 espèces de fougères, dont trois endémiques, 141 variétés d'orchidées, dont 38 endémiques, 99 espèces de mousse, 367 autres variétés de plantes à fleurs, dont 55 endémiques, selon une étude de l'Université de Floride. Le site contient également deux mammifères terrestres endémiques - Plagiodontia aedium et Solenodon paradoxus -, 65 espèces d'oiseaux sur un total de 230 pour Haïti, 57 espèces de mollusques et onze espèces de papillon, dont le calisto loxias qui est endémique. Ainsi, ces forêts représentent l'un des endroits les plus importants au monde pour la conservation des mammifères menacées sur le plan mondial, des oiseaux, des reptiles et des amphibiens qui y vivent. Il s'agit notamment du Solenodon Hispaniolan, classé 4e sur la liste des mammifères EDGE2, et des amphibiens les plus importants. La couleuvre Epicrathe, ce boa constricteur appelé couleuvre endormie parqu'elle s'immobilise pour digérer ses proies fait partie du patrimoine du Pic Macaya. On y rencontre également bien d'autres espèces rares catalogués par EDGE, parmi les plus recherchés du monde, parmi lesquels nous pouvons citer notamment ce mammifère qui touche rarement le sol et qui saute de branche en branche. Le Zagouti, ce rongeur nocturne est très recherché par les scientistes grâce à sa capacité de reproduire ses membres détruits. On lui prête des vertus extraordinaires de la multiplication de ses cellules. Aussi, il attire l'attention des laboratoires de recherches en vue de la reproduction de certains organes (Wren S3. 2010, cf. René J. E, 2011). Il n’est donc pas étonnant que les espèces ligneuses qu’on retrouve dans ce département soient reconnues pour leur valeur écologique, économique et sociale. Il constitue l’une des dernières réserves du pays en termes d’espèces d’animaux et de végétaux rares ou en voie de disparition. • Une agriculture très diversifiée. Le département de la Grande Anse constitue une zone tampon contribuant à protéger le Parc Macaya des prédateurs anarchiques. Il représente un important grenier en vivres alimentaires et tubercules pour la Capitale et d’autres régions du pays. La Grande Anse compte parmi les grandes zones de production de denrées d’exportation. Elle est réputée pour son café cultivé sur l’axe Pestel, Corail, Roseaux, Jérémie et son cacao produit sur l’axe Abricot Dame-Marie, Moron Chambellan, Anse d’Hainault, Irois. 1.2 Exploitants et exploitations agricoles (d’après les résultats provisoires de la Grand’Anse du recensement général de l’Agriculture du MARNDR) Sur les 1, 053,107 exploitations agricoles recensées dans le pays, un total de 65,523 exploitations agricoles a été dénombré dans le département de La Grande-Anse, représentant 6.2% de l’ensemble du pays. Elles couvrent une Superficie Agricole Utilisée (SAU) de 52,025.6 carreaux (cx), correspondant à une moyenne de 0,79 cx par exploitation. Le nombre d’exploitations gérées directement par les exploitants s’élève à 64,849, soit 99% du total, s’étendant sur une SAU de 51,595.6 cx, représentant également 99% du total. 1.2.1 Importance des grands groupes d’occupations de sol Les légumineuses, en monoculture ou en association, constituent les principales spéculations du département de la Grande-Anse avec 29,248.8 cx, soit 33.9% de la superficie totale des occupations. Ensuite viennent les légumes couvrant une superficie de 28,485.8 cx, soit 33.1% de la superficie totale des occupations. Les céréales occupent 15,704.7 carreaux, soit 18.2% de la superficie totale des occupations. Les cultures pour boissons et épices sont moins importantes avec seulement 3.7% de la superficie totale des spéculations Importance (en %) des grands groupes d’occupations de sol4 Céréales Céréales Les céréales, avec 15,704.7 cx, correspondant à 18.2% de la SAU totale des occupations de la Grande-Anse, sont en grande partie cultivées en première saison. Celles-ci totalisent 10,459.4 cx en première saison, soit 66.6% de la superficie totale en céréales. Le maïs est le plus important des céréales cultivées dans la Grande-Anse avec une SAU de 13,623.8 cx, représentant 86.7% du total. La SAU de maïs cultivée en première saison est estimée à 9,041.6 cx, soit 66.4% de la SAU totale du maïs. Le riz, deuxième culture céréalière du département, s’étend sur une superficie de 1,983.7 cx, représentant 12.6% des surfaces en céréales. La SAU emblavée en première saison s’élève à 1,356.4 cx, soit 68.4% du total en riz. Le sorgho, avec 97.3 cx, couvre seulement 0.6% de la SAU totale consacrée à la céréaliculture. La couverture en première saison s’élève à 61.5 cx, soit 63.2% de la SAU totale du sorgho. Légumineuses Les légumineuses sont les cultures les plus importantes de la Grande-Anse, s’étendant sur 29,248.8 cx et représentant 33.9% de la SAU totale des spéculations agricoles. Une superficie de 17,657.9 cx, correspondant à 60.5% de la SAU totale des légumineuses, est cultivée en première saison. Le haricot, la spéculation la plus importante, est cultivé sur 24,568.5 cx, représentant 84% de la SAU totale des légumineuses. Une bonne partie du haricot cultivé est exploitée en première saison sur 14,462.6 cx, soit 58.9% de la SAU totale en haricot. Le pois congo, cultivé sur une superficie totale de 3,422.5 cx, correspond à 11.7% de la SAU totale des légumineuses, dont 2,471.1 cx, représentant 72.2% de la SAU du pois congo, sont exploités en première saison. Légumes et melons Les légumes et melons sont cultivés sur une superficie de 28,485.8 cx, représentant 33.1% de la superficie totale des spéculations de la Grande-Anse. De cette superficie, 22,135.1 cx, soit 77.7%, sont exploitées en première saison. Les racines et les tubercules sont les plus importantes, couvrant une superficie de 26,733.9 cx, soit 93.8%. De ce groupe, les ignames prédominent avec 12,316.9 cx, soit 46.1% et 14.3% de la superficie des racines et tubercules et de la superficie totale des occupations. Fruits et noix Les fruits et les noix, avec 1,816.8 cx, représentent 2.1% de la superficie totale des occupations (Tableau 4.7 A). Les cultures pérennes sont prédominantes avec 1,684.4 cx, soit 92.7% des surfaces totales emblavées en fruits et noix. Les fruits tropicaux et subtropicaux couvrent 1,769.4 cx, soit 97.4% de la superficie totale en fruits et noix avec une prédominance des bananes et plantains estimée à 90.6% pour 1,603.7 cx, représentant 1.9% de la superficie totale des occupations. Cultures oléagineuses Au niveau du département de la Grand ‘Anse, les cultures oléagineuses (arachide, cocotier, etc.) sont cultivées sur une superficie de 413.1 cx, estimée à 0.5% de la superficie totale des occupations. Les cultures pérennes couvrent une superficie de 52.9 cx, soit 12.8% du total. La monoculture est pratiquée sur 131.4 cx, correspondant à 31.8% de la SAU totale alors que les cultures associées se retrouvent au niveau de 54.6% de la superficie totale des cultures oléagineuses. L’arachide, le plus important oléagineux, couvre une superficie de 343.1 cx, représentant 83.1% des surfaces occupées par les cultures oléagineuses. Environ 37.8% de la superficie des arachides sont cultivées en monoculture. Les associations (principales et secondaires) s’étendent sur 60.9% de la superficie en arachide. Cultures pour boissons et épices Les cultures pour boissons et épices (Café, cacao, piments, etc.) sont exploitées sur une superficie de 3,200.3 cx, soit 3.7% de la superficie totale des occupations consacrée à ces cultures. Le café, la culture prédominante, occupe une superficie de 1,709.6 cx, représentant 53.4% de la superficie totale. Vient ensuite le cacao, couvrant une superficie de 693.5 cx, soit 21.7% des surfaces plantées en cultures pour boissons et épices. Le gingembre, pour sa part, s’étend sur 607.4 cx, représentant 19% des surfaces totales en cultures pour boissons et épices. Arbres, arbustes et cultures dispersés Un total de 5, 930,993 arbres, arbuste et autres cultures dispersés a été dénombré dans le département de la Grande-Anse dont 4, 920,184, soit 83%, sont productifs. Les bananes et plantains, placés dans cette catégorie conformément à la nomenclature de la FAO, sont les plus importants avec 28.8% du total. Ensuite, viennent les caféiers (20.8%), les arbres véritables (10.4%), les arbres forestiers (9.4%), les manguiers y compris la francisque (6.1%), les agrumes (5.3%), les cacaoyers (4.5%) et les cocotiers (4.4%). 1.2.2 L’omniprésence et la diversification des cultures. Le diagnostic précédent montre que le département de la Grand ‘Anse présente de fortes potentialités sur le plan agricole, jusqu’alors peu exploité. Les cultures majoritairement pratiquées sont les denrées d’exportation (café, cacao et citron), les céréales (maïs, riz et sorgho), les légumineuses (haricot, pois) et toutes les variétés de fruits ainsi que l’apiculture. Les cultures maraîchères, encore peu développées sont prometteuses. Cette diversité de cultures et le volume important de leur production, comparé aux autres départements, fait de la Grand ‘Anse l’un des greniers du pays. Ce département est également reconnu pour sa production d’agrumes, d’avocats et de fruits à pain qui recouvre tant les zones de basse altitude que celles de haute altitude. Ses côtes sont très prisées des pêcheurs surtout des exportateurs de homards. La moitié du territoire de la Grand ‘Anse n’est compatible qu’a une agriculture de Conservation de sol (37 835 ha). Seulement 20 % (8 532 ha) sont aptes à une agriculture … Alors que 78 % de la population active vivent de l’Agriculture, incluant la pêche. Ces 2 catégories d’espaces` cultivables sont subdivisées selon leur niveau de pente en zones agro- climatiques de basse altitude, de moyenne et de hautes altitudes. En raison des conditions géomorphologiques on y retrouve différents écosystèmes résultant en une flore très diversifiée. Plus d’une vingtaine d’espèces cultivées ont été dénombrées dans le département. Les cultures de rente sont représentées par l’igname, la banane, le café et le cacao. D’autres espèces notamment les racines et tubercules comestibles (manioc, patate), les légumineuses (haricot) les fruitiers (arbre véritable, citrus etc.) jouent un rôle déterminant dans l’alimentation des ménages tout en ayant une importance économique moindre que celle des cultures de rente. Certaines espèces notamment le riz, la canne à sucre et les cultures maraichères, sont pour la plupart pratiquées partout. Ces dernières sont essentiellement utilisées dans l’alimentation familiale, le surplus pouvant être écoulé sur les marchés locaux (CNSA, 2012). 1.3 Café et cacao: deux produits stratégiques pour le département. Les communes de Beaumont, de Dame Marie, d’Anse d’ Hainaut, des Irois sont considérées comme les viviers du Département en raison de leur potentiel de production de café et de cacao qui d’ailleurs assurent aux producteurs des revenus significatifs et du coup contribuent au PIB Départemental et national. Même en déclin, le café et le cacao jouent encore un rôle prépondérant dans l’économie nationale. Outre l’aspect économique, ces cultures assurent une couverture végétale non moins négligeable et participent au maintien de l’équilibre environnemental. 1.3.1 Le café : historique et État des lieux Introduit dans le pays en 1725 par les Jésuites dans la zone de Terrier-Rouge, la culture du café s’est vite étendue à toutes les régions de montagnes humides du pays. Très florissante du temps de la Colonie, le café ne tarda pas à occuper la première place dans la gamme des produits que réclamait la métropole. Le volume d’exportation atteignait déjà en 1789, selon Moreau de St- Mery, 77 000 000 de livres équivalant à 641 000 sacs de 60 kg. Si le café a mieux résisté que la canne-à-sucre, (presqu’entièrement détruite) aux guerres de l’indépendance, la production a connu une baisse sensible au lendemain de l’indépendance tombant en 1826 à 42% de ce qu’elle était en 1789, soit 269.220 sacs. Le café a commencé à alimenter le budget annuel de l’Etat, et ce, jusqu’en 1986. Le président Boyer a utilisé l’argent et ou des stocks de café pour payer la dette de l’indépendance. Haïti dispose à l'heure actuelle de 100 000 hectares de terres plantés en caféiers, soit 3, 6 % du territoire national. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée sur le café en 2005 par la Banque Interaméricaine de Développement (BID)5 de concert avec le ministère de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARDNR). Cette étude a aussi révélé que les caféières assurent jusqu'à présent la plus grande couverture boisée du pays, soit 12,1 %. Les petits agriculteurs, les véritables acteurs La culture du café intéresse beaucoup les Haïtiens. Le nombre de familles haïtiennes impliquées dans ce secteur s'élève à 200.000 On trouve le café dans tous les départements du pays. Mais, les principaux bassins de production demeurent le Sud-est (Thiotte/Belle Anse), la Grand ‘Anse (Beaumont, le Bas Plateau Central (Baptiste/Savanette), le Nord (Plaisance, Pilate, Dondon) Nord-est (Valière, Carice). On estime à 230 000 le nombre de familles impliquées dans la filière dont 200 000 familles productrices. La production a lieu au niveau des exploitations familiales dont 85% ont des tailles ne dépassant pas 2 hectares. Les exploitations de plus grandes tailles (10 hectare maximum) sont répertoriées dans la Grand ‘Anse, le Centre et le Sud-Est (BID, 2011)6. Le café est cultivé dans des « jardins créoles » où il est notamment associé à de l’igname, des bananiers, des arbres fruitiers (agrumes, avocatiers) et des espèces forestières. Ces systèmes jouent aussi un rôle capital en matière de gestion conservatoire de l’eau et des sols et du maintien de la fertilité. La couverture végétale protège ainsi les caféiers contre la pluie et diminue ainsi les risques d’érosion dans des régions à caractéristiques climatiques et géomorphologiques favorables. La culture de café dans une zone donnée amène vers la régénération de la couverture boisée et permet de réduire à moyen terme le problème critique de déboisement. La couverture forestière du pays estimée à seulement 1,5% serait due en grande partie, à la présence du café dans certaines zones (ANDAH, 2007). Des mauvaises pratiques de cueillette et de séchage conduisent à des observations de fèves noires dans la proportion de 30-35%, et fèves blanchâtres (20%). Le séchage est également mal maîtrisé. Certains centres de traitement sont situés dans des zones humides ou très humides, les surfaces de glacis sont insuffisantes et non équipés de tables de séchage. Il y a un problème de gestion au niveau des centres de dépulpage. Le taux moyen de triage est d’environ 50%. 1.3.2 Promouvoir le café lavé dans la Grand ‘Anse Un projet de construction d’une unité de traitement de café lavé en cours de finalisation dans la Grand ‘Anse grâce au financement de 104 000 USD de l’Ambassade de Japon et d’Entraide Protestant Suisse (EPER) pour le compte de la Fondation Œcuménique Haïtien d’Intervention en Milieu Rural (COHIMRU). Cette unité devrait permettre de traiter environ 8 conteneurs de café par an. Depuis une dizaine d’année, les travaux sur la filière café mis en oeuvre par le COHIMRU et appuyés par l’EPER ont permis la réalisation des centres de café lavé et la construction du grand centre de collecte et de stockage de Favier (Haute Voldrogue, 2ème section communale de Jérémie). Ces actions n’ont certes pas permis de s’attaquer en profondeur à toutes les problématiques de la filière du café. Pour asseoir la vision, l’EPER et le COHIMRU ont conduits, en mai 2013, une campagne d’information, de sensibilisation et d’analyse de contexte autour de cette idée de projet à Beaumont et Roseaux (EPER Suisse, 2014 c)7. 1.3.3 Le cacao : État des lieux Le cacao représente la troisième denrée alimentaire la plus commercialisée dans le monde après le sucre et le café et constitue de ce fait une production stratégique pour l’économie du pays. La filière de cacao présente une grande quantité de potentiel de croissance, la demande d’importation de plus en plus de trois (3) pour cent par an depuis 1990. Haïti a exporté $ 10,1 millions de cacao en 2008, un chiffre qui a été de croître au cours des dernières années. Dans un avenir proche la demande mondiale de cacao devrait dépasser l’offre, avec les quantités de seulement quelques pays8. Quelques mesures d’accompagnement La mairie des Abricots a obtenu fin 2011 un financement de 450.000 euros sur deux ans de la Commission Européenne pour la relance de la culture du cacao aux Abricots. Grâce au financement obtenu auprès de l’Union européenne, la mairie des Abricots va pouvoir relever le défi de la relance de la culture du cacao en misant notamment sur une extension significative des surfaces cultivées. Cette augmentation de la production devra s’accompagner d’une amélioration de la qualité par l’introduction de nouvelles techniques de traitement et de séchage des fèves. La culture du cacao représente une ancienne tradition aux Abricots et dans la Grande Anse qui remonte au temps de la colonisation. A cette époque Haïti fournissait un cacao de grande qualité très prisé à la cour de France et dans toute l’Europe. Dès le XVIIIe le cacao avait été introduit dans les hauteurs et contreforts des mornes où la variété « Criollo » considérée comme la « Rolls » du cacao n’a cessé de prospérer. Le cacao représente la troisième denrée alimentaire la plus commercialisée dans le monde après le sucre et le café et constitue de ce fait une production stratégique pour l’économie du pays. Le verger traditionnel haïtien est constitué de variétés anciennes, criollo et trinitario, qui peuvent potentiellement donner un cacao d’excellente qualité très recherché par les chocolatiers du haut de gamme. Cependant les autres pays de la Caraïbe (Trinidad et la République Dominicaine) profitent mieux de cette opportunité car en Haïti, le traitement post-récolte se limite à faire sécher les fèves sans procéder à leur fermentation, procédure indispensable pour révéler la puissance des arômes. En conséquence, le cacao haïtien non fermenté s’exporte à un prix très bas sur le marché américain où il est mélangé à d’autres origines pour fabriquer un chocolat ordinaire. Le marché européen exigeant un cacao fin fermenté, boude cette production. Actuellement l’offre des variétés haut de gamme comme le Criollo et le Trinitario est largement déficitaire sur les principaux marchés que ce soit e Europe et aux USA. De ce fait, le potentiel du Criollo dont dispose la Grande Anse et les Abricots en particulier doit être impérativement sauvegardé, valorisé et développé (Union européenne, 2012)9. Le gouvernement haïtien et ses partenaires manifestent une grande volonté de relancer la production du cacao en Haïti. De ce fait, Le Fond Multilatéral d’Investissements (FOMIN) de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) en partenariat avec le MARNDR, Catholic Relief Services (CRS), Lutheran World Relief (LWR) et Root Capital ont procédé le 5 novembre 2013 au lancement d'un important projet de renforcement de la filière Cacao en Haïti lors d'une cérémonie qui s'est déroulée dans la ville de Dame-Marie, bastion du cacao dans le département de la Grand'Anse. Bénéficiant d’un financement de 4.8 millions de dollars, le projet sera exécuté par CRS dans la Grand’Anse et LWR dans le Nord en partenariat avec le ministère de l'agriculture et plusieurs autres organisations internationales. Le FOMIN est le principal bailleur engageant 2,9 millions de dollars; Le CRS, le LWR, et Root Capital ont également apporté des fonds à ce projet. À l’occasion de l’International Cocoa Award (ICA) organisé à la fin du mois d’octobre 2013 en France, l’agence de nouvelles en ligne HPN rapporte, dans une dépêche datée du 30 octobre 2013, que le cacao haïtien a été sélectionné comme l’un des meilleurs cacaos du monde, selon "International Cocoa Awards". Les fèves primées à cette occasion ont été produites par les planteurs des coopératives membres de la FECCANO. Pour la ICA 2014, le projet est d’avoir une représentation pour les deux régions cacaoyères d’Haïti, le Nord avec la FECCANO et la Grand'Anse avec la CAUD. Le projet DEED (Développement Economique pour un Environnement Durable) en partenariat avec le projet MarChE (Market Chain Enhancement ou Programme de Support aux Filières Porteuses) de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) financent un centre de formation pour augmenter la production de cacao dans le  Nord et la Grande-Anse.  Un effectif de 4.200 cultivateurs dont 2.400 provenant du Nord et 1.800 venant de la Grande-Anse bénéficieraient de ce programme qui prendrait fin en juillet 2010.   1.3.4 La création de valeur ajoutée : la fabrication du chocolat Le cacao est exporté à l’état brut. La chocolaterie industrielle n’existe pas en Haïti Le cacao manufacturé disparaît dans les exportations haïtiennes depuis 1977 et était de l’ordre de 700,000 kilos, mais l’année avant 200,000 kilos. Actuellement, on ne fabrique que du chocolat artisanal. La consommation locale de cacao et produits dérivés représentent annuellement moins de 15% de sa production nationale (BID, 2005)10. Le cacao haïtien est donc majoritairement exporté. Sa valorisation via les marchés de niche constitue inévitablement une des options les plus réalistes. Il s’agirait donc de développer des relations commerciales proches entre les demandeurs internationaux et les acteurs locaux impliqués dans la commercialisation. A ce niveau, les marchés, commerce équitable et agriculture biologique sont à privilégier et optimiser d’autant plus qu’ils garantissent des prix différenciés aux petits producteurs, donc plus incitatifs à maintenir durablement la production. « Selon l’ICCO, par exemple, le cacao biologique rapporte au producteur 100 à 300 $US par tonne de plus que le cacao conventionnel », et « les pays d’origine avec de plus petits volumes peuvent obtenir des prix beaucoup plus élevés (Agritrade, 2011)11 ». 1.3.5 Le cacao, une demande en hausse pour ses bienfaits Les effets bénéfiques du chocolat, produit à partir des fèves du cacao, sont innombrables. De l’avis des spécialistes en nutrition, en effet, antistress quand il est associé au lait, bon pour le cholestérol et aidant à diminuer la tension artérielle, le chocolat contient une centaine de substances chimiques anti oxydantes. Il est énergisant. Le chocolat contient 70 mg par 100 g. de caféine, qui a pour effet d'augmenter la sécrétion d'épinéphrine, une hormone proche de l'adrénaline. Le chocolat est un antivieillissement grâce à la vitamine E et aux flavonoïdes qui sont des antioxydants et neutralisent les radicaux libres. Bon pour le coeur grâce à ces mêmes flavonoïdes, le chocolat est un décontractant musculaire par sa richesse en magnésium. Il est également riche en phosphore, en potassium et en fer. Cent grammes de chocolat fournissent un tiers des besoins journaliers de ces minéraux (Le Nouvelliste du 18-01-2013)12. Les vertus du chocolat (produit à partir du cacao) ne se comptent plus. Aussi est-il très demandé tant au niveau des pays européens que de la Chine et de l’Inde. Ces deux derniers, avoisinant ensemble une population d’environ trois milliards d’individus, sont donc devenus les deux plus grands consommateurs mondiaux. Haiti pourrait profiter de cette demande croissante et s’imposer sur le marché international. Mais avec les lacunes inhérentes aux politiques publiques quant à la production nationale, la filière cacao dans le pays, loin d’être professionnelle, aide, dans l’ensemble, quelques acteurs économiquement faibles à subsister. Face à ce constat, des acteurs sociopolitiques dans la Grand ‘Anse, en coopération avec l’Union Européenne, s’engagent depuis un an, outre à en augmenter la production, mais aussi à repositionner le cacao haïtien, en qualité, sur le marché mondial. Le cacao en est du nombre d’autant que la demande s’est intensifiée, notamment en Europe et dans les pays émergents, tels la Chine et l’Inde, réunissant à eux seuls plus de la moitié de la population mondiale. Le cacao constitue désormais l’un des rares produits agricoles demandés en nette augmentation sur le marché mondial, à peu près 12% l’an, estime l’ex -maire des Abricots, Jean Claude Fignolé. 1.3.6 La fermentation, un passage obligé Encore récemment, le cacao d’Haïti était non fermenté. La fermentation est une étape importante dans l’obtention d’un cacao aromatique. Elle est définie comme un ensemble de transformations que subissent les fèves de cacao fraîches, avant d’être séchées. « Elle consiste en fait en deux catégories de réactions : des réactions fermentaires vraies qui se déroulent dans la pulpe et des réactions biochimiques qui ont lieu au sein des cotylédons. Cette étape permet d’éliminer le mucilage extérieur, par l’action pectinolytique de microorganismes, elle supprime aussi le pouvoir germinatif et surtout rend possible le développement des précurseurs de l’arôme chocolat au sein des cotylédons (Barel et al 1996) ». Le cacao fin, bien fermenté et aromatique est vendu sur des marchés de niche, notamment en Europe, à des prix plus rémunérateurs que ceux du cacao ordinaire. Le cacao haïtien ne pouvait donc pas exploiter ces segments de marché. Il a été en général valorisé à de faibles prix sur le marché américain, par des exportateurs locaux (JEAN CHESNEL, 2014)13 La transformation du cacao au niveau local est aussi à promouvoir. La fabrication de masse de cacao peut permettre d’exploiter certains segments de marché de niche et du coup contribuer davantage à l’amélioration de revenus de petits producteurs. Dix pépinières ont été mises en place par le ROPADAM14 avec l’aide de l’Entraide Protestante Suisse (EPER) dans trois localités et 50 vulgarisateurs ont été recrutés et formés. Ceux-ci ont chacun quatre pro­ducteurs qu’ils suivent et forment. Cela permet de suivre 200 producteurs de cacao qui améliorent chacun leur parcelle cacaotière (régénération) grâce à la distribution d’outils de taille. De plus, 58 bénéficiaires ont été formés dans les techniques de germination de l’igname grâce à trois parcelles de démonstration. Plusieurs séances de formation organisationnelle (comité exécutif et section communale) ont eu lieu. Centre de fermentation des fèves aux Abricots en cours de construction (2012) 1.3.7 Période de récolte et commercialisation : cas du cacao Dans la Grand ‘Anse, la récolte principale s’effectue de septembre à décembre alors que la petite saison, appelée Ti Pâque, va d'avril à juin. Notons que les zones qui produisent le cacao dans ce département sont les suivantes : Dame- Marie, Chambellan, Anse-d’Hainault, Moron, Marfranc. Les producteurs et les spéculateurs se trouvent dans ces zones de production. La Maison Wiener, maison d’exportation est en quasi-monopole (BID, 2005). Au niveau de la Grande-Anse, il existe deux (2) axes dans la commercialisation du Cacao : 1) la denrée est regroupée au niveau des marchés locaux, tels que : marchés de Dame-Marie, Chambellan…etc. puis transportée sur les marchés régionaux (Jérémie), empilée dans des dépôts d’exportations pour enfin exportée sur les marchés internationaux, comme en Amérique du Nord et de l’Europe. 2) La denrée est regroupée dans les marchés locaux, puis transportée directement sur Port-au-Prince. En y arrivant le produit est conditionné et exporté sur les marchés internationaux de l’Amérique du nord et l’Europe Par ailleurs, Les prix du café et du cacao au producteur sont pratiquement bas comparativement aux prix des produits importés et des cours mondiaux de ces produits. De plus, en raison de la structure imparfaite des marchés du café ou du cacao, une poignée d’exportateurs font acquisition de tout le café et tout le cacao de la zone à travers des intermédiaires (spéculateurs et « voltigeurs ») explique les bas prix aux producteurs. Le système de prix qui en résulte (17 à 22 gourdes la livre pour le cacao) décourage les producteurs à se comporter au mieux de l’intérêt collectif surtout pendant la période qui précède la récolte où les anticipations sur les quantités produites et l’excès de l’offre par rapport à la demande induisent une baisse des prix à l’achat. Les revenus tirés de la vente de ces produits ne permettent pas aux agriculteurs de supporter la trésorerie familiale (soins de santé, écolage des enfants, investissements dans l’élevage etc. Par rapport à ces coûts de services essentiels, les paysans ont une incitation très forte à s’adonner aux cultures sarclées et à couper les arbres pour avoir des revenus leur permettant d’accéder à ces services essentiels. Une politique de coûts bas des services sociaux de base est donc un élément important dans la lutte contre le déboisement. De plus normalement, il devrait avoir plus d’axe dans la filière car les industries agro-alimentaires qui pourraient transformer le Cacao sont presque inexistantes dans le pays. • Une richesse agro-forestière considérable. Selon les dernières estimations du CNIGS, près de la moitié du territoire de la Grand ‘Anse est occupée par des systèmes agro-forestiers denses dominés par les caféiers, les cacaoyers, les ignames sous tuteurs, les bananiers. Ces modes d’occupation ne sont pas confinés spécifiquement dans une zone mais, sont dispersés un peu partout dans la Grand ’Anse (dans les plaines, les vallées, les gorges, et même par endroit, dans les plateaux et les sommets des montagnes). Leur importance constitue une particularité de la Grand ‘Anse. Près d’un tiers est occupé par les savanes, Ces modes d’occupation sont constitués par des racks, des végétations arbustives ou avec des forêts jeunes (en transition). Les cultures saisonnières couvrent environ 20%, contre a peu près 2% de forêts. En effet, des poches forestières peuvent être remarquées au niveau de certaines communes du département telles que Abricot, les Irois, Jérémie, Roseaux, Corail, Pestel, Beaumont. CHAPITRE II : UN ATOUT AGRICOLE ET AGROALIMENTAIRE SOUS-EXPLOITÉ Le département de la Grand’ Anse possède de fortes potentialités agricoles et une grande richesse halieutique. Cependant le mode de culture archaïque et rudimentaire, le mauvais état des routes empêchant la commercialisation des biens produits, ces potentialités n’ont pu être exploitées. En dépit des nombreuses difficultés qu’a pu rencontrer l’agriculture dans ce département, cette dernière en demeure l’activité la plus importante cependant, faiblement tournée vers la commercialisation à grande échelle, elle constitue plus de 50 % de la consommation domestiques. Source : Enquête AMAGA, 2010 2.1 Des goulots d’étranglement liés au développement du secteur agricole dans la Grand-anse L’agriculture constitue le pôle de développement potentiel le plus important dans la région et le plus réaliste. Avec un climat favorable caractérisé notamment par une pluviométrie abondante et bien répartie sur l’année, une couverture boisée encore appréciable, une densité de population encore relativement faible, la Grande Anse dispose d’une marge de rationalisation et d’intensification du secteur agricole. Cependant les obstacles empêchant l’essor de cette économie essentiellement agricole sont nombreux : • Le morcèlement des terres favorisant la création de petites exploitations familiales qui s’étale généralement sur une superficie qui se situe entre un minimal de ½ carreau et un maximal de 1 carreau de terre • L’absence totale de crédit agricole au niveau de toutes les sections communales • Irrégularité dans l’approvisionnement en intrants agricoles Outre les difficultés du département à produire à grande échelle, il rencontre des obstacles au niveau de la commercialisation. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce faible niveau de commercialisation de la production agricole à la fois à l’intérieur de la Grande Anse, vers Port-au-Prince et vers les Cayes : • La précarité des infrastructures de transport routier reliant les différentes communes et les sections communales entre elles. • La périssabilité de certains produits et les forts taux de perte enregistrés lors de leur acheminement vers Port-au-Prince par bateau ou par camion (ces pertes peuvent atteindre jusqu’à 40% dans le cas de la production fruitière) 15, • Forte augmentation de l’offre des produits agricoles au moment de la récolte. • Manque de structure de stockage et transformation • Le faible niveau de revenu des agriculteurs qui les contraint à une agriculture de subsistance La Grand-Anse est principalement connue pour son café, son cacao et sa production fruitière variée. Cependant, les routes reliant les différentes communes sont dans un état déplorable et, selon les agents économiques, elles constituent un blocage à la livraison des produits. Au niveau du département de la Grand’ Anse depuis plusieurs décennies cette production qui représentait la principale source de devises, fait face à un ensemble de difficultés comme par exemple : • Le vieillissement des plantations caféières et manque de travaux d’entretien de ces plantations. • Les itinéraires techniques de conduite des parcelles de café facilitent le développement de certaines maladies cryptogamiques ainsi que des infestations d’insectes pour le café • La fluctuation du prix sur le marché international • La présence des maladies (pourriture brune, cerelle wilt sont des exemples) et des rongeurs au niveau des plantations pour le cacao • L’application des soins spécifiques aux arbres fruitiers n’est pas toujours évidente du fait qu’il n’existe pas véritablement de verger. Ces arbres sont le plus souvent éparpillés à travers l’exploitation agricole. • Il existe une surproduction saisonnière, donnant lieu à un gaspillage sans égal pendant l’époque de production ; • La qualité de la production est faible compte tenu de la quasi absence de contrôle phytosanitaire (anthracnose sur noix de cajou et sur mangue etc. ), de la non application rigoureuse (peut être par méconnaissance) des techniques culturales comme la taille de formation, la taille de rajeunissement et le greffage qui pourraient permettre d’améliorer la production et/ou la qualité des fruits récoltés, de plus, les moyens utilisés pour la collecte des fruits détériorent leur qualité et font augmenter les pertes avant et pendant leur transport ; • Les soins culturaux ne sont pas souvent destinés aux fruitiers mais aux cultures vivrières ou autres cultures associées. De manière générale, les soins se limitent à l’enlèvement des brindilles desséchées chez les citrus, parfois, l’application de fumier à la base des arbres spécialement les citrus et les cocotiers, le dégarnissage et l’œilletonnage de certains fruitiers herbacés comme l’ananas, la destruction de lianes, ronces et épiphytes parasites colonisateurs. • Il existe une surproduction saisonnière, donnant lieu à un gaspillage sans égal pendant l’époque de production ; • La qualité de la production est faible compte tenu de la quasi absence de contrôle phytosanitaire (anthracnose sur noix de cajou et sur mangue etc. ), de la non application rigoureuse (peut être par méconnaissance) des techniques culturales comme la taille de formation, la taille de rajeunissement et le greffage qui pourraient permettre d’améliorer la production et/ou la qualité des fruits récoltés, de plus, les moyens utilisés pour la collecte des fruits détériorent leur qualité et font augmenter les pertes avant et pendant leur transport ; • Les soins culturaux ne sont pas souvent destinés aux fruitiers mais aux cultures vivrières ou autres cultures associées. De manière générale, les soins se limitent à l’enlèvement des brindilles desséchées chez les citrus, parfois, l’application de fumier à la base des arbres spécialement les citrus et les cocotiers, le dégarnissage et l’œilletonnage de certains fruitiers herbacés comme l’ananas, la destruction de lianes, ronces et épiphytes parasites colonisateurs. Tableau…- État des principaux axes routiers Axes Longueur en Kms Remarques spécifiques Jérémie/Bonbon/Abricot 25 Mal drainé et défoncé par endroit surtout sur le tronçon Bonbon Abricot Actuellement il y a la rénovation qui se fait au niveau du tronçon Bonbon /Abricot suite á un financement de l’Union Européenne. Jérémie/Moron/Chambellan/Dame-Marie 48 Nécessité un entretien périodique surtout au niveau du tronçon reliant les hauteurs de Chambellan à Dame Marie. Toutefois, il y a une nouvelle percée reliant Abricot et Chambellan. Dame Marie/Anse d'Hainault/ Irois 28 Tronçon en bon état nécessitant de petites réparations par endroit surtout entre Anse d’ Hainaut et Irois. Jérémie/Roseaux/Carrefour Charles/Corail 42 - Tronçon rocailleux mal drainé entre Carrefour Charles et Corail (la route sert de canaux de drainage par endroit) - Tronçon Roseaux Carrefour Charles nécessitant une réhabilitation Beaumont/ Pestel 18 En très mauvais état. Corail –Pestel 14 - Problème de drainage sur les 3 derniers kilomètres avant d’atteindre Corail, - Sols friables nécessitant des bandes maçonnées ne dépassant pas 1km de longueur Jérémie/Cayes 92 Ce tronçon est actuellement en construction par une firme brésilienne (OAS) suite á un cofinancement de BID et du Canada. Source : Enquête AMAGA, Novembre 2010 2.2 La sous-exploitation des atouts du département : Conséquences environnementales graves Il se trouve que le manque de débouchés commerciaux, l’incapacité des producteurs à contrôler les circuits commerciaux, la précarité des conditions de transport, la chute des revenus générés liés à ces produits…. ont poussé les paysans à se désintéresser progressivement des cultures de café et de cacao et, d’une manière plus générale, à abandonner les grandes plantations. Avec le temps, la pression démographique et la croissance de la demande de bois et du charbon de bois ont poussé les paysans à défricher des terres de montagnes et à y installer par la suite, des cultures de vivres alimentaires en vue d’assurer leur autosubsistance. Aujourd’hui, la coupe accélérée et anarchique des arbres affecte déjà une forte proportion du territoire. Les bassins versants offrent, en apparence, un panorama resplendissant avec une couverture végétale verdoyante. Mais au fait, en scrutant plus profondément le territoire, les constats sont plutôt inquiétants : • destruction du tapis végétal au plus haut sommet des collines, • coupe anarchique des arbres pour la production du charbon de bois et de l’utilisation de certaines pratiques agricoles inadéquates et destructives des sols (cultures sur brulis, élevage libre... ), • ruissellement et ravinement au bas des collines • ensablement de terres agricoles • développement de clairières et dénuement des espaces occasionnant, lors des fortes pluies, des crues violentes des grands cours d’eau, l’érosion des berges des rivières et des ravines et de sévères inondations en aval ; en période de pluie, les crues générées sont susceptibles d’occasionner de nombreux dégâts : • Détérioration de la couche de roulement au niveau des routes en terre battue • Dévastation des cultures • Pertes de bétail • Pertes en vies humaines • Immobilisation des véhicules durant plusieurs heures, voire pendant des jours. L’exploitation inconsidérée des arbres en cours, en amont des bassins versants, réduit considérablement la densité du couvert qui ne cesse de s’amenuiser avec la croissance de plus en plus accélérée de la demande de bois de chauffage, de bois d’œuvre et de charbon de bois. En substance, Le changement climatique affecte les systèmes socio-économiques et naturels en Haïti aussi bien dans la Grand ‘Anse. Les conséquences sont lourdes sur l’agriculture et l’éco-tourisme dans la région : - Les périodes de pluie et de sécheresse font réduire la production agricole. Les eaux souterraines et l'eau disponible pour l'irrigation sont réduites. Donc, pendant les périodes sèches, le vent érode les sols non couverts et asséchés. - La plus grande variabilité des précipitations entraîne une augmentation des pluies torrentielles et des inondations, l'érosion des sols et les glissements de terrain. - Les ouragans deviennent probablement plus intenses et conduisent à une augmentation des dommages-intérêts avec des niveaux élevés de la mer et des précipitations plus fortes. - La récolte des variétés agricoles traditionnelles est réduite en raison de la hausse des températures et la diminution des précipitations. - les maladies sensibles au climat telles que la dengue, le paludisme et la fièvre typhoïde ainsi comme les maladies cardio-respiratoires se produisent plus souvent pour faire fuir les tourismes et réduire le niveau de productivité des habitants. - Les changements climatiques menacent aussi les écosystèmes terrestres et aquatiques, conduisant à une perte de la biodiversité tels que le blanchissement des récifs coralliens. Le changement climatique n'est pas le seul facteur influençant la vulnérabilité aux risques climatiques. 2.3 La culture des racines et tubercules: solution à la dégradation de l’environnement. La Grande Anse est reconnue comme l’un des départements du pays pourvoyeurs de racines et tubercules. L’igname en particulier se singularise par son niveau élevé de consommation tant en milieu rural qu’urbain. De par la forte corrélation entre la culture d’igname et les espaces boisés, il s’évidente que son intensification aura pour effet une extension du capital ligneux apte à favoriser une inversion du processus de gradation environnementale. De fait, l’intensification de la culture de l’igname dans un système d’agroforesterie répond à des aspects tant économiques qu’environnementaux. Tableau.-Calendrier de disponibilité des fruits dans la Grande Anse Fruit J F M A M J J A S O N D Arbre veritable Goyave Chadèque Citron Orange Mangue Avocat Corossol Papaye Grenadia Grenadine Cachiman Ananas Noix de coco Source: Enquête AMAGA, Novembre 2010 Tableau.-Contraintes et atouts identifiés pour les différents types d’élevages de la Grand’ Anse Atouts Contraintes Bovin Grande immobilisation de capital, source de revenus importante et une forme d’épargne sur pieds immobilisée en prévision des grandes dépenses ; Rôle majeur dans la dynamique d’évolution des exploitations agricoles. Pas toujours accessible aux exploitants les plus démunis; Exigent en espace fourrager ; Problème d’abreuvement notamment dans les zones d’altitude pendant la saison sèche ; Maladie du charbon, notamment à Corail, problèmes de parasites internes et externes ; étranglements à la corde dans les parcelles très pentues ; Inexistence d’actions préventives contre les maladies car la prophylaxie des bovins coûte cher ; Races créoles non améliorées ; Problème de marché. Problème de vol (Commun à toutes les espèces) ; Absence de centres de référence pour un élevage plus intensif. Caprin Rusticité, prolificité ; Accessible à un grand nombre d’agriculteurs du fait notamment des moindres exigences en alimentation et du coût moyen moins élevé des animaux ; Source de revenus monétaires mobilisables tout au long de l’année, notamment pour couvrir certaines dépenses courantes (frais de scolarité, dépenses de santé, achat de semences etc.). Existence d’espaces de « rack » adaptés à ce type d’élevage dans beaucoup d’endroits dans la GA. Attaque fréquente par la maladie du charbon ; Races créoles non améliorées (format petit) ; Problèmes de parasites internes et externes ; Grande sensibilité à la pluie notamment pour les plus jeunes ; Absence d’actions préventives contre les maladies ; Attaques de chiens errants détruisant les troupeaux; Gros problèmes de consanguinité limitant le potentiel de cet élevage ; Vols fréquents d’animaux. Porcin Source non négligeable de revenus monétaires en particulier aux moments les plus opportuns pour les agriculteurs ; Espèce valorisant les sous- produits agricoles ; Abondante production de fruits dans la région. Caractère saisonnier de la production fruitière (faible disponibilité en nourriture pendant les périodes de soudure) ; Gros problème de commercialisation du porc dans la région; Gros problème d’approvisionnement en son de blé et en concentré (cherté et rareté) ; Race d’animaux non adaptée aux conditions d’élevage des paysans ; Mauvaises conditions d’hygiène favorisant le développement de maladies de toutes les sortes ; Absence de soins préventifs. Équin Permet de palier partiellement le problème de carence dans l’aménagement des routes vicinales reliant les différentes sections communales; Permet de transporter les produits agricoles et le commerce. Exigent en espaces fourragers ; Exigent en temps ; Problème de parasites internes et externes, tétanos ; Absence d’actions préventives ; Blessures sur le garrot, la colonne vertébrale, les hanches et la zone de passage des sangles ; Volailles Commercialisation importante vers Port-au-Prince ; Satisfait les petits besoins monétaires (notamment en période de soudure) ; Peu exigeant en espaces, en alimentation et en travail. Ravage causé par la maladie Newcastle notamment en fin de saison sèche. Cherté et rareté des produits d’alimentation Techniques d’élevage archaïques Source : Enquête AMAGA, Novembre 2010 2.4 Une analyse SWOT du secteur agricole de la Grand’anse Tableau. Récapitulatif du diagnostic agricole du département de la Grande Anse selon une approche SWOT Approche productive Approche économique et commerciale Approche environnementale Approche foncière Forces Diversité des potentiels agro-pédo-climatiques Cultures étalées sur toute l'année Productions de qualité Potentiel productif important Disponibilités globales en eau Connaissances en cultures associées Motivation pour des techniques nouvelles (igname) Insertion des exploitations dans les marchés : intermédiaires faibles pour les productions vivrières Productions de qualité Diversité des produits Existence de marchés locaux ou points de vente reconnus => circulation de l'information Milieu plus préservé que les autres territoires d'Haïti Agriculture saine (par force) Régénération rapide du couvert végétal possible Disponibilités en eau Existence de zones peu exposés à risques environnementaux et climatiques Grande propriété peu présente Règles et « droit coutumier du sol » existants et respectés Pas de violence agraire ouverte Faiblesses Peu de terres de plaines et vallées Productivité du travail et de l'espace faibles et déclinantes Pas de semences de qualité Manque d'outillage et de mécanisation Pas de mécanisme de gestion de la fertilité (déclin de l'élevage) Peu d'organisations collectives hors projets Pertes post-récolte Peu de transformation / stockage Concurrence consommation immédiate / stocks et semences Manque de crédit pour investir dans de nouvelles technologies et plantations de cultures vivrières (Café, cacao…) Contrôle Phytosanitaire: Manque d’un programme à l’échelle nationale pour la gestion et le contrôle des pestes et maladies (scolyte, rouille du café, pourriture racines). Réseau routier inexistant ou en mauvais état : enclavement Moyens de transport limités (mulets, ânes) Marchés en nombre jugé limité et peu organisés Effets d'offre surabondante certaines périodes Produits peu transformés : peu de valeur ajoutée Beaucoup d'intermédiaires sur certains produits (café) Monopoles sur cultures de rente Peu d'organisations collectives Manque de communication entre les importateurs/exportateurs et les producteurs qui empêche la transmission des signaux et des incitations au niveau de l’exploitation. Concurrence accrue venant d’autres pays produisant du café et de cacao de qualité. Rareté et mauvaise qualité de l’eau pour la transformation. Manque d’investissements publics dans le transport, les communications, l’eau, l’électricité et les infrastructures sociales de base qui réduit la qualité du café et la productivité du capital humain et physique. Pas de cadre légal récent ni de mise en application sur l'environnement Forêt recours face à la décapitalisation Pas de gestion des terres suivant leur vocation Métayage : peu d'incitations à une bonne gestion environnementale Peu d'alternatives énergétiques / charbon de bois Pas d'alternatives pour le mobilier et la construction Certaines zones exposées au raz de marée et glissements de terrain Peu d'éducation à l'environnement Émiettement extrême du foncier Terres en indivision : incertitude sur l'avenir Position fragile des métayers et fermiers Terres non cultivées : absentéisme, pas de vocation agricole Pas de gestion des terres suivant leur vocation Absence de cadastre Fort attachement sentimental à la terre même non mise en valeur : restructuration difficile Pas de protection physique des terres agricoles (clôtures) Opportunités Agriculture agro-écologique / biologique possible directement Possibilité d'associer production vivrière et cultures de rente / exportation Demande intérieure potentiellement importante (solvabilité). Possibilités de marchés d'exportation nationaux ou proches (Jamaïque, Antilles françaises) Situation géographique potentiellement favorable, 9 communes côtières Existence de quelques unités de transformation Existence de quelques fournisseurs d'intrants (outils, silos) Mise en avant de la qualité environnementale en lien avec tourisme Valorisation de la qualité des paysages agraires de polyculture Lien littoral / arrière-pays Développement d'alternatives au bois (bambou) Systématisation du recyclage et du compostage Menaces Rendements en chute : main d'œuvre, fertilité Exode rural Apparition de maladies et ravageurs Eventuelle perte de savoir-faire Tendance à la réduction de la diversité (moins d'élevage et de maraichage) Changement d'habitudes alimentaires Concurrence des produits importés et de l'aide humanitaire Milieu convoité par l'extérieur pour son patrimoine forestier et coupes croissantes pour charbon de bois et bois d'œuvre Erosion, pollution, perte de diversité (espèces endémiques en disparition) Diminution des liens avec la nature (exode rural) Changement climatique et catastrophes naturelles Menaces sur disponibilités en eau, divagation du lit des rivières Utilisation croissante de matières synthétiques Pas de frein au morcellement Résistances sociales au changement dans le domaine foncier La plus grande partie du département de la Grande Anse (estimée à 85% environ) est circonscrite dans la zone de montagnes humides. Cette zone est surtout caractérisée par une pluviométrie abondante et une forte déclivité qui la rend susceptible à l’érosion. Bénéficiant en général (et même cette saison) d’un bon régime pluviométrique bien réparti, ce département jouit d’une bonne production agricole. La force de l’agriculture qui y est relatée peut encore être expliquée par sa grande diversité de cultures. La Grande Anse reste la plus grande zone de production de cacao et l’une des plus importantes zones de production de café et de cultures vivrières d’Haïti. Par cette diversité culturale et l’importance des cultures de rente, les communautés sont moins vulnérables à la perte totale de production et de revenus liée à des désastres naturels tels que les tempêtes tropicales. La Grande Anse possède aussi d’autres potentialités qui, si elles étaient mises en valeur, pourraient grandement servir à améliorer les conditions de sécurité alimentaire des communautés de la région. Il possède une grande bande côtière (9 des 12 communes sont côtières) à partir de laquelle la pêche pourrait être développée comme important axe de développement économique. Malheureusement, la pêche reste encore dans un état embryonnaire ne permettant pas de générer un bon profit à ceux qui s’y adonnent (CNSA, 2006). CHAPITRE III : POTENTIALITÉS TOURISTIQUE ET ECO-TOURISTIQUES DE LA GRAND-ANSE Les richesses de ce département ne résident pas seulement au niveau agricole. Son relief accidenté permet aux visiteurs de jouir d’un paysage agréable à la vue et de climat varié. Ses 186 km de côtes augmentent son attrait touristique. En effet, le département de la Grand’ Anse est l’un des départements les plus riches du pays en plages, rivières, parcs nationaux, forts, grottes, ressources agricoles et vivrières. Il suffit d’exploiter ces ressources pour qu’elles deviennent une source d’enrichissement pour les familles et les communautés locales. Avec peu d’investissements et de leadership politique, cette zone, encore vierge et d’une richesse extraordinaire en fait couverture végétale, pourrait devenir une des destinations éco-touristiques les plus importantes du pays. Dotée de vastes étendues de littoraux, la Grand ‘Anse a de fortes potentialités touristiques. Ce département compte plusieurs plages telles que : L'Anse d'Azur, l'Anse du Clair, le littoral de la basse ville, les rives de Lan Gommier, plage de Bonbon, le littoral des Abricots, la plage de Pestel, les cotes allant de Dame-Marie à Anse d'Hainault. Cependant, celles-ci, n’étant pas aménagées ou n’ayant aucune structure de gestion, ne sont pas pour le moment génératrices de revenus pour les régions en questions. Une mise en valeur des littoraux pour une promotion du tourisme local et international, et un développement régional est donc fortement recommandée. 3.1 Potentialités touristiques : Les zones cibles • L’Anse d’Azur: une somptueuse plage aux vues plongeantes depuis Nan Lundi, aux eaux turquoise, au sable blanc où la mer est pure, transparente, immaculée et si calme au soleil levant et couchant, est située à une dizaine de kilomètres de Jérémie. Cette plage pourrait être aménagée pour la construction de stations balnéaires, restaurants, hôtels et night clubs. • L’Anse du Clerc: une magnifique plage située seulement à quelques kilomètres de Jérémie, est recouverte d’un sable ivoirin très éblouissant. Tel un paradis terrestre, l’Anse du Clerc, ce coin tranquille qui invite à l’écriture et à l’amour, avec ses gazons verts, ses cocotiers aux doux ombrages, ses bungalows et son excellente cuisine créole, représente de nos jours la première destination touristique fonctionnelle de la Grand’ Anse. Elle symbolise un bel exemple d’entreprenariat et d’investissement privé entrepris. • Le Littoral de la basse-ville: De l’embouchure à la Pointe (Sou Fò) jusqu’aux pourtours du Parc Saint-Louis, Jérémie pourrait se doter d’un grand boulevard maritime, de stations balnéaires et d’hôtels touristiques avec vue sur la mer. En Haïti, nous avons toujours tendance à tourner le dos à la mer, alors que l’air marin est bon pour la santé et pour le corps humain en général. • Les rives de Lan Gommier: qui longent les côtes du littoral jusqu'à l'embouchure, projettent un bel avenir touristique, surtout avec la construction de la route Jérémie-Cayes qui permettrait enfin à la Grand’ Anse d’ouvrir ses portes longtemps fermées au commerce extérieur. Si le tourisme est mis en valeur aux Roseaux, cette commune déshéritée ferait un bond économique important. • Plage de Bonbon est actuellement l’une des plus fréquentées du département et où la mer, d’un bleu pâle et pur, est toujours calme. Cette plage offre presque chaque week-end des animations musicales en plein air. Pourtant, la commune de Bonbon vit dans une extrême pauvreté. Les autorités communales pourraient exiger, de chaque usager de la plage, le paiement d’une taxation pour l’embellissement de la zone. • Le littoral des Abricots : Les Abricots, remarquable petite commune de la Grand’ Anse, située à une dizaine de kilomètres de Jérémie, est une terre de plages bénie par la nature à certains égards. Réputés pour son climat agréable et enchanteur, les Abricots invitent au tourisme, à la poésie, à l’amour, à la vie simple et tranquille. Situés à la pointe ouest de la capitale, les Abricots sont, selon la légende, « Le Paradis des Indiens ». C’est dans ce petit coin de terre oublié que les Indiens auraient installé leur « paradis » pour, après la mort, y déguster de savoureux abricots. Assise dans une anse paradisiaque, le village conserve toujours ses allures édéniques. Les plages, une fois mises en valeur, pourraient faire des Abricots une destination touristique de grande importance. • Les plages de Pestel (Anse blanche, Les Basses, Source salée, Grand Bé, la Baie des Cayemittes) sont de véritables trésors naturels perdus au fond d’une nature encore indomptée. L’eau de la mer est claire, limpide et imperturbable. Les Cayemittes, île paradisiaque de moins de 2.000 habitants est protégée par le Fort Réfléchi qui veille sur la ville depuis 1750. Pestel, ce lieu de villégiature par excellence, est devenu célèbre dans les mémoires en raison de la traditionnelle « FETE DE LA MER » organisée tous les week-ends de Pâques depuis 1986 et qui a connu un arrêt brutal à cause des problèmes socio-politico-économiques du pays et du départ prématuré de Alain Bosmans, infatiguable initiateur de cette réjouissance populaire. • Dame-Marie aux Irois en passant par l’Anse d’Hainault, les visiteurs auront le bonheur de découvrir de jolies villes bâties au flanc de la mer. Depuis la descente de « Julie », la nature ouvre ses bras et invite à parcourir les rares coins du pays encore recouverts d’une incassable couche végétale jalousement protégée par on ne sait quelle magie. Cette zone offre une vue panoramique pittoresque. La route conduisant jusqu’aux Irois est traversée et parcourue par de magnifiques plages (Layer, Fond Mantin, les splendides plages de l’Anse d’Hainault et des Irois), au sable blanc et fin qui s’allongent sur des kilomètres. Il suffit de les mettre en valeur pour qu’elles deviennent non seulement des centres d’aimantation pour le tourisme local, national et international, mais aussi un facteur de développement régional. 3.2 Une analyse SWOT du secteur touristique et eco-touristique de la Grand’anse Tableau- récapitulatif du diagnostic touristique du département de la Grande Anse Forces Opportunites La Grand'Anse a de fortes potentialités touristiques • La Grand'Anse peut devenir une des plus importantes destinations écotouristiques du pays • Presence de villes côtières • possibilité de reprendre la « FETE DE LA MER » organisée tous les week-ends de Pâques depuis 1986 mais suspendue à cause des problèmes socio-politico-économiques du pays • Existence d'une quantité importante de plages telles que: L'Anse d'Azur, l'Anse du Clair, le littoral de la basse ville, les rives de Lan Gommier, plage de Bonbon, le littoral des Abricots, la plage de Pestel, les cotes allant de Dame-Marie à Anse d'Hainault. • Possibilités d'y construire des stations balnéaires, restaurants, hôtels et night clubs • Présence de vastes étendues de littoraux • Habitation de Dumas a Latiboliere • Sites de Moron • Beaute naturelle des sites • Climat agréable tout au long de l’année, • Développement de Roseaux par une mise en valeur du tourisme dans la zone.   • Mise en valeur des littoraux pour une promotion du tourisme local et international, et un développement régional • Possibilite de developper un ecotourisme de montagne (eco-mont)     Faiblesses Menaces • Extrême pauvreté de la ville de Bonbon • Les régions montagneuses sont relativement difficiles d’accès, • Les infrastructures commerciales et de shopping sont insuffisantes dans les régions reculées, • Le développement du tourisme peut entrainer une urbanisation sauvage et chaotique avec de lourdes conséquences sur la santé des habitants et la qualité de l’environnement • Absence de comite de gestion sur les plages • Les infrastructures sont encore peu nombreuses, • Dégradation ou destruction d'écosystèmes et de paysages, en particulier littoraux, par sur-fréquentation ou à la suite des aménagements et constructions touristiques. • Les départements ou ville ayant des attraits importants avec des moyens marketing plus lourds (Nord, Jacmel,..)   • Privatisation du patrimoine. 3.3 Principes de l’Ecotourisme face aux contraintes et faiblesses L'écotourisme est une forme de tourisme durable. Cependant, à la différence de ce dernier, il ne se contente pas d'une approche écologique passive (économie d'énergie, utilisation d'énergies renouvelables, traitement des rejets...), mais implique également une participation active des populations locales et des touristes à des actions de sauvegarde et/ou d'éducation à la sauvegarde de la biodiversité (reforestation, protection de la faune et de la flore, réintroduction d'espèces menacées...). Les différents principes à adopter s’articulent autour des points suivants : 1) Minimiser les impacts négatifs sur la nature et la culture pouvant nuire une destination ; 2) Souligner l’importance d’un business responsable travaillant en coopération avec les autorités et les populations locales pour répondre aux besoins locaux et fournir des allocations d’aide à la conservation ; 3) Employer les revenus générés par le tourisme pour la conservation et la gestion des zones naturelles et protégées ; 4) Insister sur la nécessité, pour des zones de tourisme régional ou pour chaque région ou zone naturelle répertoriée susceptible de devenir une destination écotouristique, de concevoir des plans de gestion des visiteurs ; 5) Insister sur l’utilisation d’études environnementales et sociale, en plus des programmes de contrôle à long terme, pour évaluer et minimiser les impacts ; 6) S’efforcer de maximiser les bénéfices économiques, le commerce et les communautés locales, en particulier pour les populations vivant à l’intérieur ou à proximité de zones naturelles ou protégées ; 7) S’assurer que le développement du tourisme ne dépasse pas les limites acceptables de changements sociaux et environnementaux telles que définies par les chercheurs et les résidents locaux ; 8) Promouvoir et utiliser des infrastructures développées en accord avec l’environnement afin de minimiser l’utilisation d’énergie fossile, de conserver la flore locale ainsi que la faune, et de s’imprégner de l’environnement naturel et culturel. SYNTHESE ET CONCLUSION Le département de la Grand ‘Anse présente de fortes potentialités sur le plan agricole, jusqu’alors peu exploitées. Les cultures majoritairement pratiquées sont les denrées d’exportation (café, cacao et citron), les céréales (maïs, riz et sorgho), les légumineuses (haricot, pois) et toutes les variétés de fruits ainsi que l’apiculture. Les cultures maraîchères, encore peu développées sont prometteuses. Cette diversité de cultures et le volume important de leur production, comparé aux autres départements, fait de la Grand ‘Anse l’un des greniers du pays. On constate cependant aujourd’hui une tendance à la baisse de la production agricole. L’évolution des systèmes de production constitue en elle-même un facteur de dégradation de l’environnement, fortement liée au manque de formation technique en agriculture. Les régions de la Grand ’Anse sont très vulnérables aux catastrophes naturelles de par leur topographie et leur situation géographique. Les zones agricoles quant à elles sont enclavées, isolées et négligées par les pouvoirs publics et le secteur privé. Les rares voies rurales qui existent, se dégradent chaque année et deviennent impraticables à cause des fortes pluies. Par conséquent, les habitants de ces zones ont très difficilement accès aux services de base et à des emplois rémunérés. De plus, la production agricole ne peut pas être vendue à temps et régulièrement sur les gros marchés, ce qui engendre des pertes énormes atteignant jusqu’à 40 % pour certains produits comme les fruits. Faiblesse de la recherche documentaire et nécessité d’approfondissement Le diagnostic, aboutissement du processus d’évaluation du potentiel, consiste d’abord à confronter les analyses de l’offre, de la demande, de la concurrence et des tendances, l’objectif étant de connaître les forces et les faiblesses du territoire ainsi que les opportunités et les risques que comporte son marché. L’ultime confrontation de ces deux éléments (forces et faiblesses/ opportunités et risques) permettra alors de déterminer une “position stratégique de succès” pour le territoire. Cependant, pour atteindre un tel objectif, il faut effectuer conjointement des recherches documentaires et des visites de terrain. Car ces dernières permettent de mettre à jour les données fournies par les recherches documentaires. En effet, les résultats de cette recherche documentaire présente le département de la Grand ‘Anse avec beaucoup de potentialités sur le plan agro-alimentaire et sur le plan éco-touristique. Mais ces potentialités sont sous-exploitées, ou leurs exploitations sont mal orientées, ce qui ne permet pas à cette région de transformer ses potentialités en opportunités d’affaires, ses avantages comparatifs en avantages compétitifs. Ce travail qui a repris en grande partie les recherches et documentations existantes sur les potentialités de la région ne sont pas suffisamment spécifiques a l’agro-alimentaire et l’éco-tourisme, d’où l’importance d’un travail complémentaire sur le terrain qui tentera de valider certains résultats et approfondira les recherches tout en mettant l’emphase sur les deux volets de notre travail. Egalement, les ressources documentaires existantes ne sont pas riches en photos, et n’arrivent pas a nous permettre de mesure l’offre de la Grand’Anse dans une perspective marketing. Voilà, a quoi notre recherche de terrain va répondre, pour mettre en exergue le coté économique des potentialités agro-alimentaire et eco-touristique selon la logique d’un plan d’affaires a partir d’évaluation économique et de considération marketing. 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Après la torréfaction, on sépare les graines des coques. Dégermage : Il reste encore dans chaque fève un germe qui n’est pas comestible. Une opération manuelle parvient à l’éliminer. Broyage : Le broyage se fait à l’aide moulin ou d’un pilon qui provoque l’éclatement des fèves. On obtient une pâte. Ce produit naturel contient 50% de beurre de cacao. C’est un produit de consommation finale (moins de 1%). Tableau.-Concentration spatiale des principales espèces fruitières dans la Grande Anse Espèce fruitière Zone agro-écologique Zones de concentration Agrumes Zone de moyenne et de haute altitude (notamment dans les montagnes humides et très humides) Zone de Grand Vincent, Haute Voldrogue, 8e et 9e sections de Jérémie, communes de Pestel, de Beaumont, Corail. Toutes les zones de montagnes humides et très humides. Arbre véritable Du niveau de la mer jusqu’à 800 à 1000 m Vallée Grande Anse, Vallée Voldrogue, Axe Dame Marie-Anse d’Hainault, plaine abricot, en général dans toutes les gorges ou fonds frais entre 0 et 1000 mètres d’altitude. Ananas Zone de basse altitude Au niveau de Roseaux, zone Fond d’Icaque Anacardier Dans les zones de moyenne et de basse altitude Axe Dame Marie - Anse d’Hainault - Les Irois Avocatier Espèce à grande valence écologique. Commune de Beaumont, Vallée de la Grande Anse, Pestel. Citron Basse altitude Pestel, Corail, Roseau, Jérémie Corossol Basse et moyenne Jérémie (zone Fond Rouge), 2ième section de Pestel Cocotier Majoritairement dans les zones de basse altitude, un peu dans les zones de moyenne altitude Bande côtière allant de Pestel aux Irois, Elle est aussi très présente dans les zones intérieures de moyenne altitude. Djaka Basse et moyenne Chambellan, Les Irois Grenadia Basse, moyenne et haute altitude Grenadine Zone de basse altitude et de haute altitude Au niveau de Roseaux, zone Fond d’Icaque Goyave Toutes zones Léon –Despagnes, Beaumont Manguier Zone de moyenne et de basse altitude • Variété « les rois » : Dame-Marie, Anse d’Hainault • Variété « la biche » : Corail, Pestel • Variété « francique & madan blan » : Vallée Grande Anse, vallée Voldrogue ; • Variété « Hill » : Axe Abricot, Bonbon ; En général, le manguier se retrouve un peu partout dans la Grande Anse sauf dans les zones de montagnes très humides. Papaye Basse et moyenne Dans les hauteurs de Léon - Despagnes, 1ière et 4ième sections de Pestel etc.). Quenêpe Basse altitude Jérémie, Bonbon Source: Enquête AMAGA, Novembre 2010