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BRH- Note sur la politique monétaire – 4
ème
trimestre de l’exercice fiscal 2019 0
NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE
4
ème
trimestre 2019
(juillet-septembre 2019)
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BRH- Note sur la politique monétaire – 4
ème
trimestre de l’exercice fiscal 2019 1
Sommaire
I. VUE D’ENSEMBLE ………………………………………………………………………..……………….………..…...2
II. L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE SOUS-JACENT À LA POLITIQUE MONÉTAIRE.........................................2
II.1 SITUATION DE L’ÉCONOMIE MONDIALE………………………………………………………………….2
II.2 SITUATION DE L’ÉCONOMIE HAITIENNE………………………………………………………………….4
III. LES DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2019……………..………….…...7
IV. LES RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SYSTÈME BANCAIRE…………………………...9
V. PERSPECTIVES.……………………………………….……………..……………………………..……...…….….…...11
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ème
trimestre de l’exercice fiscal 2019 2
I. VUE D’ENSEMBLE
Le 4
ème
trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019 a été marqué par un environnement économique
mondial incertain, en raison des incertitudes liées aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et
la Chine et leurs implications pour d’autres régions telles que l’Afrique. L’économie américaine a
maintenu une croissance plutôt soutenue, malgré quelques signes d’essoufflement. Parallèlement, au
niveau de la zone euro, la croissance a sensiblement ralenti, l’activité étant plombée par la mauvaise
performance de l’économie allemande et les incertitudes liées au Brexit. Par ailleurs, en République
Dominicaine, la croissance présente des signes de faiblesse, en raison d’une baisse des recettes
touristiques ainsi qu’un ralentissement des exportations et des importations dans le contexte d’une
faible progression du niveau des prix sur le marché international. Les cours des principaux produits
alimentaires de base ont en effet évolué à la baisse alors qu’une hausse de ceux des produits
pétroliers a été observée.
Sur le plan national, l’activité économique durant le trimestre sous étude continue de pâtir à cause de
la détérioration du climat des affaires, provoquée par des troubles sociopolitiques, les ruptures
d’approvisionnement en carburant et les difficultés liées à la distribution de produits, notamment vers
les villes de province. Ces chocs ont essentiellement contribué au maintien des tensions
inflationnistes, en dépit de la stabilité observée sur le marché des changes. Cette accalmie, qui
reflète un ralentissement de la demande globale, renforcée par les décisions de resserrement
monétaire adoptées par la BRH à la fin du trimestre dernier, a permis de contenir les effets d’une
conjoncture défavorable sur l’évolution des prix.
II. L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE SOUS -JACENT A LA POLITIQUE MONETAIRE
II.1 SITUATION DE L’ECONOMIE MONDIALE
Les données disponibles sur la conjoncture économique aux États-Unis ont fait état d’une croissance
de 2,3% du PIB réel pour le 3
e
trimestre en rythme annualisé, après une progression de 2,7% au
cours du trimestre précédent, traduisant ainsi un net ralentissement par rapport au 1er trimestre
(3,1%). La croissance de l’économie américaine reste toutefois soutenue, tirée largement par les
dépenses du gouvernement (4,5%) et la consommation des ménages (4,7%). Parallèlement, avec
une inflation annuelle en deçà de 2% (1,8% en juillet et 1,7% en août), la Réserve Fédérale
américaine (Fed) a décidé à deux reprises d’abaisser son taux directeur d’un quart de point en août
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et en septembre, portant ainsi la fourchette des taux entre 1,75% et 2%. Cette décision, une première
depuis la crise de 2008, a été prise dans l’optique de renforcer l'économie américaine face aux
risques qui pèsent sur sa croissance.
En ce qui a trait à la zone Euro, la croissance a ralenti au 2ème trimestre, notamment en raison des
incertitudes liées au Brexit et aux tensions commerciales. En effet, elle s’est établie à 0,2 % en
rythme trimestriel, soit une baisse de 20 points de base par rapport au trimestre précédent. En
particulier, la première économie de la zone et fortement dépendante des exportations, l’Allemagne,
s'est contractée de 0,1% au deuxième trimestre, enregistrant la plus mauvaise performance de la
région.
Par ailleurs, le taux d’inflation de la zone s’est établi à 1% en août 2019, en baisse de 30 points de
base par rapport à juin. Compte tenu des perspectives sur la croissance mondiale, la Banque
Centrale Européenne (BCE) a encore une fois gardé inchangés ses taux directeurs avec le taux des
opérations principales de refinancement à 0%. Aussi, prévoit-elle, pour l’année 2019, un taux de
croissance de 1,2% et un taux d’inflation de 1,3% pour la zone Euro.
En République Dominicaine, l’indice mensuel de l’activité économique (IMAE) du mois d’août a
affiché, en glissement annuel, une croissance de 4,8%, soit 1,8 point de pourcentage de moins par
rapport à un an plus tôt. Ce ralentissement de la croissance dominicaine est concomitant à une
baisse du dynamisme du secteur touristique, dont les pertes entre juin et septembre ont été évaluées
à 200 millions de dollars ÉU, résultant des cas de décès non élucidés de plusieurs touristes.
Parallèlement, la croissance des exportations entre janvier et août a ralenti pour se chiffrer à 4,1%,
soit moins de la moitié de la progression observée sur la même période de l’année dernière. De
même, les importations de janvier à août 2019 ont crû de seulement 1,6%, soit un dixième de leur
croissance en 2018.
Ces facteurs ont sans doute contribué à l’accélération de la dépréciation du peso dominicain. Cette
dernière s’est particulièrement accentuée entre mai et septembre 2019, se chiffrant à 2,11% contre
0,89% sur la même période de l’année dernière. La transmission de cette dépréciation sur les prix n’a
pas été très importante, l’inflation mensuelle s’étant chiffrée à 0,38% en septembre, contre 0,34% et
0,47% durant les deux mois précédents. C’est dans cet environnement que la Banque Centrale de la
République Dominicaine (BCRD) a décidé de réduire progressivement son taux directeur, lequel est
passé de 5,50% en juin à 4,50% en septembre 2019.
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Sur le marché international, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a reculé de 2,02% pour
se chiffrer à 169,7 en septembre 2019 contre 173,2 en juin 2019. Cependant, bien que les prix du blé
et du maïs aient enregistré des baisses durant la période sous revue, celui du riz a plutôt connu une
hausse. En ce qui concerne les produits pétroliers, les cours du Brent et du West Texas Intermediate
(WTI) ont affiché un comportement mitigé. Le prix du baril de Brent est passé de 63,30 dollars au
mois de juin 2019 à 60,99 dollars au 30 septembre 2019. Quant au prix du WTI, il est passé de 54,68
à 54,09 dollars durant cette même période.
II.2 SITUATION DE L’ÉCONOMIE HAÏTIENNE
Au niveau national, l’activité économique au cours du 3
ème
trimestre, telle que mesurée par l’Indice
Global de l’Indicateur Conjoncturel d’Activité Economique (ICAE), a affiché une décroissance
interannuelle de 0,1%, soit une contre-performance, comparée à la même période en 2018 où la
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croissance de l’ICAE se chiffrait à 1,3%. En variation cumulée pour les trois premiers trimestres de
l’exercice fiscal, l’ICAE a affiché une baisse de 0,2% contre une progression de 2,3% pour la même
période un an auparavant. Cette tendance à la baisse de l’activité devrait également se refléter dans
l’ICAE du 4
ème
trimestre. En effet, le dernier trimestre de l’exercice 2018-2019 a été caractérisé par
des ruptures répétées d’approvisionnement en carburant, auxquelles se sont ajoutées,
particulièrement en septembre, plusieurs semaines de paralysie des activités en raison d’une
conjoncture sociopolitique difficile. Ces différents chocs ayant affecté les principaux centres urbains
du pays, l’activité au niveau des secteurs secondaire et tertiaire devrait subséquemment en pâtir de
manière significative. Quant au secteur primaire, après un recul de 1,8% au 3
ème
trimestre, il devrait
afficher une faible croissance au 4
ème
trimestre, compte tenu d’un niveau de précipitations largement
en-dessous de la normale durant le mois de juillet et la faiblesse des investissements dans ce
secteur.
L’impact négatif de cette conjoncture sur l’offre locale de biens et services et les difficultés entourant
l’approvisionnement des marchés ont continué à se faire sentir au niveau des prix. Ainsi, le taux
d’inflation annuel s’est établi à 19,5% au mois d’août, en hausse de 0,9 point de pourcentage par
rapport à juin 2019. En rythme mensuel, l’inflation a été de 1,6% en août contre 0,7% en mars,
affichant une moyenne de 1,47% sur l’ensemble de l’exercice. À noter qu’en raison d’une structure de
marchés non efficients et d’un contexte socioéconomique difficile, la progression de l’inflation s’est
maintenue alors que le taux de change a affiché une relative stabilité sur l’ensemble du trimestre.
Selon les prévisions de la Direction Monnaie et Analyse Économique de la BRH, l’inflation au mois de
septembre devrait se situer autour de 20,1% et 2%, respectivement en glissement annuel et en
variation mensuelle.
Au niveau du secteur externe, le quatrième trimestre de l’exercice 2019 est marqué par un recul du
déficit commercial, une hausse des transferts privés sans contrepartie ainsi qu’une stabilité de la
gourde par rapport au dollar américain. Ainsi, au cours des 11 premiers mois de l’exercice, le solde
commercial est déficitaire de 2,70 milliards de dollars ÉU, soit une baisse de 7,53% par rapport à la
même période de l’exercice précédent. Cette amélioration de la balance commerciale est imputable à
l’effet conjugué d’une hausse des exportations et d’une légère baisse des importations. En effet, pour
la période considérée, le niveau des exportations a crû de 13% pour atteindre 1,11 milliard de dollars
ÉU, à la suite d’une augmentation des exportations d’entreprises implantées il y a environ deux ans.
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Du côté des importations, elles ont reculé de 2,63% pour atteindre 4,20 milliards de dollars ÉU, en
raison de la baisse de la demande locale, due à la détérioration du climat des affaires.
Par ailleurs, les transferts privés sans contrepartie, collectés à partir des maisons de transferts entre
octobre 2018 et septembre 2019, ont crû annuellement de 6,4% pour atteindre 2,5 milliards de dollars
ÉU. L’offre de devises, alimentée par l’accroissement des transferts et les interventions des autorités
monétaires sur le marché des changes, dont les ventes nettes se chiffrent à 24,71 millions de dollars
ÉU pour le 4
ième
trimestre, a permis de contenir la volatilité du taux de change. De ce fait, au 30
septembre 2019, le dollar américain s’échangeait contre 94,09 gourdes, avec une augmentation de la
moyenne mensuelle du taux de change référence de 0,67% par rapport à juin 2019.
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Les recettes fiscales cumulées d’octobre 2018 au 30 septembre 2019 ont atteint 76 159,53 millions
de gourdes contre 79 620,64 MG en 2017-2018; ce qui correspond à une baisse de 4,3% par rapport
à l’exercice précédent. Elles se situent ainsi en deçà des 99 165,3 MG de recettes publiques
prévues dans le budget 2017-2018 reconduit. D’un autre côté, les dépenses totales ont atteint 131
334,7 MG, dont 103 453,6 MG de dépenses budgétaires. Cet écart a été compensé par d’autres
revenus incluant les certificats de trésorerie et les autres ressources affectées. Ces dépenses
budgétaires se retrouvent ainsi en deçà du plafond de 109 308,00 MG prévu dans le budget 2017-
2018.
Si l’on considère l’évolution de l’inflation qui s’est établie en rythme annuel à 19,5% au mois d’août
2019, il ressort que les recettes fiscales ont enregistré, en termes réels, une contre-performance
significative conduisant à un financement monétaire de 9,2 milliards de gourdes pour l’exercice.
Cependant, en dépit du ralentissement des activités et de la baisse des rentrées fiscales, ce
financement représente 37,4% de celui enregistré un an plus tôt. Ceci résulte de la mise en œuvre du
Pacte de Gouvernance Économique et Financière signé entre le Ministère de l’Économie et des
Finances et la BRH au début de l’année 2019.
III. LES DECISIONS DE POLITIQUE MONETAIRE AU QUATRIEME TRIMESTRE 2019
Au cours du dernier trimestre de l’exercice 2018-2019, la conduite de la politique monétaire, sans
s’écarter de l’environnement incitatif orchestré par la mise en œuvre de l’agenda monétaire pro
croissance, s’est inscrite dans le prolongement des mesures d’ordre restrictif prises à la fin du mois
de mai 2019. Ces décisions ont en effet contribué à une relative stabilisation de la valeur de la
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gourde, tout en renforçant la formalisation des opérations de change à travers notamment les
circulaires de la BRH et du MEF, rappelant les institutions autorisées à opérer sur ce marché. Ainsi,
les taux sur les bons BRH ont été maintenus à 10%, 14% et 22% sur les maturités de 7, 28 et 91
jours respectivement. De même, le taux de mise en pension est resté inchangé à 27%. L’acquisition
par les banques commerciales des titres émis par le Gouvernement s’est poursuivie et en
conséquence, l’encours des bons BRH a diminué de 18,15% sur le trimestre, pour s’établir à 3 562
MG au 30 septembre 2019.
Par ailleurs, en vue de soutenir l’offre de devises, la BRH est intervenue sur le marché des changes à
travers des ventes nettes totalisant 24,71 millions de dollars ÉU, ce qui a permis de stériliser un
montant de liquidité équivalant à environ 2,4 milliards de gourdes sur la période juillet-septembre
2019. Ces injections ont porté à 163,76 millions de dollars ÉU le total des interventions nettes à la
vente de la BRH sur l’ensemble de l’exercice contre 90,14 millions au cours de l’exercice fiscal
antérieur.
Parallèlement, la progression du financement monétaire a été déterminante dans l’évolution des
indicateurs monétaires au 4
ème
trimestre, particulièrement celle de la base monétaire au sens
restreint
1
. Celle-ci s’est en effet accrue de 4,64% entre juin et septembre 2019, après un recul de
5,44% au trimestre précédent. Le comportement de la monnaie centrale au sens restreint résulte de
la hausse concomitante des réserves en gourdes des banques commerciales à la BRH et de la
monnaie en circulation, lesquelles ont affiché des taux de croissance respectifs de 6,57% et 2,67%.
La base monétaire au sens large, pour sa part, continue de croitre à un rythme moindre, soit 1,57%
en raison de la baisse de l’encours des bons BRH (-27,55%) et du net ralentissement du rythme de
croissance des dépôts en dollars des banques commerciales à la BRH (+0,38% contre 15,41% au
3
ième
trimestre).
Au niveau des sources de la base monétaire, une baisse de 2,99% des avoirs extérieurs nets a été
observée, sous l’effet des interventions de la BRH sur le marché des changes pour soutenir la valeur
de la gourde. Parallèlement, le crédit net de la BRH à l’État a augmenté de 7,88%, traduisant ainsi
l’atonie des finances publiques dans un contexte où les décaissements en appui au budget ne
s’étaient pas matérialisés.
1
Base monétaire au sens restreint = monnaie en circulation + dépôts en gourdes des Banques commerciales à la BRH
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Du côté de la masse monétaire, les données remontant au mois d’août 2019 ont indiqué des baisses
respectives de M1 (-0,94%) et de M2 (-1,04%), en raison d’une variation négative des dépôts libellés
en gourdes. L’agrégat M3 a affiché une baisse beaucoup moins prononcée (-0,03%), en raison de la
hausse exprimée en gourde des dépôts libellés en dollar (+0,74%) ; laquelle hausse a reflété aussi
bien un effet de change (+0,42%) qu’un effet de volume (+0,32%); portant ainsi le taux de
dollarisation à 68,21%.
S’agissant des contreparties de M3, les avoirs extérieurs nets du système bancaire ont légèrement
augmenté de 0,11%, reflétant la hausse de 1,38% des avoirs extérieurs des banques commerciales
alors que ceux de la BRH ont diminué de 0,54%. Parallèlement, le rythme de progression des
créances nettes sur le secteur public s’est accentué, soit 9,22% contre 7,22% au trimestre précédent,
en raison des incidences négatives de la dégradation du climat des affaires sur la situation financière
de l’Etat. Un tel contexte est aussi source d’attentisme et d’incertitudes, affectant à la fois l’offre et la
demande de crédit privé, dont le portefeuille s’est replié de 1,37% en août par rapport à juin 2019 en
dépit de la hausse des prix dans l’économie.
IV. LES RESULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SYSTEME BANCAIRE
Pour ce qui est du système bancaire, les données disponibles pour les mois d’août et de juillet 2019
font état d’une évolution relativement favorable en termes de la qualité de l’actif et de la rentabilité en
rythme trimestriel. Toutefois, en glissement annuel une détérioration relative de la qualité du
portefeuille et une baisse de la rentabilité peuvent être observées.
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Parallèlement, le Rendement des actifs ou ROA, calculé en fonction des résultats nets (bénéfices) sur
les actifs, a connu une évolution favorable. Ainsi, il s’est chiffré à 1,62% en août 2019, après une
progression de 0,17 point de pourcentage. Cette situation traduit la hausse plus que proportionnelle du
résultat net du système bancaire par rapport à l’actif des banques. Cependant, en glissement annuel,
un mouvement défavorable de 0,62% du ROA a été relevé. S’agissant du rendement des fonds
propres (ROE)
2
, il a affiché une tendance similaire à celle du ROA. Ainsi, au 4
ème
trimestre, le ROE est
passé de 17,36% à 19,1% entre juin et août 2019. En rythme annuel, une baisse de 6,47% de ce ratio
a été observée.
En se référant au rendement moyen des prêts productifs, il a augmenté de 2,84 points de pourcentage
en variation trimestrielle, pour se chiffrer à 14,83%. Parallèlement, la rémunération moyenne des
dépôts a connu une hausse de 28 points de base pour se porter à 1,63%. Ces résultats ont ainsi
conduit à une progression du rendement moyen de l’intermédiation financière, lequel a crû de 2,56
points de pourcentage au 4
ème
trimestre par rapport à juin 2019.
En août 2019, un renforcement de la dollarisation du système bancaire a été constaté au regard de
deux des trois principaux ratios utilisés pour mesurer ce phénomène. Ainsi, les dépôts en devises
convertis en pourcentage des dépôts totaux ont progressé, passant de 68,41% en juin à 68,56% en
août 2019, résultant du comportement des dépôts à vue et d’épargne. De son côté, le ratio du
portefeuille de prêts nets en devises convertis en pourcentage des prêts nets totaux a progressé de 94
points de base en rythme trimestriel, à 52,25%. En ce qui a trait à l’actif en devises converties, il a
représenté près de 58,61% de l’actif total, contre 58,81% au 3
ème
trimestre 2019. Se basant sur ce
ratio, la dollarisation du système bancaire a baissé de 20 points de base.
Les données du système bancaire sur la répartition du crédit par secteurs d’activités arrivant à juin
2019, ont établi le portefeuille à 133,5 milliards de gourdes, soit une croissance trimestrielle de 6,90%,
contre 1,85% un trimestre auparavant. Cette performance est surtout expliquée par deux principaux
secteurs : « Commerce de gros et détails », « Immobiliers résidentiel et commercial » dont les poids
sont de 29,7% et de 19,6% respectivement. À eux deux, ils ont totalisé près de la moitié (49,3%) du
crédit accordé par le système bancaire aux différents secteurs d’activité. Cependant en rythme
trimestriel, la part du Commerce s’est accrue de 0,75%, tandis que celle de l’Immobilier a chuté de
1,42%, pour s’établir respectivement à 39,7 et 26,2 milliards de gourdes.
2
Le ratio des résultats nets sur les fonds propres
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Concernant les autres secteurs d’activités, les industries manufacturières, avec une part de 14,1%,
sont considérées comme le troisième 3
ième
secteur ayant le portefeuille de crédit le plus élevé, avec
une croissance de 9,6%, pour s’établir à 18,8 milliards de gourdes. Par ailleurs, deux secteurs
d’activités ont connu une croissance importante en août 2019 par rapport à juin de la même année. Il
s’agit du secteur d’« électricité, gaz et eau » (21,8%) et de celui des « services et autres » (15,6%) qui
ont respectivement atteint 6,1 et 14,7 milliards de gourdes. Le secteur « agriculture, sylviculture et
pêche », a obtenu la plus faible allocation de crédit du système bancaire, soit moins de 1% (0,8%) au
cours du 4
ième
trimestre de 2019.
Les banques commerciales, suite à l’augmentation des taux d’intérêt sur les bons BRH à la fin du
troisième trimestre, ont ajusté à la hausse les taux d’intérêt débiteurs en gourdes en les faisant passer
en moyenne mensuelle de 15,22% en juin à 21,73% en août 2019. Par contre, les taux sur les dépôts
à terme en gourdes ont reculé de 20 points de base, pour se chiffrer à 6,68%. Ceci a eu pour
conséquence l’élargissement de la marge d’intermédiation financière à 15,05% en août contre 8,34%
en juin 2019. Du côté des opérations en devises, la marge d’intermédiation s’est réduite de 0,6%, en
raison de la baisse plus marquée des taux sur les prêts (1,09%) par rapport à ceux sur les DAT
(0,49%).
IV. PERSPECTIVES
Les perspectives pour l’économie haïtienne demeurent mitigées, compte tenu de la situation socio-
politique. Les prévisions réalisées par les services techniques de la BRH tablent sur la poursuite de la
hausse du taux d’inflation annuel au premier trimestre de l’exercice 2019-2020. Ainsi, en glissement
annuel, le taux d’inflation devrait s’inscrire à 20,1% en septembre 2019 puis à 20,3% en octobre et
novembre 2019. Toutefois, ces estimations ne tiennent pas compte des différents chocs ayant affecté
l’économie à partir de septembre 2019, notamment ceux liés à la rupture des activités de production et
des circuits de commercialisation, dont l’impact sur l’offre de biens et services devrait se refléter sur
l’évolution des prix à la consommation.
En ce qui a trait au taux de croissance du PIB réel pour l’exercice 2018-2019, il pourrait, selon les
dernières estimations, se situer dans la fourchette -0,6% et 0,0% en raison de la dégradation du climat
des affaires découlant de la persistance des troubles socio-politiques. Cette situation risque
d’accentuer l’attentisme et les anticipations négatives des opérateurs économiques avec des
incidences négatives tant sur l’investissement que sur l’activité touristique.
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Compte tenu de la conjoncture socio-économique qui prévaut depuis plusieurs trimestres, la BRH a dû
faire un arbitrage difficile entre les attentes en matière de croissance et les objectifs de stabilité des
prix et du change. Au moment du dernier resserrement des conditions monétaires, les troubles socio-
politiques étaient tels que les décisions des agents ne semblaient pas rationnellement s’orienter dans
le sens de nouveaux investissements. Dans le même temps, les coûts d’utilisation des lignes de crédit
en gourdes permettaient avantageusement la réalisation de gains de change nets proportionnellement
plus importants.
C’est dans ce contexte que les décisions annoncées vers la fin de mai 2019 avaient visé à assainir
l’environnement monétaire que les mois précédents de turbulences avaient contribué à déstabiliser.
L’idée était d’aligner, à travers l’augmentation des taux directeurs, les instruments de politique
monétaire avec l’évolution quantitative des variables qu’ils devraient influencer. Par la suite, les effets
positifs d’un ensemble d’actions de nature politique et économique devaient justifier la baisse
modulée des taux d’intérêt directeurs pour accommoder une reprise de la croissance plutôt saine et
soutenable. Cependant, ces hypothèses ne se sont pas concrétisées en raison du climat socio-
politique incertain. Elles incluaient :
1. La mise en place d’un nouveau gouvernement et le dépôt du budget au parlement ;
2. La signature de l’accord prévu avec le Fonds Monétaire avec des termes relativement
inchangés par rapport aux discussions initiales de décembre 2018 ;
3. Une augmentation des appuis budgétaires et des aides liées aux projets de la part des
principaux bailleurs;
4. Un relatif apaisement de la situation socio-politique accompagné d’un certain regain de
l’activité économique favorisant ainsi un dynamisme des recettes publiques.
Aujourd’hui, la BRH envisage une baisse de ces taux élevés qui se justifie à lumière des
considérations qui suivent:
1- Les éléments de la conjoncture mentionnés ci-dessus, qui devraient permettre une gestion
modulée des taux d’intérêt sur la base de l’évolution anticipée de l’indice de confiance des agents
économiques, ne se sont pas matérialisés.
2- Dans un contexte de morosité exacerbée, le maintien de ces niveaux élevés de taux, prévus pour
être modulé à la baisse, contient le risque systémique d’empirer la profitabilité des entreprises
débitrices du système financier et de leurs créditeurs, interpellant conséquemment la Banque
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centrale par rapport à sa mission de régulateur. En effet, le coefficient d’arrérage est passé de 2,55%
en début d’exercice à 4,04% en avril pour atteindre 6,83% en août 2019.
3- La longue stabilité du taux de change ; celle-ci tend à contenir les variations de l’inflation dues à la
dépréciation de la gourde en dépit de nos prévisions à la hausse du taux d’inflation qui ne
s’expliquerait pas prioritairement et exclusivement par des facteurs monétaires que le prochain
renouvellement du Pacte de Gouvernance Économique et Financière avec le Ministère de l’Économie
et des Finances aidera à monitorer.