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Nòt sou Politik Monetè

Nòt sou Politik Monetè

Bank Repiblik Ayiti (BRH) FY2019 14 paj
Rezime — Rapò sa a soti nan Bank Repiblik d Ayiti (BRH) analize sitiyasyon makwoekonomik ak desizyon politik monetè an Ayiti pandan premye trimès ane fiskal 2018-2019 la. Li kouvri anviwònman ekonomik entènasyonal la, kondisyon ekonomik nasyonal yo, ak repons politik monetè BRH yo.
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Deskripsyon Konple

Nòt sa a soti nan Bank Repiblik d Ayiti (BRH) bay yon apèsi sou politik monetè pandan premye trimès ane fiskal 2018-2019 la. Li egzamine kontèks ekonomik entènasyonal la, tankou kwasans nan Etazini ak nan zòn euro a, ansanm ak tandans pri komodite yo. Nan nivo nasyonal, rapò a diskite sou presyon enflasyon, depresyasyon to echanj, ak enpak boulvèsman sosyo-politik sou aktivite ekonomik. Li detaye repons politik BRH yo, tankou mezi pou jere lajan likid ak ajiste egzijans rezèv yo, epi li fini ak yon ti pespektiv sou ekonomi ayisyen an.

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2018 — 2018
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BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 0 NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE 4 ème trimestre 2019 (juillet-septembre 2019) WWW.BRH.HT BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 1 Sommaire I. VUE D’ENSEMBLE ………………………………………………………………………..……………….………..…...2 II. L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE SOUS-JACENT À LA POLITIQUE MONÉTAIRE.........................................2 II.1 SITUATION DE L’ÉCONOMIE MONDIALE………………………………………………………………….2 II.2 SITUATION DE L’ÉCONOMIE HAITIENNE………………………………………………………………….4 III. LES DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2019……………..………….…...7 IV. LES RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SYSTÈME BANCAIRE…………………………...9 V. PERSPECTIVES.……………………………………….……………..……………………………..……...…….….…...11 BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 2 I. VUE D’ENSEMBLE Le 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019 a été marqué par un environnement économique mondial incertain, en raison des incertitudes liées aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et leurs implications pour d’autres régions telles que l’Afrique. L’économie américaine a maintenu une croissance plutôt soutenue, malgré quelques signes d’essoufflement. Parallèlement, au niveau de la zone euro, la croissance a sensiblement ralenti, l’activité étant plombée par la mauvaise performance de l’économie allemande et les incertitudes liées au Brexit. Par ailleurs, en République Dominicaine, la croissance présente des signes de faiblesse, en raison d’une baisse des recettes touristiques ainsi qu’un ralentissement des exportations et des importations dans le contexte d’une faible progression du niveau des prix sur le marché international. Les cours des principaux produits alimentaires de base ont en effet évolué à la baisse alors qu’une hausse de ceux des produits pétroliers a été observée. Sur le plan national, l’activité économique durant le trimestre sous étude continue de pâtir à cause de la détérioration du climat des affaires, provoquée par des troubles sociopolitiques, les ruptures d’approvisionnement en carburant et les difficultés liées à la distribution de produits, notamment vers les villes de province. Ces chocs ont essentiellement contribué au maintien des tensions inflationnistes, en dépit de la stabilité observée sur le marché des changes. Cette accalmie, qui reflète un ralentissement de la demande globale, renforcée par les décisions de resserrement monétaire adoptées par la BRH à la fin du trimestre dernier, a permis de contenir les effets d’une conjoncture défavorable sur l’évolution des prix. II. L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE SOUS -JACENT A LA POLITIQUE MONETAIRE II.1 SITUATION DE L’ECONOMIE MONDIALE Les données disponibles sur la conjoncture économique aux États-Unis ont fait état d’une croissance de 2,3% du PIB réel pour le 3 e trimestre en rythme annualisé, après une progression de 2,7% au cours du trimestre précédent, traduisant ainsi un net ralentissement par rapport au 1er trimestre (3,1%). La croissance de l’économie américaine reste toutefois soutenue, tirée largement par les dépenses du gouvernement (4,5%) et la consommation des ménages (4,7%). Parallèlement, avec une inflation annuelle en deçà de 2% (1,8% en juillet et 1,7% en août), la Réserve Fédérale américaine (Fed) a décidé à deux reprises d’abaisser son taux directeur d’un quart de point en août BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 3 et en septembre, portant ainsi la fourchette des taux entre 1,75% et 2%. Cette décision, une première depuis la crise de 2008, a été prise dans l’optique de renforcer l'économie américaine face aux risques qui pèsent sur sa croissance. En ce qui a trait à la zone Euro, la croissance a ralenti au 2ème trimestre, notamment en raison des incertitudes liées au Brexit et aux tensions commerciales. En effet, elle s’est établie à 0,2 % en rythme trimestriel, soit une baisse de 20 points de base par rapport au trimestre précédent. En particulier, la première économie de la zone et fortement dépendante des exportations, l’Allemagne, s'est contractée de 0,1% au deuxième trimestre, enregistrant la plus mauvaise performance de la région. Par ailleurs, le taux d’inflation de la zone s’est établi à 1% en août 2019, en baisse de 30 points de base par rapport à juin. Compte tenu des perspectives sur la croissance mondiale, la Banque Centrale Européenne (BCE) a encore une fois gardé inchangés ses taux directeurs avec le taux des opérations principales de refinancement à 0%. Aussi, prévoit-elle, pour l’année 2019, un taux de croissance de 1,2% et un taux d’inflation de 1,3% pour la zone Euro. En République Dominicaine, l’indice mensuel de l’activité économique (IMAE) du mois d’août a affiché, en glissement annuel, une croissance de 4,8%, soit 1,8 point de pourcentage de moins par rapport à un an plus tôt. Ce ralentissement de la croissance dominicaine est concomitant à une baisse du dynamisme du secteur touristique, dont les pertes entre juin et septembre ont été évaluées à 200 millions de dollars ÉU, résultant des cas de décès non élucidés de plusieurs touristes. Parallèlement, la croissance des exportations entre janvier et août a ralenti pour se chiffrer à 4,1%, soit moins de la moitié de la progression observée sur la même période de l’année dernière. De même, les importations de janvier à août 2019 ont crû de seulement 1,6%, soit un dixième de leur croissance en 2018. Ces facteurs ont sans doute contribué à l’accélération de la dépréciation du peso dominicain. Cette dernière s’est particulièrement accentuée entre mai et septembre 2019, se chiffrant à 2,11% contre 0,89% sur la même période de l’année dernière. La transmission de cette dépréciation sur les prix n’a pas été très importante, l’inflation mensuelle s’étant chiffrée à 0,38% en septembre, contre 0,34% et 0,47% durant les deux mois précédents. C’est dans cet environnement que la Banque Centrale de la République Dominicaine (BCRD) a décidé de réduire progressivement son taux directeur, lequel est passé de 5,50% en juin à 4,50% en septembre 2019. BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 4 Sur le marché international, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a reculé de 2,02% pour se chiffrer à 169,7 en septembre 2019 contre 173,2 en juin 2019. Cependant, bien que les prix du blé et du maïs aient enregistré des baisses durant la période sous revue, celui du riz a plutôt connu une hausse. En ce qui concerne les produits pétroliers, les cours du Brent et du West Texas Intermediate (WTI) ont affiché un comportement mitigé. Le prix du baril de Brent est passé de 63,30 dollars au mois de juin 2019 à 60,99 dollars au 30 septembre 2019. Quant au prix du WTI, il est passé de 54,68 à 54,09 dollars durant cette même période. II.2 SITUATION DE L’ÉCONOMIE HAÏTIENNE Au niveau national, l’activité économique au cours du 3 ème trimestre, telle que mesurée par l’Indice Global de l’Indicateur Conjoncturel d’Activité Economique (ICAE), a affiché une décroissance interannuelle de 0,1%, soit une contre-performance, comparée à la même période en 2018 où la BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 5 croissance de l’ICAE se chiffrait à 1,3%. En variation cumulée pour les trois premiers trimestres de l’exercice fiscal, l’ICAE a affiché une baisse de 0,2% contre une progression de 2,3% pour la même période un an auparavant. Cette tendance à la baisse de l’activité devrait également se refléter dans l’ICAE du 4 ème trimestre. En effet, le dernier trimestre de l’exercice 2018-2019 a été caractérisé par des ruptures répétées d’approvisionnement en carburant, auxquelles se sont ajoutées, particulièrement en septembre, plusieurs semaines de paralysie des activités en raison d’une conjoncture sociopolitique difficile. Ces différents chocs ayant affecté les principaux centres urbains du pays, l’activité au niveau des secteurs secondaire et tertiaire devrait subséquemment en pâtir de manière significative. Quant au secteur primaire, après un recul de 1,8% au 3 ème trimestre, il devrait afficher une faible croissance au 4 ème trimestre, compte tenu d’un niveau de précipitations largement en-dessous de la normale durant le mois de juillet et la faiblesse des investissements dans ce secteur. L’impact négatif de cette conjoncture sur l’offre locale de biens et services et les difficultés entourant l’approvisionnement des marchés ont continué à se faire sentir au niveau des prix. Ainsi, le taux d’inflation annuel s’est établi à 19,5% au mois d’août, en hausse de 0,9 point de pourcentage par rapport à juin 2019. En rythme mensuel, l’inflation a été de 1,6% en août contre 0,7% en mars, affichant une moyenne de 1,47% sur l’ensemble de l’exercice. À noter qu’en raison d’une structure de marchés non efficients et d’un contexte socioéconomique difficile, la progression de l’inflation s’est maintenue alors que le taux de change a affiché une relative stabilité sur l’ensemble du trimestre. Selon les prévisions de la Direction Monnaie et Analyse Économique de la BRH, l’inflation au mois de septembre devrait se situer autour de 20,1% et 2%, respectivement en glissement annuel et en variation mensuelle. Au niveau du secteur externe, le quatrième trimestre de l’exercice 2019 est marqué par un recul du déficit commercial, une hausse des transferts privés sans contrepartie ainsi qu’une stabilité de la gourde par rapport au dollar américain. Ainsi, au cours des 11 premiers mois de l’exercice, le solde commercial est déficitaire de 2,70 milliards de dollars ÉU, soit une baisse de 7,53% par rapport à la même période de l’exercice précédent. Cette amélioration de la balance commerciale est imputable à l’effet conjugué d’une hausse des exportations et d’une légère baisse des importations. En effet, pour la période considérée, le niveau des exportations a crû de 13% pour atteindre 1,11 milliard de dollars ÉU, à la suite d’une augmentation des exportations d’entreprises implantées il y a environ deux ans. BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 6 Du côté des importations, elles ont reculé de 2,63% pour atteindre 4,20 milliards de dollars ÉU, en raison de la baisse de la demande locale, due à la détérioration du climat des affaires. Par ailleurs, les transferts privés sans contrepartie, collectés à partir des maisons de transferts entre octobre 2018 et septembre 2019, ont crû annuellement de 6,4% pour atteindre 2,5 milliards de dollars ÉU. L’offre de devises, alimentée par l’accroissement des transferts et les interventions des autorités monétaires sur le marché des changes, dont les ventes nettes se chiffrent à 24,71 millions de dollars ÉU pour le 4 ième trimestre, a permis de contenir la volatilité du taux de change. De ce fait, au 30 septembre 2019, le dollar américain s’échangeait contre 94,09 gourdes, avec une augmentation de la moyenne mensuelle du taux de change référence de 0,67% par rapport à juin 2019. BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 7 Les recettes fiscales cumulées d’octobre 2018 au 30 septembre 2019 ont atteint 76 159,53 millions de gourdes contre 79 620,64 MG en 2017-2018; ce qui correspond à une baisse de 4,3% par rapport à l’exercice précédent. Elles se situent ainsi en deçà des 99 165,3 MG de recettes publiques prévues dans le budget 2017-2018 reconduit. D’un autre côté, les dépenses totales ont atteint 131 334,7 MG, dont 103 453,6 MG de dépenses budgétaires. Cet écart a été compensé par d’autres revenus incluant les certificats de trésorerie et les autres ressources affectées. Ces dépenses budgétaires se retrouvent ainsi en deçà du plafond de 109 308,00 MG prévu dans le budget 2017- 2018. Si l’on considère l’évolution de l’inflation qui s’est établie en rythme annuel à 19,5% au mois d’août 2019, il ressort que les recettes fiscales ont enregistré, en termes réels, une contre-performance significative conduisant à un financement monétaire de 9,2 milliards de gourdes pour l’exercice. Cependant, en dépit du ralentissement des activités et de la baisse des rentrées fiscales, ce financement représente 37,4% de celui enregistré un an plus tôt. Ceci résulte de la mise en œuvre du Pacte de Gouvernance Économique et Financière signé entre le Ministère de l’Économie et des Finances et la BRH au début de l’année 2019. III. LES DECISIONS DE POLITIQUE MONETAIRE AU QUATRIEME TRIMESTRE 2019 Au cours du dernier trimestre de l’exercice 2018-2019, la conduite de la politique monétaire, sans s’écarter de l’environnement incitatif orchestré par la mise en œuvre de l’agenda monétaire pro croissance, s’est inscrite dans le prolongement des mesures d’ordre restrictif prises à la fin du mois de mai 2019. Ces décisions ont en effet contribué à une relative stabilisation de la valeur de la BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 8 gourde, tout en renforçant la formalisation des opérations de change à travers notamment les circulaires de la BRH et du MEF, rappelant les institutions autorisées à opérer sur ce marché. Ainsi, les taux sur les bons BRH ont été maintenus à 10%, 14% et 22% sur les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement. De même, le taux de mise en pension est resté inchangé à 27%. L’acquisition par les banques commerciales des titres émis par le Gouvernement s’est poursuivie et en conséquence, l’encours des bons BRH a diminué de 18,15% sur le trimestre, pour s’établir à 3 562 MG au 30 septembre 2019. Par ailleurs, en vue de soutenir l’offre de devises, la BRH est intervenue sur le marché des changes à travers des ventes nettes totalisant 24,71 millions de dollars ÉU, ce qui a permis de stériliser un montant de liquidité équivalant à environ 2,4 milliards de gourdes sur la période juillet-septembre 2019. Ces injections ont porté à 163,76 millions de dollars ÉU le total des interventions nettes à la vente de la BRH sur l’ensemble de l’exercice contre 90,14 millions au cours de l’exercice fiscal antérieur. Parallèlement, la progression du financement monétaire a été déterminante dans l’évolution des indicateurs monétaires au 4 ème trimestre, particulièrement celle de la base monétaire au sens restreint 1 . Celle-ci s’est en effet accrue de 4,64% entre juin et septembre 2019, après un recul de 5,44% au trimestre précédent. Le comportement de la monnaie centrale au sens restreint résulte de la hausse concomitante des réserves en gourdes des banques commerciales à la BRH et de la monnaie en circulation, lesquelles ont affiché des taux de croissance respectifs de 6,57% et 2,67%. La base monétaire au sens large, pour sa part, continue de croitre à un rythme moindre, soit 1,57% en raison de la baisse de l’encours des bons BRH (-27,55%) et du net ralentissement du rythme de croissance des dépôts en dollars des banques commerciales à la BRH (+0,38% contre 15,41% au 3 ième trimestre). Au niveau des sources de la base monétaire, une baisse de 2,99% des avoirs extérieurs nets a été observée, sous l’effet des interventions de la BRH sur le marché des changes pour soutenir la valeur de la gourde. Parallèlement, le crédit net de la BRH à l’État a augmenté de 7,88%, traduisant ainsi l’atonie des finances publiques dans un contexte où les décaissements en appui au budget ne s’étaient pas matérialisés. 1 Base monétaire au sens restreint = monnaie en circulation + dépôts en gourdes des Banques commerciales à la BRH BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 9 Du côté de la masse monétaire, les données remontant au mois d’août 2019 ont indiqué des baisses respectives de M1 (-0,94%) et de M2 (-1,04%), en raison d’une variation négative des dépôts libellés en gourdes. L’agrégat M3 a affiché une baisse beaucoup moins prononcée (-0,03%), en raison de la hausse exprimée en gourde des dépôts libellés en dollar (+0,74%) ; laquelle hausse a reflété aussi bien un effet de change (+0,42%) qu’un effet de volume (+0,32%); portant ainsi le taux de dollarisation à 68,21%. S’agissant des contreparties de M3, les avoirs extérieurs nets du système bancaire ont légèrement augmenté de 0,11%, reflétant la hausse de 1,38% des avoirs extérieurs des banques commerciales alors que ceux de la BRH ont diminué de 0,54%. Parallèlement, le rythme de progression des créances nettes sur le secteur public s’est accentué, soit 9,22% contre 7,22% au trimestre précédent, en raison des incidences négatives de la dégradation du climat des affaires sur la situation financière de l’Etat. Un tel contexte est aussi source d’attentisme et d’incertitudes, affectant à la fois l’offre et la demande de crédit privé, dont le portefeuille s’est replié de 1,37% en août par rapport à juin 2019 en dépit de la hausse des prix dans l’économie. IV. LES RESULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SYSTEME BANCAIRE Pour ce qui est du système bancaire, les données disponibles pour les mois d’août et de juillet 2019 font état d’une évolution relativement favorable en termes de la qualité de l’actif et de la rentabilité en rythme trimestriel. Toutefois, en glissement annuel une détérioration relative de la qualité du portefeuille et une baisse de la rentabilité peuvent être observées. BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 10 Parallèlement, le Rendement des actifs ou ROA, calculé en fonction des résultats nets (bénéfices) sur les actifs, a connu une évolution favorable. Ainsi, il s’est chiffré à 1,62% en août 2019, après une progression de 0,17 point de pourcentage. Cette situation traduit la hausse plus que proportionnelle du résultat net du système bancaire par rapport à l’actif des banques. Cependant, en glissement annuel, un mouvement défavorable de 0,62% du ROA a été relevé. S’agissant du rendement des fonds propres (ROE) 2 , il a affiché une tendance similaire à celle du ROA. Ainsi, au 4 ème trimestre, le ROE est passé de 17,36% à 19,1% entre juin et août 2019. En rythme annuel, une baisse de 6,47% de ce ratio a été observée. En se référant au rendement moyen des prêts productifs, il a augmenté de 2,84 points de pourcentage en variation trimestrielle, pour se chiffrer à 14,83%. Parallèlement, la rémunération moyenne des dépôts a connu une hausse de 28 points de base pour se porter à 1,63%. Ces résultats ont ainsi conduit à une progression du rendement moyen de l’intermédiation financière, lequel a crû de 2,56 points de pourcentage au 4 ème trimestre par rapport à juin 2019. En août 2019, un renforcement de la dollarisation du système bancaire a été constaté au regard de deux des trois principaux ratios utilisés pour mesurer ce phénomène. Ainsi, les dépôts en devises convertis en pourcentage des dépôts totaux ont progressé, passant de 68,41% en juin à 68,56% en août 2019, résultant du comportement des dépôts à vue et d’épargne. De son côté, le ratio du portefeuille de prêts nets en devises convertis en pourcentage des prêts nets totaux a progressé de 94 points de base en rythme trimestriel, à 52,25%. En ce qui a trait à l’actif en devises converties, il a représenté près de 58,61% de l’actif total, contre 58,81% au 3 ème trimestre 2019. Se basant sur ce ratio, la dollarisation du système bancaire a baissé de 20 points de base. Les données du système bancaire sur la répartition du crédit par secteurs d’activités arrivant à juin 2019, ont établi le portefeuille à 133,5 milliards de gourdes, soit une croissance trimestrielle de 6,90%, contre 1,85% un trimestre auparavant. Cette performance est surtout expliquée par deux principaux secteurs : « Commerce de gros et détails », « Immobiliers résidentiel et commercial » dont les poids sont de 29,7% et de 19,6% respectivement. À eux deux, ils ont totalisé près de la moitié (49,3%) du crédit accordé par le système bancaire aux différents secteurs d’activité. Cependant en rythme trimestriel, la part du Commerce s’est accrue de 0,75%, tandis que celle de l’Immobilier a chuté de 1,42%, pour s’établir respectivement à 39,7 et 26,2 milliards de gourdes. 2 Le ratio des résultats nets sur les fonds propres BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 11 Concernant les autres secteurs d’activités, les industries manufacturières, avec une part de 14,1%, sont considérées comme le troisième 3 ième secteur ayant le portefeuille de crédit le plus élevé, avec une croissance de 9,6%, pour s’établir à 18,8 milliards de gourdes. Par ailleurs, deux secteurs d’activités ont connu une croissance importante en août 2019 par rapport à juin de la même année. Il s’agit du secteur d’« électricité, gaz et eau » (21,8%) et de celui des « services et autres » (15,6%) qui ont respectivement atteint 6,1 et 14,7 milliards de gourdes. Le secteur « agriculture, sylviculture et pêche », a obtenu la plus faible allocation de crédit du système bancaire, soit moins de 1% (0,8%) au cours du 4 ième trimestre de 2019. Les banques commerciales, suite à l’augmentation des taux d’intérêt sur les bons BRH à la fin du troisième trimestre, ont ajusté à la hausse les taux d’intérêt débiteurs en gourdes en les faisant passer en moyenne mensuelle de 15,22% en juin à 21,73% en août 2019. Par contre, les taux sur les dépôts à terme en gourdes ont reculé de 20 points de base, pour se chiffrer à 6,68%. Ceci a eu pour conséquence l’élargissement de la marge d’intermédiation financière à 15,05% en août contre 8,34% en juin 2019. Du côté des opérations en devises, la marge d’intermédiation s’est réduite de 0,6%, en raison de la baisse plus marquée des taux sur les prêts (1,09%) par rapport à ceux sur les DAT (0,49%). IV. PERSPECTIVES Les perspectives pour l’économie haïtienne demeurent mitigées, compte tenu de la situation socio- politique. Les prévisions réalisées par les services techniques de la BRH tablent sur la poursuite de la hausse du taux d’inflation annuel au premier trimestre de l’exercice 2019-2020. Ainsi, en glissement annuel, le taux d’inflation devrait s’inscrire à 20,1% en septembre 2019 puis à 20,3% en octobre et novembre 2019. Toutefois, ces estimations ne tiennent pas compte des différents chocs ayant affecté l’économie à partir de septembre 2019, notamment ceux liés à la rupture des activités de production et des circuits de commercialisation, dont l’impact sur l’offre de biens et services devrait se refléter sur l’évolution des prix à la consommation. En ce qui a trait au taux de croissance du PIB réel pour l’exercice 2018-2019, il pourrait, selon les dernières estimations, se situer dans la fourchette -0,6% et 0,0% en raison de la dégradation du climat des affaires découlant de la persistance des troubles socio-politiques. Cette situation risque d’accentuer l’attentisme et les anticipations négatives des opérateurs économiques avec des incidences négatives tant sur l’investissement que sur l’activité touristique. BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 12 Compte tenu de la conjoncture socio-économique qui prévaut depuis plusieurs trimestres, la BRH a dû faire un arbitrage difficile entre les attentes en matière de croissance et les objectifs de stabilité des prix et du change. Au moment du dernier resserrement des conditions monétaires, les troubles socio- politiques étaient tels que les décisions des agents ne semblaient pas rationnellement s’orienter dans le sens de nouveaux investissements. Dans le même temps, les coûts d’utilisation des lignes de crédit en gourdes permettaient avantageusement la réalisation de gains de change nets proportionnellement plus importants. C’est dans ce contexte que les décisions annoncées vers la fin de mai 2019 avaient visé à assainir l’environnement monétaire que les mois précédents de turbulences avaient contribué à déstabiliser. L’idée était d’aligner, à travers l’augmentation des taux directeurs, les instruments de politique monétaire avec l’évolution quantitative des variables qu’ils devraient influencer. Par la suite, les effets positifs d’un ensemble d’actions de nature politique et économique devaient justifier la baisse modulée des taux d’intérêt directeurs pour accommoder une reprise de la croissance plutôt saine et soutenable. Cependant, ces hypothèses ne se sont pas concrétisées en raison du climat socio- politique incertain. Elles incluaient : 1. La mise en place d’un nouveau gouvernement et le dépôt du budget au parlement ; 2. La signature de l’accord prévu avec le Fonds Monétaire avec des termes relativement inchangés par rapport aux discussions initiales de décembre 2018 ; 3. Une augmentation des appuis budgétaires et des aides liées aux projets de la part des principaux bailleurs; 4. Un relatif apaisement de la situation socio-politique accompagné d’un certain regain de l’activité économique favorisant ainsi un dynamisme des recettes publiques. Aujourd’hui, la BRH envisage une baisse de ces taux élevés qui se justifie à lumière des considérations qui suivent: 1- Les éléments de la conjoncture mentionnés ci-dessus, qui devraient permettre une gestion modulée des taux d’intérêt sur la base de l’évolution anticipée de l’indice de confiance des agents économiques, ne se sont pas matérialisés. 2- Dans un contexte de morosité exacerbée, le maintien de ces niveaux élevés de taux, prévus pour être modulé à la baisse, contient le risque systémique d’empirer la profitabilité des entreprises débitrices du système financier et de leurs créditeurs, interpellant conséquemment la Banque BRH- Note sur la politique monétaire – 4 ème trimestre de l’exercice fiscal 2019 13 centrale par rapport à sa mission de régulateur. En effet, le coefficient d’arrérage est passé de 2,55% en début d’exercice à 4,04% en avril pour atteindre 6,83% en août 2019. 3- La longue stabilité du taux de change ; celle-ci tend à contenir les variations de l’inflation dues à la dépréciation de la gourde en dépit de nos prévisions à la hausse du taux d’inflation qui ne s’expliquerait pas prioritairement et exclusivement par des facteurs monétaires que le prochain renouvellement du Pacte de Gouvernance Économique et Financière avec le Ministère de l’Économie et des Finances aidera à monitorer.

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Bank Repiblik Ayiti (BRH), 2019, Nòt sou Politik Monetè, https://www.brh.ht/wp-content/uploads/note_polmon4t19.pdf