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Mercredi de réflexion de la BID, septembre 2026 : dynamiques migratoires et transferts, introduction à l'étude de scénarios de la BRH

Mercredi de réflexion de la BID, septembre 2026 : dynamiques migratoires et transferts, introduction à l'étude de scénarios de la BRH

Banque de la République d'Haïti (BRH) • 2026-09 • 3 pages
Résumé — Le Gouverneur Ronald Gabriel a présenté, au Mercredi de réflexion de la BID du 23 septembre 2026, une étude de scénarios de la BRH sur les effets macrofinanciers d'une baisse des transferts de la diaspora dans le contexte du durcissement des mesures migratoires américaines, notamment du Statut de protection temporaire (TPS). Il dit qu'un changement de politique migratoire n'est pas un choc automatique sur les transferts et que la transmission toucherait le change, les réserves et la position budgétaire.
Constats Clés
Description Complète

Le Gouverneur dit que les transferts financent une large part de la consommation des ménages, constituent une source majeure de devises et soutiennent les recettes fiscales par la demande intérieure, que leur poids est bien plus élevé en Haïti que dans le reste de la région et que l'essentiel des flux provient des États-Unis. Le TPS, accordé à Haïti après le séisme de 2010 et renouvelé à plusieurs reprises, a connu deux épisodes majeurs de restrictions, en 2017 puis à partir de 2025. La question posée est ce qui arriverait à l'économie haïtienne si les transferts diminuaient fortement et de façon inattendue.

Il met en garde contre l'assimilation d'un changement de politique migratoire à un choc automatique de transferts : il existe une chaîne de transmission par le statut de séjour, l'emploi, le revenu des migrants et leur capacité d'envoi, avec des marges d'absorption comme l'épargne, un emploi alternatif ou la recomposition des envois. Une baisse frapperait d'abord le revenu des ménages, puis pourrait toucher le change, les réserves et la position budgétaire. Pour une banque centrale, l'enjeu est de comprendre comment une baisse se transmettrait au système macrofinancier et sur quel horizon, et il présente les premiers résultats de la Direction de la recherche (DREF) comme allant dans ce sens. Il annonce un atelier international de recherche en économie et en finance au cours de l'année à venir. Le texte ne donne aucun chiffre de scénario.

Secteurs
Géographie
Période Couverte
2026-09-23 — 2026-09-23
Texte Intégral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

Intervention du Gouverneur | Réflexions sur les enjeux économiques et financiers des dynamiques migratoires en Haïti | Mercredi de Réflexion de la BID Banque de la République d’Haïti (BRH), discours du Gouverneur Ronald Gabriel Publié le 25 septembre 2026 Source : https://www.brh.ht/intervention-du-gouverneur-reflexions-sur-les-enjeux-economiques-etfinanciers-des-dynamiques-migratoires-en-haiti-mercredi-de-reflexion-de-la-bid/ 23 septembre 2026 Madame la Représentante de la Banque Interaméricaine de Développement en Haïti, M. le PDG du Groupe Croissance Mesdames et Messieurs, Je voudrais tout d’abord remercier la BID pour son invitation et pour l’organisation de ce Mercredi de Réflexion, consacré aujourd’hui à un sujet d’une importance particulière pour Haïti : les nouvelles dynamiques migratoires et leurs conséquences sur les transferts privés et sur l’économie haïtienne. C’est toujours un plaisir pour la Banque de la République d’Haïti de participer à de tels espaces de réflexion, particulièrement lorsqu’ils permettent de mettre la recherche et l’analyse économique au service de questions concrètes qui concernent l’avenir de notre pays. Aujourd’hui, nos économistes vont présenter les résultats de scenario réalisé sur les effets macrofinanciers d’une baisse des transferts de la diaspora, dans le contexte des nouvelles mesures de restriction migratoire adoptées par l’administration américaine, en particulier le durcissement du Statut de protection temporaire (Temporary Protected Status : TPS). Avant quelques éléments de contextualisation, je voudrais faire une brève parenthèse sur la place que nous accordons à la recherche au sein de la BRH. Ce travail s’inscrit dans le nouveau cap institutionnel de la Banque de la République d’Haïti (BRH), qui place la recherche au cœur du processus décisionnel et vise désormais des questions de frontière. Notre stratégie cible à la fois des sujets capables de faire avancer la littérature académique et des questions qui touchent directement la stabilité macroéconomique et financière d’Haïti. Notre Direction de la recherche l’a déjà illustré à travers des travaux consacrés à différents chocs externes susceptibles d’affecter notre économie. Notre dernière présentation sur cet espace portait sur la situation au Moyen-Orient et ses implications possibles pour Haïti et travail qui sera présenté sous peu suit la même logique. Dans cet esprit, nous organiserons au cours de l’année à venir un atelier international de recherche en économie et en finance, dont les détails seront diffusés par notre département de communication dans les prochaines semaines. Nous souhaitons que les universités, les centres de réflexion et les chercheurs indépendants
s’engagent dans la même démarche, et qu’ils puissent questionner, discuter et, lorsque cela est nécessaire, critiquer nos travaux et nos analyses. C’est par ce dialogue que nous pourrons progressivement construire un véritable écosystème national de réflexion formalisée et de recherche scientifiques afin de réduire les bruits. Pour revenir à notre sujet, rappelons que les transferts de la diaspora sont l’un des piliers de l’économie haïtienne. Ils financent une large part de la consommation des ménages, constituent une source majeure de devises et soutiennent indirectement les recettes fiscales à travers la demande intérieure. Leur poids dans l’économie est bien plus élevé en Haïti que dans le reste de la région, et l’essentiel de ces flux provient des États-Unis. Ainsi, toute décision américaine qui touche la capacité des migrants haïtiens à résider et à travailler légalement dans ce pays mérite une attention particulière. C’est le cas du TPS. Accordé à Haïti après le séisme de 2010 et renouvelé à plusieurs reprises, ce statut a connu deux épisodes majeurs de restrictions, en 2017 puis à partir de 2025. La question que nous posons est simple à formuler : Que se passerait-il pour l’économie haïtienne si les transferts venaient à diminuer de manière importante et inattendue ? Toutefois, nous devons attirer l’attention sur une précaution essentielle : Il ne faut pas confondre changement de politique migratoire et choc automatique de transferts. Entre une décision concernant le statut migratoire et l’évolution effective des transferts vers Haïti, il existe toute une chaîne de transmission, qui passe par le statut de séjour, l’emploi, le revenu des migrants et leur capacité d’envoi. À chaque étape, les migrants disposent de marges d’absorption, comme l’épargne, un emploi alternatif ou la recomposition des envois. Le TPS est donc un facteur potentiel de risque sur les transferts, et non un déterminant automatique de leur évolution. Cette distinction est importante parce qu’elle définit aussi la manière dont nous devons aborder la question en matière de politique économique : avec vigilance, mais également avec prudence et rigueur analytiques. Un choc sur les transferts serait d’abord un choc sur le revenu des ménages. Mais ses effets pourraient ensuite se transmettre à plusieurs composantes du système macroéconomique. Ces mécanismes sont interdépendants. La baisse des transferts peut donc devenir progressivement un phénomène touchant à la fois le change, les réserves et la position budgétaire. C’est ici que se situe le véritable enjeu pour une banque centrale. Il ne s’agit pas uniquement de savoir quelle pourrait être l’ampleur d’une baisse des transferts. Il faut surtout comprendre comment cette baisse se transmettrait à l’ensemble du système macrofinancier et sur quel horizon. Les premiers résultats du travail de la DREF vont précisément dans cette direction. Mesdames et Messieurs, Les dynamiques migratoires constituent certes une réalité sociale et humaine fondamentale. Mais, pour une économie comme celle d’Haïti, elles sont également devenues une VARIABLE importante de notre architecture macroéconomique. Notre responsabilité collective est donc de mieux comprendre cette relation, d’en mesurer les vulnérabilités et de renforcer notre capacité d’anticipation. Il nous appartient, par conséquent, de ne pas spéculer sur ce qui pourrait se produire, mais de quantifier les mécanismes et construire les scénarios pertinents qui permettront de préparer les réponses appropriées. C’est précisément l’objectif du travail qui va être présenté Je souhaite enfin féliciter l’équipe de recherche pour cette contribution et remercier une nouvelle fois la BID de nous offrir cet espace d’échange pour le partage des réflexions de la BRH.

Comment citer

Banque de la République d'Haïti (BRH), Mercredi de réflexion de la BID, septembre 2026 : dynamiques migratoires et transferts, introduction à l'étude de scénarios de la BRH, https://www.brh.ht/publications/discours-du-gouverneur/

Titulaire des droits
Banque de la République d'Haïti (BRH)