(2023-03) Situation des droits de l'homme - Tendances principales - Rapport trimestriel : Janvier - Mars 2023
Resume — Ce rapport trimestriel détaille la situation des droits de l'homme en Haïti de janvier à mars 2023, soulignant une augmentation significative de la violence armée, des enlèvements et de la violence sexuelle. Les activités des gangs se sont étendues, affectant des zones auparavant sûres et entraînant des déplacements massifs et des perturbations socio-économiques. Le rapport aborde également les problèmes du système judiciaire et la montée des groupes d'autodéfense.
Constats Cles
- Le nombre de victimes de meurtres, de blessures et d'enlèvements a augmenté de 28% (1 634 cas) par rapport au trimestre précédent.
- La violence des gangs s'est étendue à des zones auparavant sûres de Port-au-Prince (Kenscoff, Pétion Ville) et au département de l'Artibonite.
- La violence sexuelle a continué d'être utilisée comme arme par les gangs pour terroriser et nuire à la population, en particulier les femmes et les filles.
- Les « brigades de vigilance » et les lynchages de foule contre les membres présumés de gangs et les criminels se sont multipliés dans la capitale, entraînant au moins 75 décès.
- Le secteur de la justice est resté dysfonctionnel avec des défis structurels persistants, notamment l'ingérence politique, la corruption et des taux élevés de détention provisoire (83%).
Description Complete
Le rapport couvre la situation des droits de l'homme en Haïti au cours du premier trimestre 2023, documentant une augmentation de 28% des victimes de meurtres, de blessures et d'enlèvements par rapport au trimestre précédent, totalisant 1 634 cas. La violence armée s'est intensifiée et étendue de Port-au-Prince au département de l'Artibonite, les gangs utilisant la violence sexuelle comme arme et des tireurs d'élite pour terroriser les populations. La montée des « brigades de vigilance » et des lynchages de foule contre les criminels présumés a également entraîné de nombreux décès.
L'impact socio-économique comprenait une inflation galopante, des taxes illégales imposées par les gangs aux entreprises et la fermeture d'écoles et d'établissements de santé en raison de l'insécurité. Le secteur de la justice est resté dysfonctionnel, marqué par l'ingérence politique, la corruption et un taux élevé de détention provisoire. Des sanctions internationales ont été imposées à 25 personnes liées à la corruption et au soutien aux gangs. Le rapport souligne également les déplacements forcés, avec plus de 127 000 personnes déplacées dans la capitale, et les expulsions massives de migrants haïtiens des pays voisins. Les recommandations incluent le soutien international pour le renforcement de la Police Nationale d'Haïti et la réforme judiciaire.