Migration internationale haïtienne : transformer une mobilité née des crises en potentiel de développement
- La diaspora est passée d'environ 1,15 million (2010) à plus de 2 millions (2024), environ 16 % de la population.
- 80 à 84 % des Haïtiens diplômés du supérieur vivent à l'étranger ; 6,38 professionnels de santé pour 10 000 habitants.
- Transferts d'environ 18,9 % du PIB en 2023, dont 70 à 84 % des États-Unis, coûts de 5 à 11 %.
- Plus de 216 000 expulsions depuis la République dominicaine en 2023 ; plus de 1,3 million de déplacés internes à la mi-2025.
- La Politique nationale de migration 2015-2030 n'a jamais été évaluée ; l'ONM et le MHAVE manquent de moyens.
Le rapport, préparé par la Banque mondiale avec l'Institut interuniversitaire de recherche et de développement (INURED) et publié le 30 septembre 2026, examine les tendances de l'émigration et leurs conséquences sur le capital humain, les facteurs et les routes migratoires par destination, le rôle des transferts de fonds, la migration de retour et les déplacements internes.
La diaspora est passée d'environ 1,15 million de personnes en 2010 à plus de 2 millions en 2024, soit une hausse de 74 %, et équivaut à environ 16 % de la population nationale. Les destinations se sont diversifiées au-delà des États-Unis, du Canada, de la France et de la République dominicaine vers le Brésil, le Chili et le Mexique, souvent par des routes terrestres irrégulières et des programmes de travail temporaire. On estime que 80 à 84 % des Haïtiens diplômés du supérieur vivent à l'étranger, et Haïti compte 6,38 professionnels de santé pour 10 000 habitants. Beaucoup de migrants qualifiés occupent des emplois peu qualifiés dans les pays d'accueil.
Les transferts sont passés de moins de 1 milliard de dollars au début des années 2000 à près de 4 milliards en 2021 et représentaient environ 18,9 % du PIB en 2023, plus que l'aide publique au développement, les exportations et l'investissement direct étranger réunis. De 70 à 84 % proviennent des États-Unis et les coûts de transfert vont de 5 à 11 % selon le corridor. La République dominicaine a enregistré plus de 216 000 expulsions en 2023 et environ 119 000 rapatriements de janvier à avril 2025. Plus de 1,3 million d'Haïtiens étaient déplacés par la violence des gangs à la mi-2025.
Les recommandations sont échelonnées dans le temps. À court terme : réviser la Politique nationale de migration 2015-2030, jamais évaluée, et renforcer le financement et la formation de l'Office national de la migration (ONM) et du ministère des Haïtiens vivant à l'étranger (MHAVE). Les mesures suivantes portent sur les données migratoires, les accords de migration de travail, la protection des droits des migrants, la réintégration des rapatriés et les programmes de compétences et d'investissement de la diaspora.
Comment citer
Banque mondiale, 2026, Migration internationale haïtienne : transformer une mobilité née des crises en potentiel de développement, https://openknowledge.worldbank.org/entities/publication/d0efc1db-9143-4463-93f0-467eb3eb285c
- Titulaire des droits
- World Bank