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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
31ème anniversaire de la PNH : Rapport sur les conditions générales
de fonctionnement de l’institution de juin 2025 à juin 2026
12 juin 2026
Sommaire
Pages
I.
Introduction
2
II.
Contexte de déroulement de la période analysée
2
a) Méthodologie
3
III.
Changements au sein de la PNH
3
IV.
Renforcement des capacités de la PNH et Coopération internationale
5
a) Formation
b) Matériels, Equipements et Infrastructures
5
6
Conditions générales de travail des agents.es de la PNH
7
a) Etat des Infrastructures, Equipements et Moyens logistiques
8
VI.
Agents.es de la PNH assassinés et/ou enlevés
11
VII.
Attaques armées contre des infrastructures policières
14
VIII.
Commentaires et recommandations
16
V.
31ème anniversaire de la PNH : Rapport sur les conditions générales de fonctionnement de l’institution
de juin 2025 à juin 2026
RNDDH – Rapport/M/A26/No5-VF
1
I.
Introduction
1.
Le 12 juin 2026 marque le trente-et-unième anniversaire d’existence de la Police
Nationale d’Haïti (PNH), une institution républicaine confrontée, depuis quelque temps, à
l’une des périodes les plus critiques de son histoire.
2.
Aujourd’hui, à l’occasion de cette commémoration, le Réseau National de Défense des
Droits Humains (RNDDH) se propose de dresser un état des lieux de la situation de
l’institution policière.
3.
Pour ce faire, l’organisation revient, entre autres, sur les principaux changements
institutionnels enregistrés au sein de la PNH de juin 2025 à juin 2026, les conditions
générales de travail des agents.es, l’état des infrastructures policières, les pertes humaines
enregistrées dans les rangs de l’institution ainsi que sur les attaques essuyées par celle-ci
au cours de la période analysée.
II.
Contexte de déroulement de la période analysée
4.
De juin 2025 à juin 2026, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a évolué dans un contexte
caractérisé par l’effondrement progressif de l’autorité de l’Etat, l’expansion des gangs
armés, la dégradation accélérée des conditions sécuritaires et la multiplication des
violations graves des Droits Humains.
5.
En effet, alors que l’Etat haïtien n’est pas arrivé, pendant la période analysée, à
rétablir les conditions minimales de sécurité dans les zones déjà tombées sous le contrôle
des gangs armés, ces derniers ont multiplié les attaques contre la population, les
infrastructures publiques et contre les forces de sécurité. De nouveaux quartiers de
l’Artibonite, du Centre, de l’Ouest et du Sud-est ont été le théâtre d’épisodes de violence.
Certains se sont entièrement vidés de leur population, ce qui a provoqué de nouveaux
déplacements forcés et aggravé la crise humanitaire déjà préoccupante dans le pays.
6.
Les affrontements entre gangs armés terroristes et agents.es de l’institution policière
ont aussi été multiples, ce qui a mobilisé une part considérable des ressources humaines et
logistiques de la PNH et a réduit tout aussi considérablement la capacité de l’institution à
assurer efficacement ses missions de sécurité publique et à intervenir rapidement dans
d’autres zones confrontées à l’insécurité.
7.
Cet environnement particulièrement hostile pour les citoyens.nes en général, a
fortement impacté l’institution policière. Entre juin 2025 et juin 2026, de nombreux
policiers.ères ont été assassinés, d’autres sont tombés lors des affrontements avec les
bandits armés terroristes. D’autres encore ont perdu la vie lors des attaques perpétrées
contre des patrouilles ou des infrastructures policières.
8.
Conséquemment, non seulement la pression opérationnelle constante sur les unités
déployées sur le terrain, a multiplié les besoins en matériels et équipements policiers, la
PNH a aussi continué, au cours de la période analysée, à faire face à une insuffisance des
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de juin 2025 à juin 2026
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effectifs, insuffisance aggravée par les pertes enregistrées dans les rangs des policiers.ères
ainsi que par les nombreux départs pour l’étranger, d’agents.es de l’institution.
9.
Par ailleurs, au cours de cette période, l’institution policière a également connu
plusieurs changements au niveau de son haut commandement car des mouvements
importants au sein de ses structures administratives et opérationnelles ont été remarqués.
Et, diverses initiatives de coopération internationale destinées à renforcer ses capacités
logistiques, techniques et tactiques ont été observées. Cependant malgré ces efforts, les défis
demeurent considérables et traduisent les limites d’une institution confrontée à une crise
multidimensionnelle sans précédent.
10. C’est donc dans ce contexte que la période juin 2025 – juin 2026 s’est déroulée pour
l’institution policière.
a) Méthodologie
11. Pour la période analysée, le RNDDH a réalisé cent-sept (107) visites de monitoring
dans cinquante (50) commissariats et sous-commissariats du pays. Des entretiens ont alors
été effectués avec des agents.es de la PNH en fonction dont certains sont affectés dans les
postes de police monitorés et d’autres, dans des unités spécialisées de l’institution.
12. Des témoignages de proches de policiers.ères victimes dans l’exercice de leurs
fonctions ont aussi été collectés. Et, des rencontres de travail ont été réalisées avec des
membres du directoire de l’institution.
13. Ce sont ces données recueillies lors des activités susmentionnées qui, après
vérification et analyse, seront utilisées pour l’élaboration de ce rapport.
III.
Changements au sein de la PNH
14. Au cours de la période couverte par le présent rapport, de nombreux changements ont
été opérés au sein de l’institution policière, ce qui a retenu l’attention du RNDDH :
•
Le 8 août 2025, en Conseil des ministres, le directeur général a.i. de la PNH Rameau
NORMIL a été révoqué. L’inspecteur général André Joseph Vladimir PARAISON a été
installé à ce poste ;
•
Le 9 août 2025, le commissaire divisionnaire Jacques Joël ORIVAL a été nommé à la
tête de la Direction Centrale de la Police Administrative (DCPA), en remplacement
d’Arol Enol ALPHONSE. Le même jour, Alain AUGUSTE a pris la tête de la Direction de
l’Administration et des Services Généraux (DGASG) ;
•
Le 13 août 2025, Frédéric LECONTE a été installé au poste d’inspecteur général de la
PNH en remplacement de l’inspecteur général Frantz THERMILUS ;
•
Le 15 août 2025, le commissaire principal Nacius Junior LACOMBE a été installé à la
tête du commissariat de Delmas, remplaçant à ce poste le commissaire principal
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Lavaud BELIMAIRE, transféré pour sa part, à la Direction Départementale de
l’Ouest - 1 (DDO-1) ;
•
Le 16 août 2025, le commissaire divisionnaire Justin MARC a été installé à la tête de
la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Le même jour, le commissaire
principal Franck MERISIER a été installé en tant que responsable au commissariat de
l’Aéroport International Toussaint Louverture. Il remplace à ce poste le commissaire
principal Sergo DASMY qui, pour sa part, a été installé deux (2) jours plus tard, soit le
18 août 2025, au poste d’adjoint du directeur du personnel de la PNH, en
remplacement de Rémy JEAN-BAPTISTE ;
•
Le 19 août 2025, le commissaire divisionnaire Jean Pedro MARS a été installé au poste
de responsable des Garde-Côtes en remplacement de l’inspecteur divisionnaire Jeanty
DUROIL ;
•
Le 22 août 2025, le commissaire divisionnaire Riguet MILDORT est devenu le nouveau
responsable de la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP), en remplacement
du commissaire divisionnaire Marlon W. ROMAGE ;
•
Le 23 août 2025, le commissaire divisionnaire Jacques ADER a été installé à titre de
directeur départemental de l’Artibonite (DDA). Moins d’un (1) mois plus tard, soit le
21 septembre 2025, il a été écarté de son poste pour être remplacé par Prévil Jean
CASTRO. Le 12 décembre 2025, il a officiellement pris ses fonctions à titre de directeur
départemental de l’Ouest 1 (DDO-1) où il n’a exercé ses fonctions que durant trois (3)
mois, puisque le 17 mars 2026, il a été remplacé à ce poste par le commissaire
divisionnaire Cantave YVON ;
•
Le 6 septembre 2025, le commissaire divisionnaire Fred JOSEPH a été nommé
directeur départemental du Nord-Ouest (DDNO), remplaçant à ce poste le
commissaire divisionnaire Clevens CETOUTE, transféré, pour sa part, à la Direction
Centrale de la Police Administrative (DCPA) ;
•
Le 24 septembre 2025, le commissaire municipal Appolon ALIX a été installé au poste
de commandant de la Brigade d’Opération et d’Intervention Départementale (BOID) ;
•
Le 6 octobre 2025, le commissaire divisionnaire Jhon Games OLIVIER a été installé à
la tête de l’École Nationale de Police (ENP), en remplacement du commissaire
divisionnaire Prédestin SEM ; Plus de cinq (5) mois plus tard, soit le 17 mars 2026,
c’est le commissaire principal Joseph Rolind JEAN LOUIS qui a été nommé directeur
de l’ENP. Charles VERNET a, pour sa part, été installé au poste de directeur adjoint
de l’ENP ;
•
Le 15 octobre 2025, le commissaire principal Nestor ERESTE, remplaçant son
prédécesseur le commissaire principal Jean Jude CHERY, est devenu le nouveau
responsable du Commissariat de Saint-Marc ; Cinq (5) mois plus tard, soit le 16 mars
2026, il a été remplacé par le commissaire principal Lyvenson GAUTHIER ;
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•
Le 3 novembre 2025, lors d’une cérémonie organisée au Palais National, le
commissaire divisionnaire Pierre Louis CANGE a été élevé au rang d’inspecteur
général et a été installé au même moment au poste de coordonnateur de la sécurité
présidentielle ;
•
Le 30 décembre 2025, l’inspecteur général Mario AUBERGISTE a été nommé chef de
cabinet du directeur général de la PNH. Il remplace à ce poste Berson SOLJOUR ;
•
Le 17 avril 2026, l’inspecteur divisionnaire Ronald ST ROSE a remplacé le commissaire
divisionnaire Jean Louis Paul MENARD à la tête du Corps d’Intervention et de
Maintien d’Ordre (CIMO) ; Le même jour, la commissaire divisionnaire Magalie
BELNEAU a été remplacée par le commissaire divisionnaire Apollos VILLETTE à la tête
de la Direction Départementale du Sud-Est.
IV.
Renforcement des capacités de la PNH et Coopération internationale
15. De juin 2025 à juin 2026, plusieurs initiatives ont été entreprises afin de renforcer les
capacités opérationnelles de la PNH. En ce sens, des séances de formation ont été conduites
au profit des agents.es de l’institution. Des matériels et équipements policiers ont été acquis
par l’Etat haïtien ou offerts en dons par des membres de la communauté internationale.
Des infrastructures ont été réparées et d’autres, nouvelles, ont été inaugurées.
a) Formation
16. Dans le cadre de la mise en œuvre du projet P4000, le 5 octobre 2025, huit-cent-quatrevingt-douze (892) aspirants policiers dont sept-cent-trente-et-un (731) hommes et centsoixante-et-une (161) femmes ont entamé leur formation à l’École Nationale de Police (ENP).
Un peu plus de trois (3) mois après, soit le 23 janvier 2026, huit-cent-soixante-dix-sept (877)
agents.es ont été gradués, parmi eux cent-cinquante-six (156) femmes. Ils font partie de la
35ème promotion de la PNH ;
17. Le 12 novembre 2025, vingt-trois (23) policiers.ères dont une (1) femme, sont partis en
Colombie suivre une formation spécialisée d’une durée de douze (12) mois, destinée à
renforcer les capacités professionnelles de la PNH ;
18. Le 1er décembre 2025, une session de formation destinée aux policiers.ères de l’Unité
Temporaire Anti-Gang (UTAG), de la Special Weapons and Tactics (SWAT), de la Brigade
de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS) et de la Brigade de Recherche et
d’Intervention (BRI) a été lancée à l’Académie Nationale de Police (ANP), avec l’appui de
l’unité d’élite de la police française dénommée Recherche, Assistance, Intervention,
Dissuasion (RAID) ;
19. Le 8 février 2026, la rentrée en formation de la 36ème promotion de la PNH a été lancée
à l’École Nationale de Police (ENP). Mille-deux-cents (1 200) aspirants.es dont deux-centtrente-neuf (239) femmes, ont été admis. Le 29 mai 2026, mille-cent-quatre-vingt-douze (1
192) nouveaux agents.es ont été accueillis au sein de l’institution policière. Cette promotion,
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dénommée « Les Indigènes », compte neuf-cent-cinquante-quatre (954) hommes et deux-centtrente-huit (238) femmes ;
20. Le 26 mai 2026, l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), avec
l’appui du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et du Bureau Intégré des Nations
Unies en Haïti (BINUH), a lancé un atelier de sensibilisation sur le respect des Droits
Humains destiné aux unités spécialisées engagées dans la lutte contre le grand banditisme
en Haïti. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités
professionnelles des forces de l’ordre, se déroulera jusqu’au 24 juin 2026.
b) Matériels, Equipements et Infrastructures
•
Dans les commissariats de Port-au-Prince, de Tabarre ainsi qu’au sous-commissariat
de Canapé-Vert et de Delmas 62, des travaux d'entretien ont été réalisés avec le
soutien de la Fondation Panaméricaine de Développement (PADF) ;
•
Le 6 septembre 2025, un lot de matériels et d’équipements acquis par le gouvernement
haïtien, a été livré à l’Aéroport International Toussaint Louverture à bord du vol cargo
ER-BAR. Il s’agit de dix (10) véhicules blindés et d’équipements de protection
individuelle destinés aux unités spécialisées déployées sur le terrain ;
•
Le 27 décembre 2025, la PNH a reçu vingt-cinq (25) véhicules blindés de transport de
troupes fournis avec l’appui du gouvernement américain à travers le Bureau of
International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) ;
•
Le 5 février 2026, la PNH a reçu trois (3) chars blindés à chenilles offerts par la Corée
du Sud ;
•
Le 11 février 2026, avec le financement du Canada via l’Organisation des États
Américains (OEA), un centre de formation destiné aux unités spécialisées de la PNH
a été inauguré à Morne-Casse, dans le département du Nord-est. Ce centre dispose
d’un stand de tir, de parcours tactiques et d’un système d’énergie solaire. Sa capacité
est estimée à deux-cents (200) policiers.ères par session ;
•
Le 17 février 2026, la PNH a reçu dix (10) véhicules blindés du Canada et du Bureau
des Nations Unies pour les Services d’Appui aux Projets (l’UNOPS) ;
•
En mars 2026, l’Union Européenne et l’Organisation des Etats Américains (OEA) ont
lancé un projet de construction de cinq (5) bases opérationnelles avancées, destinées
à la PNH dans le département de l’Ouest. Ce projet, estimé à dix-millions (10.000.000)
d’euros, vise à renforcer la lutte contre les groupes armés ;
•
Le 14 avril 2026, la PNH a reçu un nouveau bâtiment localisé dans la ville des Cayes
ainsi que plusieurs meubles de bureau, pour la Direction Départementale du Sud. Ces
infrastructures ont été réalisées avec le soutien financier du gouvernement canadien
à travers le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ;
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•
Le 27 mai 2026, la PNH a procédé à l’inauguration du nouveau sous‑commissariat de
Robillard, dans la commune de Plaine‑du‑Nord ;
•
Le 25 mai 2026, soit deux (2) jours avant leur graduation et avec le soutien du Bureau
of International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL), des États-Unis, du
Canada et du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), la PNH a remis
aux policiers.ères de la 36ème promotion, un lot de matériels et d’équipements destinés
à appuyer leurs futures missions au service de la population. Il s’agit de kits de
nettoyage d’armes, de gants et de chapeaux de parade, de chemises, de gilets de
circulation ainsi que de pantalons du type Battle Dress Uniform (BDU).
V.
Conditions générales de travail des agents.es de la PNH
21. Tel que déjà mentionné, pour décrire les conditions générales de travail des agents.es
de la PNH, l’état des infrastructures et le manque de matériels et d’équipements policiers,
de juin 2025 à juin 2026, le RNDDH s’est entretenu avec des agents.es de l’institution, lors
des cent-sept (107) visites de monitoring réalisées dans cinquante (50) postes de police. Il
s’agit de :
1) Commissariat d’Abricot
2) Commissariat d'Acul-du-Nord
3) Commissariat d’Ennery
4) Commissariat de Bahon
5) Commissariat de Bainet
6) Commissariat de Bas Limbé
7) Commissariat de Belladère
8) Commissariat de Bonbon
9) Commissariat de Boucan Carré
10) Commissariat de Cerca Carvajal
11) Commissariat de Chansolme
12) Commissariat de Delmas 33
13) Commissariat de Dondon
14) Commissariat de Fonds-des-Nègres
15) Commissariat de Gros-Morne
16) Commissariat de Haut-du-Cap
17) Commissariat de Jacmel
18) Commissariat de Jérémie
19) Commissariat de Kenscoff
20) Commissariat de La Victoire
21) Commissariat de Lascahobas
22) Commissariat de L'Azile
23) Commissariat de Maïssade
24) Commissariat de Marfranc
25) Commissariat de Marmelade
26) Commissariat de Moron
27) Commissariat de Ouanaminthe
28) Commissariat de Perches
29) Commissariat de Pétion-Ville
30) Commissariat de Port-au-Prince
31) Commissariat de Port-de-Paix
32) Commissariat de Roseaux
33) Commissariat de Saint-Michel de
l’Attalaye
34) Commissariat de Tabarre
35) Commissariat de Terrier-Rouge
36) Commissariat de Thomonde
37) Commissariat des Gonaïves
38) Sous-Commissariat de Baptiste
39) Sous-Commissariat de Beaudouin
40) Sous-Commissariat de Canapé-vert
41) Sous-Commissariat de Carrefour Bac
42) Sous-Commissariat de Delmas 62
43) Sous-Commissariat de Duchity
44) Sous-Commissariat de Domond
45) Sous-Commissariat de Marbial
46) Sous-Commissariat de Puilboreau
47) Sous-Commissariat de Ranquitte
48) Sous-commissariat de Robillard
49) Sous-Commissariat de Saint Michel
des Nippes
50) Sous-Commissariat de Vivy Mitchell
22. Les conditions de travail des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) demeurent
particulièrement difficiles.
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23. En raison du contexte préoccupant de sécurité, dans les départements de l’Artibonite,
du Centre et de l’Ouest, les policiers.ères sont exposés de manière systématique aux
attaques menées par des bandits armés terroristes. Cette exposition est particulièrement
élevée lors des interventions, des patrouilles et des opérations de maintien ou de
rétablissement de l’ordre.
24. Les rémunérations des policiers.ères ne tiennent pas compte du prix du panier de la
ménagère. Ainsi, ils travaillent sur la base d’un horaire contraignant alors que leurs
émoluments ne peuvent même pas leur permettre de prendre soin de leur famille et de leurs
progénitures. De plus, les retards dans le paiement des salaires et les incertitudes dans
l’octroi de certains avantages engendrent une situation de stress qui aurait pu être évitée.
25. Depuis plusieurs années, les autorités étatiques dont des membres du Conseil
Supérieur de la Police Nationale (CSPN) promettent d’adopter un budget de guerre
impliquant entre autres l’acquisition d’armes, de munitions et d’équipements de protection
personnelle pour les policiers.ères; l’achat de véhicules et d’autres matériels spécialisés de
déplacement en quantité suffisante ; l’adoption de mesures exceptionnelles pour la prise en
charge des agents.es blessés lors des opérations et la mise en place d’un mécanisme accéléré
de traitement des données recueillies par les cellules de renseignement et d’intelligence.
Cette promesse de budget de guerre pour l’exercice fiscal 2025–2026 n’a pas abouti.
Conséquemment, les policiers.ères ne disposent pas des matériels et équipements suffisants
pouvant permettre de mitiger les risques auxquels ils sont exposés, lors des opérations en
délogement des bandits armés terroristes.
a)
Etat des Infrastructures, Equipements et Moyens logistiques
26. Si certains bâtiments accueillant les postes de police sont en bon état ou encore ont
été réparés avec le soutien de certains partenaires de la PNH, d’autres ont été, au cours de
la période, pillés, incendiés puis détruits par les bandits armés terroristes, notamment dans
les départements de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest. Certains autres, localisés dans
tous les départements géographiques du pays sont sales, nauséeux, non-alimentés en
électricité et ne répondent pas aux normes minimales de sécurité tant pour les agents.es
qui y sont affectés que pour les citoyens.nes qui les fréquentent.
27. De plus, en dépit des différents dons et acquisitions consentis au cours de la période
analysée, les commissariats et sous-commissariats continuent de faire face à un déficit
important en matière d'équipements et de moyens logistiques. En effet, les agents.es ne
disposent pas de véhicules fonctionnels suffisants pouvant leur permettre d’assurer une
certaine régularité dans les patrouilles, dans les interventions ainsi que dans le transport
du personnel lors des opérations. Les gilets pare-balles ainsi que tout l’équipement policier
de protection personnelle, ne sont pas distribués aux postes de police sur la base du nombre
d’agents.es qui y sont affectés. De même, les armes, les munitions les menottes, les
équipements de radiocommunication et les tubes de gaz lacrymogènes sont insuffisants. En
voici quelques exemples :
•
Le commissariat d’Abricot loge dans un bâtiment en mauvais état dont les dortoirs
sont totalement démunis. Il ne compte ni matériel de bureau, ni matériel de police, ni
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véhicule de service. Le propriétaire de la maison où loge ledit poste de police se plaint
de ce que depuis plusieurs années, il n’a reçu aucun paiement de l’Etat, pour la
location de son immeuble ;
•
Le commissariat de l’Acul-du-Nord loge dans un bâtiment délabré: la toiture est
effondrée et une partie du bâtiment est trouée. Les dortoirs réservés aux policiers.ères
sont également en très mauvais état ;
•
La toiture du bâtiment logeant le commissariat du Bas-Limbé est en mauvais état. De
plus, il n’est pas alimenté en électricité ;
•
Les commissariats de Bonbon et de Roseaux logent chacun dans une petite maison
exiguë et en mauvais état. Ils ne disposent pas de dortoir pour les policiers.ères ni de
matériels et équipements de police ou encore, des véhicules de service ;
•
Le commissariat de Chambellan loge dans une maison louée par l’État haïtien.
Cependant, depuis plusieurs années, le propriétaire de l’immeuble n’a reçu aucun
paiement. De plus, la toiture est en très mauvais état et laisse passer l’eau de pluies.
Il n’y pas de dortoir pour les policiers.ères ;
•
La toiture du Sous-Commissariat de Carrefour-Bac est partiellement effondrée.
Restreint et mal positionné selon plusieurs en raison du roc sous lequel il se trouve,
ledit poste de police ne dispose ni de matériel de bureau, ni de matériel de police.
Aucun véhicule de service n’est non plus disponible ;
•
Les problèmes auxquels sont confrontés les postes de police du département du Centre
dont les commissariats de Belladère, de Lascahobas et de Maïssade ainsi que les souscommissariats de Baptiste et de Domond, sont multiples et similaires : manque de
véhicules de déplacement, bâtiments en mauvais état, absence de dortoirs réservés
aux policiers.ères et difficultés liées à l’énergie ;
•
La toiture du bâtiment accueillant le commissariat de Dondon est trouée et l’espace
est insalubre dans son ensemble ;
•
A l’entrée du sous-commissariat du Haut-du-Cap coule en permanence une eau sale
et nauséabonde, ce qui rend l’accès au bâtiment particulièrement compliqué lors des
pluies ;
•
Le commissariat de Jacmel est situé au rez-de-chaussée du bâtiment qui accueille la
Direction Départementale du Sud-est. Il ne possède pas de dortoir pour les
policiers.ères. La garde à vue comprend deux (2) cellules plongées dans l’obscurité
totale en cas de coupure de l’électricité. De plus, l’Unité Départementale de Maintien
d’Ordre (UDMO) est aussi localisée dans l’enceinte dudit bâtiment, dans une petite
pièce totalement inappropriée ;
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•
Le commissariat de Jérémie loge dans une ancienne maison fissurée par endroit, après
le passage du cyclone Matthew. Sans dortoir, non alimenté en électricité, ce
commissariat qui représente un danger pour les agents.es qui y sont affectés, ne
dispose pas non plus de moyen de déplacement ;
•
Le bâtiment du sous-commissariat de Marbial, dans le Sud-Est, est en très mauvais
état ;
•
Le Sous-Commissariat de Duchity loge dans une ancienne maison dont une partie est
en bois. Il ne dispose ni de matériel de bureau ni de matériel de police, ni de véhicule
de service ;
•
Les commissariats de Marfranc et de Moron disposent chacun d’un dortoir dépourvu
de tout. Les agents.es ne disposent d’aucun matériel de police ni de véhicule de
service ;
•
Les deux (2) cellules de garde-à-vue du commissariat de Pétion-Ville, insalubres et
non-aérées dégagent une odeur nauséabonde, en raison du grand nombre de
retenus.es qui y sont gardés et des conditions d’hygiènes précaires dans lesquelles ils
pataugent. Ces cellules, qui représentent un danger pour les retenus.es, sont aussi
contiguës au bureau du chef de poste, une proximité qui expose les agents.es à des
risques sanitaires ;
•
Dans les commissariats et sous-commissariats de Delmas, de Kenscoff, de Port-auPrince, de Tabarre et de Vivy Mitchell, les espaces de rétention, insuffisants et
inadaptés à la garde des retenus.es, sont utilisés comme cellules de détention. De plus,
Port-au-Prince, Tabarre et Vivy Mitchell ne disposent pas de suffisamment de
véhicules de service fonctionnels en vue de leur permettre de couvrir efficacement
l’étendue de leur juridiction. Les agents.es font aussi face à une insuffisance
importante de matériels informatiques et de bureau, ce qui handicape leur travail. Et,
si à Tabarre, à Port-au-Prince et à Kenscoff, l’approvisionnement en eau potable est
difficile, à Vivy Mitchell même l’eau de service est rarement disponible ;
•
Depuis le 30 mars 2026, le commissariat de Ouanaminthe accueille aussi la prison
civile de la ville. Cette décision fait suite à celle de mettre en place la juridiction de
première instance de Ouanaminthe. Le commissariat ne dispose que de matériels de
bureau usagés en très mauvais était et d’un (1) seul véhicule de service fonctionnel,
les autres étant en panne. La garde-à-vue compte quatre (4) cellules, dont trois (3)
desservent aujourd’hui la prison. L’une des trois (3) cellules est réservée aux femmes
qu’elles soient en rétention ou en situation de détention. Une salle exiguë, équipée
seulement de deux (2) chaises, de deux (2) tables et d’un (1) classeur, sert de bureau
au directeur de la prison. Les détenus.es se nourrissent à leurs frais ou grâce à des
dons.
•
Le commissariat de Port-de-Paix, dans le département du Nord-Ouest, loge dans un
bâtiment en très mauvais état. Des espaces ont été aménagés sur la cour dudit
commissariat afin d’y installer certains bureaux. À l’intérieur du bâtiment se trouve
31ème anniversaire de la PNH : Rapport sur les conditions générales de fonctionnement de l’institution
de juin 2025 à juin 2026
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une garde à vue composée de deux (2) cellules : une (1) pour les femmes et une (1) autre
pour les hommes. Ces cellules accueillent souvent un grand nombre de retenus.es, ce
qui complique la tâche des policiers.ères. L’espace est nauséabond, principalement
parce que les personnes placées en garde à vue font leurs besoins physiologiques à
l’intérieur même des cellules, qui restent fermées en permanence.
VI.
Agents.es de la PNH assassinés et/ou enlevés
28. Pour la période allant de juin 2025 à juin 2026, trente-cinq (35) agents.es de la PNH
ont été assassinés parmi eux, trois (3) ont été enlevés puis sont portés disparus. Vingt-et-un
(21) parmi eux sont tombés dans des affrontements avec des bandits armés terroristes. Ces
données portent à quarante-cinq (45) le nombre de policiers.ères tués de janvier à décembre
20251. Voici les informations recueillies à leur sujet par le RNDDH :
•
Le 15 juin 2025, à Campêche, zone de Carrefour-Feuilles, dans le département de
l’Ouest, l’agent Grégory LEBLANC a été tué par des bandits armés ;
•
Dans la soirée du 21 au 22 juin 2025, à Debussy dans le département de l’Ouest, l’agent
Richenord DESCOUBETH, alias Khalifa a été tué par balles alors qu’il participait à une
activité festive. Il était affecté à la Brigade d’Opération et d’Intervention
Départementale (BOID) ;
•
Le 3 juillet 2025, le policier Dickenson KEURETTE a été tué à Fer-à-Cheval, sur la route
reliant Mirebalais à Lascahobas dans le département du Centre. Issu de la troisième
promotion de la PNH, il était affecté à la Brigade d’Intervention du Commissariat de
Lascahobas ;
•
Le 3 juillet 2025, à Delmas 32, dans le département de l’Ouest, l’agent Junior
THIMOTHE a été tué par des membres d’une brigade d’autodéfense ;
•
Le 5 juillet 2025, dans un affrontement avec des bandits armés, l’agent Eliov
MARCELIN, membre de l’Unité Temporaire Anti-Gang (UTAG), a été tué dans la
localité de Désarmes dans le département de l’Artibonite ;
•
Le 5 juillet 2025, vers 3 : 00 heures du matin, le policier Olrich JOSEPH a été
grièvement blessé par balles lors d’une attaque perpétrée par des bandits armés à
Viard, commune de Kenscoff dans le département de l’Ouest. Transporté d’urgence à
l’hôpital, il a succombé à ses blessures ;
•
Le 19 juillet 2025, Pierre Juste VILLARD, agent affecté au Corps d’Intervention et de
Maintien de l’Ordre (CIMO), a été tué par des individus armés à Carrefour Pè,
commune de Milot, dans le département du Nord ;
1 Les informations concernant les policiers.ères tués de janvier à juin 2025 sont inscrites dans le
rapport du RNDDH intitulé 30ème anniversaire de la Police Nationale d’Haïti (PNH) : Le
RNDDH salue la lutte des policiers.ères pour le rétablissement de la sécurité, publié le 12 juin
2025 : https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2025/06/6-Rap-PNH-12Juin2025.FR_-1.pdf
31ème anniversaire de la PNH : Rapport sur les conditions générales de fonctionnement de l’institution
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•
Le 22 juillet 2025, les agents Jean Louis DANIEL, Darius DANIEL et Fegensly MERTUS,
tous membres de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO), ont été tués à
Liancourt, dans le département de l’Artibonite, lors d’une opération au cours de
laquelle le véhicule blindé à bord duquel ils se trouvaient a été pris au piège et
incendié par des bandits armés ;
•
Le 25 juillet 2025, dans la matinée, le policier Mackly Ritchy ALEXIS, membre de la
BOID a été tué par des bandits armés à Kenscoff, dans la zone de Téléco, département
de l’Ouest ;
•
Le 29 juillet 2025, à Delmas 75, le policier Marquès PHILOCLES a été tué par des
individus armés ;
•
Le 11 août 2025, Guy Rurley BATHALIEN, agent affecté à l’UTAG, participait à une
opération policière à Liancourt, dans le département de l’Artibonite, lorsqu’il a été
blessé par balles. Il est décédé des suites de ses blessures ;
•
Le 13 août 2025, très tôt dans la matinée, un véhicule blindé de la PNH est tombé
dans une embuscade tendue par des bandits armés à Kenscoff, dans la zone de Téléco.
Feu a été mis au blindé. Deux (2) policiers de la BOID, Jean Guerby TOUSSAINT et
Max Youry SAINTE-ROSE, ont été tués sur le coup. Plusieurs armes ainsi que d’autres
matériels ont été emportés par les bandits armés qui ont aussi profané les cadavres
des policiers assassinés et en ont posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Trois (3)
autres agents ont été blessés ;
•
Dans l’après-midi du 19 août 2025, deux (2) agents affectés à la SWAT, Jean Porky
BISSON et Samuel LISSADE ont été tués à Kenscoff par un drone kamikaze qui a
explosé sur leur lieu de cantonnement. Outre ces deux (2) agents tués sur place, au
moins cinq (5) autres ont été blessés. Ils ont été transportés à l’hôpital ;
•
Dans l’après-midi du 9 septembre 2025, le policier Thelusma DERVILIEN, affecté à la
BRI, a été tué par des individus armés alors qu’il se trouvait à Tabarre 48, dans la
zone de Coin 48, département de l’Ouest. Il venait de descendre de son véhicule
lorsque lui ainsi que deux (2) autres personnes qui l’accompagnaient, ont été abattus ;
•
Dans la matinée du 18 octobre 2025, le policier Rivalcey ABNER, affecté au
commissariat de Fonds-des-Blancs, dans le département du Sud, a été tué par balles
par des individus armés. Il participait à l’exécution d’un mandat d’amener émis contre
la dame Venante SENATUS ;
•
Dans la nuit du 28 au 29 octobre 2025, à Kenscoff, dans le département de l’Ouest,
l’agent Rodler BLAISE a été tué par des bandits armés terroristes ;
•
Le 6 novembre 2025, à la Minoterie, non loin de Source-Matelas, dans le département
de l’Ouest, l’agent Jean Jude HYACINTHE a été enlevé par des bandits armés alors
qu’il se trouvait à bord d’un véhicule de transport en commun en direction de Port-auPrince, en vue d’assister aux funérailles d’un proche. Ce jour-là, il ne portait ni arme
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RNDDH – Rapport/M/A26/No5-VF
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ni badge. Ses agresseurs ont intercepté le véhicule et enlevé uniquement le policier,
laissant les autres passagers poursuivre leur route. L’agent Jean Jude HYACINTHE
qui était affecté au CIMO et en poste à l’Arcahaie, n’est jamais rentré chez lui, selon
les informations du RNDDH ;
•
Le 14 novembre 2025, l’Agent I Wadley JEUNE, affecté à la BRI, participait, à
Lascahobas dans le département du Centre, à une opération policière contre des
bandits armés lorsqu’il a été blessé par balles. Il est décédé des suites de ses
blessures ;
•
Le 15 novembre 2025, dans la matinée, à Delmas 33, l’agent Angelot JEANTY a été tué
par plusieurs balles ;
•
Le 17 novembre 2025, le policier Josué SAINTIMA, affecté à l’UDMO participait à une
opération policière dans la localité Laboderie, entre les communes de l’Arcahaie et de
Cabaret, lorsqu’il a été grièvement blessé. Transporté tardivement à l’hôpital en
raison des difficultés rencontrées dans le cadre de son évacuation, il est décédé des
suites de ses blessures ;
•
Dans la soirée du 18 novembre 2025, le policier Richard JEAN-LOUIS, affecté au
commissariat de Port-au-Prince, a été tué par des bandits armés alors qu’il affrontait
ces derniers à Turgeau, dans la zone de l’église Sacré-Cœur. Feu a été mis à son
cadavre ;
•
Le 25 novembre 2025, l’agent Jackson PETIT-MAITRE, affecté à l’UDMO, a été tué à la
Croix-des-Bouquets par des bandits membres du gang des 400 Mawozo. Il était revenu
de Saint-Louis-du-Nord régler un ordre de transfert vers Port-au-Prince lorsqu’il a été
assassiné ;
•
Le 26 novembre 2025, l’agente Daphney SIMILIEN affectée à l’Unité de Sécurité
Générale du Palais National (USGPN), revenait d’une banque commerciale lorsqu’elle
a été tuée à Delmas 75, zone Cassagnol 19 par des individus armés non identifiés ;
•
Le 19 décembre 2025, deux (2) agents du Corps d’Intervention et de Maintien d’Ordre
(CIMO), Ézéchiel MAITRE et Fleurant PHILIPPE, qui se trouvaient à bord d’un autobus
de transport en commun, ont été enlevés par des bandits armés dans la zone de
Canaan. Ils se rendaient à l’Arcahaie prendre poste. À ce jour, ils sont portés
disparus ;
•
Dans la soirée du 20 janvier 2026, le policier Schneider LOUIS a été tué par balles à
Delmas 95 par des individus armés non identifiés ;
•
Le 23 février 2026, à Delmas 17, Junior DORELUS, agent policier affecté à la SWAT
participait à une opération policière visant à appréhender des kidnappeurs lorsqu’il a
été tué par balles ;
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•
Le même jour, soit le 23 février 2026, l’agent III Isreno ÉTIENNE, a été grièvement
blessé par des individus armés, à Delmas 31, non loin de l’Institution Saint-Louis de
Gonzague. Il a succombé à ses blessures à l’hôpital. Il participait à une opération
policière visant à déjouer une tentative d’enlèvement ;
•
Le 29 mai 2026, à Morne Robert, une zone située entre les communes de Verrettes et
de Saint-Marc, dans le département de l'Artibonite, trois (3) policiers Pierre
Emmanuel GERMAIN, responsable de l'Unité Temporaire Anti-Gang (UTAG) de
Verrettes, Richecarde CASIMIR, agent de l’UTAG et Schneider HILAIRE, agent du BIM,
accompagnés du citoyen Claubens Norius PETIT, ont tous été tués dans une
embuscade tendue par des membres du gang armé terroriste Gran Grif. Les victimes
participaient à une opération policière visant à déloger des bandits armés lorsqu'elles
ont été attaquées par ces derniers. Au cours du raid, le véhicule qui transportait les
policiers et leur accompagnateur a quitté la route avant de se retrouver dans un ravin.
Les bandits armés en ont profité pour s’emparer des armes, munitions, gilets pareballes et autres équipements policiers qui étaient en la possession des victimes, avant
d'abandonner leurs corps sur les lieux. Leurs dépouilles ont été récupérées le 31 mai
2026.
VII.
Attaques armées contre des infrastructures policières
29. Au cours de la période couverte par ce rapport, au moins huit (8) attaques armées ont
été perpétrées par des bandits armés terroristes, contre des infrastructures policières.
•
Dans la matinée du 22 juin 2025, des membres de la coalition armée terroriste Viv
Ansanm ainsi que des bandits armés du gang des Taliban opérant à Canaan ont
attaqué puis incendié le commissariat de La Chapelle, situé dans le département de
l’Artibonite. Le lendemain, soit le 23 juin 2025, ils ont procédé à la démolition du
bâtiment ;
•
Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2025, les terroristes de Viv Ansanm ont attaqué puis
incendié le sous-commissariat de Furcy, dans la commune de Kenscoff, avant de le
démolir complètement ;
•
Le 17 juillet 2025, tôt dans la matinée, des bandits terroristes du gang Kokorat San
Ras ont attaqué la commune de Marchand-Dessalines et incendié partiellement le
commissariat de la ville ;
•
Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2025, des membres du gang armé Gran Grif,
opérant à Savien ont attaqué le commissariat de Liancourt dans le département de
l’Artibonite puis ont complètement démoli le bâtiment ;
•
En représailles à une opération policière menée la veille, dans la nuit du 17 au 18
septembre 2025, des bandits armés opérant à Délugé-Montrouis ont incendié le souscommissariat de Montrouis ;
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•
Le 18 septembre 2025, des bandits armés du gang Kokorat San Ras basé à Ti
Bwadòm, Gros-Morne, département de l’Artibonite, ont attaqué Bassin - Bleu, dans le
département du Nord-Ouest. Au cours de cette attaque, le sous-commissariat de la
ville a été incendié ;
•
Le 30 mars 2026, des bandits armés du gang Kokorat San Ras ont fait irruption dans
la commune de Marchand-Dessalines. Et, dès leur arrivée dans la ville, ils ont
commencé à démolir le commissariat ;
•
Tôt dans la matinée du 14 avril 2026, des bandits armés de la coalition criminelle
terroriste Viv Ansanm ont attaqué la localité de Seguin, dans la commune de Marigot,
département du Sud-est. Ils ont incendié le sous-commissariat ainsi qu’un véhicule de
police. Au cours de cette attaque, au moins sept (7) personnes ont été tuées.
30. Il convient de souligner que ces nouvelles données portent à quatre-vingt-cinq (85) le
nombre d’attaques armées perpétrées contre les commissariats et sous-commissariats des
départements de l’Artibonite, du Centre, de l’Ouest et du Sud-Est. Et, quarante-et-un (41)
postes ont été partiellement ou complètement rasés par les bandits armés, ou encore
désaffectés par les autorités étatiques :
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Infrastructures
Commissariat de Cabaret
Commissariat de Cafétéria
Commissariat de Carrefour
Commissariat de Cité-soleil
Commissariat de Ganthier
Commissariat de Gressier
Commissariat de La Chapelle
Commissariat de la Croix-des-Bouquets
Commissariat de Liancourt
Commissariat de Marchand-Dessalines
Commissariat de Martissant
Commissariat de Mirebalais
Inspection Générale PNH
Prison civile de Cabaret
Prison civile de la Croix-des-Bouquets
Prison civile de Mirebalais
Prison civile de Port-au-Prince
Sous-commissariat de Bicentenaire
Sous-commissariat de Bon Repos
Sous-commissariat de Calvaire
Sous-commissariat de Carrefour-Feuilles
Sous-commissariat de Cazeau
Sous-commissariat de Cesselesse
Sous-commissariat de Corail Cesselesse
Sous-commissariat de Delmas 3
Sous-commissariat de Duvivier
Sous-commissariat de Furcy
Sous-commissariat de Grand-Ravine
Sous-commissariat de Marché Salomon
Date de démolition
3 mars 2024
6 mars 2024
18 avril 2024
5 juin 2021
21 juillet 2024
30 juin 2024
22 juin 2025
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024
Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2025
30 mars 2026
1er juin 2021
31 mars 2025
1er mars 2024
30 janvier 2024
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024
31 mars 2025
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024
5 juin 2021
29 février 2024
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2024
29 août 2023
1er mars 2024
1er mars 2024
23 janvier 2023
1er mars 2024
5 juin 2021
Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2025
22 mai 2024
6 mars 2024
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40)
41)
Sous-commissariat de Montrouis
Sous-Commissariat de Pernier
Sous-commissariat de Saint-Charles
Sous-commissariat de Saut-d ’Eau
Sous-commissariat de Savane Pistache
Sous-commissariat de Sierra II
Sous-commissariat de Station des Gonaïves
Sous-commissariat de Terre Rouge
Sous-commissariat de Thomazeau
Sous-commissariat de Titanyen
Sous-commissariat de Portail Léogane
Sous-commissariat de Portail Saint Joseph
Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2025
Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2023
2 juillet 2024
31 mars 2025
29 août 2023
5 juin 2021
5 juin 2021
24 mars 2025
4 octobre 2023
30 janvier 2024
29 février 2024
6 juin 2021
31. Au moins six (6) antennes ayant aussi essuyé les attaques des bandits armés terroristes
n’existent plus aujourd’hui :
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2)
3)
4)
5)
6)
Infrastructures
Antenne de police Canaan 1
Antenne de police Canann 3
Antenne de police Drouillard
Antenne Hôpital PNH Bon Repos
Antenne Morne-à-Cabris
Antenne Village Renaissance
Date de démolition
23 janvier 2023
23 janvier 2023
5 juin 2021
29 février 2024
4 mars 2024
29 février 2024
VIII. Commentaires et recommandations
32. Tel que démontré dans ce rapport, entre juin 2025 et juin 2026, la Police Nationale
d’Haïti (PNH) a évolué dans un contexte extrêmement difficile.
33. Au cours de la période analysée, des dons ont été offerts par des partenaires de
l’institution et l’Etat haïtien a acquis certains matériels et équipements policiers. Ceux-ci
sont demeurés cependant insuffisants. Les agents.es ne disposent toujours pas de matériels
et équipements adéquats et adaptés aux besoins de la population en matière de sécurité.
Et, le manque d’armes, de munitions, de véhicules blindés, de matériels de communication
et d’équipements de protection individuelle appropriés a fait accroitre la vulnérabilité des
policiers.ères lors des opérations ou encore lors des affrontements avec des gangs armés qui,
de leur côté, disposent d’armes de guerre de grande portée.
34. De juin 2025 à juin 2026, trente-cinq (35) policiers.ères ont été assassinés. Vingt-et-un
(21) d’entre eux sont tombés lors d’affrontements avec des bandits armés terroristes. Trois
(3) autres ont été enlevés puis sont portés disparus. Au moins huit (8) attaques armées
contre les postes de police ont été perpétrées. Et, avec ces nouveaux raids, ce sont quatrevingt-cinq (85) attaques qui ont ciblé les infrastructures policières de 2021 à nos jours. Les
conséquences pour la PNH sont énormes car quarante-et-un (41) commissariats et souscommissariats ont été partiellement ou totalement rasés ou encore, ont été désaffectés. De
même, au moins six (6) antennes ont disparu.
35. Plusieurs bâtiments accueillant les commissariats et sous-commissariats du pays,
vétustes et délabrés, tombent en ruine. Les toits de certains laissent passer l’eau de pluie
31ème anniversaire de la PNH : Rapport sur les conditions générales de fonctionnement de l’institution
de juin 2025 à juin 2026
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et les murs d’autres sont fissurés. Ces espaces présentent un danger tant pour les
citoyens.nes qui les fréquentent que pour les policiers.ères qui y sont affectés. Les gardesà-vue inadaptées, insuffisamment aérées et éclairées pour la plupart, croulent sous le poids
des personnes privées de liberté. Les cellules sont insalubres, nauséeuses et exposent les
agents.es – autant que les retenus.es – à des risques sanitaires élevés.
36. Les difficultés d’ordre logistique sont restées énormes pendant toute la période
couverte par ce rapport. L’insuffisance de véhicules de services fonctionnels a empêché les
postes de police de couvrir l’étendue de leur juridiction. De même, le manque de véhicules
blindés ainsi que l’état dégradé des routes ont considérablement compliqué les
déplacements des policiers.ères. Cette situation a favorisé des embuscades tendues par les
bandits armés terroristes dont certains ont même placé des engins explosifs sur certains
axes routiers menant à Canaan, Lilavois, Santo et à la Croix-des-Bouquets.
37. Par ailleurs, la capacité opérationnelle de la PNH est fortement affectée par le nombre
élevé de policiers.ères régulièrement assassinés dans l’exercice de leurs fonctions et par les
différents départs pour l’étranger, d’agents.es de l’institution. Ces pertes ont fait monter la
pression sur les agents.es qui, de juin 2025 à juin 2026, ont été obligés de travailler de
nombreuses heures d’affilée, dans les mêmes conditions.
38. Compte tenu de cette réalité, s’il est vrai que les attentes vis-à-vis du projet P-4000
sont énormes, sans l’octroi de rémunérations prenant en compte la cherté de la vie et d’une
protection sociale solide tenant compte du caractère dangereux du travail des agents.es de
la PNH et incluant des avantages sociaux pour tous les agents.es mais pas seulement pour
les responsables de l’institution, ce problème d’effectifs ne sera résolu que temporairement.
39. Les conditions générales de travail décrites dans ce rapport et auxquelles sont soumis
les agents.es de la PNH entraînent des conséquences énormes sur leur bien-être
psychologique et professionnel. Le stress engendré par le travail qu’ils sont appelés à
effectuer, les incertitudes et les retards enregistrés dans le paiement des salaires et l’octroi
des avantages, l’insuffisance des rémunérations face au coût de la vie, la fatigue accumulée
en raison des longues heures de service, constituent un manquement grave aux droits à la
sécurité au travail et à la protection sociale des policiers.ères.
40. Le RNDDH estime que de juin 2025 à juin 2026, les agents.es de la PNH – hormis
ceux et celles qui sont de connivence avec les bandits armés terroristes – ont fait leur
possible en vue de répondre aux énormes pressions opérationnelles et aux différentes
attentes de la population en matière de sécurité et de protection de l’ordre public.
Cependant, cela n’a pas été suffisant. Et, si la coopération entre l’Etat haïtien et certains
partenaires internationaux demeure importante pour le relèvement et la
professionnalisation de l’institution policière, il n’en reste pas moins que c’est aux autorités
étatiques haïtiennes qu’incombe l’obligation de procéder à l’évaluation des besoins de
l’institution et de lui procurer en qualité et en quantité suffisantes, tous les matériels et
équipements dont elle a besoin en vue de ramener l’ordre et la sécurité dans le pays en
général et dans les différentes zones contrôlées et/ou occupées par les bandits armés
terroristes en particulier. Voilà pourquoi le RNDDH recommande aux autorités étatiques
de :
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•
Mettre à la disposition de tous les commissariats et sous-commissariats du pays, en
quantité suffisante, les matériels et équipements policiers dont ont besoin les
agents.es, en vue d’effectuer leur travail : véhicules de service, véhicules blindés,
armes à feu, munitions, moyens de communication, matériels de protection
personnelle, etc. ;
•
Veiller à une meilleure affectation des ressources humaines et matérielles de la PNH,
afin d’en garantir une utilisation optimale ;
•
Renforcer les capacités du service de renseignement de la PNH afin de garantir une
meilleure planification et une meilleure coordination des opérations sur le terrain ;
•
Evaluer et réparer si besoin, les locaux de tous les postes de police du pays, notamment
dans les régions reculées ;
•
Améliorer les conditions générales de travail des policiers.ères, réviser leur salaire,
veiller au paiement régulier de leurs rémunérations et à l’octroi d’avantages sociaux
à tous les policiers.ères, notamment à ceux et celles déployés sur le terrain.
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