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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
Massacre à Jean Denis :
Le RNDDH dénonce la complaisance des autorités étatiques face aux
attaques meurtrières des gangs armés
11 avril 2026
Sommaire
Pages
I.
Introduction et Méthodologie
2
II.
Faits précédents et Causes probables du massacre
2
III.
Déroulement du massacre
4
IV.
Bilan du massacre
5
a) Personnes tuées
b) Personnes portées disparues
c) Personnes blessées par balles ou à l’arme blanche
d) Personnes déplacées
e) Immeubles incendiés
5
9
9
9
10
V.
Faits subséquents et Réactions des autorités
12
VI.
Commentaires et Recommandations
12
Massacre à Jean Denis : Le RNDDH dénonce la complaisance des autorités étatiques face
aux attaques meurtrières des gangs armés
RNDDH – Rapport/M/A26/No3-VF
1
I.
INTRODUCTION ET METHODOLOGIE
1.
Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, dans la localité de Jean Denis, 1ère section
communale de Bas Coursin I, commune de Petite-Rivière de l’Artibonite, les bandits armés
opérant au sein du gang Gran Grif basé à Savien, ont perpétré contre la population un
massacre d’une extrême sauvagerie.
2.
Les premières données partagées par les médias et par la société civile de l’Artibonite
ont fait état de pertes humaines et matérielles énormes et de nombreux blessés.es par balles
et à l’arme blanche.
3.
Consterné par cette énième agression des bandits armés, le Réseau National de
Défense des Droits Humains (RNDDH) a diligenté une enquête et propose de partager avec
ceux et celles que la question intéresse, les résultats de ses investigations.
4.
Dans le cadre de ce travail, le RNDDH s’est entretenu avec :
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II.
Le commissaire principal Lyvenson GAUTHIER, affecté au Commissariat de
Saint - Marc ;
Le magistrat Faneld’s F. MICHEL, juge titulaire au Tribunal de paix de Saint-Marc ;
Le magistrat Venson FRANCOIS, commissaire du gouvernement au Parquet près le
Tribunal de première instance de Saint-Marc ;
L’agent exécutif intérimaire de la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite, Lereste
DORT ;
L’agente exécutive intérimaire de Saint-Marc, Myriam FIEVRE ;
Un membre du Conseil d’Administration de la Section Communale (CASEC) de Bas
Coursin 1, Derniela Joseph MERCY ;
Un membre du Conseil d’Administration de la Section Communale (CASEC) de Bas
Coursin 2, Fadoul CENOBLE ;
Des membres de la Commission de Dialogue, de Réconciliation et de Conscientisation
de l’Artibonite (CDRCA) ;
Des membres de l’Association des Femmes pour le Développement de Petite Rivière de
l’Artibonite (AFEDPRA) ;
Des personnes vivant à Jean Denis, témoins du massacre.
FAITS PRECEDENTS ET CAUSES PROBABLES DU MASSACRE
5.
L’aggravation de la situation sécuritaire dans le département de l’Artibonite date de
plusieurs années. Le RNDDH qui, dans le cadre de ses activités de monitoring, avait
découvert que plusieurs agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH), affectés à l’Unité
Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) étaient de connivence avec les gangs armés
Kokorat San Ras, la Base Gran Grif, ainsi qu’avec le gang armé des Talibans, avait, en date
du 22 décembre 2025, adressé une correspondance à l’Inspection générale de la Police
Nationale d’Haïti (IGPNH).
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aux attaques meurtrières des gangs armés
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6.
Dans cette correspondance, le RNDDH avait dénoncé l’entente convenue entre les
agents.es de l’UDMO et les groupes armés susmentionnés au détriment de la population,
entente selon laquelle, ils leur vendent des armes et des munitions, leur transmettent des
informations stratégiques sur les déplacements de troupes lors des opérations policières
planifiées et gèrent avec eux des postes de rançonnement. L’IGPNH n’avait pas pris ces
dénonciations au sérieux, et les policiers indexés par la population, clairement identifiés
dans la correspondance en question, sont aujourd’hui encore en poste.
7.
C’est donc sans surprise qu’en dépit du fait que depuis plusieurs semaines avant le
massacre, des rumeurs faisant état de la préparation d’une attaque armée contre la localité
de Jean Denis circulaient dans la région de l’Artibonite, l’institution policière ne soit pas
intervenue en vue de l’éviter.
8.
Par ailleurs, selon des personnes vivant dans les sections communales de Bas Coursin
I et Bas Coursin 2 avec lesquelles le RNDDH s’est entretenu, le gang armé Gran Grif, basé
à Savien, perçu comme spécialisé dans le vol des biens des paysans.nes vivant dans les
localités où il opère, compte de nombreux bœufs volés dans plusieurs zones, notamment à
Jean Denis, à Bera, 3ème section communale de Marchand-Dessalines, à Préval, etc. Pour les
écouler, les bandits armés utilisent certains marchands de bétail qui commercent à Anndan
Lavil, 1ère section Bas-Coursin I, d’où ils peuvent facilement accéder à Jean Denis, une
localité contrôlée par la Coalition d’autodéfense. C’est pourquoi, selon ceux et celles qui
avancent cette thèse, dès qu’elle avait été informée de la question de vols récurrents de
bœufs, la Coalition avait décidé d’ouvrir une enquête.
9.
C’est ainsi que le 10 mars 2026, un camion en provenance de la zone de Bwa Lavil
Anwo, s’est rendu à Kalavil afin de charger un certain nombre de bœufs. À son arrivée à
Jean Denis, la Coalition a procédé à son interception en vue de vérifier les documents
relatifs au transport des animaux. Le contrôle effectué a révélé que plusieurs bœufs étaient
dépourvus de documents d’identification alors que d’autres n’étaient pas estampillés. Ces
irrégularités ont porté la Coalition à informer l’institution policière. De son côté, la Police
Nationale d’Haïti (PNH) a recommandé à la Coalition de faire appel aux paysans.nes des
différentes zones où des cas de pertes de bétail ont été signalés, afin de leur permettre
d’identifier leurs animaux. Si, pour certains, de nombreuses personnes en provenance de
différentes localités ont pu récupérer les bœufs qui leur avaient été volés, pour d’autres, les
bœufs ont tout simplement été vendus par la Coalition qui a gardé pour elle l’argent de cette
vente. Ainsi, pour plusieurs, la cause du massacre perpétré à Jean Denis réside dans
l’interception par la Coalition d’autodéfense des bœufs qui avaient été préalablement volés
par les membres du gang armé Gran Grif.
10. Selon une deuxième hypothèse, c’est en raison des saisies régulières d’armes et de
munitions destinées à Gran Grif par la Coalition que le gang armé a décidé d’attaquer la
population de Jean Denis. À titre d’exemple, au début de l’année 2026, une importante
quantité d’armes et de munitions avait été confisquée. Elles provenaient de Saint-Marc et
étaient transportées par un chauffeur de taxi moto résidant dans la localité Anndan Lavil,
qui avait été chargé de les acheminer au gang armé de Savien. D’ailleurs, sur ce point, il
convient de mentionner que de nombreux résidents.es de cette localité sont perçus comme
des complices du gang armé Gran Grif. Ainsi, fortement irrité par ces saisies répétitives, le
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chef de gang Lucson ELAN avait promis de faire payer un lourd tribut aux membres de la
Coalition ainsi qu’à la population de Jean Denis.
11. Enfin, selon une troisième explication, le massacre de Jean Denis est le résultat d’une
lutte hégémonique entre groupes armés, Gran Grif se sentant lésé de ce que la Coalition
ait, contrairement à lui, la latitude d’installer plusieurs postes de rançonnement sur la
Route Nationale numéro 1. En ce sens, il a été rapporté au RNDDH que la Coalition dispose
en effet de plusieurs postes de rançonnement, dont un, dans la zone de Bois-Neuf, à l’entrée
de la ville de Saint-Marc, mais dépendant de la commune de Montrouis et un autre à
Carrefour Kado, à l’entrée de Jean Denis. Par conséquent, Gran Grif entend imposer son
contrôle sur l’axe routier reliant Saint-Marc et le Grand Nord, en installant un poste de
rançonnement à Carrefour Paye, une localité qui dépend de la commune de Petite-Rivière
de l’Artibonite.
III.
DEROULEMENT DU MASSACRE
12. Selon les informations recueillies par le RNDDH, l’attaque armée a débuté vers 2 : 00
heures du matin dans la localité de Pont Benoît, 2ème section de Bas Coursin 2. De là, les
bandits armés ont progressé vers Bas Coursin 1, où est située la localité dénommée Jean
Denis. À leur arrivée, la population n’avait pas fui, pensant que la Coalition d’autodéfense
dirigée par Francky PIERRE alias Ti Mepri serait en mesure de la protéger.
13. Dans un premier temps, les membres de la Coalition ont effectivement résisté. Et,
jusqu’à 6 :00 heures du matin, des détonations d’armes de gros calibre pouvaient être
entendues. Cependant, étant en sous-effectif et moins armés que les bandits, ils n’ont pu
maintenir la résistance. Ils ont été contraints de se replier. La population s’est alors
retrouvée livrée à elle-même, sans aucune forme de protection.
14. Une heure de temps après le début des hostilités, l’attaque a basculé dans l’horreur,
notamment dans les communautés de 2ème section de Bas Coursin 2, de Blain, de Pont
Benoît, de Bwa Lavil, de Descordes, de Koutèt, de Dupitraye, d’Akasya, de Legriel, de Bofò,
de Raymoncin, de Sedrène et de Maglouwèt.
•
Des personnes qui tentaient de fuir ont été froidement abattues par les bandits armés,
tandis que d’autres ont été exécutées à bout portant ;
•
Des maisons ont été incendiées avec leurs occupants.es à l’intérieur ;
•
Des commerces ont été pillés par les bandits armés, avant d’être incendiés ;
•
Des familles entières ont été tuées.
15. Parmi les victimes figurent des hommes et des femmes adultes, des jeunes, des
enfants, des personnes vivant avec une déficience ainsi que des personnes du troisième âge.
Et, en plus des informations qui ont été partagées par les proches des victimes, de
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nombreuses photos et vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux montrent des
cadavres baignant dans leur sang, gisant sur le bitume de Jean Denis.
IV.
BILAN DU MASSACRE
16. Le bilan des exactions commises dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, non exhaustif
en dépit du fait qu’il soit si lourd, a été établi à partir de témoignages recueillis tant auprès
des survivants.es, des membres de la société civile de l’Artibonite, qu’auprès des autorités
judiciaires.
a) Personnes tuées
17. Au moins soixante-dix (70) personnes ont été tuées. Avec l’aide des familles et proches
de victimes, le RNDDH a pu identifier cinquante-trois (53) d’entre elles. Il s’agit de :
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ADRIEN Didy, trente-cinq (35) ans
ALZURIN Wilsindy, vingt-neuf (29) ans
ALEXIS Kénol
CELLUS Edlens
CHARLES Ednord, vingt-huit (28) ans
CHARLES Elvie
CHARLES Mendès
DELICE Edner, trente-cinq (35) ans
DESIR Marc Eugène
DESIR Rodnel, quarante-deux (42) ans
DESIR Vital, alias Bijou
DOR Berlancia
DORVIL Onick
ELCE Phadael, cinquante-quatre (54)
ans
EXILHOMME Licius, quatre-vingts (80)
ans
FILS-AIME Estimable, quatre-vingtcinq (85) ans
FRANÇOIS Kenol
FRANÇOIS Samson
FRANÇOIS Veniet
JANVIER Marie-Mène
JOISEUS Nerlande
JOSEPH Exan, trente (30) ans
JOSEPH Ghislaine, soixante-dix (70)
ans
JOSEPH James, vingt-sept (27) ans
JOSEPH Laurent, trente-deux (32) ans
JOZAMA Auguste, quarante-six (46) ans
JOZAMA Semana, cinquante-huit (58)
ans
JOZAPHA Tifrère
LOUIS Elvire, quatre-vingts (80) ans
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LOUIS Innocent
MARSEILLE Macenat, vingt-neuf (29)
ans
MICHEL Servius
MICHEL Woldy
MICHEL Yvan Joseph, alias Ti Joseph
MILDORT Wilerme, quarante-sept (47)
ans
MOISE Daniel, cinquante-un (51) ans
PAUL Walgens, alias Gwobou trentehuit (38) ans
PIERRE Dieunack, alias Dj Cobois
PIERRE Richard
RENE Wilner, quatre-vingts (80) ans
SAINTIL Titil
SIMILIEN Onel, VINGT-CINQ (25)
THELOT Thelomène, cinquante-deux
(52) ans
THEOPHILE Geradin, soixante-quatre
(64) ans
THEOPHILE Guinot, quarante-cinq (45)
ans
THEOPHILE Onick, cinquante-deux (52)
ans
THEOPHILE Wilgens, trente-quatre (34)
ans
THOMAS Oldy, vingt (20) ans
VERTU Alius
VERTU Edlet, quarante-quatre (44) ans
VERTU Eliane, vingt-trois (23) ans
VERTU Franau, cinquante-deux (52)
ans
VERTU Fransen, vingt (20) ans
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18. Certains cadavres ont été récupérés et enterrés par leur famille le jour même du
massacre tandis que d’autres ont été déposés à la Morgue Beaubrun ou à l’Oiseau funèbre,
deux (2) maisons funéraires à Saint-Marc, situées respectivement non-loin de la Prison
civile de Saint-Marc et à Portail Guêpe. En ce sens, le juge titulaire du Tribunal de paix de
Saint-Marc, Faneld’s F. MICHEL, a affirmé au RNDDH avoir constaté douze (12) cadavres
à la Morgue Beaubrun et quatre (4) autres, à l’Oiseau Funèbre.
19. Le RNDDH a aussi recueilli, auprès des proches de trente-quatre (34) victimes, le récit
des circonstances dans lesquelles ces dernières ont été assassinées :
•
Yvan Joseph MICHEL, âgé de quarante-cinq (45) ans et père de deux (2) enfants, se
trouvait chez lui à Carrefour Manglouwèt en train de dormir lorsque, vers 3 : 00
heures du matin, les bandits armés ont fait irruption dans la zone. Souffrant d’une
déficience auditive, Yvan Joseph MICHEL n’a pas entendu les coups de feu qui
annonçaient le massacre. Il a été tué de plusieurs balles à l’intérieur même de sa
maison. Il a été enterré le lendemain ;
•
Oldy THOMAS, cousin de Yvan Joseph MICHEL, lui-même âgé de vingt-huit (28) ans et
père d’un (1) enfant, se trouvait aussi chez lui à Carrefour Manglouwèt au moment de
l’attaque. Il tentait de s’enfuir lorsqu’il a été abattu de plusieurs balles. Oldy THOMAS
souffrait d’une déficience motrice au niveau du bras droit. A l’instar de son cousin, il
a été mis en terre par sa famille le lendemain ;
•
Estimable FILS-AIME, âgé de quatre-vingt-cinq (85) ans et père de six (6) enfants, se
trouvait chez lui à Jean Denis, dans la zone dénommée Anba Sedrène au moment de
l’attaque. Il avait décidé de rester caché dans sa maison. Les bandits armés y ont mis
feu. Il est mort brûlé vif. Trois (3) jours plus tard, sa famille a retrouvé ses ossements
et les a mis en terre, au cimetière de la zone ;
•
Dans la localité de Dupitraye, Wilerme MILDORT, âgé de quarante-sept (47) ans et père
de cinq (5) enfants, a été assassiné par les bandits armés, alors qu’il essayait de
s’enfuir. Son cadavre a été découvert dans les broussailles ;
•
Ednord CHARLES, âgé de vingt-huit (28) ans, a été froidement abattu au carrefour de
Dupitraye ;
•
Dans la zone de Dupitraye, Exan JOSEPH, père de quatre (4) enfants, a été tué alors
qu’il tentait de s’enfuir. Il était âgé d’une trentaine d’années ;
•
A Jean Denis, Ghislaine JOSEPH, âgée de soixante-dix (70) ans et mère de deux (2)
enfants, a été tuée par les bandits armés de Savien qui ont aussi mis feu à sa maison ;
•
A Jean Denis, Wilner RENE, âgé de quatre-vingts (80) ans et père de huit (8) enfants,
a été tué par les bandits armés. Très avancé en âge, il n’était pas en mesure de fuir,
pour sauver sa vie ;
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A Jean Denis, aux environs de 2 : 00 heures du matin, Onick DORVIL, âgé de soixantedeux (62) ans et père de huit (8) enfants, dormait chez lui avec sa famille lorsqu’il a
été réveillé par les tirs. Il est sorti de chez lui et a été atteint d’une balle devant la
barrière de sa résidence où il a succombé ;
•
Dans la localité de Jean Denis, entre 2 : 00 et 3 : 00 heures du matin, Berlancia DOR,
âgée de huit (8) ans, fuyait avec sa famille lorsqu’elle a reçu une balle au niveau du
sternum. Elle est morte sur le champ ;
•
A Jean Denis, Marie-Mène JANVIER alias Brèt, âgée de trente-sept (37) ans et mère de
deux (2) enfants, a été tuée d’une balle à la tête pendant l’attaque des bandits armés ;
•
A Raymoncin, Rodnel DESIR alias Allemand, âgé de quarante-deux (42) ans, père de
trois (3) enfants, a reçu trois (3) balles : une (1) au dos, une (1) à la tête et une (1) autre
au pied gauche. Par la suite, les bandits lui ont coupé les mains. Son corps a été
récupéré et placé à la Morgue de Saint-Marc. Ses funérailles ont été chantées le 8 avril
2026 ;
•
A Jean Denis, cinq (5) personnes d’une même famille ont été tuées chez elles. Il s’agit
de Franau VERTU, âgé de cinquante-deux (52) ans, père de quatre (4) enfants, qui a
reçu une balle à la tête ; d’Eliane VERTU, âgée de vingt-trois (23) ans, mère d’un (1)
enfant, et qui a également été tuée d’une balle à la tête ; d’Edlet VERTU, âgé de
quarante-quatre (44) ans, père de deux (2) enfants, qui a été touché par balle à la
gorge ; de Fransen VERTU, âgé de vingt (20) ans, qui a reçu une balle à l’abdomen ; et
d’Alius VERTU, père de deux (2) enfants qui, pour sa part, a été touché de plusieurs
projectiles au niveau des côtes ;
•
Le 29 mars 2026, entre 4 : 00 et 5 : 00 heures du matin, six (6) personnes d’une même
famille, dont trois (3) frères, un (1) neveu et deux (2) cousins, ont été assassinées alors
qu’elles participaient à une veillée mortuaire. Les corps de ces victimes ont été
enterrées le même jour, vers 16 :00 heures, dans la ruelle 9. Il s’agit de :
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Guinot THEOPHILE, âgé de quarante-cinq (45) ans, père de cinq (5) enfants,
ferrailleur ;
Onick THEOPHILE, âgé de cinquante-deux (52) ans, père de cinq (5) enfants,
cultivateur ;
Géradin THEOPHILE, âgé de soixante-quatre (64) ans, père de neuf (9) enfants,
cultivateur ;
Wilgens THEOPHILE, neveu de Guinot, Onick et de Géradin THEOPHILE, âgé de
trente-quatre (34) ans, père de deux (2) enfants ;
Elcé Phadael, cousin de Guinot, Onick et de Géradin THEOPHILE, âgé de
cinquante-quatre (54) ans, père de cinq (5) enfants, cultivateur ;
Didy ADRIEN, cousin de Guinot, Onick et de Géradin THEOPHILE, âgé de
trente - cinq (35) ans, père de trois (3) enfants.
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Il convient de souligner qu’en date du 12 février 2024, soit deux (2) années plus tôt, lors
de l’attaque armée qui avait été menée par la base Gran Grif à Liancourt, Fresnel
THEOPHILE, âgé de trente (30) ans et père de cinq (5) enfants, a été assassiné. Il était
l’un des frères Théophile. Les bandits armés l’avaient alors arraché de chez lui, traîné
au sol, puis exécuté. Son corps avait été récupéré le même jour par sa famille. Il avait
été placé à la Morgue de Saint-Marc, avant d’être enterré cinq (5) jours plus tard, soit
le 17 février 2024.
•
Le 29 mars 2026, dans la matinée, à Raymoncin, Walgens PAUL alias Gwobou, âgé de
trente-huit (38) ans et père de trois (3) enfants, a été assassiné d’une balle à la tête
alors qu’il tentait de s’enfuir. Son corps a été récupéré et enterré le même jour à
Boulin ;
•
Le 29 mars 2026, vers 5 : 00 heures du matin, à Raymoncin, dans la localité de Jean
Denis, Marie Elvire LOUIS, âgée de quatre-vingts (80) ans et mère de cinq (5) enfants,
a perdu la vie après avoir reçu deux (2) balles dont l’une au cou et l’autre, au niveau
des côtes. Elle se trouvait devant la porte de sa maison ;
•
Le 29 mars 2026, vers 5 : 00 heures du matin, toujours à Raymoncin, dans la localité
de Jean Denis, Kenold FRANÇOIS, père de quatre (4) enfants, est mort sur le champ
après avoir reçu plusieurs balles à l’abdomen. Il se trouvait sur la cour de sa maison
au moment des faits ;
•
Le 29 mars 2026, tôt dans la matinée, à Camatin, Thélomène THELOT, âgée de
soixante-deux (62) ans et mère de cinq (5) enfants, a reçu trois (3) balles alors qu’elle
se trouvait sur la cour de sa maison. Elle a par la suite été lynchée par les bandits
armés. Selon sa famille, la victime présentait des signes de déficience cognitive. Son
corps a été enterré le lendemain des faits, soit le 30 mars 2026 ;
•
Le 29 mars 2026, tôt dans la matinée, à Manglouwèt, trois (3) personnes ont été tuées.
Il s’agit d’Edner DELICE, âgé de trente-cinq (35) ans, d’Onel SIMILIEN, âgé de vingtcinq (25) ans, et de Joseph LAURENT, âgé de trente-deux (32) ans ;
•
A Jean Denis, vers 3 : 00 heures du matin, Moïse DANIEL, âgé de cinquante-et-un (51)
ans, père de sept (7) enfants, ainsi que son neveu Edlens CELLUS, âgé de vingt-cinq
(25) ans, lui-même père de deux (2) enfants, ont été assassinés. Les victimes vivaient
à Saint-Marc. Cependant, elles s’étaient rendues à Jean Denis la veille, soit le 28 mars
2026, en vue de creuser la fosse d’une personne décédée. N’ayant pas pu rentrer chez
elles le soir-même, elles avaient décidé de passer la nuit sur place. Les corps de Moïse
DANIEL et d’Edlens CELLUS ont été déposés à la Morgue Beaubrun ;
•
Vers 3 : 00 heures du matin, à Kafou Jean Denis, Semana JOZAMA, âgé de
cinquante - huit (58) ans, père de deux (2) enfants, a été assassiné d’une (1) balle à la
tête alors qu’il tentait de fuir l’attaque des bandits armés. Son corps n’a pu être
récupéré par sa famille ;
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Le 30 mars 2026, Licius EXILHOMME alias Chode, âgé de quatre-vingts (80) ans, a été
assassiné à 15 : 00 heures, à Pereste, alors qu’il retournait chez lui constater les
dégâts.
b) Personne portée disparue
20. Au moins une (1) personne est portée disparue. En effet, dans la nuit du 28 au 29 mars
2026, vers 3 : 00 heures du matin, à Raymoncin, Auguste JOZAMA, âgé de quarante-six (46)
ans, père de quatre (4) enfants, a fui l’attaque armée. Depuis, sa famille est sans nouvelles
de lui ;
c) Personnes blessées par balles et/ou à l’arme blanche
21. Selon ce qui a été rapporté au RNDDH, plus de trente (30) personnes ont été blessées
par balles ou à l’arme blanche. Cependant, avec l’aide des autorités judiciaires et des
proches, treize (13) d’entre elles ont été identifiées. Certaines reçoivent encore des soins à
l’hôpital. Il s’agit de :
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H. P. L., âgé de soixante-neuf (69) ans, blessé à Bois Jour ;
J. D., âgé de vingt-trois (23) ans, blessé par balle au niveau du pied gauche et du bras
droit ;
M. S. J., âgé de vingt-deux (22) ans, blessé au niveau du pied gauche. De plus, un
orifice a été remarqué au niveau de son bras droit ;
E. P., âgée de soixante-trois (63) ans, blessée au niveau du pied gauche et du bras
gauche ;
S. S., âgée de vingt-six (26) ans, blessée au bras droit ;
F. L., âgée de seize (16) ans, blessée au niveau du pied gauche et de la jambe droite en
fuyant au moment de l’attaque ;
A. S., âgé de dix-neuf (19) ans, blessé au niveau du genou du pied gauche ;
S. D., âgée de quatre-vingts (80) ans, blessée au niveau de la tête ;
B.P., âgée de seize (16) ans, effleurée par une balle au moment où elle fuyait. Elle a
été conduite le même jour à l’Hôpital Saint-Nicolas, où elle a reçu des soins ;
C.F-A., âgée de vingt-neuf (29) ans et mère de deux (2) enfants, blessée par balles lors
de l’attaque à Dupitray, une zone dépendant de la localité de Jean Denis. Aujourd’hui
encore, elle est hospitalisée et est dans un état critique ;
M., blessé par balles au pied alors qu’il courait pour échapper à l’attaque des bandits
armés à Jean Denis ;
J. S.;
C. A.
d) Personnes déplacées
22. Selon les données partagées, en date du 31 mars 2026, par l’Organisation
Internationale de la Migration (OIM), le massacre de Jean Denis a occasionné le
déplacement interne de cinq-mille-deux-cent-quatre-vingt-onze (5 291) personnes.
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23. Certaines parmi les victimes se sont rendues chez des proches, au centre-ville de
Saint-Marc, à Bokozèl, 5ème section commune de Saint-Marc alors que d’autres sont allés à
Chawon, dans la commune de Marchand Dessalines.
e) Immeubles incendiés
24. Au moins vingt-trois (23) immeubles, parmi lesquels des résidences familiales et des
commerces ont été incendiés par les bandits armés. Le RNDDH s’est entretenu avec
plusieurs propriétaires ou locataires qui ont affirmé avoir tout perdu :
•
Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, vers 3 : 00 heures du matin, G.P., âgée de
vingt - sept (27) ans et mère de deux (2) enfants, se trouvait chez elle à Kafou Jean
Denis, tout près de la morgue F.J., lorsqu’ elle a entendu des tirs d’armes
automatiques et des cris de détresse. Elle s’est enfuie avec ses enfants. Par la suite,
elle a appris que sa maison a été incendiée ;
•
Vers 3 : 00 heures du matin, à Labé, dans la localité de Bwa Lavil, R.M., âgé de
soixante-dix (70) ans et père de quatre (4) enfants, a vu sa maison incendiée par des
bandits ;
•
A Legriel, S.S.L., âgée de soixante-neuf (69) ans, mère de six (6) enfants, a perdu sa
maison, incendiée par les bandits ;
•
Toujours à Légriel, la maison de D.S.L., âgé de trente-cinq (35) ans, père d’un (1)
enfant, a été incendiée. Il habitait dans une cour regroupant plusieurs résidences
appelée Lakou Madan Janel Valerie ;
•
A Legriel, E. R., âgée de soixante (60) ans, mère de neuf (9) enfants, a perdu sa maison
lors de l’attaque, incendiée par les bandits armés ;
•
A Legriel, J.P., âgé de quarante-trois (43) ans et père de deux (2) enfants, a pris la fuite
avec sa famille au moment de l’attaque. Sa maison, ainsi qu’une guérite qui contenait
des provisions alimentaires, ont été incendiées par les bandits armés ; Sa fille, B.P.,
âgée de seize (16) ans, a été effleurée par une balle alors qu’elle fuyait la zone. Elle a
été conduite le même jour à l’Hôpital Saint-Nicolas, où elle a reçu des soins ;
•
Vers 5 : 00 heures du matin, à Legriel, dans une cour regroupant plusieurs maisons,
appelée Lakou Kay Ti Machan, les bandits armés ont incendié huit (8) maisons. Parmi
elles se trouvaient celles de :
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J.B.D., âgé de soixante-quatre (64) ans ;
I. D., âgée de quarante-neuf (49) ans, mère de cinq (5) enfants ;
F.L., père de quatre (4) enfants, dont F.L., âgée de seize (16) ans qui a été
blessée au niveau du pied gauche et de la jambe droite en fuyant, au moment
de l’attaque ;
Massacre à Jean Denis : Le RNDDH dénonce la complaisance des autorités étatiques face
aux attaques meurtrières des gangs armés
RNDDH – Rapport/M/A26/No3-VF
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S. D., âgée de cinquante-huit (58) ans, mère de sept (7) enfants dont Rodnel
DESIR, quarante-deux (42) ans, alias Allemand, qui a été assassiné lors de
l’attaque ;
M. J., âgée de quarante-trois (43) ans, mère de quatre (4) enfants.
25. Dans la nuit du 29 mars 2026, plusieurs maisons et commerces ont encore été
incendiés par les bandits armés. Ils appartenaient à :
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M. F., âgé de trente-sept (37) ans et père de trois (3) enfants. Il vivait à Bourèt,
une localité de Jean Denis ;
F. D., âgé de trente-neuf (39) ans et père de trois (3) enfants. Il a appris que
les bandits armés ont incendié sa guérite de provisions alimentaires. Son
frère, Rodnel DESIR, a été assassiné plus tôt dans la matinée ;
A. D., âgée de vingt-neuf (29) ans, mère d’un (1) enfant.
26. Dans la nuit du 29 au 30 mars 2026, vers 2 : 00 heures, à Raymoncin, dans une cour
regroupant plusieurs maisons familiales appelée Lakou Alitte Léandre, les bandits armés
ont incendié quatre (4) maisons, deux (2) boutiques de provisions alimentaires ainsi qu’un
conteneur de riz. Parmi ces immeubles se trouvaient ceux de :
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Ma. J., âgée de quarante-deux (42) ans, mère de quatre (4) enfants ;
Mo. J., âgé de quarante-et-un (41), père de deux (2) enfants ;
Ed. J., âgé de cinquante-quatre (54) ans, père de cinq (5) enfants ;
Er. J., âgé de de trente-neuf (39) ans, père trois (3) enfants.
•
Le 30 mars 2026, à Pont Jour, entre 10 : 00 et 11 : 00 heures du matin, L.N., âgée de
soixante-trois (63) ans, mère de quatre (4) enfants, a vu sa maison et son commerce
pillés puis incendiés par les bandits armés. Sa famille et elle se sont réfugiées à
Saint - Marc ;
•
Le 30 mars 2026, dans la matinée, à Pont Jour, P.C.D., âgé de cinquante-et-un (51)
ans et père de cinq (5) enfants, a pris la fuite avec sa famille. Les bandits ont alors
pillé puis incendié sa maison ainsi que son dépôt de provisions alimentaires dénommé
Patience Dépôt Gazeuse ;
•
Le 30 mars 2026, entre 10 : 00 et 11 : 00 heures, E.D., âgée de soixante-et-un (61) ans
et mère de quatre (4) enfants, a appris que sa maison, située à Pont Jour, avait été
pillée par des bandits armés ;
•
Le 30 mars 2026, dans la matinée, à Pont Jour, D.C., âgée de trente-neuf (39) ans et
mère de trois (3) enfants, a dû prendre la fuite avec sa famille. Des bandits armés ont
pillé puis incendié sa maison ainsi que son commerce de vêtements confectionnés
spécialement pour les festivités de Rara.
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aux attaques meurtrières des gangs armés
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V.
FAITS SUBSEQUENTS ET REACTIONS DES AUTORITES
27. Le 29 mars 2026, dans la matinée, plusieurs résidents.es de Jean Denis qui s’étaient
enfuis, sont revenus constater les dégâts, ce qui contraindra certains d’entre eux à chercher
refuge ailleurs, en raison de l’étendue de leurs pertes.
28. Le 30 mars 2026, les bandits armés sont revenus dans la localité de Jean Denis avec
l’intention d’y établir une base permanente. Toutefois, la présence des véhicules blindés de
la PNH les en a dissuadés.
29. Le 31 mars 2026, tôt dans la matinée, les bandits armés se sont positionnés dans la
zone de Pont Benoît, où ils ont tiré des coups de feu, semant la pagaille dans les
communautés avoisinantes. Ils ont parallèlement lancé une offensive sur la 3ème section
communale de Marchand-Dessalines, précisément dans les localités de Bois Jour, Pont Jour
et Baraj. C’est la Brigade d’autodéfense de Baraj qui a dû résister, mettant leur plan en
échec. Le même jour, des bandits armés du gang Kokorat San Ras, basé à Laroix - Périsse,
dans la commune de L’Estère, ont investi la commune de Marchand-Dessalines. Le
commissariat qui n’existait déjà plus leur a facilité la tâche.
30. Par ailleurs, le commissaire principal de Saint-Marc Lyvenson GAUTHIER a affirmé
avoir dépêché trois (3) véhicules blindés dans la localité de Jean-Denis le 29 mars 2026 à
4 :00 heures du matin. Le temps pour les agents d’enlever les barricades placées sur la route
par les bandits armés et d’arriver sur place, il était déjà près de 5 : 00 heures. Après avoir
stabilisé la situation, soit deux (2) heures après leur arrivée, les policiers se sont retirés à
Pakchwal, une localité située à Pont Sondé.
31. Le 30 mars 2026, face aux tentatives répétées des bandits armés d’établir une base
permanente à Jean Denis, les blindés de la PNH y sont retournés et ont, depuis, reçu l’ordre
de rester en poste.
32. Quelques jours plus tard, soit le 6 avril 2026 dans l’après-midi, les forces de l’ordre,
sous prétexte de répondre au massacre perpétré par les bandits armés de Savien contre la
population de Jean Denis, ont lancé trois (3) drones kamikazes censés viser le fief du gang
armée Gran Grif. Les résultats de ces opérations sont quasi-nuls. En effet, deux (2) des
drones sont tombés dans la localité de Bwa Lavil Anba alors que l’autre a été largué sur le
Pont Tema. Et, s’il est vrai que des bandits armés s’étaient, avant l’opération, rassemblés à
l’endroit où le troisième drone est tombé, bien avant l’impact, ils s’étaient déjà retirés.
VI.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
33. Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, la population de Jean Denis a vécu l’horreur :
des personnes ont été tuées dont des femmes, des enfants, des personnes du troisième âge,
et d’autres vivant avec une déficience ; des maisons et des commerces ont été incendiés ; de
nombreuses familles ont été obligées de prendre la fuite au cours de la nuit. Selon les
informations combinées des autorités locales, des organisations de la société civile de
l’Artibonite et des témoins de ce massacre, au moins soixante-dix (70) personnes ont perdu
Massacre à Jean Denis : Le RNDDH dénonce la complaisance des autorités étatiques face
aux attaques meurtrières des gangs armés
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la vie dont cinquante-trois (53) ont été identifiées par le RNDDH ; au moins une (1) personne
est portée disparue et trente (30) autres ont été blessées par balles ou à l’arme blanche. Au
moins vingt-trois (23) résidences et commerces ont été incendiés. Cinq-mille-deux-centquatre-vingt-onze (5 291) membres de la population se sont déplacés massivement.
34. Une dizaine de jours après ce massacre, force est de constater que l’Etat haïtien
n’estime pas de son devoir de prendre contact avec les victimes et proches de victimes : Ceux
et celles qui ont été blessés ou qui ont tout perdu, sont abandonnés à leur sort. Les cadavres
qui avaient été acheminés dans les morgues de la ville de Saint-Marc y gisent encore. Les
frais des rares funérailles qui ont été chantées, ont été supportés par les familles
décapitalisées. Et, alors que l’Etat haïtien blesse ses citoyens et citoyennes par son mutisme,
les responsables de l’institution policière se baladent dans les médias, affirmant que le bilan
du massacre, présenté par la société civile de l’Artibonite, n’est pas aussi lourd que ce qui
se dit.
35. Le RNDDH regrette que les raids sporadiques qui ont été perpétrés dans différentes
communes du département de l’Artibonite depuis 2022, additionnés au massacre de PontSondé, commis dans la nuit du 2 au 3 octobre 2024 et aux vingt-quatre (24) épisodes de
violences qui ont été enregistrés dans le département, seulement au cours de l’année 2025,
n’aient pas porté les autorités étatiques à munir le département d’équipements et de
matériels policiers en vue de permettre aux agents.es de l’institution policière qui y sont
affectés, de se colleter aux bandits armés. De même, les cellules de renseignements et
d’intelligence n’ont pas été utilisées de manière à fournir régulièrement des informations
précises sur les activités des bandits armés dans cette région du pays.
36. Par ailleurs, la population de l’Artibonite dénonce régulièrement des agents de
l’UDMO qui sont présentés, pour la plupart, comme étant de connivence avec les bandits
armés. En écho à ces dénonciations, le 22 décembre 2025, le RNDDH avait adressé une
lettre à l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), sollicitant l’ouverture
d’une enquête sur ces agents clairement identifiés. Cependant, aucune suite n’a été donnée
à ces différentes dénonciations.
37. Or, aujourd’hui, le RNDDH est convaincu que le massacre de Jean Denis aurait pu
être évité, si l’IGPNH avait effectué son travail, avait enquêté sur ces agents de l’UDMO
qui alimentent régulièrement les bandits armés en armes, en munitions et leur fournissent
des informations sur les opérations de l’institution policière.
38. Fort de tout ce qui précède, le RNDDH recommande aux autorités étatiques et aux
forces de l’ordre de :
•
Reprendre le contrôle du territoire national en général ;
•
Doter la police de l’Artibonite, d’équipements et de matériels policiers pouvant lui
permettre de faire face aux activités de banditisme ayant cours dans le
département ;
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•
Traquer, arrêter, juger et condamner tous les bandits armés qui sèment le deuil et
la terreur au sein de la population haïtienne ;
•
Fournir aux victimes et proches de victimes du massacre de Jean Denis une
assistance financière leur permettant de faire face aux dépenses médicales et de
procéder à l’enterrement de leurs proches ;
•
Réaliser le vetting de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) dans son
ensemble, car les agents sont trop souvent présentés comme étant de connivence
avec les bandits armés.
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