Enquête sur le fonctionnement de la PNH : les policiers-ères réclament de meilleures conditions de travail
- 132 policiers ont été interrogés du 6 au 27 mai 2024, 108 hommes et 24 femmes, dans huit des dix départements ; l'Artibonite et le Nord-Ouest n'ont pas été couverts.
- 303 policiers ont été tués entre 2015 et 2023, une moyenne de trente-quatre par an, 2021 étant le maximum avec 54.
- Au moins soixante-huit attaques armées contre des espaces policiers ont été recensées depuis le 1er juin 2021, soit deux par poste en moyenne.
- Trente-six policiers ont été assassinés de juin 2023 à juin 2024, dont vingt depuis janvier 2024.
- Les revendications sont celles des agents : salaire, assurance maladie, salaire des survivants, transparence des grades et primes, équipement, certification et syndicats hors de la capitale.
Du 6 au 27 mai 2024, les moniteurs du réseau ont soumis un questionnaire préétabli à 132 policiers-ères de la Police nationale d'Haïti, 108 hommes et 24 femmes, affectés dans des commissariats, sous-commissariats, prisons et unités spécialisées de huit des dix départements géographiques du pays ; l'Artibonite et le Nord-Ouest n'ont pu être couverts. Le rapport commence par remercier les agents qui ont participé et présente leur âge, leur sexe, leur ancienneté, leur grade et leur lieu d'affectation avant d'exposer ce qu'ils ont dit de leurs conditions générales de travail, de la sécurité sociale et de la protection au travail, de la formation, de l'équipement et de l'organisation de leur sécurité physique.
Deux décomptes y figurent. Le premier porte sur neuf ans de policiers tués, 303 entre 2015 et 2023, soit une moyenne de trente-quatre par an, avec les chiffres annuels en tableau : 25 en 2015, 17 en 2016, 15 en 2017, 17 en 2018, 45 en 2019, 37 en 2020, 54 en 2021, 50 en 2022 et 43 en 2023, et au moins vingt de plus entre janvier et la mi-juin 2024. Le second porte sur les attaques armées contre commissariats, prisons, bases d'unités spécialisées et patrouilles fixes et mobiles : au moins soixante-huit depuis le 1er juin 2021, listées avec dates et lieux, la plupart ayant coûté la vie aux agents qui s'y trouvaient, soit une moyenne de deux attaques par poste sur la période. De juin 2023 à juin 2024, trente-six policiers ont été assassinés, dont vingt depuis janvier 2024. Les revendications que porte le rapport sont celles des agents : révision salariale et alimentation régulière de leurs cartes de débit, couverture maladie effective, maintien du salaire des agents tués en service au profit de leur conjoint et des études de leurs enfants, distribution transparente des grades et des primes de risque, locaux propres avec de vrais dortoirs, matériels et parc roulant pour chaque commissariat et chaque prison, nominations compétentes et honnêtes à la direction, professionnalisation, formation continue, certification de tous les membres, et des syndicats présents dans tout le pays et non seulement à Port-au-Prince.
Comment citer
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), 2024, Enquête sur le fonctionnement de la PNH : les policiers-ères réclament de meilleures conditions de travail, https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2024/06/5-Rap-PNH-12Juin2024.FR_.pdf
- Titulaire des droits
- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)