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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire :
Le RNDDH plaide pour le respect des droits aux garanties
judiciaires
11 novembre 2022
Sommaire
Pages
Résumé du rapport
2
I.
INTRODUCTION
3
II.
FAITS AYANT MARQUE L’ACTUALITE JUDICIAIRE 2021-2022
3
a) Installation partielle du CSPJ et lancement du processus
de désignation du représentant-e de la société civile
b) Installation d’un nouveau ministre de la Justice
c) Nomination à la Cour de cassation
d) Nomination et Renouvellement de mandats des juges
e) Processus de certification des Magistrats-tes
f) Grèves et Arrêts de travail au sein de l’appareil judiciaire haïtien
g) Libération de Samuel DORVIL incarcéré à la prison civile de Fort-Liberté
3
4
4
5
7
7
8
VIOLATIONS DE DROITS HUMAINS ENREGISTREES AU COURS DE L’ANNEE
JUDICIAIRE 2021-2022
9
a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
9
9
9
10
10
11
13
14
III.
IV.
Libérations ordonnées par le magistrat Nophat DESTIN
Interventions irrégulières du magistrat François COLAS
Libération de Peter Arly Prud’Homme par le magistrat Wilfrid BRUTUS
Exécutions sommaires perpétrées par le magistrat Jean Ernest MUSCADIN
Libérations de Isaac Junior Salvant par le magistrat Norestil NORMIL
Libérations de détenus-es par le parquet de Jérémie
Arrestation du magistrat Michelet VIRGILE
Saisie à Port-au-Prince : Comportement du magistrat Jacques LAFONTANT
IMPACTS DE L’INSECURITE SUR L’APPAREIL JUDICIAIRE HAÏTIEN
a) Attaques contre des tribunaux et parquets
b) Attaques contre des avocats et des magistrats
c) Relocalisation d’espaces judiciaires
15
15
16
17
V.
ASSISES CRIMINELLES AVEC ET SANS ASSISTANCE DE JURY
18
VI.
ETAT D’AVANCEMENT DE CERTAINS DOSSIERS EMBLEMATIQUES
19
a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
19
19
19
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21
22
23
VII.
Assassinat du bâtonnier Monferrier DORVAL
Assassinat de Antoinette DUCLAIR et Diego CHARLES
Assassinat de Jovenel MOÏSE
Plainte contre Evans LESCOUFLAIR pour crimes sexuels sur mineurs
Différents Massacres perpétrés dans les quartiers défavorisés
Affaire Widlore MERENCOURT
Affaire Eugène Georges Frantz LARGE
CONDITIONS GENERALES DE DETENTION
23
a) Détenus Décédés
24
TENTATIVE D’EVASION ET EVASION ENREGISTREES DE JANVIER A OCTOBRE 2022
27
a) Prison civile de la Croix-des-Bouquets
b) Prison civile de Cabaret
27
28
IX.
STATUT JURIDIQUE DES DETENUS-ES
28
X.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
29
VIII.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
1
Résumé du rapport
1.
Au cours de l’année judiciaire 2021-2022, le Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH) a observé le fonctionnement des institutions judiciaire et pénitentiaire.
2.
Des scandales ont éclaboussé l’appareil judiciaire haïtien tout au cours de l’année en question. De
plus, des irrégularités ont été enregistrées dans le processus visant à rendre fonctionnels la Cour de
cassation et le CSPJ. Et, malgré les recommandations de nomination et de renouvellement de mandats
en faveur de 85 juges, les autorités exécutives ont choisi de ne donner suite que pour 54 d’entre eux.
3.
Au moins 4 arrêts de travail ont été enregistrés. De plus, les impacts de l’insécurité sur le
déroulement de l’année judiciaire analysée, ont été énormes. Au moins 10 avocats et 2 magistrats-tes
ont été enlevés et séquestrés contre rançon, blessés par balles ou assassinés.
4.
Par ailleurs, plusieurs magistrats ont été indexés en raison de leur implication dans des cas de
violation des droits humains ou en raison de leur comportement dans le traitement des dossiers dont ils
avaient la charge au cours de l’année judiciaire en question. A titre d’exemples :
• Le juge de paix d’Ennery Nophat DESTIN a été décrié pour avoir libéré contre pots-de-vin, 2
individus après les avoir arrêtés pour détention illégale d’arme à feu et tentative d’assassinat ;
• Dans un conflit terrien, le juge de paix de Fort-Liberté François COLAS a ordonné à l’une des
parties en litige de mettre le feu, en sa présence, aux biens de l’autre partie ;
• Le magistrat Jean Ernest MUSCADIN a exécuté au moins 2 individus, dont l’un à l’ouverture de
l’année judiciaire 2022-2023. Il les a présentés comme étant des bandits armés ;
• Le magistrat Norestil NORMIL a ordonné à 2 reprises la libération d’Isaac Junior SALVANT, arrêté
pour blanchiment d’argent et faux et usage de faux en écriture publique ;
• Le magistrat Michelet VIRGILE a été arrêté après avoir ordonné la libération de 2 individus
impliqués dans le trafic illicite d’armes à feu et de munitions.
5.
De nombreux dossiers qui avaient défrayé la chronique ont aussi été monitorés par le RNDDH au
cours de l’année judiciaire 2021-2022. Certains d’entre eux, comme celui relatif à l’assassinat de Diego
CHARLES et d’Antoinette DUCLAIR, restent bloqués au Parquet de Port-au-Prince, d’autres comme ceux
relatifs au massacre de La Saline et à l’assassinat de l’ancien président Jovenel MOÏSE pataugent au
cabinet d’instruction alors que certaines affaires comme celles relatives à l’assassinat de Maître
Monferrier DORVAL ou à l’attaque armée suivie du vol du véhicule du journaliste Widlore MERENCOURT, ne
sont pas en cours d’instruction.
6.
9 des 18 juridictions de première instance du pays ont réalisé des audiences criminelles sans
assistance de jury au cours desquelles 328 personnes ont été jugées. 67 d’entre elles ont été libérées et
194 ont été condamnées. Pour 67 autres, les verdicts ne sont pas encore prononcés.
7.
Ainsi, contrairement aux sempiternelles promesses faites par les autorités judiciaires de s’attaquer
à la détention préventive illégale et arbitraire, le bilan des réalisations de l’année judiciaire 2021-2022 est
très maigre. Le RNDDH veut pour preuve le fait qu’en octobre 2021, à l’ouverture de l’année judiciaire en
question, 82 % de la population carcérale étaient en attente de jugement. A sa fermeture en septembre
2022, 84 % de cette population, attendent d’être fixés sur leur sort, soit une augmentation de 2 %.
8.
A côté de ce maigre bilan de l’appareil judiciaire, il convient aussi de noter que les détenus-es
continuent de vivre dans des conditions infrahumaines qui les exposent aux maladies contagieuses et
mettent en péril leur vie et leur santé. 172 détenus sont décédés de janvier à octobre 2022, parmi eux,
24, du Choléra. De plus, les détenus-es sont malnutris, n’ont pas droit à la récréation et ne disposent pas
de médicaments, les infirmeries des prisons étant vides.
9.
Fort de ces constats, le RNDDH recommande aux autorités judiciaires et pénitentiaires de :
Enquêter sur le comportement des acteurs judiciaires indexés dans la perpétration d’actes de violations
des droits humains ; Organiser rapidement des audiences criminelles avec et sans assistance de jury afin
de réduire le nombre de personne en attente de jugement ; Améliorer les conditions de détention en
fournissant aux détenus-es une alimentation saine, les médicaments dont ils ont besoin ainsi qu’en leur
accordant des heures en plein air ; Prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de sécuriser les
espaces logeant les cours et tribunaux ; Satisfaire les revendications des acteurs-trices judiciaires en
améliorant leurs conditions de travail, en vue de réduire le nombre d’arrêts de travail.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
2
I.
INTRODUCTION
1.
Au cours de l’année judiciaire 2021-2022, le Réseau National de Défense des Droits
Humains (RNDDH) a monitoré le fonctionnement des cours et tribunaux ainsi que des
prisons du pays. De plus, des rencontres ont été réalisées avec des chefs de juridiction, des
responsables de prisons et des autorités de l’administration pénitentiaire.
2.
Aujourd’hui, au lendemain de la réouverture des travaux judiciaires pour l’année
2022-2023, le RNDDH se fait le devoir de partager avec l’opinion publique, à travers ce
document, ses remarques sur le fonctionnement de ces deux (2) institutions.
3.
Le présent rapport divisé en dix (10) points, fait état entre autres, de l’actualité
judiciaire et de certaines réalisations de l’appareil judiciaire pour la période en question. Il
passe aussi en revue les conditions générales de détention ainsi que le statut juridique des
détenus-es.
II.
FAITS AYANT MARQUE L’ACTUALITE JUDICIAIRE 2021-2022
4.
Pour la période couverte par ce rapport, l’actualité judiciaire a été marquée par des
faits ayant retenu l’attention de la population. En voici quelques-uns :
a) Installation partielle du CSPJ et lancement du processus de désignation du
représentant-e de la société civile
5.
Le 1er octobre 2021, entre la fin de l’année judiciaire 2020-2021 et le début de l’année
judiciaire 2021-2022, un Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) partiellement
constitué, a été installé en marge de la Loi, par le premier ministre de facto Ariel HENRY.
Ce conseil est composé de six (6) membres :
•
•
•
•
•
•
Magistrat Franzi PHILEMON pour la Cour de cassation
Magistrat Carvès JEAN, pour le Parquet de la Cour de cassation
Magistrat Duret Junior DURIN, pour la Cour d’Appel
Magistrat Wando SAINT-VILLIER, pour les Tribunaux de première instance
Magistrat Nadert DESIR, pour les Tribunaux de paix
Maître Evens FILS, pour les Barreaux
6.
Par ailleurs, l’Office de Protection du Citoyen (OPC) avait lancé le processus devant
aboutir à la désignation d’un représentant-e de la société civile au sein du CSPJ. A la
stupéfaction de plusieurs membres d’organisations de la société, le 31 mars 2021, des
élections célères se sont tenues et, le 12 avril 2021, Maître Rémy EDME a été présenté par
l’OPC comme représentant la société civile au sein du CSPJ.
7.
Le 30 avril 2021, le CSPJ, préalablement informé des suspicions entourant le
processus qui avait été mis en branle par l’OPC, a affirmé considérer l’élection du 31 mars
2021 comme nulle et non avenue. Il a alors recommandé un audit du processus, avant sa
relance.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
3
8.
Sans avoir donné suite aux recommandations du CSPJ, le 10 octobre 2022, l’OPC s’est
contenté d’adresser une nouvelle correspondance aux organisations de la société civile, pour
la relance du processus. Cette démarche, effectuée dans les mêmes conditions que celles
ayant abouti aux élections contestées, est aujourd’hui encore l’objet d’une dénonciation de
plusieurs organisations. Celles-ci estiment incompréhensible la volonté de l’OPC de ne pas
respecter les règles établies.
b) Installation d’un nouveau ministre de la Justice
9.
Le 25 novembre 2021, Maître Berto DORCE a été installé à titre de ministre de la
Justice et de la sécurité publique. Lors de sa cérémonie d’intronisation, il s’est engagé à
redynamiser le système judiciaire en la rendant forte, productive, indépendante et
accessible à tous-tes. Il a aussi promis de lutter contre l’insécurité et le kidnapping et a
invité tous les acteurs judiciaires à se mettre au travail.
10. Le ministre de la Justice Berto DORCE remplace à ce poste Liszt QUITEL qui est aussi
ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales. Ce dernier avait été éclaboussé par
un scandale d’enlèvement suivi de séquestration contre rançon. En effet, en date du 3
octobre 2021, le pasteur Jean Ferret MICHEL de l’Eglise Jesus Center de Delmas 29, a été
enlevé en compagnie de deux (2) autres personnes qui l’accompagnaient : Isabelle
DEVENDEGIS et Norman WEINER. Selon ses proches, le pasteur Jean Ferret MICHEL avait
été enlevé sous les ordres de Liszt QUITEL, qui lui reprochait d’avoir entretenu une relation
amoureuse avec son épouse, la dame Barbara QUITEL alias Barbie alors que les couples
QUITEL et MICHEL se fréquentaient régulièrement.
c) Nomination à la Cour de cassation
11. Depuis quelque temps, la situation à la Cour de cassation reste préoccupante. Cette
situation s’est aggravée le 8 février 2021, avec la mise à la retraite de trois (3) magistrats à
la Cour de cassation et le décès, en date du 23 juin 2021, du président de ladite Cour qui,
par son poste, assurait d’office le rôle de président du Conseil Supérieur du Pouvoir
Judiciaire (CSPJ).
12. Pour, selon ses dires, pallier les problèmes soulevés par le dysfonctionnement de la
Cour de cassation, le 16 février 2022, Maître Bertho DORCE a adressé une correspondance
au CSPJ, lui communiquant une liste de neuf (9) personnalités, desquelles choisir trois (3)
juges.
13. A ce stade, il convient de rappeler que selon l’article 175 de la Constitution de 1987,
« Les juges de la Cour de cassation sont nommés par le Président de la République sur une
liste de trois (3) personnes par siège soumise par le Sénat. » Or, les conditions
constitutionnelles et légales pour combler les sièges vacants à la Cour sont inexistantes,
puisque le Parlement haïtien est dysfonctionnel et ne compte, à date, que dix (10) Sénateurs.
14.
Le CSPJ n’a pas accepté de faire le suivi sollicité par le ministre Bertho DORCE.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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15. Le lendemain, soit le 17 février 2022, une rencontre s’est tenue au CSPJ avec le
gouvernement de facto. Et, le 18 février, un appel à candidature a été lancée, pour la
soumission de dossiers de candidature, au siège du ministère de la Justice et de la sécurité
publique.
16. A date, le dossier reste bloqué, puisque le gouvernement de facto avait décidé de
prendre en charge le processus de nomination des juges à la Cour de cassation, sans tenir
compte du tiers du Sénat encore en fonction et du contexte actuel qui mériterait un
consensus entre les différentes composantes de la société. De plus, de nombreuses questions
ont été soulevées par le dépôt de candidature d’avocats qui veulent intégrer directement la
Cour de cassation.
d) Nomination et Renouvellement de mandats des juges
17. En février 2022, le gouvernement de facto, dirigé par le premier ministre Ariel HENRY,
a procédé au renouvellement des mandats et/ou à la nomination de cinquante-quatre (54)
magistrats sur une liste de quatre-vingt-cinq (85) juges, soumise par le CSPJ.
18. La liste suivante fournit des informations sur les magistrats et autres personnalités
qui ont fait l’objet d’une décision de nomination ou de renouvellement de mandat.
#
1.
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3.
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14.
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17.
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21.
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23.
24.
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26.
Juridiction d'affectation
Anse-à-Veau
Anse-à-Veau
Anse-à-Veau
Aquin
Cap-Haïtien
Cap-Haïtien
Cap-Haïtien
Cayes
Cayes
Cayes
Croix-des-Bouquets
Croix-des-Bouquets
Croix-des-Bouquets
Croix-des-Bouquets
Croix-des-Bouquets
Fort-Liberté
Fort-Liberté
Gonaïves
Gonaïves
Gonaïves
Gonaïves
Grande Rivière du Nord
Grande Rivière du Nord
Hinche
Hinche
Hinche
Prénom et nom
Rony Cérisier
Nesly Macena
Berthony Fleury
Vilnor Alsaint
Petrique Duroc
Kerby Joseph
Hermione Saint-Juste
Rose Marthe Louis Jeune
Me Claude Julien
Richard Toussaint
Grecia Norcéus
Tamara Dorcéan
Brunet Salomon
Yvelt Petit-Blanc
Gertha Elias
Jacquelin François
Wilfrid Brutus
Wilince Dérival
Isaac Prophète
Lubedet Dorsainvil
Guimy Thelot
Diane-Rose Victorin
Cléguy Colas
Erode Tercius
Nesly Phelle
Wesley Paul
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droits aux garanties judiciaires
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35.
Jacmel
Jacmel
Jacmel
Jérémie
Mirebalais
Mirebalais
Mirebalais
Mirebalais
Mirebalais
Immacula Jeannis
Jean Clivens Desrivières
Aumereau Laine
Jean Garry Lundy
Pascale Almenaide Raymond
Gradie Laura Nicole Jean-Louis
Jhonson Simon
Edwige Dorsainvil
Samson Jean
36.
37.
38.
39.
40.
41.
42.
43.
44.
45.
46.
Mirebalais
Petit-Goave
Port-au-Prince
Port-au-Prince
Port-au-Prince
Port-au-Prince
Port-au-Prince
Port-de-Paix
Saint-Marc
Saint-Marc
Saint-Marc
Louizia André
Marie Claude Origène Nertilus
Annie Fignolé
Blondine Thélusma
Bredy Fabie
Rose-Maggy Brogela Shoute
Ninive Massena
Maude Jean-Baptiste
Paul Osny Antoine
Huguens D’Haïti
Luvencia Désir
Tableau 1
Huit (8) autres magistrats ont été nommés à la Cour d’Appel.
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1.
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8.
Juridiction d’affectation
Cap-Haïtien
Cayes
Cayes
Cayes
Hinche
Hinche
Port-au-Prince
Port-au-Prince
Prénom et Nom
Henri Claude Adhemar
Emmanuel Zéphir
Frantz Elmorin
Ezéchiel Vaval
Anes J. Joazéus
Vernet Simon
Nerva Vilmont
Noé Pierre-Louis Massillon
Tableau 2
19. Il a été rapporté que le premier ministre de facto Ariel HENRY avait transféré la liste
des quatre-vingt-cinq (85) magistrats-tes, à des individus gravitant autour de lui. Ces
derniers se sont arrogé le droit d’appeler leurs amis avocats en vue de mener une enquête
parallèle à celle du CSPJ, sur le comportement des magistrats-tes en question. Et, c’est sur
la base des réponses recueillies, que le gouvernement a décidé avec une très grande légèreté,
de ne pas renouveler les mandats de ces magistrats-tes ou de ne pas les nommer.
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droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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e) Processus de certification des Magistrats-tes
20. Au cours de l’année judiciaire 2021-2022, au moins douze (12) magistrats-tes ont été
certifiés par le CSPJ. Neuf (9) autres ont été mis à l’écart. Voici les informations les
concernant :
Liste des magistrats certifiés
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1.
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7.
8.
9.
10.
11.
12.
Nom et prénom
Erode BAZILE
Pratz DESRUISSAUX
Erick DORSAINVIL
Pierre Erick FAUSTIN
Gardie Laura Nicole JEAN-LOUIS
Robert JOURDAIN
Claude JULIEN
Patrick LABBE
Jocelyn LUCIEN
Gérard NERTILUS
Johnson SIMON
Adonis TOUSSAINT
Juridiction d’affectation
Tribunal de paix de Port-Salut
Tribunal de paix de Mapou
Tribunal de paix Croix-des-missions
Tribunal de première instance de Saint-Marc
Tribunal de première instance de Port-au-Prince
Tribunal de première instance des Cayes
Tribunal de première instance des Cayes
Tribunal de première instance de Miragoâne
Tribunal de première instance des Cayes
Tribunal de première instance de Miragoâne
Tribunal de première instance des Cayes
Tribunal Spécial du Travail Port-au-Prince
Poste
Juge Titulaire
Juge Titulaire
Suppléant juge
Juge de siège
Juge de siège
Juge de siège
Juge d’instruction
Juge et Juge d’instruction
Juge de siège
Juge et Juge d’instruction
Juge de siège
Juge de siège
Tableau 3
Liste des magistrats non-certifiés
#
Prénom et Nom
Robert CADET
Duny DUBE
Monique JEAN
Hosman JEAN-BAPTISTE
Fermo JUDE PAUL
Lenor JULIEN
Leccius LEGENE
Pierre-Apsorbe PIERRE-LOUIS
Bob SIMONIS
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
Juridiction d’affectation
TPI Fort-liberté
TPI Croix-des-bouquets
TPI de Jacmel
Tribunal de paix de Gros-Morne
TPI Croix-des-bouquets
TPI de Jacmel
TPI de Jacmel
TPI Croix-des-bouquets
Tribunal de paix de Jacmel
Poste
Doyen
Juge de siège
Juge et Juge d’instruction
Suppléant juge
Juge et Juge d’instruction
Juge et Juge d’instruction
Juge et Juge d’instruction
Juge de siège
Suppléant juge
Tableau 4
f) Grèves et Arrêts de travail au sein de l’appareil judiciaire haïtien
21.
Au moins quatre (4) arrêts de travail ont été enregistrés :
•
En décembre 2021, au cours d’une séance d’assises criminelles sans assistance de jury
dans la juridiction de première instance de Fort-Liberté, les greffiers ont décidé
d’entamer une grève. Ceci a perturbé la tenue des séances et, les cas qui avaient été
fixés pour être entendus les 1er, 8 et 20 décembre 2021 ont été renvoyés. Les grévistes
se sont présentés au tribunal mais n’ont pas travaillé ;
•
Le 12 avril 2022, les greffiers des dix-huit (18) juridictions de première instance et des
tribunaux de paix du pays, sont rentrés en grève. Ils exigeaient alors le respect de
l’accord de 2017 auquel les autorités judiciaires n’ont jamais donné suite ;
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RNDDH – Rapport/A22/No12
7
•
Le 18 avril 2022, les avocats du Barreau du Cap-Haïtien ont paralysé le
fonctionnement du Parquet du Tribunal de première instance de ce ressort, exigeant
la révocation du commissaire du gouvernement Maître Richemond FLORIVAL, qu’ils
ont accusé de recevoir des pots de vin pour libérer des criminels ;
•
Le 23 mai 2022, une résolution a été adoptée par les avocats du Barreau des Cayes
selon laquelle, les avocats militant dans cette juridiction ne reconnaissent plus
l’autorité du magistrat Ronald RICHEMOND à la tête du Parquet près le Tribunal de
première instance des Cayes.
g) Libération de Samuel DORVIL incarcéré à la prison civile de Fort-Liberté
22. Samuel DORVIL a été arrêté pour son implication présumée dans des faits
d’association de malfaiteurs, de vols et de viols. Le 30 mars 2022, le commissaire du
gouvernement près le Tribunal de première instance de Fort-Liberté Eno ZEPHYRIN a aperçu
Samuel DORVIL à Trou du Nord. Sachant que le dossier de l’inculpé était en cours
d’instruction, le magistrat Eno ZEPHYRIN a voulu en avoir le cœur net.
23. En date du 3 avril 2022, il s’est rendu à la prison civile de Fort-Liberté, accompagné
d’un agent de sécurité, d’un juge de paix et d’un greffier du Tribunal de paix de Fort-Liberté.
24. Après avoir vérifié dans toutes les cellules et n’ayant pas trouvé Samuel DORVIL, le
magistrat a ordonné au juge de paix de dresser un procès-verbal circonstancié. Puis, il s’est
rendu au bureau du directeur de la prison Desrosiers D. JOSEPH. Il s’est entretenu avec ce
dernier, en présence du greffier de la prison Gérald BIEN-AIME et du chef de poste Snaider
Midy JEAN. Après l’entretien, le responsable de la prison Desrosiers D. JOSEPH, le greffier
de la prison Gérald BIEN-AIME ainsi que le chef de poste Snaider MIDY ont été arrêtés.
25. Parallèlement, le même jour, le greffier du Parquet près le Tribunal de première
instance de Fort-Liberté Frednel BEAUVAIS qui avait signé l’ordre de libération de Samuel
DORVIL a été arrêté dans la commune de Ouanaminthe. Il se cachait et se préparait, selon
toute vraisemblance, à fuir en République Dominicaine.
26. Le lendemain soit le 4 avril 2022, Senel JULMISTE a remplacé Desrosiers D. JOSEPH à
la tête de la prison civile de Fort Liberté.
27. Le 11 avril 2022, le chef de poste Snaider MIDY ainsi que le greffier Gérald BIEN AIME
ont été libérés après avoir été auditionnés pendant deux (2) jours. Cependant, à date, le
directeur de la prison ainsi que le greffier du Tribunal de première instance de Fort-Liberté
sont encore incarcérés.
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droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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III.
VIOLATIONS DE DROITS HUMAINS ENREGISTREES AU COURS DE L’ANNEE
JUDICIAIRE 2021-2022
a) Libérations ordonnées par le juge de paix d’Ennery Nophat DESTIN
28. Le 29 décembre 2021, Edouard CHARLES, agent de la Brigade de Sécurité des Aires
Protégées (BSAP) ainsi qu’un de ses amis, ont été arrêtés sur ordre du juge de paix Nophat
DESTIN du Tribunal de paix d’Ennery, pour détention illégale d’arme à feu et tentative
d’assassinat. Ils avaient perpétré leur forfait en date du 28 décembre 2021, au préjudice
d’Esaïe ACCEUS.
29. Par la suite, le magistrat, menaçant de transférer le dossier au Parquet près le
Tribunal de première instance des Gonaïves, a lui-même informé les retenus qu’il les
libèrerait, s’ils lui versaient cinquante mille (50.000) dollars américains.
30. Exinor CHARLES alias Yatande père d’Edouard CHARLES a payé en deux (2)
versements, un total de trois-cent-quarante-cinq-mille (345.000) gourdes au magistrat
Nophat DESTIN. Edouard CHARLES et son ami ont été remis en liberté respectivement les
31 décembre 2021 et 3 janvier 2022.
b) Interventions irrégulières du magistrat François COLAS, juge de paix de
Fort-Liberté
31. En 2011, Bilgot COLAS est élu député pour la circonscription de Fort-Liberté / Perches.
Il a usé de sa position pour faire nommer son frère François COLAS juge de paix de
Fort-liberté. Depuis, ce dernier multiplie, selon les justiciables, les interventions
intempestives. Le dernier cas qui lui est reproché est celui-ci :
32. Maria SAINTILUS, et Luinel PIERRE, respectivement âgés de soixante-quatre (64) et de
vingt-cinq (25) ans, ont déclaré être des fermiers de l’Etat haïtien d’un terrain qu’ils
occupent depuis 1970. En décembre 2021, ils ont décidé de faire du charbon de bois et ont
coupé des arbres à cet effet. A leur grande stupéfaction, le 15 décembre 2021, Silotte
THOMAS, qui avait préalablement affirmé que le terrain lui appartenait, arguant l’avoir reçu
en héritage de son père, a fait irruption sur la propriété, accompagné du juge de paix
François COLAS et de plusieurs policiers.
33. Arrivé sur les lieux, le magistrat François COLAS a ordonné d’arrêter Maria SAINTILUS
et Luinel PIERRE et de brûler les sacs de charbon déjà remplis. C’est Silotte THOMAS qui a
lui-même mis feu aux sacs de charbon, en présence du magistrat et avec sa complicité.
c) Libération de Peter Arly PRUD’HOMME par le doyen de Fort-Liberté
34. Le 7 mars 2022, Peter Arly PRUD’HOMME a été arrêté à Ouanamithe pour viol sur
mineure. Le 25 mars 2022, le doyen a.i. du Tribunal de première instance de Fort-Liberté,
le magistrat Wilfrid BRUTUS a procédé à la libération de Peter Arly PRUD’HOMME suite à
une action en habeas corpus, intentée par ses avocats.
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droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
9
35. Le doyen a affirmé pour sa part, avoir respecté la Loi en ordonnant la libération de
Peter Arly PRUD’HOMME puisqu’au moment de sa décision, il n’avait pas encore en sa
possession le réquisitoire d’informer du Parquet près le Tribunal de première instance de
Fort-Liberté. Celui-ci ne lui est parvenu que le 28 mars 2022.
d) Exécutions sommaires perpétrées par le magistrat Jean Ernest MUSCADIN
36. Depuis quelque temps, le commissaire du gouvernement près le Tribunal de première
instance de Miragoâne Jean Ernest MUSCADIN s’est transformé en justicier de la ville. Il
circule lourdement armé, exécute des personnes qu’il estime être impliquées dans des actes
de banditisme, enregistre ses exécutions et les publie sur les réseaux sociaux. A titre
d’exemples :
•
Le 31 mai 2022, la vidéo de l’exécution sommaire de Elvain SAINT-JACQUES alias Zo
Pwason par le commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance
de Miragoâne Jean Ernest MUSCADIN circulait sur les réseaux sociaux. L’acte s’est
produit à Kokoye Duchêne, une localité de la commune de l’Anse-à-Veau, en présence
d’agents de l’Unité Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO) et du Service
Départemental de Police Judiciaire (SDPJ). Le magistrat Jean Ernest MUSCADIN a
présenté Elvain SAINT-JACQUES alias Zo Pwason comme faisant partie du gang de
Village de Dieu, dirigé par Johnson ANDRE alias Izo 5 secondes.
•
Le 24 octobre 2022, quelques jours après la réouverture de l’année judiciaire
2022-2023, le magistrat Jean Ernest MUSCADIN a froidement abattu Junior MERIEL
alias Zo Reken à Berquin, localité dépendant de la première section communale de
Miragoâne. Selon le magistrat, la victime, recherchée par la police, est un bandit qui
opérait à Martissant. La veille de son exécution, il avait rançonné une dame et avait
braqué une boutique de cigarettes à Miragoâne avant de prendre la fuite. Il a aussi
affirmé que Junior MERIEL alias Zo Reken, tombé lors d’échanges de tirs avec le
Parquet près le Tribunal de première instance de Miragoâne, avait en sa possession
un pistolet de calibre 38.
e) Libérations de Isaac Junior SALVANT par le magistrat Norestil NORMIL
37. Le 9 juillet 2022, Isaac Junior SALVANT qui s’apprêtait à se rendre aux Etats-Unis, a
été arrêté à l’Aéroport Toussaint Louverture pour blanchiment des avoirs. Il avait en sa
possession cent-trente-deux mille et deux-cents trente-six (132.236) dollars américains
qu’il n’avait pas déclarés aux services de l’immigration. Il détenait aussi un document
notarié, justifiant une transaction de vente de véhicule, passée en l’étude de la notaire
Marie Ange-Henry LOUISSAINT.
38. Déféré le 22 juillet 2022 au Parquet près le Tribunal de première de la
Croix-des-Bouquets, Isaac Junior SALVANT a été libéré le 28 juillet 2022 par le substitut
commissaire du gouvernement de ce ressort Norestil NORMIL, alors que le Bureau des
Affaires Financières et Economiques (BAFE) n’avait pas encore fini son enquête.
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39. Le 2 août 2022, l’étude notariée a, de son côté, affirmé n’avoir retrouvé dans ses archives
aucune transaction impliquant Isaac Junior SALVANT.
40. Sur la base de ces nouveaux éléments et puisque l’étude de la notaire Marie Ange-Henry
LOUISSAINT est localisée dans la juridiction de Port-au-Prince, le 4 août 2022, le Bureau
des Affaires Financières et Economiques (BAFE) a transféré le dossier ainsi qu’un
rapport complémentaire d’informations au Parquet près le Tribunal de première
instance de ce ressort, sollicitant la mise en mouvement de l’action publique en
mouvement à l’encontre d’ Isaac Junior SALVANT, pour faux et usage de faux en écriture
publique, au préjudice du Cabinet notarial de Maître Marie Ange-Henry LOUISSAINT.
Le BAFE en a profité pour produire une demande de délégation de pouvoir, en vue
d’approfondir l’enquête en question.
41. Le 5 août 2022, sur la base d’un mandat émis par le commissaire du gouvernement
Jacques LAFONTANT, Isaac Junior SALVANT est arrêté une nouvelle fois.
42. Cependant, aucune poursuite n’a été entamée contre lui par le Parquet de
Port-au-Prince. Et, à la surprise générale, c’est encore le Parquet près le Tribunal de
première instance de la Croix-des-Bouquets qui a ordonné, en date du 26 septembre
2022, la remise en liberté d’Isaac Junior SALVANT.
43. Selon les informations qui circulent au niveau des parquets des deux (2) juridictions
saisies par le BAFE qui tenait à ce que ce dossier aboutisse, le montant dont Isaac
Junior SALVANT a dû se débourser pour acheter sa liberté, dépasse largement celui avec
lequel il avait été arrêté le 9 juillet 2022, à l’Aéroport Toussaint Louverture.
f) Libérations de détenus-es par le Parquet de Jérémie
44. Au cours du mois d’octobre 2022, le Parquet près le Tribunal de Première Instance de
Jérémie a décidé d’auditionner un ensemble de détenus-es et de renoncer à la poursuite
entamée contre eux. En ce sens, au moins cinquante-deux (52) détenus-es ont pu être remis
en liberté les 10, 18 et 23 octobre 2022. Il s’agit d’une (1) femme, d’une (1) fille, de sept (7)
garçons et de quarante-trois (43) hommes.
45. Parmi ces détenus-es onze (11) ont été incarcérés pour crimes sexuels et trois (3)
autres, pour crimes de sang.
46.
Les années d’écrou de ces prisonniers-ères ont retenu l’attention du RNDDH :
Année d’incarcération
2014
2016
2017
2018
2019
2020
Nombre de détenus-es libérés
3
1
2
2
6
13
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
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11
2021
2022
Inconnue
Total
12
12
1
52
Tableau 5
47.
Voici les informations relatives aux détenus-es libérés.
Nom/Prénom
Age
Liste des personnes libérées le 10 octobre 2022
1.
Altermeus Gavens, alias Gaga
26 ans
2.
Benoit Herbisson
24 ans
3.
Volma Jelerme alias Josué
47 ans
4.
Saint Felix Harald
27 ans
5.
Felix Marckendy alias Marckenson
6.
Felix Mackenson alias Piti
23 ans
7.
Jean Calhul Jean alias Jakatè
28 ans
8.
Joseph Fredel
28 ans
9.
Pierre Louis Diefson alias Bega
25 ans
10.
Elien Wilner
40 ans
11.
François Jean Berty
28 ans
12.
Lazard Jude alias Kesnel
36 ans
13.
Dieufait Lodil
31 ans
14.
Brisnault Louismis
53 ans
15.
Antoine Silias alias Fréfré
26 ans
Liste des personnes libérées le 18 octobre 2022
16.
Michel Blanchard
18 ans
17.
Jules Wagler alias Wawa
23 ans
18.
Frederic Claude
47 ans
19.
Paul James alias Willy
24 ans
20.
Charles Develor alias Snèque
20 ans
21.
Lestin Jonel alias Busapas
22.
Deralin Junior
21 ans
23.
Lindor Marc-Elo alias Bouzout
21 ans
24.
St Preux Odief
28 ans
25.
Sanon Maxan
41 ans
26.
Eustache Jefferson
22 ans
27.
Saint Juste Mista alias Lovely
26 ans
28.
Lucien Michelove alias Love
17 ans
29.
Etienne Nolby alias Baby
23 ans
30.
Pierre Uclès alias Boss Yré
36 ans
31.
Colas Peterson
25 ans
32.
Clairven Nesly
34 ans
33.
Paul John Carl Peter Junior alias TJB 32 ans
34.
Colas Marvel
30 ans
35.
Luc Mara
19 ans
36.
Philippe Kesnel
44 ans
37.
Charles Riche Carde
19 ans
Sexe
Faits reprochés
Date d’écrou
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
Association malfaiteurs, vols
Vol de motocyclette
Vol de bœuf
Vol
Vol de bois
Vol de mouton
Braquage, Association malfaiteurs
Vol de cabris
Association malfaiteurs, assassinat
Vol de mouton
Voies de fait, Coups et blessures
Vol de figue banane
Association malfaiteurs, vol de cabris
Vol
Trafic illicite de stupéfiants
24/09/21
19/01/21
22/03/21
26/05/20
11/04/22
28/04/21
23/09/22
30/06/22
01/04/22
15/12/20
21/05/21
16/09/22
24/09/21
11/04/22
-
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
F
Fille
H
H
H
H
H
H
H
H
H
Association de malfaiteurs
Tentative d’assassinat
Agression sexuelle
Association de malfaiteurs
Viol
Vol de nuit
Menace
Association de malfaiteurs
Association de malfaiteurs
Complicité de meurtre
Voies de fait, Coups et blessures
Tentative d’assassinat
Association de malfaiteurs, Viol
Association de malfaiteurs
Vol moto
Voies de fait
Voies de faits, Coups et blessures
Vol de porc
Vol de cabri
Association de malfaiteur, Viol
Viol
Viol
05/02/21
12/09/17
08/11/19
12/11/19
29/08/19
06/09/18
16/01/19
19/01/19
26/09/16
1er/12/17
29/03/18
14/10/22
11/05/21
11/12/20
11/08/20
14/07/19
22/04/22
09/02/22
03/11/21
11/05/21
28/10/14
18/08/14
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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Liste des personnes libérées le 23 octobre 2022
38.
Clerjour Maxon
22 ans
39.
Augustin Junior
34 ans
40.
Caïdor Jameson
17 ans
41.
Simon Jn Paulin, alias Popo
16 ans
42.
Glezil Cenack, alias ecclesias
28 ans
43.
Jn Louis Phato, alias Valdo
28 ans
H
H
Garçon
Garçon
H
H
44.
45.
Azor Jean Renel, alias Kakaogob
Zidor Pierre Michel, alias Anoudi
38 ans
20 ans
H
H
46.
Léoné Alex, alias Gaspiye
28 ans
H
47.
48.
49.
50.
51.
52.
Mondelus Brunet
Sanon Jérémie
Yralus Jean Eddy, alias Marasa
Louis Smith, alias Timilyon
Louis John Peter
Port-Louis Yvrose
17 ans
15 ans
16 ans
17 ans
16 ans
44 ans
Garçon
Garçon
Garçon
Garçon
Garçon
F
Viol
Escroquerie
Vol avec escalade
Tentative de viol, vol de nuit
Vol de cabris
Tentative de viol, Association de
malfaiteurs
Vol de nuit, tentative de viol
Vol de nuit, tentative de viol,
association de malfaiteurs
Vol de nuit, tentative de viol,
association de malfaiteurs
Vol de cabri
Vol avec escalade
Vol de téléphone de nuit
Vol de téléphone
Vol de téléphone de nuit
Association de malfaiteurs, braquages
18/08/14
19/07/22
24/09/20
22/07/20
11/05/21
22/07/20
22/07/20
22/07/20
22/07/20
15/06/22
21/09/21
03/11/20
03/11/20
03/11/20
23/09/22
Tableau 6
48. Tel que présenté dans les tableaux 5 et 6, douze (12) détenus-es soit 23 % des
bénéficiaires, ont été incarcérées en 2022 seulement, soit depuis quelques mois ou même,
quelques jours, pour leur implication dans la perpétration d’actes criminels. En voici
quelques exemples :
•
Diefson PIERRE LOUIS alias Bega incarcéré le 1er avril 2022 pour association de
malfaiteurs et assassinat, a été libéré le 10 octobre 2022 ;
•
Junior AUGUSTIN écroué le 19 juillet 2022 pour escroquerie a été libéré le 23 octobre
2022 ;
•
Jean Calhul JEAN alias Jakatè et Yvrose PORT-LOUIS arrêtés le 23 septembre 2022
pour braquage et association de malfaiteurs, ont été libérés respectivement les 10 et
23 octobre 2022 ;
•
Mista SAINT JUSTE alias Lovely écrouée le 14 octobre 2022 pour tentative d’assassinat
a été relâchée le 18 octobre 2022.
49. Il a aussi été rapporté que plusieurs parmi les bénéficiaires de ces ordres de libération
sont des détenus-es gravement malades qui risquaient de mourir en prison.
g) Arrestation du magistrat Michelet VIRGILE
50.
Le 1er juillet 2022, trois (3) armes de poing soit deux (2) pistolets de calibre 9 mm et
un (1) revolver de calibre 38, trente (30) chargeurs, vingt (20) étuis de fusils AK-47 ainsi que
cent-vingt mille (120.000) cartouches destinées à des fusils d’assaut de longue portée,
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RNDDH – Rapport/A22/No12
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réparties dans cent-cinquante-sept (157) caisses, ont été découverts par des agents
douaniers de Port-de-Paix. Ces armes et munitions ont été transportées sur le navire Miss
Lili One, en provenance des Etats-Unis.
51.
Le même jour, soit le 1er juillet 2022, Fritz Jean RELUS qui était chargé de recevoir
une partie de la cargaison et d’organiser d’abord son recel, puis son transport à
Port-au-Prince, a été arrêté.
52.
Le 5 juillet 2022, le bateau Miss Lili One a été fouillé de fond en comble en présence
de son propriétaire Jonas GEORGES. Le même jour, Jonas GEORGES a été arrêté pour
association de malfaiteurs et trafic illégal d’armes à feu. Le lendemain soit le 6 juillet 2022,
le commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance de Port-de-Paix, le
magistrat Michelet VIRGILE, a ordonné l’extraction des retenus Fritz Jean RELUS et Jonas
GEORGES. Il les a relâchés après les avoir auditionnés pour, selon les rumeurs qui
circulaient dans la juridiction, deux-cent mille (200.000) dollars américains.
53.
Le 12 juillet 2022, le commissaire du gouvernement près le Tribunal de première
instance de Port-de-Paix, le magistrat Michelet VIRGILE a été arrêté. Dans la soirée, le
magistrat Michelet VIRGILE a été transféré aux bureaux de la Direction Centrale de la Police
Judiciaire (DCPJ), à Tabarre, dans le département de l’Ouest. Rapidement, il a affirmé aux
autorités de police judiciaire avoir reçu l’ordre de libérer Fritz Jean RELUS et Jonas
GEORGES, de ses supérieurs hiérarchiques.
54.
Suite aux déclarations du magistrat Michelet VIRGILE, le 22 juillet 2022 Maître
Robinson PIERRE-LOUIS, membre du cabinet du ministre de la Justice et de la sécurité
publique, Maître Bertho DORCE, a été arrêté pour forfaiture, suspicion de corruption, trafic
d'influence et association de malfaiteurs.
55.
Le 25 juillet 2022, le dossier a été confié au magistrat instructeur Walter Wesser
VOLTAIRE. Le lendemain, soit le 26 juillet 2022, une séance en habeas corpus a été tenue.
Le magistrat Bernard SAINVIL a demandé aux avocats de Me Robinson PIERRE-LOUIS de
faire valoir leurs droits par devant le cabinet d’instruction.
h) Saisie à Port-au-Prince : comportement du magistrat Jacques LAFONTANT
56.
Le 14 juillet 2022, à la douane de Port-au-Prince, huit (8) boites ont été saisies. Elles
contenaient au moins dix-huit (18) armes de guerre, quatre (4) pistolets de calibre 9 mm,
quatorze mille six-cent-quarante-six (14.646) cartouches, cent-quarante (140) chargeurs, un
(1) viseur et cinquante mille (50.000) faux billets de cent (100) dollars américains. Le
container dans lequel les objets illicites susmentionnés ont été saisis appartient à Rémy
LINDOR. Et, des démarches étaient en cours en vue de le couvrir – ainsi que deux (2) autres
containers appartenant à la même personne – par la franchise douanière accordée à l’Eglise
Episcopale d’Haïti.
57.
Le jour-même de la saisie, Rémy LINDOR a contacté le commissaire du
gouvernement près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, Maître Jacques
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LAFONTANT. Il l’a mis en contact avec l’ancien ministre de la Jeunesse, des sports et de
l’action civique, Ronald D’MEZA et lui a proposé de prendre celui-ci à titre d’avocat.
58.
Le 23 août 2022, le dossier a été transféré au cabinet d’instruction du magistrat
Chavannes ETIENNE.
59.
Parallèlement, alors que le dossier est au cabinet d’instruction et dans le souci
d’orienter l’enquête et l’opinion publique, le magistrat LAFONTANT a ordonné deux (2)
perquisitions au Collège Saint Pierre et au bureau diocésain de l’Eglise Episcopale d’Haïti.
Celles-ci ont été réalisées les 24 août et 23 septembre 2022, à grands renforts de publicité,
mettant ainsi le faisceau sur l’implication de l’église dans le trafic d’armes et de munitions,
tout en protégeant Fernand PIERRE et Isaac ALERTE, respectivement expéditeur et
bénéficiaire du colis illicite.
IV.
IMPACTS DE L’INSECURITE SUR L’APPAREIL JUDICIAIRE HAÏTIEN
a) Attaques contre des tribunaux et parquets
60. Au cours de l’année judiciaire 2021-2022, au moins six (6) espaces judiciaires dont des
tribunaux et des parquets ont essuyé des attaques.
61. Le 6 juin 2022, le Parquet près le Tribunal de première instance de Jérémie a été
saccagé et partiellement incendié. A ce propos, il a été rapporté que dans la nuit du 29 au
30 mai 2022, Romaly JOSEPH alias Capois, un écolier, a été atteint d’une balle tirée par un
des agents de l’Unité Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO) affectés à la
sécurité du directeur départemental de la Grand’Anse, Paul Menard JEAN LOUIS. Le 6 juin
2022, les policiers ont été invités à se présenter au Parquet près le Tribunal de première
instance de Jérémie mais, ils n’ont pas obtempéré. Le même jour, la population a organisé
un mouvement de protestation au cours duquel les manifestants-tes ont demandé au
commissaire du gouvernement de les accompagner au commissariat en vue d’identifier le
policier fautif. Maître Mary PYRAM n’a pas donné suite à la requête de la population qui, en
représailles, s’en est pris au Parquet.
62. Le 10 juin 2022, des bandits de Village de Dieu dirigés par Johnson ANDRE alias Izo 5
secondes, ont pris d’assaut le palais de Justice de Port-au-Prince. Ils ont détruit l’archive et
emporté plusieurs dossiers des justiciables. Ils ont aussi volé des voitures de la Police
Nationale d’Haïti (PNH) ainsi que celles des justiciables et des avocats qui étaient présents
sur les lieux ce jour-là.
63. Pour justifier cet assaut mené contre le palais de Justice de Port-au-Prince, Johnson
ANDRE alias Izo 5 secondes a affirmé que les magistrats procèdent systématiquement à la
libération des bandits faisant partie des gangs armés du G-9 an Fanmi e Alye ce qui n’est
pas le cas pour ceux du G-Pèp qui ne sont pas remis en liberté, même en cas de versements
de pots-de-vin.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
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RNDDH – Rapport/A22/No12
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64. Dans le cadre de ces dénonciations, le substitut commissaire du gouvernent Joseph
Lubin ROSEMBERG a été indexé. Il lui est reproché d’avoir reçu quarante-mille (40.000)
dollars américains pour la libération de bandits de Village de Dieu qui avaient été arrêtés.
Le Parquet près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince n’a rien fait à ce sujet,
ce qui a facilité la fuite pour l’étranger, du magistrat gouvernent Joseph Lubin ROSEMBERG.
65. Dans la nuit du 25 au 26 juillet 2022, le Parquet près du Tribunal de première instance
de la Croix-des-Bouquets a été attaqué par les bandits du gang des 400 Mawozo dirigé par
Wilson JOSEPH alias Lanmò 100 Jou. Cette attaque a été perpétrée en représailles à une
opération policière menée le 25 juillet 2022 dans leur fief à la Croix-des-Bouquets. Ils ont
criblé de balles, vandalisé et partiellement incendié le Parquet de ce ressort.
66. Le 14 septembre 2022 dans l’après-midi, le palais de justice de Petit-Goâve a été
attaqué puis incendié par des individus armés non identifiés. Les dossiers des justiciables
ainsi que le mobilier de l’institution ont été incendiés. Le même jour, le Tribunal de paix de
Petit-Goâve a aussi été saccagé.
67. Le 23 septembre 2022, suite à une manifestation anti-gouvernementale au cours de
laquelle un (1) mort et plus d’une dizaine de blessés ont été recensés, des individus
non-identifiés mis feu au Tribunal de paix des Cayes. Grâce à la vigilance de la population,
le feu a été rapidement maîtrisé.
68. Le 10 octobre 2022, soit une semaine après la réouverture de l’année judiciaire
2022-2023, les locaux du Tribunal de paix section sud, du Tribunal de première instance et
de la Cour d’Appel des Gonaïves ont été attaqués par des manifestants-tes qui protestaient
contre le gouvernement actuel. Tout le matériel de bureau de ces tribunaux a été emporté
par les manifestants-tes qui ont aussi vandalisé les bureaux de l’Etat Civil des Gonaïves.
b) Attaques contre des avocats et des magistrats
69. Au cours de l’année judiciaire 2021-2022, des avocats-tes et des magistrats-tes ont été
victimes d’actes d’insécurité. En voici quelques exemples :
•
Le 16 octobre 2021, à l’angle de la rue Cameau, non loin du Stade Sylvio Cator, Maître
Patrice Michel DERENONCOURT avocat au Barreau de Port-au-Prince et professeur
d’université, a été enlevé par des hommes lourdement armés. Il a été assassiné ;
•
Le 20 décembre 2021, à la rue Joseph Janvier, deux (2) avocats inscrits au Barreau de
Port-au-Prince, Maîtres Manette Rock Dorcéus DEJERVIL et Antoine GRENNY, ont été
enlevés. Ils se rendaient au Tribunal. Ils ont été remis en liberté contre rançon, le 25
décembre 2021 ;
•
Le 19 janvier 2022, dans la commune de la Croix-des-Bouquets, la juge Léa
CHARLOTIN, a été blessée par balles à la cuisse ;
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RNDDH – Rapport/A22/No12
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•
Le 20 janvier 2022, à l’avenue Christophe, tout près de l’Institut National
d’Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI), Maître
Fritz ALTENOR, avocat inscrit au Barreau de la Croix-des-Bouquets, a été tué par
balles ;
•
Le 9 février 2022, à la rue des Casernes, Maîtres Kery SEMERVIL et Antoine DELVA,
du Barreau de Petit-Goâve ont été enlevés ;
•
Le 9 février 2022, à la rue des Casernes, Maitre Ronald JOSEPH a été grièvement
blessé. Trois (3) mandataires impliqués dans un conflit terrien et qui
l’accompagnaient, ont été assassinés. Maître Ronald JOSEPH revenait du Parquet près
le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, suite à une convocation de ses
clients, dans le cadre de ce même dossier ;
•
Le 28 février 2022, à Pétion-ville, Maitre Joël PETIT-HOMME, du barreau de
Port-au-Prince a été grièvement blessé par balles lors d’une tentative de kidnapping
à son encontre ;
•
Le 15 février 2022, au Bicentenaire, Maître Jean Berry Dumay COSMEUS a été enlevé
alors qu’il sortait du palais de justice de Port-au-Prince ;
•
Le 14 mars 2022, à Delmas, zone Silot, le véhicule de la magistrate Anne FIGNOLE a
été atteint de deux (2) projectiles ;
•
Le 08 juin 2022, l’ex-bâtonnier de l’Ordre des avocats de Mirebalais Maître Jean Ernst
CHERY a été enlevé. Il revenait du Palais National.
70. Ces nombreux cas d’insécurité additionnés au fait que le bicentenaire est totalement
sous l’emprise des bandits armés, ont porté le Barreau de Port-au-Prince à adopter en date
du 11 mars 2022, en assemblée extraordinaire, une résolution selon laquelle, il exigeait la
relocalisation du palais de justice de Port-au-Prince. Un délai de quinze (15) jours avait alors
été accordé aux autorités étatiques pour faire le suivi. Cette demande a été appuyée par des
associations de magistrats-tes.
c) Relocalisation d’espaces judiciaires
71. En raison de la situation sécuritaire du pays, quelques relocalisations ont été
enregistrées au cours de l’année judiciaire 2021-2022 :
•
Le 4 avril 2022, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) a ordonné le
transfert du Décanat du Tribunal de première instance de Port-au-Prince au Tribunal
de paix de Port-au-Prince, section Sud ;
•
Le 26 avril 2022, l’administration du Barreau de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince
a été relocalisée ;
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
17
•
A la fin du mois d’août 2022, le Parquet près le Tribunal de première instance de
Port-au-Prince a été autorisé à emménager au local de l’OPC, à Lalue. Quelques jours
plus tard, le Décanat a quitté le Tribunal de paix où il s’était réfugié, pour venir
cohabiter avec le Parquet ;
•
Le 4 août 2022, le CSPJ a ordonné au Décanat du Tribunal de première instance de
la Croix-des-Bouquets de se relocaliser à la bibliothèque municipale de Tabarre.
V.
ASSISES CRIMINELLES AVEC ET SANS ASSISTANCE DE JURY
72. Au cours de l’année judiciaire 2021-2022, neuf (9) des dix-huit (18) juridictions de
première instance du pays ont réalisé des audiences criminelles sans assistance de jury. Il
s’agit des juridictions de l’Anse-à-Veau, d’Aquin, des Cayes, de la Croix-des-Bouquets, de
Fort-Liberté, des Gonaïves, de Miragoâne, de Petit-Goâve et de Saint-Marc. Cependant, le
RNDDH n’a pu obtenir les informations pour les audiences tenues à la Croix-des-Bouquets
et aux Gonaïves.
73. Au total, deux-cents (200) cas ont été fixés. Parmi eux, cent-soixante-quinze (175) ont
été entendus et vingt-cinq (25) autres ont été renvoyés.
#
Juridictions
Cas fixés
Cas entendus
Cas renvoyés
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
Anse-à-veau
Aquin
Cayes
Fort-Liberté
Miragoâne
Petit-Goâve
Saint-Marc
22
37
8
16
25
40
52
21
37
4
12
19
37
45
1
0
4
4
6
3
7
Total
200
175
25
Tableau 7
74. Trois-cent-vingt-huit (328) personnes ont été jugées, cent-quatre-vingt-quatorze (194)
ont été condamnées et soixante-sept (67) ont été libérées. Soixante-sept (67) autres
accusés-es ont été renvoyés en prison sans être fixés sur leur sort parce que les doyens des
tribunaux criminels ont ordonné le dépôt des pièces à l’audience. Les décisions ne leur ont
pas encore été communiquées.
75.
Le tableau suivant présente les informations ventilées par juridiction :
Juridictions
Anse-à-veau
Aquin
Cayes
Fort-Liberté
Miragoâne
Petit-Goâve
Personnes
jugées
33
21
5
14
66
44
Personnes
condamnées
28
15
3
8
8
20
Personnes
libérées
5
6
2
4
4
13
Personnes non fixées
sur leur sort
2
54
11
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
18
Saint-Marc
Total
145
112
328
33
194
67
67
Tableau 8
VI.
ETAT D’AVANCEMENT DE CERTAINS DOSSIERS EMBLEMATIQUES
76. Toujours au cours de la période couverte par ce rapport, le RNDDH s’est enquis de
l’état d’avancement de certains dossiers emblématiques qui avaient défrayé la chronique.
En voici quelques exemples :
a) Assassinat du bâtonnier Monferrier DORVAL
77. Dans la soirée du 28 août 2020, Maître Monferrier DORVAL, Bâtonnier de l’Ordre des
avocats de Port-au-Prince, a été assassiné en sa résidence, à Pèlerin 5.
78. Le 20 octobre 2020, le dossier a été transféré au Cabinet d’instruction du magistrat
Renord RÉGIS. Quatre (4) personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette enquête. Il s’agit
de Modeler SENEGEAU alias abidi, Mackender FILS-AIME, Valéry DORT et Vilpique DUNES.
79. Le 13 novembre 2020, à Lalue, le magistrat Renord REGIS a essuyé une attaque armée
au cours de laquelle les vitres de son véhicule ont été brisées. Le 16 septembre 2021, dans
une correspondance adressée aux membres du Conseil du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), le
magistrat a annoncé sa démission en tant que juge d’instruction.
80. Le 5 octobre 2021, le magistrat Loubens ELYSEE a été désigné par le doyen. Quelques
mois plus tard soit le 31 janvier 2022, il s’est volontairement dessaisi du dossier tout en
affirmant n’avoir jamais eu la chance de voir le dossier dont il avait la charge d’instruction.
Depuis lors, aucun juge n’a été choisi.
b) Assassinat de Antoinette DUCLAIR et Diego CHARLES
81. Dans la nuit du 29 au 30 juin 2021, la militante Antoinette DUCLAIR et le journaliste
Diego CHARLES de Radiotélévision 2000 ont été assassinés à Christ-Roi par des individus
armés. Selon toute vraisemblance, le dossier est égaré au Parquet près le Tribunal de
première instance de Port-au-Prince qui ne l’avait jamais transféré au Cabinet
d’instruction. A date, aucune tentative n’est faite par ledit Parquet pour sa reconstitution.
c) Assassinat de Jovenel MOÏSE
82. Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, l’ex-président Jovenel MOISE a été assassiné chez
lui à Pèlerin 5.
83. Le 4 août 2021, le commissaire du gouvernement près du Tribunal de première
instance de Port-au-Prince a transféré le dossier au cabinet d’instruction. Le 10 août 2021,
le magistrat Mathieu CHANLATTE a été désigné pour instruire le dossier. Moins d’une
semaine après, il s’est déporté de l’affaire, évoquant des convenances personnelles et la mort
tragique de son greffier Ernst LAFORTUNE.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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84. Le 22 août 2021, le magistrat Garry ORELIEN a été désigné comme nouveau juge pour
mener l’enquête. Eclaboussé par un scandale de corruption lié à son comportement dans
l’instruction de ce dossier, il a dû se dessaisir, dans une ordonnance rendue le 21 janvier
2022.
85. Le 7 février 2022, Chavannes ETIENNE a été désigné comme troisième juge chargé
d’instruire le dossier en question. Le 9 février 2022, le magistrat a déclaré se dessaisir du
dossier, pour des raisons de sécurité.
86. Le 4 mars 2022, le juge instructeur Merlan BELABRE a été désigné. Le 13 mars 2022,
il a exprimé ses inquiétudes quant à sa sécurité et à celle de sa famille. Il a aussi dénoncé
le fait qu’aucun moyen n’ait été mis à sa disposition pour la bonne conduite de l’instruction.
Finalement, dans une correspondance transmise au doyen et au commissaire du
gouvernement, il a indiqué que son mandat étant arrivé à terme le 25 avril 2022, il s’est
dessaisi du dossier.
87. Le 30 mai 2022, le juge Walther Wesser ETIENNE a été désigné. Il en est le cinquième
magistrat instructeur chargé de mener l’enquête.
88. Il convient de rappeler que quarante-deux (42) personnes sont incarcérées dans le
cadre de ce dossier, parmi elles, dix-huit (18) Colombiens. Le 11 novembre 2022, à la
rédaction de ce document, une action en habeas corpus est intentée par devant le doyen du
Tribunal de première instance de Port-au-Prince, en faveur des Colombiens.
d) Plainte contre Evans LESCOUFLAIR pour crimes sexuels sur mineurs
89. Le 26 janvier 2022, lors d’une émission diffusée sur les réseaux sociaux, Claude Alix
BERTRAND a dénoncé les agressions sexuelles perpétrées à son encontre par Evans
LESCOUFLAIR, ancien moniteur de sports au Collège Saint-Louis de Gonzague et ancien
ministre de la Jeunesse des sports et de l’action civique.
90. Saisi d’office, le 12 mai 2022, le Parquet près le Tribunal de première instance de
Port-au-Prince a invité Evans LESCOUFLAIR à comparaître. Par le biais de ses avocats, il a
adressé une correspondance au commissaire du gouvernement, sollicitant le report de ladite
comparution. Un avis de recherche ainsi qu’un mandat international ont alors été émis à
son encontre. Le 2 juillet 2022, Evans LESCOUFLAIR a été arrêté par InterPol à Panama,
puis remis le 6 juillet 2022 à la DCPJ. Le 11 juillet 2022, il a été transféré au
sous-commissariat de Canapé-vert et le 14 juillet 2022, il a été incarcéré à la Prison civile
de Port-au-Prince. Son dossier a été transféré au Décanat du Tribunal de première instance
de Port-au-Prince, qui ne l’a pas encore distribué.
91. Evans LESCOUFLAIR ainsi qu’un de ses avocats a affirmé au RNDDH que, lors d’un
entretien avec le doyen près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince, Maître
Bernard SAINVIL, ce dernier leur a affirmé que le 10 juin 2022, à la faveur de la prise
d’assaut du palais de justice de Port-au-Prince par les bandits de Village de Dieu dirigés par
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
20
Johnson ANDRE alias Izo 5 secondes, plusieurs dossiers de détenus-es dont celui de Evans
LESCOUFLAIR ont été emportés ou incendiés.
92. Le 12 septembre 2022, une correspondance du Parquet a été adressée à la partie civile,
lui demandant de renouveler sa plainte, pour la reconstitution du dossier.
e) Différents Massacres perpétrés dans les quartiers défavorisés
93. De 2018 à 2022, au moins dix-neuf (19) massacres et attaques armées ont été
perpétrés dans le département de l’Ouest. Ils ont causé des pertes humaines et matérielles
énormes. Pour seize (16) parmi ces événements sanglants, le RNDDH a recensé au moins
neuf-cent-quarante-sept (947) personnes assassinées, cinquante-neuf (59) personnes portées
disparues, cent-un (101) viols collectifs et répétés perpétrés à l’encontre de femmes et de
filles. De plus, environ six-cent-soixante-dix-sept (677) maisons ont été détruites ou
incendiées. Le tableau suivant fournit les détails, par zone, période et pertes recensées.
Lieux
Date / Période
13 – 14 novembre 2018
Mars 2019
14 – 19 avril 2019
Avril 2019
5 – 13 juillet 2019
24 avril 2019
4 – 8 novembre 2019
23 – 27 mai 2020
1er juin – 28 juillet 2020
Personn
es tuées
71
7
20
15
20
9
24
34
111
Personnes
blessées
66
Personnes
disparues
2
La Saline
Cité Soleil
La Saline / Cité Vincent
Delmas 2
La Saline
Carrefour-Feuilles
Bel-Air
Pont-Rouge/ Chancerelles
Cité Soleil
6
11
5
8
20
2
Bel-Air
Bel-Air
Cité Soleil
Delmas 32 - Port-au-Prince
Plaine du Cul-de-Sac
Cité Soleil
Total
28 août 2020
31 mars – 15 mai 2021
Janvier – mai 2021
29 – 30 juin 2021
24 avril – 6 mai 2022
7 – 13 juillet 2022
2018 - 2022
36
45
44
20
191
+ 300
947
12
24
15
22
167
Femmes/filles
violées
11
48
18
7
1
59
18
53
101
Maisons / véhicules
incendiées
148
178
3
138
210
677
Tableau 9
94. L’action publique n’a jamais été mise en mouvement à l’encontre de ces bandits armés
dont les chefs sont connus, dénoncés par les victimes. Il s’agit entre autres de :
•
•
•
•
•
•
•
Jimmy CHERIZIER alias Barbecue, basé à Delmas 6
Gabriel JEAN-PIERRE alias Ti Gabriel ou Gabo basé à Nan Brooklyn, quartier de Cité
Soleil
Matias SAINTIL basé à Nan Boston, quartier de Cité Soleil
Andrice ISCARD basé à Nan Belekou, quartier de Cité Soleil
Tyson SAMEDY, Basé à Nan Rakèt, localité de Cité Soleil
Serge ALECTIS alias Ti Junior, basé à La Saline
Micanor ALTES connu encore sous le nom de Monel FELIX, alias Roi Mikanò, basé au
Wharf de Jérémie
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
21
•
•
•
•
•
•
•
•
Christ-Roi CHERY alias Krisla, basé à Fontamara et Carrefour
Claudy CELESTIN connu encore sous le nom de Stevenson PIERRE alias Chen Mechan,
basé à la Croix-des-Missions
Jean Claude CELESTIN, père de Claudy CELESTIN, basé à la Croix-des-Missions
Gardy JEAN, de la Base Krache Dife, basé à la Rue Saint-Martin,
Wilson JOSEPH alias Lanmò 100 Jou basé à la Croix-des-Bouquets et à Thomazeau
Vitelhomme INNOCENT basé à Pernier,
Johnson ANDRE alias Izo 5 secondes basé à Village de Dieu
Destina RENEL alias Ti Lapli basé à Grand-Ravine
f) Affaire Widlore MERENCOURT
95. Le 15 octobre 2020, le journaliste Widlore MERENCOURT a été attaqué par deux (2)
individus armés. Ils ont volé sa voiture de marque Suzuki Vitara, de couleur grise,
enregistré au numéro d’immatriculation BB 95936. Le 21 septembre 2021, il a vu passer
son véhicule à l’avenue Martin Luther King. Tout de suite, il a alerté la police qui a
interpellé le chauffeur. Lors de son interpellation, ce dernier, Serjo MASSILLON, un soldat
de l’Armée d’Haïti, avait en sa possession, une (1) arme illégale de calibre 9 millimètres.
96. Suite à la vérification des numéros de série du moteur, il a été démontré que la voiture
appartenait effectivement à Widlore MERENCOURT. Et, Serjo MASSILLON a été arrêté pour
vol de véhicule. Alors que la Section Départementale de la Police Judiciaire (SDPJ) était en
train d’enquêter sur le dossier, le magistrat Gérald Belony NORGAISSE a ordonné la
libération de Serjo MASSILLON, suite à une séance en habeas corpus.
97. Par la suite, une interdiction de départ a été émise à l’encontre de Serjo MASSILLON.
Depuis le 19 novembre 2021, le dossier a été transféré au greffe du décanat de
Port-au-Prince mais aucun juge n’a été encore désigné pour instruire l’affaire.
g) Affaire Eugène Georges Frantz LARGE
98. Sur la base d’un jugement par défaut rendu en date du 11 août 2009 par le juge Bredy
FABIEN et d’un exequatur du commissaire du gouvernement Clamé Ocnam DAMEUS daté
du 12 mai 2017, le juge de paix Clément NOEL et plusieurs agents spécialisés de Police
Nationale d’Haïti (PNH) se sont rendus le 1er février 2022, à Fermathe 54. Ils devaient
procéder au déguerpissement du docteur Eugène Georges Frantz LARGE d’une maison qu’il
affirme occuper depuis plus de trente (30) ans.
99. Le 6 mai 2022, le juge de paix de Kenscoff Maître Raymonde Jean ANTOINE, donnant
suite à un autre ordre du Parquet près du Tribunal de première instance de Port-au-Prince,
a procédé à la réintégration du Docteur Frantz LARGE dans sa résidence. Pour l’exécution
de cette ordonnance, le magistrat a dû forcer les portes fermées à clé et les barrières qui
avaient été verrouillées de l’intérieur. Dans le procès-verbal de constat qu’il a dressé en la
circonstance, il a inscrit avoir trouvé sur les lieux :
•
Une (1) arme de calibre M4, no. PA-15MULT1PI009280
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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•
•
•
•
•
•
•
•
Un (1) chargeur
Cinquante (50) cartouches
Une (1) menotte en plastique
Une (1) radio de communication Motorola avec sa base
Une (1) paire de bottes noir
Un (1) casque de police
Deux (2) casques de motocyclette multicolores
Trois (3) souches de chèque avec les montants respectifs de dix-mille-deux-cents
(10.200) gourdes, seize-mille-trois-cent-quarante-quatre (16.344) gourdes et dix-huitmille-trois-cents (18.300) gourdes au nom de Diego Maradona JEAN LOUIS
Un (1) ordre de route émanant de la Police Nationale d’Haïti signée du commissaire
Divisionnaire Jean Alex PIERRE LOUIS au nom de Diego Maradona JEAN LOUIS
Une (1) carte de visite de la police nationale de Lionel Jean ADL
•
•
100. Le même jour, soit le 6 mai 2022, dans la soirée, des individus armés sont revenus sur
la propriété. Depuis, le docteur Large a dû abandonner sa maison et le dossier est resté
bloqué.
VII.
CONDITIONS GENERALES DE DETENTION
101. Dix-neuf (19) prisons civiles sont fonctionnelles dans le pays. Parmi elles, seules
quatre (4) peuvent être considérées comme offrant un espace plus ou moins acceptable aux
personnes privées de liberté. Il s’agit du Centre de Réinsertion des Mineurs en Conflit avec
la Loi (CERMICOL) et des prisons civiles de Cabaret, Croix-des-Bouquets et Fort-Liberté 2.
102. Les autres quinze (15) espaces carcéraux sont en très mauvais état. Leur construction
date pour la plupart, de plusieurs dizaines d’années. De plus, des cellules pouvant loger
dix (10) détenus-es en accueillent une quarantaine en moyenne. Conséquemment, les
détenus-es sont gardés dans des conditions infrahumaines, dans l’exiguïté et le manque
d’aération des cellules. Les exemples suivants fournissent une idée de la situation dans les
prisons :
•
Le bâtiment logeant la Prison civile de Port-au-Prince, situé au cœur de la capitale
haïtienne, est dans un état critique. Certains espaces sont fissurés. Les dortoirs des
agents de la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) sont délabrés. N’étant
pas régulièrement alimentées en électricité, les cellules ne sont ni aérées ni éclairées.
L’état d’insalubrité alentour et au sein-même de la prison favorise la fréquentation
des lieux par des rongeurs, ce qui représente un grand risque pour la santé des
détenus. Ces derniers ne se baignent pas régulièrement. Ils n’ont pas droit à la
récréation et se soulagent à l’intérieur même de leur cellule. Ils sont sous-alimentés
et présentent pour la plupart, des signes visibles de malnutrition et de maladies
cutanées.
•
Le bâtiment logeant la Prison civile de Fort-liberté 1 est totalement délabré. Les
cellules sont exigües, les murs sont sales et endommagés. Le dispensaire n’est pas
alimenté en médicaments.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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•
Les détenus de la Prison civile de l’Anse-à-veau n’ont pas droit à la récréation. Ils
font tout à l’intérieur-même de leur cellule.
•
À la Prison civile de Jacmel, la cellule où sont incarcérées les femmes et les mineures,
est dépourvue de lit et de matelas. Les garçons logent avec les hommes, qu’ils soient
condamnés ou en attente de jugement.
•
La Prison civile du Cap-Haitien est alimentée en nourriture, de manière très
irrégulière. L’eau n’y est plus disponible, faute de carburant. Et, pour la préparation
de la nourriture des détenus-es, les responsables de ladite prison ont recours au feu
de bois, le gaz propane n’étant pas disponible.
•
Les détenus-es de la Prison civile de la Grande Rivière du Nord dépendent
totalement de missionnaires. Lorsque ces derniers ne leur viennent pas en aide, ils
restent sans nourriture, sans eau potable. Ils ne disposent pas de kit hygiénique pour
procéder à leurs ablutions.
a) Détenus décédés
103. De janvier à octobre 2022, au moins cent-soixante-douze (172) détenus ont perdu la vie
dans quatorze (14) prisons civiles du pays et dans le commissariat de Petit-Goâve converti
en prison. Vingt-quatre (24) parmi ces détenus sont morts du Choléra, à la Prison civile de
Port-au-Prince.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
Total
Prisons
Anse-à-Veau
Cap-Haïtien
Carrefour
Cayes
Croix-des-Bouquets
Fort-Liberté 1
Fort-Liberté 2
Gonaïves
Hinche
Jacmel
Jérémie
Mirebalais
Petit-Goâve (Commissariat)
Port-au-Prince
Saint-Marc
14 prisons et 1 commissariat
Nombre de détenus-es décédés
2
22
3
26
18
1
1
3
5
18
2
1
22
44
4
172
Tableau 10
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
24
104. Le tableau suivant fournit les informations sur cent-seize (116) parmi les
cent-soixante-douze (172) détenus décédés de janvier à octobre 2022.
Détenus (es) décédés (es)
1.
Vilius Joseph
2.
Janvier Gesner
3.
Alcinthe Phito
4.
Monestime Nesly
5.
Ernst Septembre
6.
Pierre Milton
7.
Fabre Rigaud
8.
Paul Christin
9.
Michel Lucien
10. Joseph Legence
11. Altéma Berel
12. Mama Renold
13. Pierre Cenn
14. Jean Erick
15. Louis Erius
16. Jean Guensly
17. Excellence Junior
18. Ducange Acombe
19. Joseph Solange
20. Jean Véus
21. Prague Milien
22. Louidor Ulrick
23. Toussaint John
24. François Saint Rosaire
25. Luca Valbrum
26. Balde Fritznel
27. Alexandre Jean-Claude
28. Noréus Robentz
29. Cédernier Laurent
30. Jean Patrickson
31. Julien Fritznel
32. Cétoute Abraham
33. Léo Léonel
34. Bien-Aimé Mislot
35. Joseph Wilson
36. Jean Louis Germain
37. Norvilus Enock
38. Joseph Grand Jean
39. Joseph Dieusssaint
40. Nérius Mackenson
41. Célipauvre Mitolson
42. Auguste Dona
43. Dieujuste Gérard
44. Pierre-Saint Léonard
45. Garçon Frandy
Prisons
Prison civile du Cap-Haitien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile du Cap-Haitien
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile de Jacmel
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile du Cap-Haitien
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile du Cap-Haitien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile des Cayes
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Jacmel
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile de Jacmel
Prison civile de Mirebalais
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile de Jérémie
Prison civile des Cayes
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile de Hinche
Prison civile de Hinche
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile de Jacmel
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile de Hinche
Prison civile des Cayes
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile de Jacmel
Prison civile des Cayes
Date de décès
6 janvier 2022
7 janvier 2022
10 janvier 2022
12 janvier 2022
15 janvier 2022
21 janvier 2022
23 janvier 2022
23 janvier 2022
23 janvier 2022
25 janvier 2022
27 janvier 2022
28 janvier 2022
30 janvier 2022
3 février 2022
5 février 2022
6 février 2022
9 février 2022
10 mars 2022
17 février 2022
18 février 2022
4 mars 2022
4 mars 2022
7mars 2022
11 mars 2022
14 mars 2022
19 mars 2022
21 mars 2022
8 avril 2022
13 avril 2022
17 avril 2022
20 avril 2022
26 avril 2022
29 avril 2022
4 mai 2022
5 mai 2022
7 mai 2022
10 mai 2022
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Hilaire Dieulhomme
Marc-Charles Mackenson
Aristilde Jeff
Saint Hilaire AC
Philistin Wislène
Fénélus Olondieu
Elidor Dorcé
Colise Wichel
Aristilde Wilnève
Michel Lenès
Océan Yvener
Nicolas Roosevelt
Joseph Ulysse
Frandy Riché
Ronald Deka
Jacksaint Célius
Dieurisson Louis
Valmy Patience
Altéma Frantzlin
Milord Jean Panel
Odile Boudet
Jean Baptiste Oracile
Raymond Silibo
Florestal Dabouze
Desruisseaux Santélhomme
Merdéus Servéus
Pebly Buissereth
Emmanuel Lordéus
Vertilien Jean
Jean Démé
Suffert Sam Bob
Sorélus Renel
Sanon Liferne
Jean Pierre Dunalson
Ossé Ferdinand
Tombeau Dieuvé
Télusma Claudius
Pierre Saint-pierre
Elmica Maxo
Georges Brunel
Estenio Cambron
Compère Louvensky
Pierre Aliann Auxilia
Pierre Jean Rony
Jean Baptiste Maurice
Burry Orel
Jean Vilaire Bernard
Pierre Jude
Henry Pierre
Prison civile des Cayes
Prison civile de Jacmel
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile de Jacmel
Prison civile de Jacmel
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile de Jacmel
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile de Jacmel
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile de Jérémie
Prison civile des Cayes
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile des Cayes
Prison civile de Jacmel
Prison civile de Jacmel
Prison civile des Cayes
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile de Hinche
Prison civile de Jacmel
Prison civile de Jacmel
Prison civile de Jacmel
Prison civile de Jacmel
Prison civile du Cap-Haïtien
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile des Gonaïves
Prison civile Fort-liberté 2
Prison civile de Hinche
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
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Robenson Jocelyn
Cadeau Noel
Lamac Estomac
Jean Robert Fragelice
Delange Mathurin
Pierre Jean Renold
Jean Michelet Cornet
Renel Gabriel
Robenson Etienne
Lissage Brice
Romélus Frandy
Thony Michel
Désamours Éric
Jonel Lubris
Gusmane Metellus
Pétion Célimon
Orasmi Jameson
Charles Anderson
Petit-Marc Wadson
Joseph Ulrick
Rosené Claude
Jean Jinelson
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Port-au-Prince
Prison civile de Jacmel
Prison civile des Cayes
Prison civile des Cayes
Prison civile Croix-des-bouquets
Prison civile Fort-liberté 1
Prison civile de Jacmel
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Tableau 11
VIII. TENTATIVE D’EVASION ET EVASION ENREGISTREES DE JANVIER A OCTOBRE 2022
a) Prison civile de la Croix-des-Bouquets
105. Le 31 décembre 2021, vers 10 heures du matin, une tentative d’évasion a été
enregistrée à la Prison civile de la Croix-des-Bouquets. Selon les informations recueillies,
tout a commencé lorsque les détenus ont pris deux (2) agents de la DAP ainsi qu’une (1)
infirmière en otage. Ils ont subtilisé les armes des agents en question et se sont mis à tirer.
Ils ont aussi mis feu à la cuisine, ont vandalisé le bureau du chef de poste, le greffe de la
prison ainsi que le bureau du responsable.
106. Lors de l’affrontement qui s’en est suivi, l’agent pénitentiaire Michel DAVID, issu de
la 25ème promotion de la PNH ainsi que dix (10) détenus ont été tués. Il s’agit de :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Estiplait DAMAS
Fané PIERRE
Toutoute DORADIEU
Jean Myrtho LAFORTUNE
Jeff JEAN LOUIS
Clairci DESTINE
Fils Dorane DENIS
Daillant DENIS
Jouvens JOSEPH
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•
Bernardo alias Ti Manno
107. De plus, quatre (4) autres agents en sont sortis blessés grièvement. Il s’agit de :
•
•
•
•
André Junior LAFRANCE
Ronald JEANTY
Robenson JOACHIM
Evens SEVERE
108. Il convient de noter que l’agent pénitentiaire André Junior LAFRANCE qui avait reçu
une balle à la jambe droite a dû subir une amputation.
b) Prison civile de Cabaret
109. Le 22 septembre 2022 dans l’après-midi, trois (3) gangs armés opérant dans les zones
de Lafiteau, Canaan 70 et Canaan 50, respectivement dirigés par Michel PETERSON, Jean
Brunet PHILEMON et Jeff LAROSE ont attaqué le sous-commissariat de Titanyen. Ils ont
assassiné le policier Clautaire SAINT-LOUIS. Puis, ils ont saccagé ledit sous-commissariat
avant d’y mettre le feu. Par la suite, ils ont utilisé des containers pour bloquer plusieurs
tronçons de route menant à la prison civile de Cabaret avant d’attaquer la prison elle-même.
110. Selon les informations qui sont parvenues au RNDDH, un (1) agent de la DAP a ouvert
le bloc où étaient incarcérées les femmes et les filles en détention préventive, dans le but,
selon ce qu’il avait alors avancé, de leur permettre de se pourvoir en eau pour leur bain.
Cent-quarante-cinq (145) d’entre elles se sont évadées.
111. Ce sont des agents du Corps d’Intervention pour le Maintien de l’Ordre (CIMO) et de
l’Unité Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO) en provenance de l’Artibonite
qui ont dû intervenir pour ramener l’ordre dans la zone et reprendre le contrôle de la prison
civile de Cabaret.
IX.
STATUT JURIDIQUE DES DETENUS-ES
112. A l’ouverture de l’année judiciaire 2021-2022, en octobre 2021, la population carcérale
était estimée à onze mille-deux-cent-cinquante (11.250) prisonniers-ères dont deux-millequatorze (2.014) condamnés et neuf-mille-deux-cent-trente-six (9.236) personnes, soit 82 %,
en attente de jugement. A sa fermeture en septembre 2022, la population carcérale est
estimée à onze-mille-sept-cent-trente-sept (11.737) détenus-es dont mille-huit-cent-quatrevingt-cinq (1.885) condamnés-es et neuf-mille-huit-cent-cinquante-deux (9852) détenus-es,
soit 84 % en attente de jugement.
113. Ainsi, en dépit de l’évasion spectaculaire enregistrée à la prison civile de Cabaret à la
faveur de laquelle cent-quarante-cinq (145) femmes se sont enfuies, les rares audiences
criminelles et correctionnelles qui se sont tenues au cours de l’année judiciaire 2021-2022
n’ont eu aucun impact sur le taux de détention préventive illégale et arbitraire.
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
RNDDH – Rapport/A22/No12
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X.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
114. L’année judiciaire 2021-2022 s’est déroulée dans un contexte difficile caractérisé par
des scandales au sein de l’appareil judiciaire. Avec l’arrivée au ministère de la Justice de
Maître Berto DORCE à titre de ministre, les tentatives pour nommer de nouvelles
personnalités à la Cour de cassation de la République se sont multipliées. Ces tentatives
avortées ont été réalisées en-dehors de tout consensus entre les différentes composantes de
la société, à un moment où la crise sociopolitique qui frappe le pays entraîne des
conséquences énormes sur la vie de la population. Un nouveau Conseil Supérieur du Pouvoir
Judiciaire (CSPJ) incomplet a été installé, toujours au cours de cette année.
115. C’est aussi au cours de l’année judiciaire analysée dans ce rapport que le magistrat
Garry ORELIEN a été indexé en raison de son comportement, en dehors des règles
déontologiques, dans l’instruction du dossier relatif à l’assassinat de l’ancien président
Jovenel MOÏSE. Et, pour sa part, le commissaire du gouvernement de Port-de-Paix Michelet
VIRGILE a été arrêté pour avoir ordonné la libération de trafiquants d’armes et de
munitions.
116. C’est enfin au cours de cette même période que, dans des conditions inexpliquées,
Samuel DORVIL qui se trouvait à la prison civile de Fort-Liberté a été libéré, sans aucune
décision de justice.
117. De nombreux magistrats ont été indexés en raison de leur comportement dans les
dossiers dont ils avaient la charge. A titre d’exemples :
•
Le juge de paix du Tribunal de Fort-Liberté François COLAS, est décrié pour avoir,
dans le cadre d’un conflit terrien, ordonné à l’une des parties en litige de brûler, en
sa présence, les biens de l’autre ;
•
Le juge de paix d’Ennery Nophat DESTIN est dénoncé pour avoir libéré contre
pots-de-vin, deux (2) individus dont il avait lui-même ordonné l’arrestation pour
détention illégale d’arme à feu et tentative d’assassinat ;
•
Le doyen de Fort-Liberté est indexé pour avoir accordé la libération à un individu
incarcéré pour viol sur mineure, suite à une action en habeas corpus ;
•
Le Parquet près le Tribunal de première instance de Jérémie ayant à sa tête le
magistrat Mary PYRAM a décidé de renoncer à la poursuite engagée à l’encontre de
cinquante-deux (52) individus incarcérés pour, entre autres, vols, viols sur mineures,
assassinats, etc. Douze (12) d’entre eux n’ont été arrêtés que depuis quelques mois
ou même quelques jours.
118. D’autres magistrats ont, pour leur part, été décriés en raison de leur implication dans
des cas de violations des droits humains. L’exemple le plus fragrant est celui du magistrat
Jean Ernest MUSCADIN qui a exécuté sommairement au moins deux (2) individus qu’il a
présentés comme étant des bandits armés. L’un d’entre eux a été tué au lendemain de la
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
droits aux garanties judiciaires
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réouverture des travaux judiciaires pour la nouvelle année 2022-2023. Si pour le premier
cas, il avait enregistré l’exécution en question, pour le deuxième cas, il a déclaré que
l’individu était tombé lors d’échanges de tirs avec le Parquet près le Tribunal de première
instance de Miragoâne.
119. Ainsi, au lieu de s’atteler à la tâche et de mettre l’action publique en mouvement
contre les bandits armés qui sèment la terreur dans sa juridiction, le magistrat M USCADIN
s’est transformé en un justicier.
120. Le RNDDH estime qu’il s’agit-là de nombreux cas sur lesquels la commission mixte
de certification du ministère de la justice et de la sécurité publique et du Conseil Supérieur
du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) devrait se pencher avec célérité.
121. Par ailleurs, les impacts de l’insécurité sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire,
notamment dans les juridictions de Port-au-Prince, de la Croix-des-Bouquets et de
Petit-Goâve ont été énormes. Au moins six (6) espaces judiciaires dont des tribunaux et des
parquets, ont été vandalisés. Et, au moins quatre (4) d’entre eux ont été incendiés. De plus,
plusieurs avocats et magistrats ont été enlevés, blessés par balles ou assassinés, toujours
au cours de l’année judiciaire 2021-2022.
122. Seulement neuf (9) des dix-huit (18) juridictions de première instance du pays ont
organisé des audiences criminelles sans assistance de jury. Il s’agit des juridictions de
l’Anse-à-Veau, d’Aquin, des Cayes, de la Croix-des-Bouquets, de Fort-Liberté, des Gonaïves,
de Miragoâne, de Petit-Goâve et de Saint-Marc.
123. Les juridictions de première instance du Cap-Haitien, des Coteaux, de la
Grande-Rivière du Nord, de Hinche, de Jacmel, de Jérémie, de Mirebalais, de Port-auPrince, et de Port-de-Paix n’ont réalisé aucune audience criminelle. Parmi elles se
retrouvent pourtant les plus grandes juridictions du pays, en termes de nombre de
justiciables à desservir et de taille de leur population carcérale respective.
124. Trois cent vingt-trois (323) personnes ont été jugées. Cent-quatre-vingt-quatorze (194)
ont été condamnées et soixante-sept (67) autres libérées. Soixante-sept (67) personnes ne
sont pas encore fixées sur leur sort, les doyens des tribunaux criminels n’ayant pas encore
prononcé leur verdict.
125. Ainsi, drastiquement réduites, les audiences criminelles n’ont eu aucun impact sur le
taux de détention préventive illégale et arbitraire. A l’ouverture de l’année judiciaire
2021-2022 en octobre 2021, 82% de la population carcérale totale étaient en attente de
jugement. En dépit des audiences criminelles tenues et de l’évasion spectaculaire de
cent-quarante-cinq (145) détenues à la Prison civile de Cabaret, 84 % de la population
carcérale sont en attente de jugement, à la fermeture de l’année judiciaire analysée, soit en
septembre 2021.
126. Parallèlement, les conditions générales de détention empirent chaque jour.
Promiscuité, maladies contagieuses, choléra, malnutrition, non-disponibilité de
Dysfonctionnement des systèmes judiciaire et pénitentiaire : Le RNDDH plaide pour le respect des
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médicaments d’une part, bâtiments en mauvais état, insalubrité, cellules non-éclairées et
non-aérées d’autre part : les détenus-es sont maintenues dans des conditions
infrahumaines. Ces conditions ont justement eu, de janvier à octobre 2022, des
conséquences irréversibles sur leur vie et leur santé. A côté de nombreux détenus-es
malades auxquels le personnel médical ne peut administrer de médicaments, le RNDDH a
aussi recensé le cas de cent-soixante-douze (172) détenus-es qui sont décédés.
127. Ainsi, l’année judiciaire 2021-2022 démarrée dans un contexte particulier, a été
caractérisée par une crise sociopolitique inédite, aggravée par l’assassinat de l’ancien
président Jovenel MOÏSE. Il s’en est suivi une année judiciaire aux résultats mitigés, la crise
sociopolitique n’ayant enregistré aucune amélioration. Les impacts de ce manque de
résultats ont été énormes sur le fonctionnement de la prison. Et, les nombreuses personnes
en attente de jugement ont particulièrement eu à souffrir de cette situation.
128. Il est donc évident que les systèmes judiciaire et pénitentiaire haïtiens sont
totalement dysfonctionnels et, les droits aux garanties judiciaires de la population haïtienne
sont tous les jours bafoués.
129. Fort de ces constats, le RNDDH recommande aux autorités judiciaires et
pénitentiaires de :
•
Enquêter sur le comportement des acteurs judiciaires indexés dans la perpétration
d’actes de violations des droits humains ;
•
Organiser rapidement des audiences criminelles avec et sans assistance de jury afin
de réduire le nombre de personne en attente de jugement ;
•
Améliorer les conditions de détention en fournissant aux détenus-es une alimentation
saine, les médicaments dont ils ont besoin ainsi qu’en leur accordant des heures en
plein air ;
•
Prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de sécuriser les espaces logeant les
cours et les tribunaux ;
•
Satisfaire les revendications des acteurs-trices judiciaires en améliorant leurs
conditions de travail, en vue de réduire le nombre d’arrêts de travail.
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