Diagnostic agraire de la zone de Baptiste, Plateau Central
- Aboutit à la conclusion qu'un diagnostic agraire existe pour établir : le revenu agricole d'une famille de deux actifs est évalué à environ 12 600 gourdes par an, très en dessous du seuil de survie que l'étude calcule à quelque 22 900 gourdes par actif et par an, l'agriculture de cette zone ne couvrant donc pas seule les besoins incompressibles.
- Situe l'extrême pauvreté à environ 38 300 gourdes par actif et par an pour Haïti et calcule deux seuils supérieurs à 44 400 et 55 640, face à des exploitations de métayers dégageant environ 38 000 gourdes par an, ce qui fait des revenus non agricoles et de la migration une composante structurelle et non accessoire.
- Documente un crédit à des taux qui rendent l'accumulation impossible : des prêts en espèces atteignant 10 % par mois, 10 % pour un prêt d'une semaine et 25 à 30 % par mois sur quelques mois, avec des marchandises de petit commerce achetées à crédit à 10 % par semaine ou 10 % par jour, quand CODES prête à 2,5 % par mois mais aux seuls épargnants déjà titulaires d'un compte.
- Retient une charge foncière représentant 40 % du revenu en Haïti contre 30 % en République dominicaine, alors que le métayage assure encore l'apport en céréales de 32 % des repas.
- Rattache la structure actuelle de la zone à des décisions précises plutôt qu'à une évolution graduelle : la colonie agraire de 1948 sous Dumarsais Estimé, le commerce du café encadré par le Code du café sous les Duvalier, l'abattage total des cochons créoles exigé par les États-Unis au début des années 1980, et la réduction des tarifs douaniers sur le sucre de 50 à 3 % en 1995.
- Lit l'altitude comme la variable organisatrice du système de culture, l'affleurement de calcaire dur vers 1 120 mètres séparant les zones à orangers et pois congo des versants plus hauts, les variétés tardives ne donnant qu'au bout de dix mois, ou douze au-dessus de 1 340 mètres.
- Retient la République dominicaine comme composante active de l'économie locale, avec un taux gourde-peso proche de la parité pendant le stage, des variations saisonnières liées aux transferts de main-d'œuvre entre décembre et février, et un passage de frontière coûtant 2 000 gourdes par personne et décrit comme dangereux.
Célia Pasquetti a conduit ce diagnostic agraire de la zone de Baptiste lors d'un stage de mars à octobre 2007, dans le cadre d'un Master 2 Développement agricole à Montpellier SupAgro et à l'Institut national agronomique de Paris-Grignon (AgroParisTech). Son maître de stage était Arnauld Finet, d'Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, et sa tutrice école Sophie Devienne. La méthode du diagnostic agraire qu'elle applique étudie une petite région et privilégie les relations entre producteurs et organisations existantes, produisant un compte rendu systématique de l'organisation de l'agriculture dans la zone. C'est l'une des deux études agraires détaillées de la zone Baptiste-Savanette de cette collection.
Comment citer
Montpellier SupAgro; AgroParisTech; Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), 2007, Diagnostic agraire de la zone de Baptiste, Plateau Central, https://agripubhaiti.org/wp-content/uploads/2025/03/Diagnostic-Agraire-de-Baptiste.pdf