Guide de renforcement parasismique des batiments
- La prémisse du guide est que le parc bâti qui a survécu n'est pas un parc sûr. Les bâtiments qui ont résisté au 12 janvier 2010 en sont sortis fragilisés et ne résisteront peut-être pas à un autre séisme en l'état : le renforcement doit donc être traité comme une tâche distincte de la réparation et de la reconstruction.
- Il traite deux aléas dans un même document parce qu'Haïti y est exposé aux deux, et la seconde moitié porte sur les toitures : le renforcement parasismique occupe l'essentiel du guide, le renforcement paracyclonique étant abordé par le comportement d'un bâtiment lors d'un cyclone et les solutions de renforcement d'une couverture.
- Le diagnostic est scindé en qualitatif et quantitatif, les objectifs du diagnostic préalable au renforcement étant posés d'abord. Cet ordre compte en pratique : il dit à l'ingénieur à quoi sert le diagnostic avant de lui dire comment le faire.
- Les éléments non structurels ont leur propre section plutôt que d'être renvoyés en fin de document, alors que c'est là que se concentre une bonne part du risque de blessure lors d'un séisme modéré.
- Le coût est traité comme une composante de l'ingénierie et non comme un ajout, avec une section dédiée à l'évaluation des coûts de renforcement, suivie d'annexes techniques.
- L'ancrage institutionnel est nommé : la Direction des Travaux Publics du MTPTC, à travers le Bureau technique d'évaluation des bâtiments (BTEB), est au cœur des activités de réparation et de reconstruction, ce qui inscrit le renforcement et la mitigation des risques dans le mandat du ministère.
- Les chiffres de déplacement retenus méritent d'être consignés : le séisme a occasionné 1,3 million de sans-abris et 766 000 personnes ont trouvé refuge dans des villes non sinistrées.
- Le consortium de production est inhabituel et vaut d'être noté pour la provenance : la Banque mondiale, l'UNOPS, Build Change, Miyamoto International et la Coopération suisse y ont contribué financièrement et techniquement.
Le guide du MTPTC sur le renforcement parasismique des bâtiments, construit autour d'une grandeur déterminante : le Pourcentage de Surface de Mur. L'évaluation calcule le pourcentage de surface de mur existant d'un bâtiment, le compare au pourcentage requis pour son niveau, et les solutions de renforcement en découlent arithmétiquement : soit augmenter le pourcentage existant, soit réduire la surface à reprendre.
Ce cadrage est ce qui rend le guide utilisable par un ingénieur sans analyse dynamique complète. Les mesures pour augmenter le pourcentage de surface de mur comprennent l'ajout de nouveaux murs, et le pourcentage de surface de mur transversal doit être supérieur à la valeur requise. Le guide énonce explicitement qu'abaisser le niveau de performance choisi de 90 à 60 % minimise les besoins de réhabilitation des structures présentant des défauts peu importants, règle de proportionnalité assumée plutôt qu'hypothèse cachée.
Les autres critères sont géométriques et vérifiables sur site. Pour la torsion, les murs doivent recouvrir toutes les faces extérieures du bâtiment ou au moins 25 % de la dimension en plan, et la distance entre le centre de masse et le centre de rigidité doit être inférieure à 20 % de la largeur maximale du bâtiment dans les deux directions ; les ouvertures plus petites que 25 % de la longueur du mur sont traitées différemment des plus grandes. Pour les fondations, les sites mous ou en pente supérieure à 10 % exigent une continuité entre les éléments de fondation, y compris sous les escaliers, et les éléments de maçonnerie ne doivent pas présenter moins de 40 % de surface nette pleine.
Comment citer
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC), 2011, Guide de renforcement parasismique des batiments, https://www.mtptc.gouv.ht/media/upload/doc/publications/GUIDE-RENFORCEMENT.pdf