Regles de calcul interimaire pour les batiments
- Cinq codes ont été autorisés, sans préséance entre eux : le CNBC canadien, l'ACI-318, l'International Building Code, l'Eurocode 8 et le CUBiC 1985. Tout autre code exige l'autorisation expresse du MTPTC. Cela mettait fin à une situation ouverte où chaque intervenant, étranger ou haïtien, utilisait le code de son pays d'origine.
- Le document est explicitement transitoire et dit quand il s'éteint : les exigences sont intérimaires et s'effaceront dès la parution des normes propres à Haïti, alors en préparation. Il complète la note de presse du 9 février 2010, publiée un mois après le séisme, qui avait autorisé quatre codes internationaux pour un an.
- L'aléa sismique est chiffré pour la première fois sous une forme applicable par les ingénieurs. L'USGS a dérivé des cartes d'aléa propres à Haïti avec la même méthode que pour les États-Unis et le Canada, donnant l'accélération maximale du sol pour une probabilité de dépassement de 2 pour cent en 50 ans, soit une période de retour de 2 500 ans, et Port-au-Prince s'y situe à 68 pour cent de g. Les accélérations spectrales à 0,2 et 1,0 seconde sont cartographiées nationalement avec des agrandissements pour Port-au-Prince, Les Cayes et Cap-Haïtien.
- La raison pour laquelle ces cartes ont dû venir de la modélisation et non de la mesure est énoncée sans détour : malgré la connaissance de la tectonique des Caraïbes, peu ou pas de mesures de mouvements et d'accélérations du sol avaient été prises en des points stratégiques au cours des dernières décennies, de sorte que les spectres de calcul nécessaires n'existaient pas.
- Le vent est découpé en quatre zones, avec des vitesses de référence de 100 mi/h (160 km/h) en zone I jusqu'à 130 mi/h (208 km/h) en zone IV, prises comme rafales de 3 secondes à 10 mètres en terrain plat non obstrué, et le document note leur cohérence avec les valeurs retenues pour la République dominicaine et la Jamaïque. Des valeurs de référence équivalentes sont tabulées pour chaque code autorisé, de sorte qu'un concepteur utilisant le code britannique, canadien, européen ou caribéen n'a pas à convertir : ASCE 45 à 58 m/s, BS 6399-2 31 à 41 m/s, pressions dynamiques CNBC 0,61 à 1,02 kPa, Eurocode 32 à 42 m/s, CUBiC 0,68 à 1,15 kPa.
- Les catégories de risque sont fixées à quatre niveaux, faible, normal, élevé et protection civile, le dernier étant réservé aux installations fournissant les services essentiels en cas de catastrophe : hôpitaux, centrales téléphoniques, centrales électriques et sous-stations, centres de contrôle des transports, stations de pompage, de traitement et de stockage de l'eau, fonctions critiques de défense nationale, postes de pompiers, de police et de sauvetage, et stations de radio et de télévision.
- Les surcharges dues à l'usage sont des valeurs minimales adaptées des tableaux 4.1.5.3 et 4.1.5.10 du code canadien de 2005, publiées en unités internationales et américaines, les surcharges concentrées s'appliquant sur un carré de 75 cm, la plus critique des deux hypothèses gouvernant le calcul.
- Un détail historique diffère au sein du corpus et mérite d'être signalé plutôt que lissé : ce document indique que Port-au-Prince a été détruite par les séismes de 1751 et 1771, alors que l'essai de Prepetit conservé ici retient 1751 et 1770. Les deux listent 1770 et 1771 parmi les années de secousses.
- Le document renvoie aussi à un produit compagnon, la carte de macrozonage sismique de la région métropolitaine de Port-au-Prince, hébergée à Purdue et sur lnbtp.gouv.ht, qui fournit les aires correspondant aux catégories de sol B et C utilisées ensuite par les règles.
Les règles de calcul intérimaires du MTPTC pour la conception des bâtiments en Haïti, publiées en 2011, qui traduisent l'aléa sismique du pays en valeurs de dimensionnement utilisables par un ingénieur. L'aléa est exprimé en accélération maximale du sol, en pourcentage de la pesanteur (g = 9,81 m/s²), avec une probabilité de dépassement de 2 % en 50 ans, soit une période de retour de 2 500 ans compatible avec la pratique des codes modernes, et la valeur pour Port-au-Prince est de 68 % de g.
Les règles fournissent les spectres d'accélération pour les périodes de 0,2 seconde et 1,0 seconde à cette même probabilité de dépassement, au niveau national puis région par région, avec des valeurs distinctes pour Port-au-Prince, le Cap-Haïtien et les Cayes, à partir des données de l'USGS. Cette désagrégation régionale distingue un code utilisable d'une moyenne nationale : un bâtiment au Cap n'affronte pas le spectre de la capitale.
Le document fixe aussi des critères d'occupation et de charge à côté de l'aléa, dont les lieux de réunion avec au moins 80 % de la surface occupée et des seuils de poids entre 3 600 et 9 000 kg : les données d'entrée du dimensionnement couvrent donc l'usage autant que le mouvement du sol. En tant que règles intérimaires, elles constituent la référence opérante entre le séisme de 2010 et un code national complet, ce qui rend leurs valeurs de dimensionnement dignes d'être citées précisément.
Comment citer
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC), 2011, Regles de calcul interimaire pour les batiments, https://www.mtptc.gouv.ht/media/upload/doc/publications/regles_de_calcul_interimaire.pdf