Politique nationale de recherche en santé
- Expose la charge de morbidité que la politique de recherche doit servir, en commençant par le choléra : 819 980 cas suspects notifiés depuis octobre 2010, dont 137 966 cas en 2016.
- Retient qu'Haïti conserve la plus forte incidence de tuberculose des Amériques, à 181 pour 100 000 en 2017, malgré les efforts du MSPP et la gratuité des soins.
- Rapporte une confirmation du paludisme à 13 189 cas confirmés (20 %) sur 65 931 cas suspects dans le Rapport statistique 2016, et une prévalence globale du VIH en légère baisse à 2 %.
- Retient les maladies non transmissibles comme la charge la plus lourde en termes notifiés, avec 95 585 cas d'hypertension artérielle et 18 762 cas de diabète notifiés, les maladies non transmissibles représentant 57 % de tous les décès rapportés, dont 29 % de maladies cardiovasculaires.
- Retient la mortalité materno-infantile comme préoccupante avec des chiffres précis : un taux de mortalité néonatale de 32 pour mille naissances vivantes (EMMUS VI 2016-2017) et un ratio de mortalité maternelle hospitalière de 284 pour 100 000 accouchements.
- Cartographie ce que font effectivement les chercheurs haïtiens : recherche opérationnelle 33 %, recherche clinique 28 %, recherche appliquée 22 %, recherche fondamentale 6 % et autres 11 %, les objets de recherche couvrant les maladies transmissibles (83 %), non transmissibles (72 %), les traumatismes (22 %) et les phénomènes inhabituels (28 %).
- Retient une malnutrition aiguë globale de 6,9 % chez les enfants de moins de cinq ans, base nutritionnelle dont hérite l'agenda de recherche.
Publiée par la Direction d'épidémiologie, des laboratoires et de la recherche en février 2020, cette politique fixe les termes selon lesquels la recherche en santé doit être gouvernée et conduite en Haïti. Ses axes stratégiques s'ouvrent sur le renforcement du cadre légal de la recherche et le renforcement de la gouvernance, puis sur le développement progressif et continu des compétences des chercheurs. La justification avancée est que la recherche en santé doit être alignée sur les priorités du pays en matière de santé publique et menée en mettant l'emphase sur la pertinence, la qualité, l'utilité de la démarche et sa contribution au développement sanitaire global du pays - c'est à ce prix, écrit le document, qu'elle permettra l'amélioration des indicateurs sanitaires et de l'indice de développement humain. L'appui financier à son élaboration est venu de l'Union européenne et de la Fondation Mérieux à travers le projet SPHaïtiLAB, que le document remercie. C'est l'instrument de référence pour les questions d'éthique et d'autorisation de la recherche dans le secteur sanitaire haïtien.
Comment citer
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), 2020, Politique nationale de recherche en santé, https://oldwebsite.mspp.gouv.ht/wp-content/uploads/Politique-Nationale-de-Recherche-en-Sante-MSPP-21-janvier-2020-VF.pdf