(2021-2031) Plan Direktè Sante 2021-2031
Rezime — Plan direktè sante Ayiti pou dis an, ki soti nan jiyè 2021. Li fikse vizyon, prensip, bi ak chwa estratejik sistèm sante a jouk 2031, epi li separe yo an oryantasyon ak gwo entèvansyon, kòmanse ak lidèchip ak gouvènans sistèm nan ak bay swen ak sèvis sante.
Deskripsyon Konple
Plan Direktè Sante 2021-2031 se zouti planifikasyon dis an Ministè Sante Piblik ak Popilasyon an, epi se referans pou estrateji sante ak pwogram sektoryèl ayisyen ki vini apre. Estrikti li ale soti nan analiz sitiyasyon rive nan prensip ak valè, vizyon, bi ak objektif, apre sa chwa estratejik ak priyorite, epi li bay oryantasyon ak gwo entèvansyon plan an. Entèvansyon sa yo òganize alantou pilye sistèm sante a, kòmanse ak lidèchip ak gouvènans ansanm ak bay swen ak sèvis sante, epi kontinye ak lòt fonksyon yo : resous imèn, medikaman ak teknoloji sante, enfòmasyon sanitè ak finansman. Li te soti nan jiyè 2021, nan yon moman kote sektè a t ap sibi efè pandemi COVID-19, mank finansman kwonik ak degradasyon sekirite. Se toujou plan nasyonal sante ki an vigè.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE
DE LA SANTÉ PUBLIQUE
ET DE LA POPULATION
PLAN DIRECTEUR
SANTÉ
2021-2031
Juillet 2021
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE ET DE LA POPULATION
PLAN DIRECTEUR SANTÉ
2021-2031
Juillet 2021
Plan Directeur Santé 2021-2031
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TABLE DES MATIERES
page
PREFACE ........................................................................................................................................
V
REMERCIEMENTS ...................................................................................................................... VII
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS .................................................................................. IX
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES ....................................................................................... XIII
INTRODUCTION ........................................................................................................................
1
ÉTAT DES LIEUX ..........................................................................................................................
3
1. État de Santé .............................................................................................................................................................
5
2. Leadership et Gouvernance ................................................................................................................................... 16
3. Prestation de services ............................................................................................................................................. 20
4. Ressources Humaines pour la Santé ..................................................................................................................... 23
5. Système d’Information Sanitaire .......................................................................................................................... 28
6. Produits et Technologies médicaux essentiels ................................................................................................... 33
7. Financement de la santé ......................................................................................................................................... 38
PRINCIPES ET VALEURS, VISION, BUT ET OBJECTIFS, CHOIX STRATÉGIQUES
ET PRIORITÉS .............................................................................................................................. 43
8. Principes et Valeurs ................................................................................................................................................. 45
9. Vision ......................................................................................................................................................................... 45
10. Buts et Objectifs ...................................................................................................................................................... 45
11. Choix Stratégiques et Priorités décennales ......................................................................................................... 47
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page iv
page
GRANDES ORIENTATIONS ET INTERVENTIONS DU PDS 2021-2031 ............................ 49
12. ORIENTATIONS ET GRANDES INTERVENTIONS ............................................................. 51
12.1.
Leadership et Gouvernance du Système de Santé ..................................................................... 51
12.2.
Prestation de Soins et Services de Santé ......................................................................................
12.3.
Ressources Humaines pour la Santé .............................................................................................. 63
12.4.
Système d’Information Sanitaire ..................................................................................................... 68
12.5.
Produits et Technologies Médicaux Essentiels .......................................................................... 72
12.6.
Financement de la Santé .................................................................................................................... 75
58
MISE EN ŒUVRE, SUIVI ET ÉVALUATION ........................................................................... 79
13. Mise en œuvre du Plan Directeur Santé ............................................................................................................. 81
14. Suivi et Évaluation du Plan Directeur Santé ...................................................................................................... 84
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
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PREFACE
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) est heureux de présenter au grand public
en général et au secteur santé en particulier son nouveau Plan Directeur Santé (PDS) 2021-2031. Ce
document de référence trace le chemin que notre pays compte suivre dans cette marche vers la Couverture Sanitaire Universelle.
Le cycle de planification précédent 2012-2022 a été écourté d’un an. Cette modification se justifie non
seulement par les impératifs de la conjoncture mais encore par la nécessité de mieux aborder les défis
actuels. En effet, depuis mars 2020, Haïti fait face à la pandémie de COVID-19, laquelle a mis à rude
épreuve les systèmes de santé les plus performants. Le bilan mondial social, économique et sanitaire
est très lourd, voire catastrophique. Haïti n’a pas été épargné avec un cumul de 20.326 cas confirmés
et 563 décès en date du 30 juillet 2021.
Plus que jamais, la nécessité de renforcer les systèmes de santé et de les rendre plus résilients devient
inévitable. C’est pourquoi, dans ce Plan Directeur, le Ministère a adopté une approche systémique
contrairement aux plans décennaux antérieurs où une approche par maladies prioritaires avait été retenue. Pour son élaboration, le MSPP a tenu compte des six piliers proposés par l’Organisation Mondiale de la Santé pour le développement d’un système de santé efficace. Ce, partant du principe qu’un
système de santé faible ne peut mener aucune lutte contre un problème prioritaire de santé visant la
réduction de la morbidité et de la mortalité ainsi que l’amélioration des conditions de vie d’un peuple.
Ce PDS nous invite tous à sortir des sentiers battus et à changer de paradigme. Nous gagnerons tous de
ce changement qui s’impose afin de garantir la santé pour tous.
La matérialisation de ce Plan Directeur nécessitera la mobilisation de plus de ressources humaines, matérielles et financières. Le Ministère convie toutes les parties prenantes à s’approprier du PDS pour sa
mise en œuvre. La solidarité, la participation citoyenne, l’efficience, 1’équité en santé sont les leviers
qui nous faciliteront 1’atteinte de meilleurs résultats sanitaires.
Le MSPP veut remercier toutes celles et tous ceux qui ont joué un rôle très actif au cours de l’élaboration de ce nouveau PDS 2021-2031. Il veut aussi étendre ses remerciements à tous les gestionnaires du
système, les prestataires, les secteurs étatiques et non étatiques, les partenaires techniques et financiers
qui œuvrent inlassablement à sauver des vies, prévenir la maladie, promouvoir la santé tout particulièrement durant ces temps d’épreuves engendrées par la pandémie de COVID-19.
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) reste convaincu que, grâce au respect de
nos engagements et à une meilleure synergie dans l’action, nous parviendrons à ce changement radical
tant souhaité où la charge de morbidité globale diminuera, la mortalité régressera. C’est bien là notre
rendez-vous de 2031. Sans plus tarder, mettons-nous tous en route !
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
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REMERCIEMENTS
Durant la dernière décennie, la mise en œuvre du plan directeur 2012-2022 s'est heurtée à de
nombreuses difficultés, crise politique, plusieurs épidémies et de nouveaux besoins en santé
émergents (Zika, Chikungunya, etc.), ce qui a influencé négativement les impacts souhaités sur la
population haïtienne. Pour répondre à une telle situation, le Ministère de la Santé Publique et de
la Population s'est doté d'un plan Directeur pour la période 2021-2031.
Dans ce nouveau plan construit à partir des six piliers de l'Organisation Mondiale de la Santé
(Gouvernance, Financement, Ressources Humaines, lntrants, Système d'information, Offre de
services), le MSPP s'engage à améliorer le système de santé du pays, à travers un renforcement
de l'organisation de l'offre et de la prestation des soins et services de santé dans une perspective
de couverture sanitaire universelle.
Ainsi, la Direction Générale du Ministère de la Santé Publique et de la Population tient à remercier
les directions centrales notamment l'Unité d'Études et de Programmation (UEP), les Directions
départementales, les Conseillers Techniques et Consultants qui ont conjugué beaucoup d'efforts
dans un contexte de pandémie COVID-19, en vue de l'élaboration de ce document.
Les remerciements s'étendent également aux responsables du projet Health Leadership Project
(HLP) pour leur engagement soutenu et leur support technique et financier, tout au long de ce
processus, qui ont permis de produire le présent document.
La Direction Générale compte sur la collaboration de toutes les parties prenantes (directions
centrales, directions départementales et partenaires) pour que ce plan puisse produire les résultats espérés, tant dans la mobilisation de ressources nécessaires que dans la mise en place
de stratégies devant garantir une accessibilité de la population haïtienne aux services et soins
de santé de qualité.
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LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
AGD
Administration Générale des Douanes
APH
Association des Pharmaciens d’Haïti
ARV
Anti rétroviral
ASCP
Agent de santé communautaire polyvalent
ASTM
American Society for Testing and Materials
AVC
Accident Vasculaire Cérébral
BHN
Bureau Haïtien de Normalisation
BID
Banque Interaméricaine de Développement
BP
Bonnes Pratiques
CAED
CARICOM
CDAI
Cadre de coordination de l’aide externe au développement d’Haïti
Caribbean Community
Centrale Départementale d’Approvisionnement en Intrants
CENADI
Centrale Nationale d’Achat et Distribution des Intrants
CEPALC
Commission Économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes
CHS
Core Humanitarian Standard
CNS
Comptes Nationaux de Santé
COPANT
Commission Panaméricaine de Normes Techniques
COVID 19
Coronavirus Disease 2019
CROSQ
Organisation régionale de CARICOM pour les normes et la qualité
CSCCA
Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
CSU/CUS
Couverture sanitaire universelle
DASH
Développement des Activités de Santé en Haïti
DELR
Direction d’Épidémiologie, de Laboratoire et de Recherches
DFPSS
Direction de la Formation et du Perfectionnement en Sciences de la Santé
DGI
Direction Générale des Impôts
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Plan Directeur Santé 2021-2031
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DHIS 2
DHS
DPM-MT
District Health Information Software 2
Demographic Health Survey
Direction de la Pharmacie, du Médicament et de la Médecine Traditionnelle
DRH
Direction des Ressources Humaines
DSI
Direction des Soins Infirmiers
EIM
Effet Indésirable des Médicaments
EMMUS
Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services
EMU
Équipe Médicale d’Urgence
EPSSS
Évaluation de la Prestation des Services de Soins de Santé
ESF
Équipe de Santé Familiale
FBR
Financement Basé sur les Résultats
FMP
Faculté de Médecine et de Pharmacie
FMI
Fonds Monétaire International
FNS
Fonds National de Santé
GRH
Gestion des ressources humaines
HCR
Hôpital Communautaire de Référence
HTA
Hypertension artérielle
IHSI
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
IHME
Institute for Health Metrics and Evaluation
INDOCAL
Institut Dominicain pour la Qualité
IPC
Indice des prix à la consommation
IVRI
Infections des voies respiratoires inférieures
HIV
Virus d’Immunodéficience humaine
MAST
Ministère des Affaires Sociales et du Travail
MCI
Ministère du Commerce et de l’industrie
MEF
Ministère de l’Économie et des Finances
MENFP
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
MJSP
Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique
MPCE
Ministère du Plan et de la Coopération Externe
MSPP
Ministère de la Santé Publique et de la Population
ODD
Objectifs de développement durable
OFATMA
OMD
Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité
Objectifs du Millénaire pour le Développement
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
OMRH
OMS
ONASAPS
ONG
ONUSIDA
Office de Management et des Ressources Humaines
Organisation Mondiale de la Santé
Organisme national de sang et des produits sanguins
Organisation Non Gouvernementale
Programme commun des nations Unies sur le VIH/Sida
OPC
Office de la Protection du Citoyen
OPS
Organisation Panaméricaine de la Santé
PAAAFP
Programme d’auto-assurance des agents de la fonction publique
PAFP
Plan d’action de formation et de perfectionnement des ressources humaines
PCR
Polymerase chain reaction
PDS
Plan Directeur Santé
PES
Paquet Essentiel de Services
PF
Planification Familiale
PIB
Produit Intérieur Brut
PMO
Planification de Main d’œuvre
PNH
Police Nationale d’Haïti
PNLT
Programme National de Lutte contre la Tuberculose
PNR SSE
Plan National de Réponse aux Situations Sanitaires Exceptionnelles
PNS
Politique Nationale de Santé
PSS
Protection Sociale en Santé
PSNM VIH
Plan Stratégique National Multisectoriel de riposte au VIH/Sida
PROMESS
Programme de Médicaments Essentiels
PSDH
PSDRHS
PTF
PVVIH
RANIPH
Plan Stratégique pour le Développement d’Haïti
Plan Stratégique de Développement des Ressources Humaines pour la Santé
Partenaires Techniques et Financiers
Personnes vivant avec le VIH
Réseau Associatif National Pour l’Intégration des Personnes Handicapées
RH
Ressources Humaines
RHS
Ressources Humaines pour la Santé
RNB
Revenu National Brut
RNF
Réseau Normalisation et Francophonie
SARS COV 2
SEBAC
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Severe acute respiratory syndrome (syndrome respiratoire aigu sévère) coronavirus 2
Stratégie de surveillance épidémiologique à base communautaire
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SIDA
Syndrome d’immunodéficience acquise
SIGL
Système d’Information de Gestion Logistique
SIGRH
Système d’information et de gestion des ressources humaines
SIM
Système interaméricain de métrologie
SIS
Système d’information sanitaire
SISNU
Système d’Information Sanitaire National Unique
SITREP
Situation report
SMI
SNADI
Santé materno-infantile
Système National d’Approvisionnement et de Distribution des Intrants
SNFS
Stratégie nationale de financement de la santé
SONU
Soins Obstétricaux et Néonataux d’urgences
SYSEP
Système d’évaluation de la performance
TARV
Thérapie antirétrovirale
TGFG
Taux Global de Fécondité Générale
UAS
Unité d’Arrondissement de Santé
UEH
Université d’État d’Haïti
UEP
Unité d’Études et de Programmation
UNAIDS
Joint United Nations Programme on HIV/AIDS
UNICEF
Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
VIH
Virus de l’Immunodéficience Humaine
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LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
page
Tableau 1 Tendance de la mortalité suivant les catégories démographiques .................................
5
Tableau 2 Nombre de cas de maladies évitables par la vaccination rapportés par le système de
surveillance épidémiologique, pour les années 2017 et 2018 ........................................ 8
Tableau 3 Évolution de diverses pathologies, dont VIH/SIDA, tuberculose et malaria, de
2010 à 2020 ............................................................................................................................. 9
Tableau 4 Données de base des déterminants démographiques ...................................................... 11
Tableau 5 Indicateurs et cibles retenues en rapport aux objectifs du PDS ..................................... 46
Tableau 6 Indicateurs et cibles pour le pilier Leadership et Gouvernance ..................................... 55
Tableau 7 Indicateurs et cibles pour le pilier Prestation de services ................................................ 61
Tableau 8 Indicateurs et cibles pour le pilier Ressources Humaines pour la Santé ........................... 66
Tableau 9 Indicateurs et cibles pour le pilier Système d’information ............................................. 70
Tableau 10 Indicateurs et cibles pour le pilier Produits et Technologies médicaux essentiels ...... 74
Tableau 11 Indicateurs et cibles pour le pilier Financement ............................................................... 77
Graphe 1 Tendance de la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans (décès pour 1000 naissances vivantes par période de 5 ans) ..................................................................................
Graphe 2 Tendances du rapport de mortalité lié à la grossesse (RMG) .........................................
6
6
Graphe 3 Évolution des décès cumulés liés à la COVID- 19, de Mars 2020 à Mai 2021 .........
7
Encadré 1 Haïti et la pandémie de Covid-19 ....................................................................................... 10
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Plan Directeur Santé 2021-2031
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INTRODUCTION
L
’État haïtien a exprimé à travers le Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH) sa volonté
d’accroître, d’ici 2030, l’accès de la population aux services de santé. Cet engagement a été confirmé
dans la Politique Nationale de Santé (PNS) et a guidé la formulation et la mise en œuvre du Plan Directeur de Santé 2012-2022.
Aujourd’hui, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) estime venu le moment de
tracer de nouvelles orientations pour la dernière décennie d’exécution du PSDH. Pour cette démarche, le
ministère a choisi d’anticiper la fin du cycle prévu pour le PDS 2012-2022, de manière à mieux aborder les
pressantes réalités de l’heure. En effet, le SARS-Cov-2 a secoué le monde et forcé tous les pays à réexaminer, voire à redéfinir, leur agenda sanitaire. Haïti n’échappe pas à cette exigence, bien que l’impact réel de
la pandémie de Covid-19 reste à établir. La pandémie a mis en évidence les carences du système de santé
haïtien et fait ressortir la nécessité de renforcer ledit système.
Le Plan Directeur de Santé 2021-2031 est élaboré avec ce souci particulier et dans la continuité des orientations fixées par la PNS. L’accent est aussi porté sur une définition plus précise des priorités et une approche plus pragmatique dans la sélection des grandes interventions. Ainsi, le PDS 2012-2022 identifie
des actions-clés à entreprendre pour le développement du système et une meilleure performance, tout en
veillant à consolider les acquis. Il guidera l’élaboration des Plans opérationnels triennaux et annuels.
Le Plan Directeur de Santé 2021-2031 est structuré autour des six piliers fondamentaux des systèmes de
santé : la prestation de services, le financement, le système d’information sanitaire, les ressources humaines
en santé, les produits et technologies médicaux essentiels, le leadership et la gouvernance. Le document
est organisé en quatre parties : 1- État des lieux, 2- Principes, Vision, But et objectifs, Choix stratégiques
et priorités, 3- Orientations et Grandes interventions, 4- Mise en œuvre, Suivi et Évaluation.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Première partie
ÉTAT DES LIEUX
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1. ÉTAT DE SANTÉ
La démarche d’élaboration du Plan Directeur Santé 2021-2031 est guidée par un inventaire des grandes
tendances relatives à la mortalité, à la morbidité et aux déterminants de la santé. Ce chapitre présente un
état des lieux du contexte sanitaire de la dernière décennie, basé sur un nombre limité d’indicateurs et
exploitant au mieux les sources d’informations disponibles.
1.1 TENDANCES DE LA MORTALITÉ
Le taux brut de mortalité n’a pas beaucoup évolué durant la dernière décennie. Il est estimé, en
effet, 8.53/1000 en 2018 contre 8.89/1000 en 2015 et 9.18/1000 en 2013 (United Nations World Population Prospects).
L’espérance de vie à la naissance a peu augmenté, d’après les données de la Banque Mondiale.
Estimée en 2010 à 62 ans pour les femmes et 58 ans pour les hommes, elle atteint en 2019, 66 ans
et 61 ans respectivement.
1.1.1
TENDANCES SELON LES CATÉGORIES DÉMOGRAPHIQUES
Cette section présente les données de mortalité pour trois groupes d’âge : les adultes de
15-50 ans, les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de cinq ans. Le tableau
ci-dessous résume l’évolution de la mortalité pour ces groupes de population.
Tableau 1
Tendance de la mortalité suivant les catégories démographiques
Mortalité néo-natale pour 1000
Mortalité infantile pour 1000
Mortalité juvénile pour 1000
Mortalité infanto-juvénile pour 1000
Mortalité maternelle pour 100.000 n.v.
2012 : 28.2
2012 : 59
2012 : 31
2012 : 88
2000 : 523
2015 : 27.1
2016- 2017 : 59
2016- 2017 : 24
2016- 2017 : 81
2006 : 630
2019 : 25.3
2019 : 48.2
2018 : 65
2017 : 646
Sources : Banque Mondiale, OMS, EMMUS VI
Selon l’EMMUS VI, le taux de mortalité adulte, i.e. chez les 15-50 ans, serait de 4.7‰ parmi les
hommes et de 3.8‰ parmi les femmes, pour la période 2009-2017.
Le taux de mortalité néonatale a baissé : 28.2‰ en 2012 et 25.3‰ en 2019 (Banque Mondiale).
Le taux de mortalité infantile, resté stationnaire de 2012 à 2017 : 59‰, a diminué au cours de
l’année 2019 : 48.2% (EMMUS VI, Banque Mondiale).
D’après les données d’EMMUS V et VI, la mortalité juvénile a baissé de 2012 à 2017, passant de
31‰ à 24‰.
Le taux de mortalité infanto-juvénile est en diminution : 88‰ en 2012 (EMMUS V) et 65‰ en
2018 (OMS, Statistiques 2018). Elle est plus élevée chez les garçons que chez les filles 89‰ contre
77‰ (EMMUS VI).
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Plan Directeur Santé 2021-2031
La mortalité chez les enfants diminue pour toutes les tranches d’âge, mais à un rythme insuffisant. En
effet, avec un taux de mortalité de 65‰ en 2018, le pays n’a pas atteint la cible des OMD en 2015
(50‰) et est encore très loin du niveau visé par les ODD, à l’horizon 2030, soit une mortalité de
10‰ chez les 0-5 ans et de 12‰ chez les 0-1 an.
Graphe 1
Tendance de la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans
(décès pour 1000 naissances vivantes par période de 5 ans)
Source : EMMUS VI
Selon l’EMMUS VI, le rapport de mortalité liée à la grossesse1 (RMG) atteint un niveau de 646
pour 100,000 durant la période 2009-2017 alors qu’il était de 630 pour 100,000 au cours de la
période 1998-2006 et de 523 pour 100,000 la période 1993-2000. Ainsi, l’augmentation observée entre 1993 et 2006 serait suivie d’une relative stabilisation de 2007 à 20172.
Graphe 2
Tendances du rapport de mortalité lié à la grossesse (RMG)
1
Il s’agit du nombre de décès lié à la grossesse pour 100,000 naissances vivantes, calculé en divisant le taux standardisé par âge
de mortalité liée à la grossesse pour les femmes de 15-49 ans durant les sept années ayant précédé l’enquête par le taux global de
fécondité générale (TGFG) pour la même période.
2
Les intervalles de confiance des 2 dernières estimations ne reflètent pas de changement statistiquement significatif (graphique 2)
du rapport de mortalité lié à la grossesse sur les deux dernières périodes documentées.
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Plan Directeur Santé 2021-2031
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Par ailleurs, l’EMMUS VI situe le taux de mortalité maternelle3 à 529/100,000 pour la période
2009-2010, tandis que des estimations de l’OMS indiquent une mortalité maternelle plus faible,
qui aurait diminué de 2010 à 2017, de 506 à 480 pour 100,000.
LES CAUSES DE MORTALITÉ
Les causes de mortalité sont mal documentées en Haïti. L’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) a établi en 2019 une liste des dix principales causes de décès en Haïti, qui inclus : les
cardiopathies ischémiques, les accidents vasculaires cérébraux, les infections des voies respiratoires inférieures (IVRI), le VIH/SIDA, les troubles néonataux, le diabète sucré, les maladies diarrhéiques, les
malformations congénitales, les actes de violence interpersonnelles et l’insuffisance rénale chronique.
Cette liste n’aurait pas beaucoup évolué au cours des années antérieures, selon l’IHME.
AUTRES TENDANCES
Certaines tendances de la mortalité au sein de la population haïtienne méritent d’être relevées :
Le PSNM-VIH rapporte 3,100 décès liés au VIH pour l’année 2018.
Le taux de mortalité liée à la tuberculose chez les individus HIV– a stagné au cours des dix dernières années. La baisse enregistrée, de 10/100,000 en 2010 à 8.9/100,000 en 2019, contraste
avec la diminution marquée de la décennie précédente : 18/100,000 en 2000 4.
Le taux de mortalité due au paludisme est de 0.40/100,000 (Global Malaria Program 2019).
Le taux de mortalité due aux accidents de la route a peu varié allant de 18,7/100,000 en 2010, puis
18/100,000 en 2015 et enfin 19/100,000 en 2019 (Banque Mondiale).
La pandémie de COVID-19, apparue en Haïti en mars 2020, aurait occasionné près de 370 décès
jusqu’en Juin 2021, pour un taux de létalité d’environ 2%.
Graphe 3
Évolution des décès cumulés liés à la COVID- 19, de Mars 2020 à Mai 2021
Source : Sitrep COVID-19, DELR-MSPP
3
Il s’agit du nombre de décès survenus pendant la grossesse ou dans les 42 jours après l’accouchement ou la fin de la grossesse,
calculé pour 10,000 femmes de 15-49 ans.
4
OMS, Profil Pays Tuberculose, 2019. https://www.who.int/teams/global-tuberculosis-programme/data
Ministère de la Santé Publique et de la Population
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1.2 TENDANCES DE LA MORBIDITÉ
Les informations générées dans le système ne permettent pas de dresser un tableau complet de la morbidité en Haïti. Le système de surveillance épidémiologique produit des données à partir desquelles il est
possible de se faire une idée de l’évolution récente de certaines pathologies. Les enquêtes DHS recueillent
aussi certaines données pour des maladies prioritaires.
Le tableau ci-après présente les effectifs de cas enregistrés par le système de surveillance épidémiologique
pour six maladies évitables par la vaccination, en 2017-2018.
Tableau 2
Nombre de cas de maladies évitables par la vaccination
rapportés par le système de surveillance épidémiologique,
pour les années 2017, 2018 et 2019.
Maladies
2017
2018
2019
Rougeole/rubéole (cas suspects)
224
262
223
Paralysie flasque aigue
16
14
19
Syndrome de rubéole congénitale
47
21
52
Tétanos
222
88
76
Coqueluche (cas suspects)
84
153
39
Diphtérie (cas probables)
193
392
169
Source : Profil épidémiologique de la population, MSPP 2018/ Rapports statistiques MSPP 2017, 2018 et 2019
En ce qui concerne les maladies infectieuses prioritaires :
L’incidence du VIH/SIDA chez les 15-49 ans a légèrement baissé : 1.39/1000 en 2010, elle est
passée à 1.07 en 2015 pour finalement atteindre 0,78 en 2019 (Banque Mondiale, UNAIDS).
La prévalence du VIH/SIDA a peu diminué pour la décennie 2010 : elle était de 2,2% en 2010 et
est passée à 1.9% en 2019 (ONUSIDA5).
5
L’incidence de la tuberculose est passée de 158/100,000 en 2010 à 142/100.000 en 2015. En
2019, elle a encore diminué pour passer à 130/100,000 (OMS, Rapport sur la lutte contre la tuberculose dans le monde).
La prévalence de la tuberculose est de 306/100,000 (Plan Stratégique 2009–2015, PNLT/
MSPP).
L’incidence de la malaria est passée de 8.73/1000 en 2010 à 3.49/1000 en 2014 puis à 1.61/1000
en 2018 (OMS, Observatoire mondial de la santé/Statistiques sanitaires mondiales).
La prévalence de la malaria chez les enfants de 6-59 mois a considérablement diminué, de 5.1% en
2006 à 2.5% en 2012 et 1.1% en 2017. (OMS, Global Health Observatory Data).
Country factsheets https://www.unaids.org/fr/regionscountries/countries/haiti
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Tableau 3
Évolution de diverses pathologies, dont VIH/SIDA, tuberculose et malaria, de 2010 à 2020
Incidence du VIH/ SIDA (pour 1,000)
2010 : 1.36
2015 : 1.05
2019 : 0.78
Prévalence du VIH/ SIDA (%)
2010 : 2.2
2015 : 2
2019 : 1.9
Incidence de la tuberculose (pour 100.000)
2010 : 158
2015 :142
2019 :130
Prévalence de la tuberculose (pour 100.000)
2009 : 306
Incidence de la malaria (pour 1.000)
2010 : 6.73
2014 : 3.49
2018 : 1.61
Prévalence des IRA (%)
2012 :20.4
2016- 2017 : 10
Prévalence des diarrhées infantiles (%)
2012 :29.5
2016- 2017 :21
Prévalence de la malnutrition aigüe globale (%)
2016-2017 : 4
2020 : 6
Prévalence de la malnutrition chronique (%)
2016-2017 :22
2020 :22.7
Prévalence de l’anémie chez les femmes (%)
2013 :45.7
2016 :46.2
Prévalence de l’anémie chez les hommes (%)
2012 :24.7
2016- 2017 :25
Prévalence de l’anémie chez les 6-59 mois (%)
2013 : 59.4
2016 : 58.2
Prévalence de la malaria chez les 6-59 mois (%)
2012 : 2.5
2017 :1.1
Sources : Banque Mondiale, OMS, ONUSIDA, EMMUS VI
Les estimations de l’OMS listent 5 types de cancers les plus fréquents en Haïti : cancer de la prostate (42.3/100,000), cancer du sein (24.5/100,000), cancer de l’estomac (10.4/100,000), cancer
du col de l’utérus (10.2/100,000) et cancer colorectal (9.7/100,000).
Une attention accrue est portée sur les troubles de santé mentale, malgré le manque de données.
Un rapport du MSPP identifie la dépression, l’épilepsie, les psychoses, les troubles anxieux, les
troubles psychosomatiques, les troubles liés à la consommation de substances psychoactives et
le stress post traumatique comme les pathologies les plus rencontrées dans les structures de soins
(Composante santé mentale, MSPP, 2014).
Selon une estimation de l’OMS, 15% de la population souffrirait d’un handicap mais on ne dispose pas de données chiffrées précises en la matière. La situation des personnes vivant avec un
handicap psychosocial est très critique en matière de santé (RANIPH, 2017).
Le pays a été touché en 2020 par la pandémie mondiale de Covid-19. L’encadré ci-après dresse un
aperçu rapide de la situation.
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Encadré 1
Haïti et la pandémie de Covid-19
En Haïti, les premiers cas ont commencé à faire leur apparition en mars 2020. Au terme de
ce premier mois, le pays comptait 154 cas suspects dont 16 confirmés sans décès. Six mois
plus tard, au 29 septembre de la même année, les données officielles publiées par le MSPP
indiquaient 28,512 cas suspects dont 8,792 cas confirmés. Plus récemment, fin janvier 2021, le
pays comptait 50,597 cas suspects et 11,692 cas confirmés pour 245 décès.
Au 14 juin 2021, sur 82,056 tests de dépistage* réalisés, pour un total de 17,048 cas confirmés
et 369 décès enregistrés. Le taux de létalité est de 2.16%. Le nombre d’hospitalisations rapportées s’élève à 2726. La maladie touche davantage les hommes (54.8%) que les femmes (45.2%)
avec un taux de létalité accentué surtout chez les 80 ans et plus (13,58%).
De mars 2020 à juin 2021, le pays a connu trois grandes flambées épidémiques : la première,
la plus forte, en mai-juin 2020, la seconde, plus modérée, en janvier-février 2021 et la plus récente, était active en mai-juin 2021.
Source : Sitrep Covid-19, DELR, MSPP 2020-2021
* Tests PCR et Test rapide antigénique validés
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1.3
page 11
STATUT DES DÉTERMINANTS DE LA SANTÉ
L’accent est porté sur six catégories de déterminants de la santé : démographiques, économiques, sociaux,
culturels, environnementaux et institutionnels.
1.3.1. DÉTERMINANTS DÉMOGRAPHIQUES
Au plan démographique, la population haïtienne est une population jeune, qui s’accroît rapidement
et tend, de plus en plus, à vivre en milieu urbain. L’âge moyen est de 23 ans, avec 54% d’individus
ayant moins de 25 ans (UNICEF 2019) et une espérance de vie à la naissance de 64 ans (Banque
Mondiale). La population a augmenté d’environ 13% en 10 ans. La densité est de 404 habitants/km2.
Tableau 4
Données de base des déterminants démographiques
Population générale
2010 : 9,928,322
2019 : 11,263,077
Proportion des 15-24 ans
2010 : 22.7%
2020 : 38.7%
Rapport de masculinité
2012 : 94%
Répartition urbain/rural
2010 : 49% / 51%
2016-2017 : 91%
2019 : 54.3%/46.7%
Taux de fécondité en milieu urbain
2009 : 2.6
2014 : 2.1
Taux de fécondité en milieu rural
2009 : 4
2014 : 3.9
Indice synthétique de fécondité
2009 : 3.5
2014 : 3.0
Densité de la population
Taux de croissance de la population
Migration nette
2010 : 301 hab/km2
2019: 404 hab/km2
2010 : 1.53
2019 : 1.25
2010 : 150,000
2017 : 175,000
Source : Banque Mondiale, EMMUS VI
L’indice synthétique de fécondité a diminué tant en milieu rural qu’en milieu urbain mais reste toujours plus élevé en milieu rural. Le taux de fécondité en milieu rural est de 127/1000.
La migration nette a augmenté au cours des dernières années : 175,000 personnes en 2017 contre
150,000 en 20106. La tendance à l’émigration serait plus forte chez les jeunes, avec comme principales
destinations : Chili, Brésil, République Dominicaine, USA, Canada. L’accent est en général porté sur
la migration externe, alors que la migration interne est aussi importante avec l’attraction des villes et
particulièrement l’aire métropolitaine de P-au-P. Les déplacements de population liés à des désastres
ou des troubles sociaux retiennent aussi l’attention, quoique mal documentés.
6
Division des Nations Unies pour la population, Perspectives pour la Population mondiale
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1.3.2. DÉTERMINANTS ÉCONOMIQUES
Au plan économique, Haïti est classé parmi les pays à faible revenu7. L’économie haïtienne se dégrade
de façon constante depuis plus d’une décennie, avec une croissance négative et une inflation marquée.
La tendance du PIB est assez irrégulière depuis 2010, alternant des périodes de croissance, de
régression et de stagnation. L’évolution récente du PIB montre une régression continue, avec en
2020 une croissance négative de -3.7% (Banque Mondiale, CEPALC).
Le poids de la dette publique totale est en augmentation, de 40% du PIB en 2019 à 47% en 2020
et le déficit budgétaire s’accentue : -3.8% du PIB en 20198. Parallèlement, le taux d’inflation annuel se maintient autour de 20% depuis quelques années : 22.9% en 20209.
50% de la population vit sous le seuil de pauvreté et 20% est en situation de pauvreté extrême
(MAST, 2020). Une fraction importante de la population vit donc avec moins de 2$US par jour.
En 2019, l’État haïtien a révisé à la hausse le salaire minimum, pour les différents segments du
marché du travail10. Le niveau de référence le plus élevé est de cinq cents (500 gourdes par journée
de huit heures de travail.
La population haïtienne est fortement affectée par la cherté de la vie. L’année 2019 a vu une
hausse relativement importante de la valeur du panier alimentaire, soit d’environ 14% et 10%
pour les 3ème et 4ème trimestres de l’année (Humanitarian response, janvier 2019). L’Indice Général des Prix à la Consommation (IPC, 100 en 2017-2018) dont le niveau se chiffrait à 163.7 en
février 2021 est passé à 165.5 en mars 2021 (IHSI/MEF).
1.3.3. DÉTERMINANTS SOCIAUX
Les conditions de vie de la population sont caractérisées par la précarité, la vulnérabilité et un accès
limité aux services sociaux de base. Haïti est un pays très inégalitaire, avec un coefficient de Gini11
estimé à 0.61 en 2012. Les inégalités se seraient même accentuées durant ces dernières années12,13.
L’EMMUS VI rapporte un taux net de fréquentation scolaire de 84% pour le primaire et de 46%
pour le secondaire, en 2016-2017, avec des différences très marquées en défaveur du milieu rural.
Les écarts entre les filles et les garçons seraient minimes au niveau primaire, tandis que les filles
seraient plus nombreuses au secondaire. Outre l’abandon et l’échec scolaires, le système éducatif
fait aussi face au problème des sur-âgés, comme en atteste un taux brut de fréquentation scolaire
de 136% au primaire. Selon l’EMMUS, environ 80% de la population est alphabétisée, tandis que
11% n’ont aucun niveau d’instruction.
7
Selon la classification établie par la Banque Mondiale, il s’agit des pays dont le Revenu National Brut (RNB) est inférieur
à 1,035 $US courants pour l’année 2019. https://blogs.worldbank.org/fr/opendata/nouvelle-classification-des-pays-en-fonction-de-leur-revenu-2020-2021
8
2019 Article IV Consultation. Executive Board conclusions and Staff report, April 2020, FMI
9
World Economic Outlook Database, FMI
10
Pour les 8 segments définis, le niveau de salaire varie entre 215 et 500 gourdes/jour, avec une augmentation de 10 à 28.3% par
rapport au niveau établi en 2018.
11
Indicateur synthétique permettant de rendre compte du niveau d’inégalité pour une variable et sur une population donnée. Le
coefficient de 1 reflète l’inégalité parfaite.
12
Estimation et prévision de la pauvreté et des inégalités de revenus en Haïti, BID. 2020
13
Politique nationale de protection et de promotion sociales, MAST. 2020
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Le non emploi/chômage est endémique. Un peu moins de la moitié des femmes (44 %) et un
quart des hommes (26 %) n’ont pas travaillé au cours des 12 derniers mois précédant l’EMMUS
VI. La population active est dominée par les travailleurs indépendants et informels qui représentent 83.9% de l’ensemble, contre 11.5% de salariés14.
Les inégalités de genre sont très importantes dans la société haïtienne15. La domination sociale
de l’homme sur la femme s’appuie sur dans des préjugés et stéréotypes bien ancrés. Les comportements sexistes sont très présents au sein de la famille. Le problème de la violence conjugale
est de plus en plus reconnu16, mais reste mal documenté. Les inégalités se manifestent à tous les
niveaux, notamment dans l’accès aux services de base, et induisent une pauvreté liée au genre. En
matière d’éducation, un nivellement est observé au primaire et au secondaire, cependant l’accès
aux études supérieures parmi les 25-39 ans demeure plus limité pour les femmes (33.1%) que pour
les hommes (52.8%). Bien que majoritaires dans la population, les femmes sont sous représentées
dans l’administration publique et aux postes électifs. En 2017, les femmes représentaient 28.6%
des employés de la fonction publique17, où elles occupaient 36% des postes de direction.
Une part significative de la population n’a pas accès à l’eau potable. L’EMMUS VI indique que
74% des ménages s’approvisionnent au niveau d’une source améliorée d’eau de boisson, ce qui
laisse un quart de la population dans la précarité. L’écart entre la milieu urbain (95%) et le milieu
rural (60%) est considérable.
Selon EMMUS VI, 41% des ménages haïtiens disposent de l’électricité, les ménages urbains
(76%) étant de loin plus favorisés que les ménages ruraux (17%).
L’accès aux services de télécommunications demeure restreint. Selon l’EMMUS VI, 70% des
hommes et 57% des femmes possédaient un téléphone portable. De plus, 27.8% des femmes de
15-49 ans interrogées avaient utilisé l’internet au cours des 12 mois précédents et 52.2% d’entre
elles déclaraient l’avoir utilisé « presque chaque jour ». Pour les hommes, ces pourcentages sont
respectivement de 35.7% et 62.4%.
L’exposition aux médias est assez répandue pour la radio : 81% des hommes et 64% des femmes
écoutent la radio au moins une fois par semaine. L’utilisation de la télévision est moins large : 44%
des hommes et 33% des femmes se branchent au moins une fois par semaine. On notera que 28%
des femmes et 15% des hommes ne sont exposés à aucun média (EMMUS VI).
L’accessibilité aux services de santé est faible : 10% seulement de la population habite à moins
d’un kilomètre d’un établissement de santé, tandis que 48% se trouve à une distance de 1 à 9 km et
42% vit à plus de 10 km de l’établissement le plus proche. L’hôpital reste le type d’établissement
le plus utilisé et sa fréquentation a augmenté (37% en 2005-2006 contre 52% en 2016-2017) au
détriment du centre de santé/dispensaire (34 % en 2005-2006 contre 21% en 2016-2017) et des
cliniques mobiles (EMMUS VI).
14
Ibidem.
15
Politique d‘égalité Femmes Hommes 2014-2034. MCFDF. Décembre 2014
16
Plan national de lutte contre les violences envers les femmes 2017-2027. MCFDF. Janvier 2017
17
OMRH. Rapport sur les effectifs de la fonction publique en Haïti, février 2018.
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L’EPSSS II 2017-2018 révèle, par ailleurs, que la disponibilité de tous les services de base18 n’est
assurée que dans 42% des institutions sanitaires.
L’habitat reflète les inégalités traversant la population haïtienne (EMMUS VI).
o Dans environ un tiers (34%) des logements, le sol est en terre ou sable tandis que 57% sont
faits de ciment ou de maçonnerie. La disparité s’accentue selon le milieu, avec 70% de sols en
terre/sable en milieu rural et 74% de revêtements en ciment/maçonnerie en ville.
o La taille moyenne des ménages est de 4.3 personnes, mais seulement 20% des logements
comptent trois chambres à coucher ou plus. 40% des logements ont une seule chambre à coucher (pièce pour dormir), et c’est plus souvent le cas en milieu urbain.
o 25% des ménages haïtiens n’ont pas de toilette : une situation nettement plus marquée en
milieu rural (36%). Par ailleurs, un tiers (31%) des ménages a accès à des toilettes améliorées
non partagées, tandis que 20% disposent de toilettes non améliorées. Ils sont 24% à utiliser
des toilettes améliorées partagées.
1.3.4. DÉTERMINANTS CULTURELS
Les pratiques religieuses sont très répandues dans la population haïtienne. Le christianisme est majoritaire parmi les multiples cultes pratiqués et le syncrétisme demeure très répandu. Selon EMMUS VI,
une faible fraction d’hommes (16.5 %) et de femmes (8 %), n’aurait aucune religion.
Diverses croyances populaires véhiculent une interprétation surnaturelle de certains problèmes de santé, orientant ainsi les itinéraires thérapeutiques. Les approches de la médecine moderne sont souvent
en porte-à-faux avec lesdites conceptions, ce qui affecte l’efficacité et l’acceptabilité des démarches de
soins. De même, les pratiques de gestion communautaire et familiale de la maladie diffèrent de l’abord
individuel privilégié par la médecine moderne.
Des efforts sont entrepris depuis plusieurs années en vue de la valorisation et de l’intégration de la
médecine traditionnelle. Malgré tout, le système tend à négliger la médecine traditionnelle, dont les
acteurs sont beaucoup plus proches de la population, aux plans socioculturel et géographique. La pandémie de Covid-19 a renforcé le recours à la pharmacopée traditionnelle et stimulé le débat autour des
savoirs et pratiques de phytothérapie.
1.3.5. DÉTERMINANTS ENVIRONNEMENTAUX
Haïti connaît une crise environnementale majeure. Les problèmes les plus aigus sont liés à la dégradation de l’environnement physique, liée notamment à une forte pression humaine sur le milieu et à la
faiblesse des infrastructures d’assainissement. La vulnérabilité aux désastres naturels, particulièrement
aux inondations, s’est considérablement accrue, du fait de la réduction de la couverture forestière et
du déboisement des bassins versants. L’insalubrité constitue un autre problème majeur, découlant de
l’urbanisation accélérée et anarchique, ainsi que de l’absence de gestion adéquate des déchets.
18
À savoir : soins ambulatoires curatifs pour les enfants malades, services institutionnels de vaccination infantile, suivi de la croissance des enfants, fourniture de méthodes modernes de contraception, consultation prénatale et prise en charge des infections
sexuellement transmissibles.
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page 15
La qualité de l’air et de l’eau semble menacée.
L’eau potable reste une ressource rare pour une bonne partie de la population, la qualité de l’eau
passant souvent au second plan.
Les villes haïtiennes montrent des carences criantes en matière d’assainissement du milieu. Les systèmes urbains d’évacuation d’eaux usées et de collecte et élimination des déchets, là où ils existent,
sont dépassés par l’accroissement de la population. Ces problèmes sont encore plus cuisants dans
les bidonvilles et camps d’hébergement.
Il faut noter le manque d’orientations en matière d’aménagement du territoire.
1.3.6. DÉTERMINANTS INSTITUTIONNELS
La capacité à préserver l’état de santé et l’accès aux soins de santé sont en grande partie déterminés
par le cadre légal et réglementaire qui régit la vie des individus. Ces instruments légaux couvrent l’ensemble du système de santé et pas seulement le secteur de la santé. Les relations avec la santé ne sont
pas systématiquement examinées.
Le renforcement du cadre légal et normatif du système de la santé figurait parmi les priorités du MSPP.
En effet, la législation sanitaire est, dans une large mesure, désuète et couvre mal la réalité. Le Plan de
Santé 2012-2022 prévoyait d’élaborer et faire adopter une vingtaine de textes à caractère règlementaire, mais la plupart de ces démarches n’ont pas abouti. Des décrets/arrêtés relatifs à la santé ont
été publiés au cours des derniers mois mais aucune liste exhaustive n’est disponible. On notera, par
exemple, les textes portant sur : la création de l’Organisme national de sang et des produits sanguins
(ONASAPS) en octobre 2020, la nomination des membres du Conseil d’Administration du Centre
Ambulancier National (novembre 2020), les règles générales de protection de la population en cas de
pandémie/épidémie (mai 2020), la réglementation et le contrôle de la production et du commerce des
denrées alimentaires (août 2020), les ordres professionnels (août 2020).
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2. LEADERSHIP ET GOUVERNANCE
2.1.
POLITIQUES ET STRATÉGIES RELATIVES AU LEADERSHIP ET À LA
GOUVERNANCE
a) Les orientations politiques
La publication de la politique nationale de santé de 2012 sous forme d’arrêté présidentiel
lançait un signal fort dans l’affirmation des orientations du gouvernement en matière de santé. Malheureusement, environ une décennie plus tard, les objectifs fixés par la PNS n’ont pas
encore été atteints. Les changements structurels annoncés se font attendre et les grandes interventions envisagées n’ont pas abouti ou ne sont pas mises œuvre. L’instabilité politique
persistante et la situation économique difficile ont influencé négativement l’application de la
PNS, cependant on peut également s’interroger sur le support politique réel dont elle a bénéficié et la capacité des dirigeants à construire un consensus suffisant autour des orientations
proposées.
Des activités avaient été prévues en ce sens, cependant les consultations menées autour des
orientations de la PNS et du PDS 2021-2022 ne semblent pas avoir évolué vers un dialogue
politique constructif avec les principaux détenteurs d’enjeux de manière à susciter leur adhésion et engagement effectifs.
b) La veille et le suivi stratégique
Les activités de veille sont centrées sur les risques infectieux et, dans une large mesure, les
maladies prioritaires, alors que divers risques sanitaires menacent la population haïtienne.
L’expérience passée19, des études de terrain et des observations empiriques indiquent la nécessité d’accorder de l’attention aux risques liés à la commercialisation et l’utilisation des médicaments, à la pollution environnementale, aux pratiques alimentaires et au développement
des moyens de transport. La pandémie de Covid-19 a aussi illustré, s’il en était besoin, que
les risques sanitaires constituent de sérieuses menaces pour la sécurité nationale, compte tenu
des perturbations de la vie sociale et des activités économiques qu’ils peuvent engendrer. Le
MSPP a fixé récemment les directives pour la réponse aux situations sanitaires exceptionnelles
et situations de crise20,21. Le dispositif de gestion de ces situations n’est pas encore fonctionnel
sur le terrain.
La fonction de suivi stratégique n’est pas exercée de façon systématique. Il n’existe pas dans le
système une structure dédiée au suivi stratégique, chargée de scruter l’ensemble du système de
santé afin d’identifier les risques à temps et de proposer les mesures pour les atténuer.
19
Il convient de rappeler ici l’épidémie d’insuffisance rénale aigue liée à l’intoxication au di-éthylène glycol, en 1995-1996, et
l’épidémie du choléra, déclenchée par la pollution du fleuve Artibonite, en 2010.
20
MSPP, Plan National de Réponse aux Situations Sanitaires Exceptionnelles (PNR-SSE). Édition 2019
21
Selon le PNR-SSE, « une situation sanitaire exceptionnelle (SSE) correspond à la survenue d’un événement émergent, inhabituel
et/ou méconnu qui impacte le système de santé et dépasse le cadre de gestion courante », par sa nature, son origine, son ampleur,
son caractère médiatique, sa dynamique. Il définit la crise comme « un processus dynamique touchant une organisation suite à
un évènement déclencheur (situation exceptionnelle) et qui, amplifié par la présence d’un contexte particulier et/ou de facteurs
humains ou managériaux, conduit à une désorganisation majeure de la gestion de la situation. ».
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c) La conception et le design du système
L’une des principales caractéristiques du système de santé réside dans la multiplicité des intervenants, qui exige un effort de coordination conséquent. Le PDS 2012-2022 a proposé
un ensemble d’activités intersectorielles visant l’intégration et des initiatives ont été prises
en ce sens. Cependant, peu d’avancées majeures ont été enregistrées. L’actualisation du cadre
juridique définissant les rôles des différents acteurs et le renforcement des mécanismes de collaboration et de coordination entre les acteurs demeurent des conditions indispensables à
toute amélioration.
d) Le partenariat
En matière de partenariat, les approches du MSPP sont surtout orientées vers les acteurs de
l’aide externe et, à un degré moindre, de la société civile. Peu d’attention est portée aux relations avec le secteur privé et aux autres entités du secteur public, dans la recherche de solutions innovantes aux problèmes du système. De manière générale, les initiatives actuelles ne
poursuivent pas de manière systématique l’alignement des intervenants sur les orientations et
priorités nationales et ne contribuent pas nécessairement à une meilleure coordination des interventions au sein du secteur. Dans une telle optique, les accords de partenariat doivent se baser sur de bonnes pratiques pouvant faire évoluer le secteur et atteindre des résultats probants.
Il s’agirait donc de :
-
Œuvrer pour la traduction des engagements et priorités définis dans la politique nationale de santé en stratégies et plans axés sur les résultats,
-
Établir des mécanismes formels de gestion de l’aide à tous les niveaux,
-
Inscrire les contributions et activités des partenaires dans l’agenda commun établi, et
-
Développer la concertation avec les donateurs, les institutions nationales, les intervenants
en santé, la société civile, les organisations communautaires de base et le secteur privé.
e) La régulation
L’approche de régulation envisagée dans le PDS 2012-2022 mettait l’accent sur le développement du cadre légal et normatif, avec l’exécution d’un agenda législatif assez touffu et l’actualisation des normes techniques et administratives en usage au sein du secteur. Les orientations
et stratégies en matière de surveillance et contrôle de l’application des normes juridiques et
techniques n’ont pas été spécifiées.
On signalera comme carences importantes : d’une part, l’absence de dispositifs de vérification
de la conformité des normes élaborées, eu égard aux orientations et priorités adoptées, et
d’autre part, le manque de définition des mécanismes formels d’inspection et contrôle, notamment en termes de niveaux de responsabilité.
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2.2.
NORMES, PROCÉDURES ET OUTILS DE GOUVERNANCE
Un effort considérable de production et/ou de révision de documents de normes a été déployé
au cours des dernières années. Cependant, les normes, procédures et outils relatifs à l’exercice
des fonctions relevant du leadership et de la gouvernance ne sont pas très développés. Les documents élaborés concernent surtout la prestation de soins et services. Souvent, ces démarches
répondent plus au souci de prendre en compte les nouvelles connaissances dans le domaine
concerné que de supporter la régulation des interventions. De ce fait, les documents produits
sont surtout des outils de travail et d’apprentissage pour les prestataires de soins et/ou des
supports pour la supervision et l’accompagnement.
La production de documents techniques/normatifs n’est pas cordonnée au sein du ministère et le processus d’élaboration des normes n’est pas codifié. Statutairement, on reconnaît à
toutes les entités centrales (directions, unités, coordinations) la compétence d’élaboration des
normes et procédures dans les domaines relevant de leur mandat respectif. Elles seraient aussi
chargées de veiller à leur application, à l’échelle nationale.
2.3.
ACTEURS MAJEURS DE LA GOUVERNANCE
Le MSPP demeure la principale entité capable de formuler les orientations de politique sanitaire et de les faire appliquer. Cependant, certains organismes étatiques ont une capacité
d’influencer leur formulation et leur application.
Les lois qui doivent encadrer l’action sanitaire doivent être votées par le parlement. Cette
institution a le pouvoir de modifier les lois qui lui sont soumises par le ministère, à travers
le gouvernement.
Le MSPP partage certaines compétences avec d’autres ministères dans des domaines clés
comme la formation. Les institutions de formation de professionnels de santé bénéficient
des autorisations de fonctionnement du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle sans l’avis du MSPP.
Les ressources pour la mise en œuvre des activités correspondant aux politiques dépendent
du MEF et du MPCE, chargés d’élaborer la loi de finances qui attribue les crédits pour le
fonctionnement et les investissements.
L’Office de management et des ressources humaines (OMRH) joue un rôle important
dans le recrutement des agents de la fonction publique.
Les partenaires techniques et financiers ont une grande influence sur les orientations du
système, particulièrement à travers les programmes verticaux.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
2.4.
2.5.
page 19
RÉSULTATS DU SYSTÈME POUR LE PILIER LEADERSHIP ET GOUVERNANCE
Deux plans triennaux ont été élaborés en vue de l’opérationnalisation du Plan Directeur
Santé 2012-2021, indiquant la volonté d’assurer une certaine continuité dans l’action
sanitaire.
Les capacités de veille ont été renforcées et certains risques sanitaires peuvent être détectés. En complémentarité avec cette capacité le MSPP s’est doté d’un plan de gestion des
situations sanitaires exceptionnelles.
Plusieurs manuels de normes, de règlements et des guides pratiques ont été publiés. Ces
instruments visent à standardiser les prestations et facilitent la supervision des activités.
La formation de tables de partenaires techniques et financiers, départementales et centrale, est un pas dans la bonne direction, avec des bénéfices en termes de partage d’informations et, potentiellement, une réduction des chevauchements.
DÉFIS ET ENJEUX POUR LE PILIER LEADERSHIP ET GOUVERNANCE
Les grands défis identifiés consistent en :
La mise en place des mécanismes rationalisés et efficaces de gouvernance au sein du système qui renforcent la synergie dans tout le secteur.
L’instauration d’une Veille stratégique basée sur la participation et couvrant l’éventail des
questions qui préoccupent.
La reddition de compte dans le secteur.
Comme enjeux principaux, on note :
La transparence, la redevabilité et la responsabilité.
La participation des acteurs étatiques et non-étatiques.
L’alignement des différents acteurs vers un but unique.
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page 20
3. PRESTATION DE SERVICES
3.1.
POLITIQUES ET STRATÉGIES LIÉES À LA PRESTATION DE SERVICES
Il n’y a pas de politiques et stratégies de développement global de la prestation de services,
par exemple pour la mise en œuvre du PES. Cependant, de telles orientations existent dans
le cadre de programmes prioritaires et projets de prise en charge. Ces politiques et stratégies
thématiques sont actualisées de manière assez régulière, avec l’appui de partenaires.
En général, elles confirment la tendance au cloisonnement qui prévaut au sein du système,
plutôt que de rechercher la cohérence. Pourtant, la plupart des plans stratégiques préparés
récemment incluent le renforcement de la gouvernance parmi leurs axes d’intervention et
envisagent leurs actions dans une perspective de renforcement du système de santé.
De manière générale, le système peine à concrétiser les éléments de politiques et/ou stratégies nationales formulées. Les tentatives butent sur des contraintes d’ordre structurel, souvent
liées à la gouvernance du secteur Santé.
3.2.
NORMES, PROCÉDURES ET OUTILS POUR LA PRESTATION DE SERVICES
Comme indiqué précédemment, les normes, procédures et outils traitant de la prestation de
soins et services de santé sont actualisées périodiquement, dans le cadre de la gestion des programmes de prestation. Les manuels produits reflètent la fragmentation existante et ne favorisent pas l’intégration et la continuité des services.
Chaque programme tend à définir, en fonction de ses propres besoins ou orientations, les
responsabilités en matière de prestation, les modalités d’organisation de services aux différents échelons du système, les exigences relatives à l’innocuité et la qualité des services. Cette
situation rend aussi plus difficile la mise en réseau des prestataires de soins et services. En règle
générale, les mécanismes existants ne favorisent pas l’expression de la demande de services par
la communauté/les usagers.
3.3.
ACTEURS MAJEURS DE LA PRESTATION DE SERVICES
Le MSPP est appelé à jouer les premiers rôles dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une
politique d’extension de l’offre de services. Sa capacité à formuler une vision, des politiques et des stratégies claires, et à exercer le leadership requis s’avère déterminante. A ce
niveau, les principales limitations du MSPP sont :
-
Le manque d’adhésion des cadres à la vision exprimée dans le PDS et le manuel du
PES,
-
Le déficit de cohésion interne, lié aux habitudes de cloisonnement et au recul des
pratiques de travail en équipe,
-
Le manque d’expérience dans la conception/mise en œuvre de politiques publiques
en santé.
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Plan Directeur Santé 2021-2031
page 21
Le PSDH montre un certain intérêt des autorités gouvernementales pour l’accessibilité à
des soins et services de qualité. Cependant, le programme met plutôt l’accent sur le développement du réseau d’infrastructures. Certaines entités étatiques doivent être prises en
compte :
3.4.
3.5.
-
Le MEF et le MPCE jouent un rôle dans l’accès aux ressources et peuvent influencer
le cours d’un programme d’extension de l’offre de services.
-
Le MAST vient de lancer la politique de protection sociale en santé.
-
L’OFATMA se positionne depuis quelques années comme un acteur du réseau hospitalier national.
Les Partenaires techniques et financiers peuvent s’intéresser à des politiques et stratégies
d’extension de l’offre de services. Leur intérêt pour des programmes d’envergure systémique devra être confirmé. Ils s’engagent le plus souvent sur des domaines particuliers.
Le positionnement des prestataires de soins et services (du public et du privé) doit être
analysé avec attention. Les changements à grande échelle dans le système de soins pourraient léser les intérêts de groupe.
Les élus (Parlement, Collectivités territoriales) montrent un intérêt certain pour la prestation de services. Il s’agit souvent de demandes d’ouverture/extension de centres de santé.
Ces demandes tendent à s’écarter de la « rationalité sanitaire ».
Les organisations de la Société civile pourraient s’engager en vue d’obtenir pour leurs communautés un meilleur accès aux soins et services. Cet intérêt est peu manifeste jusqu’ici.
RÉSULTATS DU SYSTÈME POUR LE PILIER PRESTATION DE SERVICES
Dans le contexte actuel, les réseaux de soins de proximité et de recours ne sont pas bien
établis, et les mécanismes de référence-contre référence ne sont pas fonctionnels.
Le système ne parvient pas à assurer la disponibilité d’un paquet de services représentant un mix équilibré de prestations curatives, préventives et promotionnelles, dispensé
en complémentarité aux différents niveaux de soins et correspondant aux besoins de la
population.
La gestion de la couverture, de la qualité et de la sécurité des services offerts est difficile à
garantir. Les programmes accusent des résultats variables, en général mitigés.
DÉFIS ET ENJEUX POUR LE PILIER PRESTATION DE SERVICES
Les grands défis affectant la prestation sont :
Manque de définition des priorités pour le développement de l’offre de services.
Mauvaise couverture sanitaire (trous, chevauchements).
Articulation inter-échelon insuffisante.
Fragmentation/cloisonnement dans les interventions dans le secteur public.
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page 22
Déficit de concertation et de coordination entre les différents acteurs du secteur.
Dépendance vis-à-vis de l’aide externe.
Manque de clarté de la structure interne du MSPP (flou dans les mandats, rôles et responsabilités en matière de gestion de l’offre).
Carences de personnel prestataire, pour certains profils-clé.
Déficit d’intégration des prestataires du secteur privé lucratif.
Absence d’articulation réelle avec le secteur de la médecine traditionnelle.
Les principaux enjeux à prendre en compte sont :
a) Intégration des soins et services
Lorsque la fragmentation prédomine, la prestation se focalise sur un problème ciblé : les
autres besoins ne sont pas reconnus à temps ou, s’ils le sont, le prestataire n’a pas la capacité d’orienter le patient vers le niveau de prise en charge approprié.
La volonté d’intégration a été exprimée, mais les normes, outils et procédures de prise
en charge doivent être adaptés en ce sens. Ceci implique aussi la formation du personnel
concerné et des ajustements dans l’organisation des services, vers la mise en réseau.
b) Meilleure couverture des besoins essentiels en soins et services de santé
Les résultats du système ne sont pas satisfaisants, tant en termes de disponibilité et utilisation de services qu’en ce qui concerne l’adéquation de la réponse par rapport aux besoins.
Les choix effectués pour ce pilier doivent favoriser l’identification des besoins en vue
d’une réponse adaptée. Les stratégies définies doivent aussi prendre en compte les attentes
et perception afin d’assurer une couverture optimale des services proposés.
c) Amélioration continue de la qualité des soins et services
Le niveau de qualité des prestations offertes détermine l’établissement d’une relation de
confiance entre les communautés et les prestataires. Les actions à entreprendre doivent favoriser le développement d’une stratégie nationale Qualité, à tous les échelons du système.
d) Optimisation des processus de soins
Le système pèche souvent par son inefficience, dans un contexte d’insuffisance de ressources. Les orientations et stratégies de prestation doivent viser l’exploitation optimale
des ressources mobilisées.
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page 23
4. RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ
4.1.
POLITIQUES ET STRATÉGIES RELATIVES AUX RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ
Les priorités du secteur en ce qui a trait aux RHS sont inscrites principalement dans trois (3)
documents : le Plan Directeur Santé 2012-2022, le Manuel du Paquet Essentiel de Services
(2015) et le Plan Stratégique de développement des ressources humaines pour la santé 2030
(Phase I - 2018-2022). Il s’agissait cependant d’orientations assez générales, qui devaient
prendre forme à travers des politiques, stratégies et interventions cohérentes.
Malheureusement, certains choix n’ont pas été précisés au départ, en termes de hiérarchisation des besoins et priorités, et d’allocation de ressources. De plus, le MSPP n’a pas su vulgariser sa vision de la gestion et du développement des ressources humaines du secteur santé, de
manière à obtenir un degré optimal d’adhésion des acteurs et, de là, mobiliser les partenaires
en santé autour des priorités tracées. Ces carences ont considérablement affecté l’alignement
des interventions mises en œuvre avec les orientations déclinées dans les plans, compromettant aussi potentiellement leur efficacité et leur efficience.
Comme conséquence, les politiques relatives aux RHS demeurent peu lisibles dans les actions
entreprises. On notera en particulier :
4.2.
L’absence de dispositif fonctionnel de pilotage et coordination des interventions, face à la
fragmentation existant dans le secteur.
Un déficit d’orientations et stratégies pour la production des RHS.
Un déficit d’orientations et de stratégies en matière de régulation/contrôle des professions de santé.
L’absence de directives pour la planification et le déploiement rationnels des RHS.
Un appui financier insuffisant à la mise en œuvre des interventions.
NORMES, PROCÉDURES ET OUTILS DE GESTION DES RHS
Divers instruments sont disponibles en support à la gestion des RH du secteur Santé. Cependant, la plupart concernent essentiellement le secteur public. On peut citer :
La réglementation relative à la fonction publique et à l’administration centrale de l’État.
Le manuel de politiques, normes et procédures de gestion des ressources humaines et le
système d’évaluation de la performance (SYSEP) de l’OMRH.
Le système d’information et de gestion des ressources humaines (SIGRH) du MSPP.
Les outils de gestion propres au MSPP (Profil de carrière des Emplois de Santé, Guide pratique
pour le recrutement au MSPP, Référentiel des Emplois et Compétences, Profil des compétences
des professionnels de la santé, Normes pour la pratique des Soins infirmiers en Haïti, …).
Le Profil de carrière des emplois de santé. On mentionnera aussi des études sur la disponibilité
en RH : le recensement des agents de la fonction publique, les évaluations des ressources humaines des institutions sanitaires des secteurs public et privé (EHRIS 1 et 2).
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 24
Différentes thématiques pertinentes sont inadéquatement couvertes ou ne le sont pas du
tout. Ces lacunes concernent particulièrement la régulation, la dotation, la planification de
main d’œuvre et la formation. Pour d’autres volets, les capacités d’application des normes et
procédures en vigueur sont très limitées, du fait de la précarité des ressources et du poids des
habitudes.
4.3.
ACTEURS MAJEURS DE GESTION DES RHS
Une panoplie d’acteurs du système de santé intervient dans les fonctions de ressources humaines. Cette section présente un sommaire des rôles et responsabilités des acteurs majeurs.
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population qui, selon le décret de janvier
2006 portant sur l’organisation et le fonctionnement du Ministère de la Santé Publique
et de la Population, assume des responsabilités étendues dans la gestion et le développement des ressources humaines du secteur santé. Ces attributions sont partagées principalement entre trois entités, relevant de la Direction générale :
-
La Direction des Ressources Humaines (DRH) est chargée de la planification de
main d’œuvre pour le secteur santé.
-
La Direction de la Formation et du Perfectionnement en Sciences de la Santé (DFPSS)
assure la règlementation de la pratique professionnelle en santé, incluant l’accréditation des professionnels, et le contrôle/validation des cursus de formation médicale et
paramédicale, au regard de la PNS et des standards internationaux.
-
La Direction des Soins Infirmiers (DSI) assure la définition des normes et procédures de soins infirmiers, veille à leur application et coordonne l’homologation des
diplômes en sciences infirmières, ainsi que l’octroi des licences pour l’exercice de la
profession.
D’autres instances sont également impliquées dans cette gestion des RH du secteur Santé :
-
La Direction Générale assure la délivrance des Licences autorisant la pratique des
professions de santé sur le territoire haïtien.
-
D’autres directions centrales, à travers leurs attributions de normalisation, appui et
contrôle, influencent les besoins et contribuent à l’organisation du travail du personnel de santé.
La répartition des responsabilités entre ces différentes directions du MSPP pose un défi majeur de coordination, du fait de l’interdépendance des fonctions et activités de développement des ressources humaines et de l’importance cruciale des RH pour la mise en œuvre
des politiques sectorielles. Malgré l’existence de mécanismes de collaboration et d’échange
d’informations, les principales entités du MSPP concernées par la gestion des RHS tendent à
travailler de façon cloisonnée.
Le rôle de la DRH en matière de développement des RH propres du MSPP mérite aussi d’être
signalé. De même, toutes les entités relevant du MSPP (directions centrales et départementales, coordinations, unités et institutions sanitaires) assument aussi des responsabilités dans
la gestion routinière de leurs effectifs.
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Plan Directeur Santé 2021-2031
22
page 25
Plusieurs organismes étatiques sont concernés par la gestion des RHS :
-
Le Conseil supérieur de l’administration et de la fonction publique qui formule et
évalue les politiques générales du gouvernement en matière de ressources humaines. Il
est appuyé par l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), placée
directement sous son autorité, et responsable de la gestion opérationnelle des effectifs
de la fonction publique et de la carrière des fonctionnaires.
-
Le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), qui assure la paie des employés
et participe à l’élaboration du système de rémunération (grille indiciaire, primes et
autres avantages) dispose ainsi d’un puissant levier pour influencer la gestion des ressources humaines.
-
Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle (MENFP),
qui formule et évalue les politiques en matière d’éducation et coordonne l’enseignement supérieur.
-
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), qui
est l’organe juridictionnel pour toutes contestations des fonctionnaires et des Agents
contractuels de l’Administration donnant lieu à un recours contentieux22.
-
La Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’État d’Haïti (FMP-UEH),
qui assure l’homologation des titres des médecins diplômés d’universités étrangères.
Les regroupements de professionnels, dont la plupart sont des associations à caractère corporatiste, plutôt engagées dans la promotion de leur discipline spécifique et dans
des activités de développement professionnel de leurs membres.
L’État est le principal employeur du secteur santé et concentre plus de 60% des effectifs
du secteur, dont la plupart relèvent du MSPP. Il est astreint au respect des principes de
gestion de la Fonction Publique haïtienne. La crédibilité de l’État comme employeur de
prédilection a considérablement diminué au cours des dernières années. Cependant, les
emplois dans le secteur public de la santé, et au sein du MSPP en particulier, gardent un
certain attrait lié à la sécurité d’emploi relativement garantie dans ce secteur. Vu la taille
de cet acteur, il détient aussi un potentiel d’influence significatif sur l’ensemble du marché
du travail, à travers les politiques de traitement du personnel pratiquées.
Les organisations de santé privées (ONG, églises, missions religieuses, cabinets médicaux, polycliniques, hôpitaux, …), nationales ou étrangères, gèrent leur personnel suivant des standards et procédures propres, dans le cadre défini par le Code du travail.
Les établissements de formation, de niveau universitaire et technique, ont la mission de produire les ressources humaines qu’utilisera le secteur, en fonction des besoins.
Les acteurs intervenant dans ce domaine incluent quelques établissements publics et un
nombre croissant d’entités privées, ayant plupart un caractère commercial. La diversification des intervenants dans ce domaine pose des enjeux importants de régulation et de
coordination.
Décret portant révision du statut général de la Fonction publique. Le Moniteur, Numéro spécial, no. 7, articles 46 et 46.1, 22
juillet 2005.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 26
4.4.
Les partenaires techniques et financiers (PTF) exercent une influence sur les ressources humaines du secteur de la santé : soit indirectement par le rôle qu’elles jouent dans
le contexte plus vaste des politiques, soit directement en raison du financement qu’elles
apportent à des aspects précis de gestion et de développement des ressources humaines.
La communauté joue un rôle marginal dans la gestion des ressources humaines pour
la santé et la gestion des services de santé en général. Des membres de la population et
des organisations de base sont parfois sollicités pour fournir une main d’œuvre bénévole
appuyant les activités à base communautaire.
RÉSULTATS DU SYSTÈME POUR LE PILIER RESSOURCES HUMAINES
POUR LA SANTÉ
Les résultats du système demeurent insuffisants pour ce pilier, tant en ce qui concerne la disponibilité, la répartition, la qualité, la performance et la fidélisation des ressources humaines
pour la santé.
Au plan quantitatif, le système souffre d’un déficit de RHS persistant, malgré une augmentation globale des effectifs au cours des dernières années. Les besoins en main d’œuvre n’ont
pas encore été identifiés de manière précise et les écarts sont très variables selon la catégorie de
personnel considérée. Les estimations fournies dans le PSDRHS donnent une certaine idée
de l’ampleur de ce déficit, tant pour l’ensemble de la force de travail que pour les catégories
essentielles, notamment les prestataires-clés. Le poids des écarts observés est accentué par la
répartition inégale des RHS sur le territoire et, surtout, la concentration du personnel de santé dans la région métropolitaine de P-au-P.
La qualité des RHS laisse aussi à désirer, en ce sens que le système ne parvient pas à assurer
l’adéquation entre les profils de personnels (types et compétences) produits et disponibles et
les besoins du système de santé. Les données disponibles soulignent le déséquilibre en faveur
du personnel administratif et de soutien, par rapport aux catégories de prestataires de services.
Les écarts liés aux compétences spécifiques du personnel ne sont pas bien identifiés.
Si la performance du personnel de santé n’est pas évaluée de manière régulière et systématique, on sait cependant que les conditions de travail sont largement défavorables tant en qui
concerne les salaires que les avantages sociaux et la carrière. Les disparités sont très importantes dans ce domaine : entre les catégories de travailleurs de santé, entre le secteur privé et
le secteur public, et au sein même du secteur privé. Une attention particulière doit être accordée aux conditions de travail offertes dans le secteur public, qui concentre 60% de la main
d’œuvre en santé, en termes de rémunération, d’avantages sociaux, de systèmes d’incitation et
d’opportunités de développement professionnel et de carrière.
La déperdition des RHS vient accentuer les déficits quantitatif et qualitatifs déjà relatés. La
tendance à l’émigration, observée à tous les niveaux de la société haïtienne, affecte aussi les travailleurs de santé. Le phénomène n’est pas bien quantifié, mais l’évidence indique une grande
mobilité de certaines catégories professionnelles, notamment les médecins et les infirmières.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
4.5.
page 27
DÉFIS ET ENJEUX POUR LE PILIER RESSOURCES HUMAINES POUR LA
SANTÉ
On mentionnera, parmi les grands Défis confrontés pour ce pilier des RHS :
Insuffisance de financement destiné au développement des ressources humaines.
Faiblesse des mécanismes de collaboration/partenariat durables entre le MSPP
et les acteurs du secteur privé et de la Médecine traditionnelle.
Déficit de coordination entre les acteur.s
Absence de reddition de compte sur les résultats attendus.
Faiblesse des processus décisionnel en matière de RHS.
Inadéquation des conditions de travail.
Trois principaux enjeux apparaissent déterminants :
a) L’intégration et la collaboration entre secteurs et entre les différents acteurs.
La volonté politique affichée par l’État haïtien dans ses engagements internationaux en
matière de développement des ressources humaines en santé doit pouvoir se matérialiser à
travers un appui budgétaire conséquent à la mise en œuvre du PSDRHS et par la mobilisation d’une large coalition d’acteurs (nationaux et internationaux) autour de la réalisation des objectifs fixés par le plan stratégique de développement des ressources humaines
de la santé.
b) La gouvernance efficace des RHS.
Des interventions appropriées doivent renforcer la cohérence, la coordination et l’imputabilité, tout en permettant aux acteurs concernés d’assumer plus efficacement leurs responsabilités. Les mesures envisagées correspondent à une restructuration en profondeur
de la gestion des RHS, en quête d’alignement entre les différents paliers de gestion. Au
sein du MSPP, l’agenda sera orienté vers la déconcentration avec transfert de certaines attributions de gestion aux directions départementales (affectation, mouvements internes,
sanctions/récompenses), tout en maintenant les mécanismes de reddition de compte au
niveau central. La mise en place des ordres professionnels, dans une optique de décentralisation, contribuera à établir un cadre adéquat de régulation de la pratique des professions
de la santé.
c) Une culture axée sur les résultats et la performance des ressources humaines en santé.
L’amélioration de la performance repose sur la formulation de plans réalistes et l’adoption de systèmes d’évaluation transparents. De plus, parvenir à un meilleur niveau de
mobilisation et d’engagement des ressources humaines en santé exige un relèvement des
conditions salariales et de travail et l’instauration de pratiques de valorisation du personnel de santé.
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5. SYSTÈME D’INFORMATION SANITAIRE
5.1.
POLITIQUES ET STRATÉGIES RELATIVES AU SYSTÈME D’INFORMATION SANITAIRE
Le Plan Directeur Santé 2012-2022 a tracé des orientations relatives au système d’information sanitaire, avec comme option centrale l’unification du SIS, dans une perspective de renforcement et
de développement du système de santé. Cependant, les directives définies dans le PDS demeurent
limitées et le MSPP ne dispose pas d’autre document proposant des politiques et stratégies pour
le développement d’ensemble du SIS. Par contre, le MSPP a adopté des textes de politique pour
la surveillance épidémiologique et la recherche en santé, tandis que certains programmes ou projets, tels la lutte contre le VIH-SIDA, la lutte contre la tuberculose, le contrôle de la filariose,
développent leurs propres orientations en matière de gestion de l’information. Des éléments de
politique et stratégies sont aussi lisibles à travers les interventions réalisées depuis 2012.
Les documents disponibles et les actions entreprises indiquent la ferme volonté de :
i.
Accroître la disponibilité de données routinières.
ii. Améliorer le suivi des indicateurs essentiels, via les Salles de situation.
iii. Intégrer progressivement les multiples sources de données et/ou systèmes d’information
existants.
iv. Étendre la couverture du dispositif de surveillance des maladies et réponses.
Les avancées significatives réalisées sur ces différents créneaux ne masquent pas les déficits
persistant sur d’autres points d’importance :
5.2.
Absence de cadre de référence formel pour le développement du SISNU.
Déficit d’orientations et stratégies pour la mobilisation de ressources humaines, matérielles et financières au profit du SISNU.
Faiblesse de l’engagement financier de l’État haïtien.
Manque d’articulation entre le SIS et les orientations du PDS.
Définition insuffisante de la structure de gestion du SIS.
Absence d’une culture d’utilisation de l’information.
NORMES, PROCÉDURES ET OUTILS DE GESTION DU SIS
Des normes, procédures et outils de gestion du SIS sont actuellement en usage, à tous les
niveaux du système de soins. Cependant, elles ne couvrent pas l’ensemble des dimensions et
composantes du SIS. Elles concernent principalement la gestion des données agrégées, via les
supports intermédiaire et secondaire (registres et rapport mensuel).
Les normes et procédures actuelles ne permettent pas de garantir une coordination efficace
des opérations et une délimitation claire des champs de compétences entre les différentes instances impliquées, aux niveaux national et départemental. Les efforts de développement du
système d’information de support à la carte sanitaire sont limités par le déficit d’implantation
au niveau départemental, ce qui empêche la mise à jour systématique.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
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Le processus d’intégration des différents systèmes d’information en usage a déjà été initié,
mais la formalisation des modalités d’intégration est toujours en cours. Les carences du cadre
normatif entraînent aussi des difficultés dans la mise en place du dispositif de contrôle de la
qualité de l’information, malgré l’emphase portée sur ce point par le SISNU. D’un autre côté,
en l’absence de directives formelles pour le développement de l’infrastructure informatique
du système, cette gestion est fortement déterminée par les projets de coopération externe.
En matière de ressources humaines, la fragmentation du financement permet aux programmes
de créer leur propre nomenclature de postes, sans s’aligner sur la structure organisationnelle
de base. Les duplications et l’incohérence dans les profils de postes23 fragilisent le fonctionnement des Services départementaux de Statistique et Épidémiologie.
5.3.
ACTEURS MAJEURS DE LA GESTION DU SIS
Cinq groupes d’acteurs retiennent l’attention :
Le MSPP, dont les capacités à exercer son rôle de gérant du système d’information sanitaire national restent limitées. Deux entités ont des responsabilités à cet égard :
-
L’UEP, responsable de la programmation du secteur Santé, a acquis une grande expérience dans la mise en œuvre du SISNU, de 2014 à nos jours. Ses capacités d’intervention demeurent malgré tout insuffisantes, au regard de l’étendue de la tâche.
-
La DELR a aussi acquis une grande expérience dans la mise en place du système de
surveillance au niveau national et progresse vers un système national de surveillance
au niveau de toutes les institutions du pays. Elle a élaboré en 2013 sa stratégie de surveillance épidémiologique à base communautaire (SEBAC) qui, malheureusement,
n’est toujours pas opérationnelle.
Toutes les autres entités du MSPP génèrent et utilisent de l’information, en fonction de leur
domaines d’intervention, mandat et attributions. Au niveau des instances décisionnelles, politiques et managériales du MSPP, la demande d’informations pour la prise de décision tactique et stratégique demeure faible.
Au regard du PSDH et de l’expérience récente de gestion d’urgences sanitaires, les attentes du Gouvernement en matière d’information sanitaire demeurent minimales.
-
L’IHSI, de par son mandat, est appelée à travailler en vue de l’opérationnalisation
de la stratégie nationale de la statistique et renforcer la coordination en matière de
système d’information et production de statistiques sanitaires.
La question de l’information sanitaire revêt une grande importance pour les Partenaires
techniques et financiers, soucieux de justifier l’allocation et l’utilisation des fonds de la
coopération. Ils tendent souvent à développer des SI parallèles ou à orienter le SIS en
fonction de leurs besoins.
Leur logique s’inscrit aussi parfois dans une approche « projet » difficile à concilier avec
les exigences du développement à long terme du SIS. Toutefois, les efforts de concertation
menés au cours des dernières années ont toutefois permis de rapprocher certaines positions.
23
Divers agents M&E recrutés dans le cadre des programmes VIH, TB et Malaria sont en fait des opérateurs de saisie.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 30
5.4.
La culture de l’information n’est pas bien implantée au sein des organisations de santé
publiques et privées, où gestionnaires et prestataires de soins et services se préoccupent
surtout de satisfaire aux exigences de rapportage du MSPP et surtout des bailleurs.
D’autres groupes d’acteurs, tels le Parlement, les Collectivités territoriales, les organisations
de la Société civile, gagneraient à disposer d’informations de qualité afin de mieux défendre
les intérêts des communautés qu’ils représentent. Cet intérêt est peu manifeste jusqu’ici.
RÉSULTATS DU SYSTÈME POUR LE PILIER SYSTÈME D’INFORMATION
SANITAIRE
Des avancées importantes ont été enregistrées dans la mise en place du Système d’Information
Sanitaire National Unique (SISNU) et du Système de surveillance de maladies et réponses.
D’importants efforts restent à faire dans tous les sous-domaines définis par le PDS, notamment en ce qui concerne l’utilisation de l’information pour la prise de décision.
Les observations suivantes retiennent l’attention :
Le niveau de couverture des indicateurs figurant sur la liste officielle du SISNU atteint
environ 75 %. Les informations générées par le SIS couvrent les grands domaines de la
prestation de services et permettent d’apprécier la mise en œuvre des interventions de
réponse aux problèmes de santé ciblés.
Le réseau de surveillance épidémiologique a considérablement grandi : de 113 sites en 2013
à 693 en 2021. L’éventail de pathologies sous surveillance est régulièrement adapté aux
besoins. La couverture du rapportage des données de surveillance est autour de 95%. Les
Salles de situations sanitaires sont en place dans la plupart des directions départementales
(8 sur 10) et le taux de soumission des rapports hebdomadaires de notification atteint 80%.
Le SIS ne parvient pas à assurer un niveau adéquat de fiabilité, exhaustivité et ponctualité dans la production de données. Les variations sont importantes selon la thématique
considérée, selon le département et les établissements.
Le volet Ressources financières du système d’information de routine n’est pas opérationnel. La disponibilité d’informations sur le financement de la santé est insuffisante, bien
que le MSPP publie périodiquement les comptes nationaux de santé (CNS).
La composante Statistiques de Ressources du SIS actuel est inégalement développée. Seul
le volet Ressources Humaines produit actuellement des informations répondant à certains besoins du système.
La stratégie de surveillance épidémiologique à base communautaire (SEBAC) n’est pas
opérationnelle.
La liste d’indicateurs n’est pas formatée de manière à renseigner sur l’atteinte des objectifs du système et ne prend pas suffisamment en compte les préoccupations liées à l’accès
aux services à la qualité des services et au renforcement du système. Les indicateurs ne
renseignent pas non plus sur la situation des populations vulnérables, en dehors des programmes de prise en charge des maladies prioritaires.
Les initiatives relevant du pôle Recherche demeurent peu développées.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
5.5.
page 31
DÉFIS ET ENJEUX POUR LE PILIER SYSTÈME D’INFORMATION SANITAIRE
Retenons, parmi les principaux défis auxquels il faut faire face pour ce pilier :
Manque de définition des orientations et priorités pour le développement du SIS.
Fragmentation/Déficit d’intégration des interventions.
Déficit de concertation et de coordination entre les différents acteurs du secteur.
Manque de clarté de la structure interne du MSPP (flou dans les mandats, rôles et responsabilités en matière de gestion de l’information).
Non inclusion du secteur privé libéral.
Culture de gestion contraignante / Peu d’emphase sur l’information dans les processus
décisionnels.
Financement insuffisant et dépendance vis-à-vis de l’aide externe.
Carences de personnel qualifié et compétent à divers niveaux (production, synthèse et
utilisation de l’information).
Incomplétude, manque de fiabilité et retard dans la production des données.
Absence de stratégies et mécanismes de mobilisation et de sensibilisation des acteurs sur
la gestion de l’information.
On retiendra aussi, comme grands enjeux à considérer :
a) Optimisation des processus de gestion de l’information
Les efforts d’harmonisation des systèmes d’information existants ont produit des résultats, mais il reste encore du chemin à parcourir pour plus d’efficacité, d’efficience et d’intégration. Les processus de gestion de l’information devraient être analysés dans l’optique
d’une rationalisation accrue. Les manuels de procédures, de même que la définition des
postes et compétences et les outils en vigueur, devront être révisés dans cette démarche.
b) Alignement des partenaires sur la vision et les principes directeurs du SISNU
Les fonds de la coopération externe sont souvent incriminés comme cause de fragmentation des systèmes d’information. Les programmes et projets de coopération s’accompagnent généralement d’exigences de rapportage. Les échanges du MSPP avec les partenaires, pour la coordination et le suivi des interventions entreprise au titre de l’aide bi et
multilatérale ou internationale, doivent permettre d’harmoniser les approches.
c) Meilleure couverture des besoins en information aux niveaux opérationnel, tactique,
stratégique
L’identification des besoins constitue une étape importante pour s’assurer de la pertinence des informations générées par le SIS. Une démarche participative a été menée au
démarrage du SISNU et a permis de cerner les attentes des différents acteurs. Cependant,
la liste d’indicateurs actuellement en usage mérite d’être examinée au regard des besoins
liés à la prise de décision aux différents niveaux du système.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
page 32
Plan Directeur Santé 2021-2031
d) Amélioration continue de la qualité des données
Les procédures en vigueur incluent des mesures visant à s’assurer de la qualité des données recueillies dans le cadre du SISNU. Ces dispositifs méritent d’être renforcés afin de
couvrir les différentes étapes de production de l’information, à partir de l’établissement
de soins et du niveau communautaire, jusqu’au niveau national.
e) Renforcement des processus décisionnels
La production d’une information de qualité est destinée à alimenter les processus de prise
de décision. Il est donc crucial que les décideurs et gestionnaires placent l’information au
cœur de leurs processus décisionnels. Outre l’identification des besoins, il convient d’apprécier l’adéquation des supports d’information mis à la disposition de cette catégorie
d’utilisateurs.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 33
6. PRODUITS ET TECHNOLOGIES MÉDICAUX ESSENTIELS
6.1.
POLITIQUES ET STRATÉGIES RELATIVES AUX PRODUITS ET TECHNOLOGIES MÉDICAUX ESSENTIELS
Les politiques et stratégies relatives aux produits et technologies médicaux essentiels (médicaments essentiels, vaccins, intrants, outils de diagnostic, …) sont inégalement développées et
présentent des lacunes importantes. En effet, les directives sont assez bien formulées pour les
médicaments et aussi, à un degré moindre, pour les intrants du laboratoire. Cependant, aucune initiative visant à construire une réglementation spécifique dans d’autres domaines liés
aux produits et technologies médicaux essentiels n’a été documentée. À date, aucune entité
du MSPP n’a la charge du domaine des dispositifs médicaux24. La volonté du MSPP de revaloriser et promouvoir la médecine traditionnelle n’est pas traduite en choix et stratégies clairs.
Les politiques et stratégies existantes sont souvent dominées par la recherche de performance
des programmes prioritaires ou par le renforcement/développement du sous-secteur spécifiquement concerné (médicament ou laboratoire). Les approches envisageant de manière cohérente l’ensemble du système de santé sont plus rares.
Concernant le système de réglementation de produits pharmaceutiques, outre la désuétude
du texte légal de référence, les principales carences consistent en :
Absence de stratégie nationale de contrôle de l’importation et de fabrication des produits
pharmaceutiques.
6.2.
Déficit d’orientations et stratégies nationales de lutte contre la vente illicite des médicaments.
Déficit d’orientations et stratégies visant la protection/sécurité des patients/consommateurs en ce qui a trait aux produits pharmaceutiques.
Faiblesse du cadre réglementaire sur les CDAI.
NORMES, PROCÉDURES ET OUTILS DE GESTION DES PRODUITS ET
TECHNOLOGIES MÉDICAUX ESSENTIELS
Les normes et procédures d’enregistrement et d’inspection pharmaceutique établissent de
manière formelle et détaillée les exigences faites au secteur privé pour la fabrication, l’importation et la commercialisation de médicaments. Les normes et procédures sont nettement
moins élaborées pour les autres produits et technologies médicaux.
Les responsabilités en matière de contrôle de médicaments sont clairement assignées à la
DPM-MT et au MCI, et les modalités d’intervention sont bien établies, du moins en ce
qui concerne le secteur privé. Les mécanismes définis visent au développement de bonnes
pratiques de gestion et d’utilisation, cependant les capacités de mise en œuvre demeurent
limitées. On notera particulièrement, les carences opérationnelles de la DPM-MT en matière
d’inspection pharmaceutique, qui reste irrégulière et inefficace. L’absence d’un laboratoire de
contrôle de la qualité des médicaments est aussi une carence majeure.
24
L’avant-projet de loi préparé par le MSPP en 2012 avait prévu de créer la Direction de Pharmacie et du Dispositif médical.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 34
Les normes, procédures et outils de gestion des produits et technologies médicaux dans le secteur public, ainsi que les mécanismes d’appui et contrôle ne sont pas très développées. Alors
que les opérations de ce secteur sont marquées par une grande fragmentation. De plus, la
conception du système pharmaceutique national ne clarifie pas les responsabilités des niveaux
départemental et institutionnel.
Il n’y a pas d’analyse systématique des besoins liés à la prise en charge/contrôle des principaux problèmes de santé/maladies, aux différents échelons du système. La fragmentation du
secteur public complique aussi l’identification et la quantification des besoins. Les normes en
vigueur à PROMESS, tenant compte de son statut de « projet » de l’OPS/OMS en Haïti,
ne permettent pas à certaines institutions étatiques d’acheter des médicaments à travers le
trésor public.
Le Moteur de Recherche des Médicaments, disponible sur le site web du MSPP permet aux intéressés d’accéder à des informations diversifiées sur le système de gestion des produits pharmaceutiques et les médicaments. Les outils d’aide au diagnostic/prise en charge existants portent
peu d’emphase sur la promotion de l’utilisation (prescription) rationnelle des médicaments.
Les supports disponibles accordent aussi peu de place à l’information pharmaceutique.
6.3.
ACTEURS MAJEURS DE LA GESTION DES PRODUITS ET TECHNOLOGIES MÉDICAUX ESSENTIELS
Outre le MSPP, on identifie sept groupes d’acteurs qui jouent un rôle important dans ce domaine ou qui pourraient avoir une influence déterminante, avec des intérêts et positionnements parfois contradictoires.
i.
Le MSPP est à la fois régulateur, financeur et prestataire. Cependant, ses capacités à
prendre en charge les sous-secteurs liés aux médicaments et autres produits de santé, pour
coordonner et réguler l’offre de services sont très limitées, tant face aux exigences de la
régulation du secteur privé commercial qu’en ce qui a trait au développement de l’offre
publique de services. En ce sens, le MSPP doit s’assurer de résultats satisfaisants en termes
d’efficacité, d’efficience, de disponibilité, d’accessibilité et de qualité, tout en garantissant
l’articulation avec le développement du système de santé. Même dans le secteur du médicament, malgré certains progrès, la DPM-MT peine à accomplir ses attributions routinières de contrôle et est peu armée pour l’élaboration de politiques et l’appui normatif
aux entités de prestation de soins et services.
ii. Diverses entités au sein du Gouvernement et de l’appareil étatique sont très intéressées
aux produits et technologies médicaux essentiels, principalement en raison des activités commerciales les entourant. Vu leurs responsabilités en matière de régulation, elles
peuvent aussi contribuer à protéger la santé publique. Cependant, l’alignement entre préoccupations économiques et financières et les perspectives de politique sanitaire n’est pas
toujours aisé à obtenir.
Le MEF est en charge de la politique économique et financière de l’État et, à ce titre,
influence de manière déterminante les choix de mobilisation et allocation des ressources de l’État (recettes et dépenses).
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page 35
Deux organes déconcentrés du MEF, l’Administration Générale des Douanes (AGD)
et la Direction générale des Impôts (DGI), exercent un mandat de collecte de revenus
mais aussi un mandat de contrôle.
Le MCI, qui formule et applique la politique commerciale et industrielle de l’État
assume aussi une part de la fonction de contrôle/régulation, avec parmi ses principales préoccupations la promotion du développement industriel et la conformité des
produits distribués sur le marché, mais aussi la protection des consommateurs. On
notera le fonctionnement, sous sa supervision, du Bureau Haïtien de Normalisation
(BHN)25 .
Le MJSP, avec la PNH comme auxiliaire, détient les leviers de coercition en support
à l’application des normes.
iii. Les Partenaires techniques et financiers partagent avec le MSPP les préoccupations d’ordre
sanitaire et l’intérêt pour la disponibilité et l’accessibilité à des produits et technologies médicaux essentiels de qualité. Cependant, ils se concentrent souvent sur les aspects particuliers liés aux projets/programmes qu’ils supportent. Des difficultés d’alignement se posent
en termes d’intégration, de coordination et de renforcement de l’ensemble du système.
iv. Le Parlement, dans ses fonctions de législation et de contrôle, oriente l’action étatique via
l’allocation de ressources et la formulation de politiques. L’expérience récente indique
que la santé n’occupe pas une place de choix dans l’agenda parlementaire.
v. Les importateurs, fabricants et distributeurs privés sont engagés dans une activité commerciale, axée sur le profit, mais sont soumis à des normes sanitaires et commerciales tant
nationales qu’internationales. Leurs intérêts et préoccupations incluent la définition d’un
cadre de régulation favorable au développement de leurs opérations, dans le respect des
exigences réglementaires.
vi. Les prestataires de soins et services (du public et du privé) sont hautement intéressés à
la disponibilité de produits et technologies médicaux de qualité, en tant qu’utilisateurs
de ces produits et technologies26. Cependant, leurs préoccupations portent surtout sur
la disponibilité et secondairement sur l’accessibilité et/ou la qualité. Dans bien des cas,
ils ne disposent pas de l’information technique pertinente pour apprécier la qualité des
produits qu‘ils utilisent.
vii. Les institutions de formation de personnel de santé auraient aussi un rôle à jouer dans la
production de ressources humaines qualifiées.
25
Cet organisme public, créé en décembre 2012, a pour mission « d’organiser et de gérer les activités de normalisation, de certification, de métrologie industrielle et de promotion de la qualité et de fournir un soutien technique à toutes les initiatives visant la
réalisation de ces objectifs. (…) Le BHN est membre des organisations suivantes : Organisation régionale de CARICOM pour
les normes et la qualité (CROSQ), Commission panaméricaine de normalisation (COPANT), Réseau Normalisation et Francophonie (RNF). Il est également membre de la Commission du Codex Alimentarius et du Système interaméricain de métrologie
(SIM). Le pays a adhéré au Programme des pays affiliés à l’IEC et signé des accords avec l’American Society for Testing and
Materials (ASTM) et l’Institut Dominicain pour la Qualité (INDOCAL).”. https://www.iso.org/fr/member/5304435.html
26
Certaines associations de prestataires, notamment l’Association des Pharmaciens d’Haïti (APH) et l’Association des Technologistes médicaux, entretiennent des relations avec le MSPP et les partenaires techniques intéressés.
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page 36
viii. Les « chiens de garde », entités ayant pour mandat ou fonction la surveillance du système, sont peu nombreux et ne montrent pas beaucoup d’intérêt pour les produits et
technologies médicaux27. Au regard de leur mission, ces entités pourraient s’engager en
faveur de l’accessibilité des usagers aux médicaments et de la protection des citoyens face
aux risques liés à l’usage des produits et technologies médicaux.
6.4.
RÉSULTATS DU SYSTÈME POUR LE PILIER PRODUITS ET TECHNOLOGIES MÉDICAUX ESSENTIELS
Beaucoup d’efforts doivent encore être consentis afin d’assurer des niveaux satisfaisants
de qualité, efficacité et sécurité et d’accès équitable aux produits et technologies médicaux
essentiels. La performance du système est grevée par la fragmentation, une implication limitée
de l’État, la substitution de partenaires au détriment des entités nationales et un degré élevé
d’inefficience.
On retiendra les points suivants :
27
Il existe un déficit marqué d’évaluation de la qualité, de l’efficacité et de la sécurité des
médicaments et intrants, bien que les mécanismes de contrôle de conformité soient formellement définis.
La configuration actuelle du réseau de distribution reflète une recherche d’efficacité à
court terme, au détriment de l’efficience. De fait, elle représente un frein au développement du système d’approvisionnement unique, intégré préconisé par le MSPP.
Malgré la multiplicité des circuits d’approvisionnement et de distribution, dans le public
comme dans le privé, le système ne parvient pas à garantir une disponibilité et une accessibilité satisfaisantes de médicaments et intrants. Des ruptures de stocks prolongées sont
souvent enregistrées à l’échelle nationale, dans les CDAI et dans les institutions sanitaires.
L’offre de services pharmaceutiques se limite le plus souvent à la vente au comptoir et
n’inclut pas l’information/conseil/support qui favoriseraient une utilisation et une compliance appropriées.
Les pratiques de prescription rationnelle ne sont pas suivies et évaluées. De même que la
disponibilité et l’utilisation effectives, aux différents niveaux du système, de protocoles de
soins, listes de médicaments et matériels essentiels formellement.
Le système ne suit pas l’évolution des pertes de médicaments et produits de santé et n’a
pas de stratégie pour les maîtriser.
On rappellera, au passage, le combat mené il y a quelques années par les associations de PVVIH pour l’accès aux
antirétroviraux.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
6.5.
page 37
DÉFIS ET ENJEUX POUR LE PILIER PRODUITS ET TECHNOLOGIES
MÉDICAUX ESSENTIELS
Parmi les grands Défis à adresser pour ce pilier on peut lister :
-
La désuétude du cadre légal.
-
Le déficit de Pilotage et de Coordination.
-
Le déficit de consensus et concertation entre les acteurs.
-
La fragmentation des circuits d’approvisionnement.
-
L’insuffisance de ressources financières par rapport aux besoins/orientations.
-
Le déficit d’expertise technique nationale.
-
La dépendance vis-à-vis du financement externe.
-
La forte prévalence des comportements et pratiques d’utilisation irrationnelle.
À ces défis sont associés, comme principaux enjeux :
a) Le développement coordonné du système dans ce domaine
La mise en œuvre des orientations dépend d’une planification initiale rigoureuse, incluant
la définition claire des besoins et priorités, supportée par une mobilisation soutenue de
ressources humaines, matérielles et financières.
b) La concordance entre l’offre de produits et technologies médicaux et les besoins
La pertinence des choix peut être compromise, du fait de l’absence de mécanismes de
sélection bien coordonnés, avec un risque accru d’inadéquation de l’offre par rapport aux
besoins.
c) La gestion et l’exploitation optimales des produits et technologies médicaux
La qualité et l’efficacité des produits est sujette à caution, en raison de la multiplicité des
circuits d’acquisition et de distribution qui handicape la mise en place de processus solides de vérification des normes et d’assurance qualité. L’efficience dans l’exploitation des
produits et technologies médicaux n’est pas garantie, vu le peu d’emphase portée sur l’utilisation rationnelle.
d) La maîtrise/mitigation des risques pour les usagers
La sécurité des patients en matière d’utilisation des produits et technologies médicaux
n’est pas assurée, vu les faiblesses du système de régulation/contrôle, l’absence de service
d’assistance et les pratiques d’automédication et l’expansion du marché illicite.
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page 38
7. FINANCEMENT DE LA SANTÉ
7.1.
POLITIQUES ET STRATÉGIES RELATIVES AU FINANCEMENT DE LA
SANTÉ
Les politiques et stratégies relatives au financement de la santé ne sont pas formellement définies, bien que des orientations aient été tracées dans la PNS 2012 et le PDS 2012-2022.
Diverses réflexions, menées à différents niveaux, n’ont pas permis de mettre la question du financement « à l’agenda » pour une prise de décision effective. Peu d’interventions concrètes
semblent avoir été menées dans ce domaine et les résultats prédéfinis n’ont pas été atteints.
Le PDS 2012-2022 envisage le financement, comme axe stratégique global, dans la perspective d’une disponibilité accrue de ressources en support à la production de services. Peu
d’emphase est portée sur son apport comme levier de régulation du secteur et instrument de
politique pour le renforcement/développement cohérent du système de santé, notamment
la réduction des inégalités via la CSU. Le PSDH ne propose pas d’orientations en rapport
avec le financement du secteur Santé. Le pays n’a pas souscrit d’engagement international en
matière de financement du secteur Santé.
7.2.
NORMES, PROCÉDURES ET OUTILS DE FINANCEMENT DE LA SANTÉ
En dehors des procédures ordinaires de chaque financeur : État, agences de coopération externe ou autre, il n’existe pas, à date, de documents officiels établissant clairement les modalités de collecte de fonds pour la santé. Certaines options de diversification des sources de
financement pour la santé sont évoquées dans divers documents (PDS 2012-2022, rapports
techniques, …), mais cette perspective n’a fait l’objet d’aucune directive formelle du MSPP.
On soulignera les points suivants :
-
En l’absence d’une véritable mise en commun de fonds, il n’existe pas de dispositifs de
partage de risques et de mitigation des dépenses appauvrissantes/catastrophiques, notamment pour les plus pauvres/vulnérables.
-
Les mécanismes actuels reflètent le fort degré de cloisonnement caractérisant le secteur.
En ce sens, ils ne favorisent pas une exploitation transparente et efficace des ressources.
-
Aucun mécanisme existant ne supporte la réduction/élimination des barrières financières
à l’accès aux soins et services essentiels dans les établissements publics et privés, aux différents niveaux du système.
-
Aucun mécanisme actuel ne favorise le développement de paquets de services intégrés. La
stratégie FBR s’intéresse à un mix de prestations préventives et curatives, mais on ne peut
parler d’un « paquet de services intégré ».
-
Aucun dispositif existant n’inclut la mise en place d’entités et processus de pilotage/gestion conjoints du financement du secteur.
-
Le MSPP est engagé, en tant que « pilote », dans l’initiative de développement des budgets-programmes, lancée en 2016.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
7.3.
page 39
ACTEURS MAJEURS DU FINANCEMENT DE LA SANTÉ
Les capacités du MSPP à formuler et faire avancer un agenda de réforme du financement
de la santé sont limitées. Malgré les éléments d’orientation inscrits dans le PDS 20122022, peu d’avancées ont été enregistrées en ce sens.
Ceci serait lié à :
-
La vision des dirigeants et cadres supérieurs, surtout orientée vers l’augmentation des
fonds disponibles.
-
Le manque de définition des priorités.
-
Le manque d’expertise, notamment au sein de l’UEP28.
-
Un contexte général difficile.
Le financement du secteur Santé ne figure pas en bonne position sur la liste des priorités
des principaux acteurs, d’où une attitude passive/réactive. Divers intérêts peuvent être
identifiés, mais les positionnements ne sont pas toujours lisibles.
-
Le financement de la santé n’est pas vraiment à l’agenda des gouvernements récents ;
Le MEF est un acteur majeur en ce qui a trait à la répartition des ressources du
Trésor Public (élaboration du budget national) et l’allocation de fonds (décaissements) et au contrôle de l’utilisation desdites ressources. Des passerelles de communication et de collaboration existent, notamment en rapport avec l’élaboration annoncée du Budget-programme ;
Le MPCE est un acteur important en ce qui concerne l’élaboration et la gestion
du budget d’investissement et la gestion de la coopération externe. Il semble toutefois avoir peu d’emprise sur l’évolution de la coopération en santé ;
Le MAST est appelé à jouer un rôle clé dans le développement de la Protection
Sociale en Santé. Le MAST n’est pas réellement considéré comme un ministère
fort. Traditionnellement, les relations entre le MSPP et le MAST sont assez limitées.
L’OFATMA est actuellement un acteur majeur dans ce domaine. L’agence occupe une position particulière, en tant qu’assureur, gestionnaire de programme
et prestataire. Le renforcement des pôles de prestation semble être un élément
important du positionnement de l’OFATMA ces dernières années.
-
Le groupe des Partenaires techniques et financiers constitue un acteur majeur dans ce
domaine.
D’une part, la contribution des bailleurs aux dépenses de santé est déterminante
et, d’autre part, ils jouissent d’une marge de manœuvre importante dans l’allocation des fonds.
Les partenaires techniques ont aussi une grande influence sur l’agenda de la santé,
par les choix d’allocation de fonds et par l’expertise technique mobilisée.
28
L’UEP est également sous-staffée dans ce domaine.
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page 40
Parmi les partenaires affichant un intérêt pour le développement d’une stratégie
nationale de financement, on mentionnera l’OPS-OMS, promotrice principale
de la CUS, l’USAID et la Banque Mondiale.
Les approches et priorités de ces acteurs sont divers, mais des canaux de communication ont été établis entre eux et demeurent ouverts.
7.4.
7.5.
-
Les prestataires de soins et services (du public et du privé) montrent peu d’intérêt
pour la question du financement du secteur. On mentionnera, cependant, l’engagement du DASH dans une stratégie d’offre de services prépayés, à travers son réseau
d’établissements dans l’aire métropolitaine de P-au-P et aussi au Cap-Haïtien. Il faut
aussi noter la réponse des prestataires privés au PAAAFP, de même que le déficit
d’implication des prestataires publics audit programme.
-
D’autres groupes d’acteurs, tels le Parlement, les Collectivités territoriales, les organisations de la Société civile, … pourraient, potentiellement, s’intéresser à la question
du financement de la santé. De fait, il existe une certaine demande publique en faveur
d’une meilleure accessibilité financières aux services.
La population haïtienne représente aussi un acteur de poids, vu les contributions des ménages et leurs conséquences sur l’accès aux soins de santé.
RÉSULTATS DU SYSTÈME POUR LE PILIER FINANCEMENT DE LA
SANTÉ
Les ressources mobilisées sont insuffisantes pour couvrir les dépenses du secteur de la santé. Cependant, certaines sources soulignent l’inefficience du système : on pourrait faire
plus avec les disponibilités actuelles.
Les ménages assument directement (out-of-pocket) une importante part de leurs dépenses de santé.
Les bénéficiaires de programme d’assurance, soit environ 5-7% de la population, sont
couverts par des dispositifs de prépaiement et de partage de risques. Le niveau effectif de
partage de risques varie d’un programme à l’autre. Pour certains programmes, il est très
limité, en raison du mode de catégorisation des bénéficiaires.
Les informations recueillies ne permettent pas de juger quels soins et services essentiels
sont adéquatement financés. Ce genre d’évaluation ne semble pas avoir été menée.
DÉFIS ET ENJEUX POUR LE PILIER FINANCEMENT DE LA SANTÉ
On recense, comme principaux défis en matière de financement de la santé :
Le déficit de formulation et coordination d’une stratégie nationale de financement.
Le déficit de consensus et concertation entre les acteurs.
L’insuffisance des dépenses publiques de santé.
L’impact négatif des dépenses directes de santé sur les ménages.
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page 41
L’absence de protection contre les dépenses appauvrissantes et/ou catastrophiques de
santé.
Le déficit d’alignement de l’aide externe.
La fragmentation de l’offre de services et des interventions en santé.
Le déficit d’expertise technique nationale.
La disponibilité insuffisante d’informations (malgré la production périodique des CNS).
Parmi les grands enjeux à adresser :
a) Développement d’un stewardship avisé
Le déficit d’alignement entre les différents agendas au sein du gouvernement et entre
l’État haïtien et les partenaires en santé est un des freins à la formulation de politiques
et stratégies viables de financement de la santé. Cette recherche d’articulation exige un
effort de plaidoyer et négociation majeur. Pour le MSPP, ceci implique une coordination
efficace entre ses propres entités, la mobilisation de la société civile et la construction de
coalitions d’acteurs intéressés à la CSU et la PSS.
b) Mobilisation de ressources additionnelles au profit du secteur Santé
L’engagement financier de l’État haïtien en faveur de la santé est une condition essentielle
au développement coordonné du secteur de la santé. En plus d’une meilleure réponse aux
besoins, les efforts à consentir peuvent permettre de libérer les ménages du poids qu’elles
supportent actuellement et de limiter la dépendance envers l’aide externe.
c) Emphase accrue sur la solidarité et la suppression des barrières financières
Le principe d’équité est totalement ignoré du fait que les ménages assument de leur poche
la plus forte part des dépenses de santé. Les ménages les plus pauvres sont généralement
exclus des mécanismes de partage de coûts existants, qui atteignent le plus souvent les
travailleurs du secteur formel.
d) Optimisation de l’allocation/exploitation des ressources disponibles
L’exploitation des ressources n’est pas guidée par une identification soigneuse des besoins prioritaires du secteur, ce qui affecte la pertinence et l’efficience du financement.
Les choix d’allocation de ressources et les modalités d’acquisition des services, incluant
la rémunération des prestataires, sont susceptibles d’influencer de manière significative le
développement d’une offre de soins et services de qualité.
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Deuxième partie
PRINCIPES ET VALEURS, VISION,
BUT ET OBJECTIFS,
CHOIX STRATÉGIQUES
ET PRIORITÉS
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 45
8. PRINCIPES ET VALEURS
Le Plan Directeur de Santé adhère aux principes directeurs affirmés dans la politique nationale de
santé de 2012, à savoir : Universalité, Globalité, Équité et Qualité.
Le Principe d’Universalité garantit à tous les individus vivant sur le territoire haïtien un accès facile à tous les éléments et à toutes les interventions sans distinction de sexe, d’appartenance sociale
ou religieuse, de lieu de résidence, etc.
Le Principe de Globalité garantit à chaque individu des soins compréhensifs visant l’ensemble de
ses besoins en matière de santé.
Le Principe d’Équité garantit à tous les bénéficiaires du système des soins de qualité égale, quelque
soient leur lieu de résidence et leur statut socio-économique.
Le Principe de Qualité fait obligation à l’ensemble des prestataires de soins et services de développer leurs interventions et de prodiguer les soins de santé avec l’assurance de qualité maximale
que permet le développement technologique et les ressources financières du pays.
Les valeurs cardinales qui guident les choix sont : le droit à la vie et à la santé, la solidarité, la participation citoyenne et l’efficience.
9. VISION
Au cours des dix prochaines années, le système de santé haïtien se renforce et la morbi-mortalité diminue significativement, contribuant ainsi au développement socio-économique du pays. Les haïtiens et
les haïtiennes ont un accès équitable aux services et soins de qualité définis dans le Paquet Essentiel de
Services, en fonction de leurs besoins et des priorités établies.
10. BUTS ET OBJECTIFS
BUT
Le PDS 2021-2031 vise à : Contribuer à l’amélioration continue de l’état de santé de la population haïtienne.
OBJECTIF GÉNÉRAL
L’objectif général du PDS 2021-2031 est de Garantir un accès universel à des soins et services de santé
de qualité, à travers un système de santé performant.
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
De manière spécifique, le PDS 2021-2031 envisage de :
1. Assurer une gestion et un pilotage efficaces et cohérents des interventions développées dans l’en-
semble du système de santé.
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2. Offrir à l’ensemble de la population, et notamment les groupes les plus vulnérables, des soins et
services de santé de qualité, répondant à leurs besoins.
3. Favoriser une mobilisation et une exploitation optimales des ressources financières en support au
secteur de la santé.
4. Renforcer la production, l’analyse et l’utilisation adéquate de l’information en vue d’une prise de
décision éclairée au sein du système de santé.
5. Garantir la disponibilité d’un pool de travailleurs de santé motivés, compétents et performants, à
l’échelle du système de santé.
6. Assurer la disponibilité et l’utilisation adéquates de produits et technologies médicaux sûrs et de
qualité, en support à la prestation de soins et services de santé.
Tableau 5
Indicateurs et cibles retenues en rapport aux objectifs du PDS
No
Indicateurs
Statut actuel
Cibles à 10 ans
i
Taux de mortalité néonatale
25.3 pour 1000
12 pour 1000
ii
Taux de mortalité infanto-juvénile
65 pour 1000
25 pour 1000
iii Ratio de mortalité maternelle
529 pour 100,000
350 pour 100,000
iv Nombre de décès liés au VIH
2200
< à 1000…
0.06 pour 1000
0.01 pour 1000
170 pour 100,000
90 pour 100,000
vii Survie à 12 mois des patients sous ARV (taux de rétention à 12 mois)
82 pour 100
95 pour 100
viii Prévalence de la Malnutrition aiguë (6-59 mois)
6 pour 100
3 pour 100
ix Proportion d’institutions de santé offrant des SONU
35 pour 100
60 pour 100
x
42 pour 100
60 pour 100
xi Taux d’utilisation de méthodes PF
34 pour 100
40 pour 100
xii Besoins satisfaits PF
45 pour 100
30 pour 100
xiii Taux de couverture vaccinale chez les moins d’un an
36 pour 100
95 pour 100
xiv Proportion de PVVIH bénéficiant de TARV (couverture sous TARV)
83 pour 100
95 pour 100
xv Densité de personnel-clé
0.7 pour 1000
1.5 pour 1000
xvi Proportion de PVVIH avec charge virale indétectable à 12 mois
68 pour 100
95 pour 100
v
Taux d’incidence du VIH
vi Taux d’incidence de la Tuberculose
Pourcentage d’accouchements assistés
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 47
11. CHOIX STRATÉGIQUES ET PRIORITÉS DÉCENNALES
Le Plan Directeur de Santé 2021-2031 repose sur des choix et priorités explicites, qui traversent
l’ensemble des interventions envisagées.
CHOIX STRATÉGIQUES
Au plan de la stratégie, le PDS affirme quatre choix :
L’option pour les soins de santé primaires, i.e. une approche globale de la santé, une offre
de soins et services complets basée sur les normes du Paquet Essentiel de Services (PES), axée
sur la proximité avec les communautés et qui articule la promotion, la prévention et le traitement ;
L’option pour une approche systémique, d’où un recentrage des interventions sur les piliers
du fonctionnement des systèmes de santé, considérés seuls et aussi dans leurs interactions ;
L’importance accordée aux stratégies transversales : Intersectorialité, Participation,
Dialogue politique, dans leurs interrelations avec les piliers du système ;
L’emphase sur le développement du niveau primaire du système de soins, avec le support
du réseau hospitalier, dans une logique de complémentarité et d’intégration.
PRIORITÉS
Le PDS poursuit neuf priorités principales :
i.
La réorganisation et le renforcement de capacités du MSPP, à tous les niveaux et dans divers
domaines.
ii. La coordination et l’alignement des grands bailleurs et partenaires techniques.
iii. La déconcentration de la gestion du système de soins.
iv. Le renforcement de l’offre de soins et services essentiels, en santé maternelle et infantile, nutrition, prise en charge des maladies transmissibles, prise en charge des maladies chroniques et
non-transmissibles et prise en charge des urgences médico-chirurgicales.
v. L’intégration des circuits d’approvisionnements en médicaments et produits de santé.
vi. La gestion stratégique des RHS.
vii. La mobilisation/allocation de personnel-clé, particulièrement au niveau primaire : Médecin
de famille, Sage-femme, Agent de Santé Communautaire Polyvalent.
viii. La consolidation et utilisation de l’information stratégique.
ix. Le financement solidaire des soins et services de santé.
Ces choix stratégiques et priorités se traduisent à travers 32 orientations définies pour les six
piliers du système de santé.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Troisième partie
GRANDES ORIENTATIONS
ET INTERVENTIONS DU PDS
2021-2031
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 51
12. ORIENTATIONS ET GRANDES INTERVENTIONS
12.1. LEADERSHIP ET GOUVERNANCE DU SYSTÈME DE SANTÉ
Les options définies pour ce pilier consistent en : i) la réorganisation et le renforcement de
capacités du MSPP, à tous les niveaux et dans divers domaines, ii) la coordination et l’alignement des grands bailleurs et partenaires techniques, et iii) la déconcentration de la gestion du
système de soins.
Grandes Orientations
Orientation 1 : Stimuler le développement et la mise en œuvre de politiques publiques de santé adaptées.
Il s’agira de créer et maintenir un cadre institutionnel solide, en support à la formulation des
choix relatifs à la santé. Le MSPP jouera un rôle prépondérant en la matière, en interaction
avec les principaux acteurs du système de santé.
Un programme de renforcement des capacités de conception et suivi des politiques publiques du MSPP est mis en œuvre.
Les mécanismes de dialogue et de concertation entre les principaux détenteurs d’enjeux
sont renforcés.
Des plates-formes de partage d’informations, d’échanges avec les acteurs du système sur
des thématiques d’intérêt sont créées et animées.
Les mécanismes de validation des programmes, plans et projets de santé sont révisés pour
une meilleure adéquation avec les orientations du PDS.
La politique nationale de prévention, de préparation et de gestion des Situations Sanitaires Exceptionnelles (SSE) et de crises est mise en application.
Des rapports d’analyse et d’évaluation des politiques publiques de santé sont produits
régulièrement.
Orientation 2 : Renforcer les processus de prise de décision stratégique
en santé.
La capacité à scruter, identifier et analyser les grandes tendances, ainsi que la survenue d’évènements particuliers, est déterminante pour la performance du système. De même, elle permet
aussi aux dirigeants et décideurs d’apprécier les effets des interventions et, plus généralement,
la pertinence de la réponse sanitaire.
Des analyses périodiques des besoins en information stratégique sont conduites et le système est actualisé en conséquence (cf. Pilier SIS, orientation 4).
Des outils appropriés d’aide à la décision stratégique sont développés (cf. Pilier SIS, orientation 4).
Des analyses de la situation sanitaire sont réalisées de manière cyclique.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 52
Un cadre d’évaluation de la performance du système de santé est développé et mis en application.
Un Comité de Suivi stratégique est créé et produit périodiquement des recommandations
en appui aux processus de décision et de planification.
Orientation 3 : Développer des Partenariats efficaces et encourager la
participation citoyenne dans les actions sanitaires.
Dans un contexte de multiplicité d’acteurs, la collaboration avec les différentes parties prenantes du système national de santé à partir d’interactions et relations structurées revêt une
importance majeure. Les initiatives de partenariat lancées par le MSPP cibleront autant le
secteur public que le secteur privé, philanthropique ou à but lucratif, pour une meilleure cohérence dans l’action gouvernementale et une meilleure cohésion au sein du secteur. L’implication de la population sera aussi recherchée.
29
Des directives actualisées sur le Partenariat en Santé sont adoptées et mises en application.
Des Programmes d’action interministérielle sont conçus et mis en œuvre, notamment
pour l’accès aux produits et technologies médicaux essentiels, le développement des ressources humaines en santé, la protection du patient et le contrôle des zoonoses.
Des Programmes d’action conjointe avec les collectivités territoriales sont élaborés et mis
en œuvre, notamment pour une accessibilité accrue aux soins et services de santé.
Un Agenda d’action pour la Protection sociale en Santé29, avec emphase sur le volet
« Maladie, risques et invalidités associés à la maternité », sera élaboré et mis en œuvre en
collaboration avec le MAST.
Des partenariats sont développés avec des organisations privées en appui aux stratégies
d’amélioration de la performance du système, particulièrement pour la préparation et la
gestion des SSE et des crises, la mobilisation de ressources pour la santé, l’accès aux produits et technologies médicaux essentiels et l’extension de l’offre de services.
Des partenariats pour la recherche en Santé sont établis avec des universités haïtiennes et
des organismes de recherche.
Les dispositifs de suivi et évaluation des conventions de partenariat sont renforcés.
Des directives actualisées sur la Participation citoyenne en Santé, notamment pour la gestion participative des établissements sanitaires, sont adoptées et mises en application.
Des espaces de participation à la définition des orientations en matière de santé sont mis
en place (cf. Orientation 1).
En référence à l’Axe III de la Politique nationale de protection et de promotion sociales.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 53
Orientation 4 : Renforcer la déconcentration du système de santé.
Les efforts de déconcentration de la gestion accompagneront l’engagement réaffirmé en faveur des soins de santé primaires et la recherche de proximité avec les communautés locales.
Les interventions envisagées affectent à la fois le niveau national, le niveau départemental et le
niveau local de la pyramide gestionnaire.
Un programme de Réorganisation des entités centrales et départementales du MSPP est
mis en œuvre.
Les capacités de coordination et suivi des interventions des directions départementales du
MSPP sont renforcées.
Des directives actualisées sur l’organisation des Bureaux d’UAS sont adoptées et mises en
application.
Des directives actualisées sur l’autonomie de gestion des hôpitaux sont adoptées et mises
en application.
Orientation 5: Instaurer des mécanismes réguliers de redevabilité en
matière de santé.
Le MSPP s’engagera résolument dans la promotion d’une culture de responsabilité. Des mécanismes appropriés de transparence et de la reddition de compte seront mis en place aux
niveaux national, départemental et local.
30
Des espaces d’échanges périodiques sont aménagés avec des organisations de la société
civile, notamment les regroupements de travailleurs de santé, les organisations de femmes,
les organismes de promotion/défense des droits humains, …
Une plate-forme de collaboration avec l’Office Protecteur du Citoyen (OPC) est
développée.
Un programme de sensibilisation, information et formation des cadres aux approches de
gestion participative est mis en œuvre (cf. pilier RHS, orientation 4 : PAFP, e-learning).
Les stratégies et programmes d’amélioration de la qualité et/ou de la performance incluent des orientations en faveur de la gestion axée sur les résultats, de la transparence et
de la reddition de compte.
Un programme de renforcement des activités de redevabilité des partenaires est mis en
œuvre30.
Une interface de suivi des grandes interventions du secteur de la Santé est animée sur le
site web du MSPP.
On prendra en compte notamment les avancées du mouvement en faveur de la Norme humanitaire fondamentale (CHS), à
laquelle souscrivent diverses organisations humanitaires. Voir https://corehumanitarianstandard.org ; https://www.urd.org/fr/
projet/le-compas-qualite-redevabilite/
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 54
Orientation 6 : Renforcer le dispositif de régulation du système
La fonction de régulation du système de santé incombe dans une large mesure au MSPP,
cependant diverses instances de l’État contribuent à l’exercice de ladite fonction. Le MSPP
travaillera au développement d’un agenda législatif en support au Plan Directeur de Santé
2021-2031, pour une meilleure synergie entre les différentes entités impliquées.
Le statut particulier des travailleurs de santé au sein de la fonction publique est inscrit
dans le cadre normatif et règlementaire.
Une stratégie de renforcement des mécanismes de gestion de la coopération en santé est
mise en place, en collaboration avec le MPCE, en se référant aux orientations du Cadre
de coordination de l’aide externe au développement (CAED).
Les règlements et normes techniques relatifs à la Gouvernance du système de santé, notamment les directives portant sur l’autonomie de gestion des hôpitaux, le Partenariat
en Santé, la mise en place effective des ordres professionnels de santé, l’organisation et le
fonctionnement des organes participatifs de gestion de la santé, sont actualisés et mis en
application ;
Les règlements et normes techniques relatifs aux Ressources Humaines en Santé, notamment les directives portant sur l’accréditation des établissements de formation en santé,
les bonnes pratiques de GRH, sont actualisés et mis en application ;
Les règlements et normes techniques relatifs à la Prestation de soins et services de santé,
notamment les directives portant sur la gestion de la carte sanitaire, la réponse aux situations d’urgence sanitaire, la gestion de la qualité, la promotion de la médecine traditionnelle, sont actualisés et mis en application ;
Les règlements et normes techniques relatifs au Financement de la Santé, notamment les
directives portant sur la contractualisation et l’achat stratégique, sont actualisés et mis en
application ;
Les règlements et normes techniques relatifs aux Produits et Technologies médicaux essentiels de Santé, notamment les directives portant sur les bonnes pratiques d’utilisation
et la protection des patients, sont actualisés et mis en application ;
Les règlements et normes techniques relatifs au Système d’Information Sanitaire, notamment les directives portant sur l’obligation de rapportage et la responsabilité des prestataires, sont actualisés et mis en application ;
Les projets de loi pertinents sont élaborés et inscrits à l’agenda législatif établi entre le
gouvernement et le parlement.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 55
Tableau 6
Indicateurs et cibles pour le pilier Leadership et Gouvernance
Objectif : Assurer une gestion et un pilotage efficaces et cohérents des interventions développées dans
l’ensemble du système de santé.
Orientation
1.
2.
3.
Stimuler le développement et la mise en
œuvre de politiques
publiques de santé
adaptées.
Renforcer les processus de prise de décision stratégique en
santé.
Développer des Partenariats efficaces et
encourager la participation citoyenne dans
les actions sanitaires.
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
Proportion de cadres centraux ciblés formés à l’élaboration et au suivi des politiques publiques
100%
--
Proportion de cadres départementaux ciblés formés à
l’élaboration et au suivi des politiques publiques
20%
100%
Cellule d’appui à la mise en œuvre des politiques publiques de l’UEP fonctionnelle
100%
--
Activités trimestrielles d’échanges avec les bailleurs réalisées
100%
100%
Document de normes sur la validation des programmes,
plans et projets élaboré et validé
100%
--
Feuilles de route pluriannuelles de mise en œuvre du
PNRSSE produites régulièrement
100%
100%
Rapports biennaux d’analyse et évaluation des politiques
publiques de santé diffusés
100%
100%
Rapports triennaux sur les besoins en information stratégique produits
33%
100%
Tableaux de bord de gestion élaborés et mis en usage au
sein de toutes les directions centrales du MSPP
100%
--
Analyse de situation sanitaire réalisée et rapport publié
--
100%
Rapports triennaux d’évaluation de la stratégie nationale
de préparation et gestion des SSE et crises
100%
100%
Comité de suivi stratégique rattaché à la Direction générale fonctionnel
100%
--
Rapports triennaux d’évaluation de la performance du
système publiés
100%
100%
Document de normes sur le Partenariat en santé adopté
et diffusé
100%
--
Documents de programme adoptés et activités lancées
pour les 4 thématiques clés
50%
100%
Programmes conjoints adoptés et lancés dans 20 communes ciblées
30%
100%
Agenda d’action pour la PSS exécuté
50%
100%
Rapports annuels de suivi et évaluation des conventions
de partenariat publiés
50%
100%
Document de normes sur la Participation citoyenne à la gestion participative des institutions de santé adopté et diffusé
100%
--
Entités de gestion participative mises en place dans les
hôpitaux de niveaux secondaire et tertiaire
20%
100%
Proportion d’assises départementales et communales
réalisées en prélude à l’élaboration des plans triennaux
100%
100%
Ministère de la Santé Publique et de la Population
page 56
Orientation
4.
5.
6.
Plan Directeur Santé 2021-2031
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
100%
--
100%
--
Augmentation du budget Santé alloué au niveau départemental (par rapport à la ligne de base ; ligne de base
à établir)
20%
50%
Proportion de cadres départementaux formés à la coordination et suivi des interventions
20%
100%
Système départemental de réponse aux SSE et aux
crises sanitaires fonctionnel
60%
100%
Manuel d’organisation des Bureaux d’UAS adopté et diffusé
100%
--
Manuel de gestion des hôpitaux nationaux et départementaux adopté et diffusé
100%
--
Nouvelle structure de gestion en place dans les hôpitaux
de niveaux secondaire et tertiaire
20%
100%
100%
100%
100%
--
30%
100%
Outils d’évaluation de la qualité et/ou de la performance
révisés (pour couvrir transparence et reddition de compte)
et adoptés
100%
--
Activités de redevabilité inscrites à l’agenda des tables
sectorielles Santé (nationale et départementales) et dans
les conventions de partenariat
100%
100%
Niveau de satisfaction des usagers de la page web du
MSPP (ligne de base à établir)
60%
85%
100%
--
100%
100%
Arrêté ministériel sur l’autonomie de gestion des hôpitaux
validé et publié
100%
--
Document de politique de partenariat en santé validé et
publié
100%
--
Manuel de normes sur l’organisation et le fonctionnement
des organes de participation communautaire/citoyenne
en santé validé et publié
100%
--
Manuel de normes et procédures d’accréditation des établissements de formation en santé validé et publié
--
100%
Outils d’évaluation de la qualité et/ou de la performance
révisés (pour couvrir les BP GRH) et adoptés
100%
--
Renforcer la décon- Nouvelle structure organisationnelle du MSPP adoptée
centra-tion du sys- Programme de renforcement de compétences des entités
tème de santé
centrales et départementales élaboré et adopté
Instaurer des méca- Programme de rencontres avec organisations de la sociénismes réguliers de té civile adopté et exécuté
redevabilité en ma- Plan de travail conjoint avec l’OPC adopté et lancé
tière de santé.
Proportion de cadres ciblés formés aux approches de
gestion participative
Renforcer le dispositif Document règlementaire consacrant le statut particulier
de régulation du sys- des travailleurs de santé adopté et diffusé
tème.
Rapports triennaux d’analyse/évaluation de l’efficacité de
l’aide produits et diffusés
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
Orientation
6.
Indicateurs
page 57
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
100%
--
100%
--
Document de politique de promotion de la médecine traditionnelle validé et publié
100%
--
Document cadre pour la contractualisation en santé et la
gestion des achats stratégiques validé et publié
100%
--
Manuel de normes et procédures de gestion des médicaments et produits de santé validé et publié
100%
--
Outils d’évaluation de la qualité et/ou de la performance
révisés (pour couvrir les BP de gestion des produits de
santé et la gestion du risque/protection des patients) et
adoptés
100%
--
Arrêté ministériel portant sur l’obligation de rapportage et
la responsabilité des prestataires validé et publié
100%
--
Manuel de normes et procédures du SISNU validé et
publié
100%
--
Niveau d’exécution de l’agenda législatif (soumission au
parlement, plaidoyer)
30%
100%
Renforcer le dispositif Manuel de normes et procédures de gestion de la carte
de régulation du sys- sanitaire validé et publié
tème.(suite)
Manuel de normes et procédures de gestion de la qualité
des soins et services validé et publié
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 58
12.2. PRESTATION DE SOINS ET SERVICES DE SANTÉ
Les orientations et interventions retenues pour ce pilier reflètent l’option du MSPP en faveur
des soins de santé primaires et l’emphase sur le développement du niveau primaire du système
de soins.
Grandes Orientations
Orientation 1 : Étendre la couverture des services du niveau primaire.
Le modèle de prestation adopté en 2012 repose sur des services de proximité et une prise en
charge fortement intégrée au niveau primaire. La mise en œuvre de ce modèle sera intensifiée.
Le MSPP adopte des directives actualisées sur le réseau d’établissements de santé (3 échelons) du niveau primaire.
La carte sanitaire31 est révisée en fonction des nouvelles normes et directives, dans l’optique de repérer et d’adresser les trous et les duplications.
Les nouvelles normes et directives sont appliquées dans les UAS cibles, réparties à travers
le territoire national.
Orientation 2 : Développer le réseau de soins d’urgences et de soins
intensifs.
Les capacités de réponse du système en matière de soins d’urgence et soins intensifs sont limitées, surtout face à la montée des cas d’accidents de la voie publique et de violence. Le contexte
épidémique récent avec la Covid-19 a aussi mis en évidence les carences dans ce domaine.
Une stratégie nationale de développement du réseau d’urgences et de soins intensifs est
élaborée.
La carte sanitaire est révisée en fonction de la stratégie nationale.
Trois pôles de prise en charge de niveau national sont implantés.
Chaque hôpital de niveau secondaire est doté d’une Unité de prise en charge fonctionnelle.
Le réseau ambulancier national est renforcé.
Les équipes médicales d’urgence (EMU) sont constituées au niveau national, pour la réponse aux Situations Sanitaires Exceptionnelles (SSE)
Des réseaux de prise en charge des maladies épidémiques et de réponse aux situations
d’urgences sanitaires sont développés.
31
En tant qu’outil de planification et régulation établissant les prévisions d’évolution de l’offre de soins et services, en vue de
répondre aux besoins de la population. Outil basé sur les données géographiques, démographiques et épidémiologiques, ainsi
que sur les disponibilités de ressources.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 59
Orientation 3 : Rationaliser l’offre de services en Santé maternelle,
néo-natale et infantile, nutrition et prise en charge des maladies transmissibles.
Il s’agira d’engager une révision des stratégies et activités de prestation pour quatre (4) composantes du PES : santé de la femme et de la mère, santé de l’enfant, lutte contre les maladies
transmissibles et nutrition, ce en vue d’une intégration accrue, d’une meilleure accessibilité et
une réduction de la morbi-mortalité.
Des manuels d’organisation des services par échelon, incluant des directives harmonisées
de prise en charge32 et de gestion de l’offre sont développés ou actualisés.
Les nouvelles normes et directives sont appliquées dans les UAS cibles, réparties à travers
le territoire national.
La généralisation des nouvelles normes et directives est entamée, après évaluation et
adaptation.
Orientation 4 : Développer l’offre de services ciblant les maladies
chroniques et non-transmissibles.
Diverses données et/ou observations indiquent une morbidité et une mortalité accrue liée
aux maladies chroniques et aux maladies non-transmissibles, notamment l’HTA et les AVC,
le diabète, l’insuffisance rénale, les maladies respiratoires, les cancers, ... Cette problématique
sera étudiée afin d’identifier les priorités et proposer une réponse adéquate.
Des enquêtes et études seront réalisées afin de cerner la morbi-mortalité liée à ce type de
maladies/problème de santé et appréhender les caractéristiques de la demande.
Une stratégie nationale de réponse est adoptée et mise en œuvre.
Orientation 5 : Développer une stratégie nationale de promotion de la
Qualité des soins et services.
On envisagera d’uniformiser les approches et standards de qualité, les normes, procédures et
outils de gestion de la qualité pour tous les domaines de l’offre de soins et services.
32
Une Commission nationale de promotion de la Qualité sera créée, sous les auspices de la
Direction générale du MSPP.
Un inventaire de l’existant sera réalisé et supportera l’élaboration d’un Cadre de référence
pour la Qualité.
Des programmes de promotion de la Qualité seront développés au niveau des départements sanitaires et notamment des hôpitaux des niveaux primaire et secondaire.
Des Rapports annuels de situation de la qualité des soins sont publiés par le MSPP.
Paquet de services, compétences-clés des prestataires, médicaments et intrants essentiels, activités de prestation, référence et
contre-référence
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 60
Orientation 6 : Développer une stratégie de valorisation de Médecine
Traditionnelle
Le MSPP devra préciser sa stratégie en ce qui a trait à la médecine traditionnelle, tout en renforçant les initiatives de promotion et protection de la pharmacopée.
Un Bureau national de promotion de la Médecine traditionnelle haïtienne sera créé, sous
les auspices de la Direction générale du MSPP.
Un agenda d’action pour la valorisation de la médecine traditionnelle sera adopté et mis
en œuvre.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Plan Directeur Santé 2021-2031
page 61
Tableau 7
Indicateurs et cibles pour le pilier Prestation de services
Objectif : Offrir à l’ensemble de la population, et notamment les groupes les plus vulnérables, des soins et
services de santé de qualité, répondant à leurs besoins.
Orientation
1.
2.
3.
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
100%
--
20%
50%
Proportion de sections communales couvertes par un
ASCP
65%
95%
Degré de satisfaction des besoins en effectif d’ASCP
60%
80%
Proportion d’UAS dotées de leur ESF
35%
75%
100%
--
1
3
Proportion d’hôpitaux de niveau secondaire dotés d’une
Unité de prise en charge des Urgences fonctionnelle
33%
100%
Proportion d’ambulances dotées de personnel infirmier
formé pour la prise en charge pré hospitalière
30%
100%
Proportion de communes couvertes par le réseau ambulancier national
60%
100%
Proportion d’Équipes médicales d’Urgences (EMU) effectivement mises en place au niveau national
40%
100%
Nombre de réseaux départementaux de prise en charge
de maladies épidémiques et de réponse aux situations
d’urgence établis
4
10
Pourcentage de femmes ayant bénéficié d’une 4ème
consultation prénatale … (statut actuel : SISNU 28%,
EMMUS VI 67%)
80%
90%
Pourcentage de naissances assistées par un personnel
qualifié … (statut actuel : 41.7%)
60%
75%
Proportion d’UAS appliquant les directives harmonisées
de prise en charge en SMI … (statut actuel : 0%)
20%
50%
Étendre la couverture Document de Carte sanitaire adopté et divulgué
des services du niveau Proportion d’UAS répondant aux normes et directives de
primaire.
la carte sanitaire
Développer le réseau Document de stratégie nationale Urgences adopté et dide soins d’urgences et vulgué
de soins intensifs.
Nombre de pôles de niveau national conformes aux
normes et effectivement fonctionnels
Rationaliser l’offre de
services en Santé maternelle, néo-natale et
infantile, nutrition et
prise en charge des
maladies
transmissibles.
Proportion d’établissements de 1ère ligne offrant des pres- Augmentation de
tations-clés en SMI et Nutrition … Ligne de base à établir
20%
Proportion d’UAS disposant d’équipes de soins entraînées à la réponse aux situations épidémiques
20%
Proportion d’établissements de 1ère ligne offrant des presAugmentation de
tations-clés de p.e.c. de la TB et du VIH … Ligne de base
35%
à établir
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Augmentation de
60%
50%
Augmentation de
75%
page 62
Orientation
4.
5.
6.
Développer l’offre de
services ciblant les
maladies chroniques
et maladies non-transmissibles.
Développer une stratégie nationale de promotion de la Qualité
des soins et services.
Développer une stratégie de valorisation
de Médecine Traditionnelle.
Plan Directeur Santé 2021-2031
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
Document de stratégie nationale Maladies chroniques et
non-transmissibles adopté et divulgué
100%
--
Proportion d’établissements de 1ère ligne offrant des presAugmentation de
tations-clés de p.e.c. du Diabète et de l’HTA … Ligne de
35%
base à établir
Augmentation de
75%
Proportion d’établissements de niveau secondaire offrant
des prestations-clés de p.e.c. des cas compliqués de Augmentation de
Diabète, d’HTA et autres maladies cardio-vasculaires …
25%
Ligne de base à établir
100%
Proportion d’établissements de niveau secondaire offrant
des services de dialyse … (statut actuel : 0%)
60%
20%
Proportion d’établissements de niveau secondaire et terAugmentation de
tiaire offrant des prestations-clés de p.e.c. des cancers
20%
… Ligne de base à établir
60%
Cadre de référence pour la Qualité adopté et divulgué
100%
--
Nombre de directions départementales ayant démarré
des programmes départementaux de promotion de la
qualité
10
--
Proportion d’hôpitaux de niveau secondaire ayant démarré des programmes de promotion de la qualité
25%
100%
Nombre de rapports de Situation de la Qualité des soins
3
8
Bureau national de promotion de la Médecine Traditionnelle créé et fonctionnel
100%
--
Agenda d’action pour la valorisation de la Médecine Traditionnelle adopté et divulgué
100%
--
Niveau d’exécution des activités planifiées
25%
80%
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page 63
12.3. RESSOURCES HUMAINES POUR LA SANTÉ
Les interventions retenues pour le pilier ressources humaines pour la santé sont orientées vers
la gestion stratégique des RHS et la mobilisation/allocation de personnel-clé, particulièrement au niveau primaire : Médecin de famille, Sage-femme, Agent de Santé Communautaire
Polyvalent, …
Grandes Orientations
Orientation 1 : Renforcer la gouvernance des RHS et la mobilisation
d’un partenariat dynamique autour du PSDRHS
Il s’agira de développer les capacités qui vont permettre au MSPP d’exercer, de manière durable, un leadership mobilisateur pour la résolution des défis ressources humaines et une coordination efficace des différents intervenants dans le domaine des RHS. Il s’agira nécessairement de mettre en place un cadre institutionnel solide permettant à chaque intervenant de
jouer son rôle, et ce de manière synergique.
Une politique de gestion et de développement des ressources humaines est élaborée, validée et diffusée.
Le Plan stratégique de développement des ressources humaines pour la santé en 2030 Phase 18-22 (PSDRHS) est actualisé pour intégrer les orientations du PDS 2021-2031,
avec un budget correspondant.
Un plan de financement du PSDRHS est élaboré et exécuté.
Un comité de pilotage multisectoriel est mis sur pied par le MSPP pour assurer le suivi et
l’évaluation de la mise en œuvre du PSDRHS.
La structure de gouvernance des RHS au MSPP est réorganisée et dotée de l’expertise
technique pertinente pour pouvoir assumer sa mission auprès de l’ensemble des acteurs
du secteur santé.
Orientation 2 : Améliorer les capacités du MSPP en matière de
planification de la main d’œuvre
Cette démarche de planification permettra au MSPP d’optimiser le niveau des effectifs sanitaires, leur répartition entre les secteurs de soins et leur distribution géographique afin de
garantir l’accès des populations à des services de proximité et de qualité.
Une unité opérationnelle de planification de main d’œuvre est constituée au niveau de la
DRH, avec pour mandat de définir les besoins en ressources humaines du secteur santé,
planifier la dotation équitable sur l’ensemble du territoire, assurer la coordination des
opérations, ainsi que le monitorage et le rapportage de l’information y relative.
Les besoins en nouvelles catégories de prestataires sont identifiés.
Les compétences en planification de la main d’œuvre sont renforcées aux niveau central et
départemental.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
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page 64
Un système intégré d’information sur la main d’œuvre en santé (SIGRH actualisé et développé) est disponible, contribue efficacement au processus de planification et alimente
la prise de décision dans le domaine de la gestion et du développement des ressources
humaines.
Des rapports de suivi de l’exécution de la PMO sont produits régulièrement.
Orientation 3 : Apporter une réponse rapide aux besoins en ressources
humaines les plus urgents.
En parallèle au processus de planification de la main d’œuvre en santé, le MSPP entreprendra
des actions immédiates, à visée stratégique, pour le déploiement de prestataires au niveau primaire; afin de tirer le meilleur parti des ressources déjà disponibles dans le système et renforcer
l’accès de la population aux soins de santé primaire. Ces mesures, étalées sur trois ans, permettront de couvrir environ 3,000 postes vacants.
Un programme court terme de redéploiement du personnel en surnombre dans les
établissements publics vers les institutions sanitaires du niveau primaire, en tenant compte
de la carte sanitaire, est adopté et mis en œuvre.
Un programme d’affectation de personnel dans les zones reculées, sur base rotatoire33,
sera élaboré et mis en œuvre.
Un Fonds spécial d’appui au déploiement stratégique des RHS vers le niveau primaire est
institué pour le recrutement et l’affectation de prestataires qualifiés, incluant un système
d’incitation approprié.
Orientation 4 : Assurer un développement efficace et durable des RHS
Le MSPP s’attellera à développer les capacités nécessaires afin de lui permettre de constituer
un corps professionnel doté des compétences requises pour fournir des services de qualité.
Dans ce cadre, des relations de partenariat et des stratégies de collaboration seront établies
avec des entités du système éducatif.
33
La politique de formation continue, incluant les directives définissant le partage des responsabilités, est élaborée, validée et diffusée.
Les Plans d’Action de Formation et de Perfectionnement triennaux (PAFP) du MSPP
intègrent les orientations du PDS 2021-2031, avec un budget correspondant.
Un plan de financement du PAFP est élaboré et exécuté.
Une table de partenaires rassemblant les acteurs nationaux et internationaux impliqués
dans la formation continue des RHS est constituée en support à la mise en œuvre des
PAFP.
Un programme d’e-learning et de développement professionnel continu est accessible aux
ressources humaines de tous les secteurs du système de santé.
Pour favoriser la mobilité interne, selon des cycles de 12 à 18 mois.
Ministère de la Santé Publique et de la Population
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page 65
Des curricula de formation révisés sont implantés au niveau des établissements de formation pour les sept profils de prestataires (médecins, pharmacien/ne/s, infirmières, dentistes, médecins de famille, technologistes médicaux, sages-femmes).
La capacité de production des écoles de formation (médecins, pharmacien, infirmières,
dentiste, médecins de famille, technologistes médicaux, sages-femmes) est augmentée
pour atteindre les cibles de la PMO.
Un programme d’accréditation des établissements de formation en santé est mis en place
afin de promouvoir la qualité des RHS.
Orientation 5 : Créer un environnement favorable à l’attraction et à la
rétention des ressources humaines.
L’instauration de bonnes pratiques de gestion des ressources humaines et l’amélioration des
conditions de travail sont essentielles pour lutter contre la déperdition des RHS. Les mesures et interventions envisagées visent l’ensemble du secteur de la santé et particulièrement le
MSPP, principal employeur de personnel sanitaire. Elles favorisent l’utilisation optimale du
personnel sanitaire, le maintien de la motivation et l’amélioration de la performance.
Une politique de rémunération prenant en compte la pénibilité et les spécificités du travail des prestataires de soins est élaborée, adoptée et mise en œuvre.
Un cadre de gestion de la performance des RHS est développé et mis en application. Il
propose une procédure et des indicateurs permettant l’évaluation de la performance des
travailleurs de la santé.
Des plans de carrière sont développés et mis en application pour toutes les catégories de
travailleurs de la santé.
Les procédures d’autorisation de fonctionnement et d’accréditation des établissements
de santé sont révisées de manière à s’aligner sur les orientations du pilier RHS du PDS
2021-2031.
Un programme de promotion de bonnes pratiques de gestion des RHS est développé à
l’intention des gestionnaires du secteur de la santé.
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page 66
Tableau 8
Indicateurs et cibles pour le pilier Ressources Humaines pour la Santé
Objectif : Garantir la disponibilité d’un pool de travailleurs de santé motivés, compétents et performants, à
l’échelle du système de santé.
Orientation
1.
2.
3.
Renforcer la gouvernance des RHS et la
mobilisation d’un partenariat dynamique
autour du PSDRHS.
Améliorer les capacités du MSPP en matière de planification
de la main d’œuvre.
Apporter une réponse
rapide aux besoins en
ressources humaines
les plus urgents.
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
Document de politique de gestion et développement des
RHS adopté et divulgué
100%
--
Couverture des besoins financiers du PDSRHS
30%
100%
Proportion d’acteurs-clés impliqués dans la mise en
œuvre du PSDRHS
60%
100%
Document d’entente avec OMRH pour la déconcentration
des responsabilités de gestion des RHS adopté et mis en
application
100%
--
Pourcentage d’institutions de santé du niveau primaire
dotés d’ESF
35%
75%
Pourcentage d’HCR dotés de médecins de famille et
autre personnel essentiel (ligne de base à établir)
20%
70%
Unité de PMO fonctionnelle au sein de la DRH
100%
--
Rapport sur les besoins en nouvelles catégories de prestataires disponibles
100%
--
Pourcentage des équipes centrales et départementales
engagées dans la coordination de la PMO formé.
60%
100%
Pourcentage de rapports de suivi de la PMO produits
100%
100%
Programme de redéploiement du personnel vers le Niveau primaire adopté et mis en œuvre
100%
--
Programme d’affectation de personnel dans les zones
reculées adopté et mis en œuvre
50%
100%
Allocations budgétaires disponibles dans le cadre du
Fonds spécial d’appui
40%
100%
Proportion de postes vacants couverts
50%
100%
Proportion de personnel prestataire redéployé vers niveau primaire … Ligne de base à établir
A déterminer
A déterminer
Proportion de personnel prestataire affecté dans les
zones reculées … Ligne de base à établir
A déterminer
A déterminer
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Orientation
4.
5.
Indicateurs
page 67
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
100%
--
30%
100%
Allocations budgétaires disponibles en appui au PAFP
45%
100%
Pourcentage d’acteurs clés impliqués dans la gestion des
interventions de formation continue
60%
100%
Programme d’e-learning et développement professionnel
continu lancé et fonctionnel
60%
100%
Pourcentage de programme des établissements ciblés
appliquant les curricula révisés
40%
100%
Texte de loi sur l’octroi/renouvellement des licences professionnelles révisé et adopté
100%
--
Examens d’état régulièrement organisés pour toutes les
catégories de professionnels en santé
--
100%
Politique de rémunération adoptée et mise en œuvre
100%
--
Cadre de gestion de la performance adopté et mis en
application
100%
--
Plans de carrière définis et appliqués
100%
--
Procédures d’autorisation de fonctionnement et d’accréditation des établissements de santé révisées et validées
100%
--
Programme de promotion de bonnes pratiques de GRH
mis en œuvre
100%
--
Proportion de gestionnaires d’hôpitaux formés aux
bonnes pratiques de GRH
50%
100%
Assurer un dévelop- Document de Politique de formation continue adopté et
pement efficace et du- divulgué
rable des RHS.
Plans d’action de Formation et de Perfectionnement triennaux élaborés
Créer un environnement favorable à l’attraction et à la conservation des ressources
humaines.
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page 68
12.4. SYSTÈME D’INFORMATION SANITAIRE
L’option privilégiée pour ce pilier est la consolidation et l’utilisation de l’information stratégique.
Grandes Orientations
Orientation 1 : Consolider les acquis en termes d’intégration et d’accès
aux informations.
Il s’agira d’améliorer les processus de gestion de l’information pour plus d’efficacité, d’efficience et d’intégration. Les procédures et outils seront analysés et révisés périodiquement, et
les définitions de postes ajustées en conséquence.
L’intégration au SIS des volets RHS, Logistique des Intrants et Santé Communautaire
sera achevée.
Une stratégie de d’informatisation du dossier médical hospitalier est adoptée et mise en œuvre.
Le dispositif de supervision et suivi routinier des activités sera renforcé.
Des rapports annuels de suivi des processus de gestion de l’information sont produits.
Orientation 2 : Développer les volets Ressources financières et
Ressources matérielles du SIS.
On devra identifier les besoins et inventorier les données et/ou produits déjà disponibles. Des
choix devront être opérés, en termes de structuration et développement progressif de ces volets.
Les chapitres Ressources financières et Ressources matérielles seront incorporés au manuel du SIS.
Des rapports annuels sont produits régulièrement à tous les niveaux.
Orientation 3 : Renforcer le Système de Surveillance Épidémiologique.
L’attention se portera sur la précocité et la célérité dans la détection et la réaction aux évènements anormaux ou inhabituels, en plus du suivi régulier de l’évolution des maladies affectant
la population haïtienne. La pandémie de Covid-19 a confirmé les avancées récentes, tout en
soulignant aussi les carences de préparation face aux maladies émergentes.
Le cadre normatif et réglementaire du système de surveillance épidémiologique est finalisé et mis en application.
L’extension de la couverture du système de surveillance épidémiologique, en fonction des
besoins, aux niveaux institutionnel et communautaire, sera poursuivie et complétée.
Un programme d’extension/renforcement du système de laboratoires de santé publique
est élaboré et mis en œuvre.
Les dispositifs d’alerte précoce et riposte aux épidémies et situations de crise sont renforcés.
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page 69
Orientation 4 : Promouvoir l’utilisation de l’information dans la prise
de décision tactique et stratégique.
On cherchera à influencer la culture organisationnelle du MSPP dans ce domaine et à fournir
aux décideurs et gestionnaires des instruments appropriés au regard de leurs responsabilités
respectives.
Des analyses périodiques des besoins en information stratégique, tactique et opérationnelle sont conduites et le système est actualisé en conséquence.
Des outils appropriés d’aide à la décision tactique et stratégique sont développés.
Des sessions de formation sont organisées à l’intention des cadres supérieurs et des gestionnaires du niveau intermédiaire.
Un programme de récompenses basé sur l’engagement et la performance des entités du
MSPP est mis en place.
Orientation 5 : Renforcer la concertation entre les acteurs du système.
Il s’agit de mettre à niveau les mécanismes de collaboration entre les différents acteurs, en
fonction de leurs responsabilités et de leurs domaines d’intérêt.
Un agenda de collaboration entre le MSPP et les partenaires intéressés à supporter les
opérations du SIS est établi.
Des rencontres périodiques de coordination sont organisées à l’échelle départementale et
au niveau national.
Orientation 6 : Améliorer la qualité de l’information générée.
La qualité de l’information générée conditionne le niveau de confiance des acteurs face au
SIS. Elle est, dès lors, déterminante en vue de la prise de décision.
Un dispositif (procédures et outils) de contrôle de qualité est mis en place au niveau départemental.
Des évaluations triennales du SIS sont réalisées.
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page 70
Tableau 9
Indicateurs et cibles pour le pilier Système d’information
Objectif : Renforcer la production, l’analyse et l’utilisation adéquate de l’information en vue d’une prise de
décision éclairée au sein du système de santé.
Orientation
1.
2.
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
Consolider les acquis Volet RHS disponible sur la plateforme DHIS2
en termes d’intégra- Volet Santé Communautaire disponible sur la plate-forme
tion et d’accès aux DHIS2
informations.
SIGL national harmonisé accessible via la plate-forme
DHIS2
100%
--
100%
--
100%
--
Proportion de rapports annuels de synthèse sur les processus de gestion de l’information produits
50%
50%
Taux de couverture des indicateurs
90%
95%
Proportion d’hôpitaux utilisant le dossier médical hospitalier I-Santé
A déterminer
90%
Proportion d’établissements enrôlés sur le système produisant régulièrement des rapports
100%
100%
Proportion d’établissements recensés par le MSPP
rapportant sur les plateformes du SIS
95%
98%
Volet Ressources financières disponible sur la plateforme
DHIS2
100%
--
Volet Ressources matérielles disponible sur la plateforme
DHIS2
100%
--
Taux de couverture des indicateurs pour les volets Ressources matérielles et Ressources financières
40%
80%
Proportion de rapports annuels départementaux produits
50%
100%
Développer les volets
Ressources financières
et Ressources matérielles du SIS.
Indicateurs
Proportion de rapports annuels nationaux produits
3.
50%
100%
Renforcer le Système Loi sur la Surveillance épidémiologique adoptée
de Surveillance Épidé- Manuel de normes et procédures de SE mis à jour régumiologique
lièrement (tous les 3 ans)
100%
--
100%
100%
Proportion des établissements de soins autorisés assurant la surveillance épidémiologique
80%
95%
Proportion de communes couvertes par le SEBAC
30%
80%
Proportion de départements disposant de laboratoire de
santé publique de niveau 2
50%
100%
Proportions d’équipes d’intervention mises en place (national, départemental)
50%
100%
Ministère de la Santé Publique et de la Population
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Orientation
4.
5.
6.
Indicateurs
page 71
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
1
1
45%
95%
Proportion d’utilisateurs d’outils d’aide à la décision tactique et stratégique satisfaits … (statut actuel 0%)
60%
80%
Programme de récompenses « Utilisation optimale de l’information » mis en œuvre
--
100%
Renforcer la concerta- Agenda de partenariat pour le SIS élaboré et adopté
tion entre les acteurs Proportion d’acteurs-clés adhérant à l’Agenda de partedu système.
nariat pour le SIS
100%
--
100%
100%
Proportion d’acteurs-clés ayant pris part aux rencontres
de coordination départementales
80%
95%
Proportion d’acteurs-clés ayant pris part aux rencontres
de coordination nationales
100%
100%
Améliorer la qualité de Proportion de départements sanitaires dans lesquels le
l’information générée. système de contrôle de qualité est en place
40%
100%
Nombre d’évaluations triennales du SIS réalisées
1
3
Taux d’exactitude du SIS
95%
95%
Taux de complétude
95%
98%
Promouvoir l’utilisation Nombre d’analyse de besoins en information réalisées
de l’information dans
Proportion de cadres formés à l’utilisation de l’information
la prise de décision
dans la prise de décision tactique et stratégique … Ligne
tactique et stratégique.
de base à établir
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page 72
12.5. PRODUITS ET TECHNOLOGIES MÉDICAUX ESSENTIELS
L’intégration des circuits d’approvisionnements en médicaments et produits de santé est
l’option centrale adoptée pour ce pilier.
Grandes Orientations
Orientation 1 : Renforcer le cadre légal et normatif relatif aux produits et
technologies médicaux.
Les interventions envisagées doivent promouvoir la qualité, l’efficacité et l’innocuité des produits et technologies médicaux.
Un agenda réglementaire est adopté, sur la base d’un diagnostic approfondi de situation,
et mise en œuvre.
Une stratégie de communication et plaidoyer ciblant les autorités gouvernementales, les
agences étatiques, les élus, les opérateurs du secteur privé et le grand public en général est
élaborée et exécutée.
Les rôles et responsabilités en matière de régulation des interventions relatives aux produits et technologies médicaux essentiels sont clairement définis.
Un programme régulier d’inspection et contrôle est mis en œuvre.
Les listes de médicaments et produits de santé essentiels sont actualisées régulièrement.
Orientation 2 : Implanter et rendre fonctionnel le système national
unique d’approvisionnement et de distribution des médicaments et
produits de santé.
Les orientations visant la mise en place du SNADI et de ses organes de gestion. Il s’agira de
poursuivre le processus de transition du système actuel au nouveau système unique. Le SI de
support sera aussi renforcé.
Un accord de partenariat est établi entre le MSPP et ses partenaires en vue de supporter la
mise en œuvre du SNADI.
Le plan de transition du SNADI est actualisé pour intégrer les orientations du PDS 20212031, avec un budget correspondant.
Un plan de financement du Plan de Transition du SNADI est élaboré et exécuté.
La structure de gestion du SNADI est fonctionnelle et ses opérations sont officiellement
lancées.
La mise en place du SIGL national harmonisé est complétée.
La Centrale Nationale d’Achat et de Distribution d’Intrants (CENADI) est fonctionnelle.
Les organes techniques déconcentrés de la CENADI sont renforcés.
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page 73
Orientation 3 : Promouvoir l’utilisation rationnelle des médicaments et
produits essentiels de santé.
On travaillera au développement de bonnes pratiques à tous les niveaux d’utilisation des produits et technologies médicaux essentiels.
Un programme de promotion de l’utilisation rationnelle, incluant le développement
d’outils d’aide à la prise en charge, la formation des prestataires et la supervision, est développé et mis en œuvre.
Une stratégie de communication ciblant les usagers et les prestataires est mise en œuvre.
Des évaluations des pratiques de prescription sont régulièrement effectuées.
Orientation 4 : Développer une stratégie nationale de promotion de la
Qualité des soins et services (cf. Prestation).
On envisagera d’uniformiser les approches et standards de qualité, les normes, procédures
et outils de gestion de la qualité pour les différentes catégories de produits et technologies
médicaux essentiels.
Une Commission nationale de promotion de la Qualité sera créée, sous les auspices de la
Direction générale du MSPP.
Un inventaire de l’existant sera réalisé et supportera l’élaboration d’un Cadre de référence
pour la Qualité.
Des programmes de promotion de la Qualité seront développés au niveau des départements sanitaires et notamment des hôpitaux des niveaux primaire et secondaire.
Des Rapports annuels de situation de la qualité des soins sont publiés par le MSPP.
Orientation 5 : Renforcer les capacités de maîtrise/mitigation des risques
liés à l’utilisation des produits et technologies médicaux essentiels.
Il s’agira de développer les mesures visant la sécurité des patients en matière d’utilisation des
produits et technologies médicaux.
Un programme régulier d’inspection et contrôle est mis en œuvre (cf. Orientation 1).
Le dispositif national de pharmacovigilance est renforcé.
Un système de suivi de l’utilisation des produits et technologies médicaux en milieu hospitalier est mis en place.
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page 74
Plan Directeur Santé 2021-2031
Tableau 10
Indicateurs et cibles pour le pilier Produits et Technologies médicaux essentiels
Objectif : Assurer la disponibilité et l’utilisation adéquates de produits et technologies médicaux sûrs et de
qualité, en support à la prestation de soins et services de santé.
Orientation
1.
2.
3.
4.
5.
Renforcer le cadre légal et normatif relatif
aux produits et technologies médicaux.
Implanter et rendre
fonctionnel le système
national unique d’approvisionnement et de
distribution des médicament et produits de
santé.
Promouvoir l’utilisation
rationnelle des médicaments et produits
essentiels de santé.
Développer une stratégie nationale de promotion de la Qualité
des soins et services
(cf. Prestation)
Renforcer les capacités de maîtrise/mitigation des risques liés à
l’utilisation des produits et technologies
médicaux essentiels.
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
Agenda réglementaire adopté et mis en œuvre
100%
--
Pourcentage de personnalités/entités-clés ciblées effectivement atteintes par les activités de communication et
plaidoyer
40%
60%
Proportion de rapports annuels de contrôle produits
50%
100%
Proportion de textes prévus (normes, règlements, projets
de lois) élaborés et déposés au Parlement
60%
100%
Accord de partenariat entre MSPP et partenaires en support au SNADI officialisé
100%
--
Couverture des besoins financiers du SNADI
30%
100%
Taux d’exécution des activités du plan de transition du
SNADI
30%
100%
SIGL national harmonisé accessible via la plate-forme
DHIS2
100%
--
Taux moyen de disponibilité des médicaments et produits
de santé au niveau du CENADI
--
85%
Taux de conformité des produits et technologies médicaux disponibles au niveau du CENADI
--
100%
Proportion d’outils d’aide ciblés effectivement développés
et/ou révisés
100%
--
Pourcentage de prestataires ciblés ayant participé aux
activités de formation
100%
100%
Taux de conformité des prescriptions évaluées
A déterminer
A déterminer
Proportion de prestataires ayant développé des attitudes
et pratiques favorables à l’utilisation rationnelle
A déterminer
A déterminer
Cadre de référence pour la Qualité adopté et divulgué
100%
--
Nombre de directions départementales ayant démarré
des programmes départementaux de promotion de la
qualité
10
--
Proportion d’hôpitaux de niveau secondaire ayant démarré des programmes de promotion de la qualité
25%
100%
Nombre de rapports de Situation de la Qualité des soins
3
8
Réglementation sur le système national de pharmacovigilance élaborée et adoptée
100%
--
Pool de compétences en pharmacovigilance constitué
40%
100%
Augmentation des notifications d’effets indésirables des
médicaments (EIM)
20%
30%
Rapports annuels d’analyse des EIM régulièrement produits
100%
100%
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12.6. FINANCEMENT DE LA SANTÉ
Ce pilier est orienté vers le financement solidaire des soins et services de santé.
Grandes Orientations
Orientation 1 : Favoriser l’adoption de politiques et stratégies de mobilisation de ressources pour la santé.
Il faudra capitaliser sur les diverses réflexions menées antérieurement pour préciser les choix
et orientations en matière de financement de la santé.
Des mécanismes innovants de financement sont conçus et adoptés
Les documents cadres visant la création et le fonctionnement du Fonds national pour la
santé (FNS) sont adoptés.
Les systèmes de gestion financière du MSPP sont renforcés pour plus d’efficience et de
transparence, notamment en ce qui concerne les recettes collectées par les établissements
de santé.
Une structure de pilotage et de coordination de la stratégie nationale de financement de
la santé est mise en place.
Une stratégie de communication et plaidoyer en faveur de la mobilisation de ressources
pour la santé, ciblant les autorités gouvernementales, les agences étatiques, les élus, les organisations de la société civile, les associations de prestataires et le grand public en général
est élaborée et exécutée.
Un agenda commun pour la mobilisation de ressources additionnelles pour la santé est
négocié entre l’État haïtien et ses partenaires nationaux et internationaux, incluant le secteur privé.
Orientation 2 : Renforcer les mécanismes de prépaiement, de mutualisation de risques et de Solidarité.
En vue de protéger les familles, en particulier les ménages pauvres et vulnérables, des programmes visant la mise en commun des ressources pour la santé et la réduction des dépenses
directes des ménages et la réduction des cas de dépenses catastrophiques et/ou appauvrissantes seront élaborés et mis en œuvre. La collaboration avec le MAST sera renforcée pour
renforcer la solidarité nationale avec es plus vulnérables.
Une stratégie de communication et plaidoyer pour le développement de l’assurance-maladie, ciblant les autorités gouvernementales, les agences étatiques, les élus, les organisations
de la société civile, les associations de prestataires et le grand public en général est élaborée
et exécutée.
Un cahier de charges pour la mise en œuvre de programmes de prépaiement, soutenu par
des études actuarielles et de faisabilité, est adopté.
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Un système national de protection financière contre le risque maladie, incluant les mécanismes de protection des femmes face à la maladie, aux risques et aux invalidités associés à
la maternité34, est instauré.
Orientation 3 : Renforcer les mécanismes d’achat de services.
Les multiples mécanismes en usage seront réorientés en vue d’une meilleure efficience et
d’une allocation plus équitable des ressources. L’accent sera porté sur l’achat stratégique, en
fonction des priorités établies, avec l’adoption de mécanismes adaptés et la sélection d’interventions appropriées. Des systèmes d’incitation seront développés en support à une utilisation plus rationnelle des ressources.
Les priorités de financement du PES sont révisées et actualisées.
Une politique nationale de tarification de services sera élaborée et mise en application.
Une politique de contractualisation sera développée pour les acquisitions de ressources au
sein du secteur.
La stratégie de Financement Basé sur les Résultats sera évaluée et, le cas échéant, adaptée
et généralisée.
Orientation 4 : Soutenir la production de savoirs adaptés en matière de
financement de la santé.
Le système de santé haïtien recueille généralement peu de données aptes à supporter la formulation de politiques et stratégies de financement adaptées aux réalités nationales. Pour obvier à
cet état de fait, le MSPP travaillera avec ses partenaires en vue d’accroître la disponibilité d’informations de qualité et leur exploitation pour la prise de décision en matière de financement
de la santé. Des méthodes d’intervention diversifiées permettront de recueillir les données de
routines pertinentes, mais aussi de capitaliser les expériences menées sur le terrain.
34
Les priorités de financement du PES sont révisées et actualisées.
Un volet Financement de la santé est incorporé au système d’information sanitaire de
routine.
Un agenda d’études et recherches est défini et exécuté.
Des rapports de suivi du financement de la santé sont produits régulièrement.
En référence à l’Axe III de la Politique nationale de protection et de promotion sociales.
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Tableau 11
Indicateurs et cibles pour le pilier Financement
Objectif : Favoriser une mobilisation et une exploitation optimales des ressources financières en support
au secteur de la santé.
Orientation
1.
2.
3.
Favoriser l’adoption
de politiques et stratégies de mobilisation
de ressources pour la
santé.
Renforcer les mécanismes de prépaiement, de mutualisation
de risques et de Solidarité.
Indicateurs
Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
Fonds national pour la Santé officiellement lancé
100%
--
Budgets consolidés (recettes/dépenses) du MSPP régulièrement élaborés et publiés
50%
100%
Augmentation du budget santé à 15% du budget national
10%
15%
Disponibilité de ressources du Fonds national pour la santé (% du budget total du MSPP)
10%
25%
Rapports annuels du Groupe de travail « Financement de
la santé » du MSPP régulièrement élaborés et publiés
100%
100%
Stratégie nationale de financement de la santé (SNFS)
officiellement adoptée et actualisée périodiquement
100%
100%
Proportion d’acteurs clés imbus des orientations de la
SNFS
100%
100%
Comité interministériel d’appui à la SNFS constitué
100%
--
Priorités de financement de la santé intégrées aux priorités générales du gouvernement
100%
100%
Système national de protection financière contre le
risque-maladie officiellement créé
100%
--
Proportion de familles enrôlées à l’assurance nationale de
santé (ligne de base à établir)
A déterminer
A déterminer
Proportion de femmes éligibles bénéficiant des mécanismes de PSS (ligne de base à établir)
A déterminer
A déterminer
Priorités de financement du PES incluses dans la stratégie nationale de financement de la santé (SNFS)
100%
100%
Proportion des dépenses directes dans les dépenses de
santé (réduction par rapport au niveau actuel)
--
50%
100%
--
100%
--
Couverture de la stratégie de FBR (% d’IS couvertes)
30%
60%
Couverture du programme de Contractualisation des acquisitions de ressources (% des achats)
--
50%
Proportion des dépenses totales de santé reposant sur
une approche d’achat stratégique
A déterminer
A déterminer
Renforcer les méca- Document de Politique nationale de tarification des soins
nismes d’achat de et services validé
services.
Document de stratégie de planification des achats d’intrants et médicaments adopté
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Orientation
4.
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Indicateurs
Soutenir la production Rapports triennaux sur les besoins en information en made savoirs adaptés en tière de financement de la santé produits
matière de finance- Volet Financement disponible sur la plateforme DHIS2
ment de la santé.
Rapports d’études et recherches sur le financement validés et publiés
Rapports de suivi des politiques et stratégies de financement produits régulièrement
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Cible à 5 ans
Cible à 10 ans
100%
100%
100%
100%
100%
100%
100%
100%
Quatrième partie
MISE EN ŒUVRE, SUIVI
ET ÉVALUATION
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13. MISE EN ŒUVRE DU PDS
On distingue dans ce chapitre : d’une part, le dispositif de mise en œuvre et, d’autre part, le processus de mise en œuvre.
13.1. DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE
La mise en œuvre du Plan Directeur Santé 2021-2031 repose sur un dispositif complexe à deux
volets : l’un, propre au MSPP, faisant intervenir de façon cohésive l’ensemble des entités du
ministère, et l’autre, impliquant les partenaires en santé. Ce volet s’appuie sur les mécanismes
de coordination de l’aide externe définis dans le Cadre de Coordination de l’Aide Externe au
Développement (CAED). Le dispositif distingue, par ailleurs : un organe d’orientation, des
organes de coordination, des organes d’exécution et des organes d’appui à la mise en œuvre.
Organe d’orientation
Au sein du MSPP, il revient à la Haute Direction (Ministre, Direction générale) d’assurer le
pilotage et l’orientation de la mise en œuvre du PDS. Elle mobilise, à cet effet, les différentes
entités du ministère, en fonction des besoins.
La Table de coordination des bailleurs est une entité de haut niveau regroupant la Haute
Direction du MSPP et les Représentants pays (ou leur représentant décideur pour le secteur
santé) des principaux bailleurs de fonds dans le secteur santé. Elle permet la concertation
entre le MSPP et ses partenaires et contribue à l’orientation et au contrôle de l’ensemble du
processus de mise en œuvre du PDS. Elle établit annuellement les directives relatives au bon
déroulement du processus, apprécier la progression des différentes interventions et adopter
les décisions susceptibles de renforcer la performance des opérations35.
Organes de coordination
À l’interne, la coordination du processus de mise en œuvre relève, au niveau national, de la Direction générale du MSPP. Assistée de l’Unité d’Études et de Programmation, elle assure la concertation entre les instances d’exécution, ainsi que l’encadrement et le suivi technique du processus.
Les rencontres périodiques avec les directions et unités centrales et avec les directions départementales représentent l’un des principaux leviers à la disposition de la Direction générale.
Au niveau national, l’implication des partenaires dans la coordination du processus de mise
en œuvre se réalise à travers la Table sectorielle Santé36. Cet organe regroupe, sous la présidence de la Haute Direction, les cadres du MSPP responsables des entités, programmes et
projets de coopération, et les représentants des partenaires techniques ou financiers concernés
par ces entités, programmes ou projets de coopération, et des représentants des collectivités
territoriales, du secteur privé et de la société civile. La Table sectorielle Santé se réunit tous les
six mois en appui au PDS37. L’Unité d’Études et de Programmation en assure le Secrétariat,
pour la Direction générale.
35
Selon un document de travail élaboré par le MSPP, la table se réunit tous les quatre (4) mois.
36
Les revues de portefeuille conduites par le ministère avec chaque bailleur, offre un levier de coordination complémentaire.
37
En routine, elle doit siéger tous les deux (2) mois.
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Au niveau départemental, il revient à la Direction sanitaire départementale de coordonner
les interventions. Le Directeur départemental et les cadres départementaux sont assistés dans
cette tâche par la Table départementale Santé, qui se réunit chaque trimestre.
On retrouve au sein de cette dernière : les Responsables d’Arrondissement de Santé, du
Directeur de l’Hôpital Départemental, du Représentant du MPCE, des représentants des
principales agences bilatérales et multilatérales œuvrant dans le département, des principaux
partenaires techniques et les principales agences non gouvernementales nationales ou internationales évoluant dans le secteur santé au département, de représentants des Collectivités
Territoriales, de représentants de la société civile.
Organes d’exécution
La responsabilité de l’exécution du PDS incombera :
D’une part, aux différentes entités du MSPP, nationales et départementales, chacune en
ce qui la concerne ; et d’autre part
Aux partenaires techniques et financiers, en fonction de leur mandat respectif, selon les
accords établis avec l’État haïtien et le MSPP.
Leurs plans reflètent les orientations et interventions inscrites dans le Plan Directeur Santé.
Organes d’appui à la mise en œuvre
Il s’agit d’entités à caractère consultatif ayant la vocation d’accompagner les organes de coordination et d’exécution, en produisant des recommandations techniques appropriées. Au sein
du MSPP, des groupes thématiques/équipes de travail réunissant des cadres de différentes
entités seront constitués afin d’adresser ces dossiers spécifiques ou transversaux.
D’un autre côté, des Tables thématiques38, permanentes ou ad hoc, permettront d’associer
différents groupes d’acteurs : organisations de la société civile, organisations non gouvernementales, entreprises privées, entités étatiques et collectivités territoriales, aux réflexions ou
interventions à caractère transversal ou intersectoriel.
13.2. PROCESSUS DE MISE EN ŒUVRE
Le processus de mise en œuvre du PDS 2021-2031 inclura diverses activités de planification
opérationnelle, impliquant de multiples acteurs des secteurs public et privé, aux niveaux national, départemental et local.
Les plans opérationnels triennaux nationaux
Trois plans triennaux nationaux seront élaborés pour opérationnaliser le PDS : ils couvriront
les périodes 2021-2024, 2024-2027 et 2027-2030. Un plan intérimaire sera préparé pour l’année 2031, considérée comme une année-pont dédiée à la planification stratégique suivante.
L’élaboration de ces plans nationaux est orchestrée par l’Unité d’Études et de Programmation, sous les auspices de la Haute Direction du MSPP.
38
Le CAED les présente comme venant « en complément des tables sectorielles afin de couvrir des thématiques transversales. ».
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Les plans opérationnels annuels
Les plans opérationnels annuels sont élaborés à tous les niveaux d’exécution, en fonction des
cibles triennales fixées.
L’élaboration de ces plans nationaux sera coordonnée par l’Unité d’Études et de Programmation.
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14. SUIVI ET ÉVALUATION DU PDS
Le suivi et l’évaluation visent à recueillir de façon continue les données relatives aux interventions
réalisées, aux ressources mobilisées et aux résultats obtenus dans le cadre du processus de mise en
œuvre du PDS, afin de détecter d’éventuels problèmes ou écarts et faire les ajustements appropriés
et aussi de mesurer l’impact des interventions. Le Ministère de la Santé Publique et de la Population a la responsabilité du suivi et de l’évaluation du processus de mise en œuvre du Plan Directeur
Santé et, en ce sens, veillera à l’établissement d’un système de suivi et évaluation approprié.
14.1. OBJECTIFS
Objectif général
Appréhender l’évolution des interventions inscrites dans le PDS 2021-2031, mieux orienter
leur mise en œuvre et apprécier leurs résultats et leur impact.
Objectifs spécifiques
i.
Produire, de façon régulière, des données fiables et de qualité sur les interventions réalisées, les ressources matérielles, humaines et financières mobilisées ;
ii. Documenter les progrès réalisés et évaluer la performance du dispositif de mise en œuvre
des interventions du PDS ;
iii. Générer des informations fiables et de qualité pour la prise de décision et une meilleure
gestion des interventions.
14.2. STRATÉGIE DE SUIVI ET ÉVALUATION
Pour atteindre les objectifs définis plus haut, il est nécessaire d’établir un système de suivi et
évaluation solide, couvrant les interventions de l’ensemble des acteurs du secteur de la Santé.
La stratégie de suivi et évaluation du PDS 2021-2031 distinguera deux volets :
a) L’une, dédiée au renforcement des capacités et
b) L’autre, consacrée au suivi de la performance.
Les grandes lignes de ces composantes sont décrites ici. Le Plan de suivi et évaluation du PDS
2021-2031 sera développée ultérieurement.
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14.3. DISPOSITIF DE SUIVI ET ÉVALUATION
Le dispositif de suivi et évaluation est appréhendé à partir des éléments suivants : les intervenants à impliquer, les activités à mener et les produits à délivrer.
Intervenants du suivi et évaluation
De multiples intervenants sont appelés à contribuer au fonctionnement du système de suivi et
évaluation du PDS 2021-2031, placé sous la responsabilité de l’UEP. Les acteurs principaux
sont :
a) La cellule de suivi et évaluation du PDS, constituée au sein de l’UEP. Elle est chargée de la
coordination et de l’encadrement des activités et du développement/mise en application
des outils nécessaires au fonctionnement du système de suivi et évaluation ;
b) Les Responsables de suivi et évaluation des entités centrales et les Statisticiens départementaux du MSPP, qui assurent l’exécution des activités routinières de suivi et évaluation ;
c) Les Responsables de suivi et évaluation des entités partenaires du MSPP, qui appuient les
activités de suivi et évaluation mises en œuvre à différents niveaux, dans le cadre de leurs
champs d’intervention respectifs ;
d) Les Directeurs/Responsables d’entités suscitées, qui ont la responsabilité de valider les
produits préparés à différents niveaux.
Les différents organes concernés par la mise en œuvre devront jouer leur partition dans la
production de données de base et/ou l’utilisation adéquate des informations générées pour la
prise de décision, à leur niveau respectif.
Activités de suivi et évaluation
Les principales activités envisagées dans le cadre du système de suivi et évaluation consistent en :
Rencontres de suivi : Elles sont organisées sur base semestrielle par le Directeur Général
du MSPP, leur agenda inclut des sessions d’échanges sur la progression des activités, les
problèmes et/ou contraintes observés et les mesures correctrices ;
Rencontres de coordination des équipes de suivi et évaluation.
Visites de terrain : Ce sont des missions de vérification et contrôle effectuées par la cellule de suivi et évaluation dans les différents départements, au moins une fois par an ;
Revues périodiques : Convoquées annuellement par la Haute Direction du MSPP, elles
s’intéressent à l’avancement de la mise en œuvre du PDS en général, avec une emphase
particulière sur l’évolution des indicateurs.
Enquêtes : Le plan de suivi et évaluation déterminera la liste des enquêtes à réaliser dans
le cadre du suivi et évaluation du PDS 2021-2031.
Évaluations : On considère ici trois types d’activités :
-
Les évaluations externes : une évaluation à mi-parcours et une évaluation finale ;
-
Les bilans triennaux, élaborés à l’interne sous la houlette du comité national de coordination et de suivi.
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Produits
i.
La liste d’indicateurs de suivi et évaluation : Deux cents (200) indicateurs de suivi
et évaluation ont été identifiés aux chapitres 2 et 3. La liste d’indicateurs sera affinée après
l’élaboration des plans triennaux et du plan de suivi et évaluation du PDS. Des indicateurs
clés seront identifiés pour un suivi plus serré.
ii.
Les Rapports routiniers : Ces rapports semestriels, préparés par les différents organes
de coordination et d’exécution, seront orientés vers le suivi des interventions planifiées
indicateurs clés. Ces rapports mettront l’emphase sur la progression des activités, les
problèmes et écarts enregistrés dans la mise en œuvre, et les ajustements envisagés face à
d’éventuelles contraintes ;
iii.
Les Rapports semestriels de synthèse, préparés sur base des rapports routiniers ;
iv.
Les Rapports de suivi, qui présentent les résultats de chaque revue, dressent un tableau
des tendances caractérisant l’évolution des indicateurs ;
v.
Les Rapports d’enquêtes et d’évaluation.
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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE ET DE LA POPULATION (MSPP)
1, angle avenue Maïs Gâté et rue Jacques Roumain
Delmas, Haïti, w.i.
www. mspp.gouv.ht
L’atteinte des objectifs du Ministère de la Santé Publique et de la Population
nécessite l’apport d’un personnel compétent, dévoué et responsable
à qui nous souhaitons exprimer toute notre gratitude.
DidacArts, août 2021
Ce document a été élaboré avec l’appui technique et financier de :